‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 242 sur 403 · BRUME · texte numérisé non relu

BRUME

BRUMAL, ALE (bru-mal, ma-P), adj. D'hiver; qui appartient à l'hiver. Plante brumale. Peu usité en général, et inusité au pluriel masculin.

— ÊTYM. Voy. BRUMAIRE.

t BRUMASSER (bru-ma-sé) , v. impers. Terme de marine. Il brumasse, l'atmosphère est chargée d'un léger brouillard.

— ÉTYM. Brume.

BRUME (bru-m'), s. f. Brouillard, surtout en parlant des brouillards de mer. Les brumes épaisses qui régnent dans les mers des régions arctiques. Toujours plane une brume Sur cette mer.... v. hugo, Orient. 1. 1| Brume sèche, brouillard qui ne dépose aucune humidité. || Fig. et poétiquement. Si quelque brume obscurcit votre aurore , Leur d isait-on , attendez le soleil, bérano. Suicide. || Proverbe. Dans la brume tout le monde est pilote, c'est-à-dire, quand personne n'en sait plus que les autres, personne ne peut prendre la direction, et aussi dans le désordre tout le monde ordonne.

— HIST. xiv s. Si que ces tempestes cessèrent, Mais tels brumes i engendrèrent, Telz ordures et telz

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fumées, Oui ne furent gueres amées, machault, p. 72. || xvi* s. Sept jours devant et sept jours après brume [le solstice d'hiver] , jamais n'y ha sus mer tempeste, rahel. dans lacurne sainte-palaye. Cela estoit au temps de la brume, environ le quatorzième décembre, au solstice hyvernal, lorsque le soleil est au tropic du capricorne, Alector, roman,

p. 76, dans LACURNE SAINTE-PALAYE.

— ÊTYM. Provenç. bruma; catal. broma; espagn. et ital. bruma; walaque, brume, givre; bas-bret. brumen, brouillard; de bruma, solstice d'hiver, hiver (les étymologistes latins tirent bruma de brevissuma, brev-u-ma, lejourleplus court). On conçoit comment bruma, l'hiver, a donné son nom à la brume. Déjà dans les Gloses d'Isidore brumosus se trouve avec le sens de pluvieux.

t BRUME, ÉE (bru-mé, mée), adj. Terme de pêche. Morue brumée, morue couverte d'une poussière brune.

— ÊTYM. Brume, par métaphore.

t BRUMER (bru-mé), v. impers. Terme de marine. Il brume, le temps est plus ou moins chargé de brume.

— ÊTYM. Brume.

BRUMEUX, EUSE (bru-meû, meû-z'), adj. Couvert de brume, de brouillard. Temps brumeux.

— ÊTYM. Brume; provenç. brumos.

BRUN, BRUNE (brun, bru-n'; l'n ne se lie pas: brun ou blond, dites : brun ou blond; si brun se trouvait devant son substantif, oe qui n'arrive presque jamais, l'n se lierait : un brun n-Allemand, brun ayant le son du nom de nombre un; au plur. l'i se lie : bruns et blonds, dites : brun-z et blonds), adj. || 1" Qui est d'une couleur de châtaigne foncée tirant sur le noir. || Invariable dans les locutions de ce genre : des étoffes brun foncé. || La couleur brune. Cette étoffe est d'un "beau brun. |] Brun de montagne, terre d'ombre. Brun rouge, ocre dont on se sert dans la peinture. || 2° Familièrement. Il commence à faire brun, la nuit vient. || S. f. La brune, le moment du jour où il commence à faire brun. Les heures s'envolaient; et l'aurore et la brune Te retrouvaient toujours dans ce chemin perdu, a. de musset, dans le Dict. de dochez. || à la brune, sur la brune, loc. adverb. Au déclin du jour. Un petit laquais était sorti sur la brune, hamilt. Gramm. 9. Hier au soir, sur la brune, Un chat-huant s'en vint votre fils enlever, la font. Fabl. ix, 4. Avanthier, advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard sur la brune, volt. Hypocr. ||3" En parlant du teint et des cheveux, qui offre une légère nuance de noir. J'ai le teint brun, mais assez uni, le front élevé, la rochef. Portrait. || Substantivement, personne qui a le teint et les cheveux bruns. Un brun. Une brune. Une petite brune vive et piquante, j. j. rouss. Ém. v. Plus d'un brun à large poitrine, bérang. Grég. En secret un brun m'accompagne; Tout se découvre; adieu mon roi, m. Cartes. || Aller de la brune à la blonde , être inconstant dans ses amours.

— hist. xi» s. Neirs les chevels [cheveux] il ot et auques bruns, Ch. de Roi. ccxxxix. Dreites ces hanstes, luisant cil espiè brun [poli], ib. lxxx. [Il] fiert Charlemagne sur l'haume d'acier brun, ib. cclxui. || xii* s. [Cheval] baucent ou brun, Ronc. p. 433. E un suen escuier n'i volt il oublier, RogierdeBrai, unbrun, un prode bachelier, Th. lemart. 48. || xm*s. Et li bruns airs esclaircis Par la lune.... Ane. poésies dans lacurne ste-palaye. Nus toissarans ne puet tistre à Paris camelins bruns et blancs, se il n'est.... L. des met. H 8. Si surcil sont brun et petit ; Onques nus hom plus bel ne vit, FI. et Bl. 2853. || XV s. Il estoit toute nuit et faisoit moult brun et moult espais, froiss. i, i, 292. Et sur la brune rencontrèrent en leur chemin de cinq à six cents combattants de leurs ennemis, monstrel. liv. u, ch. (62. Certes, nennil, vostre vie est trop brune [mauvaise], e. desch. Poésies mss. f° 357, col, 3, dans lacurne ste-palaye. C'estoiten hiver, et faisoit brun et noir, louis xi, Nouv. mi. Faulte de blanc pain faict aulcunes fois manger le brun, Perceforest, t. vi, f°76, dans lacurne ste-palaye. Il xvi* s. Voyant cette fille assez belle, pour une claire brune, maro. Nouv. lui. Se doubtant bien que les ennemis, sur le soir, quand il commencerait à faire brun, se retireroient à la file un à un, amyot, Philop. 24. Je veux mourir pour le brun de ce teint, rons. 27.

— ÊTYM. Provenç. brun; espagn. et ital. bruno ; de l'anc. haut allem. brun; allem. mod. braun. Le sens radical de brun est brûlé (voy. brunir).

t BRUNÂTRE (bru-nâ-tr'), adj. Tirant sur le brun.

— ÊTYM. Brun, et la désinence dégradative dtre.

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t BRUNE (brun'), s. f. Terme de pêche. Poisson du genre des labres.

BRUNELLE (bru-nè-1'), s. f. Terme de botanique. Genre de la famille des labiées. La brunelle commune et la brunelle à grandes fleurs sont les deux espèces les plus répandues. On dit aussi prunelle.

BRUNET, ETTE (bru-nè, nè-f) , s. m. et f. || i* Petit brun, petite brune. Autant qu'une plus blanche il aime une brunette, Régnier, Sat. vu. || 2" Brunet, *. m. Espèce de merle. || 8° Brunette, s. f. Espèce de bécasseau. || 4* Anciennement, brunette, petite chanson tendre et d'un goût naturel et délicat.

— HIST. xu* s. La dameiselle ot non Lunete, Et fu une avenanz brunete, chrestien de tboies dans holland, Chrestien de Troies, p. 75. || xiii* s. Car ausinc bien sunt amoretes Sous buriaus comme sous brunetes [étoffe fine presque noire], la Rose, 4348. Desous le front sont li sorcil Brunet et estroit et soutil, Bl. et Jeh. 263. Prenez garde à celui qui chanta cest motet; S'avoie à faire ami, le feroie brunet, Salut d'amors , jubinal, t. u, p. 23». || xv's. Si fut enfant.... de joyeux visaige, un peu sur le brunet et assez coulouré, Bouciq. i, ch. 2. J'achateray, ou gris, ou verd, Et pour un blanchet, Guillemette, Me faut trois quartiers de brunette, Patelin. || xvi* s. Allégez moy, douce, plaisant brunette, marot, ni, 4 4 9. La brunete Marguerite, m. m, 435. J'aime la blanche et j'aime la brunette,

YVER, p. 627.

— ÊTYM. Diminutif de brun; bourguig. breugnotte. 4. BRUNI, IE (bru-ni, nie), part, passé. || 1* Rendu

brun. Un teint bruni par le soleil. || 2" Poli. Or bruni. Et toute soii armure, emblème de malheur, Était de fer bruni, sans or et sans couleur, guibert, Bourbon, iv, 9.

2. BRUNI (bru-ni), s. m. Terme d'orfèvrerie. Le poli, par opposition au mat.

— ÊTYM. Brunir.

BRUNIR (bru-nir), v. a. ||1* Rendre brun. Mais déjà l'ombre plus épaisse Tombe et brunit les vastes mers, lamart. Méd. i, 21. || Peindre en brun. Faire brunir une voiture. || Brunir de l'acier, signifie quelquefois faire subir à l'acier une préparation qui le rende plus brun. || V. n. Devenir brun. 11 a bruni. || Se brunir, v. réjl. Devenir brun. || 2° Rendre brillant par le poli. Brunir de l'or, de l'argent. || Saupoudrer de gypse calciné la baudruche destinée à recevoir l'or battu. || Terme de vénerie. Se dit du cerf, frottant son bois pour le dépouiller de la peau morte. Ce cerf brunitson bois. || 3* Se brunir, v.réfl. Devenir brillant. Cette sorte d'or se brunit mieux.

— HIST. u* s. Franceis i fièrent des espiez brunissans, Ch. de Roi. cxxm. || xii* s. Toz vos images [je] fis faire d'or bruni, flonc. p. 4 44. || xiu* s. Que nuls ne puisse nulles vielles euvres reparer ne brunir, ne vendre pour nueves, sus peine de perdre les, Liv. des met. 401. Quiconques est fremailliers de laton, et il fasse oevre qui ne soit bruntie que d'une part, si comme de fermaus rons, celé oevre n'est mie souffisans, ib. 96. Cilz deux lieux sont faiz à pugnir Tous ceulx qui faillent à venir X ces biens souverains ensemble, Qui pevent blanchir et brunir Tout homme.... 3. de meung, Très. 632. || xiv* s. De la mâche [massue] deferleferi li marchis, Pardessore le hiaume, qui bien estoit burnis, Baud. de Seb. iv, 4 58. || xvi* s. Comme un myroir par son lustre bruny, Monstre.... i. marot, v, 200. L'esprouvette, estant sur l'os, glisse comme sur quelque chose brunie et polie, paré, xi, 22. 11 [amour] fitson trait de ton oeil brunissant, rons. 73.

— ÊTYM. Brun; Berry, brunesir; provenç. brunir et bornir; espagn. brunir, bronir; ital. brunire ; moyen-allem. brt'nnen, rendre brillant. Dans l'ancien haut-allemand brun signifie à la fois brun et brillant; ancien Scandinave, bruni, incendie, feu. On conçoit comment le même radical a pu donner brun, ce qui est noirci par feu, et brunir, rendre brillant comme le feu, d'où polir.

t BRUNIS (bru-ni) , s. m. Terme de métier. L'effet du bruni.

— ÊTYM. Brunir.

BRUNISSAGE (bru-ni-sa-j') , s. m. Action de brunir, de polir.

— ÊTYM. Brunir.

BRUNISSEUR, EUSE (bru-ni-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brunit les ouvrages d'or et d'argent.

— HIST. xv* s. L'espée estoit plus clere et plus luysante que s'elle venoit des mains du brunisseur, Perceforest, t. vi, f 64 , recto, coL 2, dans lacurnï sainte-palaye.

— ETYM. Brunir.

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BRUNISSOIR (bru-ni-soir), ». m. Outil qui sert à brunir les ouvrages d'or et d'argent.

— ETYM. Brunir.

BRUNISSURE (bru-ni-su-r"), t. f. || 1* Terme de teinturier. Action de brunir par la teinture les nuances des étoffes. |[ 2° Le poli d'un ouvrage qui a été bruni ; l'art du brunisseur. || Terme de vénerie. Poli des têtes de cerf, lorsque l'animal les a brunies.

— ETYM. Brunir.

+ BRUNITURE (bru-ni-tu-r'), t. f. Terme de teinturier. Substance pour donner aux couleurs une teinte plus foncée ; cette opération même.

— ÊTYM. Brunir.

t BRUNNICHIE (bru-nni-kie) , t. f. Terme de botanique. Sorte de liane.

fBRUNOIR (bru-noir), t. m. Sorte de merle du cap de Bonne-Espérance.

f BRUNONTE (bru-no-nie) , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de l'Australie.

f BRUNO YER (bru-no-ié), v. n. Avoir une teinte brunâtre, tirer sur le brun.

— HIST. xiu* s. L'espée trait [il tire], dont li aciers burnoie, àudefr. le bastard, Romancero, p. 30. || xvi* s. Il y avoit un pauvre chaudronnier qui cherchoit logis; mais pour ce qu'il bruneoit, il ne pouvoit voir de chemin, joint qu'il avoit negé, Moyen de parvenir, p. 389, dans lacurne sainte-

PALAYE

— ÊTYM. Bran. Ce verbe est fait comme verdoyer.

t BRUSC (brusk), s. m. Nom vulgaire d'une espèce de bruyère.

— HIST. xvi' s. Le romarin, le brusc, les ser- Biens de vigne , le jenest, o. de serres, 486. Sureaux, bouis, genevres, caddes, houx, bruscs ou houssons, id. 785. Brusc autrement dit housson, id. 968.

— ÉTYM. Provenç. brus, bruyère; espagn. et ital. brusco; du latin ruscum, ruscus, fragon épineux. L'épenthèse du b , ici manifeste , est un appui à l'opinion qui tire bruit de rugitus.

BRUSQUE (bru-sk'), adj. || 1° Qui a une rudesse mêlée de promptitude. Homme brusque. Ton brusque. Style brusque. Dans vos brusques chagrins je ne puis rien comprendre, molièke, Misanthrope, i, t. Il a le repart brusque et l'accueil loupgarou, m. Ëc. des maris, I, 6. On voit des gens brusques, inquiets, qui, bien qu'oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient, pour ainsi dire, en peu de paroles et ne songent qu'à se dégager de vous, la bruy. 5. || 2°Soudain, que rien ne prépare. Brusque départ. Prenant de brusques résolutions. Une brusque repartie. Une brusque attaque d'apoplexie. Quels sentiments contraires Par un brusque passage ont fait dans votre cœur X la sécurité succéder la terreur? lemerc. Bruneh. n, i.

— HIST. xvi* s. Et, pincetant sur les chanterelles de son luth obéissant une mesure plus brusque, poursuivit en ces termes, yver, p. 626. Celuy qui a esté attainct au vif et deschiré d'une remonstrance , si on le laisse ainsi tout brusque, enflé et esmeu de cholere, il est puis après difficile à remettre, Amyot, Comment dise, le flatteur de l'ami, 63. On cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met-on au dessus les guayes et claires, id. De la tranq. d'âme, 34. Petit vin, brusc, rude et aspre, paré, xxv, 27. J'ay d'une ardante et brusque fantaisie, Dès la mammelle, aimé la poésie, rons. 680. Il est très brave et vaillant et brusq ; jamais il ne refusa combat, Brantôme, /. A. Doria. Cingar tenoit un voulge [sorte d'arme] en main, et sur le cul avoit une large dague, faisant bien le brusc avec un grand pennache qui voltigeoit sur son bonnet, et ne regardant que de travers, merlin coccaîe, t. i, p. 475, dans lacurne SAiNTE-PALAYB. Ainsi que le diamant brusque [non poli], pasquier, Rech. m, p. 259 , dans lacurne.

— ÊTYM. Espagn. et portug. brusco, de mauvaise humeur, emporté; ital. brusco, aigre, âpre. Le mot est italien et d'origine incertaine. Diez y voit l'ancien haut-allemand bruttisc, contraoté en brutt'sc , sombre, colère. D'autres le rapportent au celtique : gaél. brisg ; kymri, brysg; bas-bret. bresg, vif, prompt. Enlin on peut croire qu'il est d'origine latine et que, tenant à bruscolo, brin de paille, brusca, brosse, bruscia, épine, broussailles, il se rapporte à brusco (voy. brusc); le sens du radical serait piquant, d'où brusco, aigre, âpre.

BRUSQUE, ÉE (bru-ské, skée), part, passé.

i° Hudoyé. Cet employé brusqué par son supérieur. I) 2° Pressé, hâlé. Une aventure brusquée.

BRUSQUEMBILLE (bru-skan-bi-lP , «mouillées), s. f. Jeu de cartes qui peut se jouer à deux, trois, quatre ou cinq personnes. || Xce jeu, nom des as ou des dix. L'as est la brusquembille supérieure.

— Etym. Mot qui paraît formé de brusque par quelque dérivation plaisante. Il y a eu un comédien bouffon du nom de Bruscambille , llitt. du Th. fr. t. iv, p. 4 37.

BRUSQUEMENT (bru-ske-man) , adv. D'une manière brusque. Il lit, et se tournant brusquement par la place.... Régnier, Sat. vin. Je lançai un peu trop brusquement mon foudre contre un philosophe, d'ablancourt, Lucien, t. i, dans richelet. || Charger brusquement l'ennemi, le charger sans qu'il ait le temps de se reconnaître.

— HIST. xvi* s. Le quel brusquement entrant, rab. Pant. m, 43. Voy-tu cestuy-là qui se promené si brusquement? desper. Cymbal. 400.

— étym. Brusque, et le suffixe ment.

t . BRUSQUER (bru-ské) , v. a. || 1° Avoir, à l'égard de quelqu'un, un langage brusque, un ton brusque. Pour peu que j'eusse parlé, je n'aurais pu m'empêcher de le brusquer, montesq. Lelt. pers. 48. Les ministres du roi (Sully entre les autres) ne furent point d'avis qu'on brusquât ce jeune imprudent, anquetil, Ligue, m, 470. On ne saurait lui dire une parole qu'il n'éclate tout d'un coup et qu'il ne vous brusque sans modération et sans ménagement, bourd. Pensées, t. h, p. 240. || Absolument. Il semble toujours commander et brusquer, dider. S. I. caract. || 2° Presser, hâter. C'était le moment de brusquer l'entreprise. Brusquer la victoire. || Brusquer la fortune, chercher fortune et principalement la chercher par des moyens prompts et hasardeux. En différents pays j'ai brusque la fortune, Sans que l'on ait de moi reçu nouvelle aucune, reonard, Ménechmes, 1, 2. Ce furent les Anglais et les Hollandais qui brusquèrent fortune, des font. Mém. de Trév. 4724. || Brusquer une affaire, la faire vite et avec peu d'examen. J'avais un voyage en tête à brusquer dont je parlerai tout à l'heure, st-sim. 44 , 222. || Familièrement. Brusquer l'aventure, prendre brusquement son parti, au hasard de ce qui peut arriver. || Terme de théâtre. Brusquer un dénoûment, l'amener sans préparation. || Terme militaire. Brusquer une place de guerre, essayer de l'emporter par un coup de main. || 8" Surprendre en violentant. Nous avons, pour ainsi dire, brusqué la nature en amenant dans nos climats des chevaux d'Afrique ou d'Asie, nous avons rendu méconnaissables les races primitives de France, bufp. Cheval. || Brusquer les dés, jeter les dés vivement et tout d'un coup. Le joueur qui pouvait, par un art illicite, flatter ou brusquer les dés selon l'occasion, montesq. Correspondance, 4.

— hist.xvi's. Il setrouva 200 italiens eto tuez,

qui s'escartoient par les villaiges deçà de-là, brusquant fortune et leurs commoditez, par trouppes, carl. v, 6.

— ÊTYM. Brusque; Berry, bruquer, heurter, choquer. Dans l'historique, brusquer aie sens de chercher, proprement aller par les broussailles; ce qui tend à confirmer Pétymologie latine indiquée pour l'italien brusco (voy. brusque). Bouhours remarque que l'emploi de brusquer dans le sens de rudoyer est récent, et que sans doute, du discours familier, il ne tardera pas à passer dans les livres ; cela est en effet arrivé.

t ». BRUSQUER (bru-ské) , v. a. || 1" Terme de marine. Chauffer un navire pour le caréner. || 2° Terme de cuisine. Brusquer une volaille, la passer à la flamme après l'avoir plumée. || On dit aujourd'hui plus souvent la flamber.

— ÊTYM. Ane. catal. bruscar, passer à la flamme ; ital. bruscare, de brusco, bruso (voy. brusc), broussaille, à cause de la flambée que l'on fait avec les broussailles ; étyniologie qui vient en confirmation de celle qui a été donnée pour brusque.

BRUSQUERIE (bru-ske-rie), *. /*. || 1° Caractère d'une personne ou d'une chose brusque. || 2° Action, discours brusque et offensant. Le maréchal de Joyeuse, qui ne se communiquait à personne et à qui il échappait des brusqueries fréquentes, st-sim.

— ÊTYM. Brusquer.

t BRUSQUET, ETTE(bru-skè, skè-t'), adj. Un peu brusque. I| Substantivement, nom de chien. Et votre petit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous? mol. Festin, îv, 8. || Proverbe. X brusquin brusquet, c'est-à-dire, à celui qui parle d'une manière désobligeante, on répond sur un ton semblable. || Aussi chanceux que le ohien à Brusquet, se

dit d'une personne à qui rien ne réussit; le chien de Brusquet n'alla qu'une fois au bois, et le loup le mangea.

— ETYM. Diminutif de brusque.

t BRUSSOLES (bru-so-1'), s. f. plur. Terme de cuisine. Sorte de farce ou de ragoût.

— ÊTYM. C'est peut-être, avec un b épenthétique, une forme de rissole, autrefois roissole.

BRUT, BRUTE (brut', hru-t'; le * se prononce au masculin, même devant un mot commençant par une consonne ; il se prononce aussi au pluriel : des esprits brut'), adj. || 1* Qui n'a rien que de grossier et d'informe, en parlant des animaux. De tous les quadrupèdes, le cochon parait être l'animal le plus brut, buff. Cochon. C'est ainsi que devaient naître [de la terre et de l'eau] ces âmes vivantes d'une vie brute et bestiale [les bêtes] ,boss. llist. n,4 . || 2° Fig. Sans culture, sans éducation, sans politesse. Un homme, un caractère brut. || Familièrement. C'est une bête brute, une personne stupide. || 8° Qui est dans son premier état, avant toute maind'œuvre. Matière brute. Vous avez merveilleusement bien taillé et admirablement mis en œuvre ces pierres que je vous avais envoyées toutes brutes, voit. Lelt. 4 26. Nous avons encore du plaisir, lorsque nous voyons un lieu brut et champêtre, montesq. Goût, Cur. || Terrain brut, terrain qui n'a pas encore été cultivé. || Fig. L'éducation qui d'ordinaire dans les autres hommes embellit ou cultive un fonds encore brut ou ingrat.... mass. Villeroy. || En termes d'histoire naturelle, corps bruts, les minéraux, par opposition aux corps organisés (végétaux et animaux). || 4* Terme de finance, d'agriculture, d'exploitation, etc. Produit brut, la totalité d'un produit avant la déduction des frais. || Recette brute d'un spectacle, d'un concert, tout ce qui a été reçu à l'entrée de la salle. || 5" Qui n'est qu'à l'état d'ébauche. Cette statue est encore brute. || 6° Patente brute, voy. patente. || T S. m. Cela nous prouve que la nature ne tend pas à faire du brut, mais de l'organique, buff. Animaux reprod. || 8° Adverbialement. Ce boucaut de sucre pèse brut cent kilogrammes, c'est-à-dire en comprenant dans le poids le fût et l'emballage.

— REM. Plusieurs bons auteurs ont écrit, avecun e final, brute au masculin comme au féminin. Que lui reviendrait-il de ces brutes ouvrages? volt. De la liberté. Moil complaire à ce peuple, aui monstres de Scythie, X ces brutes humains pétris de barbarie! id. Scyth. v, 4. 11 n'y a aucune raison pour ne pas imiter, en poésie, cet exemple.

HIST. xiv* s. Il souffri que l'en li bailla le sour-

nom de Brutus, pour ce que il se portoit à guise d'une beste brute, bercheure, f° 26, recto. || xvi* s. Les choses estoient encore brutes et très incertaines.... Mém. s. Du G. ch. 49. J'ay veu aultrefois parmy nous des hommes amenez par mer de loingtain pals, desquels parce que nous n'entendions aucunement le langage.... qui de nous ne les estimoit et sauvages et brutes I mont, h, 478. Le capitaine de l'ille d'Ischie advertit par trois volées de canon que la merestoit brute; ils usent de ces mots pour dire qu'il y a des corsaires en mer, Brantôme, Cap. estrang. t. n, p. 62, dans lacurne.

— ÊTYM. Provenç. bru»; espagn. et ital. brulo, brute, et brutto, laid; du latin brutus, lourd, pesant, stupide.

BRUTAL, ALE (bru-tal, ta-1'), adj. || 1* Tenant de la brute. II y a tant de gens qui se laissent entraîner à leurs appétits brutaux, descautes. Le* pauvres.... au fond de leurs demeures champêtres, vivant au gré d'un instinct brutal et à peina encore hommes, mass. Villars. || 2" Grossier, violent, en parlant des personnes ou des choses. Leur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux.... corn. Ilor. iv, 4. Tel porte jusqu'aux cieux leur vertu san3 égale, Et tel l'ose nommer sacrilège et brutale, id. Ilor. in, 2. Il fallut satisfaire à son brutal désir, id. Rodog. n, 3. Apprenez en deux mots leur brutale insolence, m. Poly. m, 2. Qui io pourrait croire , si l'expérience ne nous faisait voir qu'une erreur si stupide et si brutale [l'idolâtrie] n'était pas seulement la plus universelle mais encore la plus enracinée et la plus incorrigible parmi les hommes? boss. 7/is». H, 3. Ils se sont laissés aller à des actions brutales, id. Loi de Dieu. Qu'en un lâche silence Phèdre ensevelirait ta brutale insolence, rac. Phèd. iv, 3. Dites-lui [au roi] que, toute la nuit, ses satellites étrangers, gorgés d'or et de vin, ont prédit, dans leurs chants impies, l'asservissement de la France, et que leurs vœux brutaux invoquaient la destruction de l'Assemblée nationale, mihab.CoM. t. i, p. 323. Nos brutales perfidies, malh. lu, 2. Ce n'était pas de ces con-

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quérants brutaux et avares qui ne respirent que le pillage, boss. Hist. m, ». I! 8" S. m. Bête. Sauvemoi des lions, sauve-moi des licornes, Et de tous les brutaux pleins de rage et d'erreur, rac. Psaum. 2t. Inusité aujourd'hui en ce sens. || Celui qui a une violence grossière, qui est livré à des passions brutales, qui manque de savoir-vivre. Je ne serais pas surpris de l'extrême vaillance d'un brutal qui ne connaît ni le plaisir ni les douleurs, mbrb, dans bou- H0UB9, JVowt'. Rem. La licence elTrénée de ces brutnux avait rendu le nom des Macédoniens odieux, vaugel. dans bouhouhs, ib. La fortune avec toute sa puissance ne pourra jamais apprivoiser un brutal et polir la rudesse des mœurs, balz. dans bouhouhs, t'o. La conquête de l'Egypte se fit par Cambyse; ce brutal ne survécut guère à Smerdis, son frère, qu'un songe ambigu lui fit tuer en secret, boss. Hist. i, 8. || Populairement, homme qui bat, qui maltraite. || En langage de soldat, le brutal se dit pour le canon.

— iiist. xvi* s. Nous sommes acharnés à une vie brutale, laquelle est pire que mille morts, calv. 23s. Si on demande aux plus idiots, voire aux plus brutaux du monde, pourquoi c'est qu'ils vivent, ils n'oseront pas simplement dire que ce soit pour boire et manger et dormir, u>. 236. On ne peut pas discerner en quoi diffère l'ame de l'homme d'une ame brutale, id. 7ns*. 4S4. Quelle brutale stupidité! mont. I, 7S. L'ivrongnerie, entre les aultres, me semble un vice grossier et brutal, id. ii, 12. Tout homme noble doit tant faire en ses jours que son nom ne se passe point en silence, comme le nom des brutaux [bêtes] , fabri, Art de rhét. liv. i, 1* 8i , dans lacurne.

— Êtym. Brut; provenç. et espagn. brutal; ital. brutale.

BRUTALEMENT (bru-ta-le-man), adv. Avec brutalité. Oui hait brutalement permet tout à sa haine, corn. Perthar. I, 2. Reprenez tout ce sang de qui la lâcheté A si brutalement souillé la pureté, id. Hor. v, i. Agamemnon déclare brutalement qu'il aime autant Briséis que son épouse parce qu'elle fait d'aussi beaux ouvrages, chateaub. Génie, H, H, <2.

— hist. xvi* s. Vray est que telles gens arguent trop brutalement, ou plustost abusent de l'ignorance des hommes, calv. Inst. 2S.

— ÊTYM. Brutale, et lesuffixe ment.

BRUTALISÉ, ÉE (bru-ta-li-zé, zée),parL passé.

Maltraité. Cet apprenti brutalisé par son maître.

BRUTALISER (bru-ta-li-zé), v. a. Traiter quelqu'un durement, grossièrement. Si l'on vous brutalise, est-ce ma faute à moi? reonard, Ménechmes, n, 5. || Mot du langage familier.

— ÊTYM. Brutal.

BRUTALITE (bru-ta-li-té), ». f. || 1« Caractère de A brute. Ils ne vivent pas comme des hommes, mais nomme des bêles, en se laissant conduire à la bruta- V6 de leurs appétits, bouhours, Nouv. rem. Esprit lâche et grossier, quelle brutalité Te fait juger en moi tant de crédulité? corneille, tléracl. iv, a. Un homme qui, avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, mol. Mal. imag. m, 3. || 2* Férocité, violence. C'est gloire de passer pour un cœur abattu Quand la brutalité fait la haute vertu, corn. Hor. iv, 4. || 3" Passion brutale. Assouvir sa brutalité. Quand Dieu voulut sauver la ville de Béthulie, il tendit, dans la beauté de Judith, un piège imprévu et inévitable à l'aveugle brutalité d'Holopherne, boss. iîet'ne d'Angl. || 4* Grossièreté, manque de savoir-vivre, de politesse. 11 faut avouer, disnit l'une d'entre elles, que les hommes d'aujourd'hui sont bien différents de ceux que nous voyions dans notre jeunesse; ils étaient polis, gracieux, complaisants; mais aujourd'hui je les trouve d'une brutalité insupportable, montesq. Lettres pers. 69. || 5" Action brutale. Combien de fois entreprit-il d'arrêter les efforts des ministres de l'impiété et les brutalités d'un peuple barbare par les seules armes de l'Evangile, qui sont la douceur, la patience et la charité? fléch. Panég. n, p. 367. || Parole dure. Je suis las d'endurer ses brutalités.

— HIST. xvi* s. Ils trouveront là mille sentences, lesquelles pour le moins resveilleront leur brutalité, calv. Inst. 44.

— ÊTYM. Brutal; ital. hrutalità.

BRUTE (bru-f), s. f. La bête considérée dans ce qu'elle a de plus éloigné de l'homme. || C'est une brute, se dit d'un homme qui n'a ni esprit ni raison. Peut-être eût-il passé pour une brute jusqu'à l'âge de raison , j. j. rouss. Ém. u.

— ETYM. Féminin de bru», avec bête sous-entendu.

BRU

t BRUTIER (bru-tié), ». m. Oiseau de proie, que quelques naturalistes ne croient pas différent du butor, et qui ne peut être dressé pour la chasse.

— ÊTYM. Brut.

tBRUTIFIER (bru-ti-flé), v. a. Abrutir. || Il ne s'écrit point, et ne se dit que dans le langage le plus familier.

— ÊTYM. Brut, et le suffixe fier, dérivé de facere, faire.

t BRUTUS (bru-tus"), ». m. Un brutus , se dit d'un républicain, en bonne et en mauvaise part.

— ÊTYM. Brutus, celui qui fut un des fondateurs de la république romaine et qui feignit d'être stupide (brutus) (voy. brut); et aussi le second Brutus, celui qui fut parmi les meurtriers de César.

RRUYAMMKNT (bru-ia-man; plusieurs disent brui-ia-man) , adv. Avec grand bruit. Louis, voici le temps de respirer les roses Et d'ouvrir bruyamment les vitres longtemps closes, y. buoo, Voix t'ntér. xiv.

— hist. xvi* s. Endormy des eaux roulantes Bruyantement doux coulâmes , Poésies de jaq. tahurkau, p. 243, dans LACURNE.

— ÊTYM. Bruyant, et le suffixe ment.

i. BRUYANT, ANTE (bru-ian, ian-t'; plusieurs disent brui-ian), adj. || 1* Qui faitdu bruit. Musique bruyante. Agrippine jouit de leur bruyant hommage , m. J. chén. Tib. i, *. Ainsi, bruyante abeille, au retour du matin , Je vais changer en miel les délices du thym, a. chén. Élég. *. Loin de ce médisant infime, Qui de l'imposture et du blâme Est l'impur et bruyant écho, gresset, Chartreuse. || Terme de chasse. Vol bruyant, se dit du vol de la colombe. || V Où il se fait du bruit J'ai fui la ville aux muses si contraire; Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrafour Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour, A. cher. Élég. 14. Fuyons leurs dieux, leurs mœurs et leurs bruyantes villes, volt. Uinos, UI, 4. || Un homme bruyant, un homme qui parle beaucoup ou qui parle d'une voix retentissante. Tous ces galants de cour dont les femmes sont folles, Sont bruyants dans leurs faits et vains dan» leurs paroles, mol. Tartufe, m, ». C'est un des bons convives que nous ayons; son humeur est douce et vive, sa gaieté n'est point bruyante, volt. l'Homme aux 40 écus, Grande querelle.

— HIST. xnr» s. Et H bruiant [les torrents] de feleniemetroblerent; ce furent li Jui,qui, ausi comme aiguë rade, couroient entour, Psautier, f* 23. Et comencierent à gieter grosses piorres et bruians qui confondoient quanques elles ataignoient, Chron. de Bains, 37. De l'osts'en est issus tout soavet ambiant, Tout selon la rivière qui moult estoit bruiant, Ch. d'Ant. m, 632. || xiv s. Il farent si espris du tonnoirre bruiant, Guescl. 10433. || jv s. Une très belle, gente et jeune dame, et du quartier du pays où elle se tenoit, la plus bruyante, la plus mignonne et plus renommée, louis xi, Nouv. lxxxi. || xvi* s. Le diable vostre ennemi circuit comme un lyon bruyant, cerchant quelcun à dévorer, calv. Instit. ut.

— ÊTYM. Participe présent du verbe bruire.

fa. BRUYANT (bru-ian), ». m. Un des noms vulgaires du bruant jaune. || Bruyant-verdier, un des noms vulgaires du bruant commun.

— ÊTYM. Voy. BRUANT.

BRUYÈRE (bT\x-iè-f; plusieurs disent brui-iê-r'), s. f. || 1" Terme de botanique. Genre nombreux de la famille des éricacées. Les bruyères sont des arbrisseaux communs dans les montagnes et sur les terres incultes. Les bruyères ont un feuillage toujours vert. || 2* Lieux, landes où croit la bruyère. Ombre vaine et semblable à la vapeur légère Qu'on voit au gré des vents errer sur la bruyère, ducis, Oscar, i, 2. || 3" Terre de bruyère, espèce de terre formée par la décomposition des bruyères dans la couche superficielle du sol, et employée par les jardiniers à la culture de plusieurs plantes délicates. || Plantes de bruyère, plantes qui ne viennent que dans la terre de bruyère. || 4° Coq de bruyère, oiseau qui vitdans les bruyères et qui appartient au genre tétras. Le dîner vient; la délica!e chère, L'oiseau du Phase et le coq de bruyère, De vingt ragoûts l'apprêt délicieux Charment le nez, le palais et les yeux, volt. Pue. i.

— hist. xn* s. Qui tute lur larreit en bandun la rivière, De porcs etdeberbiz voidreient [videraient] labruiere, Th. le mart. 464. || xin* s. Nient plus qu'en prés fleuris semble gaste bruiere, Berte, xn. Moût [nous] sommes en bel pré mis de pauvre bruiere, ib. cxxx. Lor anemis estoient près d'aus [d'eux], dejouste une bruiere, H. db valenc. vi. Par un matin d'un vendredi Issi Renart de sa tesniere, Si s'eslessa par la bruiere, Ren. 13000. || xvi* s.

BUB

Les premiers mettolent pied à terre dans la bruere et menoient leurs chevaux par la bride, d'aub. Hist. il, 29).

— ÊTYM. Berry, bruere, breu, bru, bruée, beruée, berucre; picard, brevière; catal. bruguera; ital. brughiera; milanais, brug; génois, brûgo ; bas-lat. brugaria; du celtique :kymri, brtog , buisson ; bas-bret. bruk, brug, brugen; gaél. fraoch.

t BRYACÊ, ÉE (bri-a-sô, sée), adj. Ttrme de botanique. Qui a rapport aux mousses. || ïï.f.plur. Les bryacées, plantes du genre des mousses, qui viennent sur le chêne.

— ÊTYM. Bryon.

t BRYOÏDES (bri-o-W), s. f. plur. Le même quo les bryacées.

— êtym. Bryon, et «Bo«, forme.

t BRYOLOGIE (bri-o-lo-jie), ». f. Partie de la botanique qui traite de la classe des mousses et hépatiques (muscinées).

— ÊTYM. Bpûov, mousse, etXÔYO?, traité.

BRYON (bri-on) , s. m. Mousse qui s'attache à l'é-

corce des arbres.

— ÊTYM. Bpûov, mousse.

BRYONE (bri-o-n'), ». f. Terme de botanique. Plante delà famille des cucurbitacées (bryonia dioica, L.). X trop forte dose la bryone agit comme les poisons végétaux acres.

— ÊTYM. Bpuûvr).

tBRYONINE(bri-o-ni-n'), «./.Terme de chimie.

Principe trouvé dans la bryone.

fBRYOPHILE (bri-o-fi-1'), adj. Terme de botanique. Se dit des végétaux qui se plaisent parmi ou sous les mousses.

— ÊTYM. Bpûov, mousse, et <pîXoç, ami.

BU, RJJE (bu, bue), part, passé du verbe boire. Le vin tiré et bu. || Santé bue, coup bu en l'honneur d'une personne. Ne croyez pas que votre santé ne soit point bue ici, sév. 75. || Fig. Il a toute honte bue, il n'a honte de rien. || Trop bu, ». m. Sorte de droit sur les boissons.

t BUADE (bu-a-d'), ». f. Terme de manège. Mors à longues branches droites.

BUANDERIE (bu-an-de-rie), ». f. Lieu où l'on fait la buée, la lessive.

— HIST. xvr* s. Fournil, buanderie, garde manger.... o. de serres, 20.

— ÊTYM. Buée.

BUANDIER, 1ÈRE (bu-an-dié, diê-r"), ». m. et f. Celui, celle qui fait le premier blanchiment des toiles neuves. || Buandière, la femme chargée des lessives dans les grands établissements.

— hist. xn* s. Tu laves ta lessive, dit l'evesque? es-tu devenu buandier? est-ce Testât d'un prestre? desper. Contes, se.

— ÉTYM. Buée.

BUBALE (bu-ba-1'), ». n». Terme d'histoire naturelle. Nom vulgaire de l'antilope bubale.

— ÊTYM. Bubalus, de poûëaXoç.

BUBE (bu-b'), ». f. Bouton, ampoule qui vient sur la peau.

— hist. irir» s. Et s'el n'a mains bêles et netes Ou de sirons ou de bubetes, Gart que lessier ne les i vueille, Face les oster à Tagueille, la Rose, 13528. Ou ses mains en ses gans repoingne [qu'il mette]; Si n'i perra [paraîtra] bube ne roingne, ib. 13532. || xvi" s. La cause de ces hydropisies est l'imbécillité des facultés, principalement alteratrice et concoctrice du foye, provenante des petites bubes pleines d'eau qui s'engendrent en la membrane qui l'enveloppe, parb, vi, H. Ces oignons prohibent qu'il ne se procrée bubes ou vessies, id. x, 9. Le cerveau n'est fait de sang comme les autres bubes [bulles, ampoules fœtales] et autres parties, id. xvm , I 0. Faisant eslever petites bubes d'eau comme perles , m. M um. et Lie. Dédie.

— ÊTYM. Provenç. buba; espagn. buba et bua; porlug. botibo ; mot tiré de bubon (voy. ce mot).

BUBON (bu-bon), ». m. Terme de médecine. Tumeur inflammatoire, siégeant dans les ganglions lymphatiques sous-cutanés. || Bubon sympathique, bubon produit par l'irritation qui, d'une partie enflammée ou ulcérée, s'est propagée jusqu'aux ganglions lymphatiques. || Bubon pestilentiel, bubon qui est un des phénomènes de la peste d'Orient. || Bubon scrofuleux, bubon dû aune irritation scrofuleuse. || Bubon syphilitique, bubon causé par l'infection syphilitique.

— hist. xvi« s. Bubo, ainsi nommé parce que les apostumes qui viennent es cavités des aines et aiscelles des malades, y sont cachées, comme le hibou es creux des arbres, paré, Introd. 2(. Il chasse lemt virus aux aisnes, et fait apostemes appellées bubons, vulgairement poulains, id. xvi, 2.

RUC

— étym. Bovêàf, tumeur, proprement aine, parce que ces tumeurs viennent souvent aux aines. L'étymologie donnée par Paré est chimérique.

BUBONOCÈLE (bu-bo-no-sè-1'), *. m. Terme de chirurgie. Hernie inguinale.

— REM. Il serait mieux de faire ce mot féminin comme presque tous ceux qui sont composés avec le nom féminin xtjXti, tumeur. Il est toujours loisible de rectifier les erreurs commises à propos d'un nom scientifique, auquel manque l'usage populaire.

— ETYM. Bougùv, aine (voy. bubon), et v.i\M, tumeur.

t BUCAILLE (bu-kft-11', U mouillées), t. (. Blé sarrasin.

HIST. xvi* s. Le millet sarrazin en est une

autre espèce que l'on appelle bucail ; il a la paille

rouge, OL. DE SERRES, HO.

— ETYM. D'après Olivier de Serres, de bockent, nom qu'on donnait de son temps, en Hollande, au blé sarrasin.

f BCCAB.DE (bu-kar-d'), s. f. Terme de zoologie. Coquille en forme de cœur de bœuf qui loge un mollusque.

— ÉTYM. Boûç, bœuf, et xap5E<x, cœur.

t BUCARDIER (bu-kar-dié) , $. m. Nom du mollusque logé dans la bucarde.

f BUCARDITE (bu-kar-di-f), s. f. Terme de mirtéralugie. Bucarde pétrifiée.

BUCCAL, ALE (bu-kkal, kka-1"), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la bouche, et particulièrement à la face interne des joues. Les muscles buccaux. || En grammaire grecque, les lettres buccales, et, substantivement, les buccales, le premier ordre des muettes (p, 7t, <p).

— ÉTYM. Buccalis, de bucca, bouche (voy. bouche).

t BDCCELLAIRE (bu-ksèl-lê-r') ou BUCCELLÉ, EE (bu-ksèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de petite bouche; qui est muni d'une petite bouche.

— ÉTYM. Buccella, diminutif de bucca, bouche.

BUCCIN (bu-ksin), t. m. Terme d'histoire naturelle. Coquille univalve tournée en spirale, ayant la forme d'un cornet, et où loge un genre de mollusques. Palissy a cru que les mines calcaires de Touraine étaient des couches de buccins, volt. Colim. 3.

— HIST. xvi* s. Il m'avoit fait présent de deux coquilles bien grosses, sçavoir est, de la coquille d'un pourpre, et l'autre d'un buxine, lesquelles avoient esté apportées de la Guinée, palissy, h 8.

— ÉTYM. Buccinum, de buccina, cornet, trompette, ainsi dit à cause de sa forme; buccina vient de bucca, bouche (voy. bouche).

fBCCCINAL, ALE (bu-ksi-nal, na-1'), adj. Qui est en forme de trompette, de buccin.

— ÉTYM. Buccin.

BUCCINATEUR (bu-ksi-na-teur), adj. m. Terme d'anatomie. Le muscle buccinateur ou, substantivement, le buccinateur, muscle situé dans la joue, et servant soit à mâcher, soit à souffler.

— hist. xvi* s. ô bienheureux adolescent, qui as trouvé un tel buccinateur [trompette] de tes louanges, DUBELL. 1, 27, TCCtO.

— ÉTYM. Buccinator, de buccxnare , souffler dans une trompette, de buccina, trompette, de bucca, bouche (voy. bouche).

t BCCCINES (bu-ksi-né),*, m. plur. Terme de zoologie. Nom d'une famille de mollusques gastéropodes habitant la coquille buccin.

— ÉTYM. Buccin.

t BOCCINIER (bu-ksi-nié), t. m. Le mollusque vivant dans le buccin.

tBOCCINITE (bu-ksi-ni-f), s. f. Buccin pétrifié.

t BUCCO-LABIAL, ALE (bu-kko-la-bi-al, a-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la bouche et aux lèvres.

— étym. Bucca, bouche, et labial.

tBCCCO-PHARYNGIEN, IENNE (bu-kko-fa-rin-

jiin, jiè-n'), ad;. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la bouche et au pharynx.

— ÉTYM. Bucca . bouche , et pharyngien.

BUCENTAURE (bu-san-to-r'), s. m. || 1° Vaisseau

de cérémonie que montait le doge de Venise quand il épousait la mer. || 2° Sorte de navire à rames usité anciennement dans les mers d'Italie.

— ÉTYM. Ital. bucentoro, bucinloro; de poùc, bœuf, etxévTaupoç, centaure; sans doute à cause de la représentation d'un centaure à corps de bœuf. Cependant on a cherché d'autres étymologies, qui ne paraissent pas mériter d'être rapportées ici.

BCCÊPHALE (bu-sé-fa-P), s. m. Cheval d'Alexandre. || Par analogie, cheval de parade ou de bataille. || Par antiphrase, mauvaise rosse.

BÛC

— REM. On a quelquefois écrit bucéphal, comme St-Gelais en ces vers sur le cheval que montait François I": Joli, gentil petit cheval, Bon à monter, bon à descendre, Sans que tu sois un bucéphal, Tu portes plus grand qu'Alexandre, dans d'olivet, Prosodie fr. art. m, n* 6.

— ÉTYM. Bovxéçsaoç, de |3oû;,bœuf (voy. bœuf), et xe<paXr], tête (voy. céphalique); à cause que la tête du cheval d'Alexandre avait quelque ressemblance avec celle du bœuf.

BÛCHE (bû-ch') , s. f. || i* Morceau de bois taillé pour le chauffage. Bûche de Noël, grosse souche de bois qu'on met au feu la veille de Noël, et qui doit durer toute la nuit, parce que c'était autrefois la coutume de veiller la nuit de Noël pour assister à la messe de minuit et, plus tard, à celle de l'aurore. || Fig. et familièrement, personne stupide, lourde. Cet homme est une vraie bûche. | Il ne se remue non plus qu'une bûche, il n'a pas la moindre activité. Et l'on demande l'heure, et l'on bâille vingt fois Qu'elle s'émeut autant qu'une bûche de bois, mol. Jfif. u, 6. || 2° Par extension, bûche de charbon de terre. || Bûche économique, espèce de brique préparée avec de l'anthracite en poudre, de la nouille et un peu d'argile. || 3° Terme d'horticulture. La tige des orangers étêtés qui viennent de Provence et de Gênes. || 4° Établi du tréfileur, de l'épinglier. || Barre de fer dont se sert le verrier. || Jauge pour régler l'épaisseur des pains de savon.

— hist. xri* s. E les jugs [jougs] des boes pren pur busche pur fairesacrese, Rois, 219. || mi' s. Li fenix quiert la buisse et le sarment, Par quoi il s'art et giete hors de vie, Thibaut, Chansons, dans lacurne. Elle en la buscherie prent la disisme [dixième] boise, Berte, lui. À Paris [j'] emportoie chaume, busche et estain, ib. lxxiii. Et pour ce que en aucun temps, bûche, charbon sont plus chiers une fois que autre, se aucun se douloit, atrenpement convenable y sera mis par prevost de Paris, Liv. des met. 189. Et li feus fu tost alumez, Qu'il orent bûche à grant plenté , lien. 926. Si comme il avient que uns gentix hons ou une meson de religion a es bos d'un segneur une caretée de buce le jor, et il en envoie querre deus ou trois, beaum. xxiv, 16. N'ai pas busche de chesno, ruteb. 7. Nobles ne set engin ne art, Ne qu'uns des asnes de Senart Qui busche porte, ib. 4 99. Luxure est un pechiés que glotonnie aluche, Et si le fait flamber plus cler que seiche bûche, j. de meuno, Test. 1750. || xrv* s. [Qu'ils] abaissent arbres et noyers, pommiers et tout ce qu'ils trouveraient de bûche, Chr. de Saint- Denys, t. h, f» 52, dans lacurne. || xv* s. C'est à entendre que ils doivent [les serfs anglois] de droit et par coutume.... la busche couper et amener à l'hostel et toutes telles corvées, proiss. ii, u, io6. L'autre dit : ce n'est qu'un monstre Et ainsi que busche vestue ; Or ne fait rien et si se tue , eust. deschamps, Poésies nu*. f° 612, col. 3, dans lacurne. || xvi* s. Il devint sec comme une busche, et son ventre creux comme une lanterne , desper. Contes , lxxv. Des souliers de busche [sabots] , ib. lxxxi.

— ÉTYM. Wallon, boiche; rouchi, boisse ; provenç. busca; sicil. vusca; de même radical que bois (voy. ce mot).

BÛCHE, ÊE(bu-chê, chée), part, passé. Pierre bûchée.

t BÛCHEMENT (bu-che-man) , s. m. Terme de maçon. Action d'enlever une partie de pierre faisant saillie.

— ÉTYM. Bûcher 2.

*. BÛCHER (bu-cbé; l'r ne se lie jamais; au pluriel l't se lie: des bu-ché-z allumés), s. m. || 1* I.ieu où l'on serre le bois à brûler. || 2° Amas de bois sur lequel les anciens mettaient les morts pour les brûler. Cet époux si cher A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher? corn. Pomp. v, I. Romains, priverez-vous des honneurs du bûcher Ce père, cet ami qui vous était si cher? volt. if. de Ce*, m, 8. Déjà Troie en alarmes Redoute mon bûcher et frémit de vos larmes, rac. Iphig. v, 2. Sur un autol sanglant l'affreux bûcher s'allume, La foudre dévorante aussitôt le consume, i. b. rou.ss. Cantate, Circé. Il fait de tous ces arbres un bûcher sur le sommet de la montagne, fén. Tél. xv. || 3" Amas de bois sur lequel on brûlait les personnes condamnées au feu, les livres réprouvés. Un tribunal impuissant Au bûcher livra l'Emile, bérang. Muse en fuite. || Fig. Elle avait dressé de ses propres mains le bûcher où elle devait consommer son sacrifice, flêch. Jfar. Th.

— hist. xvi' s. Une petite garse qui coushoit au buscher, s'en aperçut, dksper. Contes, xxxi.

— ÉTYM. Bûche.'

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