‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 400 sur 403 · RAVE · texte numérisé non relu

RAVE

— ÊTYM. Wallon, keure; provenç. espagn.etital. cura; du latin cura, coira, coira, que quelques étymologistes ont essayé de ramener à une forme cov, cav, radical de cavert, avoir soin, prendre garde.

a. CURE (ku-r'), t. f. || f Terme du culte catholique. Anciennement bénéfice, aujourd'hui charge ecclésiastique dont le titulaire a soin de la conduite des âmes dans une certaine étendue de pays qa'on nomme une paroisse. Si j'avais quelque pauvre cure $.a bonnes gens à desservir, j. j. rouss. Ém. iv. || Dans le langage ordinaire, cure signifie aussi succursale. || 2" Le presbytère, l'habitation du curé, yller à la cure.

— HIST. xrv*s. [Le pape Jean] la cure de Ste Eglise fouvernoit, et l'avoit receue après le pape Hormisde, thron. deSt-Denis, t. i, f" 1 s, dans lacurne. || xv's.

On ne peut desservir deux cures, Ne prendre gaiges en deux cours, Ch.d'Orl. Chanson, 91.

— ÊTYM. Voy. cure; saintongeois, chure; wallon, keure.

I . CURÉ (ku-ré) , s. m. || 1° Prêtre placé à la tête d'une paroisse, et soumis dans l'exercice de ses fonctions à l'évêque du diocèse. On ne peut pas faire une loi qui obligeât les curés à dire la messe , pasc. Prov. 6. Ce que je trouvai de plus ferme à Paris dans la consternation, furent les curés; ils travaillèrent dans ces sept ou huit jours-là parmi le peuple avec un zèle incroyable, retz, Mém. liv. in, p. 106, dans pougens. Feu M. le duc de Bourgogne avait la plus grande estime pour les curés de Paris; il était persuadé qu'il fallait leur faire l'accueil le plus favorable à la cour, et leur accorder, autant qu'il était possible, les petites grâces qu'ils demandaient pour des familles, saint-foix, Est. Paris, Œuvres, t. iv, p. 214, dans pougens. Mon bon ami, je ne trouve rien de si beau que d'être curé; un bon curé est un ministre de bonté, comme un bon magistrat est un ministre de justice, ». j. rouss. Ém. iv. De bons curés seront, quand on le voudra bien, dans les villes et dans les campagnes, des missionnaires perpétuels, et de plus des arbitres, des conciliateurs, de fidèles dépositaires de la confiance des familles, des liens de concorde, de zélés surveillants de la tranquillité publique, marmont. Élém. litt. t. vi, p. 70, dans pougens. Le curé ne doit connaître ni saisons, ni distance, ni contagion, ni soleil, ni neige, s'il s'agit de porter l'huile au blessé, le pardon au coupable, ou son Dieu au mourant, lamart. dans le Dict. de dochez. Coupable ou malheureux, vous n'avez rien à taire; Pardonner, soulager, c'est tout mon ministère; Je suis l'oeil et la main et l'oreille de Dieu, Sa providence à tous, le curé de ce lieu, id. ib. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte; Un curé s'en allait gaiement Enterrer ce mort au plus vite, la font. Fabl. vu, II. || Spécialement, en termes d'administration, le curé d'une église paroissiale, par opposition à la succursale. || Dans le langage ordinaire, par politesse, on donne le nom de curé au simple succursaliste. || Familièrement. C'est Gros-Jean qui remontre à son curé, se dit d'un ignorant qui prétend conseiller un plus habile que lui. || Curé primitif, titre porté par certaines communautés régulières qui avaient jadis possédé des cures et qui en avaient gardé quelques droits. || Monsieur le curé n'aime pas les os, que lui donnez-vous à manger? Jeu d'enfants ou attrape fondée sur l'homophonie d'ot et de la voyelle o. Il faut répondre par un mot dans le nom duquel la voyelle

0 n'entre pas : des navets, du veau, un canard, etc. Mais si l'on dit des carottes, des abricots, etc. on donne un gage. || 2° Morceau de chapeau dont le coutelier se sert pour tenir les pointes des pièces sur le polissoir. || 3° Variété de tulipe d'un gris de lin fort pâle. || Proverbes. Il faut faire carême-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé. || Vous allez trop vite à l'offrande, vous ferez choir M. le curé, se dit à ceux qui s'empressent trop de faire quelque chose. || Il a affaire au curé et aux paroissiens, se dit de celui qui a affaire à plusieurs parties ensemble. || Qui croit sa femme et son curé est en danger d'être damné, c'est-à-dire une femme est capable de faire damner un homme nonobstant les bonnes instructions de son curé.

— HIST. xiii* s. Laie gent aiment moult leur bon prestre curé, J. de mbdng, Test. 700. Sans avoir cureur [souci], [les moines] ont l'avoir, Et li curez n'en puet avoir, S'a peine non, du pain pour vivre, Ne achater un petit livre Où il puisse dire compiles, ruteb. 18*. || xiv* s. Je mes la main à vous pour che que vous devés X monsignor che prestre qui est no bons curés, Baud. de Seb. vil, 681.

— ÉTYM. Bas-latin, euratus, curé, de euro, soin (voy. curb l): celui qui est chargé d'un soin, du soin des âmes. Quelques-uns ont voulu le rattacher au latin curio, prêtre de la curie; mais la forme du mot ne le permet pas.

2. CURE, EE (ku-ré, rée), part, fiasse. Nettoyé. Un fossé bien curé.

f CBREAÏJ (ku-rô), s. m. Instrument du tondeur de draps.

— ÊTYM. Curer

CURE-DENT (ku-re-dan), s. m. Instrument étroit et pointu dont on se sert pour ôter des dents ce qui s'y est angagé. || Cure-dent d'Espagne, sorte de carottes. || Au plur. Des cure-dents.

HIST. xv* s. Ung curedent, onquel est mis en

1 oeuvre ung diamant nommé la lozenge et une grosse | pointe de dyainant et une grosse perle, delabohde,

Emaux, p. 242. || xvi's. De quatre choses Dieu nous garde : Des patenostres du vieillard [le connétable de Montmorency], De la grand main du cardinal, Du cure-dent de l'amiral, Et la messe de l'Hospital, du fail, Contes d'Eutrapel, f* 107.

— ÉTYM. Curer et dent.

CURÉE (ku-rée), s. f. || 1« Terme de vénerie. Portion de la bête que l'on donne aux chiens après qu'elle est prise. Curée chaude, morceau de la bête qu'on donne aux chiens aussitôt qu'ils l'ont prise. Curée froide, celle qu'on leur prépare ailleurs et qui se fait de morceaux de pain trempés au sang de la hôte, qu'on met sur sa peau avec quelques morceaux de chair tels que la cervelle et le col. Témoin les chiens dont on anime le courage pour la chasse d'un animal en leur donnant curée, boss. Conn. de Dieu, v, 4. || Sonner la curée, sonner du cor pour appeler les chiens à la curée. L'âme plus altérée Que ne l'aurait un chien au son de la curée, Régnier, Sot. x. || Mettre les chiens en curée, augmenter leur ardeur par la curée qu'on leur donne. On dit aussi que les chiens sont en curée, quand ils sont animés par l'attente de la curée. || Fig. Mettre en curée, exciter par l'appât de quelque avantage ; être en curée , être excité par quelque appât. M. le duc, en curée de l'usurpation du service seul de la communion du roi , st-sim. 189, 26. || Faire curée, se dit des chiens qui dévorent la bête avant l'arrivée du veneur. Il tombe en ce moment, La meute en fait curée; il lui fut inutile De pleurer aux veneurs à sa mort arrivés, la font. Fabl. v, 15. |j Fig. Et ce sont vrais Satans dont la gueule altérée De l'honneur féminin cherche à faire curée, mol. Éc. des f. m, l.|| Défendre la curée, empêcher à coups de fouet que les chiens n'approchent trop tôt de la curée. || 2° Par extension, toute espèce de pitance. Ehl qu'importe quel animal? Dit l'un de ces mâtins, voilà toujours curée, la font. Fabl. vin, 26. [La grenouille] Prétend qu'elle en fera gorge chaude et curée, io. fabl. iv, II. [le Sénat] Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale, corn. Pomp. i, 1. || Fig. Pour recueillir les restes de Moscou, dont l'incendie n'a que trop légitimé le pillage, et pour arracher les soldats à cette grande curée, séour, Hist. de Napol. vin, 7. Cette convoitise des offices et états (curée autrefois réservée aux nobles limiers) est devenue plus âpre depuis que tous y peuvent prétendre, p. l. cour, i, 168. || Être âpre à la curée, être très-avide de butin, de lucre. Le ministre se mit à rire en me voyant si âpre à la curée, lbsage, Gil Bios, vin, ». || Curée des places, la poursuite des places, particulièrement après un changement de régime qui fait beaucoup de vacances. La curée qui suivit la révolution de 1 830. La Curée, titre d'une pièce des ïambes de barbier.

— HIST. xiv' s. L'apprentis demande comme on doit faire la cuirée aux chiens. Modus respond : pren le foye du cerf, le poulmon, le jargel et le cuer, et soit descoupé par morceaux sur le cuir et sur le sang qui est sur le cuir, et fay effondre la pance et vuidier et très bien laver, et puis descoupper sur le cuir, avecques les autres choses, et soit la brouaille ou bouelle [boyaux] gardée à part; et puis pren du pain, et soit descouppé par morceaux, et qu'il y ait plus pain que chair; puis soit soublevé le cuir hault aux mains d'un chascun costé , et soit meslé ensemble aux mains la chair et le pain dedans le cuir; ei quant il sera bien meslé, si soit estendu le cuir à terre, et soit ce dedens esparty sur le cuir: et puis doit on laisser aller les chiens sur le cuiràla cuirée, Modus, f* xxiii, verso. ||xv's. La prise de l'ourse vue et la curée faite, jà estoit basse nonne, froiss. m, iv, 24. Lequel veneur pria au dit Symon qu'il voulsist aler quérir un cheval pour faire la cuiréo aux loups, auxquels loups icellui veneur avoit entention de chacier, du cange, cut'rea. || xvi* s. Alléguant que de laditte entreprise, ores qu'elle fut bien exécutée, ne dependoit point tant d'avantage aux affaires du Roy , comme de desavantage d'une curée donnée (si mal en advenoit) aux ennemis, M. du bkll. S67. Scribonia, conseillant Libo son nepveu de se tuer plus tost que d'attendre la main de la justice, luy disoit que c'estoit proprement faire l'affaire d'aultruy, que de conserver sa vie pour la remettre entre les mains de ceulx qui la viendroient chercher trois ou quatre jours aprez, et que c'estoit servir ses ennemis, de garder son sang pour leur en faire curée, mont, h, 32.

— ÊTYM. Cuir, parce que, comme on voit dans Modus, la curée se donnait dans un cuir. Â la vérité on aurait pu songer à courte, corée (de cor, coeur) , mot très-usité dans l'ancien français et dans quelques provinces pour signifier les viscères de la

CUR

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poitrine (cœur et poumon) , à cause que ces viscères du cerf se donnaient aux chiens en curée ; mais la forme cut'reeet le fait qu'on ne trouve pas corée avec le sens de curée, excluent cette étymologie. Voici un exemple de tourte : Le curé incontinent s'en va acheter force courées [mou] de veau et de mouton, et les mit toutes cuire en une grande ou11o,desim:r. Contes, xxxvi.

t CURE-FEU (ku-re-feu), s. m. Instrument pour ôter le mâchefer du fourneau. [| Au plur. Des curefeux.

— ëtym. Curer, et feu.

•f CURE-LANGUE (ku - re - lan - gh') , s. m. Lame d'ivoire, d'écaillé, de corne, dont on se sert pour racler la langue. || Au plur. Des cure-langues.

— ÊTYM. Curer, et langue.

fCUREMENT (ku-re-man), s. m. Action de curer les puits, les fossés, etc.

— êtym. Curer.

CURE-MOLE (ku-re-mô-r), *. m. Machine servant à curer un port. || Au plur. Des cure-môles.

— ÉTYM. Curer, et môle.

CURE-OREILLE (ku-ro-rè-lP, il mouillées), s. m. Petit instrument dont on se sert pour se nettoyer les oreilles. || Au plur. Des cure-oreilles.

— HIST. xvi* s. Pour une douzaine de curoreilles d'ivoire, à deux sols pièce, de laborde, Émaux, p. 242. X Gilles Suramond, orfèvre du Roy, pour ung estuif d'or garny d'un curedans et un cureoreille, id. ib. Disans cela se pouvoir faire à-tout [avec] une cur'aureille, o. de serres, 4»7.

— ÉTYM. Curer, et oreille.

i CURE-PIED (ku-re-pié), *. m. Instrument de palefrenier pour nettoyer le dedans du pied des îhevaux. || Au plur. Des cure-pieds.

— ÊTYM. Curer, et pied.

CURER (ku-ré), v. a. || l*Enlever des immondices accumulées. Curer un puits, un fossé, un port. || Curer la charrue, la débarrasser de la terre qui s'y attache. || Curer une vigne en pied, ôter du cep des vignes tout le bois inutile. || Se curer les dents, les oreilles, se nettoyer les dents, les oreilles avec un cure-dent, un cure-oreille. || Terme d'eaux et forêts. Enlever les branches mortes, les chicots, les souches mal venues. || 2° Terme de fauconnerie. Donner une cure à un oiseau. || V. n. Rendre la cure, en parlant de l'oiseau. Le faucon a curé.

— SYN. curer, bcurer. Si vous nettoyez quelque chose en le frottant ivec du grès, du sable, etc. pour le rendre clair, vous écurez, mais, si vous ôtez d'une concavité quelconque ce qu'elle peut renfermer de sale, vous curez. On doit donc dire et l'on dit: mirer des couteaux, des chandeliers, etc. et curer des puits, des fossés, des rivières.

— HIST. xni* s. Ne sueffre sor toi nule ordure Lave tes mains, et tes dens cure, la Rose, 2176. Et furent les fossés curez dehors et dedans, joinv. 276. || xrv* s. Nous loons un bon homme aucune foiz en disant qu'il ne cure des honneurs mondains, oheshe, Elh. 49. Aucune foiz par négligence ou pour ce que l'en n'en cure, sont aucuns ars empirez et oubliez en tout ou en partie par procès de temps, id. ib. v, 16. || xv*s. Toutes voies point il [le comte de Foix] n'arresta jusques à tant qu'il lui eust donné cinq coups d'une dague; et puis après commanda le comte qu'il fust mis dans la fosse, et il le fut, et là mourut, car il fut povrement curé de ses plaies, frojss. u, ih, io. || xvi* s. Plus on attend, plus s'enracine le mal; toutesfois il est encores guérissable, moyennant qu'on le cure par les causes plustost que par lesaccidens, lanoue, 284. Gens de bras pour applanir les chemins, bastir ponts à passer les eaux, curer les rivières, amyot, Lucull. 4». Le temps de curer [émonder] les jeunes arbres est lorsqu'ils sont en sève, pour tant plus facilement en estre leurs plaies recouvertes, o. de serres, 6J».

— ÉTYM. Berry, tuer, nettoyer; provenç. curar, soigner et curer; du latin curare (voy. cdre). Dans l'ancien français, curer signifiait à la fois soigner, avoir souci, et nettoyer.

t CURET (ku-rè), *. m. Peau de buffle ou d'autre animal servant, dans la dorure de quelque pièce, à frotter les pierres sanguines avec de la potée d'étain.

— HIST. xv s. Ainsi que le suppliant ot lié ses beufs à la charrue, aperceut qu'il avoit oublié son curet dont U curoit sa terre et sa charrue, du canoë, curata.

— ÉTYM. Curer. Dans l'ancien français , curet signifiait ce qu'on nomme aujourd'hui curoir.

t CURETE (ku-rè-f), t. m. Terme d'antiquité. Prêtre de Cybèle.

— ÉTYM. KoûpriTte, proprement les jeunes, de xoûpoc, jeune homme.

t CURETTE ^ku-rè-t'), s. f. Terme de chirurgie. Instrument, en forme de cuiller, qui sert à extraire les corps étrangers, et particulièrement de petits calculs de la vessie, après l'opération de la taille. || Terme de couverturier. Petit instrument qui a un manche de bois et des dents de fer, dont on se sert pour curer les chardons qui sont remplis de laine. || Terme de marine. Sortedegratte servant à nettoyer l'intérieur des pompes. || Terme de métiers. Instrument pour nettoyer un trou de mine. || Outil pour nettoyer le coutre de la charrue. || Outil de bois propre à nettoyer le métal des armes. || Terme de botanique. Nom de plusieurs champignons.

— HIST. xvi* s. Instrument d'argent nommé curette, propre pour l'extraction d'une pierre, sonder s'il y en a d'autres, et aussi pour recueillir et amasser le sable, pare, xv, 4*.

— êtym. Curer.

CUREUR (ku-reur), s. m. Celui qui cure et nettoie les puits, etc.

— HIST. xv* s. Vous savez que devant il y a pailles et fumiers qui sont boutez tous hors des estantes des cureurs de chevaulx, ie Jouvencel, î° 40, dans lacurne.

— êtym. Curer.

CURIAL, ALE (ku-ri-al, a-1'), ad}. Qui concerne une cure ecclésiastique. Fonction curiale. Droits curiaux. La maison curiale, le presbytère.

— ÊTYM. Cure 2.

t CURIALE (ku-ri-a-1"), s. m. || Terme d'histoire romaine. Membre de la classe appelée aux honneurs et aux charges des cités sous l'Empire. La seconde classe des citoyens était celle des curiales ou décurions, c'est-à-dire des propriétaires aisés, membres, non du sénat romain , mais de la curie ou corp* municipal de leur cité, guizot, Hist. de la civilis. en France, 2» leçon. Aucun curiale ne pouvait, par un acte personnel et volontaire, sortir de sa condition; il leur était interdit d'habiter la campagne, d'entrer dans l'armée, d'occuper des emplois qui les auraient affranchis des fonctions municipales, avant d'avoir passé par toutes ces fonctions, depuis celle de simple membre de la curie jusqu'aux premières magistratures delà cité, id. ib. Les curiales ainsi enfermés de gré ou de force dans la curie, id. ib. Ils administraient les affaires du municipe, ses dépenses et ses revenus, soit en en délibérant dans la curie, soit en occupantles magistratures municipales; dans cette double situation, les curiales répondaient nonseulement de leur gestion individuelle, mais des besoins de la ville, auxquels ils étaient tenus de pourvoir eux-mêmes, en cas d'insuffisance des revenus, id. ib.

— ÊTYM. Latin, curialis, de curia, curie. Vers la fin de l'empire curialis avait reçu parfois le sens de courtisan; ce sens fut repris dans la latinité du moyen âge; et au xv* siècle on voit, dans le français, eurial avec le sens de courtisan : O curial, tant en court a d'envie Et de tourment qui d'accroistre ne cesse , Que dire puis partout sans villenie : Foulz la poursuit, et sages la delesse, eust. desch. Poésies mss. f° 26, dansLACURNE. Dieux, qu'à ces cours ont de dueil et de peine Ces curiaux qui dedans sont boutés, id. «6. f° 103. Cet emploi de curial vint d'une confusion avec une fausse étymologie de cour (voy. cour).

t CURIA TE (ku-ri-a-f), ad;'. Terme d'histoire romaine. Qui se compose de la réunion des curies. Comices curiates. || Qui est voté par les curies assemblées. Loi curiate.

— êtym. Lat. curiatus, de curto, curie.

CURIE (ku-rie), s. f. || 1e Terme d'antiquité romaine. Division de la tribu chez les Romains. Romulus partagea le peuple romain en trois tribus, et chaquetribu en dix curies; mais il n'y avait de curies que pour le peuple de l'enceinte de Rome ; et voter par curies , c'était voter en appelant seulement au vote les gens de la ville. Le peuple chercha toujours à faire par curies les assemblées qu'on avait coutume de faire par centuries, et à faire par tribus les assemblées qui se faisaient par curies, montesq. Esp. xi, 14. || Comices par curie, l'assemblée des patriciens, ampère, Hist. rom. à Home, t. u, p. 332. Les curies n'étaient composées que de gentes [ familles] patriciennes; elles se rassemblaient dans le Comitium, id. ib. Chaque curie avait une voix qui exprimait l'opinion de la majorité de ses membres, id. ib. || Le lieu où s'assemblait le sénat. || 2° Par extension, le sénat des villes municipales. || La classe des curiales. || 3° Ensemble des diverses administrations qui constituent le gouvernement papal.

— ÉTYM. Latin, turta, curie, et édifice consacré à une curie, lieu d'assemblée. Les étymologistes la-

tins dérivent curt'a de cura, soin; mais ceux d'aujourd'hui pensent qu'il n'est guère possible de séparer curia de centun'a, et que, celui-ci étant une contraction de centumviria (voy. centurie), celuilà doit être une contraction de eo-tn'rta, de cum, avec, et vir, homme : réunion d'hommes.

CURIEUSEMENT (ku-ri-eû-ze-man), ad». || 1" Avec soin. Aussi bien, quesert-ilde regretter des plaisirs absents et de chercher eurieusement tous les défaut! de sa condition? balz. Liv. vu, lett. 2«. Les Egyptiens conservaient curieusement les corps morts, boss. Hist. m, 3. Un autre décrit curieusement et fort au long les petites choses, et passe légèrement sur les grandes, rac. Extrait du Traité de Lucien : Comment il faut écrire l'histoire. Ceux de ses auditeursqui auraient le mieux entendu finesse, auraient jugé, non sans fondement, que cette manière de s'exprimer, si curieusement éloignée de la forme ordinaire, renfermait implicitement un trait de satire trop aiguisé pour être senti par la multitude, d'alemb. Œuvres, t. x, p. 120, note 3, dans pougens. || Avec soin et délicatesse. Tablette curieusement sculptée. || 2* Avec curiosité, avec désir de voir et de savoir. Observer, s'enquérir curieusement.

— hist. xii* s. E à ordener coriosement chascone part covient à celui qui fait l'estoire [l'histoire] , Machabées, II, 2. || xin* s. Il m'est avis que c'est resons, porce que cascunsgart plus curieusement celi dont il est hoirs, beaum. lxix, 2. || xiv* s. Elle [une voie] estoit moult curieusement gardée, Chron. de St-Denis, f* 474 , dans lamirne. Punissez-les des peines dessus contenues hastivement et curieusement , Ordonn. des rois de Fr. t. n, p. 88. || xv* s. Et si disoit-on que plusieurs femmes y alloient cuif—usement de nuict et de jour, jean de troyes, Chron. 1478. || xvi* s. Il nourrit curieusement la mère d'Eudamidas, mont, i, Ht. Personne n'est exempt de dire des fadaises; le malheur est de les dire curieusement, id. t. m, p. i, dans lacurne. Entre ceux qui sont adonnez (mais trop curieusement) à la poursuite de divers objets, lanoue, 468. Il faut traicterce mal bien curieusement, de peur de faire tomber le malade en convulsion, pare, xv, 24. Des confitures et issues de tables curieusement labourées et apprestées, amyot, Lucull. 80. Sans mot dire, ny curieusement enquérir ny chercher que c'estoit, id. Crassus, 7.

— ÊTYM. Curieuse, et le suffixe ment; provenç. curiosamen; espagn. et ital. curi'ojamente.

CURIEUX, EUSE(ku-ri-eû,eû-''), ad). ||l*Quia cure de , soin de , souci de. Il est vnii que Platon , curieux observateur des antiquités, fait le royaume de Troie, du temps dePriam, unedépendance de l'empire des Assyriens, boss. Hist. m, 4. On peut croire que les Assyriens étaient peu connusdu côté de l'Occident, puisqu'un poète [Homère] si savant et si curieux d'orner son poème de tout ce qui appartenait à son sujet, ne les y fait point paraître, id. ib. Ceux qui connaissent tant soit peu les antiquités savent combien les premiers temps étaient curieux d'ériger et de conserver de tels monuments et combien la postérité retenait soigneusement les occasions qui les avaient fait dresser, id. tb. n, 3. Peu curieux à bien remarquer ce qui parait, mais profond à pénétrer ce qui se cache, st-evrem. n, 461. Elle n'est curieuse que d'une propreté fort simple, mol. l'An, u, 6. Et le cheval qu'à l'herbe on avait mis, Assez peu curieux de semblables amis [le loup et le renard].... la font. Fabl. xn, 4 7. Il y a des âmes sales, pétries de boue et d'ordure, éprises du gain et de l'intérêt, comme les belles âmes le sont de la gloire et de la vertu ; curieuses et avides du denier dix ; uniquement occupées de leurs débiteurs.... la bruy. vi. Les mœurs dans cet âge [l'enfance] sont assez les mêmes, et ce n'est qu'avec une curieuse attention qu'on en pénètre la différence, id. xi. 11 semble souvent que nous soyons plus curieux de montrer que nous savons beaucoup de choses, que de faire voir que nous savons bien celles que nous traitons, condillac, Art Hier, iv, \. || En parlant des choses. [Il] Examine d'un œil et d'un soin curieux Où les vagues rendront ce dépôt précieux, corn. Pomp.lt, ». C'est les examiner d'un soin trop curieux, rotr. Vencesl. iv, I. Vous voulez qu'on évite un soin trop curieux, Et des vains ornements l'effort ambitieux, la font. Fabl. v, 4. Une espèce de miséricorde inquiète et curieuse , qui songe à tous les maux qu'on peut souffrir, fléch. m, 380. || 2* Qui est désireux de voir et de savoir. Je suis curieux de voir la fin de cette affaire Si Votre Majesté Est curieuse de beauté,

Qu'elle fasse venir mon frère, la font. Joc. Nos soldats furent curieux de voir le pays, fbn. Tél. x. Curieux, incertains, quelle fortune aurait courue

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un grand roi, une grande reine, la bruy. Dise, à VAcad. Les astrologues n'avaient garde de rechercher une précision qui aurait rendu leur art impraticable; et ceux qui les consultaient, curieux qu'on leur dit l'avenir, étaient contents, pourvu qu'on leur prédît quelque chose, condillac, Traité des syst. ch. 6. || Absolument. Vous êtes curieuse et voulez trop savoir, corn. Iléracl. n, 8. Elle bénit mille fois le défaut du sexe, se sut très-bon gré d'être curieuse, bien fâchée de n'avoir pas contrevenu dès le premier jour aux défenses qu'on lui avait faites et à ses serments, la font. Psyché, i, p. 86. Elle était femme et, partant, curieuse ; L'œil toujours sur sa botte, on la voit soucieuse, lamotte, Fabl. iv, 7. Les hommes sont toujours curieux, toujours portés naturellement à rechercher la cause de ce qu'ils voient; j'entends les hommes qui ont un peu plus de génie que les autres, fonten. Sur l'histoire, Œuvres, t. rx, p. 363, dans pougens. || En parlant des choses. Ah I que vous enflammez mon désir curieux I hac. Esth. il, 7. Déchirera son sein et d'un œil curieux Dans son cœur palpitant consultera les dieux, id. Tphig. iv, 4. Et sa fuite a trompé mon désir curieux, mol. Sgan. v. Télémaque lui fit diverses questions curieuses, fén. Tél. vm. Sans cesse je vous suis d'un regard curieux, c. delav. Vêpres sicil. i, 4. || 3° Indiscret, qui cherche à pénétrer ce qui ne le regarde pas. Ne soyez pas si curieux que de fouiller dans mes papiers. || En bonne part. C'est un homme curieux, qui ne néglige aucune occasion de s'instruire. Il n'y a qu'à répondre qu'ils n'ont point connu cette partie de l'histoire et qu'ils ne sont pas moins contraires aux plus curieux et aux mieux instruits des auteurs de leur nation qu'à l'Ecriture, boss. Ilist. i, 7. La secte des philosophes italiques et celle des ioniques la remplissaient [la Grèce] de grands hommes, parmi lesquels il se mêla beaucoup d'extravagants, à qui la Grèce curieuse ne laissa pas de donner le nom de philosophes, m. Ilist. 1,8. On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit, J. j. rouss. Ém. v. || 4" Qui recherche, rassemble des objets rares, précieux. 11 est curieux de tableaux, de vieux livres. || 5° Digne de curiosité. Travail curieux. Un livre curieux. L'aventure est curieuse. Voilà qui est curieux. Il faut sur des sujets plus grands, plus curieux, Attacher de ce pas ton esprit et tes yeux, boil. Sat. x. Valentin Conrart, premier secrétaire de l'Académie française, n'avait point fait d'études; c'est ce que nous apprend un passage curieux de l'histoire de l'Académie par l'abbé d'Olivet, d'alemb-. Éloges, Marivaux. On peut voir, dans les œuvres de Fontenelle, une lettre curieuse de ce philosophe sur cet opéra de Bellérophon, qui n'était pas de cet inimitable poète lyrique [Quinault] et qui était presque digne d'en être, id. Éloges, Lamotte. La nature a mille détails qui seraient vrais, qui rendraient même l'imitation plus vraisemblable et qu'il faut pourtant éloigner, parce qu'ils manquent d'agrément ou d'intérêt ou de décence, et que nous cherchons, au théâtre et dans l'imitation poétique en général, une nature exquise, curieuse et intéressante, markont. Élém. Uttér. Œuvres, t. vm, p. 148, dans pougens. || Sciences curieuses, se disait de celles qui, étant connues de peu de personnes, avaient des secrets particuliers. || Bête curieuse, animal rare et qui excite la curiosité; et fig. et familièrement, personne qu'on veut voir comme une bête de ce genre. Ils en auraient savamment parlé dans de belles relations, comme d'une bête fort curieuse qui ressemblait assez à l'homme, j. j. rouss. Inég. note i . || 6" S. m. Ce qu'il y a de remarquable, de digne de curiosité. Le curieux de l'affaire est que.... 117° Celui, celle qui a de la curiosité. C'est un curieux. 11 faut punir cette petite curieuse. Le sens de sa parole [de Dieu] est souvent si sublime Et si mystérieux, Qu'à trop l'approfondir il égare, il abîme L'esprit du curieux, corn. Imit. i, 6. Rien n'échappe aux regards de notre curieuse, boil. Sat. x. Un curieux, qui s'approcha de trop près du lieu où nous étions enfermées, reçut un coup mortel qui lui ôta pour jamais la lumière du jour, montesq. Lettr.pers. 47. || 8° Amateur de curiosités. Le cabinet d'un curieux. J'ai reçu, l'autre semaine, dix-huit cents livres de ce curieux pour les deux grands tableaux dont votre père avait refusé deux mille écus quelque temps avant que de partir, REGNARD.fletour impr. se. 4. Causeries d'un curieux, variétés d'histoire et d'art tirées d'un cabinet d'autographes et de dessins par Feuillet de Conches. || Société des Curieux delà nature, société de naturalistes fondée à Augsbourg, en Allemagne, en 1670, et qui a publié un recueil encore consulté aujourd'hui. — HIST. xi* s. Et li Franceis dolent et curius

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[soucieux], Ch. de Sol. cxxxv. ||xii" s. Returnum; par aventure, mis pères ad jà les adnes mis à nunchaleir, e pur nus est curius [inquiet], Rois, 29. || xiu* s. Lasl j'en doi bien avoir paor, Quant je voique losengeor, Ettraltor.et envieusSuntde moi nuire curieus, la Rose, 4066. Ce sunt cil qui sunt curieus De desprisier et de blasmer Tous ceus qui font miex à aimer, fi». <040. Il qui fu moult ententif et moult curious à mètre le dit roiaume en bon point et en bon estât, Ass. de J. i, 22. Moult doivent penre garde li père et le [la] mère à qui il font nourrir leur enfant; car nourrices poi curieuses ont mis maint enfant à mort, beauh. lxix, 6. Sui de moi croizier curieux, Por venir à la joie cleire, ruteb. )34. || xiv* s. Ou avoir robes curieuses, Joiaus, deniers, chevaus, destriers Dont d'or fin fussent li estriers, machault, p. 96. En convent de nonnains [elle] se mist religieuse; De vraie humilité fut tousjours curieuse, Girarl de Ross. v. 2391. Li pères [les sénateurs] curieux de Testât du commun , bercheure, f* «7, verso. || xv* s. Et si devant ils avoient esté curieux et soigneux du faict du Royaume, encores délibérèrent de l'estre plus, juvén. Charles VI, 1 380. || xvi' s. Curieux de cognoistre qui il estoit, mont, i, 8. Pour se sauver des continuelles et curieuses recherches qu'on faisoit de luy, id. i, 138. Mettre son argent es choses curieuses et superflues, amyot, Coton, 36. Un corps bien complexionné n'a que faire, ny de nourriture, ny de vesture curieuse et superflue, m. Arist. et Colon comp. 8. Il n'y aurait homme, tant fust-il curieux ou subtil à rechercher et reprendre les faultes d'autruy, qui peust trouver un seul point à blasmer en luy, m. Cimon et Lucul. 2. Quant à luy, il n'estoit aucunement curieux de viandes exquises, id. Alex. 42. Les curieux laissent perdre et abandonnent leurs affaires propres pour vaquer à enquérir ceulx d'autruy, id. De la curiosité, 12. Quiconque se veut bien aider de telles armes, il en doit estre curieux, comme on est d'un cheval, lanoue, 3(4.

— ÉTYM. Provenç. curios; espagn. et ital. curioso; du latin curiosus, de euro (voy. cure 1).

CURION (ku-ri-on), s. m. Prêtre qui présidait aux sacrifices d'une curie. || Le chef d'une curie.

— ÊTYM. Lat. curio, de curia, curie. CURIOSITÉ (ku-ri-6-zi-té), s. f. || 1° Souci, soin.

De rendre un cœur content, de combler une âme de joie, de prévenir d'extrêmes besoins ou d'y remédier, leur curiosité ne s'étend point jusque-là, la bruy. ix. Pour moi qui ai peut-être examiné leur vie avec autant de curiosité que personne, st-êvrem. h, 121. || i° Penchant à voir et à savoir. Satisfaire, contenter sa curiosité. Curiosité indiscrète. Curiosité défendue. Depuis qu'assujettie aux Romains, Athènes n'avait plus à traiter de la paix et de la guerre ni des affaires d'État, elle s'était toute tournée à la curiosité, boss. dans le Dict. de docrez. La curiosité quelquefois nous trahit, corn. Othon, iv, 4. Eh bien, soit jalousie ou curiosité, id. Perlhar. m, 2. La curiosité n'est pas, comme l'on croit, un simple amour de la nouveauté; il y en a une d'intérêt qui fait que nous voulons savoir les choses pour nous en prévaloir; il y en a une autre d'orgueil qui nous donne envie d'être au-dessus de ceux qui ignorent les choses et de n'être pas au-dessous de ceux qui les savent, la rocref. I'rem.pens. 67. J'ai naturellement fort peu de curiosité pour la plus grande partie de tout ce qui en donne aux autres gens, id. Portrait. La faiblesse humaine est d'avoir Des curiosités d'apprendre Ce qu'on ne voudrait pas savoir, mol. Amph. ii, s. Mais pour les nouveautés On peut avoir parfois des curiosités, id. Éc. des mar. i, 6. La curiosité qui vous presse est bien forte, id. Tart. h, 2. Imprudence, babil et sotte vanité, Et vaine curiosité Ont ensemble étroit pareil tage; Ce sont enfants tous d'un lignage, la font. Fabl. x, 3. Voilà Psyché fort embarrassée! deux curiosités à la foisl y a-t-il femme qui y résistât? id. Psyché, i, p. 63. L'appréhension, le dépit, la pitié, la colère, et le désespoir, la curiosité principalement; tout ce qui porte à commettre quelque forfait et tout ce qui en détourne, s'empara du cœur de notre héroïne et en fit la scène de cent agitations différentes, id. Psyché, I, p. 82. Si la curiosité me prenait de savoir si ces propositions sont dans Jansenius, son livre n'est pas si rare ni si gros que je ne le pusse lire tout entier pour m'en éclaircir, pasc. Prov. t. Vous ne pensiez pas que personne eût la curiosité de savoir qui nous sommes, m. ib. 8. La curiosité n'est que vanité; le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler, id. Pensées, part. I, art. 6. Vous serez peut-être en curiosité de savoir qui m'y a mené; je vous le vas dire, segrais, lie imaginaire, t. n p. 180. Mais

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I j'ai vu près de vous ce superbe Hippolyte ; Et même, en le voyant, le bruit de sa fierté A redoublé pour lui ma curiosité, rac. Phèd. H, 1. Ce qui augmenta encore la douleur de sa perte [de Sésostris], c'est que son fils Bocchoris n'avait ni humanité pour les étrangers, ni curiosité pour les sciences, ni estime pour les hommes vertueux, ni amour de la gloire, fén. Tél. n. La curiosité, cette faiblesse si commune aux hommes, cesse presque d'en être une, quand elle a pour objets des temps et des hommes qui attirent les regards de la postérité, volt. Louis XIV, 28. La curiosité n'est que le désir de quelque chose de nouveau; et ce désir ne peut naître que lorsqu'on a déjà fait des découvertes, et qu'on croit avoir des moyens pour en faire encore, condillac, TVatt. sens. part, ii, ch. 7. Parmi tant de malheurs, on cherche avec une curiosité triste le destin de la ville de Rome, montesq. Rom. 19. Dans l'ordre de nos besoins et des objets de nos passions, le plaisir tient une de nos premières places, et la curiosité est un nesoin pour qui sait penser, d'alemb. Disc. prél. Encycl. Œuvres, 1. 1, p. )96,danspouGENS Cette erreur [l'astrologie], chère à son amour-propre [de l'homme] et nécessaire à son inquiète curiosité, estaussi ancienne que l'astronomie, lapl. Exp. v, t. Tertullien disait qu'après Jésus-Christ ta curiosité ne nous était plus d'aucun usage, et que l'exercice nous en était interdit depuis que l'évangile nous avait été annoncé, bourdal. Car. Sur la paix chrétienne. || La curiosité d'une chose, l'intérêt qu'elle excite en tant que chose curieuse. On en a vu [des ânes] d'assez bien dressés pour faire curiosité de spectacle, bufk. Ane. || Familièrement. Pour la curiosité du fait, pour s'assurer si une chose dont on doute est réelle. Vous m'obligerez, pour la curiosité du fait, de me communiquer une lettre si singulière. || Pour la curiosité du fait, se dit aussi pour exprimer qu'on voudrait être témoin de quelque chose. Ainsi on dira à un avocat qui ne plaide jamais : Je voudrais vous entendre plaider une fois, pour la curiosité du fait. || 8° Indiscrétion, espionnage. Sa curiosité fut punie. 11 eut la curiosité d'écouter à la porte. Une curiosité téméraire. || 4° Goût d'amateur pour certaines choses. J'avais la passion de bâtir, la curiosité des tableaui. La curiosité n'est pas un goût pour ce qui est bon ou ce qui est beau, mais pour ce qui est rare, unique, pour ce qu'on a et ce que les autres n'ont point ; ce n'est pas un attachement à ce qui est parfait, mais à ce qui est couru, à ce qui est de mode; ce n'est pas un amusement, mais une passion, et souvent si violente qu'elle ne le cède à l'amour et à l'ambition que par la petitesse de son objet, LA BRUY. XIII. || 6* Choses rares, nouvelles, singulières. Magasin de curiosités. Nous ne pûmes voir les curiosités de la foire. Il manquait encore à la collection d'histoire naturelle quantité de choses des Indes ; ii jugea qu'il ne pouvait avoir promptement ces curiosités qu'en les allant chercher en Angleterre et en Hollande, fonten. Marsigli. || Se dit aussi des passages rares, peu connus, intéressants, dans les auteurs. On indique les sources, on marque souvent les origines et les progrès, on ramasse cent belles curiosités de l'histoire naturelle , de la physique expérimentale et de la pratique des arts, Préf. du Dict. de furetiêre. Il La curiosité, les curieux, les amateurs de choses curieuses. Le nom de cet amateur subsistera longtemps dans la curiosité. Peu usité en ce sens. || Espèce de grande boite que portent sur le dos certains savoyards et où ils montrent des choses curieuses.

— HIST. xin' s. Vie, senz, curioseté En dras, e vivre ad grant plenté, marie, Purgatoire, ta».

1| XV s. Ont tous, par bonne délibération, fait trèj lumble regratiation à vostre royale majesté de li très noble curiosité et souvenance que avez perseveramment à la conservation , paix et union de vos très humbles sujets, godefroy, Observ. sur Charles VIII, p. 603, dans lacurne. || xvi* s. Les seconds sont gens qui ont de la doctrine, lesquels sont sollicitez par la curiosité de leur esprit , de sonder les plus belles œuvres de nature, lanoue, 468, La curiosité grande qu'il avoit de telz arts, et de telz ouvrages qu'il amassoit de tous costez à gros frais, amyot, Lucul. 78. Paulus iEmilius trouva l'armée qui estoit pleine de babil et de curiosité, pour autant que chasque soudard se mesloit de faire du capitaine, id. Galba, t. Un sien serviteur auquel il avoit commandé faire ledit cataplasme, (faute de curiosité) l'avoit meslé avec une portion d'unguent auquel il y avoit du vif-argent, PARÉ, VI, 3.

— ÊTYM. Provenç. curiositat, euriotetat; espaga curiosidad; ital. curiotitâ; dulatineun'ostfafem.de curiosus, curieux.

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t CCRLE (kur-1'), ». f. Rouet de cordier pour le fil de caret.

fCURLU (kur-lu), s. m. Nom du courlis en Bourgogne.

fCCROIR (ku-roir)ou CURON(ku-ron), s. m.

Bâton pour nettoyer la charrue.

— hist. xiv" s. Le signifiant trouva sa charrue, où il print un baston que l'en appelle cureur, ducange, curata. || xvi* s. Des fourchettes, tenailles et curoires qu'on tient dans les foyers, d'aub. Fœn. iv, <3.

— êtym. Curer. Dans l'ancien français on disait aussi curet.

f CCRRENTE CALA MO (ku-rrin -té-ka-la-mo). Expression adverbiale signifiant au courant de la plume, c'est-à-dire qu'on écrit rapidement et sans soigner son style.

— êtym. Lat. currente calamo, avec le calame courant (le calame était la plume des anciens).

f CURSEUR ( kur - seur ) , s. m. Terme de géométr e. Petit corps qui glisse dans une fente ou coulisse pratiquée au milieu d'une règle, d'un compas, etc. || Terme d'astronomie. Fil qui, traversant le champ d'un micromètre, et se mouvant au moyen d'une vis, sert à renfermer les deux bords d'un astre pour en mesurer le diamètre apparent

— ÊTYM. Lat. cursor, coureur, de cursum, supin de eurrere, courir (voy. courir).

CURSIF, IVE (kur-sif, si-v'), adj. Qu'on écrit à la main courante. Ecriture cursive. Lettres cursives. Caractères cursifs. De cette espèce d'écriture cursive [des inscriptions] les traits de chaque lettre, à peine ébauchés, se doivent le plus souvent deviner, p. l. cour, n, 366. || Substantivement. La cursive, écriture courante, sorte d'écriture autrement nommée anglaise (voy. ce mot).

— ÊTYM. Voy. CURSEUR.

t CURSIVEMENT (kur-si-ve-man), adv. D'une manière cursive.

— êtym. Cursive, et le suffixe ment.

+ CURSOR1PÈDE (kur-so-ri-pè-d'), adj. Terme d'ornithologie. Qui a des pattes propres à la course.

— êtym. Lat. cursor, coureur (voy. curseur), et pes, pedis, pied.

t CURTIPÈDE (kur-ti-pè-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a un pied ou un support court.

— êtym. Lat. curtus, court, et pes, pedis, pied, t CURTIROSTRE (kur-ti-ro-str') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a le bec ou le rostre court.

— êtym. Lat. curtus, court, et rostrum, bec.

t CERTITUDE (kur-ti-tu-d'), s. f. Terme didactique peu usité. État de ce qui est court. L'extrême curtitude des anneaux (je demande grâce pour cette expression) m'en avait vraisemblablement imposé, et d'autant plus que je n'avais point vu encore de tsenia à anneaux longs, bonnet, Nouv.rech. tasnia.

— ÊTYM. Latin, curtus, court (voy. ce mot).

CURULE (ku-ru-1'), adj. Terme d'antiquité romaine. Chaise curule, fauteuil d'ivoire sur lequel les premiers magistrats de Rome s'asseyaient et qui avait les pieds courbes et des ornements d'ivoire. || Magistrats curules, ceux qui siégeaient sur une chaise curule. Partager avec les nobles les magistratures curules, montesq. Rom. 8. || Édilité curule, édilité qui donnait droit à une chaise curule.

— HIST. xiv* s. Celé curule estoit la celé et la chaiere en laquelle se seoient les mestres des offices, bercbeure, f* i 3, verso. || xvi* s. Chai re curule comme jlz l'appellent, c'est à dire qui se porte sur un chariot par la ville, amyot. Uarius, 6.

— ÊTYM. Même radical que dans currus, char, comme le montre l'exemple cité d' Amyot, bien que currus ait deux r ; mais anciennement les Romains n'avaient pas de lettres doubles, et ils écrivaient curus.

f CURURE (ku-ru-r"), ». f. Produit du curage des étangs, des mares, des puits, composé desubstances terreuses et de détritus organiques dans un état variable de décomposition.

— HIST. xiv* s. Quiconque vouldra bouter, balayer ou nettoyer devant son huis, faire le devra et pourra, par si que tantost la dicte cureure et nettoyeure sera ostée et portée au lieu accoustumé, Ordonn. des Rois de Fr. t. m, p. 87.

— êtym. Curer.

T CURVATEUR (k.ur-va-teur) , adj. Terme didactique. Qui courbe.

— êtym. Lat. curvare, courber.

t CURVATIF, IVE (kur-va-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Qui se cotrbe légèrement. Feuilles curvatives, celles dont le roulement, dans le bourgeon, est à peine sensible, à cause de leur peu de largeur.

— ET Y». Lat. curvare, courber.

t CURVEMBRYÊ, ËE (kur-van-bri-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a un embryon recourbé.

eus

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et embryon.

t CURVICAUDE (kur-vi-kô-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a une queue recourbée.

— ÉTYM. Lat. curvus, courbe, et cauda, queue, t CURVICAULE (kur-vi-kô-1*), adj. Terme de botanique. Qui a une tige courbée.

— - ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et coulis, tige, t CURVICOLLE (kur-vi-ko-1'), adj. Terme de zoologie. Qui a le cou courbé.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et collum, col.

t CURVICOSTÉ, ÉE (kur-vi-ko-sté , stée) , adj. Terme de zoologie. Se dit des poissons marqués de petites côtes courbes.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et costa, côte.

t CURVIDENTfi, ËE (kur-vi-dan-tè, tée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni de dents recourbées.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe , et dens, dent.

t CURVIFLORE (kur-vi-flo-r') , adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs à corolle courbe.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et flos, floris, fleur. t CURVIFOLIÊ.ÉE (kur- vi-fo-li-é,ée), adj. Terme

de botanique. Qui a des feuilles recourbées.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbé, et fnlium, feuille. f CURVIGRAPHE (kur-vi-gra-r), s. m. Instrument de mathématiques servant à tracer des courbes.

— ÊTYM. Mot hybride, composé du latin curvus, et du grec fpâfctv, tracer.

CURVILIGNE (kur-vi-li-gn'),adj. Terme de géométrie. Formé par des lignes courbes. Figure curviligne.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et ligne.

t CURVINERVÉ, ÉE (kur-vi-nèr-vé, vée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles à nervures courbées.

— ÉTYM. Lat. curvus, courbe, et nervus, nervure, t CURVIPÈDE (kur-vi-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a des jambes courbées.

— ÉTYM. Lat. curvus, courbe, et pes, pedis, pied, t CURVIROSTRE (kur-vi-ro-str') , aij. Terme do

zoologie. Qui a le bec recourbé.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et rostrum, bec. tCURVISÈTE(kur-vi-sè-t'), adj. Terme d'histoire

naturelle. Qui a des soies recourbées.

— ÊTYM. Lat. curvus, courbe, et seta, soie.

t CURVITÉ (kur-vi-té) , s. f. Courbure. Peu usité.

— HIST. xrv* s. La concavité et la curvité de telle ligne, oresue, Thèse de meunier.

— ÊTYM. Provenç. curvitat; espagn. curvidad; ital. eurvt'Jd; du latin eurvitatem, de curvus (voy. courbe).

CUSCUTE (ku-sku-f), s. f. Terme de botanique. Plante parasite (convolvulacées) dont la tige s'attache aux herbes voisines peu de temps après sa germination, y prend sa nourriture au moyen de suçoirs et étouffe les végétaux envahis. La cuscute commune, cuscuta europsea, L.

— ÉTYM. De l'arabe cochoût, d'après Defrémery ; espagn. cuscuta; ital. cuscuta, cussula, danois, kaskute.

t CUSPARIN (ku-spa-rin), s. m. Terme de chimie. Principe neutre désouvert dans l'écorce de l'angusture vraie [galipea eusparia).

t CUSPIDE (ku-spi-d'), s. f. Terme de botanique. Pointe aiguë et allongée.

— ÊTYM. Lat. cuspis, cuspidis , pointe.

t CUSPIDÊ , ÉE (ku-spi-dé, dée) , adj. Terme d'histoire naturelle. Muni d'une pointe aiguS et dure. Dents cuspidées.

— ÊTYM. Cuspide.

tCUSPIDlFËRE(ku-spi-di-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des pointes.

— ÉTYM. Cuspide, et le suffixe latin fer , qui porte. + CUSPIDIFOLIÉ, ÉE(ku-spi-di-fo-li-é,ée), adj.

Terme de botanique. Qui a des feuilles cuspidées.

— ÊTYM. Cuspide, et le latin folium, feuille.

t CUSPIDIFORME (ku-spi-di-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une pointe.

— ÉTYM. Cuspide, et (orme.

t CUSSET (ku-sè) , s. m. Nom d'une variété de pomme à cidre dans les environs d'Avranches.

t CITSSON (ku-son) , s. m. Se dit quelquefois pour cosson.

■f CUSSONÉ, ÉE (ku-so-né, née), adj. Piqué par les vers, en parlant du bois.

— ÊTYM. Cusson.

I . CUSTODE (ku-sto-d'), s. f. || 1° Rideau. Vieux en ce sens. || Fig. Donner le fouet sous la custode, réprimander en secret. || S* Courtines a côté du maître autel. || Pavillon qu'on met sur le saint ciboire. || 3° Partie intérieure d'un carrosse qui est à chaque côté du fond, et contre laquelle on s'appuie. || 4° Chaperon d'un fourreau de pistolet.

— HIST. xiv* s. Icelle suppliante prist huit eu-

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