PARÉ, XX
— ÊTYM. Provenç. turbulent, turhoUnt ; espagn. tur6uJ«n(o; ital. turbolento; du lat. lurbulentus , de Jurba, trouble (voy. tourbe).
4. TURC, UROCE (turk, tur-k'), od;. || !• De Turquie. Je suis très-humble serviteur de son altesse turque, mol. Bourg, gent. iv, 6. Nous avons arrêté nos yeux sur une galère turque assez bien équipée, id. Scapin, ii, 41. || 2" Chien turc, espèce de chien sans poil. || 3* Cheval turc, cheval de Turquie; on le croit produit par des croisements de l'arabe et du persan, faits à une époque éloignée et inconnue. Il est plus long, plus étoffé que le premier,; il a la croupe plus arrondie et plus droite, mais il est bien loin d'avoir ses qualités. Il 4' S. m et f. Un Turc, une Turque, celui, celle qui est indigène de la Turquie. Vif comme un Français, grave comme un Espagnol, rusé comme un Italien, hardi comme un Turc, fier comme un Écossais, DANCOURT, Corn, des coméd. ii, 4 1. Les Turcs habiuient autrefois au delà du Taurus et de rimmaùs, et bien loin, dit-on, de l'Araxe; ils étaient compris parmi ces Tartares que l'antiquité nommait Scythes, volt. Uœurt, 63. || Fig. et familièrement. C'est un vrai Turc, se dit d'un homme rude, sans pitié. Il est Turc là-dessus, mol. Avare, n, 6. Il Être fort comme un Turc, être très-robuste; locution née de la force qu'on attribue aux portefaix de Constantinople. || Do Turc à More, sans ménagement, à la rigueur (sans doute par allusion à la façon rigoureuse dont les Turcs traitaient les Maures d'Afrique). On n'y fait quartier à personne [dans un tripot], tout le monde y vil de Turc à More, scarr. Rom. corn, i, 3. Il faut toujours traiter les affaires d'intérêt de Turc à More, MAINTENON, Lett. à H. d'Aubigné, 21 mai 4683. De quoi donc se plaint ce rare et trop heureux mari? et quelle humeur atrabilaire le pousse à traiter de turc i More une demi-douzaine d'honnêtes garçons dont le seul tort est d'avoir eu des yeux pour vous voir? ch. de Bernard, la Chasse aux amants, xni.|| Traiter quelqu'un de Turc à More, voy. more, n" 2. || 5" Abusivement, Turc se dit pour musulman. Géronte : Cinq cents écusl n'a-t-il point de conscience? — Scapin : Vraiment oui, de la conscience à un Turc! mol. Scapin, 11, 44. C'est la coutume.... qui fait tant de chrétiens; c'est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, pasc. Pens. x, 8, édit. havet. Ne voyons-nous pas, disent-ils [les impies], mourir et vivre les bêtes comme les hommes, et les Turcs comme les chrétiens? id. ib. xxiv, 40. ||Se faire Turc, se faire musulman. || 6* Le Grand Turc, ou, simplement, le Turc, l'empereur de Turquie. Vous savez que le fils du Grand Turc est ici? mol. Bourg, gent. iv, 6. Moi, je vous dis qu'elle ne songe non plus à lui qu'au Grand Turc, genlis, Thédt. d'éduc. Tendr. matern. se. 4 8. || 7" Le turc, la langue turque. Je vous l'avais bien dit, qu'il parle turc, mol. Bourg, gent. v, B. || 8* X la turque, loc. adv. X la façon des Turcs. Destin conta à ses camarades de quelle façon il s'était sauvé avec son habit à la turque, avec lequel il pensait représenter le Soliman de Mairct, scarr. Rom. corn, i, 4 2. Je suis fiché qu'il [Salomon] ait commencé son règne à la turque, en égorgeant son frère, volt. Dicl. phil. Salomon. \\ Fer i la turque, fer de cheval dont la branche interne est plus courte et plus épaisse que la branche externe, jj Fig. Sans ménagement. Traiter quelqu'un i la turque. || 9' En musique, rondeau turc, ou à la turque, ou alla turca, morceau vif i 2/4, fortement rhythmé. Le rondeau
TUR
turc de Mozart. Il y a une marche turque dans les Ruines d'Athènes, de Beethoven. || 10* Point turc, espèce de jour fait avec une grosse aiguille et du fil fin, formant deux rangées de petits trous contrariés, encadrés, des deux côtés, par un cordonnet ou un feston. || 11° Gazon turc, la saxifrage mousseuse.
— HIST. XIII* s. Si avoit un frère qui avoit non Alexis, que il avoit raohaté de la prison des Turs, VILLEH. XLii. Il XV* S. 11 y avoit encore une autre ambassade du petit turc, lequel disoit, se les chrestiens vouloient faire guerre au grand turc, que son seigneur se joindroit avec les chrestiens, M0NSTREL. t. III, p. 8B, dans LACURNE. || XVI* S. Ceux qui se souloient habiller à la bohémienne, je les fais acoustrer à la turque, Cymbalum mundi, p. »0. Les armées turquesques, mont, i, 360.
2. TURC (turk), s. m. || 1° Larve d'un insecte indéterminé, laquelle s'est rendue redoutable par les dégâts qu'elle fait sous l'écorce des poiriers, ainsi nommée par plaisanterie à cause qu'elle s'attache principalement aux poiriers de bon-chrétien. Il 2° Un des noms vulgaires du ver blanc ou larve du hanneton.
— ÊTYM. Turc 4 ; saintong. teur, teure,tur,ture, ver blanc de hanneton.
f TURCARET (lur-ka-rè), ï. m. Personnage d'une comédie de Lesage, financier grossier qui ne connaît que son argent. || Fig. Homme grossier et illettré qui s'est enrichi dans les opérations de finances; agioteur qui a fondé une fortune scandaleuse sur la misère publique.
TCRCIE (tur-sie), s. f. Levée au bord d'une rivière pour en contenir les eaux. Réparations et entrctènements des turcies et levées étant le long des rivières de Loir-et-Cher, Édit, mars 4623. D'autant que l'un des plus grands obstacles qui se rencontre à la durée des ouvrages dasdites turcies et levées provient de la trop grande quantité d'îles qui se sont formées dans ladite rivière de Loire, Ordonn. de Colbert, 4 juin 40u8.
ÊTYM. Bas-lat. torcia, torsia, dans un texte
du XII* siècle. La forme du bas-lat'T indique un même radical que torchis, ces levées se faisant de claies et de terre. Notez pourtant le bas-breton torgen, tertre.
t TURCIQCE (tur-si-k'), adj. f. Terme d'anatomie. Selle turcique, nom donné, en raison de sa forme, à la fosse du sphénoïde qui loge le corps pitui taire.
t TCRCISMK (tur-ci-sm'), s. m. Religion des Turcs. En 4 085, dit Jurieu, Dieu a abaissé les réformés et les Turcs pour les relever en même temps, et les faire être les instruments de sa vengeance contre l'empire papal ; qui n'admirerait cette relation du turcisme avec la réforme et cette commune destinée de l'un et de l'autre ? boss. Var. xni, 39.
t TCKCO (tur-ko), s. m. Tirailleur indigène de l'armée d'Afrique. Des turcos.
t TCRCOIN (tur-koin), s. m. Nom que les fabricants de camelot donnent au poil de chèvre filé.
t TCRCOPOLIER (tur-ko-po-lié), s. m. Dans l'ordre de Malte, titre du chef de la langue d'Angleterre, avant le schisme. Le turcopolier avait, en cette qualité, le commandement de la cavalerie et des gardes de la marine d'Angleterre.
— ÊTYM. Bas-lat. turcoputi, soldats armés à la légère, du bas-grec TupxonouXoi, de turc, et itoO- ).o;, enfant.
t TDRDE (tur-d'), t. m. Terme d'histoire naturelle. Nom moderne du genre grive et merle (insectivores); d'après quoi grive serait le nom vulgaire du turde musicien, et merle le nom vulgaire et spécifique du turde merle. || Le turde viscivore, dit vulgairement draine, grosse grive, double grive, traye, et grive draine. 1| Le turde pilaride, appelé litorne. || Le turde émigrant, nomme litorne du Canada. || Le turde iliaque, appelé mauvis, calandrote, grive de vigne, petit sourd. || Le turde polyglotte, dit le moqueur et le polyglotte. Il Le turde cincle, de Latham, appelé merle d'eau, et qui était le cincle aquatique de Gervais. || Le turde rupestre (voy. bocar), legoarant.
— ÊTYM. Lat. turdus, grive.
t TCRDIDÈS (tur-di-dés), t. m. pi. Famille d'oiseaux dont le type est le genre turde.
TURELCRE (tu-re-lu-r'j, s. f. Terme populaire emprunté à un refrain de chanson, et usité seulement dans cette locution : C'est toujours la même turclure, c'est toujours la même chose. || On a écrit aussi turlure. Faut toujours lui payer sa dime. Ses messes, les enterrements. Les services, les sacre-
TUR
ments, C'est toujours la même turlure. Deuxième harangue à Monseigneur l'archevêque de Paris, etc. Pièces et anecdotes intéressantes, etc. 4 '* partie, p. 4î.
— HlST. XIV* s. Un cornet y avoit d'une œuvre manovrée. Qui turelure a nom en tant mainte contrée ; Icele turelure fu hautement sonnée, Guescl.
— ÊTYM. Onomatopée de fantaisie.
t TURF (turf), t. m. Lieu où se font les courses de chevaux. Sur le turf. Un habitué du turf.
— ÊTYM. Angl. turf, champ de gazon.
t TURFISTE (tur-fi-sf), t. m. Celui qui fréquente le turf, qui fait courir.
t TDRFOL (tur-fol), t. m. Terme de chimie. Produit huileux de la distillation de la tourbe.
— ÊTYM. Turfe ou tourbe, et lat. oleum, huile. TURGESCENCE (tur-jè-ssan-s'), ». f. Terme du
physiologie et de pathologie. Enflure causée par la surabondance des flaides dans un organs. C'est [la puberté] l'époque de la turgescence et des hémorrhagies, fourcroy, Conn. chim. t. ii, p. 4 62. Il Turgescence de la bile, ancien nom de ce qu'on a appelé depuis embarras gastrique.
— ÊTVM. Turgescent.
TURGESCENT, E.\TE (tur-jè-ssan, ssan-t'), adj. Terme de physiologie et de pathologie. Oui se gonfle par une surabondance de fluides, en parlant d'un tissu, d'un organe.
— ÊTYM. Lat. turgescere, se gonfler. Paré dit turgent.
t TURGIDE (tur-ji-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui est gonflé d'humeur.
t TURGOT (tur-go), s. m. Espèce de papier à écrire.
t TURGOTINE (tur-go-ti-n'), t. f. Nom donné aux diligences des Messageries royales établies en 4 776 à Paris rue Notre-Dame-des-Victoires.
— ÊTYM. Le célèbre Turgot, qui contribua à les établir.
t TURGCET (tur-ghè), s. m. Nom d'une sorte de blé du Levant, qui ressemble à l'épautre, mais qui est moins nourrissant.
— ÊTYM. Turguet, pour turguet, dérivé de turc. f TURIOBULBE (tu-ri-o-bul-b'), s. m. Terme de
botanique. Bourgeon terminal de rameaux souterrains se renflant en une masse charnue et n'envoyant des liges florifères que l'année suivante.
— ÊTYM. Turion, et bulbe.
I TURION (tu-ri-on), s. m. || 1* Terme de botani- <[ue. Bourgeon des herbes vivaces, naissant de la partie de leur lige qui persiste sous terre ou à fleur de terre, et renfermant leurs jeunes pousses aériennes annuelles. Le turion de l'asperge est la partie que l'on sert sur nos tables. || 2* Pousse qui s'allonge beaucoup avant de produire des feuilles.
— ÊTYM. Lat. (urtonem, jeune pousse.
t TURLUl (tur-lu-i), s. m. .Nom vulgaire du courlis, en quelques provinces.
TURLUPIN (tur-lu-pin), i. m. \\ 1* Sectes d'hérétiques qui se répandirent en France, en Allemagne et dans les Pays-Bas pendant le xui* et le XIV* siècle; ils soutenaient qu'on ne doit avoir honte de rien de ce qui est naturel. || 2° Fig. Nom de farce que prit un comédien. L'un [acteur de l'Hôtel de Bourgogne], dont le nom de famille était Legrand, s'appelait Belleville dans la tragédie, et Turlupin dans la farce, d'où vient le nom de turlupinade, volt. Fie de Molière. \\ 3* Homme qui fait des allusions froides et basses, de mauvais jeux de mots. Des pointes de turlupin, balz. Dissert, crit. 7. Je les en tiens [les mauvais plaisants] moins excusables [de l'être de propos délibéré] ; et, si j'en étais juge, je sais bien à quoi je condamnerais tous ces messieurs les turlupins, MOL. Critique, l. Toutefois à la cour les turlupins restèrent. Insipides plaisants, bouffons infortunés. D'un jeu de mots grossier partisans surannés, BOIL. Art. p. II. Il Adj. De sage et posé que j'éUiï auparavant, je devins vif, étourdi, turlupin, lb- SAOE, Gil Blas, m, b.
— HIST. XIV* s. Faisant poursuitte contre les turlupins et turlupines, qui trouvez et pris ont esté en ladite province, et par sa diligence punis de leurs mesprcntures et erreurs, du cange, tuWuptm. Il XVI* s. Autant en dit un turlupin de mes livres, RAB. Prol. liv. I.
— ÊTYM. Origine inconnue.
TURLUPLVADE (turlu-pi-na-d'), t. f. || 1* Plaisanterie basse, de mauvais goiît, fondée sur quelque froid jeu de mots. X la façon du siècle qui se plaisait aux turlupinades, Commines avait fait mettre sur la porte de sa chapelle un globe et un chou cabus, pour dire que le monde n'est
TUR
qu'abus, p. broslé, Lucien en belle humeur, t. i, p. 395, dans pouGENS. Ne voulez-vous pas me défaire de votre marquis incommode? pensezvous me le laisser toujours sur les bras, et que je puisse durer à ses lurlupinades perpétuelles? MOL. Crilique, l. Chevalier, tu devrais laire prendre médecine à tes canons. — Comment? — Ils se portent fort mal. — Serviteur à la turlupinadc, m. Impromptu, s. Pour moi qui n'avais pas l'esprit tourné à la turlupinade, mais à la joie et à la dissipation, loménie de drienne, Jfem. inéd. t. I, p. 221, dans POUGENS. Il 11 s'est dit quelquefois en bonne part. C'est à M. le Grand qu'il faudrait donner votre turlupinade, elle est des meilleures : Chatillon nous en donne ici tous les jours des plus méchantes du monde, sÉv. )H. Ne craignons jamais de nous permettre les turlupinades qui viennent au bout de nos plumes, ID. 18 août IC80. Il 2* Écrit plein de turlupmades. La plate turlupinade sur la création qu'on avait mise sous son nom [tl« M. do Bouffiers].... est d'un M. Coqueley de Chaussepierre, iaharpe, Corresp. t. iv, p. 04.
f TCRLCPI.NAGE (tur-lu-pi-na-j'), s. m. Action de turlupiner.
TURLUPINÉ, ÊE (tur-lu-pi-nc, née), part, passé de turlupiner. Cet enfant turlupiné par ses cama-
TURLUPINEU (tur-lu-pi-nc). H V. n. 1° Faire des turlupinades. Il ne fait que turlupiner. || 2» F. a. Se moquer de quelqu'un, le tourner en ridicule. On connaît leur faible, on les turlupine dans l'occasion, GiiERARDi, Thédt. ital. t. I, p. .-loo. Vous me turlupinez mal à propos, monsieur Caton, DANCOURT, Gai. jardin, se. O. Turlupinant les jeunes précieuses. Il imitait leur courroux babillard, GREssET, Ver-vert. ch. iv.
— ÉTYM. Turlupin.
t TURLUKETTË (tur-lu-rc-t'j, s. f. |l !• Espèce, de guitare en usage au xiV siècle. || 2» Ce mot est employé dans le refrain de vieilles chansons.
f TURLUT (tur-lu), s. m. Un des noms vulgaires de l'anlhe des prés ou farlouse, alaudapratensis, L. (oiseaux insectivores).
tTDRLUTAlXE (tur-lu-tè-n'), s. f. || 1" On a perfectionné d'une manière surprenante le mécanisme des serinettes et des orgues de barbarie, vulgairement appelées turlutaines, genlis , Emploi du temps, p. <2I, dans pougens, au mot orgue. i|2« Manie, marotte. La turlutainode notre temps, c'est la réhabilitation de la femme perdue, É. au- GlER, Mariage d'Olympe, l, 2.
tTURLUTOlR ou TURLUTOIRE (tur-Iu-toir), ». m. Un des noms vulgaires de l'alaude cujelier (oiseaux granivores).
t TURLUTUTAINE (tur-lu-tu-tè-n'), ». f. Paroles qu'on répète sans cesse. Le detenda Carthago était la turlulutaine de Caton l'ancien.
t TCRLUTUTU (tur-lu -tu -tu), interj. Onomatopée du son de la (lùte. || Ce mot est employé dans le refrain de quelque vieilles chansons. || On s'en sert quelquefois pour interrompre un bavard. Il S. m. Un turlututu, la flûte à l'ognon.
TURNEP (tur-nèp), s. m. Variété de chou rave qu'on donne au bétail.
— REM. WaiUy et le Dictionnaire d'histoire naturelle, édité par Déterville, écrivent au singulier turnep; l'Académie écrit turneps ; mais c'est une faute : turneps est le pluriel anglais, le singulier est turnep.
— trVM. Anglais, turnep, turnip, navet.
t TURNf.RACÉES (tur--.-.c-ra-sée), s. f. pi. Terme de botanique. Kamille de plantes dicotylédones.
1 TUROMEN, lENNE (tu-ro-niin, niè-n'J, adj. Terme de géologie. Le terrain turonien, sorte de terrain dont le type est aux environs de Tours.
— ÊTYM. Lat. Turones, la ville de Tours.
TURPITUDE (tur-pi-tu-d'), s. f. || 1° Uideur morale. Plaisanteries.... qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avaient tiré, rac. l'iaid. Préface. Ceuxci craignent d'offenser, ceux-là redoublent de turpitude pour plaire, dider. Claude et Nér.i, 83. Un vieux penchant humain mène à la turpitude y. HUGO, Châtiments, à [Juvdnal. || Par extension'. Alors ou le solécisme, ou le barbarisme, ou l'ampoulé se manifeste dans toute sa turpitude, volt. Dict. pliil. Vers. || Découvrir, révéler la turpitude do quelqu'un, d'une famille, révéler, découvrir quoique chose qui doit faire la honte de quelqu'un, d'une famille. La comtesse : Parlez, parlez. — Mme la Ressource : Non, non, il est trop, Tude D'aller de ses parents montrer la turpitude,
TUR
BEGNARD, le JoueuT, T, 4. li est défendu dans la sainte Écriture de révéler la turpitude; et la plus grande des turpitudes c'est une lettre écrite d'abondance de cœur à un ami, et qui devient publique, VOLT. Lett. d'Argental, 6 juin nil. Remarquable par la sincérité avec laquelle il dévoile sa propre turpitude, grimm, Corresp. t. m, p. «30. Pourquoi me montrer toute votre turpitude? dider. Neveu de iiameau, || On dit de même : cacher, couvrir la turpitude de quelqu'un. Le malheureux me cachait sa turpitude, J. J. Rouss. Confess. vin. || i° Action honteuse. Jo veux auparavant, sans nulle incertitude. Informer vos parents de votre turpitude , boursault, Idots à la mode, se. i3. Quand H. Estienne intitula sa comique rhapsodie Apologie d'Hérodote.... il ne voulait que se moquer de nous, et faire voir que les turpitudes de son temps étaient pires que celles des Égyptiens et des Perses, volt. Dict. phil. Diodore. || 3' Paroles obscènes. Frères André et Menot étaient fort fameux pour les turpitudes, volt. SIél. litt. à M. de la Yallière.
HlST. XVI' s. Les femmes qui sont honnestes,
fuyans les marques de vieillesse et de turpitude [laideur], paré, xxv, 44.
— ÉTYM. Lat. turpitudinem, de lurpis, laid , honteux.
t TURPOT (tur-po), s. m. Terme de marine. Soliveau de six ou sept pieds de haut, qui sort au château d'avant.
t TURQUE (tur-k'), s. f. Nom qu'on donne, dans quelques contrées, aux brebis âgées de plus d'un an, qui n'ont point encore porté.
t TURQUERIE (tur-ke-rie), s. (. Manière d'agir à la turque; âpreté, dureté. Il est Turc là-dessus, mais d'une turquerie à désespérer tout le monde, MOL. V Avare, ii, 6.
— f.TYM. Turc.
t TURQUESSE (tur-kè-s'j, s. (. Se dit quelquefois
pour femme turque.
t TURQUET (tur-kè), s. m. || 1" Maïs (voy. TtJR- QUiE). Il 2* Espèce de petit chien, qui a le nez camus et le poil ras. Non sans écureuils et turquets, Ni, je pense, sans perroquets, la font. Lett. à Mme de la Fontaine, b sept. 4 6U3.
— HlST. XVI' S. Si l'autre d'après avoit quelqus grand nez, celle qui la suivoit estoit camuze comme un turquet, d'aub. Fœn. iv, (3.
— ÊTYM. Turc.
TURQUETTE (tur-kè-f), i. f. Un des noms vulgaires de la herniaire glabre (paronychiées), dite encore herbe du Turc et petite herbe aux chan-
flJT
ores.
t TURQUIE (tur-kie), s. f. Blé de Turquie, nom donné improprement au maïs, qui est originaire non de la Turquie, mais du nouveau monde.
TURQUIN (tur-kin), adj. m. || 1" 11 n'est usité que dans cette expression : Bleu turquin, bleu foncé, peu éclatant et tirant sur l'ardoise. Ne peuton pas vous donner une commission ? c'est deux cents aunes de damas bleu qu'il me faudrait : m pâle, ni turquin, mais fort et beau, maintenon, Lettre à M. d'AuUgnc, t. i, p. tes, dans pougens. Le rouge, le vert et le bleu turquin occupant par trois grandes masses tout son plumage [d'une perruche], BUFF. Ois. t. XI, p. 402. IJFig. Les Turcs font SI grand cas d'une certaine fable, Que la pièce à leur gré tient presque du divin; Conte bleu cependant, et bleu d'un bleu turquin. Bizarrement pensé, heurtant le vraisemblable, sénecé, Serpent mangeur de ka'imac. || 2° Substantivement. Le turquin et les nuances plus hautes des bleus se peuvent encore aviver et augmenter, Instr. gén. teintures de laine, 48 mars 4074, art. 43. ||5. m. Sorte de marbre bleu.
— HlST. xvi* s. Et estoit le cordage de fil d'or de cypre, et de soie bleue turquine, m. du bell.
— ÉTYM. Ital. (urcWno, bleu (le marbre bleu turquin antique venant de Mauritanie, pays turc).
t TURQUOIS (tur-koî), s. m. Nom donné, en Normandie, à une espèce do moulins à vent, delisle, Agricult. norm. p. 54 7.
— ÊTYM. Ainsi dit parce que le moulin à vent vient d'Orient.
TURQUOISE (tur-koi-z'), s. f. || 1" Pierre précieuse qui est de couleur bleue et qui n'est point transparente. || Turquoises de la vieille roche, turquoises qui proviennent de la plus ancienne mine et qui sont les plus belles, d'un bleu pile; c'est de l'alumine hydratée et phosphatée cuprifère, et la pierre que Pline nomme cailaîte. On garde tout ce qui vient de la vieille roche pour le roi, qui les
revend après ou les troque, apris en avoir tiré le plus beau, CHARDIN, Voyages, t. m, p. 364. || 2* Turquoise osseuse, occidentale, odontolitbe, ou do nouvelle roche, ivoire fossile coloré en bleu, mais d'un bleu plus pâle, plus sale que celui des turquoises de la vieille roche. Le premier auteur qui ait donné quelques indices sur l'origine des turquoises est Guy de la Brosse, mon premier et plus dncien prédécesseur au Jardin du roi; il écrivait en 4 628, et, en parlant de la licorne minérale, il la nomme la mère des turquoises, buff. Min. t. VII, p. 4 99. Nous avons au Cabinet du roi une main bien conservée et qui parait être celle d'une femme, dont les os sont couverts en turquoise; cette main a été trouvée à Clamecy, en Nivernais, id. ib. p. 206. Les os et les dents fossiles, colorés par le phosphate de fer, deviennent des turquoises, de laborde, Émaux, p. 629. || 8" Tuiquoise minérale, cuivre hydraté sillcifère, pieir» opaque, couleur bleu de ciel, d'une dureté à rayer le verre, d'une pesanteur spécifique de 2,4B, dr LABORDE, Émaxtx, p. 630. Il 4* Sorte d'étoffe croisée qui se fabrique en Turquie. || 6* Espèce d'agaric. Il 6' Le turquoise, le bleu couleur de turquoise. Il y a des tons tels que le turquoise.... a. de beaumont, Rev. des Deux-Mondes, 4" nov. 4867, p. 447. || Il y a aussi le turquoise noir.
— ÉTYM. Turquois, qui était l'adjectif de turc ; provenç. et espagn. turgufsa; ital. turchese. Les turquoises ont été trouvées d'abord dans ce que Chardin nomme la Turquie ancienne et véritable. t TURUICULÉ, lîE (tu-rri-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Coquille turriculée, coquille univalve turbinée dont la spire est allongée, par opposition à coquille turbinée.
t TURUILiTE (tur-r^li-f), s. f. Nom sous lequel on désigne toute coquille turriculée fossile, à quelque genre qu'elle appartienne.
tTURRITE (tu-rri-f) ou TURRITIS (tu-rri-tis'), s. f. Genre de crucifères contenant plusieurs espèces, toutes placées dans le genre arabis.
t TUSCULANES (tu-sku-la-n'), s. f. plur. Ouvrages philosophiques de Cicéron, ainsi nommés de sa maison de campagne de Tusculum, où il les avait composés ; on en compte cinq.
tTUSSICULATION (tu-ssi-ku-la-sion), s. f. Terme de médecine. Petite toux sèche, continue ou fréquente, composée d'une seule ou d'un petit nombre de secousses , et non d'accès comme à l'ordinaire.
— ÉTYM. Dérivé du latin tussicula, petite toux.
TUSSILAGE (tu-si-la-j'), s. m. Genre de la famille des composées. || Le tussilage pas d'âne, tussilago farfara. /.., plante précoce, commune dans les sols argilo-calcaires, profonds et frais, dont les fleurs font partie des espèces pectorales connues sous le nom de quatre fleurs.
— ÉTYM. Lat. tussiiago.
t TUTAREL (tu-U-rèl), S. m. Voy. tête db