‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 62 sur 504 · ACH · texte numérisé non relu

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son triumphe fut acheminée, luy mesme monta dessus son chariot triumphal, id. Marc. 10. Lucullus ne laissa point d'acheminer et haster son armée le I)lus tost qu'il lui fut possible, id. Lucull. 44. Ces choses ainsi faittes, Lucullus s'achemina devers la cité de Tigranocerta, lu. ib. 48.

— ÉTYM. À et cheminer; picard, aft^miner.

ACHfiRON (a-ché-ron), s. m. Terme de mythologie. Fleuve des enfers. Les poètes le prennent pour l'enfer ou pour la mort. Un mal qui répand la terreur.... La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom. Capable d'enrichir en un jour l'Achéron là font. Fabl. vn, i.

— ÉTYM. 'A^Eptov.

ACHETfi, Ék (a-che-té,tée),p. passé. \\ i° Acquis à prix d'argent. Des noirs achetés à la côte d'Afrique. Je gouverne l'empire où je fus acheté, RAC. Eslb. II, 1.||2° Gagné par corruption. Applaudissements achetés. Un témoin acheté. Retourner à l'armée I Ah 1 sachez que la reine La sème d'assassins achetés par sa haine, corn. Nie. i, 1. 1| 3° Obtenu avec peine. Récompense achetée au prix d'un grand travail. L'honneur d'un si beau choix serait trop acheté.... corn. Jïor. Il, 8. Ce reste malheureux [de vie] serait trop acheté. S'il faut le conserver par une lâcheté, RAC. Baj. 11, 3. Au prix du déshonneur quelques heures de plus Lui sembleraient trop achetées, A. CHÉN. 200. [Pierre le Grand] remportant avec lui la science de la construction des vaisseaux, acquise en moins de deux ans, parce qu'il l'avait acquise par lui-même, et achetée courageusement par une espèce d'abdication de la dignité royale, fonten. Czar Pierre. Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui se rend facile devient suspecte, la bru y. ii.

ACHETER (a-che-té; ne prononcez pas a-je-té, ni, comme Vaugelas le défend aussi, a-jé-ter. La syllabe c/ie est muette quand la syllabe qui suit est sonnante, et prendt'accent grave quand cette syllabe quv suit est muette ; gardez-vous donc bien de prononcer, comme font quelques personnes, ach'trai pour a-chè-te-rai, et ainsi de suite), v. a. \\ 1° Acquérir une chose à prix d'argent. Acheter une maison. Les gens qui font la traite achètent des noirs sur la côte d'Afrique. Des étrangers achetèrent de quelques pêcheurs ce qu'ils allaient tirer du coup de filet qu'ils venaient de jeter dans la mer, fén. Philosophes, Thaïes. Comme une pierre précieuse qu'on n'achète qu'en se défaisant de tout le reste et le vendant, bourd. Pensées, t. i,p. ou. Une femme de qui il achetait des herbes au marché, la bruy. Disc, sur Tliéoph. M'habiller de bonnes étoffes et me nourrir de viandes saines, et les acheter peu, id. lo. Les huit ou dix mille hommes sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire; s'il fait qu'il lui en coûte moins.... id. 10. Il Absolument. La manie d'acheter. || 2" Acheter un homme, lui donner une somme pour qu'il serve en place d'un autre à l'armée. || 3° Acheter des soldats, donner à un gouvernement étranger de l'argent pour qu'il fournisse des soldats. Dans la guerre d'Amérique, l'Anglelerre acheta plusieurs régiments dans les petits Etats de l'Allemagne. Il 4° Procurera prix d'argent une chose qui n'est pas vénale, corrompre à prix d'argent. Acheter ses juges. Il acheta par des largesses l'attachement des soldats. Et des mêmes présents qu'il verse dans mes mains, J'achète contre lui les esprits des Romains, CORN. Cinna, i, 2. Je gage, s'il naît un Voltaire, Qu'on emprunte pour l'acheter, bér. PoUe de Cour. Il 5° Fig. Obtenir avec peine et difficulté. Acheter la bienveillance par des flatteries. Il acheta la victoire au prix du sang de ses meilleurs soldats Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire , CORN. Cinna, v, 1. Ce que de tout mon sang je voudrais acheter, m. Poi. iv, 3. N'achetez point si cher une gloire inutile, rac. Alex, v, 3. J'entrevois vos mépris, et juge, à vos discours. Combien j'achèterais vos superbes secours, id. Iph.iv, e. Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, id. Ift(/ir. v, 5. Il a par trop de sang acheté leur colère, ID. Andr. i, 1. Vous achetiez sa mort avec mon hyniénée, VOLT. Mér. iv, 2. Que les jours de mon fils n'achètent point ses jours, id. Orphel. u, ». Il achetait par ses propres périls sa réputation, fléch. Mar.-Th. Les plaisirs qui se font acheter par de» remords, mass. Prod. Chactas avait acheté la vertu par l'infortune, chateaub. Atala, 207. Si les hommes ne sont point capables d'une joie plus sensible que de connaître qu'ils sontaimés, et si les rois sont hommes, peuvent-ils jamais trop acheter le coeur do Iciu-s peuples? la bruï. io. Fallùt-i) donc l'ache-

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quii nco : d dùjignnni vers qui l'on est

•lit, k ijui l'on »"c$t aiIrcssA, cl de désignant do qui on lient la choie acheléo. Mais l'usaRu confonJ tout k fait CM dcm cm|>lois. Et en fiïct, soit qu'on achète d, »oil qu'on ach'lo de, il faut loujour* allnr & celui qui vend.

— HEM. Je me suis acheté un manchon, c'est-àdire j'ai acheté un manchon pour moi, est une locution qui peut sa dire, puisqu'il n'y a aucune amphlliologie. Maisdéji l'aïuihibologio commciico « l'on met : On m'a acheté un manchon .qui peut siKniflcr : on a acheté pour mol , ou de moi , un manchon. On [wul voir au n* & que Corneille s'en est servi ; mais elle mérite beaucoup d'attention , pour qu'il n'y ait l>«s d'équivoque. Le danger do l'amphibologie augmente aaMunaphrase comme celle-ci qu'on entend tout lei jours et qui est en elTet dans le dictionnaire de l'Académie : J'ai acheté une montre à mon (ils, avec le sens de pour mon fiU; mais qui peut aussi signifier : J'ai acheté de mon fils une montre, il m'a vendu une monire. On prendra dor.c bien girde, en s'en servant, à l'air.philJologic; et, en tout cas, on remarquera qu'ici l'emploi de il au lieu de pour est du parler vulgaire et néglige.

— IIIST. XI* s. E il ait tcsiimoinos que il l'achalad al marchicd le rci , L de Ciiill. as. || xii's. Ucspundili rels : n'icrt p.is issi [.:o ne sera pas ainsi] ; nnis jo l'achaterai à lei. Hoir. 21». Oui 1' pourra prendra mou'.l m'aura acliaté (m'aura rendu un grand service], Honcitv. p. 1*3. Si en (par largesse) puct l'on acheter L'amour au roi 'le Paradis (do

Dieu], LK COMTE DE IIRET. /inlIiailC. p. IBS. (| XIII' S.

Jà n'i verre/, joiel, Uintsoit do clioro vente, Uuejo no vouj achalc, Acrte, m. I.a pauur que (elle] a Pile, [vous] cQssipz acliolûi; |p.T)l:o clior], i7). H&. Voirs oal se jo demande aucun héritage, por ce que je di quojo l'acctai, et li defcndercs .Tiet r»sons encontre.... BKAi;»i. VII, 7. Knçoii [plutôt] voulons soiïrir martiro Et travail por nos amender Et por Damo Ucu achatcr, Urn. (S24B. (j xv* s. Si achaptercnt lechastcau des Anglois ceux de Uayonno quatre mille francs, FAOïss. ii,ii, an. || xvi" s. 11 en achaple force mestayryes, force granges.... rab. l'ani. iv, Nouv. Prnl. î.es Achccns les retirèrent et achepterent tous H cinquante escuspar teste, amtot, Flam. 28.

— ÈTYM. Picard et norm. ar.aler; bourguig. echelai; provenç. acaplar, prendre à redevance; anc. psjogn. aeaplar; anc. portug. achalar; kis-lat. actaftiiare. Dicz lo lire de ad-caj<tare; mais la forme accapitare ne le permet pas. Le mot vient do ad, k, ricapul, tête (voy. capital), et signifie prendre pour chef, prendre à bail, Jt redevance, acheter. C'est ainsi que capital est devenu clirp- Ul, qui si(rni6o toute espace d'avoir, en ancien fianç-ii» ' ■ ■

^ K(a-che-leur, teû-r),«. m.ct/'.

.|1* I •' •" • ' • L'empire trouva un acheteur,

BOM. //lit. I, 10. Son livre, aimé du ciel et cliôri de» lecteurs. Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs, noiL. A. P. I. Il y Celui ou collo qui a la manie d'acheter. C'est un grand acheteur, c'est une grande acheteuse.

— niST. XIII' » P<> il vent rel uMge kgrengneur personne, est! r ' fête h l'acetour, selon o ce que li ï uzer.iiKAi:»!. xxiv, «•. L'a»Oir,le (.(,. 4 i; ..■:iri;.-rns,SI.; • •

«ehtliems, la Rou, «nsii. || xv s. i .

prises Ml CANQi, a««j«um. Ilxvi's. Kt , »,.,,.

Wl II lui inesiM kpart aux acliepteurs qui toelloicnt kj'enchere, aktot, C. d'I/i. «s.

— tTTJt. A<hHfr.

t ACIIEVAGK (,.rh^», ji, ,. m. Dcmiére façon qvon donne k '.^g,

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de «iierte. M» .! sur un

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esprits qui entreprennent sont communs; leseiprits

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