‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 349 sur 504 · SOT · texte numérisé non relu

SOT

t CATHÉTÊRISER ( ka-té-té-ri-zé ) , v. a. Introduire un cathéter dans U vessie. Catbétéris«r un calculeui.

t CATIIÉTÉRISMR (ka-lé-té-ri-»m') , i. m. Terme de chirurgie. Introduction d'une sonda dans la vessie.

— Rtvm. K«6iT*ipi«|io«, de xaSiTi^p, cathéter.

t CATIierOMimiB (ka-té-to-mè-tr'),f.m.Term« de physique. Instrument pour mesurer de petite* longueurs verticales.

— *TYM. Ka^én) , ligne perpendiculaire , d« xa6(r,|j.i, conduire en bas, et liiTpov, mesure.

CATHOLICISME (ka-to-li-si-sm'), t. m. Communion ou religion catholique. || En un sens plus restreint et s'appliquant aux opinions catholiques d'un individu. Son catholicisme n'est pat tellement austère....

— ÉTYM. Catholique.

CATHOLICITÉ (ka-to-li-si-té), »./: || !• Conformité à la doctrine catholique, la catholicité d'une opinion. On doute de la catholicité de cet écrivain. Il 2° L'ensemble des peuples catholiques. C'est un usage répandu dans toute la catholicité.

— HIST. XVI* s. U obtint un bref du pape pour pouvoir assister au prêche et participer à la cendes reformez sans que cela pust nuire k sa catholicité, de laquelle il ne faisoit pas encore profession ouverte, d'adb. Vie, cuu.

— ÉTYM. Catholique.

CATHOLICON (Va-to-li-kon), M. m. || 1* Terme de pharmacie. Ëlectuaire de séné et de rhubarbe qu'on croyait propre h. toutes sortes de maladies. Il 2* Catholicon d'Espagne, satire contre la ligue et Philippe II, ainsi nommée parce que le roi d'Espagne y est r^résenté comme un charlatan qui vend du catholicon. Quoique je sentisse en mot-méme beaucoup de peine à être le premier qui eût mis dans nos affaires le grain de catholicon d'Espagne [l'influence espagnole], je m'y résolus par la nâoe«sité, RETZ, II, IRS-II 8* Verbiage, salmigondis. Msrigny avait commencé une manière de catholicon de ce qu'il avait vu en ce pays-là [Guyenne], ID. iv, <»».

— HIST. XVI* s. Les purgations seront de catboiicum, de hiera, etc. paré, v, as. On donnera le lenitif ou le catholicon double de rheubarbe, ib. XX, *i.

— ÉTYM. Catholique, universel ; d'où ea(ho<icon , remède universel.

CATHOLIQUE (ka-to-li-k') , arf;. || 1* Universel, servant à tout; en ce sens usité seulement avec les mots suivants: gnomon catholique, gnomon qui indique les heures à toute élévation du pôle. Anciennement, en chimie, fourneau catholique, fourneau pouvant servir à toute sorte d'opérations. Il 2° Qui appartient à la religion romaine et n'appartient qu'à elle. La foi, la religion, l'Église catholique. Des sentiments, des opinions très-catholiques. Avec quelle incomparable netteté d'esprit leur faisait-il voir l'antiquité et la vérité de la religion catholique I Boss. Louis de Bourbon. Quelle plus grande autorité que celle de l'Église catholique, qui réunit en elle-même toute l'autorité des siècles passés et les anciennes traditions du genre humain jusqu'à la première origineT ID. Hist. Il, (3. Et que demain la France heureuse et catholique D'un roi chéri du ciel bénisse les destins, M. J. chénier, Charles IX, IV, 5. L'église est une, et par son esprit d'unité catholique et universelle, elle est la mère toujours féconde de tous les particuliers qui la composent, BOSS. fr. Bourgoing. || Le roi catholique, .'^ Majesté <^.vy li'iiie. le roi d'Espagne. || Cantons catholiques, les cantons suisses qui professent le catholicisme, n Pays-bas catholiques, la Belgique, par opposition à la Hollande devenue protestante. || Fig. et familièrement. Cela n'est pas catholique, cela n'est pas conforme à la morale, au devoir, à la règle. || Sul>slanlivement, celui, celle qui professe la religion catholique. Un catholique. Une bonne catholique. Les catholiques d'Angleterre. || Fig. Catholique à gros grains, homme peu scrupuleux. || 8* S. m. Officier qui était chargé de la levée des impâls dan» l'empire grec, [j Primat des églises d'Asie. Le catholique d'Arménie.

— HIST. XIII* s. Tu chez [tombes]. Se ta ne tiens foy catholique, J. de hedno, Tt. 84. || xvi* s. Hourveu que comme bons cathobques tous vous soumettiez aux archi-catholiciues princes Lorrains, et supercatholiques Espagnols, Sat.Ménipp. ««.Catholicissimes et zelatissimes, «6. 8S.

— ÉTYM. Provenç. eatolic; espagn. caiclico; ^L cattoliro; lie calholicus, de Ka9o>ixi«, catholiqu', universel, de xa-râ, indiquant compréhension «t 6)0;, tout, dont le radical «X parait *tre lo mèm que toi dans sol-idus (voy. souok).

CAT

CAniOLIOUEMENT (ka-to-li-ke-man) , adv. Con-

foruiiiiient i la foi catliolique.

— iilST. XVI' s. Le roi de Navarre mourut fort catliohqiiuii.oiit et chrcstiennement à Andelys, quelques jours après sa blessure, palma cayet, dans le Oict. de DOCHKZ. Mais ceux qui furent rais ce jour là hors de la ville plorerent catboliquement [universellement], pour avoir esté desjiossedei; de l'estape des plus délicieux vins de la France, lanoue, 655. Les dames de Poissy [religieuses] qui vivent très catholiquement, d'aub. Fœn.iv, )2. La Sorbonae sçait pbis de latin, et boit plus catlioliiiuement que le consistoire de Home, Sat. Ménipp. 48.

— f.TVM. Catholique, et le suffixe ment.

•I . CATI , lE (ka-ti , tie) , -part, passé de catir. Des étoffes calies.

2. CATI (ka-ti), s. m. Apprêt qui donne du corps et du lustre aux étoffes. Il [le marchand] a le cali et les faux jours, afin de cacher les défauts de sa marchandise, LA BIIUY. VI.

— KTYM. Calir.

t CATICUE {ka-ti-ch') , s. f. Terme de chasse. Trou où se cachent lus loutres et les autres amphibies, sur les bords des rivières et des étangs.

HIST. xui" s. Les castiches des ponts ki sunt à

Amiens seur le [la] rivière de Somme, du cange, casiicia. Li maire et li esquevin d'Amiens pueent et porrout dès oro en avant castichier ou faire castichier et refaire le [la] castiche dès l'entrée du pont du kay, ID. ib. \\ xiV s. Un pont de grez ou de pierre, descendant aie [la] castiche, par laquelle on va de Bassecoin as prez des dits religieux, m. ib. Il xv s. Sera tenu le dit fermier de retenir bien et souffisaniment les castices de le [la] rivière, depuis Bonnay jusques à Corbie, id. ib. Retenir et reparer les chaussées et oathiches estans autour et à l'environ du pays, id. t'b.

— ÉTYM. Bas-lat. casticia , d'une origine inconnue , la présence de Vs dans la forme ancienne empêchant de rattacher ce mot à catir, qui a voulu dire cacher.

t CATILINA (ka-ti-li-na) , s. m. Conspirateur, perturbateur. Des calilinas imberbes. Le petit Catilina, sabriquet du cardinal de Retz en 4648, nemours, Mém. p. 45, dans lacuhne.

— ÉTYM. Catilina, auteur d'une vaste conspiralion que Cicéron fit échouer.

t CATILINAIRE (ka-ti-li-nê-r'), s. f. Nom de quatre harangues prononcées par Cicéron contre Catilina. ||Fig. et d'une manière générale, sortie véhémente, discours très-vif contre quelqu'un.

— ÉTYM. Catilina.

t CATILLAC (ka-ti-Uak ou plus souvent ka-ti- Ua), CATILLARD (ka-ti-llar, Il mouillées), *. m. Poire d'hiver bonne à cuire.

CATIMINI (EN) (ka-ti-mi-ni), loc. adv. En cachette. S'approcher , faire quelque chose en catimini. Terme familier.

— HlST. XIV' s. S'il venoit en catimini chevaucher parm y les bois, et ad viser Cherbourg de plus près, pour savoir si l'on pourroit mettre le siège devant, kroiss. livr. u, p. 36, dans LACUHNE. Il xvi's. Et siquelqu'un des plus espagnolisez a quelques doublons, et reçoit quelque pension du légat à catimini, Sat. Ménipp. 82.

— ÉTYM. Dans ce mot singidier, la syllabe mitii fait tout d'abord soupçonner qu'il y a une corruption; en effet brouillamini, où elle figure, est la corruption, dans la bouche des maréchaux, de boliis armenùv, sorte d'empbUre, qu'une corruption subséquente , agissant par assimilatiun , rapprocha , par le sens, du verbe brouiller. Quelque chose de pareil est arrivé ici ; catamini a signifié les menstrues des femmes, du grec xaxaiJirivioc (voy. cataménial); en voici des exemples : Les femmes ayant leur catamini peuvent obfusquer et éblouir la clarté dumiroire, bouchet, Serées, liv. m, p. 213, dans LACURNE. Les larrons sont en horreur aux abeilles, aussi bien que les femmes qui ont leur cataminy, ib. liv. II, p. 42; une femme qui a son cataminy, ib. p. <70. Les femmes cachant avuc soin cet état, catamini, ou par altération catimini, a pu prendre le sens de cachette, mystère, d'autant plus facilement qu'une de ces assimilations qui tendent si fort à la confusion des mots aura vu dans cata ou cati, soit le verbe catir, qui a eu fe sens de cacher, soit cal, dit en picard pour chat.

<. CATIN (ka-tin), s. f. || 1' Nom de fille et surtout d« fille de la campagne, abréviation de Catherine. On dit aussi Catiche. Dans ce hameau, je vois de toutes parts De beaux atours mainte fillette ornée; Je gagerais que (luelque jeune gars Avec Catin unit sa destinée , deshoulièues, Bail, sur la nécr^uté d un j.c» de forUme quand on se marie.

CAT

Il 2° En mauvaise part , et dans un langage un peu libre, femme de mauvaises mœurs. Puisqu'elle est de si grande qualité, pourquoi s'est-olle fait catin V SÉV. 2(0. L'une bégueule avec caprices. L'autre débonnaire ut catin, volt. Hoi dePrusse, 20. Cette liberté mitigée N'étant ni prude, ni catin, m. Ép. 31. Demoiselle Labuté, comédienne assez médiocre, mais assez jolie catin, lu. Lelt. vers.... 22. Quand même des catins la colère unanime Sans pitié m'ôterait l'honneur de leur estime, gilb. .ipoiogie. Vous croyez, monsieur et cher abbé, que je vais vous parler de moi, de nos académies et de nos coulisses, de nos acteurs, de nos catins et de nos auteurs, DIDER. Lett. à Galiani.

— ÉTYM. Abréviation populaire de Catherine, Catharina, nom propre qui dérive de xaOapoç, pur.

2. CATIN (ka-tin), s. m. Bassin qui sert à recevoir un métal fondu.

— ÉTYM. Catinus, bassin, plat.

CATIR (ka-tir), v. a. Lustrer une étoffe. Catir du drap, à froid, à chaud. || Appliquer l'or dans les filets d'une pièce à décorer. || Se catir, v. réfl. Être cati. Ces sortes de draps ne se catissent pas bien.

— HIST. xii' s. Se tant poit [peut] faire et Bernier et Geris Que il se fussent en cel bruellet [petit bois] quaitis [cachés], R. de Cambr. p. 247. || xiV s. ....D'escuierz jusqu'à dix Mena avœques lui, etsi lésa quatis En un petit bosquet, Baud. deSeb. vi, 364.

— ÉTYM. Norm. se catir, se tapir; proveuç. quait, tapi , caché; espagn. cacho, serré ; ital. qtiatto, même sens; du latin coactus, pressé, serré, d'où dérive aussi cacher (voy. ce mot). Catir. autrefois d'un usage général, n'est resté dans la langue que comme terme de métier.

t CATISSAGE (ka-ti-sa-j') , s. m. Opération par laquelle on donne le lustre à une étoffe.

— ÉTYM. Catir.

CATISSECR (ka-ti-seur) , i. m. Ouvrier qui donne le cati aux étoffes.

— ÉTYM. Catir.

t CATISSOIR (ka-ti-soir) , s. m. Qutil du doreur.

— ÉTYM. Catir.

t CATISSOIRE (ka-ti-soi-r') , s. f. Petite poêle où l'on met du feu pour catir les étoffes.

— ÉTYM. Catir.

CATOGAN (ka-to-gan) ou CADOGAN (ka-do-gan), s. m. Nœud qui retrousse les cheveux et les attache près de la lête. Le e ilufjan n'osi phi^ du mude.

— ÉTYM. Celte dénomination, qui ne se trouve pas dans les anciens dictionnaires, est dérivée de Cadoghan, général anglais au service de la reine Anne, mort en 4 726.

■I. CATON (ka-ton) , s. m. Homme d'une vertu rigide ou qui en afl'ecte les airs. M. Bignon, avocat général, et le Caton de son temps, retz, iv, <85. Il [Montrésor] avait la mine d'un Caton, mais il n'en avait le jeu, hetz, dans le roux db uncy, Proverbes, t. ii, p. 3i. Tu fais ici le Caton de Normandie, HAMILT. Gram. 6. S'étant retiré de certaines parties trop gaillardes, sans faire le Caton, sans se faire haïr, sÉv. 496. Vous êtes le seul sage et le seul éclairé. Un oracle, un Caton, dans le siècle où nous sommes, mol. Tan. i, e. Oui, devant ce Caton de basse Normandie, Ce soleil d'équité qui n'est jamais terni, rac. Plaid, m, 3.

— HIST. xvi's. Aussi appelloit on communément, par manière de mocquerie, Calons, ceuli que l'on voyoit graves et sévères en paroles et en faiot desordonnez et vicieux, amyot, C. d'Utiq. 30.

— ÉTYM. Cato, nom du célèiire Romain qui se donna la mort à Ulique. Ce mot vient de catus, au propre, aigu; au figuré, avisé, fin, habile.

t 2. CATON (ka-ton) , s. m. Tringle de fer qu'on forge à bras pour la passer à la filière.

t CATONIEN, lENNE (ka-lo-niin, niè-n'), adj. Qui a le caractère d'un Caton. Rigidité calonienne.

t CATONISME ( ka-to-ni-sm' ) , s. m. Caractère d'un Caton. Cette petite Vénus en abrégé [Mme de Choiseul] me parait un Caton pour les seutimeuts, et son catonisme est plein de grâces, volt. Lett. Mme rfu Deffanl, 4 9 jauv. 4 774.

— ÉTYM. Caton 4 .

CATOPTRIQCE (ka-to-ptri-k') , adj. || 1° Terme de physique. Qui a rapport à la réflexion de la lumière. Télescope catoptrique. || 2° S. f. Partie de la physique qui traite de la lumière réfléchie, de la direction que suit la lumière lorsqu'elle rencontre une surface polie. Très-utiles pour la théorie de la catoptrique, DEsc. Géom. 2. Combien les anciens se sont abusés en leur catoptrique , m. Diopt. 6. Ce principe [l'égalité des angles d'incideacu et de réflexion] est le premier fondement de tous les mystères de la catoptri(]ue, volt. AV"( i:, ■.

CAU

— ÉTYM. KaTOTTipixèç, de xoToirtpov, miroir, de xaTa, dans, et ûnTtcrOai, voir (voy. optique).

t CATOPTRIQUEMENT (ka-to-ptri-ke-man), adv. Au moyen d'une réflexion de la lumière.

— ÉTYM. Catoptriqve, et le suffixe ment. t CATOPTROMANCIE (ka-to-ptro-man-sie) , s. f.

Espèce de prétendue divination qui se fait en regardant dans un miroir.

— ÉTYM. Ki-coTtxpov, miroir (voy. catoptrique), et le suffixe mancie.

t CATTEUX (ka-teû), *. m. pi. Terme de droit coutumier du nord de la France. Objets considérés comme meubles bien qu'adhérents au sol. Catteui verts, les arbres. Calleux secs, les bâtiments.

— ÉTYM. Plur. de cattel, chaptel, le même que cheptel.

t CATUS (ka-tu), s. m. Cas, aventure. S'étant lait raconter derechef Tout le catus, la font. l'saut. Inusité.

— ÉTYM. Corruption badine du mot cas.

t CAUCALIDÉE (kô-ka-li-dée), s. f. Terme de

botanique. Tribu de la famille des ombellifères dont le tyjie est le genre caucalis.

— ÉTYM. Latin, caucalis; grec, xauxaXîç. tCACCASIEN, IENNE(k6-ka-ziin, ziè-n'), adj. Qui

appartient au Caucase, chaîne de montagnes d'Asie. Race caucasienne, nom donné à la race humaine blanche, supposée issue du Caucase et des environs.

t CAOCUE (kô-ch'), s. f. Terme de pêche. Anse où les aloses se tiennent pendant la chaleur du jour.

CAUCHEMAR (kô-che-mar) , s. m. \\ !• Sentiment d'un poids incommode sur la région épigastrique, pendant le sommeil, avec impossibilité de se mouvnir, de parler, de respirer; état qui finit par un réveil en sursaut après une anxiété extrême. Avoir le cauchemar. || 2° Par extension, tout rêve effrayant. Ma nuit a été troublée par des cauchemars horribles. |i 3° Fig. Pensée affligeante ou effrayante qui nous poursuit sans cesse et dont nous  ne pouvons nous débarrasser. Vous tirez mon âme ^ endormie Du cauchemar des mauvais jours, bérang. Cinquante ans. Toujours ce cauchemar I mon amour n'est donc pas assez puissant pour vous guérir de votre folie? CH. de Bernard, le Persécuteur , § 4. Il Homme qui pèse sur nous d'une façon quelconque, mais très-importune. Cet homme-là est mon cauchemar, BAYARD et JAiME, le Hcveil du lion, ii, 7. || On dit : Cet homme donne le cauchemar.

— HIST. xvi' s. Démons, cacodemons, incubes, succubes, coquemars, gobeUus, lutins, paré, xix, 26.

— ÉTYJI. 'Wallon, chaukemar; rouchi, cauquemar; coque/nar, dans Paré; d'un ancien verbe coucher, qui existe dans le picard cauquer, le bourguignon côquai , et qui signifie presser; provençal, calcar; ital. calcare; du latin calcare, fouler (voy. chausses) ; et d'un mot germanique mar, démon, incube, allemand Nacht-^mar, anglais ni^hf-mare, incube de la nuit. Dans le languedocien le cauchemar seditc/ioouc/ie-i)t'eKo, la vieille qui presse; Paré l'a nommé, entre autres, chauche-puulet.

f CADCHER (kô-ché) , s. m. Assemblage de feuilles de vélin dans lesquelles on enferme l'or battu.

— ÉTYM. Gaucher, ancien verbe, signifiant presser, serrer (voy. cauchemar).

CAUCHOIS, OISEikô-chol, choî-z'), adj. Qui est du pays de Caux. Pigeon cauchois, gros pigeon de Caux en Normandie. En lapins de garenne ériger nos clapiers. Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, boil. Sat. ui. Il Coiffe cauchoise, sorte de coiffure très-élevée que portent les femmesde ce pays.

— ÉTYM. Caux, de Calétes, nom du peuple gaulois qui habitait cette contrée.

t CAUDAL, ALE (kô-dal, da-l'), adj. Terme de zoologie. Qui appartient à la queue. Nageoire caudale, nageoire placée à la queue des poissons, et, par ellipse, substantivement, la caudale.

— ÉTY.M. Cauda (voy. queue).

CAUDATAIRE(kô-da-tô-r'), i. m. || !• Celui qui

porte la queue de la lobe d'un cardinal. |{ Adjectivement. Gentilhomme caudalaire. || 2° Homme qui se fait valet, obséquieux à l'excès, prêt à porter la queue, s'il faut, de celui qu'il flatte.

— ÉTYM. Caudatarius, de cauda, queue (voy. c« mot).

t CAUDÊ, ÉE (kô-dù, dée), aaj. \\ l' Terme d'hi»toire naturelle. Qui a une queue. || 2* Terme de bl*son. Étoile caudée. Comète caudée.

— ÉTYM. Voy. QUEUE.

CAUDEBEC (kô-<le-bèk) . i. m. Espèce de chapeau de laine.El chez le chapelier du coin de notre place, Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, boil. Ép. VI. Ce qu'il a perdu, son étui, salasse, son caudebec, SÉV. 209. Vieux.

CAU

— ËTTM. Ainsi appelô de la ville de CawUbee en Normandie.

t CACDEX (kfl-dèks), s. m. Terme de botanique. Tronc. Caudex descendant, la racine ; caudex ascendant, la tige.

— ÉTYM. Latin, caudex, tronc d'arbre.

I CAUDICIFOUME (kô-di-si-for-m"), odj. Terme rie botanique. Tige caudiciforme , tige qui ne se ramifie pas.

— lîTYM. Cnudex, tronc, et /ormo, forme. tCAUDICCLE (kô-di-ku-1') , *•. f. Terme de botanique. Petite queue.

— ÊTYM. Diminutif de cauda (vo.y. ource).

t CAUUIFÈKE (kô-di-fê-r')et CAUDIGÈRE (kô-dijê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porto une (ineue; qui a des feuilles terminées en queue.

— ÉTYM. Cauila, queae,el ferre ougerere, porter. t CAUDIMANE (kô-di-ma-n'), odj. Terme dezoo-

loune. Oui emploiesa queue comme une main. Singe caudiiuane.

— ÊTYM. Cauda, queue, et manus, main.

t CAUDINES (kô-di-n'), ad], f. plur. Fourches caudiues, fourches mises en potence sous lesquelles les Samnites firent défiler les liions romaijies qui furent obligées de se rendie. |1 Kig. Passer sous les fourches caudines, être obligé de faire quelque chose qu'on ne 'veut pas faire, qui est humiliant.

— ÉTYM. Caudium, lieu où les Samnites prirent les légions romaines.

t CA0DRETTE (kô-drè-f) , s. f. Terme de pêche. Truble sans manche et qu'on suspend dans l'eau.

t CAULESCENï, ENTE (kô-lù-ssan, san-t'), adj. Terme de botaui(|ue. Qui est pourvu d'une tige.

— ÉTYM. Caulis, tige (voy. chou).

t CACLET (kô-lè), s. m. Nom, dans le nord, d'une espùce de chou que l'on donne aux besdaux.

— ÉTYM. Diminutif de cauZts, chou (voy. cnou). t CAULICOLE (kô-li-ko-l'), adj. Terme d'histoire

naturelle. Qui vit sur la tige des végétaux.

— ÉTYM. Caulis, tige (voy. chou), et colère, habiter.

CAULICOLES (kô-li-ko-l') , s. f. plur. Terme d'architecture. Tiges qui, sortant d'entre les feuilles d'acantlie, s'enroulent en volutes sous le tailloir du chapiteau corinthien.

— ÉTYM. Cauliculus, petite tige, diminutif de caulis, tige, chou (voy. chou).

t CAULICULE (kô-li-ku-r) , s. f. Terme de botanique. Petite tige.

— ÉTYM. Diminutif de caulis, tige (voy. chou).

j- CAULIFÈRE (kô-li-fê-r') , adj. Terme de botanique. Qui est muni d'une tige.

— ÊTYM. Caulis, tige (voy. chou), et ferre, porter.

fCACUFLORE (kÔ-U-flo-r"), adj. Tenue de botanique. Dont les fleurs naissentsurla tige.

— ÉTYM. Caulis, tige (voy. chou), et fleur.

tCAULIiyAlRE(kô-U-nê-r'), adj. Terme de botanique. Qui appartient à la tige, qui en naît immédiatement. Feuilles caulinaires, feuilles qui sont situées sur la tige.

— ÉTYM. Caulis, tige.

t CAULINITE (kô-li-ni-f), s. f. Terme de géologie. Empreinte de tiges dans le calcaire grossier.

— ÉTYM. Caulis, tige (voy. chou).

t CAULOC.\RPE (kô-lo-kar-p') , *■. m. Terme de botanique. Tige des plantes vivaces qui, persistant, produit plusieurs fois des fruits.

— ÉTYM. Kou^àî, tige (voy. CHOU),et xapnoç, fruit, i CAUI.OURHIZE (kô-lo-ri-z') , adj. Terme do botanique. Dont la lige émet des racines.

— ÉTYM. KauXoc, tige (voy. CHOU), et ^tÇa, racine.

t C.\URE (kô-r'), î. m. Nom vtUgaire du noisetier sauvage.

— ÉTYM. Autre forme de coudie, s. m.

CAORIS ou CORIS (kô-ri), s. m. Petite coquille

blanche {cyprea moneta) qui sert de monnaie courante au Bengale et dans tout le centre de l'Afrique. Il en fallait (en Afrique, de 4 84« à 4 866) 260u pour valoir cinq francs. Payer en cauris.

— ÉTYM. Court, mot indien signifiant petit coquillage.

CAUSAL, ALE (kô-zal, za-1'), adj. Qui appartient à la cause. 1| Terme de grammaire. Particule causale , même sens que particule causative. Toutes les fois que nous trouvons dans le discours ces particules, parce que, car, puisque, et les autres qu'on nomme causales, c'est la marque indubitable du raisonnement, Boss. Connaiss. l, 4 3. |1 II n'a point de pluriel ma.sculin.

— ÉTYM. Provenç. tousai; ital. causale; du latin causalis, de causa, cause.

CAU

CAUSALITG (kô-za-li-té) , ». f. Terme didactique. Vertu par laquelle une cause produit un effet. Il n'y a entre ces choses aucim rapport de causalité. Nous supposons que les corps ne sont les uns aux autre» que des causes occasionnelles du mouvement, qui n'ont aucune vertu ou causalité par leurs propres essences, fên. m, ï86. || Principe de causalité, principe en vertu duquel on rattache un efl'et à sa cause. Il Une des catégories de Kant, comprise dans la relation. || L'une des facultés réflectives de l'homme dans le système de Gall.

— ÉTYM. Causal; ital. caxisalilà.

t 4. CAUSANT, ANTE (kô-zan, zan-t'), adj. Qui agit comme cause. Toutes choses étant causées et causantes, pasc. dans cousin.

— ÉTYM. Causer t.

t 2. CAUSANT, ANTE (kô-zan, zan-t'), adj. Qui parle volontiers. Je ne suis plus si causante qu'à Paris, sÉv. 306.

— ÉTYM. Causer 2.

CAUSATIF, l^VE (kô-za-tif, ti-v'), adj. \\ 1° Terme de grammaire. Qui annonce qu'on va donner la raison de ce qui a été dit. Car, parce que, sont des conjonctions causatives. || 8° Voix causative, voix qui rend tous les verbes actifs, à l'aide du verbe faire , employé comme une sorte d'auxiliaire : Je vous fis voir l'autre jour, c'est-à-dire je fis en sorte ou je fus cause que vous vissiez; Mou père ne m'a pas fait étudier, c'est-à-dire n'a pas fait en sorte que j'étudiasse. On n'emploie jamais le passif de la voix causative; on dit bien: qu'on a fait mourir un assassin, mais non que l'assassin a été fait mourir.

— ÊTYM. Provenç. causatiu; ital. causativo; du latin causatirus, de causari, causer 4.

t CADSATION (kô-za-sion) , s. f. Terme didactique. Action de causer, de produire un effet.

— ÊTYM. Causer i.

t CAUSATIVEMENT ( kô-za-ti-ve-meut ) , adv. Terme didactique. En agissant comme cause.

— ÉTYM. Causative, et le suffixe ment.

CAUSE (kô-z'), s. f. Il 1° Ce qui fait qu'une chose

est ou s'opère. Cause instrumentale, matérielle, formelle, efficiente, physique, morale, occasionnelle , prédisposante, occulte. Causes éloignées, prochaines. Point d'effet sans cause. Le ciel règle souvent les effets sur les causes, corn. Jf. de Pomp. v, 2. Nos sens, étant eux-mêmes les effets de causes que nous ne connaissons point, ne peuvent nous donner des idées que des effets, et jamais des causes; il faudra donc nous réduire à appeler cause un effet général , et renoncer à savoir au delà, buff. Thior. de la terre, 4" dise. L'homme aujourd'hui sème la cause, Demain Dieu fait mûrir l'effet, v. HUGO, Crép. 5. Oh! que ne puis-je, instruit des principes des choses. Connaître les effets, approfondir les causes, deîjlle, Géorg. u. || Cause première, cause des causes. Dieu. || Causes secondes, celles qui sont dérivées de la cause première, les créatures. Il Causes finales, les causes pour lesquelles on suppose que chaque chose dans l'univers a été faite. La doctrine des causes finales. || Dans le langage général, cause finale, le but qu'on se propose, la fin en vue de laquelle on agit. Voilà quelle doit être la cause finale de nos actions. || 2° Ce qui produit ou occasionne, en parlant des personnes ou des choses. Cet événement fut cause ou la cause de son bonheur. Mes affaires sont cause que je ne puis sortir. Être cause, ou la cause involontaire, innocente d'un malheur. Il fut cause de la perte de tous les siens, BOss, llist. m, 5. EUeenmourra, Phénix, et j'en serai la cause, rac. Andr. n, 5. La cause de nos maux doit-elle être impunie? corn. Nicom. v, 7. Il 3» Kaison, sujet, motif. Vous connaissez la cause qui m'a fait agir. Je désire savoir pour quelle cause.... Quelle était la cause de leur voyage"? Pour une cause légère. Sans cause. Non sans cause. Assurez-vous sur lui qu'd en a juste cause, cobn. Poiy. i, 3. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison. Toujours serait-ce à juste cause Qu'on ledit bon [le malheur] à quelque cliose, la font. Fabl. vi, 7. Mon malheur est parti d'une si belle cause? bac. Uithr. IV, 2. De sa mort en ces lieux la nouvelle semée Ne vous a pas vous seule et sans cause alarmée, ID, ib. V , *. il 4° En termes de jurisprudence , cause d'une obligation, avantage moral ou matériel que se propose le contractant : dans le contrat à titre onéreux, l'équivalent de l'obligation de l'autre partie; dans le contrat à titre gratuit, la bienfaisance. Il Cause d'tm billet, d'im effet de commerce, équivalent exprimé de l'engagement souscrit dans le billet. Pas d'obligation valable sans cause. Cause fausse, illicite. L'obligation dont la cause est contraire aux bonnes mœurs est nulle. || Parler avec

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connaissance de cause, agir en connaissance da cause, parler, agir avec pleine connaissance de* faits. Il En style de chancellerie. X ces causes, noiu avons déclaré et déclarons.... en considération d6 ce qui vient d'être exposé, nous avons déclaré.... Il Kamilièrementetelliptiquement. Etpourcause.non .^ans motif , avec rai.son, se dit quand les motifs sont évidents ou qu'on veut les taire. Or, ai-je dit ua jeune homme, et pour cause , Car.... la font. Miindr, Venez, singe; parlez le premier, et pouf cause, ID. Fabl. i, 7. Je laisse la distribution à votre discrétion et pour cause, boss. Lett. abb. 40. La richesse que des frondeurs Dédaignent, et pour

cause, BÉHANG. ^(. de larich Laissez-moi passer

entre vous deux, pour cause; Je serai mieux en main pour vous conter la chose, uol. Prince d'Él. 1, 2. Il 5° Procès qui se plaide. Se charger d'une cause. Plaider une cause. Plaider sa cause. Gagner sa cause. Perdre sa cause U était déjà mis en cause. II faut remettre cette cause à un autre jour. Mettre quelqu'un hors de cause. Devant certaine guêpe on traduisit la cause.... Depuis tantôt six mois. que la cause est pendante. Nous voici comme aux premiers jours, LA FONT. Fabl. i, 24. Devant elle [la justice] à grand bruit ils expliquent la chose; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, BOlL. Ép. u. Il Cause grasse, cause plaisante et sur un fait inventé , que les clercs de la basoche plaidaient autrefois pour se divertir le jour de mardi gras, et aussi quelque cause plaisante qui se plaide au palais. Il Fm tout état de cause, quel que soit l'état du procès. Dans le langage général, eu tout état de cause, quoi qu'il en soit. || Fig. Cela est hors de cause, il n'en est pas question , on ne le révoque pas en doute. En celte affaire, sa probité est hors de cause. Il Fig. Avoir, donner gain de cause, ou cause gar gnée, obtenir, accorder l'avantage dans une discussion. Il Plaider la cause de quelqu'un, le défendre, le soutenir, [j Familièrement. Cet avocat sans cause [sans clientèle], nommé Duménil, volt. Utt. à Cath. 4 43. Il 6* En droit canon, cause bénéficiale, cause dans laquelle il s'agit de bénéfices ecclésiastiques. Causes majeures, les grandes affaires de l'Eglise. Il 7" Parti, intérêt. La bonne cause. La fortune se déclara pour la boime cause. Soutenir la cause du mensonge. Prendre en main la cause du peuple. Embrasser vivement la cause de la justice. Faire cause commime avec quelqu'un. Séparer sa cause de quelqu'un. Attirera sa cau.<e. Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre; U suffit que ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a puur la défendre Les soins de Richelieu, malh. n, 4 2. Sous la cause publique U vous cachait sa flamme, corn. Cinna, n, *. Son trop d'amour pour la cause puhlique, id. Uor. v, 2. Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune? rac. Ath.ux, 6. Grand Dieu, juge ta cause et déploie aujourd'hui Ce bras. ce môme bras qui comballait pour lui, lu. Brol. d'Esth. U entend plaider devant lui la cause des médecins, SEv. 442. Vous aviez soutenu une mauvaise cause, m. 410. Télémaque et moi nous combattrons pour la bonne cause, fén. TH. xi. Je ne peux vous aimer, je ne peux à ce prix. Accepter un combat pour ma cause entrepris, volt. Tanc. u, « S. Justin plaida la cause des chrétiens après Quadrat et Aristide, ciuteaub. Gén. i, i, 4. || Prendre fait et cause pour quelqu'un, le soutenir, prendre son parti. Vous faites trop d'honneur à Marie de Rabutin-Chantal de prendre son fait et cause, s6v. dans le Dict. de dochbz. || Dans le même sens, prendre en main la cause. Des auteurs décriés il prend eu main la cause, boil. Ép. ix. jj 8» A cause de, locut. prép. Pour l'amour de, en considération da. X cause de lui. X cause de cela. || 9° À cause que, locut. conj. Parce que. D'od vient qu'un boiteux ne nous irrite point et qu'un esprit boiteux nous irrite? C'est à cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons, sans cela nous en aurions plus de pitié que de colère, pasc. Pens. l, ». U est rare que les géomètres soient fins et que les esprits fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent uaiter géométriquement les choses fines, ID. ib. l, 40. Je parle ainsi à cause que je pensais que vous ua voulussiez plus que je fusse heuretu, balz. i, ïï». Vous ne lui voulez mal, et ne le rebutez Qu'à causa qu'il vous dit à tous vos vérités, mol. Tart. i, i. X cause qu'elle manque à parler Vaugelas, in. f emm. salantes, u, 7. Ils ne dècouvTent pas 1» lumière i. causequ'ilsdétourneiit les yeux, aoss. Strm. Quinq.t . Ceux qu'on nomme chercheurs à cause que, dix-aapl cents ans après Jésus Christ, ils cherchent encore U reUiiion, lo. Reine ii'A.nu^€t. Une justice qui fait

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omblant d'être vigoureuse à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres, ID. le Tctlier. Ce que le prince 8t mérite d'être raconté à toute la terre non à cause ju'il est remarquable, mais à cause pour ainsi dire pu'il ne l'est pas, ID. Louis de llourbon. Les images de Phili|>piqu9, son successeur, ne furent pas reçues dans Rome, à cause qu'il favorisait les monothélites, et se déclarait ennemi du concile sixième, m. llùt.i, ••<. Une fille sera heureuse d'ignorer les fables païennes toute sa vie, à cause qu'elles sont impures et pleines d'absurdités impies, fén. XVII, 41 . On n'est pas entendu à cause que l'on s'entend soi-même, la bruy. i. U lui cède même, à cause qu'il est plus âgé, l'honneur de faire porter devant lui les faisceaux des verges, vertot, llév. rom. I, 02. J'avais deux coupes de bois à vendre, à cause que je n'avais point coupé l'année précédente,

p. L. COUR. I, 233.

— REM. Des grammairiens ont voulubannir la locution conjonctive à cause que; elle doit être conservée, étant appuyée par de bons auteurs, et, dans certains cas, d'un emploi préférable à parce que.

— HIST. xm" s. Car ceus qui me contralioient Et sans caze mal me faisoient, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 264. Se prière ou mandemens est fes [fait] à aucun , et cil qui le [la] prière ou le mandement fist, muert en tant comme le [la] coze est encore entière, li mandemens li est falis.... beaum. XXIX, 10. Car on doit croire qu'il li ensegnast l'ostel Guillaume parce qu'il le creoit à bon et por cause de bone foi , ». xxxvi , 6, Se les quases des barres [oppositions] sont especiaument devisées [exposées] , Liv. de just. 94. 1| xiv" s. Félicité est de Dieu principalement causée qui est généralement cause de toutes choses, oresmb, Eth. 2). Et semblablement de ce que aucuns sont injustes ou inconlinens, ils en sont en cause, id. ib. 33. Car trois manières de causes sont : c'est assavoir nature, nécessité, fortune, entendement et tout ce qui est cause de ce qui est fait par homme, comme est volonté et les sens naturels, ID. ib. ce. Un homme est cause de ses onfans en voye de nature, et est cause de ses operacions en voye de meurs, id. tb. 72. ||xv» s. Et la cause pourquoi [ils] s'entreheoient.je le vous dirai, raoïss. u, ii, 62. Quand Girauldon se vit ainsi attrapé, si fut tout esbahi et à bonne cause, id. u, u, 214. Et l'eu.st volontiers sauvé s'il l'eust pu, pour cause de jitié, ID. I, I, <34. Car il se doubtoit, et non sans cù^se, juv. DES UBS. Ch. VI, <382. SoD maistre l'avoit baiu, pour cause que un enfant s'cstoit plaint, Boude, i, 3.... dont il estoit prochain parent à cause de sa tnere, COMM. III , 4. Pour lesquelles causes le roy soy trouvant chargé.... id. i, t. Tant de mauli venir par luy et par sa cause, id. i, ib. Le pauvre désolé, voyant sa bonne femme trop plus qu'il ne voulsist troublée, helasi et à sa cause [par sa faute], ne savoit que dire, LOUIS xi, Nouv. i. Nul ne doit estre tesmoing en sa cause, le houx de lincy. Proverbes, t. ii, p. 357. Tel a bonne cause qui est condamné, id. ib. p. 44 9. Il XVI" s. La cause efficiente de nostre salut est la miséricorde de notre Père.... la cause matérielle e.st Christ avec son obéissance.... de la cause qu'on appelle instrumentale , quelle dirons-nous qu'elle est, sinon lafoyf... quant à la cause finale, Vapostro dit que c'a esté pour demonstrer la justice de Dieu et glorifier sa bonté, calv. Instit. 6t6. Ces nobles langues coustent beaucoup de temps et de peine à apprendre, à cause qu'elles sont mortes, amyot, Épit. Nous reputons les dieux pour estre autheurs de tous biens, et cause de nulz maulx, id. Péric. 74. A ceste cause ils vouloient....in. Fabius, 8. Geste vie dissolue fut cause de luy augmenter sa maladie, id. Sylla, 73. La cognoissance des causes appartient seulement à celuy qui a la conduite des choses, non à nous qui n'en avonsqiie la souffrance [la tolérance, l'usage], MONT. IV, (78. Pour cette cause [motif].... iD.i, 25. Acettecause [parceque].... ID. i, »o. Tuer un homme sans connaissance de cause, id. m, *9&.

— ÉTYM. Picard ketist; provenç. espagn. et ital. causa; du latin causa. Voy. cnosB.

CAUSÉ, ÉE (kô-zé, zée) , part, passé. || 1° Produit par une cause. Toutes choses étant causées ou causantes, pasc. dans cousin. Il i°Occasionné. Un incendie causé par un accident. Ij 3- Motivé. M. de Bouillon voulait une absence, et une absence causée et chargée d'affaires, pour revenir après sur un meilleur pied,sT-siM. 4S, la. M. d'Harcourt n'eut garde de s'ojv poser à un dé.sir si anient et si causé, m. 88, t4(). Rare en ce sens. ||4°En termes de jurisprudence, qm a pour cau.se. Billet causé en marchandises.

'■ î;*,^*'*'^ (kô-zé), V. a. Être cause, occasionner. Ou il i fait un larcin de rôt ou de fromage, bgratigné quelqu'un, causé quelque dommage, LA

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FONT. Fabl. III, I». Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, C'est l'acheter trop cher.... in. ib. IV, ts. Je m'en tais, et ne veux leur causer nu! ennui, ID. ib. iv, 8. Cela causa leur malheur, id. ib. IV, 6. Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement, id. ib. iv, «. Vous savez ses malheurs, vous les avez causés, hac. Iphig. III, 4. Je veux l'attendre ici; les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose, id. Brit. i, <. Si Dieu n'a rien en luimême par où il puisse causer en nous les volontés libres, boss. l.ibr. arb. 3.

— HIST. xiv* S. ...en la manière que aucuns le disoient et se oausoient [se fondaient sur] de ce que la fin est melleur que n'est la generacion de la fin, ORESME , Jiih. 220. || XV' S. Nostre roy est le seigneur du monde qui le moins a causé [été cause] de u.ser de ce mot de dire : J'ai privilège de lever sur mes subgectz ce que il me plaist, comm. v, 48. || xvi* s. Elle monstre que toutes ces choses sont causées [fondées] eu Jésus Christ, comme en estant le fondement, CALV. Instit. lOfiB. Au moyen de quoi, lui fut facile de causer [motiver] son voyage là dessus, B. DESPER. Contes, V. H mourut d'une apoplexie que ce coup luy causa, mont, l, 74. Cela m'a causé me restraindre de trop grande libéralité, B. DE PALissY, tl. Donnant à entendre que.... : langaige causé [développé comme cause et motif] et contenu en ladicte ordonnance, carloix, viii, 3.

— ÉTYM. Cotise; espagn. eausar; ital. causare.

2. CAUSER (kô-zé), V. n. || 1" S'entretenir familièrement. Us causent ensemble. De quoi causent-ils? Nous causerons de cette affaire. Je veux me vanter d'être toute l'après-midi dans cette prairie, causant avec nos vaches et nos moutons, sÊv. Letl. 384. Voilà la chose du monde la plus heureuse pour lui; vous savez tout cela, mais on cause [c'est-à-dire je vous écris cela pour causer avec vous] , id. 592. Pour mon fils, M. le maréchal n'a pas voulu le laisser venir ; il est le seul avec qui il cause de toute chose , id. ib. Le duc d'Orléan.s régent daigna un jour causer avec moi au bal de l'Opéra; ilmefitun grand éloge de Rabelais, VOLT. iel». Urne du Deffant, 4 3 oct. i75». || Familièrement. Causer de choses et d'autres, s'entretenir sans (iropos déterminé. Il Eig.Causer delapluie et du beau temps, parler de riens, de choses de peu d'importance. Il Elliptiquement. Causer littérature, voyages, etc. causer de littérature, de voyages. || Familièrement. Ah çàl causons un peu, expliquons-nous, entendons- nous. || Passivement et impersonnellement, dans le parler familier, c'est assez causé, ou, simplement, assez causé, ne parlons plus, agissons, et aussi, taisez-vous, brisons-là. j) 2° Familièrement, tenir des propos, parler avec légèreté et indiscrétion, ou avec malignité. Le monde, chère Agnès, est v.ne étrange chose! Vovez la médisance, et comme chacun cause! mol. Ée. des fem. 11, 6. Je ne m'étonne point si parfois on eu cause, ID. Prol. d'Amph. Voilà ce que c'est que d'avoir causé; vous n'en tflterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche, ID. G. Dandin, 11, 7. || 3° V. n. Terme de fauconnerie. Se dit du cri des perroquets et des pies.

— REM. Peut-on dire : il m'a longtemps causé de ses affaires; allez lui causer de cette nouvelle'? C'est une façon de parler qui est très en usage. Mais observez qu'on ne pourrait pas dire, en mettant un substantif au lieu du pronom : j'ai causé de l'affaire à mon avocat; il faut avec mon avocat. Cela rend trrs-suspect l'emploi du pronom, et il sera mieux de dire : il a longtemps causé avec moi de ses affaires; allez causer avec lui de cette nouvelle. On ne cause pas à quelqu'un; on cause avec quelqu'un. Pourtant cette manière de parler se trouve dans J. J.Rousseau, qui n'est pas toujours très-pur, et sans doute dans d'autres. La première fois que je la vis elle était à la veille de son mariage; elle me CRu-a longtemps avec cette famiUari té charmante qui lui est naturelle, j. j. rouss. Confess. vu.

— HIST. xiii' s. Par poi Hersent n'enrage d'ire Por Ysengrin, qui si la chose [gronde], Ke». 725. Moult de sa gent parler n'en osent. Mais par derrière moult l'en chosent [blâment] , Fabliaux. BARBAz 1, <«o. Il XY* S. Je VOUS ait dit et causé [expliqué] toutes les avenu!'s de Jean Bar, de Jean Pict.... FROiss. II, u, 239. Envie qui accu.se et cause [blâme] Maintes personnes tout à tort, Myst. Returr. de JV. S. L'homme songeart U [le vin] fait causer et rire, basselin, xxxvu. Si voulez que je cause et prêche. Et |iarle latin proprement. Tenez ma bouche toujours freche , De Ixm vin Parrosant souvent , in. Lviii. || xvi' s. Ce fut un commandement nu et simple, où l'homme n'eut rien à conn«Jstre et à causer [demander raison], mo.nt. 11, "-us

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— ÉTYM. Provenç. chausar, cauteiar, reprocher, disputer; espagn. eausar, faire un procès ; du latin causari, faire un procès, d'où disputer, repioclier, et simplement, causer. Diez et d'autres étymologiste» font intervenir l'ancien haut allemand cMiôn, allemand moderne kosen; mais le latin suffit à la forme et au sens du mot roman.

CAUSERIE (kô-ze-rie) , t. f. Familièrement , action de causer; propos indiscret. Ces causeries finiront par nous compromettre. Nos filles nous font une grande causerie [sujet d'entretien] , sBv. aaa. Mais est-ce que je finirai cette causerie sans vous dire un mot de la grande entreprise? dider. Lett. à Volt.

— HIST. XVI* s. Le duc de Nemours dit, il y a quelques jours, à un des Seize qui parloil du roi de Navarre : Il n'y a plus que les sots qui ne voient bien comment il faut oster cette queue, et cela en sort<mt d'un conseil où on avoit estimé les conditions du fils aisné de Lorraine; Vitri, en sortant du mesme conseil, en jurant et despitant la caus«*rie : U vaut bien mieux, dit-il, servir le brave hu guenot, d'aub. Uist. ai, 2a3.

— ÉTYM. CouilT 2. ■ t CAUSETTE (kô-zè-f), $. f. Petite causerie. Klie 1

a plus fait pour moi dans une causette d'un quari ■ d'heure que je n'aurais su faire d'une.année, g. sano La petite fa dette. J'aime le feu, les cricris, une salade de homards, une bouteille de Champagne et la causette, a. pichot, Trad. de Don Jtutn, 1, 4Î4 Il Mot familier, mais très-reçu.

— ÉTYM. Causer 2.

CAUSEUR, EUSE (kô-zeur, zeû-z'), adj. \\i' Qui

aime à causer. Quel homme causeur 1 II est d'humeur causeuse. || 2° S. m. et/". Celui, celle qui aime à causer, qui sait causer. C'est un aimable causeur. Poui éviter la rencontre de ces grands causeurs, je m'enfuirais jusqu'au bout du monde, balz. liv. m, lett. 3. Les muses sont de grandes prometteuses ; Et comme vos sœurs les causeuses, Vous ne manquerez pas, sans doute, parle bec, mol. Bemerctment au roi, 1863. Gardez-vous-en bien, dit la causeuse [la corneille] à l'ourse, fén. xix, 43. Si Béranger n'était pas l'écrivain le plus populaire de l'époque, ce serait certainement l'un des plus ingénieux, des plus instruits, des plus attachants causeurs que l'on puisse rencontrer dans cette société qui l'a beaucoup recherché et qu'il a beaucoup fuie, carrel, OEutres, t. v, p. 376. Il Celui, celle qui parle avec légèreté, indiscrétion. Ne lui confiez rien, c'est un causeur. Vous êtes donc un causeur, et vous allez redire ce qu'on vous dit en secret, mol. George Dand. u, 7. Il Celui, celle qui dit, par raillerie, des choses auxquelles il ne faut pas trop se fier. Hé! mon Dieu ! c'est une causeuse qui ne dit pas ce qu'elle pense; ne vous y fiez pas beaucoup, si vous m'en voulez croire, mol. Critique, se. 3. || AucoUége, un causeur, un écolier qui, au lieu d'écouter, parle perpétuellement à voix basse avec ses voisins.

— HIST. XVI' s. Il disoit que l'ancien Socrate n'estoit qu'un causeur et un séditieux, qui taschoit par tel moyen qui luy estoit possible à usurper tyranie, amyot, Calon, 48. U y en a un qui s'appelle Ropoperperethra, comme qui diroit grand causeur qui parle de toutes choses à la volée , id. Déinosth. 4 4 . Cor Dieu, nous avons trouvé ung causeur; monsieur le jaseur. Dieu vous guar 1 de mal, tant vous avez la bouche fraische , rad. Garg. i, 4ï.

— REM. Montaigne, iv, 478, a emj>\oyé causeur dans le sens de celui qui s'occupe des causes : Ils laissent là les choses, et s'amusent à traicter les causes ; plaisants causeurs!

— ÉTYM. Causer 2.

CAUSEUSE (kô-zeu-z'), s. f. Petit canapé où peuvent s'asseoir deux personnes.

— ÉTYM. Causeur.

f CAUSSKTIÈRK (kô-se-tiô-r'), s. f. Terme d'architecture. Sorte de dégagement. Les communications qui existent entre la scène [d'un théâtre] et le* étages inférieurs soit par la rampe soit par leseaussetières. Comptes rendus, Âcad. dessc. X. lu, p. 36.

fCAUSSINÉ, ÉE (kô-si-né, née), adj. Term» de métier. Se dit du bois qui, travaillé, se déjette.

CAUSTICITÉ (kô-sti-si-té), s. f. \\ 1° 'ferma de médecine. Impression que font sur l'organe du goût les corps nommés cau.stiques. |{ Propriétés chimiques de certains corps qui, en se combinant avec la substance des parties vivantes sur lesqueilts ou les applique, en détruisent la texture. ]| 2° Fig. t,Hi*lilé caustique dans la parole, dans un écrit. Rieiin'èchaiipe à sa causticité. Un esprit, un ouvrage plein de causticité.

— ÉTYM. Caustique.

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