‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 217 sur 504 · AUR · texte numérisé non relu

AUR

ques & un aunoy, Gueid. <4990. |) xv" s. Et toujours passoient gens d'armes, et se mettoient.... en un aulnoy, et là se quatissoient à la couverte, et attendoient l'un l'autre, froiss. ii, n, I8l.||xvi's. Qu'aux lieux plus bas soient les estangs, saussaies, peuplaies, tremblaies, aunaies, ozeraies et semblables bois aquatiques, o. de serbes, )6.

— ETYM. Alnelum, iValnus, aune, arbre.

<. AUNE (ô-n'), s. f. Il 1° Mesure ancienne de 3 pieds 7 pouces (0 lignes 6/6, équivalant à )■", (82. Il 2° La chose mesurée. Une aune de soie, de drap, de galon. || 3" Fig. Savoir ce qu'en vaut l'aune, connaître par expérience les difficultés, les périls, les peines d'une chose. || Familièrement. Ta bouche déjà s'ouvre large d'une aune [tu bftilles et ouvres une grande bouche] , boil. Épîtr. xr. ■ Le visage allongé d'une aune [visage exprimant le désappointement], sÉv. 58«. Il Tout du long de l'aune, excessivement. C'est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille, et tout du long de l'aune, mol. Tart. i, t. Il en aura tout le long de l'aune, c'est-;i-dire on lui fera tout le mal qu'on pourra. || On dit d'un grand mangeur qu'il a toujours dix aunes de boyaux vides pour festoyer ses bons amis. || Proverbes. Les hommes ne se mesurent pas à l'aune ; ce n'est pas d'après la taille qu'on les apprécie. || Mesurer les autres à son aune ; juger des autres d'après soi. || Au bout de l'aune faut le drap ; toutes choses ont leur fin.

— HiST. XII" s. Dedans [il] l'en [lui en] boute [de la lance] une aine et un quartier, llonc. p. 97. Seisante aines ont li temples de lunp, e vint de led, Roù, 246. Il XIII' S. Quant li postaus et li contes le sorent , si en furent moult dolant, car il savoient bien combien c'estoit l'aune, Chr. de Rains, US. Aie fu querre une droite aune, Dont il vc'oit son drap auner, Iten. 4)996. Sans faille ce n'est pas merveille, S'ous [si vous] n'en savés quartier ne aune; Car vous avés trop le bec jaune, la Rose, O0i7.il XV" s. Il prit à son usage une longue espée qui avoit deux aunes, froiss. n, ii, 18. Les autres y vinrent pour piller ce que les dits Anglois avoient laissé; car ils n'avoient emporté fors or, argent, vestements précieux, haubers et aunes de grand valeur, monstrel. liv. i, ch. <B8.

— ÉTYM. Provenç. alrra, auna; ital. auna. Ce mot ne vient pas directement du latin ulna; U passe par l'intermédiaire du bas-latin afena, qui vient du goth. aleina; anc. haut allem elina ; allem. Ei'e, avant-bras; qui, à leur tour, se rattachent à ulna, avant-bras, grec (iXivr), coude, de ûXo;, coude. Ulna est l'avant-bras et, comme mesure, la coudée, qui a en effet la longueur d'un avant-bras; et c'est par extension que cette dénomination a été donnée à \'a\ine qui, d'après Saigey, est le quadruple du pied romain.

2.. AUNE (ô-n'), $. m. Arbre qui croît dans les lieux humides {betula alnus, /,.). Les vallées étaient plantées de myrtes , d'aunes et de sycomores , CHATEAUBR. Malt. 65. || Auno noir, nom vulgaire de la bourdaine (voy. bourdaine).

— HIST. XIV" s. J'ay entendu par aucuns : qui semé sa chambre de feuilles d'aune, les puces s'y prennent, Ménagier, l, 7. || xvi" s. Nous avons plusieurs arbres desquels la teinture est noire, aussi bien comme des noix de galle, entre autres les aulnes ou vergnes apportent teinture noire, palissy, 290. Autant qu'autre arbre aquatique , s'allonge l'aune , en d'aucuns endroits appellée verne ; de l'escorce de cest arbre, les chapeliers et tanneurs se servent à taindre leur ouvrage en couleur noire , 0. DE SERRES, 800. Du pied des vieilles aunes, tirera-on des rejetions enracinés, id. 803.

— ÉTYM. Alnus; wallon, onai, aurai; n?mur. aumia; rouchi, auniau, auniche.

t AUNEAU (ô-nô), s. m. Terme d'agriculture. Arcure qu'on forme avec un sarment de vigne de l'année précédente pour lui faire produire plus de fruits.

— ÉTYM. Est-ce une forme vulgaire de anneau ? ACNÉ, ÉE (ô-né, née), port, passé. Mesuré à

l'aune. Une pièce d'étoffe bien année.

<. Al'NÉK(ô-née),s. f. Plante médicinale dont laracine est aromatique et amère {inula heleninm, L.).

— ÉTYM. Du latin fictif, helcnala, de helenium, nom latin de la plante, d'après Soheler; de Vattiie, d'après Bes-chorelle. Inula parait être une corruption d'èXevtov.

t 2. AUNÉE (ô-née) , *. f. L'étendue d'une aune. On dit ordinairement, en ce sens, aune.

— ÉTYM. Auner.

ACNER (6-né), v. a. Mesurer à l'aune et, subsidiairement, avec toute mesure du morne genre. On aune aujourd'hui avec le mètre. Auner du drap.

Il Fig. et familièrement. Auner l'habit de quelqu'un, lui donner des coups de bâton.

— HIST. XIII" s. Atant estes-vos le vilain Qui l'aune tenoit en sa main ; Son drap à auner encommence, lien. <202l. Cil qui seroit pris aunant à trop petite aune, beaum. xxvi, ta. Bien fu li mastins deceUz; Des gardes fu aparceUs; 0 macues et o tiniaus Li ont bien aune «esburiaus [habits]. Tien. 13993.

— ÉTYM. Aune t.

AUNEUR (ô-neur), *. m. Officier préposé autrefois à l'inspection de l'aunage.

— HIST. XIII" s. Et li corratier ne porront estre raarcheant ne auneeur, ne auneeur ne pourront estre marcheant ne corratier, Liv. des met. 392.

— ÉTYM. .luner.

AUPARAVANT (6-pa- ra- van), ad». Dans un temps antérieur. Quelques mois auparavant. L'hiver d'auparavant. Puissé-je auparavant fléchir leur injustice, RAC. [phig. II, 2. Et si Rome est encor telle qu'auparavant, corn. Fomp. iv, 3. Ta rage auparavant sera seule punie, volt. Mérope, iv, 2. On expose son salut aux dangers d'auparavant, fléch. Serm, n, 232. Une compagnie qui prenait des partis auxquels elle n'avait pas pensé le jour d'auparavant, et dont elle s'étonnait ensuite, volt. S. de Louis X I V , B. Au lieu de trente vaisseaux qu'on avait joints l'année d'auparavant à la flotte anglaise, on en joignit quarante, ID. ib. t*. La terreur des choses passées Faisait prévoir àleurs pensées Plus de malheurs qu'auparavant, malh. Il, 4.

— REM. Dans la langue actuelle, auparavant est adverbe, et ne prend pas de complément. On ne dit plus auparavant l'année prochaine; ni auparavant de faire ni auparavant qu'il fit :ce sont des archaïsmes. C'est Vaugelas qui a établi que auparavant devenait adverbe et cessait d'être préposition ou conjonction. Mais pour Corneille et ses contemporains, ces deux emplois étaient corrects et usités. En voici des exemples : La ville d'Agen fut tranquille et soumise en apparence, comme auparavant la sédition, LABOCHEF. Mém. 224. Je ne sais que l'archevêque de Bourges à qui cela [être archevêque sans avoir été évêque] fût arrivé auparavant lui [l'abbé de MaillyJ, ST-siM. <60, 186. Apprenez-moi le crime auparavant l'arrêt, rotr. Bélisaire, v, 5. Je vais par un chemin d'épines et de flamme, Mais qu'auparavant moi Dieu lui-même a battu, rotr. St Gen. iv, 4. C'est M. le conseiller, madame, qui vous souhaite le bonjour, et, auparavant que de venir, vous envoie des poires de son jardin, mol. Comtesse d'Esc. Vi. Et l'eût mise en état, malgré tout son appui, De s'en plaindre à Pompée auparavant qu'à lui , corn, l'omp. Il, 4. Pesez, auparavant que de rien intenter, La juste occasion qui do't vous y porter, rotr. Béiisaire,iv, 8. Auparavant que sortirde la vie, la font. Ifwi. Auparavant que j'examine cela plus soigneusement, DESC. Kédit. 3.

— HIST. XV" s. Et moût en y eut qui paravant avoient tenu le parti au duo Phelipe et au duo Jehan, FENiN, 1420. Il fut de rechefaverti que le curé alloit esteindre le feu comme auparavant de la défense, LOUIS XI, Nouv. Lxxiii. Il XVI* s. Auparavant que lui faire aucune prière pour nous et nos nécessitez, nous lui requérons premièrement que sa volonté soit faite, CALV. [nstit. 732. Je ne trouve point que ce nom ait esté en usage auparavant, id. 16. 9) 0. Et lors sont faicts deblcurs qui paravant estoyent presteurs, bab. Pant. m, 4. L'office descouvre l'homme; au paravant, on ne sçayt pour certain quel il est, m. ib. m, 18. X tous accidens non soubsonnez, nos sens pâtissent plus énormes perturbations, que si eussent auparavant esté preveuz, ID. ib. IV, 4. Quelques années auparavant, mont. I, 49. Cette pie print à desdaing tout ce qu'elle sçavoitdire auparavant, id. ii, i76. Ces barbares, sans conserve d'aucunes lettres, avoient la cognois- .sance des clio.ses advenues bien 8OO ans auparavant, amyot, Préf.lii, 27. Ce qui est auparavant n'est plus que fiction estrange, id. Thésée, 1. Sa mère, tout le temps au paravant luy avoit celé qui estoit son vrai père, id. ib. 6. Auparavant de luy, JeanFroissard et Enguerrant de Monstrelet mirent par escrit.... M. DU BELL. Prolog. On doit sçavoir que vingt ans au paravant on n'avoit senti un si dur hiver que celui qu'il faisoit lors, langue, 689.

— ÉTYM. Au, par et a<ant.

AUPRÈS (ô-prê; l's se lie; auprès était une maison; dites : ô-prê-z était), adv. || 1° Dans le voisinage. Être ou se tenir tout auprès. Être situé tout auprès. Monsieur, si vous n'êtes auprès. Nous aurons de la peine à retenir Agnès, mcl. Éc. des f. V, 3. Il 2° Auprès de, prép. Sa maison est auprès de la mienne. AUez toujours m'attendre auprès du lo-

gis de Totr& maîtresse, mol. Méa. m. lui, m, 4. Je l'ai TU périr tout auprès de moi, fén. Tél. xvii. Le cardinal Alberoni autrefois curé de village auprès de Parme.... volt. .S', de Louis JV, t. || Fig. La dépense du maréchal a été tout auprès d'être ridicule, st.v. î>97. Il fut un peu auprès de Ir. cadence [il dansa un peu contre la mesure), id. 79. Il 3" U exprime l'assiduité à l'égard d'une personne. Reprends auprès de moi ta place accoutumée, corn. Cintia, V, .3. Cunus s'était ruiné auprès d'elle, el il lui avait été agréable tant qu'il lui avait été utile, vertot, névol. rom. 1. xii, p. 470. || 4» Fig. Dans l'esprit, dans l'opinion de. Trouver de la faveur auprès des gens de bien. Bienvenu auprès de ses concitoyens. Usant de son autorité auprès du maître de la maison. C'est passer trop longtemps pour traître auprès de lui, corn. Iléracl. iv, 6. || 5° En comparaison de. Heureux auprès de nous. Us trouvaient cette perte légère auprès des premières. Qu'avais-je à me plaindre auprès des craintis que j'ai présentement? SÉV. 382. Les ans d'Abraham et d'Isaac, qui ont fait paraître si courts ceux de Jacob, s'évanouissent aupr" s de la vie deSem, que celle d'Adam et de Noé efl'ace, boss. le Tellier. || Proverbe. Si vous n'en voulez point, couchez- vous auprès, se dit familièrement à une personne qui refuse une offre raisonnable.

— SYN. 1. AUPRÈS DE, PRÈS DE. Ils expriment une idée de proximité. Mais près marque une proximité plus vague; et auprès une proximité plus déterminée. U demeure près d'ici veut dire que sa demeure n'est pas éloignée : et, il demeure auprès d'ici, signifie que sa demeure est très-peu éloignée. Il 2. AUPRÈS DE, AU PRIX DE. Auprès de est plus général que au prix de, qui ne se dit que des choses ou des personnes qui peuvent se p.-iser. Ainsi on dira : mes malheurs ne sont rien auprès de ceux qui m'attendent; mais on ne dirait pas, au prix de. Au contraire, on dira également: ma mai.son n'est rien auprès de la vôtre, ou, au prix de la vôtre; seulement avec cette nuance, que auprès exprime la comparaison de l'apparence extérieure, et au prix exprime la comparaison de la valeur intrinsèque.

— HIST. XVI" s. Une fille d'auprès de Pise, mont. I, 402. Nous les tenons pour bien fournies, parce qu'elles ont un homme auprez, id. ni, 327. Elle destroussoit ceulx qui passoient par auprès du lieu où elle se tenoit, amyot, Thésée, 4). Archimedes ne se soucioit point de tout cela, comme aussi n'estoitce rien auprès des engins qu'il avoit inventez, id. Marcel. 21.

— ÉTYM. Au et près. On disait, dans l'ancien français, emprès.

t AURA (ô-ra), t. f. Terme de médecine. Sensation d'une sorte de vapeur qui semble sortir du tronc ou des membres, avant l'invasion des attaques d'épilepsie et d'hystérie. Aura épileptique, hystérique.

— ÉTYM. Latin, aura, .soufde (voy. orage). tAURANTIACÉ, ÉE (0-ran-si-a-sé, sée), adj.

Terme de botanique. Qui ressemble à l'oranger. Il S. f.plur. Les aurantiacées, famille de plantes dont l'oranger est le type.

— ÉTYM. Voy. ORANGE.

t AU RATE (ô-ra-f), s. m. Terme de chimie. Sel dans lequel le peroxyde d'or joue le rôle d'acide (acide aurique).

— ÉTYM. Aumm (voy. or).

t AUREILLON (ô-rè-Uon, «mouillées), s. m. Partie du métier à fabriquer les étofl'es de soie.

— ÉTYM. Voy. oreille.

t AURÉLIÈRE (6-ré-liê-r'), s.f. Un des noms vulgaires du perce-oreille.

— ÉTYM Oreille.

t AURÊOLAIRE (6-ré-o-lè-r'), adj. Terme didactique. Qui imite une auréole,

— ÉTYM. Auréole.

AURÉOLE (ô-ré-o-I'), s. f. \] 1* Cercle lumineux dont les peintres entourent ordinairement la tête des saints. Il Parextension. Quipeutmedireoù luitson auréole? De son exil Dieu l'a-t-il rappelé? bRrang. Ange exilé. 0 palais, sois béni ! sois bjnie, fl ruine! Qu'une auguste auréole à jamais t'illumine! v. hugo, iiaynnsetnmbres.u. || 2° Ledegré de gloirequi distingue les saints dans le ciel. L'auréole des martyrs. Il 3°Terme d'astronomie. Couronne simple ou double qui se voit surtout dans les éclipses.

— ÉTYM. Auréola, sous-entendu eorona , couronne d'or, d'awrtim, or (voy. ce mot).

f AURIB.\RRE (ô-ri-bar-b), adj. Terme de zoolo* gie. Oui a une barbe dorée.

— ÉTYM.y4«n(n», or, eibarbe.

t AURICOLLE (ô-ri-ko4'), adj. Terme de loologie. Qui a le cou d'un jaune doré.

— ÉTYM. Àurum, or, etcoi!/uin, cou.

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