‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 414 sur 754 · DON · texte numérisé non relu

DON

DOCTRINAIRE. Àjoulex : — REM. On regarde | d'ordinaire l'emploi de doctrinaire, au scn.s politique, comme datant de la restauration. Kn voici un exemple plus ancien : Mes.sieur.s les doctrinaires, pieusement attachés au divin Maury, ont ôté de dedans un beau cadre une estampe magnifique de l'Assomption, pour y placer le saint abbé qui est allé à Rome pour rougir [devenir cardinal], Lelt. du P. Duchéne, <»&• lettre, p. ». Ce n'est point précisément le sens du temps de la restauration ; mais c'est un .sens approchant.

t DOCr.MENTAlRE(do-ku-man-tê-r'),ad;. || l'Oui a un caractère de document. Au point de vue documentaire, signalons le premier projet du Pont- Neuf, peinture du xvi* siècle trèsK)riginale, qui nous révèle un des nombreux projets du Pont- Neuf qui se partagèrent la faveur publique au moment où fut décidée la construction du nouveau

pont, DBUMONT, Joum. Of/iC. 25 OCt. <878, p. 7678,

2* col. Fromentin seul a peint la vie arabe avec une exactitude documentaire et une finesse de pénétration ethnographique qui n'a d'égale que celle de son pinceau, e. bebgebat, Joum. offic. U oct. <876, p. 7498, 3" col. || î* Terme de commerce. Traite documentaire, traite accompagnée de documents, tels que connaissements endossés en blanc, polices d'assurances et lettres de gage qui en sont la garantie. On ne peut négocier en Chine, aux banques anglaises, de traites françaises, et je parle de traites documentaires, qu'autant qu'elles sont énoncées en livres sterling et payables à Londres, Enquête, Traité de comm. avec l'Angleterre.

f DOCUMENTATION ( do-ku-man-ta-sion ) , s. f. Néologisme. Travail par lequel on appuie de documents une histoire, un récit, un débat. La documentation de cotte histoire est insuffisante.

— ÊTYM. Bas-lat. dociimCTi(o(to, action d'instruire, de documenlum. document {voy. document).

t DOCUMENTER (do-ku-man-té), v. a. || l' Instruire (inusité). Pour satisfaire le goût dominant que j'avais dès mon enfance, d'instruire et de documenter quelqu'un, staal, Jfem. t. i, p. 155. Il i° Appuyer par des documents. Il y a en histoire une moyenne de vérité acquise avec laquelle il faut compter ; tout le monde ne se trompe pas pendant deux siècles; et, lorsque les mémoires du temps et les récits des historiens tombent tous d'accord, je me demande s'il suffira de quelques lettres fort habilement documentées pour changer l'aspect du débat, HENRI BLAZE DE BURY, Rev. des Deux-Mondes, )5 août )876, p. 9*3. Peu d'écrits sont aussi bien documentés [que la t" Épltre de Clément Romain] ; Denysde Corinthe, Hégésippe, Irénée, Clément d'Alexandrie, Origène la connurent et la citèrent, ke- NAN, Joum. des Savants, janv. t877, p. <2.

t DODÉCARCHIE (do-dékar-chie), s. f. Commandement de douze personnes, de douze rois. La basse Egypte au temps de ladodécarchie.

— ÉTVM. AuSixâpxoç, de {(iSexa, douze, et ip- Xeiv, commander.

t DODÉCUPLE (do-dé-ku-pl'), adj. Forme incorrecte (jlcod. des se. Comptes rend. t. Lxxx, p. 720) pour duodécuple ; c'est en grec que douze est exprimé par Sùôcxa.

f 2. DODO (do-do), s. m. Nom d'un oiseau de la Nouvelle-Zélande qui ne s'y trouve plus qu'à l'état fossile. L'on doit prévoir, dit un sportsman désolé, une époque où la grouse sera aussi rare en Angleterre que le dodo dans la Nouvelle-Zélande, AM. picHOT, Rev. Rritann. 15 sept. <874, p. 238.

DOGMATISEUR. Ajoutez : || Adj. Les hérétiques dogmatiseurs, Mém. de Trévoux, t. i, p. )0, <725. L'auteur ne parle que de l'hérétique notoire, soit qu'il soit dogmatiseur, ou qu'il ne le soit pas, tb. t. I, p. 8. l| Au fém. 11 est certain que votre esprit vous perd; vous êtes une dogmatiseuse, une théologienne, une philosophe, l'archevêque DE PARIS PÉRÉPixE, à la sœur Christine, dans STE-BEUVE, Port-Royal, t. iv, p. 274, S' édit.

DOGMATISTE. Ajoutez :\\f Celui qui examine, soutient les dogmes d'une théologie, d'une Église. Comment, en présence de ces résultats indubitables [de la critique de la Bible], conserver l'ancienne théorie de l'infaillibilité biblique, ou pnitôt comment accorder les desiderata du critique avec les exigences du dogmatiste qui a besoin de conserver au recueil sacré une autorité divine ? MAURICE VERNES, Revue philosophique , juill. (876, p. «5. Il 8* Chez les anciens, nom d'une secte de médecins ainsi appelés parce qu'ils s'occupaient à ïecliercher par le raisonnement l'essence même

.UlCT. DE LA LANGUE FPANÇAISB.

des maladies et leurs causes occultes, mais qui, par compensation et en vertu même de leurs idées, recommandaient l'étude de l'anatomie.

DOGUIN. Ajoutez : || i' Nom, en Normandie, d'un cochon court, trapu, à oreilles droites, dbl- BOULLE, lUoss. de la vallée d'Yéres, p. M7.

DOIGT. Ajoutez : — REM. Bien que un doigt de rouge signifie d'ordinaire une couche épaisse de rouge, en quelques cas il n'exprime qu'une couche légère. Une fois les joues enfarinées, on ne peut pas rester.... comme un pierrot ; il faut un doigt de rouge, c'est fatal, o. droz, M. Mme et Bébé, Bal d'ambassade.

— HIST. XVI* s. Ajoutez : De quantc espesseur sont les ais de ceste nauf? — Elles sont, respondit le pilot, de deux bons doigts espesses, n'ayez paour. — Vertus Dieu, dit Panurge, nous sommes donques continuellement à deux doigts près de la mort, RAS. Pant. iv, 23.

I. DOIGI'ER. Aj'out«i.||3* Se doigter, v. réfl. Être doigté. Les cordes qui se doigtent sur le manche du téorbe pétis. Diction, de mus. Téorbe.

t DOLBEAU (dol-b6), s. m. Voy. au Dictionnaire doleau, qui est la forme régulière. Une fois amincie, l'ardoise est équarrie par un instrument tranchant nommé dolbeau, Petit bulletin du soldat et du marin, dans Joum. ojfle. 2« sept. (874, p. 683», 2' col.

t DOLÉRITIQUE (do-lé-ri-ti-k'), adj. Terme de minéralogie. Qui appartient à la dolérite ou dolérine. La formation doléritique dominait essentiellement; dans le lointain on découvrait des montagnes ayant jusqu'à 5 ooo pieds de hauteur, Joum.

offic. 27 sept. (874, p. 6733, ('• COl.

t DOLETTES (do-lè-f), s. f. pi. Menus éclats de bois qu'on détache en dolant. Allumer le feu avec des dolettes, delboulle, Gloss. de la vallée d'Yéres, p. ((7.

t DOLICHOCÉPHAHE (do-li-ko-sé-fa-lie), ». f. Forme de la tèle chez le dolichocéphale. La dolichocéphalie, trait constant chez le nègre d'Afrique, ne se retrouve pas chez le nègre pélagien, A. MAURY, la Terre et l'Homme, 3' éd. Paris, (889, p. 392.

t DOLIQUE (do-li-k'), s. m. Voy. Douc au Dictionnaire. Le maïs, les légumes, pois, fèves, lentilles, haricots et doliques d'espèces variées,

Joum. officiel, (4 oct. (872, p. 6487, 3' col.

DOLLAR. Ajoutez : — REM. D'après la loi du (2 février 1873, la valeur du dollar américain est, au pair, 5 fr. (8 c.

\ DOLMEN. Ajoutez : || Demi-dolmen, pierre inclinée dont une extrémité porte à terre.

f DOLMfiNlQUE (dol-mé-ni-k'), adj. Qui a rapport aux dolmens. Les peuples précités eurent le temps d'approprier la grotte, par des arrangements dolméniques remarquables, aux usages d'une nécropole , voulût, Acad. des se. Comptes, rend. t. Lxxxii, p. (002. Il La race dolménique, la race qui a élevé les dolmens, i2et;ue d'anihropol. t. iv, p. 267.

f dOm (dfim'), s. m. Sorte de navire de l'Inde. Dôm, caboteur indien mesuré en (830, fait d'après les plans de l'amiral Paris.... dôm à balancier, caboteurindien..../oum. o/pc. 23fév. (874,p. (457,

t DOMAL, ALE (do-mal, ma-l'), od;'. Terme d'architecture. Se terminant en forme de dôme. On y trouve [dans un jubé du xv* siècle] des motifs architecturaux très-sérieux, des terminaisons domales et en accolades très-rares. Le jubé du cardinal Philippe de Luxembourg, par eugène hucher, prospectus.

t DOMANISTE (do-ma-ni-st'), s. m. || 1° Celui qui administre le domaine de l'État, qui s'occupe de la législation et de lajurisprudence domaniales. Un savant domaniste. || 2* Ce nom est quelquefois donné aux agents de l'administration de l'enregistrement et des domaines.

DOMESTIQUE. || 8* Ajoutez : Il est vrai que j'ai été domestique de M. de Montaigu, ambassadeur de France à Venise, et que j'ai mangé son pain, comme les gentilshommes étaient ses domestiques et mangeaient son pain.... mais, bien qu'eux et moi fussions ses domestiques, il ne s'ensuit point que nous fussions ses valets, J. J. Rouss. Réponses aux questions de M. de Chauvel, dans Corresp. 5 janv. (767. Il 11» Les domestiques de la foi, les fidèles. No vous persuadez pas qu'il n'ait converti que les hérétiques : cette science ardente et luisante agissait encore bien plus fortement sur les domesticiues de la foi, Boss. Pancg. saint François de aales. Qu'une princesse ou iju uue autie

femme fa.ssc du bien à ceux qu'elle prend pour les domestiques de la fol, ce n'est point une chose extraordinaire, bayl«, Marguerite, soeur de François I", au mot Navarre, note p.

t DOMFSTIQUKR. AjouUj : || V Kig. Adoucir. Il ne faut autre chose que savoir d'où l'esprit est venu, quelle est cette ratson qui domestiquera la rage de ses convoitises, halh. Lexique, éd. L. Lalanne. || Y. réfl. Se domestiquer, être adouci, rendu familier. La douleur, la pauvreté se domestiquent, aussitôt qu'elles sont arrivées entre ses mains, ID. l'b.

DOMICILIÉ, P.E. Ajoutez :\\i' Terme de banque. Se dit d'un domicile choisi pour une acceptation. Traite domiciliée.

DOMICILIER. Ajoutez : || a* V. a. Terme de banque. Élire domicile pour le payement d'une traite. Nous cherchons à faire participer notre clientèle à ses avantages [d'une chambre de compensation] en l'autorisant à domiciliera nos caisses ses acceptations, Compte rendu de la Société de crédit indwfiriel et commerc. 20 avr. (872 (dans Semaine financière, n' (7, 27 avr. (872). La Société [générale du Crédit industriel et commercinl].... effectue sans commission, à ses guichets, tous payements pour le compte de ses déposants; elle les autorise notamment à domicilier leurs acceptations à ses caisses, Joum. offic. » fév. (874, p. (I28, 2* col. Domicilier une traite, scuiebbc( odkrmann, Corresp. commerc.

DO.MINATEUR. — HIST. XVI' S. Ajoutez : Aucuns hommes sans pieté sont couvertement entrez.... denyans le seul dominateur nostre seigneur Jesucbrist, Jude, 4, Nouv. Test. éd. Lefebvre d'Etaplcs, Paris, 1525.

t 2. DOMINICAIN, AINE (do-mi-ni-kin, kè-n'), adj. Qui est relatif à l'Ile et à la république de Saint-Domingue. La république dominicaine.

f DO.MINION (do-mi-ni-on), t. m. Nom donné par les Anglais aux pays qui constituent le Canada. La population de la confédération canadienne appelée par les natifs du nom de Dominion ou Puissance, s'élève donc à 3 607 476 habitants, Joum. offie.

8 sept. 1872, p. 5910, 3* col.

DOMINO. — ÊTYM. Ajoutez : D'après l'ilnnuair» de l'Eure, 32« année, le jeu de domino vient de ceci : Des moines appartenant au monastère du Mont-Cassin, ayant été mis dans la cellule de pénitence, taillèrent des carrés de bois, y marquèrent des points et en firent un jeu. Sortis de cellule, ils communiquèrent le jeu aux autres moines, et, toutes les fois qu'un des joueurs réussissait à placer tous les dés, il s'écriait benedi'camus domt'no, formule ordinaire aux moines. Ce domino souvent répété devint le nom du jeu. Z.'i4nnuatre s'appuie sur une vieii'.e chronique ; mais quelle chronique? Tant qu'on n'aura cité ni la chronique ni les termes dont elle se sert, l'étymologie susdite reste une simple allégation , suspecte comme toute étymologie anecdotiquc ; cependant elle a pour elle d'expliquer l'expression faire domino; car c'est de là qu'il faut partir.

f DOMITIQUE (do-miti-k'), adj. Terme de géologie. Qui appartient à la domite. D'immenses dômes qui se sont formés et écroulés successivement [dans les montagnes de la lune], de sorte cependant que les dômes postérieurs ont eu un diamètre décroissant ; on trouverait ici une grande analogie avec les montagnes domitiques du Puy-de-Dôme, ile«tte des sociétés savantes, 1864, p. (64.

+ DOMOÏDB (do-mo-i-d'), ». m. Terme do géométrie. Figure polygonale dérivant de la pyramide (Léopold Hugo), Joum. offic. 4 sept. (873, p. 5720,

3* col.

DOMPTABLE. Ajoutez : — HIST. XIV s. Domitatt'Jis, dontaulcs, escallikr, Focob. latin-franc. 824.

t DOMPTAGE(don-ta-j'),i. m. Action de dompter. Les rois eux-mêmes ne se permettent pas de s'asseoir sur lui [l'éléphant blanc), et vous voulez qu'il s'abaisse à vous aider au domptagc? g. sand, Rev. des Deux-Morules, (" nov. (875, p. (58. Le domptagc de l'éléphant sauvage par deux monstres dressés à cet exercice, qui le pressent si fort qu'il finit par se soumettre, Rev. Britann. juill. I87s, p. (26.

DOMPTER. — ÊTYM. Ajoutez : Dans l'Aunis, on dit dan:er, pour dompter, dresser les animaux {Gloss. aunisien, p. 94); cette forme est un remarquable archaïsme, témoin de l'antique substitution de l'a à l'o : anc. franc, dantfr, à côté de donler.

DONATAIRE. ^jou(ei ; || Vierge au donataire, tableau do Rapbatl où saint François, saint Jean-

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