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CU

f CUBÈBE (ku-bè-b'), s m. Terme de botanique. Fruit du piper cubeba ou cubeba officinarum, et du cubeba canina.

— HIST. xivs. Citoual, cubebbes [employé dans la cuisine], Uénogier, n, 5. ||xvies. Aussi est bon, mascher des cubebes, gingembre, et boire de bon vin, o. de serres, 003.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cubeba; portug. cubcbns; ital. cubebe'; de l'arabe cubaba.

+ CUBÉB1N (ku-bé-bin), s. m. ou CUBÉBINE (kubé-trt-ri') , s. f. Terme de chimie. Principe neutre découvert dans le cubèbe.

— ÉTYM. Cubèbe.

CUBER (ku-bé), v. a. || 1° Terme de géométrie.

Évaluer le volume d'un solide. Cuber des bois de construction. || 2° Terme d'arithmétique. Élever un nombre au cube ou troisième puissance. || 3° Se cuber, v. réfl. Être cubé. Le bois se cube.

— HIST. xiii' s. Se tu vels trover la mesure de l'espère |sphère] reonde, tu troveras le dyametre du cercle, tu comberasce dyametre en son quarré, et si note bien que.... Comput, f" -0.

— ÉTYM. Cube. , „ ,, • + CUBILOT (ku-bi-lo), s. m. T. de métallurgie.

Cylindre portant plusieurs tuyères sur les côtes.

CUB1QUF (ku-bi-k'), adj. || 1° Terme de géométrie Qui appartient au cube. Forme cubique. Qu on mette dam un vivier cent pieds cubiques d'eau, volt. Xewt. m, 11.112° Terme d'arithmétique. La racine cubique d'un nombre, le nombre qui, multiplié deux fois par lui-même, donne le nombre proposé. 3 est la racine cubique de 27. || 3" Ancien terme d'algèbre. Équation cubique, équation du troisième degré. .

— HIST xive s. Nombre solide et cubique: figure cubique ou quarrée, oresmé, Thèse de meunier. n Xvie s Extraire la racine cubique d'ung nombre, c'est sercher iirig nombre qui multiplié en soy et puisceste multiplication encores multipliée par celluv nombre, ceste seconde multiplication so.t égale au nombre proposé de qui on a extrait la racine, est. de la roche, Arismeiviue, f° 33, verso.

ÉTYM. Kuor/.ô:, de y.ûoo;, cube.

CUBITAL, ALE (ku-bi-tal, ta-1'), adj. || Ie Terme d'anatomie. Qui appartient au cubitus ou à la partie de l'avant-bras où cet os se trouve. Nerf cubital. Muscles cubitaux. || Os cubital, tro.s.eme os de la première rangée du carpe, plus connu sous le nom de pyramidal. Il 2» Qui a une coudée de longueur. Il Écriture cubitale, se disait, par exagération, d une écriture dont les caractères étaient tr.s-allonges.

— ÊTYM. Lat. cubilalis, de cubitus, coudée ou

cubitus. , , , . ,

4 CUBITO-CARPIEN, ENNE ( ku-bi-to-kar-pun, piè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au cubitus et au carpe. Muscle cubito-carpien

+ CUBITO-MLTACARPIEN, IENNE (ku-bi-to-meta-kar-piin. piè-n'), adj. Terme d'anatomie. Muscle cubito-métacarpien, ou, substantivement, le cuhito-métacarpien oblique, nom donné par les vétérinaires à un petit muscle situé obliquement a la partie inférieure de l'avant-bras du cheval.

— ÉTYM. Cubitus, et rflèidcàrpién.

+ CUB1T0-PHALANGIEN, IENNE (ku-bi-to-fa-

lan-jiin jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Muscle cubito-phitangien , ou , substantivement, cubito-phalangien nom donné par les vétérinaires à un muscle fléchisseur situé dans la région postérieure de l'avant-bras du cheval.

— ETYM. Cubitus, et phalangien.

CUBITUS (ku-bi-tus'), s. m. Terme d'anatomie.

Os de l'avant-bras, qui en occupe la partie interne et s'étend du coude au carpe. || Le 4e article des pattes antérieures des hexapodes et la nervure interne ou postérieure de leurs ailes.

— HIST. xvie s. La situation du radius est oblique, et celle du cubitus droite, taré, iv, 26.

— ÊTYM. Lat. cubitus, l'os cubitus, de %u6itov, le coude (voy. coude).

f CUBO (ku-bo), s. m. Nom, au Japon, depuis la révolution de 1585, de l'empereur temporel pax opposition au dairo qui est r.mpereur spirituel

+ CUBOCUBE (ku-bo-ku-b'), s. m. rei :

thématique. Cube du cube ou neuvième puissance.

— ÉTYM. Kuëô/.'j6o;. .

| CUBOÏDE (ku-bo-i-d'), adj. Terme didactique.

Qui a la forme d'un cube. || Terme d'anatomie. Los cuboïde, ou, simplement, le cuboïde, os court et cubique, situé à la partie antérieure et supérieure du tarse, et articulé avec le calcanéum || terme de minéralogie. Se dit d'un rhomboïde très-peu différent du cube.

— hist. xvi« s. Le dernier des nommes Los au

eue

tarse] est appelle cyboïde, pour la similitude qu'il a evec un dé, combien qu'il ne luy ressemble gueres,

— ÉTYM. K.u6o£.SV);, de xu6o;, cube, et eTôo;, forme.

t CUBO PRISMATIQUE (ku bo-pri-sma-ti-k'), adj. Terme de minéralogie Qui participe du cube et du prisme.

t CUCERON (ku-se-ron), *. m. Insecte qui dévore les légumes.

Cl'CUBALE (ku-ku-ba-1'), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes qui, ayant été démembré, ne contient plus qu'une espèce (curubalus baccifer).

tCLCUI.ÉS (ku-ku-lé) ou CUCULIDKS (ku-ku-b -d'j, s. m. plur. Terme d'histoire naturelle. Famille d'oiseaux analogues au coucou.

— ETYM. Lat. cueulus, coucou.

t CUCULIXES (ku-ku-li n') , s. f. plur. Terme d'histoire naturelle. Abeilles parasites qui, comme le coucou, mettent leur progéniture dans le nid d'autrui.

— ÊTYM. Lat. cueulus, coucou.

f CUCULLAIRE (ku kul-lê-r'), adj. Qui est en forme d'un capuchon. Muscle cucullaire, nom donné quelquefois au muscle trapèze à cause de sa ressemblance avec le capuchon d'un moine, lorsqu'on le considère avec son congénère.

— ETYM. Lat. cucullus, capuchon.

t CUCULLE (ku-ku-F), s. f. Les chartreux nomment cueulle ce que les autres religieux appellent scapulaire.

— ETYM. Lat. cuculla, capuchon.

t CUCULLIKÈRE ( ku-kul-li-fè-r' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des appendices en forme de capuchon ou de cornet.

— ETYM. Lat. cucullus, capuchon, et fer, qui poste.

f CUCULLIFOLIÉ, ÉE (ku-kul-li-fo-li-é. ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de capuchon.

— ETYM. Lat. cucullus, capuchon, etfnlium, feuille. f CUCULLIFORME (ku-kul-li-for-m'), adj. Terme

d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un capuchon ou d'un cornet.

— Etym. Lat. cucullus, capuchon, et forme.

f CUCUiyiÉRACÉ, ÉE (ku-ku-mé-ra-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à un concombre.

— ETYM. Lat. cucumer, concombre.

t CUCUMÉR1N, INE (ku ku-mé-rin , ri-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un grain de courge.

— ETYM. Lat. cucumer, concombre.

f CUCUM1FORME (ku-ku-mi-ror-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un concombre.

— Etym. Lat. cucumis, concombre, et forme.

f CUCUPUE (ku-ku-P), s. m. Ancien terme de pharmacie. Espèce de bonnet a double fond, contenant entre ses deux fonds un mélange de poudres aromatiques.

— ETYM. Bas-Iat. cueufa, coiffe, qui est une forme, avec réduplication, du bas-latin eufa (voy. coiffe).

CUCURBITACÉE (ku-kur-bi-ta-sée), adj. f. Terme de botanique. Plantes cucurhitacées, plantes her- Lacées, à tiges rampantes, telles que les melons, les concombres, etc., et, substantivement, les cucurhitacées, famille de plantes dont la courge est le type.

— ETYM. Lat. cucurbila, courge.

f CUCURB1TA1N (ku-kur-bi-tin), s. m. Voy. cu-

CURBITIN.

CUCITRBITE (ku -kur-bi-t'), s. f. || 1° Partie de l'alambic qui s'introduit dans le fourneau et dans laquelle on met la matière à distiller. || 2° Nom d'une pierre argileuse, dont la figure approche de celle du concombre.

— HIST. xiv's. Par alambics et descensoires, Cucurbites, distillatoires, Par pélicans et matheras, Oncques tu ne l'arresteras Cestuy vif-argent tant folage, Nat. à l'alch. err. 40.

— ETYM. Lat. cucurbila, courge (voy. ce mot), à cause de la forme.

t CUCURBITÉ, ÉE (ku-kur-bi-té,tée),o(Xj'.Qui est en forme de courge. Les branches du calebassier se chargent de fruits cucurbités dont on peut faire toute sorte de vaisselle, dern. de st-p. llarm. S, Science des enfants.

— ÉTYK Lat. cucurliita, courge.

| CUCURIÎ1T1N, INE (ku-kur-bf-tin,ti-n'). || i"Adj. Terme de botanique. Qui a de la ressemblance avec un potiron, en parlant des baies de certaines plantes. || 2° S. m. Terme d'histoire naturelle. Nom donné au taenia (ttfnia solium), parce qu'il est composé d'anneaux qui ressemblent à des semences de

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courge. Les anciens nommaient cucurbitins ces anneaux qui sont souvent rendus isolés et qu'ils prenaient pour des vers particuliers. Chaque anneau parait un véritable ver; et ce sont ces anneaux ainsi détachés qui ont été nommés par erreur vers cucurbitins, de leur ressemblance avec la graine de courge, bonnf.t, Nouv. rech. Txnia.

— ÉTYM. Lat. cucurbila, courge.

t CUCURI (ku-ku-ri) , s. m. Sorte de chien de mer.

| CUDELË, ÉE (ku-de-lé, lée), adj. Ancien terme de vétérinaire. Affecté d'eaux aux jambes en parlant d'un cheval.

t CUEILLAGE (keu-lla-j', Il mouillées), s. m. || 1° Action de cueillir les fruits. || Saison où on les cueille. || 2° Action d'enlever le verre en fusion avec la sarbacane. || Quantité de matière prise à la fois.

— ÊTYM. Cueillir.

fCUEILLAISON(keu-llê-zon, Il mouillées), s.f.

Terme d'agriculture. Époque de cueillir.

— ÊTYM. Cueillir.

t <• CUEILLE (keu-U', Il mouillées), s. f. Terme d'agriculture. L'action de cueillir. La cueille est faite.

— ÉTYM. Voy. cueillir. On a dit au masculin dans le xve siècle : Soit la terre labourée Et la revenue en cueil, e. dercii. Poésies mss. f" 6'J, dans lacurne.

|2. CUEILLE (keu-}l', Il mouillées), s. f. Terme de marine. Largeur d'une pièce de toile à voile.

— ÊTYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.

f CUEILLÉE (keu-llée, Il mouillées), s. f. Faisceau de fils redressé par l'engin de l'épinglier.

— ÉTYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.

f CUEILLEMENT (keu-lle -man, Il mouillées), s. m. Action de cueillir.

— HiST. xvi« s. Cueillement, cotgrave.

— ÊTYM. Cueillir.

CUEILLETTE (keu-lle-f, Il mouillées, et non keuyè-t'), s. f. || 1° Récolte de certains fruits. La cueillette des olives, des pommes. Oui, d'abord vivant de nos miettes, Il [l'homme] prit de nous [singes] l'ai i descueillettes, bérang. Orangs-out. || 2° Collecte, produit d'une quête. Faire une cueillette pour les pauvres. || En ce sens il est vieux. || 3" Terme de marine. Charger un navire en cueillette, à la cueillette, le charger de marchandises appartenant à divers. Si le vaisseau est chargé à cueillette ou au quintal ou tonneau, le marchand qui voudra retirer ses marchandises avant le départ du vaisseau , pourra les faire décharger à ses frais, en payant la moitié du fret, Ordonn. août 168). ||4° Récolte des chiffons à faire le papier.

— HiST. xiii' s. Si que il apert que les coilloites aient perdu le droit du cours de lor nature, beaum. xliv, 34. || xiv s. La queuillette de ioooo livres parisis que la ville de Paris paie pour la chevalerie du roy Loys fils le roy Philippe le bel, du camge, auxilium. Les fruiz des vignes venuz à meurté et presque en estât de cueillette , id. collecta. || xV s. Or avint ainsi que messire Henri de Flandre se mit un jour en la compagnie et cueillette de plusieurs chevaliers, froiss. i, i, 86. Le comte Derby fit une cueillette et un amas de gens d'armes et d'archers, id. i, i, 232. En temps d'esté, doit on assigier les chasteaulx et citez, aflln que ilz ne puissent faire leur cueilte, chris. de pisan, Charles V, II, en. 34. || xvr s. On lui avoit laissé plus de rameaux que de coustume, parce qu'on la vouloit arracher après la cueillie, palissy, 30. Le laboureur attend patiemment le temps et saison de cueillette, après avoir semé, id. 192. Cueillettes d'aumosnes pour les pauvres et nécessité des églises, d'aub. Hist. n, 174. Il y a plus de proufit de faire tousjours suffisante cueillette des fruicts, que d'en avoir une fois à grand foison, la noETiF, 233. Il envoya vers le pape luy remontrer la disette du pays et le prier de luy donner deux cueillettes l'an d'après, Moyen de parvenir, p. 310, dans lacurne.

— ÊTYM. Le même que collecte; provenç. culhida; portug. colheita; ital. colletta.

| CUEILLEUR, EL'SE (keu-lleur, lleû-z', H mouillées), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui cueille. || Être fait en cueilleur de pommes, être mal accoutré, ou être accoutré comme quelqu'un se préparant a quelque ouvrage rustique, à quelque travail pénible. || 2" Celui qui prend le verre fondu dans le pot. || 3° Pièce du rouet à liler l'or.

— hist. MV s. Willaume Lefevre cuelieur ou receveur du paage du pont de Pinquigny, du cange, eoUeotarius. || xvi* s. Adventuriers en cueilleurs de ohastaignes Furent transmis ung baston blanc au poing, ]. marot, t. v, 98. Diogenes recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cueilleur

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des pommes, rab. Pant. m, prol. Il s'en alloit par les rues, tantost habillé en marinier, tantost en magister, tantost en cueilleur de prunes, et toujours en fou, desper. Contes, ixx. Mon galland fut miê en cueilleur de pommes, h. est. Apol. d'Hérod, p. 40 ( , dans LACURNE.

— ÊTYM. Cueillir; wallon, codeû; namurois, coudeû; provenç. culhidor.

CUEILLI, IE"(keu-Ili, Uie, Il mouillées, et non keu-yi), part, passé de cueillir. Des fruits cueillis à point. Les plantes cueillies le matin à la rosée ou le soir à l'humidité ou le jour durant la pluie, ne se conservent point; il faut absolument choisir un temps sec, j. j. rousseau, Lettre élément, sur la botanique. || Fig. [L'ode] Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résiste, et, par un doux caprice, Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, boil. Art p. n.

f CUEILLIE (keu-llie, Il mouillées), s. f.\\ 1° Terme de maçonnerie. Trait de plâtre par lequel les maçons commencent pour dresser un enduit. La cueillie sert aussi à former les angles. || 2° Terme d'épinglier. Faisceau de fils de laiton redressés par l'engin.

— ÊTYM. Cueillir.

CUEILLIR (keu-llir, Il mouillées, et non keu-yir), je cueille, nous cueillons; je cueillais; je cueillis; je cueillerai; je cueillerais; cueille, cueillons, cueillez ; que je cueille, que nous cueillions; que je cueillisse; cueillant, cueilli, v. a. || 1° Détacher des fruits, des fleurs, des feuilles de la tige. Cueillir des fruits, des fraises, des raisins. Cueillir une rose. Cueillir des feuilles de mûrier. Les nymphes se mirent à cueillir des fleurs , fén. Tél. vu. Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune ; Moimême, en les cueillant, je fis pâlir la lune, corn. SJédée, iv, 2. Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants. Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, boil. Art p. il. Le gouvernement fait cueillir tous les ans cette plante par dix mille soldats tartares, dont chacun doit rendre gratuitement deux onces du meilleur ginseng, raynal, Hist, phil, v, 24. |] Cueillir un bouquet, cueillir des fleurs pour en faire un bouquet. Il oublie à les voir [les fleurs] l'emploi qui le demande, Et s'égare à cueillir une belle guirlande, a. chEn. Idylles, Hylas. || Fig. Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, corn. Cinna, m, 3. || Cueillir des palmes, des lauriers, remporter des victoires. C'est le fruit que j'attends des lauriers qui m'attendent; Heureux si mon destin, encore un peu plus doux, Me les faisait cueillir sans m'éloigner de vous, corn. Pomp. iv, 3. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal, Et d'avancer par là les desseins d'un rival, mol. le Dép. i, 2. Mayenne.... Songe à cueillir le fruit sans en être complice [du crime de J. Clément], volt, llenr. v. || 2" Cueillir un baiser, prendre un baiser à une femme. C'est du poison que j'ai cueilli sur tes lèvres, J. i. rouss. llél. i, (4.11 [l'Amour] dormait ; un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrait mollement; et de jeunes abeilles Viennent cueillir le miel de ses lèvres vermeilles, a. chén. Idylles , imite de Platon. || 3" Cueillir, dans le langage des maçons, faire une cueillie. Cueillir une fenêtre en plâtre. || 4° Terme de marine. Plier une manœuvre en rond ou en ellipse. || 5° Prendre le verre fondu avec la canne. || 6" Boucler la soie étendue sur les platines. || 7° Cou' per le fil destiné à faire les épingles. || 8° Se cueillir, D. re'fl. Être cueilli. C'est en celte saison que les pommes se cueillent.

— REM. L'orthographe de cueillir et de ses formations est très-irrégulière. Le c y prend un u après lui à la manière du q ; et cet u est supposé encore après l'e pour en former le son euil; l'orthographe rationnelle serait cœuillir, où l'o de œ rappellerait l'étymologie , en même temps qu'il conserverait le son dur du c comme dans cœur, et l'u placé après l'e donnerait le son eu qu'on doit entendre, tandis que eil ne peut faire que eil, comme dans pareil, jullien, Thèses de gramm. p. 121.

— HIST. xi* s. Rolans sis niez me coillit en hatlr [haine], Ch. de /loi. cclxxiv. || xn's. Par vos barons en fut raisons cellie [accueillie], IXonc. p. <o. Ele (ist tant que ele m'ot bien pris Par traïson que [elle] cueille et mouteploie [multiplie], Court, p. 124. L'arcevesques Thomas ad esté mis servanz; Mes ren« tes ad cueilleites tûtes par plnsursans, Th. le mart. 33. Mais à voz letres puis e veeir e sentir Que no puis pas les grapes des espines cuillir Ne des runces les fiches.... ib. 8f>. I.'arcevesque Thomas ad vers le toi mespris; Il de tut le reaume ad esté poestis, E les rentes cueilletes tûtes e ans e diz, ib, 63. [|xm* s.

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La dame est jà par la verdour [verdure] , En un verger cueillant la flour, audefr.lebastard, Romancero, p. 9- Et cil des cinc nés [navires], si tost comme il porent apercevoir le jor, cueillirent leur voiles et s'en alerent sans parler à nullui , villeh. CXLvm. Celui qui queut la coustume [perçoit la taxe], I.iv. des met. 7. Plus en quiaut [il en cueille plus] de pleine jaloie [sorte de mesure], Ren. 19272. ■Mes or vendent [les juges] lesjugemens, Et bestornent les erremens, Et taillent et cuellent et saient [scient], Et les povres gens trestout paient, la Rose, 6607. Mais li termes moult Ions estoit, Com li ert vis, du fruit cuellir, FI. etBl. 386. Les plusor vont les pieresenlor mances coillir [ramasser en leurs manches], Ch. d'Ant. vin, 493. Gentius dus [duc], monté sont en la cité garnie, Trente ou plus, ne savons, Diex lor soit en aïe! Tant avoit sor l'eschiele de nostre gent coillie [rassemblée], Que por le fais des armes est rompue et froisie, ib. vi, 827. Encore, qui acale, et, por doute de rescousse, queut blés, mars ou vins, en l'eritage qu'il a aceté, ains le lans de droite meurison, beaum. xliv, 34. Et li rescoveres vient ains le tans qu'il fust poins de coillir, id. xliv, Su. Et s'ele ne se pot partir [partager] si comme viviers ou travers ou teles cozes sanllavles, li sires les doit fere coillir porfitavlement as cos [coûts] des compaignons, id. xxi, 31. Une des galies le roy le queilli et l'aporta en nostre nef, là où il nous conta comment ce li estoit avenu, joinv. 287. || xive s. Après ce que les fruis sont cuillis, oresme, Eth. 246. 0 xv" s. Et avoit intention d'arriver à Harfleu; mais un iourment le prit et cueillit en mer, qui lui dura plus de quinze jours, froiss. I, I, 2H. Tous ces seigneurs s'estoient cueillis en grant désir de là venir, et faire leur pouvoir de la conquérir [la ville], id. i, i, 86. Il prit et cueillit environ quarante lances de bons compagnons, id. i, i, 79. Elle sera tousjours coincte, jolie et bien cueillie, Aresta amorum, p. 24), dans lacurne. Et le chevalier qui tant avoit aydé à monseigneur Yvain, dit qu'il ne le laissera devant qu'il soit guary; si fait cueillir le pavillon à son nepveu et une coutte pointe; car il pense bien que mestier il aura de pavillon, se gésir le convient hors de la ville, Lancelot du Lac, t. i, f° 149. Puis osta son heaulme, et abbatit sa ventaille pour mieulx cueillir le vent, car il avoit eu trop de chault, ib. t. m, f° 18. Et avoit cueilly et perceu grant argent contant, comm. iv, 12. Vestus de toile blanche et déliée cueillie [ramassée] à l'entour d'eux si mignoriement que c'estoit merveilles à veoir la beaulté de leur vesture, Perceforest, t. i, f°2i. Et quant ce vint à l'approcher, Lionnel baisse sa lance et va cueillir la ventaille du heaulme du chevalier, et lui rompt le laz, et emporte son heaulme enmy le camp, ib. 1° 108. Car là [il] cueilloit cueur et hardement en tous ses faitz, ib. t. n, f° 82. Adonc fut temps de nappes oster; si les cueillirent escuyers et sergens; après se levèrent dames et damoiselles et chevaliers, ib. t. I, f° 134. || xvi° s. Le doulx fruict d'amourettes, lequel veult Venus estre secrètement et furtifvement cueilly, rab. Pant. n, 18. Les mousches en sont tant friandes que merveilles, et se y cueilleroyent facillement, et y feroyent leurs ordures, id. ib. il, 15. Roses aussi de diverses couleurs, S'on ne les cueult, sans profiter périssent: Et s'on les cueult, les cueillans les chérissent, marot, ii, 288. Fol, dit-il, ce que tu semés ne cueille point de vigueur, sinon qu'il soit mort auparavant, calvin, lnstit. 795. Je cueilliray tellement la somme de ce qu'il dit là, que j'useray mesme de ses mots tant qu'il me sera possible, id. ib. 1014. Pour la culture de la terre, si je m'en voulois mesler, je cueillirois plus d'orge et de froument, la boétie, 229. Caesar, s'esmerveillant de son gentil cueur, luy alla au devant avec grands cris de joye pour le cueillir et caresser, amyot, César, 20. Parc de vignoble où il se cueult tous les ans environ deux cents queues de vin blanc et clairet, carl. ii, 10. On fera une cousture, en cueillant et comprenant du processus du péritoine tant profondement qu'il en soit retressi, paré, vi, 15. L'on cueillira les noisilles ou avelaines devant qu'elles aient grené, o. de serres, 860. Livres auxquels on peut cueillir quelque plajsir, Nuits de Slraparole, ép. t. i, p. 2. Quant il vit Penglois qui tel orgueil démena, il cueilly force et hardement, et prist en soy grant air, et proposa de illec vivre ou mourir où il conquerroit honneurs, menard, Hist. de du Guescl. p. 232, dans lacurne. La Cypris de sa main cueut trois pommes dorées, baïf, OEuvres, p. 186, dans LACURNB.

— ÉTYM. Wallon, code ; namurois, coude; Berry, quillir (prononcé ki); provenç. coillir, cueillir, culkir; catal. cullir; espagn. cogef; portug. collier;

CUI

ital. cogliere; du latin colligere, de col, cum, et légère, recueillir. Les formes en ir sont irrégulières, et proviennent d'une transformation de colligere en colligire; du reste, la conjugaison suit colligere, et non colligire : je cueille, côlligo ; il cueille ou, anciennement, il queut, côlligit ; au futur, je cueillerai (cueiller-ai) , et non cueillir-ai, qui s'est dit cependant au xvie siècle et au xvn«. « Â la cour tout le monde dit cueillira et recueillira; à la ville tout le monde dit cueillera et recueillera ; et, cela présupposé, que s'ensuit-il autre chose, sinon que cueillira et recueillira est comme il faut parler? vaugel. Rem. t. n, p. 885. » L'usage a prononcé pour cueillerai, qui suit la conjugaison de colligere, contre cueillirai qui suit la conjugaison de colligire. Dans certaines provinces on dit cueiller, de la lreconjugaison.

| CUEÎLLISSAGE (keu-lli-sa-j', Il mouillées), s. m. Action de cueillir la soie sur les platines. || Mouvement du métier à bas qui plie le fil étendu sur les aiguilles.

— ÉTYM. Cueillir. La formation est barbare, cueillir n'ayant jamais fait cueillissant au participe présent; il faudrait dire cueillage.

CUEILLOIR (keu-lloir, Il mouillées, et non keuyoir), s. m. Panier où l'on met la cueillette. || Corbeille attachée au bout d'un long bâton pour cueillir les fruits des hautes branches. Les dômes découpés en feuillage ou creusés en forme de cueilloir deviennent autant de corbeilles, chateaub. Génie, m, v, 5. || Espèce ae cisaille pour cueillir des fruits délicats.

— ÉTYM. Cueillir.

f CUFFAT (ku-fa), s. m. Sorte de tonne, employée dans les puits de mines, pour transporter le minerai et les mineurs.

— ÉTYM. Bas-lat. cupha, qui s'est dit pour cupa, coupe, sorte de vase.

t CUFIQUE (ku-fi-k'), adj. Voy. coufique.

■f 1 . CUIDER (kui-dé) , v. n. Terme vieilli et tombé en désuétude. || 1° Croire, penser. Me cuidant tromper, tu voudrais faire accroire.... Régnier, Elég. 2. 11 se platt aux trésors qu'il cuide ravager, id. Sat. ix. Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, Qui souvent s'engeigne soi-même, la font. Fabl. iv, 1 1 . || 2° Se cuider, v. re'fl. Se pavaner, faire l'outrecuidant. Quelques vieux et plats courtisans, comme Dangeau, Cavoie, regrettèrent de n'avoir plus à se cuider parmi les sots et les ignorants, dans les rai sonnements et l'amusement journalier d'une cour qui s'éteignait avec le roi, st-sim. 4(7, 21.

— HIST. XIe s. Et des mellors qui al champ [de bataille] quient estre, Ch. de Roi. clv. Si grand duel [deuil] a, sempres cuida morir, ib. cclv. || xnes. Je le cuidai à mon neveu doner, Roncisv. p. 157. Bien [je] cuidai vivre sans amour Des ore en pais tout mon aé [âge, vie], Couci, 11. Or quidout qu'il fust tels cum il Tout ainz veù, Th. le mari. 39. || xmes. Cil qui onques mes ne l'avoient veiie ne cuidoient mie que si riche cité peùst avoir en tout le monde, villeh. lxi. Quiconque cuide ne qui die Que soit folor ou musardie De croire que songes aviengne, Qui ce voldra, pour fol m'en tiengne, la Rose, 11. Il xve s. Ceste beste [l'ours] est de telle nature que ce qu'elle tient, soit homme ou beste, quant il ne se remue plus, elle le laisse là, cuydant qu'il soit mort, comm. iv, 3. || xvies. Je cuyde que soye descendu de quelque riche roy, rabel. Garg. 1, 1. Ils marchoient en desordre, comme ceux qui cuidoient bien estre hors de tout dangier, mont, i, 343. Or est-ce bien un grand abus, s'on cuide Que d'inventer la fontaine soit vide, la boetie, 479. Si cuida Theseus au commencement user de force, mais il fut contraint par les brigues et menées de ses adversaires de s'en déporter, amyot, Thés. 43.

—ÉTYM. Provenç. cuidar, cuiar ; espagn. cuidar ; ital. coitare ; du latin cogitare, penser, de cum, avec, et agitare (voy. agiter).

f 2. CUIDER (kui-dé), s. m. Panier long pour cueillir et porter les fruits.

CUILLER ou, suivant l'orthographe de quelquesuns, dit l'Académie, CUILLÈRE (kui-Uê-r', Il mouillées, et non kui-yê-r; la prononciation est la même pour les deux orthographes, bien que, pour la première, quelques-uns disent kui-llé ; ce qui est une prononciation tombant en désuétude. Henri IV ayant dit à Malherbe qu'il fallait prononcer cuiller, et le faire faire masculin, Malherbe répondit que, tout puissant qu'étaU le roi , il ne ferait pas qu'on dit ainsi en deçà de la Loire. D'autre part Ménage remarque que le petit peuple de Paris prononce cueille, la cueille du pot, et que les honnêtes bourgeois y disent cueillère; l'usage a aussi écarté la prononciation cueillère),

CUI

°. f. H 1° Petite palette creuse tenue par un manche , dont on se sert pour porter à sa bouche les aliments peu consistants ou pour les servir à table. Cuiller de fer, d'argent, d'étain. Cuiller à potage. Cuiller à ragoût. [Dans les catacombes] Anciens calices, anciennes croix, anciennes cuillers pour administrer la communion, chateaub. Italie , 38. Il Cuiller à pot, cuiller large et profonde, avec laquelle on prend le bouillon dans le pot-au-feu pour tremper la soupe. || Cuiller à punch, grande cuiller dans laquelle la palette, au lieu d'avoir sa longueur dans la direction du manche, l'a perpendiculairement à ce manche; de plus elle est terminée par des goulots à droite et à gauche, afin de pouvoir verser commodément la liqueur soit dans les verre» pour la boire, soit dans le bol lui-même lorsqu'on brûle l'eau-de-vie. || Petite cuiller se dit des cuillers à café. Il Biscuit à la cuiller, biscuit long et mince, fort léger, qu'on trempe ordinairement dans le vin ; ainsi nommé parce que, pour le faire, on en répand la pâte en long sur le papier avec la cuiller. Il Terme de botanique. Pétales, feuilles en cuiller, pétales, feuilles qui en ont la forme. || Chevaliers de la cuiller, nom que prirent, dans le xvie siècle, des nobles du pays de Vaud, s'étant vantés, dans une orgie, de manger les Genevois à la cuiller. Il 2° Ustensile de cuisine. Cuiller de bois. || Par extension, nom d'instruments de formes diverses employés dans les arts. Cuiller à fondre du plomb. Cuiller à brai. || Cuiller à projection, demi-sphère creuse, en fer ou en fonte, munie d'un manche à bois, à l'aide de laquelle, dans les laboratoires, on fait fondre les métaux, les alliages, on verse certains corps dans les creusets chauffés au rouge. || Outil pour transporter les boulets rouges du gril à la pièce. Il Pierre creusée en rond ou en ovale pour recevoir l'eau d'un tuyau de descente. || Morceau de fer qui embrasse le bout de l'essieu des roues de devant d'un carrosse. || 3° Tarière de sabotier. || 4° Terme de marine. Sorte de foret acéré et coupant, pour percer les pompes. || Instrument pour décharger les bouches à feu. y 5° Herbe à cuillers, cochléaria. || 6° Nom vulgaire de la spatule, espèce de héron qui ne diffère du héron que par le bec, qu'il a de la forme d'une cuiller, d'où il tire son nom. || 7° Nom de certaines coquilles de mer.

— HIST. xne s. Il s'abaissa [se baissa], si a pris un cuillier, Bat. d'Aleschans, v. 3886. Cuilliers, cupes, hanas d'argent, d'or esmeré, Th. le mart. 152. || xm* s. Quilliers de boys ou de fust, Liv. drs met. 321. Lors sai je bien et puis savoir, Li vilain dit raison et voir, Qui dit qu'entre bouche et quiller Avient sovent grand encombrier, Ren. 4077. ||xiv*s. Autre plus petit estuy pour mettre une petite cuillier d'or de la royne, de laborde, Émaux, p. 238. Cuillers d'argent, quatre douzaines, Ménagier, n, 4. ||xv*s. On ne perdroit pas céans une cueillisr d'or ou d'argent, ni rien qui soit, que il ne le sçust tantost, froiss. ii, m, 22. Vêla à tel pot, tel culier, coquill. Plaidoy. de la simple. Une petite cullier à nectoyer la langue, de laborde, Émaux, p. 238. Après mengier, cuiller, lerouxdelincy, Prov.t. n, p. 193. Il xvie s. Trudon, prenez toutes ces cuillères d'argent, et ce drageouer, rab. Pant. iv, 13. On dit que bien souvent entre bec et cuiller II vient destourbier, 3. le houx, Vau de Vire, 26. Faut mettre en la vessie l'autre bout qui est cave en façon de cueiller, paré, xv, 45. Une cuillère d'argent, id. xx bis, 26. Plein une cuillier, id. xxiv, 49. Avec une cueiller on recueillira le beurre, 0. de serres, 285. Les grosses pièces de fruit seront plongées dans l'eau, une à une, avec la cueiller persée, id. 869. Entre tant de maisons armées, moy seul, que je sçache, en France, de ma condition, ay fié puremen*. au ciel la protection de la mienne, et n'en ay jamais osté ny cueillier d'argent, ny tiltre, ny tapisserie, mont, m, 9. Entre la bouche et la cueillier souvent advient grant destourbier, cotgrave.

— ÉTYM. Wallon, cui; Berry, quillère (prononcé ki); saintong. chillère, chulière; provenç. culhier , cuiller, cuilier, culier; du latin cochleâre, de cochlea, par comparaison de la cuiller avec la coquille du limaçon. Le wallon cui vient du nominatif côchlear, avec l'accent sur co.

CUILLERÉE (kui-lle-rée, Il mouillées, et non kuiye-rée), s. f. Quantité contenue dans une cuiller. Une cuillerée de potage, de sirop. Une cuillerée à café équivaut à cinq grammes d'eau commune; une cuillerée à bouche équivaut à quatre cuillerées à café, et par conséquent à vingt grammes; il faut huit cuillerées à bouche pour un verre ou une verree.

— HIST. xvi" s. Deux ou trois cueillerées d'huile d'amandes douces, paré, xviii, 1 6 . On en donnera ,

cm

cui

cui

avec de l'huile d'olive, une cuillerée d'argent, o. de

— Etym. Cuiller.

CUILLERON (kui-lle-ron , Il mouillées, et non kuiye-ron), s. m. Partie creuse d'une cuiller. || Cuilleron ou balancier, appendice placé derrière les ailes des insectes diptères. || Pétale ou autre partie d'une fleur ou plante qui a la forme d'une cuiller. || Pièce qui, dans un fusil de munition, retient la baguette.

— ÉTYM. Diminutif de cuiller.

t CC1NE (kui-n'), s. f. Cornue qui servait à. la distillation de l'eau-forte.

— HlST. xvt* s. Cornue, cuenne, recipiens, paré, t. m, p. 638.

— ÉTYM. Origine inconnue.

i. CUIR (kuir), s. m. || 1" Peau épaisse de certains animaux. L'épaisseur du cuir qui couvre l'éléphant. || Terme d'anatomie. Cuir chevelu, la peau qui recouvre le crâne et où naissent les cheveux. || 2° Peau des animaux séparée de la chair et corroyée. Cuir de vache. Les cuirs, fruit unique des courses des boucaniers, avaient été le premier objet d'exportation de St-Domingue, raynal, Hist. phil. xm, 35. Nos cuirs dorés, où il n'entre pas la moindre parcelle d'or, montrent que nous savons au moins, dans certains arts, imiter la sage économie de la nature, bonnet, Palingén. phil. il" part. en. 4. || Par plaisanterie, un orfèvre en cuir, un savetier. || Cuir bouilli, cuir cuit et préparé qu'on emploie sous diverses formes. || Un visage de cuir bouilli, visage de mauvaise couleur. || Cuir cru, vert ou en vert, cuir qui n'a reçu aucune préparation. || Cuir plaque, cuir tanné et corroyé dans son tan. |j Cuir à l'orge, cuir qu'on fait fermenter dans une pâte d'orge. || Cuir à œuvre, cuir mince des petits bœufs. || Cuir de Valachie, cuir préparé dans un passement d'orge. || Cuir en triple, cuir pelé et rincé. || Cuir de Transylvanie, cuir préparé à la farine de seigle. || Cuir de poule, cuir qui sert à faire des gants. || Cuir de Russie ou de Roussi, cuir de vactie préparé en Russie. La locution cuir de Russie est la seule correcte; cuir de Roussi en est une vieille corruption. Ses souliers étaient si couverts de rubans, qu'il ne m'est pas possible de vous dire s'ils étaient de roussi, de vache d'Angleterre ou de maroquin, Récit en prose et en vers de la farce des précieuses, Paris, <6GO. || Cuir de Russie est aussi la peau de phoque tannée avec l'écorce du bouleau noir. || 3* Cuir à rasoir, ou, simplement, cuir, bande de cuir tendue sur une palette pour donner le fil aux rasoirs. || 4° Familièrement, la peau. Le beau corps, le beau cuir! la font. Roi Cand. C'est bien le cuir plus doux! id. Rerc. Une grosse Aricie [TAricie delà Phèdre de Racine], au cuir rouge, aux crins blonds, N'est là que pour montrer deux énormes tétons, Que malgré sa froideur H ippolyte idolâtre, deshouliêres, Poésies, t. n, p. 219, dans lacurne. || Entre cuir et chair, sous la peau. || Fig. et familièrement. Pester entre cuir et chair, s'impatienter sans oser le faire paraître. || 5° Cuir de laine, épaisse et forte étoffe croisée. || 6° Cuir des arbres, le rhacodion xylostome. || Cuir de montagne, cuir fossile, asbeste. || Proverbe. Faire du cuir d'autrui large courroie, se dit de ceux qui sont libéraux du bien d'autrui.

— HIST. xi" s. En [pour cela, pour servir son roi] doit hom perdre et du quir et du peil, Ch. de Roi. lxxvti. Dur [ils] ont le quir ensement come fer, ib. ccxxxv. || xne s. Sur l'espaule senestre l'espée li cula, Le mantel e les dras tresqu'al cuir encisa, E le braz maistre Edward près tut en dous colpa, Th. lemart. (50. Coustume est de mecine, ke ele la chalor des entrailhes trait par defors el cuir, et de ce dont ele navret par defors sanet ele par dedens , Job, 489. Un cuir boli [sorte d'armure] a en son dos gité, Par desore ot un clavain afautré, de laborde, Émaux, p. 239. || xm8 s. La carre du roi Phyon fut de cuir d'elephant bouilli, dont le tabernacle et la marcellefu peintàcollorset à vernis, id. ib. Si garnissiez si vos chasteax De perrieres, de mangoneax ; Si faites cuir et verge atraire, Fer et merrien por engin faire, Parlonop. Ms. de St-Germain, f° 168, dans lacurne. Qui cuir voit tailler, Corroies demande, Ce dit li vilains, Prov. du vilain, ils. de St-Germ. f" 74 , dans lacurne. Ouvrier de cuir bouilli, Liv. des met. 4 64. Au mains ne puet il pas tout perdre, S'il se devoit au cuir aerdre, la Rose, 10824. Uns Turs i mist la sele, qui fu à or vertus, Moult fu riches li frains qu'il li a el cliief mis; Son poitral li laça qui fu de cuir bolis, Ch. d'Ânt. iv, 189. S'il y a sanc dont cuirs soit perchiés, li bateres doit estre pris.... beaum. xxx, 17. Les veines petites entre cuir ei chair, alebrant, f" 13. ||xiv*s. Une courroye de cuir de lyon, sans nulle ferrure, de

laborde, Émaux, p. 24 1. Une ceinture de cuir de lioun, harnessé d'or od camaeux , id. ib. p. 240. Deux escrins de cuir boulli que il fit à la royne, l'un pour une nef d'argent, et l'autre pour un charriot d'argent qui porte une nef, id. ib. p. 239. Un livre en un fourrel de quir bouli, id. ib. Un livre couvert de cuir rouge à empreintes, id. ib. p. 240. || xv" s. Un estuy de cuir noir, où il a quatre compas d'argent, id. ib. Un grant livre couvert de cuir vermeil et empraint de plusieurs fers, id. ib. Le service de la chappelle du Roy, couvert de cuir rouge marqueté, id. ib. Jamais mestier aprendre ne voudray; Car ces ouvriers ont trop courbes les dos; Je voy qu'ils n'ont q,ue le cuir et les os, eust. desch. Poésies mss. f" 238, dans lacurne. Lors s'affiche es estriers dont les couroyes estoient de cuir de soye, Perceforest, t. n, f° 46. || xvi" s. Un de ces vénérables coupeurs de cuir [bourse], desper. Contes, lxxxiii. Lepiderme, le vray cuir , le pannicule charneux meslé avec la gresse, paré, i, 2. Un bonnet de cuir bouilli, id. viii, 22. On gardera ceste composition bien enveloppée dedans un cuir, id. xxiv, 8. Le fin cuir transparent qui trahit sous la peau Mainte veine en serpent.... d'aub. Tragiques, liv. in. Il ne faut pas toujours estre chaussé ainsi : 11 faut qu'il ait souvent la botte de Roussi, Etl'esperonaux pieds, encore qu'il ne pense Que de passer le jour à l'entour d'une danse, Discours sur la mode, en ' 6» 3.

— ÉTYM. Génev. cuer, couer (IV sonne); wallon, cûr ; namurois, cû; provenc. cuer, cur; anc. catal. cuyr ; espagn. cuero; ital. cuojo; du latin corium; grec, yôpiov.

2. CUIR (kuir), s. m. Terme populaire. Faute de langage qui consiste à prononcer à la fin d'un mot qu'on lie à un autre, un t pour un s, j'étai-t à la campagne, et réciproquement, il étai-z à la campagne, ou à intercaler une liaison là où il n'en faut point, j'ai-z été. Faire un cuir, des cuirs. X faire mon d'voir toujours prête, Not' maître, je v'nons vous offrir C'te paire de rasoirs pour vot' fête ; Acceptezla z'avec un cuir, désaugiers, le Biner de Madeton,

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