‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 60 sur 754 · RHÉ · texte numérisé non relu

RHÉ

que et de la Nouvelle-Hollande, de l'ordre des coureurs; l'on y dislingue la rhée nandou.

t RUEGMATE (rè-gma-f), s. m. Terme de botanique. Fruit diérésilien correspondant à l'élatérie de Richard.

— ÉTYM. 'Pfiyv-a, rupture, de f>iifv\>[>.i, pour fpi^yvujit ; comparez le latin frangere.

t RHÉINE (ré-i-n'), i. f. Matière jaune, dite aussi acide rhéique, acide chrysophénique, que renferme la racine de rhubarbe, et qui devient d'un rouge pourpre par les alcalis.

— ÉTYM. Rheum, nom latin botanique du genre rhubarbe.

fRHÉXAN, ANE (ré-nan, na-n') , adj. Qui appartient au Rhin. Les provinces rhénanes.

— ÉTYM. Lit. Rhenus, le Rhin.

t RHÉOMftTRE (ré-o-mîi-tr'), s. m. Terme de physique. Instrument pour mesurer la force d'un courant électrique.

— ÉTYM. 'PeTv, couler, et (iixpov, mesure.

.f RHi;OPUORE(ré-o-fo-r'), *. m. Terme de physique. Nom donné aux fils métalliques qui, dans une pile, conduisent les deux courants électriques.

— ÉTYM. 'Petv, couler, et fopbi, qui porte. RHËTKUR (ré-teur), s. m. \\ 1* Chez les anciens

grecs, terme qui avait un double sens: l'orateur, et celui qui enseii-'ne à bien dire. On appelle rhéteurs ceux qui faisaient profession d'enseigner l'éloquence, et qui en ont laissé des préceptes, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. XI, 2* part. p. 649, dans polgens. Le devoir propre du rhéteur, c'est de leur faire sentir [aux étudiants] l'économie d'un discours, les beautés qui s'y trouvent, et les défauts même qui peuvent s'y trouver, ID. Traité des Et. m, 3. || 2" Aujourd'hui, en parlant des anciens ou de ceux qui sont morts, celui qui enseigne l'art de bien dire, et qui donne des règles et des préceptes d'éloquence. || 3" Par déniifrement et dans un sens détourné, l'homme qui ne cherche que la forme du discours, ne s'attache pas du tout au fond des choses, et parle beaucoup sans rien dire. Rhéteurs embarrassés dans votre toge neuve, v. hugo, Crépuscule, 2. || Se dit aussi de celui qui dissimule de mauvaises ou insuffisantes raisons sous une forme passionnée.

— ÉTYM. Lat. rhetorem, du grec ^viTup. 'Pin-tup, éolien ppriTwp, venant de feu, tpôi, dire, parler, se rattache par le digamma au lat. verbum, au goth. eaurd, ail. Wort, angl. word.

t RHÉTINITE, RHÉTINNASPHALTE, VOy. BÉTI- NiTE, RÉTiNN ASPHALTE, bien que l'ortbographe par r/i soit meilleure.

t RUÊTIQUE (ré-ti-k'), s. m. Dialecte italien que l'on parle chez les Grisons.

— ÉTYM. Lat. Rhœtia, la Rhétle.

BUÉTORICIEN (rc-to-ri-siin) , s. m. || 1* Celui

qui sait la rhétorique. Ils [les lâches conseillers] emploient tout l'art des rbétoriciens à lui exagérer [au prince] les misères de la guerre, balz. De la cour, i' dise. \\ Adjectivement. Le prophète persuadait sans rhétorique ; le paraphraste est rhétoricien sans persuader-, ID. Socrate chrét. Disc. 7. Grégoire de Tours.... ne laisse pas que d'être fleuri et rhétoricien dans son style, chateauii. Voy. à Clermont. |l 2' Écolier qui éludie en rhétorique. Un bon rhétoricien. || S. f. Rhétoricicnne, se dit quelquefois des jeunes filles qui, dans les pensionnats, suivent la classe de rhétorique française.

— HIST. XIII* s. Et Brichemer fu en estant, Qui la parole a conmenciée, Bien l'a conduite et agenciée Si comme bons restoriens, Ren. 8869. || xv" s. À sa belle parleure [de Charles V].... ne croy que rethoricien quelquonques en lengue françoise sceust riens amender, chr. de pis. Charles V, i, n. Tout bon relhoricien doit parler et dire ce qu'il veut monstrer saigement, briefment, sub.stancieusement et hardiement, E. desch Art de dictier. \\ xvi* s. Un rhétoricien du temps passé disoit que son mestier estoit, de choses petites, les faire paroistre et trouver grandes; c'est un cordonnier qui sçait faire de grands souliers à un petit pied, mont, i, 379.

— ÉTYM. Rhétorique.

RHÉTORIQUE (ré-to-ri-k') , s. f.\\l' L'art de bien dire ou 1 art de parler de manière à persuader; la dialectique des vraisemblances, suivant la définition d'Aristote. Il paraît bien que vous avez respiré l'air de Florence, que vous vous êtes coloré au soleil de Home, que vous venez nouvellement du pays natal de la rhétorique, balz. liv. i, lelt. e. Ceux qui ont le raisonnement le plus fort.... peuvent toujours le mieux persuader ce qu'ils proposent, encore qu'ils ne parlassent que bas-breton et qu'ils n'eussent jamais appris de rhétorique, desc. Méth. I, ». Pour orner une telle vie, je n'ai pas be-

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soin d'emprunter les fausses couleurs de la rhétorI« que, Boss. Bourgoing. Empédocle d'Agrigfnte, célèbre philosophe, passe pour le premier qui ait eu quelque connaissance de la rhétorique: Corai et Tisias, tous deux Siciliens, pour les premiers qui en aient donné des règles, rolun, Uist. anc. Œuv. t. xi, 2* part. p. 661, dans pougkns. Ils ne savent pas faire usage de l'apostrophe, une des plus puis-santes machines de la rhétorique, p. l. cour. Lett. au Cervseur, l. Il Figures de rhétorique, formes particulières de langage, qui donnent de la force ou de la grâce au discours. || 2' Terme de collège. La classe de rhétorique, ou la rhétorique, la classe où l'on enseigne la rhétorique. Faire sa rhétorique. Aller en rhétorique. Professeur de rhétorique. Qusnd on sait ou qu'on croit savoir assez de latm, on passe en rhétorique; c'est alors qu'on commence à produire quebjue chose de soi-même, d'alemb. Œuv. t. i, p. B6. Il 3° Ouvrage écrit sur la rhétorique. On peut (lire que la rhétorique de Quintilien, qu'il intitula Institutions oratoires, est la plus complète que l'antiquité nous ait laissée, rollis, Ilist. anc. Œuv. t. xi, 2" part. p. 727, dans pougens. || Titre de certains traités de rhétorique. Aristote est reconnu avec raison pour le chef et le prince des rhéteurs ; sa Rhétorique, divisée en trois livres, a toujours été considérée par les savants comme un chef-d'œuvre et comme le traité le plus accompli qui ait paru sur cette matière, id. ib. p. 652. H** Fig. et familièrement. Tout ce qu'on emploie dans le discours pour persuader quelqu'un, ou pour exposer, décrire queliiue chose. D'abord le temple magnifique Exerça fort la rhétorique Tant des Troyens que du seigneur, scarr yirg. vi. Par ces répliques et dupliques De leurs royales rhétoriques Ils firent quelque temps essai, id. ib. viii. Je vous écoute dire; et votre rhétorique En termes assez forts à mon âme s'explique, MOL. Tari, m, 3. Nous épuisâmes nos rhétoriques, Revel et moi [pour persuader Mme de Chaulnes]; M. de Chaulnes nous soutenait, sÉv. 4 sept. 1689. L'esprit de ce petit garçon est trop joli, toutes ses petites pensées, tous ses petits raisonnements, ses finesses, sa petite rhétorique naturelle.... ID. 20 juill. 4 689. Il avait tout le temps d'étaler sa rhétorique sur ce beau sujet, iiamilt. Gramm. 4 1. D'Aubanton vint un matin chez moi; j'écoutai une flatteuse rhétorique pour me faire goiiter ce que Pontchartrain m'avait proposé, st-sim. 304, 2(«. Il 5° Par dénigrement. Discours vain et pompeux. Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Un spectateur toujours paresseux d'applaudir. Et qui, des vains efforts de votre rhétorique Justement fatigué, s'endort ou vous critique, Boii,. Art p. m. Ces lois [des Visigoths] pleines de rhétorique et vides de sens, MONTESQ. Esp. xxviii, 4. Il 6° Chambre de rhétorique, se dit de certaines sociétés littéraires qui se formèrent dans les Pays-Bas dès le moyen âge.

— IIIST. xiii* s. Rectorique est une science qui nous enseigne bien pleinement et parfetement dire es choses communes et es privées, brun, laïini. Trésor, p. 470. || xv* s. [Jean Lyon] parloit si belle rhétorique et par si grand art, que ceux qui l'oyoïent estoient tous resjouis de son langage, fhoiss. ii, m, 53. Il XVI* s. Ariston définit sagement la rhétorique, science à persuader le peuple; Socrates, Platon, art de tromper et de flatter, mont, i, 380. Je suis meu d'une indicible ardeur de mettre avant ma rhétorique, et estaler ma marchandise en ce lieu, Sat. Mén. Har. de U. le recteur Rosa.

— ÊTYM. Provenç. rethorica ; espagn. retorica ; ital. rettarica ; du lat. rhetorica, qui est le grec friTtopix^i, de friTwp, rhéteur.

t RUINALGIE (ri-nal-jie), ». f. Douleur qui a son siège au nez.

— ÉTYM. 'Piv, nez, et âX-yoç, douleur.

t RUINANTUE (ri-nan-t') , s. m. Genre de la famille des scrophulariées.

— ÊTYM. 'Piv, nez, et àvSo; fleur, à cause de la forme des fleurs qui simule le profil d'un nez aquilin.

t RHINARIOX (ri-na-ri-on), s. m. Terme de zoologie. Bout du nez d'un mammifère, quand il est couvert d'une peau humide. || Chez les insectes, espace compris entre le bord antérieur du nez et le labre.

— ÊTVM. 'Piv , nez

t RHINENCÉPHALE (ri-nan-sé-fa-l') , s. m. Terme de tératologie. Monstres rhinencéphales, monstres qui ont le nez prolongé en forme de trompe.

— ÉTYM. 'Piv, nez, et encéphale.

t RHINENCHYTE (ri-nan-chi-f), ». m. Terme de chirurgie. Instrument destiné à faire des injections dans le nez.

— ÊTYM. 'Piv, nez,iv, dans, etx«îv, verser.

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4. RHINGRAVE (rin-grav'), s. m. Comte du Rhin, il se disait des juges, des gouverneurs des villes situées le long du Rhin, et de quelques princes d'Allemagne. Un des rhingraves, prisonnier au comlial où se trouva le duc de Coislin, lui échut, st-sim. 4 10, 483. Il Ui femme d'un rhingrave était appelée madame la rhingrave.

— ÊTYM. Ail liheingrof, de Rliein, le Rhin, et Graf, comte.

2. RHINGRAVE (rin-g'a-vT, S. f. Sorte d'ancien vêtement, haut-de-chausses fort ample, attaché par le bas avec plusieurs rubans. Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave Qu'il a gagné votre âme en faisant votre esclave? mol. Mis. ii, l. J'ai chez moi un garçon qui, pour monter une rhingrave, est le plus grand génie du monde, et un autre qui, pour assembler un pourpoint, est le héros de notre temps, 10. Bourg, gent. ii, 8.

— KTVM. KUingrave, I.

t RUINGRAViÀT (ringra-vi-a), ». m. Fonction, dignité de rhingrave.

t RHINITE (ri-ni-t*), s. f. Terme de médecine. Synonyme de coryza.

— ÊTYM. 'Piv, nez, et la finale médicale ite indiquant inflnmmation.

t RUINLANUIQUE (rin-lan-di-k') , adj. Pied rhinlanilii|UB, pied en usage sur les bords du Rhin, valant 3 1 3,85 millimètres. Il [un miroir ardent] a trois pieds rhinlandi()ues de diamètre et pèse )60 livres, ce qui est une grandeur énorme par rapport aux plus grands verres convexes qui aient jamais été faits, FONTEN. TscJiirnhaus.

— ETYM. AU. Rheinland, pays du Rhin, de Rliein, Rhin, et l.and, pays.

t RHINOf.lCUE {ri-no-sè-r'), s. f. Capitale imaginaire des rhinocéros d'après la Fontaine. L'éléphant repartit: quoi I vous ne savez pas Que le Rhinocéros nie dispute le pas, Qu'Êléphantide a guerre avecque Rhinocère? la font. Fabl. xii, 2t.

RHINOCÉROS (ri-no-sé-ros'), t. m. || 1" Grand quadrupède sauvage portant une ou deux cornes sur le nez, genre de l'ordre des pachydermes. Après l'éléphant, le rhinocéros est le plus puissant des animaux quadrupèdes, buff. Quadrup. t. iv, p. Si 7. Le rhinocéros qui arriva à Londres en 1739, avait été envoyé de Bengale; quoique très-jeune, puisqu'il n'avait que deux ans, les frais de sa nourriture et de son voyage montaient à près de mille livres sterling, id. ib. t. iv, p. 334. Ils [les anciens] connaissaient les rhinocéros à deux cornes, que l'Europe moderne n'a point vus vivants, cuvieh. Révolutions, p. 72. Il 2° Au rhinocéros, sorte de coiffure des petits-maîtres, dans le xviii' siècle. Mon Dieu I que je fus aise quand j'appris que le théâtre était purgé de blanc-poudrés coiffés au rhinocéros et à l'oiseau royal I volt. Lett. Mme d'Argental, 18 juin 1759.

— HIST. XVI' s. Les autres disent que la licorne ou monoceros ressemble à un rhinocéros, pars, Licorne, 2.

— ETYM. 'Pivoxépw;, de fiv, nez, et xÉpa;, corne. j RUINOPLASTIE (ri-no-pla-stie), s. f. Terme

de chirurgie. Opération ayant pour but de refaire un nez, lorsque cette partie du visage a été retranchée ou détruite par une cause quelconque.

— ÊTYM. 'Piv, nez, et itXâaan.y, former.

t RHINOPTIE (ri-no-ptie), s. f. Terme de médecine. Strabisme qui a lieu du côté du nez.

-.- ÉTYM. 'l'iv, nez, et Ô7iT0(ji,ai, voir.

t RHINOKRHAGIE (ri-no-rra-jie), s. f. Terme de médecine. Hémorrhagie nasale.

— Rtym. "Pcv, nez, et ^'r^(ll•^, faire éruption.

t RHLNORHUAPUIE (ri-no-rra-fîe), s. f. Terme de médecine. Réunion, par suture, des bords d'une plaie du nez.

— ETYM. "Piv, nez, et pÔTCTciv, coudre.

t RUINORRUÉE (ri-no-rrée), s. f. Terme de médecine. Ecoulement de mucosités limpides par le nez sans aucun symptôme inflammatoire.

— Ktym. 'Piv, nez, et fciv, couler.

+ RUINOTHÈQUE (ri-no-tè-k'), s. f. Terme de zoologie. Épi derme du bec des oiseaux.

— ETYM. 'Piv, nez, et ôrixifi, loge.

RUIZ.... Préfixe qui signifie racine, et qui vient de fiC', racine.

t RuiZAGRE (ri-za-gr'), s. (. Instrument propre à extraire les racines des dents.

— ETYM. Rhiz..., et iYpoi, action de saisir.

t RUIZANÏUE (ri-zan-f), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs ou les pédoncules naissent de la racine.

— ÊTYM. Rhit..., et âveoç, fleur.

t RHIZORLASTE (ri-zo-bla-sf) , adj. Terme de boUUKiue. Dont l'embryon est pourvu de racines.

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