‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 237 sur 388 · MONT · texte numérisé non relu

MONT

— f.TVM. Fondement.

FONDASIENTALEïIFjrr (fon-da-man-ta-le-man) ,

adv. Il 1* Sur de bons fondements, sur de bons principes. Une maxime fondamentalement établie. Il 2° Au fond, esscnlicUemcnt, L'établissement du prix des choses dépend fondamentaleuicnl de la raison du total des choses au total des joignes, MONTESQ, Esp. «Il, 7, Il 3* Totalement , complètement. Provoquer une réforme qui modifie fondamentalement le système religieux, cournot, Ve l'enchainement, etc. t. u, p. (43.

— HIST, XV* s. En son dernier an mit à ruine l'orgueilleuse Dinant ; la print en sept jours ; fut arse, et fondamenlablemcnt mise à néant, o. chastel. Eloge du bon duc Phili/ipe.

— ETVM. Fondamentale, et le suffixe ment, FONDANT, ANTE (Ion-dan, dan-t'), ad;. || l°Oui

a beaucoup d'eau, qui se fond dans la bouche, t ne poire fondante. Des fruits fondants et sucrés. |1 Bonbons fondants, ou, substantivement, fondants, bonbons (|ui contiennent à l'intérieur une liqueur ou une p5te sucrée et parfumée. || Par analogie , il se dit d'aliments fort tendres. Une cuisse de chapon bouilli ruisselant de graisse et fondant, mabmontel, Uém. VI, Il 2" Qui est tout mouillé, ruisselant. Une jeune fille toute fondante en larmes, U plus belle et la plus touchante qu'on puisse voir, mol, Scap. 1, 2, Il 3' Terme de médecine. Médicament fondant, médicament interne ou externe auquel on attribue la propriété de résoudre les engorgements. Il S. m. User de fondants. Comment vos fondants réussissent-ils? adieu ; il n'y a de remède pour moi que celui de la patience, volt, Lett. Damilaville, (0 oct. (767, Il Fondant de Rotrou, mélange de sulfate et d'antimoniale de pola,sse qu'on employait jadis en médecine, || 4° S. m. Terme de chimie. Fondant ou flux, substance qui, fondant facilement, facilite la fusion de certains corps infusibles par eux-mêmes. U s'agit, pour fondre le plus avantageusement qu'il est possible, de trouver d'abord quel est le fondant qui convient à la mine, et ensuite dans quelle proportion il faut lui donner ce fondant pour qu'elle se convertisse entièrement en fonte de fer et qu'elle ne brûle pas avant d'entrer en fu'^ion, boff. Ilist. min. t, viii, p, 8«, dans POUGENS. Il Fondant, ou rocaille, ou ro juetle, noms donnés à l'émail quand il est incolore et sans mélange; il est composé de sable siliceux, d'oxyde de plomb , do soude et de potasse,

— KTYM. Fondre.

FOMUTEUR, TltlCE ( fon-da-teur, tri-»'), f, m. et f. Il 1° Celui, celle qui a fondé une institution, un gouvernement, une religion . une doctrine, elc, Louis XIII est le fondateur de l'Académie française. Le grand empire dont il [Cyrus] a été le fondateur, ROSS. Hit». 1, 7. Les fondateurs de cette liberté (de la Suis.se] se nomment Melchthal, Stauffacher et Walter Furst; la difficulté de prononcer des noms si respectables nuit à leur célébrité; ces trois paysans, hommes de sens et de résolution, furent les premiers conjurés, volt, ilnn. Emp. Albert I". Madame, un héros destructeur. S'il est grand, n'est qu'un grand coupable ; J'aime bien mieux un fondateur, L'un est un dieu, l'autre est un ilial.le, m. Stances, 2(. Il (laralt qu'il résulte de tout ce que j'ai rapporté que Pierre fut plus roi que père, qu'il sacrifia son propre fils aux intérêts d'un fondateur et

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d'un législateur, et à ceux de sa nation, qui retombait dans l'état dont il l'avait tirée sans cette sévérité malheureuse [la condamnation de son fils] , volt. Russie, II, lu. Personne n'eut autant de célébrité et d'autorité chez les Scythes que le Gète Zamolxis; il fut le fondaleur de "la philosophie parmi eux, DIDER. Opin. des anc. phil. [Scythes). Son frère murnrurant Se fâche et d'un seul coup détruit ce long ouvrage [un château de cartes]; Et voilà lo cadet pleurant. « Mon fils, répond alors le père, Le fondaleur c'est votre frère, Et vous êtes le conquérant, » FLORUN, Fabl. u, 12. Il Fig. Cette analogie dont vous vous moquez, est la fondatrice des règles do la grammaire, dider. Lett. à Galiani. i|2" Plus parliculièrement. Celui, celle qui a fondé quelque mai:ion religieuse ou quelque hôpital et lui a donné un revenu fixe pour subsister. C'est aux fondateurs à donner le nom à leurs fondations, lemm- TRE, Plaid. (I, dans ricuelet. Vous, noble fondateur de pieux édifices, lëmerc. Frédég. et Br. u , 2. Il II se dit aussi de ceux qui fondent des lits dans un hApitid, des me'Jses dans une église, des prix dans une académie, etc. || Fig. Ce n'est pas là l'intention du fondateur, se dit en parlant des choses qui se font contre l'intention de ceux qui en ont la direction, la disposition. || Adj. Membres fondateurs. Dames fondatrices.

— IIIST. xm* s. Lekele [laquelle] capelenie devant dite je nome corne fonderesse, du cange, fundare. Et li voidrent secors donner , Quant il dut les murs maronner De Thebes, dont il fut fondierres, la Rose, 19945. jj xiv* s. Devez enrichissierres et fonderes d'abaies [le roi Dagobert] , du CANGE, fundare. ||xvi* s. La déesse fondatrice de la ville d'Athènes choisit, à la situer, une température de pais qui feist les hommes prudents, mont, u, 337.

— ÊTYM. Provenç. fundator, fondador; espagn. et portug. fundador; ital. fondainre ; du latin fundatorem, de fundare, fonder. Dans l'ancien français, ^ondtcre au nominatif, de fundâlor ; et fortdeor au régime, de fundatôrem.

FO.NDATION (fon-da-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action d'asseoir les fondements d'un bâtiment. Commencer la fondation d'un bâtiment. Il î" Par abus. Les fondements mêmes; en ce sens, il se dit souvent au pluriel. Les fondations ne mnl pas bonnes. La fondation n'est pas achevée. Ce bâtiment a trois mètres de fondation. || 11 se dit aussi du fossé, de la tranchée que l'on fait poury placer les fondements. Creuser la fondation. La fouille des fondations. || 3° Kig. Action de créer quelque établissement. La fondation d'une colonie, la fondation d'un hôpital. La fondation d'une société savante. Je place, avec Caton, la fondation de Rome à la fin de la première année de la vu* olympiade, qui est l'an du monde 3253 et avant Jésus- Christ 751 , ROLi.iN, rroit^ des Et. iv, i. Depuis la fondation de la monarchie , celte guerre est la seule dans laquelle la France ait été simplement

auxiliaire, volt. Louis XV, )9 la fondation

d'un prix sur une question de chimie immédiatement applicable à la pratique des arts ; car il voulait élre utile encore aux scinnces et au public après sa mort, CONDORCET. Montigni. || U se dit, surtout au pluriel, de l'établissement même. Il [Pierre I"] prévoyait ce qui arriverait à ses fondations et à sa nation si l'on suivait après lui ses vues, volt. Russie, II, 10. Je n'ai, Dieu merci, aucun intérêt dans mes fondations; j'ai tout fait par pure vanité ; on dit que Dieu a créé le monde pour sa gloire; il faut l'imiter autant qu'on peut, ID. Mme du, Deffant, •21 oct. 1770. Il 4" Fonds légué pour une œuvre pieuse, ou charitable, ou louable d'une façon quelconque. Parcourrdi-je les fondations qu'elle a faites en divers lieux'? fléch. Aiguillon. Il resta donc encore à la piété ie la troisième race assez de fondations à faire et de terres à donner, montesq. Esp. xxxi, 10. Il a fait une fondation en faveur des pauses étudiants qui passent à Bâie, et il l'a faite de son vivant, CONI.OBCET, Daniel Bernoulli.\\Se da très-souvent des prix d'académie.

— HIST. XIV* s. Comme toutes leurs chevances et fondations [revenu] soient sur les reveimes de leurs vignes etautres labourages, Ordonn. des rois, t. vu, p. 448. Il XV" s. Je le vous dirai pour mieux venir à la fondation de ma matière, froiss. ii, ii, 62. ||xvi's. Ofl'randns et fondations, amyot, Solon, i».

— F.TVM. Provenç. futidaeio, fondation; espagn. funihicinn ; ital. fondaiione ; du lat. fundationem, de fundare.

t I. FONDK (fon-d'), s. f. Terme de mer. Se dit par opposition à pleine mer.

— ETYM. Forme féminine de fond. L'ancienne

laiij,ue avait fonde : Rome qui deflst estre De nostre loi la fonde, ruteb. 233.

t 2. FONDE (fon-d"), t. f. Synonyme de fondic.

— llisr. xiu" s. Il boulèrent le feu en la fonde là où toutes les marchandises estnient et tout l'avoir de poiz, joiNV. dans du cange, funda.

— ETYM. Bas-lat. ^undo.

FONDE, ÉE (fon-dé, déc), part, passé ie tonder. Il 1" Dont on a fait le fondement. Un édifice fondé sur pilotis. Il Fig. Mon trône n'est fondé que sur des morts illustres, corn, lléracl. I, 1 . Il fallut encore que cette ville célèbre [Rome], pour devenir une cité sainte et nouvelle, fût fondée sur le sang de ses apôtres, comme elle le fut autrefois sur le sang mêmede ses deux premiers fondaleui-s, mass. Panég. Ste Agnès. Il Fig. Un édifice fondé sur le sable, édifice qui ne parait pas solide ni destiné à durer longtemps; et plus fig. un système spécieux, une doctrine mal sûre, dont la solidité est plus apparente que réelle. Il 2» Bâti, construit. Il n'y avait encore que cinq mois que Pétersbourg était fondée lorsqu'un vaisseau hollandais y vint trafiquer ; le patron reçut des gratifications, et les Hollandais apprirent bientôt le chemin de Pétersbourg, volt. Russ. i, lï. Te chasser du palais fondé par tes aïeux, c. delav. Vêpr. sicil. n, 6. || 3" Fig. Établi sur, qui repose sur. Il a évité de dire rien qui ne fût fondé sur la tradition, PASC. Prov. 3. Je défondrai mes droits fondés sur vos serments, bac. Iphig. iv, 6. Songezvous, pour trancher d'inutiles discours, Oue le bonheur d'Achille est fondé sur vos jours? in. ib. v, 2. Une amitié qui n'est fondée que sur la vertu, Ff.N. Tdl. VI. Leur magnificence fondée sur la ruine des peuples, id. t'ii. xviii. || Fondé en.... se dit à peu près avec le même sens. Notre religion.... la plus fondée en miracles, prophéties.... pasc. danscousiN. La théologie de Grotius est fondée en raison et en pratique, boss. Avert. e. || 4° Absolument. Oui est appuyé de raisons ou d'autorités. Cette nouvelle ne me parait pas fondée, sév. 575. Il méritait que ses reproches fussent mieux fondés, hamilt. Gramm. 8. Jugez si votre confiance est bien foni;<'i.', mass. Carême, K. légères. M. Vosmaër a fait uiii' «riiique assez mal fondée de ce que j'ai dit au sujet des fourmiliers, BUFF. Quadrup. t. ix, p. 144. || Être fondé à, avoir des raisons plausibles de. N'avais-jepas raison de vous exhorter à imiter la sagesse et l'équité .« ce célèbre magistrat'? je ne suis pas moins fondé à vous dire : imitez, comme lui, la bonté de Dieu, FLÉCH. Lamoign. Sera-t-on fondé à prétendre que Racine n'ait pas su caractériser les hommes? vauvEN. Racin. et Corn. Un bourgeois de Rome serait bien fondé à demander au pape des consuls, volt. moeurs, 85. ||B° Dette fondée, dette de l'iîtat inscrite à perpétuité sur le grand-livre. || 6° Substantivement. Un fondé de pouvoir, de procuraticm, celui qui est muni du pouvoir d'agir pour un autre, de la procuration d'un autre, {j Absolument. U ne se présente pas ; mais y a-t-il un fondé ?

FONDEMENT (fon-de-man) , s. m.\\l° Terme d'architecture. Maçonnerie qui sert de base aux murs d'un édifice; il s'emploie beaucoup au pluriel. Asseoir les fondements sur le roc, sur pilotis. Ni l'édifice n'est plus solide que le fondement, ni l'accident attaché à l'être, plus réel que l'être même, BOSs. Duch. d'Orl. Ils posèrent les fondements du second temple, id. Uist. i, 8. Renversa, détruisit jusqu'en leurs fondements Ces murs que du soleil ont bâtis les enfants, volt. Alx. ii, 4. || Jeter les fondements d'un édifice, les construire; locution tirée de ce qu'on jette en quelque sorte les matériaux dans la fosse qui doit les recevoir. U [François I*'] voulut bâtir le Louvre, mais à peine eut-il le temps d'en faire jeter les fondements, volt. lUœurs, 125. Ce fut dans ce terrain désert et marécageux [près de la Néva], qui ne communique à la terre que par un seul chemin, qu'il [Pierre I"] jeta les premiers fondements de Pétersbourg, au soixantième degré de latitude et au quarante-quatrième et demi de longitude, m. Russie, l, 13. Il 2° Au plur. Il se dit quelquefois de l'excavation pour asseoir les fondements. Creuser les Ibndcments d'une citadelle qu'on veut bâtir. || 3° Par extension. Les fondements d'une ville. Puissent tous ses voisins [de Rome] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés I corn. Hor. IV , 5. Il Les fondements d'une montagne, la terre ou les roches sur lesquelles elle repose. Il Abusivement. Les fondements de la terre, les parties profoniles que l'on croyait soutenir la terre. C'e.st au Seigneur qu'appartiennent les fondements de la terre, et c'est sur quoi il a posé le monde , SACI, Bible, Rois, i, ii, 8. Sur ses antiques fonde-

ments Venait-il ébranler la terre? bac. j M. i, *. Il 4" Fig. Le premier établissement d'uL empire, d'un royaume, d'une doctrine. Il pose les fondements do son Eglise, boss. Uist. n, ». Il jeta les fondements d'un grand empire, id. ti;. 7. C'est par là que les hommes apostoliques jetèrent les premiers fondements de la doctrine du salut, mass. C"rêtne. Avenir. || 5" Fig. Ce qui fait le fond, l'appui , la base, le principal soutien. La tragédie a son fond dément sur des guerres, coiiN. Ëx. de Hod. U prend pour fondement de ses livres la vérité de la présence réelle, PASc.Pror. 16. L'histoire du peuple de Dieu qui fait le fondement de la religion, boss. Uist. Dessein gén. Voilà comme ces hypocrites abusaient de l'Écriture sainte, et avec leur feinte douceur renversaient tous les fondements de l'Église et des États, ro. Var. xi,§ 94. Les arts.... qui servaient de fondement à la vie humaine, m. 7/iï(. i, t. Sur tant de fondements sa puissance établie Par vousmême aujourd'hui ne peut être affaiblie, rac. Brit. m, 3. Dieu protège Sion : elle a pour fondements Sa parole éternelle, m. Athal. m, 8. Vous renversez le fondement de votre salut éternel, mass. Carême, Pardon. Voilà ce que plusieurs historiens disent qu'on ne peut nier qu'en renversant tous les fondements de l'histoire; mais il est sûr qu'on ne peut le croire sans renverser les fondements de la raison, VOLT. Mœurs, 45. |{ 6" Fond , confiance. U n'y a point de fondement à faire sur son amitié. Elle [la vie] vous manquera comme un faux ami au milieu de vos entreprises ; et vous faites fondement sur elle comme si elle était bien sùie et fidèle à ceux ijui s'y fient, boss. I" sermon, Purificnlion, l. Il 7" Cause, raison, motif. La règle de l'unité de jour a son fondement sur ce mot d'Aristote, que la tragédie doit renfermer la durée de son action dans un tour de soleil, ou tâcher de ne le passer pas de beaucoup, corn. 3' dise. L'unique fondement de cette aversion, m. Rodog. ii, 3. Cela sert de fondement à l'offre, ID. Ex. d'Hdracl. Théodore commande et hait sans fondement, rotr. Bélis. ii, i. Oue notre 4me au sortir d'un roi Entre dans un ciron ou dans telle autre bête.... Sur un tel fondement le bramin crut bien faire De prier un sorcier qu'il logeât la souris, la font. Fabl. ix, 7. Avezvous, pour le croire, un juste fondement? mol. Mit. IV, 2. Ah! cherche un meilleur fondement Aux consolations que ton cœur me présente, id. Psyché, II, 1. Toutes vos peines sont sans fondement, BOSS. Lett. Corn. 89. C'est là de tous nos maux le fatal fondement, boil. Épit. ui.|| Vérité, réalité, ô ciel! de ce discours quel est le fondement? rac. Rajax. m, 4. Que mon cœur, chère Ismène, écoute avidement Un discours qui peut-être a peu de fondement ! ID. Phèd. n, 1. Il 8° Nom vulgaire de l'extrémité du gros intestin ou anus. Un employé aux mines de diamants du grand Mogol trouva le moyen de s'en fourrer un dans le fondement, STsiM. 4e8, 126. Le Seigneur vous enverra des démangeaisons au fondement, volt. Phil. n, lUi.

— HibT. XII* S. Les fundemenz des munz sont esmeuz et ciodlez, kar nostre sires est curuciez. Rois, p. 205. Il xiu* s. Reproche pardurable leur dona Dieux, que par le fondement d'arrières sanioient [saignaient] par lunoison. Psautier, ^ 96. Pour apostumes et autres maladies ki avienent u fondement, aleurant, f° 13. Si redist aillors l'escriture Que de tout le femenin vice Li fondement est avarice, (o Rose, 16548. || xvi* s. La guerre n'a aultre fondement parmy eulx que la s«ule jalousie de la vertu, mont, i, 24i. Depuis l'œsophague jusques au fondement, il n'y a qu'une voye, park, i, 16. Les fondemens du temple, amyot, Public. 29.

— EtYM. Prov. fondament, fundamen ; cal. fonament; espagn. fundamento; ital. fondamento; du lat. fundamentum, de fundare,^ fonder.

FONDER (fon-dé), t). o. || 1° Établir les fondements d'une construction. Fonder un quai sur pilotis. Ceux qui fondèrent l'abbaye du mont Saint- Michel sur un roc. || Fonder une ville, être le premier à la bâtir. Elle [Didon] a fondé une superbe ville, FÉN. Tél. m. Crotone fut fondée par My^cellus, chef des Acheens. la troisième année de la XVII" olympiade, bollin, Uist. anc. Œuvres, t. ni, p. 474, dans lacubne. || Familièrement et par plaisanterie. Fonder sa cuisine, pourvoir à ce qui regarde la subsistance. La religion cbiétieniie est partout incorporée à l'ÉUt; et, depuis le pape jusqu'au dernier capucin, chacun fonde son trône ou sa cuisine sur elle, volt. Dial. xxvi, 3. || 2" Fig. Faire le premier établissement d'une chose. Fonder une académie, une corlonie, un ordre religieux. Vos aïeux dont Bélus a fondé la noblesse, volt. Sémir.

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II , a. Chasser les possesseurs et fonder des Euts, TOLT. TancT. i, «. Du fond des Indes jusqu'aux exlré- Bités Je l'Europe, quiconque se trouve ou se met en droit de parler avec autorité i la populace peut fonder une secte, et c'est ce qu'on a vu dans tous les temps, iD. Ituttie, i, &. || 8° Kig. Avec un nom de chose pour sujet, servir comme de fondement. Cet ouvrage fonda la réputation de tel écrivain. Ces hautes vertus qui fondent ta puissance Réparent ce qui manque i l'heur de ta naissance, corn. Perihar. n, i Plu» que vous je désire Qu'ici la vérité fonde un nouvel empire, .volt. Alx. i, t. Ta religion que fonda l'imposture, lu. fanât, v, i. Il 4° Léguer, donner un fonds pour l'établissement d'une œuvre religieuse, charitable, littéraire. Fonder une église, un couvent, une chapelle. Il y a bien de la dilTérence d'être fondé par un saint ou par un roi, maentkmon Lelt. d Urne de la Viefritle, <K juin 1707. Je suis comme des gcn« (jui fondent des hôpitaux, mais qui ne s'y font point recevoir, VOLT. /,(■«. Itichelim, le janv. 1771. Homme éloquent et le premier [Balzac] qui fonda un prix d'éloquence, ID. Louis XIV, Écrit. Balxac. Les rois ne laissèrent pas de biltir de magnifiques 'igliscs, do fonder de riches évêchés, de repousser des ennemis puissants, de faire des conquêtes importantes, BAYNAL, llist. phil. IV, (7. {| 6" Kig. Établir d'une façon permanente. Fonder, votre repos en me faisant heureux, rotr. Vencesl. m, 3. Voilà ce qui doit fonder votre tranquillité, sÉv. 422. Sforce jugea qu'une telle conjoncture valait mieux que des droits; quand on n'en a point à faire valoir, c'est par l'épée qu'on les fonde, duclos, Kist. Louis XI, CEuv. t. II, p. 300, dans POUGENS. Les Romains n'oublièrent rien pour faire regarder ces concessions comme des grâces passagères qui ne fondaient point de droit, vebtot, llevol. rom. i, p. 23. Vous avez fondé notre bonheur pour la vie en me laissant faire, HARiv.Jeux del'am. et du has. m, 4. Il F'onder sur, asseoir, faire reposer sur. Sur votre perte il fonde ses projets, corn. Ci'nno, m, i. Sur un présomptueux vous fondez quelque appui, lo. Nicom. m, (. N'y ayant rien ni de plus libre ni de plus indépendant qu'un homme qui sait vivre de peu, et qui, sans rien attendre de la protection ou de la libéralité d'autrui, ne fonde sa subsistance que sur son industrie et sur son travail, Boss. llist. ni, 6. Puis-je sur ton récit fonder quelque assurance ? RAC. Brit. m, 6. Je fondais mon bonheur sur le débris des lois, ID. Bérén. il, 2. [Un roi qui] Fondait sur trente Étals son trône florissant, 10. Uithr. 111,4. Et sur mes faibles mains fondant leur délivrance, iD. Esth. i, (. Malheureux l'homme qui fonde Sur les hommes son appui, m. Cantiques. Il fondait ses espérances sur beaucoup d'esprit, hamilt. Gramm. ». |{ Absolument. Tant de méchants placets, monsieur, sont présentés. Qu'ils étouffent les bons ; et l'espoir où je fonde Est qu'on donne le mien quand le prince est sans monde, MOL. Fâcheux, m, 2. Je fondais sur le sable et je semais sur l'onde, lamart. llarm. iv, 4. |{ 6° Justifier, donner la raison de. Voilà sur quoi il fonde son opinion. Cela est fondé en raison. Je pourrais .fon<ler ce prologue Sur gens de tous états.... là PONT. Fabl. vu, <4. Il 7° Terme de droit. Fonder quelqu'un de procuration, lui donner sa procuralion, r 8° Se fonder, ». r^/l. Être fondé, être assis sur des fondements. La digue de Cherbourg se fonda avec de très-grandes difficultés. {] Kig. Tant cet empire eut de peine à se fonder! || 9° Kig. Être appuyé sur. Comme le seul espoir où mon bonheur se fonde, corn, le Mtnt. iv, 4. Mais j'ai vu dans votre âme ensuite une autre idée Sur qui mon espérance aussitôt s'est fondée, ID. Sertor. iv , 2. Vous avez tu ce fils où mon espoir se fonde? mol. FÉt. IV, 3.Salilicrté [du monde] quisurvousseulse fonde, RAC. Mithr. v, B. Jéhu, sur qui je vois que totre espoir se fonde.... id. Athal. m, 6. || lO" Prendre ses motifs, ses raisons. Il se fonde ordinairement 5Ur nos pères, pasc. Prov. «. Je suis obligé d'avertir que nos mystiques se fondent principalement sur une opinion de l'école, qui met l'essence de '.a charité à aimer Dieu, comme on parle, sans retour sur soi, sans attention i son éternelle béatitude, BOss. Et. d'orais. m, ». Ijs peuple, dans tous les temps et dans toutes les difficultés, ne se fonde que sur Moïse, id. Ilitt. il, 3. Il se fonda sur les anciennes prophéties, id. ib. ». Voilà ce qui rend la conception de Marie non-seulement si glorieuse, mais si sainte, et sur quoi saint Augustin s'est fondé, BOiiRDAL. Myst. Concept, de la Vierge, t. ii, p. 2.

— HIST. XII* s. Sainte iglise funda Deus , e il l'establi, E par sun propre sanc délivra e franchi.

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Th. le mort. 7». Enracineit et fondeit en lei [dans la loi] par fermes racines, ST Bernard, ms. p. 317, dans LACUBNE. Il ziii' s. La terre est Dieu [est de Dieu], et sa largesse ; Cardesor la meir [la merj [il] la fundait [fonda] , Et desor flus l'apareillait [l'appareilla]. Psaumes en vers , dans Liber psalm. p. 276. Fondé des ara [très-instruit dans les sciences]. Flore et Dlanchell. T. 20*. Li cuers de famé est fondez Sus foible complexion, Bibl. des chartes. 4* série, t. v, p. 33. En saint mont funda Dieux Jherusalem, Psautier, f" lOB. Une bêle abale [ils] ont au pals fondée, Berte, cxlii. Sachiez que de tous biens [qualités] [elle] est tant pleine et fondée, ib. cxv. Poi s'en faut, toutes cozes qui vieneot en pict sunt por le melTet de l'une des parties, si que toz nostre livres est fondés sur la venjance des meflès. BEAUM. xxx, ios. Adont Aucuerre [le vin d'Auxerrc] se dressa Comme procureur fondé Et des compaignons ordené , Fabl. nouv. Bec. t. i, 20B. Il XIV s. Et la tierce opinion est fondée sur ce que dclcttacion n'est pas fin, oresub, Elh. 11». Il xv* s. Il est mendiant et non fondé [rente], sinon sur ses aumônes, louis xi, Nouv. u. Il xvr s. Qui voudra donc qu'à aimer je me fonde. Il faut premier que l'amour on refonde, mabot, u, 421. Qu'ils pensent bien à ce qu'ils disent : et il ne se fonderont point en raison tant frivole, et de fait la raison sur laquelle se fonde saint Augustin est très ferme, cALv. Instit. 246 Prendre le party le moins fondé en apparence, hont. i, 132. Toute la masse [de chaume et de terre] commencea à prendre pied ferme [dans le Tibre] et à se fonder dedans l'eau, AMYOT , Public. <3. Vous autres qui estes bien fondez [riches en biens-fonds] , donnez vos pensées au paroistre , et nous à l'estre seulement, d'auii. Fan. I, 43. E^le proposa de faire un hospital fondé de bonnes rentes et revenus pour les soldats estropiez, CASTELNAD, 462. Des murailles profondement fondées dans terre, pour oster aux connins l'espérance d'en sortir par dessous les fondemens, o. de serres, 403. Quand un manant meurt chargé de tant de debtes que personne ne se veut fonder son héritier, les eschevins commettent curatçura aus dits biens comme vacans, Coust. ginér. t. u , p. 93».

— ETYM. Prûvenç. fondar, fonjor ; espagn. fundar; ital. (ondare; du latin fundare, de fundxa , fond.

FONDERIE (fon-de-rie),». /■. || 1» Usine où l'on fond des métaux, où l'on purifie le métal tiré de la mine. Monter une fonderie. Renouveler la fonderie. Nous n'avons point encore en France d'assez grands fourneaux de fonderies pour raffiner le cuivre avec profit, BOFF. Uin. t. v, p. 461, dans pougens. Il %' Usine où l'on fabrique certains objets avec du métal fondu. Une fonderie de canons. Une fonderie de caractères. || 3° L'art du fondeur. Il entend bien la fonderie. ]| 4" Nom donné par les cirier» à la grande cuve où l'on fait fondre la cire.

— HIST. xvi* s. Les orfèvres, fondeurs et toute fonderie, de quelque sorte et espèce que ce soit, seroit anéantie, palisst, 323.

— ÊTYM. Fondre.

FONDEUR (fon-deur), s. m. || !• Celui qui fait profession do fondre des métaux. \\Àdj. Maître fondeur. Il Particuliorement. Celui qui fond les canons, les cloches, les statues de bronze. Fondeur de canons. Fondeur sur métaux. Il [Louis XI] fit marché à mille écus d'or ;iour son tombeau avec Conrarrt de Coulogne orfèvre, et Laurent Wrin, fondeur; il en fixalui-même la forme, les dimensions et les ornements, duclos, llist. Louis XI, QBuiT. t. m, p. 297, dans pougens. {| Fondeur en caractères d'imprimerie , ou, simplement, fondeur en caractères, celui qui fabrique des caractères d'imprimerie. || Fig. Être surpris, penaud comme un fondeur do cloches, voy. cloche. || 2' Celui qui, dans les hauts fourneaux, donne issue à la fonte parvenue au degré convenable de fusion. ]j 3" Marchand de fonte. Ce métal vient de chez tel fondeur.

— HIST. xiil* s. Quiconques veut estre fonderes etmoleres fmouleurj à Pari.», c'est à savoir de l>oucles et de mordans, estre le puet franchement, por tant que il sache le mesticr,i«e. des met. 94. ||xv*s. 4' rang qui sont les mcstiers d'entre les médiocres et petits : enlumineurs, fondeurs en sable, fondeura en terre, Edit , avril 4B»7. |] xvi' s. Plus tonnez, comme dit le bras-breton, que fondeurs de cloches. Contes d'Eulrap. ch. 44, ^ 71, dans pougens.

— ÉTYM. Fomire.

t PONDEUSE (fon-deû-r'), ». f. Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Fondcuse ou foncière, celle qui s'occupe de l'intérieur des pois et petites Qeurs ou feuilles du dessin.

— fiTYM.fOfKl.

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t FONDIC (fon-dik), t. m. ou fONDIQUE (fondi-k'], s.f. Sorte de magasins usités dans l'Orient. Les fondics sont magasins cù se serrent les marchandises qui sont apportées des Indes et de Perse par voie d'Alep.... les marchands y logent aussi. i>e BHEVES, Foy. en Turquie, p. 34, dans du càmgb, funda. Il On dit aussi fonde et fondouck.

— HIST. xvr s. Il dit que de son temps elle [Gien-sur-Loire] estoit le fondique et magazin des CliartraJns, pav. Th. d'honn. t. i , p. >'i», dansLAcl'rne. L'homme se plaint de son cerveau, de ce qu'il lui envoie tant de nuzions, fondique de toutes les maladies plus dangereuses, charron, Sagesse, p. 6io, dans lacuhne.

— ETYM. Espagn. fûndogo; ital. fôndaeo; de l'arabe fondoq, magasin.

t FONDIS (fon-dij, (. m. Kboulement de terre, dit aussi cloche, qui se fait sous un édifice, ou dans une carrière, et qui forme une espèce d'aUme. Il Fondis i jour, celui qui a fait un trou par où l'on peut voir le fond de U carrière.

— ETYM. Fondre.

FONDOIR (fon-doir), I. m. Lieu où les bouchers fondent la grai.sse de leurs animaux, pour en faire du suif.

— ETYM. Fondre.

] FONDOUCK (fon-douk) , s. m. Voy. POMDic.

FONDRE (fon-dr'), je fonds, tu fond», il fond, nous fondons, \.>us fondez, ils fondent ; je fondais; je fondis; je fondrai; je fonilMis; fonds, qu'il fonde; que je fonde, que nous fondions; que je fondisse; fondant, fondu, v. a. |l 1* Rendre liquide un corps solide en le soumettant à l'action de la chaleur. Fondre de l'étain. Fondre du suif. Le soleil fondit la neige. Le fer est plus difficile à fondre que le cuivre, le cuivre l'est plus que l'or, l'or plus que l'argent, l'argent plus que le plomb et le plomb plus que l'étain, BUFP. llist. min. OEuv. t. vi, p. 40«, dans poiGENS. Il [le feu du ciel à Sodome] fond comme cire Agate, porphyre. Pierres du tombeau, v. hugo. Orientales, 4. || Fig. Cet œil qui fond des cœurs les rigueurs et les glaces, régnier, D>al. Je ne sais quoi de divin semblait fondre son eceur au dedans de lui, pén. Tél. xix. || Terme de chandelier. Fondre en aliimc, tremper les chandelles dans un vaisseau, qu'on appelle abime, où 11 y a du suif fondu Il i' Particulièrement. Fondre les métaux, fabriquer, mouler certains objets avec des métaux que l'on fond à cet effet. Non, mais cent fois la béte a tu l'homme hypocondre Adorer le métal que lui-même il fit fondre, boil. Sat. viii. || Jeter en moule. Fondre une cloche, une statue. Avant que de sortir de l'Egypte, les Israélites y avaient vu des statues de fonte, qu'ils imitèrent en fondant le Tcau d'or; et depuis ils firent le serpent d'airain, bollin, Ilitt. ane. CEuv. t. u. p. 76, dans pougens. Le père Adam Shall, natif de Cologne, avait tellement réussi auprès de cet empereur par ses connaissances en physique et en mathématique, qu'il était devenu mandarin; c'était lui qui le premier avait fondu du canon de hronze à la Chine, volt. Mœurs, i»6. Il On dit de même : fondre des caractères d'imprimerie ; fondre des balles. || Fig. Il faut fondre la cloche, c'est-à-dire il faut terminer, achever une affaire, en venir à ce qu'il y a d'essentiel, de difficile, de périlleux. || En un autre sens, fondre la cloche, vendre, puis se partager l'argent. La société est dis-soute; si on ne s'entend pas, il faudra fondre la cloche. Les héritiers ne sont pas d'accord : il faut renoncer à conserver la propriété; on fondra la cloche. || 8° Fig. Consumer en pro<ligalités. Un gourmand dans son assiette Fond le bien de sea aïeux, BÉBANG. //. rangé. || Terme de commerce. Fondre des actions, des billets, se défaire de ses billets, vendre ses actions ; s'en défaire même aTec perte dans un besoin pressant. || 4* Terme de médecine. Exercer une action résolutive sur un engorgement. Fondre une obstruction. || Fondre les humcure, les rendre plus fluides. {] Fondre un calcul, le dissoudre. Il n'y a point jusqu'à prosent de remède qui fonde les calculs dans la vessie. || 6" Fig. Faire que des choses auparavant distinctes ne forment qu'un seul tout. Fondre un ouvrage dans un autre. Il fondit les notes dans le texte. Fondre ensemble deux systèmes. Il y a apparence qu'on y avait fondu les anciens règlements faits par le sénat, M0NTES0. Etpr. xxiii, 21. Écrire leur histoire par articles séparés en nous réservant de les joindre ou de les fondre ensemble, dès que, par notre propre expérience ou par celle des autres, nous serons plus instruits, bufp. Quadrup. t i, p. 260, dans POUGENS. Il [le Poussin] a fondu avec un tel art la Bible avec le paganisme, les dieux de la Fable an-

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tique avec les personnages de la mythologie moderne, qu'il n'y a que des yeux savants et expérimentés qui s'en aperçoivent, dider. Salon de 1767, ÛBurrM, t. XV, p. <04, dans pougens. || 6» Terme de peinture. Fondre des couleurs, des teintes, graduer les nuances, ménager les passages entre les teintes. Fondre une couleur, une teinte dans une autre, avec une autre. {| Par extension. Non-seulement la nature a réuni sur le plumage du paon toutes les Couleurs du ciel et de la terre pour en faire le chef-d'œuvre de sa magnificence, elle les a encore mêlées, assorties, nuancées, fondues de son inimitable pinceau, buff. Paon. || 7° V. n. Devenir liquide, entrer en fusion. Ce trait de feu qui fait fondre la cire, Boss. Lett. Abb. 94. Voilà les neiges de nos montagnes qui commencent à fondre, et mes yeux qui commencent à voir, volt. Lett. Urne du Dejfant , s mars 4 709. De toutes les matières que j'ai mises à l'épreuve, il n'y a que le soufre qui fond à un moindre degré de chaleur que l'étain, bcff. Hist. min. CEuv. t. vi, p. 249, dans PODGENS. || Par extension, se dissoudre. Le sucre fond dans l'eau. || Terme de médecine. Entrer en résolution. La tumeur fondit peu à peu. Il 8" Fig. Diminuer, se réduire à rien. L'argent fond entre ses mains. De sorte qu'en peu de temps on vit fondre cette famille si opulente, qui était la première du pays, d'ablancourt, Lucien, Amitié. Il n'y a point d'ouvrage si accompli qui ne fondit tout entier au milieu de la critique, si son auteur voulait en croire tous les censeurs, qui ôtent chacun l'endroit qui leur plaît le moins, la bruy. i. L'on a vu quelquefois la naissance, la jeunesse, les titres, la réputation fondre tout d'un coup et se perdre pour toujours dans le tombeau, mass. Carême, Mort. Mes jours fondent comme la neige Au souflle du courroux divin, lamakt. Méd. i, 30. || Tout ce qu'il tient fond entre ses mains, c'est un homme qui ne saurait rien garder, qui perd ou égare tout ce qu'il a. Il Familièrement. Fondre à vue d'oeil, perdre tout son embonpoint. || Terme d'horticulture. Se dit des plantes, des légumes, etc. qui meurent de sécheresse, et aussi par toute autre intempérie qui se prolonge. || 9° Fig. et par exagération. Le ciel fond en eau, et, absolument, le ciel fond, il tombe une très-forte pluie. |) Fondre en sueur, être trempé de sueur. || Fondre en larmes, verser des larmes abondantes. S'abandonnant aux cris, ses yeux fondent en pleurs, Régnier, Élég. v. Tous se trouvent saisis et chacun fond en pleurs, rotr. Uerc. mour. y, t. Je fus hier pour la troisième fois à Tancrède ; tout le monde y fond en larmes, à commencer par moi, et la critique commence à se taire , d'alemb. Lett. à Voltaire, 22 sept. (7G0. Il Absolument, ta petite fille a été enlevée dès le grand malin, pour éviter les grands éclats de sa douleur; ce sont des cris d'enfants.... peut-être que présentement elle danse; mais depuis deux jours elle fondait, sÉv. 262. || On dit dans le même sens : fondre en eau. || Au sens des n°' 7, 8 et 9, fondre se conjugue avec l'auxiliaire avuir, quand on veut marquer lacté : La glace a fondu hier; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : La glace est fondue depuis hier. || 10° S'abîmer, s'écrouler. Cet amas de pierres qui tenait la terre étant renversé, le reste fondit, vaugel. Q. C. iv. 3, dans bichelet. Tous les monstres s'envolent ou fondent sous terre, CORN. Tois. d'or, m, 7. Comme une colonne dont la masse solide paraît le plus ferme appui d'un temple ruineux', lorsque ce grand édifice qu'elle soutenait fond sur elle sans l'abattre.... BOSs. Reine d'Anglet. M. Nicolaï tomba du haut d'un balcon qui fondit sous lui et se tua tout roide, dans sa maison de Presles, auprès de Paris, dan- GEAU, I, 299, 21 fév. 1686. Ceux-ci [les amphithéâtres] étant venus un jour à fondre tout à coup parce qu'ils étaient trop chargés, cet accident engagea les Athéniens, déjà fort entêtés de spectacles, à élever ces théâtres superbes, qu'imita depuis avec tant d'éclat la magnificence romaine, rollin, llist. anc. Œuv. t. v, p. (43, dans pougens. || Fig. S'abîmer de confusion. Buvons ensemble, voilà comme je sais me venger; à ces mots fde M. de ChaulnesJ, Vautre [ Harlay ] pensa fondre, st-sih. 42, 241. Il 11° Etre lancé, se lancer avec violence de haut en bas. Si près de voir sur soi fondre de tels orages, CORV. Uor. I, I. Pressé de toutes parts des colères célestes, Il en vient dessus vous faire fondre les restes, ID. U. de Pomp. i, t. Et sans s'inquiéter où fondra la tempête, id. Othon , iv, 3. 0 jour malheureux 1 le jour du Seigneur est proche, et le Tout-puissant le fera fondre sur vous comme une tempête, saci, Bible, Joël, i, (5. Comme un

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tonnerre Qui s'approche en grondant et qui fond sur la terre, volt. Mérope, v, 6, Le pays de Gei où j'habite est un vaste jardin entre des montagnes, mais la grêle et la neige viennent trop souvent fondre sur mon jardin, lo. Lett. Sade, 12 fév. 1764. Les maias [sorte d'oiseaux] se réunissent en troupes nombreuses, pour fondre sur les champs semés de riz, buff. Ois. t. vu, p. 160. Il lï° Assaillir impétueusement. On voyait deux éperviers d'or qui semblaient fondre l'un sur l'autre, vacgel. Q. C. liv. m, dans richelet. Sur nous à main armée il fond en diligence, corn. Rodog. I, 6. Quand je fondis en Gaule avec cinq cent mille hommes, id. Attila, i, l. Un peuple qui fondra sur vous comme un aigle fond sur sa proie, SACI, Bible, Deuler. xxviii, 49. Qu'est devenue cette redoutable cavalerie qu'on voit fondre sur l'ennemi avec la vitesse d'un aigle? boss. Anne de Goni. Télémaque vient fondre sur son ennemi, kénel. Tél. XX. Rappelons-nous ces beaux temps de la Grèce, si glorieux pour Athènes et pour Sparte, où la Perse vint fondre sur ce petit pays avec toutes les forces de l'Orient, rollin, Jlist. anc. ŒCuv. t. iv, p. 303, dans pougens. Leur transport est semblable à la cruelle joie Des ours et des lions qui fondent sur leur proie, volt. Ilenr. x. Le roi [Charles XII] fondit sur cette armée, n'ayant avec lui que six régiments de cavalerie, et quatre mille fantassins, il. Charles XII, iv. Une armée de Maures vient fondre d'Afrique en Espagne, et augmenter la confusion où tout était alors, id. Mœurs, 44. || Fig. Il se dit des choses en un sens analogue. Les maux fondant tout d'un coup sur eux, ils chercheront la paix et ne la trouveront pas, SACI, Bibte, Éléch. vu, 25. Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards Et sur vous et sur lui fondre de toutes parts, BOiL.JÎpit. x. |1 Fondre, au sens des n" 40, n, 12 et 13, ne se conjugue qu'avec l'auxiliaire avoir. || 13° Se fondre, v. réft. Devenir liquide par l'action de la chaleur. La glace se fond au soleil. Les montagnes se sont fondues comme la cire à la présence du Seignour, saci. Bible, Psaumes, icvi, 6. || 14° Se fendre en eau, se dit du ciel, des nuages qui laissent tomber une pluie abondante. Le ciel qui se fond tout en eau, boil. Sal. m. Il Se fondre en larmes, pleurer abondamment. U se fondait en pleurs, halh. v, 21 . Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau; La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau, corn. Cid, m, 3. || Se fondre en sueur, suer abondamment. || 15° Il s'est fondu ou il est fondu, .se dit de quelqu'un ou de quelque chose qui a disparu tout à coup sans qu'on sache ce qu'il est devenu. || 11 n'a pas pu se fondre, il n'est pas fondu,sedit pour exprimer que l'on ne conçoit pas que quebiu'un ou quelque chose ait disparu sans qu'il soit possible de le retrouver. || 16° Diminuer, être réduit à rien. Quand les troupes que nous avions ici levées prirent la route de Picardie, ils disaient que c'étaient des victimes que l'on allait immoler à nos ennemis; que cette armée se fondrait aux premières pluies, et que ces soldats, qui n'étaient point aguerris, fuiraient au premier aspect des troupes espagnoles, voit. Lett. 74. U arrive aujourd'hui que des armées, sans avoir combattu, se fondent dans une campagne, mon- TESQ. Rom. u. Cependant l'armée [de France] se fondait peu à peu, yoLT. Louis XI V, il. Murât lui-mcme s'inquiète enfin; il a vu se fondre la moitié du reste de sa cavalerie, ségur, Ilist. de Nap. vux, 10. Il Être transformé en, avec une idée de réduction. Le château, s'il est vieux, se fond en une douzaine de maisons qui ont des portes et des fenêtres, mais ni tours, ni créneaux, ni ponts-lcvis, ni cachots, ni antiques souvenirs, p. L. COUR. Lett. V. Il 17° Se laisser amollir, attendrir, séduire. Les dames cependant se fondent en délices, Régnier, Sat.u. Les cœurs que l'on croyait do glace Se fondent tous à leur abord, la fo.nt. Joe. Le cœur se fondait à son pathétique (d'un chanteur], J. I. Bouss. Vict. de mus. Voix. || 18° En parlant des couleurs, de la lumière, se confondre par des nuances graduées. Ces teintes se fondent bien ensemble. Ces deux couleurs, se fondant ensemble, forment une belle couleur orangée sur la poitrine et sur toute la partie inférieure du corps, buff. Ois. t. VII, p. 207. Les reflets sur ses bords [de la cloche] se fondaient mollement. Au fond tout était noir, V. hlgo, Crép. 32. || 19° Être combiné, se confondre. Cette maison de commerce s'est fondue dans telle autre. Ils formèrent plusieurs hordes qui se peuplèrent dans le silence, et qui, avec le temps, se fondirent dans celledes Manlchoux, baynal, Hist. phil. V, 17. Le code ecclésiastique où viennent se fondre la loi lévitique, l'Evangile et le droit romain.

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chateaubr. Génie, i, i, 10. Par la révolution, Versailles s'est fondu dans la nation ; Paris est devenu l'œil-de-bœuf; tout le monde en France fait sa cour, p. L. COUR. Pamphlet des pamphlets.

— SYN. FONDRE, LIQUÉFIER. Fondre et liquéfier sont souvent employés l'un pour l'autre; maison peut t&cher de distinguer, en disant que fondre s'emploie aussi bien en parlant des métaux, du verre et autres substances qui, pour devenir liquides, exigent un haut degré de température, que des sub.stances qui n'en exigent que très-peu ; tandis qu'on se sert plus volontiers de liquéfier pour la cire, le suif, etc. qui deviennent liquides au moyen d'une chaleur beaucoup moindre, legoarant.

— HIST. xu* s. Souz eux Ije] vi fondre [s'enfoncer] la terre et le rocher, Rone. p. 164. En la sale fu mult traîstres apelé ; De tûtes parz i fu hautement escrié; N'i eûst greignur cri, se fundist la cité [il n'y aurait pas cri plus grand , quand même la cité fondrait]. Th. le mort. 40. Guillaumes en fu uns, li buens quens d'Arundel, Sages, curteis e preus e senz nul mal apel; Mais dune média sun or à fundre le veel [le veau d'or], ib. 53. || xui* s. Il virent ces hautes yglises et ces riches palais fondre, et ces grans rues marcheandes ardoir à feu, et il n'en pooient plus faire, villeh. xci. Fondue esl la terre en malice. Psautier, f" 89. Li mescreanl tienent la mauvese vie de Sodome et de Gomorre, que Dieux fondi, ib. f° 189. Adont fist Salehedins prendre or et argent, et le fist fondre en une paliele de fer, puis li fist avaler en la gorge tout boullant, Chr. de 7iatns,p. 1 1 2. Par ungpoi quejene fous d'ire, Quaint il me membre de ma perte. Qui est si gianl et si aperte, la Rose, 4049. Et bien se gart qui oevre soz tere, qu'il face tel ouvrage que les mesons des voisins ne fondent pas par son fet ne les voies communes, beaum. xxiv, 26. La crestienté dechiet et font entre vos mains, et decherra encore plus, se vous n'i metés conseil, pour ce que nulz ne doute [craint] hui et le jour escommeniement [excommunication], joiNV. 290. La beauté s'en refuit;- dame Diex me confonde, Se je n'empli mon temps, ainz que ma couleur fonde, La folle et la sage. || xiv* s. Mahon, ce dist li rois, je fonc ensi que bure, Baud. de Seb. 265. || xv* s. Et ils estoient si foibles et si fondus et si affamés [leurs chevaux] qu'à peine pou-

voient ils aller avant, fboiss. i, i, 44 Et que

toute fondoit en larmes et en pleurs [Isabelle], m. I, i, 14. Vous devez savoir que le roi de France avoit grand angoisse au cœur, quand il veoit ses gens ainsi deconfire et fondre l'un sur l'autre par une poignée de gens que les Anglois estoient, id. i, i, 289. Quant il sentit son cheval fondre [tomber], il se tourna si appoint qu'il demeura en estant sur ses pieds, Perceforest. t. i, t° 92. Quatre pechiés plains de toute laidure. Que Dieu het trop et qui les a en cure.... Le tiers pechié [est] vie contre nature, Dont Dieux fondit les cinq cilés jadis, eust. desch. Poésies mss. f° 440. Il xvr s. Il veint fondre comme un colosse sur le petit homme, mont, u, 62. Le mulet s' estant apperceu que le sel, fondu par ce moyen.... ID. Il, 180. C'est un grand poids que la science, ils fondent dessoubs, ID. iv, 48. Ceste torche les accompagna et guida tout au long du voyage, et à la fin alla fondre et disparoir au propre endroit où les pilotes avoient délibéré d'arriver, amvot, Timol. il. Hommes effeminez et fondus en délices et voluptez,iD. Pélop. 2. La terre freschement remuée fondoit soubs eulx, m. Pyrrh. 63. Hz estoient mol> à rencontre de la chaleur, et fondoient en sueur au soleil, m. Marius, 45. U fundit une nuée noire, dont il sortit un impétueux tourbillon de vent, va. Crassus , 38. Les neges et glaces qui se fondent adonc, in. Ser- (or. 23. Les yeux battus et fondus à force de larmoyer,id. Ant. 106. Au desloger de l'armée, y eut deux aigles qui, fondans de grande roideur, s'allèrent renger aux premières enseignes , id. Brutus, 46. Emplastre singulière pour amollir, fondre et résoudre les tumeurs sciriheuses , pahé , v, 23,

— ÉT'ïîI. Berry, /'oindre, s'affaisser, s'ébouler, diminuer de volume; provenç. fondre; anc. catal. fondir; catal. mod. fondrer; espagn. et portug. fundir; ital. fondere; du lat. fundere, proprement répandre. La série des sens est : répandre, d'où mettre en fusion, renverser, tomber, se précipiter sur; ce dernier sens est venu tard dans la langue.

I FONDRIER (fon-dri-é), adj. m. Bois fondner, bois qui, plus lourd que l'eau qu'il déplace, ne flotte plus, va au fond. || S. m. Train qui a flotté trop longtemps et qui, ayant amassé de la mousse ou de la terre, devient si lourd qu'il ne peut plus flotter. Il Mur qui termine le fourneau d'une saline.

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— III8T. XVI* a. X c«uf« des mecbanU fonJiiers ebemins qui «ont en ce pays-là, cablou, v, i.

— ÉTYM. Fond.

FONDRIÈRE {fon-dri-«-r'), ». f. Sorte d enfoncement dans le sol, où les eaux bourlnjuses s'amasicnt. Tomber dans une fondrière. 11 y a de grandes fondriirvs qu'il se fallait résoudre de remplir, vau- OSL. C*. C. VIII, 1 1 . L'excès du mauvais temps qui ne cessait point avait rendu tout fondrière, st-sim. t, as. Voyant la grande route de Gex à Genève devenue une fondrière affreuse, je me suis joint à dos gens de bonne volonté pour rendre le chemin praticable, VOLT. Lf.ll. KomM, aomars (776. || Enfoncements remplis de neige dans les anfracluosités des montagnes. {| Enfoncement de (juelques parties de terrain .sablonneux d'où l'eau se dégorge, soil continuellement, soit par accts.

— HIST. XVI' s. L'artillerie ne pouvoit aller qu'à force de leviers, à cause des fondrières où elle s'onterroit ordinairement, carloix, iv, 3a.

— f.rvM. Fond; Berry, fondrie.

f FONDRILLES (fon-dri-ll' ; Il mouillées), t. f. plur. Lie qui se forme dans toute sorte de liqueur. Il Sédiment que forme le bouillon.

— lllST. xiv s. L'eaue de vostre poulaillc, c'est assavoir la plus clere, sans foiidrille ou trouble aucun, Ui'tiagier, il, ». || xvr s. D'autant que ce qui restoit à recevoir [des impi'tsj n'esloil que restes et fondrilles incertaines, dont il ne se sauroit que bien peu tirer, et encore avec grande longueur de temps, suLLv, Mim. t. m, p. si«, dans LACUBiSE.

— ETVM. Fond ; norm. fondrillon et fondries. FONDS (fon ; au pluriel, ['s se lie : des fon-z

engagés dans les spéculations), ï. m. || !• Le sol d'un champ, d'une terre, d'un domaine. Cultiver un fonds. Un bon fonds. Il ne faut pas bâtir sur le fonds d'autrui. Le maréchal d'Albret a gagné un procès de quarante mille livres de rente en fonds de terre, sév. 35. On veut ici des desseins sérieux [pour le mariage] et du fonds de terre, hamilt. Gramm. «. || Absolument. Biens-fonds, biens immeubles tels que les terres, les maisons. || Le fonds et le tréfonds, voy. xnéFONUS. |i Fonds dotal, immeuble constitué en dot à une femme. || 2' Par extension, somme d'argent plus ou moins considérable destinée à quelque usage. Trouver un fonds. Dissiper un fonds. Avoir des fonds considérables. Les fonds destinés à l'i-mortissoment. Il fallait de grands biens pour fournir les fonds, fléch. Aig. S'il s'en rencontrait parmi eux qui n'eussent pas les fonds nécessaires pour l'exploitation, ils trouvaient aisément des capitalistes qui s'associaient à leur entreprise, baynal, llitt. phil. xv, lo.|| Appel de fonds, demande d'argent que fait une compagnie, une kinque pour subvenir aux frais d'une opération commencée. || Fonds social , la somme d'argent appartenant à une compagnie qui exécute quelque opération de comn^ercc ou d'industrie. Il Les fonds du Trésor, de la Banque, dépflts d'argent accumulés dans les caisses do ces établissements pour les services publics et pour les besoins du commerce. || Les fonds de la guerre, de la marine, etc. sommes d'argent réglées par les budgets annuels et destinées à la guerre, à la marine, etc. Il Bureau des fonds, bureau chargé, dans les grands ports, des recettes de deniers, du payement des appointements, des soldes, des marchés, etc. Il Fig. et familièrement. Faire un fonds pour l'aloyau, faire provision d'argent pour le besoin ; locution tirée de ce que l'aloyau est une pièce de résistance. || Z' Au plur. Familièrement. Un avoir, un pécule en argent. Avoir des fonds. Nr-s fonds sont bas. Cette aventure les ayant remis en fonds, HAMILT. Gramm. ». || Etre en fonds, avoir de l'argent comptant. 11 n'était pas en fonds, il n'avait pas chez lui toute la somme, lesage, Turc, iv, «.||Fig. Être en fonds pour faire quelque chose, être bien en état do la faire. On lui a joué un mauvais tour, mais il est en fonds pour prendre sa revanche, Dicl. de CAcad. Vous voilà en fonds pour taire à Paris ce que vous voudrez, sêv. 682 Avec son ton, son air et sa frivolité, Il n'est p.is mal en fonds pour être détesté , gresskt. Mâchant, II, ». Il 4' Un bien, un capital quelconque, par op- ^sition aux revenus qu'il produit. Jean s'en alla comme il était venu, Mangeant son fonds avec son revenu, la font. Épiiaphe. Travaillei, prenez de la peine; C'est le fonds qui manque le moins, id. Fahl. V, 9. Pendant qu'Oronte augmente avec ses années son fonds et ses revenus, la bbut. vi. Il Fig. Je crois cette espèce de compte [par doit «t avoir] beaucoup plus nécessaire par rapport aux connaissances de l'esprit, qui en sont le bien et la

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possession ; par rapport aux conséquences que l'on en tire, qui sont le revenu de ce fonds; et par rapport à l'usage que l'on en fait dans les a|iplications particulières, qui sont proprement la dépense, BOiii.AmviLLiERS, lUfui. de Spinota, p. 2. Il S* Les fonds publics, ou, absolument, les fonds, les fonds destinés à servir les intérêts des emprunts qu'a faits l'Ëtat. X la bourse de ce jour les fonds ont baissé, ont monté. La hausse des fonds, la baisse des fonds. Placer sa fortune dans les fonds publics. {| Crise dans les fond<i, baisse ou menace de baisse. Dans les fonrls de peur d'une crise, Il veut que les Grecs soient déçus, bébang. Cons. de Lise. || Fig. et |iar plaisanterie, les fonds sont en baisse, l'argent manque. Je ne pourrais pas fairo cette dépense de silâl, les fonds sont en baisse. || Fonds constitués, londs inscrits au registre do la dette publique perpétuelle. Fonds constitués immobilisés, ceux qui, rachetés par la cais.se d'amortissement , ne peuvent plus se transm ttre. Fonds constitués classés, ceux qui, possédé» p.ir des personnes dont la fortune est stable, ne reviennent plus d'ordinaire sur le marché. || Fonds flottants, fonds qui proviennent d'emprunts à termes rapprochés. || Fonds constitués flottants, ceux qui causent à la bourse les aUcrnativcs de hausse et de baisse. || 6* Fonds perdu, ou fonds perdus, capital aliéné moyennant une rente qui s'éteint à la mort de celui qui a déposé le fonds. Il fait excuse d'avoir mis son bien à fonds perdu, fÉv. 483. Le fonds perdu, autrefois si sûr, si religieux et si inviolable, est devenu, avec le temps et par les soins de ceux qui en étaient chargés, un bien perdu, la bbut. xiv. Tout père de famille qui veut placer de l'argent à fonds perdu , doit préférer de le mettre sur la tête de son enfant d'un an, plutôt que sur la sienne, s'il est âgé de plus de vingt-un ans, buff. Probab. de ta tie. Pour moi, je mets à fonds perdu. — C'est la ressource des gueux, dioer. Entretien avec la maréch. de '" J» suis au non:'bre de ceux qui, par un calcul un peu personnel mais très-philosophique, ne veulent être riches que durant leur vie et n'hésitent point à placer tous leurs biens à fonds perdu, OESLis, l'cill. du chdt. les deux réputations. \\ On dit de mcme : donner une maison à fonds perdu; vendre un bien à fonds perdu. || X fonds perdu, se dit par plaisanterie en parlant d'une somme qu'on ne pense plus ravoir. Si vous lui prêtez, comptez que c'est à fonds perdu. |{ 7° Terme de jeu de lans(|ucnct. Somme que le joueur doit mettre sur une certaine carte. || 8" Établis-sement industriel ou commercial, avec son achalandage, ses ustensiles, ses marchandises, etc. Vendre son fonds. Un bon fonds de commerce. Un fonds de boulanger. Il 9* Fig. Ce qui constitue, par rapport aux dispositions corporelles, morales ou intellectuelles, comme un fonds, un capital. Un grand fonds de savoir. Un fonds de malice. Il a pour vous un grand fonds d'estime. Vous avez un fonds de santé admirable, bol. D. Juan, IV, 2. L'homme depuis son péché porte un fonds malheureux de concupiscence, pasc. Prov. 19. Je me sens un grand fonds de patience, sÉv. 295. Vous avez du fonds pour être tout ce que vous voudrez, ID. 432. Je crois que vous voyez bien que je fais réponse le mercredi à vos deux lettres; et le vendredi je vis aux dépens du public et sur mon propre fonds qui compose quelquefois une assez mauvaise lettre, ID. 307. Je lui pardonne moins d'avoir voulu tuer son enfant, étant de son mari, que si elle l'avait eu d'un autre; et cela vient d'un bien plus mauvais fonds, id. 62. Quand je considère le peu de fonds que je trouve en moi , Boss. Lett. 22. Si je dis que l'homme n'a rien de son propre fonds que l'iniquité, je confesse la langueur de notre nature, ID. Bc'/uJ. du caléch. l" vérité, ï* sect. ch. 40. Un fonds de libertinage et d'impiété, bour- DAl. Pun'/lc. de la Yiergi, Uyst. t. li, p. 207. Ils n'avaient de fonds pour la complaisance que jusque-là, LA BBDY. V. Il faut trcs-peu de fonds pour la politesse dan» les manières, id. xii. L'esclave n'a rien à soi ; à combien plus forte raison la créature qui n'a de son fonds que le néant et le péché I fén. t. XVIII, p. 42*. Louis porta en naissant un fonds ilc religion et de crainte de Dieu, hass. Or. {un. Lnuis XIY. J'aime un amant timide ; Cela marque un bon fonds.... reonakd. Joueur, n, to. Peu de gens ont assez de fonds pour souffrir la vérité et pour la dire, vacven. Max. ccxixv. Même bonté, même naturel, mêmes grâces que Madame de Scalicr, avec un fonds de philosophie qui est rare chez le» dames, volt. Lett. Chabanon, 30 août 47ea. Si l'âne n'avait pas un grand fonda de bonnes

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qualités, il les^ perdrait par la manière dont on le traite, buff. Ane. \\ On dit d'un homme ou d'un esprit qu'il a ou qu'il n'a pas de fonda, pour exprimer qu'il a ou qu'il n'a pas de solidité et de connaissances acquises. || Faire fonds de ou sur, compter sur, se croire a.ssuré de. Il ne faut pas faire grand fonds de tout ce qu'il dit. Voilà en substanc<! toute la théologie nécessaire au chrétien, et sur laquelle un chrétien doit faire fonds, bodro, Serm. IT dim. aprèe la Petitec Oomin. L iv, p. 67. J'éprouvai bicnt/tt que je n'avais pas tort de faire fonds sur ce nouvel ami, lesage, Est.Gonial.ch.t*. Il branla la tête pour me marquer qu'il faisait peu de fonds sur des discours qu'un zélé indiscret m'inspirait, m. Gusm. d'Alf. u, ». George est un bon enfant; Mais sur de telles gens quel fonds pourrait-on faireT colun d'iiarlev. Vieux célib. i, 8. Il 10' Matière à traiter. C'est un fonds trés-ricbe et qu'on n'a pas encore exploité. ||0n le trouve dans Chateaubriand avec le sens de sujet de tableau : Ce qui prouve que le christianisme parle plus au génie que la Fable, c'est qu'en général nos graniJs peintres ont mieux réussi dans les fonds sacrés que dans les fonds profanes. Génie, m, i, 4. || 11* Terme de houillères. Galeries horizontales poussées jusqu'aux limites de l'exploitation dans le massif de houille à partir du fond du puits.

— KEM. On peut voir à l'étymologie que fonds et fond sont exactement le même mot. Aussi quand fonds est pris comme ce qu'une personne a de savoir, d'esprit, de probité, etc. et fond au n* 18 comme ce qui fait une sorte de fondement et d'état permanent, les deux signific.itlons se confondent tellement que les orthographes dans les auteurs varient sans cesse, et qu'on pourrait faire passer plusieurs exemples sans difficulté de fonds à fond, ou de fond à fonds. Le mieux serait de supprimer l'x de fonds, et de ne faire qu'un seul mot de ce qui n'en e-^t réellement qu'un, répondant en latin au mot unique fundus.

— UIST. XV* s. Sur chacun arpent fut imposé* une ayde nommée fons de terre, monstbelet, t. i, f 143, dans LAcuBNB. || xvr s. Fonds de terre, l'auteur du grand Coustumier et autres anciens onl pris ces termes pour le cens que les anciennes chartes appellent fundus terrx, Glnss. sur les eoustumes de Beauroisis, dans lacurne.

— ÉTVM. Le même que fond. L'i de ce mot n'est pas autre chose que l'i du nominatif dans l'ancien français, qui est restée au mol comme dans fils, la distinction qu'on a essayé d'établir entre fond et fonds à l'aide de cette s accidentelle est tout à fait ignorée des auteurs un peu anciens.

FONDU, CE (fon-du, due), part, possède fondre. Il 1* Porté à l'éiat de fusion. Du plomb fondu. Le» matière» que rejettent les volcans sortent le plus souvent sous la forme d'un torrent de minéraux fondus, qui inonde tous les environs de ces montagnes, BUFF. Preuv. théor. terr. Œur. t. n, p. 338, dans POUOEN». jl Fig. En un mot il y a tant d'ouvrages faits de pièces de rapport, et si peu qui soient fondus d'un seul jet, buff. Disc, de réception. Il %' Fondu en larmes, pleurant alKindamment. .... Tous ces pauvres gens étaient fondus en larmes, et déjà tous habillés de deuil, SEv. Lett. 28 août 1675. Là, fondue en larmes, Mme de Pontchartrain reconnut tous les torts de son mari, si-sm. i*t, 64. Il Dans un sens analogue. Ils venaient autour de nous tous fondus de sueur, sEv. S63. || 8° Combiné, uni. C'est le génie du grand siècle passé fondu dans la philosophie du siècle présent, volt. Leit. Laharpe, 4 sept. )77(. Dans les discours de Bossuet, la citation [est] si bien fondue avec le texte, qu'elle ne fait plus qu'un avec lui , chateaub. Génie, m, IV, 4. Il Passant par des nuances graduées. Les jambes sont d'une teinte composée, où le brun semble fondu avec le violet, buff. Oit. t. x, p. 262, dans poL'GENS. Partout les tons de couleur les mieux fondus et les plus suaves, dider. Salon de 4765, fiEui-re», t. XIII, p. 2« , dans pocof.ns. || *• Dépéri, amaigri. Depuis cette maladie, il est tout fondu. Il B' Cheval fondu , jeu d'enfants qui sautent l'un par.<lcs5us l'autre. Jouer au cheval fondu.

FONUl'E JfonKlue), ». f. \\ 1* Terme de cuisine. Mets qui se fait avec de» œufs brouille» et un mélange de fromage de gruyère fondu au feu. || J* Sucre trop chargé de sirop.

— ETVM. fondre.

t FONDrLK (fon-du-O, f. m. Genre do poisson» malacoplérvgiens.

t FOXET (fo-nè), s. m. Espèce de moule du Sénégal, la moule unie.

fFONGATB (fon-ga-n.#.^ Terme de chimie.

FON

Sel produit par la combinaison de l'acide fongique avec une base.

t FONGER (fon-jé), t'. n. 11 se dit du papier non collé qui boit l'encre.

FONGIBLE (fon-ji-bl'), adj. Terme de jurisprud ence. Se dit, en matière de prêt et d'usufruit, de toutes les choses qui peuvent se compter, se peser ou se mesurer, et qui, se consommant par l'usage, peuvent être remplacées par des quantités égales, on opposition aux choses non fongibles qui, demeurant entières après l'usage, se restituent en nature.

■ -ÊTYM. Lat. fungibilis, de fungi, remplir la fonction, l'usage de (voy. fonction) .

t FONGICOLE (fon-ji-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Oui vit sur ou dans les champignons.

— ÉTYM. Lat. fungus, champignon, et colère, habiter.

fFONGIFORME (fon-ji-for-m'), ad;'. Terme didactique. Oui a la forme d'un champignon. || Terme de géognosie. Coulée fongifoime, coulée de lave qui, s'épanchant sur un terrain horizontal, s'y répand d'une manière à peu près circulaire.

— Etvm. Lat. fungus, champignon, et forme.

t FONGIPORE (fon-ji-po-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Lithophyte qui ressemble à un champignon.

— ÉTYM. Lat. fungus, champignon, et pore, pertuis. t FONGINE (fon-ji-n'), s. /". Nom donné à la cellulose ou tissu des champignons.

— ETYM. Lat. fungus, champignon.

f FONGINIENS (fon-ji-niin) , s. m. plur. Famille de polypes où les animaux ne forment pas de polypier et vivent solitairement, attachés aux plantes marines.

t FONGIQXJE (fon-ji-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide fongique, acide qu'on trouve dans les champignons.

— ÉTYM. Lat. fungus, champignon.

fFONGITE (fon-ji-f), s. f. Pierre figurée, de

substance dure et de couleur jaune, dont les raies imitent celle du champignon. {| Polypier fossile.

— ÊTYM. Lat. fungus, champignon, et ite, finale qui, en géologie, désigne les pien-es.

t FONGIVORE (fon-ji-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Qui mange des champignons.

— ÊTYM. Lat. fungus, champignon, et vorare, manger.

t FONGOÏDE (fon-go-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un champignon. || Terme de médecine. Qui a la forme d'un fongus.

— ÉTYM. Mot hybride, du latin fungus, champignon , et elSoi;, forme.

FONGOSITÉ (fon-gô-zi-té), s. f. || 1° État de ce qui est fongueux. || 2° Terme de médecine. Petite tumeur fongueuse. || Végétation charnue, mollasse, spongieuse, en forme de champignon.

— HIST. xvi' s. La langue a esté rare et spongieuse, afin que plus facilement elle peust admettre et recevoir par sa fungosité les saveurs, PARÉ, vi, (2.

— ÉTYM. Fongueux.

FONGUEUX, ECSE (fon-gheû, gheû-z' ), adj. Il 1° Terme ùe médecine. Qui est de la nature du fongus. Ulcère fongueux. || On appelle quelquefois les fongosités, chairs fongueuses. H 2° Terme de botanique. Qui ressemble au champignon, c'est-à-dire dont la structure est charnue, mollasse et spongieuse.

— HIST. XVI" s. Aucuns adjoustent une quatrième espèce de chair fongueuse et entrelacée, qu'ils attribuent à la seule langue, pabé, i, (0.

— ÉTYM. Lat. fungosus, de fungus, champignon (voy. fongus).

FONGUS (fon-gus'), s. m. \\ 1° Terme de chirurgie. Sorte d'excroissance charnue qui s'élève d'un ulcère ou d'une plaie en forme de champignon. Un fongus de nature cancéreuse. 1| Fongus de la dure-mère, tumeurs de la dure-mère qui font saillie au dehors, après avoir percé les os, ou au dedans en déprimant le cerveau. || Terme de vétérinaire. Portion de l'uvée passant de la chambre postérieure dans la chambre antéiieure de l'oeil, et formant de petits pelotons au bord de la pupille. Il 2° Terme de botanique généralement employé pour désigner les champignons de mer.

— HIST. XVI' s. Sarcoma, autrement dit fungus est une excroissance de chair qui.... elle jette une sanie fort puante ; les vulgaires l'appellent fie Saint Fiacre, paré, v, 2|.

— ÊTYM. Lat. fungus, champignon et, de là, tumeur fongueuse ; du grec oçéffoî (voy. éponge), que les étymologistes rapprochent de l'allemand Schwamm, champignon; provenç. fange, champignon j espagn. hunjo; ital. /'unjo.

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+ FONSOIR (fon-8oir), s. m. Le même que fonçoir.

FONTAINE (fon-tè-n'), s. f || 1° Eau vive qui s'épanche à la surface du sol par un cours continu. Le bassin, les bords, la source d'une fontaine. J'en reviens encore à vous, c'est-à-dire à cette divine fontaine de Vaucluse; quelle beauté! Pétrarque avait bien raison d'en parler souvent, sév. 62. Comme il n'y a point de fontaine dont la course soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrent, boss. Sermon pour le »• dim. après la Ventée. 2. U me paraît, admirable fontaine [la fontaine médicinale do Bourbon], Que vous n'eûtes jamais la vertu d'Hippocrène, boil. Épigr. xvm. Toutes les fontaines proviennent des eaux pluviales iuliltrées et rassemblées sur la glaise, buff. Slin. t. i, p. 24 B, dans POUGENS. Sur nos lacs, en nos bois, au bord de nos fontaines.... volt. Scythes, i, <. La fontaine d'Êgérie, où Numa allait consulter la divinité des hommes de bien, stael, Corinne, v, t. || On dit dans un sens analogue : fontaine de vin, de lait, etc. Il Par extension. En ce jour, au jour du Sauveur, en ce jour où la bonté paraîtra au monde, il y aura une fontaine ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem, pour la purification du pécheur, boss. 2» sermon , Divinité de la relig. 3. Il Fig. Comme la divinité très-auguste a une source et une fontaine de divinité, ainsi que parlent les Pères grecs.... id. Sermons, Sainte Trinité, préambule. || Fontaines intermittentes, celles qui coulent et s'arrêtent par intervalles. || Fontaine intermittente, se dit aussi d'un appareil disposé de manière quo l'écoulement de l'eau subit des interruptions. Il 2° Terme de physique. Fontaine de compression, appareil où de l'air comprimé, pressant sur la surface de l'eau , la fait jaillir à une assez grande hauteur. || Fontaine de Héron, appareil ingénieux, inventé par Héron d'Alexandrie, au deu-xième siècle avant notre ère, dans lequel l'air, comprimé par une certaine quantité d'eau, en fait jaillir d'autre audessus du niveau de la première. || 3° Des yeux devenus fontaines, des yeux qui pleurent abondamment. Les ondes que j'épands.... Dans un courage saint ont leur sainte fontaine, malh. v, 4. Mais quand mes yeux seraient fontaines, Que puis-je espérer? id. v, 9. J'ai beau de mes deux yeux deux fontaines tirer, régnieb, Plainte. La reine d'Espagne devient fontaine; je comprends bien aisément le mal des séparations, sÈv. 2u sept. <67». Ses yeux étaient devenus deux fontaines de larmes, fén. Tél. xxi. || 4° Fontaine de Jouvence, voy. jouvence. || 6° Vaisseau de cuivre, de grès, do terre, etc. qui sert dcéservoir d'eau et qu'on place d'ordinaire dans une cuisine. Fontaine à filtre. I] 6» Fontaine de bière, sorte dé mesure de capacité en usage dans certaine» brasseries. || 7» Il se dit du robinet et du canal de cuivre ou d'étain par où coule l'eau d'une fontaine, le vin d'un tonneau, etc. Mettre la fontaine à un tonneau. Tournez la fontaine. Il 8° Édifice public qui verse l'eau. La fontaine des Innocents à Paris. Fontaines en grotte. Fontaines en buffet. Fontaines en portique. Fontaines adossées, etc. Cette admirable fontaine, qu'on regarde si peu, et qui est ornée des précieuses sculptures de Jean Goujon, mais qui le cède en tout à l'admirable fontaine de Bouchardon, volt. Temple du goût. La belle fontaine [de Bouchardon] de la rue de Grenelle [à Paris] ; Je disbelle pour les figures; du reste je la trouve au-drssous du médiocre, dider; Ob^erti. sur la sculpt. CBuvres, t. xv, p. 3i6, dans pougens. Point de belle fontaine où la distribution de l'eau ne forme pas la décoration principale, id. ib. p. 3<7. Il Fontaines en pyramide, fontaines composées dî plusieurs bassins par étages. || Fontaines en niches, celles qui ont leur bassin et leur jet sous une arcade, ji Borne-fontaine, voy. borne. US" Synonyme de fontanelle n° 1. 1| 10° Terme vulgaire employé pour désigner un exutoire, et parliculièrement un cautère. Ce qui contribuait encore plus que toutes ces choses à lui [à dame Jacinthe] rendre le teint frais, c'était une fontaine qu'elle avait à chaque jambe, LESAGE, Gil Blas, II, <. Il 11° Creux formé dans un coin du pétrin, où 1 on verse de l'eau pour délayer le levain et la farine. || 12° Terme d'alchimie. Fontaine de Flamel, la retorte. Fontaine des métaux, le mercure. || 13° Terme de zoologie. Fontaine de mer, actinie. || 14° Nom donné par les pêcheurs au compartiment supérieur de la tête du cachalot, qui contient de la cétine en si grande quantité, qu'ils la puisent à plein seau. !| Proverbe. Il ne faut pas dire : Fontaine je ne boirai pas de ton eau, c'està-dire il ne faut pas assurer qu'on n'aura jamais besoin de telle personne ou de telle chose.

— SYN. FONTAINE, SOURCE. Ëtymologiquemont, la

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fontaine est l'eau de source (aqua fontana); et la source est ce qui sourd, ce qui jaillit, ce qui fournit la fontaine. C'est là la nuance entre ces deux mois. La source indique ces canaux souterrains qui amènent à la surface l'eau des profondeurs; la fontaine est l'eau qui s'élève à la surface du sol dans un bassin naturel ou artificiel. C'est pour cela qu'on nomme fontaines ces édifices qui dans les villes versent de l'eau.

— HIST. XII* s. Criz [Christ] nostre sires est fontaine à nos, par cui nos sommes lavez, ST bern. p. B38. E les castels pristrent, et les bones funteines estuperent, flou, p. 3B4. Tophet, celliu ki tant est deli table de bels arbres et de bêles funteines, ib. 427. Il XIII' s. Elle a bien fait compieng [bourbier] do sa clere fontaine [elle a bien sali sa réputation], Berte, lxxiv un vallet vient Qui un

pain d'orge en la main tient Et un picher [vase] en s'autre main, Moult petit, de fontaine [d'eau] plain, Parlon. de Blois, ms. de St-Germ. f° I44, dans lacurne. Il xiv s. Onques cerf esohaufés ne désira fontene Tant fort com il désirent assambler [combattre] en la plene, Girart de Ross. v. 3473. Se un faucon a une fontaine [sorte de maladie) au pié, Hodus, ms. f° 130, dans lacurne. Une grant fontaine, en guise d'un chaslel, à pilliers de maçonnerie, à hommes à armes entour, avec le hanap et une quarte, semée d'csmaui, pesant neuf marcs, DE LABORDE, i^moux, p. 320. || xv S. [Paris] C'est la cité sur toutes couronnée, Fonteine et puis de sens et de clergie, eost. desch. Sur les beautés de Paris. Il XVI' s. Les fonteiniers et lieux frais de la terre, dont sourdent les fontaines, n'ont pas des amas d'eau cachées, ny de réceptacles et concavitez si capables que.... amyot, P. Jim. 22. La fontaine de douceur et humanité, laquelle ne doit jamais tarir en l'homme, id. Caton, 1 1 . Faisant couppcr et rompre les tuyaux, par lesquelz aucuns particuliers dpsrobboient l'eau des fonteines publiques, ainsi qu'elles passoient au long de leurs maisons, m. ib. 38. Mettant la canelle, fontaine, ou robinet au milieu du tonneau premièrement, o. de serres, 830. X petite fontaine boit on à son aise, cotgrave. L'eaue de la fontaine ne monte point plus haut que sa source, génin. Récréât, t. ii, p. 242.

— KTYM. Provenç. fontana, fontayna; espagn. et ital. fontana ; du bas-latin fontana, du latin fonlanus, dérivé de fons, fontis, source (voy. fonts).

t FONTAINEBLEAU (fon-tè-ne-blo), s. m. Nom d'une espèce de chasselas très-estiLîé qui vient à Thomery et autres lieux voisins de Fontainebleau.

fFONTAINÈSE (fon-tè-nê-z'), ou FONTANÈSE (fon-ta-nè-z') , s. m. Arbrisseau du Levant, de la fa-' mille des oléinées, Fontanesia phyllyreoides , LabiUardière.

— ÊTYM. Dédié par Labillardière au botaniste Desfontaines.

FONTAINIER (fon-te-nié), S. m. Voy. fontenier.

FONTANELLE (fon-ta-nè-l') , s. f. || 1° Endroit oii la suture coronale et la suture sagittale aboutissent, et qui, étant fort mou chez les enfants, ne commence à se durcir que vers leur seconde ou leur troisième année. || 2° Cautère, vésicatoire, séton en plein écoulement.

— HIST. XVI' s. Par le vertex ou sommet, est entendu la fontenelle, ou bien ce qui est également au milieu de la suture sagittale, paré, m, i . La plaie sera entretenue à la manière des fontainelles, avec des feuilles de lierre ou autres, o. he serres, 899.

— ÉTYM. Diminutif de fontaine: proprement petite fontaine, sens très-usité dans l'ancienne langue ; un vésicatoire et même l'espace membraneux, au sommet de la tête ayant été comparés à une fontaine qui purifie.

FONTANGE(fon-tan-j'), s. f. Nœud de ruban que les femmes portaient sur leur coiffure. || Cette coifi"ure changea de forme. La fontange devint une sorte d'édifice à plusieurs étages de fil d'archal, sur lesquels on plaçait différents morceaux de toile séparés par des rubans ornés de boucles de cheveux qui les recouvraient tout à fait, feuillet de cosches, Cous, d'un cur. t. u, p. 2(«, note 3. X hausser sa fontange en coquette éventée, hauteroche, Bourg, de qualité, i, B. Combien n'a-t-on pas vu de belles aux yeux doux, Tout à coup se changer en bourgeoises sauvages.... Et, découvrant l'orgueil de leurs rudes esprits. Sous leur fontange altière asservir leurmaris, boil. Sat. x.

— ÉTYM. Le soir, comme on se retirait [ à nne partie de chasse ], il s'éleva un petit vent qui obligea Mlle de Fontange de quitter sa capeline ; elle fit attacher sa coiffure par un ruban dont les nœuds tombaient sur le front, et cet ajustement de télo

FON

plut si fort au roi, qull la pria de ne »e coiffer point autrement de tout ce soir ; le lendemain toutes les dames de la cour parurent coifTécs de la même manière; voilà l'origine de ces grandes coilTures qu'on porto encore, et qui, de la cour de France, ont passé dans presque toutes les cours de l'Europe, busst KAUUTiN, la France gai. Mlle de Fontange a été une des maîtresses de Louis XIV. La terre de Fontange e«t appelée en latin f'onfanta, Aefontana, fontaine. 4. FONTE (fon-f), s. f. \\ 1° Action de fondre. La fonte des métaux, || Fonte de galons, action de brûler des galons pour en retirer l'or et l'argent qu'ils contiennent. || Remettre un objet à la fonte, le faire fondre de nouveau, pour le retravailler. Il Fig. Remettez pour le mieux ces deux vers à la fonte, LA FONT. Fab. ii, 1. 1| Fonte en coquille, fonderie en sable pour les pièces qui doivent avoir une grande dureté. || Conversion des monnaies de cours en d'autres monnaies nouvelles. || Action de ce qui fond, de ce qui se liquéfie. Il vit sortir de longues bandes de brouillards et de brumes, qui accompagnent la fonte de toutes les glaces, nEnN. de ST-piERBE, Étude 4. Que les fontes do neige ont eullé la Dordogne, «klille, Convers. m. 112" ParliculiÈremcnt, l'action ou l'art de mouler certains objets qu'on fait avec le bronze ou avec quelque autre métal fondu. La fonte d'une statue. Jeter une statue en fonte. Les Parisiens lui firent [au lieutenant général, en < snaj offre d'une fonte d'artillerie et d'entretenir dix mille bommcs pour autant de temps que les ennemis seraient sur la frontière, MF.zERÀï, Abrégé de l'hist. de Fr. t. ii, p. 666, Amst. l«8»t. Les quatre consoles qui étaient aux quatre angles de chaque socle faisaient une môme pièce avec le socle, et étaient de même fonte, saci. Bible, Roù, m, vu, 34. || 3' Fer de fonte, ou, simplement, fonte, produit immédiat du minerai de fer traité par le charbon dans les hauts fourneaux, et qui est essentiellement un carbure de fer contenant au plus 5 pour )00 de carbone. Marmite de fonte. Tuyau de fonte. Transformer la fonte en fer. La bonne qualiti du fer provient principalement du traitement de la mine avant et après sa mise au fourneau; si l'on obtient une très-bonne fonte, on sera bien avancé pour faire d'excellent fer, Bi-'EF. ifin. t. iv, p. no, dans pougens. || Fonte noire, fonte d'un gris foncé, qui prend l'empreinte du marteau, se casse et fond facilement, a une texture granuleuse et se forme dans les hauts fourneaux surchargés de combustible par rapport au minerai. I! Fontes blanchas, fontes formées d'un carbure homogène obtenu par le rat^oidissement brusque. • Il Fonte truitée, fonte formée de fonte blanche et de fonte noire disposées par place et diversement entremêlées. || Vives fontes, las fontes de mines qui sont très-coulantes. || Fonte brute ou crue, fer peu malléable et qui résiste à la lime. || Fontes claires, restes de coulées provenant de ce que le four a reçu trop de métal cru. || Fontes marchandes, toutes celles qui ne sont pas destinées à être converties en fer malléable. || 4' Certain alliage de métaux dont le cuivre fait la base. Canon, mortier de fonte. Que tous les canons de fonte soient ensemble bien rangés, les canons de fer de m(^me, Correspond, de Colbert , III, i, p. H6. Il Fonte verte, ancien nom dubronze. I.e nombre des navires et de tous leurs canons de fonte verte et de fer, armes et munitions, Ordonn. de janv. 1629 sur la marine, art. 44<,dans caillet, L'administ. en France sous Richelieu, t. ii, p. 46, Paris, («60. Il Fonte inoxydable, alliage de cuivre, de fer et de zinc, où le zinc domine. || 6° L'art, le travail du fondeur. || 6° Terme d'imprimerie. Ensemble de caractîrcs fondus sur un certain type. Une fonte de petit romain. || Fontes hautes, celles qui excèdent la hauteur commune aux caractères d'imprimerie. || Fonte de six feuilles, de douze formes, fonte avec laquelle on peut composer de suite six feuilles, douze formes, sans Ctre obligé de distribuer. Il 7' Terme de peinture. Passage bien ménagé d'une teinte à une autre. Ce tableau est d'une belle fonte. || 8" Terme de manufacture. Se dit du mélange des laines de dilTèrentes couleurs qui doivent entrer dans les tissus des draps ou autres étoffes. Il 9° Fonte de bourre, opération de teinture, parlaquelleon faitbouillir la bourre dans une dissolution de cendres gravclées, faite par l'urine. Il 10* Terme de médecine. Fonte d'humeurs, nom donné autrefois aux évacuations abondantes de liquides intestinaux, bronchiques, salivaircs, etc. parce qu'on les croyait dues i la liquéfaction de matières solides. J'avais appris hier au soir, madame, la petite fonte que M. le Dauphin avait eue, qu'on na compterait assurément pour rien i un au-

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