‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 375 sur 504 · FROISS. 11, II · texte numérisé non relu

FROISS. 11, II

— ÉTYM. Chartre 4.

CHARTREUSE (char-treû-z') , s. f.\\i' Couvent de chartreux. Moins au courant des progrès de l'esprit que les moines enfermés dans les cellules des chartreuses, DiDER.Swri'/ii'jt. du Parlement. \\ 2° Petite maison de campagne isolée. || 3° Terme de cuisine. Mets composé de plusieurs légumes. ||4' Variété de tulipe. Il B° Sorte do liqueur, composée par les moines de la Grande-Chartreuse (près de Grenoble) avec les plantes aromatiques des montagnes et de l'eau-de-vie.

— ÉTYM. Chartreux.

CHARTREUX (char-treû), s.m. \\ 1° Religieux de l'ordre fondé par saint Bruno en l'an 4 080. Les règles des chartreux sont très-sévères. Le jeûne et le silence continuel , l'abstinence de chair même dans les grandes maladies, la clôture perpétuelle et le cilice qu'ils ne quittent jamais, des prières pendant une partie du jour et de la nuit, telles sont les principales parties de la discipline des chartreux. 11 y a quelques couvents de religieuses chartreuses. Les chartreux sont les premiers qui prirent des frères lais pour les services extérieurs. || Poudre des chartreux, kermès minéral. || 2° Chartreux, ou, adjectivement, chat chartreux, chat d'un gris bleuâtre. Il 3° Espèce de champignon de la couleur du chat chartreux.

— HIST. xv* s. Entre chartreux ou reclus A-il point fait sa retrete? ch. d'orl. Rond.

— ÉTYM. Cartusiensis , de Catursiani montes, nom des montagnes où ces religieux se sont d'abord établis, ou de C« (ormiutn, Coturiiiium, Chatrousse, nom du village du Dauphiné auprès duquel fut fondé leur premier monastère.

CHARTRIER (char-tri-é; Vr ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : les char-tri -é-z et les chartes), s. m. il 1° Lieu où l'on conservait les chartes du royaume, d'une abbaye. || 2° Recueil de ces chartes. Richard enleva à Philippe-Auguste son chartrier qui le suivait partout, volt. Mœurs, 60. || 3° Celui qui était préposé à la garde des chartes. Qu'un vieux carme Chartrier Ait pour arme L'encrier, v. hugo, Bail. xii.

— ÉTYM. Chartre t. Dans l'ancienne langue, chorfrter a aussi signifié geôlier, venant de c/iortre 2.

CHARYBDE (ka-ri-bd'), ». m. Gouffre situé dans le détroit de Sicile, vis-à-vis d'un écueil appelé Scylla. l|Fig. Tomber de Charybde en Scylla, n'échapper à un mal que pour tomber dans un autre.

— ÉTYM. Charybdis, en grec XâpuëSiç.

4. CHAS (châ; Vs se lie : un châ-z étroit), s. m. (I 1° Trou d'une aiguille. || 2° Instrument de maçon, qui est une plaque carrée de métal, percée d'un trou par lequel passe le fil auquel on suspend un plomb.

— HIST. XIV s. X Jehan Cossart donnons un chas de maison avec la place derrières, du cange, cImssum. Et après se ala coucher en une petite chamlire tenant au dit chas ou cuisine, m. th. || xvi' s. [Le puissant du monde] Rare exemple de Dieu, quand, par le chas estroit D'une aiguille, il enfile un cable qui va droit, d'aub. Tragiques, iv, les Feux.

— ÉTYM. Picard, case, trou d'aiguille. Chas est le masculin de châsse, signifiant ce qui enserre, enclôt, entoure; qI châsse venant de capsa, c/ioi vient du bas-latin capsum, capsus, qui est le méiae que capsa. Chas de maison, de l'ancien français, signifie une clôture.

t 2. CHAS (châ), ». m. Colle à l'usage du tisserand. Il Colle d'amidon qu'on tire du grain par expression.

fCHASSABLE (cha-sa-bl') , adj. Qui est bon à chasser.

— HIST. xiv s. Tu congnoistras le jeune cerf de la biche par les traces, et aussi le grand cerf du jeune, et s'il est chaçable ou non, Modus, ^ vu, verso. C'est le signe qu'il soit cerf chaçable et cerf à dix cors, Modus, t'yni.

— ÉTYM. Chasser.

CHA

CHASSE (cha-s'), s. f. || f Action de chasser, de poursuivre les animaux pour les manger o.i les détruire. La chasse au vol ou du vol. Chasse à courre. Classe au tir, au tiré; on dit aussi : la chasse à tir Mettre ses chiens en chasse. Pays de chasse. Chien de chasse. Permis de chasse. Rendez-vous de chasse. Chasse aux chiens courants, au lévrier, à l'oi-seau. Partie de chasse. La chasse du renard. Ils s'en allaient à la chasse. Au retour de la chasse. L'aigle donnait la chasse â maître Jean Lapin, Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite, la po.nt. Fabl. II, 8. N'ai-je pas bien servi dans cette occasion. Dit l'âne en se donnant tout l'honneur de la chasse? ID. tb. Ii, 4 9. || Grande chasse, ou chasse à la grande bête, celle qui comprend le cerf, le daim, le chevreuil, etc. |! Habit de chasse, costume porté par les chasseurs qui accompagnent le roi , l'empereur, les princes , les grands seigneurs. || Rompre lâchasse, troubler la chasse ou même l'interrompre. Il Chasse volante, poursuite que, d'après une opinion superstitieuse, les démons font des âmes après la mort. || Kig. Donner la chasse, poursuivre, courir sus, repousser. Donner la chasse aux ennemis. Donnant la chasse aux Tartares, sÉv. 220. M. de Grignan donnera la chasse à ces démons, id. 546. II donne la chasse aux vices, boss. Union. Que me faudra-t-il faire? Presque rien, dit le chien : do;irior la chasse aux gens Portant bâtons tt mendiants. Flatter ceux du logis, à son maître complaire, la FONT. Fabl. I, 6. |[ 2° Etendue de terrain pour la chasse. Ce propriétaire a une belle cha.sse. Les chasses royales. {| 3° Le gibier pris ou tué à la chasse. Je vous ferai manger de ma chasse. Faire bonne, mauvaise chasse. || 4° Les chasseurs, l'équipage de la chasse. Suivre la chasse. La chasse a passé par là. Il B'Terme de musique. Air ou fanfare de chasse, air à 6/8, d'un mouvement vif, composé pour les trompes ou cors de chasse, c'est-à-dire dans le mode majeur, et revenant particulièrement sur les notes de l'accord parfait. Sonner une chasse. || Symphonie, ouverture, chœur, dont les efl'ets tendent à imiter l'action d'une chasse, || 6» Terme de marine. L'espace que peut avoir, autour de lui ou au-dessous de lui, un bâtiment en mouillage. || Chasse de proue, les canons qui sont placés à l'avant du vai.sseau. Il Donner cha.çse, poursuivre un navire. || Soutenir la chasse, seconder le vaisseau qui la donne; et aussi fuir aussi vite qu'on est poursuivi. || Prendre chasse, fuir à toutes voiles pour se dérober à la poursuite. Il Appuyer une chasse, poursuivre vigoureusement. Il Lever, abandonner la chasse, cesser de poursuivre. Il Maintenir, continuer la chasse, continuer à poursuivre. || 7° Facilité qu'a une voiture de se porter plus ou moins en avant. Ce cabriolet a peu de chasse. || Espace où le jeu de certaines pièces d'un métier peut s'exercer en liberté. {| Dans une lunette, toute la corne où le verre est enchâssé. || 8° Terme de jeu de paume», Le lieu où la balle finit son premier bond. Chasse au pied de la muraille, ou, simplement, chasse au pied. || Chasse morte, coup perdu. Pig. et familièrement, chasse morte, affaire commencée que l'on ne poursuit pas. || Fig. Marquer une chasse , relever une parole, une circonstance dont on veut faire son profit. || 9' Terme de ponts et chaussées. Ecoulement rapide de l'eau pour chasser ce qui obstrue unchenal ou une rivière. || Ecluses de chasse, écluses destinées à nettoyer un bassin, un chenal. Il 10° Huîtres de chasse, les huîtres apportées par les chasse-marée. || 11' Terme de pêche. Filet tendu sur des piquets. |1 Chasse ouverte, verveux auquel on ajoute un filet horizontal tendu d'une aile à l'autre. Il 12° Charge de poudre qui, mise au fond d'une pièce d'artifice, la chasse. || Terme de chimie. Feu de chas,se, feu violent dans un fourneau. ||13° Maçonnerie qui garantit le verrier de l'action du feu. Il Partie d'une balance, au milieu de laquelle es! placée l'aiguille. || Partie du métier de tisserand qui frappe la trame après chaque coup de navette. Il Sorte de niveau à l'usage du maçon. Chasse à parer, outil pour finir une surface plane. || Chasse carrée, sorte de marteau à deux têtes. || 14'Terme d'imprimerie. Nombre de hgnes qu'une page d'impression a de plus qu'un cert;ùn modèle donné. Il Proverbe. Qui va à la chasse perd sa place.

— HIST. XII' s. Trgsqu'à la porte est la chace [de l'ennemi] durée, Ronc. p. 4 46. ||xui's. Etlorsorentil plus grant bataille , et tous retindrent avoec eus cels qui venoient en la chace qu'il porent retenir, viLLEH. cxLiv. Droit au Mans le roy [il] mené, s'a la chace laissie, Berte, cxix. Cresus se mist tantost en fuie. Quant il se vit seul en la place, Sans encombrement et sans chace, la Rose, 8624. Mes amors si forment m'atire, Que par tretous mes pensers

CHA

chace, Cum cil qui partout a sa chaCe, Et tous jors tient mon cuer sous s'ele [sous son aile], ib. 4«b2. Il XV* s. Finalement, les archers qui là estoient furent déconfits et mis en chasse, Fiioiss. I, i, 3'. Tandis qu'ils s'entretenoient en tel point, il vint accourant sur eulx une chasse [troupe] de douze chevaliers dont ils ne se donnoient garde, Perceforest, t. I, ^ 139. Toutefois fcist il tant de prouesses sur Salphar que desmonté l'eust, se ne fust esté Lucides qui adviséement tourna une chasse sur eux qui par force les feist départir, ib. t. vi, f" 3«. Il scot trop de chasse qui a esté veneur, le boux de lincy, Prov. t. II, p. 73. Il rencontra le comte do Peraude.... auquel il donna la chasse, Bouciq. i, ch. 29. Il XVI" s. Hz donnoient la chasse à quelques galères d'Athènes, myot, Aie. 66. Il yavoit force aibale-stes de courte chasse pour assener de près, m. Marcel. 26. Six grandes coulevrines de dix-huict pieds de chasse, pour battre aux deffenses, carl. vu, 7. Bref la chasse au poisson me seroit le plaisir Sur tous autres plaisirs que je voudrois choisir, n. bellEAU, Bergeries, t. I, p. ^5, dans lacurne. Il n'est chasse que de vieux chiens, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 73. II ne nous advint jamais de parler des Jésuites, car lors c'estoit une chasse morte, ou, pour mieux dire , saincts qu'on ne festoit nullement,

PASQUIER, Lettres, t. II, p. 669, dans LACURNE.

— ÉTYM. Voy. CHASSER ; bourguig. chaisse; picard, cache; provenç. cassa; espagn. casa; portug. eaça; ital. cnccia.

CHASSE (châ-s') , s. f. Il l" Sorte de boîte ou de coffre qui contient les reliques d'un saint. On fit promener dans Paris la châsse de sainte Geneviève, VOLT. Louis XIV, 5. J'ai brûlé trois cierges de cire Sur la chiisse de saint Gildas, v. hugo. Bail. a. Il 2° Sorte de manche composé de deux lames mobiles réunies seulement vers la partie qui tient à la lame de l'instrument. La châsse d'une lancette. Il Monture servant d'encadrement. La châsse d'un verre de lunette. ||La châsse d'une balance, le fer qui soutient le fléau. || Terme d'orfèvrerie. La partie de la boucle où est ie bouton.

— HIST. xii« s. Je vous dorrai tôt le trésor de l'arche; Ne demorra [restera] ne galice ne chasce, Li eoronemens Looys, v. 450. Li casse où li saintuaire ert, rendi si grant odor, que il sembla à tous que paradisfutouvers, LABORDE, Émaux, p.209.|| xni's. Oildui piler d'ivire estoient Moult gent, et d'argent sostenoient Une ymagete en leu de chasse, la Rose, 2(000. Puisqu'elle fu mise en la chasse, roteb. ii, 223. Il XV' s. Pour l'ouvrage et faczon d'une chasse et fierté d'argent, verée et ouvrée à ymages de appoustres, à pinnacles et tabernacles pour mettre les reliques de Monsieur saint Mallou, laborde, ib. p. 209. Il XVI' s. Figure de deux historiés courbées, dont l'une est ouverte , l'autre enfermée dans son manche ou chasse, paré, vi, 8.

— ÉTYil. Berry, cMsse, bierre, cercueil; du latin capsa (voy. caisse).

t. CHASSÉ, ÉF, (cha-sé, sée) , participe passé. Il i' Poursuivi par les chasseurs. Sangliers chassés et pris. 112" Expulsé. Hippias est chassé, la tyrannie des Pisistratides est entièrement éteinte, Boss. Hist. I, 8. Son père, chas.sé, au berceau, du palais des rois et de sa patrie, dont il avait été reconnu l'héritier légitime, volt. Louis XV, 26. || Fig. La timidité chassée par le besoin. || 3° Renvoyé. Un domestique chassé par son maître.

2. CHASSÉ (cha-sé), «. m. Terme de danse. C'est d'abord le mouvement par lequel on chasse (voy. chasser); il ne prend qu'un temps ou la moitié d'une mesure comme le pas ordinaire. Chas.sé est aussi le nom d'un pas figuré qui se fait de côté à droite ou à gauche, dans lequel il y a un chassé au second temps , et qui se termine par un assemblé. En ce sens le chassé prend 4 temps ou 2 mesures.

— ÉTYM. Chassé t .

t CHASSE-AVANT (cha-sa-van), s. m. Surveillant des ouvriers dans les grands ateliers. || Fig. Celui qui excite les autres. || Au plur. Des chasseavant.

— msT. XVI" s. Cela s'exécuta tellement quellement par les mains des soldats, qui avoient pour chasse-avant les canonades, d'aub. Jfist. il, 368.

— ÉTYM. Chasser, pousser, et avant.

] CHASSE-BONDIEU(cha-se-bon-dieu),.f. m. Morceau de bois qui sert aux scieurs de long à enfoncer leur coin. |1 Au plur. Bes chasse-bondieu.

t CHASSE-BOSSE (cha-se-bo-s') , s. f. Nom vulgaire de la lysimachie {lysimachia lutea, L). || Au plur. Des chasse-bosse ou chasse-bosses.

— ÉTYM. Chasser, et bosse, à cause de la Tertu qu'on lui attribue dini im contiuioDa

CHA

t CHASSE-CARRÉE, S. f. Voy. chasse carrée, au mot CHASSE, n" ts.

t CHASSE-CHIEN (cha-se-chiin), s. m. Portier, bedeau. || Au plur. Des chasse-chien ou chassechiens.

t CHASSE-COQCIN (cha-se-ko-kin), s. m. Populairement, bedeau. Ce Boileau qui fut autrefois Le chasse-coquin du Parnasse, N'est plus sur l'Hélicon françois Ce Boileau qui fut autrefois; Phébus, le voyant aux abois. Dit aux muses : vite, qu'on chasse Ce Boileau qui fut autrefois Le chasse-coquin du Parnasse, Ancienne épigramme contre Boileau. Il Auplur. Des chasse-coquin ou chasse-coquins.

CHASSE-COUSIN (cha-se-kou-zin) , s. m. \\ 1° Mauvais vin, ou tout ce qui est propre à éloigner les parasites. Il 2° Fleuret ne pliant pas, qui est propre à bourrer ceux qui font assaut. || Au plur. Des chassecousin ou chasse-cousins.

— ÉTYM. Chasser, écarter, et cousin, dit ici pour celui qui abuse du titre de parent pour s'inviter trop souvent.

t CHASSE-CRAPAUD (cha-se-kra-p6), s. m. Engoulevent, oiseau. || Au plur. Des chasse-crapaud ou chasse-crapauds.

— ÉTYM. Chasser, et crapaud, à cause de la chasse qu'il donne aux crapauds.

t CHASSÉ-CROISÊ (cha-sé-croi-zé) , s. m. Pas figuré par lequel le cavalier fait un chassé à droite et ensuite un déchassé en passant derrière sa danseuse , et celle-ci fait devant son danseur le chassé à gauche et le déchassé à droite. Le chassé-croisé occupe 8 temps ou 4 mesures. || Fig. et dans le style familier et moqueur, chassé-croisé, se dit en termes de théâtre, de quatre personnages divisés en deux couples, qui font l'un par rapport à l'autre exactement la même chose. Ce mot se prend surtout en parlant de .situations déjà connues et dont on "est rassasié. Il Chassé-croisé se dit aussi des gens qui s'arrangent pour ne faire que changer de places, d'emplois. Le changement du ministère ne fut qu'un chassé-croisé.

— ÉTYM. Chassé, et croisé.

t CHASSÉ-DÉCHASSfi ( cha-sé-dé-cha-sé ) , s.m.

Voy. CHASSEZ-DÉCHASSEZ.

t CHASSE-DIABLE (cha-se-dia-bl') , s. m. Un des noms du millepertuis. || Au plur. Des chassediables.

t CHASSE-ENNUI (cha-san-nui) , s. m. Ce qui est propre à chasser l'ennui. Le vin est parfois un bon chasse-ennui. \\ Au plur. des chasse-ennui.

I CHASSE-FLEUREE (cha-se-fleu-rée) , s. f. Planche qui sert au teinturier à écarter l'écume de la surface de la cuve. || Au plur. Des chasse-fleurée ou chasse-fleurées.

— ÉTYM. Chasser, écarter, et fleur (d'écume).

t CHASSE-GOUPlLLE(cha-se-gou-pi-ll', Umouillées) ,s. m. Outil d'urmurier. 1| Au plur. Des chassegoupille ou chasse-goupilles.

— ÉTYM. Chasser, pousser, et goupille.

t CHASSÉ-HCIT (cha-sé-uif) , s. m. Voy. chassezhuit.

CHASSELAS (cha-se-lâ) , s. m. Raisin blanc estimé pour sa délicatesse.

CHASSE-MARÉE (cha-se-ma-rée) , s. /. || 1" Voiture qui transporte le poisson de mer. || Le voiturier même. || Familièrement. Aller un train ou d'un train de chasse-marée, aller fort vite. || 2» Sorte de bâtiment côtier, ponté et à deux mâts. {| Au plur. Des chasse-marée.

— REM. L'Académie qui, au mot chasse -marée, ne dit rien du pluriel, écrit, dans un exemple au mot chasse, des chasse-marées. Il est bien plus naturel d'écrire des chasse-marée; car les chasse-marée chassent, c'est-à-dire mènent en hâte la marée bien plutôt que les marées; marée ne se disant pas en ce sens au pluriel.

— HIST. XV" s. Se chevaulx à chasse marée Estiez, qui chascun jour sont las, S'estable aviez bienaprestée. Coucheriez vous à tout le bas [avec le bât]? E. DESCH. Poésies mss. f" 439, dans lacurne. D'une qui se fourre en ces trous. Sur le soir, quand la lune luyt , Elle chasse les loups garous Et les chassemarées de nuyt, coquill. Droits nouveaux. \\ xvi" s. Six jours après je la trouvay hors la porte Montmartre sus un cheval de bast, jambe deçà, jambe delà, qui rioit à gorge desployée, et s'en alloit avec les chassemarées, paré, xix, 25, Une [clochette] Pendant au col, mal assurée, D'un cheval de chassemarée, r. belleau, Œuvres, t. 11, p.*», dans

LACUBNE.

— ÉTYM. Chasser, et marée.

CHASSE-MOUCHE (cha-se-mou-ch'), s. m.

Il !• Sorte de balai ou d'éventail pour chasser les

CHA

mouches. || J" Filet à cordelettes pendantes dont on garnit les flancs des chevaux pour les garantir des mouches. || Au plur. Des chasse-mouche ou chassemouches.

t CHASSE-MULET (cha-se-mu-lê) , t. m. Valet de meunier. Il Au pJur. Des chasse-mulet ou chassemulets.

t CHASSE-NOIX (cha-se-not), ». m. Outil d'armurier, espèce de chasse-goupille. || Auplur. Des chasse-noix.

t CHASSE-PARTIE (cha-se-par-tie), s. f. Accord par lequel les aventuriers règlent ce qui doit revenir à chacun pour sa part. || Au plur. Des chassesparties. •

— ÉTYM. Partie est ici le participe passé du verba partir, partager : chasse partagée.

t aiASSE-PIERRES (cha-se-piê-r") , s. m. Appareil fixé en avant des roues d'une locomotive sur un chemin de fer pour écarter ce qui fait obstacle. Il Au plur. Des chasse-pierres.

t CHASSE-POIGNÉE (cha-se-poi-gnée), s. f. Outil pour chasser la poignée d'une épée sur la soie de la lame. |1 Au plur. Des chasse-poignée ou chasse-poignées.

t CHASSE-POINTE (cha-se-poin-f) , t. f. Outil pour chasser les pointes ou goupilles d'un ouvrage quelconque. || Au plur. Des chasse-pointe ou chassepointes.

t CHASSE-PUNAISE (cha-se-fu-nê-z'), s. f. Nom de la cimicaire. || Au plur. Des chasse-punaise ou chasse-punaises.

CHASSER (cha-sé), v. o. || 1° Poursuivre le gibier, les bêtes fauves, pour les tuer ou les prendre. chasser le renard. || Il se dit aassi des animaux qui poursuivent une proie. Le lion chasse les gazelles. L'aigle chassant les oiseaux, les lièvres et les lapins. Il 2° Terme de marine. Chasser un navire, lui donner chasse, le poursuivre. || Chasser la terre, s'en approcher. Il 3° Faire marcher devant soi, pousser en avant. Chasser les sangliers dans les toiles. Il Par extension, chasser l'ennemi devant soi, le forcer à se retirer, le poursuivre. || Pousser en avant. Le vent chasse la pluie , la neige de ce côté. Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui, rac. Esth. m, 3. || La poudre chasse le plomb. Il eût fallu 1 60 livres de poudre pour chasser de tels boulets, volt. Mœurs, 9(. Il Chasser un clou, le faire sertir avec un marteau de l'endroit où il est entré. || Chasser à force, ou, simplement, chasser, faire entrer de force. Chasser à force un clou ou une cheville. Les tonneliers chassent à force les cerceaux pour bien serrer les douves. Il Terme de manège. Chasser son cheval, le porter en avant en serrant les jambes. || 4° Mettre dehors, forcer de sortir, au propre et au figuré. Chasser quelqu'un du sénat. La nuit nous chassa de la forêt. Il fut chassé du théâtre au milieu des sifflets. Chasser du corps un poison. Chassez les craintes qui vous obsèdent. Les remèdes qui chassent les fièvres. Vous pouvez, comme maître absolu de son sort. Le servir, le chasser, le livrer vif ou mort, corn. Pomp. 1, t. C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé, rac. Phèd.n, 6. Puisque c'est la chasser, Seigneur, je me retire, corn. Nicom. m, 6. Son amour conjugal chassant le paternel.... ID. 16. m, 7. Quel péril ou plutôt quel chagrin vous en chasse? rac. Phèd. 1, t. L'ardeur de s'enrichir chassa la Lonne foi , boil. ^ptl. ix. Rien ne peut chasser cette image cruelle, mol. Psyché, 1, t. Chassez de vos regards la plainte et le reproche, VOLT. Zaïre, u, t . || Poétiquement. Le jour a trois fois chassé la nuit obscure, rac. Phèdr. i, 3. || Ecarter ce qui importune. Chasser les mouches. I-e vinaigre chasse le mauvais air. || Fig. En termes d'escrime, chasser les mouches , parer au hasard, jj 5" Congédier, renvoyer une personne par mécontentement. Chasser un domestique. Il 6° V. n. Chasser au fusil, au furet, au chien courant, aller à la chasse des animaux avec un fusil, un furet, etc. Chasser à beau bruit. Chasser à cor et à cri. || Chasser au loup, au renard, faire la chasse du loup, du renard. || Chasser bien, se dit d'un chien qui se comporte bien à la chasse. Il Chasser de gueule, aboyer en parlant d'un limier, qui naturellement est secret. Se dit aussi d'un braque ou d'un épagneul qui mène à la voix un lièvre ou un lapin. Il Ce chien chasse de haut vent, il chasse contre le vent. |1 En parlant des chiens, chasser de race, chasser par race , par le fait de la race (de ici est pour par). Il Absolument et fig. Être d'ancienne race. Je prétends être noble, etnon pas. Dieu merci, De ceux qui seulement le sont cosi, cosi (couci-couci); Je chasse de plus loin , et ferais bien voir comme L'aïeul de mon aïeul était très-gentilhomme, th. çDws.Von

CHA

Bfrtran de Cigaral, iv, t.\\ Fig. Donner la chasse, poursuivre pour prendre.... Les Delliys et les Slaves, Vils esclaves dressés à chasser aux esclaves, lamart. Ilarnid, 34. Aux maris gaîment vous chassez; Pour vousje suis trop jeune encore, bébang. Passez}, filles. Il l'ig. et famili^^rement, chasser sur les terres d'au- Irui, entreprendre sur les droits de quelqu'un, sur ses attributions. || Fig. et familièrement, cet homme chasse bien au plat, il a bon appétit, il mange volontiers chez les autres. || Kamilitrement, leurs chiens ne chassent p^ ensemble, se dit de deux personnes qui ne sont pas en bonne intelligence. Il 7" Terme de marine. Ce bfttiment chasse sur les ancres, il les entraîne, et leuj fait labourer le fond. Dans la nuit du 22 au 23, le bâtiment chassa sur son ancre, chateaud. Ilin. ii, 8«. || Cette ancre chasse . elle ne tient pas le fond de la mer. || Chasser Ma côte, chasser sur un navire, se dit d'un bâtiment que lu vent ou le courant entraîne à la côte, sur un autre bâtiment. || 8° Aller, avancer, venir. Les nuages chassent du N. 0. || 9" Terme de métier. Commencer à étendre l'or et l'argent avec un marteau. Il 10° Terme de ponts et chaussées. Ouvrir l'écluse de chasse. || 11° Cette voiture chasse bien, elle roule avec facilité. || Terme d'imprimerie. Remplir beaucoup d'espace avec peu de composition. Si TOUS chassez beaucoup, l'espace vous manquera. Il Occuper beaucoup d'espace, en parlant d'un caractère. Ce caraclère chasse trop. || 12° Terme de danse. C'est d'abord ramener un pied derrière l'autre qu'on avance aussitôt, comme quand les militaires changent de pied pour .se mettre au pas; il ne faut pour cela qu'un temps ou une demi-mesure. Dans un second sens, c'est exécuter le pas figuré appelé chassé, lequel prend quatre temps. || 13° Se chasser, v. réfl. Se chasser l'un l'autre, s'expulser réciproquement. Les enfants de Cassandre se chassèrent les uns les autres de ce royaume, Boss. Hist. I, 8. || Être pris à la chasse. Les alouettes se chassent au miroir. Il Proverbe. Bon chien chasse de race, c'est-à-dire on ne doit pas être surpris que le fils fasse comme

son père de race Communément fille bâtarde

chasse, la font. Fer. .le suis un peu coquet, tu n'es pas mal coquette.... Nous chassons tous de race et le mal n'est pas grand, regnard, le Distr. m, 3. |l Un clou chasse l'autre, c'est-à-dire un goût nouveau fait oublier les autres, et aussi en parlant d'une personne qui est supplantée par une autre, qu'une autre fait oublier. || La faim chasse le loup hors du bois, c'est-à-dire la nécessité fait faire ce qui déplaît, ce qui répugne.

— HIST. XI' s. Par vive force les en cacerent Franc, Ch. de Roi. cxxiii. || xii' s. Muetes de chiens lui donner pour chachier, Ronc. p. 3. Enz en un bois erent [ils étaient] allé chacier, ib. p. <64. Haï me vous [me haïssez vous], que tant vous travailliez Qu'aie [que j'ai] mari et de ci me chaciez? Uomaneero, p. 74. Et Challemaine d'Aix de la terre chacier, Sax. VI. Il XIII" s. Car cil qui chace adès et riens ne prent, 11 emploie sa peine malement , MÂTZNER, p. 82. Qui dcux choses chace ne l'une ne l'autre prent, le roux de lincy, Prov. t. li, p. 74. On dit pieça.... Que tex cache [cherche] le mal d'autrui, Que li max retourne sour lui, Bl. etjeh. 3391. Et tout au derrière il se tient, Pour desfendre les bateliers. Se nuls le chasse par derriers, ib. 44(3. Mes la faim qu'il avoit as denz, Qui en chasse le leu du bois, lien. 4909. Et pieça dist-on : Qui fuit, il trueve qui le cache, beaum. 56. Cil GuiUaumes.... chassoit l'autre jour Un lièvre qui ert à séjour, ruteb. 290. Et le roy se loja à Iles dont il les avoit chaciés, joiNV. 204. Se le roy de France nous envoioit maintenant par ses messages à chascun cent mars d'argent, nous ne les chacerions pas hors, ID. 259. Il descendirent à pié et l'alerent trouver là où il chassoit aus bestes sauvages, m. 235. || xiv» s. Un chien quant il chace bien, oresme, Elh. ix, tB. Au temps ' que cil oisiau sau^ge Chantent doucement maint langage, fj] Aloie seuls par un boscage Un cerf chaçant, la Lande dorée. || xv" s. Quand ceux de l'embusche virent comment les François chassoient [poursuivaient], fboiss. ii, ii, 06. Les Allemans ne chassèrent que ce soir et puis se retyrerent sans marchev îprès luy [à la défaite de Morat], comm. v, S. Autant vault celui qui chasse et rien ne prend Tomme jului qui lit et rien n'entend, le roux de LiNtï, t. II, p. 73. Seigneurs, dit le chevalier, vous chassez [cherchei^ bien votre malheur ; car se nous avions nos chevaujc, nous vous ferions danser avec ei\e Perce forest, t. i, f° 67. Jehan de Humieres caclia [poursuivit] ce jour si avant, qu'il ne peut retourner, et fut eumené prisonnier dedens la ville, pierre de FEsiM, 144 2. [\ xvf 8. Comme aveiUes

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chassent les freslons d'entour leurs rousches, hab. Gar. I, 40. Et y eust demouré quelque espace, n'eust esté que la peste les en chassa, id. Panl. ii, 5. Je luy dis qu'il se levast soubs couleur de nous chas.ser [faire sortir], mont.i, 95. Ceulx qui chassent les éléphants.... id. ii, (76. En ces entrefaittes Tarquinius fut chassé de son royaume, amïot, Publ. 25. Les ennemis cessèrent de les chasser et poursuivre plus oultre ce jour là, id. Cam. 64. Hz chassoient aux bestes sauvages avec des pièges et des fosses, id. Fab. I. Leurs arcs chassoient la tlesche avec une roideur et une impétuosité merveilleuse, ID. Cras.ms, 46. Le vent leur chassoit la pluye contre les visages, id. Pomp. (9. Chasser aux blancs moyneaux [perdre son temps à poursuivre une chose inutile], le roux de lincy, JProv. t. ii, p. 73. Par la dite coustume locale le seigneur a droit que nuls meuniers estans en la ditte baronie ne peuvent ou doivent chasser et aller quérir les bleds des sujets de la dite baronie, Coustumier général, t. ii, p. 54. Mettant l'un des deux canons de son petit pistolet à l'endroit du permis, le deschargea tant heureusement qu'il chassa la baie au travers de l'estomach d'un des trois compagnons. Nuits de Straparole, t. ii, p. 213, dans lacukne. L'on ne peut mener chasser ou faire paistre ses bestiaux sur l'héritage d'autruy sans congé et licence. Nouveau eouslumier gén. t. i, p. 460,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. chaissai; picard, cacher; wallon, chèsi; provenç. cassar ; espagn. cazar; anc. espagn. cabiar ; portug. caçar; ital. cacciare. En partant des formes romanes, on est conduit à un verbe captiare qui leur correspond simultanément et qui est une altération de capture (voy. capter) , indiqué comme étymologie de chasser par Ménage et par Diez; en effet on trouve dans Du Cange , captator , chasseur, cap lare , chasser, captatio, chasse.

f CHASSE-RAGE (cha-se-ra-j'), s. f. Voy. paspe- RAGE. Il Au plur. Des chasse-rage.

CHASSERESSE (cha-se-rè-s') , a:lj. féminin poétique de chasseur. Une Diane chasseresse. Les nymphes chasseresses. i| S. f. Une chasseresse.

— ÉTYM. Chasseur.

t CHASSE-RIVET (cha-se-ri-vè) , i. m. Outil pour river les clous en cuivre. || Au plur. Des chasserivet ou chasse-rivets.

t CHASSE- RONDELLE (cha-se-ron -dé- 1') ou CHASSE-ROUE (cha-se-roue) , s. m. Outil de charron, Il Au plur. Des chasse-rondelle ou chasse-rondelles.

t CHASSE-ROUE (cha-se-roue) , s. f. Voy. chasserondelle.

f CHASSETOJÎ (cha-se-ton) , s. m. Un des noms vulgaires du grand-duc.

CHASSEUR, EUSE (cha-seur, seû-z'), adj. ||l°Qui chasse. Dircé les suit; Doris plus vive qu'elle. L'honneur des bois, la chasseuse Doris, Passe de loin Dircé, Nice et Chloris, malfil. Narcisse, ch. iv. |l 2° S. m. et f. Il s'est dit grand chasseur, et nous a priés tous Qu'il put avoir le bien de courir avec nous, MOL. Fâcheux, n, «. Quel diable de plaisir trouvent tous les chasseurs De se voir exposés à mille et mille peurs? id. ib. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches; les premiers héros se signalèrent dans ces guerres.... Nemrod, le premier guerrier et le premier conquérant, est appelé dans l'Écriture un fort chasseur, lioss. IHst. i, 2. || Fig. Mais quelest le chasseur de millions qui s'arrête? Balzac (le romancier), dans le Diet. de poitevin. || 3° Domestique occupé dans une terre à chasser pour son maître. ]| 4° Domestique en livrée de chasse, qui monte derrière la voiture du maître. || 5° Se disait autrefois de soldats choisis entre les plus agiles pour former une compagnie d'élite dans un bataillon. Il Aujourd'hui nom de certains corps de troupes d'infanterie et de cavalerie légère. Régiment de cha.sseurs. Un chasseur d'Afrique. || Nom des compagnies du centre dans la garde nationale. || 6° Terme de marine. Navire qui donne la chasse à un autre, et, adjectivement, le vaisseau chasseur. ||7° Terme dépêche. Harengs de chasseurs, ceux que des allèges prennent des pêcheurs et livrent promptement au commerce. ||8° Chasseuse, s. f. Araignée sans toile qui prend sa proie à la course.

— HIST. XI* s. Les altres quatre [chevaux] chaceurs e palefreiz. Lois de Guill. 22. || xiii* s. Sur un bon chaceour [cheval de chasse] le cerf il parsuivi, Berte, cvm. Si s'ert vestuz e aturnez. Sur son chaceOr est muntez. Lai del deiire. || xv* s. L'homme qui list et rien n'entend. Semble au chasseur qui rien ne prend, la font. 608. || xvi* s. Ildepescha sa messe, laquelle il dit en chasseur, ayant la cœur à la mangerie , desper. Contes , lxxv.

— ÉTYM. Picard, cacheux; provenç. cassayre, cassador ; espagn. cazador ; portug. caçcuior i itai, cuccialore; du bas-latin cacciatorem (voy. chasser). L'ancien français c/iassere, provençal cassat/re, est le nominatif et répond à eacciâtor; chaceor et cassador est le régime, et répond à cacciatôrem. Dan» l'ancien français, chassere, chaceor voulait souvent dire un cheval de chasse.

f CUASSEZ-DÉCHASSEZ (cha-sé-dé-cha-sé) , «. m. Pas figuré par lequel après avoir fait un chassé de quatre temps adroite, on fait à gauche un chassé tout à fait symétrique qu'on appelle déchassé : ce pas s'appelle aussi à droite et à gauche.

— ÉTYM. Chasser et déchasser. Pour l'orlhographe du mot, voyez chassez- huit.

t CHASSEZ-HUIT (cha-sé-uif), s. m. C'est le chassé-croisé exécuté par les quatre couples à la fois; alors chacun dans le chassé et le déchassé se tourne vers le figurant qui vient à lui. Le chassezhuit termine souvent la dernière contredanse d'un quadrille.

— ÉTYM. Chassez, huit. Le verbe est ici à l'impératif, parce qu'autrefois, quand le ménétrier annonçait les divers pas qui entraisnt dans une contredanse, il criait à haute voix : Pour finirchassez huit ou les huit.

CHASSIE (cha-sie) , s. f. Humeur onctueuse et jaunâtre sécrétée sur le bord de chaque paupière par les glandes de Meibomius. Mme Panache, avec ses yeux pleins de chassie, ne voyait pas au bout de son nez, st-sim. 44, 9.

— HIST. XIII* s. Pur chacie prenez fenoil et arrement, Ms. St-Jean. || xvi* s. Chassie baveuse et poignante, chassie seiche, paré, xv, 6.

— ÉTYM. Voy. chassieux.

CHASSIEUX, EUSE (cha-si-eù, eù-z'), adj. Qui a de la chassie. Des veux Encore bien flétris, rouges et chassieux, Régnier, Sat. xi. || Substantivement. Un chassieux. Ce qui plaît à l'œil sain offense un chassieux, Régnier, Sat. v.

— HIST. XII* s. Dous [deux] choses nous encombrevent, nostre oil si estoient chaceuols et oscur, et cil habiteveit en une lumière où om ne puet aprochier, SX BERN. 62B. Il XIII' S. La celidoine me prenez, Ud lel de femme la mêliez, Ceo garist les oilz chacius, Ms. St-Jean. Et li visages et li blans des iex seront pale et piers et cacieus, alebrant, f' (6. || xiv* s. Les yeulx chacieux, pleins d'ordure, J. bruyant, dans Uénagier, t. ii, p. 6. || xv* s. Cette vilaine alla jetter les yeux Sur un vieillard riche, mais chassieux, VILLON, Bai/. Il XVI" s. Une sanie qui fait que les palpebres se glutinent de nuit ensemble, et les rend chassieuses, paré, xv, >t. Il est rare d'y veoir un homme malade; et m'ont asseuré n'en y avoir veu aulcun tremblant, chassieux, esdenté ou courbé de vieillesse, mont, i, 236.

— ÉTYM. Berry, chadnoux, chassioux; espagn. eegajoso. Ménage , en indiquant l'espagnol cegajoso, a montré la vraie étymologie de chaceuols, signifiant comme l'espagnol : qui voit mal. Cejojoio représente un latin fictif C(EcoHoius;c/iaceu(iireprésentec<rci<tiolus. Maintenant faut-il séparer c/iaceuoJ de chassie? Cela est difficile, du moment que chaceuol montre cœc changé en chac. C/iassie viendra du latin c.rcûtia, vue faible, de cœcus, aveugle, en vieux français, ciu. Chassie a donné chacius, chassieux.

CHÂSSIS (châ-si; l's ne se lie pas. absence de liaison que remarque Cliifflet, Gramm. p. 2(6), s. m. Il 1° Ouvrage de menuiserie servant d'encadrement. Châssis de chêne. Châssis de châtaignier. || Châssis de papier, châssis de verre, l'ouvrage de menuiserie après qu'il a reçu, dans de petites feuillures pratiquées à cet effet, les carreaux de papier ou de verre destinés à laisser passer la lumière. || Châssis dormant, l'encadrement des parties mobiles d'une fenêtre. || Châssis de paravent, bois sur lequel sont tendues la toile et le papier du paravent. || Châssis d'osier, clôture d'osier qu'on met devant des fenêtres pour empêcher que les vitres ne soient cassées à coups de pierre. || 2° Châssis d'un tableau, le cadre sur lequel on attache, on tend la toile. || 3° Terme d'écriture par chiffre. Papier découpé qu'on applique sur celui où l'on veut écrire, et par les ouvertures duquel on écrit des mots dispersés, qui contiennent le secret. || 4° Châssis d'imprimerie , cadre de fer dans lequel on serre les papes de composition. Il 5° Terme de jardinier. Vitrage qu'on met sur une couche. Il 6° BoriJure d'une table à couler le plomb. Il 7° Ce qui encadre, dans une construction, une ouverture perpendiculaire. || Bâti sur lequel est montée la porte d'un poêle. || Châssis de pierre, dalle de pierre qui en reçoit un autre en feuillure. || 8° Terme de cheissa. Sorte de piéga. || 9* Terme de m''' ri ne.

CHA

CTÏA

CHA

Partie de l'affût d'une caronade sur laquelle se place te semelle. || 10° Décoration de théâtre, coulisse. Il 11" Châssis de serrurerie, l'assemblage des montants et des traverses d'une porte de fer. || Le bâti d'une rampe d'escalier.

— HIST. XV' s. Les fenestres et les huys du palais ont mené si trts grant batement à rencontre des murailles et des châssis que plus de la moytié en gisent sur la chaussée, Perceforest , t. v, !" H. Item je laisse aux hospitaux Mes châssis tissus d'iraiprnée, villon, Petit testavx.]\ xvr s. De la mesme toille l'on fait des châssis, tendus avec des petits clouds, sur bois léger, o. de serres, 472. D'aulres, mieux entendus, reposent leurs fourmages sur de la toile claire, tendue roidement avec des petits doux sur des châssis de hois, id. 2S7, 288. De quoy feroit-on châssis? rab. Pant. m, 4».

— ÉTYM. Châsse; picard, cassis.

t CHASSOIR (cha-soir), s. m. Outil qui sert au tonnelier à chasser les cerceaux sur la futaille.

— HIST. XV' s. Comme moi , tout bon buveur Au maillet et au chasseur Met les deux mains sans vergongne, Et s'employe de bon cueur À relier ses tonneaux. BASSELIN, L.

— ÉTVM. Chasser.

t CHASSOIRE (cha-soi-r') , s. f. Terme de fauconnerie. Baguette que portent les autoursiers.

— ÉTYM. Chasser.

CHASTE (cha-st'), adj. \\ 1° Qui s'abstient de tout amour illicite. Élevé dans le sein d'une chaste héroïne, RAC. Phèd. IV, 5. C'est moi qui sur ce fils chaste et respectueux Osai lever un œil profane, incestueux, ID. ib. V, 7. Ses discours craints du chaste lecteur, boil. Art p. n. Ces mines qu'elles affectèrent durant toute la pièce firent dire de tous côtés cent sottises de leur conduite qu'on n'aurait pas dites sans cela; et quelqu'un même des laquais cria tout haut qu'elles étaient plus chastes des oreilles que de tout le reste du corps, mol. Crit. 3. Ce Triphon, qui a tous les vices, je l'ai cru sobre, chaste, libéral, humble et même dévot, la bruy. vi. Sobres, chastes et purs, l'œil et l'âme attentive, Veillez;' je suis tout proche et frappe à votre cœur, rac. à Laudes, Aies. Il Cette chaste épouse du Fils de Dieu [l'Iîglise], PASCAL, dans girault-duvivier. || Les chastes sœurs, les muses. Chastes nymphes du Permesse, boil. Namur. || 2° En parlant des choses, qui est conforme à la chasteté. Chastes feux, corn. Hor. i, 1. Chaste amour, rac. Brit. m, ). Afin que nous commencions, malheureux pécheurs, à verser sur nousmêmes un torrent de larmes, et que, ravis des chastes attraits de l'innocence, jamais nous ne nous lassions d'en pleurer la perte, boss. Marie-Thérèse. Si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chastes délices de votre Écriture, notre principal exercice de la prédication de votre parole, id. le Tellier. Serre d'une étreinte si ferme Le nœud de leurs chastes amours. Que la seule mort soit le terme Qui puisse en arrêter le cours, malh. ii, 4. La chaste obscurité des branches murmurantes, v. hugo , Yoix intér. xix. || 3° D'une grande pureté grammaticale. On ne peut voir une diction plus chaste ni plus correcte, costar, dans bouhoubs, Nouvelles remarques. Je m'étonne que votre style puisse être si chaste, étant si mâle et si fort,iD.t6. || Forme chaste, dans la littérature, quelque chose de réservé et que l'on compare à la chasteté, à la pudeur.

— REM. Ménage {Metmgiana, p. 246) a dit : « Le mot de chaste n'est plus en usage dans notre langue il y a déjà du temps, et on a repris la chaste Sylvie dans mes poésies. Le mot de sage est en usage dans la même signification.» Ménage se trompait, môme pour son temps, comme le montrent les exemples de Pascal et de CorneiUe; et chaste est resté pleinement en usage.

— HIST. xm's. Se tu trueves chaste moillier, la Rose, 8749. Il XIV" s. Les chastes ont le cuer et la conscience clers, nets et luisans, Ménagier, i, 3. Il xv s. Et lui portoient renommée ceux du pays qui le connaissoient [le roi de Portugal] que encore estoit-il caste etn'avoit oncques eu compagnie charnellement avec une femme, proiss. ii, m, 50. Saige Cassandre , bêle Echo, Digne Judith, caste Lucresse, CH. d'orl. Bal. 102.

— ÉTYM. Provenç. cos( ;espagn. et ital. casto; du latin castus.

CHASTEMENT (cha-ste-man) , adv. D'une manière chaste. Vivre chastement. L'amour le moins honnête^ exprimé chastement, N'excite point en nous de honteux mouvement, boil. Art p. tv.

— HIST. xii« S. Et les dames qui chastement vi- Tront, QUBSNES, Romancero, p. »4. || xiii* s. Dieu luner et chastement vivre, rdteb. u, so. Et com-

manda l'en que en y receust celles qui vourroient fere contenance à vivre chastement, joinv. 2ii8.

— Etym. Chaste, et le suffixe ment; provenç. caslament; espagn. et ital. castamente.

CHASTETÉ (cha-ste-té) , i. f. || 1» Vertu des personnes chastes. La chasteté dans le mariage. La chasteté déjà, la rougeur sur le front. Avait chez les humains reçu plus d'un affront, boil. .Vo(. x. || 2° Par extension, abstinence entière des plaisirs de l'amour. Faire vœu de chasteté. Il faudra garder la chasteté, Boss. Var. 7. |1 3° Fig, Correction, pureté. Chasteté de style, costar, dans boohours, Nouv. rem.

— SYN. CHASTETÉ, CONTINENCE. La cliasteté est une vertu morale qui prescrit des règles à l'usage des plaisirs de l'amour ; la continence est une autre vertu qui en interdit absolument l'usage. La chasteté règne dans le mariage; la continence règne dans les cloîtres. Il y a aussi cette différence que la chasteté est cette vertu considérée en elle-même, et que la continence est la même vertu considérée par rapport à son opposé qui est l'incontinence : il peut y avoir, dans un mariage chaste d'ailleurs, peu de continence.

— HIST. xii* S. Vous portiez le pris de beauté Et l'enseigne de chasteé, Romancero, p. 60. || xiii' s. Chasteé, qui dame doit estre Et des roses et des boutons, la Rose, 2868. Et Drois, et Chasteé et Fois S'enfoïrent à celé fois, ib. 6409. || xiv* s. La beauté et la chasteté de Lucrèce, bercheure, f° 26, verso. Luxure est le pechié, la vertu contraire est chasteté, Ménagier, i, 3. || xv s. Comment, parler.... Et de chasteé est-ce offense? Mir. de sainte Genevi. En icelle fontaine, pour soi rafreschir, se baignoit Diane, la déesse de chasteté, froiss. u, m, 14. Il xvi' s. U [Charles-Quint] aime la religion, justice et chasteté, sleidan, f° i3.

— ÉTYM. Provenç. castitat, castetat ; espagn. castidad; portug. castitade; ital. castitd;da latin ca.stitatem, de castus, chaste.

CHASUBLE (cha-zu-br) , s. f. Ornement que le prêtre met par-dessus l'aube et l'étole, pour dire la messe.

— HIST. XIII' s. Casule, dans le Glossaire de Lille, 22. Et par deseure tous les vestemenz Ii viesti on la casure, qui doit iestre de pourpre vermelle, qui senefie carilé, Chron. de Bains, 104. Et m'estoit avis que pluseurs prelas revestus le vestoient d'une chesuble vermeille de sarge de Reins, joinv. 299. Et Ii vesques à ses deux mains Lui affubla une ca-

suble , J'Ei'Cou/'ie. 1 1 XVI' s Donner des calices ou

reUquiaires, acheter chasubles et autres paremens, CALV. Instit. 882.

— ÉTYM. Espagn. casuUa; ital. casipola, casupola, petite hutte; bas-lat. casuiiia, casubula , casubula, casueula, casuvula, chasuble. Casule (ou casure) et l'espagnol ca«K/ia viennent decasuHa, diminutif employé au lieu du diminutif régulier casùla, qui aurait donné casle ; chasuble et l'italien casipola viennent du bas-latin casibula, diminutif tiré de casa, comme manipulus de manus. Casula, dans Isidore, signifie un vêtement à capuchon, comparé à une petite case, à une petite hulte, de casa (voy. case) : c'est pour cela qu'en italien casipola signifie une hutte.

t CHASUBLERIE (cha-zu-ble-rie) , s. f. Ensemble d'articles appartenant au service soit de l'église soit des prêtres, tels que chapes, chasubles, ciboires, croix, etc.

— ÉTYM. Chastible.

CHASCBLIER (cha-zu-bli-é ; l'r ne se lie pas; au pluriel l's se lie : les cha-zu-bli-é-z et....) s. m. Ouvrier qui fait toutes sortes d'ornements d'église.

— HIST. XIII* s. Chasubliers et changeeurs, AUez quérir vostre part De la queue de Renart, Queue de Renan.

— ÉTYM. Chasuble.

CHAT, CHATTE (cha, cha-t'; en conversation le ( ne se lie que dans les phrases suivantes : chat échaudé craint l'eau froide, dites : cha-t échaudé; acheter chat en poche, dites : cha-t en poche; jeter le chat aux jambes, dites : cha-t aux jambes. Au xvi" siècle, Paisgrave, p. 24, dit que le t se lie avec la voyelle qui suit. Au pluriel Vs se lie : les chaz elles chiens; chats rime avec pas, appas, etc.), s. m. Il 1° Animal domestique, de l'ordre des carnassiers digitigrades. Le chat est un domestique infidèle que Tonne garde que par nécessité, buffon. Chat. Je mis Vambroc dans une soupente où il eût fallu être chat ou diable pour le trouver, retz, 1,4 4. Le quolibet nous apprend qu'd n'est rien de plus semblable à un chat sur une fenêtre qu'une chatte, madkmoisslle de douiinay. Égalité des hom-

mes et des femmes. Madame, j'étais déjà si fort à vous que je pensais que vous deviez croire qu'il n'était pas besoin que vous me gagnassiez par des présents, ni que vous fissiez dessein de me prendre comme un rat avèc un cuat ; néanmoins j'avoue que votre libéralité n'a pas laissé de produire en moi quelque nouvelle affection, et s'il y avait encore quelque chose dans mon esprit qui ne fût pas à vous, le chat que vous m'avez envoyé a achevé de le prendre et vous Ta gagné entièrement; c'est, sans mentir, le plus beau et le plus agréable qui fut jamais; les plus beaux chats d'Espagne ne sont que des chats brûlés au prix de lui, et Rominagrobis même (vous savez bien, n]adame, que Rominagrobis est prince des chats) ne saurait avoir meilleure mine et ne sentirait pas mieux son bien, voiture, Lett. 153, à une abbesse qui lui avait fait présent d'un chat. Un homme chérissait éperdument sa chatte; Il la trouvait mignonne et belle et délicate Qui miaulait d'un ton fort doux, la font. Fab. ii, ts. La nation des belettes, Non plus que celle des chats. Ne veut aucun bien aux rals,iD. ib. iv, 6. Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat. Qui, sous sou minois hypocrite, Contie toute ta parenté D'un malin vouloir est porté, id. ib. v, 6. Et quel fâcheux démon, durant des nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières? boil. Sat. vu La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, Celle qui de son chat fait son seul entretien, id. Sat. x. Il U a joué avec les chats, se dit d'un homme qui a deségratignuresau visage. || U est propre comme une écuelle à chat, se dit d'un homme malpropre. || Dfîs que les chats seront chaussés, c'est-à-dire de bou matin. || Familièrement.AUercomme un chat maigre, courir vite et beaucoup. Lors dispos du talon, je vais comme un chat maigre, Régnier, Sa(. xi. || Fig. Jeter le chat aux jambes à quelqu'un ou de quelqu'un, lui susciter des embarras. Les calvinistes sont bien aises de jeter le chat aux jambes des papistes, volt. Lett. i^ersetprose,^^li. jj Fig. Emporter lechat, sortir d'une maison sans dire adieu à personne ; elau.ssi déménager complètement, le chat étant, de tous les animaux domestiques, le plus fidèle au logis. || Fig. Cette fille a laissé aller le chat au fromage, elle s'est laissé abuser, .le ne le nourris [un chat] que de fromages et de biscuits; peut-être, madame, qu'il n'était pas si bien traité chez vous; car je pense que les dames de*** ne laissent pas aller le chat aux fromages et que l'austérité du couvent ne permet pas qu'on leur fasse si bonne chère, voit. Lett. (63, à une abbesse qui lui avait fait présent d'un chat. \\ Raillerie chat par les pattes, présenter une chose par l'endroit le plusdifficile. || lln'yapas là de quoi fouetter un chat, la faute n'a rien de grave, c'est une bagatelle. || Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu, faire courir à un autre le risque d'une entreprise, d'une affaire dont on retirera seul le profit. Il Vendre chat en poche, ne point faire voir ce qu'on vend. Il Acheter chat en poche, conclure une affaire sans examen. Vous êtes-vous mis en tète que Léonard de Pourceaugnac soit un homme à acheter chat en poche? mol. Pourc. ii, 7. On dit dans le même sens : acheter le chat pour le lièvre, {j Appeler un chat un chat, appeler les choses par leur nom. J'appelle un chat un chat et RoUet un fripon, BOIL. Sat. I. Il II le guette comme le chat fait les souris , se dit d'un homme qui en épie un autre. Il Ecrire comme un chat, écrire d'une façon illisible. Il II a passé là-dessus comme chat sur braise, se dit d'un homme qui coule rapidement sur quelque fait délicat à rappeler, à mentionner, à raconter. || Ces gens s'accordent, vivent comme chien et chat, c'est-à-dire ils ne peuvent se soufl'rir, ils sont toujours en querelle. || Elle est friande comme une chatte, ou, simplement, c'est une chatte, se dit d'une femme très-friande. || Elle est amoureuse comme une chatte, se dit d'une fejpme d'une complexion amoureuse. || Dans le langage familier, chatte s'emploie adjectivement quelquefois. Des manières chattes, des manières semblables à celles d'une chatte t(ui caresse, qui joue. || Musiquede chat, musique aigre et dissonante. || U n'y a pas un chat, d n'y a absolument personne. Il n'y a pas moyen que quelqu'un trouve un chat à Thôtel de Clermont, VOLT. Lett. vers et prose, 25. Mon dévot se croirait un sacrilège s'il laissait un enfant et un chat en vie dans le territoire de Mercure, id. Dial. xxix, i. Il Je ne connais pas un chat dans cette ville, je n'y connais personne. || Fig. Avoir un chat dans la gorge, éprouver dans le gosier un embarras soudain qui gêne la voix. Il C'est le chatl manière populaire de répondre à une excuse personnelle à laquelle on ne croit pas. Votre fromage, ce n'est pas moi qui l'ai

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mangé. —Non, c'est le chat. Le verre, ce n'est pas moi qui l'ai cassé. — Non, c'est le ohat. || Mon chat, ma chatte, termes d'amitié très-familiers qui se disent à un petit garçon, h une jeune fille ou femme, lia- par plaisanterie, chat fourré, nom donnéà certains dignitaires qui portent des fourrures dans leurs habits de cérémonie, aux docteurs, aux magistrats. Si les chats fourrés de la Sorbonno étaient asse;; fous pour lâcher un décret, volt. Leit. Damilaville, il nov. (767. || Terme do blason. Chat effarouché, celui qui est rampant. Chat hérissonné, celui qui IÎ!ve le train de derrière plus haut que la tête. Il 3° Terme de chasse. Chat haret, chat sauvage, et aussi chat domestique qui se retire dans les bois et garennes, et y vit de gibier. || 4°Terme d'histoire naturelle. Tout animal du même genre que le chat. Le lion, le tigre et le lynx sont des chats. || Chatcervier. I.e chat-cervier proprement dit habite le Nord de l'Asie, et il ne faut le confondre ni avec

10 chat canadien, dit lynx du Canada, ni avec le chat roux, appelé chat-cervier des fourreurs. || Chat à crinière, guépard. Il Cliat musqué, civette. || 5° Chat de mer, nom vulgaire de l'aphysie et de quelques coquilles hérissées d'épines. || Un des noms vulgaires de la chimère monstrueuse, poisson chondroptérygien, qui est la chimère arctique de certains auteurs.

11 Chat marin , nom vulgaire d'une espèce de phoque et de trois poissons. || 8° S. m. plur. Folles fleurs des noyers, des coudriers, des saules. ||7°Jeu d'enfants dans lequel l'un des enfants court après les autres ; et celui qui est pris le remplace. || Chat coupé, le même jeu, avec cette condition que, .si un troisième camarade passe entre le poursuivant et le poursuivi, c'est lui qui doit être poursuivi à son tour, j 1 8° Terme de pêche. Petit grappin pour retirer la lesture échappée au fond de la mer. || 9° Instrument à branches de fer élastiques dont on se sert pour visiter l'âme d'une pièce de canon. || Chat k neuf queues, nom du fouet dont on se sert, dans l'armée anglaise, pourpunir les soldats. || 10° Matière étrangère et dure qu'on trouve dans l'ardoise. ||ll°Chevaletde couvreur. Il Terme de charpentier. Pièce de cuivre ou de fer percée d'un trou par oii passe la corde de l'aplomb. Il 12° Chat-brûlé, nom d'une poire fort pierreuse, qui a la forme du martin sec et qui ne mûrit qu'à la fin de l'automne. || Proverbes. Chat échaudé craint l'eau froide, c'est-à-dire tout ce qui ressemble à ce qui nous a fait du mal nous effraye et nous met sur nos gardes. On dit dans le même sens : chat échaudé ne revient pas en cuisine. || On ne peut prendre de tels chats sans mitaines, c'est-à-dire l'affaire est difficile, épineuse. || La nuit tous les chats ou tous chats sont gris, c'est-à-dire on peut se méprendre dans l'obscurité , et aussi , (fans l'obscurité, la beauté, lajeunesse ne comptent plus. Hé, monsieur le difficile, ne sais-tu pas bien que la nuit tous les chats sont gris? scARR Rom. Com.i, 13. Veux-tu, maRosinette, Faire emplette Du roi des maris? Je ne suis point Tircis; Mais la nuit, dans l'ombre. Je vaux encor mon prix; Et quand il fait sombre. Tous les chats sont gris, beaumarch. le Barbier, m, 6. Il Payer en chats et en rats, c'est-à-dire payer en bagatelles, en toutes sortes d'effets de mince valeur. Il  bon chat bon rat, c'est-à-dire la défense vaut l'attaque. Maudit soit le premier qui nous ensorcela ! Mais à bon chat bon rat, et ce n'est pas merveille Si les femmes souvent leur rendent la pareille, re- GNARi), le Disir. I, 2. Il Le mou est.pour le chat, se dit de ce qui revient naturellement à une personne, le mou servant de nourriture aux chats. ||- Il entend bien chat sans qti'on dise minon, se dit d'un homme habile et qui entend à demi-mot. || À mauvais rat faut mauvais chat, c'est-à-dire on ne peut se dispenser d'être méchant aux méchants. || T'as été au trepassement d'un chat, t'as la vue trouble, [dit un pay.san, dans] mol. Don Juan, ll, < . || Quand les chats n'y sont pas, les souris dansent, c'est-àdire en l'absence des chefs, des maîtres, les inférieurs, les écoliers se dérangent. || Il ne faut pas éveiller le chat qui dort, n'éveillez pas le chat qui dort, ne provoquez pas un danger, une difficulté que vous pouvez éviter, n'appelez pas l'attention, la colère d'un homme qui ne songe pas à vous. Il Héveiller le chat qui dort, réveiller une mauvaise affaire assoupie. || C'est le nid d'une souris dans l'oreille d'un chat, se dit d'une chose impossible. Il On ne saurait retenir le chat qv'«nd il a goûté de la crème, c'est-à-dire on ne résiste pas aux habitudes déjà prises, aux tentations déjà goûtées. || Il est comme le chat qui retombe toujours sur ses pieds se illt d'un homme adroit qui sait toujours se tirer d'allaire.

- HIST. xiif s. Bien geit chai oui barbes il lolche

CHA

flèche], MARIE, Fabl. 20. Li flz au. chat doit prendre la soiiriz, Agolant, p. <70, <lans nu canoë, Gloss. français. Ocliaison a qui son chat bat, Uist. lin. t. xxiiî , p. 67Î. Uns pliçons gris vaut mielz que deus de chas, Bibl. des chartes, 4» s4rie, t. v, p. 328. nhaz eschaudez iaue crient , leroux nE LiNCT, Prov. 1. 1, p. <65. Là où kas n'est, li souris se révèle [prend ses ébats], n. ib. 1. 11, p. 487. De castiier cat qui est viens Ne puet nus hom venir à cief [à bout], ID. ib. Dont flsi Hues d'Aire faire un chat [machine de guerre], et le fist bien cuirier et acesmer, H. nE VALENC. xxxiv. Piaus de chaz privez que l'en appelé chat de feu ou de fouier, Liv. des met. 326. Si cum lichas set par nature La science de surgeûre, Nonqucs n'en fu mis à escole, la Rose, loooi. Femme semble trois choses, louve, goupille et chalo, Chastic-musard. || xv s. Ils firent quatre grans kas [engins de siège] forts et hauts, proiss. 1,1, 262. Prince, on conseille bien souvent. Mais on puet dire com le rat. Du con.seil qui sa fin ne prant: Oui pendra la sonnette au chat? e. desch. La souris H le chat. Veuls-tu espouser chat en sac. Et que nuls tes nopces ne vois, id. Poésies mss. f° B63, dans LACUPNE. Sans resveiller le chat qui dort, CB. D'ORLÉANS, n^p. à Fredet. Dont passionné en cuer ne s'en est peu [pu] taire et a osé mettre la campane au chat , pour escrier lésion et foulure en l'innocent, G. CHASTELAiN, Expos. S. vérité. L'ung vault l'autre, c'est à raau-chat mau-rat, villon. Bail. Il bouta sa teste dedans le bouhot de la cheminée, oti il vit notre bouchère plus simple qu'un chat baigné , LOUIS XI, Nouv. XL. Je crois, dit le mari qui la voit à genoux pleurant et gémissant, qu'elle sait bien faire la chatte mouillée, et qui la voudroit croire elle sauroit bien abuser les gens, m.ib. i.xi. || xvi" s. On ne prend point de telz chatz sans mitaines, I. MAROT, v, <7. Mais quoy, c'estoient des ruffiens de Rome, Qui, pour fouyr, couroient comme chatz maisgres, m. v, 40. Elles [les filles qui se marient] acheptent chat en sac, mont, m, B. Vous n'achetez pas un chat en poche; si vous marchandez un cheval, vous luy estez ses bardes, vous le voyez nud et à descouvert, m. 1, 324. Cette femme a quelque irritation contre moi ; pour se venger elle me donne un dangereux chat par les pattes, préparée à accuser ce que je ferai, d'aub. Hist. 11, m. L'herbe à chat, PARÉ, XVI, 3B. Lécher de langue de chat, génin. Récréât, t. n, p. 242. X bon chat bon rat; il n'appartient qu'au savetier de parler de sa serpette, à l'yvrogne de sa bouteille.. ..tes caquets de TaccoMcWe, 8" journée. Chat emmouffié [ganté] ne prend souris, LEROUX DE LiNCY, Prov. 1. 1, p. 4BB. Chat miolleur ne fut onques bon chasseur. Non plus que sage homme grand caqueteur, id. ib. p. < 66. Chate noire a souef [doux] poil, in.tft. Â tartse repentie rat, quant par le col le tient le chat, id. ib. Absent le chat, les souris dan.sent, id. ib. On ne doibt pas enseigner le chat à soriser [chasser aux souris], id. ib. Si ton chat est larron, ne le chasse de ta maison, m. ib. Rebelles estes et pervers. Pécheurs vers Dieu, plains de barat. Et pour tant à mau chat mau rat, fabri, Art de rhétorique, livr. 11, f» 46, dans lacurne. Avoir un œil à la poisle et l'autre au chat, cotorave. Le chat a faim quand il ronge du pain, m. Celuy a bon gage du chat, qui en a la peau, id. On recognoit assez que chat veut dire minon. Contes de

CHOLIÊRES, f» 174, dans LACURNE.

— ÉTYM. Wallon, chet; bourguig. chat; picard, ca, co; provenç. cal; catal. gat ; espagn. et portug. gato ; ital. gatto ; du latin catus ou cattus, qui ne se trouve que dans des auteurs relativement récents, Palladius, Isidore, et qui était un mot du vulgaire. Il appartient au celtique et à l'allemand: irl. cat; kymri, kdth; angl. sax. cat; ancien scandin. ftôttr; allem. mod. Katie. D'après Isidore, ealtus vient de cattare, voir, et cet animal est dit ainsi parce qu'il voit, Kuette ;ca(ar, regarder, est dans le provençal et dans l'ancien français chater {Honcisv. p. 97.) Mais on ne sait à quoi se rattachent ni cattus ni catar; la tardive apparition qu'ils font dans le latin portent à croire qu'ils sont d'origine celtico-germanique. Il y a dans l'arabe qittoun, chat mâle, mais Freitag doute que ce mot appartienne à l'arabe.

CHÂTAIGNE (cha-tè-gn') , s. f. || 1° Fruit du châtaignier. Pour nous ce sont des châtaignes qui font notre ornement ; j'en avais l'autre jour trois ou quatre paniers autour de moi; j'en fis bouillir; j'en fis rôtir; j'en mis dans ma poche; on en sert dans les plats, on marche dessus; c'est la Bretagne dans son triomphe, sév. octobre 4671. || 8° Châtaigne d'eau, la macre. || Châtaigne de cheval, fruit du marronnier d'Inde. || Châtaigne de terre, fruit du j bunion bulbocastane. || Châtaigne du Brésil, fruit

CHA

du berthotlelia excella, jj 8* Petite plaqne âe corne située, chez le cheval, à la partie inférieure et interne de l'avant-bras, et, dans les membres postérieurs, à la partie supérieure et interne du canon. Sur l'âne, la cliâtaigne se trouve aux avant-bras seulement ; dans le mulet les châtaignes postérieures sont fort petites.

— HIST. in' s. [Us] ne prisent vos menaces le pris d'une chastaine, Sax. xxx. || xiii' s. Castaignes on nois, Livre des met. 276. A cui parés vous ces ohastaignes? la Wise, 8547. Si qu'il cuit que celé en gré prengne Ce qu'el ne prise une chatengne, 16. Hbi2. Il xiv" s. Il samble que Gaufrois ne donne une caslainpne Do tout nostre pooir... Baud. de. Seb. vu, 184. Li rois ne trova pas qui li parast chastaignes, GiVar( rfe Tîoss. 11871. Il XV* s. Si chastaignes ont vente, Villon, Requête en bail, au duc de Bourbon. Il xvi* s. Pétoncles, chastaignes de mer [oursins], PALissT, 280. Ils lui disoient que les huguenots vouloient tirer la chastagne du feu avec la patte du lévrier, d'aub. Hist. 11, 425. Après que ceux qui dévoient tirer les chastaignes du feu eurent dit franchement quel il y faisoit, id. ib. 11 , 448. Les chastaignes bastardes, appellées liouchasses. Les meilleures chastaignes franches sont les Sardones [de Sardaigne] et Tuscanes [de Toscane], ainsi dittes des pais d'où les races nous en sont venues de-par-decà. Les sardonnes [de Sardaigne] sont celles qu'on appelle à Lion marrons, cogneuSs par toute la France, pour le traffique de tel fruit, 0. de serres, 691. Les bources des chastaignes sont leurs premières robes garnies de piquerons, id. 692.

— ÉTYM. Saintonge, chatagne, chatigne; picard, castaine, cataigne; génev. chdtagne ; proyenç. castanha, caslagna; Citai, casiont/a; espagn. costo/7a; portug. eastanha; ital. castagna; du latin castanea, de KâiTTavov, Kautava, villes de la Thessalie et du Pont, delà xaaTavalzôv xipuov, noix de Castana ou châtaigne. Nos anciens di!5aient : Tirer les châtaignes du feu; nous disons les marrons. Ils disaient aussi figurément : Il ne trouve pas qui lui pare les châtaignes, c'est-à-dire on ne lui prépare pas un bon accueil.

CHÂTAIGNERAIE (châ-tè-gne-rê) , t. f. Lieu planté de châtaigniers. Velléda traversa d'abord une châtaigneraie, chateaub. Warl. 302.

— HIST. xvi's. Pour leschasteneraiesetnojeraies, c'est à dire pour les lieux complantés universellement de chastaniers et de noiers, 0. de serres, 641 .

— ÉTYM. Châtaignier.

CHÂTAIGNIER (châ-tè-gnié; l'r ne se lie jamais;

au pluriel ï's se lie Mes châ-tè-gnié-z et....) , s. m. Il !• Arbre qui produit des châtaignes {fagus castanea, L.). Il 2° Châtaignier du Brésil {6er(/»o!ie(ta excelsa, Humboldt), grand arbre dont le fruit sphérique, dit en France noix d'Amérique , peut dépasser 10 ou 12 centimètres, et a des amandes blanches bonnes à manger, ainsi que l'huile qu'on en retire. i| 3° Pomme de châtaignier, ou, plus souvent, châtaignier, espèce de pomme rouge, presque entièrement rose à la face postérieure, à chair de blancheur farineuse (d'ofi lui vient peut-être le nom, par comparaison avec la chair de la châtaigne), et bonne surtout à cuire.

— HiST. XIII* s. N'i ot codre [coudrier] ne chastainier, U il ne mettent laz u glu, marie, Laustic. Il XVI* s. Sur lui-mesme, non ailleurs, veut estre inséré le chastaignier : non plus reçoit-il aucun autre arbre, tout meslange lui des-agreant, 0. de serres, 692. Soubs ung grant et ample chastaignier, rab. Pant. m, 17.

— ÉTYM. Châtaigne; provenç. chatagner, chatigner.

CHÂTAIN (châ-tin), adj. qui ne se dit qu'au masculin. Oui est d'un brun de châtaigne. Poil châtain. Cheveux châtains. || Substantivement. Les châtains, les hommes dont les cheveux sont châtains.

— REM. 1. Cet adjectif ne prend pas la marque du pluriel quand il est suivi d'un autre adjectifqui le modifie : des cheveux châtain clair, châtain cendré; il peut alors se construire avec un nom féminin • barbe châtain clair. || 2. Le féminin serait utile, et il a été conseillé par plusieurs grammairiens qui veulent qu'on dise : barbe châtaine, chevelure châtaine.

— HIST. XV* s. Chasteins en couleur, christ, dk PISAN, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Châtaigne.

CHATAIRE (cha-tê-r') , î. f. Plante. Voy. CATAISE. tCHAT-BRÛLÊ (cha-bru-lé) , s. m. Voy, chat,

n° 12. Il Au plur. Des chats-brûlés.

t CHAT-CERVIER (cha-sèr-vié), f. m. Voy. Chat, n* 4. Il Au plur. Des chats-cerviers.

CHÂTEAU (châ-tO), s. m. Il 1* Demeure féodale

CHA

CIIA

CHA

fortifiée qui était défendue par un fossé, de hautes murailles et des tours. |{ 2° Aujourd'hui forteresse environnée de fossés, de gros murs et de bastions, qui est dans une ville pour la défendre ou pour la oommander. || 3° Habitation royale ou seigneuriale. Le château des Tuileries, de Fontainebleau. Le château de Windsor. Cependant Léontine, étant dans le cliiteau Reine ds nos destins et de notre berceau, COHM. lléracl. ii, *. || Absolument. Le château, la cour, le roi, l'empereur. 11 a été bien reçu au chiteaij. Il Le gouvernement et son parti ; la cour et ses intijnues. || 4" Habitation d'un domaine seigneurial. Il 5» Habitation du maître d'une grande propriété. Il Grande et belle maison de plaisance à la campagne avec ou sans propriété. Il vit dans son château. Quand on sait se préserver du poison mortel de l'ennui, on se trouve bien plus à son aise dans son château que dans le tumulte de Paris, volt. Lett. Florian, 29 nov. (764. Les agréables soins d'un seigneur de château, Les plaisirs d'une vie occupée et tranquille, sr-LAMBERT, Saisons, hiver. || La vie de château. Mener la vie de château, passer quelque temps à la campagne, dans une maison riche et amie où l'on trouve tous les plaisirs du lieu, la pêche, la chasse, bonne table, etc. || 6» Poétiquement. Château ailé, navire. L'appareil inouï pour ces mortels nouveaui De ces châteaux ailés qui volent sur les eaux, VOLT. Ali. i, t. i| 7° Château en Espagne, [irojet en l'air, rêves chimériques. Son château en Espagne c'est de se faire porter dans les maisons, spiv. 40. Hélas 1 notre château en Espiigne serait de vous y voir, m. 241. || Bâtir, faire des châteaux en Espagne, se repaître de chimères. On fait des châteaux en Espagne, tactôtgais, tantôt tristes, sÉv. 582. Je fais des châteaux en Espagne, hégnier, Épit. III. Elles seraient bien rigoureuses, si elles voulaient m'ôter la liberté des souhaits et m'empêclier de faire des châteaux en Espagne, puisque c'est le seul contentement que j'y aie [en Espagne, où il était alors], voit. Lett. 37. Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne? la FONT. Fabl. VII, (0. Il 8° Château de cartes, sorte de construction à plusieurs étages que font les enfants avec des cartes. Et passait des jours entiers X faire des châteaux de cartes, scarhon, Virg. trav. liv. vi. Il Fig. Château de carte ou de carton, petite maison de campagne d'une construction peu solide. || Jeu d'enfants. Voyez CHÂTELET. Il 9» Château d'eau, grand réservoir d'où l'eau se distribue immédiatement aux fontaines. || Réservoir d'eau placé dans les gares et ateliers des chemins de fer pour alimenter la chaudière des locomotives. || 10° Terme de marine ancienne. Espèce de logement qui était élevé sur la poupe ou sur la proue d'un vaisseau. Château d'arrière, de proue, d'aiant. Les officiers étiiient sur le château de poupe avec les passagers, CHATEAUB. G)?nie, 1, V, <2. Il 11» Terme de blason. Château fondu, celui qui est représenté en sa partie d'en haut seulement, celle d'en bas semblant coupée. Il Proverbe. Ville prise, château rendu, c'e.st-â-dire on ne peut guère tenir dans le château quand la ville est prise, et aussi, quand le principal est obtenu, les accessoires ne peuvent guère manquer de suivre.

— HiST. XI* s. [II] prent i chastels et alquantes citez, Ch. de Roi. CLxxxv. || xii* s. Il n'i a cel n'ait chastel ou donjon, Ronc. p. 4 86. Si [la reine Blanche] fait fermer [fortifier] chastiaus, pour mieux valoir; De tant sont ja par lui [elle] creii si hoir, HUES DE LA PERTE, RomanceTo , p. 183. Il fait creuser souz terre à pic et à martel  ses engigneors [ingénieurs], dont ot pris maint chastel, Sax. ix. Allemagne [ils] ont destruite et tous les chastiax frais [brisés], ib. xv. ||xin" s. Une tor [tour] a ens el castel De marbre poli tôt novel; Li casteaus est fais à compas, Parlonop. v. 943. Maint chastel abatu, mainte vile essilie [ruinée], herte, n. Un très riche chastel qui siet très noblement [entre deux rivières], ib. IX. Lors feras chastiaus en Espaigne, Et auras joie de noient. Tant cum tu iras foloiant En la pensée delitable. Où il n'a fors mençonge et fable, la Rose, 2452. Vous savez que le roi de France guerroie au roy d'Engleterre et savez que le chastiau qui est plus en la marche de eulz deux , c'est la Rochelle en Poitou, joinv. < «7. Quant je oy ce, je me levai de moD lit où je gisoie, et alai ou chastel avec les mariniers, id. 283. |{ xv's. Tout à part moy, eu mon jienser m'enclos. Et fais chasteaulx en Espaigne et en France; Oultra les monts, forge mainte ordonnance; Chascun jour, j'ay plus de mille propos, ch. d'obl. Rond. Et assiégea ung petit chastel où il y avoit des gens de guerre, comm. i, a. Et me fist on mon foing ronger Tout à par moi, à ceste enseigne,

Que je commençai à songer Que faisoys chasteaulx en Espagne, coquili.art, Honologue de la botte de foin. Et le songer fait cha.steaux en Asie; Le grand désir la chair ra.ssasie, pierre oniNGOiiiE, Uetius propos, dans le hodx de lincï, Prov. t. ii, p. 487. Bon chasteau garde qui sait son corps garder, lu. ib. Je vays, je viens, le trot et puis le pas. Je dis ung mot, puis après je le nye. Et si bastis sans reigle ne compas Tout fin seuUet les chasteaux d'Albanye, le Verger d'honneur, f° E. m, dans Ducatiana,l. ii, p. 479. Il xvi* s. Car chastellain n'est point du cliasteau sire. S'il n'a les clefs de derrière et devant, j. MABOT, v, 46. Chasteau pris n'est plus secourable, le roux de lincy, Proi;. t. n, p. 487. Chasteau abbatu demy refaict, id. ib.

— ÉTY-M. Picard, caa'au,ca<teu,co(c/ieu;bourguig. chailéa; provenç. casielh ; catàl. castell ; espagn. castillo; ital. castello; du latin coileHum, diminutif de castrum, lieu fortifié. I';n vieux français, le nominatif est li chastels ou chastaus; le régime est la chastel; le nominatif pluriel li chastel, le régime pluriel les chastaus. La locution faire des châteaux en Espagne se trouve dès le xiu* siècle; on ignore quelle occasion y a donné naissance. A la vérité on lit dans le Mercure français, t. iv, p. 6» (I6t6) : Dans l'ancien domaine d'Espagne, l'Espagnol n'y permet aucun fort, d'où est venu le proverbe faire des châteaux en Espagne, pour signifier faire chose inutile. Ce qui ajoute à l'incertitude de celte explication, si incertaine en elle-même, c'est qu'on a dit aussi château en Asie, château en Albanie; de sorte que, au fond, cela veut dire faire des châteaux en pays étrangers, là où l'on n'est pas, c'est-â-dire se repaître de chimères; le nom de l'Espagne a fini par prévaloir, sans doute parce qu'il était trèsconnu par les récits de Roland.

t CHATEAUBRIANT (cha-tô-bri-an) , S. m. Terme de cuisine. Morceau de filet de bœuf coupé épais et grillé , servi sur une sauce brune , et garni de pommes de terre frites, de champignons ou de truffes.

CHATELAIN, AINE (châ-te-lin,lè-n'), s. m. et f. Il 1° Terme de féodalité. Seigneur d'un manoir, qui avait droit de juridiction sur ses vassaux. Le roturier qui dit par habitude qu'il tire son origine de quelque ancien liaron ou de quelque châtelain, la bruy. xiv. Il 2° Celui qui commandait dans un château. || 3° S. f. Châtelaine, la femme d'un châtelain ; la maltresse d'un château. || i° Adj. Seigneur châtelain, dame châtelaine. Autrefois les seigneurs châtelains de Picardie n'allaient guère voir les seigneurs châtelains du pays des Allobroges; mais à présent que la société est perfectionnée.... voltaire, Lett. Florian, 29 nov. 4 764. Au bout de huit jours je vis revenir mon homme qui m'apprit que le prince avait, non sans peine, obtenu du roi ma liberté; ce qui me fut confirmé le même jour par le seigneur châtelain, qui vint me dire : vous êtes libre, le sage, Gil Bios, IX, 9. Qu'il avait de bon vin. Le seigneur châtelain, scribe. Comte Ory, n, 5. jj Juge châtelain, ou, simplement, châtelain , le j uge pour un seigneur châtelain. || Chaîne châtelaine, et aussi, sul>stantivement, châtelaine, chaîne à laquelle sont suspendus des instruments de couture, des clefs, etc. et que les dames portent à leur ceinture. || 5" Châtelaine, bijou qu'une femme porte suspendue à sa ceinture par un crochet. || Bande d'étoffe de soie ou de laine que les femmes portent autour du cou pour se préserver du froid.

— HIST. XII' s. Aussi com en la mer est puissanz la balaine. Sur touz autres poissons est dame et chastelaine, Sax. xxx. || xiii* s. De celle estoire [flotte] fu chevetains Jehans de Neele, chastelains de Bruges, villeh. xxx. Et por Diu, gardés yous que chascuns vaille un castelain au besolng, h. de valenc. VIII. Li chastelains de Couoy aima tant Qu'onc por amour nuls n'en ot douleur graindre [plus grande] , anonyme, dans Coud. Et aporterent un escript qui avoit esté fait par l'accord des deux parties, par devant le cbastelain du Louvre, Liryre des met. 307. Vos ne troverez.... Conte, prince ne chasteleine Qui vos forface un frl de leine, Ren. 10843. H n'est dame ne chastelaine Que ge ne tenisse à vilaine, S'ele nel' daingnoit aesier D'avoir ung savoreux besier, la Rose, 3465. Duc est la première dignité, et puis contes, et puis viscontes, et puis barons, et puis chastelains, et puis vavassor, et puis citaen, et puis vilain, tt'i'. de fust. 67. Ha! très douce créature. Plus gente ke chastelaine. Us. de poJties fr. t. iir, p. «202, dans lacurne. Li chiés [la tête] vint à terre et les mains. Et li bons chevax chastelains S'en est alez fuiant ariere. Et cil remaint en la poudrière, Blanchandin, ms. ^ 18), dans lacurne. || xv" s. U envoya jusqu'au

chastel de Calais deux de ses escuyers, pour aller au cbastelain, et savoir s'il cstoit heure, raoïss. i, l, 327. Sur ces pilliers fut ceste tour eslable Par très longtemps; or la voi eslochier; Pourquoi? pource que j'ay veQ clochier Le cbastelain, E. desch. Poésies mss. f° 287, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. castellan; catal. castelld; portug. eastellào; ital. castel lano ; de castellanus , de castellum, château.

CHATELÉ, ÉE (châ-t8-lé, lée), adj. Terme de blason. Lambel châtelé, kmbel chargé de châteaux.

— ÉTYM. Château, par l'intermédiaire de chastel; provenç. castellat.

CUATELET (châ-te-lè) , s. m. Ipl- Anciennement, petit château. || 2° X Paris, le grand et le petit Châtelet : le grand où l'on rendait la justice; le petit où l'on tenait les prisonniers. || 3* La juridiction qui avait son siège au grand Châtelet et où l'on jugeait en première instance les affaires civiles et criminelles. Conseiller au Châtelet. Le Breton a été obligé de faire assigner ses accusateurs au Châtelet, volt. Lett. Souverains, 31. || 4° Châtelet se disait aussi des juridictions d'Orléans, de Montpellier et de quelques autres villes. Il 5" Partie du métier du rubanier qui soutient les hautes lisses. || 6" Jeu auquel les enfants jouent en assemblant des noix ou des marrons en pyramide, et qui se nomme aussi le château.

— HIST. XIII' s. En un vies [vieux] castelet s'alorent embuschier, Ch. d'Ant. iv, 203. || xiV s. Chastellet et guette du dit chastelet cornant, c'est à dire jusqu'à l'heure où celuy qui faisoit sentinelle dans le chastelet sonnait de la trompette, Ordonn. dea rois de France, t. m, p. )47. ||xv« s. Entour [le] chastelet vendoit ou sel, fruit et herbes et aussi y faisoit on, tout l'an, chappeaux de diverses fleurs et verdeurs, de labo rde, Emaui, p. 207.

— ÉTYM. Diminutifdechdfeau, par l'intermédiaire âechastel ; provenç. castelet; catal. caïteii«l; espagn, caitillete; ital. castelletio.

CIIATELLENEE (châ-tè-le-nie), s. f. || l" Seigneurie et juridiction d'un seigneur châtelain. C'est pour cela que je viens me renfermer dans ma châtellenie, bayard et dumanoir, la Marquise de i'rétintaille, se. 9. || 2° L'étendue d'une châtellenie.

— HIST. XV* s. Aussi seront delez nous ceux de Courtray, car c'est en nostre chastellenie , froiss. II, II, 66. Le duc voulut faire desemparer Mondidier; mais, pour l'affection qu'il veit que ce peuple de ces chastellenies luy portoit, il la fit reparer.... COMM. m, to. (Dans les siècles précédents on disait chastelerie.)

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. caitellania ; de castellanus , châtelain.

t CHAT-HUANÊ, ÉE (cha-u-a-né, née), adj. Oiseau chat-huané, oiseau de proie ayant le pennage d'un chat-huant.

CHAT-nUANT (cha-u-an, au pluriel comme au singulier; dutempsdePalsgrave, p. 1», au xvi* siècle, on aspirait \'h ; l'Académie dit encore qu'on l'aspire; mais la prononciation la plus ordinaire ne tient pas compte de cette h) , s. m. Sorte de hibou.. .. Hier soir sur la brune Un chat-huant s'en viut votre fils emporter, la font. Fabl. ix, l. Une souris tomba du bec d'un chat-huant, id. ib. de, 7. || Au plur. Des chats- huants.

— HIST. XIII* s. Mes moult i brait et se démente Li chahuan o sa grant hure, la Rose , B999. || xv* s. Les arondes y font leur nis Et li cahuan soir et main, E. DESCH. Bail, sur son bailliage de Senlis. Ijxvi's. Des chats-huants et chauves souris, d'aub. Ilist. I, 363. Il ressemble au hibou ou chat huant.... paré, Mumie et Licorne , déd. Si nous oyons crier de nuict quelque chouan. Nous hérissons d'effroi, hons. 8I5. J'ay englué vingt vergettes ce matyn; si je eusse ung chathuant, nul petit oyselet ne me escaperoit, palsgr. p. 612. X midy estoile ne luit, cahuant ne sort de son nid, génin. Recréât, t. ii, p. 234.

— ÉTYM. Berry, chavant, chaven, chavin, chavon; chavoche, femelle du chat-huant; patois messin, chè-heusant; picard, caouein; picard, cahouant; Saintonge, choianf;bas-lat. cavannus. Bien que chat-huant puisse avoir un sens et signifier te chat qui hue; bien que le huant se trouve dans des textes anciens avec le sens de chat-huant (les leus oj uUer, et li huans hua, Berte, p. 4f), néanmoins on ne peut résister à l'ensemble de toutes les formes de nos patois qui témoignent d'un mot chavan, chouan, qui fut altéré, par la prononciation, en un semblant de sens, le chat qui hue, et dont le radical cho ou eau se trouve dans dkoue((« et dans choMCtu (voy. ces mots).

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