ROL
un rôle, se charger de jouer un rôle dans une pièce. El j'ai pris dans la pièce un rôle ainsi que vous, imbert. Jaloux sans amour, m, 3. || Fig. Prendre un rôle, se couvrir d'un masque, || Fig. Rôle se dit de la part prise dans quelque affaire. Ses comp^ gnons jouaient chacun un rôle, la pont. Fér. Avezvous donc perdu, dites-moi, la parole ? Et faut-il qu'en ceci jo fasse votre rôle? mol. Tart. il, 3. Au moins, madame, souvenez-vous de votre rôle, id. Pourc. I, 4. Il 9° Le personnage qu'on fait dans le monde, le caractère qu'on y montre. Ce monde périssable et sa gloire frivole Est une comédie où j'ignorais mon rôle, rotrou, St Genest, iv, 6. Homme, dieux, animaux, tout y fait quelque rôle [dans l'apologue], la font. Fabl. v, l. J'ai médité sur cette mort [de Mme du Plessis-Guénégaud]; cette créature avait fait un grand rôle, la fortune de bien des gens, la joie et le plaisir de bien d'autres, sÉv. 18 août 1677. Pour moi, je ne suis plus bonne à rien; j'ai fait mon rôle, et, par mon goût, je ne souhaiterais jamais une si longue vie, ID. À Moulceau, lo janv. leoe. Je ne vois personne qui ne songe à sa vie et à sa santé; il n'y a que vous qui sembliez avoir en\ie d'expédier promptement votre rôle, id. à Mme de Grignan, 16 sept. 1677. Le monde, à mon avis, est comme un grand théâtre Où chacun en public, l'un par l'autre abusé, Souvent à ce qu'il est joue un rôle opposé, boil. Sat. XI. Ciccron, avec des parties admirables pour un second rôle, était incapable du premier, montesq. Rom. xn. Depuis longtemps, la France et l'Angleterre jouent le principal rôle dans les guerres générales de l'Europe, duclos, Œuv. t. v, p. 6 5. Monsieur Judas est un drôle Qui soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle, bérang. Judas. Mon cher, quittez ce rôle; Vous m'ennuyez beaucoup, si vous vous croyez drôle, v. hugo, Ruy Bios, IV, 6. Il Fig. L'électricité me paraît jouer un tris-grand rôle dans les tremblements de terre et dans les éruptions des volcans, buff. ♦• ép. nat.
Œuv. t. XII, p. 19».
— REM. On trouve, dans les exemples ci-dessus cités, rôle rimant avec frivole, parole et autres semblables. Ce sont des rimes très-défectueuses.
— HIST. XII* s. Cel jor firent François d'Anseys chevalier ; Car encore servoit au rôle d'escuier, Sax. IV. Il xiii* .s. Quant on vent ou acnate, Ii maires fait les roues et les tenances, et a de ces roues deux doniers,DUCANGE, rolulus. || xiv" s. Les rooles de copie auront trois espans de long, et un espan d'escrilure en lé, DU cange, espannus. Li dras fu abattus, ploiet l'ont comme un rôle, Baud. de Seb. ii, 683. || xv* s. On a beau tenir pied à bouUe ; On est vaincu à tour de roulle, coquillart, Plaidoy. Ils promirent trois cens hostages nommez en ung roolle par l'evesque de Lyege, comm. ii, i. |{ xvi* s. Comme on pourra voir au tour du roolle, j. d'auton, Ann. de Louis III, ms, f" es, dans lacurne. A ce dernier roolle de la mort et de nous, mont, i, 67. Il ne sera pas mis en chaise [chaire] pour dire un roolle
j prescript, id. i, 167. C'est le roolle de la couardise,
I non de la vertu, de.... id. n, 27f Ceux que Dieu
' veut exterminer de la vie céleste, ne seront point
au rolle de son peuple, calv. Inslil. 814. Cossé, sur
les degrez de la prison, appelle par roolle tous les
renfermez, que quatre ou cinq assommoient, d'aub.
Hist. II, 25. Puis la mort vient, qui nous envole;
Alors un chacun se repent Que mieux il n'a joué
son rôle, bons. Odes, v', 1 3. Les relies et rentier.^
des jurisdictions seront reformez de dix ans en dix
ans, Coust. génér. t. n, p. 760.
I — ÊTYM. Berry, rôle, rouleau : un rôle de toile;
provenç. rolle, rallie, rutle; catal. rotllo ; espagn.
rollo ; portug. rolo ; liai, rotolo , ruololo ; du lat.
rotulus, rouleau, derofo (voy. roue).
ROLER (rô-lé) , V. n. Terme familier qui ne sa dit guère qu'en mauvaise part. Écrire des rôles d'écriture. Plus il [un sergent] les voyait battre, mieux il rôlait, furetière. Roman bourgeois, liv. n, Hist. de Charrosselles, p. 2I8. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oioir.
— ETYM. Rôle.
RÔLET (rô-lè), ». m. Terme familier. Petit rôle ; il ne se dit que figurément pour signifier la vie, le rôle de chacun. Selon, ou plus ou moins, que dure le rôlet, Régnier, Sat. xiv. Là, rien n'était réglé, tout allait en désordre. Là chacun était maître et n'avait nul valet; Là sur son compagnon chacun cherchait à mordre. Et là chacun jouait un différent rôlet, saint-glas, Contes (1672), cité dans le Chasseur bibliographe, 2* année, n° 8. || Jouer bien son rilet, bien jouer son personnage. Il continue àjouer son rôlet, la font. Serv. Quand sur la scène de ce
ROM
monde, Chaque homme a joué son rôlet, volt. Poés. mêlées, 127. Il Être au bout de son rôlet, ne savoir plus que dire ni que faire. Je crois que je suis au bout de mon rôlet, et que j'ai épuisé toutes mes ressources [pour les corrections d'une tragédie], VOLT. Lett. d'Argenlal, s déc. t768.
— HlST. xiii* s. Si pendent à l'olive escrites En ung rolet letres petites, Qui dient à ceus qui les lisent, Oui souz l'olive en l'ombre gisent, lo Rose, a07)8. Il XV» s. Voy que Salmon escript en son roulai : Homme sage (ce dit-il) a puissance Sur les planètes et sur leur influence, villon, Débat du cœur et du corps, Bail.
— ÊTYM. Dimin. derôle.
t ROI.ETTE (ro-lè-f), t. f. Synonyme de bette, fJante.
t ROleOR (rÛ-leur), t. m. Ouvrier qui fait des rCles de tabac.
t ROLLE (ro-l'), t. m. Tisonnier à l'usage du chaufournier.
— ÊTYM. Mie, dans le sens de rouleau : xv« s. Rooles de chesne, Perceforest, t. ii, f° 67.
t ROLLER (rol-lèr), s. m. Cylindre qui traite le fer quand il est devenu malléable par le recuit.
— ÉTYM. Angl. roUer, cylindre, rouleau, du verbe ta roll, rouler, qui vient du français rouler.
t ROLLIER (ro-lié), s. m. Genre d'oiseaux de l'ancien continent (passereaux). || Joli oiseau de l'ordre des pies; on le nomme aussi geai de Strasbourg et perroquet d'Allemagne. Nos officiers tuèrent.... un rollier d'un très-beau bleu, qui n'a point été décrit par M. de Buffon; il est très-commun dans l'île Sainte-Catherine, lapérouse, Foy. t. ii, p. 39, dans potiGEN.s.
■j- ROMAÏKA (ro-ma-i-ka), s. f. Danse nationale des Grecs modernes.
— ÉTYM. Romaique-
t. ROMAIN, AINE(ro-min, mè-n'), adj. \\ l' Qui
appartient à l'ancienne Rome ou aux Romains Au
seul aspect de la grandeur romaine, corn. Sertor. n, 2. Regardez-moi, seigneur, comme dame romaine, iD. i6. II, 2. Il ne reste pas aujourd'hui dans Rome une seule famille qui puisse se dire romaine; il n'y a que le nom et les ruines de la maîtresse du monde qui subsistent, volt. Ann, Emp. Charles-Quint, «527. || Citoyen romain, homme qui jouissait des droits de cité à Rome. {| Citoyen romain, titre qui fut accordé par extension à des rois alliés et même à des villes et à des provinces d'Italie. || Beauté romaine, femme qui a de grands traits bien marqués et un air majestueux. Il l' Chiffres romains, lettres numérales C, D, I, L, M, V, X, etc. Il 8° Fig. Qui rappelle le courage, l'austérité et les autres qualités des anciens Romains. Une vertu romaine. Un cœur vraiment romain, CORN. Cinna, m, 4. Il se trouverait peut-être quelques dames qui trouveraient ceci un peu romain. Et rendraient grâce aux dieux de n'être pas Romaines, Pour conserver encor quelque chose d'humain, sÉv. Lett. à Bussy, 26 juin (666. Vauban pressa le roi de l'envoyer Ji Turin [sous les ordres de la FeuiUade] ; cette offre romaine ne fut pas acceptée, st-sim. i 52, 2)1. Impossibilité qui l'empêche jleroi] de se livrer à des entreprises romaines du côté des bâtiments militaires et civils, :d. 395, )2*. Deux ans passés au village adoucirent un peu mon âpreté romaine, j. j. »ot;ss. Conf. 1. 1| 4" X la romaine, à la manière romaine. Ils vivent à la romaine ou à la grecque, la BHUY. III. Bouchardon a vêtu Louis XV à la romaine, et il a bien fait, dider. Ess. sur la peinture, ch. 5. Il Punch à la romaine, composition de glaces au citron, avec sirop de vanille, le tout frappé, avec addition de blanc de meringue, et d'un peu de rhum ou kirsch ou vin de Champagne. [J B" Se dit aussi des personnes et des choses qui appartiennent à la Kome moderne. L'Église romaine. La religion catholique, apostolique et romaine. Bréviaire romain. Rite romain. {| Laitue romaine, voy. romaine 2. Il 6° Subst. Homme, femme de l'ancienne Rome ou de Rome moderne. Puissé-je.... Voir le dernier Romain à son dernier soupir 1 corn. Ilor. IV, 5. Il Fig. De Romain, en homme de grand cœur, de haut courage. Vous ferez une action de Romain, si vous parvenez à faire jouer Rome sauvée, volt. Lett. d'Argental, 27 août (754. Tous ses discours de la journée furent un mélange de hauteur de Romain et de bassesse de courtisan, duclos, Œuvr. t. VI, p. M5. Il Fig. C'est un Romain, se dit d'un homme connu par de grands sentiments de probité et par son patriotisme. || Les derniers des Romains, ceux qui ont défendu les derniers la république. Regarde le malheur de Brute et de Cassie.... Ne '.es compte-t-ou plus pour les deraiers Romains 1
corn. Cinna, i, » || Familièrement. C'est le dernier des Romains, il a des vertus qui ne sont plus do son temps. Il 7° Romains, nom sous lequel on a désigné, dans les temps de la monarchie franque, les Gaulois d'origine. || 8* Terme d'argot des théâtres. Claqueurs. Sous le lustre avec les romains du parterre.
— ETYM. Lat. Romanus, de Roma, Rome.
2. ROMAIN (ro-min), s. m. || 1° Terme d'imprimerie. Le gros romain, le caractère qui a seize points. Il Petit romain, caractère très-usité, dont le corps porte neuf points. || 2" Dans chaque corps de caractères, celui dont les traits sont perpendiculaires, à la différence de l'italique dont les traits sont inclinés. Il Adj. Caractère romain.
t. ROMAINE (ro-mè-n'),ï. f. \\ f Balance qui consiste en un Iléau divisé en deux bras inégaux ; l'objet â peser est attaché au plus court, tandis qu'un anneau mobile portant un poids glisse sur l'autre bras, jusqu'à ce qu'il s'arrête au point où il fait équilibre à l'objet i peser, et indique le poids de cet objet sur une échelle gravée sur le fléau. Enjoint aux maîtres des forges d'avoir des romaines pour peser lesdites gueuses. Arrêt du conseil, 4 juin (639. La romaine m'exempte do juger à la main le poids que je connais par elle, j. j. Rouss. Ém. m. || Adj. Balance romaine. Les hôteliers ne pourront tenir en leurs maisons poids, fléaux, ni balances romaines, ni autres ustensiles à peser. Statuts et ordonn. vérifiés en parlement, le (2 mai (68). Il J° Terme de marine. Instrument en forme de levier, pour mesurer la force des chanvres. Il On se sert aussi d'une romaine pour essayer la soie. Ces soies ont été essayées à la petite romaine de Regnié, pour connaître leur solidité, ROARn, Inslit. Mém. se. phys. et math. Sav. élr. t. II, p. 536. Il 3° Cerceau auquel le cirier suspend les mèches au-dessus de la cire fondue. || 4» Nom donné quelquefois, mais improprement, au dynamomètre et au peson dont on se sert pour évaluer les poids des corps par le degré de flexion que ces poids font éprouver à un ressort.
— HlST. xiv s. Le suppliant retint l'autre pièce de toile avec un romman et un biquet d'argent à peser, du cange, romana.
— ÉTYM. Arabe, rommana, poids et balance.
2. ROMAINE (ro-mè-n'), s. f. Variété alimentaire de la laitue cultivée. || Adj. Laitue romaine.
— ÉTYM. Rapportée par Bureau de la Rivière, dans le xiv siècle, d'Avignon, où siégeait la cour pontificale, et nommée ainsi à cause de celte origine.
•| 3. ROMAINE (ro-mè-n'), s. f. Sorte de petit papier in-folio. Il Petite romaine, petit papier après le poulet.
t 4. ROMAINE (ro-mè-n'), ». f. Nom qu'on donnait à Rouen, à Dieppe, etc., à ce qu'on appelle la douane.
t ROMAINEMENT (ro-mè-ne-man), adv. X la manière romaine. Il assure qu'il y avait des quartiers à Rome où l'on parlait plus romainement, BALz. le Barbon.
— HIST. XIII* s. Si je veuil descrire briement, Comme on vit roumainement ; Roumains a la langue sece et dure Ne peut parler sans oignement..., DU CANGE, romanizare.
t ROMAÏQUE (ro-ma-i-k'), adj. Qui appartient aux Grecs modernes. |l S. m. Le romaique, le langage grec moderne. |{ Grec vulgaire en usage au moyen âge. {| 1* S. f. La romaique, synonyme de romaïka. Qui.... voudrait sous le soleil d'Attique Voir les Grecs aux pieds nus danser la romaique, p. LEBRUN, Ép . le Roi de Grèce.
— ÉTYM. 'Puiiauô;, terme qui, signifiant romain, a passé aux Grecs quand l'empire romain d'Orient se fixa chez eux.
I. ROMAN, ANE (ro-man, ma-n'), adj. || 1' Il s'est dit d'un langage qu'on a supposé avoir été intermédiaire entre le latin et les langues qui en sont nées, mais qui, en ce sens, n'a jamais existé. || Aujourd'hui, il se dit des langues qui se sont formées du latin, et dont les quatre principales sont : l'espagnol, le français, l'italien et le provençal. Les langues romanes. Il S. m. Le roman, l'ensemble des langues romanes. || Roman provençal, langue d'oc. Vers la fin du onzième siècle, on vit la poésie commencer en Provence en langage roman, ou romain corrompu, comme elle avait fait dans la Grèce, par des chants héroïques et satiriques, mabmontel, Œur. t. IX, p. 338. Il On a dit aussi roman rustique. Le roman de Philomena, écrit aux' siècle en roman rustique, volt. Dict. phil. Français. {| i' Se dit du stylo qui régna dans la construction des édilîces, du V* au XII' siècle, et dont les voûtes à plein cintre forment le principal caractère.
ROM
— HIST. III' s. Qui ceste estoire en romanz mist, Rou, 10442. Caràl'eschole fu quant il fu petis. Tant que il sot [sut] et romans et latin, du canob, romanut. Il XIII* s. Il li otroie, quanqu'il volt. Il s'abaissa, et cil l'asolt Moitié romanz, moitié latin, R«n. (0833. Un mcsagier qui miex parlast, Loeroie [je conseillerais] qui i alast Sans plus atargier le malin. Qui parlast romanz ou latin, ib. (880s. S'auscuns demande por quoi chis livres est escris en romans reloue le patois de France, puis que noz somes Italiens, bbur. latini, Trésor. \\ xvi* s. On appella roman nostra nouveau langage, pour ce qu'il estoit corrompu du vray romain ; je trouve un passage où on l'appelle rustique roman, pasquier, Recherehei, vui, p. «64, dans lacurne.
— ÉTYM. ProT. roman; cat. romani; espagn. et port, romance; du lat. romanut, romain. Il est remarquable que ce mot a une i thématique en vieux français, et une forme analogue en espagnol. Le provençal n'a pas cette *.
2. RÔMA.V (ro-man), ». m. 1| 1' Narration vraie ou feinte, écrite en vieux langage ou langage roman, soit en vers, soit en prose. Le roman de Mahomet. Le roman de la Rose. Le roman de Perceforest. Les vieux romans de chevalerie. Quelque autre Jean de Meung en fera >!es romans, Régnier, Éptt. 1. Il 2* Histoire feinte, écrite en prose, où l'auteur cherche à exciter l'intérêt par la peinture des passions, des mœurs, ou parla sin^'ularité des aventures. Je ne le saurais pas mettre [un principe} par force en l'esprit de ceux qui ne liront mes Méditations que comme un roman, pour se désennuyer et sans y avoir grande attention, Dtsc. Rép. ii, (t. Le conseiller dit qu'il n'y avait rien de plus divertissant que quelques romans modernes ; que les Français seuls en savaient faire de bons, scarr. Rom. com. I, 21. Ce que l'on appelle proprement roman sont des histoires feintes d'aventures amoureuses, écrites en prose avec art pour le plaisir et l'amusement des lecteurs, huet. De l'origine des romam, p. 3. La fable représente des cho.^es qui n'ont point été, et n'ont pu être ; et le roman représente des choses qui ont pu être, mais qui n'ont point été, m. ib. p. (19. La cour est toute réjouie du mariage de M. le prince de Conti et de Mlle de UIols; ils s'aiment comme dans les romans, sÉv. 394. Des aventuriers, des épées, des chapeaux du bel air, une idée de guerre, de roman, d'embarquement, d'aventures, de chaînes, de fers, d'esclaves, de servitude, de captivité ; moi, qui aime les romans, je suis transportée, in. (66. Elle y perdait [dans l'étude de l'histoire] le goût des romans et de leurs fades héros ; et, soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisait ces froides et dangereuses fictions, Boss. Duch. d'Orl. Les romans et les autres livres corrupteurs de la vie humaine, m. Comédie, 4. Un roman, sans blesser les lois ni la coutume, Peut conduire un héros au dixième volume, boil. Sat. ix. Bientôt, l'amour, fertile en tendres sentiments, S'empara du théâtre ainsi que des romans, ID. Art p. m. Je montrerais qu'il y a des genres de poésie, où nonseulement les Latins ne nous ont point surpassés, mais qu'ils n'ont pas même connus, comme, par exemple, ces poèmes en prose que nous appelons romans, et dont nous avons chez nous des modèles qu'on ne saurait trop estimer, à la morale près qui est fort vicieuse, et qui en rend la lecture dangereuse aux jeunes personnes, ID. Leit. à Perrault. Il semble que le roman et la comédie pourraient être aussi utiles qu'ils sont nuisibles, la brut. 1. U semble que la fortune imitât un auteur de roman qui aurait ménagé des rencontres imprévues et singulières en faveur des vertus de son héros, fonten. Uarsigli. La lecture des romans et des histoires fabuleuses, qui étouffent peu à peu l'amour et le goût du vrai, rollin. Traité des Et, 3' part. I, 2. U regarde ces vertus.... comme de» vertus de roman et de théâtre, mass. Pet. carême. Tentât, des Gr. Faites des romans, lui dit un bel esprit qui était là; c'est une excellente ressource à Paris, volt. Jeannotet Colin. L'histoire dit ce qu'on a fait; Un bon roman, ce qu'il faut faire, ID. Lett. en rers et en prose, (4i. Je voudrais qu'on trouvât un autre nom pour les ouvrages de Riohardson, qui élèvent l'esprit, qui touchent l'âme, qui respirant partout l'amour du bien, et qu'on appelle aussi des romans, dider. Élog. de Richardson. Sa disgrâce [de Fénelon] à la cour, qui avait commencé par ses opinions mystiques, fut consommée sans retour par son roman de Télémaque, d'alemb. Éloges, Fénelon. Malheur à tout roman que le lec teur n'est pas pressé d'achever! d'alemb. Eloges, Marivaux. U [Napoléon, à Moscou] cherchait i
ROM
s'étourdir; puis, s'appesantissant, ils le Toyaient passer set longues heures i demi couché, comme engourdi, et attendant, un roman à la main, le dinoilment de sa terrible histoire, isÉGUR, Ilist. de Nap. VIII, H. 11 faut le dire, messieurs, le roman éloquent, le roman passionné, le roman moral et vertueux est le poème épique des nations modernes, TiLLEMAiN, /.»'«. fr. xvui' siècle, a* part, i" leçon. Le roman profondément moral, le roman qui prend l'âme et la suit dans toutes ses nuances,le roman qui prend la vie dans toutes ses conditions, qui laisse à chaque condition son caractère, son intérêt, sa passion, son langage, le roman qui est un immense drame, n'existait pas, id. ib. || Héros de roman, le personnage principal d'un roman. Des héros de roman fuyez les petitesses; Toutefois aux grands coeurs donnez quelques faiblesses, boil. Art p. m. Au lieu que d'Orfé, dans son Astrée, de bergers très-frivoles avait fait des héros de roman considérables, ces auteurs, au contraire, des héros les plus considérables de l'histoire firent des bergers trcs-frivoles, id. Héros de romans, discours. || Fig. Héros de roman, homme qui affecte d'agir et de parler comme les héros de roman. || Princesse de roman, femme qui vit, qui voyage sans paraître s'occuper des conditions nécessaires de la vie, comme font les héroïnes <le roman. C'est pour le coup que miss Betsy pouvait dire que j'avais l'air d'une princesse de roman, m"' riccoboni, Fanny Butler, t. i, p. 1B6, dans pougens. || Fig. Prendre le roman par la queue, se marier avant de faire l'amour. Ne faire l'amour qu'en faisant le contrat de mariage, et prendre justement le roman par la queue, mol. Préc. B. |1 Prendre le roman par la queue signifie aussi : vivre maritalement avant le mariage. || Faire un roman, gagner le cœur, comme on voit dans les romans, d'une personne de condition supérieure. Quelque jeune princesse avec laquelle je pusse faire un roman, j. i. rouss. Conf. n. Il En un autre sens, faire un roman, raconter les choses tout autrement qu'elles ne se sont passées. La belle lui fit Un long roman de son histoire, LA FONT. Ftanc. Il Fig. Abréger le roman, arriver promptement au dénoûment d'une afîairo, et surtout d'un amour, d'un mariage. Si tu réussis, nous abrégerons le roman, je te le promets, dancourt, les Fies, i, 4. || Roman d'éducation, roman qui représente l'éducation d'un personnage fictif comme type d'éducation à donner. || Roman historique, roman dans lequel on peint une époque historique. Ce qui m'inclinerait à croire que le roman historique est un mauvais genre : vous trompez l'ignorant, TOUS dégoûtez l'homme instruit, vous gâtez l'iiistoire par la fiction et la fiction par l'histoire, dider. CioudectJVfr.il, 101. Il Roman intime, roman où l'on peint lintérieur d'une âme, les pensées, les mobiles. Il Roman d'intrigue, roman où se déroule une intrigue plus ou moins compliquée. || Roman merveilleux ou fantastique, roman où les êtres surnaturels jouent un rôle. || Roman de mœurs, roman où l'on fait la peinture des mœurs. {| Roman poétique, roman qui a la forme, le langage, la pompe dun poème. || 3° Fig. De roman, se dit pour exprimer ce quia le charme, le merveilleux des romans. Paris semble à mes yeux un pays de romans, CORN, le Ment. :i, 6. || 4° Aventures extraordinaires, récits ou peintures sans vraisemblance. Sa vie est un roman. Cela tient du roman. On dit que le petit prince [d'Angleterre] n'est pointa Portsmouth.... sa fuite fera roman qlielque jour, sÉv. 13 déc. )688. Elle débita un roman avec tant d'esprit que le capitaine en fut charmé, lesage, Diable boit. 9. La Cyropédie de Xénophon est un roman; mais des fables qui enseignent la vertu valent mieux que des histoires mêlées de fables qui ne racontent que des forfaits, volt. Pyrrh. hist. a. J'aurais bien plus écrit ; mais je dois regretter Quelques beaux jours perdus loiu de mon oratoire : C'était un vrai roman ; le reste est de l'histoire. Et de la sainte encor [c'est Mme de Genlis qui parle], m.j. cbén. Les nouveaux saints. || S° Il se dit des idées qui n'ont pas plus de réalité que n'en ont les romans. Les spéculatifs composent des romans dans les conseils, et font des propositions i peu près semblables à celles de cet artisan ... BAL2. De la cour, ♦• dise. 11 [Théophile] feint, !1 exagère, il passe le vrai dans la nature, il en fait le roman, la bhut. i. Ceux qui ont fait le roman des Idées se sont flattés qu'ils rendraient raison des idées de l'infini, volt. Métapli. 3. Une foule d'arguments prouvent que ce plo.n prétendu était un roman, id. Newt. ii, a. Le bonheur de mon espèce m'est si cher, que je suis toujours tenté de croire aux romans qu'on m'en fait, iiiheb, Claude et Nér. U, S». Fontenelle admira Newton ; mais il n'eut
pas le courage d'abandonner les romans de Descartes, sENNEBiER, Ess. art d'observ. t. i, p. vt, dans FOi'GENS. Ainsi, de la nature audacieux romans, Périront, renversés sur leurs vains fondements. Tant (le rêves fameux, deiil. Trois règnes, i.
— lilST. xiii* S. Ci est le Rommant de la Rose, Où l'art d'amors est.tote enclose, la Rose, titre. Ne porroit-l'en les maus d'amer Conter en rommant, ne en livre, ib. 261 S. Li uns viole [joue de la viole], li autre conte romans, nu cangr, romanus. Je faiz savoir à touz, que j'ai céans mis grant partie des faiz nostre saint roy devant dit, que je ai veu et oy, et grant partie de ces faiz que j'ai trouvez qui sont en un romant, lesquiex j'ai fiit escrire en cest livre, joinv. 304. || xiv s. Tragédies sont dites comme romans qui parlent et traitent de aucuns grans faiz notables, oresme, Eth. 27. || xV s. Droitement sur l'eure de prime S'esbatoit une damoiselle Au lire un rommant, proiss. fyin. amour. Car toute la nuit mon cœur lit Ou [au] rommant de plaisant penser, Et me prie de l'escouter, cii. d'orl. Bal. 8. Il xvr s. Et achevèrent tant noliles faiz, et prindrent citez, villes et chasteauli assis sur roches, que de leur vies peust on faire romans, MENARn, Hist. de du Guescl. p. 4B8, dans lacurne. Te faudroit voir tous ces vieux romans et poètes françois, où tu trouveras un.... isnel pour léger.... et mil' autres bons mots que nous avons perdus par nostre négligence, nu bellay, i, 29, recto. Ceux qui s'amusoient d'escrire les faits héroïques de nos chevaliers, premièrement en vers, puis en prose, appelleront leurs œuvres romans, pasquieb, Recherch. vui, p. 654, dans lacurne.
— ÉTYM. Roman i ; compositions ainsi dites, parce qu'elles étalent écrites en langage roman; prov. roman; ancien catal. romaris; catal. mod. romanso; espasn. et port, romance; ilal. romanxo.
1. ROMANCE (ro-man-s') , adj. f. Il n'est usité que dans cette locution : La langue romance , la langue qu'on a supposée avoir été intermédiaire entre le latin et les langues modernes, et qui n'a pas existé. La langue romance commençait à se former, VOLT. Mœurs, I9. La langue italienne était un composé de la langue romance et du latin, id. ib. 51. Un jeune homme nommé llgebert, qui faisait des vers en langue romance [du temps de Charlemagne] , id. Ann. de Vemp. Charlemagne, 78).
— HIST. XIII' s. Lettres.... l'une en roumanch [en langue d'oïl], l'autre, en latin, du camce, romancia.
— f.TVM. Voy. ROMAN <.
2. ROMANCE (ro-man-s'), s. f. || 1° Ancienne histoire, écrite en vers simples et naïfs, dont le fond est touchant et la forme appropriée au chant. Chez les peuples grossiers, la facilité de retenir les vers, la vanité des nations les engagea à mettre en chansons leurs actions les plus mémorables; tels sont les chants des sauvages de nos jours, ceux des anciens bardes.... et les romances des peuples modernes de l'Europe, turgot, Ebauche du i' dise. Progrès de l'esprit humain, p. 27), Regrettez-vous le temps où nos vieilles romances Ouvraient leurs ailes d'or vers leur monde enchanté? a. de musset, RoUa. Il Nom d'une sorte de poème espagnol divisé en stances, dont le sujet est ordinairement quelque histoire d'amour ou de guerre. || 2° Toute pièce de vers moderne, en couplets, roulant sur un sujet tendre ou même plaintif, et mise en musique. Si Moncrif n'est pas l'inventeur de la romance, s'il l'a reçue de nos bons aïeux, il a du moins le mérite de l'avoir fait renaître de nos jours avec des grâces nouvelles, et de l'avoir comme remise en honneur chez sa nation, devenue plus délicate et plus difficile, d'alemb. El. Moncrif. Nous avons des chansons plaintives sur des sujets attendrissants; celles-ci s'appellent romances ; c'est communément le récit de quelque aventure amoureuse ; leur caractère est la naïveté ; tout doit y être en sentiment, marmontel, (Eut), t. VI, p. 92. Là courent à la ronde et les propos joyeux Et la vieille romance et les aimables jeux, delille, Rec. feugèrb, p. 338. Corinne prit sa harpe, et devant ce tableau elle se mit à chanter les romances écossaises dont les simples notes semblent accompagner le bruit du vent qui gémit dans les vallées, stael, Corinne, viu, 4. || 3° Air sur lequel se chante une romance. Deux ménétriers ouvraient la pompe [des fiançailles] en jouant sur leur violon des romances du temps de la chevalerie, cbateaub. Génie, i, i, 10. || Romance sans paroles, morceau de piano ou de quelque instrument assez court et présentant un motif gracieux et chantant. Mendelssohn a composé des romances sans paroles.
— Etvm. Romance i, parce que les anciennes romances étaient écritei, non en latin, mais en langue
ROM
romance ou roman«. L'ancien français avait romancier en un sens analogue.
t ROMANCER (ro-man-sé; le c prend une cédille devant o et o), v. a. Mettre en récit de roman, en forme de roman. D'Urfé, comme presque tous les romanciers, avait mis dans son roman les personnages de sa connaissance, et s'y éta t mis lui-même et les aventures de sa jeunesse; mais tout cela était combiné , déguisé et romancé de telle sorte que lui seul pouvait servir de guide dans ce labyrinthe, STE-BEUVE, dans le Dict. de docuez.
— HIST. XIV* s. Roumancer, du cangb, romanixare.
— ÉTYM. Romance l ; provenç. romamar; espag. romane ar ; ital. romanzeggiare.
t ROMANCERIE (ro-man-se-rie), s. (. Collection de romans. La romancerie française. L'Arioste emprunta à la romancerie francai.se les enchantements et les prophéties de Merlin, u. j. ciién. dans le Dicl. de dochez.
t ROMANCERO (ro-man-sé-ro), *. m. Se dit de petits poèmes espagnols écrits en strophes et contenant quelque histoire héroïque ou touchante. Il U se dit aussi d'une collection d'anciennes poésies en toute autre langue. Le romancero français publié par M. P. Paris.
— ÉTYM. Espagn. romarKcro, de romance, roman et lant'ue romane.
ROMANCIER (ro-man-sié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des romanciers habiles), i. m. || 1" Nom donné aux auteurs des anciens romans en vieux langage. Villon sut le premier.... Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers, boil. Art p. 1. 1| 2" Auteur de romans modernes. Le divertissement du lecteur, que le romancier habile semble se proposer pour but, n'est qu'une fin subordonnée à la principale, qui est l'instruction de l'esprit et la correction des mœurs, iiUET, De l'origine des romans, p. 4. || Romancière, femme qui compose des romans. Mlle de Scudéri était la grande romancière du temps, et jouissait d'une réputation fabuleuse, chateaubr. dans le Dict. de dochez. || 3° Fig. U se dit de celui dont les idées, les théories sont chimériques comme un roman. Ces physiciens romanciers, qui, prenant leur imagination pour le livre de la nature, érigent leurs visions en découvertes et leurs songes en systèmes suivis, marmontel, Œuv. t. vi, p. 234.
— ÉTYM. Romance, dans le sens de récit; ital. romamiere.
tRO.MANCINE (ro-man-si-n') , s. f. || i' Plainte. Boulfiers étant sur la fin de sa romancine, Chamillart ajouta qu'il n'y avait pas un seul régiment de payé, st-s:m. 232, toc. ||2° Réprimande. La duchesse de Mortemart quitta subitement la cour, de dépit des romanoines de ses sœurs, st-sim. <27, 144. Je tâcherai de retrouver une copie de cette vaste romancine, volt. Lett. Damilaville, 2 juin (7G6. Quels diables d'anges! je reçois le paquet avec une romancine; vraiment, comme on me lave la tête! id. Lett. d'Argental, >•' févr. 1762.
— ÉTYM. Romance, pris dans un sens dét urne, f ROMANCISER (ro-man-si-zé), v. a. Donner le
caractère de roman, i la distance où nous sommes aujourd'hui des événements, le livre de M. Eusèbe de Salles a tout l'attrait d'une chronique romancisée et pittoresque, asselineau, Mélang. tirés d'une petite hibliolh. romantique, Paris, 1 866, p. < 33.
t RO.MANU, ANDE (ro-man, man-d'), adj. Se dit des parties de la Suisse où l'on parle le français et autres dialectes romans. Librairie de la Suisse romande.
t ROMANËE (ro-ma-née), ». m. Excellent vin de Bourgogne, Côle-d'or, arrondissement de Beaune. Après un coup de romanée, La douche ayant calmé mes sens, J'ai maudit ma muse obstinée X railler les hommes puissants, bérang. Guérisojt.
ROMANESQUE (ro-ma-nè-sk'), adj. || !• Qui aie caractère du roman, d'un roman. Les vaisseaux relâchèrent vers les ruines de Troie; le lieu était trop romanesque pour y résister; ils [Villers et Mlle de Guilleragues] mirent pied à terre et s'épousèrent, ST-siM. 39, 200. U se fit des hommes et de la société des idées romanesques et fausses dont tant d'expériences funestes n'ont jamais pu le guérir , J. J. ROuss. 2' dial. D'autres assez longtemps ont chanté les guerriers, La valeur romanesque et les vieux chevaliers, delil. Paradis perdu, ix. Il 2* Qui tient du roman, merveilleux, fabuleux. Vous savez présentement l'histoire romanesque de Mademoiselle et de M. de Lauzun, sÉv. a. Le duc de Sault, le chevalier de Grignan et leur cavalerie se sont distingués [lors du combat , après la mort
ROM
ROM
ROM
«e Turenne] ; et les Anglais [au seryice de France] surtout ont Tait des choses romanesques, ID. e aoill ««75. Les femmes aiment la peine, pourvu qu'elle soit bien romanesque, stael, Corinne, m, 1. 1| Substantivement. L'étoile de M. de Lauzun repâlit ; il n'a point de logement, il n'a point ses anciennes entrées; on lui a ôlé le romanesque et le merveilleux de son aventure [auprès du roi Jacques II] ; elle est devenue quasi toute unie : voilà le monde et le temps, sév. M janv. (689. LadifTérencequi est entre le romanesque et le naturel, font. Lelt. gai. ii, 7. Il y eut beaucoup de romanesque dans la conduite do Charles à Bender, volt. Russie, ii, i. || S'emploie quelquefois en peinture dans le même sens. |{ 8° Exalté, chimérique, comme les personnages de roman. Elle a un slyle romanesque dans ce qu'elle conte, et je suis étonnée que cela déplaise à ceux même qui aiment les romans, sÉv. 236. Mme de Fontanges joignait à ce peu d'esprit des idées romanesques, M'"' DE CAY1.US, Souvenirs, p. 4), dans POUGENS. Depuis cette conversation le roi crut aisément que Fénelon était aussi romanesque en fait de religion qu'en fait de politique, volt. Louis XIV, 38.
— f.TYM. Roman 2; ital. romaniesco.
ROMAN'KSQUEMENT (ro-ma-nè-ske-man), adv.
D'une manière romanesque. Vous ai-je mandé que le favori de Danemark, amoureux romanesquement de la princesse, est prisonnier, et qu'on lui fait son procès? sÉv. 275. La princesse [de Conti] était romanes(|uement belle, et parée et contente, id. 399. M. de Lauzun s'en va romanes(|uement en Irlande avec six mille hommes, id. 695. La paix de Pologne est faite, mais romanesquement ; ce héros [Sobieski], à la tCte de quinze mille hommes, entouré de deux cent mille, les a forcés, l'épée à la main, de signer le traité, id. (8 nov. (676.
— ÈTYM. liomanesque, et le suffixe tnen(.
t ROMANIKR (ro-ma-nié), ï. m. Terme milit«ire. Celui qui pèse la viande avec la romaine.
— ÊTYM. Romaine, 2.
+ RO.MANISER (ro-ma-ni-zé), v. a. \\ !• Transformer en Romain, faire prévaloir l'intluence romaine. Les Gaules romanisées parla conquête. || 2* Terme de philologie. Ecrire en caractères romains les langues orientales, en particulier l'arabe et le persan. Deux éditions romanisées en Rdgo bahdr. || 3° Y. n. Suivre les dogmes de l'Église romaine. Ils [certains hérétiques] se plaignaient que les calixtins romanisaient en tout et partout, à la réserve de la coupe, boss. For. XI, 173.
— ÊTY.M. liomatn.
t 2. ROMANiSER (ro-ma-ni-zé), ». a. Donner une apparence romanesque à ce qu'on raconte, transformer en roman. 11 ne se peut rien voir de plus juste que vos réflexions sur l'abus qui se commet en France, au préjudice de l'histoire, par tant de relations romanisées que l'on y publie, bayle, Letl. à jtf.***, 2 mai (697.
— ÊTVM. Roman 2. L'ancienne langue disait romanser pour écrire en Isuigage roman ou faire des romans.
jROMANISME (ro-ma-ni-sm'), ». m. Nom donné en Angleterre à l'Ëglise romaine.
— KTYM. Romain.
^ <. RO.MANISTE (ro-ma-nis-f), s. m. || 1» Partisan du pape. M. de Sorbiéres veut voir Rome et le nouveau pape; c'est pour vous montrer qu'il a bien changé de poil et qu'il n'est pas bon huguenot ; aussi n'est-il guère bon romaniste, puisque tout ce changement se fait pour une pension, gui patin, Lett. t. II, p. <65. Il 2° Nom donné aux jurisconsultes, aux érudits qui s'occupent de droit romain.
t 2. ROMANISTE (ro-ma-ni-sf), $. m. Faiseur de romans (il est inusité). Le monde ne produit point des gens de cette espèce; ils ne sont que le pur ouvrage d'un romaniste, bayle, Nouv. lelt. crit. tur Vhist. du calvinisme, 24.
— ÉTYM. Roman 2.
ROMANTIQUE (ro-man-ti-k') , adj. || 1» Synonyme de romanesque. Il y avait dans sa beauté je ne sais quoi de romantique et de fabuleux qu'on n'avait vu jusque-là qu'en idée, marmontel, Mém. IV. L'âme ardente et l'imagination romantique de Mlle l'Espinasse lui firent concevoir le projet de sortir de l'étroite médiocrité où elle craignait de fieillir, id. ib. vu. En I808, le parti romantique de la cour rie Berlin voulait à tout prix la guerre contre la France, beugnot, Uém. ch. viii. || 2° Particulièrement, il se dit des lieux, des paysages qui rappellent à l'imagination les descriptions des poèmes et des romans. Aspect, site romantique. Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et plus romantiques que celles du lac de Genève, ). i. bouss.
5* prom. Il S. m. Cela ajoutait un charme au romantique de la scène. || 8° Il se dit des écrivains qui s'affranchissent des règles de composition et de stylo établies par les auteurs classiques. Un poète romantique. Pour lui, il ignore profondément ce que c'est que le genre classii|ue et le genre romantique ; selon une femme de génie qui, la première, a prononcé le mot de littérature romantique en France, « Celte division se rapporte aux deux grandes ères du monde, celle qui a précédé l'établissement du christianisme et celle qui l'a suivi > il
ne paraît pas démontré que les deux mots importés par Mme de Stael soient aujourd'hui compris de cette façon, v. hugo, Odes, Préf. (8i4. || S. m. Le romantique est un genre nouveau. || Les classiques et les romantiques, les partisans du genre classique et ceux du genre romantique.
— ÊTYM. Roman, qui s'écrivait le plus ordinairement romani.
t ROiMANTIQUEMENT (ro-man-ti-ke-man) , odv. D'une manièie romantique.
t RO.'»IANTISI:r (roman-ti-zé), v. a. Donner le caractère de roman. Schiller, romantisant l'histoire [dans don Carlos], lagenevais, Rev. de^ Deux-Uon-
des, <867, t. II, p. 793.
— ÉTYM. Roman 2, écrit anciennement romant. t ROMANTISME (ro-man-ti-sm'), s. m. Système
littéraire des écrivains romantiques. Du romantisme jeune appui, Descends de tes nuages, bërang. Troubad.
— ÉTYM. Voy. bomantioue.
t ROMANZOVITK (ro-man-zo-vi-f), ». f. Variété de grenat.
RO.MARIN (ro-ma-rin), s. m. Genre de la famille des labiées, qui ne se compose que d'une seule espèce, le romarin officinal, et dont les fleurs portent le nom d'anthos en pharmacie. || Romarin sauvage, sedum palustre, L.
— HIST. XVI* s. F.n plusieurs endroits de la Provence et du Languedoc, le romarin (appelle aussi libanotis, pour la senteur d'encens qu'il représente) vient naturellement par les déserts, 0. deserres, 55».
— ÊTYM. Provenç. romanin, romani; espagn. romero ; ital. rosmarino; du lat. rosmarinus, de ros, rosée, et marinus, marin.
t ROMBAILLET (ron-ba-llè. Il mouillées), ». m. Terme de marine. Morceau de bois ou de planche, qu'on insère dans un assemblage de charpente pour remplir un vide, ou suppléer au défaut des dimensions des pièces composantes.
— ÊTYM. Catal. romball, tout corps de forme arrondie, venant probablement du lat. rhombus, d'après