CM A
adj. Terme de physiologie. Tempérament craniothoracique, celui où préd iminent l'influence du cerveau et celle de la poitrine.
— ÉTYM. Crâne, et thorax.
f CRANIOTOME (krà-nio-to-m'), s. m. Terme de
chirurgie. Nom des instruments avec lesquels on pratique la section des os du crâne d'un enfant mort quand l'accouchement ne peut se fane.
— ÉTYM. Kpavîov, crâne, etxÉu-veiv, couper (voy. tome)
t CRANIOTOMIE (krâ-ni-o-to-mie), s. f. Terme de chirurgie. Opération dans laquelle on emploie le craniotome.
— ÉTYM. Craniotome.
| CRANOIR (kra-noir), s. m. Sorte de lime qui
sert à crâner.
— ÉTYM. Crâner.
CRANOLOGIE (krà-no-lo-jie), s. f. Voy. craniologie.
— ÉTYM. Kpâvov, tête, et Xôyo;.
f CRANQUILLIER (kran-ki-llié , Il mouillées),
s. m. Nom, dans quelques localités, du chèvrefeuille des bois.
t CRANSON (kran-son), s. m. Nom vulgaire du cochléaria officinal.
f CRAOUILLASSE (kra-ou-lla-s' , Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la pie-grièche.
f CRAOUILLE (kra-ou-lP) ou CRAOUILLÈRE (kra-ou-Uê-r', Il mouillées) , s. f. Pie-grièche.
CRAPAUD (kra-pô; le d ne se lie pas: un kra-pô énorme; au pluriel, l's se lie: des kra-pô-z énormes), s. m. || 1° Reptile batracien qui a les pattes beaucoup plus courtes que celles des grenouilles et dont le corps est couvert de tubercules ou glandes d'où suinte une humeur vénéneuse. Passerai-je sous silence les amours du crapaud, cet animal hideux, et qui peut néanmoins nous intéresser par sa constance, par sa patience et par sa dextérité à servir d'accoucheur à sa femelle? bonnet, Consid. Corps org. Œuvres, t. vi, p. 442, dans pougens. Ce n'est qu'assez improprement qu'on peut dire que le crapaud est ovipare; c'est que les petits corps qu'il met au jour en si grand nombre ne sont pas précisément des œufs; ils sont, à parler exactement, les têtards eux-mêmes, déjà tout formés, id. Contempl. nat.\ part, xii, ch. 42. || Pierre de crapaud, sorte de pii rre qu'on disait se trouver dans la tête du crapaud, et à laquelle on attribuait des vertus particulières. || Populairement. Sauter comme un crapaud, sauter d'une manière lourde. || Être chargé d'argent comme un crapaud de plumes, n'avoir pas le sou. || Un vilain crapaud, un petit homme fort laid. C'est aussi un terme d'injure qui n'implique pas la laideur. || Fig. et familièrement. Avaler un crapaud, faire quelque chose de désagréable, qui coûte beaucoup. || 2° Crapaud de mer. nom vulgaire de la synancée horride, poisson qui habite la mer des Indes et qui est dit aussi pythonisse. C'est encore le nom de lalophie histrion, 'poisson. || Crapaud pêcheur, la baudroie, poisson. || Crapaud ailé, nom marchand d'une coquille univaive, le strombe très-large de Linné. |l 3° Crapaud volant, nom vulgaire de l'engoulevent, oiseau. || 4° Terme de vélérïna re. Maladie du sabot regardée par quelques auteurs comme de nature cancéreuse. H 5° Terme d'artillerie. Affûtde mortier plat etsans roue. || Terme de manne. Forte platebande de fer coudée, qui maintient le gouvernail toujours à la même hauteur. || 6° Terme de minéralogie. Pierre grossière qui se trouve dans un bloc de marbre. || 7° Petit fauteuil très-bas pour s'asseoir au coin du feu. |) 8° Petite bourse de soie dans laquelle les hommes enfermaient leurs cheveux par derrière. || 9° Crapaud du marais, nom donné par dénigrement à ceux des membres de la Conve qui siégeaient dans le bas et qui suivaient d'ordinaire l'impulsion du pouvoir dominant.
— HIST. xne s. Quar des serpe-nz i ot àgrant pi Laisardes grans et grans crapoz enflés. Le montage Guillaume, v. 2542. || xme s. Àdeablestani de très dist li crapos à la herse [ancien proverbe] , leroux de lincy, Prov. I. i, p. 17*. Ki crapaut aime, lunette [petite lune] li semble, id. ib. Lesards et coluvres, grants crapots et serpens pesans, 11 esté. Pour ce qu'elle volt [voulut] se [son] baron fmaril doner un crapaut à megner [manger], BibL des Chart. 2» série, t. ni, p. 423. || xivs. Les quelles femmes portèrent un gros crapot pour deflfaire le sort: et, ce fait, la fille tantost après fu aussi comme toute gàrie, du cange, buffo. || xvie s. D'où vient donc une si grande licence à ces vers ou crapaux, d'establir patrons et advocats devant Dieu? calvin, Instit. 699. De plus on a apporté le madrier, jour les barrières, pour les crapaux, pour les grilles,
CRA
cra
CRA
llist. h, -'iso. Ho le meschant orapaul franç lis! carl. v, 10, Encores que les crapaux n
■ its., .. le crapaul est veslu '1 une grosse pe tu dure, paré, xxiii, 32. Au reguard des lettres , d'humanités, de congnoissance des anticques histoires, ils en estoyent chargés comme crapault de plumes, bab. ii, M, Saule, crapaud, voici la pluie, oudin, Cnrios. /V. Comme en la danse des crapauds en la-
chascun veut estre maistre , julien, Mesl.
llist. p. I i&. dans LACURNE.
— ÉTYM. Berry, grapaud; picard, crapeux; wallon, crapan; limousin, gropal ; provenç, grapaut, crapaul; anc, cata . grapalt, grapaut; catal. m id.
it; bas-lat. crapaldus, crapollus On a indi-
di i{ groen-padde, crapaud, de groen, vert,
et padde, grenouille; mais la forme du mot ne s'y pas, 11 vaut mieux recourir avec Grandgagnage et Diez à l'anglo-saxon enopan; frison, kriapa; bolland. hruipenj angl. to creep ; island. ernup, ramper; l'anglais a aussi creeper, vermine qui rampe.
\ I. CRAPAUD AILLE (kra-pô-dà-U' , II mouillées), s. f. Ramassis de gens méprisables.
— HIST. xve s. Allez en Angleterre, orde crapau-
I a mais pied n'en puisse retourner, froiss. n, ni, 4*- Venez eus, douce damiselle; Et que vault ceste crapaudaille? Allez en arrière, menlaille, Pa- Elles ont prins chacune un compagnon, et ont fait jusqu'à outrance la folie. Au diable les crapaudailles! laissons-les là, louis xi, Nouv. lvui.
— ■ ÉTYM. Crapaud.
2. CRAPAUDAILLE (kra-pô-dâ-ll', II mouillées), s. f. Par corruption pour crépodaille. Voy. ce mot.
t CRAPAUDE (kra pô-d'), s. f. La femelle d'un crapaud. || Terme familier forgé par Voltaire : Demandez à un crapaud ce que c'est que le beau, le to kalon ? Il vous répondra que c'est sa crapaude, avec deux gros yeux sortant de sa petite tète, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun, volt. Dict. Philos, au mot Beau.
CRAPAUDIÈRE (kra-pô-diè-r'), s. f. || 1° Lieu où se trouvent beaucoup de crapauds. || 2° Fig. et familièrement, lieu bas, humide, malpropre. Ce jardin est une crapaudière.
— ÉTYM. Crapaud.
y CRAPAUDIN (kra-pô-din), s. m. Plaque creuse en 1er dans laquelle on tourne les fers à friser l'étoffe.
CRAPAUDINE (kra-pô-di-n'), s. f. || 1» Espèce de pierre qu'on croyait se trouver dans la tète des crapauds et qui est la dent pétrifiée du poisson appelé loup marin. Il est faux que la crapaudine change de couleur et qu'elle sue quand on l'approche du gobelet où il y ait du poison; quoique Boot et quelques autres assurent que la crapaudine se trouve dans la terre, je ne voudrais pas néanmoins contester qu'il ne s'en trouve dans la tête des vieux era] auds, mais il est certain que celle que nous vendons ne provient pas de ces animaux, pomet, llist. des drogues, dans de laborde, Émaux, p. 233. || 2° Manière d'accommoder les pigeons qui consiste d'abord à les fendre, les élargir et les aplatir, de telle sorte que, tout déformés, on a pu les comparer à des crapauds. Pigeons à la crapaudine. Je n'aime ni le pigeon à la crapaudine ni le pain qui n'a pas de croûte, volt. Letl. d'Autre, 6 sept. (765. || 3° Plaque de plomb posée à l'entrée d'un tuyau de bassin ou de réservoir, pour empêcher les crapauds et les ordures d'y entrer. || Soupape de décharge au fond d'un réservoir, d'une baignoire. De petits bouts de bois faisant une espèce de grillage ou de crapaudine, j. j. rouss. Conf. 1. || Fer creux dans lequel pénètre le gond d'une porte. || Terme de mécanique. Bois qui rpçoit le pivot d'un arbre vertical. || Terme d'imprimerie. Morceau de fer sur lequel est placée la grenouille. || Terme de marine. Support en fonte d'une caronade. || 4° Terme de vétérinaire. Ulcération située sur la couronne des auimaux monodactyles (chevaux, ânes, mulets) et produite par les atteintes que se donne l'animal. || 5° Un des noms vulgaires de l'anarrhique loup, appelé aussi loup de mer et loup marin, poisson. || 6" Un des noms vulgaires de la stachyde droite (siderilis vêla des officines), plante.
— HIST. xiv" s. Fourme sur couronnelle est quant au travers sur le coup du pié a une souhaudreure [sic] qui se hausse, et en huit jours est formée aussi derrière comme devant, et durant ce qu'elle est entière, l'en l'appelle fourme et fait pies avalés; mais quant elle est crevée,- l'en dist crapaudine, et ne garist l'en puis, et est sur le bout de la couronnelle du pié, Ménagier, n, 3. |{ xv' s. Sept anneaulx, à piei îes crapaudines, de laborde, Émaux, p. 232. Une
Mine assize en un annel, id. ib. Grosses boin- . gros canons, veuglaires, serpentines, crapaudines, couleuvrines et ribaudequins, jean chartier, Hisl. de Charles VII, p. 216, dans lacurne. || xvic s. Une bague d'argent île Limoge avec une crapodine, d'aub. Fœît. m, 3. L'opinion du vulgaire est fausse, pensant qu'on trouve dedans leur teste une pierre nommée crapaudine, bonne contre le venin, paré, xxiii, 32.
— ÉTYM. Crapaud; provenç. crapaudina.
f CRAPELET (kra-pe-lè), s. m. Nom vulgaire du jeune crapaud.
f CRAPELU (kra-pe-lu), s. m. Variété de crabe.
f CRAPONE (kra-po-n'), s. f. Sorte de lime bâtarde à l'usage des horlogers.
CRAPOUSSIN, INE (kra-pou-sin , si-n') , s. m. et/'. Terme populaire. Personne courte, grosse et mal faite.
— REM. L'Académie dit que crapoussin est aussi une sorte d'animal crustacé. Mais les naturalistes ne le connaissent pas.
— ETYM. Dérivé de crapaud, avec une signification diminutive.
t CRAPPE (kra-p'), s. f. Graisse de la meule du moulin.
CRAPULE (kra-pu-1'), s. f. || 1" Grossière débauc.e, surtout dans le boire. Le grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le grand seigneur et l'estafier, la bruy. ix. Tout ce qu'il cherche n'est que crapule et brutalité, patru, Plaidoyer 1 1 , dans richf.let. St-lJouange se conduisit dans la Guyenne avec tant de crapule, qu'il ne put y être soutenu davantage, st-sim. -104, M4. Claude entouré desaffranchis qui abusent de son penchant à la crapule, dider. Ess.s. Claude. Ne pouvant souffrir ni la gêne de la bonne compagnie, ni la crapule du cabaret, j. j. rouss. Conf. i. Quand j'aurais passé mes premiers ans dans la crapule, id. Hél. I, 54. La crapule endurcit le cœur, rend ceux qui s'y livrent impudents, grossiers, brutaux, cruels, id. Dialogue \. Cet homme n'avait jamais voulu se marier; il ne reconnut aucun de ses parents, vécut dans la crapule et mourut d'indigestion, volt. VU. aux bOécus, entret. avec le chirurg. || 2" Par extension, gens crapuleux. N'allez pas avec ces gens-là : c'est delà crapule.
— HIST. xive s. Il met toujours contre luxure Contenance, et contre crepule Abstinence.... gace de la bigne, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. crapula; du latin crapula, du grec xpaimiXï), de xpà;, tête, et •rcàXXstv, agiter.
CRAPULER (kra-pu-lé), v. n. Vivre dans la crapule. Et quelques-uns trop en tâtèrent, C'est-à-dire qu'ils crapulèrent, scarron, Virg. trav. vu. || Peu usité.
— HIST. xvic s. Les hommes gras et replets, ceux qui crapulent et qui usent des bains mal à propos, paré, xx, 22. Par la mauvaise manière de vivre, et pour avoir crapule et beu des vins forts, id. xxi, 4. Et m'ayant dit qu'il estoit difficile à vomir, je luy conseillay qu'il crapulast, et mangeast plusieurs et diverses viandes au souper, id. xxi, -14.
— ÉTYM. Crapule.
f CRAPULEUSEMENT (kra-pu-leu-ze-man), adv. D'une manière crapuleuse.
— ÉTYM. Crapuleuse, et le suffixe ment. CRAPULEUX, EUSE (kra-pu-leû, leû-z'), adj.
|| i° Qui se plaît, qui vif. dans la crapule. C'est un homme crapuleux. || 2" En parlant des choses. Goûts crapuleux. Nous apprîmes qu'il menait une vie débordée et crapuleuse, volt. Jenni , 4. Toute la joie de Rome ne consistait pas dans les débauches nocturnes et les fêtes crapuleuses de la cour dider. Ess. s. Claude. Les mœurs crapuleuses auxquelles ils ne sont que trop sujets, j. j. rouss. Pol. ta. Galérius prolonge dans les ténèbres de la nuit de basses et crapuleuses orgies, chateaub. Mart. 122. Au lieu de ses anciennes grâces, je ne lui trouvai plus qu'un air crapuleux qui m'empêcha de m'épanouir avec lui , j. j. rouss. Conf. vm.
— - HIST. xvi" s. Les corps cacochymes, crapuleux et vieils, sont coustumierement vexés de telles tumeurs, paré, v, 14.
— ÉTYM. Lat. crapulosus, de crapula, crapule.
f 4. CRAQUE (kra-k') , s. f. Terme populaire. Mensonge par exagération et par gasconnade. Ce qu'il dit là n'est pas vrai, c'est une craque.
— ÉTYM. Origine incertaine; à moins que Tonne suppose que la craque est une chose qui sonne, qui craque. Collin d'Harlcville a fait une jolie comédie intitulée M. de Crac dans son petit castel ;
i e | uri i^con qui pousse à l'excès la manie d'exa- A défaut de renseignements historiques, on se demande si c'est la pièce qui a suggéré la locution de craque, ou la locution qui a suggéré le nom du personni
t 2. CRAQUE (kra-k'), s. f. Terme de minéralogie. Cavité pleine de cristaux, dans une roche.
— étym. Craquer.
t CRAQUELAGE (kra-ke-la-j') , s. m. Procédé par lequel on craquelle la porcelaine.
— Etym. Craqueler.
^ t CRAQUELER (kra-que-lé. Dans la syllabe quel, VI se redouble quand la syllabe qui suit est muette : je craquelle, je craquellerai), v. a. Terme de manufacture de porcelaine. Donner à la porcelaine un émail fendillé. || Vases craquelés, vases à fonds divers dont l'émail est fendillé de mille manières, soit en dehors, soit en dedans.
t. CRAQUELIN ( kra-ke-lin), s. m. Sorte de biscuit qui craque sous la dent. Craquelin nu beurre. || Nom, dans quelques provinces, de l'échaudé.
— HIST. xvi" s. Il est ordonné que tous les boullangersde Rouen fassent de bon pain blanc, comme mollet, fouache, pain de rouelle, semineaux, cornuyaux, craquelins, cretelées, Ordonn. d'oct. 1 508.
— ÉTYM. Craquer t.
t 2. CRAQUELIN (kra-ke-lin), s. m. Terme do marine. Bâtiment d'une charpente trop faible et qui joue ou craque à la mer. || Fig. Homme peu vigoureux.
— ÉTYM. Craquer 1.
f 3. CRAQUELIN (kra-ke-lin), s. m. Crabe qui vient de changer de peau.
— Etym. Craquer t.
f CRAQUELOT (kra-ke-lo) , s. m. || 1° Hareng saur nouveau. || Hareng peu salé et peu fumé. || 2° S. m. plur. Terme de pêche. Crustacés dits aussi craquelins venant de subir leur mue , qu'on emploie comme appâts.
— ÉTYM. Craquer.
t CRAQUELOTIÈRE(kra-ke-lo-tiê-r'), s. f. Femme qui prépare les craquelots.
— ÉTYM. Craquelât.
t CRAQUELURE (kra- ke-lu - r'), s. f. Terme de peinture. Défaut du vernis et de la couleur qui s'écaillent. Ce tableau est très-bien conservé; il est impossible d'y découvrir une craquelure.
— ÉTYM. Craqueler.
CRAQUEMENT (kra-ke-man), s. m. Bruit que font certains corps en craquant. Le craquement d'une poutre. On entendait, à plusieurs centaines de pas, des craquements semblables au claquement d'un fouet ou aux éclats d'un feu d'artifice, bonnet, Contempl. nat. part, v, ch. t3. Le bruit sourd et monotone de nos pas, le craquement de la neige, et les faiblesgémissementsdes mourants interrompaient seuls cette vaste et lugubre taciturnité, ségur, Hist. de Napol. xn, 2 || Craquement des dents, bruit produit par un mouvemeot des mâchoires pressées l'une contre l'autre violemment ou convulsivement de manière à faire craquer les dents. || Terme de médecine. Bruit de craquement ou bruit de cuir neuf, bruit produit par le frottement de la plèvre ou du péricarde, quand ces membranes sont devenues inégales et raboteuses par quelque altération.
— HIST. xvie s. On trouve une cavité et enfenceure, avec quelque bruit d'une petite crépitation ou craquement, paré, xin, 13.
— ÉTYM. Craquer t. On trouve aussi craquetis : Tousjours d'un craquetis leur maschoire cliquoit,
ROXS. 840.
I . CRAQUER (kra-ké) , v. n. || 1° Produire un bruit sec, en se déchirant ou en se froissant. La glace craquait sous les pieds. Le biscuit craque sous la dent. Faire craquer sesdoigts. Nous brûlons du désirde trouver une assiette ferme et une dernière base constante , pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini; mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre jusqu'aux abîmes, pasc. Pensées, i, I, éd. Lahure, I86Ô. Toute la famille priait Dieu dans la case, dont le toit craquait horriblement, bern. de st-pierre, Paul et Virg. || Fig. et familièrement. Cette a craque, elle menace de ne pas réussir. L'opposition est victorieuse, et le ministère craque, il est ébranlé. En Europe , tout craquait après la révolution de février. Cet homme vous craquera dans les mains, c'est à dire il vous manquera de parole, il vous abandonnera. || 2° Terme de fauconnerie. On dit que la grue craque, quand elle fait du bruit en fermant son bec, et aussi quand elle crie. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi»s. D'un horrible regard rouant ses yeux ardents Et d'un horrible son faisant cracquer
CRA
CRA
CRA
. ses der-ls, dubell. m, 31, rrrso. Ainsi qu'on voit les bien-volantes grues Craquer aigu quand passer il leur faut La mer, pour vivre en un pays plus chaud, rons. 602. En mangeant ils craq noient et du bec et des ailes, Comme font ces corbeaux qui succent les cervelles Des animaux pourris, id. 842. ....Et de coups redoublés l'un sur l'autre abondans, Font craquer leur maschoire et claqueter leurs dents, ïd. 852.
— ÉTYM. Crac.
f 2. CRAQUER (kra-ké), v. n. Terme populaire. Dire des hâbleries. Cet homme ne fait que craquer.
— ÉTYM. Voy. CRAQUE \.
CRAQUERIE (kra-ke-rie) , s. f. Menterie, conte en vue d'attraper, d'en faire accroire. || Populaire.
— ÉTYM. Craquer 2.
f CRAQUET (kra-kè), s. m. Terme de botanique. Espèce de varech.
— ÉTYM. Craquer t.
CRAQUÈTEMENT (kra-kè-te-man), s. m. Action de craqueter; bruit produit par ce qui craqueté. || Cri de la cigogne.
— ÉTYM. Craqueler.
CRAQUETER (kra-ke-té. L'Académie ne conjugue pas craqueter; mais comme elle écrit craquètement , il faut, par analogie, employer aussi l'accent dans le verbe : je craqueté; je craquetais; je craquèterai, craquelant), v. n. || 1° Produire un craquement fréquemment répété; produire un petiteraquement. Le sel craqueté dans le feu. || 2° Il te dit aussi du cri de certains oiseaux. On entend craqueter les cigognes. I| 3° Fig. et familièrement, mais dans un sens qui n'est plus en usage. Quand on l'avait [la princesse d'Harcourt] bien fait craqueter [demander grâce], Mme la duchesse de Bourgogne se laissait toucher, ST-SIM. < 13, 234.
— hist. xvr s de là s'entend le bruit Des gemis-
sans sous le fouet esclattant, Et des gros fers tirez en cracquetant, dubell. iv, 55, recto. Quand j'oy les Muses cacqueter, Enflant leurs mots d'un vain langage, Il me semble ouyr cracqueter Un perroquet dedans sa cage, id. ni, 9( , recto. Il faisoit craqueter un fouet aussi bien que charretier de France, mont. i, 4 09. Elle se donnoit dans le bras des coups de poinçon, qui luy faisoient craqueter la peau et la saignoient bien en bon escient, id. i, 309. Comme ce poil craquette, Ce disoit-elle, et brûle tout en soy, Ainsi Francus puisse brusler de moi, rons. C24. L'advertissant s'il ne sent point quelque os craqueter; car si les os de la teste sont rompus, ils ne faudront point lors à faire bruit et craquetis, taré.
— ÉTYM. Craquer.
| CRAQUETTE (kra-kè-f), s. f. || 1° Petit billot de fer avec lequel les tailleurs repassent les boutonnières. || 2° Espèce d'écume retirée du beurre fondu.
— ÉTYM. Craquer 1.
CRAQUEUR, EUSE (kra-keur, keû-z'j, s. m. et/'. Terme populaire. Menteur, hâbleur. C'est un grand craqueur.
— ÉTYM. Craquer 2.
fCRASANE (kra-za-n') , s. f. Mot qui se trouve dans le Dictionnaire de Trévoux. Voy. crésane et crassane.
CRASE (krâ-z'), s. f. ||l°Terme de grammaire grecque. Contraction de syllabes où le son des éléments disparait. Il y a crase dans v.àyw pour xac iyù>, dans xaTa pour xai eTtoc; et elle est ma par l'a coronis (voy. ce mot), ta figure qu'on appelle crase se fait lorsque, deux voyelles se confondant ensemble, il en résulte un nouveau son, par exemple lorsqu'au lieu de dire à le ou de le, nous disons au ou dit, et de môme le mois d'oiH au lieu du mois d'août, dumars. Mil. gramm. t. v, p. 98. || 2° Terme de physiologie. Crase du des humeurs , juste mélange des parties constituantes des liquides de l'économie animale. || Tempérament, constitution.
— ÉTYM. Kpcwiç, crase, mélange, de xepâw, mélanger.
fCRASIOGRAPHIE (krâ-zi-o-gra-fie) , s. f. Terme didactique. Description des diverses crases ou tempéraments.
— ÉTYM. Crase, etypâçeiv, décrire.
t CRASIOLOG1E (krâ-zi-o-lo-jie) , s. f. Terme didactique. Traité des crases et de leur doctrine.
— ÉTYM. Crase, et aoyoç, traité.
t CRASIORISTIQUE (kra-zi-o-ri-sti-k'), s', f. Terme didactique. Connaissance des signes des divers tempéraments.
— ÉTYM. Crase, et ôpîÇeiv, déterminer (voy. horizon).
fCRASPÉDlE (kra-spé-die), s. f. Terme d'ento-
mologie. Genre de diptères, insectes de la Nouvelle- Hollande. || Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes corymbifères, appartenant aux terres australes.
— ÉTYM. Kpi<jrce8ov, frange.
f CRASPÉDOCÉPHALE (kra-spé-do-sé-fa-1') , s. m. Terme de zoologie. Sous-genre d'ophidiens trigonocéphales.
— ÉTYM. Kpaditsûov, frange, et xsipaMi, tête.
f CRASPÉDONTE (kra-spé-don-f) ', s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères.
— ÉTYM. Kpâc-ESov, frange, et ôôoùç, dent.
f CKASPÉDOPHORE ( kra-spé-do-fo-r' ) . s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères, insectes de la côte de Coromandel.
— ÉTYM. Kpâ(j7ieôov, frange, et çopoç, qui porte. | CRASPÉDOSOME (kra-spé-do-so-m') ,s.m. Terme
d'entomologie. Genre d'insectes myriapodes.
— ÉTYM. KpàaireSov, frange, et cwu.a, corps.
t CRASSAMENTUM ( kra-ssa-min-tom' I , s. m. Terme de médecine. Mot latin dont on se sert quelquefois pour désigner le caillot qui se forme dans le sang d'une saignée.
— ÉTYM. Lat. crassamentum , dépôt, de crassus, épais (voy. ghas).
CRASSANE (kra-sa-n'), s. f. Sorte de poire fondante et excellente, dite aussi bergamote crassane.
— REM. L'Académie, au mot cresane, dit que crassane vaut mieux.
— ÉTYM. Origine inconnue. Viendrait-il du latin crassus, épais, parce que la crassane est une poire très-ramassée au lieu d'être longue comme le St- Germain?
f CRASSANGE (kra-ssan-j'), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes orchidées.
f CRASSATELLE ( kra-ssa-tè-1' ) , s. f. Genre de coquilles marines bivalves.
4. CRASSE (kra-s')( adj. f. || 1° Épaisse. Humeur crasse et visqueuse. || 2" Fig. Grossière. Nulle lecture [chez Villeroy], nulle instruction; ignorance crasse sur tout, st-sim. 392, 64. Chenonceaux, Blois, Amboise que retracent-ils à l'esprit? Le luxe et la luxure et la crasse ignorance des abbés et des moines, p. l. cour.i, -180. De l'esprit, de l'enjouement, de l'agrément, peut-être même de la capacité; mais je n'ai guère vu d'ignorance plus crasse, retz, Mém. liv. il, p. 472, dans pougens.
— HIST. xvi° s. En espesseur la terre les surpasse [ces éléments], Et emporta la matière plus crasse Du lourd monceau, marot, iv, 13. Ô temps! ô meurs! ocrasse ignorance! dubell. i, 15, verso. Leurame, pour estre crasse et obtuse, est moins penetrable et agitable, mont, iv, 2)5.
— ÉTYM. Lat. crassus (voy. gras). L'ancien français disait cras ce que nous disons gras; cette ancienne forme n'a été conservée qu'au féminin et dans un sens particulier.
2. CRASSE (kra-s'), s. f. || 1° Ordure qui s'amasse sur la pe.au, sur le linge de corps, sur un objet quelconque. Il est plein de crasse. La crasse du linge, des vêtements. Des verres.... Où les doigts des laquais, dans la crasse tracés, Témoignaient par écrit qu'on les avait rincés, boil. Sat. m. De ces feuillets, par la crasse endurcis, L'âge avait fait une étofl'een glacis, gresset, Lutrin viv. || Fig. L'a bition partout chassa l'humilité, Dans la crasse du froc logea la vanité , boil. Lutr. vi. || Terme de peinture. Couche sale qui se forme à la longue sur les tableaux. || Scorie d'un métal en fusion. || 2° Condition sociale tout à fait inférieure. Être né dans la crasse. Je sais de gros seigneurs qui seraient dans la crasse Sans la révision que je fis de leur race, boursault, Fahles d'Ésope, m, 4. Elles [les duchesses d'Elbeuf et de Lesdiguières] ne tenaient rien de la crasse maternelle, pas même leur propre mère qui en était, st-sim. 376, 90. De gens du monde [Mlle d'Aubigné] n'en voyait point, et demeurait dans la crasse de quelques commères de son quartier, m. 54, 400. Né malheureux, de la crasse tiré, volt. Pauvre diable. \\ 3° Familièrement. La crasse du collège, manières gauches et dépourvues d'urbanité. D'un air qui ne sentait point la crasse de sa philosophie, sév. 660. || 4° Avarice sordide. Mais pour bien mettre ici leur crasse en tout son lustre, boil. Sat. x.
— HIST. xvie s. La peur, la faim, mauvaise conseillère, La pauvreté de crasse toute pleine, dubell. iv, 47, verso. Sordes signifie proprement le plus gros excrément lequel sort et exsude dessus la peau il epiderme, où estant amassé il est appelle crasse, paré, xi, 2.
— ÉTYM. Crasse ).
j GRASSEMENT (kra-se-man) , s. m. Terme mili-
taire. Action de crasser une arme; état d'une arme remplie de crasse.
— ÉTYM. Crusse/:
| CRASSER (kra-sé), v.a. Terme employé surtout en parlant d'armes à feu. Remplir de crasse une arme à feu. Un fusil crasse. || Se crasser, v. réft. Se remplir de crasse. Ce fusil se crasse.
— ÉTYM. Crasse 2; génev. crasser, encrasser. CRASSES (kra-s') , a', f. pi. Écailles qui se séparent
de quelques minéraux, quand on les bat avec le marteau. || Petites paillettes qui se forment sur le fer rouge tandis qu'on le forge. || Écume de métaux en fusion. || Matières terreuses contenues dans la houille, qui restent sur les grilles des foyers.
— ÉTYM. Crasse 2.
CRASSEUX, EUSE (kra-seû , seû-z') , adj. || 1" Couvert de crasse. Visage crasseux. Mains crasseuses. Bonnet crasseux. Mon extérieur est simple et négligé, mais non crasseux et malpropre, J. J. rouss. Conf. vin. || Fig. Dreux, dans le désespoir de la bassesse plus que très-crasseuse de sa naissance, ne perdait pas une occasion de s'en venger centre la vérité, st-sim. 427, 170. || 2" Sordidement avare. Peut-on être si crasseux? Leur manière de vivre, la plus vile et la plus crasseuse qu'on puisse imaginer, j. j. rouss. 4 9e lettre. Corresp. t. m, p. 83, dans pougens. Il Substantivement. Un crasseux, un homme couvert de crasse. || Par extension, un homme désagréable. Un vilain crasseux. Mon mari étant mort, Dieu merci, M. Serrefort ne m'est plus rien; cependant il semble à ce crasseux qu'il me soit de quelque chose, dancourt, Chev. à la mode, i, 3. || Fig. Avare. Vivre en crasseux.
— HIST. xvie s. Sur ce rivage un passager estoit, Crasseux, hydeux, qui la face portoitDe barbe blanche espessement couverte, dubell. iv, 48, recto. Lequel excrément sort et exsude dessus la peau et epiderme.... et ceux qui abondent en tel excrément sont nommés crasseux, paré, xi, 3. Cettuy-ci, tout pituiteux, chassieux et crasseux, que tu veois sortir après minuict d'un estude, penses-tu qu'il cherche parmy les livres comme il se rendra plus homme de bien? mont, i, 278.
— ÉTYM. Crasse 2; Berry et saintong. crassous. f CRASSICAUDE (kra-ssi-kô-d'), adj. Terme de
zoologie. Qui a une queue épaisse.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais (voy. gras) , et caud i, queue.
f CRASSICAULE (kra-ssi-kô-P) , adj. Terme de botanique. Qui a une tige épaisse.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et caulis , tige (voy. chou).
f CRASSICEPS (kra-ssi-sèps'), adj. Terme de zoologie. Qui a une tête épaisse.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et ceps, de caput, tête.
f CRASS1C0LLE (kra-ssi-ko-1) , adj. Terme de zoologie. Qui a un cou épais.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et collum, cou.
t CRASSICORNE (kra-ssi-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a des cornes ou des antennes épaisses.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et corne.,
f CRASSIFOLIÉ, ÉE (kra-ssi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles épaisses.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et folium, feuille, j CRASSILABRE (kra-ssi-la-br') , adj. f. Terme
de zoologie. Coquille crassilabre, coquille dont le bord droit offre un épais bourrelet.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et labrum, lèvre. fCRASSILINGUE (kra-ssi-lin-gh'), adj. Terme de
zoologie. Qui a la langue épaisse. || S. m. Nom d'une famille de reptiles sauriens.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et lingua, langue. f CRASSILOBÉ , ÉE (kra-ssi-lo-bé, béel . adj.
Terme de botanique. Qui a des lobes volumineux.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et lobe.
t CRASSINERVÉ, ÉE (kra-ssi-nèr-vé, vée) , adj. Terme de botanique. Qui a des nervures épaisses.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et nervus, nervure. f CRASSIPÈDE (kra-ssi-pè-d') , adj. Terme d'entomologie. Qui a les cuisses renflées.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et pes, pedis, pied, f CRASSIPENNE (kra-ssi-pè-n'), adj. Terme de
zoologie. Qui a des ailes épaisses.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et penna.
| CRASSIROSTRE (kra-ssi-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Qui a un bec épais.
— ÉTYM. Lat. crassus, épais, et rostrum, bec.
f CRASSISQUAMME ( kra-ssi-skoua-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a des écailles i paires.
— etym. Lat. crassus, épais. e.| squama, écaille, f CRASSISULCE (kra-ssi-sul-s'), adj. Terme de
conchyliologie. Qui est marqu Coquille crassisulce.
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