‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 114 sur 403 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

— ÉTYM. Diminutif d'arc.

ARCHÉTYPE (ar-ké-ti-p'), s. m. || 1" Module sur lequel se fait un ouvrage. La Trinité est l'archétype de l'univers, ou, si l'on veut, sa divine charpente, chateaub. Génie, I, 3. Pense-t-on qu'il compare son archétype à deux individus? j. j. rouss. OrigA. || 2° Adj. Les idées archétypes de Platon, idées, formes, modèles qui, étant de toute éternité dans le sein de Dieu, ont déterminé toutes les conditions de l'univers. Ce monde, suivant Platon, était composé d'idées archétypes qui demeuraient toujours au fond du cerveau, volt. Phil. m, 4 97. Toutes les causes séminales et formes archétypes étant véritablement en Dieu, id. Moeurs, 434. || 3° Terme de monnaie. Étalon primitif des poids et des mesures. Vieilli en ce sens.

— ÉTYM. 'ApxéxuTto;, de &pjp), commencement (voy. archonte), et type; mot à mot, premier type.

ARCHEVÊCHÉ (ar-che-vê-ché), s. m. || l°Territoire sous la juridiction d'un archevêque. || 2° Par extension, la ville on. réside un archevêque. || 3° L'habitation de l'archevêque. || 4° La dignité d'archevêque. En ce sens, on dit aujourd'hui archiépiscopat.

— HIST. xn' s. Rendez en sa merci l'arcevescbié alrei, Th. lemart. 44. Sire, fait li uns d'els, car vus humiliez, Al rei en sa merci I'arcivesquié laissiez, ib. 37.

— ÉTYM. Archevêque.

ARCHEVÊQUE (ar-che-vê-k'), s. m. Prélat ayant un certain nombre d'évêques pour suffragants. || Archevêque du sacré palais, un des titres de l'archichapelain des rois de France et des empereurs d'Allemagne.

— HIST. xi* s. Li arcevesque averad de forfaiture quarante solz, L. de Guill. 47. Li duc Oger. l'arcevesque Turpin, Ch. de Roi. xn. ||xn* s. Et l'arcivesaue, Ronc. p. 9. Un archevesque que li rois moutama, 16. p. 476. || xm* s. Et se il n'i a patriarche, l'arcevesque de Sur [Tyr] le doit coroner, Ass. de Jér. i, 29.

— ÉTYM. 'Apy.tEmTxono;, de <5px<->, commander (voy. archonte), et érfque; Berry, arcevêque.

ARCHI (ar-cbi).... préfixe que l'on construit avec des noms et des adjectifs, dans le langage familier, pour marquer un degré excessif. Archifou. Arcliipédant. C'étaient [chat et renard] deux vrais tardifs, deift archipatelins, la font. Fab.ix, 44. Quoi! cela est fait? — Eh oui, madame, fait et archifait, ptsim. 264, 4 67. || Ce préfixe appartient aussi à quelques mots dérivés du grec et signifie en chef; là, la prononciation en varie, elle est quelquefois ar-ki.

— ÊTYM. "Apxciv, commander (voy. archonte). f ARCHI AB1ÎÊ (ar-chi-a-bé), s. m. Titre de l'abbé

de Cluny.

— ÉTYM. Ârchi et abbé.

f ARCHIATRE (ar-chi-a-tr'), s. m. Premier médecin d'une cour, d'un district, etc Émerveillé

de la distinction subtile d'un fameux archiatre de nos jours entre l'assassinat positif et l'assassinat négatif.... diderot. Essai sur Claude.

— ÊTYM. 'Arx««P°c, de apXE'vt commander (voy. archonte), et laTsoî, médecin.

f ARCHICAMÉRIER (ar-chi-ka-mé-rié), s. ni. Dignité honorifique de la cour de Rome.

— ÊTYM. Archi et camérier.

ARCHICHANCELIER (ar-chi-chan-se-lié), s. m.

Le grand chancelier, titre de dignité sous le premier empire français.

— ÉTYM. Archi et chancelier.

f ARCHICHANTRE (ar-chi-chan-tr'), s. m. Terme de liturgie. Le premier chantre de cerla;nes é;-\

f ARCI1ICHAPELAIN (ar-chi-cha-pe-lin). s. m. Dignitaire ecclésiastique placé aupri s des rois de France et des empereurs d'Allemagne.

— ÉTYM. Archi et chapelain.

ARCHIDIACONAT (ar-chi-di-a-co-na), t. m. Dignité d'archidiacre.

— ÊTYM. Archidiacre.

ARCHIllIACONÉ (ar-chi-dia-co-né), s. m. Étendue de la juridiction d'un archidiacre.

— HIST.xn's. De Cantorbire aveie l'arcediachené, Th. le mart. 87. |] xiv s. Il nous fit foy et homage

ARC

au nom do M. le cardinal de Magalonne, archidiacre de Dunoys, à cause de la dite archediacré, du cange, archidiaconatus. || xvi* s. Ils n'ont sceu tant tirer la couverte de leur costé, que l'archediaconé de Bazas ne soit demeuré en son entier.... froumenteau, Finances, liv. ni, p. 5).

ARCHIDIACRE (ar-chi-di-a-kr'), s. m. Ecclésiastique investi par l'évêque de ses pouvoirs sur les curés de son diocèse. || Crotté en archidiacre, ancienne locution proverbiale ; c'est-à-dire très-crotté , parce que les archidiacres faisaient leurs visites à pied.

— HIST. xn* s. Li arcediacnes dut les apeaus [appels] ainz oîr; D'iluec durent avant à l'evesque venir, Epuis à l'arcevesque, s'il nés poeit furnir, Th. lemart. 60. || xm* s. Ou archediacré ou dien [doyen] , ruteb. 229. || xvt" s. On commença de créer les archediacres, quand le bien fut augmenté, calv. lnst. 861. Il y a en chacune église un evesque, un archeprestre, un archediacré, n>. ib. 897.

— ÊTYM. Archidiaconus , de archi (voy. archi) et diaconus (voy. diacre).

t ARC1I1D10CÉSAIN, AINE (ar-chi-di-o-sé-zin, zê-n'), adj. Qui dépend d'un archevêché, qui appartient à un archevêché.

— ÊTYM. Archi et diocésain.

ARCHIDUC (ar-chi-duk), *. m. Titre des princes de la maison d'Autriche.

— ÊTYM. Archi et duc.

t ARCHIDUCAL, ALE (ar-chi-du-kal, ka-1'), adj. Qui appartient aux archiducs.

ARCHIDUCHÉ (ar-chi-du-ché), s. m. Seigneurie d'un archiduc. L'Autriche était un archiduché.

ARCHIDUCHESSE (ar-chi-du-chè-s'), s. f. La femme d'un archiduc. Titre donné aux filles ou aux sœurs de l'empereur d'Autriche.

ARCHIÉPISCOPAL, ALE (ar-ki-è-pi-sko-pal, pa- 1'), adj. Qui appartient à l'archevêque. Dignité archiépiscopale. Sièges archiépiscopaux.

— HIST. xii* s. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, Th. le mart. 38.

— ÉTYM. Archiepiscopus (voy. archevêque). ARCHIEPISCOPAT (ar-ki-è-pi-sko-pa), s. m.

|| 1' Dignité d'archevêque. || 2" Temps pendant lequel un archevêque a occupé son siège.

—ÊTYM. Archiepiscopus (voy. archevêque).

t ARCIIIÈRE (ar-chiê-r'), », f. || 1° Ouverture pratiquée dans les murailles et par laquelle on tirait île l'arc. || 2* Lucarne ou trou donnant du jour sur une cour ou un jardin.

— HIST. xiu's. Par une petitete archiere, la Rose, J0994.

— ÊTYM. Arc.

t ARCUIGALLE (ar-chi-ga-1'), s. m. Terme d'antiquité. Chef des prêtres de Cybèle.

— ÊTYM. Archigallus, de archi, et Gallus, prêtre de Cybèle.

t ARCU1LOQUIEN (ar-chi-lo-ki-in), adj. m. Nom de deux vers chez les Grecs et les Romains : le grand avait sept pieds, |le petit en avait quatre. Le nom de ces vers leur venait du poète Archiloque, qui les avait inventés.

t ARCHILUTH (ar-chi-luf), s. m. Ancien instrument dont les Italiens se servaient pour jouer la basse continue.

—ÊTYM. Archi et luth.

t ARCHIMAGIE (ar-chi-ma-jie), s. f. Terme d'alchimie. La partie de l'alchimie qui traitait de l'art de faire de l'or.

— ÊTYM. Archi et magie.

ARCIIIMANDRITAT (ar-chi-man-dri-ta), s. m.

Le bénéficed'un archimandrite; sa dignité.

ARCHIMANDRITE (ar-chi-man-dri-f), s. m. Nom du supérieur de certains couvents. Un de ses enfants avait été fait par le roi d'Espagne archimandrite de Messine, st-sim. 77, 254.

,~ ÊÏYM- 'APX'liav5P'Tlrl?, de 4py i (voy. archi), et (livSpa, enclos, écurie, et par suite cloître.

t ARCHLMONASTÈRE (ar-chi-mo-na-stê-r") , s. m. Monastère chef d'ordre ou de congrégation.

— ÊTYM. .4rcfti et monastère.

t I. ARCIHNE (ar-chi-n'), s. m. Unité des mesures de longueur en Russie. Sept archines ne font pas tout à fait sept mètres.

— ÊTYM. Mot russe.

t2.ARCIIINE(ar-chi-n'), t.f. Petite arche; cintre formé dans la charpente qui soutient les terrains d'une carrière.

— ÊTYM. Diminutif d'arche I.

ARCHIPEL (ar-chi-pèl), *. m. || f Terme de géographie. Étendue de mer parsemée de groupes d'Iles. || 2° Particulièrement, la partie de la Méditerranée située entre la Grèce, la Macédoine et l'Asie.

— ÊTYM. Ital. arcipelago, corruption du grec mo-

ARC

derne olytoné'kafo, c'est-à-dire mer Egée. Du temps de Méngae, quelques-uns disaient archipelaguc, ce qu'il condamne.

t ARCHIPOMPE (ar-chi-pon-p') ou ARCHE-WE- POMPE, s. f. Terme de marine. Cloison établie dans la cale autour du pied du grand mât, pour renfermer les pompes.

— ÊTYM. Arche, coffre (voy. arche i), et pompe. ARCUIPRESBYTÉRAL, ALE (ar-chi-prè-sbi-tè-

ral, ra-1'), adj. Oui concerne l'archiprêtre.

— ÊTYM. Archiprêtre.

t ARCHIPRESBYTÉRAT (ar-chi-prè-sbi-té-ra) , s. m. Dignité d'archiprêtre ; bénéfice de l'archiprêtre.

ARCHIPRÊTRE (ar-chi-prê-tr'), s. m. Titre de dignité qui donne aux curés de certaines églises la prééminence sur les autres curés. Alexis Petrowitz s'était accusé à l'archiprêtre d'avoir souhaité la mort de son père, volt. Russie, il, (0.

— HIST. xm* s. Ahi I que ne vos ont oï Ou l'arceprestreou dant Davi, Ou li preslre de la folie, lien. 21328. Entre moi et frère Bernart, L'arceprestre que veez ci, ib. 9905. || xvi* s. Il y a en chacune église un evesque, un archeprestre, un archediacré, calv. Inst. 897.

— ÊTYM. Archi et prêtre.

ARCHIPRÊTRE (ar-chi-prê-tré) , *. m. Juridiction d'un archiprêtre.

— REM. On a dit anciennement archipreveré , de prevoire, cas régime de preslre (voy. prêtre).

t ARCHIPRIEUR (ar-chi-pri-eur) , s. m. Titre que portait le grand maître des Templiers.

— ÉTYM. Archi et prieur.

t ARCHIRABBIN (ar-chi-ra-bin), s. m. Chef des rabbins. Il n'y a point d'archirabbin juif qui nesoit astrologue, volt. Phil. v, 355.

— ÊTYM. Archi et rabbin.

ARCHITECTE (ar-chi-tè-kf), s. m. Celui qui exerce, en qualité de maître, l'art de bâtir, traçant les plans, et surveillant l'exécution des constructions. Mais qu'on remue ces ruines, on trouvera dans les restes de ce bâtiment renversé, et les traces des fondations et l'idée du premier dessein et la marque de l'architecte, boss. La Vallière, Profession. || Fig. Cette réformation dont Luther était l'architecte, boss. Var. 1. 1| L'architecte de l'univers, Dieu.

— HIST. xv« s. Si s'ensuit que les architeteurs, c'est assavoir les disposeurs de l'oeuvre, scevent les causes des besoignes, christ, depisan, Otaries V, m, ch. M. || xvi* s. Ce grand architecteur et facteur de l'univers, rare, Prè(. l, 10. Un architecte et edificateur doit.... id. xxv, 20.

— ÉTYM. Architectus, du grec àpxiTéxTwv, de âpy w, commander (voy. archonte), et de téxtwv, artisan en général, et, en particulier, charpentier; mot à mot, maître des charpentiers.

ARCHITECTONIQUE(ar-chi-tè-kto-ni-k'). || l'Adj. Qui a rapport à l'architecture. || 2' S. f. L'art de la construction. Etudier, enseigner l'architectonique. || En philosophie, méthode qui coordonne les diverses parties d'un système.

— HIST. xiv' s. Entre ces vertuz intellectuelles il y en a une qui est architettonique et principal et quiordenede tout, oresme, Elh. 180. Science politique est architectonique, c'est à dire princesse et maistresse sus tout l'édifice des loys et de la pofleie, id. Thèse de meunier.

— ÊTYM. 'Ap/itexTOvixi;, de àpy.uexTOvéu, bâtir (voy. architecte).

ARCHITECTONOGRAPHE (ar-chi-tè-kto-no-graf), s. m. Celui qui s'occupe d'aichitectonographie.

— ÉTYM. 'Ap/.iTexTovéw, bâtir (voy. architecte), et Ypiçw, décrire (voy. graphique).

ARCHITECTONOGRAPHIE (ar-chi-tè-kto-no-grafie), s. f. Description des bâtiments, des édifices.

t ARCHITECTURAL, ALE (ar-chi-tè-ktu-ral, ra- 1'), adj. Qui appartient à l'architecture. Les termes architecturaux.

ARCHITECTURE (ar-chi-tè-ktu-r') , t. f. || 1* L'art de construire les édifices. L'architecture grecque. L'architecture gothique. Les cinq ordres d'architecture. || 2* La disposition d'un bâtiment. Les temples sont d'une architecture simple, mais majestueuse, fén. Tél. il. || L'architecture militaire, l'art de fortifier les places. || L'architecture navale, l'art de construire les vaisseaux. || L'architecture hydraulique, l'art d'établir des machines pour diriger les eaux. || 3° Fig. Les os sont, dans l'architecture du corps humain, ce que sont les pièces de bois dans un bâtiment de charpente, boss. Connaiss. il, 7.

— ÊTYM. Archilectura , d'arrhiieclus (voy. architecte)

ARC

ARCHITRAVE (ar-chi-tra-v') , s. f. || 1« Terrna

d'architecture. Partie principale de l'entablement entre la frise et le chapiteau. On voit la marque circulaire que les boucliers [offrandes votives] ont imprimée sur l'architrave, chateaub. /tin. i, 49a. Il 2° En termes de menuiserie, partie lisse qui est en contre-bas d'une corniche, et qui est terminée par un astragale ou autre moulure, j 3° En termes de marine, pièce de bois qui sert de soutien dans certaines parties des vaisseaux.

— HIST. xvi* s. Je ne me puis garder, quand j'oy nos architectes s'enfler de ces gros mots , pilastres, architraves, corniches, que mon imagination ne se saisisse incontinent du palais d'Apollidon, et par effet je trouve que ce sont les chetives pièces de la porte de ma cuisine, mont, i, 52. Au dessus des testes des chapitaux des colonnes, il y aura un architrave, frise et corniche, qui rognera autour dudit cabinet, palissy, 69. Moulleures, lozenges, arcs-qui-travent, frize et cornise, Bibl. de l'Ec. des Charles, *• série, t. m, p. 63.

— ÊTYM. Archi, principale (voy. archi), et (rave, du latin trabs, poutre (voy. trape); mot à mot, maîtresse poutre.

t ARCHITRAVE, ÉE (ar-chi-tra-vé, vée), adj. Terme d'architecture. Une corniche architravée ou, simplement, une architravée, corniche à laquelle on a ajouté une architrave.

f ARCUITRÊSORIER (ar-chi-tré-zo-rié) , s. m. Grand trésorier, nom d'une haute dignité sous le règne de Napoléon I".

— ÊTYM. Archi et trésorier.

ARCIHTRICLIN (ar-chi-tri-klin), s. m. ||1° Terme

d'antiquité. Celui qui présidait à l'ordonnance d'un festin. Il 2° Familièrement. Celui qui organise un repas.

— HIST. xm' s. Archedeclin i ot un prince En celé terre où Dieuestoit; Riches hom ert, et moult avoit;i ses noces l'en a mené; arcedeclin l'a apelé, Vie de J. C. du cangb, architriclinus. || xv's. Nostre Seigneur fit miracle en conversion d'eaue en vin es nopees d'architriclin, du cange, ib. |! xvi* s. Pource que l'evangeliste saint Jean, recitant le miracle, parle de l'architriclin, il leur a semblé avis que c'etoit le nom propre de l'espoux, calv. 144.

— ÊTYM. Architriclinus , grec àpxitpîxXivo;, de âpyio, commander, et de xpixXtvov, latin triclinium, table à trois lits (les anciens mangeaient couchés), de xpiç, trois (voy. trois), et de xXtvr), lit (voy. clinique). Les légendes du moyen âge avaient fait de Varchitriclin de l'évangile le nom propre d'un riche seigneur.

ARCHIVES (ar-chi-v'), s. f. plur. || 1* Anciens titres et documents. Archives nationales. Archives publiques. Archives privées. || 2* Lieu où les archives sont déposées. On a ajouté de nouvelles constructions aux Archives. |j 3* Fig. Les chants de Pindare forment, avec les ouvrages d'Homère, les brillantes archives delà Grèce, chateaub. i fin. 28. Des malices du sexe immortelles archives, boil. Sat. x.

— HIST. xvi* s. Les curieux font de leur mémoire un archive et registre fort mal-plaisant, et de fort mauvaise grâce, amyot, delà Curios. 16.

— ÊTYM. Archium elarchivum, grec, àpxeîov, proprement demeure des magistrats supérieurs, puis dépôt des pièces officielles. 'Apxeîov vient de âpx<<>, commander (voy. archonte). Archive a été singulier et masculin , dans le xvi* siècle , à cause de l'étymologie.

t ARCUIVIOLE (ar-chi-vi-o-I'), s. f. Nom d'un ancien instrument de musique. Espèce de clavecin sur lequel on appliquait un jeu de viole au moyen d'une roue, Trévoux.

— ÊTYM. Archi et viole.

ARCHIVISTE (ar-chi-vi-sf), J. m. Préposé à la garde des archives. || Archiviste paléographe, élève de l'École des Chartes, qui, après examen, a droit aux places d'archiviste et de bibliothécaire.

— ÊTYM. Archive.

ARCHIVOLTE (ar-chi-vol-t') , s. f. Terme d'architecture. Bande ornée de moulures régnant sur les vousseaux du cintre d'une arcade. Chacun des cinq ordres de l'architecture grecque a son archivolte qui lui est propre.

— ÊTYM. Bas-lat. archivoltum et archivolum, signifiant voûte, et composé dearchi, principale (voy. archi), et de voltum ou volta, voûte (voy. ce mot).

ARCHONTAT (ar-kon-ta) , s. m. || 1" Dignité d'archonte. || 2* Temps d'exercice de celte magistrature.

— ÊTYM. Archonte.

ABCHONTE (ar-kon-f), s. m. Titre qu'on donnait,

ARC

en Grèce et particulièrement à Athènes, aux magistrats qui dirigeaient la république. Il y avait chez les Athéniens neuf archontes; leurs fonctions étaient annuelles. Les charges nécessaires pour faire partie de l'aréopage, c'étaient celles d'archonte, de thesmothète et de polémarque, p. L. cour. Lell. n,

— HIST. xui* s. Dii de ces riches hommes que il upelenten greseis [grec] arcondes, Hist. occid. des iroitades, t. n, p. 292.

— ÊTYM. "Apxwv, de âpx», commander, être premier; àpyji, commencement, autorité; de là les divers sens de ce mot en composition.

t ARC1IURE (ar-chu-r') ,*. f. Pièces de menuiserie , in forme de coffre, qui sont placées devant les meules 'l'un moulin.

— étym. Arche t.

fARCIFORME (ar-si-for-m') , adj. Terme technique. En forme d'arc.

— étym. Arcus, arc, et forma, forme.

t ARCILIÈRES (ar-si-liê-r'), s. f. plur. Terme de rharpentier. Pièces de bois cintrées et tournant sur place.

— ÊTYM. Are.

ARÇON (ar-son), s. m. || 1* Pièce de bois cintrée qui fait partie de la selle. Arçon de devant. Arçon de i lerrière. Et ma hache est pondue à l'arçon de ma selle , v. Hugo, Orient. 45. Les rois tiendront l'arçon de notre selle, volt. Viol. 25. Deux longs pistolets d'arçon, passés dans une étroite ceinture, relevaient sa veste d'une manière grotesque, chateaub. [lin. 31. || Être ferme dans, sur les arçons. Au propre, se tenir bien en selle; au figuré, défendre ses principes, ses opinions avec vigueur. Sans cette mauvaise chose, il se fût encore remis dans les arçons, sêv. 391. || Perdre, vider les arçons. Au propre, tomber, être renversé de cheval; au figuré, être déconcerté, embarrassé. Le ménestrel consacrait ses chansons À ce vainqueur dont la terrible lance Aux plus vaillants fait vider les arçons, millev. Charlem. à Pavie, ch. ni. Dom Ruis de Martanza fit perdre les arçons à son adversaire, volt. Mœurs, 45. || 2* Les chapeliers appellent arçon un instrument en forme d'archet, qui sert à leur métier. || 8* En termes d'agriculture, sarment de vigne qu'on recourbe pour lui faire produire plus de fruit.

—HIST. »* s. Pleine sa hanste [il] l'abat mort des arçuns, Ch. dt Roi. xcn. || xu* s. De plene terre [iljest sailliz en l'arzon, Ronc. p. 62. ||xm* s. Li rois Ricars tenoit en sa main un tronchond une lance, et meut au Barrois, et le quida porter fors des ardions, Chr. de flams,p. 40. Or est Renart en grant péril, Il drece la qeue en l'arçon; Qar moult doute mors [morsure] de gaingnon, Ren. 4 83t. Quant s'oroison eut dite et faite, Sa viele a dou fuerre traite, L'arçon [archet] as cordes fait sentir Et la viele retentir, g. nu coinsi, Du cierge. Fust à pié, fust sus tes arçons, la Rose, «M». Et chascun deit aveir l'une de ces deus espées atachiées à l'arson devant de la scelle, et l'autre deit aveir ceinte, Ass. deJér. I, (70. Sus un bas cheval bien fourni seoit ; ses renés avoit getées sur l'arçon de sa selle et les tenoit à ses deus mains, joinv. 227. || xv* s. En mettant une main sur l'arçon de la selle d'un grand coursier, et l'autre emprès les oreilles, sailloit par entre ses bras de l'autre part du'coursier, Bouciq.i, ch. 6. Les quels ferirent sur le duc d'Orléans et le tuèrent, et jetUrent à terre de dessus sa mule : et luy coupperent le poing, dont il tenoit l'arson de sa selle, i. chartieb, Hist. de Charles Vil.

— ÊTYM. wall. airçon; Berry, arçon, légère bande de fer mise sur le dessus du sabot ; espagn. arxon; ital. arxione; de arcus (voy. Ane), à cause de la forme de cette partie de la selle.

t ARÇONNAGE (ar-so-na-j') , *. m. Action d'arçonner et résultat de cette action.

| ARÇONNER (ar-so-né), v. a. Terme de chapellerie. Battre la laine, la bourre et la soie avec l'arçon.

—ÊTYM. Arçon.

T ARÇONNEUR (ar-»o-neur) , s. m. Celui qui ar-

nne.

— hist. xiv* i. Le dit Guillaume decoppa par grant despit à Cyrot arçonneur la corde de son arçon [instrument à carder], du cange, arcio.

f ARCOT (ar-ko), s. m. En termes de fonderie, parties de métal tombées dans les cendres, d'où on les retire en criblant ces cendres.

t ARCTATION (ar-kta-sion) , *. f. Terme de médecine. Rétrécissement d'une ouverture naturelle ou d'un canal.

— ÊTYM. Arclalio, rétrécissement.

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