MÉDECIN
t ANDRON (an-dron) , *. m. Terme d'antiquité. || 1» Nom de l'appartement des hommes dans les maisons des Grecs. || 2" Corridor ou galerie située entre deux cours, chea les Romains. || 3* Côté réservé aux hommes dans les églises grecques.
— ÊTYM. 'Avîpùv, de àvrip, homme (voy.ANDH....). t ANDROPHOBE (an-dro-fo-b'), adj. Terme di-
didactique. Qui craint ou fuit le sexe masculin.
— ÉTYM. ftv>)p, homme (voy. andr....), et ?&• 6o<, crainte.
Tne
f ANDUOPHORE (an-dro-fo-r'), s. m. Terme de botanique. Support de plusieurs étamines.
— ÉTYM. 'Av^ip, homme (voy. andr....) et çopàç, qui porte.
ÂNE (â-n'), *. m. || 1° Bête de somme du genre cheval, a longues oreilles. L'âne est d'un naturel aussi sensible, aussi patient, aussi tranquille que le cheval est fier, ardent, impétueux, hitf. Âne. Plus bête que l'âne de la fable, je m'inquiétais beaucoup pour savoir de quel maître j'aurais l'honneur de porter le bât, i.i.rouss. Confess. v. || En dos d'âne, en forme de dos d'âne, c'est-à-dire ayant deux parties réunies au sommet, et présentant un talus de chaque côté. || Têtu comme un âne, très-opiniâtre. || Sérieux comme un âne qu'on étrille, d'une sévérité affectée. || Méchant comme un âne rouge, difficile, méchant, d'un naturel difficile. || C'est un âne bftlé, c'est un homme fort ignorant. || C'est un âne débâté, il est trop adonné aux femmes. || Le pont aux ânes, ce que personne ne doit ni ne peut ignorer; ce qui est si facile que tout le monde doit y réussir. || Bonnet d'âne, bonnet en papier et garni de deux cornes qu'on met sur la tête des enfants en guise de punition. Il n'y a qu'un bonnet d'âne à mettre sur la tête d'un savant qui croit savoir bien ce que c'est que la dureté, la cohérence, etc. volt. Letl. Pruss. 67. || Oreilles d'âne, cornets de papier imitant la forme d'une oreille d'âne , qu'on met à un enfant , pour le punir d'une faute d'ignorance. || Contes de l'eau d'âne, petits contes inventés pour l'amusement des enfants, ainsi nommés de ce qu'il y en a un qui porte précisément ce titre. Si Peau d'âne m'était conté, J'y prendrais un plaisir extrême, la font. Fdb. vin, 4. Peau d'âne, employé absolument, est masculin. || 2° Fig. Homme sans intelligence, esprit fermé. Un gros âne pourvu de mille écus de rente, Régnier, Sat. îv. Mais, Rapin, à leur goût, si les vieux sont profanes, Si Virgile, le Tasse et Ronsard sont des ânes, id. Sat. ix. Va, tu n'es qu'un gros âne, la font. Cuv. Ma foi de tels savants sont des ânes bien faits, mol. Fdch. m, 2. || Adjectivement. Je n'y suis pas âne [je m'y connais], mol. Fdch. i,). || 3° En astronomie, ânes, étoiles y et 8 de la constellation du Cancer. || 4° Tête d'âne, sorte de poisson, le chabot des rivières. || 5° Pas d'âne, espèce de plante médicinale. || Pas d'âne, s'est dit aussi d'une sorte de mors de cheval. || Il s'est dit encore d'une sorte de garde d'épée qui couvre toute la main. C'est une garde à pas d'âne. || 6° En technologie , étau et outils divers. || Proverbes. L'âne du commun est toujours le plus mal bâté , c'est-à-dire les affaires d'une communauté sont plus mal faites que celles d'un particulier. || X laver la tête d'un âne on perd sa lessive; c'est peine perdue de vouloir instruire une personne stupide. || 11 cherche son âne et il est dessus; il cherche ce qu'il a entre les mains. ||Pour vous montrer que votre âne n'est qu'une bête ; pour vous faire voir que vous vous trompez. || Pour un point, faute d'un point, Martin perdit son âne ; c'est-à-dire peu de chose a manqué pour que l'affaire réussit. Il Nul ne peut faire un âne boire, si ce n'est quand il a soif; il faut vouloir les choses en leur temps. || Il ressemble à l'âne de Buridan, seditd'un homme qui ne sait pas se décider. Buridan, dans la scolastique, disait qu'un âne placé à égale distance de deux boisseaux d'avoine, parfaitement égaux entre eux, n'ayant aucune raison de se décider pour l'un plutôt que pour l'autre, mourrait de faim entre les deux.
— SYN. âne, ignorant. On est âne par disposition d'esprit, et ignorant par défaut d'instruction. L'ignorant n'a pas appris; l'âne ne peut pas apprendre.
— HIST. xii* s. Returnum; par aventure, mis pères ad jà les adnes mis à nonchaleir, Rois, 29. Quant H baron l'entendent, chascuns s'est arrier trais, Tout ainsi com li asnes qui regarde le fais, Sax. xv. || xin» s. Tant con li vilains se démente, Timez, ses asnes espanois, Qui ne crient [craint] gelée ne nois, Oî dementer son seignor, Ren. )6997. || xiv* s. Et se touz ceulx qui soustiennent perilz et peines par fureur ou autre passion estoient fors de vraye fortitude , les asnes le seroient , oresme, Eth. 86. Pour che dist uns proverbes que dient li pluisour; Qui asne et femme mainne, sans paine n'est du jour, Baud. de Seb. va, 659. Ils ne soient contrains et condamnés à chevaucher un asne, DU CAnge, asinus. Il convenoit que le dit Vincent chevauchast un asne par la vile, n. tTj. || xv* s. Quérir un asne pour icelui asne chevaucher, ducange, ib. Il convient chevaucher l'asne, id. ib. Il est de grands clercs en françoys, Qui ne sont que asnes en latin,
cnowr.t.. Droits nouv. Rien n'y font sept pintes, ne huict, Tandis que dorment maistre et dame, Puis après, sans mener, grantbruyt, Jeleurramentoy le jeu d'asne, villon, Bail, des femmes de Paris. || xvi« s. Dans rabelais : Déferrer l'asne [aller à pied] ; Tirer des pets d'un asne mort [tenter l'impossible] ; Faire de l'asne pouravoir du bren [du son] ; Il y aura de l'asne [quiproquo, malentendu]; Laver la teste d'un asne [perdre son temps]; Mener l'asne [tenir la chandelle] ; Chantez à l'asne, il vous fera des peds. Il adjouste que nul n'est fait nostre frère, que par l'esprit d'adoption, lequel n'est donné que par l'ouie de la foy : je respon que tousjours il retombe de son asne, appliquant mal et sottement aux petits enfans ce qui n'est dit que des gens aagez, calv. Inst. )09). On commença divers petits jeux, comme escorcher l'anguille, brider l'asne, prendre la grenouille, et autres, yver, p. 616. Si lors je l'eusse entendu il y eust eu de l'asne [des coups] : je recevois tousjours quelque affront avec ces Nourmans, d'aub. Fœn. a, )3. X rude asne rude asnier, h. est. Précell. p. )79.
— êtym. Maçonnais, ône; Berry, aine; wall. dgne; provenç. asne, aie; catal. ose; espagn. asno; ital. ast'no; d'asinus, ôvoç; kymr. asyn; bas-bret. aten; goth. asilus; allem. esel; angl. ass.
ANEANTI, IE (a-né-an-ti, tie), part, passé. || 1° La discipline militaire anéantie. Des livres depuis longtemps anéantis. Une nation anéantie. Le reste de la terre anéanti pour moi, volt. Zaïre, l, ) . Mais laissez-nous le temps d'éveiller un parti Qui , tout faible qu'il est , n'est point anéanti , id. Mérope , v, 3. De notre république à Rome anéantie On y voit refleurir la plus noble partie, corn. Sertor. i, ). || 2° Âme anéantie devant Dieu, âme qui s'humilie profondément. || 3° Fig. Confondu, stupéfait, exténué. Je suis anéanti.
ANÉANTIR (a-né- an-tir), v. o. ||i° Faire rentrer dans le néant. Dieu peutanéantir l'univers. || 2° Détruire. Les barbares ont anéanti l'empire romain. L'homme anéantit plus d'individus vivants que tous les carnassiers n'en dévorent, buff. Animaux carnassiers. Ô ciel! anéantis ma fatale existence, volt. Ali. v, 3. || 3° Fig. Jeter dans un accablement profond. J'ai vu des femmes que la crainte de la douleur anéantissait. || 4° Fig. Anéantir un acte. Anéantir une coutume. Ainsi donc un perfide, après tant de miracles, Pourrait anéantir la foi de tes oracles? rac. Esth. i, 4. Son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu'il a quitté, id. Athal. I, ). Que peuvent des évoques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs, jusqu'à la source même de leur sacre? boss. Reine d'Angl. || 5° S'anéantir, v. réfl. Devenir à rien. Que d'empires se sont anéantis! Cette objection s'anéantit d'elle-même. || 6° En termes de dévotion, s'abaisser, s'humilier devant Dieu. Il ne sait presque que s'anéantir en la présence de Dieu, mass. Prière. Le sanctuaire devant lequel les princes s'anéantissent , id. Resp. En s'anéantissant devant les yeux de sa majesté, pasc. Prov. 4. Il s'est anéanti lui-même jusqu'à prendre la forme d'esclave, boss. Hist. Il, )).
— HIST. xiii* s. Cis maus qui si me deffigure, Quisimevaitanientant, Guill. dePalerme. Car tous ses cors estoit sechiés De viellece et ano'iantis, la Rose. 35). Mouit consenti Dieux le peuple Israël à anienter por leurpechié, Psautier, f. 96. Et quant, toutes ces choses anéanties porbones reisons, li rois loe ce que li juge li firent d'endroit le borgois.... Liv. de just. 36. Anienti, Ass. de Jér. u, 61. L'action qu'il avoit de novele dessaizine est anientie, et ne pot mes pledier fors sorle [la] propriété, beaum. xxxii, ». Li generax procureres n'est pas por ceanientis, m. 84. Li chanoines est d'autre part Qui au trésor fait grant essart; Le trésor très anoiantist, ruteb. 3)4. Lors le convient seingner ou prendre medicine ; Ainsi s'anientist et degaste etdefine , j.demeung, Test. )72. || xivc s. Bonne vie lui [à Bertran] doint li dignes fruis de vie! Car France de sa mort seroit anientie. Guescl. )7469. Car tout quanque barat aune En vingt ans, anientist fortune En une seule heure de jour, bruyant dans Ménagier, t. il, p. 28. ||:rv* s. Et anianty les floz de maie fortune, soubz quel subjeccion avoit esté degetté par long espace, christ, de pisan, Charles V, i,ch. 23. Il n'est chose plus impossible à anientir au monde que est matière escripte en livres, Bouciq. iv, ch. )6. || xvi* s. Nous nous laissons si fort aller sur les bras d'aultruy, que nous anéantissons nos forces, mont. i, )44. Et pour anéantir Ce désir qui tant dure, Il vous faudrait sentir La peine que j'endure, marot,