BALISTIQUE
t ANTLMÉTALEPSE (an-ti-mé-ta-lè-ps"), r. f. Synonyme de antimétathêse.
ANT
— ÉTYM. 'AvtI, àl'opposiU (voy. anti), et [Ltxé- Jlrjijiis, métalepse.
t ANTIMÊTATHÈSE(an-ti-mé-ta-tè-z'), t. f. L'antimétathèse ou le renversement est : 4" une figure de grammaire par laquelle deux ou plusieurs lettres d'un mot se mettent l'une à la place de l'autre, comme utile et tuile ; 2° une figure de mots par laquelle deux phrasesfont pour ainsi dire entre elles l'échange- des mots qui les composent, de manière que chacun se trouve à son tour à la même place et dans le même rapport où était l'autre ; exemple : Courbe la tête, fier Sicambre; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré.
— ÉTYM. 'Avri, à l'opposite (voy. anti), et mitathèie; proprement, contre-déplacement.
t ANTIMILITAIRE ( an-ti-mi-li-tê-r' ) , adj. Contraire à l'esprit militaire. Tâchez de vous conserver, sans oublier cependant que la mort vaut mille fois mieux, je ne dis pas qu'une lâcheté, mais la moindre grimace antimilitaire, de maistre, Correspondance. A son fils officier.
ANTIMOINE (an-ti-moi-n'), s. m. \\i° Métal d'un blanc bleuâtre avec lequel on prépare l'émétique. || 2° Antimoine diaphorétique. Les pharmacologistes donnent ce nom au produit de la calcination d'une partie de protosulfate d'antimoine avec une partie et demie de nitrate de potasse.
— HIST. xvi* s. Adjoustant antimonium, aloës, mastic, paré, xvi, 14. Prenez antimoine cru, subtilement pulvérisé et passé par le cicotrin, n>. xvi, 27. Il y en a de deux espèces [d'antimoine], à sçavoir masle et femelle, m. xxiv, Cli.compl. Lorsque l'antimoine est calciné ou bruslé, qu'aucuns appellent préparé, il est rendu plus sec et plus dur. Estant crud et non calciné, il.... id. ib. Ny le pront argent vif, principe de métaux, Ny tout ce que Pluton cache en son patrimoine, Ny des fortes poisons l'exécrable antimoine, kons. 723.
— ÉTYM. Mot d'une origine douteuse. On l'a fait venir, d'après sa composition apparente, d'antimoine, c'est-à-dire contraire aux moines. Mais cette étymologie ne se fonde absolument sur rien, aucune anecdote de quelque authenticité ne nous apprenant comment un pareil sobriquet aurait pu être donné à ce métal. Quelques-uns le font venir de àvrl et de liovo;, parce que ce métal ne se trouve jamais seul; certains, d'àvTip.Éveiv, parce qu'il fortifie les corps. Antimonium se trouve dans les écrits de Constantin l'Africain, De gradibus, p. 38t , médecin salernitain qui vivait à la fin du xi* siècle. D'autres, avec raison, ce semble, tirent ce mot del'arabe athmoud ou ithmid. Athmoud est devenu facilement, dans le latin barbare, antimonium. D'un autre côté, la forme propre de l'arabe est ithmid, et vient sans aucun doute du grec otiVu.', qui est dans stibié (\oy. ce mot} ;de sorte que, par un jeu singulier de l'altération des langues, antimoine et stibié seraient un mot identique.
t ANT1MONACAL , AXE(an-ti-mo-na-kal, ka-1'), adj. Néologisme. Qui est opposé aux moines, aux couvents de moines.
— ÉTYM. Anti et monacal.
t ANTIMONARCUIQUE (an-ti-mo-nar-chi-k') , adj. Néologisme. Qui est opposé au gouvernement monarchique.
— ÉTYM.^ntt et monarchique.
ANTIMONIAL , ALE (an-ti-mo-ni-al , a-P ).
Il 1° Adj. Qui est fait avec l'antimoine. Préparations antimoniales. || 2° S. m. plur. Les antimoniaux, médicaments dont le principe actif est l'antimoine.
— HIST. xvi" s. Ledit vin antimonien fera tel effet que la poudre, paré, xxiv, Ch. compl.
fANTIMONIATE (an-ti-mo-ni-a-f) , î. m. Terme de chimie. Sel formé par la combinaison de l'acide antimonique avec une base.
fANTIMONlDES (an-ti-mo-ni-d'), s. m. plur. Terme de minéralogie. Famille de minéraux qui contiennent de l'antimoine.
t ANTIMONIÉ, ÉE (an-ti-mo-ni-é, ée) et ANTI- HONIFÈRE (an-ti-mo-ni-fê-r") , adj. Qui contient de l'antimoine.
+ ANTIMONIQUE (an-ti-mo-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide antimonique, c'est le même que le peroxyde d'antimoine.
t ANTIMONIURE (an-ti-mo-ni-u-r'), s. m. Terme de chimie. Alliage d'antimoine.
t ANTINATIONAL , ALE (an-ti-na-sio-nal, na-1'), adj. Néologisme. Contraire à la nation, à ses intérêts. Le roi, dit-on, pourra donc faire des guerres injustes, des guerres antinationales ï Mirabeau, Collection, t. m, p. 332.
— ÉTYM. Anti et national.
ANTINOMIE (un-ti-no-mie) , s.f. || 1 Conlradic-
ANT
tion réelle ou apparente entre deux lois. Concilier une antinomie, des antinomies. ||2° En philosophie, nom donné par Kant à une contradiction naturelle, par conséquent inévitable, qui résulte non d'un raisonnement vicieux, mais des lois mêmes de la raison, toutes les fois que, franchissant les limites de l'expérience, nous voulons savoir de l'univers quelque chose d'absolu, étant alors dans l'alternative ou de ne pas répondre à l'idée de l'absolu ou de dépasser les limites de notre intelligence qui n'atteint que les phénomènes. C'est ainsi que l'on peut soutenir à la fois par des arguments d'égale valeur que le monde est éternel et infini, ou qu'il a un commencement dans le temps et des limites dans l'espace.
— SYN. ANT1L0GIE , ANTINOMIE, ANTIPHRASE. Trois
substantifs dont le premier signifie contradiction de langage, et se dit aussi des contradictions de sens dans le discours. Le second est un terme de jurisprudence ou de philosophie, qui signifie contradiction entre deux lois. Le troisième se dit pour contre-vérité, par ironie ou par crainte.
— HIST. xvi* s. Souldre et sortir d'une ambiguïté, difficulté, antinomie, charron, Sagesse, 11, 3.
— ÉTYM. 'Avnvouia, de àvvi, contre, etdevôp.oc, loi (voy. nome).
fANTINOMIEN (an-ti-no-miin), *. m. Sectaire du xvi' siècle qui enseignait que les œuvres de la loi divine ne sont point nécessaires au salut.
— ÉTYM. 'AvtI, contre, et vôu-o;, loi.
t ANTINOUS (an-ti-no-ûs') , s. m. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère boréal, située au midi de l'Aigle.
— ÉTYM. Nom propre de l'antiquité grecque. ANTIPAPE (an-ti-pa-p') , î. m. Celui qui prétend
passer pour pape au préjudice du pape choisi légitimement, et qui cause par cette prétention un schisme dans l'Église. Gerson osait s'opposer aux fureurs de quatre antipapes, volt. Phil. 11, 22t.
— HIST. xvi* s. X ceste cause ils pourraient tenir un autre concile, et y créer un antipape qui approuvast leurs hérésies, M. du bell. (84.
— ÉTYM. Anti et pope.
t ANTIPAPISME (an -ti-pa-pi-sm'), s. m. || l°État de celui qui est antipape. || 2° Opinion religieuse qui ne reconnaît pas la suprématie du pape.
t ANTIPAPISTE (an-ti-pa-pi-sf), s. m. Qui est opposé au papisme.
t ANTIPARALLÈLE (an-ti-pa-ra-llè-1'). || l'S. m. Terme de rhétorique. Mot employé pour désigner une sorte de répétition où les mots répétésle sont en ordreinverse. || 2°^dj. En termes de mathématiques, se dit de deux droites formant avec une troisième des angles égaux, mais dirigés en sens contraire.
—ÉTYM. Anti et parallèle.
t ANTIPARASTASE (an-ti-pa-ra-sta-z'), s. /".Figure de rhétorique, qui consiste en ce qu'un accusé maintient qu'il devrait être loué plutôt que blâmé, s'il avait fait ce qu'on lui impute.
— ÉTYM. 'AvtI, contre (voy. anti) , et napàuiowi;, preuve, de itapà, auprès, et atâ<ri;, position (voy. stase).
ANTIPATHIE (an-ti-pa-tie) , s. f. || 1° Aversion naturelle et non raisonnée. 11 y a entre votre père et lui une antipathie naturelle, j. 1. rouss. Hél. îv, 7. X moins d'une secrète et forte antipathie, corn. Sertor. 1, 2. Mille manières forment entre elles l'antipathie, la bruy. 3. Le cœur toujours plein de jalousies , d'antipathies, de désirs d'élévation et de faveur, mass. Carême, Culte. Est-il si naturel d'être toujours en garde contre son propre cœur, d'en vaincre les antipathies, d'en réprimer les penchants? id. Car. Injust. du monde. Le mariage a ses antipathieset ses fureurs, w.Avent, Afflict. Sous le joug du mariage, on se plaint que les antipathies mettent un obstacle au salut, id. Conc. Vous ne nourrissez pas des antipathies secrètes, m. Prof. 2. || 2° Défaut d'affinité entre les choses. L'eau et l'huile ont de l'antipathie. Il 3" En peinture, défaut d'harmonie des couleurs.
—ÉTYM. 'AvTiitâOtia, de àv-ri, contre (voy. anti), et de rcàBoi;, affection, passion (voy. pathos).
ANTIPATHIQUE (an-ti-pa-ti-k'), adj. Se dit des personnes et des choses qui se repoussent l'une l'autre. Caractères, sentiments antipathiques. || Familièrement. Cet homme m'est antipathique; j'ai de l'aversion pour lui.
t ANTIPATRIOTIQUE (an-ti-pa-tri-o-ti-k'), adj. Opposé au patriotisme. Cette allégation [qu'un seigneur ne saura où les placer, s'il ne fait ses filles religieuses] est inhumaine . antipatriotique , volt. l'H. aux 40 écus , sur les moines.
— ETYM. Anti, contre, et patriotique.
ANT
t ANTIPÉniOi)IQUE(an-ti-pé-ri-o-di-k'), ad;, et ». m. Terme de médecine. Qui combat les maladies
périodiques.
ANTII'F,RISTALTIQUE(an-ti-pé-ri-stal-ti-k') , adj. Terme de physiologie. On nomme mouvement antipéristaltique de l'estomac et des intestins, le mouvement de contraction de ces organes de bas en haut, de manière que les matières qu'ils contiennent se trouvent reportées en sens inverse de leur cours habituel, qui est déterminé par les mouvements normaux ou péristaltiques.
— ÉTYM. Anti, contre, et péristaltique.
ANTIPÉRISTASE (an-ti-pé-ri-sta-z'), s.f. Terme didactique. Action de deux qualités contraires dont l'une sert à rendre l'autre plus vive et plus puissante. De la glace et du chocolat.... je veux vous demander si vos entrailles n'en sont point offensées, et si elles ne vous font point de bonnes coliques pour vous apprendre à leur donner de telles antipéristases: voilà un grand mot, sév. 94.
— HIST. xvi* s. L'hiver augmente la chaleur du corps, par antiperistase , c'est-à-dire par contrariété de l'air voisin, paré, Introd. b.
— ÉTYM. 'AvxmepîffTOHTi; , de 4vtî, contre (voy. anti), etitEpt<7xa(Ti;, circonstance; mot àmot, contrecirconstance. rWp£<rrtt(Tiç est composé de 7tepi, autour, et de <rrà<jiç, station (voy. stase).
ANTIPESTILENTIEL, ELLE (an-ti-pè-sti-lan-siel, è-1'), adj. Terme de médecine. Qui est propre à combattre la peste, à en préserver.
t ANTIPHERNAUX (an-ti-fèr-nô) , adj. m. plur. Terme de pratique. Biens antiphernaux, biens que le mari donne à sa femme par contrat de mariage.
— ÉTYM. 'AvtI, en place de, et çepWi, dot. ANTIPUILOSOPniQUE (an-ti-fi-lo-zo-fi-k'), adj.
Qui est contraire aux principes de la philosophie.
f ANTIPHLOGISTIQUE (an-ti-flo-ji-sti-k'), adj. Il 1* En termes de chimie, qui combat la théorie du phlogistique. Il 2° Lu termes de médecine, qui combat l'inflammation. Traitement antiphlogistique. Il 3" S. m. plur. Les antiphlogisliques.
— ÉTYM. Anti, contre, et phlogistique.
ANTIPHONAIRE (an-ti-fo-nê-r') ou ANTIPHO-
NIER (an-ti-fo-nié), s. m. Livred'église où se trouvent notés les antiennes et tous les chants de l'office.
— ÉTYM. Provenç. anlifonari; bas-latin, antiphonarium (voy. antienne).
ANTIPHRASE (an-ti-frâ-z'), s. f. Emploi d'un mot ou d'une proposition dans un sens contraire à son véritable sens ; ainsi le mot Euménides, qui signifie bienveillantes, est formé par antiphrase. Le nom de bœuf que le roitelet porte dans plusieurs provinces, lui est donné par antiphrase à cause de son extrême petitesse , buff. Roitelet.
— SYN. antiphrase, contre-vérité. Contre-vérité est plus général et se dit de toute espèce de contrevérité, renfermée soit dans un seul mot, dans une dénomination, soit dans une proposition , dans im discours. Antiphrase se dit d'une contre-vérité réduite à un seul mot, à une seule dénomination. Ainsi contre-vérité peut se dire en place d'antiphrase ; mais antiphrase ne peut pas se dire dam tous les cas pour contre-vérité.
— HIST. xvi» s. Les aultres [plantes | ont leur nom par antiphrase et contrariété, rab. Pant. m, 4».
— ÉTYM. 'AvTiçpoMji;, d'àvTÎ, contre (voy. anti), et phrase.
f ANTIPHYSIQUE (an-ti-fi-zi-k'), adj. Qui est contre la nature.
— ÉTYM. Anti, contre, et physique.
t ANTIPIED (an ti-pié) , s. m. Terme de zoologie. Pied ou patte de devant d'un mammifère.
— ÉTYM. Anti, en avant, et pied.
t ANTIPINDARIQUE (an-ti-pin-da-ri-k'), adj. Opposé à Pindare. Perrault l'antipindarique.... boil. Épigr. 29.
— ÉTYM. Anti, contre, et pindarique.
ANTIPODE (an-ti-po-d"), s. m. || i' Celui qui
habite à l'extrémité d'un diamètre de la terre en opposition à celui qui habite à l'autre extrémité. Pythagore disait que la terre était ronde, qu'elle était habitée en tous sens, et par conséquent qu'il y avait des antipodes qui marchaient les pieds opposés aux nôtres.... fênel. Phil. Pyth. Saint Paulin vit un possédé qui marchait la tête en bas comme un antipode, volt. Phil. m, 297. y 2° Fig. Cet homme est l'antipode du bon sens; ses raisonnements, ses actions n'ont pas le sens commun. Il faudrait être l'antipode de la raison pour ne pas confesser que Paris.... mol. Préc. rid. se. <o. Pour faire en sorte que tout ce qui est en nous ne soit qu'erreur, il faut que Dieu ait formé tout exprès de rien un être tout
ANT
nouveau qui soit l'antipode de la raison, fenel. Exitt. h, 48. Tournebroches [chiens dressés à tourner la broche] par lui rendus communs en France Y font un corps à part, gens fuyant les hasards, Peuple antipode des Césars, la font. Fab. vin, 24. || 3° Il se dit des lieux. Les antipodes de Paris sont au sud-est de la Nouvelle-Zélande. || Familièrement. Je voudrais que cet homme fût aux antipodes, bien loin, le plus loin possible. Pour vous ôter l'idée que je suis aux antipodes, sêv. 2)8.
rem. On trouve, dans St-Simon, antipode employé singulièrement pour signifier caractère opposé à. La netteté de son esprit [du chancelier], l'agrément de ses manières, surtout son antipode de pédanterie plaisaient infiniment au roi, st-simon,
— étym. 'AvTtKovî, d'àvTi, contre (voy. anti), et »toô;, pied (voy. pied).
t ANTIPOÉTIQUE (an-ti-po-è-tik'),ad,/. Contraire a la poésie. Une religion qui a donné l'idée des amours d'Adam et Eve n'est pas une religion antipoétique, chateaubh. Génie, n, v, (2.
— ETYM. Anti, contre, et poétique.
t ANTIPOLITIQCE (an-ti-po-li-ti-k'), *. f. Politique opposée à la saine politique. Avec ces belles maximes et cette antipolitique.... ils ont gouverné le monde, balz. 2* Discourt, De la Cour.
ANT1PSORIQUE (an ti-pso-ri-k'), adj. et *. m. Oui convient contre la gale.
— ÊTYM. Anti, contre, et psorique.
f ANTIPTOSE (an ti-pto-z'), s. f. Figure de syntaxe. Emploi d'un cas pour un autre.
— étym. 'Avrt, en place de (voy. anti), etirrwaii;, cas.
ANTIPUTRIDE (an-ti-pu-tri-d') , adj. et s. m. Terme de médecine. Qui s'oppose à la putridité.
— ETYM. Anti, contre, et putride.
ANTIQUAILLE (an-ti-kâ-H', II mouillées), s. f.
|| 1° Chose antique de peu de valeur. Sa chambre est remplie d'antiquailles. Pour avoir la permission d'attaquer la vieille antiquaille de cheminée, sév. 88). || 1' Familièrement. Bien qu'après coup tous ces croquants Osent me traiter d'antiquaille, béhang. Prôlint.Ilsveulent déterrer les Grecs du monument, Les Latins, les Hébreux et toute l'antiquaille, Et leur dire en leur nez qu'ils n'ont rien fait qui vaille, BÊGN1ER, Sat. IX.
— HlST. xvi's. Au demourant je mesuis estudiéde recueillir des choses qui ne sont pas communes à tout le monde, que d'autres ont par cy par là escrites. ou que j'ay retirées de quelques antiquailles, ou de quelques anciens registres, dont j'ay tissu.... amyot, Nicias, 2.
— rem. Dans le milieu du xvn' siècle, antiquaille prit momentanément un sens favorable. « Estimant quelque chose qui ne sera pas nouveau, par exemple, un livre ou quelque ouvrage de la main, on dit : vous aimez l'antiquaille. Ce mot d'antiquaille est bien reçu, on le fait nouveau, » maeg. buff. Observ. p. 39.
— ÉTYM. Ital. anticaglia; du bas-lat. antiqualia, neutre pluriel d'un adjectif antiqualis, qui n'existe pas, mais qu'on peut supposer dérivé d'antiquus (voy. antique). Les noms latins neutres, au pluriel, forment souvent, dans les langues romanes, des noms féminins au singulier.
ANTIQUAIRE (an-ti-kê-r'), s. m. || 1* Celui qui s'applique à l'étude de l'antiquité, en expliquant les anciennes médailles, les inscriptions, l'usage et la forme des vases et des instruments antiques, en restituant les vieux manuscrits, et cherchant d'autres lumières qui puissent jeterdu jour sur l'histoire et les usages des anciens temps. Les papas me disent qu'ils avaient vu des antiquaires anglais, ciiateaubr. Ilin. 06. Antiquaire d'une nouvelle espèce, il mefallut apprendre à la fois à restaurer ces monuments des révolutions passées et à en déchiffrer le sens, cuv. Révol. p. 7. || 2° En paléographie, copiste qui écrivait en lettres capitales antiques.
— ÉTYM. Antiquarius, de antiquus (voy. antique).
ANTIQUE (an-ti-k'), adj. || 1° Il se dit de ce qui est d'une époque très-reculée. Monument antique. Je viens suivant l'usage antique et solennel, rac. A th. i , t . Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, boil. Sat. v. || 2° Qui était auparavant. Dieu de Sion rappelle, Rappelle en sa faveur tes antiques bontés, rac. Athal. m, 7. Heureux Helvétiens, Nos antiques amis et nos concitoyens, volt. Fontenoy. || 8° Fig. Hommed'une vertu, d'uneprobité antique, de mœurs antiques; homme d'une grande probité, de mœurs très-pures. || 4" En termes d'arts, ayant le carac-
ANT
tère des productions de l'antiquité. Ouvrage d'une simplicité, d'une majesté antique. || B^Qui est hors de mode, hors du goût du moment. Vêtements, meubles antiques. Négliger vêpres comme une chose antique, la bruy. ts. Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s'y était oubliée trente ans, montesq. Lettres pers. 99. || 6° Par raillerie, en parlant de personnes avancées en âge. Une antique beauté. Très-rarement les antiques discrètes Logeaient l'oiseau.... gresset, Vert-Vert. || 7° S. m. L'ensemble des ouvrages des artistes do l'ancienne Grèce et de l'ancienne Italie. Etudier, copier l'antique. Pour certains enthousiastes l'antiquo est toujours beau. Le comte de Bussy traduisit de l'antique les amours d'Hélène, P. l. coubier, i, 82. || 8* S. f. Ce qui nous reste de l'antiquité , armes, médailles, statues, vases, etc. Une belle antique. Un Anglais en fait dessiner quelques antiques, i. :. rouss. Ém. v. Lord Elgin découvrit des antiques que je n'ai point vues, chateaur. Itin. 20t. Les élèves de Rome sont entretenus aux frais du roi ; ils y dessinent les antiques, volt. Imiis XIV, 32. Sa main creusa les traits de ton visage étique [de Voltaire], Et plus d'un connaisseur le prend pour une antique, m. Pégase. || 9"X l'antique, loc. adv. D'une façon antique , à l'ancienne mode. S'habiller à l'antique. Comme homme simple et qui vis à l'antique, la pont, Orais. \\ 10» En termes de blason, se dit des couronnes à pointes de rayons, des coiffures anciennes, vêtements, bâtiments, etc.
— iiist. xii* s. Est descendus devant la tour antie, Ronc. p. tts. Clair luit la lune par la cité antie, ib. p. *n. Riches fu li tournois desous la tour anlive, audefr. le bast. p. te. Et nous repairerons vostre chemin antif, Sax. xxiv. Andui montèrent el grant palais anti; Elel'apele, maint baron l'ont oï, Raoul de C. 39. || xin* s. En la maison Symon, en la forest antie, Berte, lx. || xiv« s. Li heraux est entrez en la cité antie, Le cappitaine vit avec sa compaignie, Guescl. t667. ||xvi* s. Les fanfreluches antidotées, trouvées en un monument antique, rab. Garg. i, 2. Si ceste antique estoyt mise en or, ce seroyt une belle chose, palsgr. p. 487.
— ÉTYM. Provenç. antie ; catal. antig ; espagn. antiguo; ital. antieo; de antiquus, dérivé de anle, avant (voy. ains). L'ancien français est antif au masculin, amie ou anlive au féminin.
t ANTIQUEMENT (an-ti-ke-man) , adv. D'une façon antique.
— hist. nv* s. Armilles estoient certains aornemenz que l'en portoit antiquement ou bras, bercheure, f° to.
— étym. Antique, et le suffixe ment.
t ANTIQUER (an-ti-ké), v. a. En termes de relieur, enjoliver la tranche d'un livre de figures de diverses couleurs; relier à la manière antique.
ANTIQUITÉ (an-ti-ki-té), s. f\\ l'Ancienneté trèsreculée. Elles ont une antiquité au-dessus d'Esdras, boss. Hist. Il, 13. De nos arts, de nos lois l'auguste antiquité, volt. Orphel. de la Chine, l, 4. || 2° De toute antiquité, loc. adv. De tout temps. Terres censuelles, dont le cens avait de toute antiquité appartenu au roi, montesq. Esp. xxx, <5. || 3" Collectivement, les hommes qui ont vécu -dans les siècles éloignés du nôtre. L'antiquité raconte. On peut opposer les deux Scaligers à la plus savante antiquité, balzag dans bouhours. || 4° Au plur. Monuments, œuvres d'art qui nous restent de l'antiquité. Des antiquités romaines. Les antiquités d'une ville. Les mœurs antiques qu'Homère et Hésiode nous représentent, ne servent pas peu à nous faire entendre les antiquités beaucoup plus reculées et la divine simplicité de l'Ecriture, boss. Hist.univ. i, 26. Clément XI lui donna par une bulle l'intendance générale sur toutes les antiquités de Rome, auxquelles il était défendu de toucher sans sa permission, fonten. Bianchini. || Il s'emploie en ce sens, mais plus rarement, au singulier. On voit près de cette ville une belle antiquité.
— hist. xi° s. C'est l'amiral le viel d'antiquitet, Ch. de Roi. clxxxv. [| ht* s. As reis d'antiquité devriez reguarder, Qui les comandemenz Deu ne voldrent guarder, Th. le Mart. p. 78. || xin* s. Bien sembloit l'ermitage de viel antiquité, Berte, xlv. Il meïsmes ses cors a le fu alumé En un palais d'encoste qui fu d'antiquité, Ch. d'Ant. vu, 680. Sire, dist l'Arabis, en orés vérité; Cil sont bon chevalier de viele antiquité; Si conquistrent Espagne par lor grand poesté, ti>. vm, 336. || xvi* s. Nous en voyons mille exemples en l'antiquité, mont, m, (20.
— ÊTYM. Provenç. antiquitat; espagn. anliguedad; ital. antidata; de antiquitatem (voy. aktique).
ANT
t ANTIRAISONNABLE (an-ti-rè-zo-na-bl'), adj. Opposé à la raison. L'usage qu'en a fait [des ruines de l'antiquité] Warburton pour bâtir son système antiraisonnable, volt. Phil. m, 99.
— ÉTYM. Anti, contre, et raisonnable.
t ANTIRAISONNEUR (an-ti-rfe-zo-neur), i. m Celui qui raisonne contre. Aucun de mes antiraisonneurs ne m'a intimidé pendant quatre ans, volt. Lett.àCath. tu.
t ANT1RATIONALISMI5 (an-ti-ra-sio-na-li-sm'), *. m. Doctrine opposée au rationalisme.
— ÊTYM. Anti et rationalisme.
t ANTIRÊALISME (an-ti-ré-a-li-sm'), s. m. Doctrine opposée au réalisme.
— étym. ^4ntt et réalisme.
t ANTIRÉFORMISTE (an-ti-ré-for-mi-sf), s. m. Ennemi de la réforme, de toute réforme.
— ÊTYM. Anti et réformiste.
t ANTIRELIGIEUX , EUSE (an-ti-re-li-ji-eû , eû-z'), adj. Contraire à la religion.
— ÊTYM. Anti et religieux.
t ANTIRÉPUBLICAIN, AINE (an-ti-ré-pu-bli-kin, kè-n'), adj. Ennemi de la république; qui est contraire, hostile à la république.
t ANTIRÉVOLUTIONNAIRE (an-ti-ré-vo-lu-sionê-r"), adj. et *. m. Ennemi des révolutions, des mouvements et de l'esprit révolutionnaires.
t ANTISATIRE (an-ti-sa-ti-r') , s.f. Réponse à une satire.
— étym. Anti et satire.
ANTISCIENS (an-ti-ssiin), s. m. plur. Peuples qui habitent, sur le même méridien, les uns en deçà, les autres au delà de l'équateur, et dont à midi les ombres sont opposées.
— étym. Antiscii, de àvrt, à l'opposé (voy. anti), et cxii, ombre (voy. sciatémqoe).
ANTISCORBUTIQUE (an-tiscor-bu-ti-k'), adj. et s. m. Terme de médecine. Qui sert contre le scorbut.
— ÊTYM. Anti, contre, et scorbutique.
t ANTISCRIPTURAIRE (an-ti-scri-ptu-rê-r") , s. m. Membre d'une secte qui ne reconnaissait point l'authenticité de l'Ecriture.
— ÊTYM. Anti. contre, et scriptura, l'Ecriture. fANTISCROFULEUX, EUSE (an-ti-scro-fu-leû,
leû-z'), ad;'. Terme de médecine. Qui sert contre les scrofules. ||S. m. Les antiscrofuleux.
ANTISEPTIQUE (an-ti-sè-pti-k') , adj. et t. m. Terme de médecine. Qui prévient la putréfaction.
— ÊTYM. Anti. contre (voy. anti), et septique.
t ANTISIGMA (an-ti-si-gma), s. m. Terme de paléographie. Sigle O) indiquant qu'il faut changer l'ordre des vers devant lesquels il est placé. || Antisigma ponctué (D), sigle indiquant qu'entre vers dont le sens est le même, on ne sait auquel accorder la préférence.
— étym. Anti, exprimant renversement, et sigma, l's de l'alphabet grec.
ANTISOCIAL, ALE (an-ti-so-si-al, a-1'), adj. Contraire à la société, qui tend à la dissoudre. Système antisocial. Principes antisociaux. Je réponds, sur la possession [l'usage] de n'avoir payé que d'une manière volontaire, que l'impôt que l'on demande aux deux premiers ordres est précisément volontaire , non pour les individus , ce qui serait absurde et antisocial, mais pour la nation, Mirabeau, Collection, 1. 1, 78.
— ÉTYM. Anti et social.
t ANTISOPHISTE (an-ti-so-fi-st'), s. m. Néologisme. Ennemi des sophistes.
— ÊTYM. Anti et sophiste.
ANTISPASMODIQUE (an-ti-spa-smo-di-k") , adj.
Terme de médecine. Qui sert contre les spasmes. || S. m. Les antispasmodiques.
— ÊTYM. Anti, contre, et spasmodique.
fANTISPASTE (an-ti-spa-sf), s. m. Pied grec ou
latin, composé d'un iambe et d'un trochée, ou de deux brèves entre deux longues. C'est l'opposé du choriambe.
— ÉTYM. 'AvTi'oitaffToç, de àvrt, en sens inverse (voy. anti), et <T7ra<TTÔ:;, tiré (voy. spasme).
t ANT1SPASTIQUE (an-ti-spa-sti-k') , adj. Terme de métrique ancienne. C'était un vers où se trouvait l'antispaste.
t ANTISPIRITUALISME (an-ti-spi-ri-tu-a-li-sm'), *. m. Doctrine opposée au spiritualisme ; matérialisme.
— ÊTYM. Anti et spiritualisme.
ANTISTROPHE (an-ti-stra-f) , s. f. || 1" Division
particulière dans la poésie lyrique des Grecs, et la contre-partie de la strophe. || 2" L'antistrophe était aussi une sorte de répétition plus souvent nommée épiphore. || 3* Figure de pensée, nommée chez nous rétorsion, ou, de son nom grec, antimétathèse.
ANT