SEMBLABLE, SEMBLER
ASSEMBLEUR, EUSE (a-san-bleur,bleù-z'), t. m. et f. I| 1° Ouvrier, ouvrière qui fait les assemblages après le tirage des volumes. || 2° Poétiquement.... Notre engeance Prit pied sur cette indulgence.... Et l'assembleur de nuages Jura le Styx, et promit De former d'autres orages, la font. Fab. vm, 20.
— ÉTYM. Assembler.
ASSENÉ, ÉE (a-sse-né, née), part, passé. || 1* Porté sur. Un coup de poing vigoureusement assené. || 2" Fig. Mme de Lassay passait sa vie avec Mmeladuchesse de Chartres ; elle ne faisait pas moins de chansons bien assenées qu'elle, st-sim. 33, t32. ASSENER (a-sse-né. La syllabe se prendun accent grave devant une syllabe muette .j'assène, j'assènerai), v. a. || 1° Porter un coup violent. Il lui assena un coup de bâton sur la tête. || 2' Fig. Les satiriques ressentent sur l'heure une satisfaction secrète d'un coup de langue bien assené. Sa conversation [de Mme de Nangis] était charmante, et personne n'assenait si plaisamment, ni si cruellement les ridicules, st-sim. 89, 193.
— KIST. xn* s. Ses chevaus [son cheval] fut en vint lieus assenez [atteint], Rone. p. 96. Sur la jointe du bras où il l'a assené [blessé, frappé], ib. «96. || xiii* s. Et quant chascuns s'ot à sa terre assené, la convoitise del monde, qui tant a maufait, nés [ne les] lessa mie en pais, villeh. cxxvi. Devant en la poitrine bien [il] le sut assener [le coup], Berte, m. Se [je] vouloie conter Toutes lur aventures, [je] n'i pourroie assener, ib. Que à leur amour [je] puisse droite voie asener, t'6. xliii. D'un maillet qui là pent, [elle] a sus l'huis assené, t'6. xlv. Se croire me voulez, bien serez assenée [dirigée], ib. xlvi. Cui ge porré bien asener, N'aura talent de regiber, Ren. 7687. S'ore estoient tuit li set art En ces livres que vous avez, Bien vos auroit Dex asenez; Escoles porriez tenir, ib. 2tt36. Et se tu te pues tant pener Qu'au veoir puisses assener [que lu
puisses parvenir à voir], la Rose, 2350. Et se li fié [fief] de qui l'on viaut prover la saisine de lui ou de son ancestre, est assené en besanz , Ass. de 1er. i. 2t7. Le [la] cors [cour] doit regarder et assener jor convenable, beaum. xxxiv, 44. || xiv s. En toutes choses c'est fort de prendre le moien et de assener au moien , oresme , Eth. 54. Tellement l'assena que la teste lui fent, Cuescl. t5050. Qui prent premièrement premier est assené, ib. 20«48. || xv s. Cil arbalestrier entoise et trait un carreau et assenne le portier de droite visée en la teste, froiss. n, n, 47. || xvi« s. Te faudroit voir tous ces vieux romant et poètes françois, où tu trouveras un assener, pour frapper où on visoit, et proprement d'un coup de main : .... et mil'autres bons mots, que nous avons perdus par nostre négligence, du bell. i, 2», recto. II receut un coup d'esteuf qui s'assena un peu audessus de l'aureille, mont, i, 74. Cet ancien qui, ruant la pierre à un chien, en assena et tua sa marastre, m. i, 255. D'un grand coup d'espée, il en assené l'un par la teste et le rue mort par terre, lu. i, 255. On assené peu sûrement le coup que l'air vous conduict, n>. i, 362. Darius craignant de frapper de peur d'assener Gobrias, id. i, 312. C'est un corps vain qui n'a pas par où estre saisi et assené, id. h, 314. Cet empereur assenoit ses dons plus heureusement qu'ils ne font, id. iv, to. Il y eut un coup de javelot qui l'assena, mais ce fut du travers, non pas de la polncte, amyot, P. Mm. 32.
— ÉTYM. Ce mot n'est que la furme ancienne et vulgaire de assigner (voy. ce mot).
t ASSENTEMENT (a-san-te-man) ou ASSENTI- MENT (a-san-ti-man), i.m. En termes de chasse, Odeur qui frappe le nez du chien et qui le porte à se rabattre sur la voie de l'animal que l'on chasse.
— ÉTYM. Assentir 2.
ASSENTIMENT (a-san-ti-man, et aussi a-ssan-timan), s. m. Mouvement de la volonté qui accède. Ne donnez point votre assentiment à cette décision, à cet acte. L'évidence force l'assentiment.
— IIIST. xiii* s. Par l'assentement des autres messages monstra la parole Quesnesde Bethune, villeh. xciii. Et chargierent leur parole, par l'assentement de tous, à Nevelon l'evesque de Soissons, qui estoit des douze, id. ex. Par vostre assentement Je d'uu de vos enfans lui ferole présent, Berte, lxxxui. Fais apporter la chartre que li marchis ot de l'empereur Bauduin, qui faite fu par le commun assentement des haus barons, u. de valenc. xvi. || xv s. De la bonne volonté et assentement de tous, Bouciq. i, ch. 30. || xvi* s. Ils entendent qu'un assentement, par lequel les contempteurs de Dieu acceptent pour vray ce qui est contenu dans l'Escrilure, doit «stre réputé pour foy, calv. Instit. 424. L'on na peut acquérir vraie saisine en fief sans foi ou assentement du seigneur, loysel, 747. Tous les Estais d'un commun assentement nommèrent M . de Chasteaubriand, carl. i, 31.
— ÊTYM. Assentir i ; provenç. assentiment, asentimen; ital. assentimento. On disait aussi dans l'ancien français, assens.
t. ASSENTIR (a-san-tir), j'assens, j'assentais, j'assentis, j'assentirai, quej'assente, assentant, r. n. Donner sou assentiment. Assentir à un acte, à une proposition. || Vieilli.
— HIST. xn' s. Novele mort lor convient asenlir, Roncisc. p. 60. A cestui conseil sont li plus d'eus assentis, Sax. xxvi. Dune descendi la dame, et parlad sagement à tut le pople, et li poples asentità son cunseil, Rois, 200. || «U* s. Et que [ils] firent 1 ybert avec aus [eux] assentir, Berle, 63. Et Pépins ia requiert, por Dieu, quTelle] à lui s'assente , t'6. t H . Chascuns la tient à bêle, n'est nus na s'i assenlo, t'6. 1 0. Tant lui proia la dame que li rois s'assenti X ce qu'ele ivoïsi [allât], t'6. 7t. Or sacttiés bien que nous ne nos assenlirons à nul conseil que.... h. de valenc. t«. Et disent cornent ce seroit assenti, Chr. de Rains, <24. Puis qu'on s'i sera assentis, il ne lor loira pas à eus repentir, beaum. xv, 4. || XV s. Chascun s'assentit à ce conseil, froiss. i,
i, 264. || xvi* s. X la proposition du roy assentirent universellement tous ceux qui furent appelez à es conseil, m. du bbllay, 301.
— ETYM. Assentire, de ad et sentir» (voy. sentir) f ï. ASSENTIR (a-san-tir), «. ». Terme de chasse.
Reconnaître la voie.
— HIST. xivs. Et luy est advis (au cerf) que le chiens ne pourront assentir de luy en l'eaue, Modus, f° xix.
— ÊTYM. À et sentir, llairer.
ASSEOIR (a soir), j'assieds, tu assieds, il assied , nous asseyons, vous asseyez, ils asseyent; j'asseyais, nous asseyions; j'assis, nous assîmes; j'assiérai, nous assiérons, eu j'asseyerai, nous as-
ASS
scyerons; j'assiérais, nous assiérions, ou j'asseycrais, nous asseyertons; assieds, asseyons-, asseye*; que j'asseye, que nous asseyions; que j'assisse, que nous assissions; asseyant; assis, assise. On dit aussi, mais plus rarement : j'assois, tu assois, il assoit; j'assoyais; j'assoirai; j'assoirais; assois, assoyons; assoyez; que j'assoie, que nous assoyions; assoyant; v. a. || 1" Mettre quelqu'un sur un siège. Asseoir un enfant, un malade. Mais tu venais asseoir sur leur trône abattu [des faux dieux] Le Dieu de vérité, de grâceet de vertu, lamart. Hartn. in, 5. || Par extension. Chaque soir, une table aux suaves apprêts Assoira prèsdenousnosbellesadorées, a.ciiënikii, tôt.
|! î1 Poser, placer, établir. Le général assit son camp près du fleuve. Asseoir solidement des fondations. Près de la forteresse [il] Assied son camp, la font. Uandr. Tous ceux qui bâtissent voudraient asseoir eux-mêmes chaque pierre qui entre dans leur bâtiment, voit, ietfr. (83. || Fig. Asseoir solidement son trône, un empire. Asseoir un impôt. Asseoir une dot sur un bien-fonds. Asseoir son jugement ou son opinion 6ur l'événement. Beaucoup de choses sur lesquelles on peut aisément asseoir des conjectures. Supposons que l'esprit du gouvernement soit d'asseoir les taxes sur le superflu des richesses, j.j.ROuss.Fcon.3. J'estime qu'on peut, sans tirer àconséquence pour les autres pays, asseoir un droit modique sur chaque espèce desdits bestiaux [testiaux communaux] équivalant à la dîme de la nourriture qu'ils en retirent, pour tenir lieu de celle de ces sortes de terres vagues, vaines et en commune, vauban, Vimc,ç. 167. On ne sait où asseoir sa créance, pasc. 2e conv. Et je ne vois pas pourquoi asseoir son imagination sur l'un plutôt que sur l'autre , id. èdit. cous. Avant que d'asseoir son jugement, boss. Serm. Quinq. 4.||3°En termes d'eaux et forêts, asseoir les ventes, marquer le canton de bois qui doit être coupé. || 4° En termes de doreur, asseoir l'or, le poser sur une première matière qui lui sert de fond ou de soutien, pour lui donner du relief et del'éclat.
|| 5* En termes de peinture et de sculpture, asseoir une figure, lui donner une position naturelle et un bon équilibre. || 6° En termes de manège, asseoir, faire plier lesjambes à un cheval. Asseoir un cheval sur ses hanches. || 7* Faire asseoir quelqu'un, dira à quelqu'un de s'asseoir. L'ayant fait asseoir, il lui dit. 11 les fait asseoir sur un banc de gazon. Faire asseoir quelqu'un à sa table, l'inviter à se mettre à table avec soi. || Fig. Le premier prince qui a fait asseoir avec lui la religion sur le trône, mass. Triomphe. || 8" S'asseoir, v. réfl. Se mettre sur un siège, se tenir sur son séant. Je m'assieds, les domestiques s'empressent. Asseyez-vous sur les bancs. Nous nous assîmes dans un pré. S'asseoir à table. 11 s'assit à la droite du préfet. On le fait s'asseoir dans une belle chaise d'ivoire, ciiateaub. Génie, il, vi, 3. [Ils] s'asseient en prélats les premiers à vos tables, bégnier, Sat. n. Les marquis tantôt se lèveront, tantôt s'assoiront, suivant leur inquiétude naturelle, mol. Impromptu, 3. || 9* Se poser en parlant d'un oiseau. Le rossignol s'assoit sur une branche.
— IUiM. L'Académie écrit j'assoirai, sans e, mais je surseoirai avec un e. Il faudrait remettre la concordance entre ces deux verbes que rien ne doit séyiarer, afin de diminuer des exceptions qui compliquent inutilement l'orthographe.
— lllST. xi' ». Au faldestoed s'est Marsiles assis, Ch. de Roi. xxxiv. Dessus s'asiet li paien Baligant, ib. clxxxvhi. ||xn' s. S'asist li rois, Ronc. p. 6. Sor son chef font un vert haume asseïr, ib. p. 66. Tant |j'] ai en lui [elle] ferme assis mon courage, Qu'ailleurs [je] ne pense.... Couci, xix. Ses blans dois Ions et traitis, Son gent cors et son clair vis, Et sa bouche bien assise, «6. p. 420. [Dame] Où toute valeur souploie [abonde] Et où tout bien est assis, ib. Diex est assis [assiégé] en son saint héritage, quesnes, Romancero, p. 93. Dame, l'amour qu'ailleurs avez assise, [je] Detlsse avoir par loiauté conquise, audefr. le bast. ib. p. 7. Quant li rois eut mangié et lacourz fu assise, Sax. xxm. Prist la curune del chief le rei, ki d'or esteit e asise de pierres preciuses, si l'asist sur sun chief, Roii, 468. Lur message [ils] unt bien dite lur moz bien asis, Th. le mart. 63. L'apostolies l'asiet juste lui erramment, ib. 68. E à sa quesine furent asis, chascun jur, dis bues gras de guarde e vint ki veneient de la cumune pasture, Jiofs, 239. ||xnr> s. Si est [la ville] moult biele et moult bien assise, viLLEH. lx. Les table furent mise, [ils] s'assirent au souper, Ilerlem. Lors [elle] s'assiet sous un arbre, car li^ cuers li douloit, ib. xxvm. Taille et tonlieus Jimpôts] [elle] assist au pais par maistrie, ib. i.x.
ASS
Dossur los marcheans [elle] fist coustume [impôt) asseïr, ib. lxih. En la chambre s'assient tous trois sur des tapis, ib. lxxv. Et si [je] vous assirai au pais bêle rente, ib. cxi. Symons 1' [Berte] assiel lez lui, moût [elle] fu taisant et coie, ïb. cxvn. Et tout li baron seroient entour li, et cil en cui cief [tête] elle asseroit la corone seroit rois, Chron. de Hains, p. 4 9. Se ymagiers paintres assiet argent seur estain, l'euvre est fause, se elle ne li est commandée au faire, Liv. des met. 468. Lors commencèrent à laver, Atant aséentau soper Li chevaliers et mi niée, lien. 22128. [La fortune] .... Et leur assiet, comme marastre, Au cuer tindolereux emplastre, la Rose, 4U4 3. Li ung [arbre] fu loing de l'autre assis, Plus de cinq toises ou de sis, ib. 4 378. Et le seignor deit le gage recevoir et asseir le jor de la bataille ou quarantisme jor, Ass. de Jér. 4 20. Adont ses hons li doit requerre qu'il li assiece jour, et il yra volentiers querre se [sa] délivrance, beaum. lxu, 2. Il est dit dessus que l'assiete des coz [coûts] qui sont fet por le commun porfit doit estre assize [fixée, établie] par le serement de bone gent, id. xxv, 47. || xv' s. Et point ne s'espargnerent, mais s'assirent les glaives [lances] l'un sur l'autre en poussant [combat singulier de deux chevaliers] , froiss. il, il, 80. Et vinrent l'un contre l'autre asseoir leurs glaives, id. h, h, 84. Ainsi comme vous avez ouy, fu la forte ville de Calais assise [assiégée] par le roi d'Angleterre, id. i, i, 322. En cette isle de France est bien assise cette ville de Paris de povoir fournir deux si puissans ostz, car jamais nous n'eusmes faulte de vivres, comm. i, 8. Les villes assises sur la rivière de Somme, id, I, 4 2. Quand le premier mets fut assis [servi], louis xi, JVouo. xlix. || xvi* s. Ils allèguent qu'on ne peut assoir un jugement, sinon que la cause soit cognue, calv. Instit. 601. Mais qui en Dieu son espoir asserra, marot, iv, 270. [La pierre rebutée] A esté assise et plantée Au plus haut du principal coin, id. iv, 329. Plus matin que la garde Assise au point du jour, m. iv, 333. Il estudioyt quelque meschante demye heure, les yeulx assiz dessus son livre, rab. Car. I, 24. 11 s'asseoyt à table, et commençeoyt son repas par.... id. ib. i, II. Si je m'assys à table, je Loiray, ip. ib. 39. Les aultres remparoyent murailles, asseoyent sentinelles, id. Pant. m, Prol. Assoyez vous là, et que plus on ne vous le die, id. ib. v, II. Ces peuples sont assis le long de la mer, mont, i, 236. Où asseons nous cette renommée que nous allons questant avecques si grand peine? id. i, 347. Pour avoir mal assis une escabelîe, id. m, 446. Un maistre d'hostel, en asseyant les plats, lui repandit un potage sur un saye de velours qu'il portoit, des per. Contes, xlix. Elle supplia au juge d'asseoir les despens sur sa fille, id. ib. cxxiii. Les jeux qui se jouent d'assis, yver, p. 698. Il ordonna que, qui voudrait asseoir sur son fond des ruches d'abeilles, qu'il les assist à 300 pieds pour le moins, loing de celles qui paravant auraient esté assises autour de luy, amïot, Solon, 47. Il assiet l'estat de son accusation sur un si sainct fondement, que.... H. du bell. 496. Puis le chirurgien s'asseoira sur le banc vis à vis du patient, pare, xv, 23. Le patient s'asserra sur une petite selle dans la dite cuve, id. xxv, 43. De ne se laisser décevoir aux commis es impositions, lors qu'ils en asseent et despartent les deniers, o. de serres, 14. Nous asserrons nostre logis des champs en lieu sain, id. 47. Assisons nous sur ceste molle couche, rons. 185. Les uns ayans pitié des hommes et des naux [nefs], S'assisentsurles masts, comme deux feux jumeaux, id. 877.
— ETYM. Picard, assir, achir; Berry, assidre ; provenç. assexer, assire, assir; ital. assedere; de adsidere, de ad, à, et sedere, être assis (voy. seoir). Âssidre du Berry suppose un changement de conjugaison, de assidère en assidire, avec changement d'accent. Les deux conjugaisons l'assieds et j'assois sont la trace de deux prononciations provinciales qui avaient cours dans l'ancien français : j'assois dans le centre, j'assieds dans l'ouest.
ASSERMENTÉ, ÉE (a-sèr-man-té, tée), part, passé. Qui a prêté serment. Fonctionnaire assermenté. || Prêtre assermenté, ecclésiastique qui, à l'époque de la constitution civile du clergé (4 7D0), avait prêté le serment.
ASSERMENTER (a-sèr-man-té), v. o. Faire prêter serment, en parlant des personnes auxquelles on confère des offices publics. Assermenter un fonctionnaire.
— Hisr. xvi' s. Ils refuseraient d'en rendre tesmoignage, assermentez par un juge [sommés de déposer sur la foi du serment], mont, i, 103. Sur cela
ASS
Andelot, ayant assermenté [fait jurer le secret] les principaux chefs, d'aub. Ilist. î, 2«8.
— ÊTYM. À et serment.
t ASSERT1F, 1VE (a-sèr-tif, ti-v'), adj. Qui a le caractère de l'assertion. Une proposition assertive. |[ En termes de philosophie, même sens que assertoire.
— ÊTYM. Voy. assertiom.
ASSERTION (a-sèr-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Proposition qu'on affirme. Assertion vraie, fausse. Il détruisit par des faits les assertions de son adversaire.
— HIST. xiv* s. Nulz ne sera doresenavant receu à faire monstre [revue] par cedule ou par assersion de sa parole, mais sera chascuns tenus desoresmais de faire monstre armée, Ordonn. t. m, p. 35. || XVI' s. Ce point n'a esté touché que pour une simple assertion, sans aucune démonstration , raison ou authorité ancienne , paré , Licorne , réplique. Si de ce vous deffiez et en demandez assertion et signe usual, rab. Pant. m, 49.
— ÊTYM. Provenç, assertio; de assertionem , de asserere, prendre, saisir, de ad (voy. A) elserere, entrelacer (voy. série).
f ASSERTOIRE (a-sèr-toi-r') ou ASSERTORIQUK (a-sèr-to-ri-k') , adj. Terme de philosophie. Mot de la philosophie de Kant, désignant les jugements qui peuvent être l'objet d'une simple assertion, à laquelle ne se joint aucune idée de nécessité.
— ÉTYM. Voy. ASSERTION.
t AS9ERTORIQCE (a-sèr-to-ri-k'), adj. Voy.
ASSERTOIRE.
ASSERVI, IE (a-sèr-vi, vie), part, passé. Rendu
esclave. La patrie asservie. Asservi par les passions. Asservi aux circonstances. Du Danube asservi les rives désolées, rac. llaj. n, 4. La Judée asservie et ses remparts fumants, id. Bérén. u, 2. Quoi! votre âme à l'amour en esclave asservie, id. Andr. i, 4. Aricie à ses lois tient mes vœux asservis , id. Phèd. iv, 2. Rome à trois affranchis si longtemps asservie, id. Brit. î , 2. Je vois à l'amour seul ma maîtresse asservie, volt. Zaïre, i, 5. Deux sceptres en ma main, Albe à Rome asservie Parlent bien hautement en faveur de sa vie, corn. Horace , v, 3. Vit-on jamais une âme en un jour.... Asservie en esclave à plus d'événements, id. t'6. iv, 3. Sous tes lois me tenant asservie, id. Cinna, m, 4. Être asservi par les lois de l'honneur au dérèglement de la conduite d'autrui, mol. le l'est, m, 5. A ses lois je me trouve asservie, id. Ps'j. v. Malgré le sort qui sous sa loi Tient la vertu même asservie, bêrang. Filleule. Ces astres asservis à la loi qui les presse, S'attirent dans leur course et s'évitent sans cesse, volt. Henr. vu.
ASSERVIR (a-sèr-vir) , j'asservissais, asservissant, v. a. \\ i° Réduire a l'état d'esclavage ou de simple dépendance. César asservit son pays.... Mon père asservit le Jourdain, volt. Zaïre, i, 2. || Absolument. Insensé qui croit asservir et se dispenser d'obéir 1 p. L. cour, i, 226. || 2° Par analogie. Cet hymen m'asservit et le fils et la mère, volt. Mérope, iv, 4. || 3' Fig. Ses vertus ont asservi tous les coeurs. Ma frugalité Asservit la nature à mon austérité, volt. Fanal, u, 4. Indigne d'asservir le cœur d'un honnêti homme, mol. Mis. in, 7. Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison En si belle prison, mai.ii. v, 4. || 4" S'asservir.v. réfl. Se soumettre.il nes'asservit à aucune règle. Il s'asservissait aux volontés de safemrne. Donnant ma liberté, je me suis asservi,
REGNIER, Sat. II.
— HIST. xn' s. Tous U moins courrouciez s'estoit bien aatis Qu'ains i lairroit la teste que il fust aservis, Sax. xxvi. || xm' s. Depuis en fu la ville assez plus asservie, Berte, lx. As-tu or bon seignor servi, Qui si t'a pris et asservi Et te tormente sans sejor? la Rose, 4262. Donc avés-vous outréement La mort d'enfer bien deservie, Qui tel gent avés aservie, ib. 4 2630. Tout me voil [je me veux] à vous asservir, Pour vous honorer et servir, ib. 44985. Les seignors qui auraient un tel don fait, auraient aservi trop malement tote lor seignorie, Ass. de Jér. î, 272. Il loist bien à afranquir ses enfans, et non à aservir, beaum. xlv, 21. Onques nul jor Dieu ne servi, Ainçois ai le cors asservi A pechier, por l'ame confondre, ruteb. u, 413. Trop par ainme [aime] son aise qui lait [laisse] l'arme [âme] aservir, Qu'en enfer sera serve par son fol messervir, id. ib. 4 39. || xv's. Dix et set ans ay au Satan servi, Au monde aussi et à la char pourrie, Oublié Dieu, et mon corps asservi  celle court de tout vice nourrie, e. desch. De l'intér. des cours. [Le prince doit] requérir crueusement Son ennemi, et mener doucement Ses vrais subgiez, sans asservir nulli , id. Des vertus accessoires. || xvi' s. Vous asservez les personnes, pillez leurs
ASS
ASS
ASS
biens et ruinez leurs villes, amyot, Cam. 27. Ceste corruption a este cause de réduire la chose publique en monarchie, en asservant et assujettissant les armes rnesmes à l'argent, id. Cor. i». Hz ne asservirent ville quelconque qu'ilz eussent prise, n>. Pélop. et Marcel, comp. i. La Rochelle ne puuvoit estre assiégée que la rivière de Sevré, asservie par le Doigr.on et Maillezais, ne fut entièrement libre, d'aub. Vie, cxxxiv.
—ÊTYM. À etserw;dans le xvi* siècle, on a conjugué ce verbe comme servir; ce qui est la vraie conjugaison; et conjuguer asservir comme nous faisons, c'est confondre la conjugaison qui vient de ire latin avec celle (par exemple fleurir) qui vient de iscere.
f ASSERVISSABLE (a-sèr-vi-sa-bl'), adj. Néologisme. Oui peut être asservi.
— ÊTYM. Asservir. ■
ASSERVISSANT, ANTE ( a-sèr-vi-san, san-t'j, adj. Qui asservit. Condition asservissante.
ASSERVISSEMENT (a-sèr-vi-se-man), s. m. Etat de servitude, action d'asservir. Tenir un peuple dans l'asservissement. L'asservissement de la Grèce par les rois macédoniens. Asservissement aux usages, aux idées reçues. Soit aigreur contre Fénelon, soit asservissement au parti contraire, volt. Louis XIV, quietisme.
— ÉTYM. Asservir.
f ASSERVISSEUR (a-sèr-vi-seur), s. m. Celui qui asservit. C'est le grand asservisseur des rois et des consciences, le grand despote religieux, Grégoire VII, qui favorise la hardiesse et le premier élan de l'esprit populaire, villemain, Cours de litlér. Moyen âge, t. i, p. 28.
ASSESSEUR (a-sè-seur), s. m. Magistrat adjoint à un juge principal pour l'aider et le remplacer.
— HIST. xin' s. Le dieu d'amors cil cosloioienl [étaient assis à côté], Et comme assessour se seoient, Nouv. Rec. de fabl. i, 294. Li bailli ou li prevos, (puant il en ont mes lier por lor ensoine, poent fere acesseurs por aus [eux] , beaum. 36. || xiv* s. Capitouls, sindics, trésoriers, accesseurs ou autres officiers de villes, du cance, accessor. || xv s. Le substitut ou accesseur de notre procureur , id. ib. il xvi' s. Les rois, dont les lieutenants, ausquels ils donnent la charge de gouverneur, sont comme leurs assesseurs, calv. Inslit. 402.
— ÉTYM. Provenç. assessor ; espagn. asesor; ital. atsessore; de atsessorem, de adsidere (voy. asseoir).
t ASSESSORAT (a-sè-so-ra) , *. m. Office d'assesseur.
f ASSESSORIAL, ALE (a-sè-so-ri-al, a-1'), adj. Oui est d'un assesseur. Droits assessoriaux.
f ASSETTE (a-sè-f), s. f. Marteau avec une tête d'un côté et de l'autre un tranchant, large de deux pouces et un peu recourbé vers le manche; les couvreurs s'en servent pour dresser, couperet clouer les lattes et les ardoises, et les tonneliers pour polir et arrondir les douves des tonneaux.
— ÉTYM. Même radical que asseau.
ASSEZ (a-sé;le % se lie; j'ai assez attendu, dites : a-sé-z attendu. Chifllet, (Gramm. p. 21», dit : «En ce mot plusieurs ne prononcent pas le i devant les voyelles : j'ai assez attendu, ils prononcent : j'ai assé attendu.» Cela arrive encore souvent aujourd'hui dans la prononciation non soutenue), adv. || 1° Autant qu'il en faut. L'avare n'a jamais assez. La ville ne lui parut pas assez grande. Assez longtemps. Ce n'est pas assez pour eux de donner des préceptes. C'est assez parler de nos affaires. Autrement, un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasié d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler et le momie rouler autour de vous, ou plutôt que vous vous êtes assez vu rouler vous-même et passer avec le monde, boss. le T< Hier. Quoi donc! n'est-ce pas assez que nous soyons attaqués au dedans et au dehors? id. t'6. Ces belles années, dont on ne peut assez admi rer le cours glorieux, id. ib. Ah I pour cela il est toujours assez bonne heure, mol. Oép. am. iv, l. Sur vous l'on sait assez que je jette les yeux, regnahd, Joueur, u, 4. || Bien assez. Il a été bien assez humble. J'ai bien assez vécu. |[ -C'est assez, c'en est assez, en voilà assez, et, elliptiquement, assez; n'en parlons plus, n'en disons pas davantage. || Assez de. II est tombé assez de pluie. Et sans atteindre au but où l'on ne peut atteindre, Ce m'est assez d'honneur.... malh. v, 30. Assez de funestes bniailles, El de carnages inhumains, id. ni, 2. || Avoir assez d'une chose, en avoir suffisamment, et, quelquefois, en être fatigué, rassasié. || 2° Assez d'autres, un nombre bien suffisant, autant que j'en voudrai. Assez d'autres Etats lui prêteront asile, corn. Serlor. n, 4. Assez d'autres sans vous n'ont pas mis en oubli ...
id. Cinna, I, 2. Assez d'autres sans moi soutiendront vos lauriers, id. llor. v, 2. Assez d'autres viendront, à mes ordres soumis, Se couvrir des lauriers qui vous furent promis, rac. Iph. iv, 6. || 3"Quelquepeu, dans un sens qui est ou diminutif ou augmentatif suivant les mots: elle est assez jolie, c'est-à-dire elle n'est qu'un peu jolie; une lettre assez longue, c'està-dire qui dépasse la longueur ordinaire. Assez petit. Il est assez mal traité par la critique. Nous louons parfois des gens assez médiocres. Elle s'approcha du bûcher, en s'oïposant assez. 11 fit assez de chemin. Il est assez étonnant que.... Ma présence est assez inutile en ce lieu, regnard, Joueur, III, 2. Nous pouvons nous y faire un assez beau destin, corn. Serlor. iv,2. Et d'abord je trouvai ses princes assemblés Qu'un péril assez grand semblait avoir troublés, rac. Andr. i, i. || 4° Assez et trop longtemps, locution poétique signifiant pendant trop longtemps. Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence, boil. Sal. ix. Assez et trop longtemps mon amitié t'accable, rac. Andr. m, i. Assez et trop longtemps sous ma feinte poursuite, rotr. Vencesl. tu, 2. Assez et trop longtemps votre discours la flatte, corn. Cid, ni, 6. || 5° Assez peu, assez souvent, assez rarement; dans ces locutions, assez est explétif. C'est un homme d'assez peu d'esprit. Assez peu éloquent. Il venait assez rarement au sénat. || 6° Assez pour.... devant un infinitif. Il est assez riche pour acheter ce domaine. Etait-il assez sot pour croire...? Personne n'est assez méchant pour vouloir le paraître. Il n'y eut personne d'assez dur pour ne pas pleurer. || On a dit, dans le même sens, assez de.... Les Athéniens ordonnèrent une punition de mort contre le premier qui serait assez hardi de proposer la guerre, fén. Solon. || On a dit aussi : assez.... que de. Nous avons été assez ingrals que de faire servir les créatures contre le Seigneur même, à qui elles appartiennent, mass. Profession religieuse, sermon 3. Quel châtiment ne doivent pas attendre les ministres du temple eux-mêmes, s'ils sont assez malheureux que d'en abuser? id. Revenus ecclésiastiques. Si l'on est assez malheureux que de retomber, id. Inconst. C'est une tournure très-fréquente dans Massillou. || 7" S. m. Séparer le peu d'avec le beaucoup, lassez d'avec le trop, bayle, Dict. hist.Chrys. remarque 0.
— SYN. assez, suffisamment. Suffisamment exprime que ce qu'on a suffit, mais ne va pas au delà. Assez exprime que ce qu'on a non-seulement suffit, mais encore satisfait amplement à ce que nous voulons. Ce qui suffit ne surabonde pas; ce qui est assez peut surabonder. De plus, au point de vue de la syntaxe, assez reçoit facilement un complément avec de; ce que suffisamment ne fait pas, au moins dans le style correct.
— HIST. xi* s. En ceste terre ad assez osteiet [fait la guerre] , Ch. de Roi. m. Assez est mieuz qu'il i perdent les cbefs [têtes], t'6. m. Dient païen : de ce avom asez, ib. v. Neymes li dux et des autresasez, Si. lui. Or endreit sei at il asez que faire, t'6. clv. Asez i meurent et des uns et des autres, t'6. ccliv. Baptizét sont asez plus de cent mille, t'6. cclxviii. |i xn* s. Asez oezque Guenes va disant, Ronc. p. 35. Mieux vaut Mabons que St Pieres assez, t'6. p. 41. Assez savez quex est li cuens Rolanz, t'6. p. 84.Ains que tu l'aies, auras assez à faire, t'6. p. 445. Se je vous aim, j'i assez ai raison, Couci, n. Assez aim [j'aime] mieux mourir en bon désir, Que vivre irez et m'amie haïr, t'6. ix. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez lui [elle] et s'amour servir, t'6. xix. Car j'ai assez autre chose à penser, quesnes, Romane, p. loo. Il leur a demande : quels nouveles, baron?— Sire, ce dist Gisarz, assez [nous] vous en diron, Sax. xxn. ||xin*s. Et là trova il pèlerins assés et gens qui s'en alloient en l'ost, vii.i.eh. xlh. Et furent assez plus que cil qui esto'ent devant Conslantinoble, id. c. El la dame n'ot pas assez de vesteUre, Rtrle, xlh. Elle amast assez mieux que elle eùst mentit, t'6. lui. Oui n'avoil encores passés, Si cum je cuit [croisj, douze ansd'assés [de heaucoup],/orosf. m, 1270. l'our ce que il croient que il seront assez plus aise quant il seront mors, que il n'estoient devant, joinv. 2ao. H xiv' s. Dieu loent [ils], sans estre lassés, Aussitost d'un pou com d'assez, bruyant dans Uénagier, t.u, p. 21. Ceulx ici rnesmes profitassent plus assez en telles besongnes, se avecquesla bonne ahilitéde nature que ilz ont, ilz eussent la doctrine, oresme, Prol. Il xv s. L'autre [fils] eut nom Jean d'Eltheus et mourut assez jeune, froiss. i, i, 3. Si gasterent tout le pays, et ardirenl jusques à la cité de Dureunne, et assez outre, id. 1, 1, 30. Et dit le roi d'Angleterre à son cousin le comte Derby qu'il prist
assez or et argent, et le donnast et departist largement aux chevaliers et escuyers.... id. 1, 1, 215. Ils les haioient plus assez quelesEscots, id, 1, 1, 3). Et à ce temps là les Escots aimoient et prisoient assez peu les Anglois, et encore font ils à présent, id. I, I, 34. Il leur sembla qu'ils seraient forts et puissans assez pour la conquerre, ID. 1, 1, 97. En ladicte bataille esloient mors huyt mil hommes et autres menues gens assez, comm. v, 3. Et que ils avoient p.issé la rivière; c'estoit assez et suffisoit bien sans pusser celle.... id. i, 2. || xvi* s. Assez moins que.... mont. 1, II. Non-seulement en basque, les femmes..,, mais assez ailleurs, et, qui plus est, en.... id. h, 201. Rien n'a qui assez n'a, génin, Récréai, t. 11, p. 249.
— ETYM. Bourguig. aisseï; provenç. assall ; anc. espagn. usai; portug. assai, assas; ital. estai; de ad, à, et salis, suffisamment (voy. satiété). Dans l'ancien français, azsez, comme aujourd'hui encore assai en italien, voulait dire beaucoup.
ASSIDU, UE (a-ssi-du, due; quelques-uns disent a-si-du), adj. Il 1' Exact à se tenir où il doit être. Cet employé est assidu à son bureau. Magistrat assidu aux audiences. || 2* Qui a une application soutenue. Un enfant assidu, .... Que tous les Juifs, dans Suze répandus, A prier avec vous jour et nuit assidus, rac. Eslh. 1, 3. D'écoliers libertins une troupe indocile, Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu, boil. ti<(r. ch. m. Ecoutez tout le monde, assidu consultant; Un fat quelquefois ouvre un avis important, id. A. pnét. îv. Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître. Beau d'un soin assidu travailler à leurs forts, malh. 11, 12. || 3'Qui rend des soins continuels à une personne. Soyez assidu auprès de ce pauvre malade. On a nommé huit ou dix hommes, avec soo fr. de pension, pour être assidus auprès de
M. le Dauphin, sêv. 406 Qui pourra montrer
une marque certaine D'avoir meilleure part au coeur de Célimène, L'autre ici fera place au vainqueur prétendu, Et le délivrera d'un rival assidu, mol. Slis. m, I. Apparemment, luidis-je, que vous avez quelque charge ou quelque emploi qui vous empêche d'être plus assidu auprès d'elles, montesq. Lett. pers. 48. Compagne assidue, rac. Esth. 1, I. Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu? labruy. 8. || 4" En parlant des choses, continu, constant. Ces plaintes assidues, rac. ttrit. iv, 2. Il n'avait plus pour moi cette ardeur assidue, Lorsqu'il passait les jours attachés sur ma vue, id. Bérén. I, 4. Par des vœux assidus je crus les détourner, id. Phèd.i, 3.
— HIST. xvi* s. Le flatteur est en cela assidu, continuel, sans jamais se lasser, amyot, Comm. discern. le flatt. 38.
— ÊTYM. Provenç. assiduos; anc. catal. assiduit; anc. espagn. asiduo; ital. assiduo; de assiduus, deassidere, être assis auprès (voy. asseoir). On disait plus volontiers, au xvi* siècle, assiduel qu'assidu. Ve vençal assiduos suppose un mot barbare assidiwsus.
ASSIDUITÉ (a-ssi-du-i-té; quelques-uns prononcent a-si-du-i-té), t. f. H 1* Présence assidue dans un lieu, près de quelqu'un. Assiduité d'un juge aux audiences. Il paye aussi libéralement les assiduités ou plutôt l'oisiveté de ses courtisans que les campagnes laborieuses de ses capitaines, montesq. Ijell. pers. 37. Et l'assiduité près d'un charmant objet N'attend point notre aveu pour faire son effet, corn. Pulchcr. iv, 3. Il interprète malignement certaines assiduités suspectes, mass. Injusl. || 2° Application continuelle. L'assiduité de cet employé lui valut de l'avancement. L'assiduité au travail. Son goût pour s'instruire, son assiduité à l'étude, volt. Lettr. Schouvalof, il nov. 1759.
— hist. xvi- s. La longueur du temps adjouxtée à l'assiduité du labeur en la manufacture d'un ouvrage, lui donne force et vigueur de longue durée, amyot, Péric. 26. Par diligence et assiduité d'advocasser, id. L'rassut, M.
— ÊTYM. Provenç. assiduilatz; anc. espagn. asiduidad; portug. assiduidade; ital. assiduilà; de astiduitalem , d'assiduus (voy. assidu).
ASSIDÛMENT (a-ssi-du-man; quelques-uns prononcent a-si-du-man; l'accent circonflexe indique la suppression d'un e), adv. D'une manière assidue. Travailler assidûment. Faire assidûment sa cour. Allez, et que partout on veille assidûment, biufaut, fiinus, m, 3.
— B.F.M. On remarquera l'accent circonflexe que met l'Académie, tandis qu'elle n'en met ni à absolument, ni à ambigument, etc. Il vaudrait mieux qu'elle suivît un système, et mit partout l'accent circonflexe ou le supprimât partout.
ASS
— HI5T. xvi# s. Toutefois cela ne vient point d'icelle [fontaine], »ins de la source, laquelle lui administre assiduement ce qui peut suffire pour les ruisseaux coulants, et pour les hommes qui en puisent, calv. 6).
— ÉTYM. Assidue et le suffixe ment. Ano. espagn. asiduamente; ital. assiduamente. Au xvi* siècle, on disait d'ordinaire assiduellement (voy. l'étymologie
d'ASSIDU).
ASSIÉGÉ, ÉE (a-sié-jé, jée), part, passé. || 1- Qui subit un siège. La ville assiégée par l'ennemi. On nous tient assiégés. De Romains le rivage estchargé, Et bientôt dans ces murs vous êtes assiégé, fac. Mithr. iv, 7. || 2* Autour de qui on se presse. Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins, Et les plus malheureux osent pleurer le moins, hac. Iph. 4 , 6. || 3° Fig. Accablé. Nous sommes assiégés de soucis. De soupçons jaloux assiégé , Dorval n'a ni bu ni mangé, bérang. Deo gratias. || 4* Substantivement. Les assiégés ont fait une vigoureuse sortie. L'assiégé a longtemps défendu les approches.
ASSIÉGEANT, ANTE (a-sié-jan, jan-t'). || 1° Adj. Oui assiège une place forte. Les troupes assiégeantes, y 2° S. m. L'assiégeant avait fait de grands progrès. Mais se mêler ici parmi les assiégeants , volt. Adélaïde, i, 3.
t ASSIÊGEMENT (a-sié-je-man), s. m. Action d'assiéger.
— HIST. xvr* s. Deux batailles et deux assiegemens donnent l'entière victoire , lanoue , 409, Joustes, escarmouches, batailles feintes, assiegemens de place, m. du bellay, 2t.
— ETYM. Assiéger.
ASSIÉGER (a-sié-jé), j'assiège, nous assiégeons; j'assiégeais; j'assiégeai; j'assiégerai; j'assiégerais, v. a. || 1* Faire le siège d'une place. On sait que Louis foudroie les villes plutôt qu'il ne les assiège ; et tout est ouvert à sa puissance , boss. Marie-Thérèse. [Il] Nous surprend, nous assiège et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord, corn. Rodog. i, 6. || 2° Par extension, se presser autour. Les curieux assiégeaient la porte du tribunal. Les vents déchaînés assiègent les rochers sourcilleux. Du palais cependant il assiège la porte, rac. Esth. il, 4. Je n'assiège pas la porte des grands , boss. m, Vétur. 3. Ceux-ci de la faveur assiègent les sentiers, lamart. Ilarm. iv, 4 4. || 3" Fig. Obséder, importuner, poursuivre. Il m'assiège de ses supplications, de ses plaintes. Ses créanciers l'assiègent à toute heure. Ce souvenir m'assiège. Beaucoup de maux assiègent la vieillesse. Matlian....Plus méchant qu'Athalie à toute heure l'assiège , rac. Athal. i, i.Il viole en un jour les droits des souverains, Ceux même des autels où ma fureur l'assiège, id. Andr. v, 4. Les discours flatteurs assiègent leur trfine, mass. Tent. Le révérend père vint assiéger ses derniers moments, volt. Vh. aux 40 écus. Non qu'après tout Valois [Henri 111] ait un cœur inhumain, Mais l'exemple du crime assiégeait sa jeunesse, id. Henr. n.
— HIST. xi" s. En Saragoze vous viendrat aseger, Ch. de Itol. xxxv. || xn* s. David se cureçad forment, e assejad la cited, e prist la tur de Syon, ço «st la cited David, Rois, (37. En vain se travilleroit por esleveir noz cuers, s'il ne savoit ke li creeres de nostre salveteit fust assigiez [assis] en ciel, st bern. 626. E il les avironerent tôt en tor e les assegierent, llachab. i, ch. 8. Ainz que passast la matinée, Orent lur gent tute ordenée, Des or est Paris assegiez, benoît, ii, 3989. || xiu' s. Et bien cuidoit certainement que ce fussent Grieu qui le venissent assegier, villeh. clxii. Einsi se logea li os, et fu Jadres assegié droit au jor de feste Saint- Martin, id. xlvi. Dejoste lui [il] l'a aseigié , [assis], Ren. 4 64 31. Un jor que li dux repaira, Molt ot grant gent, si asejaLacité, e tendj ses tentes, Grégoire le Grand, p. 68. || xv s. Si issirent de Nantes et allèrent assiéger Rennes tout autour, froiss. i,i, (70. ||xvi* s. Nostre chevet assiégé de médecins et de prescheurs, mont, i, 90. Leurs affaires vous tiennent «ncore assiégée [occupée], id. ii, 69.
— ÊTYM. Berry, assiéger, assiéter , assiter, asseoir; provenç. assetjar , assetiar , aseliar; catal. assetjar, assitiar; espagn. asediar; ital. assediare; bas-lat. assediare, avec les deux sens de donner un siège et mettre le siège; de ad, à, et d'une forme barbare sedia dérivée de sedes (voy. siège, et, pour les formes qui ont un t, assiette).
t ASSIEN, IENNE (a-ssiin, ssiè-n'), adj. Pierre assienne, pierre à laquelle dans l'antiquité on attribuait la propriété de consumer les corps des morts.
— ÊTYM. Assos, ville de Lycie.
t ASS1ENTE (a-si-in-f) ou ASSIENTO (a-si-in-to),
ASS
i. m. Marché par lequel le gouvernement espagnol cédait à une compagnie le droit d'importer des esclaves dans les colonies.
— ÊTYM. Espagn. asiento, marché, convention, proprement siège (roy. assiette à l'étymologie).
t ASSIENTISTK (a-si-in-ti-st') . s. m. Celui qui avait de3 actions dans la compagnie de l'Assieute.
— ÊTYM. Assiente.
ASSIETTE (a-siè-f), s. f.\\ i' Manière de se poser, d'être posé. Ce malade ne peut se tenir longtemps dans la même assiette. Déranger quelqu'un de son assiette. L'assiette d'une poutre. Les jambes trop courtes, point d'assiette de pied, buffon, l'Unau. || Par analogie. Les hommes errants dans les bois ayant pris une assiette plus fixe, J. J. rouss. Orig. 2. || Terme de manège. Perdre son assiette, n'être pas solide sur la selle. Donner l'assiette, bien placer sur la selle. Un bon cavalier ne perd jamais son assiette. || L'assiette d'un navire, la situation la plus favorable à la navigation. || 2' Position topographique d'une maison, d'une ville, etc. Assiette d'un lieu. Cette ville a une assiette favorable. Choisir l'assiette du camp. De grandes plaines où il y a peu de lieux forts d'assiette, montesq. Esp. xvm, (3. L'assiette en est heureuse et l'accès difficile, corn. Agés, m, t. Le général n'avait pas la première notion de l'assiette ni de la disposition d'un fourrage, st-sim. 4 68, 68. || 3" L'assiette d'un impôt, sa répartition. L'assiette d'une rente , le fond sur lequel elle est établie. || Assiette déterre, indique, dans les anciens titres, l'engagement d'un immeuble ou la translation de sa propriété. || En termes d'eauxet forêts, faire l'assiette des ventes, marquer aux marchands lesboisdontils ont accepté la coupe. || 4* Fig. État, disposition de l'esprit. Garder son assiette. Quand l'esprit est dans son assiette. Faire sortir l'âme de son assiette. Et je veux bien périr comme vous l'ordonnez, Et dans la même assiette où vous me retenez, corn. Cinna, iv, 4. Une atteinte secrète Ne laisse pas mon âme en une bonne assiette, mol. le Dép.i, 4. Si votre esprit demeure dans la même assiette, boss. Lett. 30. Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se trouvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent, la bruy. 4. Mlle Caminski est vive, violente même , la contredisant sans ménagement, et ne la tirant jamais de son assiette tranquille, dider. Sur la.princ. d'Ashkow. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme, pasc. Dispr. 2. Garde au sein du tumulte une assiette tranquille, boil. Lutrin, i. Jamais un de ces moments de vivacité qui ait pu marquer que sa grande âme était sortie de son assiette, mass. Conti. Il n'est pas besoin d'un grand art pour faire sortir les meilleurs esprits de leur assiette, vauven. Max. ccLxvm. Laissant emporter son esprit, qui manque peut-être un peu d'assiette, au plaisir rapide de la surprise, ia.Alcippe.\\ 5* Vaisselle large et plate sur laquelle on mange. Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète, Et les morceaux entiers restent sur votre assiette, boil. Sat. m. Un gourmand dans son assiette Fond lebien de ses aïeux, bérang. H. rangé. Les assiettes des conviés seront creuses, afin que l'on puisse se présenter du potage et s'en servir à soi-même, sans prendre cuillerée à cuillerée dans le plat, nicolas de bonnefons, Délices de la Campagne, p. 25, 6* édit. 4673. || Assiettes volantes, certaines assiettes creuses que l'on sert entre les plats et où l'on met des entrées. || Assiettes blanches, assiettes nettes qu'on donne en relevant celles qui ont servi. || Par extension, une assiette de potage, la quantité de potage qu'une assiette peut contenir. Jacob force son frère de lui céder son dreit d'aînesse pour une assiette de lentilles, volt. Phil. Il, 47. || Familièrement. Piquer l'assiette, manger habituellement chez les autres. Piqueur d'assiette et plus souvent pique-assiette, parasite. || Son assiette dîne pour lui, se dit de celui qui manque de venir à une table d'hôte et qui ne laisse pas de payer son dîner. || 6" Technologie. Terme de doreur sur iranche. Composition qu'on met surla tranche d'unlivid avant que de la dorer. || Cuve préparée et remplie des ingrédients nécessaires pour la teinture. || Tout ce qui dans une horloge supporte une pièce quelconque. || T Terme de paveur. Pavé mis au sens où il doit être sur le sable. Une assiette de pavés en plein sable. || 8" Autrefois, assiette à mouchettes, pièce qui était ordinairement d'orfèvrerie ou d'étain, qui était faite en forme d'assiette, autour de laquelle il y avait des rayons avec un manche au bout, et sur laquelle on posait les mouchettes. On dit aujourd'hui porte-mouchettes. || 9° En termes de chasse, assiette de fer, sorte de piège.
ASS
— HIST. xiu' s. Noz veismes débat que Pierre» requeroità Jehan qu'il li asseist dix livrée» de terre, les queles il li devoit asseir de «on héritage, il avoit [il y avait] cinq ans qu'il li dut fere celé assiete [d'une rente], beaum. ix, 7. Il tvient à le [la] foi» que cil qui font assiete por cou» [coûtt] de quemins ou d'église ou d'aucun commun porfit «t sont aus [euxj ineïsmcsdel'assiete, se mettent à main» [moins] en lor personeque les autre», id. xxv, 49. || xiv* s. Pour ce que la cité estoit moult fort de murs et de asiete.... wercheukb, f 44, verso. Deux maistre» d'hostel pour faire lever [laver] et ordener l'assiette des personnes [leurs places], Éénagier, n, 4. Prenez de la rouelle de lacuisse, et convient mettre avec, près d'autant de gresse de beuf; et de ce fait l'en six bons pastés d'asjiette, ib. u, t. L'ordonnance pour les nopee» Hautecourt , pour vingt escuelles [couverts], ou [au] moi» de septembre : assiette, roisins et pesches ou petis pastés, potages.... ib. ii, 4. Premier mets et assiette : pommes cuites..., ib. Premier mets et assiette.... second mets.... tierce assiette.... quarte assiette, ib. [assiette signifie ici ce que nous nommons service]. Et fut l'assiette de la table telle que je vous dirai, froiss. in, iv, 62. Si assemblèrent à la jouste les deux chevaliers : mais sans ce que j'alonge plus ma matière, pour deviser l'assiette des coups d'un chacun, Bouciq. i, ch. 13. Comme l'assiette de Champaigne et Brye leur estoit propice à tous deux, et que si le roy d'avanture le vouloit fouller du jour au lendemain, il pouvoit avoir le secours de Bourgongne, comm. ii, 4 6, Une assiette très forte [celle de Picquegny] , id. ni, 3. Toutefois ne démolira pas qu'elle ne se mist en ses devoirs pourl'oster hors de cette mélancolie, et pour assiette, en lieu de cresson [fig. par allusion au cresson sur lequel on pose le rôti], elle lui dit, louis xi, Nouv. xxxirt. || xvi' s. Le premier qui y mena un cheval leur feit tant d'horreur en cette assiette, qu'ils.... mont, i, 237. Le privilège de quelque assiette particulière aux assemblées publiques, id. h, 63. En assiette de terre, corvée ou peine de vilain n'est pour rien comptée, lotsbx, «4». Ville bastie en une assiette bien forte, amyot, Solon, 66. Il feist ceste taxe et assiette de taille non seulement justement.... id. Arist. 68. Sa très-belle assiete à cheval, carl. i, 46.
— ÊTYM. Provenç. assieta, assiette de» taxes. Mot de difficile discussion. Il y a dans l'ancien français un raotsi'eJ, qui signifie fixé : un jour c'on i a siet, tailliar, Recueil, p. 24 3. Siet vient du latin situs, situé (voy. site). De siet s'est formé, par assiet, mot fictif ou du moins qu'on ne trouve pas, le substantif assiette. Cela posé, il y a plusieurs autres formes à débrouiller. Sentar, provençal, catalan, espagnol et portugais, qui signifie être assis, est formé de situs, par l'intercalation de la nasale; de sentar dérivent assentar en catalan et en portugais, asentar en espagnol. Le provençal assetar, asetar, dérive de ad et de sttus. Le provençal assetiar, assitiar, asetiar, le catalan assetjar, assitiar, dérivent de ad et encore de sltus, mais par l'intermédiaire d'un substantif barbare sitius ou sitium, dont l'espagnol sitio, lieu, porte témoignage. Le provençal assestar, asseoir, placer, et l'italien assestare, arranger, rendre un poids juste , être propre, convenable , sont plus incertains ; cependant il est probable qu'ils viennent d'une confusion de sessum, supin de sedere , et te situs, d'où assestar. Il ne reste plus que l'italien assettare, asseoir, ajuster, suborner, châtrer; assettato, assis, d'accord; asseltamente, poliment, proprement; assettatore, qui ajuste, qui pose; assetto, arrangement; ici lesdeux t font difficulté ; aussi Diez tire-t-il assettare de adsectare, dérivé de sectus, coupé ; signification qui va bien à châtrer, et qui peut s'accommoder aussi à celle de mettre en ordre, diviser, conduisant A ordonner; c'est à C9 radical qu'il rattache le français assiette. On a vu plus haut que assiette est étroitement lié par la forme et par le sens à siet; quant à l'italien qui veut dire à la fois asseoir, ajuster, châtrer, faut-il admettre qn'assetare a été changé, par assimilation, en assettare qui, lui, Tiendrait de adsectare, comme Diez le dit: d'où alors les sens trèsdivers qu'il a? On suit sans peine la série de» sens d'assiette: situation , puis place que les convive» occupent à table, et premier, second, etc. service, enfin plat mis devant chaque convive.
ASSIETTÉE (a-siè-tée), *. f. Ce que tient une assiette. Une assiettée de potage.
— ÊTYM. Assiette.
ASSIGNABLE (a-si-gna-br) , adj. Oui peut être assigné, déterminé. I) n'y a pas entre ce» deux objets de différence assignable. De cette diversité naît
ASS
la première différence assignable, I. J. rouss. Em. iv. Ce bonheur n'était dans aucune chose assignable, il était en moi-même , id. Conf. vi. Newton a montré que l'incrément naissant d'une quantité mathématique est moindre que la plus petite assignable, volt. Instit. ph. H 3. Quand nous cherchons cette unité dans les corps, nous ne savons où la trouver; car nous y trouvons toujours deux parties assignables par la pensée , que nous ne pouvons comprendre être en effet la même chose, boss. Libre arb. 4.
— ÉTYM. Assigner.
ASSIGNAT (a-si-gna ; le t ne se lie pas ; au pluriel l'i se lie : les assignats et.... dites : lesa-si-gna-zet.... Assignats rime avec cas, trépas), s. m. || 1° Terme de jurisprudence. Action d'asseoir une rente sur un immeuble. Vieux en ce sens, on dit maintenant constitution de rente. || 2» Papier-monnaie émis pendant la Révolution, et dont la valeur était assignée sur les domaines nationaux.
— hist. xvi* s. Jadis femme ne prenoit douaire sur ce où elle avoit don ou assignat [transmission de propriété en cas de non remploi de la dot, ou seulement hypothèque spéciale], LOYSEL, U9.
— ÊTYM. Assignalum, de assignare, assigner. ASSIGNATION (a-si-gna-sion; en poésie, de cinq
syllabes) ,»./". || !• Affectation d'un fonds au payement d'une dette. || Mandat.ordrepourrecevoirunesomme assignée sur un certain fonds. On donne assignation sur des arrérages, sur un banquier. || Fig. Dieu ordonne que l'abondance donne des assignations aux nécessiteux sur le superflu des riches, boss. Serai. Sept. || 2' Terme de procédure. Ajournement à comparaître par-devant le juge. || Exploit qui indique le jour. ||3« Par extension, rendez-vous. Ils se séparèrent, avec promesse de part et d'autre de se trouver tous les jours à l'assignation, scabr. Rom. corn. ch. 9. Le roi s'étant rendu à l'assignation qu'elle lui donna, balz. 3m Disc, sur la Cour.
— HIST. xrv* s. En teles choses n'a pas certaine diffinicion ou certain terme ou assignacion de distance , oresme , Eth. 242. || xv s. Et furent les seigneurs assignés sur leurs terres et pays à prendre de ce que le roi leur devoit pour les services que ils lui avoient faits en Flandre pour eux acquitter envers leurs gens ; de telles assignations ne sais-je pas si les seigneurs en fur«nt payés, ni comment, froiss. Il, il, 206. || xvi* s. Se trouver les premiers à l'assignation [rendez-vous], mont, i, H. Nous attribuons à Dieu les événements d'importance d'une particulière assignation, id. n, 2*8. Comme le sénat eust donné assignation de dix huit cent mille escus, amyot, Lucul. 24. Si ne faillirent point les deux parties à l'assignation, ains comparurent en bataille rangée les uns devant les autres, id. Marius, 43.
— ÊTYM. Provenç. assignation; espagn. asignacion; ital. assegnaiione ; de assignationem (voy. assigner).
ASSIGNE, ÉE (a-si-gné, gnée), part, passé. || 1" Ic.puté sur. Une rente assignée sur nn bienfonds. || 2* Cité devant la justice. Assigné comme témoin. Un seigneur de Touraine, assigné dans son manoir par un huissier, lui fit couper le poing, chateaub. Clermont, H 0. N'imite pas ces fous.... Qui toujours assignants et toujours assignés , Souvent demeurent gueux de vingt procès gagnés, Bon,. Ep.li. || Substantivement. L'assigné qui ne comparaît pas. || Terme d'a»eienne jurisprudence. Décret d'assigné pour être ouï, ordonnance de juge pour obliger l'accusé à se présenter en personne. i| 8* Fixé. Se trouver au lieu assigné.
ASSIGNER (a-si-gné) , v. a. 1 1 1° Affecter un fonds au payement d'une rente, d'une dette, etc. Les dettes que vous avez assignées sur le mariage de ma fille, mol. Poure. n, 7. Dessus sept ou quatorze il assigne ses dettes, Régnier, Sat. xiv. || 2° Citer par un exploit à cqmparaltre devant le juge. Il faut l'assigner à huitaine. Vous satisfaire, moi! mais je ne vous dois rien; Faites-nous assigner, nous vous répondrons bien, rêgnard, llénech. iv, 5. || Fig. J'assigne l'envieux cent ans après la vie, Régnier, Sot. xv. Dans ces autres lieux, Où l'on t'assignera, tu seras odieux , id. Epit. I. || 8° Fixer, déterminer. Assigner k quelqu'un un lieu de séjour. Il assigna à chacwi son emploi. Un temps fut assigné pour l'exécution des travaux. Assigner une époque ou un terme. Il m'assigne un rendez-vous pour demain. On ne peut pas toujours assigner la véritable cause des événements. || Proverbe. Ce payement est assigné sur les brouillards de la Seine ; il n'est garanti par rien.
— HIST. xn* s. La dame l'a à son gant aserié, E il i vint de bonne volenté, Raoul de C. 147. || xm* s.
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X la parfln li archevesques fu semons, et li jours fu assignés ciertains , Chr. de Rains, 239. Et fut li jours assignés à faire la monstrance, ib. 240. Et deivent à celui jor, que le seignor lor aura assené, venir devant le seignor, Ass. de Jér. )20. Si comme s'il defaloit à aler as jors assignés por le [la] besogne son segneur, beaum. 83. Et assigna rentes suffisantes aus moines qui estoient illec, joinv. 298. || xrv* s. Après il assigne la cause pour quoy tex chevaliers ne ont pas la vraye vertu de fortitude, oresme , Eth. 86. En commun parler nous assignon sapience à ceulz qui.... id. ib. *n. Ce n'est pas legiere chose de rendre et assigner de ce raison ou règle certaine, id. ib. 4 30. Je vous pri, beaux doulz sire, qu'ensemble nous comptons; Et s'a souldre vous ai, nous le vous renderons, Ou soubz nostre signet le vous assignerons, Guescl. 10854. || xv* s. Donc fut pris et assigné un certain jour à estre à Gand, froiss. i, i, m. || xvt» s. Dieu en a ordonné aucuns à salut, et assigné les autres à damnation éternelle, calv. Instit. 738. Moyse assigne ceste cause de leur rédemption, que Dieu a aimé leurs pères, id. ib. 7*9. Pour le bastiment de l'abbaye, Gargantua assigna, sus la recepte de la Dive, t 60 9000 escutz au soleil, rab. Gar. I, 63. Assigner l'heure et le lieu de la battaille , mont, i, 24. Ayant contremandé ses amis qu'il avoit assignez au conseil, m. i, <29. Est il quelque trophée assigné pour les vainqueurs qui ne soit mieulx deu à ces vaincus? id. i, 244. Il assigna trois ports à leur passage, id. i, 298. Les amoureux se remercient, s'assignent et
disent enfin toutes choses des yeulx, id. n, 458
Mais il n'est que promesse, Quand on la sait saigement assigner En beau papier, marot, vi, 269. far où il devoit assigner son coup, fr. de bonnivard, Bibl. des Chartes, 2" série, t. a, p. 397.
— ÉTYM. Berry, assiner; wallon, asèner, faire signe; provenç. assignar; espagn. asignar; ital. assegnare; de adsignare, de ad, et signare, faire signe (voy. signer). On voit que assigner et assener se confondent. Le g ne se prononçait pas au xvn* siècle : assiner, d'après cwfflet, Gramm. p. 227. L'auberge enfin de l'hyménée Lui fut pour maison assinée, la font. FabLvi, 20.
f ASSIMILABILITÉ (a-ssi-mi-la-bi-li-té) , s. f Terme de physiologie. Qualité qui fait acquérir aux substances nutritives, dans l'intestin, avant même d'être absorbées, un état voisin de celui des principes du sang.
f ASSIMILABLE (a- ssi-mi-la-bl') , adj. Qui peut être assimilé.
f ASSIMILATEUR, TRICE (a-ssi-mi-la-teur, tri-s'), adj. Terme didactique. Qui procure l'assimilation. Les forces assimilatrices.
t ASSIMILAT», IVE (a-ssi-mi-la-tif, ti-v'), adj. Terme didactique, Qui tient à l'assimilation, qui s'y rapporte.
— HIST. xvi' s. Les parties concoctrices, distributives, assimilatives et expulsives, paré, I, i.
— ÊTYM. Assimiler.
ASSIMILATION (a-ssi-mi-la-sion) , s. f. || 1° Action de présenter comme semblable. Une assimilation injurieuse. j| 2° Terme de physiologie. Action commune à tous les êtres organisés et par laquelle un corps vivant rend semblables à soi, et transforme en sa substance les matières alimentaires. L'assimilation , qui est une cause de mort, est en même temps un moyen nécessaire pour produire le vivant , buff. Animaux reprod. || 3* En grammaire, règle euphonique par laquelle une consonne transforme la consonne qui la précède en une autre consonne de même degré qu'elle. Ainsi, dans in-lisible, l'assimilation change l'n en l : il-lisible. On dit aussi attraction en ce sens. || Dans les langues, procédé de l'usage rapprochant ou confondant des mots qui, différents au fond, se ressemblent pour la forme; ainsi, dans résonner, qui devrait être resonner, l'assimilation avec raisonnera fait prononcer et mettre un accent.
— HIST. xvi* s. L'aliment sera fait propre substance de la partie, qui est la vraye assimilation, paré, Introd. 8.
— ÊTYM. Assimilalio (voy. assimiler).
ASSIMILÉ, ÉE (a-ssi-mi-lé, lée), part, passé.
|| i* Alexandre assimilé par Boileau à un fou furieux. || 2° En termes de physiologie, les substances assimilées.
ASSIMILER (a-ssi-mi-lé) , v. a. || 1° Comparer, rapprocher. Comment assimiler des choses si contraires? Peut-on assimiler l'or au cuivre? || 2° En terme* de physiologie, convertir en sa propre substance. Les animaux s'assimilent un grand nombre de substances végétales. Les êtres qui ont la puis-
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sance de convertir la matière en leur propre substance et de s'assimiler les parties des autres êtres, sont les plus grands destructeurs, buff. Animauxreprod. || 3° Convertir en semblable. La civilisation tend à assimiler les différents peuples. || 4* S'assimiler, v. rifl. Se comparer. L'amour-propre nous pousse sans cesse à nous assimiler à qui vaut mieux que nous. || Être assimilé. Les substances nutritives s'assimilent plus ou moins facilement. || Se rendre semblable à. Les Stoïciens cherchaient à s'assimiler à un certain idéal du sage qu'ils s'étaient formé.
— HIST. xvi* s. 11 faut que l'aliment soit agglutiné et fiché; finaklement, qu'il soit assimilé et fait du tout semblable [à la partie], paré, Introd. 8. La propre action de l'estomac est d'attirer, retenir et assimiler ce qui lui est convenable, id. i, tt.
— ÊTYM. Assimilare, de ad, à, et de similis, semblable : rendre semblable (voy. ce mot).
ASSIS, ISE (a-sî, si-z'), part, passé. || 1" Assis dans un bon fauteuil. Assis sur les bancs de l'école. Assis près d'un malade. Dieul que ne suis-je assise à l'ombre des forêts? rac. Phèd. i, 3. Et dans mon cabinet assis aux pieds des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres, boil. Sol. ix. || Par extension. Nos ancêtres assis dans les ténèbres de la mort, mass. mélange. || Substantivement. Voter par assis et levé , en se levant ou en restant assis. || 2° Posé. Edifices mal assis sur leurs bases. Les pierres sur lesquelles la tour était assise. || Fig. Des impôts bien assis. Fortune assise sur de belles et bonnes fermes. || 3° Situé. La ville est assise sur une colline. || 4° En termes de blason , assis se dit de tous les animaux domestiques qu'on représente posés sur leur derrière. || 5° Terme d'équitation. Cavalier bien ou mal assis, cavalier qui se tient ou ne se tient pas ferme sur la selle. || Cheval bien assis sur ses hanches, cheval qui, au manège, a la croupe plus basse que les épaules. || 6° S. m. Face supérieure de la pierre à feu d'un fusil.
ASSISE (a-si-z'),î. f. || 1* Rang de pierres de taille posées horizontalement, et sur lequel on assoit une muraille. Les assises [des pierres des édifices grecs] arrivaient à un aplomb incroyable, chateaub. Itin. 1 97. Je la compare à un maçon servi par un apprenti qui lui apporte tous les matériaux dont il a besoin, tandis qu'il les dispose par assises et par chaînes pour élever son édifice, bern. de st-pierre, liv. v, Harm. anim. \\ Bâtir par assises réglées, bâtir avec des pierres de même hauteur, et dont le centre supporte les joints montantsde l'assise inférieure. || 2° En termes de géographie , assises d'une montagne, gradins réguliers dans une montagne qui ne s'élève point par une pente insensible. || 3° En termes de géologie , masse minérale disposée en banc d'une façon analogue aux assises d'une construction. || 4° Au pluriel, session d'une cour criminelle. Tenir les assises. Après la tenue des assises. || Cours d'assises, tribunaux criminels. || Autrefois on nommait assise ou assises, certaines séances extraordinaires que tenaient les officiers des seigneurs de fiefs; et aussi les assemblées de seigneurs convoqués par le prince pour juger une cause importante. Nul n'a droit d'assise ni de ressort, si non le comte de Clermont , Coutumes de Clermont, art. <»». || Anciennement, les grandes assises étaient la séance de certains juges supérieurs, qui étaient envoyés dans les provinces, pour examiner si les juges des tribunaux subalternes remplissaient leur devoir. || Règlements, statuts ou ordonnances faits dans les assises. Assises de Jérusalem , recueil des lois qui régissaient les croisés établis dans la Syrie. || 5" En technologie , soie qu'on étend sur les aiguilles d'un métier à bas, et qui dans le travail forme les mailles. || Dans l'ancien armement, partie de la batterie d'un fusil à silex; la table qui renferma le bassinet.
— HIST. xn' s. Dist Senehaut : moût vaut mieus ceste assise [séance] Que cent mil livres ou pan de ma chemise, du cange, assisi,v. || xm* s. Il est assise ou usage au reiaume de Jérusalem , que.... Ass. de Jér. 40. Après ce que les avant dites assises furent faites et les usages establis, le duc Godefroi.... ib. i, 24. Bonne coze est à bailli de souvent tenir ses assises, au moins de six semaines à autre, ou de sept, beaum. 34. Et pour ce que nous voulons que ces seremens soient fermement establiz, nous voulons que il soient pris en pleinne assise, devant touz, et clers et lais, joinv. 296. || xv* s. Le roi et ses consaulx vouloient remettre sus généralement parmi le royaume de France les assises [sorte d'impôt] qui avoient couru et estoient levées du temps du roi Charles, froiss. n, u, (27. ||xvi« s. [Il s'agit dos marches d'un escalier en vis brisée.] L'espaisseur
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estoyt de trois doigtz, l'assieze par nombre de douze entre chascun repos, rab. Garg. I, 63.
— ÊTYM. Wallon, asise, verger (une chose à culture assise, fixe); provenc. asisa; d'assis (yoy. asseoir). On conçoit que une assise de pierres et les assises sont le même mot , s'agissant , dans l'un et l'autre cas, de choses ou de personnes qui sont assises.
ASSISTANCE (a-si-stan-s'), t. f. || 1* Présence,
I surtout en parlant d'un officier public ou d'un prê-
tre. On donna tant au juge de paix pour son droit d'assistance. Le droit d'assistance du curé. || 2* Personnes réunies en un lieu, assemblée. Le prédicateur toucha l'assistance. Surtout qu'il se souvînt de faire à l'assistance Un discours.... la font. F ab. vi, i». Le renard dit, au nom de l'assistance : Prétendrais-tu nous gouverner encorT u>. ib. vi, 6. || 3° Le conseil d'un ordre religieux. || Dans l'ordre des jésuites, assistance, le pays ou la province où un jésuite fait la fonction d'assistant au général ou au provincial de son ordre. Chacun des assistants doit préparer les affaires de son assistance. Un tel père est parti pour aller à son assistance. ||4* Aide, secours. Donner ou prêter assistance à quelqu'un. Dont le pape avait imploré l'assistance, boss. Hist. i, a. Â qui refusa-t-elle jamais son assistance? fléch. Dauph. Mlle de l'Étoile leur apprit aussi les assistances qu'elle avait reçues d'une dame de Tours, scarr. Rom. corn. ch. 42. Un curé qui procure des assistances aux pauvres, volt. Dial. xxvi, 3. Nous mourrons à vos pieds, c'est toute l'assistance Que ■tous peut en ces lieux offrir notre impuissance, corn. Rodog. m, 2. C'est ainsi qu'elle parle et m'offre l'assistance De ce que Rome encore a de gens d'importance, m. Sertor. i, 2. Contre moi mon rival obtient mon assistance, rotr. Vencesl. m, 6. M'y exposer par une aveugle témérité', ce serait me rendre indigne de votre assistance, ce serait courir à ma perte, bourd. Pensées, t. n p. 8t.
— hist. xvi* s. Chascun de l'assistance en ayant esté abbruvé cent fois, mont, i, 36. L'assistance d'un nombre de valets pasles et esplorez, id. i, 90. Celuy qui appelle Dieu à son assistance pendant qu'il est dans le train du vice.... id. i, 403. C'est une intelligence qui se refroidit par une trop conti-
IH nuelle assistance [présence], id. iv, 406. Privé de toute sorte d'assistance, d'aub. Vie, xxii. Je veux aussi protester devant Dieu en cette assistance, que mon intention est.... id. Hist. H, 245.
— ÊTYM. Assistant.
ASSISTANT, ANTE (a-si-stan, stan-t'), adj. || 1* Oui assiste. Il se dit particulièrement des ecclésiastiques qui , dans les messes solennelles, assistent le célébrant à l'autel. Être assistant, servir de prêtre assistant. || S. m. L'assistant, le prélat qui assiste le consacrant, lorsqu'on sacre un évêque. L'assistant doit jeûner la veille du sacre et se trouver à l'église revêtu de ses habits pontificaux, dûbois, Maximes canoniques. || Celui qui, dans plusieurs sociétés ecclésiastiques, aide le supérieur général dans ses fonctions et lui sert de conseil. || Dans les séminaires, l'assistant est celui qui fait les fonctions du supérieur du séminaire, quand le supérieur n'y est pas. || Assistante, *. f. Dans les communautés de femmes, celle qui, au défaut de l'abbesse, fait les fonctions quand la mère supérieure n'y peut vaquer. || Assistante, la religieuse qui est envoyée au parloir pour accompagner celle qu'on y demande, et ouïr ce qu'on lui dit. il 2* S. m. plur. Les personnes présentes en un lieu. Un des assistants. On fit retirer tous les assistants. Il ne s'emploie qu'au pluriel. On dit : un des assistants et non pas un assistant.
ASSISTÉ, ÉE (a-si-sté, stée), part, passé. || 1° Accompagné. Il comparut assiste de son avocat. Il vint assisté de ses témoins. || 2* Aidé, secouru. Assisté de vos conseils. Les pauvres qui ne sont pas assistés. Au retour de la chasse, hier, assisté des miens, rotr. Vencesl. i, 4.
ASSISTER (a-si-sté). || i* V. n. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Être présent. Il assistait en personne. Ils ont assisté à un spectacle. Il assistera à la rédaction du testament. Tout Paris assista à ses funérailles. || 2* V. a. Seconder quelqu'un en justice. J'assiste en justice un mien parent. J'assistais comme avocat le prévenu. || 3* Siéger comme assesseur, seconder dans un office. || 4* Accompagner. Se faire assister par quelqu'un. Quand il fit ouviir la porte, il était assisté du commissairedepolice. Et là d'une voix claire, Devant quatre témoins assistés d'un notaire, Il avouera.... RAC.Piai'd. n,4. || Assister un malade, lui donner des soins, l'exhorter à bien mourir. Elle voulut assister ce frère mourant, fléch. Mont. || Assister un criminel, lui donner les consolations delà
religion. || 5* Aider, secourir. Je te prie de m'assister dans la peine où je me trouve. J'assiste de mes faibles moyens un ami dans la gêne. Vous gouvernant ainsi, Dieu vous assistera, Régnier, Sat. xiu. Et dedans le péril m'assiste en cette guerre, rotr. St Gen. ni, 6. Entrons et m'assistez d'une heure de conseil, id. Antig. i, 3. Dieu sait sileszéphirs, Peuple ami du démon , l'assistaient [le follet] dans sa tâche, laf. Fabl. vu, «. Le prélat garde ces aumônes pour en assister les veuves, les orphelins, chateaub. Génie, i, i, 8. || Familièrement. Dieu vous assiste! se dit à un malheureux qu'on ne peut secourir ; quelques personnes le disent aussi à ceux qui éternuent. Le prêtre [en officiant] vient à éternuer; il lui dit : Dieu vous assiste, labrut. 44.
— HIST. xv* s. Reconforté et assisté très-curieusement de confesseurs, auxquels il certifioit avoir pleine vraie foi, g. chast. Chron. de Bourg. 308. || xvi* s. Assister à un convoy. mont, i, 47. Il est malaisé de cognoistre les volontez et pensements intérieurs de ceulx qui nous assistent [nous entourent , nous servent], m. i, '33. Les femelles [de l'alcyon] asassistent leur masle toute leur vie , sans jamais l'abandonner, id. n, 4»7. L'ame doit embrasser le corps, le «herir, luy assister, id. in, 40. Cestui-ci remplit l'Italie de sang et de vices, et ne trouva que trop de satellites et d'adherans pour lui assister, lanoue, 66. Lorsqu'il assistoit au supplice de St Estienne, id. 6». Les dames se trouvoient aux esbatemens publiques, et assistoient à veoir les jeux , amïot, Thésée, 22. Il envoya des gardes pour assister a son travail [accouchement] , id. Lyc. 3. Celuy d'entre tous les autres qui plus luy assista en toutes choses, et plus luy aida à establir ses loix, m. ib. 8. Les polemarches sont certains officiers qui assistent aux roys à la guerre comme leurs collatéraux, m. ib. 8.
— ÉTYM. Provenç. assislir; espagn. asistir; ital. assistere; du latin adsistere, de ad, à, et de sistere, être debout : être debout auprès. Sisto est une forme de sto (voy. stable).
fASSOCIABLE (a-so-si-a-bl') , adj. Qui peut être associé.
— HIST. xvr* s. Les mousches à miel sont compagnables et associables ensemble, de leur nature, paré, anim. 7.
— ÊTYM. Associer.
ASSOCIATION (a-so-si-a-sion ; en poésie, de six syllabes), s. f. || i" Réunion de plusieurs personnes pour un but commun. Association religieuse, commerciale, littéraire. Les ouvriers forment des associations pour se secourir. Une association de malfaiteurs. || 2* Fig. Association de mots. Association d'idées. Les animaux/*rJTlt incapables de former cette association d'idées que seule peut produire la réflexion, buff. De l'homme. || 3* Terme de rhétorique. Figure par laquelle on applique à soi ce qu'on dit des autres, ou aux autres ce qu'on dit de soi. On dit aussi en ce sens communication,
— Étym. Associer.
ASSOCIÉ, ÉE (a-so-si-é, ée), part, passé. || l'Mis en union. Associés par la communauté des intérêts. Associé au commerce de son père. || Substantivement. J'ai pris un associé. Vers ses associésaussitôt elle envoie,la font. Fat. i,6. || Dans quelques académies, un membre associé ou simplement un associé, celui qui participe aux travaux d'une académie sans jouir des mêmes avantages que les autres membres. || Nom qu'on donnait, dans l'ancienne académie des sciences, à un grade inférieur à celui d'académicien. En 4 702, n'étant encore monté qu'au grade d'associé, fonten. Littre. || Associée, *. f. Religieuse de la deuxième classe, dans l'ordre de la Visitation de Notre-Dame. || 2* En logique, idées associées, idées qui se suivent constamment l'une l'autre, ou dont l'une réveille l'autre dans l'esprit. || 3° En physiologie, mouvements associés, mouvements consensuels; mouvements qui, sans notre connaissance, accompagnent les efforts volontaires.
| ASSOCIEMENT (a-so-si-man) , *. m. État de ce qui est associé.
— HIST. xvi* s. Que l'un ny l'autre prince ne pourrait par cy après faire traité sans le sceu et associement l'un de l'autre, u. du bellay, 474.
— ÉTYM. Associer.
ASSOCIER (a-so-si-é), ». a. Au présent de l'indicatif et à l'impératif, associons, associez; à l'imparfait de l'indicatif et au subjonctif, associions, associiez. || 1* Mettre en société, en union, en partage. Il l'associa à son commerce. Tu refuses de m'associer h ta noble entreprise. Il l'avait associé à son pouvoir. Pour associer tout le monde au crime. Il associe à l'empire le grand Tliéodose, uoss.
Hist. i, 4 4. Mon cœur pâme de joie, et mon âme n'aspire Qu'à vous associer l'un et l'autre à l'empire, corn. Héracl. v, 3. Mais je ne réponds pas d'un long respect en tous, À moins qu'il n'associe aussitôt l'un de nous, id. Pulch. iv, 4. À son trône, à son lit daigna l'assecier, rac. Baj. il, 4. À set desseins secrets voulut m'associer, id. t'6. i, 4. A mes tourments je veux l'associer, n>. Andr. m, t. Associer un frère à cet honneur suprême , m. Théb. i, 3. J'associai ma vie à ses travaui immenses, volt. Fanât, i, 4. Cruels, associez les pauvres à vos biens, M. J. chénier, Gracquet,n, 3. Qui ne daignaient pas l'associer à leur table, la bruy. 6. J'associais mon cœur à tous les cœurs contents, st-lambert, Saisons , printemps. || S'assooier quelqu'un, le prendre pour collaborateur, pour aide. Il s'est associé dans ce travail un homme intelligent. || 2* Fig. Unir, joindre, allier. Associer l'activité à la science. || 3* S'associer, v. réfl. Former société avec, se joindre à quelqu'un. Quoil vous vous associez à un pareil homme T Ils se sont associés avec nous. Les animaux qui, dans la fable, s'étaient associés avec le lion. || On a dit aussi s'associer de. Je me suis associé d'un fort honnête homme, régnard, Sérénade, 40. || 4° Fig. Se joindre, prendre part. Il s'était associé au crime de Catilina. Nous nous associerons à votre fuite. Je m'associerai à toutes vos actions. Pour m'associer à votre fortune. || 5° Hanter, fréquenter. Il ne faut pas s'associer avec le premier venu.
— SYN. associer avec, associer a. Associer avec, c'est former société; associer à, c'est joindre. Il associait le courage à la prudence, cela veut dire qu'il avait l'une et l'autre de ces qualités; il associait le courage avec la prudence, cela veut dire qu'il formait une union de ces deux qualités. S'associer avec quelqu'un ou s'associer à quelqu'un offrent la même nuance, bien que moins distincte; mais elle redevient très-manifeste dans le sens figuré : nous associons quelqu'un à nos desseins, nous nous associons aux desseins de quelqu'un, et non avec. Avec fait entendre que les êtres associés sont de même ordre; on s'associe avec quelqu'un, parce que ce sont des personnes ; on s'associe à des desseins, parce que ces desseins sontune chose, et que à permet une généralité que avec ne permet pas.
— HIST. xiii* s. Et si est assavoir que li forniers doit associer loyaument les fournées, du cange, associare. || xv* s. Comme le suppliant se feust associé avec Estiennot.... id. associatto. || xvi* s. 1 la familiarité de la table j'associe le plaisant, non le prudent, mont.i, 218. Société en laquelle les associés se plaisent fort de demourer, lanoue, 188.
— ÊTYM. Provenç. associât ; espagn. asociar; ital. associare; du latin associare, de ad, à, et sociare, joindre, unir (voy. société).
ASSOGUE (a-so-gh'), s. f. Galion d'Espagne, destiné à porter en Amérique le mercure qui sert à traiter le minerai d'argent.
— ÉTYM. Espagn. azogues; de azogue, mercure, de l'arabe, alsibaq, le vif-argent.
ASSOLÉ, ÉE (a-so-lé, lée), part, passé. Disposé par assolement. Des terres bien assolées.
ASSOLEMENT (a-so-le-man) , *. m. Terme d'agriculture. Succession de cultures sur une même sole, établie à l'effet d'obtenir de la terre, perpétuellement et aux moindres frais, le plus grand produit.
ASSOLER (a-so-lé), v. a. Terme d'agriculture. Distribuer des terres labourables par assolement.
— étym. A et sole.
t ASSOMBRI, IE (a-son-bri, brie), part, passé. Rendu sombre. Le temps assombri par des nuages. || Fig. Pencher votre beau front assombri par instants, v. hugo, Rayons, xxxm.
t ASSOMBRIR (a-son-brir), v. a. || 1* Rendre sombre. Ces arbres qui ont crû assombrissent notre habitation. |j 2° S'assombrir, v.réfl. Devenir sombre. Le temps s'assombrit. || Fig. Dans la maladie, les idées s'assombrissent.
— étym. A et sombre. Ce mot excellent, que n'a pas le Dic't'onnot'r* de l'Académie, est pleinement en usage.
ASSOMMANT, ANTB (a-so-man, man-t'), adj.
|| 1* Qui assomme. La massue antique était une arme assommante.|| 2* Qui fatigue, ennuie beaucoup. Travail assommant. Bavard assommant. C'est autant de pris sur ^assommante longueur du temps, j.j. rouss. Ém.v. || 3°À quoi on ne peut résister, répondre. Ils répondirent à cette question assommante par.... volt. Phil. m, 204.
ASSOMMÉ, ÉB (a-so-mé, mée), part, passé. || 1* .Tué ou étourdi avec une masse. Un bœuf assommé. || 2* Fatigué, incommodé, étourdi. Je suis assommée des grandes nouvelles de l'Europe, sév. 234.
ASS
f ASSOMMEMKNT (a-so-me-man), i. m. Action d'assommer, d'abattre un animal.
— HIST. xvt* t Après, la maladie Par ne sçay
quel destin m» Tint boucher l'ouïe, Et, dure, m'accabla d'assommement ti lourd Qu'encores aujourd'hui j'en reste demi sourd, rons. 813.
— ÊTYM. Assommer.
ASSOMMER (a-so-mé),«.o.||l,Tuer avec une masse
ou avec quelque chose de lourd. Assommer un bœuf.
|| 2° Battre avoc cicès. Les officiers turcs assommaient les chevaux et le postillon à coups de fouet, chateaub. Itin. 6«. Gardes, je défends qu'on l'assomme; Vilain, dit-il , explique-toi , b4hano. Contr. de mariage.
M 8° Fig. Incommoder, importuner, fatiguer. On nous assommait de questions. Notre maison de Paris m'assomme, sév. 34. Ce «aint homme, Qui m'assomme De latin, v. huoo, Bail. 12. La formalité dont on assomme une ambassade, volt. Ép. 26.
|| 4" Affliger profondément. La mort de M. du Mans m'a assommée, sév. 72. Je n'en puis revenir, et tout ceci m'assomme, mol. Tart.i\,e. || 5'Confondre. réduire à quia. Vous nous assommez avec vos grands mots, mol. Critique, 7. Ilcroyaitm'assominer avec saint Augustin et les autres Pètes, j. i. rouss. Conf. il.
— HIST. xir* s. Si bruit li cox [coup] coin foudre contre oré ; De trente maui [maillets] ne fust-il miex tué, Et li chevals par desoz asomé, Bat. d'Aluchans, 6775. || xin* s. Les mastins à un chesne [il] lie, De la maçue les asome, Ben. 17763. Puis la devisa par parties, Qui puis ne furent départies, Et tout par nombres asomma, Et set combien en la somme a, la Bote, 16965. Maint yniage ai fait- et forgié Dont nus n'assommerait le pris [ferait la somme, calculerait], ib. 21101. Et li ribaut l'assommèrent en tele manière; et quaut il orent ce fet, il prisrent un baston de mellier [néflier], beaum. lxix, 16. De Rome vient li max qui les vertus asome, huteb. 233. |, xivs. Olivier de Clisson y fit bien sa journée, Tout ainsi com bouchier a sa beste assommée, Guescl. «(31. Or m'i vaurrai prouver à tous les plus vaillans; Se je ne les assomme, je ne vaus deus besans, Baud. de Sel), m, 61 1. Et Bauduins respont : se vostre main n'ostez, Je vous assommerai da mes deus poings quarrés, ib. vin, 683. || xv* s. Uns compains estoit assommez [assoupi] Qui romfloit dessus une escame, E. desch. le Dit du Jeu des dés. Après que les comptes furent tous assommez et rendus, ou cange, assumere. || rvr"s. Eschylus assommé d'un toict de tortue.... mont, i, 74. Des garsonnets que je voyois escorcher, assommer et meurtrir à quelque père ou mère, m. m, (39. Ils vous assomment de l'auctorité de leur expérience, id.iv, 47. Aucuns sont si endormis et assommés, qu'ils ne se peuvent aider, paré,
— ÊTYM. Provenç. assomar, asomar; anc. ital. atsomare. Ce mot a eu différents sens. Dans l'historique, on le trouve avec la signification de faire une somme, et alors il vient de somme, réunion de plusieurs quantités ; on le trouve avec le sens d'assoupir, et alors il vient de somme, sommeil; enfin on le trouve avec le sens de tuer avec quelque chose de lourd, de fatiguer, et alors il vient de somme, fardeau, comme dans bête de somme (voy. somme, fardeau).
f ASSOMMEUR (a-so-meur) , t. m. Celui qui assomme.
— HIST. xv* s Et ses mains assom'resses ,
rons. 851.
— ÉTYM. Assommer.
ASSOMMOIR (a-so-moir), î. m. || 1* Instrument pour assommer, et, spécialement, bâton court garni, à une extrémité, d'une balle de plomb. Debout sur la chaussée, un assommoir à la main, les chasseurs [du castor] sont attentifs, chatkaub. Amer. la». || Fig. et familièrement, un coup d'assommoir, un événement soudain qui assomme, qui porte un coup fatal. La lâcheté si punissable de ce refus de secours fut le dernier assommoir qui détermina la victoire d'une part, le désordre et la fuit* de l'autre, st-sw. 104, 161. || 2' Piège qui assomme les bêtes qui s'y prennent.
— ÉTYM. Assommer.
t ASSOMPTIF, IVB (a-son-ptif, pti-v"), adj. Terme de philosophi». Jugement assomptif , proposition assomptive; jugement, proposition auxiliaire. || En termes de blason, armes assomptives, armes que quelque action d'éclat donne la droit de porter.
— ÊTYM. Assumptxvus, qu'on tire du dehors, de assumere (voy. assumer).
ASSOMPTION (a-son-psion ; en poésie, de quatre
ASS
syllabes), s. f. || 1° Enlèvement miraculeux de la sainte Vierge au ciel. L'assomption de la sainte Vierge. || Jour auquel l'Église en célèbre la fête. L'Assomption se célèbre le 16 d'août. || 2° En termes de logique, la seconde proposition d'un syllogisme, qu'on appelle plus fréquemment la mineure. || 3" En termes de philosophie, notion accordée d'avance. Les Stoïciens appelaient ces principes (originairement contenus dans l'âme) notions communes, prolepses, c'est-à-dire des assomptions fondamentales ou ce qu'on prend pour accordé par avance, villers, Kunt. p. »2.
— hist. xm* s. La nuevme [joie] fut t'asompsions, Quant en arme [âme] et en cors assise Fus sur tote creacion, ruteb. h, 18. || xvi* s. Depuis son assomption à la dignité papalle, M. su BBXL.
— ÊTYM. Provenç. assomptio; espagn. asuncion; ital. ossumione; de assumptionem, de assumere (voy. assumer).
ASSONAH (a-sso-na), *. f. Voy. sonna.
— êtym. Arabe, al, la, et sonna, recueil des dits de Mahomet.
ASSONANCE (a-sso-nan-s'), s. f. Consonnance imparfaite. L'assonance est proprement la parité des voix, et non celle des articulations; ainsi France et rance sont deux rimes parfaites; mais France et franche ne sont que des rimes imparfaites, des assonances. Les plus anciens poëmes en langue française ont l'assonance et non la rime.
— REM. Autrefois l'Académie écrivait assonnance, dissounance, dissonnant, comme elle écrit encore aujourd'hui consonnance, consonnant, résonnauce, résonnant. Tous ces dérivés et composés du substan-, tif ton devraient suivre la même orthographe; ces anomalies, que rien ne justifie, compliquent inutilement l'orthographe et devraient être rectifiées.
— êtym. Assortant.
ASSONANT, ANTE (a-sso-nan, nan-t'), adj.
Qui a une assonance. Vers assonants, rimes assonantes.
— ÊTYM. Adsonans, de ad, à, et sonare, sonner. ASSORATH (a-sso-raf), ». f. Voy. surate.
— ÊTYM. Arabe, al, la, et surate.
ASSORTI, LE (a-sor-ti, tie), part, passé. || 1" Mis
avec des personnes ou des choses qui conviennent. Choses bien assorties. Un mari et une femme bien assortis. Attelage assorti. Couleurs assorties. Noeuds mal assortis, corn. Pomp. m, 4. Les âmes assorties, m. Bodog. î, 7. Son mariage lui paraissait mal assorti de toutes les manières, hamilt. Gramm. 8. Une compagne qui nous soit bien assortie, bern. de s. P. Paul et Virg. Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties, boil. Art p. 1. 1| 2° Bien fourni en marchandises, etc. Magasin, marchand bien assorti. Moi, de la ballade assorti, J'ai pour l'ode martel en tête, cbaul. Bail.
ASSORTIMENT (a-sor-ti-man) , s. m. || i' Convenance de plusieurs choses entre elles. L'assortiment de ces couleurs est agréable. Leurs caractères différents faisaient un assortiment complet et heureux, fonten. Varignon. Une de ces régularités tardives qui sont les assortiments de l'âge plutôt que les ornements des cœurs, mass. Villeroy. || 2" Assemblage de certaines choses qui vont ordinairement ensemble. Un assortiment d'outils. Un assortiment de couleurs. || 3" Terme d'imprimerie. Supplément de tous les caractères nécessaires à un genre de composition. || 4" Terme de commerce. Collection de marchandises du même genre. || En termes de librairie, livres d'assortiment, ceux qu'un libraire tire par achat ou par échange des autres libraires, français ou étrangers. Ceux qu'il imprime lui-même se nomment livres de sortes ou de fonds.
— hist. xv s. Le bon vin et l'argent, C'est mon assortiment : Sans eulx, je suys honteux comme uxig renard en caige.BASSELiN, Tau de Vire, 24. ||xvi's. De sa toute sagesse il ne part rien que de bon et réglé ; mais nous n'en voyons pas l'assortiement et la relation, mont, in, 138. Le colombier fournira des pigeonneaux en abondance, pour le bon assortiment des aages des pères et mères, o. de serres, 401 . Telle peine estoit ordonnée à ceux qui avoient dérobé les outils et assortements de la charrue , noel du pail, Propos rustiques, p. 406, dans lacurne.
— ÊTYM. ^Morft'r; Berry, assortements.
ASSORTIR (a-sor-tir), j'assortis, nous assortissons; j'assortissais; j'assortis, nous assortîmes; j'assortirai ; assortissons ; que j'assortisse ; assortissant, v. a. || 1* Assembler des choses qui se conviennent. Assortir des couleurs, des fleurs. Le bon goût qui vous fait assortir vos habits et vos rubans, sév. 410.
ASS
H Par extension. Que de circonstances faut-il assortir qui ne se trouvent presque jamais ensemble! mass. Drap. Qui prend soin d'assortir les volontés tellement ensemble qu'elles ne heurtent point les unes contre les autres, bourd. Pensées, t. n, p. 484. || 2* Accompagner. Son esprit et son humeur étaient faits pour assortir le reste, hamilt. Gramm. 4. Un prince si peu touché du nom, des titres, de la naissance, des services rendus à l'État et de tous les autres genres de mérite, si celui de ladoctrine, des talents et delà piété ne les assortit, mass. Myst. Purrif. 2. || 3' Mettre ensemble, en parlant des personnes. Ceux que la conformité des goûts assortit. Si l'auteur s'avise d'assortir ensemble Agamemnon et Thersite, soyez sûr qu'Agamemnon n'en sortira pas à son avantage, ponten. Jug. de Pluton. ^"Assortir une jument, lui donner l'étalon qui lui convient le mieux. || Assortir des chevaux, les joindre ensemble suivant les divers emplois. |l 6° En termes de métallurgie , assortir les minerais, les mélanger comme il convient, pour faciliter la fusion. || 6" Fournir, approvisionner de toutes les marchandises nécessaires. Assortir un magasin, une boutique. || 7° V. n. Convenir. Ce tableau n'assortit pas à son pendant. Ces couleurs n'assortissent pas ensemble. || 8" S'assortir, v. réft. Être assorti, être en convenance. Ces couleurs s'assortissent bien. || Fig. Nos caractères ne s'assortissent point. || 9° Se pourvoir. Je m'assortis de quelques livres pour les Charmettes , en cas que j'eusse le bonheur d'y retourner, J.J. rouss. Conf.vi.
— HIST. xv s. Icelluy Baudin se accompaigna et assortit de trois compaignons bien embastonnez, du cange, assortare. L'on fist de grans trous es murailles qui sont au long de la rivière, et y assortist on les meilleures pièces [d'artilleriel , comm. i, ». Il fut advisé que toute l'artillerie de l'ost fust assortye encontre celle du roy, id. i, ». || «VP s. X tout cueur noble en qui honneur s'assorte, Je me rapporte à décider lesquelles Auront le bruyt pour grâces naturelles, j. marot, i, 219. Car mauldit est qui de grâce dévie : Mais a celui qui s'en veult assortir, La mort est fin et principe de vie, marot, ii, 322. Aux exemples se pourront proprement assortir touts les plus proufi tables discours de la philosophie , mont, i, 172. L'imagination de ceulx qui par dévotion recherchent la solitude, est bien plus sainement assortie, m. î, 283. Une si brusque diversité ne se peult bien assortir à un subject simple, m. u, 6. Ayant donques Solon esté tel , il nous a semblé bien séant de l'assortir avec Publicola, amyot, Publ. i. Nous , suivans les similitudes qui ont esté entre eulx , avons assorty et comparé leurs vies l'une avec l'autre, id. Pélop. 5. Par-aprèsl'on assortit les plumes, selon ce à quoi on les destine: pour les licts, pour escrire, o. de serres, 374. La charge d'un canard est de huit ou dix canes : ainsi l'on assortira la bande, id. 377. Quand chacun en son ordre eut assorti sa place [pris la place qui lui revenait, son rang] , Il prononça tels mots tous remplis de menace, RONS. 871.
— ÉTYM. À et sorte (voy. sorte et sortir). ASSORTISSANT, ANTE (a-sor-ti-san , san-t'),
adj. Qui convient, qui assortit bien. Cette doublure n'est pas assortissante à la robe. On prend des manièresassortissantes aux choses qu'on dit, i.i. rouss. Hél.u, 21. Un visage assortissant au désagrément de sa figure, hamilt. Gramm. 7. || Absolument. Trois mousquets, avec les trois fourchettes assortissantes, mol. l'Av.u,l.
t ASSORTISSOIR (a-sor-ti-soir), s. m. Crible qui sert au confiseur à marquer, par la grandeur et la forme des trous, la grandeur et la forme des dragées.
— êtym. Assortir.
•j- ASSORTISSOIRE (a-sor-ti-soi-r') , f. f. Caisse qui renferme un assortiment de quoi que ce soit.
— ÉTYM. Assortir.
ASSOTÉ, ÉE (a-so-té,tée), part, passé. Comme elle est assotée du jeune Robin, mol. Fest. u,1. Quelques hommes ignorants, assotés, méchants, Statuts synod. de Le Gouverneur , évéquede St-Malo, art. 21
ASSOTER (a-so-té), v. a. || 1" Infasuer d'une ridicule passion. || 2* S'assoter, v. réft. Il s'est assoté d'une femme qui le ruinera.
— rem. Sotie, assoter, rassoter, ne prennent qu'un t; on en met deux à sotte, sottement, sottise, sottisier. Il faudrait accorder les orthographes de ces mots, et éviter d'inutiles exceptions.
— xm* s. Honnis soit le prodom qui pour un jour s'assote , 7{om. d'Alex, dans du cange , a ssottare. Tant a fet et tant a ovré Renart, que bien l'a asoté, Ben. H22. Quant Renartlaparoleoï, Dedeoi
ASS
son eut» s'en esjoî, Que asotez est vraiement, ib. »24 6. Bien le m'avoit Raison noté, Tenir m'en puis pourassoté, la /lèse, 4)58. Vous in'averiez [auriez] bien assoté, Se le bouton aviés osté De son rosier, ib. 2923. Nostre seignur amdoi [tous deux] nos ont moult asoté; Çaiens nos ont laissiéet il en sont aie, Ch. d'Ant. il, 925. || xv s. Quand ils virent que ce roi Edouard se mes-usoit et estoit tout assotté sur messire Hue le Despensier, fboiss. m, iv, 70. La reine a une levriere , dont elle est beaucoup assotée, et la fait coucher en sa chambre, louis xi, Nouv. xxviii. || xvi' s. Et s'estoit mariée à un vieillard assoti qui.... yver, p. «42.
— étym. À et sot.
f ASSOUCHEMENT (a-sou-che-man) , s. m. En
architecture, on nomme ainsi dans un fronton les pierres qui forment la base du triangle.
ASSOUPI, IE (a-sou-pi, pie), part, passé. ||l"Les gardes assoupis dans leur infâme ivresse Laissaient un libre accès à ma main vengeresse, volt. Trium. iv, 6. Le dragon assoupi, la toison emportée, corn. Médée, m, 3. L'haleine de la nuit, qui se brise parfois, Répand de loin en loin d'harmonieuses voix, Comme pour attester.... Que le monde assoupi palpite et vit encore, lamart. Harm. n, 4. || 2° Fig. Sa douleur est assoupie. L'affaire n'est pas tout à fait assoupie. Il était assoupi dans l'amour du plaisir, boss. m, Véture, 2. Ce qu'il reste à la voile vide Quand le dernier vent qui la ride S'abat sur le flot assoupi , lamart. t'6. m, 9. Le manteau sous le bras, la façon assoupie, Régnier, Sat. xiv. Les haines publiques et particulières furent assoupies, fléch. Tur. Si dans notre querelle à jamais assoupie.... volt. Tancr. i, 2.
ASSOUPIR (a-sou-pir), j'assoupis, j'assoupissais, j'assoupis, j'assoupirai, assoupissant, v. a. || i" Jeter dans un sommeil ou léger ou de peu de durée. Un peu d'opium l'avait assoupi. || 2° Fig. Suspendre, diminuer momentanément. C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit; C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit, corn. Rodog. îv, 6. || 3" Atténuer, empêcher les suites mauvaises. On assoupit les bruits qui couraient. Et l'on veut assoupir la chose en sa naissance, mol. Mis. n, 6. Avez-vousavec elle eu quelque intelligence? C'est ma soeur, et je puis assoupir tout cela, regnard, les Ménechmes, v, 3. La contestation éclata dans l'Académie, qui eut d'abord la sagesse d'écouter tout, et ensuite celle d'assoupir par son autorité une dispute qui n'en devait pas être une, fonten. Rolle. || 4* S'assoupir, v. réfl. Se laisser aller doucement au sommeil. Il s'assoupit chaque jour après son repas. Dites!... mais pardonnez, déjà ma main chancelle, Tout mon corps se roidit, je me sens assoupir, J'expire et c'est pour vous qu'est mon dernier soupir, gilb. La marquise de Gange. (Dans cette phrase il y a ellipse du pronom réfléchi déjà exprimé.) || 6° Fig. Se calmer, s'affaiblir. Sa douleur va bientôt s'assoupir. L'affaire , qui avait fait du scandale, s'assoupit.
— hist. xv* s. Le dict des arbitres feut mis parescript,"et les ducs les acceptèrent en remerciant les dicts arbitres de ce que parleur bonne diligence les questions estoient assopies , juven. an (380. || xvi* s. 11 y eut de grandes victoires et de grandes pertes aussi pour les Romains, mais pour cela n'en fut point la guerre assopie, amyot, Marcel. 4. Visitant toutes les villes et les appaisant, il assopit un grand mouvement de tout le pais, qui estoit en branle de soy rebeller, id. ib. 46. Sur la fin que le bûcher s'en alloit déclinant et le feu assopissant, id. Sylla, 76. Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit, rons. 744. 11 n'y a meilleur moyen d'assoupir telles noises que de n'en dire mot, paré,
— ÊTYM. Ad, à, etsopire, endormir (voy. soporeux); normand, assouir, assommer, étourdir.
ASSOUPISSANT, ANTE (a-sou-pi-san, san-t'), adj. Qui assoupit. Une vapeur assoupissante. || Fig. Lecture assoupissante.
ASSOUPISSEMENT (a-sou-pi-se-man) , s. m.
|| 1* Etat d'une personne assoupie. Je tombai dans un profond assoupissement, fén. Tél. xv. || En termes de médecine, état voisin du sommeil, et dans lequel les fonctions de relation sont complètement suspendues ou ne s'exercent qu'imparfaitement. || 2* Fig. Négligence extrême de ses devoirs et de ses intérêts. Quelle puissance fallait-il pour réveiller le genre humain d'un si prodigieux assoupissement? boss. Hist. il, Ai. La gloire peut réveiller l'assoupissement de la paresse , mass. Écueils. ô Christ ! ô soleil de justice ! De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement, rac. à Laudes. || 3" Au sens actif, l'action d'assoupir. L'assoupissement
ASS
d'une querelle par l'intervention d'amis communs.
ASSOUPLI, IE (a-sou-pli, plie), part, passé. || 1° Rendu souple. Une verge bien assouplie. il 2° Fig. Assoupli par une discipline sévère. Assoupli à l'intrigue. Style assoupli.
ASSOUPLIR (a-sou-plir), j'assouplis, j'assouplissais, j'assouplis, j'assouplirai, assouplissant, v. a. || 1° Rendre souple, flexible. Assouplir une étoffe. Il 2° Fig. Assouplir un caractère violent. C'était un esprit dur, une âme fière, qu'il fallait assouplir. || 3" En termes de manège, assouplir un cheval, lui faire plier différentes parties du corps pour les rendre plus souples. || 4* S'assouplir, v. réfl. Le cuir s'assouplit à l'eau. || Fig. Son caractère altier n'a pu s'assouplir.
— HIST. xm* s. Pour vous que [je] ne vouloie pas trop asouploier [abattre, intimider], Berte, xi. Quant li rois l'entendi, un petit s'assouplit [condescendit], ib. lxxi. Quand elle ot [ouït] la nouvele, moût en fut asouplie [abattue], ib. lxxii. Que por lui a li rois souvent chiere asouplie, «6. cix. Pourquoi l'avez celé? li cuers m'en asouploie, ib. cxvn. Quant Melion ice oï, Molt durement s'en assopli [fut découragé] , Lai de Melion. || xvi* s. Rasteller la terre de sillon en sillon avec des rasteaux ferrés, afin de l'emmenuiser et ensouplir, o. de serres, 4 4 7.
— ÉTYM. A et souple. On a dit, avec une autre forme, asouploier, et avec une autre préposition, ensouplir.
ASSOURDI, IE (a-sour-di, die), part, passé. Assourdi par le fracas de la cataracte. Elle feint de parler, c'est moi qui n'entends goutte; Le cousin de César est assourdi sans doute, scarr. DomJaphet, m, 4.
ASSOURDIR (a-sour-dir), j'assourdis, j'assourdissais, j'assourdis, j'assourdirai, assourdissant, v. a. || 1° Causer une surdité passagère ; ne pas permettre d'entendre. Trop de bruit nous assourdit, pasc. Dispr. 2. Tantôt ils se rapprochent tous à la fois, et nous assourdissent comme les sons des cloches d'une cathédrale, bern. de s.-p. Paul et Virg. || 2°Terme de peinture. Diminuer la lumière dans les demiteintes, ôter aux reflets le transparent. || 3° En termes de marine, assourdir les avirons, les envelopper de linge à l'endroit où ils sont en contact avec le bord, pour qu'ils ne fassent pas de bruit.
— HIST. xiv* s. Car ce semble estre un très doulz paradis, Et là est on tout d'oyseaulx essourdis, christ, de pisan, Dit de Poissy. || xvi* s. J'eusse assourdi touts mes amis de babil, mont, i, 34. Cette vertueuse jouvencelle assourdissoit son ouïe à ces emmiellés propos, yver, p. 558.
— ÊTYM. .A et sourd ; Berry, assordir. On a dit œordir avec une autre préposition.
ASSOURDISSANT, ANTE (a-sour-di-san, san-t'), adj. Qui assourdit. Bruit assourdissant. Babil assourdissant.
t ASSOURDISSEMENT (a-sour-di- se-man), s. m. || 1* Etat de ceux qui sont assourdis. Cet assourdissement dura longtemps. || 2° Action d'assourdir. Et, sans le bruit de vos bastilles, N'ai-je donc pas assez, mes filles, De l'assourdissement des flots? v. hugo, Orient. 36.
— ÊTYM. Assourdir.
ASSOUVI, IE (a-sou-vi, vie), port, passe". || 1° Sa faim n'est pas encore assouvie. || 2° L'ambition déplaît quand elle est assouvie, corn. Cinna, n, 4. Octave aura dono vu ses fureurs assouvies, id. ib. n, 2. Assouvi de sang, rac. Athal.v , 2. Et le courroux du sort voulait être assouvi, id. Théb. i, 1. Vos yeux ne sont-ils pas assouvis des ravages Qui de ce continent dépeuplent les rivages? volt. Ait. 1,4. Quand l'homme , ranimant une rage assouvie , Cherche eucor la douleur où ne bat plus la vie.... lamart. Harm. il, 7.
ASSOUVIR (a-sou-vir), j'assouvis, j'assouvissais, j'assouvis, j'assouvirai, assouvissant, C. a. || ^Rassasier, quand la faim est pressante. || 2* Fig. Satisfaire. Pour assouvir son avarice, boss. Hist. n, 6. Le dragon qu'annonçait sa prophétique voix Vint sur la race humaine assouvir sa vengeance, delille, Parad. perdu, ch. iv. Enfin les destins désormais Ont assouvi leur haine, ont épuisé leurs traits, volt. Tancr. v, 6. I.a foi de ses aïeux, ton amour et ta crainte D'actes de piété ne pourront l'assouvir, malh. h, 4. || 3* S'assouvir, v. réfl. Se rassasier. Un loup s'assouvissant dans une bergerie. || 4* Fig. Adraste nage dans le sang; il ne peut s'assouvir de carnage, fén. Tél. xvi. Ses ennemis s'assouvissent de son sang, boss. Hist. n, 4. La rigueur de la mort se voulut assouvir, malh. vi, 20. J'ai de quoi m'assouvir de cette ambition, corn. Me-
ASS
dée, n, 6. Latssez-moi m'assouvir dans mon courroux extrême, mol. Amph. m, 5. Ils ne peuvent s'assouvir de l'hyperbole, la bruy. 4.
— REM. On ne peut dire étancher sa faim, étancher emportant l'idée d'un liquide; mais bien que assouvir se dise plus particulièrement de la faim et des choses solides, cependant, comme il signifie essentiellement rassasier, il peut se dire aussi des choses liquides; voy. l'exemple de Bossuet.
— hist. xii* s. Jamais mes ieuz [je] ne verrai aseuvis De regarder sa bêle face tendre, Couci, v. Il est venus à l'aire [place] où celé [la dame] est qui ses bons Est preste d'asevir [assouvir ses bons, faire sa volonté], audefr. le bast. Romancero, p. 34. || xm* s. Les grands gelées et les grands iaues, par l'empeschement desquelles li talemelier [boulanger] de Paris ne puissent asouvir la ville de Paris, Liv. des met. 4 6. Du roi [ils] durent avoir lor vie; Li rois ne l'a pas assouvie : Or guerroient sa nascion, ruteb. 104. [Tu] N'asouviras pas ton désir, ib. n, 4 38. Quant le roy ot assouvie la forteresse du bourc de Jafle, joinv. 275. Et à l'aide de Dieu le livre est assouvi [achevé] en deux parties, m. 4 9). || xiv* s. Le beau soleil, père de vie, Sa circonférence assouvie En passant par un chascun signe, Nat. à l'alch. err. || xv* s. Et se peut et doit-on esmerveiller où pourveances pouvoient estre prises pour assouvir un tel ost, froiss. ii, ii, 241. Et tout payoient pauvres gens parmi le royaume de France, car les tailles y estoient si grandes pour assouvir ce voyage que les plus riches s'en doloient, id. h, ni, 36. Et on ne les pouvoit assouffir, id. ii, m, 99. Fors etappers, convoiteux de vouloir Tout assovir et plus que mon povoir, E. desch. Erreurs de la jeunesse. Il délibéra faire à Dieu sacrifice du corps qu'il lui avoit preste bel et puissant, assouvi [accompli] de taille, autant et plus que personne de sa contrée, excepté que perdu avoit un œil en un assaut, louis xi, Nouv. xvi. Beaux compagnons, bien assouvis et adressés de tout ce qu'on doit louer en gentilhomme vertueux, id. t'6. lviii. || xvi* s. César, Hector, de vaillance assouvis, Malgré la mort par bon regnom [renom] sont vifz, j. marot, v, 288. Je fuz nagueres amoureux De dame en beaultè assouvie, id. v, 332. Une heureuse rencontre , qui puisse assouvir nos longs désirs, des per. Contes,
— ÊTYM. Picard, assoufi, assufi, qu'on trouve aussi dans l'ancien français. Diez le tire du gothique ga-sôthian, rassasier, par substitution du v au t, comme dans pouOTt'rdu bas-latin potere; mais, si cela était, on trouverait, dans l'ancien français, assoir, comme on trouve pooir. Or, la persistance du v dans assouvir, et même la transformation en f montrent qu'il n'est pas assimilable au v de pottvoir. Littéralement, assouvir représenterait le latin assopire, si le sens le permettait. Remarquons les diverses significations de assouvir dans l'ancien français, rassasier, approvisionner, achever, accomplir, parfaire, et les deux formes assouvir et assufir ou assoufir. On peut croire qu'il y a eu confusion en un seul, de deux verbes, as-sopire, assoupir, d'où rassasier (satisfaire la faim, l'assoupir), et assuficere , suffire , satisfaire , achever , accomplir : cela rendrait compte de tout, sens et forme.
ASSOUVISSEMENT (a-sou-vi-se-man), s. m.
Il 1* Action d'assouvir, état d'être assouvi. L'assouvissement de la faim. || 2' Fig. L'assouvissement des désirs, des passions.
— HIST. xvi* s. Le venin desquels [envieux] j'ay desjà senty, et croy qu'encore l'envie n'a pris soa assouvissement, paré, Dédie.
— étym. Assouvir.
ASSUJETTIE, et aussi ASSUJETTI, IE (a-su-jèti, tie), part, passé. || 1° Soumis. Assujetti à la domination romaine. Tous sont assujettis à quelquesuns. H 2° Astreint. Adam assujett' à la mort, après le péché. Assujettis à une lo-i commune. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis aux changements, parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous habitons, boss. Duch. d'Orl. Dans ce que nous venons de voir, c'est-à-dire dans les opérations sensuelles, l'âme est assujettie au corps, id. Connaiss. n, 42. || Absolument. Cet homme est fort assujetti , il est tenu dans une grande sujétion par les devoirs de sa place , ses relations de famille, etc. H 3° Maintenu, fixé. Assujetti par un point d'aiguille.
ASSUJËTIR et aussi ASSUJETTIR (a-su-jè-tir), j'assujettis, j'assujettissais, j'assujettis, j'assujettirai, assujettissant, assujetti, v. a. || 1" Ranger snus sa domination. Lus liuuluis furent assujettis par les
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Romains, Grande reine de qui les charmes S'assu- <nt tous les coeurs, hac. La nymphe de la Seine. Oue votre génie tous assujettisse tout ce qui n'est pas soumis à tos armes, pasc édit. cousin. || Absolument. En assujettissant vous avez l'art de plaire, corn. Sertor, m, 2.|| En termes de manège, assujettir un cheval, le conduire de manière que les épaules et les hanches ne sortent point de la piste. Assujettir la croupe d'un cheval, la fixer avec la rêne de dedans et la jambe de dehors. || 2" Fig. Astreindre, obliger. Assujettir les passions. Il assujettissait ses désirs au joug de la raison. Assujettir la prose à un rhythme. De ne point à l'hymen assujettir leur foi, rac. Baj. i, ». Serment qui pour jamais m'avez assujettie, volt. Ali. m, 2. || 3* Maintenir en place, fixer. Assujettir la vigne en l'attachant. Pour que les pieux fussent mieux assujettis, Il 4° S'assujettir, v. réft. Se soumettre, s'astreindre. S'assujettir aux lois. Il se sont assujettis à la volonté de leurs maîtres. Les hommes qui s'assujettissent aux règles de la vertu, fên. Tél. xvi. En s'assujettissant minutieusement à certaines positions, dider. Lelt. à Mme Riccoboni.
— HIST. xvi* s. Assubjectir et employer des terres à certaines semences, mont. 1, 34. Il lui faut nécessairement assujettir l'édifice , et l'approprier à ce à quoi il est destiné, o. de serres, 4 9. Il faudrait qu'ils fussent assujettis de demeurer quatre ou cinq
mois.... LANOUE, 267.
— ÉTYM. A et sujet.
ASSUJÉTISSANT, ÀNTE et ASSUJETTISSANT, ANTE (a-su-jè-ti-san , san-t') , adj. Qui tient dans une grande sujétion , qui exige beaucoup d'assiduité.
ASSUJÉTISSEMENT et ASSUJETTISSEMENT (asu-jè-ti-se-man),*. m. || 1" Etat de soumission, de dépendance. Il ne peut souffrir aucun assujettissement. L'assujettissement d'un pays. || 2° Fig. Contrainte, obligation de faire une chose. L'élévation a ses assujettissements et ses inquiétudes ; l'obscurité ses humiliations et ses mépris, mass. Afflict. Ma vie a toujours été pleine d'agitations, d'assujettissements, de fatigues, de contrainte, in. JforJ du pécheur. Après avoir tout dévoré, des rebuts, des fatigues, des assujettissements pour des espérances frivoles, id. Bonh. des justes. N'est-il pas évident que, sous une spécieuse apparence , les ministères publics sont dans la pratique des assujettissements perpétuels et très-réels, bourd. Pensées, t. 11, p. 486.
— SYN. ASSUJETTISSEMENT , SUJETION. Ces deux
mots ont le même radical et renferment l'idée de sujet. Quand assujettissement signifie l'action d'assujettir , il est tout à fait distinct de sujétion, qui veut dire l'état de ce qui est assujetti. Mais quand assujettissement exprime le résultat d'assujettir, il se confond grandement avec sujétion. Dans la vie il y aune foule d'assujettissements ou de sujétions; la seule nuance, àpeine perceptible, c'est que assujettissement, avec sa préposition d, indique plus expressément l'action subie.
— ÉTYM. Assujettir.
ASSUMÉ, ÉE (a-su-mé, mée), part, passé. La responsabilité assumée par cet employé.
ASSUMER (a-su-mé) , v. a. Prendre sur soi ou pour soi. Assumer la responsabilité d'une mesure.
— HIST. xvi* s. Pour assumer une si grant charge sur toy, palsgr. p. 439.
— ÉTYM. Assumere, de ad, à, et de sumere, prendre (voy. somptuaire).
ASSURANCE (a-su-ran-s'), *. f. || i» Confiance, sécurité. J'ai la ferme assurance qu'il nous aidera. Avez-vous cependant une pleine assurance D'avoir assez de vie et de persévérance? corn. Poly. 1 , 4. Et sur ses déplaisirs et son impatience Mon âme prendrait lors une pleineassurance, mol. Le Dèp. 1 , 4 . Désabusez-vous de la pensée qu'après une longue vie la mort vous sera plus douce et plus facile ; ce ne sont pas les années , c'est une longue préparation qui vous donnera de l'assurance, boss. te Tellier. Je pris sur cet oracle une entière assurance, corn. Hor. I, 3. Dans vos prospérités mettez plus d'assurance, volt. Œdipe, m,4. Puis-je sur ton récit fonder quelque assurance ? rac. Brit. m, «. Dispose de ma griffe, et sois en assurance; Envers et contre tous je te protégerai, la pont. Fàbl. vm, 22. Là vous la pourrez mettre avec toute assurance, Et de cette action nul n'aura connaissance, mol. VÉtour. 11, 9. Ne m'abusez-vous point d'un faux espoir, et puis-je prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle conversion? id. Don Juan, v, 4. L'amilié qu» nous conservons ensemble, sans nous en rien écrire . et l'assurance que nous avons l'un de l'autre est une chose race et singulière, voit, i, «22. Il 2° Preuve, garantie. Quelle autre assurance |
puis-je demander de sa bonne foi? Personne ne peut avoir aucune assurance d'être dans cet état, boss. Orais. G. Ainsi par mon hymen vous avez l'assurance Que mille vrais Romains prendront votre défense, corn. Sertor. 1 , 3. Mon honneur par là cherche son assurance, id. Hor. v, 2. Le roi voyait tout le monde autour de lui prendre ses assurances , anouet. Ligue, H, 249. || 3" Promesse, protestation. Je vous donne l'assurance que je ferai tout mon possible. Avec l'assurance de l'impunité. Sur l'assurance que je lui donnai de ne plus lui en faire de semblables, pasc Prov. 7. Sur cette assurance, je retournai chez mon docteur, id. ib. 4. || Dans les formules de politesse qui terminent une lettre, agréez l'assurance de ma considération, de mondévouement , de mon respect. || 4' En assurance, loc. adv. En sûreté. Pourras-tu dans son lit dormir en assurance ? corn. Nicom. v, 4. Faites-lui perdre temps tandis qu'en assurance La galère s'éloigne avec son espérance, id. ib. v, 5. Et tu fuis! et tu crois voguer en assurance , Toi qui cent fois des flots éprouvas l'inconstance , gilb. Didon à Énée. Vous avez bien mis ceux qui suivent vos opinions probables , en assurance à l'égard de Dieu et de la conscience; vous les avez encore mis en assurance du côté des confesseurs ; vous ne les avez point mis en assurance du côté des juges, pasc Prov. e. Qu'ils laissent donc le monde en repos, et nos bénéfices en assurance, id. Prov. 19. Vous y êtes aussi peu en assurance, id. ib. 4. Par là vous croyez être en assurance, id. t'6. 43. Il 6* Hardiesse, fermeté, audace. Il parle avec assurance. Faites donc ; votre haine agit trop mollement; Peut-être que le temps vous ôterait l'envie Ou l'assurance au moins de nous ôter la vie , rotr. Antig. iv , 3. Ceux-ci n'ont pas l'assurance de résister en face aux pécheurs , fléch. Serm. 1, 265. On vit tant d'assurance En son discours et dans tout son maintien Qu'on ne crut point qu'il se doutât de rien, la font. Fabl. vm, 4 8. L'assurance que vous avez eue de dire que.... pasc. Prov. 13. Ne cherchons donc point d'assurance et de fermeté, id. édit. cousin. || 6° Nantissement, garantie matérielle. Ne traitez pas si l'on ne vous donne une solide assurance. Et quand ses déplaisirs auront quelque allégeance, J'aurai soin d'en tirer d'abord votre assurance [votre reçu] , mol. VÉtour. h, 4. Il 7* Acte par lequel un assureur s'engage à payer à celui qui perd l'objet assuré une somme fixée dans cet acte. Assurances contre l'incendie. Prime d'assurance, la somme qu'on paye pour être assuré. Compagnie d'assurances , compagnie qui assure contre les différents risques. Il 8" En termes de fauconnerie, état de l'oiseau qui n'est plus attaché par le pied, d En termes de chasse, aller d'assurance, aller au pas et sans crainte, en parlant de la bête.
— xv* s. Et me fut dit que sur le soir, sur bonnes assurances, Jean de Chaslelneux et Raymon s'en vinrent au logis messire Guy de la Tremouille pour jouer et esbattre, froiss. u, 11, 2)5. ||xvi* s. Soubs la foy et asseurance [promesse] du comte.... mont.
I, 30. La resolution est asseurance d'une ame réglée, id. 1, 67. Une asseurance de visage, et souplesse de voix et de geste, id. i, 4 98. Il ne se donne plus ni trêve ni paix entre les sujets du roi; maison les met en asseurance et sauve-garde, loysel , 795. Antigonus s'esmerveilla grandement de sa hardiesse et de son asseurance, amyot, Eum. 47.
— ÉTYM, Assurer. L'ancien français employait de préférence asseurement.
T ASSURE (a-su-r1) , s. f. Terme de métier. Dans une tapisserie de haute lisse, le fil d'or, d'argent, de soie ou de laine dont on couvre la chaîne de la tapisserie; ce qu'on appelle trame dans les étoffes et les toiles.
— étym. Assurer.
ASSURÉ, ÉE (a-su-ré, rée) , part. passé. || i'En sûreté, à l'abri, sûr. Assuré contre les dangers. Et le sang répandu de mille conjurés Rend mes jours plus maudits et non plus assurés, corn. Cinna, iv, 3. Typhon qui se croyait assuré par le malheur de ce prince, se vit tout d'un coup abandonné des siens, boss. Hist. 1, 9. Et seul, sous la main de Dieu, qui sera continuellement à son secours, on le verra l'assuré rempart de ses États, boss. Louis de Bourbon. Un sou, quand il est assuré, Vaut mieux que cinq en espérance, la font. Fab. iv, 2. Moïse se sauva d'Egypte en Arabie, dans la terre de Madian, où sa vertu, toujours secourable aux oppressés, lui fit trouver une retraite assurée, boss. Hist. 1, 3. 11 lui parut plus assuré d'empoisonner Pygmalion, fénel. Tél. vm. Il 2" Certain. Présage assuré. Tenez pour assuré. Mais voici de retour le fidèle Achorée , Par qui j'en apprendrai la nouvelle assurée , corn. Pomp.
II, 1. Des nouvelles assurées, id. Ex. de Rodog. Les
auteurs qui ont écrit les quatre Évangiles ne reçoivent pas un témoignage moins assuré du consentement unanime des fidèles, des païens et des hérétiques, boss. Hist. 11, 4 3. Du moins est-il assuré qu'il se faisait des, cantiques que les pères apprenaient à leurs enfants, id. t'6. u, 3. Mais est-il bien assuré que dans ces contrées si fertiles et si agréables, il se trouve tant de gens qui veuillent se défaire de leur patrimoine? vertot , Révol. rom. liv. xii, p. 484. Il est bien assuré qu'on ne se détache jamais sans douleur. — Il est assuré que vous servez l'Église par vos prières, pasc. édt». cousin. Tout ce que j'ai prédit n'est que trop assuré, rac. Brit. 1,4. Rome tient maintenant sa victoire assurée, id. Hilhr. v, 4. L'infaillible refuge et l'assuré secours, malii. 11, 4. Il n'est rien ici-bas d'éternelle durée; Une chose qui plaît n'est jamais assurée, m. v, 4. H 3" Qui est sûr de, qui se fie en. Il fallait être assuré de Dieu, boss. Hist. 11, 3. Ne vous tenez point pour assurée sur votre vertu, m. iv, Prof. 4. Il Qui a la certitude de, sachant sûrement. Qui peut être assuré de son propre bon sens ? Arguments, de la fidélité desquels il était assuré. Bien assuré que le gouvernement ferait la guerre. Se tenir assuré de quelque chose. Ce dont je suis bien assuré. Vos yeux ne sont que trop assurés de lui plaire, rac Andr. iv, 2. Il n'a pointson espoir au nombre des armées, Étant bien assuré que ces vaines fumées N'ajoutent que de l'ombre à nos obscurités, malh. ii, 4. |j 4* Affermi, stable. Des pas mal assurés. Main assurée. Ayant une démarche mal assuré». Il ira au supplice d'un pas assuré. Pouvoir mal assuré. Paix assurée. Abel tombe , et blessé d'un coup trop assuré, Se roule, se débat, sanglant, défiguré, gilb. Ifort d'Abel, ch. vu. ||5° Hardi, ferme. Contenance assurée. Je la vis retenir dans sej mains assurées De l'État chancelant les rênes égarées, volt. Sémir. u, 4. Est-il possible qu'UD homme si assuré dans la guerre soit si timide en amour? mol. Am. magn. 1, t. Vous avez beau faire l'assuré, voit. Lett. 4 87. Verville n'était guère plus assuré; la suivante ne disait mot, scarr. Rom. corn. 1" p., 4 3. De fidèles amis et des coeurs assurés, campistron, Andronic, m, 2. Que sa façon est brave et sa mine assurée! malh. h, 42. |[ Familièrement. Un assuré menteur, un menteur impudent, audacieux. || 6°Garanti par une assurance. Maison assurée contre l'incendie. Je suis assuré. || Substantivement. Tous les assurés ont été indemnisés. || 7" En termes de manège, cheval assuré, cheval qui ne bronche pas
ASSURÉMENT (a-su- ré-man), adv. || 1* Certainement, d'une manière certaine. Les plus grands ouvrages de l'esprit humain sont très-assurément les moins parfaits, vauven. Max. cccn. Je neconnais pas assurément son écriture, voit. i«tt. 64. Le bien ofe j'estime le plus est celui que je crois posséder le pins assurément, m. ii». 4 4. || Dans ce sens, assurément peut se mettre au commencementdelaphra.se. Assurément il s'est mal comporté. || 2* Avec assurance. Marchons assurément sur les pas d'une femme, rotr. St Gen. iv, 3. Qui marche assurément n'a point peur de tomber, corn. Poly. u, 6.
— HIST. xii* s. Asseurement i va ; kar tu la cited prendras, Rois, 336. ||xvi* s. Parquoy nous osons nous promettre asseurement que la vie éternelle est nostre, calv. Inst. 4 094. Luy mesme commencea à déduire asseurement son faict... amyot, Marius, 23. Il serait bien malaisé de pouvoir asseuréement dire la vérité de telles choses, m. Démosth. 26.11zl'absolurent si asseuréement que ^Eschinus n'eut pas seulement la cinquième partie des voix et opinions en sa faveur, id. t'6. 36.
— ÉTYM. L'ancienne langue a deux adverbes, asseurement et asseuréement; le premier de l'ancien adjectif asseur au féminin ; le second d'asseurée , et le suffixe ment.
ASSURER (a-su-ré), v. a. || 1" Rendre solide, sûr, ferme. Assurer les navires avec les ancres. Il assura la table avec un tesson. || Assurer la main, la rendre ferme et sûre. || 2' Donner de l'assurance, ô bonté qui m'assure autant qu'elle m'honore, rac Esth. n,7. Un oracle m'assure, un songe me travaille , corn. Jïor. tv, 3. Et tâchons d'assurer la reine qui te craint, m. Nicom. iv, 3. Cependant prenez soin D'assurer des jaloux dont vous avez besoin, id. t'6. v, «. Girot en vain l'assure, boil. Lutrin, iv. On assure la conscience en montrant.... pasc dans cousin. Il Voltaire a blâmé cet emploi d'assurer dans Corneille ; il est vrai que nous disons maintenant de préférence rassurer. Mais, comme on voit, assurer était en plein usage avec ce sens parmi les contemporains de Corneille; et on pourrait encore s'en servir dans la poésie et la prose élevée.
Il 3" Rendre une chose sûre, faire qu'elle ne manque pas. Il s'assura par là votre amitié. Cette action vous assure des droits à ma reconnaissance. Elles se sont assuré d'avance une loge au théâtre. Assurer des vivres et des munitions à l'armée. Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses Ont pris soin d'assurer la mort de ses maîtresses, rac. Mithr. I, 1. Enfin de tous les Grecs satisfaites l'envie, Assurez leur vengeance, assurez votre vie, id. Andr. i, 2. Vainement à son fils j'assurais mon secours, id. Andr. n, 6. Je m'assure un port dans la tempête, :n. Brit. i, 1. Je vais donc, puisqu'il faut que je me sacrifie, Assurer à Pyrrhus le reste de ma vie, id. ib. iv, 1. Demain je ne puis assurer aucun moment, boss. Lett. Corn. 146. Assure, m'a-t-il dit, le repos de ton roi, rac. Esth u, 4. Vous voulez que ma fuite assure vos désirs, id. Brit. ni, 7.Vous reconnaissez.... que ceux qui.... font des œuvres dignes de leur foi , s'assurent la vie éternelle, boss. Hist. u, 13. || 4° Mettre en sûreté. 11 assurasavieparcetteprécaution. Assurant facilement leur marche dans des lieux découverts . Pour mieux assurer la fortune de ses enfants. Demain, «lès cette nuit, je prendrai des mesures Pour assurer le temple et venger ses injures, RkC.Ath. v,2. [U] S'offrit d'assurer par un hymen prochain Le bandeau qu'elle avait reçu de votre main, id. Mithr. u, 3. Vous avez des deux mers assuré les rivages, id. Phèd. m, 6. Et qui de ma faveur se voudrait honorer, Si mon hymen prochain ne peut vous assurer, id. Iphig. v, 2. Mais du moins en partant assurez votre vie, id. Phèd. v, 1 . En les perdant j'ai cru vous assurer vous-même, id. Esth. m, 5. Assurez votre sort pour assurer le mien, corn. Nioom. i, 1. Il vous assure et vie, et gloire, et liberté, id. ib. v, 6. Le coup à l'un et l'autre en sera précieux, Puisqu'il t'assure en terre en m'élevant aux cieux, id. Poly. v, 5. || 5° Transmettre après soi par un acte ce qu'on possède à un tiers. Il a assuré par son testament tous ses biens à son neveu. || 6° S'engager à payer une certaine somme en cas d'un sinistre déterminé. Trois compagnies avaient assuré ce théâtre. Faire assurer, et simplement, assurer son mobilier, le garantir contre tout sinistre par une police d'assurance. || 7° Assurera, avec le régime indirect de la personne. Engager à croire , certifier, répondre de. Je lui assurai que.... J'ai assuré à votre ami qu'il n'y avait rien à craindre. Je ne le fais pas, je vous assure, pour.... Qui pouvait assurer qu'il n'y aurait pas de disette? Pour moi contre chacun je pris votre défense, Et leur assurai fort que c'était médisance, mol. Mis. in, 6. Trouvez bon que je vous assure qu'il y a beaucoup de passion dans l'affection que j'ai de vous servir, voit. Lett. 32. || Assurer de, avec le régime direct de la personne. Il l'assurait des excellentes dispositions de tous les siens. Assurez-le <le mon respect. La peine que prit M. Desportes à faire des vers, lui acquit un loisir de dix mille écus: mon père, qui l'a vu, m'en a assuré, balz. I" hist. Chacun de ses trois fils l'en assure en pleurant, la font. Fabl. iv, 18. Ils assurèrent Quintus que le peuple l'avouerait de tout ce qu'il dirait de sa part au sénat, vertot, Rérol. rom. liv. m, p. 273. Il le fit assurer en même temps que, quelques ordres qui lui vinssent de Rome, il saurait bien éviter les occasions de combattre, id. ib. liv. xiv, p. 334. Les principaux de chaque tribu et les chefs des factions l'assurèrent qu'il n'y avait rien de si élevé dans la république où il ne pût prétendre, id. ib. liv. xiii, p. 224. Ces insensés croyaient encore les faux prophètes qui les assuraient que le jour du salut était venu, boss. Hist. u, 8. Sur le point de les quitter [ses disciples], Jésus-Christ les assure qu'il sera présent avec eux jusqu'à la consommation des siècles, mass. Divinité de Jésus- Christ. Je puis les assurer que tous leurs discours ne m'obligeront pas.... boil. Avert. de la Sat. x. Vous irez chercher autre part de quoi vous rendre agréable aux yeux de vos belles , je vous en assure, mol. Pré. rid. 16. ElleetM. son mari m'ont chargé de vous assurer de leur très-humble service, voit. Lett. (82. Vous pourriez l'assurer de la foi conjugale, rac. Baj. m, 4. Dites-lui un peu que monsieur et madame sont des personnes de grande qualité , qui lui viennent faire la révérence comme mes amis, et l'assurer de leur service, mol. Bourg, gent. v, 6. Je suis aise que vous ayez M. de la Garde, assurezle de moi, sév. 28 i. || 8° En termes de marine, assurer son pavillon, le faire reconnaître. |l Eu termes de manège, assurer un cheval, lui faire prendre une position franche et l'habituer à exécuter avec régularité et précision tous les mouvements, les arrêts, etc. Assurer la bouche d'un cheval, l'accoutumer à souffrir le mors. || En termes de fauconne-
ASS
rie, apprivoiser un oiseau pour empêcher qu'il ne s'effraye.
s'assurer, ». réfl. || i* Se mettre en sûreté, se garantir. S'assurer contre les pièges. U s'assura contre cet événement. Contre mon ennemi laissemoi m'assurer, rac. Andr. u, 1. C'est en quoi je trouve la condition d'un gentilhomme malheureuse, de ne pouvoir point s'assurer sur toute la prudence et l'honnêteté de sa conduite, mol. D. Juan, m, 4. Je n'ose m'assurer de toute ma vertu , corn.|Poîj/. i , *. 1 1 Absolument. Princesse , assurez-vous , je les prends sous ma garde, rac. Athal. u, 7. Mes nymphes.... à peine s'assuraient dans le fond de mes eaux, id. Poésies, 1. A moins que Valère se pende, Bagatelle I son cœur ne s'assurera point, mol. Dép. am. i, 2. || 2" S'assurer dans, en, sur, à, établir sa confiance. S'assurer en quelqu'un. Il s'assurait dans les promesses de ses amis. Celui qui s'assure en son innocence. Ne vous assurez point sur ce cœur inconstant, rac. Phèd. v, 3. Mais je m'assure encore aux bontés de ton frère, id. Baj. u, t. Ne vous assurez point sur l'amour qu'il vous porte, id. Mithr. I, S. Ne vous assurez point sur ma faible puissance, id. Iphig. iv, 4. Et votre âme s'assure Sur la foi d'un amant infidèle et parjure, id. Alex, i, 3. Abner, quoiqu'on se pût assurer sur sa foi , Ne sait pas même encor si nous avons un roi, id. Athal. i, 2. Ils ne s'assurent point en leurs propres mérites, Mais en ton nom sur eux invoqué tant de fois, id. ib. m, 7. Ainsi sur l'avenir n'osant vous assurer, id. Brit. i , 2. Sur les soins d'une mère on peut s'en assurer , id. Andr. m, 4. Il ne doitniprésumerde sa vertu, ni s'assurer sur son innocence, fléch. i, 379. Madame, assurez-vous sur ma fidélité, corn. Bodog. I, 7. Assurez-vous sur lui [rapportez-vous-en à lui] qu'il en a juste cause, id. Poly. i, 3. Faut-il que je m'assure au rapport de mes yeux? mol. D. Gar. iv, 7. Et n'est-il point coupable en ne s'assurant pas X ce qu'on ne dit point qu'après de longs combats? id. Mis. iv, 3. C'est conscience en ceux qui s'assurent en nous, id. Ée. des maris, i, 3. || 3° S'assurer de, prendre une entière connaissance. S'étant assuré du chargement des chariots. Il s'assura du départ de ses amis. S'assurer de la vérité. Il s'assurera des dispositions de ses adversaires. Comment s'assurer de ceux des écrivains qui sont propres à nous instruire? || 4° S'assurer, être persuadé, avoir la certitude. J'aimais, et je pouvais m'assurer d'être aimée, rac. Baj. i, 4. Madame , assurez-vous de mon obéissance, id. Mithr. i, 2. Assurez-vous qu'Isabelle est constante, id. Plaid, u, 6. Je m'assure qu'il vaut mieux.... id. Plaid. Préf. Je m'assure que vous avouerez à la fin qu'il n'y a peut-être rien de si difficile que de rendre hérétiques ceux qui ne le sont pas et qui ne fuient rien tant que de l'être, pasc. Prov. »8. Je m'assurerais qu'il serait venu,m. Proph. 4 5. Je m'assure que vous en serez satisfait, id. Prov. 5. Elle s'assure qu'elle a en soi les forces nécessaires pour cette conquête, id. dans cousin. Assurez-vous que je ne vous oublie pas, boss. Lett. Corn. 120. Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux? la font. Fab. v, 17. Du sort dont vous parlez, je le garantis, moi, S'il faut que par l'hymen il reçoive ma foi; Il s'en peut assurer, mol. Éc. des maris, i, 3. Pour mon cœur, vous pouvez vous assurer de lui, id. F. sav. iv, 7. Vous me direz que ces conditions vous paraîtraient merveilleuses, si vous pouviez vous assurer qu'Idoménée les accomplirait de bonne foi, fén. Tél. v. || Elliptiquement. On conviendra, je m'assure, que voilà une étrange manière de contracter, J. J. rouss. Contr. ni, 18. Six couplets de chansons qui, je m'assure, remettront toutes choses dans l'équilibre, montesq. Lett. ptrs. 144. Quelque chien enragé l'a mordu, je m'assure, mol. Éc.des f.n, 2. || Absolument. Voyant trop pour nier, ettrop pour m'assurer.... on ne peut s'assurer et l'on est toujours dans la défiance, pasc. édit. cousin. Je n'y trouvais guère de quoi m'assurer, eesc. Méth. || 5° S'assurer de, se rendre mattre de, se sais'ir de, arrêter, emprisonner. Il s'assura de cette ville. Ils s'assurèrent d'une barque. On s'assura de la personne du prince de Condé. Les soldats entourent le fugitif et s'assurent de sa personne. Maxime et la moitié s'assurent delà porte, corn. Cinna, i, 3. Allez dès aujourd'hui, Soitqu'il résiste ou non, vous assurer delui,iD. Cid, u, 6. De tous les deux, madame, il se faut assurer, rac. Athal. u, 5. La prudence veut que l'on s'assure de leurs personnes, montesq. Esp.v. )4. || 6° S'assurer de, se ménager l'appui de quelqu'un. Il faut s'assurer d'un journal accrédité. S'assurer de la faveur du préfet. Les Romains, pour attaquer avec sûreté de si redoutables adversaires, s'assurèrent des Carthaginois, boss. Hist. i, 8. Il
ASS
s'assura du landgrave de Hesse et de la maison de Brunswick, volt. S. de L. IV , *2.
— REM. i. L'Académie écrit suret sûreté avec un accent circonflexe, avec raison si l'on suit l'étymologie, puisque sur est pour l'ancien français seûr, mais alors il faudrait écrire', pour faciliter l'orthographe, en n'introduisant pas des séries discordantes sans raison assurer et ses annexes avec un accent circonflexe; car assurer est aussi pour asseûrer. || 2. Des grammairiens ont prétendu que, au sens de certifier, assurer voulait la préposition d devant la personne à qui l'on parle, et qu'il fallait dire : assurez-lui que je ne l'oublierai, et non : assurez-le que je ne l'oublierai. C'est une fausse décision quant à la seconde partie : assurer une chose à quelqu'un ou assurer quelqu'un d'une chose sont aussi bon français l'un que l'autre. Voyez les exemples. || 3. D'autres grammairiens ont blâmé Racine et en général les poètes, de dire s'assurer à.... au lieu de s'assurer en.... ou dans.... ou sur.... S'assurer à est une excellente construction dans la poésie.
— SYN.l. assurer, affermir. Assurer, c'est rendre sûr. Affermir, c'est rendre ferme. On assure un navire sur ses ancres; on affermit une muraille par de solides fondements. || 2. assurer, affirmer. Affirmer est plus décisif que assurer. Assurer, c'est donner des assurances; mais des assurances ne sont pas des certitudes ; au lieu que l'affirmation ne souffre pas d'incertitude.
— HIST. xi* s. Li quens Rolans mie ne s'asoûret [ne se met pas en sûreté, ne se cache pas], Ch. de Bol. en. || xn* s. Com faitement m'en asseûrera? Bonc. p. 8. Seigneur, dist Charles, soiez asseùré, ib, p. 188. Quant la saison du douz temps s'aseùre, Coud, p. 125. J'en sai une, se me vouloit aimer, De bone amour asseûrés [je] seroie, quesnes , iiomoncero,p. 87. Par cel apel unt mult le rei asseûré E mult à celé feiz de s'ire refréné, Th. le mart. 43. .... Sachiez dons Que je voel et quex est li dons Dont vous m'avez asseûré, Lacharrette, 171. || xni's. Et ce, dient li message, avons nos plain pooir d'asseûrer, se vos volés, villeh. li. Et mandèrent à l'empereur Kyrsac que il asseurast les convenances que ses fils avoit asseùrées, id. lxxxv. Plus fust asseûrée [elle serait plus en sûreté], s'ele fust à Namur, Berte,xu. Et li vens e."' cheùs , et li temps s'asseûre, ib. xlii. Car [elle] tien sait que c'est ele [Berte].... Li cuers lui dit, pourvoir bien l'en asseùra, ib. cxxn. Gart que du- tout [il] ne s'asseûre En sa biauté, ne en sa forme, la Bose, 8353. N'est donc bien fortune seûre; Rest bien fos qui s'i asseûré, ib. 6768. [L'amour] C'est paor toute asseûrée, Espérance désespérée, ib. 4311. Là seront nostre gent par matin assaillie; Trop ert assegurée, çou esteit grans folie, Ch.à"Ant.UO. Et lors dit quesi feroit-il, mes que il l'asseûrassent [donner des sûretés], joinv. 245. || xv s. Quand elle se trouva en l'Empire, si fut un peu plus asseûrée que devant, froiss. i, i, 12. Quant ils surent que la ville estoit à la comtesse d'Aumale, sœuràmessire Robert d'Artois qui trépassé estoit, ils assurèrent la ville et le pays qui à la dame estoit appartenant, pour l'amour de lui, m. i, i, 281. Leur signifièrent ces nouvelles et les asseurerent de la bataille, comm. i, 11. Le roy demanda à monseigneur de Charolois ces motz : Mon frère, m'asseurez vous? Cedit conte luy respondit:
Oui comme frère, comm. i, 12 Qu'ilz s'asseuras-
sent bien l'ung l'autre de ne faire paix ne traicté l'ung sans l'autre, id. iv, 3. Se gectaàdeuxgenoulx devant moy comme celluy qui cuidoit desjà estre mort; je l'asseurai le mieulx que je peuz.... m. iv, 7. Affin que le peuple en fust plus asseûré et combatist mieulx, n>. i, 3. ||xvi* s. Agesilaus asseûra l'advantage qui lui estoit acquis, mont, i, 16. Je ne m'asseure pas que je peusse venir à bout de.... id. I, 37. Je m'estois hasté de l'escrire là, pour ne m'asseurer point d'arriver jusques chez moi . id. i, 78. Fondementasseuré, id. i, 83. Qui plus curieusement s'est asseûré de son salut, que luy de sa ruyne, id. i, 243. Elle print d'une main asseûrée la coupe, id. H, 40. Ils asseurent que les forces humaines ne sont pas capables d'y attaindre, id. h, 230. Que ce que nous avons dict soit vray , nous en asseurerions si nous avions sur cela confirmation d'un oracle, id. ii, 281. Je m'asseure que ne vouldriez permettre que telles traffiques eussent lieu envers le Roy, marg. Lett. 1*4. C'est un refus, qui asseure et afferme, Un affermer, qui desasseure et nie, Rendant le cœur en inconstance ferme, st-gel. 3. Ils se Soient bien de sa volonté, mais ils ne s'asseuroient point de son courage, la boétie, 45. Mais certes cela est bien asseûré, que le tyran ne pense
AST
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jamais que sa puissance luy soit asseurée, id. 60. Asseure toy [crois], ô Socrates, que.... id. 207. Quand on luy eut faitentendre au vray quec'estoit, il s'asseura [se rassura] et sortit du temple, amyot, I.yc. 8. 11 ordonna, si un chien monloit quelcun , que le maistre fust tenu de le livrer, attaché à un cep de bois : c'estoit une bonne invention pour s'assurer du chien, id. Solon, 49. Le charton feit tout ce qu'il peut trouver pour arrester lus chevaux, en leur tirant la bride, et les caressant et assurant de la voix, m. Publ. 26.
— ÊTYM. Bourguig. essurai; picard, asseurer ; provenç. assegurar; espagn. asegurar; ital. assecurare, assicurare; de à ci sûr (voy. ce mot).
ASSUREUR (a-su-reur), ». m. Celui qui garantit par contrat d'assurance.
— ÉTYM. Assurer ; bas-latin, assecuratores , du cange, assoria.
f ASTAROTH (a-sta-rof). || 1° S. f. Dans la religion des peuples de la Syrie, nom d'une divinité, la même que Astarté. || 2* S. m. Chez les juifs et les chrétiens, nom d'un démon. [Ces poëtesj N'offrent rien qu'Astaroth, Belzébut, Lucifer, boil. A. poél. m.
— ÉTYM. Nom sidonien qui est Ashtoret dans la Bible.
t ASTAUTÊ (a-star-té) , s. f. Divinité des peuples de Syrie, et en particulier de Tyr et de Sidon, que les Grecs assimilaient à Vénus.
— ÊTYM. Nom, dans les Septante, de la divinité dite Ashtoret dans la Bible
t ASTAT1QUE (a-sta-ti-k') , adj. Terme de physique. Qui ne prend pas de direction déterminée. || Aiguilles astatiques, système d'aiguilles aimantées combinées demanière que les actions de la terre sur chacune d'elles se neutralisent. || Dans le même sens, conducteur de courant asiatique.
— ÉTYM. 'A privatif, et trraTixA;, qui se tient (voy. statique).
ASTER (a-stèr), s. m. Genre de plantes vivaces, à fleurons blancs, roses, violets ou bleus, dont plusieurs sont cultivées dans les jardins (aster alpinus, aster grandiflorus, etc.).
— ÉTYM. Lat.,as(er; grec, ào*ri)p; de âaTpov, astre. ASTÉRIE (a-sté-rie), s. f. || 1° Terme de zoologie.
Nom d'un genre d'invertébrés radiaires , aussi appelés étoiles de mer, en raison des divisions de leur corps, en général au nombre de cinq. || 2° Terme de physique. Voy. astérisme.
— ÉTYM. 'AffTs'pio;, étoile, de âoxpov, astre.
ASTÉRISME (a-sté-ri-sm') , s. m. || 1-Terme d'astronomie. Assemblage d'étoiles, constellation. || 2° En termes de physique, astérisme ou astérie, phénomène de lumière offert par quelques minéraux qui laissent apercevoir une étoile à six rayons.
— ÉTYM. 'Acrrepianèi;, de ôwriip, astre.
ASTÉRISQUE (a-sté-ri-sk'),s.m. || 1° Terme d'imprimerie. Signe en forme d'étoile (*) , et auquel on attribue un sens convenu. || 2° Dans les manuscrits, sigle qui indique quelque défectuosité dans le texte.
— ÉTYM. 'AuTepfffxoç , petite étoile , d'àntrip , astre (voy. astre).
t ASTERNAL, ALE (a-stèr-nal, na-1'), adj. Terme d'anatomie. Côtes asternales, eelles qui ne s'articulent pas avec le sternum.
— ÉTYM. 'A privatif, et sternum.
t ASTÉROÏDE (a-sté-ro-ï-d'), s. m. Terme d'astronomie. || 1° Petite planète. Les planètes nouvellement découvertes entre Mars et Jupiter sont souvent nommées des astéroïdes. || 2° Petit corps qui parcourt les espaces célestes. Les aérolithes, qui tombent sur la terre, sont des astéroïdes.
— ÉTYM. 'A<TTT)p, astre (voy. astre), et eTSoç, forme (voy. idée).
■(■ASTHÉNIE (a-sté-nie) , s. f. Terme de médecine. Manque de force, débilité, faiblesse.
— ÉTYM. 'A<r9Év£ia, faiblesse, de & privatif, et o8évo:, force.
t ASTHÉNIQUE (a-sté-ni-k'), adj. Terme de médecine. Qui tient de l'asthénie. Maladies asthéniques.
ASTHMATIQUE (a-sma-ti-k'; d'après l'Académie, a-zmatique). || 1° Adj. Qui a un asthme. Il est asthmatique. || 2° Substantivement. Un asthmatique.
— ÉTYM. 'Aa6p.aTixôç (voy. asthme).
ASTHME (a-sm'; d'après l'Académie, a-zm'),
s. m. Terme do médecine. Gêne de la respiration qui revient par accès. On m'a conseillé d'aller aux eaux pour un petit asthme, hamilt. Gramm. s. Une difficulté de respirer avait fort augmenté l'asthme qu'il [Guillaume III] ava:t depuis plusieurs années,
— ÊTYM. 'AsOna. respiration, de àKta, souffler, respirer.
t ASTHME (a-smé), adj. Terme de fauconnerie. Oiseau asthme, oiseau qui ne peut avoir son haleine.
— ÉTYM. Asthme.
t ASTI (a-sti) ou ASTIC (a-stik), s. m. || !• Gros os de cheval ou de mulet dont les cordonniers et les savetiers se servent pour lisser certaines parties du soulier, et dont la cavité leur sert à mettre le suif pour graisser leur alêne. || 2°Polissoir de giberne.
— ÊTYM. Astic est pour estic, qui vient de l'allemand Stich, chose pointue (voy. asticoter).
t ASTICOT (a-sti-ko) , t. m. Sorte de petit ver blanc; larve d'insecte développée dans la viande, et servant pour la pêche.
— HIST. xvi* s. Les lansquenets s'acharnent sur eux en criant d'asticot [avec acharnement] : Schelme, Montcontour [coquins, souvenez-vous de la bataille de Montcontour], d'aub. Jlisl. i, 33t.
— ÉTYM. Voy. asticoter.
ASTICOTE, ÉE (a-sti-ko-té, tée), part, passé.
ASTICOTER (a-sti-ko-té), v. a. Irriter légèrement, tourmenter pour de petites choses. || Il est très- familier.
— ÉTYM. Wallon, asticote, indisposition légère, contrariété ;rouchi, astiquer, toucher avec les doigts à une partie malade ; sans doute de l'allemand stechen; holl. steken (voy. étiquette). Asticot ne paraît pas pouvoir être séparé d'asticoter, l'asticot étant un ver qui se meut beaucoup et qui asticote.
t ASTIQUER (a-sti-ké), v. a. Lisser le cuir des souliers avec un astic. |l Étendre la cire sur la giberne au moyen d'un astic; et par suite dans le langage très-familier et au réfléchi, s'astiquer, s'arranger, se parer, en parlant des hommes.
— ÉTYM. Astic.
t ASTOME (a-sto-m'), adj. Terme didactique. Qui n'a pas de bouche.
— ÊTYM. 'A privatif, et ox6u.it, bouche.
4. ASTRAGALE (a-stra-ga-1'j, s. m. || 1-Terme d'architecture. Moulure embrassant la partie supérieure du fûtd'une colonne. Les moulures, les astragales offrent la même perfection, chateaub. Itin. 497. Cène sont que festons, ce ne sont qu'astragales, boil. Art p. i. Foulant créneaux, ogive, écussons, astragales, M'attachant comme un lierreauxpierresinégales, v. hugo , Odes , v , 4 8.| 1 2° Terme d'anatomie.L'un des os du tarse , ainsi nommé à cause de sa forme cuboïde. 1 1 3* En termes de serrurerie, espèce de cordon en cuivre ou en fer au haut des barreaux d'une grille, d'un balcon ou d'une rampe. || Sorte de bourrelet faisant corps avec une bouche à feu, et servant de renfort, d'ornement ou de division.
— HIST. xvi* s. Le susdit astragale est receu entre les chevilles selon ses parties latérales, paré, iv, 36. L'os calcaneum se sépare de contre l'astragale ou l'osselet , n>. xiv, 6.
— ÉTYM. 'AffTpâfaÀo?, qui signifie proprement une des vertèbres du cou, puis un os du tarse, puis le jeu d'osselets, et enfin un ornement d'architecture.
2. ASTRAGALE (a-stra-ga-1'). *. m Genre de plantes légumineuses dont quelques-unes fournissent la gomme adragant.
— ÊTYM. 'AdTpoiyaXo;, nom de plante
t ASTRAGALÉE (a-stra-ga-lée), s. f. En termes d'architecture, profil d'une corniche terminée à sa partie inférieure par un astragale.
ASTRAL, ALK (a-stral, stra-1'), adj. Qui appartient aux astres, qui a quelque rapport avec les astres. Les influences astrales. || Lampe astrale, lampe construite de manière à éclairer les objets de haut en bas sans porter d'ombre par ses appuis. || Année astrale, synonyme actuellement inusité d'année sidérale.
— ÉTYM. Astralis, A'astrum (voy. astre). ASTRE (a-str'), s. m. || 1° Tout corps cheminant
régulièrement dans les espaces célestes. || Astres de Bourbon, petits corps qu'on a dit avoir vus circuler autour du soleil, au-delà, de Mercure. || L'astre des nuits, la lune. || L'astre du jour, le soleil. L'astre du jour a vu ma course vagabonde Jusqu'aux lieux où, cessant d'éclairer nos climats.... volt. Ail. n, 4. Prendsgarde que jamais l'astre qui nous éclaire Ne te yoieen ces lieuxmettre un pied téméraire, RkC.Phèd. iv, 2.11 voitl'astre qui nous éclaire, m.Esth. n, 3. Le soir est près dé l'aurore ; L'astre a peine vient d'éclore Qu'il va terminer son tour , lamart. Harm. n , 4 . || Poétiquement, au pluriel, le ciel. iTa gloire montera jusqu'aux astres, fén. Tél. u. |l 2° Terme d'astrologie. Les astres, les corps célestes considérés par rapport à leur influence prétendue sur la destinée des hommes. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois
née! bac. Mithr.i, 2. Sous quel astre cruel avez-vous mis au jour Le malheureux objet d'une si tendre amour?m. Iphig.v, 3. De son astre opposé telle est la violence, corn. Sertor. 1, 4. Quel astre agit survous avec tant de rigueur? id. D. San. m, 4. Hymen !... sous quel astre odieux Mon père a-t-il formé tes redoutables nœuds! volt. Ali. m, 2.Sousquelaslre, bon Dieu, faut-il que je sois né? mol. Fdch. i, 4. Mon astre me disait ce que j'avais à craindre, id. Mis. iv, 3. Si son astre en naissant ne l'a formé poète, boil. Art.p.i. || 3"Fig. et poétiquement, personne illustre. On vit paraître Guise, et le peuple, inconstant, Tourna bientôt ses yeux vers cet astre éclatant, volt. Heur, m, 65. Il est l'astre naissant qu'adorent nos États, corn, fiicom. n, 4. || Familièrement. Cette femme est belle comme un astre, elle est très-belle. C'est un astre. Dès que ces nouveaux astres parurent à la cour.... hamilt. Gram. 9.
— HIST. xvi* s. Non pas qu'au vrai nous croyons que les astres, Qui sont reiglez.permanans en leurs atres.... rabel. Épttre à Jehan Bouchet, 4 837, p. 368.
— ÉTYM. Provenç. astre; espagn. et ital. aslro; de astrum; angl. star; allem. Stem; grec, âirrpov; persan, store; zend , aslu; sanscrit védique , stft. Tous ces mots sont fondamentalement les mêmes, et paraissent se rapporter à un radical sanscrit str, qui signifie disperser : de sorte que les astres sont la dispersion, la dissémination.
i. ASTRÉE (a-strée), s. f. Terme d'histoire naturelle. Sorte de polypier pierreux dont la surface est parsemée d'étoiles.
— ÊTYM. 'Airrpaîo;, étoile, d'iiTpov, astre.
t a. ASTRÉE (a-strée), s. f. Terme de mythologie. Fille de Jupiter et de Thémis, qui régnait dans le siècle d'or, et faisait fleurir la justice parmi les hommes. || En astronomie, la constellation de la Vierge. I| Petite planète circulant entre Mars et Jupiter, découverte en 4 845.
— ÊTYM. Astrxa.
ASTREINDRE (a-strin-dr") , j'astreins, nous astreignons; j'astreignais; j'astreignis; j'astreindrai; que j'astreigne ; que j'astreignisse ; astreignant; astreint) , v. a. || 1* Soumettre à. On l'astreignit à observer la règle. || 2' S'astreindre, ». réfl. Cet homme ne peut pas s'astreindre au moindre travail.
— HIST. xn" s. Nos nos astraindrons par fort estude, Job, 466. || xiv s. Celles choses il ne deist jamès, si l'amour et la charité du commun proufit neli astreinsist, bercheure, f* 29, recto. Il a lié et atraint par serement le pueple, que il ne soufferroient jamès que nuls regnast à Rome, id. f" 28, recto. || xv' s. Ses gens estoient durement astreins et fort assiégés dedans le chastel d'Aiguillon, froiss. i,i, 264. || xvi* s. 11 a déterminé par sa loy ce qui est bon et droit , et par ce moyen a voulu astreindre les hommes à certaine norme , calv. Inst. 69. Le cotignat, pris devant le past, astraint le ventre, paré, vm, 4 6.
— ÉTYM. Astringere, de ad, à, et de slringere, étreindre (voy. ce mot).
ASTREINT, EINTE(a-strin, strin-t'), part, passé. Obligé à. Astreint à un rude labeur. L'algèbre est si astreinteàlaconsidérationdesfigures,DESc.JM/l.2,5.
fASTRICTIF, IVE(a-stri-ktif, kti-v'), adj. Terme de médecine. Qui a la vertu de resserrer.
HIST. xvi* s. Ainsi l'on estanche les flux de
sang, que les remèdes astrictifs ne peuvent faire, paré, viii, 4.
— ÉTYM. Voy. ASTRICTION.
ASTRICTION (a-«tri-ksion), s. f. || 1° Terme de médecine. Action d'une substance astringente. || 2° Terme de chirurgie. Action de serrer. L'astriction d'un fil mis autour d'une artère.
— HIST. xvi' s. Cest humeur est acide ou aigre, pour de son adstriction roborer le ventricule, farê, i, 20. La matière acre et bouillante pourroit, pour l'astriction des médicaments, estre repoussée au dedans, id. v, 4 2. Par ceste astriction [du fil] on fait tomber une portion de ladite uvule, id. vi, 7.
— ÊTYM. Astrictio, d'adslringere (voy. astreindre).
t ASTRINGENCE (a-strin-jan-s'), s. f. Terme de médecine. Qualité de ce qui est astringent.
ASTRINGENT, ENTE (a-strin-jan, jan-f), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété de déterminer une sorte de crispation dans les tissus. Une substance astringente. || S. m. Les astringents. Le perchlorure de fer est un bon astringent.
— HIST. xvi' s. Les viandes [aliments] de difficile digestion, ou astringentes, paré, Introd. <4
— ÉTYM. Astringens, à'astringere (voy- astkkindre).
AST
t ASTROBOLISME (a-stro-bo-li-sm') , s. m. || 1° Terme de médecine. Paralysie soudaine attribuée à une influence des astres. || 2° Coup de soleil.
— ÊTYM. "Aovpov, astre, etp6/,o?, coup, de (5âX- Xeiv, jeter (voy. balistique).
t ASTRODYNAMIQUE (a-stro-di-na-mi-k'), ». f. Terme didactique. Dynamique des astres ou connaissance des forces qui les meuvent.
— ÊTYM, Astre , et dynamique.
t ASTROGNOS1E (a-strog-no-zie) , s. /'.Terme didactique. Connaissance des astres.
— ETYM. 'Ao-rpov, astre, et yvùo-i;, connaissance (voy. gnose).
f ASTROÏDE (a-stro-i-d') , adj. Terme didactique. Qui est disposé en manière d'étoile.
— ÊTYM. "AorpoeiSri;, de oVrpov, astre, et eBoç, forme.
ASTROÏTE (a-stro-i-f), s. f. Terme d'tiistoire naturelle. || 1° Sorte de madrépore. || 2° Sorte de pierre qui, d'après Pline l'ancien, était employée dans la magie.
— ÊTYM. Latin, astroites, daorpov, astre.
ASTROLABE (a-stro-la-b'j , s. m. Instrument autrefois employé pour mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. Un astrolabe en main , elle a dans sa gouttière X suivre Jupiter passé la nuit entière, boil. Sal. x. || On a dit aussi autrefois astrolabe pour planisphère céleste.
— hist. xiii* s. En ceste manière saras tu mesurer le lonc et le ley [large] de totes coses par l'astrolabe, Comput, f"i6.
— ÊTYM. Bas-latin, astrolabium, du grec àorpo- XaSov, deôuxpov, astre, et de Xaiiêctvo), prendre: instrument propre à prendre la position des astres (pour X<x|iëôvw voy. lemme).
fASTROLÀTRE (a-stro-lâ-tr") , t. m. Adorateur des astres.
j ASTROLÂTRIE (a-stro-lâ-trie) ,s. f. P,eligion dans laquelle on adore les astres. L'astrolâtrie paraît avoir pris naissance chez les Assyriens et les Chaldéens.
— ÊTYM. "Ao-rpov, astre, et latrie.
ASTROLOGIE (a-stro-lo-jie), s. f. Astrologie judiciaire ou simplement astrologie, art chimérique prétendant prévoir l'avenir d'après l'inspection des astres. •
— HIST. xrv* s. Et aussi est-il de plusieurs sciences comme de astrologie quant as mouvemens . as jugemens, oresme, Eth. 33. || xvi* s. L'usage de la vraie astrologie.... calv. «23. On distingue entre l'astrologie naturelle et cette bastarde qu'ont forgée les magiciens, m. 4 24. Tout ceci est compris dans l'astrologie naturelle; mais les affronteurs qui ont voulu, sous ombre de l'art, passer plus outre, en ont controuvé une autre espèce qu'ils ont nommée judiciaire, m. 4)2.
— ÊTYM. 'AurpoXoYÎa, de âorpov, astre, et de Xôyo; , discours (voy. logique) . Astrologie n'a primitivement aucun sens défavorable, et signifie proprement doctrine des astres. C'était, pour les anciens , le nom de la science que nous nommons astronomie ; et c'est l'abus qu'on en a fait en prétendant deviner l'avenir, qui a déterminé l'usage à donner deux noms différents à la vraie science et à la fausse.
ASTROLOGIQUE (a-stro-lo-ji-k'), adj. Qui appartient à l'astrologie.
— ÊTYM. 'AffTpoXoytxè;, d'àivpoXoYia, astrologie, t ASTROLOGIQUEMENT (a-stro-lo-ji-ke-man),
ad». D'une manière astrologique.
— ÊTYM. Astrologigue , et le suffixe ment. ASTROLOGUE (astro-lo-gh') , s. m. || 1» Celui
qui est versé dans les prétendues règles de l'astrologie. Un astrologue un jour se laissa choir Au fond d'un puits; on lui dit : Pauvre bête, Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir, Penses-tu lire audessus de ta tête? la font. Fabl. h, 4 3. Les dames de la cour de Catherine de Médicis n'eussent osé rien faire sans consulter quelque astrologue, thiers, Superstitions, chap. 22. L'astrologue étonné s'émeut, s'arrête et tremble, raynouard, Etats de Blois, i, . || 2* Fig. Ce n'est pas un grand astrologue, c'es» »■ dire, c'est un homme peu intelligent, peu habile
— HIST. xv* s. Nous sommes maintenant m telles comparaisons, lesquelles fit saint Augustin du médecin et de l'astrologien, monstrel. liv. i.chap. 47. || xvi* s. Je ne voudrais point tourner cette moquerie contre les vrais astrologues [astronomes], desquels on ne peut trop louer le labeur qu'ils ont pris ànous faire connaistre les secrets du ciel.CALvra, 4 > 7.
— ÉTYM. Âstrologus, du grec 4o-rpoX6voç (voy. astrologie). On a dit autrefois astrologien. Ce nom signifiait d'abord ceux qui s'occupaient de l'étude du ciel, c'est-à-dire les astronomes. La folie des di-
AST
vinations astrologiques força de distinguer ceux qui poursuivaient la fausse science, et qu'on nomma astrologues par opposition aux astronomes.
t ASTROMANC1E (a-stro-man-sie), t. f. Divination par les astres.
— ÊTYM. Astre, et le suffixe mande.
ASTRONOME (a-stro-no-m'), s. m. Celui qui connaît et pratique l'astronomie. Ce sont les travaux des astronomes qui nous donnent des yeux, et nous dévoilent la prodigieuse magnificence de ce monde presque uniquement habité par des aveugles, fonten. Cassini. Il est nécessaire pour la perfection de cette science que les astronomes de tous les siècles se transmettent leurs connaissances et se donnent la main, n>. Chaielles. Ce même Halley eut, quoique simple astronome, le commandement d'un vaisseau du roi , en '698 , volt. Louis XIV, 34.
— HIST. xv* s. Lequel roi Robert, si comme on disoit, estoit un grand astronomien et plein de grand prudence, froiss. i, i, 93.
— ÉTYM. Astronomus, du grec àorpovotio;, de âotpov, astre, et v6(io;, loi, règle (voy. nome).
ASTRONOMIE (a-stro-no-mie) , s. f. Science qui s'occupe de la connaissance des astres et des lois qui règlent leurs mouvements. De toutes les sciences naturelles l'astronomie est celle qui présente le plus long enchaînement de découvertes, laplace, Êxp. Préface. || Astronomie mathématique, celle qui s'occupe particulièrement du calcul des forces auxquelles les astres obéissent. || Astronomie physique, cellequi s'occupe particulièrement des conditions physiques des astres. || Astronomie nautique, partie de l'astronomie qui a rapport à la navigation.
— HIST. xii* s. Astronomie [il] sot bien et nigromance, Ronc. p. 265. | j xm* s. Ja verroiz [vous verrez] tuit communément Combien je sai d'astronomie, Je vos métrai ou cors la vie, Ken. 4 9557. || xv* s. Et est un grand clerc [le roi de Portingal], et sait moult de l'astronomie, froiss. ii, m, 32.
— ÉTYM. Astronomia, de àaTpovojiîa (voy. astronome).
ASTRONOMIQUE (a-stro-no-mi-k') , adj. Qui appartient, qui a rapport à l'astronomie. || Carte astronomique ou céleste, celle qui représente les constellations dans leurs rapports réciproques. || Substantivement et au masculin, l'astronomique, la partie astronomique. Le célèbre M. Halley, premier astronome du roi de la Grande-Bretagne, a déjà écrit pour soutenir tout l'astronomique du système [de chronologie de Newton], fonten. Newton.
— ÉTYM. Aslronomicus, du grec àoxpovo jxixo; , d'àuxpovopLia, astronomie.
ASTRONOMIQUEMENT ( a-stro-no-mi-ke-man ) , adv. Suivant les principes de l'astronomie.
— ÉTYM. Astronomique, et le suffixe ment.
t ASTROSCOPE (a-stro-sko-p'), s. m. Instrument servant à retrouver facilement dans le ciel les constellations.
— ÊTYM. "Ao-rpov, astre, et «rxoneîv , considérer, t ASTROSCOPIE (a-stro-sko-pie), s. f. Contemplation des astres.
— ETYM. Astroscope.
t ASTROSOPHIE (a-stro-so-fie) , t. f. Terme didactique. Connaissance des astres.
— ETYM. "Ao-rpov, astre, 3t trofïa, doctrine.
t ASTROSTATIQUE (a-stro-sta ti-k) , s. f. Statique des astres ou connaissance de la masse et de la distance respective des astres.
— ÊTYM. Astre, et statique.
ASTUCE (a-stu-s'), s. f. Adresse qui va au mal. Vous connaissez l'astuce de votre adversaire.
— hist. xiv* s. Et doncquesse l'ententionestmalvese, tele puissance est appellée astuce ou malicieuseté, oresme, Eth.. 488. || xvi's. Ilsne doivent estre contrains par commandement ni induits par astuce à raconter tous leurs péchez, calv. Instit. 495. Pour montrer qu'au dit Gonsalve ses astuces luy servirent bien autant ou plus que ses vaillantises.... brant. Gonsahe.
— ÉTYM. Provenç. aslucia; ital. astuiia; du latin astucia, de astus, ruse.
ASTUCIEUSEMENT (a-stu-si-eû-ze-man), adv.
Avec astuce.
— ÉTYM. Astucieuse, et le suffixe ment. ASTUCIEUX, EUSE(a-stu-si-eù,eû-z'), adj. || l°Qui
a de l'astuce, en parlant des personnes. Ce fils de Frédégonde, astucieux, barbare, lemerc. Bruneh. 1,3. || 2° En parlant des choses. Paroles astucieuses.
— UEM. Mot nouveau, dit Domergue, et qui se trouve dans le discours de La Harpe Sur la liberté du Théâtre.
— ÊTYM. Astuce. On avait, dans le xiv* siècle, astus, dérivant directement de osiutu* ; Ceulz qui