‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 316 sur 403 · NELLE · texte numérisé non relu

NELLE

t CINQUENER (sin-ke-né), v. n. Ancien terme d'agriculture. Durer cinq ans, en parlant des semences.

— HIST. xvr* s. Les semences ne font communément, mesme es bonnes terres, que cinquener ou sixener, o. de serres, t(3.

— ÊTYM. Cinquain (de cinq) , ancien mot qui signifiait l'ensemble de cinq choses, ici de cinq ans.

CINQUIÈME (sin-kiê-m'). || i' Adj. ordinal de cinq. Le cinquième chapitre. Le cinquième étage. || Il est venu, il est arrivé lui cinquième, il est venu avec quatre autres. || 2° S. m. Le cinquième étage. Il demeure au cinquième. || Le cinquième du mois, le cinquième jour du mois. || La cinquième partie. Cette banqueroute lui a enlevé le cinquième de sa fortune. || 8° S. f. Dans l'Université , la cinquième , la classe où l'on entre après avoir fait la sixième. ||S. m. Un cinquième, un élève de cinquième.

— ÉTYM. Cinq, et la finale tème, qui caractérise les nombres ordinaux ; provenç. cinquen; catal. cinque; espagn. ci'nqueno.

CINQUIÈMEMENT (sin-kiê-me-man) , adv. En cinquième lieu. Cinquièmement je vous dirai que....

— ÉTYM. Cinquième, et le suffixe ment.

f CINTRAGE (sin-tra-j') , *. m. Voy. ceintrage.

CINTRE (sin-tr'), s. m. || 1° Surface concave et hémisphérique. Les monts et les plaines Vont dirigeant mes pas aux campagnes prochaines, Sous de triples cintres d'ormeaux, a. chén. ai*. Les Hébreux se figuraient le ciel comme un demi-cintre couvrant la terre, volt. Newt. m, 9. Ce cintre bleu n'est autre chose qu'une étendue de vapeur, m. Jenni, 80. || 2* Terme d'architecture. Figure en arc de cercle. Ils s'en vont raisonnant de l'ogive et du cintr», v. hugo, F. d'aut. 28. || Plein cintre, celui dont le trait est un demi-cercle parfait. || Voûte, arcade en pleincintre, ou, substantivement, le plein cintre, voûte, arcade formant un demi-cercle. Se dit par opposftion à l'ogive , qui caractérise le style gothique. || Cintre surbaissé, celui dont le trait est une demi-ellipse s'appuyant sur le grand axe, et qui par conséquent est plus bas que le demi-cercle. Il Cintre surmonté, celui dont le trait est une demiellipse appuyée sur son petit axe, et qui par conséquent est plus haut que le demi-cercle de même diamètre. || Cintre rampant, celui qui est tracé par des points cherchés suivant le rampant d'un escalier ou d'un arc-boutant. || 3* Échafaudage en arc de cercle sur lequel on construit les voûtes. Poser, lever les cintres. || Fig. Des règlements particuliers qui ne sont que le cintre de la voûte', J. 3. rouss. Conf. n, t2.||4° Dans les théâtres, loges du cintre, le rang de loges le plus élevé. || 5" Cintre ou cage, armature en fer plat qui sert, dans un poêle portatif, à soutenir la garniture.

— HIST. xvr» s. Comme les cintres servent aux maçons, bastissans leurs voûtes, o. de serres, 662.

— ÉTYM. Catal. cindria; espagn. cimbria et ct'mbra, cimbrar, agiter une baguette flexible, ct'mbrear se, se courber, et'mbreno, flexible; ital. céntina, cintre, centinare, cintrer; bas-iat. cintrum, dans un texte du xin* siècle. Mot obscur à cause de la difficulté de ramener toutes les formes romanes à cingere, ceindre, qui en paraît être le radical. Diez suppose une forme cincturare, cintrer; d'où ensuite on aurait tiré les substantifs. Il faudrait peut-être plutôt supposer que Fh s'étant abrégé dans et'nctûra, il s'est formé un substantif cinctûra, cinctra ou ctnctria. On a proposé d'y voir une forme de centre, par l'intermédiaire de l'idée qu'a centrer; mais, outre la difficulté du sens, centre ne peut se concilier avec les autres formes des langues romanes.

CINTRÉ, ÉE (sin-tré,trée), part, passe". || 1° Fait en forme de cintre. || 2° Terme de blason. Le globe impérial entouré d'un cercle horizontal et d'un demicercle vertical est dit cintré. Les couronnes royales qui sont fermées sont aussi dites cintrées.

CINTRER (sin-tré), v. a. || 1° Donner la forme du cintre, bâtir en cintre. Cintrer une galerie, une porte. || 2° Terme de marine. Cintrer un bâtiment, faire passer d'un bord à l'autre, sous la carène, de forts cordages roidis au cabestan.

— ÊTYM. Cintre.

+ CI0N1TE (si-o-ni-F) , s. f. Terme de médecine. Inilammation de la luette.

— ÊTYM. Ktuv , luette.

CIOUTAT (si-ou-ta), s. m. Sorte de raisin asseï * semblable au chasselas.

— ÉTYM. Ce raisin tire son nom de celui de la Ciotat (en languedocien, la Cioutat), chef-lieu de canton du département des Bouches-du-Rhône.

CIPAYE (si-pa-ye),s. m. Soldat indien au service des Européens et spécialement du gouvernement anglais dans les Indes.

— ÊTYM. Angl. sepoy ; le mot est perssn, sipihi, qui est le même que spahi.

t CIPOLIN(si-po-lin), adj. m. Marbre cipolin, espèce de marbre de structure foliacée auquel on a cru reconnaître de la ressemblance avec les tuniques des plantes bulbeuses. Le portique [du temple d'Antonin et de Faustine] est formé par dix grosses colonnes d'un seul bloc de marbre cipolin, Stendhal, Promen. dans Rome, t. i, p. 266, éd. de '82fl. Le marbre cipolin est fort rare, les anciens l'appelaient topt's carystius, id. ib. p. 266. || S. m. Le cipolin.

— ÉTYM. Ital. cipollino, ciboule (voy. ce mot). CIPPE (si-p') , s. m. || 1* Terme d'architecture.

Demi-colonne sans chapiteau. Ce tombeau est surmonté d'un cippe. L'un [monument] était un cippe sur lequel était gravé le nom de Jérusalem, chateaub. Itin. tt6. || 2" Petite colonne ou pilier, que les anciens plaçaient en divers endroits des grandes routes, et qui offrait des explications sur le chemin, ou quelquefois le récit de quelque action mémorable, arrivée près du même lieu.

— ÊTYM. Le latin cippus.

CIRAGE (si-ra-j') , s. m. || 1* Action de cirer. Le cirage des souliers. || 2* Le résultat de cette action. Des souliers dont le cirage est brillant. || 3° Composition dont on se sert pour rendre les chaussures luisantes. || 4° Terme de peinture. Tableau de cirage, sorte de camaïeu, ou de tableau d'une seule couleur, qui tire sur celle de la cire jaune.

— ÊTYM. Ct'rer.

t CIRCAÈTE (sir-ka-è-f), s. m. Oiseau du genre faucon, dit vulgairement Jean-le-blanc.

— ÊTYM. Kipxoç, faucon , ainsi nommé parce qu'en volant il décrit des cercles, xîpxo; (voy. cirque), et àetèc, aigle.

t CIRCASSIENNE (sir-ka-siè-n"), s. f. Terme de commerce. Nom d'une étoffe de laine croisée.

t CIRCË (sir-sé) , s. f. \\ i° Terme de mythologie. Déesse magicienne, fille du Soleil et habitant une lie. Sur un rocher désert l'effroi de la nature, Dont l'aride sommet semble toucher les cieux, Circé, pâle, interdite et la mort dans les yeux, Pleurait sa funeste aventure, J. B. rouss. Cantate, Circé. || Fig. Femme artificieuse, séduisante, enchanteresse. Il demeurait les yeux fixés sur cette Circé qui exerçait sur lui un charme inconcevable. || 2° Terme d'astronomie. Petite planète nouvelle, circulant entre Mars et Jupiter.

CIRCÉE (sir-sée), s. f. Terme de botanique. Plante commune aux environs de Paris, employée jadis pour de prétendus charmes, dite herbe de St- Etienne, herbe aux sorciers (circsea lutetiana, L.).

— ÊTYM. Cira?.

f CIRCELLE (sir-sè-F) , s. f. Un des noms vulgaires de la sarcelle.

— ÊTYM. Voy. sarcelle.

t CIRCELLE, ÉE (sir-sè-lé, lée), adj. Terme didactique. Qui est muni de cercles colorés.

— ÊTYM. Circellus , petit cercle, diminutif de circut (voy. cirque).

tORCINAL, ALE (sir-si-nal, na-F), adj. Terme didactique. Voy. circiné. •

t CIRCINÉ, ÉE (sir-si-né, née), adj. Terme didactique. Qui est roulé sur soi-même en manière de crosse.

— ÉTYM. Circinus, cercle (voy. cercle)

t CIRCOLO - MEZZO (sir-ko-lo-mè-tzo), s. m. Terme de musique. Agrément de chant qui se rapproche du gruppetto.

— ÉTYM. Ital. circolo, cercle, et mena, demi, t CIRCOM.... ou CIRCON.... ou CIRCUM.... préfixe

qui signifie autour et dérive de la préposition latine circum , laquelle n'est pas autre chose que le substantif circus , cercle (voy. cirque).

t CIRCOMMÉRIDIEN , IENNE (sir-kon-mfr ri-diin , diè-n'), adj. Terme d'astronomie. Qui a lieu au voisinage du méridien.

— ÊTYM. Circom.... préfixe, et méridien.

CIRCUMPOLAIRE (sir-kon-po-lê-r"), adj. Qui environne ou avoisine les pôles. Les mers circompolaires. La Petite-Ourse est une constellation circumpolaire.

— ÊTYM. Circom.... préfixe, et polus, pôle.

t CIRCONCELL10N (sir-con-sèl-li-on), s. m. Nom

CIR

de annalistes ( hérétiques du iy« siècle J, qui se dissent vengeurs publics, donnaient la liberté aux esclaves et supprimaient les dettes des débiteurs.

— ÊTYM. Circumcellio, de circum, autour, et eella, demeure, parce qu'ils allaient de iogis en logis prêchant leur doctrine.

CIRCONCIRE (sir-kon-si-r'), je circoncis, nous circoncisons, vous circoncisez, ils circoncisent; je circoncisais; je circoncis, nous circoncîmes; je circonciraijje circoncirais; circoncis, circoncisons, circoncisez; que je circoncise; quejecirconcisse; circoncisant; circoncis, v. a. Opérer la circoncision. || Fig. Kn langage mystique, retrancher les mauvais penchants, les mauvaises paroles. Dieu circoncira leur cœur pour les rendre capables de l'aimer. Vous êtes d'une manière dans mon coeur que je craindrais que M. Nicole n» trouvât beaucoup à y circoncire,

SÉV. 6(4.

— HIST. xiii" s. Car circoncis fus à la lectre, Et haptisié pour nous demectre Du pechié que tu maudeïs, J. de meung, Tr. 17. || xiv* s. Elle enfanta un fils, lequel Abraham appella Ysaac, et le circonci au jour vingtième, Ménagier, i, 5. || xvi* s. Il nous commande aussi de circoncir nos cœurs : mais il denonce par Moyse que ceste circoncision est faite de sa main, calv. lnstit. 231. 11 faut que nos cœurs soyent circoncis de Dieu à ce que nous l'aimions, id. ib. 342. Les femmes juifves aprèz avoir fait circoncire leurs enfants.... mont, h, 32.

— ÉTYM. Provenç. circumcir, circumcire; ital. circoncidere ; du latin circumcidere , de cireur», autour, et cxdere, couper (voy. ciment).

CIRCONCIS, ISE (sir-kon-si, si-z'), part, passé. || l°Qui a subi la circoncision. || Substantivement, les circoncis, les Juifs, les musulmans. Faites mordre la poussière Aux circoncis insolents [Turcs] , volt. Ep. vin. 11 n'y a point de prêtre grec qui soit plus enchanté de votre supériorité sur les circoncis que moi, m. Lett. à Cath. 39. || 2° Terme de botanique. Fruit circoncis, fruit capsuiaire qui s'ouvre transversalement en deux parties.

t C1RCONCISEUR (sir-kon-si- leur) , s. m. Celui qui pratique la circoncision.

CIRCONCISION (sir-kon-si-zion ; en poésie, de cinq syllabes), s.f. || l'Action d'exciser le prépuce. La circoncision est en usage chez les Juifs et chez les musulmans. || Pierre de circoncision, pierre taillée en couteau, dont les Juifs se servent pour circoncire. || La Circoncision, la fête de la oirconcision de J. C. laquelle se célèbre le premier jourdel'année. || 2" Fig. Dans le langage mystique, la circoncision du cœur, des lèvres, le retranchement des mauvais désirs, des mauvaises paroles.

— HIST. xn" s. Ces ne furent pas del lignage de Israël, mais de altres genz furent à els venud, e circumeisium e lur lei ourent receud, Rois, 245. Vien-t'en, fist Jonathas à son esquier, en l'ost de ces genz ki n'unt receu circumeisiun, Bois, 46.

— ETYM. Provenç. circumeisio; espagn. circoncision; ital. circoncisione ; Au latin circumeisionem (voy. circoncire).

t CIRCONDUCTION(sir-kon-du-ksion), s. /'.Voy.

C1RCUMDUCTI0N.

t CIRCONDUIRE (sir-kon-dui-r'), t'. a. Développer tout à l'entour. On apprend d'abord à étendre une pensée, à circonduire et allonger des périodes, d'alembert, cité dans sabatier, Dict. de littér. au mot éducation.

CIRCONFÉRENCE (sir-kon-fé-ran-s'), s.f. || «."Toute enceinte considérée indépendamment de sa figure. Cette place a une vaste circonférence. Il faut un roi [de théâtre] qui soit gros et gras comme quatre; un roi morbleu! qui soit entripaillé comme il faut; un roi d'une vaste circonférence et qui puisse remplir un trône de la belle manière, mol. Impromptu, I. || 2° La surface extérieure, par opposition aux parties centrales. Le sang est porté du centre à la circonférence par les artères. || 3" En géométrie, la ligne qui termine une figure fermée, surtout une figure courbe. La circonférence d'un cercle, d'une ellipse. || Absolument, la ligne circulaire. Chercher le rapport du diamètre à la circonférence. On divise la circonférence en 360 degrés. La circonférence de la terre.

— HIST. xin* s. Se tu vels trover la circonférence del compas, multeplie le dyametre du compas par 3, et si ajouste le [la] septisme partie, Compul, f 48. || xiv s. La circonférence du cercle, oresme, dans meunier. || xvi* s. Circonférence est la ligne qui est à l'entour d'une figure ronde ou quarrée, et de toute figure, palissy, 378.

— ÊTYM Provenç. circum ferensa; espagn. circun-

CIR

ferencia; ital. circonferenza ; du latin eircumferentia, de circum, autour, et ferre, porter.

CIRCONFLEXE (sir-kon-flè-ks"), adj. || f Tourné de côté et d'autre. Le nez fait comme un baldaquin, La jambe torte et circonflexe, Le ton bourru, la voix perplexe, beaumarch. Barbier de Sév. n, i'. || 2" Terme de grammaire grecque. Accent particulier qui représentait un aigu sur un grave, et dont la forme étaiten effet ("), c'est-à-dire fléchie des deux côtés. || Par extension, verbe circonflexe, celui dont la dernière syllabe est marquée de cet accent. || 3° Terme de grammaire française. Accent circonflexe, signe orthographique en forme de v renversé ( * ) , mis sur certaines voyelles longues, comme pôle, ou qui proviennent de la suppression d'une autre lettre, comme hôtel pour hostel, âge pour aage. || 11 se dit aussi des lettres qui prennent cet accent. Un à, un û circonflexe. || S. m. Uu circonflexe, un accent circonflexe.

— ÉTYM. Provenç. circumflec; espagn. circumflejo; ital. circonflesso; du latin circumjlexus , de circum, autour, et fleclere, plier (voy. fléchir).

f CIRCONJACENT, ENTE (sir-kôn-ja-san, san-t'), adj. Qui gît autour.

— HIST. xvi* s. Il est chaud à cause des parties voisines et circumjacentes, paré, i, 14. Les parties circonjacentes, id. iv, 4 8.

— êtym. Circon.... préfixe, etjacere, gésir (voy. gésir).

CIRCONLOCUTION (sir-kon-lo-ku-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. Circuit de paroles. Il use de cette circonlocution, boil. Longin, Tr. du sublime,

— SYN. périphrase, circonlocution. Aucune différence étymologique entre ces mots, puisque l'un et l'autre signifient parler autour. Mais l'usage y a mis des nuances : la périphrase s'emploie le plus ordinairement pour éviter le mot propre, parfois trivial. La circonlocution a aussi ce sens-là, mais moins souvent; de plus elle exprime l'embarras qu'on éprouve à dire une chose ; on tourne autour avant d'y venir; on peut faire des circonlocutions sans employer de périphrases.

— HIST. xiv* s. Convient par grandes déclarations et circonloquutions doner entendre ce que ceulx moz signifient, bercheure, f° I.

— ÊTYM. Provenç. circumloculio ; espagn. eircumlocueion; ital. circonlocuzione ; du latin circumlocutionem, de circum, autour, et ioqui, parler (voy. loquace).

t CIRCONNAVIGATION (sir-kon-na-vi-ga-sion),

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