UNA
ib. 766. Une messe, unes matines, unes vespres bien sonnées sont à demy dictes, rab. Garg. i, 40. Et puis de nous ne reste qu'une fable. Un moins que vent, ombre, fumée et songe , st-gel. (92. Sa femme commença à devenir l'une des plus belles femmes qui fust en France, marg. Nouv. <5. Nos anciens ont cscript ung avec g en la fin, de peur qu'en escrivant un ne semblast estre le nombre VII ; toutes fois cela ne plaist à plusieurs, rob. estienne, Gramm. franc, p. 7. dans LACURNE. Faisoit paroistre à chacun Que des biens luy estoit tout un [que les biens lui étaient indifférents], DES ACCORDS, Bigarrures, p. (78, dans LACURNE. La mort est toujours une [la même], .MONT. I, 90. Attendant une el une autre commodité, ID. I, 97. S'estant parfaictement commis l'un à l'aultre, ils tenoient parfaictement les renés de l'inclination l'un de l'autre, id. i, 2U. Une relation infaillible des unes choses aux aultres, id. ii, 4. Après plusieurs propos tombans de l'un en l'autre, il leur demanda pourquoy ils refusoient tant l'amitié du roy, la eoétie, 38. L'un et l'autre disoient.... id. 39. Qu'un sans plus soit le maistre, et qu'un seul soit le roy, ce dit Ulysse en Homère, id. Servitude volontaire, ou le contre un. Tout lui estoit un [égal, indifTérenl], desper. Contes, XLVi. Les Grecs, qui ont soutenu, lors qu'ils ont esté d'un accord ensemble, la puissance des rois de .Perse, langue, 48. Comme entre les François il s'en trouve de bons et de mauvais, aussi parmi eux [étrangers] il y en a d'uns et d'autres, id. 85. N'est-ce pas comme rebailler une saignée à un qui a quasi tout perdu son sang? id. (93. L'un et l'autre ravit des femmes ; et ny l'un ny l'autre ne peut éviter le malhcurd'avoir querelle avecques les siens, amvot. Thés. 2. Ses fils estoient aussi en bon nombre; Pilheus en fut l'un, lequel.... id. ib. 3. Hannibal, cognoissant la faulte que ses guides avoient faille en prenant l'un pour l'autre [une chose pour une autre], les feit pendre, id. Fab. (5. Un Metellus, un Arislides et un Epaminondas avoient bien cette manière de faire, de ne vouloir point flatter la commune, id. Aie. et Cor. comp. 7. Hz estoient tous deux quasi d'un aage, id. Démétr. 5. Il en feit mourir de dix l'un sur lequel lumba le sort, ID. Anton. 49. Mais le prince de Condé n'estant pas à un [étant mal d'accord] avec son cousin, les effets de cette paix trainerent, d'aub. Ilist. II, 387. Je ne me coucheray point que je ne vous aye mis à ung [réconciliés], carl. ii, 7. Fort grands et puissants hommes, presque d'une taille, et tous blonds, ID, III, 29. Nos ennemis dient d'ung et font d'autre, Bibl. des chartes, 3» série, t. i, p. 505. Ces fièvres ont des exacerbalions, ou tous les jours, ou de deux l'un, ou de trois l'un, paré, XX, (5. Sa marque imite de la lune Les feux courbés, quand l'une et l'une De ses deux cornes se refont, RONS. 647. Ils sont reputoz uns et communs en biens meubles et conquests, s'il n'appert du contraire, Coust. gén. t i, p. 4(9.
— ËTYM. Génev. quel jour sommes-nous ? nous sommes le un ; Berry, t'eun, t'eune ; picard, ein ; bourg, ein, eun, et, devant une voyelle, êne; wallon, on, et onk quand aucun mot ne suit ; provcnç. uni, us, un, u, una; espagn. un, uno; port, um ; ital. uno; du lat. unus; anc. lat. otnus ; ombrien, ènom ; allem. ein ; golh. ains ; angl. one; sanscr, enas (le grec tU équivaut à £v; pour oev;, c'est un autre mol).
CNANIME (u-na-ni-m"), adj. || 1» Qui a même sentiment. Tous sont unanimes sur ce poinl. Il 2' Fig. Qui est d'un commun accord, en parlant des choses. Mais surtout qu'un concert unanime et parfait De nos vastes desseins assure en tout l'efiel, VOLT. Catilina, n, 6. Il semble que, quand il s'agit d'un parricide et de livrer un père de famille [Calas] au plus affreux supplice, le jugement devrait être unanime, parce que les preuves d'un crime si inouï devraient êlre d'une évidence sensible atout le monde, iD. Pol. et lég. Tolérance, Hist. mort Calas.
— HIST. X* S. Seiets [soyez] unanimes in dei servitio, Ftagm. de Valene. p. 469. jjxvi' s. Que puis qu'ils estoient ensemble, et leurs volontés conformes et unanimes [il s'agit de deux personnes] , il lui sembloit.... carl. m, 6. Qu'il esperoit si bien faire, avec l'aide de Dieu ei leur assistance unanime, que.... id. ix, 5.
— ÉTYM. Lat. unantmus, de unus, un, et onimus, âme, cœur.
UNANIMEMENT (u-na-ni-me-man), adv. D'une commune voix, d'un commun sentiment. Ils votèrent unanimement la proposition.
UNI
— lilST. XVI' S. Et tous unanimement louèrent Dieu, de ce que.... carl. iv, (O.
— ÉTYM. Unanime, et le suffixe ment.
UNANIMITÉ (u-na-ni-mi-té), s. f. Conformité de
sentiment, d'opinion, de suffrage. Quand nous parlons des saints Pères, nous parlons de leur consentement et de leur unanimité, boss. f'avert. 37. Entre l'unanimité et l'égalité [des voixj, il y a piasieurs partages inégaux, j. j. rouss. Contr. soc. IV, 2. L'unanimité de l'Europe naissant de cette juste crainte [du retour de Napoléon], et la plus grande chance de succès possible naissant de cette unanimité.... villemain, Souven. contemp. les Cent-Jours, viii. || Fig. L'unanimité des sensations est une preuve de la destination générale des sons pour exciter dans l'âme les effets qu'ils y produisent, SENNEDIEU, Ess. art d'observ. t. i, p. (S(.
— HIST. XIV s. Unanimité ou concorde, oresme, Thèse de meunier. || xvi' s. Ainsi en mariage doit avoir une égalité parfaite et unanimité la plus entière qu'on puisse trouver, tver, p. 570.
— ÉTYM. Provenç. unanimitat; espagn. unontmidad; ital. unanimità; du lat. unanimitatem, de unonimus, unanime.
UNAC (u-n6), s. m. Quadrupède du genre des paresseux ; il se meut avec une extrême lenteur, et n'a que deux ongles aux pattes de devant.
— ÉTYM. Nom indigène se trouvant dans une Relation de la mission des pères capucins à l'île de Maranbâo, voisine do Rio Janeiro.
UNCLALE (on-si-a-1'), adj. f. Voy. onciale.
t UNCIF0R5IE (on-si-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un crochet. || Os unciforme, quatrième de la seconde rangée du carpe.
— ÉTYM. Lat. uncus, crochet, et forme.
t UN'CI.NÊ, ÉE (on-si-nc, née), adj. Terme didactique. Qui se termine en crochet ou par des crochets.
— ETYM. Lat. uncinatus, de unctnus, dimin. de uncus, crochet; grec, ôyxo;.
t IINCIROSTRE (on-si-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Qui a le bec crochu (voy. oncirostres).
t UNDA-MAKIS (on-da-ma-ris'), s. m. Registre particulier de l'orgue.
— ÉTYM. Lat. unda, onde, et morts, mer.
t CNDÉCIMO (on-dé-si-mo), adv. Onzièmement. Il s'emploie pour désigner le onzième article d'une série ((("), quand on a commencé à compter par primo, secundo, tertio, etc. On dit ensuite duodecimo, decimo tertio, etc.
— ÉTYM. Lat. undccimo loco, en onzième lieu, de undectm (voy. onze).
f UNDINE (on-(li-n'), s. f. Planète télescopique découverte en (860 par M. Peters
t DNGCÉAL, ALE (on-giié-al, a-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux ongles. || Phalanges unguéales, les dernières phalanges des doigts et des orteils, celles qui portent les ongles. || Matrice unguéale, nom donné communément au sillon ou sinus cutané dans lequel son; implantées l'extrémité postérieure de l'ongle et une partie de ses bords latéraux.
— f.TYM. Lat. unguis, ongle.
t UNGCIFÈRE (on-gui-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui porle l'ongle.
— ÉTYM. Lat. unguis, ongle, et ferre, porter, t DXGUINECX, EL'SE (on-gui-neû, neû-/.'), adj.
Terme d'anatomie. Onctueux. Capsules unguineuses, les bourses synoviales.
— f.TYM. Lat. ungut'jiosus, de unguen, corps gras. UNGUIS (on-guis'), s. m. || 1° Terme d'anatomie.
Petit os, comparé à un ongle à cause de sa forme, placé à la partie antérieure et interne de l'orbite, et concourant à la formation de la gouttière lacrymale et du canal nasal. (| On dit aussi : l'os unguis. Il î° En pathologis, se dit quelquefois pour ptéry- j gion.
— f.TYM. Lat. unguts, ongle (voy. ce mot).
(. UM, lE (u-ni, nie), jiart. passé de unir. ||1» Joint à. Deux tuyaux unis bout à bout. Le mystère de l'Évangile, c'est l'infirmité et la fore» ; unies, la grandeur et la bassesse assemblées, BOSS. ' Sermons, Église, Préambule. L'âme unie à un corps, ID. Conn. IV, (. J'entends déj<î frémir les deux mers étonnées De voir leurs flots unis au pied des Pyrénées, BOIL. Ép. I. On croit qu'autrefois l'île de Ccylan était unie au continent, et on faisait partie, BUFF. Hist. nat. Pr. théor. terr. t. vi, p. 430. || Terme de manège. Galop uni, galop dans lequel ,1a jambe de derrière suit exactement celle de de- Vanl qui entame. Il Ce cheval est uni, il galope régulièrcmcnl. || Provinces-Unies, l'ancienne république do Hollande, jj Etats-Unis, grande république
UNI
UNI
UNI
dans l'Amérique septentrionale. || 1* Coalisé. Que l'Orient contre elle [Rome] à l'Occident s'allie; Que cent peuples unis des bouts de l'univers Passent pour la détruire et les monts et les mers, corn. Hor. IV, 6. Il 3* Où rî-gne l'union, la concorde. Toute puissance est faillie, i moins que d'être unie, la FONT. Fabl. IV, (». La France a vu de nos jours doux reines plus unies encore par la piété que par le sang.... Boss. Mar.-Thér. On vil ces deux grands hommes (Condé et Turenne] unis plus par le concours des mêmes pensées que par les ordres que l'inférieur recevait de l'autre, ID. Louis de Bourbon. [L'amour conjugal] lien sacré de deux cœurs unis, id. 4* avert. 2. Les méchants ont bien de la peine à demeurer unis, fén. Tél. xiii. || 4° Sans inégalités. Nous trouvâmes enfin une cAte douce et unie, où, nageant sans peine, nous abordâmes sur la sable, fén. Tél. vi. Toute la mer devint unie comme une glace, id. ib. xxiv. Le lieu où il campait était une campagne rase et unie, rollin, llist. anc. Œuv. t. IX, p. (20, dans pouoens. Une pommade du Pérou, qui rend le teint uni comme un miroir, dan- COURT, l'Opéiaieiir Barry, Prol. se. i. La Barbade est assez généralement unie, et, à l'exception d'un très-petit nombre de ravins, partout susceptible de culture, ratwal, Hùt.phil. xiv, 9. || Toile unie, toile sans nœuds, sans aspérités, également serrée partout. Il Fil uni, fil qui est filé également. IjB' Dans la peinture sur verre, couleurs unies, celles qui ne sont pas ombrées. || Substantivement, le mal uni dans la teinture, défaut d'une teinte qui n'est pas uniforme. La grande cause du mal uni dans cette couleur [le violet].... ciuptai., Instit. Mém. sciene. t. m, p. toi. ||6" Qui n'a aucun ornement. Venir en visite amoureuse avec une jambe toute unie [sans rubans], un chapeau désarmé de plumes, mol. Préc. 5. Les habits sont de laine fine et de belles couleurs, mais tout unis et sans broderie, fsn. Tél. v. De beaux bras sous du linge uni ; on les en remarque mieux là-dessous, cela les rend plus sensibles, mariv. Pays, parv. •■)• part. Pourquoi n'avez-vous qu'une montre d'or unie, avec un petit cordon de soie? oenlis, Veill. du chdt. t. i, p. 207. || Étoffe unie, étoffe qui n'est ni brochée, ni ouvragée, et dont le tissu est égal et sans relief. |] Substantivement, l'uni, tissu qui n'est ni broché, ni ouvré, ni damassé. Le linge damassé fait plus d'usage que l'uni. || Fig. Un style uni, un chant uni, style, chant simple et sans ornements. 11 faisait la plupart des romances de Sé-
ville et ne les chantait pas toutes unies, scarr.
Bom. corn, n, )9. j] 7" Fig. Sans prétention et «ans façon. J'aime les gens simples et unis; mais «n vérité celui-là l'est trop, mabiv. le Li-gs, iu. Je ne leur avais vu que des manières simples, et non pas grossières; leurs discours étaient unis et sentes, iD. Jfiirt'onTie, <" partie. Je ne sais quoi d'affecté qui rebute les gens unis, j. J. rouss. Ém. iv. Il Un homme tout uni, un homme simple et sans façon, ou qui a un extérieur modeste. Dangeau était un gentilhomme de Beaucc, tout uni, et huguenot dans sa première jeunesse, st-sim. 39, 195. C'est un prêtre de cinquante-cinq à soixante ans, tout uni, affable et débonnaire, lesage, Esl. Gon3. 9. M. d'Autichamp est vraiment aimable, tout uni et fort à la main, p. L. cour. Lett. ii, lus. || Familièrement. Uni comme bonjour. Mme Devis, qui, n'étant point une femme fière, est, comme on dit, unie comme bonjour, letolrneur, Trad. de Clar. Harlowe, t. vi, p. <80. || 8° Uniforme, sans variété, de tous les jours. Une conduite unie. Vous vous moquez I la tranquillité en amour est un calme désagréable; un bonheur tout uni nous devient ennuyeux, mol. Scapin, m, i. L'homme est né pour penser.... mais les pensées pures, qui le rendraient heureux s'il pouvait toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent, c'est une vie unie à laquelle il ne peut s'accommoder, pasc. Pass. de l'amour. J'ai beau frapper du pied, rien ne sort qu'une vie triste et unie, tanliH à ce triste faubourg, tantôt avec les sages veuves, sÉv. 8 mai (680. Presque toutes ses actions, jus(iu'à celles de sa vie privée et unie, ont été bien loin au delà du vraisemblable, volt. Charles XII, s. Il 9* .Sans trouble. N'est-ce pas une chose étrange, que vous ne puissiez trouver île milieu entre m'offenser outrageusement, ou m'aimer plus que votre vie?.... je suis si unie, si tranquille et si reposée, que vos bouillonnements no vous profitent pas comme ils feraient ailleurs, sÉv. À llu.'isy, 4 juin (6«9 Cette amitié [entre Mme de Grignan et Lagarde] n'était point faite pour dire : • Je l'aime, je ne t'aime plus; • cela devait être tout uni, tout
solide, ID. 4 3 oct. «esc. Ces personnes, nées avec un caractère tranquille et uni, hass. Mystères, Visitation. |1 10* Ordinaire, qui n'a rien de remarquable. On lui a ôlé [à Lauzun] le romanesque et le merveilleux de son aventure [d'Angleterre].... elle est devenue quasi tout unie, sÉv. (4 janv. I6M9. J'.Ti dans la tête que le nôtre [notre cardinal de Retz] fera [au conclave] quelque chose d'extraordinaire à quoi l'on ne s'attend pas.... enfin il me semble que cela ne sera point tout uni, id. <9 août 1078. Il 11' Adverb. Uniment, également. 11 faut filer cette laine bien uni. Voilà des planches qui sont rabotées bien uni. || 12* X l'uni, loe. adv. De niveau (locution qui vieillit).
t 2. UNI (u-ni) ou UGNI (u-gni), i. m. Cépage blanc particulier à la Provence.
t UNIANNDL.MRE (u-ni-a-nnu-lê-r'J, adj. Qui n'offre qu'un seul anneau. || Terme de minéralogie. Se dit d'une variété en prisme hexaèdre régulier, modifiée par six facettes disposées en anneau autour de chaque base, et qui résulte d'un décroissement par une seule rangée.
t CNIARTICULÉ, ÉE (u-ni-ar-ti-ku-lé, lée), adj. Oui n'a qu'une seule articulation.
t UNICAPSL'LAIRE {u-ni-ka-psu-lê-r'), adj. Terme de botanique. Dont le fruit consiste en une seule capsule.
t U.MCAULE (u-ni-kô-1'), adj. Terme de botanique. Oui n'a qu'une seule tige.
— Etvm. Un, et lat. caulis, tige.
t UNICELLCLAIRE (u-ni-sèl-lu-lê-r'), adj. Qui est formé d'une seule cellule. || Se dit des animaux et des végétaux dont l'organisation offre un tel degré de simplicité, qu'ils ne sont représentés ou constitués que par un seul élément anatoraique analogue à ceux qui appartiennent au groupe des cellules. Il La théorie unicellulaire des infusoires, théorie qui considère les infusoires comme une cellule, et réduit à la division seule tous leurs phénomènes de reproduction.
t UMCELLCLARITÉ (u-ni-sèl-lu-la-ri-té), s. f. Hypothèse, aujourd'hui écartée, qui considère les infusoires comme constitués par une membrane enveloppante avec un contenu contractile.
t UNICUROÏSME (u-ni-kro-i-sm'), s. m. Terme de minéralogie. Propriété de certains minéraux de donner toujours la même couleur, quel que soit le sens dans lequel les rayons lumineux les traversent.
— Rtym. Un, et xpù:, couleur.
t CNIClinOÏTE (u-ni-kro-i-f), adj. Terme didactique. Oui offre l'unichroîsme.
t CNICISME (u-ni-si-sm'), s. m. Terme de médecine. Doctrine de l'unicisme, celle dans laquelle on admet que tous les accidents jusqu'à présent décrits comme syphilitiques sont causés par l'inoculation d'un virus unique.
t UMCITP. (u-ni-si-lé), s. f. Qualité de ce qui est unique. L'unicité du foyeroptique que forme le cristallin. L'unicité de l'exemple, st-sim. 231, 204. Unicité qui exclut la pluralité, duclos, Œuv. t. ix, p. 92.
— ETVM. Unique.
t CNICOLORE{u-ni-ko-lo-r'), adj. Qui est d'une seule couleur. L'abeille unicolore. |{ Fig. Qui est d'une seule couleur politique.
— ÊTYM. Lat. unicolorus, de unui, un, et eolor, couleur.
t UNICOR.NE (u-ni-kor-n*), s. m. \\ l' Animal fabuleux qui n'avait qu'une corne. || i' Espèce de rhinocéros. || 3° Narval.
— Hisr. xiii* s. Unicorne est une fiere beste, auques reseinblable à cheval de son cors, mais il a piez d'olifant et coe de cerf.... et enmi sa teste est une corne qui a bien quatre piez de lonc ; mais ele est si fors et si ague que il perce legierement quanque il ataint, brun, latini, Trésor, p. 252.
— ÊTYM. Lat. unieornis, de unus, un, et cornu, corne.
t UNICOTVLÉDONÉ, ÉE (u-ni-ko-ti-lé-do-né , née), alj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un seul cotylédon.
\ UNICUSPIOÊ, ÉE (u-ni-ku-spi-dé, dée) , adj. Terme didactique. Qui n'a qu'une seule pointe. Les dents canines sont dites unicuspidées, par opposition aux petites molaires qui sont bicuspidécs, et aux grosses qui sont muUicuspidées.
— f.TYM. Un, et lat. cuspis, pointe.
t UNIDENTÈ, EK (u-ni-dan-té, tée), adj. Qui n'a qu'une seule dent.
UNIÈ.ME (u-nic-m'), adj. Nombre ordinal de un. 11 ne s'emploie qu'avec les nombres vingt, trente, etc. Le cinquante et unième.
UNIÈMEMENT (u-niè-mc-man], adv. U ne s'em-
ploie, comme unième, qu'avec les nombres vingt,
trente, etc. Vingt et unièmement.
t ONIFICATION (u-ni-fi-ka-sion), t. f. Action d'unir, de s'unir, de faire un tout avec un autre
être.
t UNIFIER (u-ni-fi-é), j'unifiais, nous unifiions, vous unifiiez; que j'unifie, que nous unifiions, que vous unifiiez, v. a. Faire un tout de plusieurs choses.
— HIST. iiv* s. Unificare, unifier, faire un, unir. nu CAN&E, unificare. || xvi' s. Le monde spirituel s'unifie avec le monde corporel, moyennant l'amour, DU verdiek, lliblioth. p. 283. dans LACuan.
— ETYM. Un, et lat. facere, faire.
UNIFLORE (u-ni-fio-r'), adj. Terme do botanique. Qui ne porte qu'une seule fieur, ou dont le» fieurs sont solitaires. Cette espèce, très-commune dans les Hautes-Pyrénées.... devient plurifiore.... ici elle est simple, unifiore.... ramond, ynsd't. Ififm. sciene. («23, t. vi, p. 153.
— Étym. Un, et lat. flos, fleur.
t UNIFOLIfi, ÉE (u-ni-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Oui n'a qu'une seule feuille. |1 Se dit des feuilles compo.sées dont le pétiole ne porte qu'une seule foliole; ex. : l'oranger.
— ETYM. Un, et lat. folium, feuille.
UNIFORME (u-ni-for-m'), adj. \\ l' Qui a la même
forme, où l'on n'aperçoit aucune variété, dont toutes les parties se ressemblent entre elle». Une plaine uniforme. Nous devons à ses dignités [de M. le Tellier] ce caractère singulier d'une vie . simple dans la sagesse.... uniforme dans ses conditions différentes, flécii. le Tellier. Ceux qui décrivent les guerres des nations n'cxposent-ils pas à nos yeux une suite uniforme de scènes meurtrières? BARTHÉL. Ànach. ch. 22. || Style uniforme, style dont les détails, le ton, le mouvement manquent de variété. Un stylo trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, boil. Art. p. i. || Terme de mécanique. Le mouvement d'un point est uniforme, lorsque ce point parcourt, su." sa trajectoire, des espaces égaux dans des temps égaux, quels que soient ces temps. || Terme de minéralogie. Structure uniforme, structure feuilletée d'une roche, lorsque les feuillets sont tous de même nature. || Terme de botanique. Calathide uniforme, celle dans laquelle les fleurs sont toutes de la même forme. |1 i- Égal, semblable, en parlant de choses que l'on compare. Il est d'ailleurs consiîrt par le témoignage uniforme de ce grand historien (Hérodote] et de Xénophon.... noss. Wisl. i, 7. Ce jugement et cette approbation uniforme de tant d'esprits, si discordants d'ailleurs.... boil. Longin, Subi. v. Avant que d'avoir pris les uniformes préjugés du monde, nous avons des manières uniformes de sentir et de voir, J. I. ROUss. Ilél. I, t. Il 3" Habit uniforme, habit fait suivant le modèle prescrit à un corps militaire, à une pension, à un collège. Le jeu de cette comédie fut visible en ce que l'habit uniforme de capitaine de gendarmerie se trouva tout fait pour M. le Dauphin, st-sim. 403, 203. Il est étrange qu'avant Louis XIV on ne connût Ipas le» habits uniformes dans les troupes, volt. Louis IIV, 29. Olympe quitta sa robe à l'anglaise et son chapeau, pour prendre l'habit uniforme de la maison, cenlis, Teill. du chdt. t. 11, p. 408. Il On dit plutôt aujourd'hui : habit d'uniforme. Il S. m. L'uniforme, habit d'une couleur et d'une forme particulières, par lequel sont distingués tous les hommes appartenant à un même corps et à un même grade dans ce corps. Par une ordonnance de 47)7 les officiers mêmes sont obligés de porter constamment l'uniforme pendant qu'il» sont au corps, soit en marche, soit dans les garnisons. Le 10, il [le czar Pierre 1"] vit la revue de la maison du roi; la magnificence des uniforme» parut lui déplaire, duclos, Œuv. t. v, p. 300. Il Fig. Comment donc, lui dit le diable, vous frémissez? ces ombres [de morts] vous font-elles peur? que leur habillement ne vous épouvante point.... c'est l'uniforme des mânes, lesage. Diable boit, n, ). Cette espèce (le merle de Madagascar], qui appartient à l'ancien continent, ns s'écarte pas absolument de Tuniforme de nos merles, BLFF. Oii. t. vi, p. ) 00. || Absolument, l'uniforme, l'habit militaire en général. Porter l'uniforme. Endosser l'uniforme. |1 Fig. Quitter l'uniforme, se retirer du service militaire. || Se dit aussi du costume attribué aux différents ordres de fonctionnaires publics, de l'habit des collégiens, etc.
— HlsT. xiv s. Mouvement uniforme, oaasuE, Thite de meunier.
UNI
UNI
UNI
— ETYM. Lat. uniformis, de u»ui, un, et forma, forme.
CMFORMitMENT (u-ni-for-mé-man), adv. D'une manière uniforme. Tous les habitants de ce village sont vêtus uniformément, genlis, Veill. du chdt. t. ii, p. 378. Il Terme de mécanique. Le mouvement uniformément varié est celui dans lequel la vitesse varie proportionnellement au temps ; uniformément accéléré, si la vitesse va en augmentant; uniformément retardé, si elle va en diminuant.
— REM. Richelet écrit uniformément, sans accent.
— ÉTYM. Uniforme, et le suffiie ment.
t nMFORMISATIO.V (u-ni-for-mi-za-sion), s. f. Néologisme. Action d'uniformiser, de rendre uniforme. Cette grande et énergique uniformisation de la dette publique, thiers, IHst. de larév. française, Convent. nat. xii. S'il est un fait qui ressorte des expositions universelles avec une évidence incontestable, c'est l'uniformisation rapide des procédés et des produits industriels chez les diverses nations de l'Europe et de l'Amérique du Nord, ALBY, Rev. des Oeux-Mondes, <5 oot. <809, p. 9(8.
t UNIFORMISER (u-ni-for-mi-zé), ». o Rendre uniforme. C'est de cette manière que l» conseil peut uniformiser le droit français, l'abbé de st- PIEHRE, dans DESFONTAiNES. 11 faut uniformiser et républicaniscr la dette, dit Cambon, thiers, Hist. de la rév. franc. Conv. nat. xii.
UNIFORMITÉ (u-ni-lor-mi-té), s. f. Ressemblance de» parties d'une chose ou de plusieurs choses entre elles. Jamais la vie de la cour, toujours inégale, parce qu'elle est oiseuse, ne dérangea la respectable uniformité de sa conduite, mass. Or. /un. Louis XI V. Faire passer aux âges suivants ce qui nous reste de grand et d'honorable des anciennes cours, et sauver l'uniformité à une nation que la lassitude seule des changements pourra fixer un jour, ID. Or. fun. Madame. Donnez le même esprit aux hommes. Vous ôtez tout le sel à la société; L'ennui naquit un jour de l'uniformité, LAMOTTE, Fabl. IV, 1 5. 11 est souvent arrivé que la variété que l'on a oherché à mettre par le moyen des contrastes est devenue une symétrie et une vicieuse uniformité, montesq. Goût, contrastes. D'où peut venir cette uniformité dans tous les ouvrages des animaux? pourquoi chaque espèce ne fait-elle jamais que la même chose de la même façon? BUFF. llist. anim. xi. Si l'uniformité d'une vie égale paraît d'abord ennuyeuse , en y regardant mieux on trouve au contraire que la plus douce habitude de l'âme consiste dans une modération de jouissance qui laisse peu de prise au désir et au dégoût, i. J. rouss. Ém. iv. Cette douce uniformité qui tranquillise la vue, :>ider. Peint, en cire, Œuv. t. xv, p. 38), dans pougens.
— Hisr. XIV* s. Uniformité de mouvement, ORESHE, Thèse de meunier. || xvi" s. Il y eut bonne uniformité en ceci que les deux chefs [contraires] estoyent touchez d'un pareil désir de venir aux mains, langue, g48.
— ETYM. Lat. uniformitatem, de uniformis, uniforme.
t UNIGENITCS (u-ni-jé-ni-tus'). La bulle Unigenitus, bulle du pape Clément XI, 47M, qui commence par ces mots : Vnigenitus Dei Filius, et qui condamne cent une propositions tirées du livre de Quesnel, intitulé : le Nouveau Testament traduit en français avec des réflexions morales.
t CNUCGUÉ, ÉË (u-niju-ghé, ghée) , adj.
Terme didactique. Qui ne forme ou n'offre qu'un seul couple. Il Feuilles unijuguces, feuilles composées, dont le pétiole ne porte qu'une seule paire de folioles placée à son sommet.
— ÉTYM. Lat. unus, un, et jugum, couple.
t UNILABIÉ, ÉE (u-ni-la-bi-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'une seule lèvre. La corolle de la bugle est unilabiée.
tUNIL^VTÉRAL, ALE (u-ni-la-té-ral , ra-r),od;. Il 1* Terme d'histoire naturelle. Qui est disposé ou qui se porte d'un seul cAté. Les fleurs dans quelques borraginées sont unilatérales. || 2° Terme de jurisprudence. Contrats unilatéraux, ceux où une ou plusieurs personnes sont obligées envers une ou plusieurs autres, sans qu'il y ait cnjragement •delà part de ces dernières; il s'oppose à bilatéral. Il [le contrat] est unilatéral, lorsqu'une ou plusieurs personnes sont obligées envers une ou plusieurs autres, sans que de la part de ces dernières il y ait engagement, Code civ. art. no3.
— ETYJI. Un, et latéral.
t UNILATÉRALEMENT (uni-la-té-ra-le-man), êdv. D'une manière unilatérale.
t CNII.LNGUE (u-ni-lin-gh'), adj. Oui est en une
seule langue. Textes unilingues. Inscriptions unilingues.
— ETYM. Lat. unus, un, et lingua, langue.
t UNII.OBÉ, ÉE (u-ni-lo-bé, bée), adj. Terme didactique. Oui n'a qu'un seul lobe. Anthère unilobcc.
t DNILOCULAIRE (u-ni-lo-ku-lê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui n'a qu'une seule loge ou cavité; dont la cavité intérieure n'est divisée par aucune cloison complète. Péricarpe uniloculaire. De petites capsules arrondies, uniloculaires, des- FONTAiNEs, Instit. Hém. scienc. t. i, p. 499.
— ETYM. Lat. unus, un, et Jocuîuî, loge.
,t CNILOCULARITÉ (u-ni-lo-ku-la-ri-té) , s. f État d'un corps uniloculaire.
UNIMENT (u-ni-man), adxi.\\i° Également, et toujours do même sorte. Un fil filé uniment. Il 2" Simplement, sans façon. Parler tout uniment. Crois-moi, renonce à la cagoterie. Mène uniment une plus noble vie, volt. Satires, Hypocr.
— HIST. xiii* S. Car Diex en lor commencement Les ame [les aime] tous onniement. Et donne raisonnables âmes Ausinc as hommes cum as famés, la Rose, <98<2. || xv s. Les archers d'Angleterre traioient si ouniementet si espaissement, que à peine se osoient ceux qui defendoient montrer aux guérites, froiss. i, i, <99. || xvi" s. Uniement [sans agitation, en parlant de l'eau], amyot, Cam. B. Nos âmes ont charié si uniement ensemble.... mont, i, 2U.
— ÉTYM. Unie, et le suffixe ment.
tUNIMIXTE(u-ni-mik-st'),odj. Terme deminéra-
logie. Se dit d'un cristal produit en vertu de deux décroissements, l'un par une rangée, l'autre mixte.
— ÉTYM. Un, et mixte.
t UNINERVE (u-ni-nèr-v'), adj. Terme de botanique. Qui ne présente qu'une seule nervure.
— ÉTYM. Vn, et nerf on nervure.
UNION (u-ni-on), s. f. || 1° Réunion de deux ou plusieurs choses en une seule. L'union de lieux domaines. L'union de deux charges. Us [les hommes qui ne philosophent pas] considèrent l'un et l'autre [le corps et l'âme] comme une seule chose, c'est-à-dire ils conçoivent leur union; car concevoir l'union qui est entre deux choses, c'est les concevoir comme une seule, desc. Lett. d la princ. palatine, 30* du t. i" de l'éd. de ^^i*. Et [je] n'ose m'assurer que nos amis jaloux Consentent l'union de deux trônes en nous, corn. Sophon. ii, 2. Il Anciennement, lettres d'union, lettres du roi qui unissaient une charge à une autre, une terre à une autre. |1 Bulles d'union, bulles du pape qui réunissent un bénéfice à un autre. || 2° Terme de théologie. Union hypostatique , l'union du Verbe divin avec la nature humaine en une seule personne. Il 3° D'une façon plus générale, jonction de deux ou plusieurs choses. L'union de certains mots, de certains termes. Et, par une juste union. Joignons le malheureux Sosie Au malheureux Amphitryon, mol. Amph. ni, 7. Il y en a [qualités des choses] qui ont une union étroite avec les objets de notre satisfaction, pasc. An de persuader, édit. FAUGÊRE. Il [Aratusj était persuadé qu'il en est des villes faibles par elles-mêmes, comme des parties du corps qui ne se nourrissent et ne vivent que par l'union qu'elles ont entre elles, roll. Hist. anc.Œuv. t. vu, p. 6)0, dans pougens. Toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels, montesq. Esp. XX, 2. C'est une belle union que celle de l'innocence et de la valeur, stael, Corinne, v, ). Il Faire union, faire acte d'adhésion. Ils ont toujours refusé de faire union avec les vaudois, boss. Var. XI. H Terme des mystiques. Union essentielle avec Jésus-Christ, celle où l'on est uni à l'essence de la divinité ; union personnelle, celle où l'on est uni à la personne du Fils de Dieu, boss. États d'oraison, II, 2. Il Terme de grammaire. Trait d'union, voy. TRAIT t, n* 4 5. Il <• Absolument. Mariage. Union bien assortie, mal assortie. En venir de but en blanc à l'union conjugale, mol. Préc. v. Si Dieu rompait [par la mort] l'union qu'il a mise entre ma femme et moi, ca. de sév. dans sÉv. t. x, p. 4)3, éd. REGNIER. Il 5 " Accouplement , en parlant des animaux. L'union des animaux d'espèces différentes, par laquelle seule on peut reconnaître leur parenté, n'a pas été assez tentée, buff. Quadrup. t. viii, p. 64. Il 6° Fig. Concorde, bonne intelligence, liaison. M. le premier président [HarlayJ et M. de Lamoignon ne sont pas dans une parfaite union, tiuoique beauxfrères , SÉV. mars 4e9u. Ils vivaient entre eux en grande union, boss. Hist. ii, B. Si l'union de ces deux grands rois [Louis XIV et Charles II] ne perd rien de sa fermeté, id. Duch. d'Orl. L'union intime de notre Scipion avec Polybe acheva de per- '
fectionner en lui les rares qualités qu'un heureux naturel et une excellente éducation y faisaient déjà admirer, rolun, Hist. anc. Œuv. 1. 1, p. bo7, dans POUGENS. Caton répondant à ceux qui disaient que les différents survenus entre Pompée et César avaient ruiné la république : Non, dit-il, mais leur union iD. Traité des Et. m, 2. L'union règne dans ma famille; et je ne chang;erais pas ma condition pour celle de tous les rois du monde, montesq. Lett. pers. 67. Si l'on y [dans les états despotiques] voit de l'union, ce ne sont pas des citoyens qui sont unis, mais des corps morts ensevelis les uns auprès des autres, id. Rom. ix. S'il faut détester les cabales, il faut respecter l'union des véritables gens de lettres ; c'est l'unique moyen de leur donner la considération qui leur est nécessaire , volt. Lett. Marmontel, 29 sept. )772. || Esprit d'union, esprit de concorde et de paix. || 7° Terme de procédure. Contrat d'union, arrangement par lequel les créanciers d'un failli, renonçant à faire des poursuites séparées, s'unissent pour agir de concert. Il 8" Traité par lequel plusieurs puissances s'unissent, se confédèrent. La ville impériale de Bâle, Schaffouse, Appenzel entrent dans l'union suisse, laquelle est composée de treize cantons, volt. Ann. Emp. Maximilien, )B00.|| Union douanière, association pour la suppression des douanes entre les différentes parties de l'Allemagne (Zollverein). Il Sainte union ou sainte ligue, alliance conclue contre Louis XII entre le pape, Ferdinand le Catholique et Venise. || La sainte union s'est dit aussi de la Ligue, || Union républicaine, insurrection des sections contre la Convention en )793. || 9° Absolument l'Union, les États-Unis de l'Amérique (on met une majuscule). Président de l'Union. || 10° Unions ouvrières, associations d'ouvriers qui forment un fonds commun pour se soutenir dans les chômages et dans les grèves. || 11" Terme de peinture. Union de couleurs, l'accord qui résulte de la dégradation et du jeu des tons contigus. Il 12° Terme de manège. Ensemble d'un cheval.
— HIST. xui* s. C'est Dex.... Ki devisa, tout sans doutanche , En trois personnes sa sustanche ; Ne pour ceste devision Ne perdi pas Dex s'union, GUI DE cambrai, Barl. et Jos. p. 4). || xiv« s. Grant unité ou union, oresme, Thèse de meunier. || xv' s. X grand peine se faisoient les chemins pour remplir les vallées et mettre à union, pour le charroy passer à leur aise , froiss. liv. m, p. 327, dans LACURNE. Comment pourroit princes bien gouverner, Ne grand peuple tenir en union, E. desch. Des vertus nécessaires au prince. || xvr s. Union et concorde, amïot, Solon, )9. Toute solution de continuité requiert union, paré, Introd. 22.
— ETYM. Provenc. unio; espagn. union ,- ital. unto7i« ; du lat. union«m (voy. unir).
t UNIONISTE (u-ni-o-ni-sf), s. m. (| 1° Nom donné aux ouvriers qui font partie des unions ouvrières. Il 2° S'est dit, pendant la guerre de sécession en Amérique, par opposition à séparatiste. || 8° Nom, en Espagne, d'un parti formé par l'union des conservateurs.
t UNIPARE (u-ni-pa-r') , adj. Terme de physiologie. Se dit des femelles qui, normalement, ne font qu'un petit à chaque portée; exemple : la vache, la jument, l'ânesse.
— ÉTYM. Un, et lat. parère, enfanter.
tUNIPERSONNEL, ELLE(u-ni-pèr-so-nèl, nè-l'),
adj. Terme de grammaire. Se dit des verbes qui n'ont qu'une personne et qu'on nomme ordinairement impersonnels. Les grammairiens modernes préfèrent unipersonnel pour désigner les verbes qui s'emploient seulement à la troisième personne du singulier et avec le pronom il, sans rapport à aucun nom précédent.
— ÉTYM. Un, et personrie.
t DNIPERSONNELLËMENT (u-ni-pèr-so-nè-l«man), adv k la manière d'un verbe unipersonnel.
t UNIPÊTALE (u-ni-pé-ta-1'), ou D.MPÊTALÉ, ÉE, (u-ni-pé-ta-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un seul pétale. Corolle unipéiale.
f UNIPOLAIRE (u-ni-po-lè-r'), adj. Terme de physique. Qui n'a qu'un seul pôle. || Se dit des fils d'une pile qui ne conduisent qu'une seule électricité, parce qu'ils proviennent de chacune des eitrémités ou pôles de la pile.
t UNIPOLARITÉ (u-ni-po-la-ri-té), *. f. Terme de physique. État d'un corps unipolaire.
t CNIPONCTUÉ, ÉE (u-ni-pon-ktu-é, ée), adj. Qui n'est marqué que d'un seul point coloré.
UNIQUE (u-ni-k'), odj. Il 1* Qui est^un, dont il n'y a pas d'autre. Votre portrait vous fait tort. Incomparable Angélique, Il vous ressemble si for*
UNI
Oue TOUS n'êtes plus unique, gombal'lt, Épig. liv. II, dans kichelet. Non ! un frèro incommode, et n'est pas de mon goût ; Et je veux être fils unique, mol. Àmph. m, 7. Sur ce que la religion chrétienne n'est pas unique , pasc. Pens. xxiv, «8, éd HAVET. Adieu , ma chfcre enfant, l'unique passion de mon cœur, le plaisir et la douleur de ma ■»ie, sÉv. <5. Je trouve des métayers.... qui me doivent toutes ces sommes, et qui n'ont pas un unique sou pour les payer, ID. is juin 468». Comme la matière que je traite [la révolution anglaise] me fournit un exemple, manifeste et unique dans tous les si&cles, de ces extrémités furieuses, Boss. Reine d'Anglet. [Joas à Josabeth, qui lui a servi de mëre] ô mon unique mère I «AC. Athal. IV, 4. Je ne sais s'il est permis de juger les hommes par une faute qui est unique, et si un besoin extrême, et une violente passion, ou un premier mouvement tirent à conséquence, lA BRUT. xn. Il Terme de l'Écriture. L'unique nécessaire, l'affaire du salut. || Terme d'alchimie. Unique parfait, le mercure des philosophes. || Terme de numismatique. Médailles uniques, médailles qui ne se trouvent pas même dans les cabinets les plus riches et qu'on ne rencontre que par hasard. || 1' On dit de certaines charges, qu'elles sont uniques, pour exprimer que ceux qui en sont revêtus n'ont point de collègue. || Par extension, route unique, route où l'on n'a point de rival. On ne va plus à la postérité que par des routes uniques ; le grand chemin est trop battu, et on s'y étouffe, volt. Lett. Richelieu, *3 juin 4708. Il 3° Fig. Oui est infiniment supérieur aux autres, auquel nul ne peut être comparé. Ces hommes uniques dont les ouvrages seront de tous les temps, MASS. Or. (un. Dauphin. Elle [Mlle Clairon] n'était pas alors ce qu'elle est aujourd'hui ; elle a créé son art, elle est unique; il est juste qu'elle soit persécutée à Paris, volt. Lett. en verset en prose, 4 47. Homme unique plutôt que grand homme, id. Charles XII, 8. Il En mauvaise part, ridicule, extravagant. Il est unique avec ses prétentions. C'était , Dieului pardonne, une femmeunique pour gâter ses enfants, DiDER. Père de famille, i, 3. ||4° Il se dit, dans un sens analogue, des choses auxquelles nulle autre ne peut être comparée. Une grâce, une gentillesse unique. Mme de Vins m'a priée de vous bien assurer de... l'estime très-particulière et très-unique qu'elle a pour vous, sÉv. à Urne de Grignan, 4» août 4 075. Sire, faire des vers et de jolis vers après une victoire, est une chose unique et par conséquent réservée à Votre Majesté, volt. ieH. ou rot de Pr. s mai 4 744. Il Voilà qui est unique, c'est unique, se Qii, le pius souvent en mauvaise part, d"ane chose à laquelle on ne s'attendait pas. Ce qui est encore unique, c'est que les Chinois n'avaient jamais fait de traité de paix depuis la fondation de l'empire, volt. Russie, i, 7. ||5° S. m. "Unique dauphin, variété de tulipe. || Unique impérial, unique triomphant, variété d'oeillet. || 6° S. f. Espèce do rose. || Espèce de coquille univalve.
— REM. Corneille a dit le plus unique : Je verrai mon amant, mon plus unique bien), Mourir pour son pays, ou détruire le mien, llor. i, 3. Voltaire a blâmé cet emploi. Cependant on le trouve aussi dans Bossuet, du moins avec uniquement : Il n'y a qu'à considérer avec attention les paroles de Jésus-Christ dans leur tout, et ensuite l'une après l'autre; c'est ce que je ferai dans ce discours plus uniquement que jamais, 2* instr. pasior. sur Us Promesses de J. C. \.
— HlST. xvi* s. Ce tant louable labeur de traduire me semble moien unique et suffisant pour élever nostre vulgaire à l'égal des autres plus fameuses langues, dubell. i, 7, verso. L'unique et principale amitié descout toutes aultres obligations, MONT, i, 247. Sans parangon estes l'unique entre les belles, Nuits de Straparole, t. ii, p. 4 5a.
— ETYM. Lat. unicus, dérivé de unus, un.
DMQUEMENT (u-ni-ke-man), adv. \\ !• Exclusivement à tout autre. Je me suis trouvée si uniquement occupée et remplie de vous.... sÉv. 5 juin 4075. Aussi avait-il pour maxime, que, dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu, BOSS. Louis de Bourbon. Vous êtes homme de bien, vous ne songez ni à plaire ni à déplaire aux favoris, uniquement attaché à votre maître et à votre devenir, la brot. vm. Il [l'abbé Dubos] a trouvé le secret de faire un livre très-utile, où il n'y a de mauvais que ce qui est uniquement de lui, VOLT. Lett. d'Argens, 4 762. 112° D'une façon ■aniquc, au-dessus de tout, préférablsment à tout.
DICT. OE La LANGUE FRANÇAISE.
UNI
Il l'aime uniquement. Nous causons sans cesse de vous; c'est un sujet qui nous mène bien loin, et qui nous tient uniquement au cœur , sÉv. à Urne de Grignan, 6 juin 4876. || D'une façon excellente. Corbinelli m'a été uniquement bon i Livry, 29 mai 4 075.
— HlST. s. En la première entrée de son pays il perd sa femme Rachel en travail d'enfant, laquelle il aimoit uniquement, calv. Instit. 334.
— ÊTYM. Unique, et le suffixe men(.
UNIR (u-nir), v. o. || 1° Rendre un. Il faut les [emplois civils et militaires] unir dans la république, et les séparer dans la monarchie, montesq. Esp. V, 4». Le Dauphiné fut uni à la France en 4 349, DUCLOS, <Eur. t. V, p. 65. || 2* Joindre ensemble. Tous les oiseaux qui nagent et dont les doigts sont unis par des membranes, ont le pied court, la jambe reculée et souvent en partie cachée dans le ventre, buff. Ois. t. xvi, p. 288. J'ai des occupations pour chaque heure.... j'unis les jours aux jours; cela fait un an, puis deux, puis la vie, stael, Delphine, \, 7. || Fig. Que désormais le ciel, les enfers et la terre Unissent leurs fureurs à nous faire la guerre, corn. Ilor. ii, 3. Je ne sépare point ce qu'unissent les dieux [la qualité d'époux et celle d'amant], mol. Amph. i, 3. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires, BOSs. Anne de Coni. La reine a bien connu la religion et la vertu de la croix, quand elle a uni le christianisme avec les malheurs, iD. Reine d'Anglet. Unissons nos douleurs, Et par tout l'univers cherchons-lui des vengeurs, raC. Mithr. v, 5. Et, dans un chant plaintif conforme à ses douleurs. Elle unissait souvent et sa voix et ses pleurs, Ducis, Othello, V, 2. Il 3° Faire que des personnes soient réunies. Oui, je vous unirai, couple ingrat et perfide.... Oui, je vous unirai, puisque vous le voulez, CORN. Ciniui, v, 2. Je saurai le surprendre avec son Atalide, Et, d'un même poignard les unissant tous deux. Les percer l'un et l'autre, et moi-même après eux, hac. Bajai. iv, 4. La vertu qui nous sépara sur la terre, nous unira dans le séjour éternel, J. i. Rouss. Ilél. vi, 4 2. ||4' Établir une communication entre. Un fleuve unit ces deux villes. Alexandre forma le dessein d'unir les Indes avec l'Occident par un commerce maritime, comme il les avait unies par des colonies qu'il avait établies dans les terres, montesq. Bsp.xxi, 8. J'ai peint Louis XIV unissant les deux mers, fondant la marine et le commerce.... volt. Uél. litt. Réfutation. \\ 5° Posséder simultanément. Il unit l'esprit au savoir, i la force du sens unissez l'harmonie infuse dans vos périodes pour charmer l'oreille d'un préfet, p. L. cour. X' lettre ou Censeur. || 6' Kig. Établir un lien entre des personnes. Recevez de ma main la coupe nuptiale. Pour être après unis sous la loi conjugale, corn. Rod. v, 3. J'ai une tendresse de cœur pour ceux que Dieu m'a unis plus étroitement, pasc. Profess. de foi, édit. faugère. Eile eut de quoi satisfaire à sa noble fierté, quand elle vit qu'elle allait unir la maison de France à la royale famille des Sluarts, boss. Reine d'Anglet. Jamais sœurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissants, id. Anne de Gonz. Par un hymen secret elle me fut unie, volt. Ifort de Ces. i, 4. Il 7° Fig. Procurer le rapprochement, la concorde, l'alliance. C'est un intérêt commun qui les unit. N'est-il herbes, parfums, ni chants mystérieux. Oui puissent nous unir ces bras victorieux? corn. Toison, I, 2. Les sages du monde représentèrent en vain à saint Louis que l'habileté n'était pas d'unir ses voisins, mais de les diviser, pléch. Panég. St Louis. Plus on les veut brouiller, plus on va les unir, rac. Andr. i, 4. || 8° Terme de manège. Unir un cheval, le rassembler. Il 9" Enlever les inégalités, aplanir une superficie raboteuse. Unir une pierre. Unir une planche. Unir une allée. Il 10° S'unir, V. réfl. Devenir un. Seigneur, pour sauver Rome, il faut qu'elle s'unisse En la main d'un bon chef à qui tout obéisse, corn. Cinna, ii, 4. Il se peut.... que votre sang soit encore trop échauffé, pour pouvoir s'unir à la fraîcheur du lait, SÉV. 4 0 fév. 4 88». Par quelle fatalité le système de Malebranche paraît-il retomber dans celui de Spinosa; comme deux vagues qui semblent se combattre dans une tempête, et le moment d'après s'unissent l'une dans l'autre? volt, les Systèmes, note l. J'ai annoncé que les métaux ne peuvent pas s'unir aux acides, sans être préalablement oxydés, FOURCROY, Conn. chim. t. I, p. ex. Comme l'air avec l'air, l'âme s'unit à l'âme, delille. Paradis perdu, vni. || 11° Fig. Former des liens avec.
UNI
Fasse le ciel que nous profitions du temps, des grâces et des exemples que Dieu nous offre, et qu'après nous être unis à lui par la foi, nous jouissions de lui par la charité aux siècles des siècles I PLÉCH. Dauphiné. Vos deux États voisins qui cherchent i s'unir. L'intérêt, la raison, l'amitié, tout vous lie, rac. Bérén. in, 2. || 12" Devenir unis, en concorde. 11 est leur général, Us combattent sous lui, sous son ordre ils s'unissent, CORN. Sertor. ii, 4. ||Se liguer. Oue peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre? En vain ils s'uniraient pourlui faire la guerre, rac. Esth. i, 3. Telle a toujours été ma destinée : sit(Jt que j'ai rapproché l'un de l'autre deux amis que j'avais séparément, ils n'ont jamais manqué de s'unir contre moi, J. 1. ROUss. Conf. vm. || 18" S'accoupler, en parlant d'animaux. On a vu quelques-uns de ces oiseaux s'unir et produire en domesticité, buff. Ois, t. xv, p. 58.
— RE.M. M. Chapelain est du sentiment de M. de Vaugelas, et dit que ceux qui condamnent unir ensemble comme un pléonasme et une superffuité de mots, le font sans raison , vaugel. Rem. not. Th. Corn. t. i, p. 260, dans pougens. Cette obscr-
ation est juste; eruemble détermine um'r, et na fait pas pléonasme.
— HlST. XII' s. Tuz dis [toujours] est unie et establelavolenté, Rots, p. 64. || xiii's. Ainsinc Barat a tout honni. Par qui les biens jadis onni [égaux] Furent as gens aproprié, la Rose, 5472. Après de son front [je] vous renonce, Ou'il est blans,oni» et sans fronce, Bl. et Jeh. 264. Comme li meffet ne sont pas onni, ne sunt pas les venjanccs onnies, BEAUM. xxxi, 4. || xiv" s. Mais il laira ses gens ens ou païs onni, Guescl. 4 7608. Nous avons approprié, uni et annexé, approprions, unions et annexons perpétuellement à nous, à nos successeurs et au domaine de la couronne de France, du cange, appropriare. \\ xv* s. Et demeura Piètre du Bois, capitaine de Bruges, tant que ces portes, ces murs et ces fosses fussent mis à uni, froiss. ii, h, 4 60. Il commença à pleuvoir une pluie si grosse et unie, et monta un vent si froid, id. ii, ii, 4 7. Fault il donc faire tous unis [traiter également] Les humbles servans et les faulx. Et que les bons soient punis Pour les péchez des desloyaux? al. CHART. Œuvres, p. 624. Il XVI' s. Le pape ne peut conférer ni unir hospitaux ou léproseries de ce royaume, et n'a lieu en ioeux la reigle de pacificis, p. PITHOU, 64. Numa n'eut point l'œil i unir et applanir toute inégalité, amvot, Lyc. et Numa camp. 5. Avec cela s'unit à eux Bourci, qui avoit cinq compagnies, d'aub. Ilist u, 4 93. De là sur celte union il montre l'impossibilité de des-unir cette province, de lui faire, estant unie, accepter par force la division qu'ils ont à contre cœur, id. ib. II, 264. Peau déliée, cheveux unis, longs, blonds ou roux, PARÉ, Introd. 7. Style equable, uny et ordonné, mont, m, 38.
— ETYM. Provenç. et espagn. unir; ital. unir«; du lat. «nire, de unus, un.
t DNIRÉFRINGENT , ENTE (u-ni-ré-frin-jan, jan-t'), adj. Terme d'optique. Oui ne produit qu'une seule réfraction. Milieu uniréfringent.
— ÊTYM. Un, et réfringent.
t UNlSf.Rlfi, ÉE (u-ni-sé-ri-é, éc), ad;'. Terme didactique. Oui ne renferme qu'une seule série. Il Terme de botanique. Se dit de parties disposées sur un seul rang.
t UNISKXUÉ, ÉE (u-ni-sè-ksu-ë, ce), adj. Synonyme d'unisexuel.
UNISKXUEL, ELLE (u-ni-sè-ksu-èl, è-l*), adj. Il 1° Terme de botanique. Oui n'a qu'un seul sexe, ou dont toutes les fleurs n'ont qu'un seul sexe. Se dit dds fleurs, des plantes qui ne réunissent pas les deux sexes, ayant seulement soit des étamines, soit des pistils. || 2' Passion unisexuelle, s« dit, dans l'école sociétaire, de l'amilié.
— ETYM. Lat. unus, un, et sexe.
t UNISSANT, ANTE (u-ni-san, san-t'), adj. Propre à unir. Se sentant animée de cet esprit unissant, elle [l'Église] élève la voix nuit et jour pour appeler tous les hommes au banquet où tout est fait un, Boss. Bourjoi'nj. || Terme de chirurgie. Bandages unissants, bandages qu'on emploie pour la réunion des plaies.
UNISSON (u-ni-son), s. m. || 1' Terme de musique. Il se dit dosons produits par le même nombre de vibrations, dans des temps égaux. L'unisson est la plus simple de toutes les consonnances Deux sons placés sur le même degré de la portée sont dits à l'unisson, s'ils ne se trouvent précédés d'aucun signe, ou si tous deux ont reçu la même modification, busset, la Musique simplifiée, t. i, U. — 300
UNI
p. 79. L'uuisson est.... produit par un égal nombre d'oscillations de deux corps vibrant dans un «gai espace de temps, domin. mondo, trad. du Dict. de musique de Lichtenthal, art. unisono. L'unisson n'est, à proprement parler, qu'un son unique qui peut être rendu par plusieurs voix ou par plusieurs instruments, rameau. Traité de l'harmonie, p. 8. Les voix mâles et féminines entonnent naturellement l'octave, croyant entonner l'unisson, ID. ib. Les mélodies de plain-chant ont peu d'étendue; elles ont l'avantage immense de pouvoir être chantées par un grand nombre de voii à l'unisson, p. CLÉMENT, Mélh. de plain-chant, p. 360. Les fréquentes interruptions du chœur [dans la <■• scène do II Trovatore] sont presque toutes à l'unisson, procédé commode que M. Verdi emploie constamment dans tous ses ouvrages, scudo, Crit. et litt. music. 3' édit. t. i, p. 295. Il arrive assez souvent dans l'harmonie, que toutes les parties se réunissent sur la même note, et chantent à l'unisson; or, quand l'unisson est chanté par beaucoup de voix, et attaqué avec une justesse parfaite, les principaux sons harmoniques de la note chantée viennent frapper notre oreille, et, dans ce cas, c'est véritablement de l'harmonie que nous entendons, é. cuevé, iléth. élém. d'harmonie, t. i, p. 405. Le foudroyant effet de la péroraison du premier morceau de la symphonie en ut mineur de Beethoven est dû à un unisson de violons, H. BERLIOZ, Grand traité d'inslrum. et d'orchest. mod. p. ;io. Il 2" Phrase mélodique entonnée à l'unisson par toutes les voix ou tous les instruments. L'unisson de l'Africaine de Meyerbeer. Le cinquième acte de Robert le Diable débute par un fort bel unisson de basses-tailles. || 3" Unisson augmenté, l'intervalle qui existe, par exemple, entre la tonique et la tonique haussée, la dominante et la dominante haussée, la médiante mineure et la médiante majeure, etc. etc. Il est employé très-fréquemment en mélodie, dans ce qu'on appelle si improprement le genre chromatique. En revanche, on en fait assez rarement usage harmoniquement parlant. L'unisson augmenté a pour renversement l'octave diminuée. Il 4* Fig. Sorte de conformité intellectuelle, morale. Nul ne sait de l'amour mieux le diapason, Ni mettre, comme moi, deux cœurs à l'unisson, begnard, le Bal, )0. La nature nous a donné les signes des passions; ils sont entendus dans toutes les nations, à cause d'une sorte d'unisson qu'il y a entre nos organes et les organes des autres hommes, dumars. ût'ui). t. m, p. 385. Et pleinement remis à l'unisson Avec nos soeurs Dour l'air et cour le ton. Il redevint olus dévot qu un cnanoine, gress. Ver-vert, iv. Il y a un Cf'tain unisson d'àmesqui s'aperçoitau premier instant, et nous fûmes familiers au bout de huit jours, mais pour toute la vie, j. j. rouss. Hél. I, 45.
— REM. Voltaire se moque de l'abus que, de son temps, on faisait de la locution à l'unisson, quand on la transportait à une conformité physique. Vous lirez dans nos livres nouveaux de philosophie qu'Épicure avait un extérieur à l'unisson de son Ime, Dict. phil. Langues.
— HIST. XVI' s. Si je confère avecques une ame forte et un roide jousteur , il me presse les flancs.... l'unisson est qualité du tout ennuyeuse en la conférence , mont, iv, 36.
— ÉTYM. Lat. unisonut, de uniw, un, unique, et tonus, son.
t UNISSOIfl (u-ni-sso-ni), s. m. Terme de musique. Mot italien qui, étant écrit sur une partition à la partie vide du second violon, de la seconde flûte, du second hautbois, etc. indiquent que ces parties doivent jouer à l'unisson ava» la première partie de l'instrument de leur espèce. || On écrit aussi unis, par abréviation; d'autres y voient non une abrévation, mais l'adj. français uni» : c'està-dire instruments unis
t UNISSONNANT, ANTE (u-ni-so-nan , nan-t'), adj. Oui est à l'unisson, dont le son est conforme, pareil à un autre son.
UNITAIRE (u-ni-tê-r'), od;. || 1« Qui tend à l'unité. Il Terme de minéralogie. Dont la forme résulte d'un seul décroissement par une rangée. Il Terme de chimie. Système unitaire, système opposé à la théorie dualislique du siècle dernier, et dans lequel les composés sontconsidéréscomme constitués par des groupes d'atomes qu'unit entre eux le lien de l'affinité et qui forment un tout. || Terme <le biologie. Se dit des êtres qui présentent les caractères de l'unité. || Animaux uniUiires, ceux qui ne sont pas subdivisibles en zoonitcs (les vertébrés, les mollusques et les infusoires). || Terme
UNI
de tératologie. Monstres unitaires, première classe de la classification d'Isidore Geofl"roy Saint-Hilaire, renfermant tous les monstres chez lesquels on ne rencontre les éléments que d'un seul individu. Il 2° S. m. Celui qui admet un système théologique où l'unité domine. Tel est en abrégé le système de la religion enseignée dans les livres sacrés des Druses, système dont Hamza est le fondateur, et dont les sectateurs sont nommés unitaires, siLv. DE SACT, Inslit. Mdm. hist. et litt. ont. t. m, p. 89. Rammohun-Roy, le plus illustre représentant de la race brahmanique dans notre siècle, est mort unitaire à la manière de Channing, renan, Études, Channing. \\ 3° Particulièrement, synonyme de socinicn. C'est dans le sein de ces Eglises, c'est à Genève, c'est parmi les Suisses et les Polonais protestants, que les unitaires cherchèrent un asile, boss. Var. XV, 1 23. Le grand Newton faisait à cette opinion l'honneur de la favoriser; ce philosophe pensait que les unitaires raisonnaient plus géométriquement que nous, volt. Dict. phil. Sociniens. || Adj. Doctrines unitaires. L'hérésie unitaire.
— ETYM. Unité.
t CNITARIANISME fu-ni-ta-ri-a-ni-sm') ou DNI- TAKISME (u-ni-ta-ri-sm'), s. m. Doctrine des unitaires.
t CNITARIEN (u-ni-ta-riin), s. m. Sectateur de l'unitarisme.
UNITË (u-ni-té), s. f.\\i° Principe du nombre. L'unité, jointe à l'infini, ne l'augmente de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie, pasc. Pens. X, 1, édit. havet. La seule raison pour laquelle l'unité n'est pas au rang des nombres est qu'Euclide et les premiers auteurs qui ont traité d'arithmétique, ayant plusieurs propriétés à donner qui convenaient à tous les nombres hormis à l'unité, pour éviter de dire souvent qu'en tout nombre, hors l'unité, telle conçlition se rencontre, ils ont exclu l'unité de la signification du mot de nombre, par la liberté qu'on a de faire à son gré des définitions, id. Géom. i. L'arithmétique n'est démontrée dans toutes ses parties que parce que nous avons une idée exacte de l'unité, et que, par l'art avec lequel nous nous servons des signes, nous déterminons combien de fois l'unité est ajoutée à elle-même dans les nombres les plus composés, coNDiLL. Art de pens. n, 2. Dans cette unité nous avons la mesure des nombres; or, quelles que soient les mesures dont nous nous servons, il faut compter pour évaluer les choses; et par conséquent l'unité est la première mesure; rien ne mesure l'unité, ro. Langue cale, i, 43. ||2" Quantité nrise arbitrairement pour servir de terme de comparaison à des quantités de même espèce. Unité de volume, de poids, de force, de chaleur, etc. Si l'on prend pour unité la longueur du pendule à secondes à l'équateur, laplace, Instit. Mém. Acad. se. t. m, p. 490. Le pouvoir réfringent du gaz acide carbonique, d'après nos expériences, est égal à 4,00476, celui de l'air atmosphérique étant l'unité, BiOT, ARAGO, Instit. Mém. scienc. 4 80G, I" sem. p. 337. Il On dit aussi : unité de mesure. Il 3" Unités ou monades, nom que donnait Leibnitz à ce qu'il croyait être des substances simples, des vies, des esprits qui peuvent dire moi. || 4° En physique et en chimie, se dit des molécules, atomes ou équivalents des corps. || 5° Qualité de ce qui est un, sans parties, par opposition à pluralité. En considérant l'Église comme unité, le pape quelconque est le chef, est comme tout; en la considérant comme multitude, le pape n'en est qu'une partie, PASC. Pervs. xxiv, 84, édit. iiavet. La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie, ID. ib. 11 y a dans l'Église catholique un principe d'unité, indépendant des rois de la terre, BOSS. Var. vii', 70. L'unité de Dieu s'établissait tellement, qu'à la fin l'idoUUrie n'en parut pas éloignée, id. Hist. II, 4 2. Combien d'âmes séparées de l'unité, mais disposées à recevoir la vérité et à l'aimer! MASS. Carême, Parole de Dieu. Si le nombre des ressemljlances en général, si la parfaite conformité des parties intérieures suffisait pour assurer l'unité des espèces, le loup, le renard et le chien n'en formeraient qu'une seule, bufp. Quadrup. t. VI, p. 206. Ne faut-il pas reconnaître qu'il y a au-dessus de nos esprits une certaine unité originale, souveraine, éternelle, parfaite, qui est la règle essentielle du beau? dider. Rech. philoi. sur le beau, Œuv.l. ii, p. 4 40, dans pougens. Prêtres qui m'entendez. Vous.... Guerriers; et vous aussi, dont l'active industrie Fait couler l'abondance au sein de la patrie ; Peuple entier, qui pré-
UNI
sente à la divinité Le simulacre humain de sa triple unité, c. delav. Paria, iv, 3. || 6' Ce qui forme un tout complet dans son espèce, comme un homme, une maison, un cheval. || 7* Ce qui forme un caractère d'ensemble, de conséquence. Il n'y a pas d'unité dans sa conduite. L'unité de dessein dans le grand tout infiniment varié annonce un .seul principe, volt. Dict. phil. Idée L'unité est pour moi la première qucilité des romans; aussi, quelque excellents que soient les romans anglais, je le? lis avec presque autant de fatigue que de plaisir, d'alemb. Œuv. t. v, p. 370. L'unité de mœurs consiste dans l'égalité du caractère, ou plutrtt dans son accoid avec lui-même, marmontel, Œuv. t. x, p. 382. |] Terme des beaux-arts. Espèce de balancement, de pondération, de subordination entre les différentes parties d'une composition. Ce tableau manque d'unité. Rien de plus rare que l'unité de lumière dans une composition, surtout chez les paysagistes, dider. Essai sur la peint. 3. 1:8° Terme de littérature dramatique. Les trois unités, la règle qui veut qu'il n'y ait qu'une action dans une pièce, que cette action se passe dans le même lieu, et qu'elle ne dure pas plus de vingt-quatre heures ; l'unité d'action, quand dans le poème dramatique il n'y a qu'une action principale ; l'unité de lieu, quand l'action se passe en un même palais, une même maison et le voisinage ; et l'unité de temps ou de jour, quand l'action se passe dans un espace de vingt-quatre heures environ (ces règles, que n'observent pas le théâtres étrangers, ont été combattues et renver sées par l'école romantique). Il y en a [des fen mes] qui jugent aussi hardiment de nos vers eC de notre prose que de leurs points de Gênes et de < leurs dentelles.... on ne parle jamais du Cid, qu'elles ne parlent de l'unité du sujet et de la règle des vingt-quatre heures, balz. liv. xix, lett. 25. Il faut obtenir l'unité d'action, de lieu et de jour, personne n'en doute; mais ce n'est pas une petite difficulté de savoir ce que c'est que cettoj unité d'action, et jusqu'où peut s'étendre cett( unité de jour et de lieu, corn. 4" dise. L'obéi» sance que nous devons aux règles de l'unité, d^ jour et de lieu, nous dispense alors du vraisem-^ blable, bien qu'elle ne nous permette pas l'impo» sible, ID. 2' dise. 11 mit hier la dernière main une tragédie intitulée le Déluge universel; on n« saurait lui reprocher qu'il n'a point observé l'unité' de lieu, puisque toute l'action se passe dans l'a che de Noé, lesage. Diable boit. 3. Nous étendon souvent l'unité de temps jusqu'à vingt-quatr^ heures, et l'unité de lieu à l'enceinte de tout palais; plus de sévérité rendrait quelquefois d'à sez beaux sujets impraticables, volt. Œdipe, frrf-j face, 4 729. Cette pièce de Mairet [Sophonisbe] es la première que nous ayons, dans laquelle lei trois unités ne soient point violées; elle servit dé modèle à la plupart des tragédies qu'on donna depuis; elle fut jouée en 4G29,id. Mél. litt.Changi art tragique. Vous n'observez, vous autres libre Bretons, ni unité de lieu, ni unité de temps, ; unité d'action, m. Lelt. H. Walpole, 4 5 juill. 4 768| Il parait qu'il [Eschyle] regardait l'unité d'actia et de temps comme essentielle ; celle de liei| comme moins nécessaire, barthél. Anach. ch. <l»| Il 9° Terme d'anatomie. Unité de composition de plan, ou mieux théorie de l'unité de composM tion, principe anatomique établi par induction r l'aide de la méthode comparative, qui consiste eno que les animaux et les végétaux les plus différenti par leur forme, leur volume, leur couleur, etr sont réductibles par l'analyse anatomique à type unique et commun de composition organt que. Il 10* Unité de la matière, hypothèse suivant laquelle il n'existerait qu'une substance dont tous les corps ne sont que des modifications. || 11* Terme de pathologie. Unité morbide, ensemble de lésions et de symptômes correspondants qui, coexistant ou se succédant dans un ordre déterminé à peu près toujours le même, chez un être vivant, offrent des relations de similitude et de succession suffisantes, d'un individu à l'autre, pour mériter d'êtr» considérées comme un tout par le pathologiste, et pour recevoir un nom en rapport avec leur nature. Il 12" Unité tactique, voy. tactique.
— HIST. XIII' s. L'ofices de nature est en acoMer les choses descordans, en tel manière que tote» diversités retornent en unité, brun, latini, TrésoTy p. 404. Il XIV' s. Si comme en géométrie un point, et en arismetique unité, obesme, Bth. 302. Pour cause de l'unité de nature humaine il est une fia commune et derreniere à laquelle chascun homme
UNI
UNI
UNI
tent et la doit désirer, id. tb. vin, H. So nous ne ' «ommes luit d'accort en unité, Guescl. 8866. j Il XV' s. Pur confirmation d'amnur ot d'unité, ils [Flandre, Hainaul et Lrabant] ordonneront à faire forger une monnoie coursable dedans Icsdils trois pays, rRoiss. I, i, «Î6. Unité on amours ne gist point en terre ne en chastoaulx.... mais en deux cueurs faire ungs par force d'amours, Perceforest, t. V, f t.
— ETVM. Provenç. unitat ; espagn. umdod; ital. unïfà; du lat. unilatem, de unu^, un.
UMTIF, IVE (u-ni-lif, ti-v'), adj. || 1" Terme didactique. Oui sert à unir. || Terme d'aiialomie. Fibres unitives du cœur, celles qui unissent les faisceaux musculaires ayant une direction donnée avec ceux qui ont une direction contraire. ||1" Terme de dévotion. Qui unit par le pur amour. Tout amour est essentiellement unitif, ou plutrtt c'est l'union même do celui qui aime avec ■on objet, iioss. Passages édaircis, 4. Ne voilà-t-il pas [dans Pythagore] la voie purgative et la voie unitive dont nos mystiques ont dit tant de belles choses? Anal, de BayU, l. m, p. 392. |1 Vie unitive, état de l'âme dans l'exercice du pur amour. ||3' Terme de droit canon. Rescrit unitif, rescrit de l'évéque ou bulle du paoe oui joint un bénéfice à un autre.
— ÉTYM. Prov. untd'u; esp. et ital. unitivo; du lat. tmt(ii!u,5(QUicnF.RAT, Addenda), de unire, unir.
t UNITIGE (u-ni-ti-j'), adj. Terme de botanique. Se dit des arbres qui, comme les pins, sapins et mélèzes, ont une tendance à n'avoir qu'une tige «ans bifurcation.
UNI VALVE (u-ni-val-v*), odj. || 1» Terme de botanique. 11 se dit d'un péricarpe qui ne s'ouvre que d'un seul côté. || i' Terme de zoologie. Il se dit des mollusques dont la coquille n'est composée ■que d'une pièce. || Substantivement. Une univalve.
— REM. L'Académie fait univalve ot bivalve, pris substantivement, du masculin, sous-cntendu mollusque ; mais elle fait multivalve du féminin, sous-entendu coquille. Cette discordance ne peut «ubsister; il vaut mieux mettre le féminin en tous les cas : une belle univalve.
— ETVM. Un, et valve.
UNIVERS (u-ni-vêr; l't ne se lie pas), ». m. )| 1° Le système illimité de planètes, de comètes, de satellites, de soleils, d'étoiles, disséminés dans l'espace, système qui semble tourner autour de nous. En mesurant les cieux sans bouger d'icibas. Il [Démocrite] connaît l'univers et ne se connaît pas, LA FONT. Fahl. viii, 20. En regardant l'homme sans lumière, abandonné à lui-même, et «omme égaré dans ce recoin do l'univers, sans savoir qui l'y a mis, pasc. Pens. xi, 8, édit. havet. L'univers est-il infini ? on me le dit, mais qui me le prouvera? volt.... Princ. d'action, 4. L'univers est l'ensemble de tous les êtres créés; «et ensemble est systématique ou harmonique; il ne s'y trouve pas une seule pièce qui n'ait sa raison dans le tout , bonnet, Paling. xxi, 8. L'univers est un espace immense où il n'y a point de désert, condil. Art de rais, v, (0. 11 [ Kepler] partageait l'univers en trois régions principales : la première est celle qu'occupe le -corps du soleil... la seconde s'étend depuis le soieil jusqu'à Saturne ... enfin la troisième commence à Saturne, et passe au delà des fixes, bailly, Hist. astr. mod. t. n, p. H 6. L'univers s'est prodigieusement agrandi pour nous ; et l'on peut, *u gré de .son imagination, en étendre indéfiniment les bornes, delaubhe, Àbr. a^tron. Leçon XI. 1(8 Particulièremen\, le système solaire, avec ses planètes et leurs satellites, dit aussi monde, •quand on oppose le monde à l'univers. Qu'il [l'homme] se regarde comme égaré dans ce canton détourné de la nature, et que, de ce petit cachot oii il se trouve logé, j'entends l'univers, il apprenne à estimer la terre, les royaumes, les villes ■et soi-même i juste prix, pasc. Pens. i, (,édit. HAVET. Notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, id. ib. On veut que l'univers ne soit en grand que ce qu'une montre est en petit, et que tout s'y conduise par des mouvements réglés qui dépendent de l'arrangement des parties, FONTEN. Ilondet, )•' soir. Cet univers si vaste ànotre faible vue, Et qui n'est qu'un atome, un point dans l'étendue, volt. ÉpU. 44. Il y a cette diiférence entre le monde et l'univers , que l'univers est infini, dideb. Opin. des anc. philos, [sloicisme). Et le jeune univers commençant ses beaux jours, Et it premier hymen et les premiers amours, de-
LtLLK, Imag. v. || 3' La terre ou une grande partie de la terre. Au bout de l'univers. Colombo, frappé des entreprises des Portugais, conçut qu'on pouvait faire quelque chose de plus grand, et, par la seule inspection d'une carte de notre univers, jugea qu'il devait y en avoir un autre, tolt. UcruTS, 145. X quels maîtres, grands dieux, livrezvous l'univers 1 id. Triumv. i, J. Faites régner le prince et le Dieu que je sers Sur la riche moitié d'un nouvel univers, id. Ali. i, «. || ** Les habitants de la terre. Cette longue tranquillité [du règne de Cromwcll] qui a étonné l'univers, BOSS. Keine d'AngUl. Voilà, messieurs, les spectacles que Dieu donne à l'univers et les hommes qu'il y envoie, quand il y veut faire éclater, tantôt dans une nation, tantôt dans une autre, sa puissance et sa sagesse, id. Louis de Bourbon. J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu, rac. Mithr. V, 5. L'univers ayant souffert ce monstre (Néron] pendant quatorze ans, uontesq. Goût, Surprise. Il faut un nouveau dieu pour l'aveugle 1 univers, volt. Fanal. Ii, 6. Hors le seul objet qui j m'occupe, l'univers n'est plus rien pour moi, | J. J. Rouss. Confess. I. Depuis une heure, uniquement occupé de Julie, j'avais oublié l'univers, genlis, Veill. du chdt. t. i, p. 31 B. || 5' Par exagé- | ratijjn, la société au milieu do laquelle on vit, le , monde. Célimène : Mais de tout l'univers vous de- \ venez jaloux. — Alceste : C'est que tout l'univers , est bien reçu de vous, mol. Mis. Ii, t. X voir la j sérénité qui reluisait sur son front auguste, eût-on soupçonné que ce grand roi [Louis XIV], en retournant à Versailles, allât s'exposer à ces cruelles douleurs où l'univers a connu sa piété, sa constance et tout l'amour de ses peuples? Boss. Louis de | Bourbon. Un déluge d'écrits, tant en prose qu'en vers, Qui vont à mes dépens réjouir l'univers, destouch. Phil. marié, v, (. 11 [le P. Castel] a déjà écrit plusieurs brochures pour rassurer l'univers, pour éclairer l'univers; imitez l'univers, monsieur, et ne lui répondez point, volt. Lelt. Rameau, mars 1738. Je déclare, non pas à l'univers à qui le P. Castel s'adressait toujours, mais à quelques gens de lettres qui font la plus petite partie de l'univers, que.... id. Odes, <2. Réponds donc : — L'univers doit venger mes injures, L'univers me contemple, et les races futures Contre mes ennemis déposeront pour moi. — L'univers, mon ami, ne pense point à toi, L'avenir encor moins, id. la Vanité. On peut faire une chanson sur elle ; Cela vaut mieux qu'un livre, et court tout l'univers, ghesset, le lléeh. II, 3. Pour Mme de Miranda, elle voudrait marier tout l'univers, riccoboni , Œuvres, l. vi , p. 29, dans pouGENS. Il 6' Fig. Domaine matériel, intellectuel ou moral, comparé à l'univers. Les polypes sont placés sur les frontières d'un autre univers qui aura un jour ses Colombs et ses Vespuces, BONNET, Contempl. nat. (Eut), t. viii, p. (Sl, dans poHGENS. Les lieux que j'ai parcourus avec elle [Corinne], la musique que nous avons entendue ensemble, les tableaux qu'elle m'a fait voir, les livres qu'elle m'a fait comprendre, composent l'univers de mon imagination, stael, Corinne, ii, 2. Et pour lui [un campagnard] l'univers s'étendait de la pente Où sous ces peupliers son beau fleuve serpente. Jusqu'à ces monts voisins.... lahart. llarm. ii, 42.
— HlST. XV* s. Au salut des universes terres, CHRIST, de pisan, Charles V, i, B. || xvi» s. Au roy du ciel et du monde univers, marot, i, 397. Et tant qu'ouy et nenni se dira. Par l'univers le monde me lira, id.ii, 224. Un prétendant et aspirant à l'empire univers ne peut tousjours avoir ses aises, hab. i, 33.
— ETYM. Lat. universus, tout entier, univertum, l'univers, de unus, un,' et vertere, tourner : rassemblé, mis en un. Primitivement univers est adjectif, conformément à l'étymologie.
t DNIVEUSALISER ( u-ni-vèr-sa-li-zé ) , v. a. Rendre universel; répandre dans l'univers. Cette nouvelle économie [le christianisme], destinée à succéder à l'ancienne, à l'universaliser et à la perfectionner, BONNET, Paling. xix , 7. || Répandre dans toutes les classes. Pourquoi une proposition aussi juste et aussi simple en soi que celle d'universaliser la jouissance du nécessaire, en frappant l'abus et l'exception du superflu, a-t-elle effrayé la Convention elle-même? carrel, Œuv. t. iv, p. M.
— ÊTVM. Lat. universalis, universel.
t CNIVERSALISME (u-ni-vèr-sa-lt-sm') , s. m.
Opinion des universalistes.
t UNIVERSALISTE ( u-ni-vèr-sa-li-st'), s. m. Il 1° Membre d'une secte dite aussi latitudinaire.
croyant que les hommes sont sauvés, quelles qu« soient leurs opinions religieuses. || i' Adj. Qui embrasse tout le monde. Le christianisme, de bomis heure, voulut être une religion universaliste.
UNIVERSALITÉ (u-ni-vèr-sa-li-té), ». f. \\ !♦ Caractère de ce qui est universel, général. Que cett« Église ait quelque part des membres cachés, qu'elle s'obscurcisse, qu'elle périsse même quelque part, sa perpétuelle universalité ne laisser» pas de subsister, boss. 2* instr. past. 77. Il y » des hommes dont les lumières sont tellement bornées que l'universalité des sentiments est la seule preuve qui soit à leur portée, dider. Suffis, de la relig. nat. n" ». || t' Caractère de ce qui s'étend i un ensemble de lieux, de temps, d'êtres. 11 [Jésus- Christ] en régla [de l'Eglise] la destinée sur la terre (qu'on me permette ce mot), en lui promettant une double universalité , l'une dans les lieux, et la seconde dans les temps, boss. t" instr. past. 3. [Jésus-Christ] pauvre véritablement et le plus pauvre de tous les pauvres, parce que tous les pauvres ne souffrent que pour eux-mêmes, et qu'il n'y a que Jésus-Christ qui pâtisse dans toute l'univer.salité des misérables, m. Serm. Septuag. 2. La perfection ne regarde pas l'univcrsaliié des I hommes ni des choses, monte.sq. Esp. xxiv, 7. Il I [Voltaire] joignait à l'universalité de sa langue son universalité personnelle, et c'est un problème , de plus pour la postérité, rivabol, Dict. Ùniversa- I lité de la langue franc, p. xxvi. Il préférait d'interroger le brame sur l'universalité du déluge, qui a excité tant de disputes, Bernard, de st-pierre, Chaum. ind. || 3° Terme de jurisprudence. Totalité. L'universalité des biens. || 4* Aptitude à toute chose, capacité universelle. Les esprits bornés et resserrés dans leur petite sphère ne peuvent comprendre celte universalité de talents que l'on remarque quelquefois dans un môme sujet, la brut. II. Madame, j'avoue qu'il est assez singulier qu'en I donnant la paix aux Turcs, on me donne aussi [une traduction d'une comédie; je vois bien qu'il ; y a certaines àraes qui ne sont pas embarrassées de leur universalité, volt. Lelt. à Catherine II, i" déc. (772. Je me doute bien que vous avez plus d'une affaire en arrivant à Paris; mais je sais aussi que voire universalité suffit à tout, m. j Lett. Mme de Saint-Julien, 24 sept. 4 775. Pour vous ; rendre entièrement universel, il ne nous manque j de vous qu'un ouvrage sur la tactique; je l'attends incessamment comme devant éclore de votre universalité, id. Letl. du rot de Prusse à Volt. I 43 févr. 4776. Il 8* Terme de logique. Qualité d'uiM proposition universelle. Il est vrai que ses idées sont simples, étendues, vastes; elles partent d'abord d'une grande universalité qui en est comme le tronc, et ensuite se divisent, se subdivisent, et, pour ainsi dire, so ramifient presque à l'infini, i fonten. teibnid. Il ne faut qu'un instant pour ' rendre à la vérité de ma proposition toute son uni- 1 versalité, DIDER. Lctt. à Falcnnnet, sept. 4768.
— HIST. XVI' s. L'universalité d'esprit, par laquelle le sage jette sa veue et considération sur tout l'univers, charron. Sagesse, n, 2.
— ËTYM. Lat. universalitatem , de universalis, universel.
— ÊTYM. Voy. UNIVERSEL.
UNIVERSAUX (u-ni-vcr-sô), s. m. pi. || !• Terme de la scolastique. Il y a cinq universaux : le genre, l'espèce, la différence, le propre et l'accident; c'est Porphyre qui, dans son Introduction à la Logique d'Aristote, a établi ces cinq idées universelles. Vous ne pouvez rien contre moi en disant que l'idée de l'unité de toutes les perfections qui sont en Dieu est formée de la même façon que l'unité générique et celle des autres universaux, desc. Rép. aux 2" abject. 24. M. Jourdain : Qui sont-elles, ces trois opérations de l'esprit? — Le maître de philosophie :.... la première est de bien concevoir par le moyen des universaux, IIOL. Bourg, gentilh. n, 6. Il [Stilpon] prétendait qu'il n'y avait point d'universaux, et que ce mot homme, par exemple, no signifiait rien d'existant, didee. Opin. des anc. l'hil. [secte mcgarique). \\ i' Universaux do Pologne, lettres circulaires que le roi de Pologne adressait aux provinces et aux grands du royaume, pour la convocation des diètes. Il [le roi Auguste] fitpublier ses universaux pour assembler la pospolite et les armées, volt. Charles XII, ï.
— ÊTYM. Voy. UNIVERSEL.
UNIVERSEL, ELLE (u-ni-ïèr-sèl, sè-l'), adj.
Il 1* Qui s'étend à tout, qui s'étend partout. Tout se trouvait en eux, hormis ce que les hommes Font marcher avant tout dans le siècle oii nous
UM
sommes : Ce sont les biens , c'est l'or, mérite universel, la font. Filles de Minée. Les seules règles universelles sont les lois du pays aux choses ordinaires, et la pluralité aux autres; d'où vient celaT de la force qui y est, pasc. Pens. vi, 7, édit. HATET. Il faut qu'on ne puisse dire, ni il est mathématicien, ni prédicarf.eur, ni éloquent; mais, il est honnête homme; cette qualité universelle me plaît seule, ro. ib. vi, <5 ter. Si ses sujets, si ses alliés, si l'Église universelle a profité de ses grandeurs, elle-même a su profiter de ses malheurs, Boss. Reine (TAnglet. Peut-être que moi qui existe n'existe ainsi que par la force d'une nature universelle qui a toujours été telle que nous la voyons, en remontant jusqu'à l'infinité des temps; mais cette nature, ou elle est seulement esprit, et c'est Dieu ; ou elle est matière, et no. peut par conséquent avoir créé mon esprit, la bbuï. XVI. [Louis XIV, mille fois accusé par ses cnncmisl d'avoir formé et conduit le projet de la moaarchic universelle ; s'il y avait réussi, rien n'aurait été plus fatal à l'Europe, à ses anciens sujets, à lui, à sa famille, mo.\tesq. Esp. ix, 7. Un préjugé universel permet rarement l'examen, volt. Dict. phil. Figure. Mais le mal moral, les crimes, Néron, Alexandre VI!... cela empêche-t-il qu'il y ait une cause universelle? id. Philos. Comm. lUalehranche, Résultat. La foule innombrable des animaux jouit de ses sens par des lois universelles ; ces lois sont communes à eux et à nous, id. ib. Mécan. des sens. Cette date où la mer était universelle et couvrait toute la surface du globe, à l'exception des lieux élevés, buff. 4* ép. nat. Œuv. t. xii, p. 205. On ne saurait imaginer quel respect, quel amour les Chinois ont pour leur empereur, ou, comme ils le disent, pour le père commun, pour le père universel, raynal, Hist. phil. i, 20. Mo voilà seul, portant la haine universelle! legouvé, Épichar. et Nér. v, 4. Un fluide universel extrêmement subtil, agité par les mouvements rapides des particules des corps lumineux, fresnel, Inst. Mém. scienc. <82l et )822, t. v, p. 340. Jusqu'à ce qu'étendue enfin sur la terre et les mers, L'universelle nuit pèse sur l'univers, lamart. Harm. n, 12. Les dispositions testamentaires sont ou universelles, ou à titre universel, ou à titre particulier. Code civ. art. <002. Le legs universel est la disposition testamentaire par laquelle le testateur donne à une ou plusieurs personnes l'universalité des biens qu'il laissera à son décès, ib. art. <003. Il Suffrage universel, droit de voter dans les élections accordé à tout citoyen d'un certain âge. Il Concile universel, se dit quelquefois pour concile œcuménique. || Évêque universel, nom qui a été donné quelquefois au pape. |l Jubilé universel, celui qui est accordé à toute l'Eglise. || Terme de théologie. Grâce universelle, se dit, parmi les réformés, de la grâce répandue sur tous les hommes par le sacrifice de Jésus-Christ. || 2* Qui a de la capacité pour toute chose. Les gens universels ne sont appelés ni poètes, ni géomètres, mais ils sont tout cela, et jugent de tous ceux-là, pasc. Pens. VI, (5. Arias a tout vu, a tout lu, il veut le persuader ainsi : c'est un homme universel, et il se donne pour tel, la bruv. v. Le fameux Leibnitz naquit à Leipzick ; il mourut en sage à Hanovre, adorant un Dieu, comme Newton, sans consulter les hommes; c'était peut-être le savant le plus universel ds l'Europe, volt, toui'j IIY, 34. Il n'arrive jamais que le même homme puisse exercer également sa mémoire, son imagination et sa réflexion sur toutes sortes de matières.... cela nous apprend pourquoi ceux qui aspirent à être universels, courent risque d'échouer dans bien des genres, condill. Connais, hum. i, ii, 6. Il a un esprit universel, non par les lumières, mais par la faculté d'en acquérir, j. j. rouss. Ém. m. \\ Cet homme est universel, il a une grande étendue de connaissances. Vous êtes univeisel, monsieur, vous vous connaissez à tout, lesage, Turcar. m, *. Il On dit de même : science universelle. || Fig. et par plaisanterie. Je sers un jeune homme nomme Damis ; c'est un aimable garçon : il .'.ime le jeu, le vin, les femmes; c'est un homme universel, le- Saoe, Crispin rival, 3. || 3° Terme de logique. Qui comprend toute chose, qui a le caractère de généralité alislraite. Noire âme étant de telle nature, que ses idées intellectuelles sont universelles , abstraites, séparées de toute matière particulière BOss. Conn. iv, 4. Toute vérité certaine en matière universelle est éternelle, id. ib. i, u. Toute proposition universelle est une voie abrégée de l'esprit, qui ne oeut ni voir ni embrasser en-
UNI
semble tous les particuliers, et les envelopper tous ensemble dans une seule idée , fonten. Frag. Rais. hum. || 4° S. m. L'universel, ce qu'il y a de commun dans les individus d'un même genre, d'une même espèce. L'universel o porte rei, l'universel a parte mentit. || Voy. univer-
SAUZ.
— REM. Il ne faut pas en général donner de comparaison à universel ; cependant de bons écrivains l'ont fait. Une erreur si stupide et si brutale n'était pas seulement la plus universelle , mais.... Boss. Ilist. ii, 3. Rédemption la plus universelle dans son étendue : tous les hommes y sont compris; tous en général, chacun en particulier, BOURDAL. Pensées, V "i) P- <^3. L'aveuglement est, de toutes les peines du péché, la plus universelle, MASS. Carlms, Confession.
— HIST. xiii' s. Savoir les universels choses n'est pas seure chose sanz l'esperience, brun, latini. Trésor, p. 333. Il XIV* s. Environ aucunes choses universeilz, et environ aucunes choses particulières, H. de mondeville, f" 36, verso. Afin que.... tentée la fortune de ceulz petiz debaz, il peust comander aus siens concevoir espérance de la victoire univcrsal, bercheure, ^ 84, verso. Il XV* s. C'est luy [Dieu] par qui l'universel est fait, les Triomphes de la noble dame, f° 123, dans LACURNE. Il XVI' s. L'cdit de pacification fait devant Orléans avoit donné quasi à l'universel de la France beaucoup de contentement, langue, 605. Leur premier et principal acte fut l'universelle prise des armes par toute la France en un mesme jour, ID. 6)3. Ce qui est particulier est plus sanable que ce qui est universel, PARi, t. m, p. css. Les plus beaux et plus grands esprits sont les plus universels, charron. Sagesse, ii, 2. Demeurer universel ctouvert à tout, id. ib. Se nommer evesque universel, ou evesque de l'Eglise catholique, comme font maintenant les papes, le Bureau du concile, de Trente, p. 3.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. universal; ital. untcersoie; du lat. unieersaiis, dérivé de universus (voy. univers).
CMVERSELLEMENT (u-ni-vèr-sè-Ie-man), adv.
Il 1° D'une manière universelle. Il [Juste Lipse] a été universellement estimé, et son grand mérite le fit désirer du feu roi Henri le Grand, balz. Dissert. Critiques, 7. Je doute que ceci soit bien universellement vrai, voit. Lett. 33. Tous les pays qui composent ce royaume sont universellement ruinés, VAUB. Dime, p. <65. Dieu.... qui a gardé la famille de Noé sur un bois fragile contre la fureur inévitable des eaux universellement débordées , boss. Sermons, Paix par J. C. 2. || 2° En logique, en embrassant un genre, une classe ou toute chose. Les termes ne doivent pas être pris plus universellement dans la conclusion, qu'ils ne l'ont été dans les prémisses, dumars. Œuv. t. v , p. 336.
— HlST. XIV* s. Induction est quant de plusieurs particuliers l'en conclut universellement, oresme, Éth. XI, < 7. Il XVI* s. Pour les chastcneraies, c'est à dire les lieux complantés universellement de chastaniers, o. de serres, 64(.
— ÊTYM. Universelle, et le suffixe ment; provenç. universalment ; espagn. et ital. universalmente.
UNIVERSITAIRE (u- ni-vèr-si-tê-r'), adj. Qui appartient à l'université. Grade universitaire. Le corps universitaire. || S. m. Individu attaché à l'université. Il Partisan de l'université.
— ETVM. Université.
UNIVERSITÉ (u-ni-vèr-si-té), t. f. || 1* Autrefois, corps de maîtres, établi par autorité publique, jouissant de grands privilèges et ayant pour objet l'enseignement de la théologie , du droit, de lamédecine et des sept arts qui sont la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. Les universités d'Oxford, de Pise, de Coimbre, de Salamanque. Aujourd'hui que tout est plein de collèges, d'universités, d'académies, de maîtres particuliers, de livres qui sont des maîtres encore plus siirs, quel besoin a-t-on de sortir de sa patrie pour étudier en quelque genre que ce soit Y fonten. Boerhaave. || Particulièrement , l'université de Paris, ou, simplement, l'université, celle qui siégeait à Paris et qui était fort renommée. L'université avait été nommée le concile perpétuel des Gaules. L'université de Paris, la mère de toutes les autres, et si digne par son antiquité, par sa réputation.... d'être favorisée particaliorcment par les princes et par les grands seigneurs, rolun, Ilist. anc. Œuv. i. vu, p. 47ï, dans pqugens. L'université de Paris est la fille aînée des rois de
UNI
France; et très-aînée, car elle a plus de neuf cents ans : aussi rêve-t-elle quelquefois, montesc-, J>K. pers. <09. Du Boulay, dans son Histoire de l'université de Paris, adopte les vieilles traditions incertaines, pour ne pas dire fabuleuses, qui en font remonter l'origine jusqu'au temps de Charlemagne, volt. Dict. phil. Université. L'université défendait aux libraires, qui alors dépendaient d'elle, d'imprimer le concordat [sous François I"); elle appela au futur concile, id. Ilist. pari. xv. Ces deux bulles [d'Innocent III] constituaient les maîtres et les étudiants de Paris en une vraie corporation [universitas) selon le droit romain.... il est à remarquer que, dans les actes relatifs à l'université avant <26(, le mot universitas est toujours employé avec le génitif mogt'itrorum ou sc/iotariun* sous-entendu; il exprime toujours l'association des maîtres de Paris considérée comme corporation légale ; pour désigner l'université comme corps enseignant, les papes emploient toujours l'expression studium, studium parisiense, CH. thurot. De l'organ. de l'enseign. dans l'université de Paris , au moyen Age , p . u . Il 2* Au moyen âge, l'université, le quartier des écoles. Au quinzième siècle.... l'université couvrait la rive gauche do la Seine, depuis la Tournelle jusqu'à la tour de Ncsle, v. hugo, Notre- Dame de Paris, m, 2. || 3° L'université, les élève» de l'université, les étudiants. ||4* En général, le» universités, les écoles. Ô le beau compliment à charmer une dame. De lui dire d'abord : j'apporte à vos bontés Un cœur nouveau venu de» universités ! corn, le Ment, i, 6. || S° Aujourd'hui, corps enseignant, unique pour toute la France, placé sou» la direction du ministre de l'instruction publique. L'université a été fondée par un décret de Napoléon I*', du <7 mars 1808; elle porta d'abord le nom d'université impériale, puis celui d'université de France; elle comprend: 4 'les facultés; 2* les lycées ou collèges de l'État ; 3° les collèges communaux; 4* les écoles primaires; et tout cela sous la direction d'une admin:stration centrale. Grandmaître de l'universilé.
— HIST. xni' s. Li clerc de Paris la citei. Je di de l'universitei, ruteb. (55. S'il [un prédicateur] n'avoit en sa vérité L'accort de l'université Et du peuple communément. Qui ooient son preschement, la Rose, ncss. |]xiv* s. El autres maléfices que les universitez [communes], gens et habitan» des villes de Thoulouze, Caicassonne, ont commis, du cange, umt)trs»(os. Il XV* s. [Le roi Charles] manda et le recteur et les maistres et docteurs de l'université do Paris, froiss. ii, u, 48. À tous le» roys, à l'université De tous princes, à toute créa- . ture.... E. DESCH. Poésies mss. t° 440.
— ÊTYM. Provenç. umiersilat; espagn. um«P sidad; ital. uuiversità; du latin universitaten de universus (voy. univers). Universitas, au son de corporation légale; c'est de là que vient le non d'untiersit^ aux corps enseignants du moyen âge
UNIVOCATION (u-ni-vo-ka-sion), ». f. Terme d«| scolastique. Caractère de ce qui est univoque. question de l'univocation de l'être.
— ETYM. Lat. univocationem (quicherat, Aà denda), de univocus, univoque.
t UNiVOLTAIN ou UNIVOLTIS (u-ni-vol-tin), s. m j Vers à soie ne donnant qu'une génération da l'année.
— ETVM. Un, et ital. volta, fois.
UNIVOQUE (u-ni-vo-k'), ûd;. || 1° Terme descola
tique. Il se dit des noms qui s'appliquent à plu sieurs choses, soit de même espèce, soit d'espèc différente mais de même genre, comme animale homme, etc. Animal est un terme univoque à l'a gle et au lion. Aucunes des choses que nous CDD cevons être en Dieu et en nous et que nous con'«j sidérons en lui par parties et comme si elle étaient distinctes à cause de la faiblesse de noti entendement, ne conviennent à Dieu et à nou en la façon qu'on nomme univoque dans le écoles, DESC liép. aux 2*' o&j. <5. Les mots son généraux en deux manières, l'une que l'on api pelle univoque, qui est lorsqu'ils sont liés ave" des idées générales.... Logique de Port-Royai p. 70, dans pougens. || 2° Qui n'est susceptible que d'une seule interprétation . Les lieux [d* l'Ancien Testament] où il [le sens spirituel]! est caché sont équivoques et peuvent conventrl aux deux [sens charnel et sens spirituel] , aa| lieu que les lieux où il est découvert sont univoques, et ne peuvent convenir qu'au sens spiri-l tuel, PASC. Pens. xv, 7, éd. havet. || 3° Qui est d«f même nature. C'est ainsi que l'on dit que la sym«