EAU
t BORRAG1NÉE (bo-rra-ji-née), s. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont la bourrache est le type.
— ÊTYM. Borrago (voy. bourrache).
t BORURE (bo-ru-r') , s. f. Terme de chimie. Combinaison du bore avec un autre corps simple.
— ÊTYM. Bore.
BOSAN (bo-zan), s. m. Breuvage turc fait avec du millet bouilli dans l'eau.
— ÊTYM.' Mot turc.
BOSEL (bo-zèl), Terme d'architecture. Membre rond qui est la base des colonnes, et qu'on nomme plus communément tore.
— ÊTYM. Dit ainsi sans doute par altération de boissel, bossel (boisseau), et par assimilation de forme.
BOSPHORE (bo-sfo-r'), s. m. Nom du détroit qui sépare la Thrace de l'Asie Mineure, et de celui qui forme l'entrée delà merd'Azof. || Par extension, tout détroit de peu d'étendue.
— ÊTYM. Bosphorus ou Bosporus, de [Joaitopo;, de poù;, bœuf (voy. bœuf), et îiôpoç, passage, de
BOS
7rsipetv , traverser (voy. pore); à cause qu'un bœuf à la nage pouvait en effectuer le trajet, ou plutôt d'après le récit mythologique qui faisait traverser à Io, changée en vache (jioùç), ce détroit en nageant.
BOSQUET (bo-skê ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'* se lie : des bosquets agréables, dites : des bo-skè-zagréables; bosquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. Petit bois, touffe d'arbres. Si nos armes du Mède abaissant l'insolence De vos sacrés bosquets protègent le silence, piciiAT, Léonidas, iv, t.||Fig. et par plaisanterie. Sa barbe.... En bosquet s'élevait, Régnier, Sat.x.
— HIST. xm* s. Et si vet [il va] la dame proier Que le soir en un boschet viengne, buteb. 296. || xv s. Et plusieurs autres se sauvèrent et eschapperent par un bosquet qui là estoit, fboiss. i, i, 179. [Les Flamands] s'en vinrent en une bruyère au dehors d'un bosquet, id. ii, ii, 493. || xvi* s. Ayant jette ses arebuziers dedans un bosquet, lieu fort et près le chemin que dévoient faire les ennemis, m. do bell. 666. Chacun tascha à se sauver ou dedans les bosquès, ou dedans lescassines, id. 67).
— ÊTYM. Bas-lat. boscheltum; provenç. bosquet; espagn. bosquete; ital. boschetto; diminutif de bos ou bois (voy. ce mot).
BOSSAGE (bo-sa-j'), t. m. Nom que les architectes donnent à certaines grosses pierres qui excèdent la surface d'un mur, soit qu'elles y soient laissées pour être taillées en figure, soit dans quelque autre vue. 11 y a différentes sortes de bossages : bossage rustique, bossage vermiculé, bossage à chanfrein, etc. || Terme de charpentier. Rondeur ou bosse que font les bois courbés ou cintrés.
— ETYM. Bosse.
i. BOSSE (bo-s'), s. f. || 1" Enflure, tumeur par suite d'une contusion, d'une chute. S'il tombe, s'il se fait une bosse à la tête, i. J. rouss. Ém. n. Il a dit qu'il avaitdeux bossesà la tète, sév. 20. || Familièrement. Ne demander, ne chercher que plaie et bosse, rechercher ou exciter les querelles. Nous ne demandons que plaie et bosse, sév. 71. Souhaiter plaies et bosses à tout le monde, id. 395. || Terme de vénerie. Première apparence du nouveau bois d'un cerf, qui a mis bas l'ancien. || 2° Dans le système phrénologique, protubérance en certain point du crâne, considérée comme indiquant quelques-; unes des facultés fondamentales du cerveau. Le langage vulgaire s'est emparé de cette idée systématique et dit : avoir la bosse de quelque chose, pour : avoir des dispositions. Il a la bosse de la musique. || 3° Protubérance, grosseur contre nature qui se forme au dos, et qui se manifeste aussi à la poitrine. Une bosse est produite par une déviation de l'épine dorsale. || Protubérance naturelle qui est au dos de quelques animaux. Le chameau a deux bosses; le dromadaire n'en a qu'une. || 4° Toute élévation sur une surface. Un plat d'argent plein de bosses. Ce terrain offre quelques bosses. || Terme d'anatomie. Éminence arrondie qui se voit sur certains os. Bosse frontale, occipitale. || 5° Terme du jeu de paume, endroit de la muraille, du côté de la grille, lequel renvoie la balle dans le dedans. Attaquer la bosse. Donner dans la bosse. || Fig. Donner dans la bosse, être dupe. || 6° Terme de maçonnerie. Petit bossage laissé dans un parement pour indiquer qu'il n'est pas métré. || 7" Terme de sculpture et de peinture. Relief. Ouvrages de ronde bosse, de plein relief, les statues. Ouvrages de demi-bosse, les bas-reliefs dont certaines parties sont détachées et saillantes. || Peindre, dessiner d'après la bosse , peindre, dessiner d'après une figure moulée. Il me fallut d'abord apprendre le dessin; je dessinai d'après la bosse; je dessinai d'après nature, p. l. coub. Lett. n, 217. || 8° Terme d'irts. Convexités extérieures servant à l'ornement. C-)beau carrosseOù tant d'or se relève en bosse, mol. F .sav.m, 2. Vois-tu ces boucliers...? Leurs bosses reluisent aux rayons du matin, chateaub. Dargo, 219. || Vaisselle en bosse, vaisselle taillée en relief, par opposition à vaisselle sans ornement. || Serrure à bosse, serrure en saillieà l'intérieur d'une porte. || 9°Terme d'artillerie. Bosse à feu ou, simplement, bosse, grande bouteille de verre, qu'on remplissait de poudre, avec plusieurs mèches pendantes et allumées, et qu'on jetait avec une corde, afin que, se brisant dans sa chute, les mèches enflammassent la poudre. || 10° Partie des aplatissoires dans une forge. |j Forme sphérique que le vitrier donne au verre. || Terme de maréehalerie. Appendice que l'on place sous le fer destiné à remédier aux défauts d'aplomb; c'est une variété du crampon. || Paquets de chardons à l'usage du foulon. || 11* Maladie du froment dite aussi
BOS
cha.bon. || Maladie des porcs dite aussi soie. || 12 Terme de marine. Les bosses sont des bouts de cordes, qui servent à rejoindre des parties séparées, ou à saisir des cordages et d'autres choses. Prendre une bosse, amarrer une bosse à quelque manœuvre. || Dans l'argot maritime, partie de plaisir ou de débauche. De là vient la locution populaire, se donner une bosse, faire un bon repas; à moins qu'elle n'ait été suggérée par l'idée que, quand on a bien mangé, le ventre s'arrondit. Ces gaillards-là se font une fameuse bosse.
— HIST xm* s.Tiexcoplordonrai sor les testes, Que lever i ferai tex boces, Qu'il en perdront mitres eteroces , la Rose, n 4 u . Car toutes boces [ il] peut crever Et son cuer jusqu'au vif caver, Pour garir tous mors [morsures] de serpent, J. de meung, Tr.622. ||xv's. Et en y mourutde boce [bubon , peste] et de mal du corps plus de vingt mille personnes, froiss. n, m, 30. Et estoit en devant le jeune seneschal de Hainaut, mort sur son lit de la bosse, id. ii, ii, 94. Et tantost lui vinrent quatre bosses, dont elle fut très bien guarie, louisxi, Nouv.lv. Il xvi* s. Au demeurant il fera bonne bosse, avec la dédaigneuse altesse de son infante, qui servira plus à la ruiner qu'à l'agrandir, Sat. Mén. p. 1 79. Ils dressent des figures enlevées en bosses ou en plates peintures, paré, Uumie, 6.
— ÊTYM. Picard, boche; norm. bosche, ulcère; provenç. bossa; ital. bosia; bas-lat. bocia, bocium. Diez le rattache à l'allemand butxe, butxen, qui signifie quelque chose d'émoussé, d'obtus; flamand, bulse, bosse. Il faut en rapprocher le celtique : basbret. bos, bosen, tumeur pestilentielle; kymri , bôth, tumeur.
t 2. BOSSE (bo-s'), s.f. Tonneau qui contient de cinq à six quintaux de sel.
— ÊTYM. Autre forme de botte, tonneau.
BOSSÉ, ÉE (bo-sé, sée), part, passé. Un câble
bossé.
BOSSELAGE (bo-se-la-j') , s. m. Travail en bosse sur la vaisselle. Travailler en bosselage.
BOSSELÉ, ÉE (bo-se-lé, lée), part, passé. || 1° Travaillé en bosse. Argenterie bosselée. || 2° Déformé par des bosses. Soupière d'argent toute bosselée.
BOSSELER (bo-se-lé); je bosselle, je bosselais, je bosselai, je bossellerai, je bossellerais, que je bosselle, que je bosselasse, bosselant, bosselé, v. a. || t* Travailler en bosse de la vaisselle, de l'argenterie. || 2" Déformer par des bosses. Que vous êtes maladroit! vous avez bosselé cette cafetière d'argent. || 3° Se bosseler, v. réfl. Être déformé par des bosses. Cette écuelle s'est bosselée en tombant.
— REM. L'Académie admet que l'on peut dire bosseler pour bossuer, surtout se bosseler pour se bossuer; et de la vaisselle toute bosselée, pour de la vaisselle toute bossuée. Des grammairiens réprouvent cette confusion de bosseler et bossuer, et demandent que les deux verbes soient tenus séparés dans le Dictionnaire de l'Académie , qui doit défendre, tant qu'elle peut, la correction du langage. Mais l'Académie est aussi la gardienne de l'usage; et l'usage de bosseler pour bossuer est fort ancien.
— HIST. xm' s. Tous plains de nouz [nœuds] et bocerés Fu li ars [arc] dessous et dessore [dessus] , la Rose, 916. || xvr" s. Aucunes fois aussi les os se caventet bossellent, comme l'on voit aux pots d'estain et de cuivre, paré, xm, i. Tels meubles sont jettes sur le pavé indiscrètement, où ils se bosselent et percent, o. de serres, 882. Tableaux, tapisseries eslevées et bossées d'or et d'argent, sons. 685. La nape grande et large est couverte de plas Entaillez en burin, où s'enlevoient bossées Des Dieux et des Titans les victoires passées, id. 902.
— ÊTYM. Bosse.
t BOSSELURE (bo-se-lu-r") , s. f. || !• Produit du travail en bosse. Sorte de bosse sur une pièce d'argenterie. || 2° Déformation par des bosses.
— HIST. xvi* s. Enfonsure du crâne, sans fracture ny division, ainsi que la bosselure en vaisseaux d'estain et de cuivre, paré, vin, i.
— ÊTYM. Bosseler.
BOSSEMAN (bo-se-man), s. m. Terme de marine. Autrefois sous-officier de marine ayant le grade intermédiaire entre ceux de contre-maître et de quartiermattre. Le bosseman était particulièrement chargé du soin des câbles, des ancres, des bouées, etc.
— ÊTYM. Allem. Bootsmann, deBoot, bateau (voy. bateau), et Mann, homme.
BOSSER (bo-sé), v. a. Terme de marine. Retenir avec des bosses.
— ÊTYM. Bosse.
t BOSSETIER (ho-se-tié), s. m. Verrier qui soulfle le verre en boule.
— ÊTYM. Bosselle, au sens de petite bosse,