AFT
lées) , s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui fait de* aiguilles.
— ÉTYM. Aiguille.
AIGUILLIER(è-gûi-llé, Il mouillées), s. m. Petit étui où l'on met les aiguilles. || Il a vieilli; on dit étui.
— HIST. xin* s. Bien doint orillier, ou toaille, Ou cuevrechief, ou aumosniere, Mes qu'el ne soit mie trop chiere; Aguillier, ou laz, ou ceinture, Dont poi vaille la ferreûre, la Rose, 14617. Lors [je] trais une aguille d'argent D'ung aguiller mignot et gent, Si pris l'aguille à enfiler, la Rose, 92.
— ÉTYM. Aiguille,
t AIGU1LLIERK (è-gûi-llê-r', Il mouillées), s. f. Terme de pêche. Filet que l'on tend entre deux eaux.
AIGUILLON (è-gûi-llon, Il mouillées, et non è-gûiyon. Dans le xvi* s. on prononçait la syllabe gui comme aujourd'hui, c'est-à-dire en diphthongue, ainsi quedanshurte; voy. Palsgrave, p. 16. Au contraire un dictionnaire du xviii* s. donne la prononciation è-ghi-llon. Maintenant la prononciation è-gûi- Ilon est la seule bonne) , «. m. 1 1 1* Pointe de fer fixée à un long bâton, et dont on se sert pour piquer les bœufs. Faire sentir l'aiguillon. Un dieu qui d'aiguillons pressaitleurs flancs poudreux, rac. Plièd.v, 6. || 2° Espèce de dard rétractile, par lequel se termine le dernier anneau de l'abdomen chez quelques insectes. Laisser son aiguillon dans la piqûre, [j 3° Fig.L'aiguillon de la douleur. Toutes ces choses qui auraient dû nourrir mes peines en émoussaient au contraire l'aiguillon, chateaub. René, 212. Les douleurs n'étaient que les aiguillons de votre corruption, mass. Afft. Paul sent au dedans l'aiguillon honteux de Satan qui l'humilie, m. Resp. || 4° Tout ce qui excite à faire quelque chose. Proximité de la mort, qu'il s'est efforcé, pour ainsi dire, de nous faire sentir comme l'aiguillon le plus vif et le plus capable de nous piquer, bourd. Carême,i. i, p. 38. Nui aiguillon divin n'élève leur courage, Régnier, Sat. ix. C^ bruits furent un aiguillon pour la gloire, hamilt. Gramm. 1 i . Les enfants de Port-Royal auxquels on ne donne point cet aiguillon d'envie et de gloire tombent dans la nonchalance, pasc. édit. Cous. || 5° Dans la langue de l'Ecriture, l'aiguillon de la chair, les tentations de la chair. || 6" Terme de botanique. Piquant qui adhère à l'écorce. Il ne faut pas confondre les aiguillons avec les épines ; l'aiguillon ne tient qu'à l'épiderme ; l'épine se continue intérieurement avec le corps ligneux de la tige. |l 1° Terme de chasse. Il se dit de la pointe qui termine les fumées ou fientes des bétes fauves.
— HIST. xii* s. Kar rebuchié furent liir hustilz de fer, les uns e les altres, jesqueà l'aguillon, Rois,**.. Et por ce ke chascuns, combien que il unkes ait en ceste vie esploitiet, sent encore l'aguilhon de sa corruption, Job, 483. Li cuers espris des aguilhons de sa irorfremist, li cors tremble. ...tb. 614. || xiii* s. Vencu l'aguillon delà mort. Psautier, h. M. 268, Mot. Cil point l'asne de l'aguillon Par derrière sur le crespon, Des espérons le destraingnoit, Et du chevestre le feroit, Ren. 22t. || xvi* s. Il aimoit uniquement les saucisses.... les harengs saurs, et tous semblables aiguillons à vin, desper. Contes, lxxix. Par l'aiguillon du plaisir, paré, xviii, i.
— ÉTYM. Genev. atouillon ; wallon , awion ; rouchi, èwiglion; Berry, agullon; provenç. agulion; catal. agullô ; espagn. agujon; ital. aguglione ; d'une forme non latine aculeonem, régime d'aculeo, augmentatif d'aculeus, de même radical que aeutus, piquant, qui lui-même est dérivé de acus, aiguille (voy. ce mot) , avec un suffixe.
f AIGUILLONNANT, ANTE (è-gûi-llo-nan ,nan-t', 12 mouillées), part. prés, pris adject. Des passions aiguillonnantes.
AIGUILLONNÉ, ÉE (è-gûi-llo-né , née, Il mouillées), part, passé. ||1° Des bœufs aiguillonnés. Un homme aiguillonne par la faim. Des courages aiguillonnés par la nécessité. On dit le plus souvent aiguillonné par; cependanten quelques circonstances on peut employer de : aiguillonné de désirs. || 2°Terme de chasse. Sa dit des fumées terminées en aiguillon.
t AIGUILLONNEMENT (è-gûi-llo-ne-man , Il mouillées), t. m. Action d'aiguillonner; résultat de cette action.
— HIST. xvi* s. Et sentira le patient prurit, avec un petit aiguillonnement, paré, xv, 40.
— ÉTYM. Aiguillonner; provenç. agulionomen. AIGUILLONNER ( è-gûi-llo-né', 22 mouillées, et
non pas è-gûi-yo-né), v. a. || i° Piquer avec l'aiguillon. Aiguillonner les bœufs. || 2° Fig. Une ardente faim l'aiguillonne, a. ciiên. Le Mendiant, 47.
|| 3" Inciter , animer. Aiguillonner le courage. Le besoin aiguillonnera la paresse de cet nom
— HIST. xii* s. [Il] n'atent ne mais sul tens e leu De tolir à chacun son feu [fief] ; Sovent en est aguillonez, E de plusors amonestez , benoît, h, 8944. || xiii* s. E li enemis de nature [le diable], qui d'autre chose n'avoit cure , Eguilonot et somoneit Celui que deceivre voleit , Grégoire le Grand , p. 8.
|| xvi* s. La beaulté de l'acte en soy estoit ce qui plus le sollicitoit et l'esguillonnoit, amyot, Pélop. 57. Icelle humeur a une petite acrimonie piquante et aiguillonnante, paré, xviii, t. Mais je ne sçay comment ce daemon de Jodelle.... M'aiguillonne, m'espoint, m'espouvante, m'afiblle, du Bellay, vi, 4 1 , recto.
— ÉTYM. Aiguillon.
t AIGUILLOT (è-gfli-Uo, 22 mouillées), s. m. Terme de marine. Mamelon des gonds fixés au gouvernail d'un bâtiment.
t AIGUISAGE (è-gûi-za-j') , s. m. Action d'aiguiser un instrument de fer. <
AIGUISÉ, ËE(è-gûi-zé,zée), part, passé. ||l*Couteau bien aiguise. Des esprits aiguisés par la controverse. Appétit aiguisé. Epigramme aiguisée. || 2" En blason, se dit de toutes les piècesdont les extrémités peuvent êtreaiguês, comme le pal, lafasce, la croix, le sautoir,
AIGUISEMENT (è-gûi-ze-man. Telle est la prononciation actuelle ; mais au xvm* s. on a prononcé è-ghi-ze-ment), s. m. Action d'aiguiser.
— HITS, xv s. Les soubtilles raisons sont l'aguisement de l'engin et entendement, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 11,
— ÉTYM. Aiguiser.
AIGUISER (è-gui-zé, et non, comme quelquesuns prononcent, èghizer. La prononciation gûi en diphthongue , comme dans huile, est celle du xvii' siècle, chifflet, Gramm. p. 228, et du xvi", palsgrave, p. 10 et 16. Au contraire un dictionnaire du xviii" siècle n'admet que la prononciation è-ghi-zé), t. a. || 1° Rendre pointu ou tranchant. Le sanglier aiguise ses défenses. 11 aiguisait son couteau. Le lion aiguise ses dents et ses griffes, attendant lemoment favorable,FÉN. Tél. xvm. Sa faux qu'elle aiguisait sans cesse, id. tb. xvm. Si leur haine, de Troie oubliant la querelle, Tourne contre eux le fer qu'ils aiguisent contre elle, rac. Iphig. iv, 1. 1| Aiguiser ses couteaux, se préparerau combat. || 2° Fig. Rendre plus vif. Une promenade vous aiguisera l'appétit. Certains jeux aiguisent l'esprit des enfants. Et n'allez point toujours d'une pointe frivole, Aiguiserpar laqueue une epigramme folle, boil. A. P. il. Au lieu de fades épigrammes, Qu'il aiguise un couplet gaillard, bérangeh, Désaug. Afin d'éviter toute ambiguïté et de déjouer toutes les insinuations qui ne tendent qu'à aiguiser ici les méfiances.... mirab. Collect. t. il, p. 177. Au lieu d'aiguiser contre les lois la subtilité des hommes et leur fatale industrie à les éluder.... id. ib. t. m, p. 20. Ils ont aiguisé leurs langues comme celle du serpent, et de leurs bouches empestées ils ont lancé le plus subtil venin de l'esprit, bourd. Pensées,t. in, p. 365. || 3° Aiguiser l'appétit, au figuré, exciter la convoitise.... leur beauté Aiguisait l'appétit , la font. Tab.
s'aiguiser, v. réfl. Le fer s'aiguise par le fer. Des esprits qui se sont aiguisés par l'exercice.
— HIST. xii* s. E ces de Israël veneient as Philistiens pur aguiser e adrecier e le soc, e le picois, e la cuignée, e la houe, flots, 44. || xiii* s. II aguiserent leur langues si comme serpent, Psautier, b. m. 258, f. 169. S'or ne set moult Renart de frape, Il est chaoit [tombé] en maie trape : Chascun sor lui ses denz acuse, Ren. 13571. Et va ses ongles aguisant, tb. 2143. Tybert, lessiez le menacier, Et sor moi lor denz aguisier, tb. 10512. De toi s'esleveront mi flanc; De toi acuisera mon sanc, Si acroistrai mon hardement; Moult m'en douteront plus la gent, tb. 7750. Toute morsure venimeuse Garist celle croix précieuse En cuer qui la scet aiguisier, j. de meung, Tr. 627. || xiv s. Afin que fureur soit adrescie, menée el conduite par vertu, et que vertu soit enasprie et acuisée et enforcie par fureur, oresme, Eth. 84. Là fust Bertran enclos à chascune partie De queux, de boutillier et de penneterie, Li uns tient ung tinel , l'autre perche aguisie , Guescl. 981 . || xv' s. Si quist on grand bois de chesnes; et puis furent tantost ouvrés et aguisés devant.... froiss. i, t, 137. Nostre appétit le vin aguise, Et aide à la digestion, basselin, lx. || xvi* s. Les difficultez aiguisent et rehaulsent le plaisir divin que.... mont. i,70. J'instruis et aiguise mon appétit à ces commoditez, id. I, 285. L'elephant aiguise et esmould ses
dents, id. ii, 164. Pericles aguisa et incita le peupla à persévérer opiniastremcnt en ce qu'il avoit une fois ordonné contre les Megariens, amyot, Péric. 67 Ne plus ne moins que la cueux bise Le trenchant de l'espée aguise, id. ib. 64. Ils furent par luy nourriz aux armes, et dès leur naissance aguisez et acharnez à cela [la guerre], id. Pyrrh. 18. Il feit remplir les dittes fosses et trenchées de paux pointus aguisez par les bouts, id. Pomp. 88. Jour et nuit ils te nuisent [le soin et l'en vie] , Et sur ton cœur aiguisent L'aiguillon qui te poind, rons. 40 i.
— ÉTYM. Norm. agucher ;bourguig. égusè; Berry, aguiser, aguser, aguer; wallon, aweht; provenç. agusar; ital. aguxiare; d'un bas-latin acutare ou plutôt acutiare, de aeutus (voy. aigu). Acutare est dans Du Cange ; acutiare n'y est pas; mais on y trouve acutia. acuties, acutiator.
t AIGUISEUR (è-gùi-zeur), s. m. Celui qui aiguise. Les aiguiseurs des manufactures d'armes sont sujets à une phthisie particulière causée par la poussière siliceuse et métallique au milieu de laquelle ils vivent.
— HIST. xvi* s. La terre qu'on treuve sur les meules des esguiseurs, o. de serres, B60.
— ÉTYM. Aiguiser.
f AIGÛMENT (è-gu-man), adv. D'une manière aiguë.
— HIST. xvi* s. C'estoit bien la plus doulce et la plus aggreable compagnie d'homme qu'il estoit possible, et qui rencontroit aussi plaisamment et aussi aiguëment, amyot, Flam. 33.
— ÉTYM Aiguë, au féminin, et ment.
AIL (ail, 22 mouillées, et non aye) s. m. Aup/ur. aulx (6). || 1° Espèce d'oignon d'une odeur très-forte, composé de plusieurs petites gousses réunies sous une seule enveloppe. Une tête d'ail, une gousse d'ail. Tu peux choisir, ou de manger trente aulx, Ou.... la font. Pays. Ne vous souvenez-vous plus des premiers consuls, dont les paroles sentaient les aulx et la viande crue? balz. Leur, i, 9. || 2* En termes do botanique, et considéré comme plante, il faitat'ixau pluriel. Il cultive des ails de plusieurs espèces. || 3° Ail de chien, nom vulgaire du muscari en grappe (liliacées). || Proverbe. Le mortier sent toujours les aulx, c'est-à-dire on se ressent toujours de son éducation, de ses anciennes habitudes, etc.
— HIST. xiii* s. Trop tost se vante qui aulx plante, Chans. historiques, Leroux de Lincy, t. i, p. 264. Tousjours le mortier sent les aulx, tb. t. i, p. ai>;i. Li ails vaut contre morsure de beste venimeuse, et por chou [cela] l'apele on triade de vilains, alebrant, f. 68. Tuit cil qui sont dehors Paris, et vendent à Paris auz , oingnons , poiraus.... doivent chascun quatre deniers l'an, Lit. des Met. 334. Ne lor lessasse demorer Vaillant ung ail, se ge peûsse, Que tout en ma borce n'eusse, la Rose, I3i23. Ne qu'el n'ait pas ses lèvres ointes De sopes, d'aulx, r.î de char grasse, ib. 13516. Tant ot mangié bon buef as aus.Et du cras humé qui fu chaus , Que la pance ne fu pas mole, Ainz li tent com corde à citole, ruteb. 282. Ne bone char de buef as auz, FabL Rarb. iv, p. 83. || xiv* s. On dit que compaignie ne vault un ayl pelle, S'amour et courtoisie n'y est et loyauté, Guescl. 862, var. || xv* s. Oignons, aulx, pois, fèves, olietes, froiss. ii, hi, 36. || xvi* s. Il délaissera toutes espiceries, ails, oignons, etc. paré, v, 9. On fera essay premièrement en y appliquant des aulx piles dessus , id. v, 21. Une gosse d'ails, id. xv, 26. Le suc exprimé d'un ail cuit, meslé avec un peu d'aloé, id. xviii, 67. Teste d'ail, id.
— REM. Le pluriel aulx devient de moins en moins usité..
— ÉTYM. Provenç. alh, aill; catal. a.22; espagn. ajo; ital. aglio ; de allium ou alium.
f.... AIL, suffixe, qui, quand il est véritablement suffixe et ne fait pas partie intégrante du mot, répond au suffixe latin aculum, et exprirde quelque chose d'instrumental : gouvernail : gubern-aculum.
AILE (6-1'j, s. f. || 1" Membre qui sert aux oiseaux à voler. On donne aussi ce nom aux parties à l'aide desquelles beaucoup d'insectes et quelques mammifères se soutiennent dans l'air. Les ailes des chauves-souris sont membraneuses. || Poétiquement. Iris volant d'une aile légère, fén. Tél. xvi. || Fig. et poétique. Lesailes des zéphyrs. Sur les ailes du temps la tristesse s'envole, la font. Fab. vi, 21. Mon esprit diminue, au lieu qu'à chaque instant On aperçoit le vôtre aller en augmentant : Il ne va pas, il court, il semble avoir des ailes, id. tb. xn, 1. Dieu que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents, rac. Esth. i, 6. Si nous montons sur les ailes des vents.... mass Temples. On a beau être porté sur les ailes de la