‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 141 sur 504 · ANO · texte numérisé non relu

ANO

parla violence. S'annonçant comme consul. Dis que le printemps s'annonce. Il y a des caractères qui s'annoncent presque en naissant,!. J. rol'SS. Ilél. y, 3. Les sciences s'annoncent tous les jours par de nouvelles lumiîires, et les artsparde nouveaux progrès, IIAHTHÉL. dans GiRAUi.T-nuviviER.

— IIIST. XI" s. Il luiadanunciet, Ch. deHnl. clxxxi. llxii* s. Au roi [il] parole, si lui a anuncié [déclaré]... Tîonc.p. (80. ||xin* s. Trestoutes leur jour- ■nées [je] ne vous veuil anoncier, Berte, xviii. Si ^rant mésaventure [elle] ne leur puet anoncier, ib. XIX. Et qui de Blanchefleur nouveles anonça, *.

— ÉTYM. Berry, annoncier; provenç. anminciar, anunciar ,annonciar;e^pnP^n. anundar ; ilal. annunziare; de anmmciare, de ad (voy. À) et nuncius, messafîer (voy. nonce).

ANNONCEUR (a-non-seur), s. m. Celui qui annonce. Se disait autrefois du comédien qui venait, vers la fin du spectacle, faire l'annonce des pièces qu'on devait jouer le lendemain.

— HIST. XVI" s. Le céleste annonceur [Mercure), MABOT, IV, 9.5. Siquelqu'ijn fust venu à- prédire ce qui depuis est avenu, on l'eust assommé comme un annonceur de mensonges, lanode, 55.

— ftTYM. Annoncer.

ANNONCIADE (a-non-si-a-d'), s. /•. || 1° Ordre de religieuses fondé par Jeanne, reine de France, fille de Louis XI. L'ordre de l'annonciade. \\ 2° S. f. Une annonciade.une religieuse d'un couvent de l'annonciade. Il 3° .V. m. Les Annonciades, ordre de chevaliers militaires institué sous le nom d'ordre du collier par Amédéo VI, comte de Savoie, en 1302.

— ÉTYM. Ainsi dit de Vannoncialion de l'ange Gabriel à la Vierge (voy. annoncer).

t ANNONCIATEUR (a-non-si-a-teur),ï.m. || l»Qui annonce, qui prédit, {| 2° Officier ecclésiastique qui avertissait les fidèles des fêtes à observer dans l'Église grecque.

—HIST. XVI" S. Pourne vouloir estre annonciateur de tant de maux, langue, 22.

— ÉTYM. Annoncer.

ANNONCIATION (a-non-si-a-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. \\ 1° Action d'annoncer. Dans l'annonciation que Charles (le Chauve) fit au peuple de la partie de ce traité qui le concernait, montesq. XXXI, 25. Il 2° Message de l'ange Gabriel à la Vierge pour lui annoncerlemystère de l'Incarnation. || Jour où l'Église célèbre ce mystère. L'Eglise célèbre l'Annonciation le vingt-cinq mars.

— HIST. XII" s. Dex.... qui en la Virge preïsanoncion,flonc. p. 47. || xm" s. L'uitime [la huitième joie], par iteil devise. Quant par sa sainte anoncion Dou saint Esperit fus emprise, ruteb. ii, <7. Droit au mostier saint Piere a fête s'orison, La mer passe à Barlet à puise de baron ; Vint en Jherusalem par Dieu anoncion, Ch. d'Ant. i, 178.

— ÉTYM. Provenç. annunciatio , anunciacion ; espagn. anunciacion; ital. annunsiazione ; d'annuntiatio (voy. annoncer).

t ANNONE (a-nno-n'), s. /'.Terme d'histoire romaine. L'ensemble des denrées nécessaires à la vie, et particulièrement le blé.

— ÊTYM. Annona, de annus, an, la récolte d'une année.

ANNOTATEUR (a-nno-ta-teur), s. m. Celui qui fait des notes sur un texte.

— ÉTYM. Annoter.

ANNOTATION (a-nno-ta-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Notes explicatives faites sur un texte. Je donne le manuscrit tel que je le trouve, tantôt sous la forme d'un récit, tantôt sous celle d'un journa>, quelquefois en lettres ou en simples annotations , CHATEAUB. Amer. 332. Il 2° Dans l'ancienne pratique, inventaire de biens saisis par autorité de justice.

— HIST. XVI" s. Grande annotation au jeune chirurgien : c'est qu'aux playes faites aux boyaux, ne faut donner cl ysteres, pabé, viii, 35.

— ÉTYM. Provenç. annotation; espagn. anntacion; ital. annotasione;d'annolalio (voy. annoter).

ANNOTÉ, ÉE (a-nno-té, tée), part, passé. Ce texte annoté par un critique habile.

ANNOTER (an-no-té'), v. a. || 1° Faire des notes sur un texte. Annoter les œuvres de Pline. Il 2° Dans l'ancienne pratique, dresser l'inventaire des biens saisis par autorité de justice. On a saisi et annoté ses biens.

— ÉTYM. Annotare, de ad, à, et notare, noter (voy. A et noter).

ANNUAIRE (a-nnu-ê-r"), i. m. Ouvrage qui, paraissant chaque année, consigne ce qui est relatif à cette année, en fait de statistique, de commerce

d'événements. Annuaire militaire. Annuaire du Bureau des longitudes.

— ÉTYM. An.

t ANNUALITÉ (a-nnu-a-li-té), s. f. Néologisme. Qualité de ce qui est annuel.

ANNUEL, ELLE (a-nnu-èl, è-1'), ad;. || I" Qui dure un an. X Rome, le consulat était annuel. Il 2° Oui a lieu tous les ans. Le vote annuel de l'impôt. Il 3° Qui est perçu ou payé par année. Rente annuelle. || 4° Plantes annuelles, celles qui ne vivent qu'un an. On les désigne par ce signe 0 || 5° Maladies annuelles, celles qui se manifestent chaque année à la môme époque. || 6° En liturgie, se dit des principalesfôtes, telles que Pâques, la Pentecôte, etc. Il S. m. Annuel majeur, fête du premier ordre. Annuel mineur, fête du second ordre. || Se met après le substantif: Dignité annuelle.

— IIIST. XII" s. Paroles annuaus, Th. le if art. 85. Il XIII" s. Que nul varlet ne puisse fere euvre au samedi ne as quatre festes anniex puis le derricn coup de vespres, Liv. des met. 367. Feste anuel, ib. 68. Toutes les festes années, je semonnoie touz les riches homes de l'ost; dont il convenoit que le roy empruntast aucune foiz de ceulz que j'a voie semons, JOINV. 267. Il XIV" s. Une dignité qui durait à vie et n'estoit pas annuel comme estoient les autres, debch. f" I , xerso. Il xvi" s. Les cens, rentes, ou autres redevances annuelles, langue, 466. Il vendoit tout h. un coup tous les fruicls qu'il recueilloit de son revenu annuel, amyot, Péric. 35. Il proposa un décret , que les capitaines annuels jurassent, que tous ans ilz..., ID. ib. 58. Il fut un an prevost annuel de la ville d'Athènes, id. Arist. i.

— ÉTYM. Provenç. annual; espagn. anual; ital. annuale ; à'annualis,d'atimis (voy. an). Dans l'ancien françaisle féminin se décline comme le masculin : au singulier, nominatif, annuels, annuels, annuaus régime, annuel; au pluriel, nominatif, annuel, régime, annuels, annuals, annuaus.

ANNUEL (a-nnu-èl), s. m. Messe que l'on fait dire tous les jours, pendant une année, pour un mort, à compter du jour de la mort.

— HIST. XIV s. Le quel escuyer traita avec les amis des supplians, qu'ils feroient chanter un anné pour l'ame du dit Collin, nu cange, annalis.

ANNUELLEMENT (a-nnu-è-le-man), adv. Par chaque année.

— HIST. xiii° s. Que lor heir en rendreient [du fief] deuxsolz annauraent, Bibl. des chartes, 3° série, t. v, p. 88. Il XVI" s. Ces jeux se célébreront annuellement au jour de son trespas, amyot, Timol.

— ÉTYM. Annuelle et le suffixe ment ( voy. ment).

ANNUITÉ (a-nnu-i-té),s. f. Somme payée pendant un certain nombre d'années , et qui libère le débiteur des intérêts et du principal de sa dette.

— HIST. XV" s. Si tost que le mariage sera solemnisé, Mme Isabelle aura acquis son douaire ou annuité de vingt mille nobles d'Angleterre, godefroy Annot. surl'hist. de Charles YI, p. 683.

— ÉTYM. Voy. an.

t ANNULABLE (a-nnu-la-W) , adj. Terme didactique. Qui peut, qui doit être annulé.

— ÉTYM. Annuler.

ANNULAIRE (a-nnu-lê-r') , adj.||l« Qui ressemble à un anneau. P'orme annulaire. || 2° Qui est propre à recevoir un anneau. Doigt annulaire, ou substantivement, l'annulaire, le quatrième doigt, où l'on met l'anneau. || 3° En termes d'astronomie, éclipse annulaire, éclipse du soleil pendant laquelle il ne reste de son disque qu'un anneau lumineux. Ces passages de Mercure sont de véritables éclipses annulaires du soleil qui nous prouvent que cette planète en emprunte sa lumière, laplace, Exp. i, 5. Il 11 se met toujours après le substantif.

— HIST. XVI" s. Les cartilages annulaires, toutesfois incomplettes, de la trachée artère, paré, h, (9. Deux au petit doigt, deux au doigt médecin où annulaire, et un au moyen, id. iv, 24.

— ÉTYM. Annulus, et, sous une autre forme annellus, anneau (voy. anneau). '

tANNULATIP, IVE (a-nnu-la-tif, ti-v'), adj. Terme de jurisprudence. Qui annule. Sentence annulaiive.

— ÉTYM. Annuler.

ANNULATION (a-nnu-la-sion) , s. f. Actio» d'annuler.

— ÉTYM. Provenç. anullatio; espagn. anulacion; ital. annulla:ione (voy. annuler).

I. ANNULÉ, ÊE (a-nnu-lé, lée), par*, passé. Les lois annulées par la violenM.

t2. ANNULÉ, ÉE (a-nnu-lé, lée), ad;. Terme d'histoire naturelle. Qui a des anneaux.

— ÊTYM. Annulus, anneau (voy. anneau).

t ANNULEME.NT(a-nnu-le-man), s.m. En termei de marine, action d'annuler par un signal le si* gnal précédent.

ANNULER (a-nnu-lé), v. a. || 1" Rendre nul. L'adultère n'annulait pas le sacrement du mariage, volt. Moeurs, 55. |1 2'' Annuler quelqu'un, lui ôter toute action, toute influence. || S'annuler, v. rifl. Devenir nul.

— s YN. ANNULER, INFIRMER, CASSER, RÉVOQUER.

Mettre hors d'usage ce qui a autorité. Annuler est le plus général; il signifie rendre nul sans rien spécifier de plus, ni quant à ce qui annule, ni quant à ce qui est annulé. Révoquer exprime que la même autorité qui avait octroyé la chose la retire: L'éditde Nantes, accordé par Henri IV, révoquépar LouisXIV. Casser indique une autorité supérieure qui annule l'acte d'une autorité inférieure. La Cour de cassation casse en dernierressort les arrêts ou jugements. Infirmer appartient, en jurisprudence, à un tribunal supérieur qui défait l'arrêt d'un tribunal subalterne, et, dans le langage général, est une expression adoucie de casser.

— HIST. XIV" s. Puisque les vices sont consommés et conformez ou endurcis, c'est fort de les destruire ou adnuUer et ester, oresme, Eth. 74. Sa félicité en est comme honie et anullée, id. ib. 20. I^ juridiction des eschevins blecie et li droiz du roy adnullez, Ord. des Jiois, t. vu, p. 545. || xvi" s. Si on cassoit et annulloit généralement tout ce qui auroit esté fait soubs son authorité, il seroit force que l'on annulast aussi tout ce que luy avoil manié en Cypre, amyot, C. d'Vt. 53.

— ÉTYM. Ad, à, et nullus, nul (voy. nul); provenç. annullar,anullar,anulhar; espagn. anular; ital. annullare. C'est le d de ad qui, étymologiquement, a fait doubler l'n dans ce mot et dans les autres semblables.

+ ANNULIFÈRE (a-nu-li-fè-r') ou ANNULIGÈRE (a-nu-li-jê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des anneaux colorés.

— ÉTiil.Armultis, anneau (voy. ce mot), et ferre ou gerere, porter.

ANOBLI, lE (a-no-bli, blie). || l'Part. passé. Qui a été fait noble. || 2° S. m. Celui qui a été fait noble. Le titre de haut et puissant soigneur a été pris par des anoblis, par des roturiers qui avaient acheté chèrement des offices, volt. ïlisl. de Russ. ii,7.

ANOBLIR (a-no-blir), V. a. \\ 1° Faire noble, donner un titre de noblesse. Orgon à prix d'argent veut anoblir sa race, gilb. Le wiw siècle. || En ce pays le ventre anoblit, se dit d'un pays où l'on est réputé noble pourvu qu'on soit né d'une mère noble. Allié à la maison de la Prudoterie , maison où le ventre ennoblit [anoblit] , et qui, par ce beau privilège, rendra vos enfants gentilshommes, mol. G. Dandin, i, 4. || 2° S'anoblir, v. réfl. Acheter des titres de noblesse.

— SYN. anoblir, ennoblir. Anoblir signifie donner, conférer la noblesse; ennoblir signifie donner de l'éclat, de la considération, de l'importance. Cette distinction est toute récente : bien qu'arbitraire en soi, elle est actuellement reçue, et il faut la suivre. Les écrivains du xvi" siècle ne la connaissent pas, comme le montre l'historique. Elle n'est pas plus connue de ceux des deux derniers siècles, comme le montrent les exemples suivants : L'amour n'anobUt-il pas tous les sentiments? i.j. rouss. Hél. v , 1 3. L'idée de faiblesse que les hommes attachent à la vertu tombe dès qu'elle est anoblie de vos mœurs [des Grands] , mass. Petit car. Grands. Des passious q".i suivaient toujours les lois de la raison et qui anoblissaient tous leurs objets, fléch. Serm. t. i, p. <9(.

— HIST. xvi" S. Les difficultez anoblissent, aiguisent et rehaussent la vertu, mont, i, 70. Ceulx qui ont anobli leur vie par renommée, id. i, 73. Les lois prennent leur autorité de la possession et de l'usage; il est dangereux de les ramener à leur naissance ; elles grossissent et s'anoblissent en roulant, comme nos rivières, id. ii, 34«. Il s'est anobly par ses Viileureux exploicts, amyot, Marius et Pyrrh. 4. Escussons et blasons de leurs premiers ayeux, Que la guerre annoblit par faits victorieux, rons. 700.

— ÉTYM. Ad, à, et nobilis, noble; d'où l'orthographe annoblir, qui se prononçant comme ennoblir, les a confondus longtemps.

ANOBLISSEMENT (a-no-bli-se-man), s. m. Action d'anoblir. Lettres d'anoblissement. Si jamais on en \ient à l'anoblissement des serfs, j. j. ruuss. Pol. 7.

— ÉTYM. Anoblir.

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