PARÉ, II
— ETYM. KXivr), lit, et eiSo;, forme.
t CLINOMÈTRE(kli-no-mè-tr'), s. m. Instrument pour mesurer les inclinaisons. || Terme de marine. Instrument pour faire connaître la différence du tirant d'eau d'un bâtiment à l'avant et à l'arrière. || En termes de mineur, instrument pour mesurer l'épaisseur des couches. || On trouve aussi clinoscope.
— ÉTYM. KXiveiv, incliner, et mètre, mesure.
t CL1NOPODE (kli-no-po-d'), ». m. Terme de botanique. Basilic sauvage, genre de labiées.
— ÉTYM. KXlvri, lit, et itoù;, pied, à cause que les feuilles ont, pour ainsi dire, la forme d'un lit.
f CLINOSCOPE (kli-no-sko-p') , s. m. Voy. clinomètre.
— ÉTYM. KXiveiv, incliner, et oxoitsiv, examiner.
CLINQUANT (klin-kan), s. m. || 1° Lamelle brillante d'or, d'argent, etc. qui entre dans certaines parures. Ce dos chargé de pourpre et rayé de clinquants, malh. ii, 6. On m'a dit Que contre les clinquants le roi fait un édit, Régnier, Sat. vin. Point de clinquant, jupe simple et modeste, la font. Orais. M. de Monchevreuil et M. de Villars s'accrochèrent l'un à l'autre d'une telle furie; les épées, les rubans, les dentelles, les clinquants, tout se trouva tellement mêlé, brouillé, embarrassé, sêv. 602. Un chambellan qui de clinquant pétille, bérang. Bonne fille. Voyez-les.... Vous habiller l'amour d'un clinquant précieux, a. chén. 182. || 2° Lames ou feuilles de cuivre doré ou argenté qui brillent beaucoup et imitent le vrai clinquant. Le clinquant ne vous convient plus, J'ai cinquante écus de rente, bérang. Cinquante écus. Quand de vanter ses faits tu vois un homme avide, Ne prends pas pour de l'or tout le clinquant qui luit; Frappe sur les tonneaux, tu verrasle plus vide Faire toujours le plus de bruit, gomberville, dans richelet. Quoil votre personne qui est toute de clinquant, votre grand carrosse doré qui roule pour la première fois, dancourt, Chevalier à la mode, i, t. || Fig. Ce qui brille.
N'estimer que le clinquant. || 3° Terme de iHtérature. Choses brillantes, mais de mauvais fcoùt. A Malherbe, à Racan, préférer Théophile, Et le clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile, boil. Sat. ix. Le clinquant du Tasse m'a charmée, sév. 340. Do ces grands mots, clinquant de l'oraison, Enflés de vent et vides de raison, ). B. bouss. liv. i;, Ép. n , Brutnoy. Si l'on vous faisait voir que ce bon n'<\ , ces grâces, Ce clinquant de l'esprit, ces trompeusi ; surfaces Cachent un homme affreux.... gresset, Méchant, m, ».
— HIST. xv* s.Certes les pompes et parures de lor» n'estoyent pas telles que celles de présent; car les princes jouxtoyent en parures de drap de iaine, de bougran et de toile, garnis et ajolivez d'or clinquant ou de peinture seulement, o. be la marche, Mém liv. i, p. 464, dans lacurne. || xvi's. On myllieu de la place pendoyent les armoyries, mignonnement introphiées d'or cliquant, rab. Sciomachie. Ils avoient gardé par espoir de rançon tous ceux qui avoient du clinquant ou autres beaux vestemens, d'aub. Hist. n, 468. Avec festons, trophées, et merveilleuse abondance de clinquant d'or et d'argent, qui voletoit par-dessus, cahl. iv, 42.
— ÉTYM. Rouchi, cliquant; du ht-Uandais klinken, résonner, le clinquant étant e qui fait du bruit.
t CLINQUANTER (klin-kan-té), v. a. Charger de clinquant. Clinquanter un habit.
— HIST. xvT s. Nous vismes approcher quelques cinquante chevaux des nostres, clinquantes et empanachés comme princes, d'aub. Fan. iv, 4 5.
— ÉTYM. Clinquant.
+ 4 . CLIO (kli-o) , s. f. Nom de celle des neuf Muscs qu! préside à l'histoire. On la représente ordinairement sous la figure d'une jeune femme, couronnée de laurier, avec une trompette à la main droite et un livre dans la main gauche.
— ÉTYM. KXeiî>, Clio, de xXjîw, xXéw, célébrer, f î. CLIO (kli-o), s. m. Mollusque ptéropode.
t CLIPPER, s. m. Voy klipper.
CLIQUART (kli-kar), s. m. Pierre à bâtir trèsestimée.
— ÉTYM. Probablement du même radical que clicher, dans un sens de fixer, assujettir.
CLIQUE (kli-k'), s. f.\\ 1" Terme de mépris qu'on inflige aune coterie, à une bande, aune suite qu'on n'estime pas. Le diable avec sa clique, et réduit à ce point, Fort inutilement s'y casserait la tête, regnard, Légat, m, 4. L'offense que j'ai faite au seigneur Furia, lui est particulière; la rage de toute sa clique a une cause plus générale, p. L. cour, i, 85. Puzzini ameute sa clique, me dénonce au ministre, arme l'autorité pour me persécuter, ID. Lett. n, 44. La clique Fréron crie que je suis l'auteur de je ne sais quel dictionnaire philosophique, volt. Letl. Mme cVArgental, 49 oct. 4764. || 2° Aux cartes, réunion de trois ou quatre figures de même point et de couleur différente.
— HIST. xv* s. Toujours est le martiaux tout prest Qui fiert sur la cloche et desclique Si fort en mi la droite clique Que lors convient l'eure sonner, e. deschamps, Poésies mss. f" 425, dans lacurne. D'aller aussy, quand il vente, par rue, Afin qu'on ait sur sa teste une clique [morceau] D'une tuille qui est tost descendue. Ou cheminée ou pierre qui desclique, id. ib. f" 34 4.
— ÉTYM. Cliquer, ancien verbe qui avait le sens de faire du bruit et qui était très-usité; la clique est, on le voit, la même chose que la claque.
t CLIQUET (kli-kè), s. m. Terme d'arts. Pièce mobile qui, buttant contre un engrenage, l'empêche de tourner en sens contraire. || Fig. Leur langue va comme un cliquet de moulin, se dit de pei'sonnes qui habillent beaucoup. || Dans l'orfèvrerie, la partie supérieure de la brisure qui entre dans la charnière et en sort.
— HIST. xv* s. Prince, mon corps par boire se refet; Dès le matin et jusques au cliquet [coup] De la mie nuit me fait vins reconfort, E. descii. Poésies mss. f°240, dans lacurne. ]| xvi's. Mais les langues qui sonnent Comme un cliquet, toujours le bruit me donnent De tous escrits, tant soient lourdement faits, marot, ii, 53. Bruit de chariots et chevaux, cliquets de fouets, paré, xix, 28.
— ÉTYM. Voy. cliqueter.
CLIQUETER (kli-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui le suit est muette: je cliquette, je cliquetterai), v. n. Faire du bruit en se choquant. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— hist. xv* s. Et n'a dent qui ne lui cliquette, villon, Hepues franches. || xvr* s. Pareillement fait soit clioueter un fouet de chartier paré, xix, 8. Le»
armes ne doivent cliqueter sans légitime occasion; qu'avant qu'on les bouge, on envoyé deffier l'ennemi, duverdier, Bibliolh. p. 64, dans lacurne.
— ÊTYM. Rouchi, clicoter, fréquentatif de l'ancien verbe cliquer, faire du bruit, qui est sans doute le même que claquer.
CLIQUETIS (kli-ke-ti), s. m. || 1° Bruit que font des armes ou des corps sonores qui se choquent, qui se froissent. Cliquetis d'épées, de chaînes. Ah! monsieur, quel bruit! quel cliquetis! — Que vois-je là? Un homme attaqué par trois autres ! La partie est trop inégale, et je ne dois pas souffrir cette lâcheté, mol. Don Juan, m, 3. ||2° Fig. Cliquetis de mots, assemblage de mots qui ont plus de son que de sens. Cliquetis d'antithèses, antithèses accumulées sans beaucoup de goût.
— HIST. xiv* s. Et quand dessus François vont les flesches cheant , Dessus ces bacinés qui sont clair et luisant Firent tel cliquetis en noise démenant, Que ce sembloient fevres sur enclumes forgeant, Guescl. 2234). || xv s. Avoit lors dedans le dit champ tel cliquetiz de couleuvrines, que iceux Anglois furent contraints d'eux enfuir, monstfel. t. m, p. R7, dans lacurnk. Le cliquetis que j'aime est celui des bouteilles, basselin, xix. || xvi* s. Cliquetis de harnois, piques, espées.... paré, xix, 28. Le cliquetis des armes, rons. 900.
— ÊTYM. Cliqueter.
CLIQUETTE (kli-kè-f), s. f.\\l" Instrument fait de deux morceaux d'os ou de bois, qu'on met entre les doigts et dont on tire des sons en choquant ces deux morceaux l'un contre l'autre. || 2° Terme de pêche. Pierre trouée pour faire aller le filet au fond de l'eau. || Filet garni de morceaux de bois qui par leur choc rassemblent le poisson ; on dit aussi cliquet.
— HIST. xvi* s. Et les choquant ensemble [deux pièces de bois] , fil] faisoit son tel que font les ladres en Bretaigne avec leurs cliquettes, rab. Pant. H, 19. Le vassal ne trouvant son seigneur en son hostel , doit heurter par trois fois à sa porte, l'appeler aussi par trois fois, et après avoir baisé la cliquette ou verrou d'icelle, faire pareille déclaration que dessus, lotrki., 659. Tenant en sa main dextre des cliquettes, les faisant cliqueter assez haut, paré, xix, 23.
— ÊTYM. Voy. CLIQUETER.
f CLISÉOMETRE (kli-zê-o-mè-tr') , î. m. Terme d'obstétrique. Instrument inusité, qui a été proposé pour mesurer l'inclinaison du bassin.
— ÊTYM. Kaiiic, inclinaison, et mètre, mesure. CLISSE (kli-s') , s. f. || 1° Petite claie d'osier ou de
jonc pour égoutter les fromages. || Enveloppe d'osier tressé mise autour d'une bouteille qu'on porte habituellement , afin de l'empêcher de se casser. || 2* Terme de chirurgie. Morceau de bois ou de carton plat, long et étroit, servant à maintenir les os fracturés; on dit aujourd'hui éclisse.
— HIST. xv s. Et fondement qui est fondé sur clisse Ne peut souffrir ne pierre ne mortier, eust. desch. dans le Dict. de dochez. || xvr s. Ma maîtresse avoit un coche de clisse [d'osier], qui n'estoit gueres suspendu que de cordes, d'aub. Faen. m, 2.
— ÊTYM. Berry, cicle, claie formée de branchages flexibles : de l'ancien haut-allem. klioian, fendre.
CLISSE, ÉE (kli-sé, sée), part, passé. Qui est garni d'une clisse. Bouteille clissée. Les seltzogènes on appareils à faire de l'eau de Seltz sont composés de deux réservoirs clisses à mailles hexagonales.
+ CLISSER (kli-sé), v. a. || 1° Terme de vannier. Garnir une bouteille d'une clisse. || 2° Terme de chirurgie. Munir de clisses un membre fracturé.
— HIST. xvi* s. Une bouteille clissée, plaine de vin breton, rab. Pant. m, 46. Et seront lesdits aubiers tous clissez d'une chemise de fil d'archal, palissy, 77.
— ÊTYM. Clisse; Berry, eicler, tresser,
t CLISSON (kli-son), s. m. Toile de lin qui se fait en Bretagne.
ÊTYM. Clisson, ville du département de la Loire-Inférieure.
f CL1STER (kli-sté) ou CLISTRER (kli-stré), ti. o. Luter une poêie sur son fourneau, dans une saline.
\ CLIT0RID1EN, IENNE (kli-to-ri-diin , diè-n'), udj. Terme d'anatomie. Qui appartient au clitoris.
CLITORIS (kli-to-ri) , t. m. Terme d'anatomie. i'etit organe charnu placé à l'entrée des parties génitales des femelles chez les animaux mammifères.
— ÊTYM. KiElTopiç.
f CL1T0RISME (kli-to-ri-sm*), s. m. Terme de médecine. Abus du clitoris.
| CLIVABLE (kli-va-bl'), ad). Qui est susceptible d'être clivé.
— ÊTYM. riiuer.
CLO
f CLIVAGE (kli-va-j'), ». m. Division mécanique, dans une ou plusieurs directions, de la masse d'un corps cristallisé, division qui met à découvert les joints des lames ou couches planes et parallèles dont ce corps est composé. Substance qui se prête aisément au clivage. Il m'a été facile de m'assurer qu'aucun phénomène de trombe ou de clivage ne s'était manifesté dans cet ouragan, car les arbres étaient seulement renversés, Acad. des sciences, comptes rendus, t. L, p. 6)4. [| La fissure d'un cristal, et en particulier d'un diamant, lorsqu'elle est à surface plane.
— êtym. Cliver.
CLIVÉ, ÉE (kli-vé, vée), part, passé. Diamant clivé.
CLIVER (kli-vé), v. a. Diviser un corps cristallisé suivant les lames ou couches planes dont il est composé. || Terme de lapidaire. Tailler une pierre dans le sens de ses couches de cristallisation. || Se cliver, v. réfl. Être divisé par clivage.
— ÊTYM. Allem. klieben; suéd. klyfwa; angl. to cleave, fendre.
t CLOACAL, ALE (klo-a-kal, ka-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au cloaque.
CLOAQUE (klo-a-k'; au temps de Chifflet, Gramm. p. 183, on prononçait cloaque), s. m. || 1° Lieu destiné à recevoir les immondices. Il [Napoléon] proclame que le Kremlin, arsenal, magasins, tout est détruit; que désormais Moscou n'est plus qu'un amas de décombres, qu'un cloaque impur et malsain, sans importance politique et militaire, ségur, flirt, de Napol. ix, 6. || Trou creusé en terre pour recevoir les eaux ménagères. || Masse d'eau sale et croupie. Tomber dans un cloaque. Cloaque infect. || 2* Par extension, tout ce qui offre des amas d'ordures et une grande saleté. On pénétra dans de misérables logements qui étaient des cloaques. Cette ville est un vrai cloaque. || Fig. C'est un cloaque, c'est une personne sale et puante, Dict. de l'Acad. || 3° Fig. Cloaque d'incertitude et d'erreur, pasc. dans cousin. Un pays qui est le cloaque de la nature, volt. Amabed, io* lettre d'Amabed. Un dieu aurait-il pu former ce cloaque de misères et de forfaits? id. Memmius , v. Je vous plains de remuer, dans l'horrible château [la Bastille] où vous allez tous les jours, le cloaque de nos malheurs, volt. Lelt. Chardon, 5 avril 1767. || Un cloaque d'impureté, de toutes sortes de vices, une personne couverte de souillures morales. || 4° Terme d'anatomie. Poche que forme l'extrémité du canal intestinal chez les oiseaux et les reptiles, et dans laquelle s'ouvrent les uretères. || 5° S. f. Conduit de pierres par où s'écoulent les immondices d'une ville. N'est usité, en ce sens, qu'en parlant de la grande cloaque, égout bâti à Rome par Tarquin et encore subsistant.
— REM. Dans la grande cloaque , le genre étymologique a été conservé par le latin maxima cloaca , qui est le nom de cet égout. || Au xvr siècle cloaque était tantôt masculin, tantôt féminin; c'est à tort que le masculin l'a emporté, ne fût-ce qu'à cause de cette anomalie d'avoir un même mot de deux genres suivant l'emploi.
— HIST. xiv" s. Il fist fere cloaques, ce sont conduiz souz terre pour celles yaues fere descendre ou Tybre, berchebre , f° 20 , recio. ||xvr s. Nature renvoyé ces excremens vers le mezentere et pancréas, comme dedans un cloaque ou esgout de tout le corps, paré, v, 19. Ceux qui habitent et fréquentent es lieux putrides, comme es poissonneries, escorcheries, cemetieres, hospitaux, cloaques et tanneries, id. xxtv, 3.... Jette dedans mon ventre Un désir de manger, ventre, non, mais un antre, Plustost une cloaque instrument de mes maux [il s'agit de Phinée et des harpies], rons. 84 i. Bref ils t'ont fait la cloaque d'erreur, ID. 965. Il est ici bas logé au dernier et pire estage de ce monde, plus esloigné de la voûte céleste en la cloaque et sentine de l'univers, charron, Sagesse, p. 47, dans lacurne.
— ÊTYM. Lat. cloaca.
CLOCHE (klo-ch') , s. f. || 1" Instrument d'airain, en forme de coupe renversée, produisant des sons retentissants à l'aide d'un battant suspendu dans l'intérieur et misen mouvement par le branle de la cloche, ou à l'aide d'un marteau placé à l'extérieur et mû directement ou par des ressorts. Sonner, tinter la cloche. Bénir une cloche. On sonnait la cloche à volées. Les cloches dans les airs de leurs voix argentines, Appelaient à grand bruit les chantres à matines , boil. Lutr. iv. Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, id. Sat. vi. Du dîner j'aime fort la cloche, Mais on la sonne en peu d'endroits, bérang. Tvir ■■'■■ * n se sert du son des cloches pour dissiper ies nuét.-,
CLO
boss. Conn. m, s. || Fig. Faire sonner la grosse cloche, faire intervenir dans une affaire celui qui a le plus de pouvoir. || N'être pas sujet au coup de cloche, être maître de son temps. Les horloges étaient défendues dans tous ses Etats, et on eût réputé pour insensé un homme ou une femme qui se fussent asservis à un coup de cloche, segrais, Princessede l'aphlagonie, t. n, p. 217. j[ Fondre la cloche, prendre un parti, une résolution extrême; en venir au fait, à l'exécution. || Être étonné, être penaud comme un fondeur de cloche, être fort surpris de voir manquer une chose sur laquelle on comptait. Locution tirée de ce qu'il arrive parfois que l'opération de jeter la cloche en moule manque. Si Foy eût pu soutenir ce style, la scène changeait; M. Pasquier, surpris comme un fondeur de cloches, eût remis ses lois dans sa poche, et moi, petit propriétaire, ici je taillerais ma vigne sans crainte, p. l. cour. Lettre x, t. i, p. 220. || Gentilshommes de la cloche, noblesse de la cloche, nom que l'on donnait aux descendants des maires et des échevins, maîtres, en leur qualité d'officiers municipaux, d6 la cloche de la commune, et anoblis en certaines villes par quelques charges municipales. || Coup do cloche, un coup frappé contre la cloche et qui la lait sonner; et fig. un avertissement. Il est vrai que j'ai été fort malade; ces petits avertissements sont des coups de cloche que bientôt il n'y aura plus d'heure pour nous , volt. Lett. Schomberg , 3) août 1769. ||2°Terme de cuisine. Ustensile concave qui sert à faire cuire des fruits. || Couvercle en fer-blanc pour tenir les plats chauds. || Vase de verre dont on couvre le fromage pour le servir sur la table et sous lequel il se fait. || 3° Dans le jardinage, vase de verre donton couvre les plantesdélicates. Plantes venues sous cloche. || Fig. Il était vrai que dès lors je pointais fort, mais c'était sous cloche, st-sim. 217, 181. Il 4° Dans les laboratoires, manchon ou cylindre creux en verre, ouvert par une extrémité et fermé par l'autre. || 5° Nom d'une machine qui a la figure d'une cloche, et dans laquelle un homme peut demeurer sous l'eau pendant assez longtemps. Cloche à plongeur ou cloche à plonger. || 6" Vésicule de sérosité qui se forme sur la peau. Il a des cloches aux pieds. || 7" Terme de vétérinaire Un des noms vulgaires de la cachexie aqueuse des bêtes à laine. Il 8° Terme de botanique. Fleur en cloche, fleur monopétale ayant à peu près la forme d'une cloche. Il Double cloche, espèce de datura; primevère doublée par la culture. || 9° Terme de marine. Cylindre d'un cabestan. || Partie supérieure d'une manche à vent. Il 10° Terme de mineur. Cavité qui se forme au toit d'une galerie. || 11° Terme de sondeur. Cloche à galets, tige creuse pour saisir une tige de sonde. || 12° Ornement de monture de chandelier. Il Dans la poterie, bouillonnement. || Proverbes. Ou ne peut sonner les cloches et aller à la procession, c'est-à-dire on ne peut faire deux choses à la fois. Il C'est le sondes cloches auxquelles on fait dire tout ce qu'on veut, c'est-à-dire ce sont des paroles qu'on interprétera comme on voudra, ou c'est un homme qui dit tantôt d'une façon et tantôt d'une autre. Locution fondée sur une ancienne superstition qui faisait regarder les cloches comme pouvant annoncer l'avenir; le son des cloches n'ayant rien de déterminé, on y entendait toujours ce qu'on désirait. Il Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son, c'est-à-dire , en toute chose, il faut entendre le pour et le contre.
— HIST. xm* s. Les cloche de la ville sonnèrent hautement, Serte, ix. Decamelin, pour la pouriere [poussière], [ils] Avoient clokes [chapes] paringaus [semblables] Fourées de vermeus cendaus, bl. et Jehan, v. 5436. || xiv* s. Quant li bourgois oïrent la choze deviser, La cloque de la ville ont fait tantost sonner, Baud. de Seb.i, 76. || xv* s. Adonc alla dire Lydore la royne : venez à moi, Lyriope belle fille; si vous osteray la cloche que vous avez vestue , et si nous servirez, Perceforest, 1. 1, f 122. || xvi* s. Tous utenciles de cuisine faits de metail de cloche, de cuivre, de letou, 0. db serhes, 881. La chappe ou cloche d'un alambic, id. »89. X conseil d.; Toi, cloche de bois, cotgrave. Dont il feut plusestonné qu'img fondeur de cloches, et s'escria.... rabel. Pant. n, 29. L'on a beau battre les cloches devant que les paroissiens soient venus, le roux de uncy, Prov. 1. 1, p. 7. Mieulx vault à clooh» se lever que à la trompette, m. ib. Rapporter les cloches d'un tel lieu [avoir des ampoules aux pieds pour y être allé] , oudik, Curiosités fr. Si es dites vignes est trouvé gros bestail avec cloche fermée ou bouschée en temps de fruicts, de nuit , le seigneur du bestail court l'amende da vingt sois tournois, Coustum. génér. t 11, p. 6»i,
CLO
— êtym. Bourguig. cloiche; picard et Barry, cloque; provenç. cloca, clos; piémontais, cioca; bas-lat. clocca, cloca, dans des textes du vnu* siècle; anglo-sax. clucge, ix" siècle; anc. h. allem. clocca, ix" siècle, ordinairement avec un g, glocca; anc. Scandinave, klucka; allem. mod. Glocke; kymri, eloch; irl. clog; bas-bret. cloc'h. Ce mot est d'origine obscure; car on ne sait pas précisément s'il est allé des langues romanes dans les langues germaniques et celtiques, ou s'il a suivi le chemin inverse. Dans le premier cas, on le rattacherait à clocher, boiter, à cause du mouvement d'oscillation et, pour ainsi dire, de claudication de la cloche en branle. Dans le second cas on le rattacherait à l'ancien haut-allemand klochôn, battre, frapper, bien plutôt qu'à l'anglo-saxon cloccan, anglais cluck, glousser, dont la signification ne peut convenir. Clocher est probable; V. clocher la cloiche, à clocherï. Parassimilation une chape a été ditectoc/ieou cloque, en anglais cloak. CLOCHEMENT (klo-che-man) , t, m. Action de clocher, de boiter.
— êtym. Clocher 2.
CLOCHE-PIED (À.) (klo-che-pié) , loc. ad». Sur un seul pied. Sauter à cloche-pied. D'autres allaient toujours à cloche-pied, volt. Bababec. || S. m. Le cloche-pied , sorte de jeu gymnastique. || Espèce d'organsin qui n'a que trois brins de soie, dont deux sont moulinés ensemble séparément et puis moulinés avec le troisième.
— ÊTYM. Clocher 2, et pied.
1 . CLOCHER (klo-ché ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel Ys se lie : des clochers élevés, dites: klo- «hé-z élevés) , s. m. || 1° Bâtiment élevé qui fait partie d'une église et dans lequel on suspend les cloches. La Nuit baisse la vue et du haut du clocher Observe les guerriers, les regarde marcher, boil. Lulr. ni. C'est ainsi que du sein des vastes métropoles On voit un riche amas d'édifices épars S'élancer en clochers, s'arrondir en coupoles, Ou s'étendre et s'enfuir en immenses remparts, masson, Helv. 11. Il Fig. Placer le clocher au milieu de la paroisse, mettre à la portée de chacun ce qui doit servir à tous. || Fig. N'avoir vu que son clocher, que le clocher de son village, n'avoir point quitté son pays, être sans expérience du monde. || Se battre avec les pierres du clocher, se dit d'un bénéficier qui jouit par provision d'un bénéfice qu'on lui conteste, et, en général, de tout homme qui se sert contre ses adversaires de l'objet en litige. Voyons le court détail de cette affaire, dont la cabale [contre le duc de Bourgogne] se battit, comme on dit, avec les pierres du clocher, st-sim. 24 3, 4 26. || Course au clocher, course à cheval, qui, comme si elle avait pour but un clocher vu de loin, va à travers champs et franchit haies et fossés. || Des rivalités de clocher, des jalousies de village à village ou de petite ville à petite ville; et de même : cela n'a pas d'intérêt général, c'est une question de clocher. || 2* Paroisse, église. Il y a tant de clochers en France. || Proverbes. Un curé n'a besoin d'autre titre que de son clocher pour demander ses dîmes, c'est-à-dire la chose dont il s'agit est de droit commun et n'a besoin d'être appuyée d'aucun titre. || Tirer du clocher, employer la dernière ressource qui reste.
— HIST. xii* s. Ainz que sainz Thomas fust ocis el saint mustier, Grant processiun vit aler lez le clochier, Th. le mort. 184. Li bacon [jambons] ardent, si chieent [tombent] li lardié; Et li sainz [la graisse] fait le grant feu esforcier, Fiert soi es tors et el maistre cloichier, Raoul de C. 60. || xm" s. Tant [ils] vont que de Paris ont maint clocher veil, Berte, cxxxvii. [La tour] haute est amont comme clokier, FI. et Bl. 1817. ||xvi" s. Il est feste en sa paroisse, on carillonne en son clocher, leroux de lincy, Prov.
— ÉTYM. Cloche; bourguig. quiochey ; normand, cliocher; picard, clokier.
2. CLOCHER (klo-ché), v. n. || i" Boiter en marchant. Clocher du pied droit. Qu'as-tu à clocher? es-tu boiteux aussi bien qu'aveugle? d'ablancourt,
Lucien, Timon ou le misanthrope G'estgrand'
honte Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils, la font. Fabl. m, 1 . Il Fig. Jusques à quand clocherez-vous de deux côtés? Nul ne peut servir deux maîtres, fbn. xvm, 66. || 2° Être défectueux, pécher contre quelque règle. Ce raisonnement cloche. Ce vers cloche, il n'a pas la mesure. Et que ceux qui veulent gloser doivent bien regarder chez eux s'il n'y a rien qui cloche, mol. Fourb. 11, 1. |l Proverbe. 11 ne faut pas clocher devant les boiteux, il ne faut faire devant les gens rien qui leur reproche quelque défaut naturel, et, en général, rien qui leur rappelle quelque souvenir pénible.
CLO
— HIST. xu« s. Li fil estrange mentirent à mei, li fil estrange sunt enviegi [en route], et clocerent de lur sentes, Liber psalm. p. 2). || xm" s. Car de poine [elle] clochoit, com cheval qu'on encloue, Berte, xxxm. Et Kenart d'autre part rebroche Le bon destrier, qui pas ne cloche, Ren. 27180. Atant es vos un pèlerin Qui vint clochant tôt le chemin, ib. 12946. Il leva sus en solevant, Le pié tent avant dont il cloche, ib. 7303. Bien voi de quel pié vous clochiés, la Rose, 9380. Puisque justice cloce, et drois pent et encline, Et vérités cancelle, et loiautés décline, ruteb. 233. La béasse qui cloche La cloiche dou cloichier Fist devant li venir, qui la veïst clochier, m. 4 82. Il ot en sa compaigne dant Hungier l'allemant, Et Rogier de Rosoi, qui un poi va clochant, Ch. d'Ant. iy, 9. Et Robers del Rosoi qui cloce del talon, t'6. xi, 368. || xv's. On ne pouvoit à présent clocher devant les seigneurs et leurs consaulx; car ils y veoient trop clair, froiss. ii, n, 100. Et s'amans vont faisant les lours, Tantost congnoistray leur deffault; Jà devant moy clochier ne fault, ch. d'ohl. Rond. j| xvi" s. Le plus habile d'eux ne se pourra jamais absoudre qu'il ne cloche des deux eostés; or Dieu a déclaré par son prophète qu'on ne lui fera jamais trouver une telle clochure bonne, calvin, 226. Il vaut mieux clocher en la voie que courir légèrement hors de la voye, id. Instit. 605. Jusques à ce que vous vous soyez rendus tels devant qui vous n'osiez docker, et jusqu'à ce que vous ayez honte et respect de vous mesmes, présentez-vous tousjours en l'imagination Caton, Phocion et Aristides.... mont, i, 286, Les mariages de ce païs-là [Italie] clochent en cecy: leur coustume donne communément la loy si rude aux femmes et si serve.... id. m, 367.
— ÊTYM. Picard, cloker; proveDç. clopchar. 11 y a deux étymologies proposées : 1 • par Ménage , claudicare, boiter; 2°parDiez, cloppicare, mot dérivé du bas-latin cloppus, boiteux (voy. clopin). La forme provençale clopchar paraît décider la question en faveur de la seconde étymologie.
t 3. CLOCHER (klo-ché), e. a. Terme d'horticulture. Couvrir de cloches. Avoir deux cents pieds de melons cloches, la quintinye, Jardins, t. 1, dans riche let.
— êtym. Cloche.
t CLOCHETEUR (klo-che-teur) , s. m. Anciennement, homme qui précédait les convois funèbres tenant à la main une clochette qu'il faisait sonner de temps en temps. Le clocheteur des trépassés.
— êtym. Clochette.
•j- CLOCHETON (klo-che-ton), s. m. Terme d'architecture. Petit clocher. || Ornement, en forme de clocheton, qu'on ajoute quelquefois aux angles d'un clocher.
— ÉTYM. Diminutif de cloche : le clocheton, petite cloche, s'est dit, par métonymie, pour le petit clocher qui renferme la petite cloche.
CLOCHETTE (klo-chè-f), s. f. || 1° Petite cloche qu'on peut tenir à la main. La clochette du président. La clochette des troupeaux. La pagode de nacre au toit rose et changeant, La tour de porcelaine aux clochettes dorées, v. hugo, Bail. 4 6. || 2° Les clochettes, sorte de jeu dans les orgues. || Sorte de carillon diatonique dans les orchestres. || 3" Fleur en forme de cloche. Clochette des bois, le narcisse pseudo-narcisse. Clochette des blés; le liseron des champs. Clochette des murs, la campanule à feuilles rondes. 114° Terme d'architecture. Sorte d'ornement, qu'on nomme aussi goutte, et qui est de forme conique et taillé dans l'architrave de l'ordre dorique.
— HIST. xm" s. Là establi on que une clokete fust portée avec corpus Domini, car on ne i portoit point, Chr. de Rains, p. 88. Madame Musique aus clochetes, Et si clerc plein de chansonnettes, Bat. des 7 arts. Il xiv" s. Son jaque [jaquette], qui estoit de clochettes garnis, [il lui] Fist tantost despoillier,... Guescl. 4 9360. Maistre Jehan Bernard, charpentier, pour faire un petit clocher en la grand chapelle [du Louvre] à pendre la clochette à sonner la messe, de laborde, Émaux , p. 216. Une clochette d'or dont le tenon est d'une fleur de lis, et poise, à tout le hâtant, un marc une once, id. t'6. Cordelle où il y ait au bout une cloquette, Modus, f« lxxv. || xv" s. Crié soit à la clochete Par les rues, sus et jus : Fredet, on ne le voit plus; Est-il mis en oubliete? ch. d'orl. Rond. Ceste clochette est faicte des biens de l'hôtel Dieu, pour les habitans de la ville de Pois, et me fondit Andrieu Munier, 1682, de laborde, Émaux, p. 217. Il est de la petite clochette [il est huguenot], h. est. Apologie d'Hérod. p. 611, dans lacurnk
— ÉTYM. Diminutif de cloche; bourguig. clochote; picard, clokette.
CLO
CLOISON (kloi-zon), s. f. || 1" Séparation qui su fait dans un appartement, dans une maison, à l'aido de quelque maçonnerie ou charpenterie. Cloison en briques. Mur de cloison. Un vieux mur entr'ouvero séparait leurs maisons; Le temps avait miné leurs antiques cloisons, la font. Filles de Minée. Il Petites murailles en briques dans l'intérieur d'un poêle. || 2°Termede botanique. Membrane ou partie mince qui divise en compartiments certaines cavités. Les cloisons des loges à graines. La rose et Damalis [une jeune fille] de leur jeune prison Ont ensemble percé la jalouse cloison, A. chén. 62. || Demi-cloison, cloison d'un fruit qui n'atteint pas jusqu'à l'axe de celui-ci, et laisse un vide au centre. || Terme d'anatomie. Partie servant de séparation à deux cavités. La cloison des fosses nasales. || 8" Espèce de boite mince qui renferme la garniture d'une serrure.
— HIST. xii" s. Les fossez [ils] virent, la cloison Qu'il aveient fait d'environ, benoît, ii, 3465. || xai" s. Li rosier d'une haie furent Clos environ, si cum il durent ; Mes ge passasse la cloison Moult volentiers.. . la Rose, 2793. Et la cloison de mur quarré, ib. 514. Trop est fols qui la [oraison] pert par petite ochoison; Car tous les biens du ciel puet mettre en sa cloison, J. de meung. Test. 1460. || xvi" s. Ce bataillon estoit si bien remparé d'une cloison de picques, que.... amyot, P. Mm. 33. Hz chassèrent les Perses fuyans, jusques dedans le pourpris qu'ilz avoient remparé et fortifié de cloison de bois, id. Arist. 45. Les sacrées cloisons [les cloîtres], d'aub. Conf. ii, 8. Ce mot de cloison sentirait la prison, id. ib. X faute de mettre un pau [pieu] en unecloison, une vigne se dissipera, o. de serres, 63. Et puis que tout leur revient à mesme compte [aux femmes traitées avec une extrême jalousie] , elles ont le chois bien aysé : et, ont-elles brisé ces cloisons, croyez qu'elles font feu, mont, m, 367.
— ÊTYM. Provenç. clausio; du latin claudere, fermer (voy. clore).
CLOISONNAGE (kloi-zo-na-j'), ». m. Terme d'architecture. Tout ouvrage de cloison. Ces chambres ne sont séparées que par du cloisonnage. || Cloison de charpente.
— ÊTYM. Cloison.
CLOISONNÉ, ÉE (kloi-zo-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est divisé en compartiments. || Email cloisonné, voy. émail.
— ÉTYM. Cloison.
CLOÎTRE (klol-tr'), s. m. || l°Dans un monastère, galerie intérieure couverte, et formant un carré, au milieu duquel est ordinairement un petit jardin. Les processions des religieux se fout autour de leurs cloîtres. || On dit, en architecture, qu'une maison est bâtie en cloître, quand il y a des bâtiments sur les quatre côtés de là cour. || 2° Le monastère même. Se retirer, s'ensevelir dans un cloître. Qu'en un cloître sacré je pleure incessamment.. ..corn. Cid, v, 7. La perfection n'est pas de se jeter dans un cloître, boss. h, Vêtur. 2. Cruels et lâches persécuteurs, faut-il donc que les cloîtres les plus retirés ne soient pas des asiles contre vos calomnies? pasc. Prov. 4«. Les cloîtres renfermaient plus de cinq cent mille personnes, volt. Mœurs, 139. Trop resserré dans les bornes d'un cloître, Un tel mérite au loin se fit connoître [connaître] , gresset , Ver-vert, il. || 3° La vie monastique. Elle est par l'indigence au cloître condamnée, m. j. chén. Fe'nel. iv, 4. ||4° Enceinte de maisons où logeaient les chanoines des églises cathédrales et collégiales. Le cloître Notre-Dame. || 6" Terme de jardinage. Grand carré entouré d'allées taillées en arcades, imitant un cloître. || 6° Terme de construction. Voûte en arc de cloître, sorte de voûte formée de plusieurs portions de voûte qui s'appuient sur des murs, et se coupent de manière à former entre elles des angles rentrants.
— SYN. CLOITRE, COUVENT, MONASTÈRE. Le cloître
est une clôture ■ le couvent est un lieu où l'on si^ réunit pour vivre en commun; le monastère est un lieu de retraite ou de solitude. Voilà l'étymologio. L'usage a attaché pr raitivement à cloître le sens de galerie intérieure dan» un couvent; c'est pour cela qu'on ne dit pas, d'une manière déterminée et en laissant au mot l'idée commune de résidence de moines : établir, détruire des cloîtres. Cloître et couvent s'emploient l'un et l'autre pour désigner la vie monacale: on se jette dans le cloître; on met une fille au couvent; dans ces phrases on ne se servirait pas de monastère; le monastère ne se disant pas, d'une façon générale, comme le cloître ou lu couvent.
— HIST. xii" s. As altres chambres ont une chambre ajustée, Par unt la veieesteital cloistre plus privée, Mais à celé ure esteit à un grant loc fermée, Th. le ,
CLO
mari. 445. || xm* s. Quant il fu tiels qu'il puet aprendre, X ses letres un poi atendre, Li abes l'a en conrei pris, E en la cloistre à letres mis, Grégoire U Grand, p. 44. Oui Faus semblant vodra congnoistre, Si le quiere au siècle ou en cloistre, la Rose, H 044. L'en ne preesche mes en cloistre De Jesu Christ ne de sa mère, Ne de saint Pol, ne de saint Père, hoteb. 24 9. Et les haies sont faites à la guise des cloistres de ces moinnes blans, joinv. 206. || xv* s. Aux séculiers et en Testât de cloistre, e. desch. Poésies mss. f° 46, dans lacurne. || xvi" s. Ou sur les monts d'Auvergne, ou sur le plus haut mont Des cloistres [barrières] Pyrenez, quand la neige se fond, bons. 865. Hardis furent les cœurs qui les premiers montèrent Au ciel, et d'un grand soin les astres affrontèrent; Làsansavoir frayeur des cloistres enflamez Du monde.... id. 899. En cloistre, ne rien cognoistre, le roux de lincy, Prov. t. I, p. 8. [Les passions] ne nous abandonnent point pour changer de contrée, elles nous suyvent souvent jusques dans les cloistres et dans lés escholes de philosophie, mont, i, 276.
— ÊTYH. Provenç. claustra; anc. espagn. claustra; espagn. mod. claustro; ital. chiostro, cloître, chiostra, demeure, habitation; du latin elaustrum, qui, se disant le plus souvent au pluriel, claustra, barrières, a donné les deux formes chiostro et chiosira , et , dans le vieux français , le cloître et la cloitre; les noms pluriels neutres du latin donnent souvent, dans les langues romanes, un nom féminin singulier.
CLOÎTRÉ, ÉE (kloi-tré, trée), part, passé. Mis au couvent. Une fille cloîtrée. || Obligé de garder la clôture. Un couvent cloîtré. Depuis le concile de Trente, il n'y a presque plus de religieuses qui ne soient cloîtrées.
CLOÎTRER (kloî-tré), v. a. || 1" Contraindre une personne à embrasser la vie du cloître. Les Mattignon étaient cinq frères et force filles dont ils cloîtrèrent la plupart, st-sim. 425,420. Vous n'avez plus, monsieur, que le couvent en tête; Vous voulez tout cloîtrer; et qui vous en croirait, Avant qu'il fût dix ans, le monde finirait, hauteroche, Crisp. music. il, 4. || Fig. Enfermer, séparer du monde. || 2" Se cloîtrer, embrasser la vie monastique. || Fig. S'enfermer, se séparer du monde.
— HIST. xvi* s. Les gens d'église constituent le premier membre de Testatdu pays; etaussi bien les prélats cloistres etreligieux que prebstres séculiers jouissent de l'immunité que le droict escrit leur attribue, Nouv. coust. génér. t. n, p. 340,
CLOÎTRIER (klol-tri-é), s. m. Religieux qui habite effectivement dans le clottre, à la distinction de ceux qui sont dans la maison en qualité d'hôtes, ou qui sont réputés du dehors, parce qu'ils sont pourvus de bénéfices dépendant de la maison. || Adjectivement et par plaisanterie. Leurs cloltrières excellences, la pont. Tabl.
— HIST. xm* s. Il ne resemble chevalier, Voir por le cuer beu, mèscloistrier, De livres porte grant plenté, Ben. 20996. || xv* s. Plus vit en paix un poure chapelain Aux frais d'autrui ou par sa pourveance, Ou un cloistrier , [que] ne fait son souverain, E. desch. Poésies mss. i° 263, dans lacurne.
— ÉTYM. Cloitre; provenç. claustrier; anc. espagn. claustero.
f CLONIQUE (klo-ni-k') , ad]. Terme de médecine. Spasme clonique, mouvement tumultueux, irrégulier, indépendant de la volonté.
— ÊTYM. KXôvoç, agitation.
t CLOPÉE (klo-pée), s. f. Terme de vétérinaire. S monyme de piétin, maladie du mouton. On dit aussi clopin.
— ÉTYM. Voy. CLOPIN-CLOPANT.
t CLOPÉMANIE (klo-pé-ma-nie), s. f. Terme de médecine. Penchant irrésistible à commettre des vols.
— ÊTYM. KXoirii, vol (voy. clephte), et monte. f CLOPEUR (klo-peur) ou CLOPECX (klo-peû),
». m. Battoir à l'usage du raffineur de sucre.
— ÊTYM. Allem. klopfen, battre, frapper, t CLOPIN (klo-pin), s. m. Voy. clopée.
CLOPIN-CLOPANT (klo-pin-klo-pan) , loc. adv.
En clopinant. Aller clopin-clopant. Je m'en irai donc clopin-clopant, sév. 257. Mes gens s'en vont à trois pies Clopin-clopant comme ils peuvent, la font. Fabl. v, 2.
— HIST. xnr* s Et chemina dusques al hospi-
tal tout dopant, et pria pour Dieu qu'on le hebregast, Chr. de Rains. p. 107.
— ÉTYM. Berry, doper, boiter; wallon, clèper, boiter; provenç. clop, écloppé, boiteux; anc. franc. dop, boiteux; kvmri, cloff; du bas-latin cloppus
CLO
qui se trouve dans les lois barbares; mot difficile que Ménage et après lui Diez tirent du grec x<->aônou;, boiteux. Diez préfère cette étymologie au latin daudipes, qui a même sens et qui doit aussi être pris en considération. Ces étymologies ne sont que probables, vu que des intermédiaires manquent. Grandgagnage le tire du hollandais kruipen, kroop, ramper; ancien flamand, crepel, boiteux; anglais, cripple, estropié. On a aussi mis en avant l'allemand klopfen, heurter, battre, parce que le boiteux bat en quelque sorte la terre; mais sans intermédiaire on ne peut adopter une étymologie aussi détournée. CLOPINER (klo-pi-né) , v. n. Marcher en clochant quelque peu. Quand Vulcain,clopinant,lui vint donner à boire, la font. Fabl. xn, 42. M. du Maine pria les prélats de trouver bon qu'il me dît un mot, et vint clopinant à moi, st-sim. 263, 23. Le frater est ici , il clopine, sév. 324. Qu'une jambe de bois te siérait assez bien, Et qu'après mes guerres finies Tu viendrais avec grâce encore aux Tuileries, Éborgné, clopinant, nous servir d'entretien, ciiaul. à Bouillon, 1704. Un petit garçon , boiteux, clopinant avec ses béquilles, J. J. rouss. Prom. 6. Il ne resta à M. de Talleyrand qu'à clopiner aux pieds du colosse qu'il ne pouvait renverser, chateaubr. Mém. t. vi, p. 21*. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. — HIST. xvi* s. Le malade clopinera tousjours quelque peu, paré, viii, 37.
— ÊTYM. Voy. clopin
fCLOPINEUX, EUSE (klo-pi-neû, neû-z'), adj. Qui clopine. Je laisse la plume à M. le clopineux,
SÉV. 323.
— êtym. Clopiner.
CLOPORTE (klo-por-f), s. m. Genre de crustacés isopodes, dans lequel on distingue le cloporte des murs, dit vulgairement cloporte.
— HIST. xvi* s. Une beste semblable à un clouporte, que les Italiens appellent porceleti, paré, xix, 16. Clooportes, autrement pourcelets de Saint Antoine , petites bestes plates qu'on trouve es caves humides sous les pierres, o. de serres, 812.
— ÊTYM. Saumaise et après lui Ménage tirent ce mot de daudere, fermer (voy. clore), et porcus, porc, attendu, d'une part, que ces animaux vivent dans des endroits fermés, et d'autre part, qu'onles nomme généralement d'un mot qui signifie cochon : ital. porcellelto, norm. trée, c'est-à-dire truie.
CLOQUE (klo-k') , s. f. || 1° Sorte de maladie qui attaque les feuilles du pêcher et y forme des espèces d'ampoules. || 2° Dans les blanchisseries de cire, ruban de cire qui se noue quand le cylindre n'est pas partout également chargé d'eau.
— ÊTYM. Cloche, dont cloque n'est que la prononciation picarde, et qui est pris ici dans le sens d'ampoule.
t CLOQUÉ, ÉE (klo-ké, kée), adj. Terme de jardinage. Qui est atteint de la cloque.
— ÉTYM. Cloque.
t CLOQUETIEU (klo-ke-tié) , s. m. Morceau de bois auquel est attaché l'archet servant au mouleur de brique à couper la terre.
CLORE (klo-r')1 v. a. Usité seulement'dansles formes suivantes : je clos, tu clos, il clôt; je clorai; je clorais; clos; que je close; clos, close. || 1° Boucher ce qui est ouvert. Clore les passages. Je sais qu'il fittrancheret clore ce conduitPar où ce grand secours devaitêtre introduit, coRN.Pomp.v, 3. || Dans la vannerie, clore une corbeille, serrer l'osier avec un fer. || Clore l'oeil, la paupière, dormir. Ne pouvant clore l'œil, se plaignait en pleurant, Régnier, Dial. Il ne connaissait plus le sommeil, et la froide main de la mort pouvait seule lui clore les yeux, boss. le Tellier. || Fig. Clore la bouche à quelqu'un, l'empêcher de parler, le réduire à ne pouvoir répondre. Mais la naïveté.... Clôt-elle pas la bouche à leur impiété? malh. i, 4.112° Enclore. Clore une ville, un jardin. || 3° Fig. Terminer. Clore un marché. Quand j'aurai clos mon dernier jour, malh. v, 20. Oui, seigneur, cette heure infortunée Par mes derniers soupirs clora ma destinée, corn. Nicom.iv, 4 . J'écris quelques pages sur votre compte ; vous clorez , s'il vous plaît, le siècle de Louis XIV; car vous êtes né sous lui, volt. Lett. duc de Richelieu, 25 oct. 4764. Qui empêche, quand on s'aperçoit de lafuite du bonheur, de clore la vie? chateaub. Natch. n, 4 57. || Déclarer terminé. Clore une discussion dans une assemblée. || 4° Dans les exercices de la chevalerie, clore le pas, terminer le tournoi, par opposition à ouvrir le pas, commencer le tournoi. || 6° V. n. Cette porte, cette fenêtre ne clôt pas. Lorsque le jour allait clore, chateaub. Amer. «7. || 6* Se clore, v. réfl. Être clos. Un œil qui se clôt.
— REM. Des grammairiens se sont plaints qu'on
CLO
laissât sans raison tomber en désuétude plusieurs formes du verbe clore. Pourquoi en effet ne diraiton pas : nous closons, vous closez; l'imparfait, je rjosais; le prétérit défini, je closis, et l'imparfait du subjonctif, je closisse? Ces formes n'ont rien de rude ni d'étrange, et il serait bon que l'usage ne les abandonnât pas.
— SYN. clore, fermer. Fermer, qui vient de firmare, rendre ferme, assurer, fortifier, s'est substitué peu à peu à tous les emplois de clore qui, venant de daudere, était, à l'origine, le mot propre. Aussi, malgré l'étymologie, n'y a-t-il guère de différence qu'en ce que le premier est d'un usage général , tandis que le second est d'un emploi restreint.' Qu'on prenne toutes les locutions, et Ton verra que les nuances sont insaisissables. On ferme ou on clôt un jardin de murs; le sommeil nous ferme ou nous clôt les yeux; le président ferme ou clôt la discussion ; cette porte ne ferme pas bien ou ne clôt pas bien (pourtant on dira, avec une nuance : cette porte ferme bien, mais elle ne clôt pas; c'est-à-dire les verrous en sont solides, mais elle laisse des jours). En un mot, fermer, prenant le sens de clore, s'est partout substitué à lui , excepté dans quelques locutions toutes faites: à huis clos, et non à huis fermé; nuit close, et non nuit fermée; le propriétaire de la maison est obligé de teni r le locataire clos et couvert , et non fermé (ici fermé ferait presque un contresens). En revanche, ce serait un autre contre-sens que de dire à quelqu'un de clore la porte, au lieu .de fermer la porte, parce qu'on veut dire l'arrêter par le pêne ou par un loquet, non pas la clore. En somme, c'est l'effet naturel d'un mot impropre qui se substitue à un mot propre, d'en prendre la plupart des significations et pourtant de ne pas le chasser des locutions traditionnelles.
— HIST. xn* s. Sire [il] fu de Illande, une terre où mers clôt, Sax. xvn. Plus a fierté Herupe etBretaigne et Touraine Que tous li remenanz que mers cloe et açaine, ib. xxx. De ci que il out parfait sun palais e le temple nostre seignur, e clos le mur envirun Jérusalem, Bots, 233. ||xm*s. Ces hausmurs et ces riches tours dont la vile estoit elose, villeh. lxi. Lors se clostrent li nostre de lices par defors, id. cliii. Et si ot molt bêle maison, Close de haut mur environ, Lot du trot. Por la destrece de mort cloudrent [se fermèrent] mi oeil, Psautier, f° 4 00. Ançois doivent li auditeur clorre et seeler ce qui est fet et aporter en jugement, beaum. vi, 45. Et nous n'avons point de demain, Quar li termes vient et aprouche Que la mort nous clorra la bouche, ruteb. 97. Li roys fist clorre tout l'ost de grans fossés, joinv. 24 8. Et commanda le roy que l'en clousisî nostre ost de fossés , ID. 224 . Et jà parole ne fust née, Se bouche fust close tous jours, Denier et brebis, dans jubinal, L ii, 264. f| xiv«s. Son sanc est ou cuer et es euls [yeux] qui sont gros, et ne les clôt onques, oresme, Eth. 23. || xv* s. Pour eux tollir et clorre le pas de la mer [aux assiégés de Calais] , froiss. i, i, 34 5. Où ils cloyoient la plus part de Post, comm. i, 2. Commandèrent qu'on amenast le charroy là où nous estions et que on nous cloyst , et ainsi fut fait, id. i, 4. Avant que le roy prist Arras, la ville cloyoit contre la cité, et y avoit grans fossez et grandes murailles entre deux, ainsi la cité •estoit bien close, id. vi, 6. Je vous supplie que vous cloyez les fenestres, afin que nous soyons plus secrètement, louis xi, Nouv. xcvm. || xvi* s Car
crainte et doubte alors Luy cloent le bec, contemplant les richesses, i. mahot, v, 266. Mais mieux me vaut rendre ma lettre close , marot, n, 23. Cloue* tout court, rentrez de bonne sorte : Maistre passé serez certainement En un rondeau, id. ii, 373. Ep liberté maintenant me pourmaine, Mais eB prisoL pourtant je fus cloué, id. ii, 425. Cela n'eust pu sembler autre chose que battre l'air à clos yeux, calvin, 26. Juppiter s'excusoyt, remonstrant que tous ses bénéfices estoyent distribuez, et que son estât estoyt clouz, rab. Pant. m, 33. Le soleil levant, il s'espanouit; soy cachant, il se cloust, id. t&. m, 50. Clore et plier une lettre , mont, i , 293. Il ne m'est onques advenu de trouver la bourse de mes amis close, id. i, 342. Je m'en vais clore ce pas par un verset ancien que.... id. i, 336. Tel en camp clos, qu'en une battaille, id. n, 7. Elle appelle ses filles pour luy clorre les yeulx, id. ii, 44. Le gardans de pouvoir clorre l'œil, en le contraignant par toute voye et tout moyen de veiller et demourer sans dormir, amyot.P. Mm. 59. Hz avoient conspiré entre eulx, que le premier jour que les Romains sorliroient, ilz leur clorroient la porte à la cueue, id. Marcel. 44. Pour clorre le chemin à ses ennemis... id. Sylla, 46. Use jettoità clos yeux au danger,».
CLO
Phocion, 8. Quand se vint à la nuict close, que l'on ne voyoit desjà plus goutte, id. César, 44. Jusques à ce que les ennemis vindrent à monter sur les remparts qui clouoient son camp, id. ib. 60. Fermant la bouche à la raison, et clouant les yeux à l'imagination du péril, id. Pomp. 85. Qu'elle tienne son halaine par intervale, en clouant le nez et la bouche, paré, t. il, p. 629. Nous fismes un contract ensemble l'autre jour, Que tu me donnerois mille baisers d'amour, X lèvres demi-closes, hons. 84 0.
— ÊTYM. Berry, clouer; picard, cloer, cloître; provenç. claure, clauxer, dure; anc. catal. cloir; ital. chiudere ; du latin claudere. L'ancien français disait il clôt et ilcloe, nous cloons, il clooit; d'où la confusion qui s'est faite, pour le son, avec clouer.
i . CLOS , CLOSE (klô , klô-z' ) , part, passé, de clore. |l 1" Fermé. Jardin clos de murailles. Bien semble être la mer une barre assez forte Pour nous ôter l'espoir qu'il puisse être battu ; Mais est-il rien de clos dont ne trouve la porte Ton heur et ta vertu? malh. ii, 4 2. Ces beaux yeux souverains [de Jésus] qui traversent la terre Mieux que les yeux mortels ne traversent le verre, Et qui n'ont rien de clos a leur juste courroux, id. i, 4. Là les mains ne sont closes Pour recevoir, la font. Orais. Ce dragon qui jamais n'a les paupières closes, corn. Uédée, m, 3. Pour un si beau dessein il n'est porte trop close, rotrou, Anlig. v, 3. Que nos portes restent closes , Et jusqu'au retour des roses Chauffons-nous, chauffons-nous bien, bérang. Hiver. || Fig. L'espérance m'en est close, malh. v, 23. Il Terme de blason. Couronne close,, couronne fermée. || 2° Bien fermé. Un propriétaire doit tenir son locataire clos et couvert, il doit entretenir en bon état la clôture et la couverture. || Fig. Se tenir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté, et aussi être peu communicatif. Un chacun, sans parler, se tient clos et couvert, Régnier, Sat. xi. Le meilleur était que je m'étais parfaitement tenu clos et couvert sur le mariage, st-sim. 271, 4 80. Que, pour courir à tous n'étant plus assez vert, Il se veut désormais tenir clos et couvert, la font. Eunuque, y, 3. || Se tenir clos et coi, ne pas bouger de chez soi. Dans les visites qui sont faites Le renard se dispense et se tient clos et coi, la font. Fabl. vin, 3. || 3° Renfermé. L'exemple des amants est clos dans ce tombeau, malh. v, 8. || Demi-clos. [Saint Pierre marchant sur les eaux] Quand, déjà demi-clos sous la vague profonde , Vous ayant appelé, vous affermîtes l'onde, Et, m'assurant les pieds, m'étonnâtes l'esprit, malh. i, 4. || 4" En termes d'hippiatrique, cheval clos de derrière ou crochu, cheval dont les jarrets sont trop rapprochés. || 5° Les yeux clos, ou, plus rarement, àyeux clos, les yeux fermés. || Fig. Aveuglément, sans balancer. Et se jette à clos yeux au danger plus extrême, rotrou, Antig. jv, 4. || Avoir les yeux clos, être mort. Il n'eut pas sitôt les yeux clos, que.... || 6" Champ clos, lice fermée de barrières pour les tournois et les duels judiciaires. Pour décider leur querelle en champ clos, boss. Louts de Bourb. Quand elle entre en champ clos avec le dieu de Thrace , la font. Tabl. Et malgré notre usage antique et solennel De défendre en champ clos le sexe qu'on outrage, volt. Tancr. m, 4. || 7" Terme de droit criminel. X huis clos, à portes fermées, c'est-à-dire sans que le public soit admis et sans que publicité soit donnée aux débats. || Substantivement. Le huis clos est requis dans les affaires qui offensent les bonnes mœurs. || 8° Lettre close, ordre du roi contenu dans une lettre fermée de son cachet et souscrits par un secrétaire d'État. || Fig. C'est lettre close pour moi , c'est une chose où je ne comprends rien. Le fond de cette intrigue est pour moi lettre close, mol. le Dép.u, 4. Sans dire quoi, car c'étaient lettres closes, la font. Vill. || 9° Avoir la bouche close, se taire, garder un secret. Si l'on veut qu'ils aient la bouche close, mol. le Dép. H, 8. || Bouche close I Gardez le silence, le secret. || 10" X la nuit close, lorsqu'il est tout à fait nuit. || il" Pâques closes, le dimanche d'après Pâques ou de Quasimodo, auquel jour se terminent les cérémonies de Pâques.
2. CLOS (klô; l'i se lie : un clos attenant, dites : un klô-z attenant), s. m. Terrain cultivé et clos de haies ou de murs. Un clos de vigne. Un jardin et le clos attenant.
— hist. xiii' s. N'aureie anuit [cette nuit] paiz ou repos, Se il giseit dedens mon clos, Grégoire le Grand, p. 86. Ensi coume la voie change , Lez un essart delez un clous, Iluecdut Renart estre enclous, lien. 639. Es clos devant la porte de la cité garnie, Là troverent sarcus [cercueil] de marbre de Persie, 67». d'Ant. îv, 439. De ce clos où il les avoient mis, les fesoient traire l'un après l'autre, joinv. 242. ||iv#s. Une