CITO
voir, choisir, qui à la vérité aurait plutôt produit choiser, mais qui a l'avantage d'avoir la signification de «otr. Cette signification est, dans l'ancienne langue, la principale, elle dure jusque dans le xvi' siècle, et ne se perd qu'avec le xvii* siècle.
t CHOISISSABLB (choi-zi-sa-bT), adj. Qui peut, qui doit être choisi.
— ÊTYM. Choisir.
CHOIX (cho!; l'a; se lie : un chol-z heureux), *. m. ||t° Action de choisir, faculté de choisir. Un choix éclairé. Faire son choix. Remettre la chose al choix d'un autre. Le choix du sénat a été approuvé.. C'est le choix de la nation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de vos ancêtres, mass. Pet. car. Êcueits. Le choix d'elle et de vous [entre elle et vous] est assez inégal, mol. Mél. I, 6. Il est un heureux choix de mots harmonieux ; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil. Art p. i. Un si beau choix fut sans doute une inspiration d'en haut, pathu, dans bouhours, Nouv. rem. Mon choii sera suivi, c'est un point résolu, mol. F. sav. v, 3. || 2* Préférence accordée à une personne ou à une chose. Quand je ne saurais autre chose de vous, sinon que vous êtes le choix de ce grand génie [le cardinal de Richelieu] qui n'a fait que des miracles, corn. Disc, de réception à l'Acad. fr. Parmi tant d'amis, il faut faire un choix prudent, boss. Polit. Mon père a consenti que je suive mon choix, corn, le Ment. i, I. Nous Talions voir ici faire choix d'un époux, id. D. San. i, 4. Et criblant mes raisons pour en faire un bon choix, Régnier, Sat. xiv. Hippocrate ne fait Choix de ses mots, la font. Abb. mal. Il veut bien donner ce qui vient de son choix, sêv. 467. De quelque heureux époux que Ton dût faire choix, rac. Iph. i, 3. Cet honneur vous regarde et j'ai fait choix de vous, id. Mithr. ni, 4 . Ma haine avait le choix, corn. Pomp. iv, 4. Tout est ici tellement changé que je ne vois plus guère de choix entre le séjourdeMunsteretcelui de Paris, voit. Lett. (98. Dans ce dur et triste choixdeseperdreoude perdre les siens, st-êvrem. n, 40. Celle-ci fit un choii qu'on n'aurait jamais cru, Se trouvant à la fin toute aise et toute heureuse De rencontrer un malotru, la font. Fabl. vi, 6. Je confie àvos soins Les plantes que par choix cultivait ma tendresse , delà v. Paria, ta, 4. || Sans choix, c'est-à-dire sans discernement, sans distinction. Une érudition entassée sans choix. Ces volumes sans choix à la tête jetés, boil. lulr. v. Il mangeait de toutes choses sans choix, noss. Bern. 4. Vous avais-je sans choii Confondu jusqu'ici dans la foule des rois? rac. Bérén. in, 4.- Ronsard est dur, sans goût, sans choix, Arrangeant mal ses mots, gâtant par son françois Des Grecs et des Latins les grâces infinies, rac Lett. -H 3, La Fontaine à Racine. || X son choix, à sa volonté. Que s'il était au choix de notre âme insensée De languir toujours en ces lieux [la terre] , Nous traînerions nos maux sans aucune pensée De régner jamais dans les cieux, corn. Imit. i, 22. Avoir à répondre oui et non à son choix, pasc. Prov. 6. Chacun peut à son choix disposer de son âme, rac. Andr. ni, 2. Et de ses ennemis se défaire à son choix, volt. Triumv. n, 2. || N'avoir pas le choix, être réduit à une extrémité qui ne laisse pas d'alternative. Il 8° Ce qui a été particulièrement choisi, élite. On y monte [à une galerie] par un escalier dérobé, et le maître du logis la pourrait appeler sa bibliothèque, s'il voulait donner au choix le nom qui se donne à la multitude, balz. Socrate chrét. Disc. 4 4 . Tu vois toute la pourpre et tout le choix de Rome Se ranger à Tenvi sous les lois d'un seul homme, brébeuf, Phars. 11. H est fort peu d'endroits Dont il n'ait le rebut aussi bien que le choix, corn, le lient. 1, 4. Il 4° Terme de blason. Armes de choix, armoiries qu'un particulier compose à sa fantaisie, et sans les avoir acquises. On dit aussi armes arbitraires.
— rem. Choix a un double sens actif ou passif : actif, le choix de cet homme, c'est-à-dire le choix qu'a fait cet homme; passif, c'est-à-dire le choix qui a été fait de cet homme.
— SYN. choix, élite. Des hommes de choix sont des hommes choisis pour un objet quelconque; les grenadiers sont des hommes de choix, puisqu'ils sont choisis à cause de leur taille ; des nommes d'élite sont des hommes qui excellent au-dessus des autres; & l'armée les compagnies d'élite sont des compagnies qui ont une prééminence; des compagnies de choix seraient des compagnies choisies entre plusieurs. Mais, à part cet emploi, choix et élite se confondent : le choix de Rome, dans Brébeuf, c'est l'élite de Rome, et on ne peut distinguer entre : le choix de ces tableaux a été acheté par les Anglais, et l'élite de ces tableaux.
— hist. xtf s. [Il] Vit la raison qui n'est mie à son chois, llonc. p. 25. Car faisons une chose , se il vous vient à chois, Sax. xxxm. Ainsi pourons aler as bois, Abres [arbres] tranchier et prendre à chois, wace, Rou, 5975-6074. || xiii* s. Mais ce que distes, se vos plest, S'irés demain en laforest, Quel vie volrés démener, Enbos u en rivière aler; Se vos volés aler en bois, Et ce vos plaise en vostre cois.... Partonop.v. (779. Avoir et grans richesses [ils] orenttoutà leur chois, Berte, lxi. Ilestau quois de le [la] feme, quant ses barons est mors, de laissier tous les muebles et toutes les dettes as hoirs, beaum. xiii, ». H xiv s. Or fay le quel que tu vouldras, Et y pense tout à loisir; Quant à chois es, tu pues choisir, bruyant, dans Ménagier, t. 11, p. 27. |] xvi' s. Ils ne voyent pas de chois entre mémoire et entendement, mont. 1, 33.
— ÉTYM. Choisir.
fCHOLAGOGUE (ko-la-go-gh') , adj. Terme de médecine. Qui purge la bile, qui agit sur l'appareil biliaire. || S. m. Les cholagogues. Le purger par cholagogues, mol. Pourc. 1, M.
— HIST. xvi' s. L'évacuation se fera par la phlebotomie et par medicamens cholagogues, paré,
ÊTYM. XoXaYwYèî, de x°*^i bile et «fcfeiv, chasser (voy. agir).
CHOLÉDOLOGIE (ko-lé-do-lo-jie), s. f. Mot que donne le Dictionnaire de l'Académie, que les médecins ne connaissent pas, et qui, en tout cas, doit être supprimé, étant absolument barbare, puisqu'il n'y a point en grec de mot xoXtiSoç. Le mot devrait être tholélogie ou cholologie, traité sur la bile.
CHOLÉDOQUE (ko-lé-do-k'), adj. Terme d'anatomie. Conduit ou canal cholédoque, conduit formé par la réunion des conduits hépatique et cystique, et versant la bile dans le duodénum.
— HIST. XVIe s. L'autre portion de la bile est envoyée dans l'intestin duodénum par les conduits cholédoques, park, xx, 4B. L'obstruction du conduit cholidoque, id. xx bis, 26.
— ÊTYM.Xo),r)Séy.oç, de x°W)i bile (voy. colère) , et SÉyecBai, recevoir.
fCilOLÉLITHE (ko-lé-li-f), ». m. Terme de médecine. Calcul biliaire.
— ÊTYM. X0M1, bile, et X(9o;, pierre.
t CHOLÉLOGIE (kb-lé-lo-jie), s. f. Terme de physiologie. Traité sur la bile.
— ÊTYM. XoXri, bile, et Aoyoi;, traité.
f CHOLÉPOEÈSE (ko-lé-pè-ê-z') , s. f. Terme de physiologie. Élaboration par laquelle le corps vivant fait la bile.
— ÊTYM. XoX^, bile, et itoiïimç, action de faire.
CHOLÉRA -MORBUS (ko-lé-ra-mor-bus') ou, simplement, CHOLÉRA, s. m. Terme de médecine, jl 1° Maladie endémique et sporadique caractérisée par des évacuations abondantes du haut et du bas, une grande faiblesse et du refroidissement. || 2° Maladie épidémique, dite aussi choléra asiatique, née dans l'Inde en 48(7, offrant des symptômes analogues à ceux du choléra endémique, mais avec beaucoup plus d'intensité, et caractérisée par une matière semblable à de l'eau de riz qui est dans les selles.
— étym. Xo/épa, choléra, et proprement gouttière (la maladie ayant été ainsi nommée, à cause que les matières fluent comme par une gouttière), et le latin morbus, maladie (voy. morbide). Voy. cholérique à Tétymologie.
t CHOLÉRIFORME (ko-lé-ri-for-m') , adj. Terme de médecine. Qui a l'apparence du choléra. Entérite cholériforme.
— ÊTYM. Latin hypothétique choleriformis , de choiera, et forma, forme.
t CHOLÉRINE (ko-lé-ri-n'), s. f. Terme de médecine. Affection qui règne souvent pendant le choléra épidémique, qui est caractérisée par une diarrhée ordinairement indolente, et qu'il ne faut jamais négliger.
— étym. Diminutif de choléra.
CHOLÉRIQUE (ko-lé-ri-k'), adj. Terme de médecine. H 1" Qui tient de la bile. Tempérament cholérique. Il 2° Qui appartient au choléra. Accidents cholériques. || Substantivement, celui, celle qui est atteint du choléra. Un cholérique. Une cholérique.
— HIST. xiii* s. Cil qui sera colorikes [bilieux], caus [chaud] et ses et magres.... alebrant, f" 47.
— ÊTYM, Cholericus, signifiant en latin bilieux et qui tient du choléra, par une confusion de xoA1^> bile, et xOAÉpa, choléra; du grec xoXepixoç, qui signifie uniquement relatif au choléra, et qui vient de x°? Épa , choléra.
t CHOLESTÉRATE (ko-lè-sté-ra-t), s. m. Terme
de chimie. Genre de sels formés par l'acide cholestérique.
t CHOLESTÉRINE (ko-lè-sté-ri-n'), et non CHO- LESTÉAKINE, s. f. Terme de chimie. Substance cristallisée des calculs biliaires humains, décrite par Fourcroy sous le nom d'adipocire.
— ÊTYM. Xo/rj, bile, et orepoç , solide.
t CUOLESTÉRIQUE (ko-lè-sté-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide formé par la réaction de l'acide azotique sur lacholestérine.
t CHOLIAMBE (ko-li-an-b'), s. m. Sorte de vers lambique grec ou latin qui a un ïambe au 6* pied et un spondée au 6».
— ÊTYM. XioXiiiiSoi; , de x«i*è;, boiteux, et ïap.- 60;, ïambe. Il a été nommé boiteux parce que le vers ïambique régulier avait un ïambe au sixième pied
t CHOLIAMBIQtJE (ko-li-an-bi-k') , adj. Qui appartient au choliambe. Vers choliam biques.
t CHOLIHÉMIE (ko-li-é-mie) , s. f. Terme de médecine. Pénétration de la bile dans le sang.
— ÉTYM. XoXr), bile, et al\ux, sang.
CHÔMABLE (chô-ma-bT), adj. Qu'on doit chômer. Fête, jour chômable.
— HIST. xvi* s. Jour chômable, monet, Dicl.
— ÊTYM. Chômer.
CHOMAGE (chô-ma-j'), s. m. || 1° Action de chômer; suspension des travaux. Toute industrie est exposée aux chômages. On ne paye pas aux ouvriers les jours de chômage. Le chômage des fêtes et dimanches. Il 2° Par extension. Le chômage d'un canal, d'un moulin, d'une usine. || Fig. Mme de Richeiieu me parut abattue ; les fatigt?s de la cour ont rabaissé son caquet; son moulin me parut en chômage [Mme de Sévigné écrivait cliaumage] , sév. 4(0.
— HIST. xvi" s. Nous avons entendu que nostre monnoye de Tournax est en chômage, du cange, chomare.
— ÉTYM. Chômer.
CHÔMÉ, ÉE (chô-mé, mée), part, passé. Fête chômée, fête pendant laquelle on chôme, c'est-àdire pendant laquelle les travaux mercenaires et \m ventes publiques sont interrompus.
f CHOMÉLIE (cho-mé-lie) , *. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des rubiacées.
— ÉTYM. Chomel, médecin français du xvnr siècle.
CHÔMER (chô-mé), v. n. || l"Ne pas travailler parce qu'on solennise une fête. Les dimanches on chôme. Profitons , s'il se peut , d'un si fameux exemple; Chômons; c'est faire assez qu'aller do temple en temple, Rendre à chaque immortel les vœux qui lui sont dus, la font. Filles de Minée. Il 2° Ne pas travailler par manque d'ouvrage. Un bon ouvrier chôme rarement. Les ouvriers chôment bien souvent dans les saisons rigoureuses, dans les crises industrielles. || Ne pas travailler pour une raison quelconque. Nous suons, nous peinons comme bêtes de somme; Et pour qui? pour lui seul: nous n'en profitons pas; Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas; Chômons, c'est un métier qu'il veut nous faire apprendre, la font. Fabl. m, 2. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin , Ni que par moi ton labeur se consomme; Je t'ai jà dit que j'étais gentilhomme, Né pour chômer et pour ne rien savoir, id. Papef. Il 3° Par extension. Ce moulin, ce canal chôme, ils ne travaillent pas. La monnaie chôme, les ateliers de monnayage ne travaillent pus. La terre chôme, elle est en jachère. L'argent chôme, il ne produit pas d'intérêt. || 4° Chômer de, manquer de. Chômer de besogne. N'épargnez pas le bois, on ne vous en laissera point chômer. Partez, vous ne chômerez pas d'argent pour votre voyage. || 5" V. a. Solenniser par la cessation du travail. Constantin établit que Ton chômerait le dimanche, montesq. Espr. xxiv , 23. Au lieu de chômer les saints et de faire pénitence, p. l. cour, i, 2(4. Qu'on me révère et qu'on chôme ma fête, la font. Diable. Mais à quoi sert Bacchus qu'à causer des querelles?... Et nous irons chômer la peste des humains! m. Filles de Minée. Vierge n'était, martyr et confesseur Qu'il ne chômât, id. Cal. Tous les voisins chômèrent la défaite De ce démon, id. Papef. || Proverbes. Il no faut point chômer les fêtes avant qu'elles ne soient venues, il est imprudent de se réjouir de ce qui est à venir, et aussi il ne faut pas s'affliger d'un mal qui n'est pas encore venu et qui peut-être ne viendra pas. Laissons venir la fête, avant que la chômer, mol. le Dép. 1, 4. Il C'est un saint qu'on nt chôme plus, se dit d'un homme qui a perdu crédit pouvoir, réputation. L'honneur est un vieux saint quo Ton ne chôme plus, régnieh, Sat. xiu.
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— REM. 1. Régnier écrit chommer, ainsi que La Fontaine : [la goutte] S'étend à son plaisir sur l'orteil il'un pauvre homme, Disant : je necrois pas qu'en ce poste je chomme , Fabl. m, 8. Cette orthographe et cette prononciation sont tout à fait hors d'usage. || 2. L'orthographe et la prononciation cMmerreproduit non la plus ancienne orthographe qui est chômer, mais celle qui s'introduisit durant le xvi* siècle et le xvii* siècle, chaumer.
— HIST. nu* s. Ménage fait prendre mal somme ; Ménage hait celui qui chôme Et rien ne fait, Choses qui faillent en ménage. X grans trais boivent vin, d'Auchuerre, Pour miex chômer desor le fuerre, du cange, chomare. || xrv* s. Car ilz sçavent que telz metaulx Sont tous morts (ici point ne faulx), Çue jamais plus ne reprendront Substance et vie, ains chômeront, Et l'un à l'autre n'aydera, Traité d'alch. 666. || xv* s. Je vous prie, vous qui estes par de là, avisiez à fraper un beau coup sur le duc de Bourgogne.... et j'espère faire si bonne diligence par deçà que vous connoissiez que je n'ay pas chômé tant que )'j auray demeuré, nucLos, Preuv. de Louis XI, p. 399, dans lacurne. Et si lui dirent les maistres [maçons à un prince qui faisait bâtir un château] que le demourant estoit legier, mais qu'il fist finance de la couverture, car il n'avoit que chommer, Perceforest, t. vi, f" 93. || xvi* s. Ainsi sans doubte il chommera moins [sera moins oisif] que les aultres, mont, i, 182. Mon corps ne me laisse pas une heure, ny dormant, ny veillant, chômer d'instructions de mort, id. m, 306. Nous nous investissons des facultez d'aultruy et laissons chômer les nostres, id. iv, 2(9. Ce pendant .Emilius ne chommoit pas de son entendement, et ne laissoit à tenter et essayer expédient quelconque pour tascher à faire quelque chose, amyot. P. Mm. 20. Il ne laissoit pas pour cela chommer ses gens, ains les contraignoit de travailler, id. Sylla, 36. La pluie survenant, ou les gelées cheans dessus fies oliviers] . faut avec patience chommer de ce labeur [la cueillette], o. de serres, 706. Les jectons du cep sortent plus tosi à travers la terre molle que par la dure qui aura chômé, laboétie, 343. Quant je chomme, je ne besongne pas, G. du guez , dans palsgr. p. 1014. Mieulx vault chômer que mal besogner, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 347. Des lors qu'il se mist aux guerres, il ne chaumapas d'en apprendre de bonnes leçons, brant. Duc d'Albe. Tant y a qu'il ne chauma pas en sa captivité [il n'y demeura pas], id. Dragut. Il vaut mieux perdre que chômer, Div. leçons de P. Messie, f° 89, dans lacurne.
— ÉTYM. Berry, chômer, chaumer, tarder; Sainlonge, chômer, manquer; génev. chogner; bourguig. chômai. Diez le tire du môme radical que calme; mais cela donnerait chaumer, non chômer, qui est l'ancienne orthographe; l'allemand saùmen, suédois suma, islandais sœma, hollandais suymen, tarder, agir avec lenteur, est plausible, sauf la difficulté du changement de Vs en ch, laquelle cependant n'est pas absolue. Reste le celtique qui réunit le plus de probabilité : bas-bret. choum , s'arrêter , cesser ; gaél. cum, arrêter.
f CHOMET (cho-mè) , s. m. Voy. chaumeret.
j CHONDRILLE (kon-dri-11', Il mouillées) , *. f. Terme de botanique. Genre de plantes composées, rte la tribu des chicoracôes.
— ÉTYM. XôvSpoç, grain.
fCHONDRINE (kon-dri-n') , *. f. Terme de chimie animale. Substance qu'on obtient en faisant bouillir la cornée, les cartilages permanents ou ceux des os avant l'ossification.
— ÉTYM. XôvSpoç, cartilage.
t CHONDROGRAPIIIE (kon-dro-gra -fie), *. f. Terme d'anatomie. Description des cartilages.
— ÊTYM. X6v5poç, cartilage, et ffccptiv , décrire.
t CHONDROÏDE (kon-dro-i-d'), ad). Terme d'anatomie. Tumeur chondroïde, tissu fibreux morbide ayant par sa texture une grande ressemblance avec le tissu cartilagineux.sans être pourtant forméde ce tissu.
— ÉTYM. XôvBpoç, cartilage, et cZioc, forme. CHONDROLOGIE (kon-dro-lo-jie), s. f. Terme
d'anatomie. Traité des cartilages.
— ÉTYM. XôvSpoj, cartilage, et Xôyoî, traité (voy. logique).
t CHONDROME (kon -drô-m'), s. m. Terme de chirurgie. Non donné aux tumeurs cartilagineuses.
— ÉTYM. Xôvîpo;, cartilage.
t CHONDROPTÉRYGIEN, IENNE (kon-dro-ptéri-jiin, jiè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a des nageoires cartilagineuses. || Substantivement. Les chondroptérygiens, nom donné autrefois à tous les roissons dont le squelette est cartilagineux.
— étym. XovBpoe, cartilage, et irrÉpuS, aile
CHO
t CnONDROTOMiE(kon-dro-to-mie),*. f. Terme d'anatomie ou de chirurgie. Dissection ou section des cartilages.
— étym. XévSpoç, cartilage, et tou,9|, section
(voy. TOME).
t CHOPART (cho-par), s. m. Nom du bouvreuil en Picardie.
f CUOPE (cho-p'), s. f. || 1* Sorte de gobelet en forme de cône tronqué, contenant une mesure de bière d'environ un demi-litre. || 2" Le contenu. Boire une ou deux chopes.
— HIST. xv* s. Prestre,dy. — Voulez que je dye? X la guise de Normandie, Je bef à vous de chipe en chope, Mir. de Ste Genev.
— ÉTYM. Allemand, Schoppen, qui se rattache à schôpfen, puiser.
CHOPINE (cho-pi-n'), f. f. \\ i" Ancienne mesure contenant la moitié d'une pinte. || Populairement. Mettre pinte sur chopine, faire débauche de vin. || 2" La contenance d'une chopine. Elle a bu sa chopine [devinl, sév. 69. Xprixd'argent l'auteur comme le sot Boit s'a chopine et mange son gigot, deshouliêres, dans richelet. Le roi prenait souvent, entre ses repas, des verres d'eau avec un peu de fleur d'orange qui tenaient chopine, st-sim. 403, 252. Que Votre Majesté fasse seulement apporter une chopine de vin rouge, volt. Dial. 27. || 3° Terme de marine. Boite placée au-dessous du piston d'une pompe.
— HIST. xin* s. N'est nus [nul] qui chascun jor ne pinte De ces tonneaus ou quarte ou pinte, Ou mui, ou setier ou chopine, la Rose, 68(3. || xiv* s. Une grand chopine d'argent dorée , et est le biberon d'une teste qui baille et l'autre d'une femme, et est le fruitelet d'une seraine [sirène], de labordb, Émaux, p. 2) S. Une chopine devin aigre, Kodus, f°xLiv. Une chopine toute esmailliée dedans et dehors, de labo rde, Émaux, p. 213. || xvi* s. Chacun contribua de vin la quatrième partie de la mesure, que les Grecs appellent cotyle, qui pouvoit estre environ cheopine, amyot, Cam. 48. Cheoppine, id. Agis et Cléom. 39.
— ÊTYM. Chope ; wall. sopeine.
CUOPINER (cho-pi-né) , v. n. Mot populaire. Boire chopine à chopine, et aussi boire avec excès. Leur voisin le notaire Un jour de fête avec eux chopinait, la font. Troq. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xv* s. Ces honnestes gens Ne vous pourront ruiner X chopiner, basselin, xxxix. || xvi* s. Illes mena boire à la Meule, et quand ils eurent bien chopine.... desper. Contes, lxv. Il m'invita à boire avecques lui, et choppinasmes theologalement, rab. Pant. il, 30.
— étym. Chopine.
t CHOPLNETTE (chc-pi-nè-tf) , s. f. || 1° Diminutif familier de chopine. || 2° Cylindre du corps d'une pompe qui est sous le piston.
— ÊTYM. Diminutif de chopine.
f CHOPPEMENT (cho-pe-man) , *. m. Action de chopper.
— ÊTYM. Chopper.
CnOPPER (cho-pé) , v. n. || 1° Heurter du pied contre quelque chose en marchant. || 2" Fig. Se tromper lourdement. Si l'infinité en petitesse est bien moins visible, les philosophes ont bien plus tôt prétendu y arriver; et c'est là où tous ont choppe, pascal, Pensées, i, art. 6. Je choppe par dessein, ma faute est volontaire, Régnier, Sat. vu. Si le plus habile d'entre eux évitait une chose, il choppait en une autre, Francion, v, p. 1 85. || 3° Terme de manège. Un cheval choppe, quand il cède d'une jambe de l'avant-main.
— hist. xni* s. Lors va [la fortune] soupant et jus se boute, Ausinc cum s'el ne veïst goûte, la liose, 6171. || xiv* s. Comme le cheval eut sopé, nu cange, assopire. \\ xv" s. Le suppliant en soy retournant soupa, et lui coula le pié, et en soupant desserra son arbaleste, id. t'b. || xvi* s. Parleurs mains seras sousUjvé, Afin que d'adventure Ton pied ne choppe, et soit grevé Contre la pierre dure, marot, iv, 306. N'est-ce pas raison qu'on se moque de leur vanité, et que Dieu aussi les mette en opprobre , les faisant non seulement chopper , mais en la fin se rompre le cou du tout? calv. Instit. -H 8. Que nous soyons sur un cheval , il ne faut sinon qu'il choppe d'un pié pour nous faire rompre le col , id. t'b. 164. Mon jugement ne va qu'à tastons, chancelant, bronchant et choppant, mont, i, (55. Les sçavants chopent volontiers à cette pierre [la pédtrterie], m. m, 280. Voyez comme il [l'Amour] va chancellant, chopant et follastrant, id. m, 388.
— ÉTYM. Espagn. xopo , lompo , estropié , celui qui choppe; ital. zoppo, boiteux; pays de Coire, topps ; anc. franc, chope, souche; de l'allemand schupfen,
CHO
heurter; hollandais, schoppen. Chopper s'étant dit aussi souper, on voit que ch et t peuvent alterner l'un pour l'autre.
f CUOPPECR (cho-peur) , s. m. Celui qui choppe.
— ÉTYM. Chopper.
CHOQUANT, ANTE (cho-kan, kan-t'), adj. Qui choque, qui blesse. Air choquant. Avoir des manières choquantes.
t CDOQUART (cho-kar) , t. m. Espèce de corbeau.
t CHOQUE (cho-k'), s. m. Terme de chapellerie. Outil pour donner la forme.
CHOQUE, ÉE (cho-ké, kée), part, passé. || i*Qui a reçu un choc. La barque, choquée par un bateau à vapeur, coula bas. || 2* Fig. Offensé. S'il apercevait que je fusse si choqué de ses discours, pasc. Prov. 8.
f CHOQTJEMENT (cho-ke-man) , s. m. Action de choquer ou de se choquer.
— HIST. xvi* s. I.à les chocquements des Anglois, les querelles des Allemans, d'aub. Hist. i, 133.
CHOQUER (cho-ké), v. a. || 1° Donner un choc contre. Il ne voit point d'écueil qu'il ne l'aille choquer, boil. Sat. viii. L'oiseau de Jupiter.... Choque de l'aile l'escarbot, la font. Fabl. H, 8. Ayant choqué celui qu'ils virent les armes à la main contre lui , ils l'avaient porté à terre, scarr. Rom. com. u, (4. La phalange aussi choqua la bataille [le corps de bataille] des Indiens, qui fut rompue tout d'un coup, vaugel. Q. C. 491. Quelque jour ce jeune lion Choquera la rébellion, En sorte qu'il en sera maître, malh. vi, <6. || Familièrement. Choquer le verre, trinquer. Et pour choquer, Nous provoquer, Le verre en main, en rond nous attaquer, bérang. Trinquons. || Absolument, en ce sens. Choquons. Voulez -vous choquer avec moi? || 2* Fig. Offenser, blesser, déplaire. Soit qu'il plaise à mes yeux, soit qu'il me choque en l'âme, corn. Othon, n, 6. Ahl rien de votre part ne saurait me choquer, id. Nicom. v, 5. Ou si ce nom vous choque ailleurs qu'en Arménie, id. ib. m, 2. En faveur des chrétiens s'il choquait son courroux, id. Poly.v, l.Eneor quedemapart tout vous choque et vous blesse, rotr. Vencesl. i, 1. On ne le peut heurter qu'on ne me choque en lui, id. Bélis. iv, e. Dès que les hommes choquent notre goût, mass. Pardon. Les dominicains sont trop puissants, et la société des jésuites est trop politique pour les choquer ouvertement, pascal, Prov. 2. Des décrets qui choquent vos sentiments, id. ib. 18. Toujours au plus grand nombre il faut s'accommoder, Et jamais il ne faut se faire regarder; L'un et l'autre nous choque; et tout homme bien sage Doit faire des habits ainsi que du langage, mol. Éc. des maris, i, t. L'hippogriffe n'a rien qui me choque l'esprit, la font. Coupe. Une robe toujours m'avait choqué la vue, rac Plaid, n, 6. Ce qui me choque de ces beaux esprits, c'est qu'ils no se rendent pas utiles à leur patrie, montesq. Lett. pers. 36. J'ignore comment il faut présenter au roi le détail de Fontenoi et les autres événements qui ne peuvent choquer que sa modestie, volt. Lett. duc de Choiseul, mars 4768. || Absolument. On vous dira de là-haut qu'on peut quelque chose de difficile, puisqu'on peut embrasser tout ce qui choque, boss. la Vallière. Un remède infaillible pour empêcher que les hardiesses ne choquent, c'est de ne les employer que dans la passion, boil. Longin, sublime, 31. || 3° Être contraire ou agir contrairement à. Si on choque les principes de la raison, pasc. Rel. 2. Elles ont quelque chose qui choque la bienséance , corn. Ex. du Cid. De notre Sparte il choquera les lois, id. Âgésil. n, 6. Vous prétendez choquer ce que j'ai résolu, mol. Sgan. l. Quatre choses choquaient la liberté deRome,MONTESQ.£sp.xi,l4. Ce dessein, don Juan, ne choque point ce que je dis, mol. le Festin, v, 3. S'ils choquent les bonnes mœurs, ils seront notés d'infamie, volt. Lett. à Mlle Clairon, 27 août 176). || Choquer l'oreille, produire des sons, joindre des mots qui offensent l'oreille; et figurément, tenir des propos qui déplaisent. || 4* En termes de marine, choquer un cordage tendu, le filer avec précaution. || Choquer du câble, en filer dehors. || 6* Se choquer, v. réfl. Recevoir et donner un choc. Ces deux voitures se sont choquées. Il conçut que ces grands corps, qui semblaient en se choquant préparer leur communes ruines, étaient au fond des institutions salutaires, volt. Babouc. Les astres brisant leurs orbites Se choquent dans l'immensité, delà vigne, Paria, rv, 7. || Par extension, former un hiatus. Que vous songiez à accommoder des consonnes qui se choquent et à mesurer des périodes.... voit. Lett. («n. || En venir aux mains, en parlant d'hommes ou de troupes qui s'abordent pour se combattre Tant qu'on ne s'est choqué qu'en de légers combats
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corn. Ilor. i, 4. Faut-il faire tomber le fer de la main de deux armées prêtes à se choquer, fléch. h, 8». On s'aborde, on se choque, on fait feu de part et d'autre, p. l. cour, 4" lettre particulière. jl S'offenser. C'est un homme qui se choque de tout. || Être en désaccord, aller mal ensemble. Ses vers.... bouffis de grands mots qui se choquent entre eux, Gilbert, le xviii" siècle.
— SYN. choquer, heurter. Choquer, venant de souche ainsi qu'on le voit à l'étymologie de choc, signifie proprement faire trébucher, comme celui qui heurte du pied une souche. Heurter veut dire proprement porter un coup; c'est pour cela qu'on dit heurter à une porte, et non la choquer; la choquer, ce serait y frapper à l'effet de l'enfoncer. Une légion romaine qui allait choquer l'ennemi, le chargeait pour le faire trébucher, mais elle ne le heurtait pas : car ici heurter aurait un sens moins précis. En suivant la nuance on trouve que choquer indique plutôt une action faite par une cause extérieure sur un objet, et heurter une action involontaire : Un heurt survient : adieu le char; Voila messire Jean Chouart Oui du choc de son mort a la tête cassée, la font. Fabl. vn, II. Un heurt, parce que c'est le char lui-même qui a rencontré un caillou; un choc voudrait dire qu'une autre voiture l'a rencontré. Le choc de son mort, parce que c'est un objet extérieur; le heurt ne serait pas bon ici. On se heurte la tête, parce qu'on ne le fait pas exprès; mais un homme qui veut se tuer se choque la tête contre la muraille; deux béliers qui se battent choquent leurs têtes. Au figuré, heurter les opinions reçues, c'est leur faire éprouver un heurt, c'est-à-dire se rencontrer en opposition avec elles ; choquer des opinions reçues, c'est leur infliger un choc, une offense.
— hist. xvi* s. Il allait chocquant sa teste contre la muraille, mont, i, 23. Un de ses ancestres mourut-il pas chocqué par un pourceau? id. i, 74. Pour avoir choqué contre la porte de.... id. ib. Des vices qui chocquent la conscience, id. I, 4 22. C'est une incivile importunité de chocquer tout ce qui n'est pas de nostre appétit, m. I, 486. Ils disent que ses arguments sont foibles, et entreprennent de les chocquer ayséement, m. il, 4 60. Et ainsi alla de grande roideur chocquer les ennemis, lesquels soustinrent ce premier choc vaillamment, ajctot, Timol. 37.
— êtym. Choc ; espagn. ehoear.
t CHOQUETAGB ( cho-ke-ta-j' ) , ». m. Terme d'eaux et forêts. Coup de marteau pour marquer une souche. On dit aussi souquetage.
— ÊTYM. Choquet, souquet ou souchet, petite souche.
t CHORAGIQUE (ko-ra-ji-k') , adj. Terme d'antiquité. Qui appartient au chorége (on dit plutôt chorégique, le grec x°piilxo:: étant beaucoup plus usité quexop<*Y"'60- Le couvent de nos missionnaires comprend dans ses dépendances le monument choragique de Lysicrates, chateaubr. Itin. 229.
CHORAÏQUE (ko-ra-ï-k') , adj. Terme de métrique ancienne. Vers choraïque, vers qui renferme des chorées.
— ÉTYM. Chorée 4 .
t CHORAL, ALE (ko-ral', ra-1"). || 1" Adj. Terme de musique. Société chorale, société qui s'assemble pour chanter des chœurs. || 2° S. m. Espèce de chant religieux. Un choral de Luther. || Masse des chantres qui sont au chœur d'une église. || Au plur. Des chorals. Ainsi font les luthériens allemands dans leurs chorals qui sont une véritable psalmodie, lafage, Cours complet de plain-chant, n° 692.
— étym. Chœur.
4. CHORÉE (ko-rée), ». m. Terme de métrique ancienne. Pied composé d'une longue et d'une brève, dit aussi trochée.
— ÉTYM. Xopeîoç, de xop6;, chœur (voy. chœur). t 2. CHORÉE (ko-rée) , s. f. Terme de médecine.
Maladie, dite aussi danse de St-Guy, qui consiste en des mouvements continuels, irréguliers et involontaires, d'un certain nombre des organes mus par le système des muscles volontaires.
— ÊTYM. Xopela, danse, de x°P°î) chœur (voy. chœur).
CHORÉGE (ko-rè-j'), t. m. Terme d'antiquité grecque. Celui qui, chez les Grecs, fournissait la dépense des spectacles.
— ÉTYM.XoprtYo;,dexopoç, chœur (voy. chœur), et iveiv, conduire (voy. agir).
t CHORÉGIE (ko-ré-jie), s. f. Terme d'antiquité grecque. Fonction de chorége. Il Les dépenses de cette fonction.
— ÊTYM. Chorége
t CHORÉGIQUE (ko-ré-ji-k') , adj. Oui appartient k la chorégie.
CHORÉGRAPHE (ko-ré-gra-r) , t. m. Compositeur de ballets, de pas de danse.
— ÊTYM. Xopcia, danse, de x°P0|:> chœur (voy. chœur), etypiiçEiv, tracer (voy. graphique).
CHORÉGRAPHIE ( ko-ré-gra-fie ) , s. f. Art de composer des danses; art des ballets. || Art de noter sur le papier les pas, les gestes et les figures d'une danse, avec des signes particuliers et fort compliqués. || Art de la danse.
— ÊTYM. Chorégraphe.
CHORÉGRAPHIQUE (ko-ré-gra-fi-k'), adj. Qui
appartient à lachorégraphie. Exercices chorégraphiques.
t CHORÉGRAPHIQUEMENT (ko-ré-gra-fi-queman), adv. D'une manière chorégraphique.
t CnORÉIQUE (ko-ré-i-k') , adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la chorée. || Substantivement, celui, celle qui est atteinte de chorée. Un choréique. Une choréique.
— ÊTYM. Chorée 2.
f CHORÉMANIE (ko-ré-ma-nie), s. f. Terme de médecine. Synonyme de chorée (voy. chorée 2).
— ÊTYM. Xopetot, danse, et manie.
t . CHORÉVÊQCE (ko-ré-vê-k') , ». m. Nom que portèrent jusqu'à la fin du xi" siècle les vicaires épiscopaux.
— ÉTYM. Xti>peittirxo7:oi;, de yû>fa-, campagne, et Imaxoiro;, évêque (voy. évêque").
2. CHORÉVÊQUE (ko-ré-vê-k'), s. m. Nom, dans quelques cathédrales, principalement en Allemagne, d'une espèce d'inspecteur du chœur.
— ÊTYM. Xopèç, chœur, et èiriuxOTOç,, surveillant.
CHORIAMBE (ko-ri-an-b'), ». m. Terme de métrique ancienne. Pied composé d'un trochée et d'un ïambe, ou de deux brèves entre «feux longues. C'est l'opposé de l'antispaste.
— ÊTYM. XopEîo?, chorée (voy. chorée 4), et tocu.- 6oç, ïambe (voy. Ïambe).
t CHORIAMBIQUE (ko-ri-an-bi-k') , adj. Qui a rapport au choriambe. Vers choriambique.
CHORION (ko-ri-on), s. m. Terme d'anatomie. Enveloppe extérieure de l'œuf utérin.
— hist. xvr1 s. Le chorion est double, insensible, enveloppant tout le fœtus, estant légèrement lié avec la première tunique dite amnios, paré, I, 4.
— ÉTYM. Xôptov, corium, cuir (voy. cuir). fCHORIQCE (ko-ri-k'), adj. Terme d'antiquité.
Vers choriques, ceux que le chœur chantait ou déclamait dans les pièces de théâtre.
— ÊTYM. Xopèç, chœur.
CHORISTE (ko-ri-st'),s.m. || 1° Chantre du chœur. Une antienne chantée par deux choristes. Lorsqu'en ce sacré lieu, par un heureux hasard, Entrent Jean le choriste et le sonneur Girard, boileau, Lutrin, iv. || 2° S. m. et f. Celui, celle qui chante dans les chœurs. Les choristes de l'Opéra. Une choriste. Au signal donné, les choristes se retournent vers l'image du Soleil éternel, et font voler des roses effeuillées sur son passage, chateaub. Génie, iv, I, 7.
— ÊTYM. Chœur.
f CHORIZONTE(ko-ri-zon-t'), s. m. Nom, dans la critique grecque, de grammairiens qui attribuaient l'Iliade et l'Odyssée à des auteurs différents.
— ÉTYM. XtoptÇetv, séparer, de x<°pî<i séparément.
f CHOROGRAPHE (ko-ro-gra-f ) , ». m. Celui qui est auteur de chorographies.
CHOROGRAPHLE (ko-ro-gra-fie),». f. Description d'un pays, comme la géographie est la description de la terre, et la topographie celle d'un lieu particulier.
— HIST. Nous doubtions que fust l'isle Lipara, mais la chorographie n'y consentoit, Rabelais, Pant. v, 4.
— ÉTYM. XwpoYpoeçfa, de x"P*j contrée, et ypàçeiv, décrire (voy. graphique).
CHOROGRAPHIQUE (ko-ro-gra-fi-k'), adj. Qui appartient à la chorographie. Description chorographique.
— ÉTYM. Xwpoypaçixôç (voy. CHOROGRAPHIE).
CHOROÏDE (ko-ro-ï-d') , adj. Terme d'anatomie. La membrane choroïde, ou, simplement, la choroïde, membrane très-mince qui tapisse la partie postérieure de l'œil, où elle est située entre la sclérotique et la rétine. || Plexus choroïdes, replis membraneux qui forment la pie-mère dans les ventricules latéraux du cerveau. Les petits tissus nommés choroïdes, desc. Fœt. 4.
— HIST. xvi* s. La membrane choroïde, autrement nommée plexus choroïde, paré, ii, 47. La tunique uvée qu'aucuns appellent choroïde, à raison qu'elle est tissue abondamment de veines et artères, comme l'arriere-faix ou secondines des femmes,
— ÉTYM. XopieioVi;, de xôptov, chorion (voy. ce mot), et eîîoç, forme (voy. idée).
t CHOROÏDIEN, IENNE (ko-ro-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux plexus choroïdes ou à la choroïde.
t CHOROÏDITE (ko-ro-I-di-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la choroïde.
— ÉTYM. Choroïde, et la finale médicale ite, signifiant inflammation.
fCHORTONOMIE (kor-to-no-mie), s. f. Art de faire les herbiers.
— ÉTYM. Xôpto;, herbage, etv6|io?, règle. CHORUS (ko-rus'), ». m. Chant en chœur. Ahl
grand chorus pour celui-là [ce couplet-là], collé, Partie de chasse d'Henri IV, m, 4 3. Oui, sur Probus, prince équitable, Il [le vin] nous souffle un chorus flatteur, bérang. Agent provoc. || Faire chorus, répéter en chœur, soit à l'unisson soit en parties, ce qu'un autre a dit ou chanté; et, figurément, approuver tout d'une voix. Je souperais gaiement au bout de leur longue table; j'y ferais chorus au refrain d'une vieille chanson, j. J. rouss. Ém. îv. Toute la table s'empressa de faire chorus, id. Conf. ni. L'amour alors près de nos mères, Faisant chorus, battait des mains, bérang. Trinq.
— ÊTYM. Latin, chorus, de x°P°« (voy. chœur). CHOSE (cho-z'), s.f. || 1° Désignation indéterminée
de tout ce qui est inanimé. Les belles choses de la terre. C'est une chose choquante. Chose étrange, inouïe, incroyable. Quelque chose qu'on ait dite de lui. Il fit de grandes choses. Arrière, vaines chimères, Soupçons de choses amères. Éloignez-vous de nos cœurs, malh. ii , 2. Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin, malh. à Duperrier. C'est chose à mon esprit impossible à comprendre, id. i, 4. Toutes les grandes choses coûtent beaucoup, les grands efforts abattent et les puissants remèdes affaiblissent, voiture, Lelt. 74. Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion, mol. Éc. des f.i, 4. L'aurore aux cheveux d'or, au visage de roses , Déjà comme à demi découvrait toutes choses, régnier, Ép. i. Trois ou quatre choses de celles que vous mo dites l'autre jour, voit. Lett. 75. Je me puis vanter d'avoir fait la plus difficile chose du monde, id. Lett. 8). Ne point errer est chose au-dessus de mes forces, la font. Êp. xvi. Chose ne leur parut à tous plus salutaire, id. Fabl. H, 2. Vousqui devez savoir les choses de la vie, id. ib. m, 4. Qu'un ami véritable est une douce chose! id. ib. vm, 4). Le ciel sur nos souhaits nç règle pas les choses, corn. l'omp. v , 2. Pendant que l'âme demande une chose, le plaisir en exige une autre; ainsi l'âme, devenue captive du plaisir, devient en même temps ennemie delà raison, boss. laVallière. ÔDieu! qu'est-ce donc que l'homme? est-ce un assemblage monstrueux de choses incompatibles? id. ib. Dieu se réserve à lui seul les choses d'en haut, il partage avec vous les choses d'en bas, id. Marie-Thér. Asservi par toutes les choses qu'il croit posséder, id. la Vaïlière. Dieu qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, id. Reine d'Anglet. On ne peut se rendre maître des choses en les possédant toutes ; il faut s'en rendre le maître en les méprisant toutes, id. Pensées chrét. 2). Ce sont des bagatelles dont les pauvres diables de commis s'embarrassent la tête, parce qu'ils ne sont pas faits pour les grandes choses, lesage, Turcaret, m, 41. Les petites considérations sont le tombeau des grandes choses, volt. Lett. Darnilaville , 6 août 4706. La nation est capable d'aussi grandes choses et de plus grandes encore que sous Louis XIV, parce que le génie et le commerce se fortifient toujours quand on
les encourage, id. Louis XIV, 30 Vissanscœur,
sans pensée et sans foi ; Vis pour l'or, chose vile, et l'orgueil, chose vaine, v. HUGO, Voix intér. xix. || L'auteur des choses, Dieu. || Les choses humaines, l'ensemble de ce qui existe et de ce qui se fait parmi les hommes. Comme la religion et le gouvernement politique sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines, boss. Hist. Dessein général. || Choses de flot, choses de la mer, tout ce que la mer rejette sur ses bords. || Appeler les choses par leur nom, parler franchement et sans réticence. || Dire à quelqu'un bien des choses, lui faire ses compliments. Elles vous disent des choses bien obligeantes, sév. 5*6. || C'est la même chose, il n'y a
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pas de différence. Venir, voir et vaincre est mfme chose en moi, corn. Pomp. iv, s. || Autre chose, une chose différente. On ne pouvait attendre autre chose de lui. Autre chose est de parler, autre chose d'agir. N'avez-vous, Nicomède, à lui dire autre chose? corn. Nicom. H, 3. Moi cesser d'être amant! et puis-je être autre chose? la font. Élégie v. Et celle [la maladie] que nous appelons la dernière, qu'est-ce autre chose, aie bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons en naissant? boss. Marie-Thér. || C'est autre chose, c'est différent. Un époux beau, bien fait, jeune et tout autre chose Que le défunt.... la font. Fab. vi, 2). || Aller au fond des choses, ne pas s'arrêtera un examen superficiel. || On dit dans le même sens le bout des choses. Il leur promit de leur faire un beau livre de philosophie, écrit fort menu pour leur usage, et que dans ce livre ils verraient le bout des choses, volt. Microm. 7. || Ne pas faire les choses a demi, ne pas épargner la dépense, donner tout ce qui doit être donné. || Faire bien les choses, faire les choses de bonne grâce, s'acquitter convenablement d'une obligation, d'une corvée; et aussi, payer convenablement ce qui doit être payé, faire les dépenses nécessaires. Je croyais qu'il ferait mieux les choses. || Sur toute chose, avant toute chose, loc. adv. Avant tout. Et sur toute chose, Observe exactement la loi que je t'impose, corn. Cinna, v, 4. Apprenons, avant toutes choses, à n'être pas éblouis du bonheur qui ne remplit pas le coeur de l'homme, boss. Anne de Gonx. || S" Chose se dit quelquefois des personnes. J'avais toujours fait compte, aimant chose si haute, De ne m'en séparer qu'avecque le trépas, malr. v, 29.... Et sembla) le aux abeilles X qui le bon Platon compare nos merveilles, Je suis chose légère, et vole à tout sujet, Je vais de fleur en fleur et d'objet en objet, la font. f.pit. xvi. Je la révère [une dame] comme la plus noble, la plus belle et la plus parfaite chose que j'aie jamais vue, voit. Lett. 25. || 3" La chose publique, l'Etat. || 4° Ce dont il s'agit. Je vais vous expliquer la chose. Voilà quel est l'état des choses. Devant elle [la justice) à grand bruit ils expliquent la chose; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, boil. Ép n. L'homme au irésor caché, qu'Ësope nous propose, Servira d'exemple à la chose, la font. Fabl. iv, au. Je [la Mort] devais, ce dis-tu, te donner quelque avis Oui te disposât à la chose ; J'aurais trouvé ton testament tout fait, id. t'b. vin, 4. Les titres différents ne font rien à la chose, corn. Sert, m, 2. C'est en cela que consiste tout l'agrément de la chose, volt. Lett. d'Argental, 4*raoût 4763. || La chose parle d'ellemême, il y a évidence, il n'est pas besoin de plus ample explication. || 5° Terme de droit. Chose jugée, ce qui a été résolu par une décision judiciaire en dernier ressort, ou ce qui n'est plus susceptible d'appel ou d'opposition ; ce qui est décidé, mis hors de contestation. Cela a force, ou est passé en force de chose jugée. || 6" Terme de droit. .Bien, propriété, possession. L'esclave était la chose du maître. Soigner sa chose. Vendre la chose d'autrui. Division des choses en corporelles et incorporelles. Choses hors du commun. || 7° En termes de grammaire , chose se dit par opposition à personne. Le pronom quoi se rapporte toujours à des choses, il ne se rapporte jamais à des personnes. || 8" Ce qui est en fait, en réalité, par opposition à ce qui est un mût, un nom. Vous ne nous donnez que des mots, et nous voulons des choses. Rien n'est plus commun que le nom, Rien n'est plus rare que la chose, la font. Fabl. iv, 47. Que la grandeur et la gloire n'étaient parmi nous que des noms pompeux, vides de sens et de choses, boss. Duch. d'Orl. La pauvreté, la honte, la mort sont pour les hommes du monde des choses trop effectives et trop réelles; pour nous, ce sont seulement des noms, id. ib. j| Dire le mot et la chose, se laisser aller à quelques plaisanteries un peu libres. Ces soupers étaient trèsgais; on y disait le mot et la chose, J. i. rouss. Confess. v. || Par extension, en termes de littérature, pensées de valeur, notions réelles et positives. Livre, style plein de choses. On dit peu de choses solides quand on veut en dire d'extraordinaires. Mes vers sont durs, d'accord, mais forts de choses, volt. Goût. Je conviens qu'où il n'y a pas de choses, il ne peut y avoir de style, dider. Térence. || 9° Quelque chose, s. m. Certaines choses. D'un prince malheureux ordonnez quelque chose, corn. Cinna, iv, 3. Non, non, j'ai quelque chose aussi bien à vous dire, m. Nie. m, «. Il est bon qu'un mari nous cache quelque chose, id. Poly. i, 3. || Quelque chose suivi d'un adjectif, qui est toujours au masculin, avec la préposition de, qui est indispensable. Il faut
que vous gardiez quelque chose d'excellent pour vous, puisque vous faites de ces présents à vos amies, voit. IMt. 79. Il y a en vous quelque chose de surnaturel, id. ib. 80. Si d'aventure il y a quelque chose d'aussi beau qu'elle, id. ib. 28. La pauvreté est quelque chose de bien dur, patru, Plaid. 6, dans richelet. Il Autre chose s'emploie de même, c'est-àdire avec la préposition de et un adjectif au masculin. Montrez-nous autre chose de beau. Dites-nous autre chose de gai. || Quelque chose est devenu masculin à cause du sens vague qui y est attaché; mais naturellement il était, quand on a commencé à s'en servir en ce sens, féminin. Il est rarement arrivé qu'on m'ait objecté quelque chose que je n'eusse point du tout prévue, desc Méth. 6, 6. Je ne fais point difficulté de parler, quand j'ai dans la bouche quelque chose meilleure que le silence, balz. liv. m, lett. 3. Dis-je quelque chose assez belle? L'antiquité toute en cervelle Me dit : je l'ai dit avant toi. C'est une plaisante donzelle; Que ne venait-elle après moi? J'aurais dit la chose avant elle, de cailly, Épigr. || Difficulté, brouille. On me mande qu'il y a eu quelque chose entre le roi et Monsieur, sév. «40. || Faire quelque chose, obtenir quelque succès. Pensez ; à votre Dieu laissez venger sa cause; Si vous saviez penser, vous feriez quelque chose,GiLB. LetS'siècle. || Faire quelque chose, avoir une profession. Ce jeune homme ne peut pas rester plus longtemps oisif; il faut qu'il fasse quelque chose. || C'est quelque chose, il y a quelque mérite, quelque intérêt. Enfin, si dans mes vers je ne plais et n'instruis, Il ne tient pas à moi, c'est toujours quelque chose, la font. Fabl. v, t. Ce que vous dites là est quelque chose, fonten. Didon, Stratonice. || Être de quelque chose àquelqu'un, être de sa parenté. Il me semble qu'elle vous est de quelque chose, sêv. 652. Tous les Provençaux me sont de quelque chose, id. < 28. || Naissance, position distinguées. Il serait honteux d'être né quelque chose et de ne pas songer à s'élever, mass. Car. Prosp. Je pourraism'estimer quelque chose de plus que je n'étais, balz. liv. i, lettre 4. Si l'on m'eût fait faire une étude sérieuse de l'histoire, j'aurais pu y devenir quelque chose, stsim. 1,24. || Environ. Il y aquelque chose comme huit jours qu'on ne vous a vu. || 10° Peu de chose, *. m. Chose inutile, sans valeur. Ma vie est peu de chose et je vous l'abandonne, volt. Henr. ch. n. Tu me semblés si grand etnous si peu de chose Que.... malh. I, I . Qu'est-ce là? lui dit-il. — Rien. — Quoi I rien I — peu de chose , la font. Fabl. i , 6. || De peu de chose, d'une famille qui n'a rien de bien relevé. Des Alleurs était un Normand de fort peu de chose, fait à peindre et de grande mine, st-sim. 60, 93. || 11° Grand'chose, quelque chose qui a de l'importance. Oa ne lui répondit pas grand'chose, hamilt. Gramr . 4. X quoi vous servait d'irriter des gens qui, sans être grand'chose, tiennent à quelque chose? p. l. cour, i, 67. Celle [la voix] de mon mari qui n'est pas grand'chose, pont de veyle, le Complaisant, n, 4. Grand'chose ne s'emploie guère que dans desphrasesnégatives. || Grand'chose est un archaïsme (grand, dans l'ancienne langue, étant à la fois masculin et féminin) pour grande chose, dont Bossuet s'est servi : Ce n'est pas grande chose, Vie rel. L'apostrophe est inutile, puisque la locution n'était pas grande chose, mais était, à l'origine, grand chose ; l'Académie devrait supprimer cette apostrophe. || 12° Familièrement, chose se dit en place d'un terme, d'un nom qui ne revient pas à l'esprit. Monsieur chose. Madame chose. Aussi bien ne peut-on Changer chose en Virgile ou bien l'autre en Platon? Régnier, Sat. n. Vous voudriez voir la haute société et ne point restituer? garder l'hôtel de chose et y recevoir le marquis? p. L. cour, i, 276. || 13° Populairement. Être tout chose, être mal disposé soit pour la santé soit pour l'humeur. || Proverbe. X chose faite, conseil pris, c'est-à-dire quand la chose est faite, ce n'est plus la peine de demander conseil.
— REM. 1. Quelque chose comme un seul mot est masculin; il en est de même de autre chose, qui, dans le sens vague, est également employé au masculin. Quelque chose est promis et vous verrez qu'autre chose sera fait, legoarant. Peu de chose est naturellement masculin, puisque peu est un substantif masculin. || 2. La prononciation chouse, qui est celle du Berry et qui fut très-usitée au xvi° siècle, avait cours encore dans le xvn*; Marguerite Buffet la condamne, et Chifflet, Gramm. p. 479, dit:» J'ai vu le temps que presque toute la France était pleine de chouses; tous ceux qui se piquaient d'être diserts chousoient à chaque période. Et je me souviens qu'en une belle assemblée un certain lisant hautement ces vers : Jetez-lui des lis et des roses, Ayant
fait de si belles choses : quand il fut arrivé à choses, il s'arrêta, craignant de faire une rime ridicule; puis, n'osant démentir sa nouvelle pron;nciation, il dit bravement chouse. Mais il n'y eut personne de ceux qui l'entendaient qui ne baissât la tête pour rire à son aise, sans lui donner trop de confusion. Enfin la pauvre chouse vint à tel mépris, que quelques railleurs disaient que ce n'était plus que la femelle d'un chou. »
— HIST. ix* s. Et in cadhuna cosa, Serment.
— x* s. Ne ule cose non la pouret omque pleier [plier], Eulalie.
— xi* s. Mais d'une chose vous sui je bien garant, Ch. de Roi. cxiv. De plusors choses à remembrer li prist, ib. clxxiii. Si alquens [quelqu'un] vienge [vient] à pref [après] pur clamer la jose.... Lois de Guill. 7.
— xii* s. Les saintes choses sont faites es mains des estrangers, Uach. i, 2. De ceste couse, Jtonc. p. 8. Mais d'une chose soiez vous bien certis [certains], ib. p. 72. De pluseurs coses [ils] vont toute
jour parlant, »'&. p. 4 63 Fins cuers qui bée à haute
honor Ne se porroit de tel cose desfendre, Coud, xxiv. Car j'ai assez autre chose à penser, quesnes, Romancero, p. 400. Mais li message [messagers] estoient d'autre chose ententif, Sax. xxiv. Et chose [il] nous demande que nous ne povons faire, ib. xxxi.
— xin* s. D'autre chose [je] vous ai la matière accueillie, Berte, il. Mais plus hardie chose [que Pépin] ne fut onque choisie [vue] , ib. n. Ne de chose que j'aie, jamais [je] ne leur faudrai, t'b. vu. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, ib. xii. Car forment le hastoit [il avait hâte] de la chose achever, t'b. xvn. Je ne voi que ma chose [mon affaire] à nessun bien s'afruite, t'b. xxxvn. Onque si douce chose [que Berte] [je] ne vi ni n'acointai, t'b. lvii. Mais si viennent les choses coin Dieu plaist et agrée, t'b. lxviii. Bien entent li messages [le messager] que c'est chose passée [décidée], t'b.... Bon fust que gehesist [elle avouât] [ce] Que Berte est devenue ne quel chose ele en fist, ib. xci. Sire, font-il au roi, nous vouS voulons monstrer Que grant chose est de roi, t'b. xcvn. Je ne pris [prise] riens, ne beauté, ne jouvent, Or, ne argent, ne chose que je voie, anonyme, dans Couci. Car sachiés que toutes vos choses Sunt en vous meïsmes encloses, la Rose, 6367. Plus sont rices, et plus grans mestiers lor est que li quemins et les cozes communes soient amendées, beaum. xxv, 4 7. Cheli par qui toutes choses sont fêtes et sans qui nule bone oeuvre ne porroit estre fête, ce est li Pères, et li Fis et li Saint Esperiz, id. Prologue. Or avint chose, que le conte Henri descendi de ses sales de Troies pour aller olr messe à Saint Estienne, joinv. 206.
— xrv* s. Il confesse à rendre quid pro quo, choso pour chose, oresme, Eth. 264. Et semblablement appartiennent à magnificence toutes grans choses qui sont faites pour la chose publique , id. ib. 4 4 4 . Puisque la chose est faite, on ne la peut changier, Guescl. 6372. Chose publique, ce n'est autre chose mes que Testât publique ou commun, et est nom gênerai à touz estaz de terre, pais, roiaumes et citez , bercheure , f° 4 , verso.
— xv* s. Longue chose seroit à raconter, froiss. i, I, 46. Et cil de sa personne estoit assez haut et crueux; et ne se esbahissoit point pour petit de chose, id. m, rv, 67. Encore leur faisoit-on la choso plus grande et plus périlleuse qu'elle n'estoit, id. ii, m, 35. Entre les autres choses il [l'ambassadeur anglais] demanda au duc Aubert.... id. ii, ii, 223. Quand ces nouvelles lui vinrent en la main [au comte de Valois] , lui convint porter; car autre chose n'en put avoir, id. ii, ii, 233. Quand les chevaliers virent qu'ils n'en auraient autre chose , ils se despartirent et prirent congé, id. h, ii, 207. Très belle fleur, oncques je ne pensay Faire chose qui desplaire te doie, ch. d'orl. Bal. 63. Et pour acheter chevaux, armures et ce qu'à guerre appartient, souvent advient qu'ils vendent leurs choses [biens], monstrelet , liv. i, ch. 25. Et par saint Jacques je ne fois Gueres autre chose que boire, Patelin. Sire, tout ce lessez ester: Parlon vous et moy d'autre chose, La pass. de N. S. J. C. Et bref le vin prins sobrement Est tousjours une bonne choze, basselin, Vau de Vire, 60. Considérées les chouses dessus dites, Lettre de Charles VU, Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 676. Des deux parties il mourut deux mille hommes du moins, et fut la chose bien combattue, comm. i, 4. Ce fut grant chose à mon advis de rallyer sur le champ... m. i, 4. Usant de menace et prest à exécuter grant chose, id. ii, 9. Et n'eust jamais creu, pour chose
eu
CHO
CHO
CHO
que on luy eust sceu dire, les parolles qu'il oyoit, n>. iv, 8. Pas grant chose je ne demande, Dist le bon seigneur de Cambraye, Villon, î* Repue franche. C'est grand chose [une bonne chose, un point important] de voir ses enfants alliés [mariés] , en la pleine vie, louis xi, Nouv. xliv.
— xvi* s. Tout ce qu'ils appellent musique rompue et chose faite , et chants à quatre parties, calv. Inslil. 74 4. Ceux qui présument de requérir autre chose à Dieu, qui ne soit comprinse et entendue en ceste oraison.... id. ib. 730. Si on nous apporte sous le titre de l'es; rit quelque chose qui ne soit contenue en l'Evangile, ne la croyons pas, id. ib. 934. Quelque chose que je voulois estre faicte aprèz ma mort, mont, i, 78. Tout ce que nostre sagesse peult, ce n'est pas grand chose, id. I, 4 32. Qu'il soit bien pourveu de choses, les paroles ne suyvrontque trop, id. i, 487. Adonne toi àl'estude des lettres pour en tirer quelque chose qui soit toute tienne, id. i, 282. Magistrats de la chose publicque [république] emperiere du monde, id. i, 288. Il s'en retourna sans accepter ne prendre chose qui soit, de tant de presens, àmyot, Pélop. 66. Si d'adventure il y eut adonc quelque chose moins que humainement faitte contre les Syracusains, id. Marcel. 30. Caton se souciant moins que de chose du monde des crieries que l'on faisoit à l'encontre de luy, id. Caton, 38. Mais la main des dieux jalouse N'endura que telle chouse Suivist son train coustumier, rons. 388. Bref on ne voit chose qui vive, Sans estre serve de douleur, m. 409. Les sciences sont composées de choses, non de paroles, paré, Au lecteur. Il faut mettre dessus l'aine quelque chose ronde, id. xiv, 47. Chose bien donnée n'est jamais perdue, cotgrave. Chose qui plaist est à demy vendue, id.
— ÊTYM. Picard, cose; Saintonge et Berry, chouse; provenç. espagn. portug. et ital.coM; du latin causa (voy. cause) , employé avec le sens de chose dans le bas-latin de la loi Salique, de Grégoire de Tours et des Capitulaires.
t CHOSETTE (cho-ze-f) , s. f. Petite chose.
— hist. xin* s. Fèves et poiz et tex chosetes Cum fruis, racines et herbetes, la Rose, 8444. || xv* s. Comme font marchant à marchant Touchant leurs petites chosettes, coquill. Enqueste de la simple et de la rusée. Hz firent cent mille chosettes, villon, la Repue du pelletier.
— ÊTYM. Diminutif de chose.
t CHOSIER (cho-zié) , s. m. Usité seulement dans cette locution proverbiale : va, va, quand tu seras grand, tu verras qu'il y a bien des choses dans un chosier. Cela se dit pour indiquer à un enfant et même à une grande personne qu'il y a bien des choses dont on ne peut rendre compte.
— ÉTYM. Chose.
4 . CHOU (chou), s. m. ||1° Plante potagère de la famille des crucifères. Chou cabus, chou pommé. L'une voudra que tu plantes des choux; L'autre voudra que ce soient des carottes, la font. Mazet. Cet homme, disent-ils, était planteur de choux; Et le voilà devenu pape! id. Fabl. vn, 42. Le lièvre était gtté dessous un maître chou ; On le quête ; on le lance : il s'enfuit par un trou, id. ib. iv, 4. || Chou-fleur, chou dont les rameaux et les fleurs naissantes se mangent. Au plur. Des choux-fleurs. || Chou-rave, chou dont la tige, s'épaississant, forme une sorte de pomme bonne à manger. On appelle aussi chou-rave le chou-navet. Au plur. Des chouxraves. || Chou-navet, chou dont la racine est ronde et charnue comme le navet. Au plur. Des chouxnavets. || Chou de Bruxelles ou de Brabant , chou vert dont la tige est garnie de petites têtes de feuilles frisées. ]| Chou cavalier, chou à tige élevée et qui ne pomme jamais. || Chou de chien ou brède de Chine, noms vulgaires d'un chou indéterminé de la Chine, introduit dans les colonies, à l'est du cap de Bonne- Espérance. || Familièrement. Aller à travers choux ou tout au travers des choux, agir en étourdi, sans rien examiner. || Tonner sur les choux, faire plus de peur que de mal. Simple, ignorant, à tromper trèsfacile. Bon gentilhomme et qui, dans son courroux, N'avait encor tonné que sur les choux, la font. Papef. || Populairement. Bête comme un chou, très-bête. Tête de chou, tête d'homme stupide. || Aller planter ses choux, se retirer à la campagne. Il fallut retourner à ses choux de Pekam , hamilt. Gramm. 4 0. La conclusion fut que le maréchal est allé dans sa maison planter des choux, sf.v. 4 34. Dans un autre sens. Ce qui me console c'est que vous êtes en lieu de planter choux [en terre ferme] et que vos Alpes ni votre mer Méditerranée ne sauraient plus vous faire périr, skvig. 4 46. || On l'a envoyé planter ses choux, on l'a destitué. || S'entendre & une chose
comme à ramer des choux, n'y rien entendre : comme les choux ne se rament pas, savoir ramer les choux c'est ne rien savoir. || Faites-en des choux, des raves, faites, disposez de la choso comme il vous plaira. Qu'il en fasse des choux , des raves, Disaient quelques-uns des plus braves, scarron, Virg. travesti, ch. v. Il en fait commedes choux de son jardin, il en dispose à son gré. || Faire ses choux gras de quelque chose, c'est-à-dire faire gras ses choux de cette chose, en engraisser ses choux, d'où le sens : en retirer profit. Faire ses choux gras d'une chose, en faire son meilleur plat, d'où le sens : s'en régaler, au propre et au figuré. Je vous conseille de faire vos choux gras de cet homme, sév. 206. || Absolument. Faire ses choux gras, faire bien ses affaires. || Il a été trouvé sous un chou, sa naissance est inconnue. || Populairement. Manger les choux par les trognons, être mort et enterré. || Cela ne vaut pas un trognon de chou, cela ne vaut rien. || Ménager, sauver la chèvre et le chou, ménager également deux partis, deux adversaires. || 2° Nom de certaines plantes qui ont de la ressemblance avec le chou. Chou de cocotier, chou palmiste, noms vulgaires par lesquels on désigne le bourgeon terminal de l'arec oléracé (palmiers). || Chou caraïbe, espèce de gouet. || Chou bâtard, arabette ou navette. || Chou oléifère, le colza cultivé. || Chou poivré, gouet commun. || Chou marin, crambé, sorte de légume. || 3' Mon chou, mon petit chou, mon chou-chou, expression familière de tendresse. || 4° Assemblage de coques de rubans, en forme de chou, sur un petit carton rond. || Terme de tapissier. Noeud que l'on forme avec l'étoffe par le haut d'une draperie. || 5* Chou w petit-chou, sorte de pâtisserie. || 6° Au jeu de quille, faire chou blanc, ne rien abattre; et, figurément, n'arriver à aucun résultat dans une entreprise. 71. Jaubert, dans son Glossaire, dit que chou est ici pour coup, par suite de la prédominance du ch dans l'idiome du Berry. Si on n'admet pas cette explication, la locution reste tout à fait obscure. || 7° Terme de zoologie. Chou-fleur de mer, espèce de polypier. || Proverbes. Ce n'est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse, c'est-à-dire qu'on n'a qu'une partie de ce qui est nécessaire pour faire une certaine chose. || Chou pour chou, Aubervilliers vaut bien Paris, c'est-à-dire, s'il s'agit de choux, Aubervilliers vaut Paris, et, de là, chaque chose a son mérite particulier, il On dit aussi, absolument, chou pour chou, dans le même sens. Chou pour chou, cet homme-là vaut bien l'autre. || La gelée n'est bonne que pour les choux. Aussi sain qu'un chou cabus après la gelée, cvrano de Bergerac, le Pédant joué, dans LE- ROUX de linct, Prov. 1. 1, p. 62. || Elle fait bien valoir ses choux, se dit d'une personne qui fait trop valoir ses bonnes qualités.
— HIST. xii* s. Dune comença sun cors durement à grever, Eles grasses [crassus] viandes, chouse nés [navets] à user, Th. le mart. 93. || xnrs. Tôt fruit et chol sont malvais à user, alebrant, f"4. Dant Prestre, il est la feste as fox; Si fera on demain de chox Et grant départie à Baieus, Ren. 209C0.... Je vi la soif [haie] branler, Et la feuille du chol trembler, Où cil se gist qui est repost [cachél, ib. 4 360. Et Renart, qui veû l'avoit, Desoz un chol muciez se fu, i'6. 6066. La où li palis fu desclos, Avoit li vilain planté chos, ib. 4348. || xiv* s. La tige d'un rouge chol, Hodus, f° exiv. || xv* s. Combien qu'il soit sailly d'ung trou De la cliquette d'ung musnier, Voire ou de la lignée d'un chou, coquillart, Droits nouveaux. Ne aussi d'en faire ses choux gras, Ses grans chieres, ses raliasDe gueulle, ses gaudeamus, id. Plaidoyer de la simple et de la rusée. Quand le choux passe la soi [la haie] , Le vigneron meurt de soif, le roux de lincy, Prov. t. i, p. 63. S'il veut du dur, il a du moul [mou] ; S'il veut des pois, il a des choul, e. desch. Poésies mss. f°424, dansLACUHNE. Monstrant en ce, que il pensoit à "°.nir par ce à chou pour chou, et au mesme par le semblable, G. chastel. Chron. des D. de Bourg, m, ch. 46. || xvi's. Pastennades, raves, choux-cabus, o. dp, serres, 204. Les chous premiers meurs sont les cabus ou pommés.... plusieurs blancs se resserrent au milieu ainsi que cabus.... de mesme avient de certains verts crespés, s'affermissans vers le milieu.... plusieurs autres espèces de chous y a-il, presque sauvages, degenerans des bons: comme rouges, tannés, griseastres, chous raves, servans plus pour médecine que nourriture.... outre lesquels les cauli fiori [chouxfleurs], ainsi dits des Italiens, encoresassés rares en France, tiendront rang honorable au jardin pour leur délicatesse, id. 634. Gasteaux, popelins, gaufres, petits-chous [pâtisserie], id. 826. L'herbe au Turc, le
chou rouge, paré, xvi, 36. Comment! est-il fol, comme ung chou à pommes? rab. Pant. m, 48. Je voy bien que c'est la revanche de la Reole, et que le roi de Navarre a voulu faire chou pour chou, mais le mien est mieux pommé, Mém. de sully, 1. 1, p. 4 24, dans lacurne. Il l'aime comme les choux, il voudrait l'avoir mangé, oudin, Curios. fr. Faites en des choux ou des pastez, m. ib. Souffler les choux en dormant [ronfler], oudin, Dict.
— ÊTYM. Wallon, eau; bourguig. chô; picard, caulet, colet; provenç. caul; espagn. col; portug. couve; italien cavolo; du lat. caulis, grec, xouAèç, tige. Dans le vieux français, au singulier, nominatif It chois ou chos ou chous, régime le chol; au pluriel, nominatif li chol, régime les chois ou chos ou chous.
2. CHOU (chou) , adv. Terme de chasse. || 1* Chou, chou-là ! Se dit pour exciter un chien à quêter; et chou-pille ! pour exciter le chien à se jeter sur le gibier. || 2' S. m. Chou-pille, chien qui ne quête que sous le fusil.
— ÉTYM. Chou, exclamation, qui est peut-être l'ancien picard chou, qui signifie ce, et piller.
t CHOUAN (chou-an), s. m. || 1° Nom que l'on donna, pendant la Révolution et après 4 830, à des bandes qui, dans l'Ouest de la France, faisaient la guerre de partisans contre la révolution de 4 793 et années suivantes, et plus tard en 483». || Nom donné, dans la polémique des partis, aux amis de la branche aînée des Bourbons. || 2° Terme de zoologie. Le moyen-duc.
— HIST. xvi* s. Si nous oyons crier de nuit quelque chouan, Nous hérissons d'esfroy.... rons. 816.
— ÉTYM. On a beaucoup discouru sur l'origine du mot chouan; peut-être il vient de chouan, oiseau de proie nocturne (voy. chat-huant), par comparaison avec les habitudes nocturnes de ces bandes. On l'a fait venir aussi de Jean Chouan, un de leurs chefs. S'il est si difficilede déterminer l'origine de chouan, formé presque de notre temps, on comprend combien d'autres dénominations plus anciennes sont restées obscures.
fCHOUANNER (chou-a-né), v. n. Faire la guerre de chouans, de partisans. Je ne vais pas en Vendée pour donner des bals ou tenir table ouverte, je vais chouanner, ch. de bernard, l'Anneau d'argent, § 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Chouan.
f CHOUANNERIE (chou-a-ne-rie) , s. f. Guerre de chouans, de partisans. || L'ensemble des chouans, le parti des chouans, leurs opinions.
— ÊTYM. Chouanner.
i CHOU ART (chou-ar), s. m. Terme de zoologie Effraie, f CHOUC (chouk), s. m. Choucas noir.
— ÊTYM. Namurois, chau, hibou; de l'anc. haut allem. chouch; angl. chough, où paraît être le même radical que dans chouette.
CHOUCAS (chou-kâ) , *. m. Espèce de petite corneille.
— HIST. xvi* s. Les uns sont bandes noires, larronnesses et odieuses par tout. Cela sont les grosies, corneilles et chucats, d'aub. Fœn. ni, 4 6. Les linottes, cochevis, pies, corneilles, chucas, corbeaux parlent et chantent, paré, Animaux, 20. Il est seulement accompagne des corneilles chantant quaqua, et des corbeaux avec leur crocro, et aussy des choucas, merlin coccaie, t. il, p. 4 9, dans lacurne. Ce sont chucas et corbeaux qui croassent En vain contre eux.... baïf, (Euvres, p. 218, dans lacurne.
— ÊTYM. Chouc.
■(■ CHOCCHEMENT (chou-che-man), s. m. Terme de chasse. Cri de la chouette.
— ÊTYM. Chouc.
t CHOUCHETTE (chou-chè-f) , s. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— ÉTYM. Chouc.
CHOUCROUTE (chou-krou-f), s. f. Chou cabus blanc haché qu'on fait fermenter dans la saumure.
— ÊTYM. Allem. Sauerkraut, de sauer, aigre, sur (voy. sur, adj.), et, Kraut, herbe, l'assimilation avec chou ayant altéré situer.
f CUOUDET (chou-dè), s. m. Un des noms vulgaires du hibou.
— ÉTYM. Chouc.
f CHOUE (choue) , s. f. Chouette.
— HIST. xiii* s. Elle est plus noire qu'une choe, Fables et contes anciens, t. ni, p. 264. D'un vilein dist, ki nurrisseit Une kauwe que mult ameit, marie, Fable 48. Sa colors n'estoit pas en semblance de choe, Berte, xxxm.
— ÊTYM. Wallon, chawe; namurois, chauve; Savoie, chue, choucas; esoagn. chova, espèce de
cun
CHR
geai, choya, corneille ; d'un radical allemand chouch, chouette; holl. kauui, choucas. Voy. chooc.
CHOUETTE (chou-è-f) , s. f. || 1" Oiseau nocturne d» genre du chat-huant. Comme après les hibous vont criant les chouettes, Régnier, Sat. xn. || Être larron comme une chouette, être un voleur déterminé. || 1° Terme de jeu. Faire la chouette, jouer seul contre deui ou plusieurs personnes. ||Fig. Ma correspondance est très-active, je fais la chouette à trois personnes, c'est-à-dire que seul j'entretiens correspondance avec trois personnes. || Il est leur chouette, il est en butte à leurs railleries. || 3" Jeu analogue au jeu d'oie. 114° La chenille du séneçon. || 5" Populairement. Être chouette, être parfait en son genre. Cela est chouette. Cet emploi populaire n'est pas sans analogie avec un exemple de Rabelais; voy. I'historique.
— REM. La chouette étant persécutée par les autres oiseaux lorsqu'elle s'aventure pendant le jour, de là vient apparemment qu'on dit d'une personne qui est en butte à la raillerie de plusieurs autres, qu'elle est leur chouette ; et de là aussi que jouer seul contre plusieurs s'appelle leur faire la chouette.
— H1ST. xv s. De tant, dist-il, comme les yeuls des suetes ou des chauve soris sont inabiles à recepvoir la clarté du souleil , christ, de pisan , Charles V, m, ch. 4. || xvi's. Quel qu'il soit, il n'est point poète, Mais fils aisné d'une chouette, Ou aussi larron pour le moins, marot, Épigram. Ma femme sera coincte et jolye comme une belle petite chouette, rabel. Pantagr. m, u.
— ÊTYM. Diminutif de choue ; Berry, chuèche; norm. cauvette, petite corneille; walloD, chawète.
CHOU-FLEUR (chou-fleur), s. m. || 1* Sorte de chou. Voy. chou. || 2° Terme de médecine. Variété de condylomes dont la base se réunit à un pédoncule commun de manière à représenter assez bien un chou-fleur. Exciser des choux-fieurs.
CHOU-PILLE (chou-pi-U', U mouillées), s. m. Voy. chou 2.
CHOUQUET (chou-kè), s. m. || 1° Billot sur lequel on rabat les filières dans les tréfileries. || 2° Terme de marine. Forte et large pièce de bois, qui sert à l'assemblage d'un mât supérieur avec son mit inférieur.
— IHST. xvi' s. Comme il convient faire bon feu en somme, Comme de bois et gros chouquetz en busche, fabri, Art de Ithétor. î- )», dans LACOB.HK.
— ETYM. Diminutif de l'anc. franc, choque, souche (voy. choc et souche).
t CHOUQUETTE (chou-kè-t') , s. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— ÊTYM. Diminutif de chouc.
CHOU-RAVE (chou-ra-v') , s. m. Voy. chou. CHOYÉ, ÉE (cho-ié ou choi-ié, ée), fart, passé.
Enfant choyé par ses parents. X l'avenir Mazet serait
■ choyé, la font. Matel.
CHOYER (cho-ier, ou, suivant d'autres, choi-ié), je choie, tu choies, il choie, nous choyons, vous choyez, ils choient; je choyais; je choyai; je choierai; je choierais; que je choie, que nous choyions, que vous choyiez, qu'ils choient; que je choyasse; choyant, v. a. || 1* Soigner avec une tendre sollicitude, entourer de prévenances. Je t'ai toujours choyé, t'aimant comme mes yeui, la font. Fabl. vm, 22. Il le choie, il l'embrasse, et pour une maîtresse On ne saurait, je pense, avoir plus de tendresse, mol. Tart. 1, 2. Ta mère le choie; Zara ne le néglige pas,
■ p. l. cour. Lett. 11, 102. On ne saurait choyer avec trop de précaution un esprit malade, Exil de Cicéron, dans desfontaines. || 2" Conserver avec soin. Choyer des meubles. De peur de voir finir mon argent, je le choie, j. J. rouss. Conf. 1. 1| 3° Se choyer, v. réfl. Se procurer toute l'aise possible. Moi, Monsieur? quelque sot ! la colère fait mal; Et je veux me choyer, Iquoi qu'enfin il arrive, mol. l'Etour. 11, 7. — HIST. xiii* s. Quant ele est seule et enserrée, Cort tenue d'un vilainastre , Vos alez joer et esbatre; Mais el ne se puet remuer, Tant sache son mari suer, Roman de la Poire. Maie-Bouche et tous ses parens, X. qui jà Diex ne soit garans, Par barat estuet barater, Servir, chuer, blandir, flater, la Ilose, 7425. Il fait trop bon le chien chuer, Tant qu'on ait la voie passée, ib. 7430. || xvi" s. Nos pédantes se trouveroient chouez [attrapés], mont, i, 446. Je disois, en mes jours, de quelqu'un en gaussant, qu'il avoit choué la divine justice, id. 1, 3<o.
— ETYM. Berry, chouer, chuer; picard, chuer, parler bas, caresser, choer, gratter; ital. soiare, flatter, toia, flatterie; angl. to sue, demander avec instance, supplier; d'un radical inconnu.
t CHRÊMATISTIQUE (kré-ma-ti-sti-k'), « f. Tei me didactique. Ar» 4e créer *»s richesses. || Chev
quelques auteurs , synonyme d'économie politique.
— ÊTYM. XpT)iiaTi<TTixï!, de y$r\v-a-, avoir, fortcoe. t CHRÊMATOLOGIE (kré-ma-to-lo-jie), s. f.
Terme didactique. Doctrine de la richesse ; traité des richesses.
— ETYM. Xpri|jia, fortune, avoir, et àoyoç, traité, t CHRÉMATOLOGIQUE (kré-ma-to-lo-ji-k') , adj.
Qui a rapport à la chrématologie.
t CHRÉMATONOMIE (kré-ma-to-no-mie), s. f. Lois naturelles qui règlent la production et la répartition de la richesse.
— ÊTYM. Xpriu-a. avoir, et v6|aoî, loi.
t CURÉMATÔNOMIQUE (kré-ma-to-no-mi-k') , adj. Qui a rapport à la chrématonomie.
CHRÊME (krê-m'), s. m. || 1° Huile mêlée de baume, et consacrée pour servir aux onctions dans l'administration de certains sacrements. Le saint chrême. Je vais vous consacrer sur ce bord de ma tombe ; Baissez la tête, enfant, pour que le chrême y tombe, lamart. Joc. v, )82. || Fig. Cela ferait renier chrême et baptême, cela mettrait toute patience à bout. 112" Fig. Liaison occulte. 11 était toujours demeuré une sorte de liaison de M. le Prince et de M. le prince de Conti à lui [Larochefoucauld] de l'ancien chrême des pères, mais sans rien d'apparent, st-sim. 229, 93. Sa vertu [de Mlle de Condé] la rendit suspecte aux jésuites, à qui l'hôtel de Conti l'était déjà de tout temps, à cause de l'ancien chrême du vieux hôtel de Conti, qui en effet s'était un peu communiqué à celui-ci, même à celui de la fille du roi, id. 225, 22. Vieux en ce sens.
— HIST. xn* s. Cuidiez-vos, chier frère, ke li cramme faillist el baptisme de Christ ? st bern. 663. Il xiii* s. Et d'autre part ot un cresmier, Et à senestre un balsamier; Car de l'un basmes decouroit, Et de l'autre cresmes caoit, FI. et Bl. 62). Et puis prent le cresme, et l'oint par dessus le toup ; disant ce qui est usé de dire, et orisons, et psaumes, Ass. dej.i, 30. Moult a cy vertueux baptesme, Qui enta sans huile et sans cresme Salut d'invocation trine, j. de meung, Tr. 264. || xv* s. C'est eontre soy conjurer. ... Loy forfaire, Et estre au cresme parjure, alain chart. Espérance ou consolation des 3 vertus. En Jhesus est Saint Esperit; Car il a esté oint du cresme, Et sy a annuncié baptesme, Résurr. de J. C. Le bonhomme qui est à la bonne foi et du bon cresme, Les quinze joies demariage, joie. 6* Cestuy drap est cher comme cresme , Patelin. || xvr* s. Dont nous rendront-ils donc certains , que leur chresme soit un vaisseau du Saint Esprit ?calv. Instil. <)66.
— ÉTYM. Xpîeru.a, baume, onction, de XP'51V, oindre (voy. christ).
CHRÉMEAU (cré-mô), s. m. Petit bonnet de linge fin, dont, après l'onction, on coiffe l'enfant baptisé.
— HIST. xvi* s. La chambrière ayant son surcot sur la teste (à la mode du pays, qui est fait comme un chremeau , mais il couvre tout le corps et les espaules par derrière).... marg. Nouv. lxix.
— êtym. Chrême.
CHRESTOMATHIE (krè-sto-ma-tie) , s. f. Recueil de morceaux choisis dans certains auteurs classiques. Chrestomathie grecque.
— ÊTYM. XprçavoiiâOEia , de xplfftà; , utile, de XprjaOai, se servir (voy. chrie), et p.o9£ïv, apprendre (voy. mathématique).
CHRÉTIEN, 1ENNE (kré-tiin, tiè-n'), adj.\\ 1* Qui professe la religion du Christ. Le monde chrétien. Le peuple chrétien. Une âme chrétienne. Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne, corn. Poly. IV, 3. Quel est cet aveuglement dans une âme chrétienne, et qui le pourrait comprendre, d'être incapable de manquer aux hommes et de ne craindre pas de manquer à Dieu? boss. Anne de Gons. Que, pour conserver un faux honneur, il soit permis d'accepter en conscience un duel, contre les édits de tous les états chrétiens et contre tous les canons de l'Eglise, pasc. Prov. 14. || 2" Qui appartient, qui est propre au christianisme. La religion chrétienne. Des largesses chrétiennes suffiraient peut-être aujourd'hui pour vous acquitter envers votre juge, bass. Car. Fausse Conf. Ces outrages n'ont rien de philosophique, je dirai plus, ils n'ont rien de chrétien, volt. Phil. u, 227. La vie chrétienne que je vous propose, si pénitente, si mortifiée, si détachée des sens et de nous-mêmes, boss. la Vallière. || Cela n'est pas chrétien, cela n'est pas conforme à la charité. || Le roi Très- Chrétien, Sa Majesté Très-Chrétienne, le roi de France. || Familièrement. Parler chrétien, parler d'une façon à être compris. Il faut parler chrétien, si vous voulez que je vous entende, mol. les Prie, rid. 7. Il 3° Substantivement. Celui, celle qui pro-
fesse le christianisme. Aux plus âprer ourments un chrétien est en butte, cobn. Poly. t, t. Je sais quelle est l'humeur et l'esprit du chrétien, id. ib. m, 3. Tous chrétiens sont rebelles, id. ib. m, S. Certes ou le» chrétiens ont d'étranges manies.... id. ib. iv, 6. Quoi! vous entreprenez de sauver un chrétien! id. 16. rv, 6. Les chrétiens n'ont qu'un dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce qu'il résout, id. ib. iv, 6. Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes, id. ib. iv, 6. Celle [la félicité] d'un vrai cil lélien n'est que dans ses souffrances, Les plus cruels tourments lui sont des récompenses, id. ib. v, 2. Un chrétien ne craint rien, ne dissimule rien ; Aux yeux de tout le monde il est toujours chrétien, m. ib. v, 2. Qui sans prendre l'autrui vivent en bon chrétien, Régnier, Sat. xn. Je trouve ici les chrétiens trop savants : chrétien, tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels, Boss. Marie-Thér. Nous vîmes alors dans cette princesse, au milieu des alarmes d'une mère, la foi d'une chrétienne, id. ib. Fille, femme, mère, maîtresse, reine, telle que nos vœux l'auraient pu faire, plus que tout cela chrétienne, id. t'b. Lessius parlera en païen de l'homicide, et peut-être en chrétien de l'aumône; Vasquez parlera en païen de l'aumône et en chrétien de l'homicide, pasc. Prou. <3. H 4° Chrétien de St-Jean,de St- Thomas, sectaires des premiers siècles. Les chrétiens de St-Thomas existent encore dans l'Inde. || En Espagne, vieux chrétiens, les chrétiens de race chrétienne, par opposition à nouveaux chrétiens, terme désignant les Mores et les Juifs convertis. Il Chrétien de la ceinture, nom donné dans l'Orient aux Nestoriens et Jacobites || 5° Familièrement, un chrétien, un homme. C'est un dur chrétien, c'est un homme difficile. Une dure chrétienne, une méchante femme. || Une chrétienne, une femme. Direz-vous : je suis sans chrétienne, la font. Pâté. H Un bon chrétien, un homme facile, accommodant. Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, boil. Sat. x. || 6° Bon-chrétien , sorte de grosse poire. Bon-chrétien d'été. Bon-chrétien d'hiver. Au plur. Des bons-chrétiens.
— HIST. ix* s. Pro deo amur et pro Christian poblo, Serment. ||x*s. Qued elle fuie lo nomehristien, Eulalie. \\ xi* s. E nous défendons que l'om christien fors de la terre ne vende, Lois de Guill. 41. Si recevrai la chrestiene lei, Ch. de Roi. vi. Si recevrez la lei [croyance] de chrestiens, «6. m. || xii*s. Â crestianes lois, Ronc. p. 27. [Charle] Qui des rois crestiens est topaze et rubis, Sax. xxvi. || xm* s. Je vous deffens.... que vous n'assailliez mie ceste cité, quar elle est de crestiens, et vous estes pèlerin, villeh. xlviii. I| xv* s. Tout crestian qui est loyal et bon, Du bien de paix se doit fort resjouir, ch. d'oul. Bail. <20. Ung des plus crueulx chrestiens du monde, Journal de Paris sous Charles VI, an 1436, p. 166, dans lacurne. Loys Daulphin, duc de Guyenne, En bastissant ceste besogne, Print une belle chrestienne Fille du duc Jean de Bourgogne, martial d' Auvergne, Vigiles de Charles VII, dans richelet. Il xvi* s. Plus de gens bestes que d'asnes chrestiens, le roux de lincy, Prov. t. 1, p. 7. Juifs en pasques, Mores en nopees, Chrestiens en plaidoyers Despendent leurs deniers, id. t'b. p. 290.
— ÉTYM. Provenç. crestian, cristian; catal. christiâ; espagn. et ital. cristiano; du latin chrislianus, de Christus (voy. christ).
CHRÉTIENNEMENT (kré-tiè-ne-man), adv. D'une manière chrétienne. Vivre, mourir chrétiennement. Elle s'appliquera à souffrir ses infirmités chrétiennement ,vléch. Montaus. Il prêche simplement.fortement, chrétiennement, la bruy. xv. La reine a également entendu deux leçons si opposées, c'est-à-dire qu'elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune, boss. Reine d'Angl. Quand je dis que cette nouvelle [la levée du siège de Belgrade par les Autrichiens] doit faire plaisir, ce n'est pas qu'à parler bien chrétiennement, on doive se réjouir des avantages des infidèles, rac. Lett. vm, à son fils.
— ÉTYM. Chrétienne, et le suffixe ment. CHRÉTIENTÉ (kré-tiin-té, et non, comme disent
quelques-uns, kré-tièn'-té), s. f. Les peuples, les pays chrétiens. Cromwel allait ravager toute la chrétienté, pasc. P. div. 20. Ce grand temple de la paix dans lequel toutes les nations de la chrétienté doivent entrer, voit. Lett. 186. Tant que je serai hors de la chrétienté [en Afrique] , id. «6. 40. Les villes, les provinces, les royaumes en furent remplis [de disciples de Jésus], et c'est ainsi qu'en trèspeu de temps, s'élevèrent de nombreuses et florissantes chrétientés, bourd. Pensées, I, p. M». || Fig.
CHR
et populairement. Marcher sur la chrétienté, avoir ses chaussures percées. || Dieu bénisse chrétienté, se dit quand on compare un homme à un animal, pour atténuer ou pour reprocher ce qu'il y a de désobligeant en cela.
— hist. xi* s. Que recevez sainte crestientet, Ch. de Roi. xxxii. || xii* s. [Que] Crestienté n'ait pasde nos mal dis, Ronc. p. 66. Et si [il] croira sainte crestienté, t"6. p. 417. [Un bref] Qui la crestienté defendist ne veast, 27». lemart. 67. ||xm*s.H savoit bien que c'estoit la plus gentlus feme de la chrestienté et la plus riche, Chr. de Rains, p. 6. Sire, vous iestes hors de la main l'archevesque quant à laie justice; vous n'avés rien» fait, se vous n'iestes hors de sa crestienté [autorité spirituelle], ib. p. 244. || xv s. De quoi toute la chrestienté pour ce fut en grand branle, froiss. ii, n, 49. Qui sont les plus allyez princes qui soient en la chrestienté, comm. u, 8. || xvi' s. Ils montrent bien par cela qu'ils n'ont point une seule goutte de chrestienté, calv. Instit. 254. Le plus beau couple de la chrestienté, marg. Nouv. x. Sachant que ou H mourroit cruellement, ou renonceroit la chrestienté, m. ib. x.
— ÉTYM. Génev. chritiéneté; provenç. ehrestiantat, xristiandat ; catal. christiandat; espagn. cristiandad; portug. chrùtiandade ; ital. cristianità ; du latin christianitatem, de christianus, chrétien.
CURIE (krie), ». f. Terme de rhétorique. Sorte d'exercice que faisaient faire les rhéteurs anciens et qui a été longtemps en usage dans les classes de rhétorique des collèges. Il consistait à développer une pensée par sept ou huit moyens différents qui rappelaient les différents lieux communs étudiés alors avec tant de soin, et aujourd'hui fort méprisés.
— ÊTYM. Chria, de xP£'a> sentence, proprement chose utile, de xpâaûai, se servir.
CHRIST (krisf; dans Jésus -Christ on prononce Jé-zu-kri, des ministres protestants, à tort, prononcent Jé-zu-krist'), t. m. || i* Le Messie, l'Oint, le rédempteur. Jésus fut le Christprédit par l'Ancien Testament. || Le règne de Christ, le millenarium, et plus tard, parmi les sectes protestantes, un règne d'égalité parmi les hommes. C'est de là que nous est né ce prétendu règne de Christ, inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté et égaler tous les hommes, boss. Reine d'Anglet. || Adjectivement. Salomon avait été oint et christ à la place de son père, volt. Phil. îv, 369. || 2° Figure de Jésus-Christ attaché à la croix. Un christ d'ivoire. || 8° Ordre du Christ, ordre militaire fondé en 4 34 8 par Daniel I", roi de Portugal, pour défendre les frontières de son royaume contre les Maures, à la place des Templiers qui venaient d'être supprimés. || 4" Jésus-Christ, Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le rédempteur des hommes. Nous avons été rachetés par le sang de Jésus-Christ. Souvent on écrit par abréviation J.-C. Cinquante ans avant J.-C.
— REM. Christ prend la marque du pluriel. Cette paierie contient plusieurs christs. Il a deux christs d'ivoire. Il est dit dans S. Luc : « Vous verrez parmi tous de faux prophètes et de faux Christs. »
— hist. x* s. [Elle] volt lo seule [siècle] lazsier, si ruovet Krist, Èulalie.
— ÊTYM. Provenç. christ; espagn. et ital. cristo; du latin ehrislus, de xpunoç, oint, traduction du mot hébreu messie.
CURISTE-MARINE (kri-ste-ma-ri-n'), s. f. Nom vulgaire de la salicorne (salicomiaherbacea, t.), du bacile (crithmum marilimum, L.) , de l'inule maritime,selon les différents pays maritimes de France.
— ÊTYM. Kpfi8(iov, fenouil de mer.
f CHRISTIANISÉ, ÊE (kri-sti-a-ni-zé, zêe), part, passé. Rendu chrétien. Toujours abîmé dans sa philosophie christianisée ; car il ne lit que des livres saints, sév. 642.
t CHRISTIANISER (kri-sti-a-ni-zé), v. a. Rendre conforme à la religion chrétienne. || Attribuer aux auteurs de l'antiquité des sentiments chrétiens.
— hist. xiii* s. Nus ne doit espouser juyve, s'ele n'est avant crestiennée, beaum. xviii, 8. Droln, fait- '1, par Saint-Omer, Tu les feras crestiener; Si tost com bautisié seront, James de cest mal ne cherront , Jten. 26226. Je cuit que vous volés estrecrestiennés, Ch. d'Ant. vi, 47). || xv* s. Les ennemis de Dieu avoient reconquis presque tout le royaume de Russe [la Servie] et prins le roy, qui s'estoit fait chrestienner, froiss. i, 1, 60. Et moult en mouroient, sans ostre chrestiennés, les quelles choses estoient moult prieves et piteuses à ouir raconter, monstrel. i, 208. Il est trop enbesogné de sa femme, qui a geu [accouché] d'un beau fils qui fu christianné le jour St Antoine, Journal de Paris, an 4 430, p. 136, dans i.aciirnk.
CHR
— ÊTYM. Christianixare, de christianus, chrétien; grec, xPl<''cia'»'Ceiv- L'ancien français disait chrestiener, qui signifiait rendre chrétien, baptiser.
CHRISTIANISME (kri-sti-a-ni-sm') , ». m. || 1° La religion chrétienne. Constantin embrassa le christianisme, boss. Hist. i, 10. Et sachant combien, dans certaines conversions, il entre de politique, de sagesse mondaine, de crainte servile et toute naturelle, de demi-christianisme, bovkdâl. Pensées , t. I, p. 438. Un si bas, si honteux, si faux christianisme Ne vaut pas des Platon l'éclairé paganisme, boil. Éptt. xii. Ministres de l'Évangile, vous croyez que le christianisme est le profond et éternel système de Dieu; qu'il est la raison de l'existence d'un univers et d'un genre humain.... mirabeau, Collection, t. v, p. 267. || 2° Par extension, vertu chrétienne, résignation chrétienne. Il est capable de soutenir ce malheur avec beaucoup de christianisme, SÉV. 386.
— ETYM. Provenç. crestianisme ; catal. christianisme; espagn. christianismo ; ital. cristianesimo ; de christianus, chrétien; grec, xp«"i*v"ïp-6ç.
f CHRISTICOLE (kri-sti-ko-1'), s. m. Adorateur du Christ. Mot du langage des adversaires du christianisme ou des gens qui n'y appartiennent pas.
— HIST. xv* s. Sachiez c'est un fol christicole.Qui a prins leçon à l'escole, Dont il va ainsi gergonnant, Conversion de saint Paul.
— ÊTYM. Christicola , de Christus, Christ, et colère, adorer (voy. culture).
t CHRISTINO (kri-sti-no), s. m. Terme de l'histoire contemporaine d'Espagne. Les christinos , les partisans de la reine Christine, par opposition aux carlistes, partisans de Don Carlos.
t CHR1ST0L0GIE (kri-sto-lo-jie), s. f. Traité du Christ; doctrine de l'œuvre du Christ.
— ÊTYM. XpiffToç, Christ, et ).ôy°4. traité.
t CHRISTOMAQCE (kri-SM-ma-k'), s. m. Nom donné par plusieurs Pères de l'Église à tous ceux qui erraient sur la nature ou la personne de Jésus- Christ.
— ÊTYM. Xpiirron<ixo«, de Xpurràc, Christ, et p.à- Xserôai, combattre.
+ CHRISTOPHANIE (kri-sto-fa-nie) , s. f. Manifestation, apparition du Christ. Saint Paul eut une christophanie sur le chemin de Damas.
— ÉTYM. XpiaTèç, Christ, et <paiv6a6ai, apparaître.
CHROMATE (krô-ma-f) , s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chromique avec les bases salifiables.
— ÊTYM. Chrome.
t CHROMATE, ÉE (kro-ma-té, tée), adj. Converti en chromate.
+ l. CHROMATIQUE (kro-ma-ti-k') , adj. Terme didactique. Qui a rapport aux couleurs. \\ Construction chromatique-hémisphérique, construction imaginée par M. Chevreul pour définir et nommer les couleurs d'après une méthode précise et expérimentale, et qui présente sur un plan circulaire 78 couleurs distinctes, dites gammes franches, et comprenant chacune ao tons de la même couleur dont l'intensité, à partir du centre, qui est le blanc, croît jusqu'à la circonférence , au delà de laquelle est censé être le noir normal.
— ÉTYM. Xpû>p.a, couleur.
2. CHROMATIQUE (kro-ma-ti-k'), adj. Terme de musique ancienne. Genre chromatique, façon particulière de diviser le tétracorde ou la quarte, comme nous disons, c'est-à-dire l'intervalle de deux tons et demi, en un demi-ton, un autre demi-ton et un tri-hémiton (tierce mineure) : exemple, ut, ut dièse, ré, fa. Le nom de chromatique vient soit de ce que les Grecs marquaient ce genre par des caractères rouges ou diversement colorés, soit de ce que ce genre était moyen entre les deux autres comme la couleur est moyenne entre le blanc et le noir, soit parce qu'il varie et embellit le genre diatonique comme la variété des couleurs embellit un tableau, i. i. rouss. Dict. de mus. || Terme de musique moderne. Qui est composé d'une suite de demi-tons, soit en montant, soit en descendant. Une gamme chromatique. Il y a là un passage chromatique que je ne puis pas faire. Basse chromatique, basse procédant par demi-tons. || Chromatique se prend substantivement pour genre chromatique. Le chromatique est moins naturel que le diatonique. || Dans la conversation , le chromatique, du chromatique, signifie passage langoureux, mou, plaintif. Ah! madame, vous ne m'aimez plus, puisque vous êtes insensible au chromatique dont cet air est tout rempli, bancourt, (e Cheialier à la mode, iv, ». || Molière l'a fait féminin, en sous si
CHR
musique ou mélodie. Il y a de la chromatique là dedans, Préc. rid. 40.
— ÉTYM. Xpti>p.aTix4<, de xpû(j.o, couleur.
t CHROMATIQUEMENT(kro-ma-ti-ke-man), adr>.
Terme de musique. D'une manière chromatique; par demi-tong.
— ÊTYM. Chromatique î. et le suffixe ment.
t CHROMATISME (krô-ma-ti-sm') , s. m. Terme didactique. Coloration.
— ÉTYM. Xptfl|Aa<TTiau,o; , de xpûpa, cou'eur. CHROME (krô-m'), ». m. Terme de chimie. Métal
ainsi nommé parce qu'il forme des combinaisons colorées avec la plupart des corps.
— ÉTYM. Xpû|ia, couleur.
t CHROMÉ, ÉE (krô-mé, mée), adj. Qui contient du chrome. Plomb chromé.
t CHROMIDE Orô-mi-o"), ». m. Terme de chimie. Genre de corps simples analogues au chrome. || Terme de minéralogie. Famille de minéraux ayant le chrome pour type.
CHROMIQUE (krô-mi-k') , adj. Terme de chimie. Acide chromique, acide composé de chrome et d'oxygène.
— ÊTYM. Chrome.
t CHROMISME (krô-mi-sm'), s. m. Terme de botanique. Mot employé pour désigner l'anomalie qui consiste en un excès de coloration, et qui est l'inverse de l'albinisme.
— ÊTYM. Xpwp.a, couleur.
+ CHROMOLITHE (krô-mo-li-t'), s. m. Procédé pour donner à la pierre neuve une teinte ancienne quand on restaure les vieux monuments.
— ÊTYM. Xpû|xa, couleur, et ).{8o;, pierre.
t CHROMO-LITHOGRAPHIE (krô-mo-li-to-grafie) , s. f. Impression lithographique en couleur.
—ÊTYM. Xpû[i<x, couleur, et lithographie.
t CnROMO-LITHOGRAPHlQUE (krô-mo-li-to-grafi-k'), adj. Qui a rapport à la chromo-lithographie.
t CHROMOPHORE (krô-mo-fo-r1) , s. m. Follicule coloré garnissant le corps des céphalopodes.
— ÉTYM. Xpwpia, couleur, et<popà;, qui porte. +CHROMULE (krÔ-mu-1'), t. f. Terme de botanique. Matière verte qui colore les feuilles.
— ÊTYM. XpiSn-a, couleur, et Oati, matière.
t CHROMURGIE (krô-mur-jie), ». f. Partie do la chimie qui s'occupe des couleurs et des teintures.
— ÊTYM. Xpûp.a, couleur, etipjov, œuvre.
t CHROMURGIQUE (krô-mur-ji-k') , adj. Qui a rapport à la chromurgie.
CHRONICITÉ (kro-ni-si-té), ». f. Terme de médecine. État des maladies chroniques.
— ÊTYM. Chronique.
4 . CHRONIQUE (kro-ni-k') , ». f. || 1" Annales selon l'ordre des temps, par opposition à histoire où les faits sont étudiés dans leurs causes et leurs suites. Je veux que la valeur de ses aïeux ant.ques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques, boil. Sat. v. Il [le roi de Prusse] perdra ses États pour avou fait des épigrammes; ce sera du moins une aventure unique dans les chroniques de ce monde, volt. Lettr. Chauvelin, 3 octobre 4 760. || 2° Fig. La chronique, les chroniques, ce qui se débite de petites nouvelles courantes. Ces histoires de morts lamentables, tragiques, Dont Paris tous les ans peut grossir ses chroniques, boil. Sat. x. || La chronique scandaleuse, nom donné à l'Histoire de Louis XI (de 4400 à 4 483) attribuée à Jean de Troyes; et figurément, les propos médisants qui courent sur certaines personnes dans la ville. Pellegrin passa dans cette ville [Méthone] dont il nous a fait la description, en y mêlant la chronique scandaleuse de tous les consuls français, chateaub. Itinér. 30. || Chronique du pont Neuf, chansons, vaudevilles et autres pièces satiriques et piquantes qu'on chantait sur le pont Neuf. Tu seras cornu comme un bœuf Dans les chroniques du pont Neuf, Parn. fr. dans leroux , Dict. comique. || Aujourd'hui, dans les journaux, partie ou l'on raconte les principaux bruits de ville; et chronique politique, partie où l'on rapporte succinctement les nouvelles politiques. Chronique théâtrale. Chronique musicale. || 8* S. f. plur. Nom que les protestants donnent aux Paralipomènes.
— HIST. xiii* s. C'est la fin des sept ars pour certes, C'est la vision des prophètes, Ce sont les divines croniques, Ce sont les sept vertus parfaictes, J. de meuno, TV. »3. Les croniqnes de chascun au, Mss. Bibl. imp. suppl. fr. n° 632-5, f 247. || xv s. Les chroniques de sire Jean Froissart [titre du livre], froiss. Prol. Si je disois : ainsi et ainsi en advint en ce temps, .... ce seroit chronique et non pas histoire, m. il, in, 63. || xvi* s. Il y a encore en la cour de Parlement à Paris, des registres fails par forme de chroniques, calv Inslil. "9.
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