‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 459 sur 504 · MENT · texte numérisé non relu

MENT

— HIST. XIV* S. Si on te demande combien de cors porte le cerf, respond en nonbre per; pource que s'il ne portoit que neuf cors, si tu dois dire qu'il en porte dix, Modus, f° vu. || xv" s. Trente deux ans ara [aura] le cerf volant Des grans forests de Gaule et de Bourbon, Au chief léger et au corps remuant; X huit cors jà fera craindre son nom. Et à vint cors sera de tel renom Qu'il destruira, ce dit la lettre escripte, L'isle aux geans et l'asne, veuille ou non; Tele est de lui la prophecie dite, eust. DESCH. Poésies mss. î° te. ||xvi" s. Et Dyana, des forests présidente , Entre plusieurs dryades eminente. Lesquelles font de leurs questes rappors. Quel est le cerf et combien a de cors, G. crétin, p. 77 , dans lacubne.

— ËTYM. Lat. cornu, qui , à côté de corne, a donné cor de même signification, au pluriel cors (voy. cor et cobne).

t CORSAC (kor-sak), s. m. Terme de zoologie. Nom vulgaire et spécifique du cliien corsac , dit aussi renard de Tartarie, et nommé par Buffon isatis.

CORSAGE (kor-sa-j') , s. m. ||1° La taille ou le buste, depuis les hanches jusqu'aux épaules. Achille était haut de corsage, malii. iv, b. Sa taille haute et droite et d'un juste corsage, eégnier, Dial. Douce d'humeur, gentille- de corsage, la font. Psaut. Cette drogue lui donnerait D'Kraste et l'air et le corsage , id. Coupe. Du premier Amadis je vous offre l'image; Il fut doux, gracieux, vaillant, de haut corsage, la font. Poésies mêlées, lu. Un fourbe cependant, assez haut de corsage. Et qui lui ressemblait de geste et de visage. Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, boil. Sat. xi. Il 2° Il se dit aussi du cerf, du lévrier, du cheval, etc. Ce cheval a un beau corsage. Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat. Dame belette au long corsage, la font. Fabl. vni. || 3° Par extension. Le corsage d'une robe, la partie qui embrasse le corsage. Il 4" Terme de féodalité. Gens de corsage, ceux qui étaient soumis à la mainmorte personnelle.

— HIST. XII' s. Respundi nostre sire: N'esguarder pas à sa chiere ne à sun corsage, Rois, B9. || xiu* s. Arpes [harpies] sont oisaus de corsage Et sont pucelles de visage, du cange , arpa. || xiv* s. Non pourquant le feri, tout parmi le corsage. Que le sang li en fait salir sus le preage, Baud. de Seb. XI, 433. Il XV" s. Le flamand , qui le vit de petit corsaige, présuma bien que encore estoit enfant, Bouciq. 1, ch. 9. Ilxvi's. Seroit-ce point vostre bonté tant sage, Ou la hauteur de ce tant beau corsage? MAROT, I, 35(. Ils ne cedoient rien en grandeur de barbe et de corsage aux anciens pairs de France, Sat. Mén. p. 1. U estoit gresle et menu de corsage, AMYOT, Ces. 21. Les enfants ne ressemblent seulement à leurs père et mère de corsage (comme en ce qu'ils sont grands ou petits, gros ou déliés, camus ou bossus, boiteux ou tortus).... paré, xvhi, 2. Corpsage, palsgh. p. 198.

— ÈTYM. Corps, par l'ancien français cors où le p étymologique avait disparu.

CORSAIRE (kor-sê-r"), s. m. || V Vaisseau armé en course par des particuliers, mais avec l'autorisation du gouvernement. || 2° S'est dit des vaisseaux équipés dans les pays barbaresques, Alger, Maroc, Tunis, et qui faisaient en tout temps la course contre les chrétiens. Un autre, mal pourvu des armes nécessaires. Fut enlevé par des corsaires, la font. Fabl. VII, U. Voilà qu'un corsaire de Salé fond sur nous et nous aborde, volt. Cand. il. || 3» Adjectivement. Capitaine corsaire. C'est qu'en fait d'aventure il est fort ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire, mol. l'Étour. iv, 4. Je ne vous dirai point combien il est dur pour une jeune princesse d'être menée esclave à Maroc avec sa mère; vous concevez assez tout ce que nous eûmes à souffrir Jans le vaisseau corsaire, volt. Cand. n. Il Substantivement. Les hommes qui montent ces vaisseaux de course. Les corsaires eurent une belle Iiart de prise. Et toujours avait fait Avec honneur son métier de corsaire, la font. Cakndr. ||4° Fig. Homme dur, impitoyable par cupidité. Endurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire, eoil. Sa(. viii. Mes

COR

créanciers sont des corsaires, bérang. Ma dcrn. chans. || B° Ëpervier. || Proverbes. X corsaire, corsaire et demi, c'est-à-dire envers un homme agressif, difficile, on se montre encore plus agressif, plus difficile. Il Corsaires contre corsaires font rarement leurs affaires. Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires , Régnier, Sat. XII.

— SYN. CORSAIRE, PIRATE. Le coTsalre est muni de lettres par son gouvernement et armé seulement en temps de guerre; pris, il est traité comme prisonnier de guerre. Le pirate n'a point de lettres de marque, attaque même en temps de paix, et, pris, est traité comme voleur.

— HIST. xv s. Certaines galiées coursaires du roy d'Arragon nostre ennemy et adversaire estoient presque toujours sur la mer illec environ, Lettre d'abolition de Louis XI, Bibl. des Chartes, 2* série, t. m, p. 64. Il XVI' s. Jason fut esleu capitaine de la grande nefd'Argo, avec commission d'aller çà et là, pour ester et chasser tous les coursaires et larrons escumans la mer, amyot, Thésée, 23. Hommes non chalans de labourer et cultiver la terre, mais de toute ancienneté grands coursaires qui vivoient de ce qu'ils escumoient en la mer, id. Cimon, 4 3. De corsaire à corsaire n'y prend on que barriques rompues , coTGHAVE. Mesmes se soubçonna on qu'il [André Doria] avoit quelque sourde intelligence avec Barberousse , comme corsaire à corsaire, brant. Cap. étr. t. ii, p. 45, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. corsari; espagn. corsario; ital. cnrsare, corsale, de corsa, course, qui est provençal, espagnol et italien (voy. course).

t CORSÉ, ÉE (kor-sé, sée), adj. Qui a du corps, de la solidité, de la consistance. Drap corsé, drap qui a du corps, qui est épais. Vin corsé, vip qui a du corps, de la force. || Cheval corsé, cheval étoffé. Il Dans le langage vulgaire, repas corsé, repas abondant.

— HIST. xiii's. Uns cevaliers corsus et fors, Par-

tonop. V. 7627.

— ÉTYM. Corps; génev. corsé, membru, vigoureux.

t CORSECQUE (kor-s^-k'), i. f. Ancienne arme à lame fourchue.

— ÉTYM. Corse, île, à cause que cette arme était en usage parmi les Corses.

CORSELET (kor-se-lè; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's selie : deskor-se-lèz-épais; corselets rime avec traits, succès, jamais), s. m. Il 1° Léger corps de cuirasse. Les matelots étaient armés de corselets, vaugel. Q. C. liv. vu, ch. 9. Il Petite cuirasse que portaient les piquiers dans le régiment des gardes. || Familièrement. Elle a comme un piquier le corselet au dos, Régnier, Sat. IX. Il 2° Terme d'histoire naturelle. La partie du corps des insectes qui correspond au thorax des vertébrés. La mouche nettoie alternativement sa tête, son corselet et sa croupe, bern. de st-p. Harmon. liv. II, animaxix. X son corselet tiennent deux ou quatre ailes avec lesquelles il voltige dans l'air, BONNET, Contempl. nat. t. viii, p. 276, dans pougens. Il Par extension. Le corselet d'une écrevisse, d'un homard. || Partie antérieure des crochets d'une coquille bivalve à laquelle s'attache le ligament quand il est externe.

— HIST. XVI* s. Un esquadron de corselets, mont. i, 6). Voyant le bataillon des corselets, des boucliers, la cavallerie, les archers, la doétie, 173. Elle, pour loyer de sa vertu, luy donna un corselet et un armet d'or, amyot, Anton. 97. Serbillon depescha Sallasar avec 600 barquebusiers, 200 mousquetaires et autant de corselets, d'aub. Hist. u, 202. Aucuns trouveront estrange que je fais les testes si foibles et seulement de six rangs de corselets, langue, 321 . Cinq compagnies d'espagnols de vieilles bandes, avec leurs corcelets, harquebuses et morions qui reluisoient bien fort, et avec cela braves d'habillemens aussi comme des princes, brant. Cap. fr. t. u, p. 25, dans lacurne.

— ÉTYM. Double diminutif de corps: cors-el-et. ■[■CORSERON (kor-se-ron) , s. m. Terme de pêche.

Petit morceau de liège qui fait partie d'une ligne.

f CORSES (kor-s'), s. m. plur. Ancienne mihce du pape, dont la principale fonction était ime fonction de police.

— ÈTYM. Corse, lie; cette garde étant formée principalement de Corses.

CORSET (kor-sé ; le ( ne se lie pas dansle parler ordinaire ; au pluriel , l's se lie : des kor-sè-z étroits ; corsets rime avec traits, jamais, succès) , t. m. \\ 1* Espèce de corsage baleiné lacé derrière , que les femmes portent en dessous de leurs robes, et qui enveloppe

COR

et suit exactement les formes du buste depuis la poitrine jusqu'au dessous des hanches. Mettre, lacer son corset. Moi, je crois que son corset Lui rend la taille moins fine, bérang. Voisin. Et certain sein ne se reposant point , Allant, venant, sein qui pousse et repousse Certain corset en dépit d'Alibech, LA font. Diable. \\ Le corset est aussi employé par les hommes qui veulent se serrer la taille et l'avoir fine. Il 2* Le corps d'une cotte villageoise. C'est la coquette Du village voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, biîhang. lléverie. || 3° Terme de chirurgie. Espèce de bandage fait d'une ou de plusieurs pièces, qui embrasse la plus grande partie du tronc.

— HIST. xiii* s. Et lors m'envoya querre le roy pour manger avec li ; et je y alai à tout [avec] le corcet que l'en m'avoit fait en la prison des rongneures de mon couvertouer, joinv. 253. Quant on ot chanté tout à trait, Chascuns ala à son retrait, Qui dut son corset devestir Pour le sercot ouvert vestir, machault, p. 86. || xvi* s. Elle vous avoit un corset D'un fin bleu lassé d'un lasset Jaune qu'elln avoit fait exprès, marot, i, 20i. Corpset, palsgr.

— - ÉTYM. Diminutif de corps, par l'intermédiaixo de l'ancien français cors.

t CORSETIER, 1ÈRE (kor-se-tiè, tiê-r'), s.m.et^. Celui, celle qui fait des corsets. ||Adjectivement. Une apprentie corsetière.

— ÉTYM. Corset.

t CORSIN (kor-sin), s. m. Usurier, négociant en argent. Usité seulement dans celte locution : enlever quelqu'un comme un corsin, l'enlever de vive force, sans qu'il ait le moyen de résister. On écrit d'ordinaire : enlever comme un corps saint (voy. corps) ; mais l'enlèvement d'un corps saint, se faisant avec solennité, ne convient pas au sens de la locution, tandis que l'enlèvement d'un corsin (les Lombards et hommes d'argent étaient, dans le moyen âge, exposés à de fréquentes violences) y répond.

— HIST. XIV* s. Malabaille corssin [banquier] de Bourc, DU cange, caorcini.

— ÉTYM. Bas-lat. caorcini, caturcini, caursini, cawarsini, corsini, marchands italiens qui faisaient le commerce d'argent; provenç. chaorcin, usurier; de cadurcinus, habitant de Cahors, ville où les marchands italiens avaient propagé leur commerce, ou plutôt de Caorsa, ville du Piémont, comme paraissent l'indiquer la locution conjointe Lombardi et Caorcini et les vers cités dans du Cange: Usurier de Chaorse; etLi Sathanas m'i engenra, El de illuec il m'aporta X Chaourse où on me nourri. Chaorse, Chaourse reproduit bien plutôt Caorsa que Cahors. Quant aux vers de Dante. Enfer, xi, 49 : E perô lo minor giron suggella Del segno suo e Sodomma e Caorsa; Caorsa peut aussi bien se rapporter à Caorsa qu'à Cahors.

t CORSOÏDE (kor-so-i-d') , s. f. Nom d'une pierre figurée, qui est une sorte d'agate, du moins par sa couleur, et qui représente une tète, dont la chevelure imite celle de l'homme.

— ÉTYJI. Kôp<m, tête, et eîSoç, forme.

CORTÈGE (kor-tè-j'), s. m. || 1° Suite de personnes

qui en accompagnent une autre pour lui faire honneur dans une cérémonie. Cortège nombreux. Bacchus entre et sa cour, confus et long cortège.... LA font. Filles de Min. || Réunion de personnes qui marchent en cérémonie. Il s'est trouvé sur le passage du cortège. || 2° Par extension, toute suite nombreuse de personnes. Celui-ci vint suivi d'un cortège d'enfants. Voilà le verger plein de gens Pires que le premier, la font. Fabl. ix, B. Ce cortège nombreux d'amis vendus au crime Sentira comme vous l'équité qui m'anime, volt. Catil. i, 6. Le brillant cortège dont il s'était fait suivre se dissipa sur-le-champ, et il arriva à son logis suivi de ses seuls domestiques, rolun, Hist. anc. OEutres, t. viii, p. 90, dans pougens. || Poétiquement. La nuit, guidant son cortège d'étoiles. Sur le monde endormi jette ses sombres voiles, lamart. Méd. I, 16. Il 3° Fig. Les infirmités sont le cortège de la vieillesse. L'ordre des vestales se montra à Rome avec un cortège de simulacres et de mystères, desfontaines, Hist. des Vestales. Les hommes livrés à l'amour-propre et à son triste cortège ne connaissent plus le charme et l'effet de l'imagination, J. j. Rouss. Dial. II. Tous ces maux sont le premier effe' de la propriété et le cortège inséparable de l'inégalité naissante, id. Inégalité, 2* part.

— ÉTYM. Ital. corteggio; corteggiare, faire la cour, de corte, cour (voy. cour). L'ancien français avait cortoter, et le provençal avait corte^'or, pour aller à la cour, faire la cour.

COR

t CORTÉGER (kor- té-jé) , je cortège, je cortégeais, nous cortégeons, v. a. Faire cortège. Le bon seigneur fut cortège r>e maints monstres à face fiÈre, SCARRON, Virg. trav. v. || Vieilli ; mais il pourrait être rajeuni.

— ÊTYM. Cortège.

COKTftS (kor-t6s'), s. f. pliir. Assemblée représentative en Espagne et en Portugal. Il arriva un courrier d'Espagne avec la copie de l'acte de renonciation du roi d'Espagne, passé le 5 novembre en pleines cortès, st-sim. 336, <49.

— ÉTYM. Espagn. cartes, pluriel de eorte, cour (voy. cour). Certes signifie proprement les cours.

CORTICAL, ALK (kor-ti-kal, ka-l'), adj. || l" Terme de botanique. Qui appartientà l'écorce. Couches corticales. Les pores corticaux. Bourgeon cortical. Si Ton fait passer un fil d'argent dans l'épaisseur de l'écorce d'un arbre en pleine végétation, on verra ce fil s'avancer chaque année vers l'extérieur de l'arbre, parce qu'd sera emporté par les couches corticales qui suivront la même direction, eonnkt, Contempl. nature, OEuvres, t. vin, p. 335, note 3, dans pouGENS. || Plantes corticales, celles qui naissent et végètent sur l'écorce. || 2° Terme d'anatomie. Substance corticale du cerveau, substance externe et grise, qui enveloppe la substance blanche, dite médullaire. Il Substance corticale des reins, substance cendrée formant écorce à la glande urinaire. || Substance corticale des dents ou cément, une des substances qui forment les dents composées des mammifères.

— ÉTVIfl. Lat. cortex, corticis, écorce; sanscr. krUli, de krtt, fendre.

t CORTICICOLE (kor-ti-si-ko-l') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit sur les écorces.

— ÉTYJI. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et colère, habiter.

t CORTICIFËRE (kor-ti -si-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une écorce.

— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et férus, qui porte.

t CORTICIFORME (kor-ti-si-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence de l'écorce.

— ÊTYM. Lat. cortex, écorce, et forme.

fCORTICINE (kor-ti-si-n') , s. f. Terme de chimie.

Variété de tanin, commune à toutes les écorces ligneuses des végétaux.

— ÊTYM. Lat. cortex, corticis, écorce, avec le suffixe français ine.

t CORTINE (kor-ti-n'), s. f. \\ 1» Terme d'antiquité romaine. Trépied d airain consacré à Apollon et qui étaitgardé chez les quindécemvirs. || 2°Terme de botanique. Réseau filamenteux situé au bord du chapeau dans plusieurs agarics.

— É1YM. Lat. corlina, chaudière.

tCOHTIQUEDX, EUSE (kor-ti-keû , ketl-z'), adj.

Terme de botanique. Qui a une écorce épaisse. Fruits cortiqueux.

— ÉTYM. Lat. corticosus , de cortex, corticis, écorce (voy. cortical).

CORUSCATION (ko-ru-ska-sion), s. f. Terme de physique. Vif éclat de lumière. La coruscation d'un météore. || Le dernier phénomène que présente la coupellation de l'argent, et qui consiste en ce que ce métal, au moment de passer de l'état liquide à l'état sohde, jette un éclat très- vif qui ne dure qu'un instant.

— ÉTYM. Lat. coruscatiojiem , de coruscare, proprement heurter; grec, xofOtroeiv; provenç. coruscacio; ital. coruscaxione.

f CORVE (kor-v'), s. m. Terme de pêche. Bâtiment hollandais peu différent des dogres.

CORVÉABLE (kor-v é-a-bl') , adj. Qui est sujet aux corvées. Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables, p. l. cour, i, < 64. ]| Substantivement. Les corvéables. Le corvéable devait travailler depuis le soleil levant jusqu'au .soleil couchant; mais on devait lui laisser un temps raisonnable pour prendre sa nourriture et faire paître son bétail.

— HIST. XVI" s. Les tenanciers sont corvéables à miséricorde; mais les cours supérieures ont accouslumé de les réduire à douze [corvées] par années, LOisEL, Instit. liv. vi, tit. 6. Gens de condition mainmortable, taillables haut et bas, courveables à volonté, justiciables en toute justice, ne sont point receuz en tesmoignage pour le seigneur duquel ils sont hommes, Coust. gén. t. i, p. 846.

— ÊTYM. Voy. CORVÉE.

CORVÉE (kor- vée), s. f. \\ 1° Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts. Le créancier et la corvée. Lui font d'un malheureux la peinture achevée, la font.

COR

Fabl. I, l«. Il Corvées réelles, cellesqui étaient dues par le fonds ou à cause du fonds. || Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seul de leur résidence. |1 Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins. Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte], VOLT. Leit. Christine, t'i août (776. Un impôt en travail, ou autrement dit la corvée, est peut-être une heureuse idée fiscale, necker, Compte rendu au roi, janvier <78l, p. 70. L'impôt qui a remplacé la corvée en nature, impôt connu sous le nom de subvention représentative de la corvée, montesquiou, Rapport, 27 août t790, p. 8. Les beaux chemins sont un bien et un très-grand bien ; mais la corvée est un mal et un très-grand mal, st-lambert, Saisons, ii, note 2'. || 2° Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée. Il 3° Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée. || 4° Par extension, travail obligé et gratuit; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée. Et commettre aux dures corvées [de la guerre] Toutes ces Smes relevées.... MALH. III, I. J'ai du déplaisir de la corvée qu'il vous a fait faire, balz. Lett. choisies, t" part. liv. m, lett. 4, dans bichelet.

— HIST. xiii's. Jou Hues de Casteillon, quens de St Pol, fach savoir, ke jou tous les homes de Goy ai quité de toute corowée, sauf men droit et me justice, tailliar, Recueil, p. 83. Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, gelines, corvées, et plusors autres choses qui plus doivent par la reson des terres que par autres, Liv. de just. 240. Et se le [la] corvée est d'omme sans queval, quatre deniers, beaum. xxvii, 22. N'a gairesque me voliés pendre. Or le poés de vous atendre; Tele est ore la destinée; Por moi ferés ceste corvée, Ouill. de Palerme. || xiv* s. Comme l'on ait acoustumé de faire au dfhors et près des murs d'icelle ville [Langre.s] un jeu appelé la courvée.... lequel jeu s'encommerice par enfans et aucunes fois se parfait par gens bien aagiez et puissans de corps, en gectant les uns contre les autres pierres grosses et menues au plus efforciement qu'ilz pevent, chacun en espérance de rebouter, sa partie, telement (jue aucune foiz sont navrez ou bleciez. Trésor des chartes, reg. lit, pièce 20, dans lacurne. |{ xv« s. Chascune charrue paierai chascun an trois journées à la crowéede la charrue, nu cange, corvagium. || xn' s. Soit déclaré le nom du censeur ou laboureur, de qui on voudra avoir la coruwée, Coustum. génér. t. i, p. 812. Quant aux courovées de brach et aux courovées de cheveaux, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 407, col. 2. Les farces des bateleurs nous rusjouissent, mais aux joueurs elles servent de corvée, mont.i, 33i.Servius Tullius dispensa les chevaliers qui avoient pa,ssé quarante sept ans, des courvées de la guerre, m. i, 407.

— ÉTYM. Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corrwtoeta, corrua, croata; dix bas-lat. corrogata, corvée, decum, elrogare, prescrire: corrogata opéra, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.

t CORVÉÏEUR (kor-vé-ieur) , s. m. Celui qui travaille à la corvée.

— ÉTYM. Corvée.

CORVETTE (korvè-f), s. f. Bâtiment de guerre entre le brick et la fiégate. Corvette-aviso, sorte de grand brick.

— ÉTYM. Espagn. et ital. corbata; portug. corveta; du latin corbata, navire de transport.

f CORVIDÉ (kor-vi-dé), s. m. Terme d'ornithologie. Les corvidés, groupe qui comprend les sousgenres corbeau, pie, geai, cassenoix, etc.

— ÊTYM. Lat. corvus, corbeau.

CORVBANTE (ko-ri-ban-t'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Nom des prêtres de la déesse Cybèle, ti'és-fameui pour certaines dévotions violentes.

— ÊTYM. Zeiid, gerevantô, montagnard; sanscr. giri, montagne.

t CORYBANTIQUE (ko-ri-ban-ti-k") , adj. Terme d'antiquité. Qui appartient aux corybantes. || S. f. plur. Les corybantiques, fêtes de Cybèle célébrées par les corybantes.

•j- CORYBANTISME (to-ri- ban-ti-sm'), s. m. Terme de médecine. Nom donné anciennement à une espèce de frénésie dans laquelle les malades

cos

étaient tourmentés par une insomnie continuelle et par des visions fantastiques.

— ÊTYM. Corybante.

t CORYCOBOLIE (ko-ri-ko-bo-Iie) ouCORYCOMA- CHIE (ko-ri-co-ma-chie), j. f. Exercice du corycu».

— ÊTYM. Lat. corycuï, et poXi^, jet, ou (id/iri, combat.

t CORYCCS (ko-ri-kus"), f. m. Terme de la gymnastique ancienne. Sac rempli de graines de figue ou de farine pour les gens faibles, et de sable pour les gens forts,' et approprié aux forces et à l'àpe, quant à la grosseur. On le suspendait par une corde en haut du plafond des gymnases, de manière qu'il fût à la hauteur du nombril de celui qui s'exerçait. On le poussait avecles maina et on le recevait, quand il revenait, avec les mains ou avec le corps.

— ÉTYSI. Kwpuxoç, sac.

CORYMBE (ko-rin-b"), *. m. Terme de botanique. Assemblage de fleurs ou de fruits qui, bien que les rameaux ou pédoncules naissent de divers points de la tige, s'élèvent au même niveau. La fleur de la mille-feuille est en corymbe.

— ÉTYM. Lat. corymbui, de xôpviiêo;, extrémité terminale.

t CORYMBÉ, ÉE (ko-rin-bé, bée) ou CORYM- BECX, EUSE (ko-rin-beù, beû-z'), adj. Terme de botanique. Qui est disposé en corymbe.

— ÉTYM. Corymbe.

CORYMBIFËRE (ko-rin-bi-fê-r"), adj. Terme de botanique. Qui porte sa fleur en corymbe. || S. f. pi. Famille de plantes à fleurs composées. Les corymbifères.

— ÊTYM. Lat. corymbus (voy. corymbe) , el férus, qui porte.

t CORYMBIFLORE (ko-rin-bi-flo-r^, adj. Terme de botanique. Qui a les fleurs disposées en corymbe.

— ÉTY.M. Corymbe, et le latin flos, ileur.

CORYPHÉE (ko-ri-fée), s. m. \\ 1" Terme d'antiquité. Celui qui dirigeait les choeurs dans les pièce» du théâtre grec. Des signes placés à la tête d'une pièce de musique en indiquent le rhythme, et le coryphée, du lieu le plus élevé de l'orchestre, l'annonce aux musiciens et aux danseurs attentifs à ses gestes, BARTHÉLÉMY, Anach. ch. 27. || 2° Chef des chœur» dans nos opéras. || 3° Celui qui chante à la fois les chœurs et les solos qui s'y trouvent. || 4° Chef des chœurs de danseurs ou de danseuses dans les ballets. Les coryphées ou autres chefs du ballet sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, novehre, Lettre 25 sur les arts imitateurs. || 5° Fig. Celui qui se distingue le plus, qui est au premier rang. Pétrarque était le coryphée des poètes de son siècle. Il est visible que ce coryphée est vraiment le chrétien parfait, Boss. Nouv. myst. to. Alexandre, dont nous parlions, c'est le Coryphée des destructeurs de l'espèce humaine, p. l. cour. Lett. u, 23i. J'aimais l'honneur, et je pen.sais avec plaisir que je passerais pour le coryphée des domestiques, le sage. Cil Bios, IV, 7. Il 6° S. f. Termede zoologie. La coryphée, fauvette d'Afrique, nom vulgaire de la syltie coryphée.

— ÊTYM. Lat. coryphxus, de xofvçaïo;, de xopyçri, tête.

CORYZA (ko-ri-za), *. m. \\ 1° Terme de médecine. Inflammation calarrhale de la membrane muqueuse des fosses nasales, dite vulgairement rhume de cerveau. Il 2° Terme de vétérinaire. Coryza dans l'e»pèce chevaline. {| Coryza des bêtes bovines. Cette maladie a plus d'intensité chez le bœuf que chez le cheval. || Coryza des bêtes ovines, morvedes moutons. Il Coryza des porcs , dit aussi ronflement, maladie pernicieuse, qui produit souvent le marasme, et pendant laquelle le nez et le groin se déforment.

— ÊTYM. KopuCa.

t COS (kos') , s. m. Voy. coss.

COSAQUE (ko-za-k'), s. m. || l'Homme appartenant à un peuple de l'Ukraine qui fournit à la Russie une cavalerie irrégulière. Viens , mon coursier, noble ami du Ccsaque, Vole au signal des trompettes du Nord, BÉBANQ. Chant du Cosaque. L'empereur regardait et souriait, s'avançant toujours el croyant à une terreur panique; ses aides de camp soupçonnaient des cosaques; mais ils les voyaient marcher si bien pelotonnés qu'ils en doutaient encore; et, si ces misérables n'eussent pas hurlé en attaquant, comme ils le font tous pour s'étourdir sur le danger, peut-être que Napoléon ne leur eût pas échappé, sEgur, Uisl. deNap. il, 3. || Fig. et familièrement. Ua homme brutal et dur. || 2° S. f. La cosaque, sorte de danse imitée de la manière ae danser des cosaques.

— ÊTYM. Kasak, en langue kirghise, cavalier ou guerrier.

t COSAQUERIE (ko-za-ke-rie), t. f. Incursioii

COS

brusque cl rapide. Celle expédition ne fut qu'une cosaquerie. Il Fig. et populairement, action brutale et méchante.

— ETYM. Cosaque.

f COSCINOMANCIE (ko-ssi-no-man-sie), s. f. Divination par le moyen d'un crible qu'on faisait tourner.

— ÉTYM. KôiTxivoi;, crible, et le suffixe mande. t COSCOSSONS (ko-sko-son) ou COSCOTONS (ko-

sko-ton) , s. m. plur. Ancien mets composé de farine g.~dnulée que l'on faisait cuire dans le bouillon.

COSÉCANTE (ko-sé-kan-f), s. f. Terme de géométrie. La sécante du complément d'un angle.

— ÉTYM. Co, et sécante.

COSEIGNEUR (ko-sè-gneur) , s. m. Celui qui possédait un fief avec un autre.

— ÉTYM. Co, avec, et seigneur.

t COSEIGNEURIE (ko-sè-gneu-rie), s.f. Seigneurie possédée en commun par plusieurs.

— ÉTYM. Coseigneur.

COSINUS (ko-si-nus'), s. m. Terme de géométrie. Le sinus du complément d'un angle. Il Cosinus verse, le rayon moins le sinus {co, avec, «t nnut).

fCOSISMAL, ALE, adj. Voy. sisn u..

f COSME (ko-sm') , *. m. Terme d'antiquité. Nom, en Crète, de magistrats au nombre de dix, chargés de contre-balancer l'autorité des rois.

— ÉTYM. K6t|jioi;, ordre, arrangement.

1 . COSMÉTIQUE (ko-smé-ti-k'), adj. Propre à embellir la peau , à entretenir les dents, les cheveux, les mains. Préparations cosmétiques. || Substantivement. Un cosmétique dangereux. Les cosmétiques, nom donné aux pommades, aux eaux de senteur, aux savons parfumés et aussi à difi'érentes préparations dans lesquelles entrent les oxydes de plomb, de bismuth, de mercure, d'arsenic.

— ÉTYM. Kodiiïitixoi; , de xouneïv, parer (voy. cosmique).

2. COSMÉTIQUE (ko-smé-ti-k') , i. f. La partie de l'hygiène qui enseigne à faire usage des cosmétiques.

— ÉTYM. Cosmétique i .

i COSMIQUE (ko-smi-k'), adj. Terme didactique. Qui appartient à l'ensemble de l'univers. Les espaces cosmiques. Corps cosmique, corps qui roule dans l'espace à la façon des planètes ou des comètes. On croit que les aérolithes sont des corps cosmiques jusqu'au moment où ils entrent dans notre atmosphère.Matière cosmique , matière dont se forment les mondes. || Termed'astronomie. Lever, coucher cosmique d'une étoile, se dit quand une étoile se lève ou se couche avec le soleil levant, par opposition au lever et coucher acronyque qui est quand une étoile se lève ou se couche avec le soleil couchant. Le lever ou le coucher cosmique se calcule mais ne s'observe pas, attendu que l'étoile est perdue dans les rayons du soleil , tandis que le lever héliaque s'observe, l'étoile se trouvant à l'horizon un peu avant le lever du soleil.

— ÉTYM. KôufjLoi;, monde, proprement ordre, arrangement, parure.

t COSMIQUEMENT (ko-smi-ke-man) , adv. Terme d'astronomie. D'une manière cosmique. On dit qu'une étoile se lève ou se couche cosmiquement, quand elle se lève ou se couche au soleil levant.

— ÉTYM. Cosmique, et le suffixe ment.

t COSMOCRATIE (ko-smo-cra-sie) , s. f. Système de monarchie universelle. La cosmocratie fut aflectée par Napoléon I".

— ÉTYM. Kô(i|ioi;, monde, et xpaTeîv,êtreIe maître. COSMOGONIE (ko-smo-go-nie), s. f. Description

hypothétique de la manière dont l'univers ou un monde en particulier a été formé. Aucune nation n'eut une cosmogonie qui eût le moindre rapport à celle des Juifs, volt. Dial. xxiv, 17. 1| Idée que se firent de l'origine du monde les anciens poêles et les anciens sages de la Grèce. || Cosmogonie de Laplace, hypothèse par laquelle ce célèbre astronome explique la formation des planètes et des salellites de notre soleil, en supposant que ce sont des parcelles qui, par l'effet d'un refroidissement progressif, se sont détachées du soleil s'étendantdans un état primitif jusqu'à la limite des dernières planètes.

— ÉTYM KoCTiiOYovîo, de xôffjioç, monde, et yàvoç, engendrement.

COSMOGONIQUE (ko-smo-go-ni-k'), adj. Qui se rapporte à la cosmogonie. Le système cosmogonique de Bufl"on.

— ÉTYM. Cosmogonie.

t COSMOGONIQUEMENT (ko-smo-go-ni-ke-man), adv. D'une manière cosmogonique.

COSMOGRAPUE (ko-smogra-H, s. m. Celui qui traite de la cosmographie. H chercha de l'instruction et du secours dans le commerce de M. Buchot, cosmosgraphe et ingénieur du roi, fonten. Couplet.

COS

— HIST. XIV' S. Les anciens cosmografes, c'est à dire ceulz qui ont fait description de la terre habitable, ORESME, Tllèse de liEUNlEH.

— ÉTYM. Voy. COSMOGBAPUIE.

COSMOGRAPHIE (ko-smo-gra-fie) , s. f. Description astronomique du monde, ou astronomie descriptive. Un cours de cosmographie est l'étude des mouvements des corps cosmiques, abstraction faite de tous les calculs. Je pose en fait qu'après deux ans de sphère et de cosmographie, il n'y a pas un .seul enfant de dix ans qui, sur les règles qu'on lui a données, sût se conduire de Paris à Saint-Denis, j. J. Rouss. Ém. II.

— HIST. XVI* s. Tous les anciens se sont mescontés, pensans avoir trouvé la mesure de la terre habitable, et comprins toute la cosmographie, charbon, Sagesse, ii, 2.

— ÉTYM. KociiOYpoçCa, de xô<j[toc, monde, et YpiçEiv, décrire.

COSMOGRAPHIQUE (ko-smo-gra-fl-k'), odj. Qui se rapporte à la cosmographie.

— ÉTYM. Cosmographie.

t COSMOLABE (ko-smo-la-b') , s. .m. Terme d'astronomie. Ancien instrument pour prendre les hauteurs des astres.

— ÉTYM. Kô(7[io;, monde, et >aëeîv, prendre. COSMOLOGIE (ko-smo-lo-jie), s. f. Science des

lois générales qui gouvernent le monde physique. La cosmologie ou science de l'univers se distribue en uranologie ou science du ciel, en aérologie ou science de l'air, eu géologie ou science dos continents , et en hydrologie ou science des eaux , n'ALEMB. OEuires, t. i, p. 34), dans pougens. La cosmologie est cette science qui s'occupe principalement de l'enchaînement ou de l'harmonie de toutes les parties de l'univers, bonnet, Palingén. 13" part, ch. 7. S'il est en cosmologie un principe aussi fécond que certain, c'est celui de cette liaison universelle qui enchaîne toutes les parties de la nature, id. ib.

— ÉTYM. Ko(j|j.oXoYÎa, de x6<î|xo; , monde, et X6- Yo;, théorie (voy. logique).

COSMOLOGIQUE (ko-smo-lo-ji-k'), adj. Qui se rapporte à la cosmologie.

— ÉTYM. Cosmologie.

t COSMOLOGIQUÈMENT (ko-smo-lo-ji-ke-man), adv. D'une manière cosmologique.

t COSMOLOGISTE (ko-smo-lo-ji-sf) ou COSMO- LOGUE (ko-smo-lo-gh'), s. m. Celui qui s'occupe, qui traite de la cosmologie.

— ÉTYM. Voy. COSMOLOGIE.

■j- COSMOMÉTRIE (ko-smo-mé-trie) , s. f. Science qui traite de la mesure des distances cosmiques. Homme qui possède.... cosmométrie, géométrie, mol. Mar. forcé, 6.

— ÉTYM. Kôuiio;, monde, et [jicTpov, mesure.

t COSMONOMIE (ko-smo-no-mie), s. f. Ensemble des lois cosmiques.

— ÉTYM. Kô(j|ioç, monde, et vôjjio;, loi.

f COSMONOMIQUE (ko-smo-no-mi-k') , adj. Qui a rapport à la cosmonomie.

COSMOPOLITE (ko-smo-po-li-f), s. to.III" Celui qui se considère comme citoyen de l'univers. Défiezvous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux, j. j. rouss. Ém. i. \\ 2° Par extension , celui qui vit tantôt dans un pays tantôt dans un autre; qui adopte facilement les usages des divers pays. C'est un cosmopolite. || Adjectivement. Un philosophe cosmopolite. Une existence cosmopolite. De tous les genres d'êtres organisés, le genre des insectes est seul cosmopolite, bern. de ST-p. Harm. liv. u, Anim.

— ÉTYM. Koo(jio7toXCr)i?, de x6t[i.o;, monde, et TcoXiTTi;, citoyen (voy. politique).

t COSMOPOLITISME (ko-smo-po-li-ti-sm'), s. m. Disposition d'esprit qui fait qu'on trouve une patrie aussi bien ailleurs que dans son propre pays. || Disposition opposée > ''-«••ni de patriotisme exclusif.

— ÉTYM. Cosmopolite.

t COSMORAMA (ko-smo-ra-ma), s. m. Espèce d'optique où l'on voit des tableaux représentant les principales villes ou vues du monde.

— ÉTYM. K6(T|jio(;, monde, et ôpaiia, vue.

t COSMOS (ko-smos'), s. m. Titre donné par A. de Humboldt au livre où il a décrit l'univers.

— ÉTYM. K6(T|j.oi;, monde.

t COSMOSOPHIE (ko-smo-so-fie), s. f. Étude mystique de l'univers.

— ÉTYM. K6<7(ji.o;, monde, et oo<pîa, sagesse.

t COSMOSOPHIQUE (ko-smo-so-fi-k'), adj. Qui a rapport à la cosmosophie.

f COSS (kos'), s. m. Nom d'une mesure de longueur usitée chez les Indiens et qui varie suivant les

COS

contrée»; on trouve les valeurs de 6<I0 mètres.

3800 et 2800.

— ÉTYM. Sanscrit, kroça, 4000 coudées, aelon d'autres, 8000.

t COSSARD (ko-sar) , t. m. Un des noms vulgaires do la buse.

f COSSAS (ko-s4) , s. m. Terme do commerce. Toile de coton écrue fabriquée aux Indes.

t COSSAT (ko -sa), s. m. Terme rural. Ce qui reste après qu'on a battu les pois, les fèves, les haricots, pour en avoir la graine.

— HIST. xvi's. Cossats et pailles de fèves, o. de serbes, 4 01.

— ÉTYM. Cosse.

t. COSSE (ko-s'), s. f. Il l-Enveloppe de certaines graines légumineuses. Cosse de pois, de fèves. Des pois en cosse. || 2° Fruit de quelques arbustes. Une cosse de genêt. || Cosse de genêts, nom d'un ancien ordre de chevalerie, institué en < 234, par Louis IX ou saint Louis. Le collier était composé de cosses de genêts entrelacées de Heurs de lis d'or, avec une croix fleurdelisée au bout, et la devise Exaltât humiles. || 3° Terme de marine. Anneau de fer plat qui, recourbé sur les bords, présente une cannelure propre à recevoir et à maintenir un cordage dont on l'entoure. || 4° Première couche d'une ardoisière. || Parchemin en cosse, la peau de mouton, dont on a fait seulement tomber la laine, c'est-àdire telle qu'elle sort de la mégie. || 6° Terme de pêche. Cosse d'un bateau, synonyme de corps.

— HIST. XII* s. Tôt le domage te ferai restorer, Chascune cosse [de fèves] un denier acheter, Bat. d'Aleschans, v. 7078. || xiu' s. Courtillage c'est à savoir toute manière de porées, pois noviauz, fèves noveles en cosse vert, Liv. des me'. 270. || xv s. Vecy, faisons faire une fosse, En my un champ de pois en cosse, Puis par aucun blandissement, La menon là tout coyement, Jfi'r. de ste Genev. Lors a congié d'aller en ville. Au marchié, au corps [aux enterrements], aux nopces. Aux poys, aux fèves et aux cosses. Au moustier, aux festes, aux champs, E. DEscH. Poésies mss. f'sis, dansLACUKNE. |]xvi's. Prenez un fagot de troncs de fèves avec les cosses,

— ÉTYM. Namurois, cose; rouchi, cossiau; du flamand schosse; bas-allem. schote; angl. cod.

f 2. COSSE (ko-s'), s. m. Nom vulgaire, dans certains cantons, des coléoptères qui rongent, soit les céréales, soit les pois, les fèves. Des cosses se sont mis dans ce blé.

— ÉTYM. Lat. cossus, insecte qui Vit dans le bois; par confusion du charançon ou cosse du blé avec l'insecte du bois.

t 3. COSSE (ko-s') , s. m. Le même que coss (voy. ce mot),

COSSER (ko-sé) , t!. n. |1 1° Se heurter la tête l'un contre l'autre, en parlant des béliers. |{ 2° Fig. U ne fait point bon cesser avec de telles gens et j'en sais des nouvelles, p. l. cour, ii, 296.

— HIST. XVI" s. [Ce faon] Saute à l'entour de moy, et de sa corne essaye De cesser brusquement mon mastin qui l'abaye, rons. 7(8. Mais d'où vient que mon bouc qui sautoit si alaigre. Qui gaillard dans ces prcz cossoit contre mes bœufs, id. 744.

— ÉTYM. Ital. coaare, heurter, co«;o, coup; d'après Diez, du latin co-icere, jeter avec, participe coictus, d'où l'italien a fait coiiare, comme de directus il a fait dirisiarc.

f COSSIN, «. m. Dit par les relieurs pour coussin.

t COSSIQUE (ko-ssi-k'), adj. Ancien terme d'algèbre. Racines cossiques, racines d'une équation du second degré. Règle cossique, nom sous lequel on a désigné l'algèbre.

— ÉTYM. liai, cosa ou cossa, chose, nom que les anciens mathématiciens d'Italie donnaient à la racine d'une équation.

1.COSSON(ko-son),i. m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères qui vivent sous l'écorce des arbres et qu'on a souvent confondus avec les espèces du genre charançon.

— HIST. xvi"s. Estant ainsi enflez, humectez et abreuvez, s'ils sont couppez en tel estât, l'humeur qui est dedans les pores s'eschaun"era, et engendrera quelques cessons ou vermine, qui quelque temps après gasteront le bois, paussy, 29. S'y engendraus des hannetons, coussons, bequerus, et autres bestioles, à sa totale ruine [du blé], 0. de serres, 135. Les limaçons, coussons, et semblables ennemis qui rongent leurs jetions [des melonsjlevés de terre, is. 639.

— ÉTYM. Lat. cossus, insecte du bois.

2. COSSON (ko-son), s. m. Terme d'agriculture. Le nouveau sarment que donne U vigne après qu'on l'a taillée.

cos

— ÉTYM. Peut-être casser; de même que jet vient de jeter.

COSSU, UE (ko-su, sue), adj. || l" Qui a beaucoup de cosses, en parlant des tiges do pois, de fèves. Il Fig. et populairement. En conter de cossues, faire des contes extravagants. || 2* Fig. et populairement, riche. C'est un homme cossu. Une toilette cossue.

— ÉTYM. Cosse I ; bourguig.cfiomp cossu, champ qui a beaucoup de cosses de pois, et fig. ein paysan eossu, un paysan qui a de bonnes récoltes , beaucoup de biens.

COSTAL, ALE (ko-stal, sta-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes. Nerfs costaux. Il Cartilages costaux, cartilages dont le nombre est égal à celui des côtes, douze de chaque côté. || PlÊvre costale, portion de la plèvre qui revêt la face interne des côtes.

— HIST. XVI" s. Le mésentère reçoit nerfs du costal venans de la sixième conjugaison, paré, i, 16.

— ÉTYM. Lat. eosta (voy. côte).

t COSTÊ, ÉE (ko-sté, siée), adj. Terme didactique. Qui est marqué de côtes.

— ETYM. Côte.

t COSTlÈRE(ko-stiê-r'), s. f. Terme de construction. Voy. CÔTIÈRE.

t COSTIFÈBE (ko-sti-fê-r'), adj. Terme didactique. Qui porte des côtes.

— ÉTYM. Lat. Costa, côte, et fents, qui porte.

t COSTO-CLAVICDLAraE (ko-sto-kla-vi-ku-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et à la clavicule. Ligament costo-claviculaire.

— ÉTYM. Côte, et clavicule.

t COSTO-STERNAL, ALE (ko-sto-stèr-nal, na-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et au sternum. Articulation costo-sternale, l'articulation des sept premières côtes avec les cavités des bords latéraux du sternum.

— ÉTYM. Côté, et sternal.

t COSTO-THORACIQUE (ko-sto-to-ra-si-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et au thorax.

— ÉTYM. Côte, et thorax.

t COSTO-TRACHÉLIEN, ENNE (ko-sto-tra-kéllin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et aux apophyses transverses des vertèbres du cou.

— ÉTYM. Côte, et ■cçi.y-r{koi, COU.

I COSTO-TRANSVERSAIRE (ko-sto-tran-svèr-sêr'), adj. Terme d'anatomie. Articulation costo-transversaire, articulation entre la tubérosité des côtes et le sommet des apophyses transverses des vertèbres dorsales.

— ÉTYM. Côte, et transverse.

t COSTO- VERTÉBRAL, ALE (ko-sto-vèr-té-bral, bra 1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et aux vertèbres. Articulations costo-vertébrales. Ligaments costo-vertébraux.

— ÉTYM. Côte, et vertébral.

t COSTO-XIPHOÏDIEN, ENNE (ko-sto-ksi-fo-idiin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux côtes et à l'appendice xip.'ioïde du sternum.

— ÉTYM. Côte, et xiphoîde.

t COSTULE (ko-stu-l'), s. f. Terme de zoologie. Petite côte. || Stries qui se voient à la surface de certaines coquilles.

— ÉTYM. Diminutif de Costa, côte.

COSTUME (ko-stu-m'), s. m. \\ 1» Vérité de coutumes, mœurs, usages, qui est reproduite par les poètes , les écrivains ou les artistes. C'est la fidélité au costume qui fait le mérite des compositions de ce poète. Cette louange qui vous est due d'avoir appris le costume aux Français, volt. Lett. Mlle Clairon, 23 juilleH785. 112° Terme de peinture. Fidélité à reproduire les édifices, les meubles, les armes d'un temps. Observer le costume. || 3" Manière de se vêtir. Le costume français. || Habillement spécial ou de cérémonie. Costume de bal. Costume de théâtre, de carnaval. Le costume imposant régnait dans les comices; Le costume entourait le lieu des sacrifices, DELiLLE, Imagin. vu. Toujours en grand costume elle suivait ses pas. Et plaçait les sujets à leur juste distance, id. ib.

— REM. Costume n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition do <740, avec la note qu'il se prononce costumé, c'est-à-dire à l'italienne, note qui a disparu dans l'édition de <70O.

— ÉTYM. Ital. costume, usage, coutume (voy. cou ruME). Ce mot, emprunté aux Italiens, ne paraît pa3 avoir été employé en France avant le règne de Louis XIII; et c'est au sens italien d'usage, coutume, que Félibien et son ami Poussin s'en sont d'abord servis.

CÔT

COSTUMÉ, ËE (ko-stu-mé, mée) , part, passé. Costumé à la façon antique. || Bal costumé, bal où les danseurs, dan.seuses et assistants, ou la plupart, portent des travestissements qui reproduisent plus ou moins fidèlement des costumes de pays, de professions et de l'ancien temps.

COSTUMER (ko-stu-mé), V. o. || 1° Revêtir d'un certain costume. Elle avait costumé sa fille en bergère. Il Terme de peinture. Ce peintre costume bien ses personnages. || 2"' Se costumer, v. réfl. Cet acteur se costume bien. Se costumer en Turc.

— ÉTYM. Costume.

COSTUMIER (ko-stu-mié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les co-stu-mié-z et les costumes), s. m. Il 1° Celui qui vend ou qui loue des costumes de théâtre, de bal, etc. Louer un domino chez le costumier. || On le dit aussi au féminin. Une costumière. Il 2° Celui qui a la garde des costumes dans un théâtre.

— ÉTYM. Costumer.

t COSTUS (ko-stus') , s. m. Terme de pharmacie. Racine de Vauklandia costus (Falconner), qui est employée comme aphrodisiaque et vermifuge.

— ÉTYM. Latin, costus; grec, xô<rTo;.

t CO-SUJET (ko-su-jè), s. m. Celui qui est, avec d'autres, sujet d'un gouvernement. Les générations prochaines ne croiront pas que, dans un siècle qui n'était pas tout à fait barbare, des citoyens, des co-sujets aient pu réclamer le droit de voter un impôt qu'ils ne payaient point, et de voter pour les autres et non pour eux-mêmes, Mirabeau, Collection, t. I, p. 73.

— ÉTYM. Co, avec, et sujet.

COTANGENTE (ko-tan-jan-f) , s. f. Terme de

géométrie. La tangente du complément d'un angle.

— ÉTYM. Co, avec, et tangente.

t COTARIS'INE (ko-tar-ni-n') , s. f. Terme de chimie. Alcaloïde, produit par action de l'acide sulfurique et du peroxyde de manganèse sur la narcotine.

— ÉTYM. Transposition des lettres du mot narcoHne.

COTE (ko-t'), s. f.\\i° Terme d'administration. La part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière. Payer sa- cote. || 2° Cote mal taillée, arrêté de compte approximatif. 11 a fait de tout cela une cote mal taillée. Le régent demanda l'avis à Besons, qui barbouilla et qui proposa une cote mal taillée, st-sim. 426, <52. Locution prise de marquer la cote, ce qui était à payer, sur un morceau de bois auquel on faisait une entaille.|| 3° Terme de finance. Indication du prix des effets publics, des valeurs de bourse, du change, etc. || 4° Marque alphabétique ou numérale servant à classer chaque pièce d'un procès ou d'un dossier. Ces pièces sont sous la cote A, la cote B. || La couverture même. Il 5° Terme d'arpentage. Chiffre qui, dans les nivellements, indique les différences de niveau.

— HIST. xvi* s. Cela fit faire une cotte mo-taiUée de capitulation, tellement que le capitaine Mathieu ne laissa pas d'en faire la guerre depuis, d'aub. Uist. II, 290. Tous héritages, tant fiefs que mains fermes, venus et escheus par succession soit de ligne directe ou coUateralle, sont reputez patrimoniaux, et doivent en succession tenir et suivre la cotte et ligne de celuy duquel primitivement ils viennent, Coustum. géne'r. t. ii, p. 863.

— ÉTYM. Provenç. cota, cotta; catal. quota; espagn. cota, cuota; du latin quota pars, quelle partie (voy. quote). Dans d'Aubigné, cotte motailléc est pour cotte mal taillée, mal, dans ces sortes de compositions, se prononçant mau , comme dans mau-clerc (mal-clerc).

CÔTE (kô-f) , s. (. Il 1° Terme d'anatomie. Os plat et courbé, situé obliquement sur les parties latérales de la poitrine et articulé en arrière avec les vertèbres, et en avant directement ou indirectement, avec le sternum. Il s'est cassé une côte. Vraies côtes, celles d'en haut qui se joignent au sternum. Fausses côtes, ou côtes flottantes, celles d'en bas qui n'aboutissent point directement à cet os. || II a les côtes en long, se dit d'un homme bizarre, capricieux, qui ne fait rien comme les autres, et aussi d'un homme paresseux. || Familièrement. Rire à s'en tenir les côtes, rire excessivement. l|Par exagération. Rompre les côtes à quelqu'un, le battre à outrance. Il Fig. Cette affaire aune côte rompue. V. rompu. Il Mesurer les eûtes à quelqu'un, le battre à coups de bâton, de plat d'épée, etc. || On dit populairement dans le même sens : tricoter les côtes. || On lui compterait les côtes, se dit d'une personne, d'un animal très-maigre. H Nous sommes tous de la côte d'Adam, nous avons tous une même origine. Ce mar-

COT

quis indocile, Qui.... Croit que Dieu tout exptts d'une côte nouvelle A tiré pour lui seul une femme fidèle, BOIL. Sat. viii. Et si, durant un jour, notre premier aïeul. Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul. Je doute, en la demeure alors si fortunée. S'il n'eût pas prié Dieu d'abréger la journée, ID. t6. x. Il II s'imagine être de la côte de saint Louis, il se croit i.S5u d'une très-noble race. Que voulez-vou» donc dire avec votre gentilhommerie? Est-ce qua nous sommes, nous autres , de la côte de saint Louis?Moi.. Bourg, çfentilh. m, t2. || Fig. Serrer les côtes à quelqu'un, le presser vivement, le poursuivre avec chaleur. || Côte à côte, loc. adv. Tout à côté l'un de l'autre. Ils marchaient côle à côte. Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger, la font. Fabl. m, <2. Il Fig. Sa tendresse voudrait se mêler d'aller côte à côte de la mienne, sÉv. 343. 112» Terme de vétérinaire. Côte arrondie, indice d'une poitrine développée; côte plate, indice de respiration peu étendue. Il 3° Terme de boucherie. Côtes couvertes du boeuf, morceau qui se trouve entre l'aloyau et le paleron, des deux côtés de l'échiné. Côtes découvertes, celles qui sont situées sous le paleron. || Côtes d'aloyau, les côtes du bœuf, ayant un peu de filet jusqu'aux côtes couvertes, il Train de côtes, la partie du bœuf qui contient les côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule. Plats de côtes découverts, la partie placée sous l'épaule et le paleron. Plats de côtes couverts, la partie inférieure de l'entre-côle et des côtes, près de la poitrine. Côtes de surlonges, la partie qui se trouve sous le collier. Il La côte, maniement pair ou double, commun aux deux sexes, qui repose sur les dernières côtes, particulièrement sur celle qui limite le flanc avec la poitrine. Il 4" Saillie longitudinale de la surface de beaucoup de tiges et de fruits. Pomme de reinette à côtes. Voilà un melon; il faut qu'elle en mange une petite côte, sÉv. bb9. || Nervure médiane et principale dans un grand nombre de feuilles. || Tabac sans côles, celui dont on a ôté la nervure avant de le corder. || 5° Terme de marine. Les côtes d'un navire, les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent ju.squ'au plat bord. C'est le synonyme vulgaire de couple. ||6° Côte de luth, pièce du corps d'un luth. Il 7° Terme d'architecture. Listels qui séparent les cannelures d'une colonne. || Côtes de coupe, saillies qui séparent la douelle d'une voûte sphérique en parties égales. || Partie en saillie qui dans une croisée sert à recevoir les volets. || 8" Fig. Le penchant d'une colline. Côte fertile, bien exposée, plantée de vignes. || i mi-côte, à mi-chemin sur le penchant d'une colline. Bâtir à mi-cÔte. J'approche d'une petite ville, et je suis déjà sur une hauteur d'où je la découvre; elle est située à mi-côte; une rivière baigne ses murs et coule ensuite dans une belle prairie, la brut. v. || Fig. Être au pied de la côte, c'est-à-dire être à bout de ressources, par allusion sans doute à un marcheur épuisé qui ne peut plus monter une côte Il 9° Terme Oe marine. Rivage de la mer. Une côte basse, sablonneuse, escarpée. Ranger la côte, aller le long de la côte. Donner à la côte, échouer. Le courant portait à la côte. Il lui donna le gouvernement de toute la côte de la mer, valgel. Q. C. liv. II, ch. 8. Toute la côte était couverte d'hommes, d'armes, de chevaux et de chariots en mouvement, FÉN. Tél. XX. La plupart des peuples des côtes de l'Afrique sont sauvages et barbares, montesq. Esp. XXI, 2. Les côtes de cetle grande île [Madagascar] sontgénéralementmalsaines; ce malheur tient à des causes physiques qu'on pourrait changer, baynal, Uist. phil. IV, t. fl Se dit, par extension, des approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Une côte pleine d'écueils. Les pirates qui couraient nos côles. La flotte d'Ênée éla:t sur ces côtes, FÉN. Tél. I. Le jeune homme répondit qu'il avait voulu voir comment les côtes de France étaient faites, qu'il était venu et allait s'en retourner, volt. t Ingénu, t . || Faire côte, faire naufrage à la côte. Il Côte de fer, côte formée par des rochers escarpé et perpendiculaires. || Gardes-côtes, voy. cardb, s. m. Il Au plur. Les contrées voisines de la mer. Il 10° Terme de commerce. Côte de soie, capiton ou fleuret. || Côte rouge, côte blanche, fromages de Hollande. || 11* Terme de vannier. Nervures qui sont formées par l'entrelacement des menus osiers autour des plus gros.

— HIST. 111' s. D'une des costes de l'home voirenient.... ttonc. p. t53. || xii:' s. Je mengue costes de laitues, porce qu'elles mi font dormir, alebrant, f' 67. On escrit xiu et ii continuelment coste à coste tout à une ligne, Com/)Ut. fto. En coste [de] la

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royne [ellel se va agenouiller, liertt, xi. Jamais ne pnrrez [vous ne vous coucherez] à ma coste, Quant receû avez tel este, Ben. 607. Quant cil joli valet passoient, Kt jes [je les] veoie passer Qui me regarddient en coste, Et jadis furent mi chier hoste, la Ilose, 4305B. Kt en la fin de son sermon dit ainsi, que il avoit leue la Bible et les livres qui vont en coste la Bible, joinv. 288. || xiV s. Nouvelle et première porée : estez les grosses cosles comme l'en f.iit des choulx, Ménagier, ii, B. ||xv« s. Le bon et saige, qui ad ce besoin m'avoit conduit ju.sques au lict, demoura de couste moy estourdy, estormy et comme en litargie, a. chaut. l'Espérance ou consolalinn des 3 vertus. Là fit tendre en belle plaine son pavillon, et aussi ses compaignons firent, coste le sien, tendre les leurs, Bouciq. i, ch. 10. Quant j'apperçoy que veoir [elle] ne me daigne, Fors que (le coste et trop estrangement.... E. desch. Poésies mss. f°442, dans lacuhne. || xvi's. Quand les Corinthiens eurent achevé de monter celle coste, ilz meirent leurs larges et pavois en terre pour reprendre un peu d'haleine, amyot, Timul. 36. Et se feit porter depuis la cour du royjusques à la coste de la mer Meiliterrane, id. Pélop. 66. Ce chien suivit tousjours son maistre, nageant en mer coste à coste de sa galère, depuis la coste de terre ferme, jusques en l'isle de Salamine, id. Calon, il. Depuis les clavicules jusques à l'extrémité des costes tant vrayes (jue fausses et diaphragme, paré, i, i. On donne au malade un tronc ou coste d'asphodèle ou de férule h mascher, id. viii, 2. Les costes de poirée ou blette seront choisies, grosses et tendres, coupées de la longueur de demi-pied, o. de serres, 848. Le sieur Cornelio et le comte de Gayas armez et la pique sur le col coste et coste [à côté l'un de l'autre], monti,uc, Mém. t. I, p. 492, dans lacurne. Chevaux courants de toute leur roideur, accouplez coste à coste l'un de l'aultre, momt. i, 358.

— ÉTYM. Berry et sainlong. coule; wallon, cuise; provenç. et ital. Costa; espagn. cuesta ; du latin Costa, côte

COTÉ , ÉE (ko-té , tée) , part, passé. Marqué d'une cote. Pièces cotées.

COTÉ (kô-té), s. m. Il 1° La partie droite ou gauche du corps des animaux, de l'aisselle à la hanche, et, par extension, la partie droite ou gauche de tout le corps, y compris le bras, la jambe, etc. Il était perclus de tout le côté gauche. Se coucher sur le côté. Il porte l'épée au côté. Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés, boil. Sat. vi.... Les arbres parlent peu, Dit le bon la Fontaine; et ce qu'un bois m'inspire. Je veux à mes côtés trouver à qui le dire, delille. Homme des ch. i. || Se tenir les côtés de rire, rire immodérément. Le roi se tenait les côtés de rire, hamilt. Gramm. 7. Embrasse-moi, dit Matta se tenant les côtés, id. ib. 3. L'hôte et l'hôtesse éclatèrent de rire et se tinrent longtemps les côtés, VOLT. Cand. il. || Il est sur le côté, il est si malade qu'il ne peut bouger. || Fig. Être en voie de disgrâce, être aiiattu. Pauvre esprit, te voilà d'abord sur le côté, hamilt. Gromm. 2. || Mettre, jeter quelqu'un sur le côté, le coucher, le renverser par terre. D'un coup d'épée il le jeta sur le côté. Il Mettre quelque chose sur le côté, donner à cette chose ime position inclinée. || Mettre une bouteille sur le côté, la vider. || Être aux côtés de quelqu'un, être auprès de sa personne. Moi-même, sur son trône à ses côtés assise. Je suis à cette loi comme une autre soumise, bac. Esth. i, 3. Debout à ses côtés, le jeune Ëliacin Comme moi le servait en longs habits de Un, id. Athal. ii, 2. Idoménée, qui le croit [Télémaque] à ses côtés, s'étonne de le voir qui court au milieu delà campagne, fén. Tél. xi. Il Fig. Mais entendez crier Rome à votre côté.... CORN. Cirma, m, 2. Le reste de l'Asie à nos côtés rangée, id. Nicom. ii, 3. || Le côté de l'épée, le côté gauche du corps, celui où l'on porte l'épée. || Fig. Mettre quelque chose du côté de l'épée, faire passer quelque chose du côté de l'épée, c'est mettre à couvert quelque somme, de quelque façon qu'on l'ait gagnée, bien ou mal. Mais prompt, habile et diligent i saisir un certain argent, Somme aux inspecteurs échappée, Il a du côté de Vé\>ée Mis, ce diton, quelques denier», la font. Lellrcs, xn. \\ Le côté du coeur, le côté gauche du corps; et fig. l'affection. Ce petit gaillard vous plaît, il est du côté du cœur. || Point de côté, douleur aiguë qui se fait «entir dans la région des côtes. || Terme de manège. Porter un cheval de côté, le faire marcher «ur deux pistes, dont l'une est marquée par les épaules, l'autre par les hanches. || Terme de cuisine. Haut côté, les côtés d'un mouton. || Terme de «nanne. Mettre un bâtiment sur le côté, l'incliner

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d'un côté, lui faire prendre de la bande. Le niSt avait mis le vaisseau sur le côté, fén. Tél. vi. || Mettre un bâtiment sur le côté,ralialtre en carène. {| Le côté droit d'une voile, la partie de la chute de cette voile où les tailles sont régulières. || Faux côté, côté faible d'un navire, côté sur lequel il incline davanta'-'e. Il 2° Partie latérale. Les côtés du chemin. Ce côté de la rivière est le moins profond. || Les bas côtés d'une église, les nefs latérales, qui sont plus étroites et d'ordinaire moins hautes que la nef centrale. Les bas côtés du chœur.... sont les parties qui ont le plus résisté à l'effort du temps, chateaub. Génie, Ht, v, 6. D'autres temples étaient divisés en trois nefs par deux rangs de colonnes; celle du milieu était entièrement découverte et suffisait pour éclairer les bas côtés qui étaient couverts, barthél. Anach. ch. <2. || Les bas côtés d'une route, d'un boulevard, d'une promenade , les voies latérales moins hautes que la chaussée. || 3° Côté plein, muraille pleine, par opposition à arcade. Le petit monument de marbre qui couvre le saint sépulcre a la forme d'un catafalque, ortié d'arceaux demi-gothiques engagés dans les côtés pleins de ce catafalque, chateaub. llin. il, 224. ||4° Le côté droit, le côté gauche d'une assemblée délibérante, celui qui est à la droite, celui qui est à la gauche du président. Il Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, le côté droit, le côté gauche de l'autel. || Le côté du roi, le côté de la reine désignaient autrefois le côté droit, le côté gauchedu théâtre. || Terme d'architecture. Le côté droit ou gauche d'un bâtiment doit s'entendre par rapport au bâtiment même, c'est-à-dire en supposant que le bâtiment a une droite et une gauche par rapport à sa façade. || 5' Point opposé à un autre. Le côté espagnol des Pyrénées. 11 est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table. Pourquoi me tuez-vous 1 Eh quoi I ne demeurezvous pas de l'autre côté de l'eau? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer de la sorte; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste, pasc. Pensées, part, i, art. ». || Fig. Tout le tort est de son côté, sÉv. 65. || Familièrement. De l'autre côté, dans la pièce voisine. Passons de l'autre côté," s'il vous plaît, pour causer à notre aise. || 6° i'ace, pan d'un objet. Les côtés d'une pyramide. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. || En parlant des étoffes, le côté de l'envers, lecôtéde l'endroit || Fig. Aspect sous lequel on envisage les personnes et les choses. Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté, mol. Éc. desf.w, 8. On regarde les gens par leurs méchants côtés, id. Mis. 1, 2. Quand sur une personne on prétend se régler. C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler, id. F. sav. 1, ^.Mélanrhllionavait pris ce bon mot du beau côté, boss. Var. B. Il prend tout du bon côté, ID. Lett. quiél. 354. La justice prend toujours les choses d'un mauvais côté, hegnard, Sérénade, <o. Ce qu'on souhaite est vu du bon côté; Ce qu'on possède est vu de l'autre, la motte, Fahl. Il, M. Ils regardaient l'affaire par cent côtés, dont aucun n'était dans son vrai jour, volt. Baboxic. Il 7° Ligne qui circonscrit quelque chose. Les trois côtés d'un triangle. Si je pense à une figure de mille côtés et à une de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, ce n'est pas par des perceptions que je les distingue, ce n'est que par les noms que je leur ai donnés, CONDILLAC, Conn. hum. sect. ii, ch. 2. || Terme de géométrie. Côté d'un angle, une des lignes qui le forment. || 8° Dans le sens le plus indéterminé, partie d'une chose, endroit. Attaquer la place du côté le plus faible. De quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort eu face qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours, BOss. Vuch. d'Orl. \\ Fig. Le côté faible d'une chose, ce en quoi elle pèche. Le côté faible d'une personne, son défaut habituel, ou ce qu'elle sait le moins, ou sa passion dominante. Il Fig. De mon côté, quant à moi, pour ma part. Je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure. Je veux voir à quel point une femme hardie Saura de son côté pousser la perfidie, volt. Zaïre, iv, 6. Il Du côté de.... dans les rangs de, parmi. De notre côté, il y eut trois morts et dix blessés. Du côté des Athéniens, Périclès, Nicias, Alcibiade; de celui des Lacédémoniens, Brasidas, Gylippe,- Lysandre s'y distinguèrent d'une manière particulière, bollin, Ilist. anc. OEuvres, t. m, p. 24, dans pougens. Il D'un côté, d'une part; d'autre côté, d'autre part. Quand d'un côté je considère leur puissance et de l'autre ma faiblesse. D'un et dautre côté l'action est si noire, corn. Rodog. v, 4. D'un et d'autre côté je vous vois soulagée, iD. Cid, v, 5. 11 ne leur arrivera

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pas, comme à ceux du caractère opposé, d'être -J'un côté de grands hommes, et de l'autre des enfants, FONTFN. lioerliuave. Près du grand L'HOpilal montrer le grand Caton , D'un côté Condillac et de l'autre Platon, DELILLE, Imagxn. vu. || De ce côté, de cette part. Je n'ai rien à craindre de ce côté. || De côté et d'autre, des deux côtés. Les parents accoururent de côté et d'autre pour accommoder l'affaire, montesq. Lett. pers. 70. il 9° Direction. Je vais de votre côté. De quel côté vient le vent? Après dîner, chacun s'en va de son côté, sÊv. 82. Votre dessein était-il d'aller du côté de la ville? mol. Don Juan, m, 4. Il Fig. Ne savoir de quel côté tourner, ne savoir que faire, que devenir. De quel côté pencher? à quel parti me rendre? corn. Cinna, m, ». Il De tous côtés, de partout. La foule accourait de tous côtés. De tous côtés on allait à son secours. Seigneur, de tous côtés le peuple vient en foule, CORN. Aïe. v, B. Il Regarder de quel côté vient le vent, observer les conjonctures pour régler sa conduite, et, le plus souvent, en mauvaise part, n'avoir d'autres règles de conduite que les circonstances. Il 10" Parti. C'est le côté le plus juste. Caton fut du côté de Pompée. || Avoir quelqu'un de son côté, l'avoir de son parti. Tant que vous n'auriez point les juges de votre côté, pasc Prov. 7. 11 me dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient.... id. ib. 4. Quand la malignité a la raison de son côté, ID. P. div. 99. Ils ne font rien pour mettre le monde de leur côté, mass. Uysl. Penl. Mettons Dieu de notre côté, et alors nous serons les plus forts, id. Car. Motifs. Il Mettre les rieurs de son côté, faire, dans une discussion, que les assistants rient de la personne avec qui l'on discute. || 11° Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père. Le côté paternel. Le côté maternel. |{ Être du côté gauche, être d'une naissance illégitime; locution tirée de ce que, dans les mariages inégaux, l'époux donnait à l'épouse non la main droite mais la main gauche. || Se dit aussi d'une personne qui vit en concubinage. Elle l'a épousé? oui, du côté gauche. || 12" Terme de typographie. Côté de première, la forme oii se trouve la première page de la feuille. || 13° Du côté de, Joe. prép. Vers, en faveur de, quant à. Regardez du côté du couchant. Placez-vous du côté du président. C'est la seule chose qui m'oblige quelquefois de tourner la tête du côté du monde, balz. liv. i, lett. 3. On la décrie du côté de la tendre.sse, voit. Lett. 88. Tous mes vœux sont déjà du côté d'Arislie, cohn. Sert, i, 2. Pour lui mettre l'es}, rit en repos du côté de Jouarre, boss. Lett. Corn. 30. Pour moi, demeuré seul, une juste colère Tourna bientôt mes vœux du côté de son frère, rac. Baj. i. 1. Je veux que vous n'ayez rien à vous reprocher du côté de la modération, mass. Car. Pardon. Du côté de la fortune, le revers que vous éprouvez est accablant, mabmont. Contes mor. Ecole des Pères. || 14° De côté, loc. adv. En biais, obliquement. Il faut vous tourner un peu plus de côté. Il Regarder de côté, du coin de l'œil. Près du feu, deux amants, pleins d'un tendre délire. D'un regard de côté se parlent sans rien dire, delille. Trois règnes, i. || Fig. Regarder de côté, regarder avec dédain , ressentiment ou embarras. {| De côté, à droite ou à gauche, pour que l'espace reste libre. Ranger une chose de côté. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. Se mettre, se ranger de côté, quitter le milieu du passage pour faire place à quoiqu'un ou à quelque chose qui s'avance. Je me mis de côté pour éviter la voiture. || De côté, en passant, négligemment. Vu que par l'homme en place un mot dit de côté D'un faux air de crédit fiatte leur vanité, delille. Homme desch. 1. 1| Âpart, en réserve. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il met tous les ans quelque chose de côté, il fait des économies. || X l'écart. Je mets de côté toutes les raisons que vous aviez de lui pardonner. || Mettre, laisser de côté, abandonner, ne pas se servir de. On laissa de côté plusieurs of ficiers de mérite. || 15" X côté, loc. adv. Dans une direction latérale, oblique. [Le drôle] Prend à côté, pourvoit à ses affaires. Laisse son maître , à traver.< champs s'enfuit, la font. Orais. Tout père frappe à côté, ID. Fabl. viii, 20. || Fig. Le poète d'abord parle de son héros; Après en avoir dit ce qu'il pouvait en dire, 11 se jette à côté, ID. ib. i, <4.|| Donnera côté, s'éloigner du but, et aussi se méprendre. Il X peu de distance. Serrez-vous, marchez à côté. Est-ce loin? non , c'est tout à côté. || X côté de, loe. prép. Tout auprès, adroite ou à gauche de. Sa maison est à côté de la mienne. Se mettre à côté de quelqu'un. Il marchait à côté du grand prêtre, rac. ^(ftai. Il, B. Il Fig. Peut-être Babylone, honorant ma mémoire. Mettra Eémiramis & câté des grands

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rois, VOLT. Sémiram. ii, 7. || Passer à côté d'uno difficulté, d'une question, ne pas l'aborder, éviter de la résoudre. Être à côté de la question, ne pas bien la saisir, s'en écarter.

— SYN. DE TOUS CÔTÉS, BE TOUTES PARTS. 11 y a,

entre ces deux locutions, la différence qu'il y a entre cité et part, c'est-à-dire que côté exprime plus spécialement une direction que ne fait par(. La foule accourut de tous côtés est synonyme, sans nuance bien sensible, de: la foule accourut de toutes parts. Mais on dira : cette forteresse est commandée de tous côtés, mieux que de toutes parts; car ici il importe de spécifier les côtés, les directions.

— HlST. XI' s. Cent [il] ot le cors et les costez ot larges, Ch. de Itol. xx. Ma bonne espée que ai ceinte au costet, ib. lxxxii. || xii" s. [A] Gautier [il] en bande les flans et les costez, Ronc. p. »4. Nu à nu du costé son roit espié [il] lui vire, Sax. x. Joab Sacha l'espée e ferid Abner enz el costed , si l'ocist felnnessement, Rois, <32. || xiii° s. Et del costet de mi Robin, raynouard, costal. Quant on me veut meurdrir delez vostre costé, Berte, xv. Chi vous lairrons ester de Namur qui gist en mauvais costei, Chr. de Rains, 232. Un quadrangle du quel li uns des coslés soit de trois pies, Comput, f° <7. Se [sa] tere esquiet de costé à celi qui est mariés, comme d'oncle ou d'antain, de frère ou de sereur, beaum. xm, <3. Moût de diverses coustumes sont en parties d'eritages qui vienent en descendant ou par esqueance de costé, ID. xiii, ). Et avec ce il jureront que il ne prenront, ne ne recevront, pareulzne par' autres, ne or, ne argent, ne bénéfices par de costé [indirectement], ne autres choses, joinv. 294. Tu feras celé chose [un dezj de six costez quarrée, Jeu de dei, jubinal, t. 11, 230. || xv" s. Et dit qu'il se trairoit avant du costé devers Boulogne, froiss. I, I, 3)5. Si s'adressa sur Mgr Geffroy de Chargny, et là, en parlant à lui, il changea un peu de contenance, car il le regarda sur costé en disant.... m. I, I, 329. Trop a souvent le corps las et travaillé, qui continuellement se gist sur ung costé, Ferceforesl , t. v, f° 44. Se sont si avant entremeslées icelles choses d'un costé et d'autre, que grieve chose m'est à porter, dont il me desplaist tant que plus ne peut, monstrel. liv. 11, ch. 89. Ils virent bien que la force n'eust pas esté de leur costé, Bouciq. I. 32. Et se tenoit droit, la main au costé, qui moult luy avenoit, regardant jouer les autres enfans pour juger de leurs coups, id. i, 3. Et combien que je n'aye demeuré sur le lieu, si fus-je informé, comme les affaires passoient , et le povez bien aisément entendre pour la congnoissance et nourriture que j'avoye eu de l'ung costé et de l'autre, COMM. V, 43. Ilxvi's. Ayant à ses costez ledit seigneur, mont, i, H27. Du costé de l'occident, lu. I, 238. Il n'auroit devant ny derrière luy, ny à costé, rien qui ne lui feist guerre, id. i, 356. Assis de costé [sur sa mule] comme les femmes, id. 1, 354. Je ne vise pas de ce costé là, id. iv, 28. Les suyvants d'Alexandre portoient comme lui la teste à costé, ID. IV, 32. Il invita à disner les principaux parens de sa femme, sans toutefois appeler ceux du costé de lui, desper. Contes, vi. Theseus du costé de sa mère estoit issu de Pelops, amyot, Thésée, 3. Il se tenoit tousjours assis, ayant deux de ses serviteuis à ses ccstez, id. l'éric. 52. Ainsi l'assault estant donné de tous costez, et tout en un mesme temps, les gens d'Icetes furent incontinent rompus, ID. Timol. 3t.

— ÉTYM. Bourguig. coûtai; saintong. et Berry, coûté; provenç. costal; espagn. costado ; ital. costato; du bas-latin costalum, de costa, côte. On a dit aussi costei qui vient de costalis, et qui a donné coteau (voy. ce mot).

COTEAU ( ko - tô ) , s. m. Il 1° Penchant d'une colline; petite colline. Coteau planté de vignes. Les coteaux qui bordent la Saône. .l'ai des argus aux coteaux d'alentour Qui feront leur devoir d'y veiller nuit et jour, rotr. Aniig. iv, t. Si, par exemple, une grande plaine a une pente vers un coteau et s'y termine, toutes les eaux que la plaine recevra du ciel seront déterminées à couler vers ce coteau, qui les rassemblera encore , et elles se trouveront en abondance au pied, fonten. Couplet Ô coteaux du

Taygète, Par les vierges de Sparte en cadence foulés, Oh! qui me portera dans vos bois reculés! de- LiLLE, Géorg. 11. Et, comblant les vallons et rasant les coteaux. D'un sol heureux formait d'insipides plateaux, id. Jardins, i. Et le coteau renvoie Bien avant dans la nuit les éclats de leur joie, iD. Imagin. VII. En Champagne, en Bourgogne, Les coteaux sont grêlés, bérang. On i'm.... || 2''0rdre des coteaux, nom badin qu'on a donné, dans le xvii" siècle.

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aux gens d'un goût hn et délicat, qui non-seulement savaient distinguer les meilleurs vins, et de quel coteau ou de quel vignoble ils venaient, mais qui avaient la même délicate.sse de goût pour tout ce qui sert à la bonne chère. Un profès de l'ordre des coteaux, ou, simplement, un coteaux, était un gourmand du premier ordre, en faisant outrer dans cette idée tout ce qui fait les délices de la table. Le dtner de M. de Valavoir effaça entièrement le nôtre par l'extrême délicatesse qui a surpassé celle de tous les coteaux, sÊv. \'U. Qu'ils se contentent d'être gourmets ou coteaux, la bruy. ix. Surtout certain hâbleur à la gueule affamée. Qui vint à ce festin, conduit par la fumée. Et qui s'est dit profès dans l'ordre des coteaux, A fait eu bien mangeant l'éloge des morceaux, boil. Sat. m. \\ Saint-Evremont dînant chez M. de Lavardin, évêque du Mans, cet évêque se prit à le railler sur sa délicatesse. « Ces messieurs, dit-il en parlant de lui, du comte d'Olonne et du marquis de Bois-Dauphin, outrent tout à force de vouloir raffiner sur tout.... Pour le vin, ils n'en sauraient boire s'il ne vient d'un des trois coteaux d'Aï, d'Haut-Villiers et d'Avenay. » Saint- Évremont ne manqua pas de faire part à ses amis de cette critique; et ils répétèrent si souvent ce que le prélat avait dit des coteaux, qu'on les appela les (rois coteaux; et bientôt on imagina l'ordre des coteaux.

— REM. L'orthographe devraitêtre c(5(cau, puisque l'ancienne forme est coileoM; mais l'usage a effacé l'accent dans l'écriture, après l'avoir effacé dans la prononciation. Il faudrait au.ssi supprimer l'e (cotau) comme le montre l'étymologie.

— HIST. XVI" s. Le soleil ayant tiré et enlevé les vapeurs du brouillas jusques à la cyme des cousteaux, amyot, Timol. 30.

— ÉTYM. Provenç. costoi; bas-latin, costale, coteau, dans un texte du xiv" siècle, de costa, côte.

t CÔTELÉ, ÉE (kô-te-lé, lée) , adj. Terme didaclique. Qui est couvert de côtes. || Se dit d'une coquille couverte de saillies longitudinales.

— HIST. xiv's. Prenez des aguilles qui sont faictes pour entei les pennes d'oyseaulx, et sont pointues aux deux bouz et costelées comme une aguille à peletier, Modus, f"xciv, verso.

— ËTYM. Côte.

CÔTELETTE (kô-te-lè-f), s. f. Côte de mouton, de veau, de porc frais. Une côtelette au naturel, une côtelette grillée sans autre apprêt. Une côtelette de veau en papillote. Nous venions de temps en temps dans la belle saison, ma femme et moi, manger le soir une côtelette, bern. de st-p. Arcad. Il Côtelettes de mouton, les côtes prenant de la fin du filet jus((u'à l'épaule. Côtelettes découvertes, celles qui sont sous l'épaule. || Côtelettes de filet de veau, celles qui prennent un peu avant le bout du rognon avoisinant le ventre et qui se prolongent jusqu'aux côtelettes proprement dites.

— HIST. XIV" s. Seconde assiette : civé de lièvres et les costellettes, pois coulés, saleures et grosse char, Sénagier,u, 4. Costellettes de fresche saleure, rosties sur le gril, ib. n, B.

— P.TYM. Diminutif de cd/e.

t COTELINE (ko-te-li-n'), s. f. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de fil et de coton.

t COTEPAI.IS (ko-te-pa-li), s. m. Terme de commerce. Étoffe légère, de soie et de poil de chèvre, qui était fort à la mode il y a une trentaine d'années.

COTER (ko- té), V. a, \\ l'Indiquer la cote du prix d'une marchandise, du taux d'une valeur. Coter le cours des effets publics, le prix des sucres. || 2° Noter. Coter à la marge le numéro d'un article. Si vous aviez coté les endroits, vous m'auriez soulagé de quelques petits soins, BOSS. Lett. abb. 139. Je prétends en coter seulement les endroits [de l'affaire de la bulle Unigenitus] qui m'ont passé par les mains, st-sim. 3(8, 4 55. || 3° Classer au moyen d'une cote alphabétique ou numérique. Coter les pièces d'un procès. || 4° Terme d'architecture. Ecrire sur un plan, sur une coupe, ou sur une élévation géométrale, les mesures de chaque partie. || Terme d'arpenteur. Noter les niveaux.

— HIST. XV" s. S'il estoit en ma puissance vous pouvoir cotter ou le mois ou la semaine ou le jour de mon retour, je vous le cotterois. L'amant ressuscité, p. 47, dans lacurne. || xvi*s. On cottoit [attribuait] la perte du courage qu'on avoit veu à Monsieur, à la naissance de telles enormitez, d'aub. Jlist. u,

— ÉTYM. Cote ; provenç. quotar; ital. quotare.

t COTEKEAU (ko-te-rô), s. m. Nom donné aux mercenaires du xiii" siècle, dits aussi routiers, qui,

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à diverses reprises, ont désolé la France par leur» brigandages.

— HIST. XIV" S. En celle année furent occis en la contrée de Bourges en Bery sept mMle hommes st plus, appelés costereaux, que aucuns gei.s appellent brigans; tels gens comme costereaux, brigans, gens de compagnie, pillars, robeurs, larrons , c'est tout un, DU CANGB, coterelli.

— ÉTYM. Cotarelli dans un texte de 4tl9, coterelli, mot dont l'origine est incertaine; on a indiqué coterel, sorte d'arme, dont la dérivation de culter , couteau, par un diminutif coifcreWus est fort douteuse; et cota, hutte (voy. cottage), d'où colerellut paysan , coterelli, gens de campagne rassemblés pour le brigandage ; ce qui est plus probable (voy. cotehie).

t COTERET (ko-te-rè), s. m. Nom des deux principales pièces du métier à tapisserie de haute lisse.

— ÉTYM. Voy. cotret.

COTERIE (ko-te-rie), s. /■. || 1° Mot ancien, qui signifiait un certain nombre de paysans, unis ensemble pour tenir les terres d'un seigneur, j; 2" Aujourd'hui , compagnie de [)ersonnes qui vivent entre elles familièrement, ou qui cabalent dans un intérêt commun. Cela l'avait rendu si cher dans toutes leurs coteries, que.... hamilt. Gramm. iO. Deux années ne passent point sur une même coterie; il y a toujours, dès la première année, des semences de division, pour rompre dans celle qui doit suivre, LA BUUY. vit. On n'a qu'à s'informer de leurs sociétés, de leurs coteries, j. j. bouss. llél.ii, i*. Ce qui m'empêchait de vous écrire, c'étaient les coteries [clubs] auxquelles je me trouve livré aujourd'hui, p. L. COUR. Lett. I, to. Qui diantre me poussait à vouloir être de l'Académie, moi qui m'étais moqué quarante ans des coteries littéraires? id. i, 121. Voltaire et sa coterie Sont à l'index en Barbarie, BÉRANG. Ste ail. Là,. chaque coterie a ses arrangements; Chacun y fait emplette et d'amis et d'amants, DELILLE, Trois règnes, m.

— HIST. XIV" s. Trente six mencaudées de terre tenues en coterie du seigneur de Falesque, du cange, coteria. \\ xv" s. Comme Kobin de Chaumont escuier tenist eu fief et coterie certaines terres de Jehan de Gouy.... ID. ib. Tenir en cotterie par l'usage de coustume localle, si est tenir toutes terres en possession de main ferme, c'est à dire qui n'est tenu eu fief que rurallement, on appelle entre les coustumiers terre vilaine, et ne doit hommage, service, ost ne chevauchée, fors la rente au seigneur aux ternies accoustumez et à la mort double rente en plusieurs lieux, eouteiller, Somme rural, titre 84. Hx-'i^s. En vilainie, cotterie [biens tenus à cens cottier ou sur cens] ou roture, n'y a bail [il n'y a pas de gardien ou baillislre des héritages], loysel, 4«o, b47.

— ÉTYM. Bas-latin, coteria, société de villageois réunis pour tenir d'un seigneur quelque héritage, de cota, cabane (voy. cottage). Diez, à tort, le tire de cote , quote-part.

t CÔTE-RÔTIE (k6-te-r6-tie),ï.m. Vin fort estimé du Rhône. Du vieux côte-rôtie; vin est sous-entendu : du vieux (vin de) côte-rôtie.

— ÉTYM. Nom d'une localité ainsi dite, parce que c'est une côte rôtie par le soleil.

t COTEVET (ko-te-vè), s. m. Un des noms de la corbine.

COTHURNE (ko-tur-n'), s. m. || f Chaussure élevée des anciens, qui montait jusqu'au milieu de la jambe, et qui était employée particulièrement au tliéi\tre dans la représentation des tragédies. Ils se tiennent sur des cothurnes; c'est une chaussure haute, quelquefois de quatre ou cinq pouces; des gantelets prolongent leurs bras ; la poitrine , les flancs, toutes les parties du corps s'épaississent à proportion, BARTiiÉL. Anach. ch.7o. || 2° Kig. Le genre tragique. On ne doit élever sur le cothurne que des personnages pris dans les hauts rangs de la société, CHATEAUB. Génie, II, II. 8. On dirait que je suis le savetier qui raccommode toujours les vieux cothurnes de Crébillon, volt. Letl. d'Argental, 4 7 sept. 4 763. Je me suis fait faire une paire de sabots; mais, si vous faites jouer Oreste, je les troquerai contre deux cothurnes, sous l'ombrage de vos ailes, m. ib. 49 mars 4764. || Chausser le cothurne, composer des tragédies; enfler son style. Mais quoi! je chausse ici le cothurne tragique, boil. Sat. x. Je ne vois autre chose depuis la mort du roi que des gens qui, par des noms de personnages de ce temps-là, dont ils sont ou dont ils ..<;o font, chaussent le cothurne et éblouissent les sots, st-sim. 264,. 40. A la mention de ce mariage, elle [la duchesse d'Orléans] se douta pour la première fois que Mme de Castries fût sa cousine germaine, et tout aussitôt chaussa le cothurnesurl'ir.digne allianccdc3Nol«nt,iD. 434,30.

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Il faut prendre un style qui est le cothurne pour moi, sÈv. 504.

— ÉTYM. Lat. cnthurnus, de yô9opvoç, cothurne. f COTHCRNÉ, ÉE (ko-tur-né, née), adj. Terme

d'antiquité. Oui est chaussé du cothurne. Melpomène est représentée cothurnée.

COTI.IE (ko- ti, lie), part, passédecotir. Fruitcoti.

■f COTICE (ko-ti-s') , s. f. Terme de blason. Nom de bandes qui en côtoient d'autres, et qui prennent ce nom, lorsqu'elles passent le nombre de huit.

— HiST. XV" s. Le conte de Saiiserre a une bande d'argent h deux coti.sses d'or potencées, Jehan de Saintré, 68. || xvi" s. La cottice est plus cstroite que la bande, la colombière, Théâtre d'honn. 1. 1, p. 143,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Bas-Iat. coticium, tunique, de cota (voy. cotte).

t COTICÊ, ÉE (ko-ti-sé, sée), adj. Terme de blason. Garni de cotices.

— ÈTYM. Cotice.

t COTIER (ko-tié) , adj. Terme d'ancienne coutume. Qui a rapport à an héritage censuel et non noble. Juges cotiers, hommes cotiers, juges, hommes appelés à juger les causes qui étaient soumises à la justice de leur seigneur. || S. m. Homme tenant d'un seigneur en roture.

— HIST. XVI* s. Quand un fief ou héritage cottier est tenu de plusieurs conseigneurs, Coustum. génér. t. 1, p. B92. Un tenancier cottier ne peut sans le consentement de son seigneur féodal bailler l'héritage qu'il tient cottierement à cens ou surcens, i5. p. 693.

— ÉTYM. Voy. COTERIE.

COTIKR, 1ÈRE (kô-tié, tiè-r') , adj. || 1° Qui a rapport aux côtes, qui habite les côtes. Douane côtière. Population côtière. ÎSavigation côtière, le cabotage. Chargements cotiers, chargements qui se transportent par le cabotage. (| Pilotes cotiers, pilotes qui connaissent parfaitement les côtes, les rades, les ports, les rivières, et qui entendent la manière d'y gouverner les vaisseaux. Le pilote côtier nous quitta après nous avoir mis hors des pa.sses. Il s'emploie aussi substantivement dans ce sens : un côtier. Il 2° Terme de géographie. Fleuve côtier, fleuve qui longe un bassin. L'Orne est un fleuve côtier du bassin de la Seine.

— HiST. xvi's. Au quel poinct se rendra l'arbre, quand par le temperement des branches costieres [placées de côté], aura esté retenu de verser hors, résistant aux vents, o. de serres, 639. [Dans une dispute] L'un va en orient, l'aultre en occident.... au bout d'une heure de tempeste, ils ne sçavent ce qu'ils cherchent; l'un est bas, l'autre hault, l'autre costier [à côté], mont, iv, 40.

— ÉTYM. Côte.

CÔTIÈRE (ko-tiê-r'). s. f. |l l-Suite de côtes de mer. Il croise sur cette côtière. Peu usité. || 2»Planche de jardinage qui va un peu en talus et qui est exposée au midi. On dit plus ordinairement ados. || 3° Terme de construction. Bloc de pierre placé de chaque côté d'un four de forge. || Les côtières, pilastres servant de revêtement aux côtés d'une cheminée dont le corps ou tuyau est en saillie sur le mur d'une pièce. || 4° Chacune des deux parties d'un moule à couler les tuyaux de plomb.

— HIST. ïn's. Bretaigne [ils] unt tut avironnée, Les mers s'en vont lès les costeres, benoît, Chron. I, (284. Il XIII' s. Les espondes furent d'ivorie [prononcez ifotre] , Et les costieres ensement, Partonop. V. 10304. Et Û rois s'estoit trais devers la costiere del mont, pour cou que li solaus leur feroit emi le vis, Chr. de Rains, H9. Parmi la costiere d'un val Est entrez dedenz le vergier, Ren. (9262. || xiV s. Et Bertran du Guesclin estoit sus la costiere, Guescl. 1420. Il XV* s. Et encore fit-il une bataille sur costiere toute pure d'archers [uniquement composée d'archers] pour reconforter, si mestier estoit, les plus lassés, FROiss.i, i, 120. Finirons nous de guerroiera Tout est destruit en plaine et en costiere, e. desch. Poésies mss. f 228, dans lacurne. Et si prochain se mit du prestre, qu'il le pouvoit, en célébrant, de costiere [de côté] apercevoir, touis xi,

NOUV. LXIIV.

— ÉTYM. Côtier.

COTIGNAC (ko-ti-gna ; le c ne se prononce jamais , pas même quand suit un mot commençant par une voyelle) , s. m. Confiture de coings. Cotignac d'Orléans. Il CotignacdeBacchus, s'est dit pour fromage. 0 doux Cotignac de Bacchus, Fromage, que tu vaux d'écusl st-amand, dans hichelet.

— HlST. XIV* s. Pour faire coudoignac, prenez des coings.... Ménagier, ii, 6. |i xvi's. Parachevans leurrepasi par quelque confection de cotoniat, hab. Garg. i, s». S'il toussoyt, c'estoient bovtes de cou-

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dignac, id. Pant. iv, 32. Le cotignat pris devant le past astraint le ventre, paré, viii, 14.

— ÉTYM Coing, par l'intermédiaire d'une forme eotoneatum, de cotoneum, qui appartient au coing, au coignassier. Cotignat est la forme régulière, et cotignac en est une altération; ital. cotognato.

t COTIGNELLE (ko-ti-gnè-1') , s. f. Infusion spiritueuse de coings.

— ÉTYM. Voy. cotignac.

COTILLON (ko-ti-Uon, Il mouillées, et non ko-tiyon), s. m. Il 1° Cotte ou jupe de dessous. Cotillon de serge. Cette fille Qui frétille N'a pourtant qu'un cotillon, BÉRANG. FiétiU. Il Fig. et familièrement. Aimer le cotillon, être adonné aux grisettes, aimer les femmes. || Général du cotillon, s'est dit, dans le xvm* siècle, par plaisanterie, des généraux faits par l'influence de la maltresse du roi. || 2° Jupon des paysannes. Et voilà pour t'avoir, Georgette, un cotillon, mol. École des f. iv, 4. Légère etcourt-vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile. Cotillon simple et souliers plats, la font. Fabl. VII, lO. Certaine nièce assez proprette Et sa chambrière Pâquette Devaient avoir des cotillons, ID. Fabl. VII, H. Il 3° Sorte de branle, où la danse est fréquemment interrompue par de petites actions partielles et ridicules, comme de ramasser un chapeau par terre avec les dents sans y mettre les mains, d'allumer un papier attaché au dos de quelqu'un qui remue sans cesse pour qu'on ne l'allume pas, etc. Le cotillon ne se danse qu'à la fin des bals. Danser un cotillon. Le cotillon se danse à autant de personnes que l'on veut. |i Air pour cette danse. || Autrefois, danse à quatre ou huit personnes, chacun faisant son personnage à son tour; et, aussi, nom de la contre-'danse anglaise ou country-dance (voy. contre -DANSE 2). Je veux que nous dansions ensemble le rigaudon, la chasse, les cotillons, la jalousie et toutes les autres danses nouvelles, re- GNARD, Critique du lég. se. 8. || 4° Au jeu de la guinguette. Remuer le cotillon , mêler le talon , et y prendre une carte en échange de celle qu'on a écartée.

— REM. Comme on écrit cotte, il faudrait, pour être conséquent, écrire cottillon.

— HIST. XVI* s. Avecques sa cotte laisser sa honte, et la reprendre avecques son cottillon, mont, i, 98.

— ÉTYM. Diminutif de cotle. L'ancien français avait un autre diminutif, c'est cotele.

f COTIN (ko-tin), s. m. Un des noms vulgaires du fustet.

t COTINGA (ko-tin-ga) , s. m. Terme d'ornithologie. Genre de l'ordre des passereaux dentirostres, comprenant des oiseaux à plumage paré de couleurs brillantes et vivant dans les contrées chaudes de l'Amérique.

fCOTIQUE BLANC (ko-ti-ke-blan), s. m. Nom vulgaire d'une coquille univalve {cyprée anneau).

COTIR (ko-tir), v. a. Meurtrir, en parlant des fruits. La grêle a coti ces poires. Coti est un terme populaire et assez barbare qu'on dit en fait de fruits qui, étant tombés sur quelque chose de dur, se sont meurtris ou froissés en dedans sans être écorchés ou entamés en dehors, la quintinve, dans

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