‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 344 sur 403 · LA BRUY. III · texte numérisé non relu

LA BRUY. III

— SYN. conduire, mener, guidf.r. Celui qui conduit peut ne pas savoir le chemin; celui qui guide sait le chemin. Celui qui mène peut ne pas conduire, c'est-à-dire faire cheminer, et peut ne pas guider, c'est-à-dire connaître les chemins à prendre. Un chien conduit un aveugle ou le guide, suivant que ce clfien ne sait pas encore le chemin ou qu'il le sait déjà; mais c'est l'aveugle qui mène le chien.

— HIST. x* s. Poscite que cest fructum que mostret nos habemus, que el nos conservet, et ad maturi.... ure [maturitatem condure] lo posciomes [puissions], Fragm. de Valenc. p. 469. ||xr*s. Que nous seions conduit à mendier, Ch. de Bol. m. [que] Par animal l'i [en enfer] condoist [conduise] Jupiter, ib. cvi. || xn* s. X Saragoze ert conduz, Ronc. p. 46. En Roncisvals condurai mes amis, t&. p. 42. Conduis ma gent à force et à vertu, ib. p. 4 24. Qu'il les conduie as angles spiritaus, ib. p. 4 60. Ces [ceux-là] conduit Murgalez du règne d'Afanie, Sax. vu. Tous jours te conduira ta créance et tes drois [ton droit], <6. xvni. || xni* s. Et là o [où] il en mer esteit, Si com fortune le voleit, Molt près de péril e de mort, Sans nul conduit e sanz confort, Fors sol l'onde qui'I conduseit,... Grégoire le Grand, p. 33. Il parmena el désert lesfilz Israël, et les conduist en la terre de promissiun, Psautier, f°95. Et Johannis leur fist jurer qu'il les condiroit tout sauvement, villeh. cm. Dame Dieu la conduie et la prenne en sa part, Berte, xxn. Ainsi se doit dame déduire, Qui d'amors vuet son cors conduire, Lai du conseil. Se Jehans eust dit au vendre : je voz vent dix muis de blé conduis à Clermont, beaum. xxvi, s. || xv' s. Pour gaigner et conduyre le duc de Bourgogne à mettre sus une armée en son pays, comm. i, 2. Sagement il [Louis XI] conduysoit l'adversité, id. i, 4 0. X riens ne voulut le dit duc entendre, et jaconduysit son malheur, id. v, f. || xvi*s. Ce monde est comparé à ung feu bien allumé, dont ung petit est bon pour soy esclairer à soy conduyre ; mais qui trop en prent, il se art, Roxier histor. i, 2. Aux guerres par lui conduictes contre culx, mont, i, 46. Les

CON

Athéniens estoient à choisir de deux architectes \ conduire une grande fabrique [édifice], id. i, 4 89. Tel se conduict bien, qui ne conduict pas bien les aultres, id. iv, 433. Il en demoura plus de quatre mille sur la place, pour ce qu'ilz n'avoient personne qui les conduisist, amyot, Philop. 4 e. Le chemin est uny et plain qui conduit l'homme à croire ce i qu'il veult, id. Ârtax. 42. Ce fut toy qui de nuict j abandonnant sa ville Conduis le vieil Priam en la tente d'Achille, rons. 9)9.

— ÉTYM. Wallon, kidûre; provenç. conduire, conduire; catal.eondutY;espagn. ennducir; portug. conduzir; ital. condurre; du latin conducere, de eum,avec, et ducere, mener (voy. duire).

t CONDUISEUR (kon-dui-zeur), s. m. || l'Ouvrier qui conduit le bassicotdansune ardoisière. || 2°Terme d'eaux et forêts. Commis préposé par le marchand de bois.

— HIST. xm* s De l'une fu Richarts conduisieres, Fierabras, dans raynouard, t. m, p. 83. || xiv* s. Bauduins fu dolans, n'i ot que courrechier, Les conduiseurs du mast emprist à araisnier, Baud. de Seb. vm, 728. || xv*s. Deux mille hommes de Gand, desquels François Acreman estoit conduiseur, froiss. h, il, 225. Et'comme prudence et sagesse soit mère et conduiseresse desautres vertus, christ, de pisan, Charles V, I, ch. 22. De ceste compaignie fut capitaine et conduiseur un chevalier qui au dict siège estoit, Bouciq. I, ch. 44.

— ÊTYM. Conduisant.

\ CONDUISOIR (kon-dui-zoir), s. m. Long bâton qui, percé à l'un de ses bouts, sert dans les corderies à conduire un fil de caret enfilé dans le bout percé.

— ÉTYM. Conduisant.

4. CONDUIT, UITE (kon-dui, dui-f), part, posté de conduire. Que l'on fait aller avec soi. Téiémaque conduit par Mentor. Que ne peut l'amitié conduite par l'amour? rac. Andr. m, 4. || Dirigé. Socrate conduit par la sagesse. Le pinceau conduit par une main habile. Le raisonnement bien conduit portait à le croire, pasc. dans cousin. || Au théâtre, une intrigue bien conduite, intrigue dont les incidents sont bien ménagés. || Terme de peinture. Jours bien conduits, jours bien distribués. || Terme de jardinage. Taillé et pincé suivant les règles. X moins que les branches ne se fassent de la confusion les unes aux autres, ce qui est assez rare dans un arbre bien conduit, la quintinye, Jardins, 1, ni, 40. Il Terme d'entrepreneur. Des travaux de terrassement, de bâtisse, conduits par un homme intelligent. H Entraîné. Conduit par de mauvaises passions. || Amené. Conduit à la misère par la prodigalité.

2. CONDUIT (kon-dui ; le t se lie: kon-dui-t étroit; au pluriel l's se lie: des kond-ui-z étroits), s. m. H 1° Canal étroit ou tuyau par lequel un liquide ou un fluide peut circuler. Conduit souterrain. Boucher un conduit. Les conduits de la respiration, de la déglutition. || Boyau par lequel on chemine sous terre ou à travers des murailles. Je sais qu'il fit trancher et clore ce conduit Par où ce grand secours devait être introduit, corn. Pomp. v, 3. || Espace vide laissé sous la plaque du foyer d'un poêle, pour le passage de l'air froid. || Terme d'anatomie. Conduit auditif, le pertuis qui est à l'oreille et qui conduit jusqu'au tympan. || 2* Terme de marine. Poulie ou autre support par où passe une manoeuvre. H Terme de métier. Appui d'un outil. || Petit tube renfermant les fils de fer d'une sonnette. || 3* Dans l'ancienne musique, sorte de motet.

— HIST. xii* s. Dune enveia li bers [le baron] al cunte dous [deux] abez, Qu'il li doinse conduit, qu'il seit ultre passez Par Flandres, ù il est venuz e arivez, Th. ïemarf.64 . Or i parra se preus serez; Or le verrai ; or i parra Se vostre conduiz [conduite, compagnie] me garra, la Charrette, 4 630. || xm' s. Souvent s'est commandée au dame Dieu conduit, Berte, xxxvi. Puis ont lur dame remenée Li riche orne de la contrée X grant conduit en son palais, Grégoire le Grand, p. 34. Totes ces ewes ki par leur nature sont douces premièrement prendent autres natures par les conduis ù eles passent, alebrant, f 8. Et s'en r"alerent par le conduit le comte de Savoie qui les conduisit jusques à Rome, Chr. de Rains, p. 428. Or volons en ceste seconde partie tretier des chaLcies, destonlius, des travers, des conduis [sorte de taxe], des rivages, Liv. des met. 376. Entendez ça, ne vos anuit; Renart est venuz par conduit, Por droit faire et por amender Ce qu'on li saura demander, Ren. 4 4 050. Celui qui chace sanz conduit [permission] El bois, et sa venoison emble.... ib. 47642. Si te vantas que tôt sanz livres Chanteroies bien un

CON

conduit; Lors commenças à si grant bruit Que tuit cil de la vile vindrent, ib. H429. Ains irés par joliTeté, Chantant en pardurableté Motez, conduis et chançonnettes, ib. 20859. Tuit cil qui sunt el marcié, ou en alant ou venant du marcié, sunt el conduit le conte et doivent avoir sauf aler et sauf venir, beauh. xxx, ta. || xV s. Ne demeura pas quinze jours après que Espaignolet avec sa route s'en vint de nuit bouter ens ou conduitdontl'allée respondoit au cbastel , froiss. ii, m, 23. Ainsi reconquist la dite roine le royaume d'Angleterre, sous le coDfort et conduit de monseigneur Jean de Hainaut, id. I, i, 22. || xvi* s. Hz disoient que ce n'estoit pas une esquinance qui luy avoit estouppé la nuict le conduit de la voix, amvot, Démosth. 36. Les esgouts soubterrains, et les conduits d'eaux dont la ville est toute pleine, id. Pyrrh. 73.

— ÊTYM. Provenç. conduch ; espagn. eondutto; ital. condotto; du latin conductus (voy. conduire).

CONDUITE (kon-dui-f) , s. f. || i" Action de conduire, de mener, de guider. Être chargé de la conduite d'un aveugle, d'un troupeau, d'un convoi. || Par extension, celui qui conduit. À vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, mol. Tart. v, «. || Terme de marine. Frais de route payés aux marins pour se rendre dans les ports militaires ou pour retourner dans leurs quartiers. || 2° Accompagnement avec cérémonie. Être chargé de la conduite d'un ambassadeur. Faire la conduite à un camarade qui part. || 3°Cequi conduit, dirige.|| Terme de marine. Poulie de conduite, poulie qui dirige cerlains cordages. || Terme de métier. Partie excédante du fût d'un outil de menuisier, qui l'empêche de descendre trop. || Pièce d'une grosse horloge, qui transmet le mouvement à une certaine distance. || 4" Terme d'hydraulique. Aqueduc , tuyau qui conduit les eaux. Ces fontaines Dont les conduites souterraines.... malh. m, 3. || Fig. Et par une conduite immense La grâce descend dessus nous, Régnier, Hymne. || Petit canal pratiqué sous le carreau, pour amener l'air extérieur dans le foyer et faire monter la fumée. || 5° Fig. L'action de conduire, de diriger. Être chargé de la conduite d'un diocèse, de la conduite des âmes. Avoir la conduite d'une armée. Prendre la conduite d'une entreprise. Laissez-moi la conduite de cette affaire. Et de ton heureux sort laisse-moi la conduite, corn. Nicom. i, i. Je vois sur la frontière une puissante armée , Comme vous l'avez dit, à vaincre accoutumée; Mais par quelle conduite et sous quel général? id. t'6. m, 2. Quand un monarque agit par sa propre conduite, id. Othon, i, 4. Il leur laissait toute la conduite de l'affaire, sév. 401. Je suis les conduites ordinaires de la prudence, id. 318. Et nous verrons ensuite Si je dois de vos feux reprendre la conduite, mol. l'Étour. ni, 5. Le fils fut mis souslaconduiteD'unprécepteur, la font. Contr. Sur l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi? pasc. dans cousin. Dieu ne fait plus de miracles dans la conduite ordinaire de son Eglise, id. ib. Remettons-nous à Dieu pour la conduite de nos vies, id. ib. Si nous lui en remettons la conduite, id. t'b.Vous pouvez du départ me laisser la conduite , rac. Etth. m , 4 . Allez , de votre sort laissez-moi la conduite, id. Andr. iv, 3. Ceui à qui je voulais qu'on livrât sa conduite, id. Brit. iv , 2. Arsace, je me vois chargé de sa conduite, id. Bcrén. m, 2. Régner et de l'État embrasser la conduite, id. Phèd. m, 1. Mais c« n'est que l'effet d'une sage conduite Dont César a voulu que voussoyez instruite, id. Brit. i, 2. || 6° Terme de théologie. Voie divine, dessein divin. Le ciel choisit souvent de secrètes conduites Qu'on ne peut démêler qu'après de longues suites, corn. QEdipe, iv, 4 . La conduite dont Dieu s'est servi en cette rencontre, pasc. Lelt. 1" avril 1648. Voilàles admirables conduites de la sagesse de Dieu sur le salut des saints, id. Lett. 4. La conduite de Dieu sur la vie et la maladie, id. dans cousin. Nous bénirons la conduite de la Providence, id. ib. J'ai fait de sérieuses réflexions sur les conduites de Dieu sur vous, boss. Lelt. 4 o. Dans le nouveau Testament ila suivi une autre conduite, id. But. n, 13. Elle conserve dans son coeur la conduite passée de Dieu sur elle, mass. Uyst. Purif. 4 . Telle fut envers Bernard la conduite de la grâce, id. Panég. SI Bern. || 7° Direction de travaux de constructions, de fortifications, de siège. La conduite des travaux du Louvre. Avoir la conduite d'une tranchée. || Le plan et la marche d'un ouvrage d'esprit. La conduite d'un poème dramatique. Un caractère tracé avec beaucoup de conduite. Il Terme de peinture. Bonne ordonnance d'un tableau. || Terme de musique. Art de mettre en oeuvre et de développer le motif d'une composition. n Terme de rhythmique ancienne. Conduite rhy thnii-

CON

que, ou, simplement, rhythmique, rapidité ou lenteur dans le temps ou la marche de la déclamation. || 8° Manière de se comporter, de se gouverner. Avoir une bonne conduite. Mais je ne comprends point toute votre conduite, corn. Nicom. m, 4. On donne des conseils, mais on n'inspire pas de conduite, larochef. Rifl. 378. Mais des yeux du Seigneur leur conduite éclairée Ne s'écartait jamais de la divine loi, la font. Captivité de SI ilalc. Il avait voulu l'engager à tenir une conduite plus droite, fén. Tél. xxi. L'Hespérie et toute la Grèce, qui ont les yeux sur nous, méritent que nous tenions cette conduite pour en être estimés, id. Tél. xx. Combien voit-on de gens qui, sur une vaine confiance en leur bonne intention, s'engagent dans de fausses conduites! id. ib. xvn. L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port-Royal instruite, boil. Sat. x. Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins, Et laissé d'un vizir la fortune flottante Suivre de ces amants la conduite imprudente, rac. Baj. iv, 7. D'un rival en fureur est-ce là la conduite? m. Mithr. iv, 1. Vous-même rougiriez de ma lâche conduite, id. Bérén. v, 6. || Absolument. Bonne conduite. Avoir de la conduite. Manquer de conduite. Être sans conduite. || Certaines façons dont on use. La conduite qu'il a tenue hier soir est sans excuse. || Prudence, adresse, savoir-faire. Le malheur, par conduite, au bonheur cédera, Régnier, Sot. xm. Détester en pleurant votre peu de conduite, tristan, Mort de Chrispe, iv, 1. [Il] Ménagea notre vie avec tant de conduite, rotr. Veneesl. iv, 6. Vous avez de la prudence, de la conduite, sév. 432. Près du prince Gygès eut assez de conduite, la font. Cand.

— REM. 1. D'après Laveaux, ce nom n'a point de pluriel, si ce n'est en termes d'hydraulique, en parlant des tuyaux des aqueducs qui conduisent les eaux d'un endroit à un autre. C'est une erreur. Conduite a un pluriel dans tous les sens comme on peut le voir aux exemples. || 2. Dans le sens théoiogique de direction divine, conduite prend la préposition sur.

— HIST. xm" s. Et ferons nous encore davantage, que nous métrons cinquante galies armées en vostre conduite, villeh. xiv. || xvi's. Dame Pallas qui luy avoit prefix Ducteurs expers et de sure conduicte Pour gouverner si puissant exercite [armée], j. marot, v, 64. Les jeux, danses, desquelles l'antiquité a donné le patronage et la conduicte aux dieux mesmes, mont, i, t84. Cette bataille gaignée soubs la conduicte de dom Joan d'Austria, id. i, 249. Soubz sa conduitte ilz avoient accoustûmé de batre tousjours leurs ennemis, amïot, Philop. 43 La dure mère sert de conduite aux veines et artères estans entrées au crâne , lesquelles s'insèrent en la duplicature d'icelle, paré, m, 6. Comme on voit la navire attendre bien souvent Au premier front du port la conduite du vent, rons. 424.

— ÉTYM. Conduit, participe passé pris au féminin et substantivement; bourguig. condule, condeute.

t CONDUPLICABLE ( kon-du-pli-ka-bl'), adj. Terme de botanique. Susceptible d'être condupliqué.

— ÉTYM. Condupliqué.

t CONDUPLICATIF, IVE (kon-du-pli-ka-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Plié dans le sens de la longueur. Préfoliaison, préfloraison conduplicative.

— ÊTYM. Condupliquer.

f C0NDUPLICAT10N (kon-du-pli-ka-sion) , s. f. Terme de rhétorique. Figure qui consiste à répéter un mot au commencement ou à la fin d'une phrase.

— ÊTYM. Condupliquer.

t CONDUPLIQUÉ, ÉE (kon-du-pli-ké, kée), adj. Terme de botanique. Plié en double dans le sens de la longueur.

— ÊTYM. Latin cum, et duplicare , doubler (voy. double).

CONDYLE (kon-di-1') , s. m. Terme d'anatomie. Éminence articulaire d'un os, arrondie en un sens et aplatie dans l'autre. Les condyles de l'extrémité inférieure de l'humérus.

— HIST. XVI* s. L'os du bras a une assez grande epiphyse, ou condyle, ou teste en sa partie supérieure, PARÉ, IV, 25.

— ÉTYM. KôvSuXo;.

t CONDYLIEN, IENNE (kon-di-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux condyles.

— ÉTYM. Condyle.

fCONDYLOÏDE (kon-di-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Qui a la forme d'un condyle.

— ÊTYM. KovêuXo;, condyle, et elêo;, form». CONDYLO&E (kon-di-lô-m') , s. m. Terme de

médecine. Excroissance charnue douloureuse, qui siège dans les régions anale, périnéale et génitale.

CON

— HIST. xvi' s. Condylomes sont eminences ridées et comme excroissance de chair , paré , xvm, 87.

— ÊTYM. Kov5ûXu|ia , de xôvSuXo; , condyle

(VOy. CONDYLE).

t CONDYLOPHORE (kon-di-lo-fo-r*) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des nœuds.

— ÊTYM. Condyle, et ipofè;, qui porte.

CONE (kô-n'), ». m. || 1° Solide à base circulaire ou elliptique, et terminé en pointe. Un cône s'évalue en multipliant la base par le tiers de la hauteur. Un cornet de papier, un pain de sucre sont en forme de cône. Eile [la mère crocodile] se promène entre les nids de ses sœurs, qui forment des cônes d'œufs et d'argile, cbateaub. Génie, i, v, 40. || Cône tronqué, cône dont la partie supérieure a été coupée par un plan. Cône droit, cône dont l'axe est perpendiculaire à la base. Cône oblique, cône dont l'axe est oblique à la base. || Terme d'optique. Cône de lumière, faisceaux de rayons lumineux partant d'un point et allant en divergeant. || Terme d'astronomie. Cône d'ombre, l'ombre conique qu'une planète éclairée d'un côté par le soleil projette da l'autre côté dans l'espace. Les éclipses de lune ont lieu quand la lune entre en tout ou en partie dans le cône d'ombre que la terre projette. || 2"'Terme d'histoire naturelle. Genre de coquillages univalves, remarquables par l'élégance de leur forme et l'éclat do leurs couleurs. || 3° Terme de botanique. Assemi ovoïdal d'écaillés coriaces, imbriquées en tout sens autour d'un axe commun, par exemple le fruit du pin. || Cône d'or, espèce d'agaric des environs de Paris. || Partie du houblon qui sert à la fabrication de la bière et aux infusions. || i°Termede jardinage1. Voy. pyramide. || 5° Moule de fer fondu, de forma conique, dans lequel on verse les niétaui en fusion. || Vaisseau où se verse le sucre liquide.

— ÊTYM. Conus, de xûvoç.

t CÔNE, ÉE (kô-né, née), adj. Qui ressemble à un cône, en parlant de coquilles.

— ÊTYM. Cône.

t CONFABULATEUR (kon-fa-bu-la-teur ) , s. m. Vieux mot qui s'est dit de celui qui prend part à une confabulation.

— ÊTYM. Confabuler.

CONFABULATION (kon-fa-bu-la-sion) , s. f. V.ntretien familier. Pour ce qui était de M. de Bouillon et de M. de Turenue, la confabulation fut bien plus longue, retz, iv, 14. Je ne monte pas à cette tribune pour éclairer les confabulations qu'on vient de vous présenter, Mirabeau, Collection, t. iv, p. i oi.

— ÊTYM. Ital. confabulazione ; du latin confabulationem, de confabulari, confabuler.

CONFABULER (kon-fa-bu-lé) , v. n. S'entretenir familièrement. Il est vieux ou du moins marotique. Apelle un jour vint entre cinq et six Confabuler chez son ami Zeuxis, volt. Poésies mêlées, 42.

— ÊTYM. Ital. confabulare; du Latin confabulari, de cum, et fabulari, parler, de fabula (voy. fable).

t CONFALON (kon-fa-lon) ou GONFALON (gonfa-lon), s. m. Confrérie de séculiers dits pénitents à qui St Bonaventure prescrivit en 4 264 une forme particulière de prières ; plus tard Grégoire XIII confirma cette confrérie et lui donna le soin de délivrer les chrétiens esclaves des mains des infidèles.

— ÉTYM. Confalon est une autre forme de gonfalon, bannière (voy. gonfàlon).

+ CONFARRÉATION (kon-fa-rré-a-sion) , s. (. La forme de mariage la plus solennelle chez les Romains et dans laquelle le grand pontife et le flamine de Jupiter unissaient les époux par les céréales (en latin, fruges) et la pâte salée (voy. servius, ad Virg. Georg. i).

— ÊTYM. Lat. confarreatio , de cum, avec, et far, farine : le partage de la farine, du pain.

CONFECTION (kon-fè-ksion ; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. || 1° Action de faire jusqu'à achèvement. La confection d'un canal , d'une route. Jusqu'à parfaite confection. Les liaisons de notre académicien avec plusieurs évêques qui se reposaient même sur lui de la confection de leurs mandements, d'alembert, Éloges, Trublet. || 2" Terme de pratique. Action d'établir, de dresser. La confection d'un inventaire, d'une liste. || 8* Fabrication, en grand et sans commande, d'objets d'arts mécaniques. Des marchandises de confection, ou, simplement, de la confection. || Terme de tailleur et de couturière. Faire la confection, faire des habillements à l'avance et par assortiment || Le vêtement fait ainsi à l'avance et par assortiment, et, eu particulier, pour les femmes, un manteaj, un mantelet , un chàle garni. Acheter une confection. || Et aussi l'étalage, la partie du magasin où sont le* objets

confectionnés. Monter , passer à la confection. || 4* Terme de pharmacie. Préparation pharmaceutique, de consistance pulpeuse, composée de plusieurs =uhstances en poudre et d'une certaine quantité de sirop ou de miel.

— HIST. xiii* s. En un bacin sur le charbun Seit feite la confecoion, Us. St Jean. || xiv s. Et porroit l'en respondre, que aucuns ars sont de delettacion, si corne art de faire pigmens, confettions et odeurs, oresme, Eth. 23). || xvi* s. Des potions cordiales, qui se feront de confection d'alkermès, paré, xx, 34 .

ÏTYM. Génev. confession, sorte de médicament;

provenç. confection; espagn. confeccion; ital. confmione; du latin confectionem , de conficere, achever, parfaire, de cum, et facere, faire.

CONFECTIONNÉ, ÉE (kon-fè-ksio-né, née), part. passe, lies habits bien confectionnés.

CONFECTIONNER (kon-fè-ksio-né), v. a. Opérer la confection de quelque chose. Confectionner une machine. || Se confectionner, v. réfl. Être confectionné. C'est là que se confectionnent ces machine*.

— ÉTYM. Confection.

t CONFECTIONNEUR , EUSE (kon-fè-ksio-neur, nert-z') , s. m. et f. Celui, celle qui confectionne, surtout en parlant des vêtements

— ÉTYM. Confectionner.

CONFÉDÉRATEUR , TRICE (kon-fé-dé-ra-teur,

tris'), t. m. et f. Celui, celle qui organise une confédération.

— ETYM. Confédérer.

CONKÉDÉRATIF, IVE (kon-fé-dé-ra-tif, ti-v'), ad}. Ou' appartient à une confédération. Traité confédératif. Je sais encore qu'il y aura un contingent à fourni! à la confédération, tant pour la garde des frontières de l'Europe que pour l'entretien de l'armée confédérative, J. J. rouss. Paix perpétuelle. L'Europe a formé autrefois une société confédérative unie par des institutions communes, Henri de st-simon, Œuvres choisies , t. n, p. 262, Bruxelles, 4M*.

— ÉTYM. Confédérer.

CONFÉDÉRATION (kon-fé-dé-ra-sion ; en poésie,

de six syllabes), s. f. || 1" Union entre plusieurs Etats qui, tout en gardant une certaine autonomie, s'associent pour former un seul État a l'égard des puissances étrangères. La confédération suisse. La confédération des États-Unis. La confédération germanique. || 2" Alliance de plusieurs puissances par un traité, pour soutenir une cause commune. Cyrus saccagea toutes les villes qui étaient entrées en confédération avec eux [les Lydiens], fén. Thaïes. || 3" Nom qu'on donnait en Pologne aux associations armées qui se faisaient entre les nobles pour suppléer à l'impuissance des diètes paralysées par le liberum veto. La confédération de l'armée de Lithuanie. La confédération de Bar.

— HIST. xiv s. Comme Estienne Marcel nagaires prevost des marchanz de la ville de Paris.... et autres.... eussent ou temps passé fait, commis et perpétré plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, rebellions, confederacions armées, Bibl. des Chartes, 6*série, t. i, p. 84. Rebellions, confederacions armées, invasions, ib. Avoir confédération et alliances à gens d'autres citez, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Prenons et acceptons, par ces présentes, alliances, amitié et confédération perpetuele avec nostre dit cousin de Savoye, Lettre de Charles TII, Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 576. Considérant l'affinité, amour et confédération que j'avois par devers très haut et puissant prince Richard, monstrel. liv. i, ch. 4». Ils le voulaient bien avoir pour amy [Louis XI], et avoient quelque confédération avec luy, comm. vi, 40.||xvi*s. Aux confédérations [rapports entre hommes] qui ne tiennent que par un bout, on n'a à pourveoir qu'aux imperfections qui particulièrement intéressent ce bout-là; il ne peult chaloir de quelle religion soit mon médecin et mon advocat, mont, i, 248.

— ÉTYM. Provenç. confédération; espagn. confederacion; ital. confederaiione; du latin confoederationem, confédération (voy. confédérer).

CONFÉDÉRÉ, ÉE (kon-fé-dé-ré, rée), part, passé. Il 1* Uni par confédération. États confédérés. |l Substantivement. Secourir ses confédérés. || 2" Terme d'histoire naturelle. Zoophytes confédérés, zoophytes réunis à leur pied par une partie commune.

CONFÉDÉRER (kon-fé-dé-ré; l'accent aigu de dé se change en accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je confédéré, excepté au futur et au conditionnel : je confédérerai; je confédérerais; ce qui fait une anomalie regrettable), v. a. || 1" Réunir par confédération. La constitution qui confédéra les

CON

États-Unis d'Amérique. || 2° Se confédérer, v. refl. Se liguer par confédération. Les nobles polonais se confédérèrent.|| Fig. Les âmes honnêtes ne devraientelles pas se confédérer contre les hommes faux et pervers?

— REM. L'Académie ne donne confédérer que comme verbe réfléchi; mais l'usage de ce verbe actif est ancien et n'a rien qui répugne.

— HIST. xiv* s. Compaignon en gênerai estoient tocz ceux qui, en quelque manière que ce fust, estoient râliez et confederez au peuple romain, bercheure, f" 4, verso. Il le confedera avecques soy par affinité de mariage, id. f° 8. || xvi*s. Tous les confédérés et voisins, mont, i, 44. Ville confédérée, id. i, 27. Rome, confédérée de si longtemps, et par tant de tiltres, à nostre couronne, id. iv, 4 40.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. confederar; ital. confederare; du latin confœderare , de cum, avec, et fœdus, alliance (voy. fédération).

CONFÉRÊ,ÊE(kon-fé-ré, rée), part. passé. || l'Accordé. Les honneurs conférés. || 2* Comparé. Des textes conférés l'un avec l'autre.

CONFÉRENCE (kon-fé-ran-s'), *. f. || 1° Comparaison, collation. Conférence des ordonnances, des textes, comparaison faite pour en établir les rapports ou les différences. || 2" Action de traiter d'un objet quelconque entre deux ou plusieurs personnes. Sans vouloir de lieu neutre à cette conférence, corn. Sertor. i, î. J'ai besoin avec vous d'un peu de conférence, id. Pulch. i, 4. Dans la conférence que j'eus avec lui, pasc. Prov. 6. Il a eu de grandes conférences avec le roi, sév. 293. On tint conférence à Constance, boss. Tar. 4. || 3" Réunion de diplomates pour traiter ensemble. La conférence de Londres. || lie de la conférence, lie des Faisans, sur la Bidassoa, où se tinrent les conférences pour la paix des Pyrénées et le mariage de Louis XIV. || 4° Réunion où les jeunes étudiante s'exercent à la discussion. Des conférences de droit. || 5* Sorte de leçons familières que donne un professeur. M. Régis, étant parti de Paris avec une espèce de mission de son maître, alla établir la nouvelle philosophie à Toulouse par des conférences publiques, fonten. Régis. || Maître de conférences, professeur de l'école normale de Paris. || 6° Instructions religieuses, faites sur un certain sujet et adressées à un certain public. Les Conférences de Massillon. || Instruction religieuse qui se fait à deux, et dans laquelle celui qui pose les objections s'appelle l'avocat du diable.

— HIST. xvi* s. La suffisance ordinaire des femmes n'est pas pour respondre à cette conférence et communication, nourrice de l'amitié, mont, i, 240. La vie commune doibt avoir conférence [rapport, ressemblance] aux aultres vies, id. iv, 434. Il estoit de grande lecture, l'abondance de laquelle l'a porté à trop de conférence des choses anciennes aux présentes, d'aub Hist. préf. 4. Ces deux galants arrestez furent mis en diverses prisons, pour obvier à la conférence, carl. vi, 4». La Grèce jusqu'à ce temps n'avoit pas eu grande conférence [rapports] avec les Romains, amyot, Flamin. 3.

— ÉTYM. Espagn. conferencia; ital. conferensa; du latin conferentia (voy. conférer).

CONFÉRENCIER (kon-fé-ran-sié), s. m. Nom, dans quelques diocèses, île celui qui préside aux conférences ecclésiastiques.

— ÉTYM. Conférence.

CONFÉRER (kon-fé-ré; Vi de la syllabe fé se change en i avec accent grave devant une syllabe muette: je confère, excepté au futur et au conditionnel : je conférerai; ce qui est une anomalie regrettable), v. a. || 1° Donner, accorder. Conférer une charge, des privilèges, un bénéfice. Dans l'Église naissante, on enseignait les catéchumènes, c'est-àdire ceux qui prétendaient au baptême, avant que de le leur conférer, pasc. Comparais, des chrét. Ces choses étant connues de toute l'Église, on leur conférait le sacrement d'incorporation par lequel ils devenaient membres de l'Église, id. ib. Ils peuvent répéter le son de tes paroles; Mais il n'est pas en eux d'en conférer l'esprit, corn, lmit.m, 2. || Par extension. Les sacrements confèrent la grâce. || 2° Comparer, faire collation, en parlant de textes. Il n'y a plus qu'à conférer ses objections avec mes réponses. Conférons un autre passage avec celui-ci, noss. Serm. Quinq. 4 . Je n'ai pas eu le loisir de conférer votre version avec l'original, id. Lett. abb. 28. En conférant ces passages il est aisé de.... id. 7/ï.vt. u, ». C'était un livre écrit à la main d'un des grands hommes du dernier siècle et peut-être son propre original qu'on avait apporté sur la table du cabinet, pour le conférer avec les éditions imprimées, balz. Socr. chrét. dise. 7. ||Par analogie. Si nous coulé-

CON

rons Eve avec Marie, boss. m. Annonc. 2. Je recueillais tout avec soin ; je le conférais en moi-même avec d'autres connaissances, st-sim. 66, 4 84.|| Terme de typographie. Vérifier si une correction a été faite. || 8° V. n. Contribuer. Qu'il donne ordre au dedans, qu'il donne ordre au dehors; X cet heureui progrès l'un et l'autre confère, Et l'âme a plus de force ayant l'aide du corps, corn. Imit. i, 49. || 4° Raisonner avec quelqu'un de quelque chose. Il veut de ces débats conférer avec moi, corn. Sertor. i, 2. Après en avoir conféré avec plusieurs docteurs en théologie, boss. Oraison. Dedans l'oisiveté jamais enseveli, Toujours confère, prie, écris, médite, li, corn. Imit. i, 4 ».

— SYN. conférer, déférer. Conférer exprime un acte de l'autorité ; déférer exprime un acte de courtoisie. Le ministre conféra à cet officier un commandement que ses camarades lui avaient déféré.

— HIST. xiv* s. Et s'il est vérité que les bonnes operacions de lours amis vivans confèrent aucune chose as trespassés, oresme , Eth. 27. Chose violente est de laquelle le principe motif est dehors elle, et en laquelle celi qui la fait ou seuffre ne y confère ne consent ou aide en rien, m. tb. 47. Les bonnes fortunes confèrent, aident et font aucune chose à magnanimité, id. ib. 4 24. ||xvi* s. Ce faict, issoyent hors, tousjours conferens des propous de la lecture.... visitoient les arbres et plantes, les conferens avecques les livres des anciens qui en ont escript, rab. Gar. i, 23. Et tant mourra de gens d'ecclise, que on ne pourra treuver à conférer les bénéfices, en sorte que plusieurs en tiendront deuz, troys, quatre, et d'advantaige, id. Prognost. Pant. v. Je ramené tousjours ceulx avecques qui je confère, aux propos des choses que.... mont, i, 66. Ton dernier jour ne confère pas plus à ta mort que chascun des aultres, id. i, 89. Il voudrait avoir plusieurs âmes et plusieurs volontez, pour les conférer toutes à son ami, id. i, 246. Si je confère [discute] avecques un roide jousteur.... ID. iv, 36. Nostre corruption se faict par la contribution de touts; les uns y confèrent la trahison.... id. iv, 66. Comme ainsi soit qu'ilz ayent laissé l'un et l'autre plusieurs beaux exemples de vertu, commençons à les conférer ensemble, amyot, Péric. et Fab. comp. ). Sicinius. après avoir un peu conféré tout bas avec ses autres compagnons, prononcea.... id. Cor. 26. Les honneurs et offices que le peuple luy conféra , id. P. Mm. 6i. Les desputez passèrent jusques au vingtiesme du mois à conférer leurs cayers, d'aub. Hist. i, 406. J'ay desparti libéralement à toutes personnes les biens que Dieu m'a conférés, paré, Au lecteur.

— ÉTYM. Espagn. conferir ; ital. conferire ; du latin conferre, par un changement de conjugaison; de cum, et ferre, porter. La série des sens est porter avec, qui se dédouble en accorder et comparer, puis, neutralement, contribuer, qui se rapporte, à accorder , et raisonner ensemble , qui se rapporte à comparer.

f CONFERTIFLORE (kon-fèr-ti-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs serrées.

— étym. Latin confertus, serré, et flos, fions, fleur.

f CONFERTIFOLIÉ , ÊE (k°n-fèr-ti-fo-li-é ( ée) , adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles serrées.

— ÉTYM. Latin confertus, serré, et folium, feuille. + CONFERVACÉ , ÉE (kon-fèr-va-sé, sée) mrj.

Terme de botanique. Qui ressemble à une conferve.

— ÉTYM. Conferve.

CONFERVE (kon-fèr-v') , s. f. Terme de botanique. Nom générique de certaines plantes aquatiques de la famille des algues qui sont capillaires, simples ou cloisonnées.

— ÉTYM. Latin conferva, de confervere, consolider, souder (àcause d'une vertu qui était attribuée à ces plantes), de cum, et fervere, bouillir (voy. ferveur).

t CONFERVTCOLE (kon-fèr-vi-ko-1'), adj. Terme de botanique. Qui habile parmi les conferves.

— ÉTYM. Conferve, et le latin colère, habiter. CONFÈS, ESSE (kon-fê, fè-s'), adj. Qui s'est

confessé. Mot aujourd'hui inusité et qui ne s'emploie plus que dans l'imitation du style ancien. Mourir confès.

— HIST. xii* s. Aude est confesse, sa raison [elle] a finée, Ronc. p. 475.

— ÉTYM. Latin confessus. qui a avoué, participe passé de confiteri (voy. confesser).

CONFESSE (kon-fès'), ». f. Usité seulement dans la locution : à confesse, qui signifie à confession, c'est-à-dire dans l'acte, à l'acte de faire l'aveu de ses péchés au prêtre catholique. Étant à confesse. M. de Longueville avait été k confesse avant que de

COIS

partir, sêv. 162. 11 a été à confesse au grand Bourdaloue, id. 398. Ceux-là n'allaient jamais à confesse, noss. Var. 15. Qui du soin qu'elle prend de me gronder sans cesse Va quatre fois par mois se vanter à confesse, Et, les yeux vers le ciel, pour se le faire ouvrir, Offre à Dieu les tourments qu'elle me fait souffrir, boil. Sat. X. || On dit aussi confesse avec de. Revenir de confesse, retourner chez soi après s'être confessé.

— hist. xii* s. Vous meïsmes prestres serés. Les confiesses escouterés, Lai d'Ignaurès. X confesse [je] vienc, sire prestres, «'&. || xm* s. Ainçois qu'il ait dit sa confesse, Ren. H807. Si s'en alerent à confesse Au temple Themis la déesse, Oui jugoit sor lor destinées De toutes choses destinées, la Rose, 178H. || xv* s. Or ly prions tous sanz faintize Qu'il nous doint faire tel servize, Par confesse et par penitance Et par vraie repantance , la Passion de JV. S. J. C.

— ÉTYM. Voy. confesser. Confesse est le féminin , pris substantivement , de l'ancien participe confès, qui signifiait celui qui s'est confessé.

CONFESSÉ , ÉE (kon-fe-sé , sée) , part, passé. || 1° Dit au prêtre en confession. || Proverbe. Péché confessé est à moitié pardonné, c'est-à-dire l'aveu appelle l'indulgence. || 2° Dont on a fait l'aveu. La vérité confessée à la fin. || 3° Qui a fait sa confession au prêtre. Confessé à l'article de la mort. || De qui on a obtenu un aveu. Le prisonnier confessé par un adroit agent de police.

CONFESSER (kon-fè-sé), v. a. || 1° Déclarer au tribunal de la pénitence. Confesser ses péchés. || 2° Avouer une chose, la reconnaître, en convenir. Confesser son erreur. Appliqué à la question, il confc«a tout. Il voit bien qu'il a tort, mais une âme si h, >e N'est pas si tôt réduite à confesser sa faute, corn. Cid, h, 7. Je confesserai tout, exils, assassinats, Poison même.... rac. Brit. m, 3. Mais après tout, il faut le confesser, Tant de précaution commence à me lasser, corn. Sertor. iv, 2. Non, il le faut ici confesser à sa gloire, Son cœur n'enferme point une malice noire, rac. Brit. v, s. J'espère que bientôt la triste renommée Vous fera confesser que vous étiez aimée, id. Vérin. IV, 6. Elle retire ses chers enfants, et confesse à cette fois que, parmi les plus mortelles douleurs, on est encore capable de joie, boss. Berne d'Anglet. || Fig. et familièrement. Confesser la dette, avouer un tort, convenir d'un fait qu'on voulait cacher. [| 3° Faire acte public d'adhésion à une doctrine, à une religion. Il ne craignit pas de confesser sa foi. || Confesser Jésus- Christ, proclamer hautement la foi chrétienne en face de la persécution. Ce n'est pas le sang transmis à une longue postérité qui fait fructifier l'Évangile ; mais c'est plutôt le sang répandu pour le confesser, boss. Variât. Avert. v, § 25. y a-t-il de la honte à confesser votre saint nom? mass. Car. Resp. hum. Oser confesser Dieu chez les philosophes, j. j. rouss. Ém. îv. || Absolument. La religion dont 1» premier acte est de croire, comme le second est de confesser, boss. Variât, v, § S2. || 4° Confesser quelqu'un, se dit du prêtre qui reçoit la confession. Et absolument, ce prêtre dit la messe, mais ne confesse pas. || Par extension, obtenir un aveu, un renseignement. On le mit avec un agent de police qui le confessa et sut tout ce qu'il fallait savoir. De m'avoir confessé ne te vante pas tant: Tel se croit confesseur qui n'est que pénitent, pons (de Verdun), Poésies. || Familièrement. C'est le diable à confesser, se dit d'un aveu ou d'un résultat difficile à obtenir. || 5° Se confesser, v. réft. Faire sa confession au prêtre. Il est allé se confesser. Et retomber demain dans les mêmes faiblesses Dont tu te viens de confesser, corn. lmil. i, 22. j| Familièrement, se confesser au renard, découvrir ses sentiments à une personne adroite ou fourbe qui en peut faire son profit et qui abuse de notre sincérité pour nous nuire. Locution tirée de l'ancien et célèbre poème satirique du Renart, où en effet le renard se déguise en confesseur et mange son pénitent. || S'avouer, se reconnaître. Je ne veux plus, seigneur, me confesser coupable , corn. Idédée, H, 6. Qui se confesse traître est indigne de foi, id. Nicom. m, 8. Massillon lui en avoua la cause ; se confessa, comme le berger de la Fable, du petit grain d'ambition qu'il avait eu, d'alemb. Acad, v, p. 39.

— REM. C'est une grosse faute de prendre confesser pour un verbe neutre, et de dire : avez-vous confessé? au lieu de : vous êtes-vous confessé?

— hist. xii" s. X confesser moût tost [il] la comanda [à un archevêque], Ronc. p. 175. Quant toules contiessées fuient.... Lai d'ignaur. || xui's

CON

Confesse-toy souvent, et eslis confesseur preudomme, joinv. 3oo. Il y avoit tout plein de gens qui se confessoient à un frère de la Trinité, id. 216. || xiv* s. Et est celui qui est véritable et en vie et en paroles, et confesse ses bons faiz, et ne les fait ne plus grans ne plus petis que il sont, oresme, Eth. 134. Et se les autres choses prouvables sont ainsi lessées comme confessées, id. ib. 192. Par aventure pourrait bien aucun dire et confessier que félicité est très grant bien, id. t'b. ix, 46. 11 li sembloit que li Latin confessoient Rome estre le chief de l'empire, bercheure, f*22, rec/o. || xv* s. Je confesse bien que tousjours en y a, en telles mutations, qui en ont joye.... comm. vm, (7.||xvi*s. Le translateur tant grec que latin a souvent pris ce mot de confesser pour louer, calvin, Instit. 492. Son feu, je le confesse, est plus actif, plus cuisant.... mont, i,

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