‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 371 sur 504 · CH · texte numérisé non relu

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présentés sur la toile de tels contours que certains, parties paraissent saillantes au-dessus des autres. Il Chantourner une bordure, figurer (les découpures élégantes sur la bordure peinte d'un tableau.

— ÉTYM. Chant , cant , côté (voy. (union et champ 2), et tourner.

CHANTRE (chan-tr'), s. m. \\ l' Celui qui chante ou est supposé chanter. Ce mot, dans ce sens, est aujourd'hui réservé au style poétique et à la haute éloquence. Le chantre de la Thrace, Orphée. Le chantre thébain, Pindare. Le chantre d'ionie, le chantre d'Ilion, Homère. Le chantre d'Ênée, Virgile. Le chantre de Roland, l'Arioste. Le chantre dos jardins, Delille. Homère et le chantre latin, RÉGNIEK, Sat. vu. Du plus habile chantre un" bouc était le prix, boil. Art p. m. Vous auriez une douleur amère d'avoir fait périr un chantre qui fait les délices des hommes, fén. xxi, 475. Que le chantre flatteur du tyran des Romains, L'auteur harmonieux des douces Géorgiques.... volt. Épit. Lxxvi. Oui, par un héros plus sublime [Napoléon I"] Cet Achille si magnanime En nos jours vient d'être effacé ; Tu n'en es pas moins admirable ; Le chantre reste inimitable; Le héros seul est surpassé, crouzet, le Français au -tombeau d'Homère. Il Par extension, nom donné aux oiseaux chanteurs Le chantre du printemps, le rossignol. || Espèce du genre roitelet. || 2° Celui qui chante au lutrin dans l'église. Voix de chantre. Tous les grands chapitres ont des chantres et des chapelains pour soulager les chanoines et faire l'office en leur absence. Les cloches, dans les airs, de leurs voix argentines. Appelaient à grand bruit les chantres à matines, boil. Lutrin, iv. Ces cercles, partant du dernier chantre de village, s'élèvent jusqu'au trône pontifical, cha- TEAUB. Génie, iv, m, 2. || Chez les protestants, celui qui entonne et soutient le chant des psaumes. || 5. f. Religieuse qui sait le chant et les rubriques de l'office, afin de redresser les manquements qui peuvent se faire au choeur. La chantre dira tout haut ce qui regarde l'office au lendemain. Constitutions de Port-Royal, dans richelet. || 3° Nom d'un dignitaire qui est le maître du chœur présidant au chant dans une église cathédrale ou collégiale et dans les chapitres. 11 porte la chape et le bâton dans les fêtes solennelles et donne le ton aux autres en commençant le» psaumes et les antiennes. Le chantre porte dans ses armoiries un bâton de chœur derrière l'écu pour marque de sa dignité. Le grand chantre. Le chantre de Notre-Dame. Celui qui vous rendra cette lettre est le chantre de mon église, nommé M. de Vitray, Boss. Lett. (38. C'est en vain que le chantre abusant d'un faux titre.... boil. Lutr. i.

— HIST. xv« s. Et là fut fait le divin office, aussi solennellement comme on ferait en la chapelle du pape ou du roi de France; car à ce temps il avoil grand'foison de bons chantres, froiss. ii, m, <5.

— ÉTYM. Provenç. can(re, ca« (or; du latin conlor, qui vient de canere, chanter. Dans le provençal et le vieux français, cantre est le nominatif, cantor est le régime, répondant, selon l'accent, à cdntor et cantôrem. C'est suivant la même analogie que se sont formés pdtre et pasteur.

CHANTRERIE (chan-tre-rie) , ». f. Bénéfice, dignité de chantre. La chantrerie de telle église. La chantrerie d'un chapitre.

— ÉTYM. Chantre.

CHANVRE (chan-vr'), s. m. || 1* Plante dioïque qui porte le chènevis, et de laquelle on tire une filasse abondante. Cueillir, faire rouir, tiller ou teil- 1er, broyer le chanvre. La filasse du chanvre. Fil, toile, corde de chanvre. || Fig. Cravate de chanvre, la corde qui sert à pendre un homme. Il mérite une bonne cravate de chanvre. On lui passera au cou une cravate de cnanvre. || 2° Chanvre de la Nouvelle- Zélande, phormium tenax. || Chanvre des Américains, l'agave d'Amérique.

— REM. La Fontaine a fait clumnre du féminin : Il arriva qu'au temps que la chanvre se sème, Fabl. 1 , 8. Le genre de ce mot a été longtemps incertain; plusieurs provinces le font encore féminin.

•— HIST. XIII* s. Nus ne nule ne puet achater Bl moillié ne chanvre moillié devant que il soit sef [sec] et bien essuiez. Livre des met. tis. C'est à savoir toute de teil ou toute de chanvre, ou toute de lin, ib. 41. Li uns de fileit [filet] de cavene , iul- LIAR, Recueil d'actes . p. 2). || xvi' s. Jadis qu'oc s'aidoit des branches des arbres pour espargnei la chanvre, despbr. Contes, xcvii. C'est le pro pre de ce que nous appelons ici et vers vous la cherve, d'estre egrugée entre des fers serrez ei pointus, n'AUB. Fœn. m, 1 6. J'ai choisi votre païs pou; y avoir plus de ciMnres qu'ailleurs, mais aoo pa^

pliude larrons, lu. ib. m, K. I4« somipités ds oh^i)- Tre, PABÊ, XVI, 35. La graine de chanvre est de grande efficace à faire ouer [poudre], o.dbsbr. 851. Le chenevi, qui rst la graine du chanvre.... La teille ou poil du fin chanvre, pour les exquises toiles, m. 780. La graine ne vient que du chanvre masle{en telle plante te recoignoissans les deux sexes).... id. 731.

— ÉTVJt. Borry, clianbe, ». f. et la chanvre, et aussi la charbe; norm. oambre; picard, eanve,s.f.; wallon, chêne; anc. wallon, chaisne, cliainne; rouchi, kame, kéme; Saintonge, charve; proveno. cambre, carbe, cambe, et aussi canebe, canep; oatal. canami espagn. cd/iomo; portug. cànhamo ; ital. cànopa; du latin cannabis ei cannabus ; grec, xàwoêoi; et xivva6i(;. Les formes cavene en ancien français et canebe en provençal supposent une faute d'accent dans quelques contrées romanes où l'on disait cannabis au lieu de cdnnabis.

t CllANVREUX, EDSE (chan-vreû, vreù'z), adj. Terme didactique. Qui tient de la nature du chanvre.

— HIST. xvi« S. Là d'une chanvreuse filace Tissant le lien qui m'enlace, am. iknm, poésies, p. aaa,

dans LACUBNE.

— ÊTV.M. Chanvre.

fCUANVRIER, lÈlE (ohan-vrl-é, ê-r'), s. Celui, celle qui prépare et vend le chanvre.

— ÉTYM. Chanvre.

t CHAOLOGIE (ka-o-lo-jie), s. f. Spéculations sur le chaos, sur l'état primitif des choses.

— ÉTYM. Chans, et ),6yoc, traité.

t CHAOLOGIQCE (ka-o-lo-ji-k') , adj. Qui a rappert à la chaologie.

CHAOS (ka-Ô; l's se lie: un ka-ô-z informe), s. m. Il 1° Dans la théologie païenne, confusion générale des éléments avant leur séparation et leur arrangement pour former le monde. Ni l'univers rentrant dans son premier chaos, hotrou, St-Genest, II, 8. Il 2* Fig. Toute sorte de confusion, ô funeste chaos de désordre et de trouble, rotrod,

Bélis.vr, e Fit régler le chaos des ténébreuses

lois, BOIL. Lutr. V. Nous déménageons, je suis dans le chaos, sév. 369. Les objets paraissent sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore, mais ensuite ils semblent sortir comme d'un chaos, PÉNEL. Têlém. xxiv. Rien ne met un chaos plus immense entre l'âme criminelle et la miséricorde de Dieu, mass. Car. Impén. Vous mettez tous les jours un nouveau chaos entre Dieu et vous, ». Avent, Délai. Comment se résoudre à imiter ce chaosT ID. Car. Samar. Un genre de vie uniforme, occupé, réglé, qui ne saurait jamais s'allier avec les inutilités, les variations éternelles, le dérangement et le chaos du monde, mass. Confér. Fuite du monde. Les consciences les plus souillées et dont le chaos n'a jamais été éolairoi, m. ib. Vocat. à l'état ecclésiast. Ma jalousie, à tout propos, Me promène sur ma disgrâce; Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos, mol. Amph. m, t. Pour débrouiller le funeste chaos des consciences libertines ou scrupuleuses, VLtca. Panég. ii, 4)8. Comme à un homme qui débrouillerait ce chaos d'incidents, m. iom. C'est au règne de Henry l'oiseleur que se débrouilla le chaos de l'Allemagne, VOLT, tfœurs, 33. D'ailleurs, en ce chaos, à qui garder ma foi?iD. Calil.ïa, <. Avant Jésus-Christ, l'âme de l'homme était un chaos, chateaub. Génie, I, n, t. Il y a un chaos infini qui les sépare, PASC. dans consiN. Si quelque chose peut nous convaincra de cette fatalité qui entraîne tous les événements dans ce chaos des affaires politiques de ce monde, VOLT. Louis XY, 34. Faisant des tragédies bonnes ou mauvaises, débrouillant le chaos des archives de Pétersbourg , volt. Lett. Mme du Deffant , < s janv. )76i. Un désordre éternel, un chaos de malheurs Mftie à nos vains plaisirs de réelles douleurs, volt. Dés. de Lisbonne. Nous vous souhaitons une vie heureuse dans ce chaos de malheurs et de peines qu'on appelle le monde, volt. Lett. La Harpe, 28 juill. 1766. Dans cette enfance ou, pour mieux dire, dans ce chaos du poème dramatique, votre illustre frère, inspiré d'un génie extraordinaire et aidé par la lecture des anciens.... rac. Discours de rccept- de Th. Corneille. \] 3' Nom de certains sites et principalement d'un site des Pyrénées, près de Gavarnie.

— HIST. XV' s. C'est la matière primeraine, Chaos, hyle,... [fat. à l'akh. 394.

— ETYM. Xio;, proprement ouverture, abîme; sanscrit, kha, cavité.

t CHAOTIQUE (ka-o-ti-k'l , adj. Terme didactique. Oui a rapport au chaos

— ÉTYM. Chaos.

t CHAOCCB (cha-ouch), t. m. Nom que l'on donne

CHA

en Algérie i ealui que nous app^lon* cbiaoux (voy. ce mot) d'après la prononciation turque.

— HIST. XVI* s. Il signala son retour aux ohrestiens, en chargeant Capigi et un chaoux qui conduisoit l'argent, et tua le convoi, D'Aun./ftsI.u, 389.

— ÉTYM. Voy. ciiiAOUX.

CHAPE (cha-p'), t. f. || i' Sorte de manteau long, sans plis et agrafé par devant, que portent l'évêque, le célébrant, les chantres, etc. durant l'office; se dit aussi de l'habit à capuce fourré d'hermine des cardinaux, et du grand manteau de drap ou de serge des chanoines. L'évêque do Plolémaïs portait la chape par-dessus la cuirasse, volt. Mœurs, 66. Il Fig. Se disputer de la chape à l'évêque, se dit de gens se disputant pour une chose qui n'est pas leur et qu'ils ne doivent point obtenir. De la chape à l'évêque, hélas! ils se battaient, LA font. Joc. La chape à l'évêque signifie, suivant vue construction ancienne et populaire, la chape de l'évêque. Il ï' En parlant d'un oiseau, partie du plumage qui recouvre le dos et qui est d'une couleur différente du reste. Les œufs du bouvreuil sont ardoisés comme la chape de «on dos, chateaub. Génie, l, v, 6. Il 3° Anciennement, chape, le même que cape, sorts d'ample vêtement. || Sous chape, à la sourdine. On dit présentement sous cape. Mais il n'est, comme on dit, pire eau que l'eau qui dort, Et vous menez, sous chape, un train que je hais fort, mol. Tari, i, t. Les éditions rajeunies ont: sous cape. 114" Se dit, dans les arts, de certaines choses qui s'appliquent sur d'autres, les couvrent, les enveloppent. La chape d'une voûte, le mortier qui recouvre l'extrados. La chape d'un alambic, le couvercle. Chape de poulie, la monture d'une ou de plusieurs poulies. La chape d'une boucle, la partie par où elle tient au soulier, à la ceinture, etc. || Couvercle bombé qui, mis sur les plats, tient les mets chauds et les préserve de la poussière. || Double futaille qui sert d'enveloppe à un baril de poudre et aux tonneaux de vin que l'on expédie au loin. || Partie des mitaines qui recouvre le dos de la main. || Terme d'imprimerie. Petit calibre de tôle , taillé à l'extrémité comme une matrice de lettre. || Terme de musique. Planches qui, portant '<"! tuyaux d'orgue, servent de couverture au sommier, et où se fait la distribution du vent. Il 5" Terme de marine. Petit cône creux fixé au milieu de l'aiguille d'un compas, et posé sur le pivot vertical qui s'élève du fond de la boite de la boussole. Il 6" Couche de mortier que l'on étale avant de poser le pavé. || 7" Pièce de cuivre qui enveloppe le touret des graveurs sur pierres fines. || Morceau de métal arrondi qui borde l'extrémité supérieure d'un fourneau. || Enveloppe qui assujettit les différentes pièces d'un moule. || Composition dont on couvre les cires pour former le moule dans les grands ouvrages cie fonderie. || 8° Chape-chute, voyez chapechute.

— HIST. XI' s. N'a tel vassal sous la cape du ciel, Ch. de Roi. XL. || xii* s. Une chape à pluie afubla, De sus la chape se fist ceindre, wace, Rou, 7(80. X Lungeville aveit un villan païsant, Qui aveit sis bels boefs e sa charrue avant; Famé aveit espusée, ne sai s'out nul enfant; Mez la famé esteit auques de ses mains aerdant [voleuse"]; Chape chaete prist, s'el n'eûst bon garant: Tant ala ce! mestier comme foie menant, Que la fin en fu maie, e co [Cfi] fu avenant, w. Roman de Rou, v. )fl04. Dune s'esteit desparé de l'aube senz délai. En chape e en surpliz remist [resta].... Th. le mart. 37. En une chape à pluie qu'il soleit chevalchier, ib. (60. ||.\iii* s. Que li prestre qui avoient capes à manches les averoient reondes, Chr. deRains, 88. Demain matin quant tu venras, Soz ta chape en ta main tenras Tôt coiement une coignie Qui soit trenchant et aguisie, Ren. (5972. Cil s'enfuient, Renart eschape, Dès or gart bien chascun sa chape, ib. 9570, Ge fais entendant par ma chape Que li riches est entechiés. Plus que li povres, de pechiés, la Rose, t|468. Si Qt [vieillesse] d'une chape forrée Moult bien, si cum je me recors, Abrié et vestu son corps, ib. 398. Vous faites de moi chape à pluie , Quant orendroit lès vous m'apuie, ib. 8349. Mes orguex, qui toz biens esmonde, I a tant mis iniquité Que par lor grant chape roonde [les ordres mendiants] Ont versé [renversé] l'université, RUTEB. (52. Le chevalier ne fu pas esbahi, aincois le prist par la chape et li dist.... joiNv. 205. || xvi« s. De chappes, de rochetz... nu bellaï, vi, 33, verso. Après quelques sacrifices faits, il vest la chappe de pourpre de la déesse Proserpine, amïot, Dion, 70. Deux vaisseaux qu'on nomme en un mot alecabic : l'un d'iceux est appelé proprement cucurbite ou vaisseau contenant: l'autre est dit chapiteau ou

CHA

cbap<i, auquel sont amassées les vapeurs converties en eau, pour cq qu'il représente quelque certains forme et figure de chef ou de teste, par6, xxvi, 6. Ces couvertures sont grands chapeaux façonnés comme cloches larges par bas, ou comme chape» d'alambics, o. de serres, 64&. La chappe ou cloche, sous laquelle s'amassent les vapeurs des matières distillées, m. 880. M. de T**", Sortant de la maison d'une dame, avoit failli d'estre maltraité par certains ruffians qui cherchent volontiers des chapes cheutes ^ l'entour de telles personnes, regnisb pb la planche, dans le Dict. de Docntz.

■r- ÉTYM. Picard, cape ,- provenç. et espagn. capa; ital. cappa ; bas-Iat. capa, quia quasi totum capiat hominem, dans Isidore; du latin copere, contenir, prendre (voy. capable).

t CHAPE, ÉE (cha-pé, pée), adj. \\ 1* Terme de liturgie. Revêtu d'une ehapa. || 8° Terme de blason. Il se dit de l'écu qui s'ouvre en chape ou en pavillon, depuis le milieu du «haf jusqu'au milieu des (lancs.

— ÉTYM. Chape.

CHAVEAU (cha-pô), j. m. || 1» Couvre-chef. Coiffure d'homme, ordinairement d'étoffe foulée, de laine ou de poil, et qui a une forme avec des bords. Mettre, garder, Ôter, tirer, enfoncer son chapeau. Chapeau de soie, chapeau recouvert d'une peluche de saie. Chapeau bordé, chapeau galonné, il aurait volontiers écrit sur son chapeau : C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau, la font. Fabl. m, 3. On avait beau heurter et ro'ôler son chapeau [me saluer], rac. Plaid, l, 4. || Chapeau en blanc, chapeau qui n'est pas teint. Il Kig. et familièrement. Coup de chapeau, salutation. || Porter la main au chapeau, faire un léger salut. || Fig. et familièrement. Enfoncer son chapeau, s'armer de courage; prendre des airs de matamore. || Mettre son chapeau de travers, prendre un ton menaçant. || Mettre chapeau bas, ôter son chapeau. Tous les plus-gros monsieurs me parlaient chapeau bas, rac Plaid, i, (. Chapeau bas! Chapeau bas! Gloire au marquis de Carabas! bé- RANO. Carab. Combien de gens qui déjà même Devant Robin ont chapeau bas! m. Ami Robin. Il Fig. Voilà un beau chapeau qu'on lui a mis sur la tête, se dit, par ironie, d'une personne è qui il est arrivé quelque honte, ou de qui on a dit quelque grosse médisance. || Familièrement. Il y a eu bien des chapeaux de reste, se dit. d'une affaire où beaucoup d'hommes ont péri. || Chapeau de cardinal, chapeau rouge à forme plate, larges bords et grands pendants de soie rouge; et fig. La dignité de cardinal. Depuis le bruit du chapeau pour M. l'abbé d'Auvergne, Boss. Lett. quiét. 247. Innocent XI refusait un chapeau de cardinal que Jacques II demandait pour son confesseur, volt. Louis XI Y, (6. Il m'écrivit en homme qui attendait le chapeau, et m'ordonna.... volt. Lett. Richelieu, i 3 mars 1 705. || Familièrement, un cavalier, un homme. Les chapeaux étaient rares, onne voyait partout que des femmes. || Frère chapeau, moine subalterne qui en accompagne un autre. Tallard ne fut jamais que le frère au chapeau du maréchal de Villeroy et le valet des Rohan, st-sim. 624, 229. Et fig. Un frère chapeau, un vers oiseux fait pour la rime. La locution entière paraît être frère au chapeau, c'est-àdire le frère portant chapeau. || Les chapeaux, ou le parti des chapeaux, parti politique en Suède au xvni' siècle, opposé au parti des bonnets. Et quels sont en effet ses véritables droits [du diadème]? .... De ne plus distinguer ni bonnets ni chapeaux, Dans un trouble éternel infortunés rivaux, volt. au roi de Suède, Éptt. cv. || Terme de commerce maritime. Chapeau de mérite, ou, simplement et plus ordinairement, chapeau, gratification accordée par convention au capitaine d'un bâtiment de commerce, qui remet à bon port les marchandises chargées à fret. Dans un navire à vapeur, mille tonnes de marchandises, au prix actuel de 76 francs par tonne, plus 5 pour (00 de chapeau. Ce terme est passé tout à fait dans la langue des affaires, au sens qu'avait épingles. Ainsi un négociant dit : Soit, je vous céderai à ce prix, mais il y aura un chapeau. Il î» Le feutre même dont on fait des chapeaux. Mettre dans ses souliers des semelles de chapeau. !l 3" Coiffure de femme d'une étoffe consistante, ou tendue sur du carton ou une carcasse de laiton, dont la forme ou calotte est garnie en avant d'un large bord, dit passe, et par derrière d'un petit rebord, dit bavolet. Chapeau de paille, de feutre, desatic, da velours. Chapeau garni. Chapeau à plumes. Les joues, les brides d'un ohapeau. Porter chapeau. || Fig. et fomilièrement. Se donner un mauvais chapeau, se perdre de réputation. || Chapeau de fleurs, couronne de

Oeun Notre bargère se prosterna devant l'image de la déease , puis lui mit au bras un chapeau de fleurs , lesquelles elle venait de cueillir en courant et sans aucun choix, la font. PtycM, ii, p. \M. || Absolument, le bouquet qu'on met sur la tête d une

fille le jour de ses noces Mais puisse un jour Du

chapeau de la mariée Sa fille aussi coiffer l'amour, lifiBANO. Eau bénite. || Terme d'ancienne coutume. Chapeau de roses ou de fleurs, petit don des père et mère à leur fille en la mariant. La coutume de Normandie portait qu'un pfere et une mère pouvaient marier leur fille d'un chapeau de fleurs et que, si rien ne lui avait été promis lors de son mariage, rien n'aurait. || Fig. C'est la plus beUe rose de son chapeau, c'est son plus grand honneur ou avantage. Ce droit n'est-il pas la plus belle rose de son chapeau? Il i'Terme de botanique. La partie supérieure d'un champignon, quand eUe a un certain diamètre, et qu'elle dépasse sensiblement la partie inférieure, nommée pédicule ou stipe. ||5'Cet enfant a encore le chapeau , il a encore la têtecouverte de gourme. 1 1 6° Partie supérieure du crâne des oiseaux, depuis la racine du bec jusqu'à la Duque. || 1° Chapeau chinois, instrument de musique militaire formé d'un bâton terminé par une calotte de cuivre garnie de clochettes. Il 8" Terme de musique. Trait demi-circulaire, dont on couvre deux ou plusieurs notes pour indiquer qu'elles doivent être coulées et non détachées. On dit plus souvent liaison. || 9' Nom, dans les arts, de diverses choses qui ont quelque rapport d'usage ou de forme .ivec un chapeau. Chapeau d'escalier, de lucarne, de presse, etc. || Chapeau d'horlogerie, pièce en forme de cône. || Chapeau de pâté, la croûte de dessus. || Terme de construction. Pièce de bois posée horizontalement à la partie supérieure d'un ouvrage en charpente. Pièce de bois que des chevilles de fer tiennent attachée sur les couronnes d'une filo de pieux. || Bobine sur laquelle le tireur d'or roule l'or avant qu'il soit dégrossi. || Chapeau de cardinal ou rondelle, rond de tflle à l'extrémité d'un tuyau ou d'une cheminée. || 10° Marc qui reste dans les alambics après certaines distillations. || 11" Terme d'eaux et forêts. Tète, couronne d'im arbre. Il 12° Terme de mines. Partie d'un filon qui s'approche de la surface du sol. || 13° Terme de marine. Chapiteau placé sur deux montants, au-dessus delà cloche d'un bâtiment. || Serrer une voile en chapeau, la ramasser au milieu de la vergue sous laquelle elle est carguée." || 14° Chapeau-roux, espèce de grosbec. || Chapeau d'évêque, arbrisseau des montagnes. Il Chapeau cannelle, l'agaric du châtaignier. Il 15° Dans le blason, les évêques ne portaient autrefois que six houppes au cordon de leur chapeau, el les archevêques dix ; plus tard les évêques en prirent dix, et les archevêques quinze comme les cardinaux.

— UIST. xu* s. Ainsi [ils] fièrent de haches corn vilain de flael; N'i avoient garant ne coife ne chapel. Saxons, ix. Quant l'arcevesques out al rei tut otreié, E se furent à ço d'ambes parz apuié, Dune ad li arcevesques sun capel jus sachié , Li reis Henris le suen.... Th. lemart. 408. || xni's.Etliatachierenl la crois en un grant chapel de colon pardevant, pourceque il voloit que tous le veissent, villkh. xl. Mais chapeaus de roses [elles] avoient En lor chiés [chefs] mis et d'aiglentier. Lai du trot. Coispiaus c'est à savoir chapiax à coutiaui et à espées, Liv. des mrt. <88. Or en ferai apareillet Toutà vostre los un chapel; Et por agencier le plus bel Me suiporpensé d'une rien [chose], Ren. 2526. Escuiers pot avoir, quant il se combat, capel de fer à visière et les autres armes que noz avons dites, beaum. lxi, 63. Il venoit ou jardin de Paris, une cote de camelot vestue, un mantel de cendal noir entour son col, moult bien pigné et sanz coife, et un chapel de paon blan sus sa teste , joinv. 4 99. Li fis oster son hyaume et li baillé mon chapel de fer, m. 228. || xiv° s. Couronnes et capiaus, Daud. de Seb. ii, 433. Je n'ai cure de nul esmay. Je vueil cueillir la rose en may Et porte chappeaux de fleurettes, De fleurs d'amours et violettes, de u^bohde. Émaux, p. 206. Il XV s. Le comte chevaucha tout outre sans eux regarder; et mit un petit sa main â son chapel, ïBOiss. II, II, 60. Il XVI" s. Bacchus alors chappeau

de treille avoit, mabot,ii, 362 Ou pour jetter

des fruits jà meurs et beaux X mes compaings, qui taadoient leurs chappeaux I ID. l, 2)7. On ne peut apprendre au soldat à mettre ensemble la main à l'espée et au chappeau, d'aub. Hist. i, (66. Son maistre avec la papauté prit le nom de Pie V, et mit son chappeau sur la teste de Perret [le fit cardinal] , 10. tb. n, 463. Mon frère, enfoncez bien ce chappeau qu 11 ne s'envoUe, id. ib. ii, 172. Ils demandoient leur

CHA

debtes par suplications, non par menaces, et le chapeau bas, qu'ils avoient enfoncé autre-fois, m. ib.

— ÈTYM. Saintonge, chapid; vfallon, chapai;mmur. chapia; bourguig. clutippéa; picard, capiau. capieu; provenç. eapel; espagn. capelo ; portug. chapeo; itaU cappella; diminutif de cappa (voj* chape). Dans l'ancien français, nominatif c/iapek, chapex. chapeaus; régime chapel.

CHAPE-CHUTE (cha-pe-chu-f) , s. f. Bonne aubaine due à la négligence ou au malheur d'autrui. Attendre, chercher chape-chute. Un villageois avait à l'écart son logis; Messer loup attendait chapechute à la porte, la font. Fabl. iv, i6. Nous avons ici un de nos magistrats bien malade, qui est M. Fouquet; oh! la belle chape-cliute, si cette âme moutonnière se laissait mouriri gui patin, dans le Dict, de dochez. Je m'imagine pour moi, que c'est quelque chercheur de chape-chute, Frandon, liv. IX, p. 360. || Mme de Sévigné a dit trouver chape-chute pour éprouver quelque mésaventure : Je lui dis que ce n'est point la vie d'un honnête homme, et qu'à force de s'exposer il aura son fait, qu'il trouvera quelque chape-chute, sÉv. 44. Mais cette locution n'est pas exacte; chapechute, comme on le verra à la REM. signifie proprement chape tombée; et trouver chape tombée, c'est avoir une bonne aubaine et non éprouver une mésaventure.

— REM. Chape-chute a besoin d'une explication, qui est fournie par un texte de Wace, rapporté dans l'historique de chape : il dit qu'une femme encline à voler aurait pris une chape tombée, si cette chape n'eût été réclamée par celui à qui elle appartenait (Chape chaete prist, s'el n'eùst bon garant). Chute est donc ici l'ancien féminin du participe chu, tombé, et chape chute signifie une chape tombée. De là on voit sortir la locution : une chape tombée est bonne aubaine pour celui qui , la trouvant, s'en empare. Dans le roman de Renart (à l'HlST. de chaps) , il est dit que, Renart s'étant échappé, chacun doit prendre garde à sa chape; ce qui montre que la chape se prenait proverbialement pour exprimer vaguement ce que chacun possède. Enfin , au iv.' siècle (même hist.), il est parlé des chapes chutes autour des personnes, ce qui reproduit la locution à la fois dans son sens propre et son sens figuré. Le verbe choir faisait au participe passé, suivant les dialectesde l'ancienne langue, cheût, cheoit, cheeit, chaeit, etc.

t CUAPE-CUCTER (chape-chu-té), v. n. Faire un léger bruit. J'entendis chape-chuter tout bas derrière une grosse cépée, le sage, dans le Dict.

de BESCHEHELLE.

— ÉTYM. Chape-chute.

CHAPELAIN (cha-pe-lin), s. m. ||1" Bénéficier titulaire d'une chapelle. Les chapelains de Notre- Dame. Le souper hors du chœur chasse les chapelains, BOiL. Lutr. n. \\ 2° Prêtre qui vient dire la messe dans des chapelles de princes ou de particuliers. Il 3° Les chapelains, les officiers ecclésiastiques de la maison du roi et des princes, qui servent à leurs chapelles. Si cette autorité des empereurs avait duré, les papes n'eussent été que leurs chapelains, VOLT. Mœurs, 36. || 4° Chapelains du pape, auditeurs ou juges du Sacré Palais; ainsi nommés parce que le pape donnait autrefois audience dans sa chapelle pour juger les questions sur lesquelles il était consulté. Il Un des dignitaires de Malte.

— HIST. XII" s. Cil la [lettre] comanJe à lire au chapelain Hugon, Saxons, xxv. Robert de Meretune sis chapelains esteit; Mult li esteit privez, en sa chambre giseit. Th. le mart. (03. || xiii* s. Tout ensi lor annonça li chapelains Phelippe les paroles notre seigneur, h. de valenc. vi. Un chapelain [il] apele qui de lui ert [était] privés, Berte, cxii. Tant qu'il sont au mostier venu , Dont li prestres fu chapelains, Ren. 3084. Biau douz prestre, biaus chapelains. Est-il donques drois que je l'ains [aime]? la Rose, 4 9406. Un chapelain qui avoit fet benoïçon de deus qui segonde foiz estoient mariez : l'en dit qu'il doit estre sospenduz de l'office et du bénéfice, Liv. de just. 220. Ne ne fust pas trové que le chapelain ne li clerc deussent eslire, de droit, ib. 47. Il XVI" s. Comme chante le chapelain, ainsi respond le sacristain, le roux de uncy, Prov. 1. 1, p. 6.

— ÊTYM. Picard capelain; provenç. capelan; catal. capelld; espagn. capellan; ital. cappellano; bas-latin, capellanus; du bas-latin capella, chapelle (voy. chapelle).

t CHAPELAINE (cha-pe-16-n'), s. f. Ancien titre de dignité dans une abbaye de femmes.

— ÉTYM. Chapelain.

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CHAPELË, ËE (cha-pe-16, lée), part, posté. Pain chapelé.

CHAPELER (cha-pe-lé. On double 2, quand la syllabe qui suit pel est muette : je chapelle, je chapellerai), v. a. Tailler, abattre, couper par morceaux; ne se dit plus guère que dans cette phrase, chapeler du pain, en ôter, en râper la croûte. Il Familièrement. Il va se chapeler la main avec ce couteau. Vous ne découpez pas cette volaille, vous la chapelez.

— HIST. XI" s. De leur esoées et ferir et chapler, Ch. de Roi. cxxv. || xii" s. [Ils] fièrent et chaplent desor la gent sauvage, Rnncisv. p. 66. || xiii" s. Tant a fera et chapelé Que le leu [loup] [il] a escervelé, Hen. (3367. Il XIV" s. Le ber Karenlouet, qui bien sa voit chapler, Guesclin, 4 6363. Deuxporte-chappes, dont l'un chappelera pain, Ménagier, il, 4. Pain de lieux jours pour chapeler, ib.a, 4. ||xv's. Le comtp d'Eu et les autres barons qui se combattoient à l'autre partie des Sarrasins, tant y firent et tant y chai elerent que par force raboutèrent les Sarrasins, Bouciq. l, 23.... Que on chappellast Cinq ou six douzaines de pain, villon. Comment ils eurent du pain. Il XVI" s. X Guillaume du Moussay, coustellier du Roy, pour trois autres gsdsnes garnies de couteaulx à manches de brossin, pour servir à chappe- 1er le pain, de LABOanE, Émaux, p. 232.

— ÉTYM. Provenç. capnlar; bas-latin capeUare, capillare; du latin capulare, battre, decapulus, poignée d'épée, qui vient de capere, prendre (voy. capable).

CHAPELET (cha-pe-lè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel 1'» se lie : des cha-pe-lè-z à gros grains; chapelets rime avec traits, succès, paix), s. m. Il 1° Petit chapeau. || Donner le chapelet, marier; locution tirée de la coutume de mettre sur la tête des nouvelles mariées un chapelet de romarin. Ce sens est tombé en désuétude. || 2° Objet de dévotion en forme de collier, fait de grains enfilés et composé de cinq dizaines d'avés, au lieu que le rosaire est composé de quinze dizaine.s d'Avés; à chaque dizaine est un plus gros grain sur lequel on dit le Pater. || Les prières mêmes qu'on dit sur un chapelet. Les Orientaux ont aussi des espèces de chapelets. Elle sait .... [ce] Que valent chapelets, grains bénits enfilés, Régnier, Sat. xiii. Les sœur» disent le chapelet en travaillant, Boss. Règl. Le vieux connétable de Montmorency disait son chapelet au milieu des camps, chateaub. Génie, i, vi, 5. || Fig. il n'a pas gagné cela en disant son chapelet, seditquand quelqu'un est puni d'une faute. || Fig. Le chapelet se défile, commence à se défiler, se dit d'une famille, d'une société dont plusieurs membres viennent successivement à manquer. || Fig. et famihèrement. Défiler un chapelet, son chapelet, débiter avec volubilité tout ce qu'on sait sur une matière; parler de mémoire et sans comprendre ce qu'on dit, sans s'en rendre compte; dire à quelqu'un tout ce qu'on a à lui reprocher. || 3° Tout ce qui a quelque analogie avec l'arrangement des grains d'un chapelet. Les enfants font des chapelets de marrons d'Inde. || Fig. D'amis nombreux quelle troupe riante. Et de beautés quel brillant chapelet! BÉhANG. Cordon. \\ Terme d'architecture. Baguette découpée et formant une suite de grains, perles ou olives. || Terme de dessin. Suite d'ornements qui se suivent ou s'enchevêtrent. Il Cercle de bulles qui se forme au-dessus de l'eaude-vie qu'on agite. || Terme de pêche. Balles de plomb que l'on met au bas de certains filets. || Chapelet de tonneaux vides, sorte d'appareil servant à relever un bâtiment submergé. || Terme d'hydraulique. Machine, autrement nommée noria, composée d'une chaîne sans fin, garnie de godets ou de seaux lesquels se remplissent au bas de leur course et se versent dans un conduit quand ils sont arrivés au haut. || Machine de théâtre composée de plusieurs petits châssis sur chacun desquels est peinte une masse de nuages. || Assemblage de barreaux d'acier arrangés en croix, qui sert à tenir la noyau droit dans la chape du moula d'une pièce de canon. ||4" Terme de médecine. Cercle de pustules vénériennes qui viennent autour du front. || Engorgement ganglionnaire disposé comme un chapelet. Il 8* Terme de vétérinaire. Suros placés les uns à la suite des autres. || Appareil composé d'une douzaine de bâtons longs de 40 à 60 centimètres et de morceaux de bois ovoïdes traversés par deux cordes, et empêchant le cheval de se mordre sur une partie du corps où l'on a fait quelque pansement. || 6*Terma de manège. Couple d'étrivières , garnies chacune d'un étrier, qui s'attachent au pommeau da la selle. Il 7° Terme de marine. Chapelet de cabestan, garniturc de roulettes placées entre les taquets, au bat

de certains cabestans. || 8° Terme de fauconnerie. Chaperon. || 9» Arbre à chapelet, voy. arbre saint. Il 10° Nom vulgaire d'une espèce du genre couleuvre {coluber Milans de Seba).

— HIST. xiii* s. Uns capelés [petit chapeaul ses cheveux [de Blonde] tient, Qui ert [était] de fin or reluisant, Bl. et Jehan, 47)2. Un chapelet vest en sa teste, Ren. 245(9. Tybert son chapelet esta, En tel manière commença, ib. 2t3(J. Il [l'Amour] ot ou chief ung chapelet De roses ; mais rossignolet Oui entor son chlef voletoient Les foilles jus en abattoient, la Rose, 899. || xiv* s. Laquelle jeune femme à marier avoit un chappelet de fleurs sur sa teste, no CANGE, capelletum. S'ot un chappelet de rosettes, De muguet et de violettes, Par cointise mis en son chief, DE lABORDE, Émoux, p. 208. Le chapelet de fleurs que le connestable avoit sur la teste en servant à la table du roy, m. ib. p. 207. || xvi's. Je sçay un beau chapelet de fines esmeraudes, rab. Pant. ii, 21. Ils ouvrageoient bouquets, guirlandes et chapelets de toutes façons, web, 624. Puis, estant lassés de chanter en chapelet [ronde], id. 676. En se retirant de tout poinct du maniement des affaires, et en se tissant un beau chappelletde tranquillité à mettre sur sa teste, comme disent aucuns rhetoriciens, AMYOT, Cross, et Nie. 4. Leur commandant que chacun feist un chappelet d'espics de bled, et qu'ilz le meissent sur leurs testes, ID. Eum. < ). Là ne pouvans plus durer' sans estriers, il nous feit acheter à chacun un chappelet [sorte d'étrier] , d'aub. Fœn. 1, S. Ils ont souvent un chappelet autour du front, cheute de poil, etc. paré, xvi, 4. La femme de Pierre Cœurly, maistre des chappelets.... id. xviii, S(. Asseoir les chauderons et bassines pointues sur des borlets, torces ou chappelets. pour les garder de toucher pavé, o. de serres, 882.

— ÉTYM. Diminutif de chapel: petit chapeau. La suite des sens est : petit chapeau; puis, particulièrement, la couronne de roses que l'on mettait sur la tête de la sainte Vierge, ou rosaire; enfin, par similitude avec le rosaire , un certain nombre de grains enfilés et formant une sorte de couronne ou rosaire.

CHAPELIER, 1ÈRE (cha-pe-lié, liê-r') , s. m. et f. Celui, celle qui fait ou vend des chapeaux d'homme. Pradon amisau jour un livre contre vous; Et, chez le chapelier du coin de notre place. Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, boil. Épttre vi.

— HIST. XIII' s. Nul chapelier de fleurs ne peut, ne ne doit cueiUir ou faire cueillir au jour de dimanche en ses courtils nulles herbes, nulles fleurs à chappeaulx faire, de laborde. Émaux, 206. Quiconques veut estre chapeliers de fleurs à Paris estre le puetfranchement.... Liv. des met. 246. || xiv s. Une chappeliere qui livrera chappeaulx le jour des nopces, Ménagier, il, 4.

— ÉTYM. Chapeau, pa.r chapel.

CHAPELLE (cha-pé-l'), s. f. \\ 1° Lieu consacré au culte dans les palais, dans certaines maisons particulières, hospices, collèges, etc. Nous entendons la messe à la chapelle du château, de la prison. Il Absolument, la chapelle, le corps d'ecclésiastiques 'qui desservent la chapelle du roi. || 2° Petite église qui n'est ni paroisse, ni prieuré, qui subsiste d'ellemême et que les canonistes disent en plein air. On éleva sur la place même une chapelle en commémoration de cet événement. Ils auront le crédit défaire bâtir une chapelle, pasc. P. jés. 35. || Sainte chapelle, église collégiale nommée ainsi à cause qu'on y garde des reliques déposées par le prince qui la fonda. La Sainte Chapelle de Paris. Parmi les doux loisirs d'une paix fraternelle, Paris voyait fleurir son antique chapelle, boil. Lutrin, i. \\ 3° Se dit aussi des diverses parties d'une église où sont des autels. Le mariage fut célébré à la chapelle de la Vierge. Il Mettre en chapelle, se dit, en Espagne, des condamnés à la peine capitale qui sont préparés à la mort dans une chapelle. |{ 4° Les musiciens qui chantent dans une chapelle. La chapelle suivit le roi au ump. 11 chante à la chapelle. || Maître de chapelle, cti(4J <iui dirige la musique d'une chapelle, soit à la ooot , soit dans une église. Desvignes a été longtemps maître de chapelle à Notre-Dame. {| Chapelle pontificale, réunion, à Rome, des trois ordres de chanteurs, les chapelains chanteurs, les chanteurs apostoliques et les chanteurs pontificaux. || 5° Par extension, le calice, les chandeliers et autres objeis à l'usage d'une chapelle. Une chapelle de vermeil. Il i bord des vaisseaux, coffre dans lequel l'aumônier renferme les ornements propres au service diTin. Il Tenir chapelle, se dit du pape, de l'empereur d'Autriche et du roi d'Espagne assistant en pompe à i'offic« divin. || Chapelle ardente, lumi-

CHA

naire dont on entoure un catafadque. || Fig. et familièrement. Jouer à la chapelle, s'occuper sérieusement de choses frivoles ou inutiles comme les enfants qui imitent les cérémonies de l'église et construisent <le petites chapelles avec une serviette et quelques figurines de plâtre , surtout à l'ép'qne de la Fête-Dieu. || 6° Par plaisanterie , chapelle blanche, mot qui se dit pour signifier le lit. Voilà un enfant qui n'en peut plus, il faut le conduire à la chapelle blanche. Elle voulait aller à la messe de minuit ; elle l'a entendue dans la chapelle blanche. 1| 7" Sorte de bénéfice qui consiste au revenu d'une chapelle et qui est fondé pour la desservir. || 8° Couvercle d'un alambic. || Voûte du four des boulangers. || Bâti en bois qui supporte la châsse et le porte-lame du métier de tisserand. || Cintre qui recouvre la roue d'une vielle. Il Terme de poterie. Enfourner en chapelle, enfourner à nu, sans étuis. || Couvercle de cuivre qui est au-dessus de l'aiguille aimantée. || Partie intérieure d'une machine oii se trouve placé un mécanisme quelconque, et que l'on ferme avec une plaque mobile. || Galerie d'aqueduc en forme de voûte. Il 9° Terme de marine. Faire chapelle, virer subitement de bord vent devant, malgré soi et par la force des vents ou des courants. C'est une mauvaise orthographe qui a prévalu sur la bonne, qui est chapel ou chapeau, jal.

— SYN. CHAPELLE, CHAPELLENiE. La Chapelle est l'édifice, et, par extension, le bénéfice. La chapellenie n'est jamais que le bénéfice.

— HIST. XI* s. Mère yglise de paroisse, vingt sols ; et de chapelle dix sols. Lois de Guill. t . Charles sera ad Ais à sa capele, Ch. de Roi. rv. {| xii* s. Dedans une chapele [ils] troverent Helissant, Saxons, xii. Persones e baruns i feras assembler En sa chapele, cels qu'il voldra apeler. Th. lemart. 62. || xiii' s. Et furent mis en une moût riche chapelle qui dedens le palais estoit, villeh. ex. [Il y] avoit une chapele de grantancesserie, Berte, cix. Â ceste chapelete que ci veez ester, ib. cxii. Iluec est la noire chapele Dunt l'en cunte, ki est si bêle. Lai del désiré. Et si avoit une capiele oùli rois tourna pour oïr messe, Chron. de Rains, (47. Je n'ai cure de ta favele; Va-t'en, is fors de ma chapele, ruteb. ii, (O). {| xiV s. Pour faire eaue rose sans chappelle [alambic de plomb], Ménagier, n, 6. || xvi's. La vapeur par réfrigération du sommet de la chapelle et alembic descend au receptoire, paré, xxv, 24. Leurs fourneaux, allambics, chappelles, creusets.... carloix, vi, 9.

— ÉTYM. Berry, chapelle, reposoir dressé dans les rues le jour de la Fête-Dieu; picard, capelle: provenç. copeHo ; espagn. capilla; portug. capela; ital. capella; bas-lat. capella, diminutif de capa, chape. Voici la série des sens : petite chape, chapelle, conservée dans le palais des rois et sur laquelle se prêtaient les serments; puis le lieu où, dans le palais, cette chape était gardée (d'où Aix-lachapelle, d'une chapelle de ce genre qui était dans le palais de Charlemagne) , et enfin tout édifice où il y avait des reliques.

CHAPELLENIE ( cha-pè-le-nie ) , s. f. Bénéfice d'un chapelain. Il possédait une chapelleuie dans la cathédrale.

— ÉTYM. Chapelain.

CHAPELLERIE (cha-pè-le-rie) , s. f. Le commerce et la confection des chapeaux d'homme. Il entend bien la chapellerie. Monter une chapellerie. Articles de chapellerie. || Maison, atelier où se fait cette fabrication.

— ÉTYM. Chapeau, par chapel. CHAPELURE (cha-pe-lu-r') , *■. f. La croûte qu'on

obtient en chapelant le pain; croûte de pain en poudre. Rouler un morceau de viande dans la chapelure. Saupoudrer un plat de chapelure de pain.

— HIST. xiV s. Chappeleures de pain, gingembre, Ménagier, ii, 6. Pain bruslé ou chappelleures, ib. Il XVI* s. À ces motz Panurge esvanouyt de la compaignie, et se mussa on bas dedans la soutte, entre les croustes, miettes et chaplys du pain, rab. Pant. IV, 6«.

— ÉTYM. Chapeler.

CHAPERON (cha-pe-ron) , s. m. || 1° Sorte de chape. Les chaperons étaient autrefois des habits, comme ils le sont encore à présent, servant aux vieilles femmes en de certains pays, thiers, }Hst. des perruques, ch. vi. || 2° Coiffure à bourrelet et à queue que portaient les hommes et les femmes; s'est dit aussi d'une bande d'étoffe que les femmes attachaient sur leur tète. Bien que d'un cabinet sortît un petit cœur Avec son chaperon.... Régnier, Sai. xi. Quand autour du roi quelqu'un avalait [abaissait] son chaperon, les plus près du roi lui faisaient place, c'éiait une marque qu'il voulait parler au

CHA

roi, ST-siM. 73, (98. Si tu voulais, Madeleine, Au lieu de la marjolaine Qui pare ton cUaperon, Tu porterais la couronne, v. huoo, J?o/i. 9. C'était une coiffure de tête qui avait un bourrelet sur le haut et une queue pendante sur l'épaule , que portaient les chevaliers de l'Ëtoile que le roi Jean institua, CHOISI, Hist. du roi Jean, liv. iv, ch. 2, dans Ri- CHELET. Le chaperon était aussi autrefois une couverture de tête des ecclésiastiques : mais il y a plus de deux cents ans qu'ils n'en portent plus à l'église . TniERS, Uist. des perruques, ch. iv. || 3° Bourrelet circulaire à pendants d'étoiïe garnis d'hermine que portent sur l'épaule gauche les gens de robe, docteurs, etc. Il L'ornement relevé en broderie, qui est au dos d'une chape. || Terme de blason. Ancien habillement de tête en forme de capuchon. || 4" Fig. Personne âgée ou grave qui accompagne une je me femme par bienséance, et comme pour répondre de sa conduite; locution prise de ce que cette personne couvre, protège comme un chaperon. Elle a pour chaperon une vieille tante qui la suit partout. Mon- .seigneur répondit que lui et une dame d'honneur serviraient bien de chaperons [aux dames], st-sim. 275, 218. Il 5" Terme de fauconnerie. Cuir dont on coiffe les oiseaux de leurre. || Terme de sellier. Pièce de cuir qui recouvre les fourreaux des pistolets pour les garantir de la pluie. || Terme d'architecture. Disposition en toit d'un mur de clôture pour prévenir les dégradations causées par la pluie. Il Terme d'art militaire. Petit toit qu'on place sur la lumière d'un canon. || Terme de charpentier. Fiache au droit d'une mortaise. || 6° Boite de Cartier. Il 7° Terme d'agriculture. Fragment qui échappe au fléau et se retrouve lors du vannage. || 8° Terme d'imprimerie. Feuilles de tirage en surnombre pour remplacer les feuilles gâtées. On dit plutôt aujourd'hui, main de passe. || Dans les imprimeries d'estampes, le dessus de la presse. || Terme de papeterie. Êgratignure au papier. || 9° Terme de l)otanique. Chaperon de moine, aconit napel. || 10° Les chaperons, nom des gens de Paris qui, au milieu du XIV" siècle, tenaient le parti de Marcel, prévôt des marchands, et s'opposaient à la rentrée du Dauphin. — HIST. xu* s. Parlez à moi, sire au chaperon large, Li coronemens Looys, 468. || xm* s. Moult li avez mal despecié Son chaperon delez la joe, Ren. 6207. De quel ordre volez vos estre. Qui rouge chaperon avez? ib. I04t6. Et par si grant devocion Faisoient leur confession. Que deux testes avoit ensemble En ung chaperon, ce me semble, la Rose, (M68. Osteiz vos cnaperons, tendeiz les oreilles, regardez mes herbes, ruteb. 267. Je voi si l'un vers l'autre tendre Qu'en un chaperon a deux testes, ID. 194. Dont [donc] fu li chaperons fors de son chief levés, Si a tiré sa barbe, cent poils en a osté, Ch. d'Ant. V, S35. Et l'autre m'aporta un chaperon, que je mis en ma teste , joinv. 240. || xiv* s. Se nous veons deux testes mètre en un caperoii, Nutis leur dirons que c'est pour faire traïson, Baud. deSeb. vu, 35) . Quant le juges verra devant lui un bricou. Qui maie cote aura et mauvais chaperon, ib. xii, i". Le faulcon doit avoir ung chaperon de bon cuir, bien faict et bien enfourné, affin qu'il tienne assez à sa teste, Uodus, f" lxxvui , verso. |l xv s. Et venoient aucunes fois aux murs et aux créneaux et les frottoient et passoient de leurs chaperons par dépit, PROiss. I, I, <86. Quand ils furent là venus, messire Agnos osta son chaperon tout jus, et les salua bellement l'un après l'autre, m. i, i, 242. Elles ne lui coustoient non plus que s'en les prenoit en la cornette de son chaperon , louis xi , Nouv. uev. Maintenant a trois ans ou environ, qu'une assez bonne aventure advint à un chaperon fourré du Parlement de Paris, in. ib. lxvii. || xvi* s. Le chaperon d'une damoiselle, rab. Garg. i. t3. Il faisoit fort bonne chère à une femme de chambre à chaperon, qu'elle avoit, iuarg. de nav. Nouv. lix. Mais pensez que ce ne fut pas sans lui donner dronos et chaperon de mesme [la rosser complètement], desper. Contes, Lxu. Il fait bon voir le bec de leurs chapprons antiques, dubellay,vi, 35, recto. Faut qu'autour de la trépane [trépan] y ait un chaperon, à fin qu'elle ne puisse passer et couper l'os plus qu'on no voudra, paré, vui, 20.

— ÉTYM. Provenç. capairo ; bas-lat. caparo, capero, capiro; dérivé de capo (voy. chape).

CHAPERONNÉ , ÊE (cha-pe-ro-né , née) , part, passé. Faucwi chaperonné. {| Fig. Jeune fille chaperonnée par une tante.

CHAPERONNER (cha-pe-ro-né), v. a. \\ 1° En p^v laiit des oiseaux de proie, coifler d'un chaperon. 1 1 2* Terme d'architecture. Chaperonner des m urail les, les revêtir d'un chaperon. |j 3° Fig. thaperormer

une jeune porsonno, lui servir de chaperon dans le

monde. , . , , u

iilST. xii* s. Mult par fu esbale la gent chaperonnée , Quant il virent liir veie tûtes parz eslunée, Th. le mart. ne. || xvi* s. La marque du mur metcien est, quand il est chaperonné, ou y a fenesiro des deux costés, loysei., 284. Qui n'a pomt de teste n'a besoin de chaperon, cotghave.

— f.TYM. Chaperon.

f CHAPKnONNIKR (cha-pe-ro-nié) , a(ij. wasc. Terme de fauconnerie. Oiseau chaperonnier,ou, substantivement, chaperonnier, oiseau à qui on couvre la tête d'un morceau d'étoffe pour l'empêcher de voir.

— fiTVM. Chaperon.

t CHAPETONNABE (cha-pe-to-na-d') , s. f. Vomissement accompagné de délire furieux qui attaque les Européens dans les pays chauds.

CHAPIER (cha-pié ; \'r ne se lie jamais; au pluriel l'î se lie : les cha-pié-z au chœur), »•. m. || 1° Celui qui porte chape. Les deux chapiers se promènent dans le chœur en certains temps de l'office. || î" Celui qui fait dos chapes. || 3° Armoire pour les chapes.

— ÉTYM. Chape.

CHAPITEAU (cha-pi-t6), t. m. \\ 1° Terme d architecture. La partie du haut de la colonne qui pose sur le fût. Il faut que l'épaisseur de tout le chapiteau [de l'ordre ionique] soit partagée en sorte que, de neuf parties et demie qu'elle contient, la volute pende de la largeur de trois au-dessous de l'astragale du haut de la colonne, tout le reste étant employé à l'ove, au tailloir qui est mis dessus, et au canal, perrault, Yilruw, m, 3. Les proportions du chapiteau corinthien doivent être ainsi prises : il faut que le chapiteau avec le tailloir ait autant de hauteur que le bas de la colonne a d'épaisseur; que la largeur du tailloir soit telle que la diagonale qui est depuis un de ses angles jusqu'à l'autre ait deux fois la hauteur du chapiteau ; car de là on prendra la juste mesure des quatre côtés du tailloir ; la courbure de ces côtés en dedans sera de la neuvième partie du côté à prendre de l'extrémité d'un des angles à l'autre; le bas du chapiteau sera de même largeur que le haut de la colonne, sans le congé et l'astragale, id. t'i). IV, t. Le diamètre des colonnes [doriques] doit être de deux modules; la hauteur, compris le chapiteau, de quatorze; la hauteur du chapiteau, d'un module; la largeur, de deux modules et de la moitié d'un module; le chapiteau doit être divisé selon sa hauteur en Irois parties, dont l'une est pour le plinthe avec la cimaise, l'autre pour le quart de rond avec les annelets, la troisième pour la gorge d-u chapiteau, id. ib. \\ En général, ornement de diverse forme qui surmonte et couronne certaines parties. Il En menuiserie, corniches et autres couronnements des buffets, armoires, etc. || 2» La couverture mobile d'un moulin à vent. \\ 3° La partie supérieure de l'alambic où viennent se condenser les vapeurs. Chapiteau à bec. Chapiteau aveugle, sans bec. Il 4° Le carton roulé en entonnoir qu'on met au haut d'une torche pour recevoir la cire ou la poix qui coule. |1 Terme d'artificier. Cornet placé au sommet d'une fusée volante. || Terme de botanique. Certaines parties des fleurs et des fruits. || Le dessus d'une presse à estampes. 1| 5° Petit couvercle fait de deux ais joints en angle dièdre, que l'on place sur la lumière d'un canon. || Couronnement du corps du fourreau de certaines armes blanches.

— IIIST. XV' s. Et ces dorures Sur chapiteaux et pommeaux à pointures [peintures] D'or et d'azur.... CHRIST. DE pisAN, Dit de Poissy.

— ÉTYM. Picard, capiteau; provenç. et espagn. capitel; ital. capitello; du latin capitellum, diminutif de caput, tête (voy. chef).

f CIIAPITRAL, ALE (cha-pi-tral, tra-1'), adj. Qui appartient à un chapitre de religieux. Maison chapi traie.

— ÉTYM. Chapitre.

CHAPITRE (cha-pi-tr*), s. m. || 1° Division d'un livre, d'un traité, d'un code, d'une loi. Cet ouvrage est divisé en livres, et chaque livre en chapitres. Le budget est divisé par chapitres, et chaque chapitre par articles. || Fig. Matière, sujet, objet. Le chevalier ne se contraignait guère sur son chapitre, HAMiLT. Gramm. f>. Soyez donc sage ici fur ce chapitre, ID. ib. 6. Le mal qu'elle fait à mon fils sur ce chapitre, sÉv. 3fl. Je traite ce chapitre très-naturellement, ID. 392. On traite à fond le chapitre de l'accouchement, ID. no. Je ne puis avoir de tort avec bu sur le chapitre de l'amitié , id. B8. Mes pensées sont semblables aux vôtre» sur le chapitre de mon fils, ID. 437. On était hier sur votre chapitre chez M. de Coulangc, id. iio. J'ai l'humeur enjouée, at ii*u» ceraa je ri»; mai», tout eo riant, jaiuis sé-

CIIA

rieuse iur de cert.-^in.i chapitres, mol. Scapin, m, t. C'est en partie sur mon chapitre que Lucien s'est contredit, fon'IEN. Jug. de Pluton. Cet honneur, qui est un si grand chapitre parmi nous, montesq. Esp. VI, i. \\i° Synonyme, employé quelquefois, de capitule, trait de l'Ecriture que dit l'officiant entre le dernier psaume et l'hymne. || 3° L'assemblée où les chanoines traitent de leurs affaires et des questions de leur ressort. || Par extension, toute assemblée que tiennent des religieux pour délibérer de leurs affaires. Il Chapitres généraux, réunions annuelles de tous les abbés des monastères d'un ordre; chaque abbé était tenu d'y assister et les règlements dç ces chapitres étaient observés par tout l'ordre. || Par une extension ultérieure , les assemblées des ordres royaux, des oidres militaires, et lieux où se tiennent ces diverses assemblées. || Familièrement, une assemblée quelconque. J'ai maints chapitres vus. Qui pour néant se sont ainsi tenus. Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines. Voire chapitres de chanoines, la font. Fabl. ii, 2. Le demeurant des rats tint chapitre en un coin, id. ib. Toutes huit accoururent,Tinrent chapitre, la font. Uazet. Nous tînmes hier chapitre chez Mme de lavardiu, sév. 496. Ce chapitre que Momus fonde Chez eux manquera de doyen, bérang. Age fut. || Fig. et familièrement. Avoir voix au chapitre, avoir crédit, autorité dans une compagnie , auprès de quelque personnage , sur une question. Si l'on avait quelques voix en chapitre, sÉv. 128. Il 4"^ Le lieu où se tiennent toutes ces sortes d'assemblées dites chapitres. || 5° I,e corps des chanoines d'une église cathédrale ou collégiale. C'est en vain que le chantre, abu.sant d'un f^ux titre. Deux fois l'en fit ôter [un lutrin] par les mains du chapitre, boil. Lutr. i. Cinq cents ans d'une si pure illustration ne pourraient faire recevoir un homme dans le moindre chapitre d'Allemagne, volt, ilœurs, »8. || Pain de chapitre, le pain qu'on distribuait chaque jour aux chanoines dans quelques chapitres. Gardez-bien ce que je vous donne [foin dans sa pochette], lui dit CoUinet, cela vous servira d'un pain dachapitre, en cas de nécessité, Francion, 1. VI, p. 237.

— HiST. XII' s. Nels [même] en plain chapitre II oï um [l'entendit-on] geliir [avouer] : Ci sui venuz, fait-il, entre vus mort suffrir. Th. lemari. 146. Or oez les capitles que li reis enveiat As baillis del pais.... ib. 87. Mais li reis Loewis à Punteigni ala, Od le saint arcevesque dedenz capitle entra, ib. 98, Tel erent li capitel des leis le rei Henri, ib. 63. Il XIII' s. Adonc s'en ala li marchis au chapitre à Citiau, qui est à la sainte-crois de septembre, villek. xxvui. Le ohapistre dist simplement Sire Tybert, et dant Renart Redit le verset à sa part, Ren. 21348. Tiens soit li pooirs et li baus [autorité] ; Tu seras mes rois des ribaus, Ainsinc le vuet nostre chapitre, la Rose, i097B. Li baillis qui veut droite justice maintenir et qui a les vertus dessus dites en cest capilre, il est sans amor et sans haine, beaum, 33. Ou se celui qui li requiert le conseil n'a fait l'une desdites choses qui sont escrites en Vautre chapitle, Ass. de JiJr. t,42.De ce tiennent au ciel sainz et saintes chapitre, J. de meung. Test, ti5. Il XV' s. Lettres es quelles estoient contenus les chapitres que celui me.ssire Jacques avoit accouslumé d'envoyer par tous les lieux, là où il pensoit à faire armes [joutes], G. chastel. Chron. de Lalain, t52. Il xvi's.Ayanteu plusieurs fois le chapitre et le fouet diffamatoire pour ses larcins et meschancetez, Sat. Xénipp. 72. Il ne nous faut que considérer ce qu'on appelle vin théologal et ce qu'on appelle pain de chapitre; car, quand il est question d'exprimer en un mot un vin bon par excellence, et fustce pour la bouche d'un roi, il faut venir au vin théologal; pareillement, s'il est question de parler d'un pain ayant toutes les qualités d'un bon bien friand pain, ne faut-il pas venir au pain de chapitre? b. est. Apologie d'Hérod. ch. xxii.

— ÉTYM. Bourguig. choipifre; espagn. capitula, cnbildo; portug. cabido; ital. capitolo; du latin capitulum, chapitre, de capwt, chef (voy. chef). Capitulum, signifiant chapitre, article de loi, a pris le sens de courte leçon faite dans l'office divin; puis celui du lieu où s'assemblaient les moines et les chanoines, parce qu'on y lisait ces courtes leçons; et enfin celui de corps même des religieux.

CHAPITRÉ, ÉE (cha-pi-trô , trée), part, pçissé. Ce jeune homme chapitré par son père.

CHAPITRER (cha-pitré), i'. a. || 1° Réprimander en plein chapitre. || i' Fig. et familièrement, adresser une réprimande, de sévàre» rerooptran- MR. Voyant que pour l'hymen elle n'allait P*S droit, U vous l'a chapitrée.... tb. qojui. D. Cisar, VI,

COA

3. Demandez-lui comme je l'ai chapitré sur le peu de respect qu'il portait k son père, mol. Fourb. i, e. Le roi lui dot na les lettres [à la princesse de Centi], sur lesquelles il la chapitra, mais assez humainement, ST-SIM. 24, 20.

— HIST. XV' s. Et ne pensez pas que guère oncques femme fut mieux capitulée qu'elle fut à l'heure, puis de l'un, puis de l'autre, louis xi, Nouv. XXXIII. Il XVI' s. Tels de mes amis ont parfois entrep rins de me chapitrer et mereurialiser ii eœur ouvert ,

WONT. III, 260.

— ÉTYJi. Chapitre.

f CIIAPLOIR (cha-ploir), ». m. Sorte de petite enclume.

— ÉTYM. Ane. franc, chapler, battre , frapper

(voy. CHAPELEIi).

CHAPON (cha-pon), t. m. || 1' Coq châtré-qu« l'on engraisse pour la table. Un coq y paraissait en pompeux équipage. Qui, changeant sur ce plat et d'état et de nom, Par tous les conviés fut appelé chapon , bqil. Sat. m. Voici le fait : un chien vient dans une cuisine; 11 y trouve un chapon . lequel a bonne mine.... Et quand il serait vrai queCitron, ma partie. Aurait mangé, messieurs, le tout ou bien partie Du dit chapon.... bac. Plaid, m, 3. || Familièrement, lia les mains faites en chapon rôti, se dit d'un homme qui a les doigts crochus; et fig. qui est un fripon. Il Se coucher en chapon , se coucher après avoir bien mangé. |1 En droit coutumier, le vol du chapon, upe certaine étendue de terre autour du manoir. || 2° Morceau de pain bouilli au pot et servi sur un potage maigre. || Chapon de Gascogne, ou, simplement, chapon, croûte frottée d'ail qu'on met dans une salade. || Une gousse d'ail. || Chapon de Normandie, une croûte de pain dans la bouillie. Il 3° Branche de vigne qu'on détâche pour en faire une bouture. || Nom donné à la vigne jusqu'à ce qu'elle produise, c'est-à-dire jusqu'à cinq ou six ans. Ces chapons ont deux ans. Des chapons de trois ans ou de trois feuilles. || 4° Terme de métallurgie. Support d'une tuyère. || 5° Terme de commerce. Grande peau d'élan ou de bouc , sans défaut. Il 6' Terme de zoologie. Chapon de Pharaon, vautonr d'Egypte. H Proverbes. Ce sont deux chapons de rente, se dit de deux personnes, l'une grasse, l'autre maigre, à cause que le fermier n'a pas l'habitude d'envoyer deux chapons gras. || Qui chapon mange, chapon lui vient, c'est-à-dire le bien vient à ceux qui en ont déjà. |1 II en porte le nom, mais n'en mange pas les chapons, c'est-à-dire il porte le nom d'une terre, sans en toucher les revenus.

— HIST. XII' s. Ne remist [resta] buef ne vache ne chapuns ne geline. Cheval, porc ne berbiz, ne de blé plaine mine, Th. le mart. <20, || xin' s. U devra à chascune fois, qui le perdra, un chapon ou douze deniers por le chapon à celui qui la coustume lou roy guardera de par le roi , Livre des met. 9. Si prist une robe à un garchon, et se mit en la cuisine à tourner les capons, Chr. de Rains, 46. Il vos covendroit gelinetes. Chapons, oisons, tendres pouletes, Ren. 16538. Renart, qui tant aime gelines, D'un des chapons se r'est dinez, Ren. 15241. Plenteïve estoit sa mesons De gelines et de chapons, Hen. 1 278. Capons de rentes ; cascuns capons est prisiés six deniers, et le [la] geline quatre deniers, BEAUM. xvii, 18. Mais se li contens fu pour autres rentes, comme de blé, d'aveines, ou de vin ou de chepons, m. xxiv, 9. Ne pain ne vin ne char ne capons ne perdris Ne truevent qu'achater, li mengiers est faillis, Ch. d'Ànt. m, 281. y xV s. [Les Gantois] avoient au Noël recueilli ses rentes et ses chapons en ses villes, dont fort deplaisoit au dit seigneur, fboiss. u, H, 221. Et lui dist qu'elle print les deux plus gras chapons delà chaponnerie, louis XI, ffouv. Lix. Il XVI' s. Chappons roustiz avecques leur degoust, poulies bouillies et graz chappons on blanc manger, rab. Pant. iv, 69. U mangea très bien ce soir et s'en alla coucher en chapon; de la table au lit, ayant encore le morceau au bec, RAB. dans LE ROUX, Dict. (^mique. Cependant Perot tranchoitle chapon, d'aub. Fœn. iv, 6. L'aisné prenant le vol du chapon, qui est un arpent de terre ou jardin, loysel, 014. Si tu te trouves sans chapon, sois content de pain et d'oignon, cotgravs;. Chapon de huict mois, manger de rois, le roux os lincy, Prov. t. i, p. 155.

— ÉTYM. Bourguig. chaipon; picard, eapon; provenç. at espagn. capon; catal. capô; portug. capàoj ital. cappone; du latin caponem, chapoo; cotoparag

CHAPOTKR.

t CHAPONNAGB (cba-po-n»-i'), «.»• Cwtratiwi de la volaille.

— £TYH. Chappnner.

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CHAPOfWl^, ËE (cha-po-né, née), part, patsé. On poulet chaponné.

CHAPONtŒAtr (cha-po-n6) , t. m. Jeune chapon.

— HlST. xvr s. Tout estant ruiné en ce pays-là, ["hoste eut peine à leur trouver un chaponneau, d'aob. Fœn. iv, 5. Pour avoir des poulets avancés, et pouvoir estre chaponnés devant la Saint- Jean, selon le proverbe : chapons devant la Saint-Jean , et ohaponneaux après.... non pour en faire des chapons de la grand sorte, ains de la moienne, pour les manger en chaponneaux ou estoudeaux durant l'hy-

Ver, 0. nE SERRES, 356.

— ÉTYM. Diminutif de chapon.

CHAPONNER (cha-po-né) , ». a. ChStrêr un jeune

coq. Je pardonne tout au plus qu'on chaponné des coqs, V0I.T. Dial xv, 5. || Châtrer en général. X Naples.... on y chaponné deux ou trois mille enfants par an, volt. Cand. ta. Que d'autres cestes l'on me donne, Ou je veux que l'on me chaponné, scarron, Virg. trav. liv. v.

— HIST. xvi's. Ces poussinsdeviendroient grands, et les feroit chaponner, desper. Contes, xiv. Les poules aussi sontchaponnées, pour en faire la chair plus délicate, o. de serres, 36).

— ÉTYM. C/iopon; provenç. caponar; ital. capponare.

CHAPONNIÈRE (cha-po-niê-r') , s. f. Vase de cuisine pour faire cuire un chapon en ragoût. || Terme d'art militaire. Voy. caponnière.

— ÉTYM. Chapon.

tCHAPOTER (cha-po-té), v.a. Dégrossir le bois avec une plane. || Terme de poterie. Détacher avec le chapotin les parties qui menacent de se détacher.

— ÉTYM. Un radical chap, qui se trouve dans l'ancien français ckapuiser, tailler, couper, et qui, d'après Diez, est le radical de cap-o, cap-tis, chapon, d'où l'espagnol et le portugais ont fait cap-ar, châtrer.

t CO.APOTIN (cha-po-tin), s. m. Terme de poterie. Instrument qui sert à chapoter.

t COAPPE (chap'), s. f. Poignée servant à fermer, h ouvrir un moule.

— ÉTYM. Autre orthographe do chape.

+ CHAPPÉ, ÉE (oha-pé, pée), adj. Blé chappé, blé qui, battu et criblé, a conservé ses balles.

— ÉTYM. Chappe.

t CHAPUIS (cha-pui) , s. m. Charpente en bois des bâts ou des selles.

— HIST. XV* s. Jehan couppa le pain sur le chappuiz [billot], DU CANGE, chapuisave.

— ÉTYM. Vieux français chapuis, charpentier, chapuiser, charpenter (voy. chapoter).

t CHAPtJT (cha-pu), s. m. Billot de bois pour équarrir les ardoises.

— HIST. XVI' s. Le bourreau lui banda les yeulx; puis, de luy-mesmes, se meist àgenouils, et estendit le col surle chappus, jean d'auton, Annalesde Louis XII, p. 230, dans lacurne.

— ÉTYM. Même radical que chapuis.

CHAQCE (cha-k'), adj. dt'slrtbuti/exprimant qu'un objet, dit collectivement, doit être pris en tous les sens, sous toutes les faces qui lui appartiennent: chaque homme; chaque peuple; il est des deux genres, toujours du singulier et se met toujours avant le substantif. Chaque âge a ses façons et change de nature, Régnier, Sat. v. Chaque jour, chaque instant, pour rehausser ma gloire, Met lauriers sur lauriers, victoire sur victoire, corn. Cid, i, 7. Chaque passion parle un différent langage, boil.- Art p. m. Chaque âge a ses devoirs, j. j. rouss. Ém. V. Il Proverbe. Chaque tête, chaque avis, c'est-àdire chacun a sa manière de penser.

— REM. 1. Chaque ne doit pas se confondre avec chacun : chaque doit toujours se mettre avec un substantif auquel il a rapport; chacun, au contraire, s'emploie absolument et sans substantif. C'est une faute de dire : ces chapeaux ont coûté vingt francs chaque; il faut vingt francs chacun. || 2. Chaque n'a point de pluriel, et il y a une faute dans ce vers : L'âme des sons discords que rendent chaques sens, LAMART. Socrate, 855. Il 3. Après une suite de substai'.lil's précédés de chaque, le verbe se met indifféremment au singulier ou au pluriel, suivant le point de vue grammatical où l'on se place : Dans cette fête,' chaque homme et chaque femme avait ou avaient un bouquet. Il se met au singulier si le substantif régi par le verbe est accompagné d'un pronom possessif : Chaque homme et chaque femme avait son bouquet.

— HIST. xvi' s. Non. seulement chasque pais, mais chasque cité a.... mont, i, bî.'X chaque instant, ID. i, 74.

— ÉTYM. Saintonge, chat; pays de Corne, ct«-

cht; provenç. cac et aussi quect. Le provençal queet est le latin quiique; il n'est pas douteux non plus que le français chasque et le comasque ciaiche en viennent aussi ; seulement comme il n'arrive pas qu'un t accentué en latin devienne un a en roman, Diez admet que chascun de quisque-unus (où l't, n'étant pas accentué, a pu sans peine passer à l'a) a influé sur la formation de chasque. Le provençal cac, où manque l's, se rapproche davantage de l'irlandais câch, chaque; néanmoins, en ces contacts, la préférence, même pour eoc, reste du côté dulatin.

t CUAQUEUE (cha-keue), s. f. Un des noms vulgaires de la prêle.

— ÉTYM. Chat, et queue.

CHAR (char; dans char à bancs l's ni le c ne se lient jamais : un char-à-ban élégant; au pluriel l's ne .se lie pas: des chars à bancs, dites : des char-àban), s. m. Il 1° Sorte de voiture dont les anciens se servaient dans les jeux, les triomphes, les combats, etc. Chars armés de faux. Les captifs suivaient le char du triomphateur. Achille monté sur son char, il excelle à conduire un char dans la carrière, rac. Brit. iv, 4. L'intrépide Hippolyte Voit voler en éclats tout son char fracassé , id. Phèdre, V, 6. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé. Tenait après son char un vain peuple occupé.... Le Bosphore m'a vu par de nouveaux apprêts Ramener la terreur du fond de ses marais, id. Mithr. m, i. Il Fig. Servitude, dépendance, domination, par allusion aux triomphes antiques suivis de captifs. Ce n'est pas qu'aisément, comme un autre, à ton char Je ne puisse attacher Alexandre et César, boil. Ëp. 1. Les puissances ennemies suivent en tremblant le char du vainqueur, boss. nist. ii, 6. Attachée au char du plus ridicule vainqueur qui fut jamais, ha- MiLT. Cramm. u. Moi-même à votre char je me suis enchaînée, bac. Tph. ii, 6. M. de la Feuillade, tantqu'il vécut, attaché au chardeMmede Quintin, ST-siM. 25, 35. Au char de ma fortune il est temps qu'on l'enchaîne, volt. Mérope,v/, i.\\i° Dans le style élevé, toute espèce de voitures, et plus spécialement, une voiture riche ou élégante. Char brillant, rapide, etc. Le char de l'opulence M'éclabousse en passant, bérakg. Yocation. L'ombre s'avance et la nuit Roule son char sur la neige, id. Hiver. Ton char traîné par deux coursiers rapides, id. Octavie. Un même jour.... voyait Moreau monter au char do la victoire. Et son père au char du trépas, v. hugo, Odes, I, 3. Il Poétiquement. Le char du soleil, delà lune, de la nuit, anciennes figures provenant de la mythologie qui donnait un char au soleil, à la lune, à la nuit. || Au théâtre, char de gloire, espèce de trône sur lequel descendent les divinités, les génies et autres personnages surnaturels. || Char de deuil, chariot à quatre roues, couvert d'un poêle, pour les funérailles des grands. (1 Char funèbre, toute espèce de corbillard. || Métaphoriquement. La foudre cède à ton audace. Les cieux roulant tes chars flottants [ballons], lamart. Médit, i, <o. || 8° Chariot. Un char de vendange. Un char à foin. Aussitôt que le char chemine. Et qu'elle voit les gens marcher, la PONT. Fabl. VII, 9. Le phaéton d'une voiture à foin Vit son char embourbé, la font. Fabl. yi, te.Vn heurt survient : adieu le char; Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée, la pont. Fabl. vil, n. || Par plaisanterie, un char numéroté, un fiacre. || Char à bancs, voiture longue et légère garnie de bancs et ouverte do tous côtés ou fermée simplement de rideaux. En I83i , à la fin du mois d'août, un de ces chars à bancs dont on se sert en Suisse à cause de l'étroitesse des chemins, CH. DE BERNARD, l'Auncau d'argent, § t. Il V Corps du moulin à papier. || 5* Char de Neptune, nom donné par les marchands k une sorte de madrépore. ^

— HIST. XI* s. Cinquante carre qu'en [on] fera charier, Ch. de JJoJ. m. ||xii* s. Cinquante chars lui faites charoier, Ronsciv. 3. Sur un char fist om meiro l'arche Deu e covrir. Th. le mart. 75. || xiii* s. Sur chars et sur charetes et sur somiers trousser, Berte, xcvii. Se cars ou caretes ou sommiers ou gens carquiés [chargés] entrencontrent en destrois quemins, BEAUM. XXV, 18. Par les boes de la chaucie Descendoit duchastelaval, Sans demander cher ne cheval, RUTEB. n, <78. Le peuple à ce prince crestien estoit si grant, que les messagiers le roy nous contèrent que il avoient en leur ost huit cens chapelles sus chers, joinv. 264. || xiv* s. Â pié, à queval, à car, à carrette, dans ratnouard. || xv* s. Ces charretons et leurs ohars s'en vinrent tout charriant vers Audenarde, froiss. h, il, 22i.||ivi' s. Chars triumphans, J. MAROT, V, t7i.

— ÉTYM. Picard, car, chariot; wallon, ehdr;

namuroii, dutur; prorenç. car, duxr, carre; mpagn. et ital. carro ; du latin carrus.

t CHARA (ka-ra), ». m. Terme de botanique. Nom de végétaux aquatiques submergés (genre d'algues, ehara). || Un des noms vulgaires du ehara est lustre d'eau.

— ÉTYM. Chara, nom latin d'une plante mal déterminée.

f CHARABIA (cha-ra-bia) , î. m. Terme populaire. Le patois des Auvergnats, et, par extension, tout autre parler qu'on ne comprend pas. || Quelquefois l'homme d'Auvergne lui-même.

t CHARACfiE (ka-rasée), s. f. Terme de botanique. Les charucées, nom de la famille des charas.

t CHARACIN (cha-ra-sin), s. m. Espèce de saumon.

CHARADE (cha-ra-d') , s. f. Sorte d'énigme dans laquelle le mot que l'on donne à deviner est partagé en deux, rarement en trois autres mois, que l'on appelle premier, second ou dernier, et que l'on fait connaître par leurs définitions; le mot à deviner s'appelle alors le tout ou l'entier. Pour aller me trouver, il faut plus que les pieds, Et souvent en chemin on dit sa patenôtre; Mon tout est séparé d'une de ses moitiés ; La moitié de mon tout sert & mesurer l'autre. Le mot est Angleterre; c'est le tout, qui se décompose en angle et terre, lesquels sont ses moitiés. || Charade en action, jeu dans lequel ou exécute des scènes qui expriment le sens des diverses parties d'un mol propre à mettre en charade.

— ÉTYM. Charade n'est pas dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie. « Ce mot vient de l'idiome languedocien et signifie, dans son origine, un discours propre à tuer le temps; on dit en Languedoc : allons faire des charades , pour allons passer l'après-soupé , ou allons veiller chez un tel, parce que, dans les assemblées de l'aprèssoupé, le peuple de cette province s'amuse à dire des riens pour passe-temps, » Sébastien, Dict. de la littérature, t770. Charade paraît être venu en usage dans le courant du xvni* siècle ; ce semble être le mot provençal charrada, qui signifie une charrette, qui vient de char, et qui aura été pris par une métaphore plaisante pour un tas, une charretée de bavardages.

t CHARAGNE (cha-ra-gn') , s.f. Nom vulgaire du chara

CH.^RANÇON (cha-ran-son), s. m. Nom commun de tous les insectes ds la famille des curculionides, de l'ordre des coléoptères tétramères, dont plusieurs espèces mangent les blés dans les greniers. Le charançon s'est mis dans ces blés. Que les sauterelles, la grêle, les chenilles , le charançon ne nous pillent pas tous les ans, p. l. cour, i, 326.

— HIST. XVI* s. Oultre la calamité des mulotz, lo deschet des greniers, et la mangeaille des charantons et mourrins, rab. Pant. m, 2.

— ÉTYM. Provenç. carence; bas-lat. calandrvs, grillon, cigale, charançon, insectes ainsi nommés par une vague assimilation avec healandre, oiseau (voy. calandre); l'J s'est changée en r, changement qui n'est pas très-rare.

CHARANÇONNÉ, ÉE (cha-ran-so-nê, née), adj. Attaqué par les charançons. Blé charançonné.

— ÊTYM. Charançon.

CHARBON (char-bon), t. m. || 1* Élément composant presque en totalité la substance du bois et obtenu presque pur au moyen d'une combustion lente que l'on arrête dès qu'on a chassé l'oxygène, l'hydrogène et presque toute l'eau; le charbon obtenu ainsi est du carbone presque pur. Charbon animal , charbon résultant de la décomposition des substances animales par le calorique dans des vases clos. || On dit souvent charbon de bois, pour éviter la confusion avec tout autre charbon. || Charbon, spécialement menu bois à demi brûlé, puis éteint pour être rallumé au besoin. Cuire le charbon. Un sac, une voie de charbon. || Par exagération, toute matière carbonisée par l'action du feu. Cette viande est brûlée, elle est en charbon. || Charbon de saule ou d'autres bois doux, celui dont se servent les peintres et les graveurs pour faire des esquisses Ue leurs dessins. Il 2° Braise éteinte, morceaux de bois charbonné qui restent dans le foyer. Rallumer les charbons. Se faire des moustaches avec un charbon. [Le gamin de Paris] et le long des grands murs. Crayonnant au charbon mille dessins impurs, barbier, /am(>«. Il 3* Charbon qui brûle. Charbon ardent, rouge. Faire griller sur les charbons. Le paria lui présenta un charbon de feu pour allumer sa pipe, behnahd. bk ST-PIERRE, Chaum. ind. Quoil morts tous deuxl dans cette chambre close Où du charbon pèse encot la vapeur, bêrang. Suie. || Fig. Et quand j'ai dit: Allah I mon bon cheval de guerre Vole , rt sous sa

5fi0

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pauplftre a deuT charbons ardents, v. huoo, Orient. S9. Il Fie. En style de l'Écriture. On lui assemblera des charbons sur la tCte, pasc. Jnif, st. C'est jeter des charbons de feu sur leur tête [c'est les rendre inexcusables et attirer sur eux toute la venfçeance divine], Boss. Char. frat. 2. || Fig. et famillirement. fitre sur les charbons, être impatient, inquiet, trùsemljarrassé. Beretti marchait sur des charbons ardents en rendant compte à Albéroni, st-sim. 458, 209. Examinez, avec le sentiment de ce qu'on doit à la vérité et aux bienséances, si j'ai marché avec quelque sûreté sur ces charbons ardents, volt. Lett. Schowalof, I) nov. (761. {| Fig. II brûle comme un charbon , se dit d'un homme qui a une fièvre ardente. Il Charbon de Paris, charbon (voy. pébas) qui brûle lentement jusqu'au bout sans s'éteindre. Il 4* Charbon de pierre, charbon de terre, charbon minéral, noms de la houille. || Charbon incombustible, anthracite. || Charbon sourd, houille à structure presque pulvéïulente. || 5° Terme de médecine et da l'art vétérinaire. Charbon de l'homme et des animaux, affection virulente se manifestant par une altération profonde du sang, un abattement général des forces, une production d'une ou de plusieurs tumeurs cutanées inflammaloires constituant le charbon ou tumeur charbonneuse. || Charbon, eschare gangreneuse qui survient dans la peste. || 6° Terme de vétérinaire. Charbon , voy. BOUQnET. || Charbon blanc, nom donné à l'anasarque du cheval. || 7° En agriculture , charbon des graminées, maladie des graminées et surtout du froment, due au développement, sur le rachis, sur le pédicelle et à la place du grain, d'un petit champignon parasite.

— HIST. XII' s. Le règne d'Alemagne [ils] vous ont mis à charbon, Et Cologne destruite et mort le duc Milon, Saxons, xiv. Quant il unt fait al rei ceste parole entendre , D'ire devint vermeilz plus que carbuns sur cendre. Th. le mart. 44. E li fus [feu] kl de sa bûche vint devurad, e les charbuns alumad e esbrasad. Rois, 206. |{ xm* s. Et en alerent au tref le roi tout enflamé d'ire et d'ardour, et avoient les lois [yeux] rouges comme carbons, Chr. deRains, 209. Miex vousisse que cest chastel Fust mis en charbon et en cendre, Ren. 2736). Renart, qui bien BOt losengier, Prist d'une anguille deus tronçons Oui rostissent sor des charbons, ib. (038. Les os lor pietent li garçon. Qui plus sont sec que vif charbon, ib. 4022. Se vous saveiz raison entendre, C'est li charbons desoz la cendre, Qui est plus chauz que ril qui flame, ruteb. Il, 75. || xiv* s. Et aucuns se (lelettent en mangier charbons et terre, oresme, Fth. 203. lIxTi's. Quelque minière de charbon do terre, pai,issy, 35. Il le reconnut bien pour d'Aubigné à une cicatrice d'un charbon qui lui étoit restée au coin du front lorsqu'il fut atteint de la peste en la grande contagion d'Orléans , d'aub. Vie, xxii. Lorsqu'il récent la nouvelle de sa délivrance, il les faisoit courir dans un rond faict avec du cherbon, iD. Hist. I, <04. Charbon, anthrax pestifereux, paré, V, 7. Charbon pestiféré et non pestiféré.... Le limaçon [bourbillon] des charbons blancs [non pestiférés].... ID. xxiv, 36. Le charbon a pareillement similitude k une pierre nommée escarboucle, dont aucuns lui ont attribué ce nom, ID. xxiv, 36.

— ÉTYM. Picard, carbon; provenç. r orfto ; espagn . Carbon; portug. carvâo; ital. carbone; du latin earbonem.

t CHARBONNAGE (char-bo-na-j*), *. n». L'exploitation de la houille. || Une exploitation de mine de houiUij. Les charbonnages de Mons.

— ÉTYM. Charbon.

t CHARBONNAILLE(char-bo-na-Il', Zi mouillées) , s. f. Composé de sable, d'argile et de charbon, pour faire la sole des fourneaux à réverbère.

CUARBONNÉ, ÉE (char-bo-né, née), port, passé. Il 1° Barbouillé de noir. Elle se sent au-dessus de toutes choses, et ne craint non plus ses petites morveuses de nièces, que si elles étaient charbonnées,

sÉv.302. Il 2° Écrit avec le charbon Et je retrouve

encore Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur, BÊRANG. Grenier. || 8° Blés charbonnés, blés attaqués par le charbon. || 4° Terme de pêche. Morue charbonnée, morue sur laquelle il y a une poussière roussâtre ou brune. || 5° Terme d'histoire naturelle. Qui est de couleur noire ou marqué de noir.

CHARBONNÉE (char-bo-née), i. f. || 1» Grillade de porc ou de bœuf. Manger une charbonnée. Il '" Croquis, dessin au charbon ou à la pierre noire. [«•Couche de charbon dans un fourneau à briques, lit de charbon entre deux lits de pierre à chaux.

1 ~ A^^Z' ""'* "• •'^ '^''°' '''^"> ^ "03 eûsson Charbonnée d uncras bacon | jambon] , Que nos en beûssion moultm'els [mieux FabUiiux m«. p. «6, dans

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LACURNE. Il xiv S. Briefment aront leens des pourceaux mainte paire; Hz aront bien de quoy la charbonnée faire. Cm Guescl. Var. du vers t220. || xV s. Si aigrement combastit messire Loys à l'aide des siens ceste place [occupée par les routiers] que ,'i force elle fut pri.se, et là messire Loys feist faire de belles charbonnées fil brûla les prisonniers], car il en estoit bon maistre, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 32, dans lacurne. |1 xvi* s. 11 envoya queriràdinerle bonhomme de père pour lui donner des charbonnées etdes boudins, despf.r. Con(ej,ixiu.

— ÉTYM. Charbonner.

CHARBONNF.R (char-bo-né) , v. a. || !• Réduire en charbon. || %' Noircir avec du chaibon. Se charbonner le visage. Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret, Boa. Artp. l. || Fig. Noircir la réputation. Il me sollicite de la charbonner dans mes vers, MAINARD, Poésies, dans richf.let. |! 3° Fig. Esquisser, peindre grossièrement. Ce tableau est ch arbonné, il n'est pas peint. || 4* Terme d'art. Enlever avec un charbon de bois les raies faites par la pierre ponce sur le cuivre. || 5* V. n. Devenir charbon au lieu de flamber. Ce bois, cette lampe charbonne. Il 6° Se charbonner, v. réfl. Devenir charbon. Ce bois se charbonne sans donner de flamme. Le bois se charbonne dans l'acide sulfurique.

— HIST. XII* s. Li mestre queux l'avoit, la nuit, tosé [tondu], X la paele nerci et cherboné; Le vis [visage] ot noir....Ba«. d'Ale.iehans, 3455. || xiii's. Car Vulcanus si lais estoit. Et si charbonnés de sa forge, laRose, (4069. || xvi* s. Aussi voit on bien à mon nez Et à mes yeulx tous charbonnez. Que je n'ay pas la veuê claire, du bellay, vii, 77, verso. .... qui voudront maintenir l'usage De me charbonner le visage, id. vii, 79, verso. Ainsi les alquemistes, après qu'ils ont bien fournayé, charbonne, luté, soufflé.... B. DESPER. Contes, xiv. Si l'on passe la main par dessus, tout ce qui estoit charbonne s'efface, yver, 683.

— ÉTYM. Charbon.

t CHARBONNERIE(char-bo-ne-rie), s. f. || l" Dép6t, magasin de charbon. || 2" Société politique qui se forma en France sous la Restauration (voy. carbonaro).

— ÉTYM. Charbon.

CHARBONNEUX, EUSE (char-bo-ne«, neû-z'), adj. Terme de médecine. De la nature du charbon. Fièvre charbonneuse. Typhus charbonneux. Tumeurs charbonneuses, le charbon et la pustule maligne.

— ÉTYM. Charbon.

CHARBONNIER, 1ÈRE (char-bo-nié, niê-r'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait ou vend du charbon. Noir comme charbonnier. 1 1 La foi du charbonnier, croyance naïve et sans examen. La foi du centenier, la foi du charbonnier sont passées en proverbe ; je suis soldat et bûcheron, c'est comme charbonnier, p. l. cour. Letir. à VAcad. des inser. \\ 2' S. m. Le lieu où l'on .serre le charbon. || Fourà cuire la houille. || 3° Membre de la cbarbonnerie, carbonaro. || 4"' Celui qui dirige un fourneau. || 5° "Terme de marine. Bâtiment pour transporter le charbon de terre. || Par plaisanterie, officier pendant le quart duquel arrive le plus fréquemment du mauvais temps. || 6° Nom d'une variété du sous-genre renard. || Nom d'une espèce d'afiolis (reptile). || Nom, parmi les pêcheurs, du merlan noir. || Proverbe. Charbonnier est maître chez soi, c'est-à-dire chacun vit chez soi comme il lui plaît, et aussi il n'y a pas de petit chez-soi.

HIST. xn* s. X un feue des carboniers, Gerart

de Ross. p. 3et. Entre deus murs ot si grant charbonier [magasin de charbon] ; Les nonains ardent; trop i ot grant brasier, Raoul de C. 60. |{ xiii* s. Sarteurs ne charbonniers ne vilains ahanant, Berle, cvii. Li paagiers puet prendre en la charete au charbonnier un sac à ardoir en Gloriete [place à Paris], Liv. des met. 293. 1| xvi* s. Chascun est roi en sa maison, comme respondit le charbonier à vostre ayeul [l'aïeul de Charles IX], montluC, Mémoires,

t. Il, p. B2t , dans LACURNE.

— ÉTYM Charbon; picard, carbonier; catal. corbnner; espagn. carbonero ; portug. careoiero ,- ital. carbonajo. Le proverbe cluirbonnier est maiire chex soi vient de ce que, François I" s'étant égaré à la chasse et étant entré chez un charbonnier, celui-ci, qui ne le connaissait pas, prit à table la première place et ne donna que la seconde à son hôte, disant : chacun est maître chez soi.

CHARBONNIÈRE (char-bo-niè-r"), s. f. \\ l" Le lieu où l'on fait du charbon dans les bois. || S»Terme de chasse. Terres glaises où les cerfs vont frotter leur tête et la brunir. || S" Nom vulgaire de la grande mésange (pana major); petite charbonnière, nom do portM ater.

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— HIST. XVI* s. Le charbon est fait de bois allumé en une fosse en terre, et estouffé, comme entendent ceux qui ont hanté les charbonnières, para ;

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