‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 373 sur 504 · GUA · texte numérisé non relu

GUA

III 2* Attiré , séduit. Nos yeux auraient été charmés de voir cette terre, fén. Tél. u. Maître, n'en doutez point, d'un cœur déjà charmé, Commandez qu'on vous aime et vous .serez aimé, bac. Bérén. ii, 2. La Piété charmée ] Sont renaître la joie en son ame calmée, boil. Lutr. VI. Charmé de deux beaux yeux, mon vers charma la cour. Et ce que j'ai de nom je le dois à l'amour, coTnj^. Excuse à Àriste. I.o roi m'a fait l'honneur plusieurs fois de me parler, et j'en suis sorti à mon ordinaire, c'est-à-dire fort charmé de lui et au désespoir contre moi, bac. Lettres à Boileau, ^3. Il 3° Adj. m. En termes forestiers, bois charmé, arbre qu'on a gâté par le pied pour le faire périr. CUAKMER (char-mé), v. a. \\ 1° Exercer une action magique par le moyen d'un charme. Un faux ciel et une terre feinte se présentèrent au pilote ; et l'impression de la divinité trompeuse qui charmait ses yeux.... fén. Tél. ix. Aurait-elle appris la merveille De si bien charmer ses appas Que je pusse la trouver belle? malh. v, (O. Il [l'amour] croit charmer ses sens [de Mornai], il croit blesser son cœur, VOLT. Henr. ix. Je puis t'enseigner des prières Pour charmer la fureur des loups, bérang. Ch. et laitière. Si le roi de Suède s'est jeté dans le périL... le cardinal de Richelieu pouvait-il charmer la balle qui l'a tué? VOIT. Lett. 74. || Le serpent charme et attire les petits oiseaux. Ainsi l'oiseau, faible et timide. Veut en vain fuir l'hydre perfide Dont l'œil la charme et le poursuit, v. hugo. Odes, iv, 6. {| 2° Par extension. Voilà de vos chrétiens les ridicules songes I Voilà jusqu'à quel point vous charment leurs mensongesl coHN. Poly. iv, 3. || 3° Suspendre l'effet d'un sentiment triste et pénible. Tu charmais trop ma peine, et le ciel qui s'en fâche.... id. Bor. m, 4. Rien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore? BAC. Bérén. u, 4. Je charmerai ta peine en attendant le jour, LAMABT. If^d. u, 3. Il Rendre agréable ce qui est désagréable ou ce qui peut être considéré comme fatigant. La lecture charme les loisirs. Il 4° Plaire, ravir. Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes, corn. Au roi. Plût aux dieux Que sa bonté touchât la beauté qui me charme I id.

Cinna, m, 2 Je m'en doutais, seigneur, que ma

couronne Vous charmait bien autant du moins que ma personne, id. Nicom. i, 2. Je ne trouve qu'en TOUS je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours et jamais ne me lasse, rac. Esth. u, 7. Un Dieu si bon ne peut-il vous charmer? id. Âth. i , 4. C'est maintenant, dit-il au roi, que vous allez charmer vos sujets, fén'el. Tél. xiv. L'heureux talent dont vous charmez la France, volt. Épit. xxv, t. Ainsi, pour nous charmer, la tragédie en pleurs, D'Œdipe tout sanglant fit parler les douleurs, boil. Art p. m. Il Absolument. Là tout charme et rien n'éblouit. Il Familièrement, causer une vive satisfaction. Vous me charmez en m'apprenant cela.

— HlST. xui' s. Maint homme i est à mort charmé [maltraité], o. guiart, t. u, p. 458, vers U9Q8 (20891). Il xiv s. Le suppliant fery le dit Nepveu un seul coup.... et le dit coup charmé de paroles seulement, sanz autre médecine ne garison, le dit Nepveu ala de vie à trespassemeut , nu cange , carmen. || xV s. Tous guérirent, excepté icellui Estienne qui fit charmer sa plaie qu'il avoit sur la teste, sans autre remède y quérir, lo. ib. Le quel Anglois se fist, comme l'en dit, charmer par un franc archier,iD. ib. Par quoyondoitsonfaulconhasterde prendre mue, qui en veut charmer et voler la saison d'yver, ilodus, f xc, «erio. || xvi' s. Et bon vin, s'ils en peuvent fournir, à fin de charmer la brouée [tuer le brouillard], paré, xxiv, 7. Je veux parler, maistresse, à quelque vieil charmeur. Pour vous rendre amoureuse, et changer vostre humeur : Je faux : l'amour qu'on charme est de peu de séjour,

BONS. 23C pour charmer mon souci. Page, verse

à longs traits du vin dedans mon verre, id. 273. L'humide nuict qui de son voile enferme L'œil et le seing de l'homme qu'elle cherme, id. 023. Charmer les puces [s'enivrer], oudin. Platon fait inhibition à ceux qui ont charmé les puces, cholières, Cor»»**', 1. 1, dans LE roux, Dict. comique.

— ÉTYM. Charme i .

t CHARMEUR (char-meur) ,s. m. , CUARMERESSE (char-merè-s') et CHARMEUSE (char- meù-z'), »•./■. Il 1° Celui, celle qui emploie les charmes. Charmeur de serpents. || 2° Charmeuse, celle qui charme un cœur. Juge un peu quel désordre aux yeux de ma charmeuse, corn. Illusion, m, 4.

— HlST. XV* s. Le dit Henry appella la dite femme putain, larronnaisse et charmegneresse, du cange, carmen. Les grans tempestes pardurables. Qu'en enfer soufl'rent les pécheurs, Charmeurs, devins, sorciers, sorcières, Mir. de Ste Genev. |lxvi' s. Les

sorcian, «nchanteurs, deriiu, magiciens, charmeurs, empoisonneurs, exorciseurs, se vantent de guarir plusieurs maladies, paré, Introd. 27.... En lieu de temps du breuvage donné l^eurent forcer la force charmeresse, bons. it. Les immodérées et charmeresses blandicesde la volupté, mont, iv, 3oo.

— ÉTYM. Charmer.

CHARMILLE (char-mi-U', U mouillées, et non char-mi-ye), s. f. \\ 1° Plant de petits charmes. Il 2° Terme de jardins. Palissade, berceau, allée de charmes et même de diverses autres espèces d'arbres, taillés de manière à présenter une surface plane, un mur de verdure. Quand d'une faible charmille Votre héritage est fermé, bérang. Ménétr. X l'ombre de vertes charmilles.... Vous voulez danser aux chansons, id. Orage.

— ÉTYM. Charme 2 ; wallon, ehdrnale, chaurnia; namurois, diaunia.

CHARMOIE (char-mol) , i. f. Lieu planté de charmes.

— REM. Les noms de lieux plantés de certains arbres se terminent généralement en aie : aunaie. châtaigneraie, etc. Charmoie fait une exception qui n'est qu'apparente ; tandis que , la prononciation changeant, les autres changeaient oie en aie. charmoie a gardé l'ancienne orthographe, et la prononciation est devenue différente de celle des mots congénères.

— ÉTYM. Charmai; Saintonge, charprd; picard, canoye.

CHARNAGE (char-na-j') , s. m. Temps dans lequel l'Eglise cathohque permet de manger de la chair. Celte dorure [mélange de blancs d'œuf et de jaunes pour dorer la pâtisserie] est la dorure de chamage; car, pour la dorure de carême, ce n'est que des œufs de brochet détrempés avec un peu d'eau, Ricbelet, Dict. Il Vieux.

— HlST. XIII* s. Nus ne puet ne ne doit ouvrer en chamage puis vespres sonans, au dit mestier, ne en quaresme puis compUe sonant, Liv. des met. 4S. Chascun jor en la quarantaine Et une foiz en la semaine La batoient, ce vous redi, En charnage, le vendredi, ruteb. ii, 176. [[xV s. Car karesme vient et commande A cliaruaige , tant qu'on le mande. Que pour ung temps se lire arrière, ch. d'oiu.. Rond.

— ÊTYM. Wallon, charnèie; namurois, chaurnaie; provenç. camatgue; du bas-latin carnoitcum, du latin caro, carnis, chair (voy. chair et comp. carnage).

t CHARNAIGRE (char-nè-gr'), s. m. Espèce de chiens lévriers, qui forcent le gibier dans les ronces où il se retire.

t CUARNALITÊ ( char-na-li-té ) , s. f. Caractère de ce qui est charnel, par opposition à spiritualité.

— HlST. XII* s. Tôt ce que de carnaliteit soi levoit en eaz [eux], Job, 422. || xiii's. Car jàtant n'y ara d'esperitualité , S'en ne fuit et eschieve toute oportunité. Que moult ne s'i embate de la charnalité, j. de meung. Test. 2068. Comment Diex prist carnalité En la virge sainte Marie, du cange, carnalitas. Il XV* s. De faict et de semblant le mareschal est net de cestuy vice de charnaUté, Bouciii.iv, 7.

— ÉTYM. Camalitatem , de carnalis, cnarnel (voy. ce mot).

CHARNEL, ELLE (char-nèl, nê-l'), adj. || 1" Qui dépend de la chair. Appétit, plaisir charnel. || Fig. Dont les pensées et le cœur sont attachés à la chair, en parlant des personnes. Non, ces hommes charnels dont les cœurs s'abandonnent i tout ce que les sens ordonnent. Ne possèdent jamais un bien si précieux, CORN. Imit. I, 6. Obligé de ménager la faiblesse d'un peuple charnel, uass. Car. Pardon. Ils avaient à entretenir un peuple charnel, pascal, Fig. i . Il Substantivement. La grandeur qui vient de Dieu est invisible aux charnels et aux gens d'esprit, PASC. dano le Dict. de beschehelle. || 2° Qui est engendré selonla chair. Enfants d'un père charnel, nous naissons tous charnels comme lui, mass. Carême Culte.

— HlST. XI* S. J'à n'ert [il ne sera] vaincut par nul homme carnel, Ch. de Roi. clviu. || xu* s. Ne coneit-il negum home charné, Ronc. p. »l. Et Olivier et ses amis carnaus, ib. p. 149. Que odeles[ils] ne eussent conversement charnel ne cumpaignie, Jioi'i, 275. Ce est licharneizdeliz,yo6,452. Sire,fait ele, por noient en parlez; Je vos aim plus que nul home charnel, Raoul de C. 2ï8. I| xiu* s. Mais l'amor qui te tient ou las [au lacs], Charnex deUs te représente, la Rose, 4617. Femme effoicier, si est quant aucuns prent à force carnele compaignie à feme contre le [la] volentédele [la] feme, beaum. XXX, 7. Il xiv* s. Et comme telles fortunes qui jieuvent avenir as amis charnels ou autres soient de

CHA

CHA

CHA

moult manières.... obksmb, tth. î«. Foie amour charnel, ro. ib. 28». Et en delettacion charnel, m. 16.94. Deliz corporels et charneux, id. ib. ix, u. |l XV' s. Si aucuns des dits prisonniers ou de leurs parents ou amis charnels tiennent contre nous aucunes forteresses, froiss. ii, ii, 241. || xvi' s. CeuU qui sont de leur nature subj.^cts aux voluptez charnelles.... AMYOT, Comment il faut nourrir les enfants, 40. Les appétits charnels, mont, i, 383.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. cornei; ital. carnale; du latin camalis, de coro,car»n's, chair(Toy. cHAin).

CH.^RNELLEMENT (char-nè-le-man), adv. D'une manière chamelle. Charnellement se joindre avec sa parenté, En France c'est inceste.... eRgnier, Sat. V. Il Fig. Selon la chair. Il né considère les choses que charnellement.

— HiST. XIII' s. Li dcsloiaus rois Henris ala tant entour la damoisiele qu'il fu carnelment àli, Chr. de Hains, p. 13. Et chascun qui vitcharneument ,Se fait tout mort certainement, du cangb, carnaliter. Por eus acoler et baisier Et por eus charnelment aisier, la Jiose. 43(16. Il XV s. Si [la reine de Hongrie] traita et bailla sa fille au marquis do Blanquebourez qui tantôt l'espousaetgeut avecques elle charnellement, FBOISS. H. n, 233.

— ÉTYM. Charnelle, et le suffixe ment; provenç. carnalment, charnalment ; espagn. et ital. carnal' mente. Charnelment ou chnrncument de l'ancien françaises! faitde même, cftarneZ étant au féminin, comme carnoh's qui est masculin ou féminin.

CHARNEUX, ECSE (char-neû, neù-z'), adj.

Terme de médecine. Qui est principalement composé de chair. Mot vieilli.

— HIST. XVI' s. Le fond de l'estomac est charneux et moins membraneux que le dessus, PAnfi, Introd. 6. La solution de continuité ne se guarit pas en partie nerveuse comme en partie chameuse, ID. ib. 22.

— ÉTYM. Provenç. camos; espngn. et ital. carnoso; de carnosus, de earo, earnis, chair (voy. ce mot).

I. CHARNIER (char-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les charnié-z et les jambons), s. m. Il 1° Endroit où l'on garde les viandes salées et, en général, toute espèce de viandes. Mille autres moutons comme moi. Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire, Seront servis au peuple-roi, A. CHÉNiER, 288. || 2° Dausle langage des chasseurs, gibeciJîre. On dit beaucoup plus souvent camier. Il 3° Cimetière, lieu où les corps morts sont déposés : sens aujourd'hui tombé en désuétude. On me jettera dans les charniers Saint-Innocent et on ne mettra sur ma fosse qu'une cioix de bois, volt. Préf. de Cath. Vadif. jj Galerie autour des églises à Paris, où l'on donnait la communion aux grandes fêtes. Il 4° Dépôt des os exhumés des charniers ou cimetières. Il La pile même des ossements.

— HIST. XI' s. En un camel comandez qu'on les port [porte] , Ch. de Roi. ccviii. Ad un carner sempres [ils] les ont portet, ib. ccix. || xii' s. X pieux agus [ils] font lescharners [fosse mortuaire] ouvrir, llnnc. p. (66. Il XIII' s. Et no franc crestien (que Jhesus puist sauver) Ont fait tous Antioche des mors Turs délivrer; Ens es carniers defors les alerent jeter, Ch. d'Ant. VI, (086. Bacons [jambon] mal salés En charnier empire. A, dist li vilains. Proverbes du vilain, ms. dans lacdrne. || xiv s. Le charnier des esperviers est fait sur un arbre qui a regart i leur aire, et est aussi comme au trait d'un arc de leur dit aire, Minagier, m, 2. || xv* s. Loys de Luxembourg fist faire en la place où la bataille avoit esté, pluseurs carniers, et puis fist assembler tous les mors, FENra, (4<5. Quand je considère ces testes Entassées en ces charniers, Tous furent maistres des requestes. Au moins de la chambre aux deniers, VILLON, G. Test. Après que les tuez eurent esté mis en terre en de grands charniers, Mathieu de coucy, Ilist. de Charles VII, p. 600, dans lacurne. || xvi's. Et non gueres loing de là est le charnier, auquel furent enterrez les corps des Macédoniens qui moururent en la bataille, amtot, Alex. <3. Deux char- .lîem [caisses de chair] , l'un plein de venaison de cerf, l'aullre de sanglier, CARL. IV, 24. Cuisine accompagnée de tous ses offices; assavoir, charnier, boulengerie, fournil, serre-pain.... 0. de serres, 20. Plus rare est le rencontre du bon charnier, que du bon grenier et de la bonne cave, s'en trouvant peu où les chairs de pourceau, mesme les lards, ne s'enrancissent, m. 836.

— ÉTYM. Bourguig. ehanierf provenç. eamier; ettpagn. carnero; portug. carnetro; ital. carrw,jo;de carnarium, du latin caro, earnis, chair (voy. chair).

t '. CHARNIER (char-nié) , s. m. || l' Terme de ma-

nne. Jarre où se met l'eau pour U consommation journalière de l'équipage. {| 2° Terme dépêche. Cuve où l'on met l'huile tirée des foies de morue. On dit aussi foassier.

— ÉTVM. Charnier t ; ainsi nommé à cause qu'autrefois un garde-manger y était joint où les matelots serraient ce qu'ils gardaient d'un repas pour l'autre sur leurs rations de viande.

t. CHARNIÈRE (char-niê-r'), s. f. || 1° As.semblage de deux pièces de bois ou de métal enclavées l'une dans l'autre, réunies par une broche et mobiles l'une sur l'autre. La charnière d'un compas, d'une tabatière. Boucle, boîte à charnière. Petits os emboîtés les uns dans les autres en forme de double charnière, Boss. Connaiss. 11, 7. || 2" Terme d'anatomie. Charnière ou ginglyme, articulation qui n'exécute que des mouvements de flexion et d'extension. || La partie qui unit les valves d'une coquille. Charnière d'un coquillago. || 3° Terme de mécanique. Charnière universelle, appareil pour transmettre le mouvement de rotation d'un axe à un autre axe de position variable. || 4* Outil qui sert à graver sur les pierres dures.

— HIST. xiii* s. De nostre Seigneur Dieu sunt les charnières de la terre, et il posa seur elles la reondece. Psautier, f° <82. Ces sept estoiles [la grande ourse] apelent li sage home l'une des carnieros du firmament ù il torne, Comput, f' ( 3. || xiv* s. X Guillaume Arode, orfèvre, pour argent doré par lui mis et employez en avoir fait et forgié quatre coplettes à charnières, de labordk, ^moM.T:, p. 166. Uns tableaux d'argent doré, fermans il chernieres, où il y a plusieurs reliques, id. ib. p. 208. S'avoit une chainture de fin or d'Arrabie, A carnieros estoit ouvrée et entaillle, Daud. de Seh. xi, 873. Caria table estoit d'or; en croix aloit ploiant Par charnières d'or fin qui bien furent séant, Guescl. 9095, Il xv s. Celle ville estoit tellemei>t ouvrée et charpentée que on la pouvoit défaire par charnières ainsi que une couronne et rasseoir membre à membre, froiss. II, in, 35. Il XVI' s. La charnière pour faire jouer et mouvoir la jambe, mise au devant du ge-

nouil, PARÉ, xvii, <2.

— ÊTYlI. Charnière, qui dans le Psautier traduit cardines du texte latin, vient d'un bas-latin cardinaria, dérivé de cardo, cardinis, gond (voy. cardinal). Diez, avec bien moins d'apparence, le rapporte à cran.

t 2. CHARNIÈRE (char-niê-r'), s. f. Terme da fauconnerie. Endroit où le fauconnier portait son leurre et la chair dont il acharnait l'oiseau.

— ÉTYM. Le même que charnier t.

I CH.VRNON (char-non), s. m. Petit cylindre creux qui fait partie de la charnière d'une boite.

— ÉTYM. Charnière ).

CHARNU, UE (char-nu, nue), adj. || l' Bien fourni de chair. Un corps charnu. |{ 2° Formé de chair. Les parties charnues du corps. || 3° Terme de botanique. Plante, feuille charnue, celle qui ade l'épaisseur et une sorte de chair. || Fruit charnu, celui dont la substance est ferme et en même temps succulente. Il 4° S. m. Ses jambes me parurent d'un charnu, d'un fini qui approche de l'Apollon du Belvéder, volt. Jenny, <.

— HIST. XIII' s. Et sera bien carnus et bruns ,

ALEBRANT, f 10. {| XV!' S Prise ses doigts, prise

ses bras polys, Semblablement ses espaules charnues, MAROT , IV, 39. L'homme bien charnu et musculeux, paré, Introd. 6. Nous confirons les olives; convient -les choisir des plus grosses et charnues, o. de serres, .843. Certes je n'^iy point le coeur si enflé qu'un plaisir solide , charnu et moelleux comme la santé, je l'allasse échanger pour un plaisir imaginaire, spirituel et aéré, mont. m, 234.

— ÉTYM. Picard, chairu; provenç. earnut; ital. carnuto; du latin caro, earnis, chair (voy. chair).

CHARNURE (char-nu-r'), s. f. L'ensemble des parties charnues du corps. Avoir une charnure ferme , molle.

— HIST. xvs. La charneureolere brune; mais la chiere ot assez pale, christ, de pisan, Charles F, I, ch. (7. Il xvi's. Sa charneure sentoit bon et il avoit l'aleine très douloe, amyot, Alex. 6. Il avoit la charnure blanche et molle, id. César, 2i. Un corps, pour amplifier en charnure ou gresse, n'est pas dit s'augmenter, paré, Introd. 9.

— ÉTYM. Provenç. carnadura; du bas-Iat. cornotura, du latin carnatus , bien en chair, de earo, cornu, chair (voy. chair).

CHAROGNE (cha-ro-gn') , s. f. Corps de bête morte et en décomposition. Semblable à ces Iftches oiseaux qui ne se jettent que sur des charognes et

des corps morts, vertot, Révol. rnm. liv. xii, p. )B7. Ne considérons plus un corps comme une charogne infecte , pasc. Lettre*. Telle fut lafortune d'un repaire [Marly] de serpents et de charognes, de crapauds et de grenouilles, st-sim. 4io, (66. Il Par extension et par dépréciation, viande. Ha table ne serait point couverte de charognes lointaines, j. j. Rouss. Ém. rr.

— HIST. XII' S. E la charuigne Jezabel girrat cume feins el champ de Jesrael, flots, 379. || xiii' s. Les charoignes de tes sers que il ocistrent , livrèrent il asoisiauxetas bestes, PsouM'er, ^ 97. Il n'a ne créance ne foi. Ne que chiens qui charoingnetire, RUTEB. 2)7. Chascuns scet que quant l'ame de sa charongne part. De cest monde n'emporte avec sol point de part, J. de meuno, Test. 309. Li ver ont la charongne, et li parent la terre; Mauvais fait pour tiex hoirs mauvaisement acquerre, id. ib. 340. i[ XV s. Autrement ils eussent esté tous morts et empunaisés sans mercy, tant leur envoyoit on de charognes pourries et d'autres ordures par les engins. FROISS. I, I, ():'>. Il XVI' s. Qu'il n'y avoit aulcun mal de se servir de nostre charongne à quoy que ce feust pour nostre besoing, et d'en tirer de la nourriture, mont, i, 240. ,

— ÉTYM. Picard , carone , carongne; Saintonge, chareugne; provenç. caronha; ital. carogna; d'un latin fictif caronia, dérivé du nominatif coro, chair (voy. chair).

t CHAROGNEUX, EUSE (cha-ro-gneû, gneû-z') , adj. Qui tient de la charogne. Vieux.

— HIST. XVI'S Tous oiseaux funèbres, Chaz-

huans, amis des ténèbres, Avec maint charogneux corbeau, du Bellay, vu, 61 , recto. Lorsque l'air est infecté par des vapeurs putredineuses et charogneuses, paré, ix, (B.

— ÉTYM. Charogne.

t CHAROI (cha-roi) , s. m. Terme do marine. Embarcation qui .sert aux bâtiments faisant la pêche de la morue à Terre-Neuve.

— ÉTYM. Le même que charroi.

t CHARON (ka-ron), s. m. Terme de mythologie. Divinité de l'enfer dont la charge était de faire passer aux morts dans une barque le fleuve ,du Styx.

— ÉTYM. XâpMV.

t CHARONIEN, lENNE (ita-ro-niin, niè-n'), adj. Grotte charonienne, grotte dans laquelle règne un air méphitique.

— ÉTYM. XapûvEioç, de Xàpwv, Charon; dételle» grottes ayant été comparées par les Grecs à l'ouverture qui conduit aux enfers.

t CHAROTE (cha-ro-t'), s. f. Terme de chasso. Espèce de pahier ou de hotte, qu'on emploie dans la chasse au pluvier.

t CHARPENTAIRE (char-pan-tê-r'), s. f. Un des noms vulgaires de la scille.

CHARPENTE (char-pan-f) , s. f. || l'Assemblage de pièces de bois ou de fer servant aux constructions. Il Bois de charpente , bois propre à la construction. Il 2° Par extension. La charpente du corps, la charpente osseuse, les parties osseuses du corps, considérées surtout dans leur assemblage el en ce sens qu'elles déterminent la forme générale du corps. L'épine du dos sert de fondement h la charpente du corps, BUFF. Animaux, ch. xi. || Par une autre extension. Les masses énormes des montagnes constituent la base et comme la grosse charpente du globe. Il Fig. La trinité est l'archétype de l'univers, ou, si l'on veut, sa divine charpente, chateaub. Génie, i, 1. 1| 3° 11 se dit aussi des parties qui, dans un ouvrage d'esprit, forment le plan et le soutien du reste. La charpente d'un poème. Les syllogismes sont la charpente d'un sermon, Jf cm. de Trév. (726.

— HIST. xvi* s. Aussi fut cetle belle imuraachie ou combat de galères, tout à l'antique, et jiour la façon encore et enrichissement des dites galères da leurs poupes et proues, tant pour l'art de la hasche que l'on appelle la charpente en levant, que pour la menuiserie, brant. Cap. fr. t. ii, p. (7, dans

LACURNE

— ÉTYM. Picard, carpente (voy. cuAiirENTiEP.) CHARPENTÉ, ÉE (char-pan-té, tée), part, passi.

Il 1° Du bois charpenté. || Fig. Un homme vigoureusement charpenté. Un roman bien charpenté. Il 2° Taillé grossièrement.

CHARPENTER (char- pan-té), V. a. \\ i' Taillerd» bois de charpente pour le mettre en état d'être a.s3emblé. || 2* Familièrement, découper, tailkr maladroitement. Charpenter une volaille. {| Ce chirurgien est un ignorant, il a charpenté le bras de son malade en voulant lui ouvrir un abcès. || 3' Fig. Terme de littérature. Disposer les parties principales

GHA

d'une œuvre littéraire. Ce roman est mal charpenté. Bien charpenter une pièce, bien faire le plan d'une pièce et l'enclialnemont des scènes. Ma pièce [Tancrède] est fort différente de celle qu'il a plu aux comédiens de cliarpeuter sur le thé.ltro, volt. Leit. Thiriot, )9nov. )7fl0. ||4' V.n. Populairement, frapper sur. Et de la plus grosse branche il se mit à charpenter sur Don Quichotte, Don (Juich. part, i, dans LE HOUX, Dict. comique.

HIST. XII' s. Mauvaisement est faiz et joinz

Cist ponz, et mal fu charpentez, la Charrette , 3044. Il xiii* s. Kt li rois l'helippes faisoit carpenter engiens dechi mer à grant plenté, Chr. de llains, 37. Por carpenter ou por raaclionner, beaum. xxix, 6. Mult felonesse rente m'en rendront mi rentier; Ma char charpenteront li félon charpentier, ruteb. II, 88. Ilxv'.s. Il fit au dehors de la porte faire et charpenter une barrière.... fhoiss. i, i, 80. Le roy Charles de France, qui estoit sage et subtil, avait charpenté et œuvré, entour ses traités, trois ans devant, et bien savoit qu'il avoit de bons amis en Hainaut, m. liv. i . p. 358. dansLACURNE. || xvi" s. Olivier de Mauny charpentoit partout avec sa hache, Mém. s. du G. xm. Et combien qu'ilz fussent plusieurs à l'eutour de lui à le charpenter, si ne pouvoient il/, trouver moyen de le tuer, tant il estoit fort armé, amyot. Arist.H. Un logis de bois, où il y avoit quatre corps de maison qu'il avoit fait charpenter en Angleterre, M. du bell. 27.

— £tym. Picard, carpenter, faire du bruit (voy. charpentier).

CHARPENTERIE (char-pan-te-rie) , s.f. \\ 1° L'art de travailler les bois pour la charpente. {| 2° Profession de charpentier. || 3" Travail de charpente. La charpenterie de cette église est fort belle. || 4° Endroit où sont déposés les bois de construction sur les ports.

— IIIST. XII' s. Ma gent ne sevent pas tant de charpenterie cume sevent ces de Sydonie, liais, 243. Il xiu" s. Ce sunt les ordenances des mestres qui appartiennent k charpenterie en la banliue de Paris, Livre des met. toi. Puis s'armèrent ensemble ncstre gent seigneurie. Dont oïssiés grant noise et grant carpenterie, Ch. d'Ant. iv, 432. || xiV s. Et la charpenterie est autre que n'est la faohon du temple, oresme, Etli. 3ui. ||xv' s. Vint iceluy tonnerre mettre le feu au clochier de madame saincte Geneviève au mont de Paris, lequel brusla toute la charpenterie du dit clochier, j. de troyes, Chron. 4 483. Congnoistre selon les espaces des charpenteries, à veoir les cours des toiz par un des cours seulement, quans milliers de clou et de late il aura sus au toit, E. DESCHAMPS, Art de dictier, p. 263. il xvi" s. 11 eut en l'espace de dix jours dressé et achevé ^m pont de la plus belle charpenterie, et à veoir de plus ingénieux devis, que l'on sçauroit penser ne croire, amyot. César, 30. Si on regarde bien le plus beau buffet ou châlit d'alors, ne dira on pas que c'est charpenterie et non pas menuiserie? II. EST. Ap. pour Hérodote, xxviii.

— ÉTYM. Charpenter ; provenç. carpentaria ; espagn. carpinteria ; portug. carpintaria.

CIIARPENTIER (char-pan-tié ; l'r ne se lie pas; au jiluriel l's se lie : des char-pan-tié-z habiles), s. m. Il 1" Nom des artisans qui travaillent à façonner les bois en pièces, et qui les assemblent, suivant certaines règles, pour la construction des édifices de terre et des bâtiments de mer. Un de ces vaisseaux avait été construit de ses propres mains [du czar] ; il était le meilleur charpentier, le meilleur amiral, le meilleur pilote du Nord, volt. Charles Xll, 7. || Adj. Maître charpentier. Apprenti charpentier. || 2° Pêcheur de baleine, qui la dépèce pour en enlever le lard. || 3° Terme de zoologie. Oiseau de l'Ue Saint-Domingue, qui a le bec si fort et si pointu, que dans l'espace d'un jour il perce jusqu'au cœur le tronc d'un palmiste, arbre des plus durs. Il 4° Anciennement et fig. Les rouges oharpentiera, le feu, l'incendie.

— HIST. XII" s. E li carpentier erent à lur disner aie, ï'/i. le mart. 444. || xiii's. Puis fist querre carpentiers par tout por faire eschieles et bierfrois, H. DE VALENC. xixv. C'est à savoir charpentiers, tonneliers et toutes autres manières d'ouvriers qui suvrent du trenchant en merrien, Liv. des met. 4 04. Et chevaucierent dusques à l'ourmiel [ormeau] à r.ysors, les arbalestiers et les carpentiers devant, à boines haches trenchans et as boins martiaus picois, C/iron.^e Raiiis, 63. Renart, qui se dotoit de guerre , Avoit fait porchacier et querre Charpantiers de plusors manières Qui li fesoient ses perieres.... Ren. 1824 9. Vous me tolés ma terre, et metés en vostro yrange ce que je deusse avoir, et voz n'en gorrés

CHA

[jouirez] jà, car je voz envolerai en Tostre grange les rouges carpentiers [le feu], beaum. xxxix, 44. Et lors me seignai et m'ageiioillai au pié de l'un d'eulz, qui tenoit une hache danoi.se à charpentier, joiNV. 246. Il XIV' s. Semblablcment le charpentier fait la maison pour habiter, oresme, Eth. 4t. Il XV' s. Le charpentier ot le masson N'esludient que bien peu, non. Et si font aussi belle mii:e Ou'ostudiaris en médecine, la font. 337. || xvi" s. Un cherpantier trouva l'invention de miner une grille dans un ruisseau... d'aub. Hist. I, 346. On dit qu'un bon charpentier ne fait jamais d'esclats, BoutHET, Séries, liv. ii, p. 269, dans lacuhne.

— ÊTYM. Wallon, chèjieti; namurois, cherpèli; rouchi, carpentier; provenç. carpentier; espagn. carpintero ; jiorlug. caipinteiro ; ital. carpenticro ; de carpentarius, charron, carrossier, de carpenlum, char; le nom du charron en latin est devenu le nom du charpentier dans les langues romanes.

t COARPENTIÈRE (char-pan-tiê-r'), s. f. Nom de certaines femelles d'insectes hyménoptères qui percent le bois. || Un des noms des pics.

— ÉTYM. Charpentier.

t CUARPI (char-pi) , s. m. Billot sur lequel le tonnelier taille les douves.

— ÊTYM. Voy. CHARPIE.

CHARPIE (char-pie) , s. f. Eils provenant de morceaux de vieille toile de s à lO centimètres de longueur et d'autant de largeur, que l'on a effilés. Les Filles-Dieuportent et reportent çà et là les bouillons, la charpie, ciiateaub. G^nt'e, iv , ui, 6. ||rig. Cette viande est en charpie, se dit d'une viande trop cuite, et dont les fibres se détachent.

— HIST. xiv s. Decouppez les membres par morceaulx, et rais à !a charpie, c'est à dire que du la cuisse l'en face trois pièces, Ménagier, ii, 5.|| xvi* s. On remplira la playe de charpy sec, paré, vi, 4.... Se gardant y mettre de la charpie, ID. viil, 33. Et sera mis dessus de la charpie seiche, id. xv, 7.

— ÉTYM. Génev. charpi, charpis, s. m. ; picard, harpie; Saintonge, charpille. Charpi, s. m. qui se dit dans les provinces et dans le peuple et qui est

^levenu une faute , et charpie sont le pai'ticipe passé de l'ancien verbe charpir (charpir la laine, la liose, 20429; il desmembrent et charpissent, G. chastelain. Expos, sur vérité mal prise) conservé dans qjielques provinces (Berry, charpir, mettre en loches; wallon, cherpi, éfaufiler), et qui vient, par cll^igenient de conjugaison, du latin carpere, couperj ^(jndre. Charpie est plus ancien dans la langue que ne l'indique l'historique; car on trouve, dans des textes latins du xiii* siècle carpia, ce qui suiipose le français charpie.

t. CHARRÉE (cha-rée), s. f. \\ 1° Cendre qui reste sur le cuvier, après que la lessive est coulée. || 2° Résidu des soudes brutes soumises au même traitement que les cendres.

— HIST. xiv s. Pren de bonnes cendres et met avec de l'eaue et fais comme charrée, Ménagier, II, B. Leur deffend icelle chambre jetter de leurs maisons, par les fenestres, ordures, urines, charrées, infections, Ordonn. des rois de France, t. ii,

— ÉTYM. Berry, cherrée. Ménage le tire de cinerata, cendrée; la Monnoye, du bourguignon carre, cendre. Il est bien probable qu'en effet charrée est quelque altération de cendrée.

t 2. CHARRÉE (cha-rée), s. f. Terme de pèche. Larve d'insecte qui sert d'appât.

CHARRETÉE (cha-re-tée) , s. f. Ce que contient une charrette. Une charretée de foin. || Populairement. Une charretée d'injures, toute sorte d'injures qu'on dit à quelqu'un.

— HIST. xu' s. Cil porte un mail, n'ot lance ne espée ; De fer i ot demie charetée, Bat. d'Aleschans, V. 5369. Il xiii' s. Et de huches à charretées Por faire feu en cheminées, la Rose, 4 787». Nulle charretée, pour avoir nul que elle meine, quex que U avoirs soit, ne doit paier que deus deniers de chaude, Liv. des met. 276. Une caretée de buce [bûche], BEAUM. XXIV, 46. || XIV' S. De Charrettes en a mené mainte chartée, Guesel. 4 508. On en peûst chargier quarante charetées, Girart de Ross. v. 4004. Il XVI' s. Mille bourdes qu'U a en France rapportées, Assez pour en charger quatre grandes chartées, dubell. iv, 83, verso. Combien encourut de ruyne nostre dernier duc de Bourgoignè, pour la querelle d'une charretée de peaux de mouton I MONT. IV, 467.

— ÉTYM. Charrette; provenç. et espagn. carretada; ital. carretata.

4 . CHARRETIER, 1ÈRE (cha-re-tié, tiê-r'), s. wi. et f. Il 1° Celui, celle qxii conduit une charrette. On ne

CHA

plaint guère un cheval de charretier dans i>on é eu rie, J.j. Rorss. Ém. iv. || Familièrement. Jurer commi un charretier embourbé, ou, simplement, comme un ch.irretier, jurer lieaucoup. \\Adj. Garçon charretier. Il Charretier se dit quelquefois de celui ((U i conduit la charrue. || 2° Un des noms de la constellation du Cocher.ll Proverbe. Il n'y a si l«n charrntier qui ne ver.se, c'est-à-dire il n'est si habile liomme auquel il n'arrive de commettre quelque faute. — REM. On trouve souvent, dans les textes du XVI' siècle et par suite dans les livres imprimés au xvn' siècle et au xvm', chartier au lieu de charretie'i. Pour venii au chartier embourbé dans ces lieux, LA FONT. Fahl. vi, 48.

— Hi.sT. XII' s. Et lors a dit li chevaliers, Cil qui ot esté charretiers, la Charrette, 684. |{ xiii' s. Si que li arçon ne puissent estro mis en œuvre, for» que à sele à charretier, Liv. des met. 24B. Bourelier ne puet oloer .sele à charetier de cloz d'estain, ib. 224. D'autre part il e.st plus gra:ns hontes D'un fil de roi, s'il estoit nices Et pleins d'outrages et de vices. Que s'il iertfilz d'un charretier. D'un porcliier ou d'un çavetier, la Rose, 4 9089. Et bien apartient qu'on ail misericorile du caretier, beaum. Lxix, 48. Il xiv s. Son charretier se arresta tout effraie, BERCHEURE, f" 23, terso. \\ XV' S. Voici venir quatre gros lourdiers , charretiers ou bouviers, LOUIS XI, Nouv. xcviir. ||xvi" s. Que de mon nom la mer nommer je face. Ou que je sois ce chartier mal appris.... dubell. v, 3, verso.

— ÉTYM. Charrette ; Berry, cherretier ; provenç. charretier, carratier ; espagn. carretero; portug. carreteiro; ital. carreltiere.

2. CHARRETIER, 1ÈRE (cha-re-tié, tiê-r'), adj. Par où les charrettes peuvent passer. Chemin charretier. Porte charretière. || Voie charretière, l'espace compris entre les roues d'une charrette, espace ordinairement déterminé par les règlements.

— ÉTYM. Voy. le précédent.

f CHARRETIN (cha- re-lin), s. m. Espèce de charrette sans ridelles.

— ÉTYM. Charrette.

t CIIARUETON (cha-re-ton) ou CHARTON (charton), s. m. Conducteur d'un chariot, d'une charrette. Le charlon n'avait pas dessein De les mener voir Tabarin, la font. Fabl. viii, 42. Vieilli.

— HIST. XII' s. Après la charrete [il] s'avance, Kt voit un nain sor les limons. Qui tenoit comme charretons Une longue verge en sa main, la Charrette, V. 346. Il xui's. C'est un hareng, ce dit Renart, Car jetrovai un charreton Qu'en portoit une charrelée, Ren. 4124. Et doivent cil qui ont fait le meffait, si comme Ji caretons et cil qui sont au conduire, estre bani du lieu, beaum. xxiv, 46. ||xv's. On jiiit deux chars chargés de pourveances atout quatre charretons vestus de grises coites et armés dessous, FROiss. n. II, 224. Le charreton fit si grand diUgence qu'il amena deux voitures plus qu'il n'avoit fait es jours paravant, louis xi, Nouv. ni. Bon charton tourne en petit lieu, le houx de lincy, Proi'. t. II, p. 464. Il XVI' s. Soudain les chevaulx s'effrayèrent; le charton fit tout ce qu'il put pour les arrester, AMYOT, Publ. 26.

— ÉTYM. Charrette; génev. charoton; Berry, (Norton; picard et Rouchi, carton; wallon, chèron.

CHARRETTE (cha-rè-f), s. f.\\ 1° Voiture à deux roues, avec deux ridelles et deux limons. J'entends déjà partout les charrettes courir, boil. Sai. vi. Il Fig. et familièrement. Un avaleur de charrettes ferrées, un fanfaron. || 2" Charrette à bras, petite (barrette traînée par un ou deux hommes. || 3'Tenne de chasse. Machine pour approcher du gibier sans lui causer de crainte.

— REM. La prononciation provinciale de eherette n'était pas encore tout à fait bannie de l'usage au XVII' siècle; et l'on discutait pour savoir lequel était le meilleur, cheretle ou charrette, mars, buffet, Observ. p. BO.

— HIST. XI' s. En trois carottes très bien [ils] les ont guiez [guidés], Ch. de Roi. ccx. || xm's. Sur chars et surcharreteset sursomiers trousser, Ber(e,xcvii. Et lor fist bailler deniers etcaretes, et si s'en alerent droit à Biauvais, Chron. de Rains, 63. Et nous les dedui-sans sentiers, Non pas les chemins à charretes, Mes les joUves senteletes, Jolif et renvoisié tenons, la Rose, 24697. Ne en tix sentiers ne doit aler nule carete, en nul tans qu'ele puist fere damace as biens de terre, beaum. xxv, 2. En dementres [tandis] que je venoie, je trouvé trois homes mors sur une charrette, joinv. 209. ||xvi' s. Il se saisit d'un vieux clou de charrette, mont, u, 4 38. On les coiichoit sur des charrioles pleines de bruyère , ID.

CHA

^ÊTYM. Diminutif de c/»or; wallon, c/ièrffe/BciTy, chairette, chdrte; provenç. et espagn. carrela; ital. carretto.

fCHARRIABLE (cha-ri-a-bl") , adj. Qui peut être charrié.

— HIST. xvi" s. Vins charriables et de facile tran-

port, 0. BE SEnBKS, 218.

— ÈTYM. charrier.

CHAllRIAGE (cha-ri-a-j'), s. m. Action ile charrier, do voiturer. Le charriage est difficile en hiver. Il Le prix du transport.

— HlST. XV" s. Ilavoitdansun fortchastel safemme et ses enfants et tout son cariago.FROiss. ii, ii, 235. Passèrent ceste petite rivière, pour venir assaillir nostre charriage, qui estoit trop grand, comm. vin, 6. Il xvi» s. Le roy gaigna tout le gros chariage.... J. marot, v, 135. Il fut le premier qui mcit le feu au chariage royal, où l'on Irainnoit son bagage, AMYOT, JP. Mm. 18. Le second jourfurent aussi portez sur grand nombre de charriage, toutes les jilus belles armes des Macédoniens , id. ib. 55. Monsieur de Sainct Pol feit passer l'artillerie et tout le bagage et carriage pour marcher droit à Pavie, M. DU bf:ll. 166. Le vin vaut bien le charriage Qu'il y a à l'abbaye tlu Broc, j. le houx, i. — ÉTYM. Charrier; picard, carnage; bourguig. cairiaifie.

CIIARUIÉ, ÊE (cha-ri-é, ée), part, passé. Le vin charrié jusqu'à notre porte. Des glaçons charriés par la rivière.

1. CHARRIER (cha-rié), s. m. Drap de grosse toile sur lequel, dans la lessive, est placée la charrée.

— HIST. XVI" s. Puis faut passer les dites choses par dedans un charrier double, ou autre toile, paré, XXV, 32. Puis coulerez le tout au travers d'une grosse nappe ou charrier, id. ib,

— ÉTYM. Voy. CHARRÉE ; bourguig. charroi.

2. CHARRIER (cha-ri-é), v. a. \\ 1° Voiturer dans un chariot, dans une charrette. Des hommes qui charrient le bois du Liban, labruy. vi. || Fig. et absolument. Charrier droit, se comporter comme on le doit, remplir son devoir. Cette Puisieux était bien épineuse; il fallait, comme vous dites, charrier bien droit avec elle, sévioné au comte de Bussy , la octobre 1677. Et qu'il fera bien, s'il me croit, Dé.sormais de charrier droit, scarros, Gigantom. chant i. Il 2' Kn parlant d'une rivière, entraîner, emporter dans son cours. Cette rivière charrie beaucoup de sable. La rivière charrie d'énormes glaçons. Un torrent charriait du limon et des pierres, J. J. Rouss. Hél. IV, 16. Il Absolument, entraîner des glaçons. La rivière charrie. || 3° Terme de fauconnier. L'oiseau charrie, quand, emportant la proie, il ne revient que quand le fauconnier la réclame; et aussi quand il se laisse emporter à la poursuite de la proie. Il 4° Terme de marine. Charrier de la voile, se dit d'un navire qui porte beaucoup de voiles.

— HIST. X)* s. Cinquante chars qu'en [on] fera carier, Ch. de Roi. m. ||xiii* s. On trouva l'aighe [l'eau] si durement engielée que on pooit bien charier sus, H. de valenc. xiv. Por le carier ou por autres fres.... beaum. xxix, 4. Il ne pooit soulfrir ne le charier ne ie chevaucher [supporter ni lavoiture ni le cheval] , joinv. 300. Et sunt aucune fois cil qui plus tost charient Contre clers et pielas, et plus les contrarient, j. de meung, Tist. 639. Il XV» s. Le comte ne pouvoit mais chevaucher, mais charier se faisoit, quand il vouloit aller d'un lieu en un autre, froiss. m, iv, 25. Et y firent amener et charrier du pays voisin grand foison de blés.... id. I, I, 126. Gravier de blanche marie, fort et dur, sur quoi on peut fermement charier, m.

I, !, 278. i cely devoit bien estre nientmoins soing aussi de charrier droict tant pour son honneur comme par obligacion, g. chastel. Chr. de Bourg. ui, ch. 103. 11 estoit maistre avec lequel il falluit charier droit, comm. vi, 7. || xvi» s. Nos âmes ont charié si uniement ensemble, mont, i, 21 4. Si les sens altèrent ce qu'ils nous charrient du dehors, id.

II, 300. Ce n'est pas tout que la volonté charie droict, id. m, 37i. Us n'avoient aultre moyen de charier qu'à force de bras, ou en traisnant leur charge, id. iv, 26. Elle tascboit de faire traîner et charier Ses navires jusques en l'autre mer, amyot, Anton. 00. Les sablons que ces eaux charrient, 0. de

— ÉTYM. Wallon, chéri; picard, carrier ; Berry , charreyer; provenç. carregar; anc. catal. carrejar ; anc. espagn. carrear; ital. carrer/giare ; du bas-lat. carricare (voy.cnAiioER) decairus, char Charrieret c^arroyer sont deux formes d'un même mot, .«uivant les anciens dialectes de la France.

DICT. DE lA LANGUE FEUNÇAISE.

CHA

t CHARRIËRE (cha-riô-r'), S. f. Voie par laquelle peut passer un char, une charrette.

— HIST. xiii's. 11 a différence entre erre et charriero; quar erre est [lar quoi l'eu puet aler à pié et cheval sanz plus; charriero est par (]U()i l'en puet amener char ou charrette, DigcsU: , f" 105. Lesse [largeur] de chariere donée tient en atcndue onze piez, Liv. de just. 142. A compaignie si pleniere Qu'il tenoit toute la charriere, la Âose, 20420. Por l'estrece de la quarriere, Fabli. et contes anciens, I, p. 196.

— ÉTYM. Charrier; bourguig. chareire ; provenç. carriera; espagn. carrera; portug. carreira; ital. cnrriera. Voy. carrière 1.

t CHARRIEUR (cha-ri-eur) , s. m. Terme d'argot. Variété de voleurs qui exploitent les campagnards.

CHARROI (cha-roi) , 4-. m. \\ 1° Transport par chariot ou par charrette. Trois mois de fâcheux temps pendant lesquels on n'a pu faire charrois ni labours, p. L. COURIER, II , 277. || 2° S. plur. Terme de guerre. Corps de troupes chargé du transport des bagages ou de l'artillerie d'une armée. On dit aujourd'hui train. || 3° Salaire du charretier.

— HIST. XII" s. Od granz tonels, od grand charroi Fet les deniers porter od sei, Hotnan de Hou, v. 15964. Là quistrent somers et canei, gaimar, Hareloc , V. 500, dans raynouard. || xiii" s. Porquoi murdristes cel soupir? Que nel laissastes fors issir? Celer vos en quidiez vers moi; Mais ge sai trop de cest charroi [manière d'agir], Partonopex, ms. P" 149, dans LACURNE. Il XIV" s. Artillerie est le charroi qui.... est chargé des quarriaus en guerre, g. GUIART, an 1304. Il XV" s. Il leur convenoit [à Pierre de Beuil et les autres qui ramenaient l'engin de là Réole] tenir le plus ample chemin pour leur charroy , FROISS. II, II, 5. S'estoient mis à pied hommes d'armes et archiers, et cloz de son charroy, commJ-

I, 3 Opina disant qu'on bruslast une partie de

charroy et qu'on sauvast seuUement l'artillerie, iD.; I, 4. Il XVI" s. L'artillerie et leur charroy [ils] gaignerent, J. mahot, v, 135. Le lendemain le roy fl^ mettre sus Son ost et camp, carroy, pouldres, babils, ID. V, 145, Et ainsi triste, eu haste s'en'alloit Par maint carroi [chemin], par maint cantoû'-êt place, MAROT, II, 278. Les Romains les mentyjejit tuans et batans jusques en leur camp et à leur.^jjft'roy, AMYOT, Marins, 34. Il faisoit mener uu.-jjMfid charroy de bateaux pour passer le Pau, qiind il lui plairoit, CARL. i, 41. Il n'y avoit place, tanton, carrefour, ny carroy.... id. m, 20. Aux carrois des rues, de cent pas en cent pas, paré, t. m, p. 706.

— ÉTYM. Voy, charroyer; Saintoiige, charroi; provenç. charrei.

CHARRON (cha-ron), s. m. Celui qui fait des chariots, des charrettes, des trains de voiture et particulièrement des roues. || Adj. Ouvrier, apprenti charron. Maître charron.

— HIST. xiii" s. C'est à savoir charpentiers, tonneliers, charrons, couvreurs de mesons, Z,trre des met. I04.||xvi' s. Charrons, voituritis, chartiers, amyot, Péric. 25.

— ÉTYM. Char; picard, caron.

CHARRONNAGE (cha-ro-na-j'), s. m. Art ou ouvrage du charron. Les pièces d'artillerie étaient bien montées, et le charronnage m'en parut anglais, CHATEAUB. Itin. II, 136. || Bois de charronnage, bois propre aux ouvrages de charronnage.

— ÉTYM. Charron.

CHARROYÉ, ÉE (oha-ro-ié, iée, ou cha-roi-ié, iée), part, passe'.

CHARROYER (cha-ro-ié ; quelques-uns disent cha-roi-ié), je charroie, tu charroies, nous charroyons, vous charroyez, ils charroient ; je charroyais, nous charroyions, vous oharroyiez; je charroyai; je charroierai; je charruierais ; que je charroie, que nous charroyions, que vous charroyiez; que je charroyasse; charroyant, v. a. Transporter sur des chariots ou charrettes.

— SYN. charroyer, CHARRIER. Cos deux verbes n'ont pas de différence de sens, puisqu'ils sont un seul et même verbe à deux prononciations; mais cette différence de prononciation a fini par faire, d'une part que charroyer est moins usité que charrier, et, d'autre part, que charroyer ne se prend jamais au figuré; ainsi l'on dit charrier droit, et non charroyer droit; le fleuve charrie du limon, et non charroie; la Seine charrie et non charroie.

— IllST. XII" s. Cinquante chars lui faites caroier, Ronc. p. 3. Il xiu" s. Ne vos estovra charroier, Ne çà ne là porter nul fais; X toz jors mèz vivrez en ]iais, Ren. 7608. 11 orent un engien qui moult fist à prisier, A clous et à chevilles l'orent fait atachier. Et par desous le pont mener et caroier, Ch. d'Ant.

CHA

IV, 254. Il XIV" S. Icelluy Montfaucon di.st au dit Grisart, qu'il avoit bien besoin de charroier droit, à quelle dit Grisartrespondit que c'estoient menaces, DU CANGE, assecurare.

— ÉTYM. Char. Charroyer est une autre forme de charrier.

t CHAltROYEUR (cha-ro-ieur ou cha-roi-ieur), s. m. Celui qui charroie.

— ÉTYM. Charroyer.

t CHARRUAGE (cha-ru-»-j'), s. m. Étendue qui peut être labourée avec une seule charrue.

— HIST. XVI" s. Les charruages [terres labourables], prez, vignes et estangs , Coustumier génér. t. I, p. 456.

— ÉTYM. Charrue.

CHARRUE (cha-rue), s. /". || 1° Instrument pour labourer la terre, qui consiste en un train monté sur deux roues, et un soc tranchant. C'est à Osiris que les Egyptiens attribuaient l'invention de la charrue, noel et carpentier, Dict. des orig. \\ Fig. Tirer la charrue, avoir beaucoup de peine, faire un travail continu. || Fig. C'est une charrue mal attelée, se dit d'une entreprise dirigée par des personnes qui ne s'entendent pas, d'un ménage qui va mah || Fig. Mettre la charrue devantles bœufs, commencer paroii l'on devrait finir. |{ Un cheval de charrue , un homme grossier et stupide. || 2° L'étendue de terre qu'on peut labourer avec un attelage de charrue. Cette ferme est de deux, de quatre charrues. || 3* Fig. L'agriculture. On reverra la charrue en honneur, pén. Tél. xii. Il 4° Terme de pêche. Sorte de filet à manche,

— HIST. xn" s. Ne la moussent li buef d'une chesrue, Ronc. p. 106. ||xni"s. De cel vilain qui si vos tue Et vos fet trere à la charrue, Ren. 7500. Carues tfe rentes doivent estre prisies, cascune jornée à ;deux quevai, deux sous par an, beaum. xxvii, 22. 'Se mors le fet de vie nu, Voisent lai [qu'ils aillent

là] dont ils sont venu : Si voist chascun à la char rue, RUTEB. 163. Il XV* s. Tournant à chaque propos la charrue contre les bœufs, Arrests d'amour, 53" arrest, p. 484, dans lacubne. ||xvi" s. Charrue do jeunes veaux. Chasse de jeunes chevaux, Et de jeunes faulcons la voilée Font rarement bone journée, LE ROUX DE lincy. Ptov. t. I, p. 165. Lcs chefs furent contraints d'obtempérer; car aux guerres civiles, quelquefois la charrue mené les bœufs, la NOUE, Discours, p. 8io, dans lacurne.

— ÉTYM. Picard, kérue, carue; norm. quiérue (Valogne) ; wallon, chèrowe ; namurois, chèreuwe; rouchi, fcèrwe; provenç. carruga; portug. charma; ital. corrwca; du latin carruca, voiture dont le nom général a passé spécialement à la machine à roues dite charrue.

t CHARRUYER (cha-ru-ié) , s. m. Charretier, laboureur. Terme vieux.

— HIST. XIII" s. Car lor cors ne vault une pomme Oultre le cors d'ung charruier. Ou d'ung clerc, ou d'ung escuier, la Rose, 18793.

— ÉTYM. Charrue.

CHARTE (char-f) ou CHARTRE (char-tr') , qui est aujourd'hui tout à fait tombé en désuétude et qui est seul dans le Dt'ct. de richklet, s. f. || 1° Acte concédant des franchises, des privilèges. Charte de commune. Charte d'affranchissement. Le serf pouvait, par une chartre de son seigneur, combattre contre toute personne, montesq. Esp. xxviri, 25. Il La grande charte, charie par laquelle Jean (• ii5), roi d'Angleterre, accorda certains privilèges, bases des libertés de la nation. Henri III confirma la grande chartre d'une manière très-solennelle, féh. xrii, 408. Il Chartes générales du Hainaut, ordonnance d'un archidQc, en 1019, contenant le recueil des anciennes lois du Hainaut. || Charte ou chartre normande ou aux Normands, titre contenant plusieurs privilèges ou concessions accordés aux habitants de Normandie le 1 9 mars 1 3 1 3 par le roi Louis X et confirmés à diverses reprises. On mettait dans la plupart des lettres de la grande chancellerie : Non obstant clameur de haro , charte normande à ce contraire, etc. || Lettres de charte, lettres de grande chancellerie qui attribuaient un droit perpétuel et contenaient cette adresse : X tous présents et à venir. Il La charte constitutionnelle, ou, simplement, la. charte, celle que Louis XVIll octroya en 1814, qui fut modifiée après la révolution de 1830, et abolie par celle de tsis. || Par suite, toute constitution accordée par un prince. I| Acte législatif qui „ en Angleterre et aux États-Unis, constitue une corporation. La charte de la compagnie des Indes. {| 2° Ancien titre. Si la chartre de quelque héritage était attaquée de faux, montesq. Espr. xxviii, 18. || L'école des chartes, école instituée pour apprendre à lire et à interpréter les chartes, diplômes, etc et

criA

en général pour étudier les titres, les institutions, les usages du miyen âge. || 3" Termo de commerce. Charte partie, acte qui constate lo louage de tout ou partie d'un navire. Nous ne fûmes pas plutôt arrivés qu'on nous demanda notre charte partie, qui est si nécessaire à la mer, que tout homme qui navigue sans l'avoir est pendable, betz , iv , 330. Ce mot vient d'un ancien usage ; au lieu de faire le double de l'acte, on le coupait en deux parties, dont les deui contractants gardaient chacun une. Partie est ici le participe passé du verbe partir, partager.

— iilST. XI' s. Les naïfs [serfs natifs] qui départent de leur terre ne deivent cartre faire. Lois de Guill. 33. Il est escrit es cartres et es brefs, Ch. de Hol. cxxv. 11 fist la chartre au moustier de Laon, ih. CLill. Faites faire errament Vos cliartres et vos briés [brefs] à clerz bien escrivanz, Sax. xxi. Vous porterez ma chartre où li seai d'or pend, tb.|| xiu' s. Vos et vûstre père lor avés juré leur convenances à tenir; il en ont vos Chartres, villeh. xciv. Amors de la chartre leUe A si la novele espandue Que jamÊs n'iert bons de vaillance Oui ne s'acort à la sentence, la Rose, 20884. Autant vaut fours qui ne cuist, comme chartre qui n'est uzée, beaum. l, 1. Cil qui ont tei manières d'uzages monstreut par chartre que le [la] coze lor fust otroiée par le segneur du liu, id. xxiv, 7. |lxv*s. Car estoient en la Gascongne trop anciennement chartes et privilégies du grand Charlemaigne, froiss, liv. i, p. 253, dans LACURNE, Et prenans la pièce d'une chartre, escripvirent à Joseph, disans: Paix soit à toy et à ceux qui sont avec toy, Perceforesl, t. vi, f° t24.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ilal. carta; du latin charta, du grec y.dcptn;, papier. Dans la forme chartre, l'r vient d'une assimilation fautive avec chartre, prison.

t CHARTIL (char-ti ; \'l est toujours muette), s.m. Il 1° Le corps d'une charrette. || 2° Appentis qui sert de remise dans les basses-cours pour les charrettes, les charrues et les autres instruments de campagne. Emplissant à milliers Greniers, granges, ohartils et caves et celliers, hégnieh, Sat. xv.

— HIST. xiii* s. Fourches, fleaus, restiau», fauches, ne doivent riens de tonlieu, ne charetil, ne chevron dolé, Liv. des met. 323. Si me jetent el charretil, lien. H67. Cil saillirent au charretil Où il cuidierent Renart prendre; Mais il ne volt pas tant atendre, ib.

— ÊTYM. Charrette, par l'ancienne forme charretil; picard, carti; Berry, chdrtil, chartiou; Saintonge, chartis.

t CHARTISME (char-ti-sm') , s. m. Doctrine des chartistes qui a un caractère socialiste.

tCHARTISTE (char-ti-sf), s. m. Les chartistes, parti anglais formé récemment, et réclamant l'adoption d'une charte démocratique qu'il a rédigée et qui contient des réformes sociales. || Chartiste s'est dit aussi, en Portugal, de ceux qui étaient partisans de la charte de Don Pedro contre Don Miguel.

— ÈTYM. Charte.

t CUARTOGHAPHE (kar-to-gra-f ) , s. m. Celui qui s'occupe de chartographie. On écrit plus souvent cartographe.

t CIIARTOGRAPHIE (kar-to-gra-fie), s. f. Voy.

CARTOGRAPHIE.

t CUARTON (char-ton), s.m. Voy. ciiarreton.

Page 1