‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 190 sur 754 · RAB. IV · texte numérisé non relu

RAB. IV

— ËTVM. Espagn. tillà; portug. tilhd; du germanique, d'après Diez : anc. scandin. thilia; suéd. tilja; anglo-sax. thille ; anc. haut- ail. dili, plancher. Diez demande d'où vient la finale ac; il est probable que le mot germanique est entré de toutes pièces dans l'espagnol, et, avec une corruption, dans le français, où tillac n'est pas ancien. Cependant on trouve bois de tillac qui semble signifier bois de tilleul: Vingt-quatre pavois faictz de bois de tillac collé à nerfz de cerfz et de beuf- (les, et couvers de peaux de hures, Aleclor roman, p. 67, dans LACunNE. Que faut-il penser de ce mot et de celte forme?

t TILLAOE (ti-lla-j', «mouillées) ou TEILLAGE (tè-Ua-j'), ». m. AcUon de teiller le chanvre et le Im, c'est-à-dire di^ séparer la filasse de la lige, après le rouissage.

t TILLAC (ti-llô, (( mouillées), t. m. Tilleul des bois. Il On a dit aussi tillot : pour chacun cent do perches d'aulne* ou tilioU, Àrr4t du partent l« juin <a«i.

• ÉTYM. Dérivé du lat. tilia, tilleul. i. TILLK (ti-ir. Il mouillées, et non ti-ye), s. f. Il 1* Nom donné vulgairement au liber du tilleul. Il 2" Nom vulgaire donné à l'écorce de la tige du chanvre; on dit aussi teille.

— IIIST. XIII' s. Les renés de lor frains csloicnt De tille, qui molt mal seoient, Lai du trot. Li grains en est douz à mcngier; Maintes foiz m'a eu mestier; Et de la tile |chcnevotle] a-on argent, lien. <9825. Et si vint li quens de saint Gille, Ki n'i fist vallant une tille, mou.skes, ms. p. 687, dans LACURNE. Il XVI' s. La teille ou poil du fin chanvre pour les exquises toiles procède des pieds [de la plante], o. de serres, 730.

— ÉTYM. Lat. tilia, tilleul, qui signifie aussi écorce de tilleul, et, par extension, écorce des brins de chanvre.

2. TILLE (ti-ir), ». f. Instrument qui est tout ensemble hache et marteau à l'usage des tonneliers, des couvreurs et d'autres artisans; il se nomme aussi hachette et assette. Les sondes à fromages, les tricoises, les tilles appartiennent à la classe des outils. Tarif des douanes, I809, p. <30. Il Outil pour fouiller le fond des formes de sucre, avant de leur donner la terre.

— ÉTYM. Origine inconnue.

3. TILLE (ti-U', Il mouillées), s. f. \\ !'• Anciennement, petit pont, petite couverte à l'arrière d'un bâtiment non ponté. || 2'' Aujourd'hui, petit compartiment en planches fait à l'avant et à l'arrière d'une barque, pour servir d'armoire à l'équipage.

— ÉTYM. La même que tillac.

f 4. TILLE (ti-U'), s. m. Genre de coléoptères.

TILLÉ, 15e (ti-Ué, liée, U mouillées) ou TEILLE, ÉE (tè-Ué, liée), part, passé de tiller ( . Du chanvre teiUé.

1. TILLKR (ti-Ué , U mouillées, et non ti-yé) ou TEILLER (lè-llé), V. a. \\ 1" Détacher avec la main le filament du chanvre, en brisant la chènevottè. On veille une heure ou deux en teiUant du chanvre, j. i. houss. llél. v, 7. ||Se dit aussi du lin, etc. Il 2° Faire une corde de tille.

— HIST. XV* s. Et plus causer et jargonner Qu'une vieille qui teille, bassel. lviii. Mais si chanvre broyés ou tilles, villon. Bail, de bonne doctrine. ||xvi's. Ce sont les feux que vous voyez tout le long lie la Gaionne, que celles qui teillent font, d'aub. Fœn. m, 5.

— ÉTYM. Tille t; Berry, UilUr, t^ier; bourg. tillai.

t 2. TILLER (ti-llé. Il mouillées), v. a. Terme de marine. Recouvrir une tille avec des planches.

— ÉTYM. TUle 3.

t TILLETTE (ti-Uè-f, Il mouillées), s. f. Terme de construction. Espèce d'ardoise d'échantillon.

TILLEUL (ti-llcul, Il mouillées, et non ti-yeul ; Ménage recommande de prononcer tillcu), s. m. Il 1* Genre de la famille des tiliacées. On y dis tingue : 4° le tilleul à grande feuille, dit improprement tiUeul de Hollande, car il est très-commun en France ; c'est celui dont la fleur est employée en infusion [tilia europxa, L.) ; 2" le tiUeul à petite feuille, appelé tilleul sauvage en Anjou; il reçoit ailleurs le nom de tilleul des bois, legoarant; 3* le tilleul argenté, tilia argentea, Desfont, originaire de Hongrie, cultivé dans les parcs. Il 2° La fleur de tilleul, qui est légèrement antispasmodique; l'infusion qu'on en fait. Boire du tilleul.

— HIST. xiii* s. Par celé foi que me devez, Et que devez à mon filluel Que j'oi [entends] chanter sor ce tilluel, Ren. <8(2. ||xv*s. Arbalestes à tilloles, Ordonn. 20 mars n&t. Bien apperçoit le tiloel là où il escript les lettres, Perceforest, t. i, f" n 3.

— ÉTYM. Wallon, tyou; génev. tillol; Berry, tuioUe, tillol, tillau; du lat. tiliola, diminutif de tilia. Aux environs de Paris on dit la tillole. Le simple tilia donne dans l'ancienne langue teill, til, dans le Berry teil.

t TILLEUR (ti-lleur) ou TEILLEUR, ECSE (tè- Ueur, lleû-z', {{ mouillées), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière, qui tille ou teille le chanvre.

t TILLOT (ti-llo), s. m. Voy. tillau.

t t. TILLOTTE (ti-llo-f) ou TILLOLLE (ti-llo-l'), s. f. Petit bateau très-léger, terminé en pointe à ses extrémités, pour pécher dans les endroits où il y a très-peu d'eau.

t 2. TILLOTTE (ti-llo-f), ». f. Instrument pour broyer le chanvre (Champagne).

— ÉTYM. Tiller *.

t TILL01TER (ti-Uo-té, Il mouillées), v. a. I Briser le chanvre avec la UUotte.

TIMAB (ti-mar), s. m. Concession de terre faite par le Grand Seigneur en faveur d'un soldat turc, à la charge par ce dernier de la faire valoir, de fournir autant de cavaliers qu'il possède de fois trois mille asprcs de rente annuelle, et de se rendre lui-même à l'armée en cas d'appel. Ce que les Turcs appellent timar est une sorte de bénéfice militaire en fonds de terre, que l'on peut assimiler aux commanderies de Malte et de l'ordre tcutonique, sav. de sacy, Instit. Mém. hist. et liu. anc. t. l, p. 82.

— ÉTYM. Turc, timar, bénéfice militaire. TIMARIOT (ti-ma-ri-o), ». m. Soldat turc qui

jouit d'un timar. Les divers rapports.... établi» entre le gouvernement, les bénéliciers ou tinariots et les sujets raya qui cultivent et font valoir les terres, siLv. de sacy, Inst. Mém. intcr. et bell. lett. t. VII, p. 56.

TI.MBALE (tin-ba-1'), ». f. || 1' Caisse de cuivre à l'usage de la cavalerie, faite en demi-globe, et couverte d'une peau corroyée et tendue, sur laquelle on frappe. Le lendemain, dès le point du jour, on entendit nos timbales, et on vit paraître quelque cavalerie, pelusson, Lett. hist. L l, p. 22». Nous avons pris quantité d'étendards et de drapeaux et quelques paires de timbales, st-sim. h, U4. Ensuite [dans un triomphe célébré à Moscou] venaient les étendards, les timbales, les drapeaux gagnés à ces deux batailles [Lesno et Pultava], volt. Charles XII, i.\\Au plur. Jeu d'orgues qui imite le roulement des timbales. || 2" Dans les orchestres, timbales accordées le plus souvent de manière à sonner la tonique et la dominante des morceaux où on les emploie; elles se jouent avecdes baguettes de bois durpour obtenirdessons forts; pour les effets doux, on a des baguettes recouvertes en peau ; on change l'intonation au moyen de vis qui tendent plus ou moins les timbales. Les frères Philidor signalés en 4 665 au carrousel de Monseigneur à Versailles, en exécutant une marche en quatuor sur deux paires de timbales, c. blaze, Hist. de l'Acid. de musique, t. Il, p. 36. jj 3* Gobelet de métal qui a à peu près la forme d'une timbale ou d'un verre sans pied. Une timbale d'argent. Il 4' Petites raquettes couvertes de peau del deux côtés, dont on se sert pour jouer au volant. Il 5* Fig. et populairement. Marmite. || 8' Terme de cuisine. Nom qu'on donne à toute espèc« de ragoût enveloppé d'une pâte et cuit au four.

— REM X l'expression battre la timbale dans un concert, que donne l'Académie, il faut substituer battre les timbales, attendu que dans un concert ou à l'orchestre il y a toujours deux timbales, chacune à un ton difl'érent de l'autre, tel que fa et mi ; mais, au lieu de battre, les musiciens disent généralement, blouser les timbales, ou, absolument, blouser, legoarant.

— ÉTYM. Wallon, tibal; port, timbal; ital. timballo, taballo; de l'arabe thabal, timbale. Scheler tire timbale du lat. tympana; mais la finale oier présente des difficultés à cette dérivation.

TIMBALIER (tin-ba-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des tin-ba-lié-z habiles), ». m. Celui qui bat des timbales. On trouva que le prétendu ministre était un trompette du milord [qui, pour tromper une femme, simulait un mariage], et le témoin son timbalier, hahilt. Grain. 8. Je suis le fils d'un timbalier des armées du roi, mariv. Préj vaincu, se. i. Quelquefois, en poussant une voix de tonnerre. Je fais le timbalier sur les bords de ma chaire . sanlecque, Poëme sur les mauvait gestes des prédicateurs.

— KTYM. Timbale; wallon, ttbali.

tTIMRRAGE(tin-bra-j'),».m. || l'Action, manière

de timbrer. N'en attendez pas l'arrivée [d'un ballot] pour commencer l'opération du timbrage. Lettre des régisseurs de l'enregistrement, du 4 8 nivôse an iv. Ils [les directeurs] donneront les ordres nécessaires pour le timbrage du nombre d'exemplaires [des patentes] qui sera fixé. Instruction du 24 frimaire an x. Les timbres aux prix de 4 fr. 50 cent, et de 2 fr. actuellement employés pour le timbrage du grand papier et du papier de grand registre. Décret impérial du 3 juillet 4802. Il 2" U se dit dans la gravure sur métaux. Timbrage à plusieurs couleurs, Almanach Didot-Bottin, (871-1872, p. 4331, 4" col.

4. TIMBRE (tin-br'), ». m. || 1' Timbre d'un tambour, corde à boyau tendue en double sur le fond inférieur d'un tambour pour le faire mieux résonner. Il vaut mieux voir des broches que des piques, des marmites que des timbres, et tous 1 » ustensiles de cuisine que ceux de la guerre ,

TIM

TÎM

TIM

Frandon, vi, p. 342. || 2* Cloche sans iMiwni, qui fl frappée en dehors par un marteau. Le tin.bre d'une pendule. On mcl des timbres aui portes des ipparloraents pour servir de sonnette. Timbres pour tables et appartements. || Fig. Il y a un timbre sur lequel frappent les cinq or/anes de nos sens, VOLT. Newton, i, 6. || Kig. et fa : ilièrement. Avoir le timbre fêlé, être un peu fou. Si vous lui parlez, ayez un peu d'égard à sa faiblesse , sonjjrz qu'elle a le timbre un pou fèlé, RP.ON«sn, 7lf/ imiirév. I8. Mon timbre commence i être un peu fèlc, et sera bientôt cassé tout i f:ut, VOLT. Lelt. à Mme du Défiant, 22 fév. I7fl9. (I On dit de même : timbre brouillé. Il a si bien vi-illé FX si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé, bac. Viaid. I, t. || Kig. Brouiller le timbre, faire tourner la tête. De l'air dont je soutiens certains tendres souris. Je brouillerais le tiuibre aux plus saties marquis, th. corn. Comt. d'Org. IV, 3, Il 3' Son que rend le timbre. Ce timbre est trop éclatant. || 4" Oualité sonore d'une voix, d'un instrument Ce violon a beaucoup de timbre. La Vciix s'affennit et prend du timbre, J. J. rouss. i'in. V. Cette voix élait la plus rare que l'on eut entendue, soit par le volume et la plénitude des sons, soit par l'éclat perçant de son timbre argentin, MARMONTKL, Hém. lï. Sa voix [de ma mère] a-t elle encor ce doux timbre d'argent?LAMART. Joe. VI, 2)8. Il 8" Caractère d'un son indépendamment de son rang dans l'échelle, caractère tenant à des sons harmoni(|ues qui coexistent avec le son fondamental et qui lui forment une espèce d'accompagnement; cette espèce d'accompagnement, dont l'oreille ne discerne pas les éK^ments, est précisément le timbre. Le timbre de la flûte est essentiellement différent de celui du hautbois. Le timbre est moelleux ou sec, perçant ou sourd, aigre ou doux; celui que produit une corde pincée ne ressemble point au timbre de la même corde frottée par un archet ou attaquée par la percussion, FÉTis, la Musique, l, 7. L'idée n'était pas venue [du temps de Lulli] de profiter de la dilTcrence des timbres des instruments, et de leur donner des parties spéciales pour les marier entre eux, ào. ADAM, Dem. souv. d'un mus. art. Cossec, n° 3. Il 6' Premier vers d'un vaudeville connu, qu'on écrit au-dessus d'un vaudeville. parodié pour indiquer sur quel air ce dernier doit être chanté. Mettre les timbres aux couplets d'un vaudeville. Le véritable timbre de l'air de Mme Grégoire est celuici : C'est le biau Thomas, tiré de la pièce de Cadithon. Il 7' Marque imprimée sur le papier que la loi rend obligatoire pour les actes et pour certaines impressions. Payer le timbre. L'impôt du timbre. Il Timbre à l'extraordinaire, timbre apposé après coup sur des actes qui auraient dû être écrits sur du papier timbré. || Timbre sec, timbre qui n'est marqué que par la pression du coin sur lequel il est gravé. Il Bureau de timbre, bureau où l'on débite le papier timbré. || Timbre de dimension, celui dont le prix est en raison de la grandeur du papier employé. || Timbre proportionnel, celui dont le prix est calculé d'après les sommes et valeurs auxquelles il est destiné. || Bâtiment où l'on timbre. Aller au timbre. || 8° Marque particulière que chaque bureau de poste imprime sur les lettres, indiquant le lieu et le jour du départ pour celles qui partent , et le lieu et le jour de l'arrivée pour celles qui arrivent. Cette lettre porte le timbre de Paris. Il 9* Timbre-poste , ou, simplement, timbre, cachet volant qui indique l'alfranchissemenl d'une lettre et que celui qui envoie la lettre colle auprès de l'adresse. Donnez-moi un timbre de (6 centimes, de 35 centimes. En Belgique on a constaté que des timbres-poste avaient été imités par la photographie, Commiss. intern. des poste', Paris 4883, p. tï3. Il L'administration des postes s'obstine à écrire, au pluriel, des timbres-postes, malgré le sens et le public: des timbres-poste, c'està-dire des timbres de la poste. || Timbre-dépêche, timbre i l'aide duquel on affranchit une dépêche télégraphique. Art. 8. L'administration des lignes télégraphiques est autorisée à faire vendre au prix de... des timbres spéciaux dont l'apposition sur

une dépêche en opérera l'affranchissement.

Art. ti. Les dispositions de l'art. 142 du Code pénal sont applicables à ceux qui auront contrefait des timbres-dépêches ou qui auront fait usage iciemment des timbres -dépêches contrefaits , Loi sur la corresp, téUgr. privée, (3 juin tsco. Il Un timbre-dépêche, et des limbres-di'pêches e'cst-à-dire un timbre de dépêche, et des timbres de dépêches. || 10° Terme de construction. C'est

MCT. DE LA LANGUE FRANvAISB.

dans un mémoire de travaux, le résultat des quantités trouvée'; («r le calcul , et que l'on porte en regard de chaque article , en mettant au-dessus do ces chiffres la nature des travaux auxquels ils appartiennent. || 11* Partie arrondie du casque, qui s'applique sur la tête. |! 12* Terme d'armoirie. On donne le nom de timbre i tout ornement placé sur le sommet de l'écu des aimoiries et servant i désigner la qualité de la peisonne qui le porte (tiare, chapeau rouge , mitre et crosse, mortier, casque et heaume). Les souverains portent le timbre ouvert. Arrêt rendu le 2.1 août 1063 qui déclare ledit Lamois roturier.... que le timbre de ses armes serait rompu, Arrêt du conseil, <3 mars t6(î5. Il 13* Timbre violet, petit champignon de la famille des serpentins.

— HIST. xu* s. Tabors et tinbcs.... Ronc. p. (78. Ilxiii' s. Sonez timbre [tympanuifl], Psautier, {" »». Il XIV" s. Et devons savoir qu'il y a en l'eglise cinq manières de cloches : c'est assavoir esquelles, timbres, noies, noietes et cloches : la cloche sonne en l'église, l'esquelle ou refeclouer, le timbre ou cloistre, la noie ou chœur, la noiette en l'horloge, de LABORnE, lÊmaux, p. 616. Deux flacons d'or à tissus de soyo esraailliez d'un escusson et d'un timbre des armes de M. le Dalpbin, ID. t'b.

p. 8(7. Il XV' s Etadonc haultement Ont le tym-

bre [cloche] sonné; le partement Convint faire lors bien hastivenient, christ, de pisak, Dit de Poissy. Us sonnèrent, des tours là où ils estoicnt en leur garde, grand foison de tymbres et de labours, FROiss. m, IV, 16. Et ne faisoient les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés, m. i, i, 64. Un» couverture de tappicerye au timbre du roi, Bibl. des ch. «■ série, t. i, p. 353. || ivi* s. Faudra que le dessus du fourneau soit tout d'une pièce, en forme d'une cloche en timbre, o. de serres, 358. Assez tost l'horrible creste De ton tymbre menassant A l'ennemy palissant Annoncera la tempeste, DU bellaï, m, 42, verso.

— ETYM. Provcnç. espagn. et portug. timbre; bas-lal. tymbrys, tambour et casque ; du lat. tympanum, tambour, comme diacre de diaconus. Après le sens de tambour, timbre a pris celui de tout ce qui sonne, cloche, etc. ; de là le timbre fêlé. Par une autre dérivation il a signifié un casque i cause de la forme, puis une pièce d'armoirie, et enfin le timbie qu'on appose sur des actes.

t 2. TIMBRE (tin-br'), i. m. Se disait, chez les pelletiers, d'un certain nombre do peaux de martre ou d'hermine. Martres zebelines excellentes, 16 timbre tenant vingt couples, payera 40 livres. Tarif 18 sept. (604.

— IIIST. xiv* s. Pour 00 timbres, contenant chacun timbre 80 peaux, du cange , timbrium. y XV' s. Troys timbres de martres subelines dont le meilleur vault vi vingt x escus, Bibl. des ch. 6' série, t. I, p. 346 , J'/nven(atre après la mort de la reine femme de Louis XL

— ÈTYM. Allem. Zimmer, un certain nombre de peaux, qui paraît être le même que Zimmer, chambre, construction, le même que l'anglais limber, bois de charpente.

t a. Ti.MBRE (lin-br'), ». m. Dans l'Angoumoiset ailleurs, sorte de grande auge en pierre.

— HIST. XVI' s. Un timbre de marbre blanc, les Triomphes de la noble dame, l' tsc, dans lacurne. Le lieu et timbre où fut baptisé Constantin, roiian, Mém. t. II, p. 256, dans lacurne. Bacbuc, jectant je ne sçay quoy dedans le tymbre, dont soubdain feut l'ébuUition de l'eau.... rabel. Paiitagr. v, 44.

— ÊrVM. D'après Jaubert, qui a trouvé thine ou thinre dans les vieux comptes de Bourges, timbre est une forme do linre, qui se rattache à tinette (voy. ce mot).

TIMBRE, ÉE (tin-bré, brée), part, possède timbrer. Il i° Fig. et familièrement. Une cervelle, une tête, un cerveau mal timbré, ou qui n'est pas bien timbré, un écervelé, un fou (locution qui vient de l'emploi métaphorique de timbre fêlé pour raison dérangée). Le premier président de Bordeaux est amoureux d'elle [Mme de Brissac] comme un fou; il est vrai que ce n'est pas d'ailleurs une tête bien timbrée, il** de la fatette, danssÉv. t. m, p. 204, éd. RÉGNIER. La vie de la duchesse de Montbazon fut obscure, et ses moeurs et sa tête mal timbrée avaient beaucoup fait parler d'elle, ST-sm. 200, 109. Il On dit dans le même sens : une personne timbrée, une cervelle, une tête timbrée. Je suis bien aise que vous ayez en main toutes les pièces sur lesquelles vous pourrez juger à loisir si je SUIS timbré ou non, J. i. rouss. Corresp.

du Peyrou, t. m, p. 36 1, dans pouoens. Il y a déjà quelque temps que je m'aperçois qu'il est un peu timbré . genlis, Th. d'éduc. le Magistral, II, 3. Il 2* Marqué d'un timbre. Cette lettre n'est pas timbrée. Cette ferme en un an produirait plus de rente Que le papier timbré ne peut rendre en

quarante, ibonard, U Distr. ir, 9 un bavard en

robe, apprenti chicaneur, Qui, de papiers timbrés barbouilleur téméraire.... tolt. Èp. &o. J'ai reçu le 13 de ce mois par la poste une lettre anonyme, sans date, timbrée de Lille et franche de port, J. 1. H0U8S. Lett. à Pantkoneke, ti tf.v. net. Il 8" Terme de blason. Timbre se dit d«» l'écu couvert du casque ou timbre.

TIMBRER (tin-bré), t. o. || 1' Terme de procédure et d'administration. Écrire en léte d'un acte sa nature, sa date et le sommaire de ce qu'il contient. Timbrer une pièce, un acto.||2' Imprimer sur du papier, sur du parchemin, la marque ordonnée par la loi. Timbrer des billets, des affiches. Faire timbrer les numéros d'un journal. || 3- Imprimer sur une lettre une marque qui indique le lieu d'où elle vient, et le jour de départ et d'arrivée. On timbre les lettres au lieu de départ et au lieu d'arrivée. || *• Timbrer les livres d'une hiblio^ thèque, les marquer d'un cachet, d'un sceau particulier qui sert à les faire reconnaître. |! 6* Term» de blason. Mettre au-dessus d'un écu un timbre ou quelque autre marque d'honneur , de dignité. Les armes du pape sont timbrées d'une tiare.

— HIST. XVI' s. Et au-dessous leui cachet ap» posé, qui sont bien aultres et plus grands qu'à la fraiiçoise, car ils sont tous timbrez, Carl. ix, 61. Armet en teste, thymbré d'une tiare persicque, RAB. IV, 60. Il ne me chaut de tous ces tiltrcs el pancartes, ny d'armoiries, timbrées ou non tim» brées, Sat. Mén. p. 98.

— ÉTYM. rimbr* t. Timbrer avait le sens de frapper le tambour : xiii' s. Lom fait soner ses grais. les et ses tabors timbrer, Ch. d'Ant. vi, 45.

TIMBRKUR (tin-breur), t. m. Celui qui marqua avec le timbre.

TIMIDE (ti-mi-d'), ad). || 1» Oui manque de hardiesse ou d'assurance. Cet animal est fort timide. Monsieur [le frère de Louis Xlllj était timide el paresseux au souverain degré, retz, Mém t. li, liv. ni, p. 447, dans pougens. Est-il possible, disje, qu'un homme si a-ssurc dans la guerre soit si timide en amour T mol. Àm. magn. i, (. Le roi [Louis XIV] la vil [Christine].... mais à peine lui parla-t-il; élevé dans l'ignorance, le bon sens avec lequel il était né, le rendait timide, votr. Louis XIV, 0. Elle hésite, elle n'ose, elle unit dans son âme L'audacieux despote et la timide femme, p. Lebrun, Marie Sluarl, ii, 2. || Timide à, suivi d'un infinitif. Et, timide à l'aimer, je meurs [je brûle] d'en être aimée, corn. Toison d'or, iv, t. Une amante moins belle aime mieux, et du moins. Humble el timide à plaire, elle est pleine de soins, A. CHÉN. Élégies, ii, 47. || Timide envers. Le malheur et le repentir l'avaient rendu timide envers la destinée, stael, Corinne, i, t. || Substantivement. On ne voyait pas autour de lui des rangs affreux de gardes en haie pour effrayer les timides ou pour rebuter les importuns, fl£ch. Pané' gyr. St Louis. \\ 2° Il se dit des actions, du discours, du caractère, etc. L'amour n'est guère heureux lorsqu'il est trop timide, quinault, Atys, iv, I. Faut-il qu'en un moment un scrupule timide Perde.... bac. Bajax. ii, 3. Quels timides conseils m'osez-vous suggérer? id. Athal. m, 6. Je ne sais si cette négligence. Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence, El le farouche aspect de ses fiers ravisseurs, Helcvaient de ses yeux les timides douceurs, ID. hrit. II, 3. Les habiludes timides des animaux fugitifs devant l'homme, Bvrr. Ois. t. XIV, p. 361. Un àme noble et Hère a beau so roidiret s'élever, un tempérament timide ne pcutso refondre,;. J. rouss. Lett. à M. dtSt-Germ. Corresp. t. VII, p. 238, dans pougeks. C'est d'un pied timide qu'ils [les paFcns] approchaient eux-mêmes des idoles, condillac, Hisl. anc. m. 3 || Fig. Marche timide , conduite excessivement prudente. Il 8' Il se dit du manque de hardiesse dans les œuvres de l'esprit. Ecrivain timide. Style timide. Qu'on ne «'attende pas pourtant de trouver ici uns version timide et scrupuleuse des paroles do Longin, boil. Traité du sublime, Préface du trad. 1074. Qu'on ne soit plus surpris, si, à mesure que le goût devient plus difficile, l'imagination devient plus timide et plus froide, marmo.ntel, (Euv. t. VI, p. 209. Il Se dit d'une manière de travailler du peintre, du sculpteur ou au graveur, qui manque

TIM

de décision et de fermeté. Un faire timide. Pinceau, ciseau, burin timide.

iiisr. XVI' s. I.a merc du timide ne sçait que

c'est de pleurer, cotgrave.

— ETYM. Lat. timidus , de timeo, craindre, comme pavidus de paveo.

TiMIDKMENT (ti-mi-de-man), adv. Avec timidité, l'arlcr, s'avancer timidement. Hélas! le citoyen, timidement fidèle, N'oserail en ces lieux Imiter ce saint zèle, volt. Oresle, ii, ï.

— HIST. xvr s. Timidement, cotoravb.

— ÊTYM. Timide, et le suffixe ment.

TIMIDITË (ti-mi-di-té), s. f. || 1° Qualité de celui

4ui est timide. Plus plein d'élonnement (juc de timidité, COKN. H érad. m, l. Prudente sans timidité, pressante sans indiscrétion.... attendant de la bonté du prince plus que de son propre crédit, fléch. Dauphine. Cette timidité savante qui arrêtait Locke «ur le bord des abîmes, volt. Letl. à W'**, «740. On ne perd les États que par timidité, lo. Fanât. I, t. La timidité tient au caractère ; l'embarras, aux circonstances, u'alemd. Œuv. t. m, p. 33o. Les hommes ont plus de timidité dans l'esprit que dans le cœur ; et les esclaves volontaires font plus de tyrans que les tyrans ne font d'esclaves forcés, DUCLOS, Consid. mœurs, 0. |{ 2° Se dit aussi en parlant des actions, des discours. La timidité de ce conseil. On blâma la timidité de sa conduite. Il 3" Manque d'assurance, quelquefois même avec une idée favorable. La timidité est un défaut dont il est dangereux de reprendre les personnes qu'on en veut corriger, la rocuefouc. Hax. 48o. Tout cela est caché sous un beau visage fort régulier, BOUS une modestie extrême, sous une timidité aimable, sous une jeunesse de dix-sept ans, sév. so mai (680. La timidité rend les hommes farouches, quand ils se font surtout un devoir de ne la pas surmonter. M"* de caylus. Souvenirs, p. 60, dans pouGENS. En devenant plus malheureux, je suis devenu plus timide, et jamais je n'ai menti que par timidité, J. J. Houss. 4* promen. Non de cette aimable timidité qui vient de la crainte do déplaire, mais de l'embarras d'un sot qui no sait que dire, et du malaise .l'un libertin qui ne se sent pas à sa place auprès d'une honnête fille, ID. Hél. II, )8. La timidité, qui naquit autrefois avec l'amour, est toujours une de ses compagnes inséparables, comte de caylus, féeries, Pimprenelle. Œuv. t. viii, p. 349, dans pougens. Cette timidité souffrante qui se mêlait souvent à SCS impressions les plus agréables, stael, Corinne, IV, 4. Son visage mâle exprima la timidité la plus délicate, m. ib. m, 2.

— HIST. XV' s. Dissimulation fault [pèche] et timidité, OERsoN, llarengue à Charles VI, p. 49. Il XVI' s. Quelquesfois ceste vertu Imaginative fait cheoir la personne de quelque lieu haut, pour la grande appréhension et timidité qu'elle a de tomber, PARÉ, xvm, M. Come entendra on force sans entendre timidité, continence sans incontinence...? BONIVARD, Amarligenée, p. (77.

— ÉTYM. Lat. timiditalem, de timidus, timide.

t TIMIKR (ti-miê), s. m Nom, aux environs de Gênes, du sorbier des oiseaux.

t TIMOCRATIK (ti mo-kra-sie), i. m. Gouvernement dans lequel les fonctions, les honneurs, sont réservés aux plus riches.

— HIST. XIV' s. Les bonnes [polities] sont royalme, aristocratie, et la tierce peut estre appelée convenablement tymocracie, oresme, Éth. 245.

— EtYM. Tiiioxparia, de T(|j.ri, estimation du revenu, et xoaTEÎv, commander.

t riMOCBATIOUK (ti-mo-kra-ti-k"), adj. Qui appartient à la timocratie.

TIMOJJ (ti-mon), t. m. || 1* Pièce de bois longue, fixée au milieu de la volée d'une voiture, et par l'intermédiaire de laquelle les chevaux retiennent, font reculer la voiture et soutiennent le poids de la partie antérieure. Le timon s'est brisé. On sait que l'usage de donner plusieurs timons à un char était fréquent chez les anciens, surtout dans les quadriges, quatr. de quincy, fnsd't. .Vém. hist et litt. anc. t. IV, p. .ise. || Kig. Il faut que M. de la • larde ait de bonnes raisons pour se porter à l'extrémité de s'atteler avec quelqu'un [se marier].... mais enfin il faut venir au timon et se mettre ious le joug comme les autres, sév. n mai (676. |l Timon d'une charrue, longue pièce de bois en forme de timon à laquelle sont attelés les boeufs ou les chevaux. Do huit pieds en avant que le timon l'étende, delille, Giorg. 1. 1| »■> Terme de marine. D'abord la barre du gouvernail, puis, par •iiension, le gouvernail lui-même. Telle qu'un

TIN

vaisseau tans timon, Le jouet des fureurs de l'onde, corn. Imil. i, 4 3. Comme nous voulûmes partir |de Zante], nous ne trouvions pas l'émir [le douanier], pour nous rendre notre timon [le chef de la douane avait fait enlever le gouvernail du navire, pour qu'il ne pût quitter le port sans avoir acquitté les droits], spon, Yoy. d'Italie, t. ii, p. 27. || 3° Fig. Direction de ce qui est comparé à un navire. Il veut tenir tout seul le limon des alfaires, tristan, M. de Chrispe, iv, 1. ....Ces rois nés valets de leurs propres ministres, Et qui, jamais en main ne prenant le timon, Aux exploits de leur temps ne prêtaient que leur nom, iioil. Éptt. VIII. Ai-je mis dans sa main le timon de l'État Pour le conduire au gré du peuple et du sénat? rac. Brit. i, 4. Le duc de Lerme ne tient plus le timon de la monarchie, lesage, Est. Gonx. 34.

— HIST. ivi' Une coupie de chevaulx attelez à mesme timon, mont, i, 4 83. Aussi facilement que le timon faict retourner la navire, id. ii, 4 06. [L'esprit humain] un e.sclair céleste auquel Dieu a donné la raison comme un timon animé pour le mouvoir avec reigle et mesure, charron. Sagesse, l, 4 5.

— Etym. Provenç. timo; espagn. timon: ital. (imont; du lat. temonem, timon.

t TIMONKRIE (ti-mo-ne-rie), s. f. Terme de marine. Métierdu timonier. On dit d'un marin qu'il est ilans la timonerie, quand il a fait les études pratiques et théoriques qui tiennent au maniement du gouvernail, au sondage, aux signaux. || La portion du pont à l'arrière du navire où se tiennent les timoniers. Il Maître de timonerie, officier subalterne qui commande sur cette partie du pont.

— ÉTYM. Timon.

TIMONIER (ti-mo-nié; IV ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des ti-mo-nié-z habiles), s. m. Il 1° Celui qui gouverne le timon d'un navire sous les ordres du pilote. Dans nos vaisseaux, la fonction des pilotes est de veiller à ce que les timoniers suivent exactement la route que le capitaine leur ordonne, bougainv. Voy. t. ii, p. (24. || 2° Nom qu'on donne à chacun des chevaux qui sont au timon; les autres se nomment chevaux de volée.

— HIST. XVI' s. Ainsi que le sage timonnier en jettant d'un coeur masle et viril la dernière ancre.... PASQUIEH, Lett. t. III, p 664.

— KTYM. Timon.

TIMORÉ, ÉE (ti-mo-ré, rée), adj. || !• Oui est pénétré d'une crainte salutaire, en parlant de la crainte d'offenser Dieu. Pénitent d'autant plus timoré ([u'il était ignorant, volt. Éduc. d'un prince. Des vieillards timorés, des moines fanatiques, Versant sur l'avenir des larmes prophétiques, Maudissent cette guerre et pleurent leur pays, masson, Helvrt. VI. Lucile était une personne très-timorée, et qui fatiguait souvent son âme à force de scrupules et d'interrogations secrètes sur sa conduite, stael, Corinne, xix, 6. j] Conscience timorée, celle que la crainte du mal alarme facilement, qui porte la délicatesse jusqu'au scrupule. La princesse palatine croyait voir partout dans ses actions un amour-propre déguisé en vertu ; quel supplice à une conscience timorée I boss. Anne de Gonl. Né avec une conscience très-timorée, il veillait avec sévérité et avec scrupule sur lui-même, condobcet, Berlin. \\ 2° Qui porte très-loin le scrupule en général. Il me semble qu'une femme est d'ordinaire moins timorée qu'une fille, volt. Dict. phil, Terelas. Autant nous devons de sévérité à l'espritde mécontentement et de murmure, autant nous devons de patience, de discussion et d'exhortation aux doutes des âmes timorées, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 340. Vous ne me ferez jamais croire qu'un avocat de Paris, un homme d'esprit, soit timoré à ce point-là, Tii. leclercq, Prov. t. m, p. 4 54, dans pougens.

— HIST. XVI* S. Timoré, cotgrave.

— Ctym. Ital. timorato ; du lat. timoratus, de timor, crainte.

TIN (tin), I. m. || l' Terme de marine. Morceau de bois de peu de longueur, sort« do billot employé en le mettant à plat pour servir de support à une pièce de construction que l'on travaille, ou, spécialement, à la quille d'un navire en construction, afin de l'exhausser au-dessus de sa cale. Après que le vaisseau est biti ou radoubé, ils laissent entrer la marée qui l'enlève de dessus les tins et le met à flot, Corresp. de Colbert , t. m, 2, p. 342. Ill' Pièce de bois qui soutient les tonneaux dans une cave.

— P.TVM. I,at. tignum, pièce de charpente, pou-

TIN

tre, solive. X tignum comparez tIx-tuv, cbarpen-

lier.

t TINAGE (ti-na-j"), t. m. Corvée qui se faisait par un homme, deux bœufs et une charrette, Arch. des fin. mss. Initr. sur la chambre des Comptes, p. 32, ("CI.

t TINCALou TINKAL (tin-kal), j..m. Borax impur et brut. Il Quelques auteurs nomment particulièrement tinkal la matière grasse qui empâte et enveloppe les cristaux, fourcroy, Conn. chim. t. m, p. 328.

— ETYM. Espagn. atincar; portug. atirual; de l'arabe, at-tencar, tincal.

TINCTORIAL, ALE (tin-kto-ri-al, a-l*), adj. 0 1 sert à teindre ; qui a rapport à l'art de teindre. Ingrédients tinctoriaux. Matières tinctoriales, ciiaptal, Inslit. Vém. scienc. t. vi, p. 489.

— ÉTV.M. Lat. tinctor, teinturier, de tingere (voy. teindre).

TINE (li-n'), s. f. \\ l' Tonneau qui sert à transporter de l'eau. ||Scrt aussi à transporter la vendange de la vigne au pressoir. 1| 2" Nom des espèces de tonnes ouvertes par un des fonds, lesquelles servent à contenir le minerai ou les eaux qu'on élève au-dessus d'un puits de mine |{ 3° Baquet en bois employé dans la fabrication de la poudre. Il 4° Tine de beurre, coquille du genre cîne

— HIST. XVI' s. Celier pour les cuves, tinnes et pressoirs, o. de serres, 20.

— ETYM. Wallon, teinn; provenç. espagn. et ital tina ; du lat. tina.

t TINÉITES (ti-né-i-f), ». m. pi. Tribu de lépidoptères, dont le genre teigne est le type.

— ÉTY.M. Lat. tinea, teigne.

t TINEL (ti-nèl), t m. Terme hors d'usage. Mot tiré de l'italien, qui signifie une salle basse oii les domestiques mangent dans une grande maison. Le sommelier en hâte est sorti de la cave; Déjà monsieur le maître et son monde se lave; Trêve avecque l'honneur, je m'en vais tout courant Déci'ler au tinel un autre différend, réonier , Sat

— HIST. xiv s. Bien sai qu'il est entrez deden» à son commant, Avec lui quatre cent de son tinel plus grant, du cange, tinnulus. \\ xv s. Et fut delivrée à monseigneur Jean de Hainaut une abayt de blancs moines pour son corps et son tinel tenii FRoiss. I, I, 30. Il XVI' s. Tenir cour pleniere et tinel ouvert, c'est-à-dire table ouverte à tous venans, LA COLOMBIÈRE, Théâtre d'honneur, t. i, p. 32, dans LACURNE. De telles figures à mémoire perpétuelle fit Fra|iin peindre son tinel et salle basse, hab. it, Anc. prol.

— KTYM. Calai, tinell ; ital. tinello; bas-lat, «innulus, tinellus; du lat. tina, vase, cuve, suivant l'Académie de la Crusca.

t TINET (ti-nè), s. m. Machine pour suspendre, dans les boucheries, un animal écorché. || Levier pour porter des tines ou tinettes. Ses fils, ses filles et garçons brasseurs qui survinrent armés de bâtons et de tinets, Arrêt du conieiJ, 46 mai 472s.

— ËTYM Tinet tient sans doute à tinel, gros bAton, dans l'ancien français.

TINETTE (ti-nè-f), s. f. || 1" Vaisseau de bois fait de douves, ordinairement plus large par en haut que par en bas, et qui sert au transport du beurre fondu. Ne seront débités dans retendue de notra ferme des gabelles aucuns beurres, soit en pots, tinettes, barils, ou autres vaisseaux, dans lesquels il y ait aucun sel net et en nature, Ordonn. mal 4680. Il 2° Espèce de tonneau qui sert aux vidanges.

— HIST. XV' s. 11 vcit au milieu d'ung moult beau pré une tinette pleine d'eau chaude, Perctforest, t. IV, {' 4 2.

— ÊTYM. Dimin. de tine; wallon, tinulett

t TINIER (tinié), *. m. Arbrisseau d'Amériqua. f TINION (ti-ni-on), ». m. Chiendent.

— ETYM. Ce parait être le même que tignon, chignon, à cause des racines comparées à una tignasse.

t TINOPORE (ti-no-po-r'), t. m. Nom d'un genre de céphalopodes créé par Montfort et rapporté maintenant au genre calearin», mais cependant avec doute, leooarant.

TINTAMARRE (tin-U-ma-r"), ». m. Terme familier. Bruit éclatant, accompagné de confusion et de désordre. Les trompes et les cors font un tel tintamarre Que le bonhomme est étonné, la font. Fabl. IV, 4. Parmi ce specucle si rare [d'un feu d'artifice!, Figure-toi le tintamarre. Le fracas et les sifflements Qu'on entendait i tous moments, ID. Œuires diverses, t. 11, p. 302. L'esprit de ce souverain juge du monde [l'homme] n'est pas si

TIN

TIN

indépendint qu'il ne soit sujet à être troublé par le premier tintamarre iiui se fait autour de lui, fAsc. Pent. m, », édil. havet. Vous ne savez pas tout le tintamarre qu'a Tait ici le tonnerre, boss. Lett. obb. 108. Un gouverneur qui fait grand tintamarre et brûle ses faubourgs, hamilt. Cromin. ». Comment veut-il juger d'une pièce en ciïet Au tintamarre afîreui qu'au parterre on a fait? l'iiioN, Métrotn. t, a. || ^u plur. Kùl-il Suivi de cent clairons sonnant des tintamarres, T. Huoo, But/ Bios, I, ». Il Par extension. Bruit des fêtes, dos réceptions. Je pense, ma chère enfant, au tintamarre où vous avez clé ces dernier» jours; nous étions dans des occupations bien différentes, sÉv. 6 mars «6«o. Nous trouvons partout.... les compliments et le tintamarre qui accompagne vos grandeurs, ID. à Mme de Grignan, 3o juill. 1689. Au milieu de tout le tintamarre du mariage du rui, leurs morts (de la Vrillière et de Granimonl] ne feront pas le moindre petit bruit, volt. Lett. Mme de Berniéres, 7 sept. nu. Cela va faire un tintamarre, un sabbat dans la maison, al. duval, Je \aufrage, se. t7. ||Fig. Éclat, effet produit. Ce bruit de la vaisselle (portée à la monnaie] fit un grand tintamarre à la cour, st-sim. 233, 106.

— HIST. XV» s. 0 tintamarre plaizanl Et iloulcement rezonnant Des tonneaux que l'on relie, bas- SELIN, L. Il XVI* s. Tant cette ame [de Rodomont] enragée, inhumaine et terrible Faisoit de tintamarre et se monstroit horrible, desportf.s, Mort de Rodomont. Le malade oit un bruit et tintamarre «ux oreilles.... paré, xvi, 40. Leurs pièces de batteries [balistes des anciens] representoient, comme l'effect, aussi le tintamarre des nostres, mont, i, »63. Fiez-vous à vostre philosophie, vantez-vous d'avoir trouvé la febve au gasteau, à veoir ce tintamarre de tant de cervelles philosophiques, id. ii, î4». La foudre et le tonnerre ne font point un tel tintamarre que fait une femme lorsqu'elle se met sur ses ergots pour abbayer, ciiolièbes. Contes, t. II, après-dîn. ii, p. 68, dans pougens.

— ÊTYM. Wallon, titamdr ; d'après Pasquier, Recherches, p. 734, de linJe à marre, les vignerons ayant l'habitude de s'avertir au loin en tintant ou frappant sur le fer de leurs marres.

TlprrAMARREU (tin-U-ma-ré), v. n. Terme populaire et vieilli. Faire du tintamarre. Je m'en revins tout épouvanté tintamarrer à notre huis, CYS. DB BERO. Pédant joué, v, t. Que l'on ne fasse point tintamarrer leurs armes, ciiampmeslé, le Parisien, u, 8. || Activement. Elle eut beau le tintamarrer, tarabuster, sabouler, comte de caylus, Éeotteutes, (Eue. t. x, p. 622, dans potisENS.

— HIST. XVI* S. Qui sera une recherche tintamarée et de la plus pernicieuse conséquence qu'il est possible de penser, froumenteau, Finances, m, p. 4Î4. Au lieu que la raison devroit avoir la surintendance chez vous, vos sens sifflent, bruyent, grondent, s'elevent et tintamarrcnt comme une lempeste orageuse, pasquier. Lettres, t. ui, p. 590.

* . TINTÉ, EB (tin-té, tée), part pasti de tinter 4. Cloche tintée.

2. TINTÉ, ÉE (tin-té, tée), part, passé de tinter a. Futailles tintées.

TINTEMENT (tin-te-man),«. m. || !• Action de tinter une clochp. Le tintement a lieu après le dernier coup précédant l'office, et il indique que l'office va commencer. || Bruit, son de cloche qu'on tinte. Un tintement funèbre. ||t° Prolongement du son d'une cloche, lequel va toujours en diminuant dans l'air après que le coup a frappé. Voici l'heure de la prière Et les tintements du befTroi ; Vous qui priez, priez pour moi, millev. Priet pour moi. Il 3* Bruit comparé aux sons saccadés d'une cloche qui tinte. La rime ajoute un mortel ennui aux vers médiocres.... ses vers (du poète] ne sont qu'un vain tintement de syllabes fastidieuses, volt. Dict. phil. Rime. Semblable au tintement réitéré d'écus qui tomberaient successivement l'un sur l'autre, blfp. Ois. t. x, p. 3». || 4° Terme de médecine. Tintement métallique : Lacnnec appelle ainsi un tintement analogue i celui d'une petite cloche ou d'un verre qui finit de résonner, tintement qui retentit dans le tube du stéthoscope, ou, sans stéthoscope, à l'oreille appliquée contre la poitrine. HB'Sensalionqu'on éprouve quelquefois dans les oreilles, comme si l'on entendait un son aigre et continu, sans cependant qu'il y ait aucun bruit extérieur. Pourquoi des paroles échappées au hasard, un mouvement involontaire, un tintement d'oreille, ne seraient-ils pas autant d'avertissements que nous donnent les dieuxT CON- DiL. Uist anc. 1, 41.

— HIST. xiT* s. De là vient le tintement ou cornemenl d'oreilles, paré, iv, io.

— RTYM. Tinter i.

TINTENAGUE (tinle-na-gh"), t. f. Voy. toutb-

nague.

1. TINTER (lin-té), t>. a. || 1' Paire sonner lentement une cloche, en sorte que le ballant ne frappe que d'un côté. Tinter la grosse cloche. || Absolument. On tinte à la paroisse. || On tinte un office pour avertir qu'il est au moment de commencer. Que cette messe serait tintée par trente-trois coups distincts et séparés, iiahduin, Mém. sur l'Artois, p. 200, dans pougens. || %' V. n. Sonn('r lentement. La cloche de la chapelle tinte. || Voilà le sermon qui tinte, la messe qui tinte, la cloche tinte pour avertir que le sermon, la messe va commencer. Il 3' U se dit d'autres petits sons comparés à ceux d'une clochette. M. de .Segrais écrivit au nom de l'Académie de Caen, pour inviter l'Académie française à décider s'il fallait dire bo-n à monter, bo-n à descendre, ou ne point faire tinter la consonne finale de bon, d'olivet, Pros. franc, m, «. Pauvres fous, ballons la campagne; Que nos grelots tinlent soudain, bérano. Couplet. Ahl je voudrais qu'on entendît Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit, id. Ifaud. print. Les troupeaux dont la cloche Comme un appel lointain tintait de roche en roche, lamart. Joc. vni, »o. Il Faire tinter un verre, lui faire rendre un son en le frappant comme une cloche. 114° Frapper une clochette pour appeler. Mes divins anges, quand vous voudrez des commentaires cornéliens, vous n'avez qu'à tinter, volt. Lett. d'Argental, 5 sepl. 1761. Il 5* Se prolonger comme un tintement. La même voix tintait longtemps dans mes oreilles. Et, sortant de mon coeur, m'entretenait tout bas, lamart. Destinées de la poésie. || 6* L'oreille lui tinte, il entend, dans son oreille, sans qu'il y ait aucun son extérieur, un bruit pareil à celui d'une petite cloche. U n'a pas un moment de repos en sa vie; Si l'oreille lui tinte, 6 dieux I tout est perdu, la font. Coupe. || On dit aussi : les oreilles lui tintent. Les yeux s'éteignirent, les oreilles tintèrent, l'esprit se perdit, les défaillances se succédèrent, et nous crûmes qu'il touchait à la fin de sa vie et de ses douleurs, dider. Lett. à Mlle Voland, l" ool. 178». || Faire tinter les oreilles de quelqu'un, lui répéter très-souvent une chose. Que, de bouche en bouche, on fasse tinter les oreilles du chancelier; qu'on ne lui donne ni repos ni trêve ; qu'on lui crie toujours : Calas, Calas I volt. Lett. d'Argental, 7 août 1762. Il Fig. Les oreilles doivent vous avoir bien tinté, se dit pour faire entendre à une personne qu'on a beaucoup parlé d'elle en son absence. Si les oreilles vous tintent, ne croyez pas que ce soit une vapeur, c'est que nous parlons fort de vous, sév. ït août 1677. Il Fig. et familièrement. Le cerveau lui tinte, il a la tête fêlée, dérangée. D'assez bon vin chaque jour une pinte Rajustera ton cerveau qui te tinte, volt. Pau», diable.

— HIST. XII* S. E vit lut entur lui les évoques ester ; Uns suis d'els pur le rei ne volt un mot tinter, Th. le mart. 4).||xiii's. Nul ne set si bien distinter. Qu'il en ose ung seul mot tinter, (a Rose, Hloo. ||xvi" s. Mon Dieu, quel plaisir c'estoit. Quand Pelotin se grattoit, Faisant tinter sa sonnette Avec sa leste folette ! dubell. vn, 38, verso. Ils sont du tout chassés par le son des clochetes qu'on y tinte, o. de serres, 485.

— RTYM. Lat. (tnni'fore, fréquentatif de tinnire, résonner. L'ancienne langue avait une autre forme, tenlir, qui est restée dans le composé retentir.

2. TINTER (tin-té), v. a. Terme do marine. Appuyer, assujétir avec des tins. Tinter la quille d'un navire.

— ÉTYM. Tin.

t TINTIN (tin-tin), s. m. Se dit, par onomatopée, pour exprimer, dans une partie de table, le choc des verres. Vivandière du régiment. C'est Câlin qu'on me nomme; Je vends, je donne et bois gaîment Mon vin et mon rogomme; J'ai le pied leste et l'oeil mutin, Tintin, tintin, tintin, r'iin tintin, BÉRANO. ricondiére. Il On dit aussi tinrelintintin.

— HIST. XIII* s. Mais ou [au] plus grant tintin d'espées seur cherviaux [cerveaux, têtes] Là oij [il] vcoit le plus machues et coutiaus.... adam dk la halle, le Rui de Seiile, dans rutebeuf, t. i, p. 433. Il XVI* s. Tintin do la cloche, pasquier, Kech. vm, p. 07l, dans lacurne. Au tintin de la sonnette, du bellay, vu, 37, verso.

TINTOUIN (lin-louin), ». m. || f Sensation Irotu peuic d'un bruit analogue i celui d'une cloche

qui tinte, et dû à un état morbide du cerveau uu i une lésion du nerf auditif. Avoir un tintouin continuel dans les oreilles. Us furent salués du canon de si près, qu'ils en eurent tous la tête échauffée et le tintouin dans les oreilles plus de demi-heure après, PELLissoN, Lett. hisl. t. m. p. 3»7. (H* Fig et familièrement. In(|uiétude, embarras que cause une affaire. Dame, Il est juge, et ça donne du tintouin, GENLis, Th. d'éduc. Rosière, i, ».

— HIST. XV* s. 11 fault retourner aux bons vins Comme à la besle Qui nous a mis ces tintouins t't ce mal dans la teste, basselin, Kau de Vire, 43. Il XVI* s. Souvent la surdité est accompagnée de quelque tintouin des oreilles, qui incommode lort les malades, paré, xx bit, s. Il a beaucoup de tintouins en la leste, cotoravb François U mourut d'un tintouin d'oreilles, sullï, Mém. t. vu, p. »»8.

— ÉTVM. Tinter, par une dérivation de fantaisie. Montaigne a levcrbetintouiner : Le son mesme des noms qui nous tintouine aux oreilles, m, soo.

t TION (ti-on), f. m. Caillou, ou fer plat, qui sert à tirer les crasses et les cendres du creuset.

t TIOQDET (ti-o-kè), s. m. Nom, en Bourgogne, de la fringiUe montifringille (granivores), dite ailleurs pinson des Ardenne» ou pinson d'Arden-

nes, LEGOARANT.

t TIOC-TIOU (tiou-tiou), ». m. Sorte d'oiseau du lac de Genève, bon à manger. Je m'amusais i rappeler de temps en temps des tiou-tiou.... J. J. ROUSS. Ilél. IV, 17.

t TIPl'LAIRES (ti-pu-lê-r'), ». m. pi. Famille d'insectes assez semblable aux cousins.

fTIPULE (ti-pu-r), ». f. Terme de zoologie. Genre d'insectes diptères.

— ÊTV.M. Lat. tipulla, on plutôt «ippulJa (QUI- CHERAT, Nonius), araignée d'eau.

TIQUE (ti-k'), ». ^ Il 1* Un des noms vulgaires donnés aux espèces du genre iiode, et surtout à l'ixode ricin qui s'attache aux chiens, aux bœufs, aux moutons et autres animaux (les ixodes sont non pas des insectes, mais des arachnides). Ils [certains oiseaux] se posent sur les bœufs et sur les vaches pour manger les tiques, les ver» el les insectes nichés dans le poil de ces animaux, BUFF. Ois. t. XII, p. 92. Il Soûl comme une tique, très-soûl, vu que la tique se gorge de sang el semble immobile ensuite. || 2° Père des tiques, un des noms donnés par les Européens établis en Egypte au héron bouvier (gralles) de Savigny (Egypte, Java), qu'ils appellent aussi garde-bœuf,

LEGOARANT

— HIST. XVI* S. On dit que le tabon qui tourmente les taureaux, se fiche auprès de leurs aureilles, et aussi fait la tique aux chiens, amyot, Comm. diseern. le flatt. 22.

— ETYM. Ital. xecca; du germanique : angl. tick; danois, (ege; bas-allem. teck; allem. Zecke , tique.

TIQUER (ti-ké), ». n. Avoir un tic. ||0n dit qu'un cheval tique, lorsqu'il contracte l'encolure el produit une éructation, soit qu'il appuie les mâchoires sur quelque corps à sa portée, soit que cet appui n'ait pas lieu. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ocoir.

— ETYM. Tic. Wallon, Jifctrf.

t TIQUET (ti-kë), t. m. Un des noms vulgaires des altises.

— HIST. IV s. Maistre moine, plus rond qu'un tiquet [qu'une tique], LOUIS xi,JVouo. Lxxxm.

— ETYM. Dimin. de tique.

TIQUETÉ, ÉE (ti-ke-té. tée), adj. Tacheté, mar que de petites taches. Un œillet tiqueté.

— HIST. xvi* s. Tiqueté, cotgrave.

— ÉTYM. Origine inconnue.

t TIOUETl'RË (ti-ke-tu-r'), ». f. EUt d'un objet tiqueté. La tiquelure d'une coquille.

TIQUEUR, EUSE (ti-keur, keû-z'), ». m. et ^ Ii se dit des animaux domestiques qui ont contracté un tic. Cheval liqueur. Jument tiqueuse.

~ ÉTYM. Tiquer.

TIR (tir), ». m. Il 1* L'action ou l'art de tirer une arme à feu, et d'en diriger le coup. Chasse au tir. Être habile au tir. La pratique du tir. Le tir du fusil, du pistolet, du canon, du mortier. Tir sui plateforme, tir à embrasure, i barbette. || Tir de campagne, de siège, tir en brèche, désigne lei genres de service et la nature do l'effet i produire. Le premier fait relatif au tir des projectiles creux remonte au siège d'Ostende en )6(i2, an- DRÉossY, Inslit. Mém. sciene. t. vu, p. I7h. || Ligne de tir, axe d'un canon ^upposé prolongé iiidclin:ment. |l Plan de tir, plaa vertical passant par t ligne de tir d'une arme à leu. || Angle de lir, angk formé par la ligne de tir avec les horizontales du

TIR

plan de tir. || Tir en lilaiic (il n'y a pas dn projectile); tir à boulet; lir à obus; tir à mitraille (le projectile est une boîte à mitraille); lir à balles (le projectile est un obus à balles); tir à boulets rouges; tir de grenades; tir de balles à feu.... Il On dit de même : le tir de l'arbalète. || V Ligne suivant laquelle on tire, surtout en pailont du canon lajustcsse du tir. ||Tir direct; il est à peu près perpendiculaire à la ligne sur laquelle on lire. '|Tir d'écharpe ; il prend cette ligne obliquement, mais en avant. Il Tir d'enfilade; il est dirigé dans le prolongement de celte ligne. || Tir à revers; il prend cette ligne obliquement, mais par derrière. Il Tir de plein fouet, celui dans lequel le projectile arrive directement sur le but, sous un angle faible. H Tir plongeant; le projectile, lance à faible charge, décrit une trajectoire courbe de manière à venir fra|)per le but pincé derrière un obstacle. Il Tir à ricochet; le projectile est tiré à peu près parallèlement au sol, de manière à fournir plusieur? bonds en ricochant sur le terrain. || Tir à toute volée; le projectile est lancé sous un grand angle et avec une forte charge, de manière à porter le plus loin possible. || Ce fusil n'a pas le tir juste, on n'est pas assuré de l'effel de la direction. Il 3° Flanc de lir, la partie de la rayure , dans les canons rayés, sur laquelle l'ailelle du projectile prend appui dans le tir. 1| 4* Lieu où l'on s'exerce à tirer des armes à feu. Le tir de Vincennes. Il y ji là un lieu où l'on s'exerce au tir du pistolet. Aller au tir.

— ETYM. Subst. verbal de tirer.

TIRADE (ti-ra-d'), s. f. || 1* Action de tirer. S'il [Ravaillac] avoua dos choses étranges, ce ne fut que lorsqu'il eut demandé, à la première tirade des chevaux, qu'on le relâchât, saint foix, Ess. Paris, (Euv. t. m, p. 12l. Les tirades et les secousses durèrent une heure [dans l'écartèlement de Damions]; les membres s'allongcient et ne se léparèrent pas, volt. Hist. pari. xxx. || 2* Fig. Morceau d'un ouvrage en prose ou en vers, et qui est le développement d'une même idée. Voilà une tirade où ma plume m'a conduite, sans y penser, sÉv. 27janv. (687. Vous avez des pensées et des tirades incomparables ; il ne manque rien à votre style, ID. 22 janv. 1672. || Une tirade d ■, beaucoup de pensées, de phrases qui se suivent sur le même sujet. Je vous conjure de pardonner ces tirades de réflexions à l'extrême tendresse que j'ai pour vous, SÉV. à Mme de Grignan, 6 avril 4672. || Familièrement. Une tirade d'injures, beaucoup d'injures débitées de suite. || 3* Terme de théâtre. Ce qu'un personnage débite sans être interrompu. Rien de parfaitement beau, rien qui enlève ; point de ces tirades de Corneille qui font frissonner, sÉv. (20. Villars ne parlait que par tirades de théâtre, «T-siM. 269,219.11 ne faut pas aller à bride abattue; mais toute tirade demande à être un peu pressée; c'est un point essentiel, volt. Lett. Mlle Clairon, janv. (750. On trouve dans ses pièces [de Uoissy] plus de détails que de grands effets, plus de tirades que de scènes, et plus de portraits que de caractères, u'alemb. Élog. Boissy. La facilité du public à applaudir les tirades et les portraits, a fait de nos scènes de comédie des galeries d'enluminures, marmontel, (Euv. t. VI, p. 191. Quant au reste de la tirade [dernière scène d'Alzire], c'est la substance de la morale évangélique,CHATEAUBR. Génie, n, u, 7. La tirade, ou, en termes de coulisses, la tartine, voilà ce que l'on va chercher au théâtre.... la tirade, bien analysée, peut presque toujours se réduire à une conversation entre l'auteur et le public, à laquelle les persoimages de la pièce ne servent que de prétexte, Globe, (7 janvier (82S. Il 4* En mauvaise part, développement de lieux communs sans rapport bien marqué avec le sujet. Une ennuyeuse tirade. U ne lui restera que l'ignominie d'avoir fait des tirades contre des gens de bien, grimm, Corresp, t. i, p. <76.||6* Terme de musique. Passage que fait ia voix ou l'instrument dans l'intervalle d'une note à une autre, par les notes diatoniques de cel intervalle distinctement articulées. Une tirade brillante. || 8* D'une lirade, tout d'une tirade, loc. adv. et famil. Tout d'un trait, sans s'arrêter. Il nous a récité une ode tout d'une tirade. Cela dura le reste du voyage de Marly, qui, d'une tirade, n'us conduisit i Fontainebleau sans retourner à Versailles, ST-SIM. 30&, 344.

— ETYM. Tirer; provenç. et espagn. tirada, portée, trait, jet; ilal. (trofa.

TIKAGE (ti-ra-j"), j. m. |H* Action de tirer. Ce cheval est excellent au tirage. || Difficulté, peiné

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