‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 188 sur 754 · TIC · texte numérisé non relu

TIC

u.'iago autrefois chei le» Perses, cheï les Arméniens, chez les Juifs. Il lui mit la tiare sur la tête ; et, .lU bas de la tiare qui couvrait le front, il mit la lame d'or consacrée par le saint nom qu'elle portail, SACi, Bible, Lévit. viii, 9. Je ceignis la tiare et marchai son ég.il [de Joad), bac. Atlial. m, 3. Stral)on dit que la tiare des grands de la Perse ressemblait à celle des mages, dont la tête était enveloppée dans des bonnets d'étoffe serrés qui descendaient sur les joues et couvraient même les lèvres, HONGEZ, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. rv, p. 4 3. Nous avons vu, dans un passage des If.thiopiques d'Héliodore, qu'elles [les femmes] portaient la tiare comme les hommes, et qu'elles 1*6laient aussi comme eux pour saluer, id. ib. t. iv, p. 37. Strabon nous a conservé la forme de la tiare des Perses armés ; c'était un bonnet de laine foulée, fait en forme de tour, id. ib. t. iv, p. 51. Il i° Grand bonnet que porte le pape dans les grandes cérémonies, et autour duquel sont trois couronnes d'or enrichies de pierreries, avec un globe surmonté d'une croix. Les trois couronnes qui ont été ajoutées l'une à l'autre en différents temps, marquent que l'autorité pontificale s'étend sur les trois Églises, la militante, la souffrante et la triomphante. Voilà l'identité de forme entre la tiare des papes et celle des rois perses parfaitement établie, mongez, Instit. Mém. litt. et beauxarts, t. IV, p. 8(. Il Fig. Porter la tiare, être pape. Il Poser, mettre la tiare sur la tête de quelqu'un, le faire pape. Il 3° Fig. la dignité papale. Il se montra digne de la tiare. Le pape Alexandre VI avait acheté publiquement la tiare, volt. Pol. et lég. Tolérance, idée de la réforme. Ces jours où le roi Jean, lâche autant que barbare. Rendait le sceptre anglais vassal de la tiare, p. lebrun, Varie Stuart, III, 4. Il Fig. Toucher à la tiare, toucher à la puissance papale. || 4* Terme de zoologie. Tiare bâtarde, voy. volute.

— HIST. xvi" s. [Le pape] haiant sus teste une grande thyare marqueltée sus or de pierres précieuses d'extime d'un million d'or, bonivabd, Source de l'idoldtrie, IrUrod. p. xiii.

— RTYM. Tiàoa, tiare.

t TIBÊRON (ti-bé-ron), TIBURIN (li-bu-rin), TI- BCRON (ti-bu-ron), J. m. Voy. mahtkau, n° )2.

TIBIA (ti-bi-a), s. m. Terme d'auatomie. L'os le plus gros de la jambe, situé à la partie interne et antérieure de ce membre. || Troisième articulation des pattes des insectes.

— HIST. XVI' s. L'os de la grève, ou tibia, pabé, H, 23.

— ETVM. Lat. tibia.

TIBIAL, ALE (li-bi-al, a-l'), adj. Terme d'anatomic. Qui aiipartieiit, qui a rapport au tibia. Artère tibiale. Nerfs tibiaux. || Plumes tibiales, celles qui garnissent la jambe de l'oiseau. || S. m. Le tibial antérieur, le jambier antérieur, muscle. Le tibial postérieur, le jambier postérieur.

— ÉTYM. Lat. tibialis, de tibia, jambe.

t TIBIO-MALLftOLAIRE (ti-bi-o-mal-lé-o-lê-r'), adj. Terme d'analomie. Veine ti bio-mal léola ire, la grande veine saphène, qui correspond au tibia et à la malléole interne.

t TIBIO-TABSIEN, lENNE (ti-bi-o-lar-slin, sièn'), adj. Terme d'anatomie. Se dit de l'articulation et des ligaments qui unissent le tibia avec l'astragale, un des os du tarse. || Terme de chirurgie. Amputation tibio-larsienne, amputation pratiquée dans l'articulation de la jambe avec le pied.

TIC (tik), j. m. Il l" Terme de vétérinaire. Chez le cheval, tic proprement dit, qui consiste dans une contraction brusque des muscles de l'encolure et des parois du ventre, accompagnée d'un bruit particulier, sorte d'éructation amenant la sortie de gaz hors de l'estomac; tic par habitude, causé par l'ennui ou l'imitation et qui consiste en certains mouvements vicieux, Dict. de vétérinaire. \\ On distingue le tic d'appui, parce que, dans l'action qui le constitue, le cheval prend un point d'appui sur le corps qu'il ronge ou qu'il serre ; le tic en l'air, qui est plus rare : ce qui le constitue est l'action de porter le nez en haut, sans rien saisir avec les dents, sans appuyer les dents sur aucun corps ; et le tic de l'ours, qui consiste en une espèce de piétinement ou de balancement continuel. || Tic rongeur, celui qui consiste dans l'action de mordre ou de ronger la terre, les murs, le fer, etc. || 1' Mouvement convulsif local ou habituel, contraction convuisive de certains musclas, cl particulièrement de quelques-uns de ceux du visage; on l'appelle quelquefois tic convulsif, pour le distinguer du tic douloureux. L'abbé était désolé de vapeurs,

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avec un tic qui à tous les moments Fui démontait tout le visage, st-sim. tflo, ion. Le czar avait de beaux yeux noirs, grands, vifs, le regard majestueux et gracieux, avec un tic qui ne revenait fi.is souvent, mais qui lui démontait toute la physk,nomie, id. 4«7, lia. Leur monsieur l'aton est bien le plus vilain mâtin, le plus disgracié mortel, avoc son tic et son bégaiement, uancourt, Galant jardinier, se. 9. Il 3° Tic douloureux de la face, variété de la névralgie faciale, siégeant plus souvent sur les branches nerveuses frontale ou sous-orbitaire que sur les autres; la douleur, parfois assez intense pour arracher des cris, revient par élancements instantanés ou de courte durée et s'accompagne de contractions involontaires de quelques muscles de la face. || 4° Fig. Certaines habitudes plus ou moins ridicules qu'on a contractées sans s'en apercevoir. Ici l'amour des vers est un tic de famille, pih. Métram. i, 2. Je riais du ton circonspect et mystérieux qu'il mettait à cetle affaire, comme d'un tic contracté chez les ministres et les magistrats, dont il fréquentait assez les bureaux, J. J. Bouss. Confess. xi. J'ai remarqué depuis que cette manière sèche d'interroger les gens pour les connaître est un tic assez commun chez les femmes qui se piciuenl d'esprit, m. ib. ii. C'est un homme d'esprit, mais grand parleur, et même fatigant par le tic qu'il a d'ajouter à chaque phrase qu'il prononce, un hem, grimm, Corresp. t. I, p. 407. Ce sont en général les hommes les plus stupidesou les plus distraits qui ont le plus de tics et de mots d'habitude, destutt-tracy, Instit. Mém. tt. inor. et pol. t. i, p. 438. || Le tic du jour, les petits ridicules du moment.

— ÉTYM. Ital. ticchio. Ce mot paraît tenir à l'allem. Tick, attouchement léger, et aussi tic, ticken, toucher légèrement, el au gaélique tacaid, une douleur subite. Mais Diez rattache ticchio à l'anc. haut-allem. xiki, chevreau, ticchio ayant été formé comme capriccio, de capra, chèvre.

t TICAGE (ti-ka-j'), s. m. Chez le cheval, existence du tic. Les principaux cas rédhibiloires sont le ticage, la pousse ou battement des flancs.... NORMAND, Feuilleton du Siècle, 22 mai 4 867.

t TICAL (ti-kal), s. m. Monnaie siamoise valant un peu moins de trois francs, du hailly, Rev. des Deux-Mondes, io sept. 4806, p. 408.

TIC TAC (tik-tak), s. m. Onomatopée exprimant un bruit sec qui résulte d'un mouvement réglé. Sans cesse auprès de vous le cœur me lait tic tac, TH. CORN. Baron d'Albikr. m, 5. || Il s'est dit pour exprimer les coups de gens qui se battent. [Ils] S'en vinrent du parler à tic tac, régnier, Sat. x. \\S. m. Le tic tac du moulin. X son doux tic tac [du tourne-broche] un jour les partis Signeront la paix entre deux rôtis, bérang. Tournebr.

t TIE (tie), s. f. Instrument des ouvriers qui font des ouvrages de raclerie dans les forêts.

TIÈDE (tiè-d'), adj. \\ 1° En parlant des liquides, qui est entre le chaud et le froid. Un bain tiède. Tous deux, en la trouvant sans fièvre. Dirent qu'elle prendrait huit jours le lait de chèvre. Et que celui de vache après l'allait guérir. Surtout qu'il ne fallait lui donner que mi-tiède, poisson, Œuv. diverses, poésies. \\ i° Par extension, il se dit d'autre chose que des liquides. Un certain loup dans la saison Que les tièdes zéphirs ont l'herbe rajeunie, la font. Fabl. v, 8. Les hivers y sont tièdes, et les rigoureux aquilons n'y soufflent jamais, fén. Tél. viii. [Crucifix] Dans mes tremblantes mains tu passas, tiède encore De son dernier soupir, lamart. Médit. Il, 22. || Fig. Mon cœur est tiède encor des feux de ma jeunesse, lamart. Harm. ii, 4 2. || 3° Fig. Sans action, nonchalant, sans ardeur, sans ferveur. Fi I ne me parlez point, pour être vrais amants. De ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements. De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisibles Tiennent déjà pour eux les choses infaillibles, mol. Fdch. n, 4. Ne craignez point.... que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède, sÉv. 5 févr. 4674. Je résolus de vous écrire des lettres tièdes et languissantes, pour jeter dans l'esprit de celle à qui vous les donniez, que l'on cessait de vous aimer, la pay. Princ. Cléves, Œuv. compl. t. II, p. 4 48, dans pougens. Ce zèle avec lequel elle animait les âmes les plus tièdes à secourir le prochain, pléch. Mme d'Aiguillon. Ah I si j'étais secondé I mais les frères sont tièdes, les frères ne sont point rassemblés, volt. Lett. Damilaville, <i juill. 47«4. On est bien tiède aujourd'hui à Paris sur l'intérêt public; on va àl'Opéra- Comique le jour qu'on briile le chevalier de la

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Barre, et qu'on coupe la tête à Lalli, ro. />H. Chabanon, 7 août 4769. Vous pouvez juger si, se sentant prête aies quitter [ses enfants], ses caresses furent tièdes et modérées, j. j. rolss. llél. vi, il. Il Communion tiède, celle qui se fait avec peu de préparation et sans dévotion. || Substantivement, en parlant des personnes. Mais le lâche et le tiède a douleur sur douleur, Et voit fondre sur lui tout ce qu'il appréhende, corn. Imit. i, 25. Votre zèle est égal à votre raison ; je hais les tièdes, volt. Lett. Damilaville, 4 5 mars 4 765. [L'archevêque Mailly] jaloux de la considération dont jouissait le cardinal de Noailles, entreprit de se distinguer dans le parti opposé, et y laissa bientôt derrière lui les plus fanatiques qu'il appelait les tièdes, duclos, Œuv. t. v, p. 424. || L'enfer des tièdes, par allusion au passage de l'Enfer de Dante, m, où il place ceux qui ne sont ni pour Dieu ni pour le diable. || 4° Adverbialement. Boire tiède.

— HIST. xm* s. ... Et de vin teve Les plaies que il a lui levé [lave], Bl. et Jehan, 4437. Prendésun drapiel, si le molliés en ewe tieve, alebrant, f° 44. Il XIV* s. Laissier refroidier jusque» à tiède, Ménagier, ii, 6. || xvi* s. Cela maintonoit les deux parties en ardeur et appétit de nouveaux amoureux, non tièdes, ne languissans, amyot, Lyc. 28. Vous avez trop d'esgard, de conseil, de sagesse; Mon humeur n'est pas propre à si tiède maistresse, desportes, Elég. u, i.

— ÉTYM. Poitou, tude; prov. tebe; catal. tebi; espagn. tibio; ital. tepido , tiepido; du lat. tepidus, tiède, tepor, chaleur; sanscr. tapas, chaleur. On remarque que les formes romanes en v ou (> font abstraction du d et gardent le p ,- c'est l'inverse pour le français tiède

TIÈDEMENT (tiè-de-man), ode. Avec tiédeur, avec nonchalance. Il sert ses amis tièdement.

~ HIST. XVI" s. Tousjours l'excès d'amour se change en jalousie; Quand j'aime tièdement, je ne suis point jaloux, desportes, Cléonice, lxxi. Comme les rayons du soleil qui, vaguant à leur naturelle liberté, eschaufent doucement et tièdement, CHARRON, Sagesse, i, 49.

— ÉTYM. Tiède, et le suffixe ment; prov. tebiarnent; espagn. tibiamente ; ital. tiepidamente.

TIÉDEUR (tié-deur), s. f. || f Qualité de ce qui est tiède. La tiédeur de l'eau. || Par extension. L'air soufflait des soupirs, il apportait des nues Des tiédeurs, des odeurs, des langueurs inconnues, LAMART. Joe. IV, 425. || 8' Fig. Nonchalance, marque d'activité, d'ardeur, de ferveur. Les passions de la jeunesse ne sont guère plus opposées au salut que la tiédeur des vieilles gens, lahochefodc. Réfl. mor. n° 34 1. Une lâche tiédeur s'empara des courages, boil. Lutr. vi. L'amitié a ses moments de tiédeur comme la dévotion. M** de pdisieux, Ridic. à

' la mode, p. 4 8&, dans pougens. Le talent singulier

j qu'elle [Mme de St-Julien] a d'animer la tiédeur des

! ministres, et de les intéressera faire du bien, volt.

I Lett. Mme de St-Julien, 24 sept. 4 775. Vous nou» reprochez de la tiédeur; mais je crois vous l'avoir déjà dit, la crainte des fagots est très-rafraîchissante, d'alemb. Lett. à Foitatre, 34 juillet 1762.

' Je te vomirai, dit l'Écriture, en parlant à la tiédeur ; j'en dirais autant en parlant à la médiocrité: je ne sais comment le mauvais choque moins que

I le médiocre continu, i. de maistre, cité par ste- BEUVE, Port-lloyal, m, 44. || Auplur. Actes de tié-

1 deur. Que d'infidélités dans tout le cours de ma vie I que de tiédeurs et de lâchetés ! bourdal. Pensées, t. II, p. 449. Objet infortuné de ses tristes tiédeurs, Je dévore en secret mes soupirs et mes pleurs,

LAMOTTE, Inès, U, 4.

— HIST. III* s. Li altre l'arguent et reprenent et dient k'il soffrir ne puient la perece [paresse] de sa tevor, ST bern. 567.

— ETYM. Tiède.

TIËDI, lE (tié-di, die), part, posté de tiédir. De l'eau un peu tiédie.

TIÉDIR (tié-dir), v. n. Devenir tiède. L'eau tiédit. Faire tiédir de l'eau.

— HIST. XVI* s. On pourra user du lait venant de la vache, mais un peu tiédi, paré, xvi, 22.

— RTYM. Tiède; Berry, liedit'r; provenç. teiezir.

TIEN (tiin; l'n ne se lie pas: le tiin est meilleur), TIENNE (tiè-n'; au xvi* siècle on prononçait tianne, palsgrave, p. 3). || 1° Adj. possessif, relatif à la seconde personne du singulier et signifiant à toi. N'en doute point, quoi qu'il advienne, La belle Oranthe sera tienne, haui. v, 20. Mais n'appréhende pas qu'un autre ainsi m'obtienne; Vis pour ton cher tyran, tandis que je meurs tienne, corn Cinna, m, 4. Oui, tendre nt généreux amant, tu

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julie sera toujours tienne, j. J. norss. Hél. m, <6. 111" I.e plus ordinairement, il se construit avec l'article dclini et no se met jamais devant un sub- «lanlif. Mon père est malade, U: lien se porto bien. Ma maison est bâtie ; la tienne n'est pas commencée. Voici mes livres; où sont les liens? || 3° .S', m. Le bien qui t'apparliont. Défends le tien, mais respecte le bien d'autrui. || 4' Le tien et lo mien, la propriété en général. Kome donc eut naguère un maître dans cet art Qui du lien et du mien tire son origine, la font. Candaule. Chez l'animal qu'on appelle homme. On la reçut |la Discorde] à bras ouverts, Klle et que-si-que-non son frère, Avecque tien et mien son père, ID. Fabl. vi, 2o. El le mien et le tien, deux frères pointilleur, l'ar son ordre «menant les procès et la guerre, En tous lieux de ce pas vont partager la terre, non.. Sat. xi. Ces peuples (des îles Mariannes], ignorant le lien et le mien, mangèrent quelques provisions du vaisseau, TOLT. Mœurs, M9. Dès que nous les aurons peuplées [les terres], il faudra revenir au tien el au mien, et à ces lois qui tris-souvent sont fort mauvaises, mais dont on ne peut se passer, iD. Dict. phil. Homme. || 5" S. m. pi. Tes proches, tes alliés, tes serviteurs. Et la loi des chrétiens Tordonnet-elle ainsi d'abandonner les tiens? corn. Holy. T, 2. Le dieu lui répondit : Les tiens cesseront de régner quand un étranger entrera dans ton île pour y faire régner tes lois, fén. Tél. v. || 6° Familièrement. Tu fais des tiennes, tu te divertis, ou tu fais des actions compromettantes. On dit que tu fais ici des tiennes, beadmarch. Mar. de Fig. m, <3.

— HIST. xiii* s. Ge sui tuens, fai moi sauf. Psautier, t" (B). Il IV' s. Je suis des tiens, ce dist Thieris: Car je ne puis orgueil amer, froiss. Pastourelle.

— ÊTYM. Voy. mien; Berry, (en, tenne, prononcés tt'n, tène.

TIKNS (tiin), impér. do tenir.

t TIEKÇAGE (tièr-sa-j'), s. m. Terme d'ancienne coutume. Tiers des biens d'un défunt, que le curé de la paroisse avait droit de prendre, en certains endroits, pour donner la sépulture au corps.

— f.TYM. Tiers.

t TIERÇAIN (tièr-sin), ». m. Espèce de tonneau. Trois tonneaux et six tierçains de cidre. Arrêt de la cour des aides de Normandie, 2 déc. 48IB.

t TIERÇAIRE (tièr-sê-r'), s. m. Celui qui est du tiers ordre de Saint-François, et d'autres sociétés religieuses.

— ÊTYM. Tiert.

TIERCE (tièr-s'), ». f. || t* Terme de musique. L'intervalle qui se trouve entre la seconde et la quarte. La tierce renversée produit la sixte. La marche par tierce conduit à tous les tons, grétry, Méth. prél. leç. 15, || Tierce majeure, tierce composée de quatre demi-tons, et qui a pour renversement la sixte mineure. Quand cinq ondes d'une noie entrsnt dans l'oreille en même temps que quatre ondes d'une autre, l'intervalle entre les deux notes est une tierce majeure, Max mOller. Il tierce mineure, intervalle qui comprend trois demi-tons, et qui a pour renversement la sixte majeure. Quand six ondes d'une note entrent dans l'oreille dans le même temps que cinq ondes d'une autre, l'intervalle entre les deux notes est une tierce mineure, max uOller. || Tierce augmentée, intervalle composé de cinq demi-tons, et ayant pour renversement la sixte diminuée. Il Tierce diminuée, intervalle composé de deux demi-tons, et ayant pour renversement la sixte augmentée. |1 Tierce de Picardie, la tierce majeure qu'on fait entendre dans l'accord parfait qui termine certaines pièces d'église ou autres écrites en mode mineur; nommée ainsi parce qu'elle élait usitée par les maîtres picards, Ockeghem, Josi|uin des Prez (xv siècle) et leurs élèves, fondateurs de l'harmonie musicale; ils terminaient tous leurs morceaux mineurs par une tierce majeure • en l'honneur de la très-sainte Trinité •. Il Jeu d'orgue, accordé à la tierce du jeu de deux pieds ouverts. || J* Terme du jeu de piquet. Trois cartes d'une même couleur qui se suivent. Tierce ni-ijeure, tierce dont la première carie est un as. 'I lerce au roi ou de roi, tierce à la dame ou de dame. Tierce basse, tierce composée du neuf, du huit el du sept. || 3' Terme d'escrime. Position du poignet tourné en dedans, dans une silualiun hori/.(intale, l'épée de l'adversaire étant à la gauche. Dégager en tierce, parer en tierce, se fendre en tierce. Ëte.s-vous fou de l'aller quereller, lui qui entend la tierce et la quarte, el qui sait tuer un homme par raison démonstrative? mol. Bourg.

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gent. ii, S. Allons, touchez-moi l'épée de tierce et achevez de même, m. tb. Ne nous dircz-vous point pourquoi les Scipion, les Métcllus, les César el les Pompée n'allaient point sur le pré pousser de tierce el de quarte ? volt. Pot. et lég. Prix jtist. et hum. Il Porter une tierce, une hotle en tierce, et, absolument, porter en tierce, porter une botte dans celle position. || 4* La deuxième des quatre divisions du jour artificiel, chez les Homains, depuis la fin de la troisième heure jusqu'à midi. || 6" Dans la liturgie catholique, la .seconde des heures canoniales, laquelle se chantait à la troisième heure du jour suivant la manière de compter des anciens : ce qui répond pour nous à neuf heures du malin. || 6* Terme d'imprimerie. Dernière épreuve que l'on confère avec le bon à tirer avant do mettre sous presse. Voir la tierce. Corriger la tierce. || 7" Terme de mathématique et d'astronomie. Soixantième partie d'une seconde. Il trouva que, pendant une nuit obscure, la sensation que produisait un charbon allumé durait environ huit tierces, CONDOBCET, d'^rci. Il Aujourd'hui on ne compte plus par tierces, on compte par fractions décimales de seconde. || 8" Droit seigneurial levé sur les fruits de la terre. Pour celte tierce que je dois prendre du c^ité de Courcelles, SKV. à Mme de Guitaut, 3 juin <o»3. 119" Terme de blason. Fasce formée de trois triangles

— HIST. XIII* s. Et li François lor remanderent qu'il i seroienl l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoient ou despit de lui, Chr. de Rains, p. 63. || xiv s. Comme il feust tierce de nuit ou environ, du cange, lerlia. \\ xv s. Il estoit heure de haute tierce [près de midi], froiss. i,i, 2s4.

— ÊTYM. Tiers ; Berry, tierce, tiarce, impôt ; provenç tersa, tercia, une heure du jour; espagn. tercia; itai. teria.

TIERCÉ, ÉE (tièr-sé, sée), part. pass^. de ticrcer. ||1° Haussé d'un tiers, en parlant d'un prix. Bail tiercé. || 2° Qui a reçu un troisième labour. Champ tiercé. 1|3° Terme de blason. Se dit d'un écu qui est divisé en trois parties. Tiercé en bamle, en pal, en fasce.

t TIERCE-FEUILLE (lièr-se-feu-U' , Il mouirices), s. f. Terme de blason. Figure semblable à celle du trèfle, dont elle ne diffère que parce qu'elle n'a pas de queue; on en charge les écus des armoiries.

TIERCELET (lièr-se-lè; le ( ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : les tièr-se-lè-z et les femelles; tiercelets rime avec traits, succès, paix, etc.), ». m. ||1* Le mâle de certains oiseaux de proie; sa taille est d'un tiers plus petite que celle de la femelle. Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort léger, el qui fait une belle descente sur la perdrix : voilà un bon oiseau, la bruy. xii. Ce nom générique indique seulement que le mâle ou tiercelet est d'un tiers environ plus petit que la femelle, buff. Ois. t. i, p. 90. ||2" Fig. Homme très-inférieur à l'importance qu'il affecte de se donner (emploi qui a vieilli). Muse, et sans varier, dis-nous quelques sornettes De tes enfants bâtards, tiercelets de poêles, régnier, Sat. il. Les demisavants et les tiercelets de savanis gobent tout, Anli-Ménngiana, p. O). Pellelierde Sousi, conseiller d'État el tiercelet de ministre, st-sim. oa, 138.

— HIST. XIV* s. Des autres oiseaulx de proie [que répcrvicr] l'en dit tiercelet celluy qui est maslc, Uénagier, iir, a || xvp s. Avec un tiercelet d'autour, demie douzaine d'espanols et deux lévriers, VOUS voilà rny des perdrix et lièvres pour tout cest hyver, hab. i, <2. Tiercelet de Job [trè.s-palient], COTOHAVE. X propos de ce que j'ay dict du gentilhomme qu'on appelle un hobrcau, il me souvient qu'on dit : il fait du tiercelet de prince, du gentilhomme qui veut enjamber par dessus le rang des gentilshommes, et en quelques façons qui sentent non seulement le bien grand seigneur, mais le prince, ii. est. Précellence. Nous nous tenons descouverls bien loing autour d'culx [les princes].. . elaulourde cent aultres, tantnousavons de tiercelets et quartelets de roys, mont, i, 338.

— ÊTYM. Dimin. d'un diminutif fictif tiercel, dont l'équivalent se trouve dans le provenç. (er»oi et l'ilal. terxuolo, tiercelet. Tiercel vient de lier».

t TIERCELINE (tièr-se-li-n'), ». f. Se dit des religieuses du tiers ordre de Saint-François de l'étroite observance.

I. TIERCEMENT (tièr-se-man), ». m. || 1° Ancien terme de pratique. Surenchère du tiers sur lo prix d'une chose après adjudication. || Terme d'eaux et forets. Demi-tiercemont, enchère sur le tiercement, qui augmente le prix de la moitié du tiers.

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Il I* Dans les fermes du roi, la surenchère par laquelle on triplait le prix de l'adjudication. Il 3* L'augmenUition d'un tiers dans le prix dei places d'un spectacle. I.c tiorccment des places Il 4" Kéunion qui se lit, sous la Convention, de deux bataillons de volontaires pour un bataillon de troupes de ligne; ce qui forma les demi-brigades. Il 5' Terme rural. Se dit, en quelques cantons, pour assolement triennal.

— HIST. XIV s. Les fermiers sur qui l'on aura tiercé ou doublé, pourront croistre d'une enchère de la première assiette sur celui qui aura tiercé ou doublé, et sembiablemenl l'un sur l'autre, dedans huit jours après le tiercement ou doublement. Lettres patent.it janv. (382. ||xvi« s. Se mettent lesdils tiercement et doublement sur la première mise, c'est à dire que, si la première mise est do dix livres, le tiercement sera de cent sols, et le doublement de dix livres, el de plus plus et de moins moins, Coust. gén. t. i, p. 888.

— ÊTYM. Tiercer.

t 2. TIERCEMENT (tièr-se-man), adv. Terme vieilli. En troisième lieu.

— HIST. XIV* s. Et tiercement est à regarder se il a coustume ferme et estable.... ohksue, t'th. *t. Il XVI* s. Tiercement et pour dernier argument.... AMYOT, Arist. (.

— Rty.m. Tierce, et le suffixe trient; provenç. terzameni ; ital. terznmente.

TIERCE OPPOSITION, ». (. Voy. TIERS, n* 9.

TIERCER (lièr-sé. Le c prend une cédille devant a et o : tierçant, tierçons), ti. a. || 1° Terme de pratique ancienne Hausser d'un tiers le prix d'une chose après adjudication. l'our tiercer un bail judiciaire de trois cents livres, il fallait enchérir cent livres au-dessus. || Abiolument. On avait tel délai pour tiercer. || Dans !cs fermes du roi, surenchérir en triplant le prix de l'adjudication. Tiercer une enchère. || 2" Partager les fruits d'une abbaye en trois parts, pour en donner une à l'abbé, distribuer la seconde aux religieux, et réserver l'autre pour les réparations. |{ 3" Terme de construction. Réduire au tiers. {| Tiercer le pureau des ardoises, en recouvrir les deux tiers. i| 4" Donner aux terres un troisième labour, une troisième façon. U faut tiercer cette vigne. || En ce sens, on dit également tercer. I^S" V. n. Augmenter d'un tiers le prix des places à un spectacle. On a tiercé aujourd'hui à la comédie. || 6* Torœ^ du jeu de paume. Servir de tiers d'un câté, et tenir une place vers la corde. Il tierce bien.

— HIST. xin* 8. S'il fu autrefois tierciés, bbad- HAN. ZLvn, 42. Se li serjans l'abbé esloit en défaut de venir terchier [lever le droit dit tierce], nu GANGE, tertia. \\ xvi* s. Lorsque quoiqu'un prend fantaisie de s'aller battre, il faut que celui qui le seconde ou qui le tierce (comme on parle), se batte aussi à outrance contre les seconds et les tiers de la part contraire, lanoue, 248. Il distribua ses trésors aux capitaines, tierça leurs apointemcns et la paie des soldats, d'aub. Ilist. ii, 324. On laboure ou houe la vigne au mois de mars; à la mi-mai, on la bisne; et on la tierce à la Saint- Jean, o. DE serres, 4 82. Il y a des femmes maintenant qui se font bien acheter.... en cas que restitution ayt lieu par la mort du mary, il faut augmenter la somme de la moitié du douaire, qu'on appelle tiercer, pour le droict de survie de la femme, du verdier, Div. leçons, p. 94. Le cens se tierce, et la renie inféodée se racheté simplement, et est à savoir de vingt sols de cens trente sols, de vingt sols do rente vingt sols, Cou»(. gén t. ii, p. 236. Maugiron et Rivarot secondoient et tierçoient Quielus, Brantôme, les Duels.

— ÊTYM. Tiers; provenç. »«r»or; ital. terxare.

t TIERCE-RIME (tièr-se-ri-m'), ». f. C'est la traduction de l'italien terza-rima (voy. ce mot). Quelques poètes français, M. E. Deschamps entr» autres, ont imité cette forme de versification.

t TIERCEROLLK (tièr-se-ro-l'), ». f. Barrique contenant 24 o litres.

TIERCERON (tièr-se-roii) , ». m. Arc qui naft des angles dans une voûte ogivale.

t TIERCET (tièr-sè), ». m. S'est dit pour tercet. Venons-en promptement aux tiercets, je vous prie, MOL. Femm sav. m, 2.

)• TIEKCEL'R (tièr-seur), I. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Enchérisseur qui fait un tiercement. Il Terme de jeu. Celui qui tierce, à la paume.

t TIERCif.RE (tièr-sié-r'), s. f. Terme de pêche. Sorte de filet en manche, dont les maillet ont i peu près six lignes d'ouverture en carré.

TIE

t TIERCINE (tièi'-si-n'), ». (. Morceaa de tuile fendue en long, dont les couvreurs se servent pour le baltclleuicnt. || Tuile que l'on est obligé de réduire sur sa largeur pour compléter le rang ou pureau près d'un solin ou d'une ruellée.

TIEUÇON (tièr-son), ». m. || 1° Anciennement, mesure de liquides, du tiers d'une mesure entière. Il a- Tiorçon de Champagne, dit aussi caque, contenant oo litres. || Le demi-tierçon de Champagne, dit aussi la demi-caque, contenant 6o litres. Il S" Caisse de bois de sapin pour le savon. || 4" Tonneaux de forme oblongue, en bois blanc et du poids de 300 kil. dans lesquel» arrive le riz de la Caroline.

— F.TYM. Tiers.

TIERS, ERCE (tiér, tièr-s'), odj. H-l" Troisième; •n ce sens, il a vieilli et ne reste usité que dans certaines phrases. La tierce partie d'un tout. En maison tierce. Billet écrit à la tierce personne. En main tierce. Recevez-moi pour tiers d'une amitié si belle , CORN. Suite du Ment, v, 5. Le premier [ail] passe; ainsi fait le deuxième; Au tiers il dit: que le diable y ait parti la font. Pays. Tout ce qu'on put obtenir du prince fut qu'il consentît de traiter d'égal avec l'archiduc, à condition qu'en lieu tiers ce prince ferait les honneurs des Pays-Bas, boss. Louis de Bourbon. Je me iasse de parler en tierce personne, i. i. bouss. Èm. IV. En Allemagne on a renchéri sur celte formule de politesse [le vous], en ajoutant le pluriel à la tierce personne, marmontel, lEuv. t. x, p. 258. Il Tiers arbitre, arbitre qui est appelé à départager des arbitres volontaires. || 2" Tiers parti, parti qui se forme entre deux partis extrêmes. De ces deux contraires sentiments, le jugement et l'oreille peuvent faire comme un tiers parti, qui, à mon avis, est le meilleur, vaugrl. iifm. t. i, p. 207, dans poi'GBNS. Il y aura un parlement [en Angleterre, après l'expulsion de Jacques II]; on espère à un tiers parti, qui ne voudra point du prince d'Orange, sÉv. 496. || Nom donné en )b9( à un parti qui se forma entre celui du roi Henri IV et celui de la Ligue. || 8° Le tiers état, la partie de la nation qui n'appartenait ni à la noblesse, ni au clergé. Le temps de Philippe le Bel, qui commença son r?gne en (285, fut une grande époque en France, par l'admission du tiers état aux assemblées de la nation, volt. Ifosur», 6B. Un tiers état, sans lequel il n'y eut jamais chez aucun peuple ni arts, ni mœurs, ni lumières, raïnal, Uisl. phil. V, 23. Qu'est-ce que le tiers étal? tout; qu'a-l-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? rien; que demande-t-il à devenir? quelque chose , siEYÈs, Qu'est-ce que le tiers état? Que ce toit [jeu de paume] leur rappelle Ce tiers état à la honte rebelle. Fondateur de la liberté, a. chén. le jeu de paume, i. i| On dit aussi absolument le tiers. Les députés du tiers. Le doublement du tiers, en 4789. Il Le tiers frisé, la partie du tiers état qui avait reçu quelque éducation. Ledit Goupilleau n'était pas même un de ces roturiers du tiers frisé gui savaient marcher les pieds on dehors, decouhciiAHP, Souv. de la marq. de Créqui, t. vu, chap. 4. 114° Tiersordre, voy. ordre, n° i 9.|| 5°Terme de médecine.Fièvre tierce, fièvre qui revient périodiquement de deux jours l'un. Mme de la Fayette me prie de vous dire l'état où elle est.... la fièvre tierce l'a reprise, sév. ) 4 5. || Double-tierce, celle où le malade a tous les jours des accès alternativement semblables, de sorte que le premier répond au troisième, le deuxième au quatrième, ainsi de suite. La fièvre double-tierce le saisit [le chanoine], et il se coupa la gorge avec un rasoir au quatrième accès, betz, iv, 298. || Tierce doublée, celle qui présente deux accès tous les deux jours et un jour d'intermittence. || 6" Terme de vénerie. Tiers an, troisième année. Ce sanglier est dans son tiers an || On dit aussi : c'est un tiers an. Il 7° Terme de féodalité. Tierce foi, état dans lequel un fief tombait, lorsque celui qui l'avait acquis, puis son héritier, puis l'héritier de ce dernier en faisaient foi et hommage. || Tierce main, troisième possession d'un héritage noble dont la foi n'était plus due, parce qu'on l'avait changée en devoirs. || 8* S. m. Une troisième personne, et, par extension, une personne étrangère. Je connus alors.... que personne ne juge d'un tiers avec moins de passion que vous jugiez de vous-même, VOIT. Lett. 34. Un tiers est toujours incommode en de pareilles rencontres, hauterochr, le Coch. tu. Les lois qui font périr un homme sur la déposition d'un seul témoin, sont fatales à la libcrCé ; la raison en exige deux , parce qu'un témoin qui affirme, un accusé qui nie, font un partage; et il

TIE

faut un tiers pour le vider, hontbsq. £»p. xn, 3. Comme ils [les hommes] vivent en société, leurs intérêts sont si mêlés et si confondus, il y en a tant de sortes différentes , qu'il est nécessaire qu'un tiers débrouille ce que la cupidité des parties cherche à obscurcir, ID. Lelt. pert. 9S. Souvent un tiers se brouille avec les deux partis, GBESS. Méch. IV, 7. Je sais que M. d'Alembert a l'honneur de vous faire sa cour; sa présence ne me chassera point ; mais ne trouvez pas mauvais, je vous supplie, que tout autre tiers me fasse disparaître, j. 1. Rouss. Lett. à Mme de C. p. 18, dans POUOENS. Il En tiers, Joe. ode. Exprime la position d'une personne qui se trouve troisième avec deux autres dans une réunion. Si vous eussiez cru qu'elle eût été en tiers, sÉv. 289. M. le Prince vint se mettre en tiers, et se rendit maître de la conversation, maintenon, Lett. à Mme de Brinon, <7 mars (692. Grammonl soupait continuellement en tiers ou en quart avec eux [Livry et des Ormes], ST-siM. <32, 2)0. On lui répond [à Claude] qu'il serait assez riche, s'il plaisait à ses afl"ranchis de l'admettre en tiers, dider. Cl. et Nér. i, t9. Il 9" Terme de jurisprudence. Tiers détenteur, celui qui est actuellement possesseur d'un bien acheté d'une personne et réclamé par une autre. Si le tiers détenteur ne remplit pas les formalités qui seront ci-après établies pour purger sa propriété, il demeure, par l'effet seul des inscriptions, obligé comme détenteur à toutes les dettes hypothécaires, Code civ. art. 2)67. Il Tiers possesseur, même sens. Le tiers possesseur a le même droit, sauf sa garantie contre son vendeur, Code civ. art. ig81.|| Terme de procédure. Tiers saisi, celui entre les mains duquel on a faitunesaisie-arrêt,uneopposition. || Tiers opposant, celui qui, n'ayant point été partie dans une contestation jugée, prétend que le jugement ou l'arrêt lui fait tort, et qui s'oppose à l'exécution. || On appelle tierce opposition l'acte qu'il fait signifier à cette fin. || Terme de droit commercial. Tiers porteur, second endosseur d'un effet. || iO° La troisième partie d'une chose qui est ou que l'on conçoit divisée en trois parties. Douze francs et le tiers en sus font seize francs (voy. un autre sens de cette locution à sus). J'en cache les deux tiers [de mes gens] aussitôt qu'arrivés, corn. Cid, iv, 3. Quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, rac. Athal. i, *. J'ai saisi l'occasion de lui envoyer ce jeune baron de Pellemberg, qui est un tiers d'Allemand , un tiers de Flamand, un tiers d'Espagnol, et qui voulait changer ces trois tiers en une totalité russe, volt. Lett. Catherine II, u déc. )772. Le tiers du genre humain périt avant d'avoir atteint l'âge de vingttrois mois.... les deux tiers du genre humain périssent avant l'âge de trente-neuf ans, en sorte qu'il n'y a guère qu'un tiers des hommes qui puissent propager l'espèce, et qu'il n'y en a pas un tiers qui puissent prendre l'état de consistance dans la société, buff. Prob. vie, Œuv. t. x, p. 24). Dans les ordres rigoureux, ajoutait un saint cardinal, il y a un tiers de saints, un tiers de fous, un tiers de mécontents, d'alemb. Éloges, Segrais , note 7. Parti des deux tiers, se disait des partisans du doublement du tiers état en ) 789. || Autrefois, toile d'un tiers, de deux tiers, toile qui avait un tiers, deux tiers d'aune de largeur. Il Terme de marine. Naviguer au tiers franc, se dit quand le propriétaire d'un bâtiment de commerce reçoit le tiers du fret, et que les deux autres tiers servent à la solde et à la nourriture de l'équipage. || 11* Tiers consolidé, capital des rentes sur l'État après sa réduction au tiers. Etjamais ma dépense excédant ma recette Ne me force à bâtir un espoir mal fondé Sur le terrain mouvant du tiers consolidé, c. delavigne, Kc. des vieill. I, ). Il li* Terme d'ancienne coutume. Tiers coutumier, troisième partie des biens du père ou de la mère, dont il n'était pas permis de disposer au préjudice des enfants. || Tiers denier, droit consistant dans le tiers du prix des ventes extraordinaires des bois et des pâturages des communautés, qui était attribué au roi et aux .seigneurs hauts justiciers. Il Tiers lods, prélèvement que faisaient le roi et les seigneurs hauts justiciers, à la vente d'un pré, du tiers du droit de lods, pour prix do la concession des eaux qui servaient à l'irrigation de ce pré. || Tiers i merci, droit seigneurial du tiers que le seigneur prenait à volonté. Il Terme de féodalité. Tiers et danger, droit de prendre dans les bois qui y étaient sujets le tiers et le dixième de ce qui était vendu, loit en nature, soit

TIE

en deniers. Droits de tiers et danger, i nous dus sur les bois do notre province de Normandie, Arrêt du conseil , )8 févr. 4(173. ||18* Le tiers et le quart, s'est dit d'un prélèvement. Sont fournis lesdits ecclésiastiques de deux cent cinquante neuf métairies et sept mille arpents de vigne, qui sont par eux baillés à ferme, .sans compter trois mille arpents où ils prennent le tiers et le quart. Description de la carte cénomanique, )7)6, dan* cii. nisard, Journ. de l'instr. publique, 2 août )860. Il 14° Familièrement. Le tiers et le quart, toutes sortes de personnes indifféremment, le premier venu (la 3* et la 4* personne, d'une façon indéterminée; voy. la phrase de S'-Simon : en tiers et en quart, n" s). Homme qui hors de là faisait le goguenard; Tout passait par son étamine ; Aux dé* pens du tiers et du quart II se divertissait.... la font. Candaule. Et l'on y sait médire et du tiers et du quart, mol. Tort. I, i. Après avoir causé avec vous du tiers et du quart, sÉv. 23 déc. )B77. Vexations infinies exercées à tort et à travers sur le tiers et sur le quart, val ban, Dtme, p. 237. Vous savez avec quelle bonne foi j'ai prêté mon argent au tiers et au quart depuis doux ans , dancourt, Dénol. des joueuses, se. ». Il 15° Un tiers, petite mesure qui était entre la chopine et le demi-selier. |{ 16" S. f. Tierce, compagne que l'on donne à une religieuse quand elle reçoit une visite au parloir. La sœur qui sert de tierce au parloir sera soigneuse d'écouter tout ce qui se dit, Constit. de Port-Royal, p. )56, dans

RICMELET.

— REM. 1. Voy. HOiTié pour l'accord de tiers avec le verbe. |{S. Cazotte, Diable amour, xi, adit: Nous nous trouvâmes en tiers," en parlant de deux personnes à qui une troisième se joint. Locution vicieuse. Les deux ne sont pas en tiers avec le survenant; c'est lui qui est en tiers avec les deux.

— HIST. XI* s. Après les dous [deux] [ils] establisent la terce [eschele, escadron], Ch. de Roi. ccxYi. D'ici qu'il ait très foiz demandé dreit; e s'il à la tierce fiée ne pot dreit aver.... Lois de Guill. 43. Il XII* s. Quant Robert ert culchiez e deûst reposer , Tantes afflictions, ço dist, perneit [prenait] li ber. Bien le tierz de la nuit ne voleit il cesser. Th. le mart. )03. {{ xiii* s. La tierce bataille fist li quens Hues de Saint-Fol, villeh. lxix. Li uns ot nom Morant, li tiers ot nom Renier, Berte, xix. Quant son segré dit li aura, James li tiers ne le saura, la Rose, 4746. Si comme il avient que uns bons prent se [sa] cousine en tiers ou en quart, bealman. xviii, 7. || xiv s. Nous leur baillons en assiete et en pris de vint et cinq livres tournois petlz de rente par an tout nostre droit de tiers et de dangier , que nous avions en douze vint et quatorze acres de bois, bu cange, terlium. Au soir après souper icellui doyen s'en ala jouer es prés avecques autres gens et plusieurs jeunes femmes au jeu du tiers, et là il couru et sailli legierement et liement, ID. ib. ||xv* s. Tiers hoir ne jouist de chose mal acquise, E. desch. Poésies mss. (' co. Plus les grevas encor le tiers [trois fois plus à la bataille de Poitiers qu'à celle de Crccy], id. ib. f° 572. Le lendemain allâmes coucher au village de Montlhery, qui estoit le tiers jour de la bataille, comm. i , 5. || xvi* s. Ils dient tant que je croi que le tiers, En escrivant, fait rougir les papiers, marot, i, 406. Plus de deux tiers des vertus médicinales consistent en.... mont, m, 228. Le premier fut Romulus [qui remporta des dépouilles opiines].... le tiers fut Cl. Marcellus, qui occit de sa propre main Britomartus roy des Gaulois, AMVOT, Rom. 25. Au mesme lieu [près de LagnyJ, c'estoit lui [d'Aubigné] qui faisoit le tiers entre le roy et le marescbal de Biron, d'alb. Mém. p. 9). Henri tiers de ce nom, id. Hist. n, 228. C'est une race qu'on appelle double, que celle qui se remplit de deux chevreaux en une ventrée ; il y en a quelquefois de tierces, o. DB SERBES, 330. Quant au troisième ordre, qu'on appelle le tiers estât.... lanoub, 54). Sunrint en tiers pied [en tiers, entre deux], pàsquier, Rech. m, p. 28).

— ÊTYM. Prov. ter»; esp. tertio; it. <erxo; du lat. terlius, troisième, qui est dérivé de très, trois.

TIEKS-POINT (tiêr-poin), t. m. || 1* Terme d'architecture. Point de section au sommet d'un triangle équilatéral. || Courbure des voûtes ogivales composées de deux arcs de cercle. Une voùle élevée au-dessus du plein cintre se nomme une voùto en tiers-point. || 2* Terme de perspective. Point pris à discrétion sur la ligne de vue, où aboutissent toutes les diagonales qu'on tire pour raccour

TIG

cir les figures. || 8' Terme de menuisier. E^p^ce de lime triangulaire propre à aiïùter les dents dos scies. Il Terme de serrurier. Sorte do lime à trois faces. Il Sorte de lime à l'usage du pcignier. || 4* Terme de marine. Nom qu'on a donné à une voile triangulaire. Il iuplur. Des tiers-points.

— KTYM. Tiers, el point.

t TIKUS-POTKAU (ti6r-po-trt), ». m. Terme do construction. Pièce de bois qui sert pour les cloisons légères.

t TIEUTÉ (tieu-té), f. m. Terme de botanique. Nom vulgaire à Java, et nom spécifique du slrychnos tieuté (apocynées), qui est le vomiquier tieuté de certains auteurs, et dont le suc sert à préparer l'upas tieuté, un des poisons les plus violents, lb-

OOARANT.

TIGE (ti-j*), f. f. Il f Partie de la plante qui tend à s'élever verticalement, el qui porte les feuilles, les fleurs et les fruits ;on l'appelle tronc dans les arbres dicotylédons; stipe dans les monocotylédones arborescentes; chaume dans les graminées; hampe dans les oignons, lorsque, naissant au milieu des feuilles, elle est nue, droite et terminée parles fleurs. ...ce chêne énorme Dont la tige toujours informe S'épuise en rameaux sujierdus, oresset, ÉjHt. P. Hougeant. De ta tige détachée, Pau- Tre feuille desséchée, Où vas-tu? — Je n'en sais rien, A. ARNAiiLT, Fabl. v, to. || Arbres à hautes tiges, ou, «knplement, hautes tiges, arbres dont on laisse les tiges s'élever. || Arbres à basses tiges, ou, simplement, basses tiges, ceux qu'on empêche de s'élever. Il Demi-tige, arbre fruitier de quatre ou cinq pieds de haut, et dont la croissance naturelle a été arrêtée. Il Tige sedit,chez les jardiniers, des arbres auxquels on ne laisse qu'un seul jet, pour les distinguer de ceux qu'on destine à former des espaliers ou des gobelets. || Fig. Vous reconnaissez que l'Église a une tige toujours subsistante, dont on ne peut se séparer sans se perdre, Doss. Hist. n, (3. || %° Il se dit plus particulièrement en parlant des plantes qui ne sont ni arbres ni arbrisseaux. Laisser mourir une fleur sur sa tige. Tige de lis. Tige droite. Tige couchée. || 3* Terme de généalogie. Chef de qui sont sorties les branches d'une famille, tant la branche aînée que la cadette. Et que si de cette couronne. Que sa tige illustre lui donne [à Henri IVJ, Les lois ne l'eussent revêtu, malh. n, ♦. Tel le grand saint Louis, la tige des Bourbons, Luimême du Soudan forçait les bataillons, corn. Victoires du roi. Un peuple qui ne s'est jamais regarde que comme une seule famille, nous conduit naturellement, à Abraham qui en est la tige, boss. Hist. II, ) 3. Triste reste de nos rois, Chère et dernière (leur d'une tige si belle, rac. Alhal. iv, 6. Abdolonyme, descendu, quoique de loin, de la tige royale (de Tyr], rollin, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 263. Saint Louis , neuvième du nom, roi de Franco, est la tige de la branche des Bourbons, volt. Henr. i. Notes. De ce nombre [des protestants sauvés par des catholiques lors de la Saint- Barthélémy] fut un Tronchin, qui resta plusieurs jours caché dans un tonneau, et, s'étant retiré à Genève, y a été la tige de la famille de ce nom, ID. Henr. ii. Notes. || Par extension, il se dit des animaux. Dans l'état actuel, on doit regarder le loup et le renard comme des tiges majeures du genre des cinq animaux que nous avons indiqués; le chien, le chacal et l'isatis n'en sont que les branches latérales, bufp. Quadrup. t. vu, p. 25). Il Lignée. Tous les m.Mes depuis vingt ans et au-dessus qui pouvaient aller à la guerre, furent comptés par tiges, par familles et par maisons, SACi, Bible, Nomb. i, 22. || Faire tige, devenir l'origine d'une famille. La branche d'où il est issu a fait tige en France. !| Fig. Si quelques-uns [des saints Pères] ont eu quelque chose de particulier dans leurs sentiments ou dans leurs expressions, tout cela s'est évanoui et n'a pas fait tige dans l'Église, BOss l" avert. S7. || 4- Fig. Origine, source. Les luthériens, qui étaient la tige de la réforme, boss. 6* avert. 5' part. 4. Toutes les Églises naissantes venaient de la tige commune des apôtres, ou de ceux que les apôtres avaient envoyés, et en tiraient leurs pasteurs avec la doctrine, id. 2* inslr. past. ei. On a vu sortir de cette tige d'iniquité des rejetons honteux, qui ont été l'opprobre de leur nom et de leur siècle , mass. Pet. carême, Hum. des gr. Il 6* Par analogie, tout prolongement allongé et plus ou moins cylindrique, qui fait partie d'un corps quelconque. || La tige d'une colonne, le filt. Il La tige d'un rinceau, l'espèce de branche qui part d'un culot ou fleuron, et qui porte les

TIG

feuillages d'un rinceau d'orneuient. || l.a tige d'une ro;ie de rognlrc, l'arbre do cette roue quand il est un peu mince. || Terme d'architecture. Pied qui sup|)orle une coupe d'où jaillit une fontaine. || La tige d'une clef, etc. la partie mince et allongée qui est entre l'anneau et le panneton. || Tige de flambeau, le tuyau depuis la patte jusqu'à l'embouchure. Il La tige d'un guéridon, la partie qui prend depuis le pied jusqu'à la table. jjTige d'une plume, la partie qui surmonte le tuyau et de chaque c6té de laquelle se développent les barbes. |{ Tige de botte, le corps de la botte où l'on met la jambe. Il La partie d'un bas de tricot où on le rétrécit. Il Corps d'un clou. t| Tige de pompe, manche auquel tient le piston. || 6° Terme de sculpture. Tige d'un trépan, partie de cet instrument à laquelle on applique l'archet. || Terme de métallurgie. Tige de laminoir, partie carrée qui se trouve en dehors du tourillon, et sur laquelle s'adaptent les intermédiaires du mouvement. || 7" Carabine à tige, carabine [101 tant une tige fixée à la culasse, de manière à ménager, entre elle et le canon, un espace annulaire dans lequel so loge la poudre. La balle prend appui sur l'extrémité de cette .tige, et elle est forcée par des coups de baguette qui l'aplatissent et l'engagent dans les rayures.

— REM. Au XVI* siècle, tige devint masculin chez quelques-uns, malgré l'étymologie et l'usage plus ancien.

— HIST. XI* s. [Guenes] Vait s'apuicr suz le pin à la tige, Ch. de Roi. xxxvi. || xiv* s. Prenez la ti;,'e du rouge chol [chou], Modus, f* xciv. || xvi* s. De la racine procède ung tige unicquc, rond, ferulacé, verd on dehors, rab. Panl. m, 49. Pour esclaircir le branchage de ce tige foisonnant en trop de gaillardise, mont, m, 98. le roseau prodiiict une longue tige et droicte, n. iv, )68. Pyrrus issu de la noble tige de Hercules, amyot, Jfor. et Pyr. 4. Tant que tige fait souche, elle ne branche jamais, cotorave.

— f.TYM. Lat. tibia, jambe, dont le sons à été appliqué à la jambe d'une plante, d'un arbre. Tigel diminutif de tige s'est dit des jambes des chausses.

t TIGE, ÉE (ti-jé, jée), adj. Terme de blason. Se dit des plantes représentées avec une lige d'un émail autre que celui des feuilles ou des fleurs.

\ TIGELLE (ti-jè-l'), ». f. Terme de botanique. Partie de l'embryon végétal qui unit la radicule au cotylédon.

— Etvm. Diminutif de tige.

t TIGELLI5, P.E (ti-jèl-lé, lée, adj. Terme de botanique. Se dit de la plumule, quand elle est munie d'une tige visible.

t TIGERON (ti-je-ron), ». m. Tige très-courte, qui entre dans l'axe d'une roue ou d'un balancier d'horlogerie.

TIGETTE (ti-jè-f), ». f. Terme d'architecture. Espèce de tige ornée de feuilles, d'où sortent les volutes du chapiteau.

— ÊTYM. Dimin. de tige.

t TIGLINE (ti-gli-n'), s. f. Terme de chimie. Matière extraite des graines du croton tiglium, L. et du jatropha curcas, L.

TIGNASSE (li-gna-s'), ». f. \\l° Terme populaire. Mauvaise perruque. M. de Martel, fils de la belle Martel.... arrive ici sous un autre nom, par la diligence, avec une vieille redingote pelée et une tignasse par-dessus ses cheveux.... est-il fou? volt. Lett. d'Argental, is août (763. || Fig. Les perruques de Genève [les riches] proposent actuellement [lors de querelles intestines] des accommodements aux tignasses, voi.t. l.elt. Chabanon, u janv. (768. Il ï° Coiffe enduite d'onguent pour les teigneux. Il On dit aussi teignasse. Les teigneux ont été des premiers à prendre la perruque; et, comme ils n'avaient pas soin de la tenir bien propre et bien peignée, on a donné le nom de teignassos aux perruques mal peignées, thiers. Livre des Perruques, p. 29 et 393, dans lacurne.

— ETYM. Le mot paraît venir de tigne ou teigne, une mauvaise perruque ayant été comparée à la chevelure d'un te<gTieux.

TIGNON.{ti-gnon), », m. Terme populaire. La partie des cheveux qui est derrière la tête, en parlant de» femmes. À l'ombre d'un tignon frisé Klle croit nous cacher son âge, legrand, les Paniers, vaudeville. || Le mot propre est chignon.

— HIST. XVI* s. Il se quarre comme un pouil sur un tignon, oudin, Curios. franc.

— ETYM. L'étymologie paraît être la même que celle de tignasse.

TIG

TIONOIViylî, ÉB (ti-gno-né, née), part, passé de

lignonner.

TIGN'ONNKR (ti-gno-né), v. a. Terme populaire. Il t" Mettre en boucles leschevcui du tignon. IJS'Sa lignonner, v. réfl. Se prendre par le tignoD, par les cheveux, en parlant de deux femmes.

— ETYM. Tignon.

TIGRE (ti-gr'), ». m. (le màle),TIGRI-:SSB (li-grès'), ». f. (la femelle). || l* Bête féroce, dont le poil est rayé ou moucheté, et qui a la forme d'un chat ; ^«Ji» tigris (mammifères digitigrades) des naturalistes; cette espèce est parfois nommée tigre royal, pour la distinguer de certaines autres, dites improprement tigres. Aux accents dont Orphée emplit les monts de Thrace, Les tigres amollis dépouillent leur audace, boil. Art p. iv. Enfin je vis Bacchus : il était sur son char traîné par des tigres, «ontesq. Templ. de Gnide, 8. I.e vrai tigre, le seul qui doive conserver ce nom, est un animal terrible cl peut-être plus à craindre que le lion, BUKK. Quadrup. t. m, p. 137. Ce furent de» ambassadeurs indiens qui présentèrent à Auguste, dans le temps qu'il était à Samos, ie premier tigre qui ait été vu des Romains, id. 16. t. ui, p. 26S. Il II est jaloux comme un tigre, il est jaloux jusqu'à la rage. || t" Fig. Homme cruel, impitoyable. Tigres, allez combattre; et nous, allons mourir, CORN. HoT. II, 7. Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, X ce tigre altéré de tout le sang romain, id. Cinna, i, 3. Je ne sais si ce tigre a reconnu sa proie, Rac. Esth. m, s. V. A. K. me fait frémir en me parlant de ce que je soupçonnais duczar;ehl cet homme est indigne d'avoir b&ti des villes; c'est un tigre qui a été le législateur des loups, volt. Lett. au pr. roy. de Pr. février (738. Il Fig. C'est un tigre, un vrai tigre, il est d'une excessive cruauté. || Il se dit, par exagération , d'un homme insensible à l'amour. Ce tigre, que jamais je n'abordai sans crainte, RAC. Phéd. IV, 0. Il Par exagération moqueu.se, celui qui se fâche et fait quelque coup d'autorité. Les voltigeurs [de la garde nationale] et les flots sont changeants. — Bahl répondis-je, un tas de moutons I — Moutons aujourd'hui, tigres demain, BEYBAUD, Jér. Paturot, fi, 2. || 3* Fig. et familièrement. Tigresse, femme qui fait la furieuse quand on lui parle d'amour. ...Lucrèce Qui ne manqua de faire la tigresse, la' font. Mandr. La dame n'était pas tigresse; elle prêta volontiers l'oreille aux discours de la vieille, lesage. Gui. d'Alf. i, i. Je cherche une beauté qui soit un peu tigresse, legrand. Roi de Cocagne, l, f>. || 4° Tigre, nom donné à ditTérents animaux d'Amérique. Le jaguar, le jaguarète, le couguar et le chat-fiard sont les animaux d'Amérique auxquels on a mal à propos donné le nom de tigre, buff. Quadrup. t. m, p. M2. Il Tigre barbet ou frisé, le guépard. || Tigre du Brésil ou de la Guyane, le jaguar. || Tigre chat, le serval, l'ocelot. || Tigre chasseur, un des noms vulgaires du chat à crinière, dit aussi léopard i crinière et guépard, c'est le guépard à crinière de certains auteurs, || Tigre des Iroquois, tigre poltron, le couguar. || Tigre loup, hyène. || Tigre noir, le jaguar. || 6* Tigre, nom spécifique d'un python (ophidiens), qu'on trouve au Bengale. Il 6* Tigre, nom que certains auteurs ont donné i l'ostracion cubique (branchiostèges), poisson qui habile la mer Rouge et celle des Indes. ||7* Tigre, insecte moucheté qui s'attache aux feuilles des arbres fruitiers, dit aussi punaise tigre : c'est la tingide clavicorne (hémiptères) de Fabricius, que l'on trouve aux environs de Paris, || Tigre de l'asperge, nom donné par les jardiniers au criocère de l'asperge (insectes coléoptères), qui était pour Fabricius le lema de l'asperge. || 8" Tigre, nom spécifique d'une cyprée (mollusques), et nom vulgaire du cône milléponclué, lequel a été appelé aussi cône tigre. || 9* Groom d'un élégant. || 10* Petite constellation située entre Pégase et le Serpentaire. || 11° Adjectivement. Chevaux tigres, chiens tigres, chevaux, chiens tavelés et mouchetés à peu près comme les tigres.

— HIST. xm* s. Tigres est une beste qui plus naist es parties de Ircanie que en autre, et est menuement tacliiée de noires taches, brun, latini, Trésor, p. 251. || xvi* s. La tigre à qui on a dérobé les petits fanls, yver, p. 569. Tesmoin.... qui k l'âge de soixante ans espousa une fille de vingt ans, dont il devint jaloux comme un tigre ou deux, d'aub, Conf. I, 4, Au fond d'une caverne une tygra félonne L'a nourry de chair crue..., bons. n"7. Troys monstres, le premier esloit un cheval fée, U second estoit un lingre aiant teste d'bumme,..,

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