Il n'en confesse que trop par ses vers, id. i
209. Elle confessoit que ce soldat ne l'avolt encores pressée que de requesles, m. n, 6. Il me confessera, s'il parle en conscience, que.... id. ii, 229. Quand je me confesse à moy religieusement, je treuve.... ID. III, 87. Et quoy, Clymene, aura,s-tu point de honte De confesser qu'amour soit ton vainqueur? rons. 630. Et ceux qui seroient atteints et convaincus ou confessans [de protestantisme] leur faire donner la question, couper la langue, et brusler après à petit feu, coNDÉ, Mémoires, p. 546.
— ÉTYM. Provenç. confessar, cofessar; espagn. confesar; ital. confessare; du supin confessum, de conftteri, avouer, decum, elfateri, avouer.
CONFESSEUR (kon-fè-seur) , s. m. \\ 1° Dans la primitive Église celui qui, durant la persécution, avait confessé le nom de Jésus-Christ jusqu'à subir le martyre, mais sans en mourir. Ce n'est pas un martyr, c'est un confesseur. Ce courageux confesseur de Jésus-Christ adressa à l'empereur un livre dont le titre.... BOss. Variât. Avert. v, § ta. Il 2° Prêtre à qui l'on se confesse. Comme à mon confesseur, vous ouvrant ma pensée, p.égnier, Sat. VII. Le récit de ses fautes est pénible; on veut les couvrir et charger quelque autre; c'est ce qui donne le pas au directeur sur le confesseur, la
BRCy. XI.
— illST. XIII* s. Ici endroit gist un cors saint. Qui est el ciel avec les sains, Bon martirs et bon confessors; Ci illeques en gist le cors, Ren. 4779. Il XVI* s. Et certes ils ne se pouvoyent confesser, veu qu'il n'y avoit lors ne confesseurs, ne confession mesme, calvin, Instit. 60l. L'aultre respondit à son confesseur qui lui promettoit qu'il souperoit ce jour-là avecques nostre seigneur: allez vous y en; car, de ma part, je jeusne, mont, i, 296.
— ÉTYM. Provenç. confesser; espagn. confesor; ital. confessare; du latin confessorem (voy. confesser).
CONFESSION (kon-fè-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Déclaration que l'on fait de ses péchés au prêtre catholique. Il disait qu'il ne mourrait jamais sans confession, sév. 398. Nous ménageons de lui faire faire une bonne confession, id. 48. Pour lui faire une confession générale, boss. Lett. rel. 79. Qu'elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur confession! boss. Duch. iOrl. Il Billet de confession, attestation par laquelle un prêtre certifie avoir entendu quelqu'un en confession. Il Billet de confession, certificat de croyance à la bulle Unigenitus, donné à un malade pour recevoir les sacrements , lors des querelles suscitées par cette bulle, au milieu du xviii* siècle. || FIg. et familièrement. On lui donnerait le bon Dieu sans confession, se dit des personnes qui, par leursdehors ou par leur réputation, inspirent une entière confiance. || Confession auriculaire ou privée, confession qui se fait à l'oreille du prêtre, par opposition à la confession publique qui a été usitée dans la primitive Église. |{ Confier quelque chose sous le sceau do la confession, le confier à condition d'un secret absolu. || S. f. plur. Ouvrages de différents auteurs qui y font l'aveu des erreurs de leur vie. Les Confesaiona de St Augustin. Les Confessions de J. J. Rousseau. Donner à la volupté ce qu'on pense donner à la seule nécessité, comme St Augustin le dit de soi-même dans ses Confessions , pasc. Prov. 4. Il 2* Aveu, déclaration d'un fait. La confession du crime rend la défense impossible. Je le prouverai par votre propre confe.ssion. En exigeant de moi cette confession, Vous me sollicitez d'une lâche action, ROTROU, Bélis. i, 2. Par la confession de votre Égyptienne, mol. l'Étour. v, (4. J'étais un peu .soulagé de lui avoir fait ma confession, iiAMiLT. Gramm. 3, Il faut bien vous faire ma confession générale, id.
ib. ). Il Terme de jurisprudence. Aveu de la partie adverse. On ne doit pas diviser la confession, c'està-dire on ne doit pas en prendre .seulement ce qui convient et rejeter le reste. || Terme de rhétorique. Figure qui consiste à avouer la faute dont on est accusé. Il 3' Action de confesser Jésus-Christ, do faire profe.ssion publique de la foi chrétienne. Vous pouvez bien déchirer nos corps.... le spectateur céleste de notre confession nous les rendra plus glorieux et plus éclatants, mass. JUyst. Resurrect. '| Lieu où l'on honore les reliques d'un saint. La confessioi; de saint Pierre, à Rome, est un lieu fort respecté. Il 4° Confession de foi, ou, simplement, confession, liste ou dénombrement et déclaration des artichs de la foi de l'Eglise romaine et des autres églises chrétiennes. Signer une confession. Pour dresser de nouvelles confessions de foi, boss. Var. jréf. Peu de gens sont disposés à signer une confession de foi en blanc; or ce serait en signer une en blanc que vous rempliriez ensuite de tout ce qu'il vous plairait, PASc. Prov. 17. Il Confession d'Augsbourg, déclaration de la créance des protestants, ainsi dite, parce qu'elle fut présentée dans cette ville à l'empereur Charles-Quint en I630. || Terme de liturgie. La prière nommée aussi Confiteor.
— HiST. XII' s. De ceste espée qui me pent au giron , Lui ai donné si grant confession.... Ronc. p. HO. Confession la belle demanda, i&. p. (75. Il XIV' s. Se un prestre scet par confession le crime d'un home, il ne peut tel home punir ne excommenier, oresme, Eth. I62. || xvi' s. Il m'a semblé plus qu'utile de mettre en avant cette confession de foi , CALVIN , 33). La confession auriculaire , id. Instit. 492.
— ÉTYM. Provenç. confessio; «spagn. confesion; ital. confessione ; du latin confessionem (voy. confesser).
t CONFESSIONNAIRE (kon-fè-sio-uê-r') , adj. Qui a rapport à la confession.
— HIST. XVI' s. Ils distinguoient les péchez en bras, branches, rameaux et feuilles, selon les distinctions des docteurs confessionnal res, calv. /»stit. 499.
— ÉTYM. Confession.
CONFESSIONNAL (kon-fè-sio-nal ; en poésie , de cinq syllabes), s. m. Sorte de réduit clos oil le confesseur reçoit le pénitent. Les confessionnaux de cette église. De sorte qu'il faudrait les exclure presque tous de nos confessionnaux, si nos pères n'eussent un peu relâché de la sévérité de la religion, PASC. Prov. 7. 0 mon père, que ces maximes attireront de gens à vos confessionnaux ! id. Prov. i o,
— ÉTYM. Confession.
t CONFESSIONNEL, ELLE (kon-fè-sio-nel, nè-l'), adj. Qui a rapport à une confession de foi. Articles confessionnels. Dissidences confessionnelles.
t CONTESSIONISTE (kon-fè-sio-ni-sf), s. m. Luthérien de la confession d'Augsbourg.
— ÉTYM. Confession.
t CONFESSOIRE (kon-fè-soi-r'), adj. Terme d'ancienne pratique. Action confessoiie, action par laquelle un voisin répète un droit de servitude sur son voisin.
— ÉTYM. Confesser.
CONFIANCE (kon-fl-an-s'), s. f. || 1* Sentiment qui fait qu'on se fie à quelqu'un ou à quelque chose. On verra ce qu'en vous je prends de confiance. CORN. Nicom. II , 2. Elle avait eu la confiance de deux ministres, sÉv. 348. Le roi prenait confiance en ses conseils, boss. le Tell. Heureux le peuple innocent Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance, rac. Esth. II, 9. Mais son inimitié vous rend ma confiance, ID. Brit. IV, 3. Il perdrait ma confiance si.... fén. Tél. xuL II est vrai qu'Idoménée s'est laissé trop prévenir par ceux qui ont eu sa confiance, id. ib. xii. J'étais ravi qu'on eût en moi cette confiance, id. ib. III. Cette femme avait toute sa confiance, id. ib. Ses alliés ont une entière confiance en lui, id. ib. V. C'était un aventurier qui s'était donné à Nestor et qui avait gagné sa confiance, id. ib. xvi. || Homme, personne de confiance, à qui l'on se confie entièrement. M. de Beaufort qui est l'homme de confiance de M. de Paris, boss. Lett. quiét, tso. Certaines personnes de confiance, rÉN. Tél. xiii.|| Place de confiance, place donnée à une personne en qui l'on se confie pleinement. || En confiance, en toute confiance, sans crainte. ExpUquez-vous, seigneur, parlez en confiance, corn. Piilch. n, 4. Vous puis-je en confiance expliquer ma pensée? ID. Hodog. i, ». Il peut parler en confiance à Protésilas, fên. Tél. xiii. Il De confiance, sans se défier, en ayant plein» confiance. J'ai acheté cela de confiance. || Racine a dit : confiance sur. Vingt fois, sur vos discours
CON
pleine do confiance, Baj. I, 3. Il nya aucune raison pour qu'on ne dise pas confiance sur, bien que moins usité. Voy. à SE CONFIEH un autre exemple de Racine où la construction est lamêmo. || 2° Absolument, état des esprits qui ont confiance dans la stabilité d'un gouvernement, dans la situation des affaires commerciales et industrielles. Rétablir la confiance. La confiance renaît. || 3° Sentiment qui fait qu'on se fie en soi-même. Prendre, perdre confiance. Il est plein de confiance en lui. Dans la confiance de la victoire, VAUGELAS, Q. C. dans bichelet. Le trop de confiance attire le danger, corn. Cid, u, 7. La confiance de plaire est souvent un moyen de plaire infailliblement, LAROcnEFOuc. Prcm. pemées. s>. IVautres, loin de se taire en ce même moment, Triompheraient peut-être, et, pleinsde confiance, Céderaient avec joie à votre impatience, rac. Bérén. m, 8. Il n'oubliait rien pour entretenir leur confiance [de Crassus et de Pompée] , pendant qu'à force de présents il tachait de gagner les sénateurs qui leur étaient les plus dévoués , vertot. Bévol. rom. xiii. Tant de victoires avaient donné aux Suédois une si grande confiance qu'ils ne s'informaient jamais du nombre de leurs ennemis, mais seulement du lieu où ils étaient, volt. Charles XII, 4. || Liberté honnête. Abordei quelqu'un avec confiance. || Présomption. Avoir des airs de confiance. Se donner des airs de confiance.
— HlST. XVI* s. En ceste manière il veut establir 1.1 confiance de ceux qui sentent leurs consciences pures, cALv. Inttxt. 68).
— ÉTYM. Confiant.
CONFIANT, ANTE (kon-fi-an, an-t'), adj. || 1° Qui a de la confiance ou y est disposé. Il est trop confiant et se laisse tromper, ô fureur! ô coeur trop confiant, delav. Vêpres sicil. ii, 4. Confiante amitié, rentre enfin dans son cœur, ID. Paria, ii, 6. Il Substantivement. M. l'abbé Terrai, attentif à mettre dans un beau jour le nouveau système des finances, y a découvert la secte des confiants et des défiants, DESF0NTAINES. || 2° Qui est porté à confier ses secrets. Il est confiant jusqu'à l'indiscrétion. || 3' Présomptueux. C'est un homme confiant, plein de lui-même.
— HIST. xvr s. Confiant de vostre dicte clémence et doulceur, me suis avancé de vous faire un présent, G. CRETIN, Épître, p. 7, dans lacurne.
— ÉTYM. Confier.
CONFIDEMMENT (kon-fl-da-man), adv. || 1' En confidence. Cicéron.... parlant confidemment à Pomponius Atticus, avoue que la vertu de Caton était inutile à la patrie, balz. e'disc. s. la Cour. Je vous en ai parlé tantôt confidemment, corn. Sertor. iv, 9. Je le priai de me dire confidemment si.... pasc. Prov. t. Venons au fait, parlons confidemment, Car entre amis on parle avec franchise, en kvlkm. Autre épttre de l'abbé C. Parlez-moi confidemment, lesage, Gil Blas, IX, 6. Un homme se trouvant là, sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement et me demanda confidemment si je n'étais point auteur de certaines brochures; je m'en défendis fort, P. l. cour. Pamph. des pamph. || 2" Avec confiance. Le silence que je garde si hardiment et si confidemment, VOIT. Lett. <83 Attila me traite assez confidemment, cobn. Attila, IV, (. Il Vieilli en ce sens.
— HIST. xvi* s. Le roi qui vous tesmoigna de vouloir reconcilier le roi de Navarre à lui et de s'en servir confidemment, sully, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Confident, et le suffixe menf.
CONFIDENCE (kon-fi-dan-s') , s.f.\\l' Communication d'une chose secrète. C'est de quoi je voulais vous faire confidence, corn. Nicom. v, <. Il m'était échappé d'en faire confidence , id. Héracl. Il, i. La personne à qui on en fait la confidence, ID. Ex. de Pohj. J'avais mis mes secrets en bonne confidence, m. Perthar. iv, 2. Ne fais point confidence avec toutes personnes, Regarde où tu répands les secrets de ton cœur, cobn. Imitation, i, 8. Je veux bien t'en faire confidence, mol. Fest. v, 2. Brancas a mis Dieu de cette confidence, sÉv. 463. Le roi a été le premier dans cette confidence, id. 3»o. Les raisons dont nous sommes en confidence, mon ami et moi, m. si. Il lui faisait les confidences les plus belles sur sa passion, hamilt. Gramm. *s. Je ne vous avertirais pas si l'on m'en avait fait confidence, ID. Gramm. B. Us veulent mettre le public dans la confidence de leurs larmes, mass. Car. Aum. Soyez trfes-sûr que vous ne risquez rien, et qu'on TOUS renverra la pièce sans tarder et sans abuser de la confidence, volt. Lett. Laharpe, 3i mars (775. Il Fausse confidence , prétendue révélation qu'on fait pour tromper quelqu'un , pour lui donner le change. Il lui fit une fausse confidence pour déguiser une fausse trahison , hamilt. Gramm. 4. || En
CON
confidence, sous le sceau du secret. J'ose donc, comme ami, vous dire en confidence Qu'une vertu parfaite a besoin de prudence, corn. Nicom. m, 2. Je te dirai bien plus, mais avec confidence.... in. Pohj. IV, 6. Sénêque disait en confidence à ses amis que le lion reviendrait promptement à sa férocité naturelle, dideb. Claude et JV^ron. || 2° Confiance intime. S'il ne vous traite ici d'entière confidence [s'il ne vous dit pas tout], couN. Poly. i, 3. X cause de ses débauches et de son infamie qui lui conservèrent l'affection de l'empereur et sa confidence, PEnROT, Tacite , 489. Elle m'a vu toujours, ardent à vous louer. Répondre par mes soins à votre confidence, bac Bérén. v, 7. Sa confidence auguste a mis entre mes mains Des secrets d'où dépend le destin des humains, id. Brit. v , 3. Je puis l'instruire au moins combien sa confidence Entre un sujet et lui doit laisser de distance, id. ib. i, 2. Il 3° En parlant de bénéfices ecclésiastiques, la confidence est une convention secrète qui consiste à posséder un bénéfice sous le nom d'autrui qui en a le titre sans jouir des fruits. Tenir un bénéfice en confidence, ou par confidence.
— HIST. xiV s. X la confidence de l'aide de nostre seigneur Jesu Crist, je Nicole Oresme doyen.... OHESME, Prol. ||xv's. En icelle Eglise a une image de Notre Dame en une petite chapelle, et en laquelle les rois d'Angleterre ont toujours eu grand confidence et créance, froiss. h, ii, -) )B. || xvi' s. Ils [Jes valets d'armée] firent une forme de campement à la veue de l'armée royalle, leur sotti.se servant de confidance et de si bonne contenance que.... d'aub. Hist. i, 274. Et le depescha pour la confidence qu'il avoit en lui, carl. i, )6.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. confidencia; ital. confidema ; du latin confidenlia, de confidens, confiant (voy. confident).
CONFIDENT, ENTE (kon-fi-dant, dan-t') , s. m. et f. Il 1° Celui, celle à qui l'on fait la confidence de ses secrets, de ses pensées intimes. Apprends, ma confidente , apprends à me connaître, corn. Rodog. Il, 2. Je te fis après lui mon plus cher confident, ID. Cinna, v, <. Il faut que je l'attrape et que de ses desseins Je sois le confident pour mieux les rendre vains, mol. l'Étour. ii, i. Elles avaient le roi pour confident, sév. 390. C'est à vous de choisir des confidents discrets, rac. Brtt. i, 4. Une vieille femme qui était la confidente de ses amours, fén. Tél. viii. Malheureux confident d'un horrible secret, volt. Fanât, iv , 5. Duroc, le plus réservé de tous, l'ami , le confident de l'empereur, disait hautement qu'il ne prévoyait pas d'époque à notre retour, ségur, Hist. de Nap. vi, 2. || Terme de théâtre. Personnage secondaire de la tragédie, et, en particulier, de la tragédie classique française, qui reçoit les confidences des principaux personnages; par quoi le spectateur se trouve instruit des desseins et des événements. Les rôles de confidents, de confidentes forment un emploi à part. Dans leurs pièces de théâtre la plupart des confidentes sont des nourrices, i. i. Bouss. Ém. 1. 1[2° Adj. Maxime est comme moi de ses plus confidents, corn. Cinna, i, 4. Surprendre les témoins les plus confidents de notre vie, mass. Tiéd. l.||Fig. et poétiquement. Rochers confidents de mes peines. Prêt à faire sur vous éclater la vengeance D'un geste confident de notre intelligence, BAC Brit. III, 7.
— HIST. XVI* s. Avecques leurs plus confidens ils délibérèrent de marcher diligemment vers Paris, LANGUE, B8B. Le Roy de Navarre persistant à vouloir que D'Aubigné lui servist de confident dans ses amours, d'aub. Vie, XLii. Ce fut lors à remuer le mesnage des charges tant qu'il fut possible, à ester les confidens [partisans, affidés] de Bourbon et de Montmorency , id. Hist. i , 86. En cest equippage entrèrent en camp conduits par leurs parrins, et accompagnez de leurs confidens, m. du bell. 47B.
— ÉTYM. Lat. confidens, part, présent de confidere (voy. confier).
CONFIDENTIAIUE (kon-fi-dan-si-ê-r') , s. m. Celui qui a reçu une somme d'argent ou autre valeur avec l'engagement secret, mais d'honneur, de la rendre à une personne déterminée. En rendant le bien à la veuve, on est confidentiaire , la brut. xiv. Il Celui qui tient un bénéfice par confidence. Le roi ne soulïrit plus que les séculiers possédassent des bénéfices sous le nom de confidentiaires , volt. Louis Xir, 35.
— ÉTYM. Confidence.
CONFIDENTIEL, ELLE (kon-fi-dan-si-èl , è-l'), adj. Qui se communique en confidence. Avis confidentiel. Lettre, note confidentielle.
— ÉTYM. Confidence.
CON
CONFIDENTIELLEMENT (kon - fi - dan - si - h - loman), adv. D'une manière confidentielle. Cela m'a été dit confidentiellement et non officiellement.
— ÉTYM. Confidentielle, et le suffixe ment.
t CONFIDENTISSIME {kon-fi-dan-ti-ssi-m'), s.n< Très-confident, dans un langage familier. Le roi ejivoya à Blois M. do Chavigny, .secrétaire d'État et confidentissime du cardinal, retz, i, 22.
— ÉTYM. Confident, avec la terminaison du superlatif latin.
CONFItî, ÉE (kon-fi-é, ée), part, passé. \\i' Remis. Elle trahit mon père et rendit aux Romains La place et les trésors confiés en ses mains, rac. Miihr. i, t. Il 2' Dit en confidence. Un secret confié à votrf? discrétion.
CONFIER (kon-fi-é), v. a. || l' Remettre avec confiance. Confier un dépôt. Je vous ai confié ce que j'avais de plus précieux et de plus cher. Confier le gouvernement d'une province à un chef expérimenté. Pour vous, si vous voidez qu'en quelque autre contrée Nous allions confier votre tète sacrée, bac Baj. y, 4 1. Le sang de César ne se doit allier Qu'à ceux à qui César le veut bien confier, id. Brit. i, 2. Plus j'ai cherché, madame, et plus je cherche encor En quelles mains je dois confier ce trésor, id. ib. u, 3. Il 2* Déposer dans. Confier des semences à la terre. || Confier une chose à sa mémoire, s'en reposer sur elle pour se souvenir. || Il est dangereux de confier certaines choses au papier, de les consigner par écrit. || 3° Communiquer, faire part de. Je vous confie mes soupçons, mes craintes. Je vous confii; mes peines. Vous m'en avez déjà confié votre joie. RAC Athal. m, 3, Mais je l'ai vue enfin me confier ses larmes, id. Andr. i, t. On confie aisément les malheurs qu'on surmonte, volt. Brutus, ii, *. Il 4° Se confier, v. réft. Se reposer sur, s'en remettre à. Je me confie en vous. Se confier au hasard. Se confier en ses forces. Ils se confiaient à la disposition du lieu où l'on combattait, vaugel. Q. C. 332. Et leur langue indiscrète, en qui l'on se confie, Déshonore l'autel où leur cœur sacrifie, mol. Tart. m, 3. Sera-t-il venu si loin pour désoler un roi qui se confie en son pouvoir et en sa vertu V flécii. Panég. de SI Franc, de Paule. L'électeur de Bavière se confiant et à la bonté de sa place et à la grosse garnison qui était dedans, rac. Relation du siège de Namur. Ces pauvres dames se confiant à la générosité du roi , ID. ib. Heureux le roi qui aime son peuple, qui en est aimé, qui se confie en ses voisins, et qui a leur confiance! FÉN. Tél. XI. Un roi ne peut se passer de ministres qui le soulagent, et en qui il se confie, puisqu'il ne peut tout faire, m. ib. xii. Oh! si dans vos discours j'osais me confier! gir. Machab. i, 3. || Racine a dit se confier sur. Sur l'équité des dieux osons nous confier, Phèdre, v, (. || Par extension. Il entre, il se confie à ces lugubres voûtes, delille. Trois règnes, i. || 5° Faire des confidences, épancher son cœur, ô de se confier noble et douce habitude I Non , mon cœur n'est point né pour vivre en solitude. A.CHÉN. Élég. <2. Il 6° Être confié. Des papiers aussi importants ne se confient pas au premier venu.
— REM. 1. Des grammairiens ont critiqué Racine d'avoir dit confier en des mains (voy. les exemples), et voulaient confier à. Mais, confier étant au.ssi synonyme de remettre, il n'y a pas lieu de blâmer Racine. |{ 2. On a prétendu qu'on ne pouvait dire se confier à, et qu'il fallait se confier en; mais de bons exemples prouvent qu'il n'en est rien. Confier s'emploie avec en, dans, à, sur.
— SYN. SE CONFIER, SE FIER. Se Confier, c'est faire un acte de confiance; se fier, c'est avoir confiance. Il y a donc entre ces deux verbes cette différence que le premier exprime un sentiment relatif aux circonstances, et le second un sentiment durable et continu. Je me confie en lui, c'est-à-dire je me remets à lui avec confiance; je me fie en lui, c'est-àdire j'entretiens pour lui un sentiment qui fait que je me confierai en lui dans toutes les circonstances. Dans l'exemple de Molière : Et leur langue indiscrète en qui l'on se confie..., se /ier aurait une autre nuance, signifiant une confiance habituelle. Du reste, ces deux verbes, ne différant que par le préfixe, se confondent très-souvent.
— HIST. XV* s. [Le comte d: Nazarat] avoit mis certaines gens sur les passages, ens es quels il se confioit autant comme en lui-mesme, froiss. ii, in, 26. Il XVI* s. La sagesse nous défend de nous confier ou glorifier aux biens de ce monde , amyot, Solon, B8. Se confiant en eulx plus qu'à nuls autres Grecs, id. Timol. 2.'Icetès voulut défendre jusque* au bout les quartiers de la ville qu'il avoit occupez, soy confiant en ce qu'ilz estoient forts d'assiette et malaisez à approcher, id. ib. 31. P.vquoy Pyrrhui
CON
CON
«e confiant plus à la faveur de fortune qu'au aiscours de la raison, il passa oultre, id. Pyrrh. 67. Demosthenes se confiant aux armes et en la prouesse des Grecs, m. Démosth. 27.
— ÊTYH Con, et fier; provenç. confidar, cofizar; espagn. confiar; ital. confidare.
CONFIGURATION (kon-fi-gu-ra-sion; en poésie, ie six syllablci^ s. f. Action de configurer ; résultat de cette action et forme extérieure. Qui est-ce qui a pris le soin de choisir une si juste configuration des parties [dans la formation de l'eau, ni trop rare, ni trop dense] ? fén. Exist. < 3. Toutes les espèces d'insectes offriraient des observations curieuses et utiles par la configuration de leurs ailes, bkbn. de s.-p. Ilarm. liv. 11, Anm. J'appelle simplement figure celle qui est extérieure, et j'appelle configuration la figure qui est intérieure et qui est nécessaire à toutes les parties dont chaque corps est composé, malebran- CHE, Recherche, 1,1, 1. 1| Terme d'astronomie. Situation relative des corps planétaires les uns par rapport aux autres, et, en particulier, des satellites de Jupiter. Il Terme d'astrologie judiciaire. Aspect mutuel des planètes, ou conjonction de ces corps célestes.
— HIST. XIV" s. Configuracion des parties, oresme. Thèse de meunier.
— ÉTYM. Latin ccmfiguratio, decoiifigurare. CONFIGUKÊ, ÊE (kon-fi-gu-ré, rée), part, passé.
Qui a reçu une certaine forme. J'ai idée de la couleur verte, et d'un corps tellement configuré, volt. Métaph. 3.
CONFIGURER (kon-fi-gu-ré), v. a. \\ i° Donner une forme. La cristallisation configure les sels do diverses manières. || 2° Dans le langage mystique, rendre semblable. 11 faut être configuré à sa mort [de Jésus-Christ] pour participer à sa résurrection, lioss. Souffr. t.
— HIST. XVI* s. Nous sommes configurez à ses passions [de Jésus-Christ], jusques à ce que nous parvenions à la similitude de sa résurrection, calv. InsHt. 627. etc.
— ÉTYM. Latin configurare, decum, elfigurare, figurer.
CONFINÉ, ÉE (kou-fi-né, née), part, passé. Relégué. Confiné dans un lieu solitaire. Obscurément confiné au fond de sa province, d'alemb. Éloges, Trublet.
t CONFINEMENT (kon-fi-ne-man), «. m. || 1° Action de confiner, de reléguer. || 2° Terme de droit criminel. La peine de l'isolement dans les prisons.
— HIST. XVI' s. Par dégradation d'honneur, confiscation d'estat, de biens, et confinement que l'on appelle mort civile, carl. ii, 6. C'est une géhenne et lieu de tourments ou unconfinement où lésâmes sont reléguées, amyot, De la tranq. d'âme, 39. Fut condamné à mort, qui luy fut neantmoins eschangôe par la douceur de l'empereur en un confinement de religion et monastère, pasquier. Recherches, liv. II, p. 44 , dans lacurne.
— ÉTYM. Confiner.
CONFINER (kon-fi-né). || 1° Y. n. Toucher aux confins, aux limites. Damas qui confinait aux deux royaumes, boss. Hist. i, 8. Leurs terres peuvent confiner à la vigne de Naboth, J. J. Rouss. Ém. v. Il II se conjugue avec l'auxiliaire aiotr. {| Coiidillac l'a fait actif en ce sens : Dans les forêts qui confinent la Lithuanie et la Russie, Conn. hum. iv, 2. Il 2° V. a. Confiner un héritage se disait autrefois, dans la langue du droit, pour borner. || 3° Reléguer quelqu'un dans un certain lieu. On l'a confiné dans une lie, dans un monastère. Vous me confinez parmi les bêles sauvages qu'on ne peut apprivoiser, VAUGEL. 0. C. liv. lu, ch. t. ||Fig. Ravalant la vertu, la confine en misère, Régnier, Sat. u. Je plains tout être faible, aveugle en sa manie, Qui dans un seul objet confina son génie, volt. ÉpU.L. || 4° Se confiner, «. réfl. Se retirer dans un lieu écarté pour y vivre dans la retraite. Se confiner au fond d'une orovince. Là Fédéric alla se confiner, la pomt. Faucon. 11 se va confiner aux lieux les plus cachés, ID. Fàbl. I, )i. Au bout de l'univers va, cours te confiner, rac. Bérén. iv, 4. Quoique je me sois confi[ié au pied des Alpes, entre la Savoie et la Suisse, VOLT, Lett. de Vaines, 18 mars t775.
— HIST. xv s. Aucuns Allemans qui confinent tant en Savoye que en Bourgongne [qui sont limitrophes], COMM. II, 6. Et par soupçon seulement [les rois] confinent souvent des gens,iD. vu, t5. |{ xvi* s. En un bois, là je me confine, marot, m, 39. Ils furent contraints de soy retirer au dedans de leurs Alpes, sans plus courir les Marches de l'Italie qui leur confine, amyot, Fab. 4. U appelle les extrêmes confins le territoire qui est à l'entour de Delium,
pource que là confine le Boeoce avec le pals de l'Attique, ID. Lysand. 66. Hz le menèrent, non en la cour du roy, mais en la Cherronese de Syrie, là où il fut confiné, m. Diméir. 72. L'on eust irremissiblement péché de confiner avecques ung mary fascheux et incompatible une telle damoisellc, car- LOix, m, 7.
— ÉTYM. Voy. CONFINS; proveuç. et espagn. eonfinar; ital. confinare.
t CONFINITÉ (kon-fi-ni-té), s. f. La condition de deux pays qui se touchent.
— HIST. XIV* s. Villes situées environ la confinité de la mer, Chron. française ms. de G. de nangis, an 4 30S, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. confins; provenç. confinitat. CONFINS (kon-fin), s. m. p/ur. || 1° Parties d'un
territoire, placées à l'extrémité de ce territoire et à la frontière d'un autre. Les confins de la France. Ces saules, de ton champ qui marquent les confins. T'offriront du sommeil les douceurs passagères, MALFiL. Génie de Virgile, l"Égl. Il entra dans les confins de la Médie, vaugel. Q. C. liv. m, ch. 4, dans RicHELET. Mais ceux dont les États entourent mes confins, volt. Sémiram. m, 6. Auguste journée où deux fières nations, longtemps ennemies et alors réconciliées par Marie-Thérèse, s'avancent sur leurs confins, leurs rois à leur tête, non plus pour se combattre, mais pour s'embrasser, BOSs. Marie- The'r. Il Aux confins de la terre, aux extrémités de la terre, au bout du monde. || Par extension. Si l'on juge de la distance d'Uranus par la lenteur de son mouvement, il doit être aux confins du système planétaire, laplace. Expos. 1, 9. || 2''Fig. Le heu de purification [le purgatoire] , placé sur les confins de la douleur et de la joie, chateaub. Génie, 11, v, t6. Il 3° Terme de géographie. Confins militaires, province de l'empire d'Autriche, divisée en quatre généralats.
— HIST. XIV* s. Aux confines de Piémont en Lombardie, Ménagier, i, 6. || xv* s. Chascun estoit aux confins de son royaulme, comm. u, 8. || xvi*s. Quand leurs confins viendroient à se toucher, qu'il n'y auroit rien entre deux, amyot, Pyrrh. 23. Et à ceulx qu'il ne peult faire rappeller, au moins leur procura il que leurs confins ne fussent point si loingtains, comme les autres qui estoient reléguez par delà les monts Acrocerauniens, id. Phoc. 40. C'est miracle de veoir continuer des actions si diverses, d'une si pareille teneur qu'il ne s'y sente point d'interruption et d'altération, aux confins mesmes et passage de l'une à l'aultre, mont, i, 396. Beau et bon sont confins, et s'expriment par mesmes mots en grec et en l'Escriture sainte, charron. Sagesse, i, 6.
— ÉTYM. Latin confinis, qui a la même limite, de cum, et finis, fin, frontière (voy. fin).
CONFIRE (kon-fi-r'), je confis, tu confis, il confit, nous confisons, vous confisez, ils confisent; je confisais; je confis, nous confîmes; je confirai; je confirais; confis, confisons; que je confise, que nous confisions; que je confisse; confisant; confit, v.a. Il 1° Anciennement, préparer par assaisonnement, achever par maturation. || 2° Aujourd'hui, mettre des fruits, des fleurs, des légumes dans un liquide qui les pénètre et s'y incorpore ou quelquefois se dessèche avec eux, et, dans tous les cas, les conserve. Confire des abricots, des coings, des petits pois. Le premier massepain pour eux, je crois, se fit, Et le premier citron à Rouen fut confit, boil. Soi. X. Il Terme de tanneur. Tremper dans l'eau sure, appelée confit, les peaux qui doivent être chamoisées. || 3° Se confire, v. réfl. Être confit. Cela se confit de cette façon.
— HIST. XIII" s. Le meilleur bevrage que il aient et le plus fort, c'est de lait de jument confist en herbes, joinv. 264. || xiv's. Tel jugement font ceulx qui espreuvent les vins et qui assaveurent et confisent les salses et les potages, oresme, Elh. 94. Il XV" s. Aucunes gens qui bien peu sentent, Nourriz en simplesse et confiz. Contre le vouloir Dieu actentent, Par ignorance desconfiz, ch. d'ohl. Bal. 102. Après ensuit automne, que le fruit se meure et confite, et adont est en saison et temps de cueillir et en user prouffitablement, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 12. || xvi's. En vray amour et science conficts, marot, i, 250. Par tes escrits tu me donnois ton cœur : ô don confict en mauvaise liqueur! ID. I, 303. Du coriandre confict, mont, i, 237. Ainsi se remplit le monde, et se confit en fadese et en mensonge, id. h, 284. L'essence des femmes est si confite en souspeçon, en vanité et en curiosité, que.... ID. IH, 349. Le but où il vise, est de tousjours inventer, apprestcr et confire quelque jeu, quelque faict, et quelque parole à plaisir et pour
donner plaisir, amyot, Comm. dise, le flatl. 20. Plusieurs racines, herbes, fleurs et fruits, y a-t-il propres à confir, o. DE serres, 843.
— ÉTYM. Provenç. confir, cofir; espagn. confilar: portug. confeitar; ital. confellare. Le français et le provençal viennent du latin conficere, achever, digérer, decum, et facere, faire; l'espagn. le port, et l'italien viennent d'un dérivé eonfeclare; une forme pareille a existé aussi dans l'ancien français, voyez l'exemple de Christine de Pisan.
t CONFIRMATEUR (kou-fir-ma-teur) , t. m. Celui qui confirme.
— HIST. XVI* s. Il admet près de soy un flatteur estranger, lequel il pense et veult luy estre tesmoing et confirmateur de l'opinion qu'il a de soy mesme, amyot. Comment discerner le flatteur, i.
— ÉTYM. Confirmer.
CONFIRMATIF, IVE (kon-fir-ma-lif , ti-v'), adj. Qui a la force, le pouvoir de confirmer. Arrêt confirmatif d'un jugement. On espère recevoir un bref coiifirmatif de son ordonnance, boss. Lelt. quiét. 105. Othon pouvait-il donner par cet acte, confirmatif de celui de Charlemagne, la ville même de Rome? VOLT. Mœurs, 36. Il y eut un édit confirmatif de la convention, anquet. Ligue, u, p. 225. Il Acte, titre confirmatif, qui approuve ou ratifie un acte antérieur.
— HIST. xvi* s. Un troisième brevet confirmatif des deux précédents, carl. ii, 6. Et seront par ce moyen vos deux paroUes confirmatives et comme pleigées l'une de l'aultre, id. viii, 4.
— ÉTYM. Provenç. confermatiu , cofermatiu ; espagn. confirmativo; ital. confermalivo; du latin confirmativus (voy. confirmer).
CONFIRMATION (kon-fir-ma-sion ; en poésie, do cinq syllabes) , î. /■. |{ l'Action de confirmer, de garantir, d'assurer une chose. La confirmation d'un privilège. La confirmation d'une nouvelle. Ce fait mérite confirmation. U m'a donné de nouvelles confirmations de son amitié en me recommandant chaudement. J'attends avec impatience mes lettres de vendredi : il me faut encore cette confirmation de votre chère et précieuse santé, sÉv. 254. |{ 2° Terme de jurisprudence. Approbation ou ratification d'un acte. Il Maintien d'une décision judiciaire par une juridiction supérieure. || 3° Sacrement, le quatrième en ordre, dans lequel l'évêque forme le signe de la croix sur le front de l'homme baptisé pour l'affermir et le fortifier dans la grâce reçue au baptême. Monseigneur ne donnera la confirmation qu'aux personnes exactement instruites de toutes les principales vérités du catéchisme, fén. xviii, (74. || 4' Terme de rhétorique. Partie du discours où l'on prouve ce qu'on a avancé et où l'on range les preuves dans un ordre capable de persuader. La confirmation vient ordinairement après la narration, dans le genre judiciaire.
— HIST. xm* s. Ofice de meor [maire] ne se doit pas fere devant la confirmacion, Livre de just. 62. Il XIV* s. C'est à dire que la confirmacion de la ditte élection demourast vers les Pères, bercheure, t" 12, eerso. Il xv* s. Et le roy lui eust donné Â sa vie certaine pension; Qu'il vous plaise, seigneur très redoublé, Retenue ait et confirmacion, e. desch. Supplicat. au roi. || xvi* s. Ceste confirmation est accompUe par onction et telle forme de paroles : Je te marque par le signe de la sainte croix, et confirme par onction de salut, calv. Instit. 4(66. Pour la confirmation de ladite espine [du dos] et plus facile flexion d'icelle, paré, iv, I8. Que ce que nous avons dit soit vray, nous en asseu rerions, si nous avions sur cela la confirmation d'un oracle, mont. u, 281.
— ÉTYM. Provenç. cofermatio, confirmation ; esrçign. confirmacion; ital. con/irmaiione; du latin confirmationem ((voy. confirmer).
t CONFIRMATOIRE (kon-fir-ma-toi-r'), adj. Qui a la vertu de confirmer.
— HIST. xvi* s. Le dire de saint Augustin ne devoit estre entendu de l'imposition des mains confirmatoire, mais curatoire et reconciliatoire, calv. Instit. 417).
— ÉTYM. Voy. confirmer; provenç. con/fermaton, con/inno(ort; espagn. confirmatorio.
CONFIRMÉ, ÉE (kon-fir-mé, mée), part, passé. Il 1° Rendu sûr, certain, en parlant des choses. Ce billet confirmé par votre témoignage, corn. Héracl. u, 8. Sa gloire est confirmée et ses honneurs accrus, mair. ilariane, i, 6. Si mon intégrité vous était confirmée, mol. l'Étourdi, 1, 9. Ma honte est confirmée, rac. Àndr. iv, 3. Lorsque ta raison pat l'âge confirmée.... volt. Zaïre, 1, 4. L'autorité fatale est trop bien confirmée, iD. Guèbr. i, 4. Un
CON
bruit trop confirmé se répand sur la terre, ID. Mort de Ces. 1, 3. Il n'y a point de probité assez confirmée, pour qu'on puisse sans incertitude l'exposer au passage de la ligne [la mettre dans les affaires des colonies, de l'Inde, etc.], baynal, llitt. phil. IV 23. Il 2" Devenu assuré, en parlant des personnes. Confirmé dans ses espérances. Des athées confirmé» dans leurs désordres, boubd. Car. l, Heligion chrétienne, 286. lU vont loin, confirmés par le succès, LA. BBUY. I. Il 3° Oui a reçu le sacrement de confirmacion. Confirmé par l'évèque. || Chrétien confirmé en grâce, c'est-à-dire d'une vertu si épuré8 que Dieu est comme obligé de l'assister toujours de ses grâces.
f CONFIKMEMENT (kon-fir-me-man), s. m. Ëlat de ce qui est confirmé.
— iiiST. xii* s. Il fist un establissement Et si en fisl confirmement, wace, Brut, 2333. || xiii- s. Il le deit prover par prevelige, que le seignor ou son ancestre ait doné à lui ou à son ancestre le dit fié [fief] eu confermement de cel fié, Assises de J. I, 254. Cascune de ces trois co7.es vaut confermement de marcié [marché], bbaum. xxxiv, 60.
— ÈTYM. Con^rmer; provenç. confermament, confermamen; anc. espagn. confirmarriiento ; ital. confermamento.
CONFIRMER (kon-fir-mé), v. a.\\ l' Rendre ferme, en parlant des choses. Ainsi tant de miracles étonnants , que les anciens Hébreux ont ^us de leurs yeux, servent encore aujourd'hui à confirmer notre foi, Boss. Ilist. II, <3. Il confirma par cette victoire le nom d'Africain dans sa maison, id. ib. i, 9. Au lieu que les succès et les malheurs d'un État où le peuple est soumis confirment également sa servitude, MONTESQ. Rom. 9. Ah! que cette amitié jadis m'eût su charmer, Et quel plaisir j'aurais pris à la confirmer ! CHAMPFOHT, Uust. ct Z. Il, *. || Rendre ferme, en parlant des personnes. L'air dont je vous ai vu lui jeter cette pierre.... Me confirme encor mieux à ne pas difi'érer Les noces oii j'ai dit qu'il vous faut préparer, mol. Êc. des f. m, *. Les vérités saintes qui confirment une âme dans le mépris du monde et dans l'amour des biens éternels, mass. Car. Tiéd. 2. Il Terme de manège. Confirmer un cheval, achever de le dresser. || 2° Sanctionner, attribuer par confirmation. Le roi confirma les droits et privilèges de cette ville. La cour d'appel a confirmé le jugement rendu en première Instance. Dieu lui confirme toutes ses promesses, Boss. Hist. il, 2. Vous avez de SOS feux un gage solennel, Qu'il peut, quand il voudra, confirmer à l'autel, rac. Ilithr. ii <. Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel, id. Phèd. v, 4. Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance, De Jacob avec Dieu confirmer l'aUia.ice , m. Àlh. v, 7. Je sais que le sénat tout plein de votre nom D'une commune voix confirmera ce don, id. Bér, m, t. 11 veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments, id. Brit. V, 1. Une telle victime Vaut bien que, confirmant vos rigoureuses lois. Vous me la demandiez une seconde fois, id. Iphig. iv, 9. Du dieu de Mahomet la puissance invoquée Confirme mes serments et préside à mes feux, volt. Zaïre, m, 6. Ce territoire avait été confirmé à la France par la paix d'Utrecht , volt. Louis XV, 28. || 3" Attester, montrer. L'expérience confirme que.... Trente papes confirmèrent de leur sang l'Évangile qu'ils annonçaient à toute la terre, boss. Hist. i, 10. Douter d'une trahison que tant d'apparences confirmaient, MOL. le Fest. 1, 3. Songez-y ; vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer, hac. Àth. m, 4. Un mot même d'Arbate a confirmé ma crainte, id. ilithr. iv, 2. Lisez; il vous confirme un secret si funeste, volt. Sémir. IV, 2. L'expérience confirme que la mollesse ou l'indulgence pour soi et la dureté pour les autres ne sont qu'un seul et même vice , la bruy. iv. Il k' Terma de théologie. Conférer le sacrement de la confirmition. Il n'appartient qu'aux évêques de confirmer. L'évèque frappe légèrement , avec la main, la joue de celui qu'il confirme, pour lui apprendre qu'il doit être prêt à souffrir toute sorte de disgrâces pour Jésus-Christ. || Fif;. Dieu confirme en grâce. Dieu assure la grâce à l'homme. || Fig. et familièrement. Confirmer quelqu'un, lui appliquer an soufllet; cela ne se dit qu'avec un adverbe ou un modificatif quelconque .-Il a été rudement confirmé; Son maître le confirma d'importance; ou quand le ton du discours indique de quoi il s'agit. || 5° Se confirmer, v. rf.ft. S'afiermir. Se confirmer dans une opmion. Chose permise aux vieux [serviteurs du dieu de Delphes], de saint zèle enfiammé-s, Qui se
CON
sont par service en ce lieu confirmés, régnikr, Sat. I. Il Être confirmé. La nouvelle se confirme par des gens qui en sont venus, sÉv. 670. Ce bruit ne se confirme pas, la bruy. x. || Impersonnellement, il se confirme, c'est-à-dire le bruit qui courait prend de la consistance. Il se confirme que l'ennemi a été battu.
— HIST. XII* s. Li reis l'a par sa charlre tut einsi confermé, Otrié en almosne en parmenableté, Th. le mart. 46. Humblement respundeit li sainz à lur escriz, E par les esciiptures ionfermout tuz ses diz, ib. 70. Bien savez qu'il nus ad fait vos leis confermer, ib. 42. Comandé s'est à Deu, u puis s'en returna, Enz emmi le chemin, là ù il mielz erra. Es viles e es bures les t-nfanz conforma, ib. I3l. [Réfuter] par reisun confermée, ib. 68. E que nostres sires cunfermt ses paroles que il ad de mei parled. Bois, 227. Il XIII' s. Ottroi et confermé chele meïsme vente. Charte de Iletdin, dans baynouabd, Lex. Et li consaus fu tex, qiie li mariages fust conformés de l'une partie et d'autre, villeii. clxvi. Dont envolèrent lor messages, li une partie et li autre, à l'apostole de Rome Innocent , pour conformer les convenances, et il le fist moult volentiers, id. xix. Juvenaus [Juvénal] neis le conforme, Qui redit par sentence ferme.... la Rose, 8747. Ce di que l'en doit savoir se cole costume a esté confermée en jugement contredit, Liv. de jitst. b. || xiv s. Car des autres bourjois en y ot revenu';, Qui tout ont conformé fit les fais espandus, Guescl. 8436. || xv s. Si vous voulez entendre aux traités et à conformer la trêve, mon très redouté seigneur le roi d'Escosse et ses nobles consaulx les conformeront, froiss. ii, li, 219. Pour confirmer les royaumes en paix, in. ii, II, 447. Qui confirmoit l'abusion , comm. viii , 46. Il XVI" s. Qu'il soit confirmé par l'imposition des mains, calv. Inslit. 4166. Je trouvai à cette opinion le fondement bien foible, moy qui avois à la confirmer en aultruy, mont, i, H7. Il confirma les iNapolitains, qui estoient d'eulx mesmes bien affectionnez aux Romains, en la bonne dévotion qu'ilz avoient, amtot, Marcel. 4 4. Il demanda qu'on luy confirmas! ses gouvernemens, m. Eum. 20. Et qui n'a honte de rien, tant il est de longue main accoustumé et confirmé à mal faire, id. Comment il faut ouïr, 24. L'habitude est une qualité confirmée, laquelle.... id. De la vertu, morale, s. St Paul remonslre fort et ferme, Et la loi humaine conforme Qu'enfans obéir sont tenus Aux pères dont ils sont venus, MAROT, iv, 488.
— ÉTYM. Provenç. confermar, eofermar, confirmar; espagn. confirmar ; ital. confirmare; du latin con^rmare,de cum, et firmare, rendio ferme (voy. fermer).
t CONFISABLE (kon-fi-za-bl'), adj. Qui peut être confit, qui est bon à confire.
— HIST. XVI' s. Au vin cuit peuvent confir tous fruits confissaHes au moust, o. de serres, 849.
— ÉTYM. Confire.
C0NFISCAB1£ (kon-fi-ska-bl'), adj. Qui peut être confisqué. Des marchandises confiscables.
— ÉTYM. Confisquer.
CONFISCANT, ANTE (kon-fi-skan, skan-t') , odj. Qui confisque. || Terme de jurisprudence féodale. Sur qui la confiscation pouvait échoir. On disait des gens de main-morte qu'il fallait qu'une communauté donnât au seigneur un homme vivant, mouiant et confiscant, quand elle possédait une terre sans avoir payé les droits au'elle devait.
CONFISCATION (kon-fl-ska-sion; en poésie, de cinq syllabes),!. /■. || l'Action de confisquer. La confiscation générale est abolie. || 2° Biens confisqués. Le roi lui donna la confiscation d'un tel. Le bien que ce jeune homme héritait de sa mère ayant été confisqué, le père en a demandé et obtenu la confiscation, dont il jouit, sans secourir son malheureux fils, volt. Lett. Maupeou, 4 4 mars 1774.
— hist. XIV* s. Non obstant que les confiscacions du dit royaume deussont estre appliquées et converties es reparacions de la noble maison de Saint Oyn.... Lett. de Charles V, Biblioth. des Chartes, 4* série, t. III, p. 426. Il XVI' s. La confiscation des meubles appartient au seigneur, duquel le confisqué est couchant et levant, loysel, 840.
— ÉTYM. Provenç. confiscation; espagn. confiscacion; ital. conUscatione ; du latin confiscationem (voy. confisquer).
t CONFISERIE (kon-fi-ze-rie) , s. f. Art du confiseur; son atelier; son magasin.
— ËTYM. Confire.
CONFISEUR, EDSE (kon-fl-zeur, zeù-z'), s. m. elf. Celui, celle qui fait et vend des fruits confits, des sucreries diverses. Je fus bercé par \es faiseurs De
CON
vers, de chansons, de poèmes; Ils sont , comme lei confiseurs, Partisans de tous les baptêmes, béranq. Deux cousins. || Adj. Marchand confiseur.
— HIST. xvrs. Ses confitures ne céderont aui plus précieuses qu'on fait es grosses villes, bien qu'elle n'ait autre confiseur que l'aide de ses servantes, 0. deserres, 843.
— ÉTYM. Confire; génev. eonfisseur.
CONFISQUÉ, ÉE (kon-fi-ské, kée), part, passé.
Pris au profit du fisc, du trésor public. Les biens confisqués. Il Familièrement. C'est un homme confisqué, c'est un homme dont la santé, la fortune est dans un mauvais étal, ou qui est entièrement perdu pour le monde. Avec un ton de commandement et une parole forte, que la colère lui fournissait dans la faiblesse d'un corps confisqué, balz. le Romain. La guérison d'un corps confisqué n'est pas l'effet d'un seul breuvage ni d'une seule saijrnée, ID. liv.v, lett. 2. C'est un homme perdu, noyé dans son ménage. — Abîmé. — Confisqué, la chaussée. Préjugé à la mode, ii, 4.
CONFISQUER (kon-fi-ské), v. a. || 1° Attribuer au fisc pour cause de crime ou de contravention. On confisque les marchandises de contrebande. || Terme' de droit commercial. Saisir des marchandises au nom d'un tiers. || Par analogie, prendre à un élève un objet dont l'usage n'est pas autorisé dans le collège, dans la classe. IJDans l'ancien droit criminel : Qui confisque le corps confisque les biens, c'est-àdire la condamnation à mort emporte confiscation des biens. || Terme de féodalité. Confisquer son fief, refuser à un seigneur la foi et l'hommage pour un fief qui vient de lui. || 2° Se confisquer, v. réfl. Être confisqué. Tâchons d'avoir du bien qui ne coure aucun risque; Un grand fonds de vertu rarement se confisque, boursault, dans richelet.
— hist. xv s. Se en ung péage il passe un marchant qui ne acquitte ce qu'il porte, il confisque toute sa marchandise, en beaucoup de lieux est il, le Jouvericel, f°72, dans lacurne. Le ditducde Bourgongne declaira le dit seigneur d'Argueil avoir confisqué envers lui corps et biens, et puis fist arracher et abatre toutes les places et chasteaux qu'il avoit en ses pais, Chron. scandaleuse de Louis XI, p. 4 04, dans LACURNE. Il XVI* s. Ses biens furent confisquez, mont. I, 39. Le marquisat qui avoit esté confisqué de son frère, id. i, 44. Comme le fief se confisque [perd] par le vassal, ainsi la tenure féodale par le seigneur, loysel, 650. Le seigneur confisquant est tenu des dettes jusqu'à la valeur du fief, id. 654 . Qui confisque le corps confisque les biens, id. 839. La longueur de la prison ne confisque point les biens [n'en entraîne pas la confiscation] , id. 833. Femme mariée ne confisque [perd par confiscation] que ses propres, id. 847. L'homme qui se met à mort par desespoir, confisque envers son seigneur, id. 837. Hors ceste rencontre, il n'y eut pas un Byzantin mis à mort par justice, ny confisqué ou banny, AMTOT, Aie. 63. Quand la maison et les biens du tyran Nabis eurent esté vendus, comme confisquez à la chose publique , id. Philop. 26. Ceulx [les citoyens] qu'il confisquoit , ID. Sylla , 68. Que sa uiepce avoit du bien en France, qu'elle confisqueroit au roy en prenant, hors do son royaume, party de mariage sans son consentement et congé, m. du BELL. 4 80. Les enfans des condamnez et confisquez ne laisseront de succéder à leurs parons tant en ligne directe que collateralle, pourveu qu'ils soient concouz lors de la succession eschue , Coutt. génér.
— ÉTYM. Provenç. ot espagn. confiseur; ital. confiscare; du latin eonfiscare, do cum et fiscus, le fisc : réunir au fisc (voy. fisc).
4. CONFIT, ITE(kon-fi,fi-t'), part, passé de confire. Il 1° Citrons, marrons confits. || Ondit qu'un fruit est confit sur l'arbre, poilr exprimer qu'il est en sa pleine maturité et comme confit dans son suc par l'action du soleil. Il Salade confite, salade tout assaisonnée, qui, n'ayant pas été mangée entièrement le jour même, se trouve comme confite le lendemain par l'assaisonnement. || Par extension et plaisar.teri3. Ses refus ne valent rien que confits; et enujre faut-il employer beaucoup de sucre en cette sorte de confiture, pour en ôter l'amertume, costar, t. i, lettre 388, dans richelet. || 2° Fig. Compagnons de Minerve, et confits en science, Régnier, Sat. II. Par ces plaisirs d'amour tout confits en délices, id. Élég. II. Cet hymen de tous bions comblera ■ vos désirs, 11 sera tout confit en douceurs et plai- ■ sirs, MOL. Tart. Ii, 2. Confit dans les maximes et * dans la poUtique de sa société, il [le père Tellior] était profondément faux, trompeur, st-sim. S47, 4 78. Le régent fit prêcher la Ferté, au scandale
CON
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lie tout le monde non confit en cabale de constitution, ID. 450, 38. Bien est-il vrai qu'il parlait comme un livre. Toujours d'un ton confit en savoir-vivre, GRESSET, Vert-Vert, ch. ii. || Être confit en dévotion , affecter des airs et des pratiques de, sainteté. Kt confite en détresse Imite avec ses pleurs ia sainte pécheresse, Régnier, Sat. xiii. || Une Ame confite en amertume, en douleurs, personne éprouvée par de longues et fortes afflictions.
f 2. CONFIT (kon-fi), s. m. Eau sure dans laquelle le chamoiseur plonge les peaux minces. || Cuve oi'i le pelletier fait confire les peaux. {| Mélange d'eau et de son pournourrir les porcs.
- HlST. xv s. Pelletiers, megissiers, teinturiers detoiUe, barbaudiers et autres de semblable estât, de faire leurs confis, megis et barbaudes au dedans leurs maisons, Ordonnances des rois de Fr. t. ii,
— ÉTY?T. Cofi/i< i .
CONFITEOK (kon-fi-té-or), s. m. Nom donné à la prière que font les catholiques avant de se confesser, à la messe et dans d'autres circonstances. Dire son Confiteor. \\ Au plur. Des Confiteor.
— ÉTYM. Latin confiteor, je confesse, de cum, et fateri, avouer, qui est de même radical que le grec (paxi;, dit, de çrjiii ou çâ^i, dire, latin fart, parler (voy. fable). Le nom de cette prière lui vient de ce qu'elle commence par ces mots : Confiteor Deo omnipotenti....
CONFITDRE (kon-fi-tu-r'), S. f. On l'emploie souvent au pluriel. Fruits entiers ou coupés par morceaux, qu'on met cuire avec du sucre ou du sirop pondant plus ou moins de temps, et qui se transforment en une sorte de marmelade ou compote. Confitures de groseilles, de prunes. Un jeune Grec, fort affable , m'offrit des confitures , chateaubr. Itinéraire, 44.
— HlST. xm" s. Siros confis de douce confiture. De quatre herbes pleines de sanité, Chanson à la Vierge, mXtzner, p. 67. || xv" s. Il bouta sa teste au trou du retrait où il fut bien encensé, Dieu le sait, de la confiture deleans, louis xi, Nouv. lxxii. M'a apporté herbes à faire la confiture de l'onguent dont le bon roi mehaingné, du quel sang vous estes issu, sera gary, Perceforest, t. vi,f" (17. ||xvrs. Strabo dit que les Juifs, pour la confiture [embaumement] de leurs corps, souloient user de bitume, paré, Uumie, 2. Confitures de cerises, id. xx, 3i. Ses confitures ne céderont aux plus précieuses de celles qu'on fait es grosses villes, o. de serres, 843.
— ÉTYM. Confit I .
t CONFITURERIE (kou-fi-tu-re-rie), s. f. Art du confiseur. || Lieu oi'i l'on fait les confitures. || Lieu où on les conserve. On dit plutôt confiserie.
— ÉTYM. Confiture
CONFITURIER, 1ÈRE (kûn-fi-tu-rié, riè-r"), s. m. et f. Celui, celle qui vend des confitures. || On ne dit guère mainteuant que confiseur. || Adj. Marchand confiturier.
— ÉTYJI. Confiture.
CONFLAGRATION (kon-fia-gra-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Embrasement général. La conflagration du globe terrestre. Néron fit accuser les chrétiens de la connagrationdeRome,FURETiÈRE. Il 2°Fig. Bouleversement politique. La conflagration générale qui suivit la Révolution française. Vous périrez, et dans la conflagration universelle que vous ne frémissez pas d'allumer, la perte de votre honneur ne sauvera pas une seule de vos détestables jouissances, MIRABEAU, Collect. t. Jt, p. <S5.
— REM. Conflagration, bien qu'employé par Rabelais et Montaigne , n'a été remis en usage que dans le xyui' siècle; il n'est dans aucune des anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie.
— HlST. XVI" s. Les géants emportèrent leur roi Anarche à leur col. le mieux qu'ils purent, hors du fort, comme fit JËnée son père Aiichise de la conflagration deîroye, bab. Pant. ii, 29. Chrysippus estimoit qu'en la dernière conflagration du monde, tous les dieux auroient à finir, sauf Jupiter,
— ÉTYM. Latin conflagratio , de conflagrare, de cum, eiflagrare, brûler (voy. flagrant).
j- GONFLE (kon-fl'), s. m. Terme de commerce. Balle de poivre lourd.
CONFLIT (kon-fli; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, \'s se lie: les conflits armés, dites: les con-fli-z armés), s. m. || 1" Cboo de gens qui en viennent aux mains. Le conflit de deux armées. Le pigeon profita du conflit des voleurs. S'envola, s'abattit auprès d'une masure, la font. Fubl. IX, 2. Il 2° Terme de procédure. Conflit de juridiction, ou, simplement, conflit, contradiction sur le
droit de connaître d'une affaire entre deux juridictions de l'ordre judiciaire. Il Conflit d'attribution, conflit entre deux juridictions, l'une de l'ordre judiciaire, l'autre de l'ordre administratif. Élever le conflit. Il Conflit négatif, celui qui a lieu, lorsque deux tribunaux se déclarent respectivement incompétents pour connaître d'une même affaire. || 3° Fig. Au milieu d'un conflit tumultueux da grands et petits Intérêts, flëch. le Tellier. Toutes les fois que l'autorité souveraine voudra s'interposer dans les conflits de l'honneur et de la religion, elle sera compromise des deux côtés, j. i. nouss. Lettre à d'Alemhi-rt.
— HlST. XII" s. En ce ke il chascun jor sormontent et laissent les oevres de cest secle, soi combateiit il cbascun jorpar fort conflitencontre eaz [eux] mimes, Jo6, 481. || xvi" s. Aussi fut pris maint roy, maint duc et comte En ce conflit, dont je laisse le compte, MAROT, I, 327. En ce conflit, qui dura une bonne demie heure, furent blessez des mutins environ trente ou quarante, condê. Mémoires, p. 6)2. Celuy qui, picqué et oultré jusques au vif d'une offense, s'armeroit des armes de la raison contre ce furieux appétit de vengeance, et, aprez un grand conflict, s'en rendroit enfin maistre, feroit sans doute beaucoup plus, mont, ii, ti5. C'est un conflict [discussion] qui se décide plus par les armes de la mémoire que par celles de la raison, id. i, 249.
— ÉTYM. Espagn. confiicto; ital. conflitln; du latin oonflictus, de confligere, de cum, et fligere, heurter, frapper.
t CONFLUENCE (kon-flu-an-s') , s. f. Terme de médecine. La qualité d'être coniluent. La confluence de la petite vérole.
— ÉTYM. Confluent i .
1. CONFLUENT, ENTE (kon-flu-an, an-t') , adj. Terme de médecine. Petite vérole confluente, celle où les boutons sont si rapprochés qu'ils se touchent et se confondent, par opposition à variole discrète. Il Terme de botanique. Parties confluentes, parties qui se réunissent ou se confondent. || Terme de minéralogie. Aragonite confluente, variété prismatique, dont les cristaux se réunissent par leurs bases.
— ÉTYM. Confluer.
2. CONFLUENT (kon-flu-an) , s. m. || 1° Endroit où deux rivières se réunissent. Le confluent de la Seine et de la Marne. || 2° Terme d'anatomie. Confluent des sinus de la dure-mère, ou pressoir d'Hérophile, sorte de cavité, située au devant de la protubérance occipitale interne, et formée par la réunion des trois grands replis de la dure-mère. || Confluent de deux veines. La seconde branchodelaveine ombilicale s'unit à la veine-porte, et forme avec elle une espèce de confluent qui se partage ensuite en différentes branches, CONDORCET, Btrtin.
— HlST. xvi" s. Nous partismes de Mayence, pour venir à Coublants, aultrement Confluents, que nous disons en françois corrompu Confians ; qui est quand une rivière entre en une aultre plus grande en laquelle elle perd son nom, comme Conflans entre Paris et le pont Charenton, etc. carl. vui, 29.
— ÉTYM. Confluer.
CONFLUER (kon-flu-é) , v. n. Se joindre dans le même lit, en parlant de deux rivières. La Marne conflue avec la Seine; ces deux rivières confluent au-dessus de Paris. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HlST. XVI" s. Confluer, monet, Dict.
— ÉTYM. Latin confluere, de cum, et fluere, couler (voy. flueh).
CONFONDRE (kon -fon-dr'), je confonds, nous confondons; je confondais; je confondis; je confondrai ; confonds, confondons; qu'il confonde; ipie je confondisse; confondant; confondu, i;. a. [\ 1° Réunir pêle-mêle, effacer les séparations. La Seine et la Marne confondent leurs eaui. La victoire etlanuit, plus cruelles que nous, Nous excitaient au meurtre et confondaient nos coups, RAC. Andr. i, 2. Les inondations du Nil qui confondaient les bornes des champs, furent cause que chacun voulut des mesures exactes, fonïen. Les mondes, i"soir. ||2"Ne pas faire de distinction entre des personnes et des choses. Ils se ressemblent tellement qu'il m'arrive de les confondre. Va, je ne confonds point ses vertus et ton crime, corn, flérad. I, 2. Et confondant ces mots de trésor et d'époux. Je crus les bien entendre, expliquant tout de vous, id. ib. ui, i. Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois? RAC. Dérén. m, \. Soit que ma haine en lui Confonde les Romains dont il cherche l'appui, ID. Hithr. i, 2. On m'accuse de vouloir confondre la charité avec l'espérance, Boss. .4t'fr(. Ils rompaient ces bornes sacrées qui avaient été
plantées par nos pires, et confondaient la philosophie avec la religion, fléch. Panég. n, p. «». Il Absolument. Il est possible que je confonde, il 3" Unir, identifier. Dans vos intérêts n'en confondez point d'autres, corn. Pomp. ii, 3. En adoptant Néron , Claudius par son choix De son fils et du vôtre a confondu les droits, bac. Drit. m 8. Qu'ils confondent leur naine et ne distinguent plus Le sang qui les fit vaincre et le sang des vaincus, iD. Andr. l, 2. Il Concentrer. Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards, bac. Bérén. i, s. Jj 4° Faire échouer, réduire à l'impuissance. Elle eût sans doute confondu leur orgueil, PASC. dans cousin. Ô Dieu, confonds l'audace et l'imposturel rac. /;.s(h. m, 4. Le ciel punit ma feinte et confond votre adresse, id. Ufij. ii, 5 Sa mort peut vous confondre, id. BtH. v, 0. Un regard confondrait Hermione et la Grèce, id. Andr.
III , 5. Je voulais que Ion zèle achevât en secret Da confondre un amour qui se tait à regret, id. Bérén. II, 2. Et de quel œil Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil? id. Brit. m, ). Quel malheur imprévu vient fcncor me confondre? in. Baj. m, 8. Je ne m'arrêterais pas à vous rapporter les passages do vos pères, si cela n'était néce.ssaire pour confondre l'assurance que vous avez eue de dire.... pasc. Prov. (3. c'est Dieu lui-même qui confond les conseils et la prudence de nos chefs, mass. Carême, ilôt, de conv. Il Par imprécation. Te confonde le ciel de me parler ainsi! mol. Amph. n, i. Diable, conclus; ou bien que le ciel te confonde! rac. Plaid, lu, 3. Il Gftter, ruiner. Un orage violent a confondu toutes nos récoltes. || 5° Mettre dans l'impossibilité do répondre, atterrer. Ce serait bien, seigneur, de tout point me confondre, corn. Nicom. iv, 6. St Augustin confondit ces hérétiques, Doss. Hist. i, II. Il e.st facile de les confondre, pasc. dans cousin. Pour les confondre par la vue de leur folie, in. ib. I.a nature confond les Pyrrhoniens, et la raison confond les dogmatistes, id. ib. Il n'est pas condamné puisqu'on veut le confondre, rac. Baj.
IV, 7. Achille en veut connaître et confondre l'auteur, id. Iphig. m, I. Je veux confondre le monda par ceux que le monde révère le plus, par ceux qui le connaissent le mieux, et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trône, BOSS. Duch. d'Orl. Sitôt que par un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondie, boil. ÉpU. vu. Il pensait que, pour éviter ou confondre ces reproches, il fallait remplir le devoir que.... condorcet, Bucquet. Témoignons pour le Christ, mais surtout par nos vies; Notre moindre vertu confondra plus d'impies Que le sang d'un martyr, lamabt. Ilarm. i, 6. || 6° Étonner, stupéfier. Le que vous dites là me confond. La Trinité confond notre petitesse, accable nos sens, chateaus. Génie, i, 4. Ce qui me confond, c'est la légèreté avec laquelle des hommes frivoles prescrivent des règles de conduite à des personnages d'une expérience consommée, dideb. Ess. s. Claude. || .absolument. Il y a de quoi confondre. |l 7° Causer un sentiment excessif de modestie, d'humilité; se dit par civilité. Vous me confondez par vos louanges. Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre, rac. Kithr. 1, 3. Il 8° Se confondre, v. réfl. Etre mêlé. Ils ae sont confondus avec d'autres peuples, BOSS. llist. Il, 7. De peur que ces histoires ne se confondent dans votre esprit, m. llist. préf. Parterres J'un dessin agréable et nouveau. Amphithéâtres, jets, tous au palais répondent Sans que de tant d'objets les beautés se confondent, lafont. Psyc/i^, i.p.iu4. Leurs années se poussent successivement comme des flots; ils ne cessent de s'écouler, tant qu'enfin, après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre en un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, boss. Duch. d'Orl. Du vainqueur, du vaincu lesclamcurj se confondent, leijiv. Vêpres sicil. v, 2. || 9" Tomber dans le désordre. Turenne meurt, tout se confond, fléch. Tur. Il 10° Devenir incapable de distinguer. Mon amour.... mais adieu, mon esprit se confond, corn. Rodog. iv, i. Une langue qui s'épaissit, une mémoire qui se confond, mass. Car Impén. Cet abîme où son esp.it se confond, id. Car Mort. De loin l'œil se confond avec l'objet, boss Char. frai. 2. Plus j'y pen.se, plus je me confonds, J. J. Rouss. Ém. IV. Il Ne pouvoir plus être distingué. Les contours s'effacent, les nuances se confondent. Toutes mes idées se confondent. || 11° S'humilier. C'est de vous confondre de vos faiblesses (levant le saint Époux, boss. Lcll. Corn. 129. Confondez-vous qu'après des excès.. ..on vous demande si
peu, MASS. Car. Jeûne. Nous devrions nous confondr(! qu'avec bien moins d'innocence nous ayons begoin de plus d'indulgence, id. «6. || 12° Se tromper. Il a compris qu'il est très-possible que je me confonde, sÈv. Ul. Il 13° Demeurer interdit. iJès vos premiers regards je l'ai vu se confondre, rac. Phèd. Il t . Vous détournez les yeur et sembiez vous confondre, ID. Bérén. II, 4. Il 14° Familièrement. Se confondre en excuses , en respects , etc. multiplier les excuses, les respects, etc.
— HIST. XI' s. En cest p.iïs [il] nous est venuz cunfundre, Ch. de Itol. ii. Deus me confonde, se la geste [j'] en desment, t'b. lxi. || xii* s. Et qu'il confonde tout vostre parenté, Rone. p. 22. Et tant vassaus ocis et confondus, ib. p. 80. Marsile est confunduz, ib. p. < l. Dex les confonde qui fist ciel et rosée, ib. p. 70 Normendie ert bien prof destruite e confondue, Ejà l'est de France ert tresqu'à Ruem venue; Tute Engleterre esteit à sun duel esmetle, Th. le mart. I63 Dune vint Joab devant le rei, si li dist : Cunfundu as ui tuz tes humes ki unt ta vie gardée, flots, <B0. || xiir s. La roïne racourt, de duel [se] confont et d'ire, audefr. le bast. Romancero, p. <e. Dame Dieu la confonde, l'orde serve pullente! Berte, x. Mesaise j'ai eOe, toute en sui confondue, ib. lu. Une forche tint en ses mains, Si le fori parmi les rains. Par un pou ne l'a abatu, Moult l'a blecié et confondu, Ren. <039l. Dist Ysengrin : Biaus niés, qu'as tu? Moult te voi ore confondu, Ren. 244. Mes or seroit fort à respondre, Por tous les argumens confondre Que l'en puet encontre ame- .ler, la Rose, 47470. Alns que [avant que] Virginius parlast, Qui tout estoit prest de respondre Por ses adversaires confondre....', tb. BB44. Tant les hé [je les hais] que se ge» [je les] poisse Confondre, tuit les confondisse, tb. 16050. Envie destruit gentillece, Envie grieve, Envie blece, Envie confont charité. Et si destruit humilité, ruteb. -Il, 36. Se le conte de Poitiers feust avant venu , et il et sa gent eussent esté tousconfoundus, joiNV. 2)9. Tant de gens mors et confondus, id. 202. Confus est oui proiere ne vaut, Psautier, f° 28. jlxv s. Et (it garder le havre et le port de Calais, si près que rien n'y pouvoit entrer ni issir, que tout ne fust confondu, froiss. i, i, 3(6. Il XVI" s. X quoy respondit Panurge : Dieu confonde qui vous laissera, ras. Pant. 11, 26. Les pièces empruntées d'aultruy, il les transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien, mont, i, •162. Je ne conseille pas qu'on confonde leurs règles; on s'y tromperoit, id. i, 2f4.
— ÉTYM. Provenç. confondre, cofondre; espagn. confundir; ital. con'fondere; du latin confundere, de cum, etfundere, fondre.
CONFONDU, UE (kon-fon-du, due), part, passé de confondre. || 1° Mis en confusion. Je ne pense pas.... que les éléments paraissent confondus Pour qu'un mortel ici respire un jour de plus, volt. Mort de Ces. m, b. || Familièrement, détruit, abîmé. Voyant ce ménage, mon herbe confondue , perdue, si je ne dis mot.... p. L. cour. ii,296. || 2° Réuni à d'autres sans distinction. 11 était confondu dans la foule avec les derniers du peuple, fén. Tél. vi. On prenait plaisir à voir les deux camps confondus par une amitié si inespérée, et les deux armées qui n'en faisaient plus qu'une , m. ib. xxi. Esclave dans la foule où j'étais confondue.... volt. Zaire, 11,2. || 3° Réduit à l'impuissance, au silence, à la confusion. L'accusé a été confondu par un témoignage aussi précis. Du coup dont ma raison vient d'être confondue, rac. Andr. m, <■ Ta fausse vertu va être confondue, FÉN. Tél. XVIII. Viens voir tout cet amour devant toi confondu, volt. Sémiram. iv, ). Vous êtes consterné, mon âme est confondue, id. Tancrède, IV, 4.
tCONFORMATECR (kon-for-ma-teur), s. m. Instrument pour donner aux chapeaux la forme de la tête.
— ÉTYM. Conformer.
CONTORMATION (kon-for-ma-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Disposition naturelle des différentes parties d'un corps et, particulièrement, d'un corps organisé. Il résulte pour l'éléphant plusieurs inconvénients de sa conformation bizarre, buff. Élép/iont. Il Terme de médecine. Vice de conformation , tout dérangement, apporté en naissant, dans l'ordre, le nombre ou la disposition des parties du corps. Il Maladie de conformation, maladie qui provient «l'une mauvaise disposition des parties du corps. Il Terme de chirurgie. Réduction des os fracturés ou luxés.
— HIST. xvi« s. Pour la conformation et articulation de 's. voix, la langue a esté llexile.... paré. IV, «. '
CON
— ÉTYM. Latin conformatio, de conformare, conformer.
CONFORME (kon-for-m'), adj. || 1° Oui a la même forme, qui est semblable. Copie conforme à l'original. || Pour copie conforme, formule de pratique, certifiant l'exactitude d'une copie. || 2° Oui s'accorde avec. Dites-moi en quoi vous êies conformes aux jésuites, PASC. Prov. 2. Conforme à son aïeul , à son père semblable, bac. Athal. v, 6. Vos désirs sont toujours si conformes aux siens, id. Brit. 11, 3. Vos intérêts ici sont conformes aux nôtres, id. Théb. I , B. Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête, in. Esth. I, B. Etmonsort,detoutj)oint, est si conforme au vôtre. Qu'il semble que le ciel nous ait faits l'un pour l'autre, rf.gnard, Démocr. iv, 7. Toutes ces dispositions étaient plus conformes au climat d'Italie qu'à celui du Nord, montesq. lisp. XXIII, 21. Il Absolument. Et presque aucun avis ne se trouvant conforme, rotrou, Vencesl. i, 4. || 3° Qui convient. Mener une vie conforme à sa profession. [Il] s'est fait nne vertu conforme à son malheur, iiAC. Brit. II, 3. Il sait feindre le caractère plus conforme aux vues qu'il a, la bhuy. x. || Absolument. Son cœur qui vous estime est solide et sincère. Et ce choix plus conforme était mieux votre affaire, MOL. Ift's. I , < .
— HIST. XVI* s. Mes actions sont réglées et conformes à ce que je suis, mont, dans le IHct. de DOCHEz. Les efTeots lesquels je rendray. Dieu aidant , conformes au langage de ma protestation, CONDÉ, Mémoires, p. eai.
— ÉTYM. Conformis, de cum, et forma, forme. CONFORMÉ, ËE (kon-for-mé, mée), part, passé.
Il 1° Rendu conforme. Conduite sévèrement conformée au langage. || 2° Qui a une certaine conformation. Enfant mal conformé. Les fondations [des couvents] ne sont que pour la jeunesse et les personnes bien conformées, volt. Vh. aux 40 écus. Raisonnement sur les moines.
CONFORMÉMENT (kon-for-mé-man) , adv. En conformité avec. Conformément à la promesse faite à Abraham , Boss. Ilist. ii , 4. Vivez conformément à ce que vous croyez, mass. Car. Vérité de la religion.
— HIST. XVI» S. Conformément à cet aultre [dire], que le sage a la fortitude pareille à Dieu, mais en l'humaine foiblesse, mont, ii, 2(0.
— Etym. Conforme, et le suffixe ment. Cet adverbe devrait s'écrire conformément; l'accent est dû à un abus autorisé par l'usage, dit Chifflet, Gramm. p. (88. On trouve dans Amyot, Solon, t, conforméement, qui vient non de conforme, mais de conformé.
CONFORMER (kon-for-mé) , v. a. \\ 1° Donner la forme. Les eaux ont conformé certaines portions de la surface du globe. || 2° Rendre conforme. 11 conforma sa vie au modèle qu'il s'était choisi. Je sais mieux conformer les remèdes au mal, corn. Pomp. IV, (.||8° Se conformer, v.réfl. Se rendre conforme, devenir conforme. Corneille nous assujettit à ses caractères et à ses idées ; Racine se conforme aux nôtres, la brut. i. Haïr le monde, c'est-à-dire ne pas vous conformer à lui , mass. Car. Élus. Conformez-vous aux temps, conformez-vous aux lieux, VOLT. Tancr. i, 4. Ces mœurs sont vos devoirs, il faut s'y conformer, id. Alz. iv, 2. Il doit se conformer aux mœurs de ses complices, id. Catil. i, (. Ses superbes coursiers.... Semblaient se conformer à sa triste pensée, rac. Phèd. v, 6. ||4° Se soumettre à. Pour se conformer à cet ordre, ils demeurent enfermés quarante jours, boss. Hist. 11, 7. Elle se conformait aux ordres de Dieu, elle lui offrait ses souffrances en expiation de ses fautes, m. Duch. d'Orl. Pourrais-je à cette loi ne pas me conformer? RAC. Athal. iv, 3.
— HIST. xiii* s. Nous à la requeste de cascune partie, cheste [cette] pais, si comme il est contenu en leur Chartres, sauf no.stre droit, conformasmes et volons qu'ele soit tenue ferme, tailliar. Recueil, p. 34. Selon mon art vous conformés, Car nus, s'il n'est bien enlormés. Ne puet passer sans beste vendre, la Rose, (3209. Conformés vous à sa manière, tb. 7760. Il xvi* s. Dieu bégaye, comme par manière dédire, avec nous, à la façon des nourrices pjur se conformer à leurs petis enfans , Calvin , Instit. 70. Christ a tousjours conformé ses réponses à ceux ausquels il avoit à faire, id. tb. 686.... À ce que la vie de l'homme soit conformée à la pureté de Dieu , comme à un patron, id. ib. 31 (. X ce dire s'accorde et se conforme aussi un accident qui luy advint en la ville d'Amphipolis, amtot, P. JEm. 39. Epaminondas, auquel Timoleon taschoil plus à se confor-
CON
mer et à luy ressembler qu'à nul autre.... id. Timol. 47. Certes je desirerois beaucoup en veoir l'expérience et congnoistre à veue d'oeil si l'effet conforma au bruit qui en est, D. Flores Se Grèce, f° cli, dam lacurne. Nous debvrions avoir honte, qu'ez sectes humaines il ne feust jamais partisan, quelque difliculté et estrangeté que mainteinst sa doctrine, qu n'y conformast aulcunement ses deportements et s vie, MONT. II, (41. Je sçais bien que fort peu 1 « gents rechigneront à la licence de mes escripts, c,di n'ayent plus à rechigner à la licence de leur pensée; je me conforme bien à leur courage, maif. j'offense leurs yeuli, ID. m, 3((. Vous vous CAinSoTmerez patiemment à tout ce qu'il plaira i Dieu d'ordonner de moy, mont, iv, 323.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. conformar ; ital. conformare; du latin eon/'ormare, de cum, ei. formare (voy. former).
CONFORMISTE (kon-for-mi-st*) , s. m. et/'. Dans le langage ecclésiastique de l'Angleterre , celui , celle qui se conforme au culte établi par les lois du pays : ceux qui professent une autre religion sont appelés non-conformistes. L'église anglicane met les calvinistes puritains au nombre des non-conformistes, BOSS. Var. (3.
— ÉTYM. Conformer.
CONFORMITE (konfor-mi-té), s.J. || 1° Qualité de ce qui est conforme. Avec lequel il n'avait qu'une conformité apparente, pasc. Prov. 2. Des sentiments qui avaient quelque conformité avec ceux du christianisme, ID. Rel. 24. Pour entrer en conformité de son esprit, boss. ii, Pass. 3. Que de conformité de mœurs et de doctrine! Que d'union d'esprits sous un supérieur! corn, /mi(. i, (8. Il est rare que la conformité des humeurs ratifie un nœud que la conformité seule des intérêts forme presque toujours, mass. i" sermon d'une profession relig. J'ai encore une bonne raison de l'aimer, c'est qu'il a à peu près la même maladie qui m'a toujours tourmenté : les conformités plaisent, volt. Leit. Mme du Veffant, mars 1765. Quel bonheur sur la terre eût égalé le nôtre? Douces conformités d'âges et de désirs. Le ciel autour de nous rassemblait les plaisirs, Ducis, Hamlel, IV, 2. Je t'aimerais bien moins si tu m'étais fidèle; Moins de conformité nous unirait tous deux; Le ciel entre fripons forme d'aimables nœuds, chau- LIEU, A Mme D. pour la prier.... \\ En conformité de, conformément à. Il agit en conformité des ordres qu'il a reçus. || Absolument. Les prophètes qui avaient parlé en conformité, boss. Hist. 11, 4. Il 2° Soumission. C'est la conformité à la volonté de Dieu qui fait tout le prix de vos sacrifices, mass. Myst. purifie. 1. L'acceptation des ordres de Dieu sur nous, la conformité à sa volonté sainte dans toutes les situations où il nous place, id. Panég. Martyr. || 3° En Angleterre, soumission à la religion dominante.
— HIST. xrv* s. Ceste conformité ou alliance peut apparoir par un merveilleux signe, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XVI" s. Et si peult on encore remarquer une grande conformité de nature entre eux, AMYOT, Ctmon, 6. La conformité de celle peinture avec sa passion la feit fondre en larmes, id. Brutus, M.
— ÉTYM. Provenç. conformitat; espagn. eonformidad ; ital. conformità ; du latin conformitatem , de conformis (voy. conforme).
CONFORT (kon-for; le ( ne se lie pas : le kon-far et l'aisance; au pluriel, Vs ne se lie pas: les konfor et l'aisance; cependant plusieurs prononcent Vs : les kon-for-z-et....), s. m. || 1° Secours, assistance. Et traîner sans confort.... Une pauvre vieillesse, Régnier, Sat. UI. Vain et triste confort, soulagement léger! corn. Médée, v, 4. || 2° Tout ce qui constitue le bien-être matériel et les aisances de la vie. Les Anglais ont un grand amour pour le confort. Il Ce sens a été donné en Angleterre au mot français confort, et c'est de là qu'ainsi transformé, il nous est venu.
— HIST. XI* s. Entr'els [ils] en ont et orguel el cunfort, Ch. de Roi. cxmi. Amors m'a fait oublier L'ennui qui longtemps m'a mort. Et donné nouviau confort, Coui"t, iv. Que de vous [je] n'ai confort ne guerredon, tb. vu. [Amour] Qui tout me donne à vous entièrement. Si que je n'ai de moi confort ne joie, tb. XVI. Il en Deu prent confort e es divins escris, Th. le mari. 65. || xm's. Je servirai à [seloi.j mon pooir tous dis. Tant que j'aurai vers ma daire trové Aucun confort des maus où il [mon cœur] m'a mis, LE COMTE d'anjou. Romancero, p. 12». Un seul confori me tient en bon espoir. Et c'est de ce qu'on» ques [jejnelaguerpi [m? dame], id. ib.p. (24. Ceste parole fu grans confors as pèlerins, vnx£H. icix.
CON
Et par leur confort et leur prières en tornerent mains [moins] à aler à Venise, villeh. xxxii. Nus le cixquis'acoriierent à la pes, ne doivent fere nule ayde ne conafort à cix qui demorerent en la guerre, BEAOM. i.ix, 12. Poi [peu] de confort apaise cuer marri, Ane. poésies fr. Vatican, n" 1522, f» (63, dans LACURNE. il XIV* S. Aucunes fois nous loons celui qui aime honeur comme homme de bon confort et fort courage, orksme, Eth. <2a. || xvi* s. Ils ne s'aident du confort [aide] du magistrat à la conservation de leur bien, calv. Instit. i2o7. Le bon vieillard, vrai confort des craintifs, mahot, ii, < 6. Malheureux est qui n'a aucun confort, id. u, 327. Les assurant que Tissaphernus leur donneroit confort et aide à ce faire, amyot, AU. 62. Au mallieureux fait confort avoir compaignie en son sort, génin, Récréât, t. !i,
— ÉTYM. Corn, et fort: ce qui rend fort. Provenç. confort, cofort; une. espagn. con/'or(o ; espagn. mod. confuerto ; ital. conforta ; angl. comfort.
t CONKORTABLE(koa-lor^ta-Ll ), «(/>., Qui procure du confort. Un logement confortal)le. || S. m. Le confortable, l'ensemble dos choses qui constituent le confort. Il Sorte de fauteuil dont le bois estremhourc, recouvert et capitonné.
— REM. a Confortable est un anglicisme tré»-intelligible et très- nécessaire k notre langue, où il n'a pas d'équivalent; ce mot exprime un état de commodité et de bien-être qui approche du plaisir, et auquel tous les hommes aspirent naturellement, sans que cette tendance puisse leur être imputée à mollesse et à relAchement de moeurs, chables nodier, Examen cril. des Dict. » Bien que la terminaison able soit ordinairement passive (aimable, digne d'être aimé), elle est quelquefois active, favorable, qui favorise, secourable, qui secourt, confortable, qui conforte.
— ÉTYM. Anglais, confortable, dérivé du français confort.
t CONFORTABLEMENT (kon-for-ta-ble-man),adr. D'une manière confortable.
— ÉTYM. Confortable, et le suffixe ment. CONFORTANT, ANTE (kon-for-tan , tant'), ad}.
Terme de médecine. Qui réconforte. Remède confortant. Il S. m. Prendre un confortant.
— HIST. XV" s. Kut conseillé, que il laissas! madame sa sœur acquérir et pourchasser amis et confortans au royaume de î'rance, kboiss. i, 1,8.
CONFORTATIF, IVE (kon-for-ta-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de donner ou de rendre des forces. Un remède, un discours confortatif. || S. m. Les confortatifs. Le roi avait trouvé chez Lavienne des con- K)rtatifs [aphrodisiaques] qui l'avaient rendu plu» content de lui-même, st-sim. 62, <23.
— mST. XIV' s. Tel son ne est pas corrumpant ne violent,' mez est confortatif et vivifiant, oresme, Thèse de meunier. || xv s. On lui mit en la bouche pain,- eau et espices et toutes choses confortatives, FROiss. III, IV, 23. Elle lui donna aucune chose confortative, après la médecine laxative qu'il avoit prinse celle nuitée, louis xi, iVoitu. lix. || xvi" s. Un bon vieillard portant chère joyeuse, Confortatif, de parolle amoureuse, Et s'appelloit bon Espoir par son nom, MAROT, I, 13. L'axouge par telle cuisson est rendue plus subtile et confortative des parties, PARÉ, XVI, 10.
— ÉTYM. Conforter; provenç. conforlatiu, confortalieu; espagn. et ital. confortativo.
CONFORTATION (kon-for-ta-sion) , s. f. Terme de médecine. Action de conforter.
— ÉTYM. Conforter; provenç. confortatio; espagn. confortacion ; ital. confortaiione.
CONFORTÉ , ÉE (kon-for-lé , tée) , part, passé. Conforté par un verre de vin vieux.
t CONFORTE -MAIN (kon-for-te-main) , s. m. Terme d^ droit féodal. Lettres de chancellerie qu'un seigneur féodal prenait pour rendre sa saisie plus authentique.
— HIST. XVI* s. Et peut le dit seigneur féodal, si bon luy semble, par conforte-main du seigneur justicier en la justice duquel est le dit fief, ou du supérieur, fane assener sur iccluy fief, à la confortation et conservation de son droit et main mise, Coust. génér. l. u, p. 462.
— ÉTYM. Conforter, main.
t CONFORTKMENT (kon-for-te-man), s. m. Action de ce qui conl'orte; état de celui qui est conforté.
— HIST. xiv* s. Nous n'eUsmes de vous nés [même] ua confortement, Guescl. 14636.
— ÉTYM. Conforter; provenç. conforlament, cofortamen; anc. espagn. confortamiento : ilal. confortamento
CON
CONFORTER (kon-for-lé), t). o. || 1* Terme de| médecine. Relever les forces, donner du ton. Celai conforte l'estomac. || 2° Fig. Relever le moral. Cette I raison au moins en mon mal me conforte; Que, s'il n'est supportable, il faudra qu'il m'emporte, rothou, Antig. m, 4. Lorsqu'il est le plus à craindre que ses forces ne viennent à défaillir, on lui soustrait le pain qui doit les réparer et le conforter, bour». l'ensées, t. m, p. 326. || 3° Se conforter, v. réfl. Je vous donnerai une bouchée de pain, confortez-vous, voi.T. Phil. IV, 45. .le me conforte dans mes disfrrAces en buvant de meilleur vin que.... id. Lctt. en vers et en prose, 77.
— HIST. XII* s. Pour sol la mort un peu fil] se conforta [l'espoir seul de la mort le réconforta], Honc. p. 95. Beaux sires rois, de ce vous confortez, ib. p. <0). Si [je] m'i confort [en son souvenir], quand ele m'est loingtaine, Couci, viii. Quant plus me truis [trouve] pensis et esgaré. Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine, ib. xiv. Car uns huem vint à li, qui mult le conforta, Th.lemart. <00. Il xiii's. .le chanterai, car plus ne m'en puis taire, Pour conforter ma cruel aventure, Uomancero, p. (26. Pour conforter sa fille, [elle] s'est delez lui [elle] assise, Berle, lxxvi. Geste espérance le conforte, Et cuer et talent li aporte De son cor à martire ofl"rir, la Rose, 2633. Si comme cascune partie allègue resons de droit et de fet ou de coustume, por conforter l'entention, beaijm. vu, 15. Il XIV* s. Nul ne doit son ami conforter ne soustenir en erreur, ohesme, Eth. vi, 10. Comme se il voulsissent par ce les bons atraire et conforter en bien, et les malvais retraire de mal faire et leur deveer, !D. ib. 72. Il XV* s. Confortez-vous, et votre gentil fils aussi, car je vous tiendrai ma promesse, fboiss. i, I, < 4. Si .se mit en bon convenant; car il estoit hardi chevalier et conforté durement, m. i, i, (8). Ledit conle Campobache conforta [appuya] ceste parolle, comm. v, 8. || xvi" s. U defTwiid les opprimez, il conforte les affligez, rab. Garg. i, *o. Quand il revient, chacun est conforté, marot, m, 20. Il aimoit mieux gagner de l'argent, en le confortant en ses folies, que de faire office d'un bon serviteur, maro. JVomi;. xlii. Théodore de Beze et quelques uns de ses compagnons lui firent une très sage et belle remonstrance, pour le conforter en sa resolution, lanoije, 566. La pointe de la main droite estoit confortée par un quarré de mille chevaux lanciers, d'aub. Hist. 11, 3»2. Ces peuples, soubs des mains qui eussent conforté et promeu les bonnes semences que nature y avoit produict, MONT, iv, (9. Chascun , à qui mieulx mieulx, va plastrant et confortant cette créance receue, de tout ce que peult sa raison, qui est un util souple , contournable , et accommodable à toute figure, ID. II, 284.
— ÉTYM. Confort; provenç. et espagn. confortar; ilal. confortare.
t CONFRATERNEL, ELLE (kon-fra-ler-nèl, nè-l'), adj. De confrère, en parlant des membres d'une même cbnfrérie, d'une même corporation, d'une i même compagnie. Les égards confraternels. Il eut j toujours pour moi des sentiments tout à fait confraternels.
— ÉTYM. Com, et fraternel.
CONFRATERNITÉ (kon-fra-lèr-ni-lé), s. f. Relations amicales entre les membres d'un même corps. La nouvelle manière de faire la guerre contribua à abolir ce qu'on appelait la chevalerie, espèce de dignité et de confraternité, volt. Mœurs, 97.
— ftlST. xiv* s. Comme plusieurs personnes meues de devocion et autrement, pour le remède de leurs âmes, aient donné et laissé ça en arriéres plusieurs choses es biens aux chappellains de la compaignie et confraternité de l'église de Laon, Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. 27). || xv* s. Confraternité de la Jarretière [ordre de chevalerie], proiss. liv. i, p.
414, dans LACURNE.
— ÉTYM. 6'om, et fraternité; provenç. confraternitat; espagn. confraternidad ; ital. confrniernilà.
CONFRÈRE (kon-frê-r') , s. m. Chacun des membres d'une confrérie, d'une corporation, d'une compagnie. Le médecin Tant-pis allait voir un malade Que visitait aussi son confrère Tant-mieux, la FONT. Fab. V, (2. Il C'est son confrère en Apollon, c'est un poète comme lui. |{ Dans la communauté de l'Oratoire, confrère est un jeune clerc qui n'est pas encore prêtre.
— SY'N. CONFRÈRE, cOLi ÈQUE. L'Idée d'union est commune à ces deux termes; mais elle y est présentée à deux points de vue différents. Les confrères appartiennent il une même corporation soit religieuse, soit littéraire, soit politique, soit professionnelle;
CON
as collègues remplissent les mêmes fonctions : des académiciens, des avocats, des médecins sont confrères et non collègues; des préfets, des magistrats, sont collègues et non confrères. Dans leurs relations particulières les notaires sont confrères; ils sont collègues dans leurs actes.
— insT. XIII* s. Quant nos recevrons à confrères, Premièrement olriera Que jamais char ne mengera, Ren. (006. Il XVI* s. C'est parla vanité de cette mesme imagination qu'il [l'homme] s'eguale à Dieu.... qu'il se trie soy-mesme et sépare de la presse des aultres créatures, taille les parts aux animaulx ses confrères et compaignons, et leur distribue telle portion de facullez et do forces que bon luy semble, mont.
— ÉTYM. Coin, et frère; provenç. eonfraire, cofraire ; catal. covfrare; anc. espagn. confrade ; espagn. mod. cofrade; ital. confrate.
CONFRÉRIE (kon-fré-rie), s. f. || 1* Association formée par des laïques en vue d'une œuvre de piété, de charité, de dévotion. Vous [Henri lllj faisiez des confréries, des vœux, des pèlerinages, des oratoires, PÉN.xix,398. Il Confrérie blanche, association qui s'était formée pour combattre les Albigeois. Confrérie noire, celle qui les soutenait. || 2° Familièrement. Ceuxque l'hymen fait desa confrérie, lafont. Belph. L'époux n'aura dedans la confrérie Sitôt un pied que.... in. Papef. Messieurs les poètes, j'ai l'honneur d'être de votre confrérie, desfont. || Par plaisanterie, la grande confrérie, les maris trompés. En tout cas, ce qui peut m'ôter ma fâcherie. C'est que je ne suis pas seul de ma confrérie, moi.. Sganar. se. <7.
— ' HIST. xiii* Si vos en apel à Ruen devant dant Huon le doien. Au convent, à la confrairie, Ren. 2(465. Par vous, par vostre lecherie, Sui-ge mis en laconfrarie Saint Ernol, le seignor des cous [cocus|, la Rose, 9I68. Nus ne puet estre mesureres de blé ne de nule autre manière de grain , se il n'a le congiet du prevostdes marcheans et des jurés de laconfraerie, Liv. des met. il. Et quant aucuns de celé confrérie mesfesoit à aucun des confrères, li mestre d'icelle confrérie en voloienttenirdroit, Liv. dejust. 9. Il XIV* s. Moi et Daniot sommes tout d'une confrarie, Guescl. t0336. |1 xvi* s. C'est multiplier en confrairie la chose la plus une et unie [l'amitié], et de quoy une seule est encore la plus rare à trouver au monde, mont, i, 2)7.
— ÉTYM. Confrère; provenç. cnnfrairia; calai. confraria; espagn. confradia.
t CONFRICATION (kon-fri-ka-sion) , s. f. Terme de pharmacie. Action de réduire en poudre par le frottement. || Action d'exprimer avec les doigts les sucs d'un fruit ou les sucs contenus dans un sac à filtrer.
— ÉTYM. Provenç. confricaeio; espagn. confricacion; du latin confricationem , de confricare, dt cum, et fricare, frotter (comp. friction).
CONFRONTATION ( kon -fron-ta-sion ) , s. f. Il 1* Terme de procédure criminelle. Action de confronter. Ordonner la confrontation de l'accusé avec les témoins. On recommencera à travailleràcelte chambre [la chambre ardente pour juger l'affaire des poison.-i] plus tôt qu'on ne pensait; on dit qu'on a bien des confrontations à faire, sÉv. 403. || 2* Par extension. La confrontation des écritures fit reconnaître le faux.
— HIST. xvi' s. Les confrontations du jardin devers le costé du vent de sus, seront prairies, pa- LissY, 80. Quant ce fust au recolemens et confrontations des tesmoins,ilsse trouvèrent fort variables,