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FONTS

f FONTIS (fon-ti), *. m. Synonyme de fondis.

FONTS (fon;r» se lie:desfon-zomés), ï. m. piur. Dans l'ancienne Église, vaisseau où l'on pratiquait le baptême par immersion. || Aujourd'hui, vaisseau où l'on reçoit l'eau qui tombe pendant l'administration du baptême. Les fonts baptismaux. Est-ce là ce que vous avez promis sur les sacrés fonts où vous fûtes régénéré en Jésus-ChristT bol'hd. Pensées, t. u, p. 344. On garde dans la chapelle de Vincenncs les fonts baptismaux qui servent aux enfants de France, saint-poix, Ess. Paris, CEuv. t. iv, p. 139, dans POUGENS. || Tenir un enfant sur les fonts, en être le parrain ou la marraine. Le cardinal do Richelieu devait tenir sur les fonts Mademoiselle [d'Orléans], retz, i, 23. || Fig. et familièrement. Tenir quelqu'un sur les fonts, s'en entretenir en détail, ou le questionner minutieusement.

— IllST. XI' s. Le patriarche [il] ocisl devant les funz, Ch. de Itol. cxvii. || iii' s. Tu prendras bapteiement Es fons dignes, saintcficz, 0 sauf serras de les pecchez Par la grâce deJhesu-Cbrist, benoît, V. •»52.||xv« s. Ass« brief vous baptiserai; Vous vcnrez [viendrez] oA je vous menrai [mènerai]; Là trouverons Im fonz touz prestz, Mystère de Barl. et

Jot. dans ooi db cambrai, p. *n. H lut requis d'un bourgeois son sujet d'estre parrain et tenir sur le« fonts son enfant, louis xi, Souv. lxx.

— ETYM. Provenç. font, a. f. ; anc. espagn. /'onif; espagn. mod. fuente; portug. et ital. fonte; du lat. fons, fontis, fontaine. Dans l'ancienne langue, font est employé souvent pour fontaine, et alors il est d'ordinaire féminin: c'est pour cela qu'on trouve, en noms de lieux, Bellefond, Froidefont, Fontfride, etc. ; et dans fonts baptismaux, il pourrait, d'après la règle de l'ancienne grammaire, être féminin, comme lettres l'est dans lettres royaux. Hais le masculin se trouve même dans le xii* siècle ; on peut penser que , pour ce terme, l'usage ecclésiastique avait conservé au mot son genre étymologique.

t FONTCRE (fon-tu-r'), ». f Terme de marine. Diminution ou disparition d'un banc de sable. Ce banc est en fonture.

— llIST. iiir s. Quant voie commune est perdue par force d'eve ou par fonture, li voisins prucbeins doivent fere voie, Liv. de just. (47.

— f.TYM. Fondre.

FOR (for), ». m. IJl'Le for extérieur, l'aulonté de lajifstice humaine. Que les lois de nature,. qui obligent toujours au for intérieur, n'obligent pas toujours au for extérieur, uidkii. Opin. des anc. phil. (hobiit»m«). ||Le for ecclésiastique, la juridiction temporelle de l'Eglise. Traduire au for ecclésiastique. || Le for intérieur, l'autorité que l'Eglise exerce sur les imes et sur les choses spirituelles. Il Fig. Le for intérieur ou le for de la conscience, le jugement de la propre conscience. Ce dernier obstacle [l'attachement de Philippe IV d'Espagne à l'Autriche], ils ne crurent personne en état de le lever que le cardinal Porto Carrero par le for de b conscience, st-sih. 81, 62. La conscience, le for intérieur [comme l'appelle l'université de Salamanque] est d'une autre espèce; elle n'a rien de commun avec les lois de l'État, volt. Dict. phil. Aranda. Il For n'est resté dans l'usage qu'en ces locutions. (12° Anciennement, coutumes, privilèges, dans certaines contrées. Quelques localités du Béarn avaient leurs fors particuliers.

— HIST. xiii* s. Orguel dist: à nesun fuerNe laissiés ne vous en vengiez , Ren. t iv, p. )4o. || xv* s. Tel feur, telle vente, les xv joies de mariage, p. 8. Il XVI* s. Les fors sont proprement les privilèges accordez aux villes et aux communaulez, lauhiêue, Gloss. du droit fr.

— ÊTYM. Provenç. for; espagn. /utro; portug. el ital. foro; du latin forum, marché, lieu d'assemblée, barreau, tribunal, dont le radical existe dans le grec çopà, action de porter, fopetv, porter. Fêrum, tribunal, vient de la coutume de tenir les audiences de justice aux lieux et joui's de marché, ou du moins à la même place, sur le forum.

». FORAGE (fo-ra-j'), s. m. Action de forer; résultat de celte action. Le forage d'un canon, d'un puits artésien.

— ÉTYM. Forer.

2. FORAGE (fo-ra-j'), ». m. Terme de féodalité. Droit sur le vin et autres boissons, levé par le seigneur.

— HIST. xur s. Et s'eut l'avouerie ausi, Et les forages leurguerpi De vin, de cervoise et de miés [hydromel], rii. mouskes, dans du cange, foragium.

— ÊTYM. Lat forum, marché (voy. for), et non de amphora, comme le veut Mallct, Compta rendus de l'adm. des finances, ("SB, t. i, p. (7.

FORAIN, AINE (fo-rin, rè-n'), adj. || 1* Qui est de dehors, étranger. On peut sans commandement préalable, saisir les meubles de son débiteur forain. Il Cbambro foraine, tribunal forain, juridiction sommaire établie autrefois au Cbàtclel de Paris pour connaître des contestations pour fait de commerce entre bourgeois de Paris et étrangers. || Traite foraine, droit d'impAt et de péage qu'on levait autrefois sur les marchandises qui entraient dans le royaume ou qui en sortaient. Aujourd'hui on dit douane, droits de douane. {| Chemin forain, chemin qui se trouve à l'abord d'une ville et dont la largeur permet au moins le passage de deux voitures. Il 2° Qui n'est pas du lieu. Propriétaire forain, propriétaire qui n'a pas son domicile dans le lieu où ses biens sont situés. || Bétail forain, bétail .<oumis à une taxe à l'entrée de la ville. || Terme de droit coutumier. Se disait de ceux qui, sans demeurer sur les terres du seigneur, possédaient des héritages mouvant de sa directe et de sa justice. Il 3* Marchand forain, ou, substantivement, un forain, marchand qui court les villes, les campagnes, les marchés, les foires (bien que forain signifie qui est étranger, et non qui est de la foire). Il vient ua

FOR

FOR

FOR

grand nomtire de marchands forains, de forains à ce marché. Le droit de rançonner les marchands forains, car alors il n'y avait point d'autres marchands, VOLT. Mœurs, («7. {| 4° Par confusion de sens, comme si, dans marchand forain, forain voulait dire qui est de la foire. Théâtre forain, petit théâtre dressé à la foire. Nous fîmes à nous deux le quart d'un vaudeville. Aux théâtres forains lequel fut présenté, Et refusé partout à l'unanimité, a. de MUSSET, Poisies nouv. Dupont et Durand. \\S. m. pi. Les forains, les bateleurs de la foire. Le parodiste oisif et les forains t'attendent, pihon, Uélrom. ni, 7. Il Nom donné spécialement aux acteurs des théâtres de la foire, par opposition aux acteurs do la Comédie française qu'on appelait les Romains, à cause des sujets de tragédies empruntés en grande partie à l'histoire romaine. || 5" Terme de marine. Rade foraine, rade mal fermée, rade ouverte aux vents du large. L'Ile a deux rades foraines, où les vaisseaux de tous les rangs sont en sûreté, lorsque les vents du nord et ceux d'ouest ne soufflent pas, RAVNAL, Uisl. phil. ix, ta. |{ 6» S. m. Terme de marine. Forain, synonyme de faux rang, ou vide dans l'arrimage.

— HIST. XII' s. Comment vous a esté entre la gent foraine? Sax. xxx. ||xiii' s. X vos et à toz les forains Me plain je... Ren. <0086. Cil bien sunt tien à droite guise; As autres biens qui sunt forain, N'astu vaillant uns vies lorain, la Rose, B363. Es rues foraines [écartées] se mettent, Et du demander Ventremettent, huteb. 3(8. ||xv* s. Convient que ses operacions foraines et par dehors soient joyeuses, legieres et de petite coustance, christ, de pis. Charles V, i, chap. 9. Ils regardèrent au millieu, et veirent une compagnie de damoiselles qui par dedans se deduisoient, mais à leur advis elles estoient de si grant beauté et leurs vestemens gettoientsi grant resplendeur que chascun tint à songe ce qu'il veoit de la veue foraine [extérieure], Perceforest, t. II, ^ 36. Il XVI' s. En croyant nous entrons de mort à vie, et ne sommes plus estrangers ne forains, înais bourgeois avec les saincts et domestiques de Dieu, calvin, Instit. 790. Un chemin forain [détourné] doit contenir quinze pieds, Coust. génér. t. i, p. 696. Impositions domaniales [sur les domaines] et foraines [sur les douanes], sully, Mém. t. X, p. 230, dans lacdrne.

— ETYM. Picard, marchands foiriens; espagn. foraneo; du bas- latin foraneus, dérivé du lat. foras, hors.

t FORAMINÉ, ÉE (fo-ra-mi-né, née), adj. Terme didactique. Qui est percé de petits trous, ou composé de cellules tubuleuses.

— ÉTVM. Lat. foramen, trou.

t FORAMIMFÈRE (fo-ra-mi-ni-fê-r*), adj. Synonyme de foraminé. || S. m. pi. Infusoires pourvus de coquilles, à plusieurs cloisons communiquant entre elles et avec le dehors par de petits trous ou pores ; on les appelle aussi polythalames et rhizopodes.

— ÉTVM. Lat. foramen, pertuis, et ferre, porter, t FORANTS (fo-ran) , ». m. pi. Terme de marine.

Se dit quelquefois des mâtereaux. || Sapinsde France qui arrivent dans les ports à l'état de bois rond.

FORBAN (for-ban), s. m. Corsaire, pirate. Il Fig. et adjectivement. Il faut des rameurs sur les bancs Et des muets aux rois forbans, béhang. Sle Alliance. \\ Un forban littéraire), un plagiaire.

— REM. L'Ordonnance d'août (681 écrit /burban; Seront de bonne prise tous vaisseaux appartenans à nos ennemis ou commandés par des pirates, fourbans et autres gens courans la mer sans commission d'aucun prince ni estât souverain.'

— ÊTYM. Forban (de foris, hors, et bas-latin bannum, ban) signifiait, dans l'ancien français, bannissement; dans le moderne, il signifie celui qui est banni, un bandit, et, particulièrement, un bandit de mer.

t FORBANNIR (for-ba-nir), «. a. Terme de droit coutumier. Bannir, reléguer.

— HIST. XVI' s. Soit d'avec toy tout vice forbanny, 3. marot, p. ) 84, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. forban.

t FORÇABLE (for-sa-bl'), adj. Qui peut être forcé, pris. Ville forçable.

— HIST. xvi* s. Neantmoins les dites forces qu'il avoit, il rendit la ville qui n'estoit forçable, m, du

BELLAT, Bl.

— ÉTYM. Forcer.

FORÇAGE (for-sa-jT,». m. Terme demonnoyage. Excédant que peut avoir une pièce au-dessus du poids prescrit par les ordonnances. || Terme de féodalité. Droit qu'on payait au seigneur pour la con-

struction ou l'entretien de son château, de sa forteresse.

—ÉTYM. Forcer.

FORÇAT (for-sa ; le ( ne se lie pas; au pluriel, l'i se lie : des for-sa-z enchaînés), s. m. || 1° Malfaiteur que la justice condamne à des travaux auxquels il no peut se soustraire. [UJ Vit notre malheureux, qui, traînant la ficelle Et les morceaux du lacs qui l'avait attrapé. Semblait un forçat échappé, LA FONT. Fabl. IX, 2. Me voilà donc forçat dans les formes, et il y avait assurément longtemps que je méritais bien de l'être, lesage, Gusman d'Alfar. Yi, 9. Il Autrefois le forçat subissait sa peine dans les galères, où il ramait pendant un certain nombre d'années. Je vois par votre dépêche du if l'opinion que vous avez que les galères où il n'y a que des forçats soient d'une moindre dépense que les autres, COLBERT, à Arnoul, t juillet )67o, dans jal. Assiste-t-elle dans un de nos ports ces misérables forçats qui, dans leurs prisons flottantes, gémissent sous le travail de la rame et sous l'inhumanité d'un comité? FLÉCH. Duchesse d'Ai'guiWon. jj Aujourd'hui que les galères n'existent plus , les forçats sont ou employés dans les arsenaux militaires ou déportés. Il Forçat libéré, forçat qui est libre après avoir accompli la durée de sa détention. || 2* Il se dit de ceux qui, pris par les chrétiens sur les Turcs, ou pris par les Turcs sur les chrétiens, étaient enchaînés sur les galères et y servaient de rameurs. Toujours comme un forçat il faut être à la rame. Naviguer jour et nuit.... réonieh, ÉpU. u. Le sort, sans fespecter ni son sang, ni sa gloire. Le fit être forçat aussitôt qu'il fut pria, la pont. Filles de Minée. Les bois se travaillent dans les cours par les forçats, qui sont là comme par toute la ville [Marseille] en liberté, à cela près qu'ils sont enchaînés trois à trois, deux chrétiens et un Turc; ce dernier, étant dans l'impossibilité de se sauver, pour être trop reconnaissable et ne savoir pas la langue, empêche les autres de s'échapper, de brosses. Lettres sur l'Italie, <5juin (739. || Fig. L'ambition, l'amour, l'avarice, la haine, Tiennent comme un forçat son esprit à la chaîne, boil. Sat. vin. Il Fig. Mes amis, de votre galère Un forçat vient de se sauver, béhang. Petit coin. f| Fig. Travailler comme un forçat, travailler excessivement. Quand on a travaillé toute la journée comme un forçat, PICARD, Collatéral, i, 42. || 3° Terme de jeux. Jouer au forçat, jouer aux cartes en s'assujettissant à certaines règles qui ordinairement ne sont pas obligatoires.

— HIST. XVI' s. Seront tenus lesdits capitaines d'entretenir en tout temps sur chacune des dictes galleres le nombre de 4 60 forçats, Ordonn. 4 6 mars 4B48.

— ÉTYM. Forçat est un participe passé à forme provençale, répondant à forcé qui s'est dit en effet pour forçat, ainsi que forçaire.

FORCE (for-s'), s. f.\\ 1* Propriété qui fait que le corps d'un homme ou d'un animal a une grande puissance d'action. {| 2° La force de l'âge. || 3° Puissance, supériorité. || 4° Se dit des États, que l'on compare à un corps vivant. || 5° Ce qui rend une armée considérable, redoutable. || 6' Supériorité physique de force, pouvoir de contraindre. || 7° Violence. Il 8° Maison de force. |{ 9" Il est bien force. Il 10' Aptitude à concevoir, à combiner, ^ réfléchir, à imaginer. || 11° Habileté, talent, expérience. Il 12° Énergie morale. || 13» Puissance d'action et d'impulsion des agents physiques. || 14° Impétuosité. Il 15° Puissance de résistance. || 16° Toute cause de mouvement. || 17° Forces au sens métaphysique. Il 18° Forces de la nature. || 19° Intensité, énergie, efficacité des choses. || 20' Il se dit des choses intellectuelles et morales. || 21° Action exercée sur l'esprit par' le discours, le style, les expressions. Il 22° Il se dit du raisonnement et des preuves. Il 23° La force d'un sujet, qualités solides qu'il renferme. Il 24° Caractère et vigueur, en parlant de peinture et do sculpture. || 25° Ce qu'il y a de fort, de contraignant dans les choses. || 26° Grande quantité. Il 27° Mofette. || 28° X force. || 29° X force de. Il 80° X toute force. || 31° De force. || 32° Par force, à force ouverte, de vive force. || 1° La propriété qui fait que le corps d'un homme ou d'un animal a une grande puissance d'action. Être doué d'une grande force de corps. Avoir de la force. Une force d'Hercule. Un cheval d'une grande force. Je n'ai pas la force de travailler. Les deux extrémités [du muscle] ont plus de force, parce que l'une soutient le muscle, et que par l'autre, c'est-à-dire par le tendon, qui est aussi le plus fort, s'exerce immédiatement le mouvement, boss. Conrwàst. ii, 3.

Je ne me soutiens plus, ma force m'abandonne, RAC. Phèdre, i , 3. Réparez promptement votre force abattue, iD. ti>. Il donnera la force à vos bras languissants, volt. Zaire, iv, t. La force dos hommes n'est estimée que vingt-cinq livres et celle des chevaux de cent soixante et quinze , 10. Dicl. phil. Force physique. La force de tout animal a reçu son plus haut degré quand l'animal a pris toute sa croissance; elle décroît quand les muscles ne reçofvent plus ime nourriture égale, ID. ib. Force. Des hommes qui avaient employé toute la force de leur corps, qui en avaient même abusé, s'il est possible d'en abuser autrement que par l'oisiveté et la débauche, buff. Uist. nal. hom. t. IV, p. 3B7, dans pougens. Hercule eut en partige la foi ce à qui rien ne résiste; Hélène, U beauté qui triomphe de la force même, p. l. cour. Éloge d'Hélène. || De toute sa force, autant que l'on peut, aussi bien que l'on peut. Criant de toute sa force, BOSs. Uist. II, 8. La Senantes était à sa toilette, qui se coiffait de toute sa force en faveur de Matla, iiAMiLT. Gram. *. || A forces égales, à force égale, à égalité de force ou de forces, en supposant que des deux côtés les forces sont égales. || Etre de force à, être assez fort pour. Il est de force à lutter contre trois hommes. || Par extension. Etre assez habile pour, ou, ironiquement, assez niais pour, et, généralement, être capable de. Il est de force à vous convaincre. Il est bien de force à faire cette bévue. Il Tour de force, action qui demande beaucoup de force ou d'adresse ; et fig. solution heureuse d'une grande difficulté. || Tour de force, dans les beaux-arts, se dit, en mauvaise part, des effets plus difficiles qu'agréables. || N'avoir ni force ni vertu, être d'une complexion délicate ; et fig. n'être bon à rien, capable de rien. C'est le soleil de janvier, il n'a ni force ni vertu. || Dans les métiers, manœuvres ou opérations de force, celles qui exigent des efforts considérables et des appareils puissants. Il Travaux de force , travaux qui exigent l'emploi des forces musculaires. \\ Au plur. Les forces du corps. Ce malade sent ses forces augmenter. Il fait plus que ses forces ne permettent. C'était [se retirer] la résolution qu'il avait prise dans sa dernière maladie; et, plutôt que de voir languir les affaires avec lui, si ses forces ne lui revenaient, il se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la vie privée, boss. Letellier. Peu à peu ils [Mentor etTélémaque] reprirent leurs forces, FÉN. Tél. viii. Céson tomba aussitôt sur lui, et, se prévalant de ses forces, lui donna tant de coups de poings et de pieds... vertot, Révol. rom. iv, p. 300. Il 2° La force de l'âge, l'époque de la vie où l'on a le plus de force. Racine, dans la force de son âge, né avec un cœur tendre, un esprit flexible, une oreille harmonieuse, donnait à la langue française un charme qu'elle n'avait point eu jusqu'alors, VOLT. Comm. Corn. Attila, préface. \\ La force du tempérament, ce qui, dans le tempérament, rend l'individu capable de résister à de grandes fatigues, d'exécuter de grands travaux. || Être dans toute sa force, avoir la plénitude de sa vigueur. || Être dans toute sa force, se dit des affaires politiques, judiciaires ou autres qui sont au plus haut point du débat , et qui préoccupent l'attention publique. L'affaire contre M. de la Chalotais, aussi odieuse et aussi absurde que celle d'Urbain Grandier, était dans toute sa force, duclos, Toy. Ital. CEuv. t. vn, p. 5, dans PODGENS. Il 3° Puissance, supériorité. Pour te récompenser, ma force est trop petite, corn. Cid, IV, s. U leur a paru [aux libertins] que c'était une contrainte importune de reconnaître qu'il y eût au ciel une force supérieure qui gouvernât tous nos mouvements et châtiât nos actions déréglées avec une autorité souveraine, boss. Sermons, 3° dim. après Pdq. préambule. Quelle force vous peut arracher des mains toutes-puissantes de Dieu, que vous irritez par vos crimes, et dont vous attirez sur vous les vengeances? id. iv, Vêlure, t. Souvenezvous comment Moïse, ce serviteur de Dieu, brisa autrefois la force d'Amalec, mass. Car.Motrfsde conv. Le grand vizir crut que son expédition était assez heureuse.... s'il ne mettait pas des avantages certains au risque d'une nouvelle bataille, qu'après tout le désespoir pouvait gagner contre la force, volt. Russie, u, t. Cette soumission [du roi de Prusse] n'a point encore rassuré Napoléon; à sa force, il ajoute la feinte; les forteresses que, par pudeur, il laisse à Frédéric, sa défiance en convoite encore l'occupation, ségur, Hist. de Nap. i, ». La force la plus forte C'est un cœur innocent, T. HOOO, F. d'aut. 37. || Avoir force, avoir une influence active. Son exemple aurait

FOR

force, ot ferait qu'à l'envi Tous voudraient imiter te chef qu'ils ont suivi, cohn. Toiton d'or, i, ». Il Ressources que procurent le bien, le crédit, le pouvoir, le talent, la position, etc. Ce personnage prend tous les jours une nouvelle force. Les forces d'un parti. Je suis toujours étonné que vous ne sentiez pas votre force et que vous ne traitiez pas tous les polissons qui vous attaquent comme vous avez fait Aliboron, d'alemb. Letl. à Voltaire, 4 août 4707. Il Les forces humaines, ce que l'homme en général est en état de faire ou de supporter. Les forces humaines ne vont pas jusque-là. Cela est au-dessus des forces humaines. 11 [Davoust] s'écriait que des hommes de fer pouvaient seuls supporter de pareilles épreuvRS ; qu'il y avait impossibilité matérielle d'y résister; que les forces humaines avaient des bornes, qu'elles étaient toutes dépassées, sÉGun, llist. de Napol. x, o. || 4° Force se dit des États que l'on compare à un corps vivant. Le royaume d'Israèl reprenait ses forces, Boss. Ilisl. I, 6. L'empire reprend quelque force sous Justinien, id. ib m, 7. Les grands hommes font la force d'un empire, id. m , 6. Dans sa force première Athènes se relève ; Ses braves sont armés de leurs longs javelots, millev. Élég. il. i| Il se dit aussi de la puissance d'un peuple, d'un État, de ses ressources, de ce qui le rend florissant. Les forces comparées de la France et de l'Angleterre. La force militaire d'un empire. || B° La force d'une armée, ce qui la rend considérable, redoutable. Vitellius avance avec sa force unie, conN. Othon, I, ». Il La force d'un régiment, d'un bataillon, le nombre effectif d'hommes qui s'y trouvent. || la force d'une place de guerre, ses moyens de défense, ses fortifications, sa garnison. || Être en force, être en état de se défendre ou d'attaquer. L'ennemi se montre en force sur notre (lanc gauche. Il Au plur. L.es forces, les troupes d'un État, d'un souverain. Je me vis en déroute avec toutes mes forces, corn. Attila, i, *. J'ai des forces assez pour tenir la campagne, rac. Théb. i, 3. Ses vœux tardifs n'étant pas exaucés, il envisage l'énormité de ses forces, il revient sur les souvenirs de Tilsitt et d'Erfurt, il accueille des renseignements inexacts sur le caractère de son rival, ségur, Hitt. de Nap. 1, 6. Alexandre et, sous lui, Barclay de ToUy, son ministre de la guerre, dirigeaient toutes ces forces; elles étaient partagées en trois armées, id. ib. iv, <. Il Terme de marine. Force ou forces navales, réunion indéterminée de bâtiments de guerre. || Là flotte d'un pays. || Ligne de force, la ligne dans laquelle les plus forts vaisseaux sont placés en tête de la ligne, en tactique navale. La ligne de contreforce se forme, au contraire, en plaçant les plus forts vaisseaux à la queue de la ligne. || 6» Supériorité physique de force ; pouvoir de contraindre. Repousser la force par la force. L'empire de la force. On a nommé la guerre le jeu de la force et du hasard. Parlez, la force en main et hors de leur atteinte, CORN. Nicom. I, I. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage, la pont. Fabl. ii, U . Je sais.... Que jamais par la force on n'entra dans un cœur, mol. Mis. iv, 3. i quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison? noss. Reine d'Angl. La force tenait lieu de droit et d'équité, boil. Art p. IV. La force fonde, étend et maintient un empire, SAURiN, Spart. III, 4. Enfin, sans toutes ces causes de haine, la position do la Prusse entre la France et la Russie obligeait Napoléon à y être le maître, il no pouvait y régner que par la force; il ne pouvait y être fort qu'en l'affaiblissant, ségur, Hist. deNap. i, 2. || Force majeure, force à la(|uelle on ne peut résister. Cas, événement de force majeure. Céder a la force majeure. Il y eut force majeure. Il est juste que l'homme ressente qu'il y a une force majeure à laquelle il faut céder, eoss. 'i'serm. Purification, 2. 'j Force publique, réunion des forces individuelles trganisées par la constitution pour maintenir les droits de tous et assurer l'exécution de la volonté générale. || Force armée, corps de ti-oupe requis pour faire exécuter la loi, ou les mesures des agents de l'autorité, lorsqu'il y a résistance. La force armée dissipa les attroupements. || Force est demeurée à la loi, les magistrats chargés de l'exécution de la loi ont triomphé do ceux qui voulaient l'enfreindre. Il Agir de force, agir par la force. Voyez s'il faut agir de force ou d'industrie, corn. Sophon. ii, 2. Il faut agir de force avec de tels esprits, m. Héracl. I, 4. Il Force ouverte, l'emploi patent de la force. Oui, si sa cruauté s'obstine à votre perte, J'irai, pour l'empêcher, jusqu'à la force ouverte, cors. Héracl. l, 4. Il Faire force à, contraindre, contenir. Et parce que la force qu'elle se faisait en cela était

FOR

très-grande et qu'elle ne pouvait la supporter plus longtemps.... d'drfé, Astrée, i, (. Faites un peu de force à votre Impatience, corn. Pomp. v, 4. Venez, madame.... montrer.... La force qu'on vous fait pour me donner la main, id. Sert, m, 3. Je veux bien néanmoins, pour te plaire une fois. Faire force à l'amour qui m'impose ses lois, mol. l'Ét. iv, ». Il 7° Violence. Employer la force. Céder à la force. .... Force n'a point do loi; S'accommoder à tout est chose nécessaire, la pont. Fianç. J'essaierai tour à tour la force et la douceur, rac. Brit. m, 6, C'est lui , seigneur , c'est lui dont la coupable audace Veut la force à la main m'attacher a son sort, id. Mithr. i, 2. || X la force I signifie à la violence 1 On enlève madame ; ami, secourez-nous ; X la force! aux brigands! au meurtre! accourez tous, COBN. la Veuve, ni, (O. Je sais qu'un vieux respect que la pudeur embrasse Veut qu'au seul nom d'amour nous fassions la grimace, Et que, lorsqu'un amant prétend nous en conter, Nous criions à la force avant que d'écouter, th. corn, le Berger extravag. iv, 3. || 8* Maison de force, maison où l'on enferme les gens de mauvaises mœurs qu'on veut corriger. || La Force, une des prisons de Paris où l'on enfermait les prévenus; elle est démolie. Il 9* Il est bien force, force m'est, force

lui est de, il est nécessaire, indispensable Sans

pouvoir attendre le reste de son armée, ce lui fut force de hasarder la bataille, mai.h. le XXIIW liv. de T. Live, ch. 8, Pour ingrat que soit un homme , c'est force que l'objet excite sa mémoire, et qu'en dépit de lui , quand il voit le présent, il se ressouvienne de l'auteur, ID. Traité des bienf. de Sénèque, i, 4 2. Mais il me fut bien force.... Que ma discrétion expiât mon péché, be- GNiEH, Sat. vm. Il m'a été force de manquer aux principales obligations de la vie civile, balz. liv. vu, lett. 34. Force lui fut de quitter la maison, la FONT, ifaxel. Il est donc force, en toute façon, que le peuple croisse; ainsi fait-il, ayant repos, biens et chevances, p. L. codr. Lett. vi. || 10° Aptitude à concevoir, à combiner, à réfléchir, à imaginer. Avoir une grande force de tête, de conception. Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et consultez longtemps votre esprit et vos forces, BOIL. Art p. 1. ù si l'esprit divin, esprit de force et de vérité, avait enrichi mon discours de ces images vives et naturelles qui représentent la vertu et qui la persuadent tout ensemble, fléch. Tur. || Absolument. Ce penseur a do la force. || La force de la mémoire, la ténacité do la mémoire. Il a une grande force de mémoire. || 11° Habileté, talent, expérience qu'on a dans un art, dans un exercice, dans une science. Il est de première force sur le violon, au pistolet, aux échecs. Ces deux écoliers sont de la même force. J'aurai la joie de pouvoir parler de vous avec l'honneur qui est dû à un homme de votre force, boss. Projet de réunion des prot. Lettre a. || Ironiquement. De même force, se dit de gens ou de choses qui ne valent pas mieux les unes que les autres. Venez, Pradon et Donnecorse, Grands écrivains de même force, De vos vers recevoir le prix, boil. Épigr. xvii. Tout ce que dit Diodore de Sicile, sept siècles après Hérodote, est de la même force dans tout ce qui regarde les antiquités et la physique, volt. Dict. phil. Diodore et Hérodote. || Ironiquement. Un fou de sa forcej un homme aussi fou que lui. Dorante, sais-tu bien qu'il n'y a point de fol aux Petitesmaisons de ta force? mariv. Fausses confid. ii, 3. Il 12* Il se dit de l'énergie morale. Il lui manque la force d'âme. L'entretien.... où, m'ayant ouvert votre cœur, j'y vis tant de résolution, de force et de générosité que vous achevâtes de gagner le mien, VOIT. Lett. 34. Il [Pierre le Grand] a eu cette force dans l'âme, qui met un homme au-deSSus des préjugés de tout ce qui l'environne et de tout ce qui l'a précédé, volt. Russie, Anecdotes. Mais, me direz-vous, la force peut-elle se donner? oui, sans doute, et plus facilement que toute autre vertu ; car elle ne tient qu'à l'habitude, oenus, Ad. et Théod. t. I, lett. 4 6, p. 4 4 7, dans pougens. La véritable force, qui vient de la grandeur d'âme, est de savoir vaincre ses passions, et non de s'y livrer, ID. Thédt. d'éduc. Ennemi génér. i, 5. Dans ce désastre désormais irrémédiable, où il fallait à chacun toute la force, siouR, Uist. de Nap. iz, 4 2. || Avoir la force de, être assez ferme pour; n'avoir pas la force de, n'être pas assez ferme pour. Le roi n'a pas la force de lui rien refuser, mainten. Lett. à Mme de St-Géran, 4 6 déc. 4 697. Je n'avais pas la force de reprendre l'autorité, pén. Tél. xiu. Je n'ai pu de m> main te conduire au supplice. Je

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n'en eus pas la force, volt. Orphel. ii, 4.||13' n se dit de la puissance d'action et d'impulsion de» agents physiques. La force de la poudre i canon. La force d'une machine à vapeur. La force d'un ressort. La force d'une chute d'eau. || Impulsion qu'a reçue le corps lancé, poussé. La force d'un boulet de canon. || On dit de même : la force d'un coup. De la force du coup pourtant il s'abattit, i a font. Fabl. vm, 27. || Terme de marine. Faire force de rames, ramer à toutes forces. || Faire force de voiles, augmenter la surface de la voilure déjà déployée pour donner plus de prise au vent, et, par là, plus de vitesse au navire. Ruyter, se voyant en liberté d'agir parce que M. du Quesne ne l'occupait point, voulut décider de cette journée par la défaite de notre avant-garde ; il fit pour cela force de voiles pour nous envelopper, et courut jusques pai mon travers, Mém. de fillette, p. 23, dans »al. Il Fig. Faire force de voiles, &ire tous ses eflorts pour réussir en quelque affaire. || Faire force de vent, forcer de voiles. Comme la barque longue taisait force de vent sur nous, et que même elle nous le gagnait, nous crûmes que nous no ferions que mieux de nous jeter à terre dans llle de Rais, RETZ, Mém. p. 312, éd. d'Amsterd. 4747, dans jal. Il 14° Impétuosité, la force de l'eau, du courant. [Par l'obéissance] vous trouverez de la consistance au milieu de l'inconstance des choses humaines ; les flots n'auront point de force pour vous abattre, ni les abtmes pour vous engloutir, boss. Panég. St Benott, 2. Il La force du pouls, le plus ou moins de force avec laquelle l'artère soulève le doigt qui la presse. || Le cœur bat avec force, les pulsations en sont fortes et rapides. {| 16° Force se dit aussi de la puissance de résistance. La force d'une poutre, d'un drap, d'une toile. |{ Terme d'architecture. Forces ou jambes de forces, pièces de bois qu'on met sur les tirants pour porter l'entrait et lui servir de jambes. {| Il se dit aussi des arcs-boutants et contre-forts en maçonnerie. || 16° Terme de mécanique. Toute cause de mouvement. Force centripète. Force centrifuge. Deux forces applfquées en un même point. La résultante des forces. || Force mouvante ou motrice, celle qui produit un mouvement. S'il est bien prouvé que ce qu'on appelle force motrice est le produit de la simple vitesse par la masse, sera-t-il moins aisé de parvenir à connaître ce que c'est qut cette force? volt. Physique, Mesure des forces, u, l. || Force morte, celle qui est actuellement neutralisée. Il Autrefois force vive, action de forces combinées avec leur vitesse comme dans le choc. Quoiqu'il parût s'être renfermé dans l'astronomie, il se mêla de la célèbre question des forces vives ; il fut le premier de l'académie qui osât se déclarer contre M. Leibnitz , fonten. Louville. Si la force n'est autre chose que le produit d'une masse par la vitesse, ce n'est donc précisément que le corps lui-même agissant ou prêt à agir avec vitesse, VOLT. Physique, Mesure des forces, ii, ï. Cette querelle était une suite de celle qui divisa si longtemps les mathématiciens sur les forces vives et sur les forces mortes, id. Comment, hist. sur Us œuvres de l'auteur de la Uenriade. || Aujourd'hui force vive d'un corps, le produit de sa masse par le carré de sa vitesse. || Fig. Les forces vives de la nation , la partie la plus vigoureuse et la plus saine de la nation. || Force d'inertie, celle en vertu de laquelle un mobile tend à conserver l'impulsion reçue, et aussi la résistance qu'il oppose à ce qui doit le mettre en mouvement quand il est en repos. U faut considérer tout corps se mouvant dans une courbe comme mû par deux puissances, dont l'une est celle qui lui ferait parcourir des tangentes et qu'on nomme la force centrifuge ou plutAt la force d'inertie, d'inactivité, par laquelle un corps suit toujours une droite, s il n'en est empêché ; et l'autre force qui retire les corps vers le centre, laquelle on nomme la force centripète, et qui est la véritable force, VOLT. Newton, m, 4. || Fig. Force d'inertie, résistance passive qui consiste surtout à ne pas obéir. Ils opposèrent la force d'inertie aux mesures de l'autorité. || 17° Au sens métaphysique, les forces , les substances qui sont causes; ce qui est à la fois substance et cause des phénomènes. L'esprit est une force . L'âme, la monade sont des forces. || 18* Forces de la nature, nom que l'on donne aux diverses propriétés de la matière telles que la gravitation, la chaleur, l'électricité, le magnétisme, l'aflinité chimique, la vie. L'on ne connaît les forces qui animent l'univers, que par le mouvement et par ses effets; ce mot même de forces ne signifie rien de matériel, et n'indique rien de ce qui peut afl'ecter

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nos organes, qui cependant sont nos seuls moyens de communication avec la nature, bufp. Jft'n. t. ix, p. 6, dans pouGENS. La force n'est autre chose que le principe des changements, bonnet, (Euv. mél. t. xviii, p. 86, note 5, dans pougens. Leibnitz définit la force, le principe qui a en soi la raison suffisante de l'actualité de l'action, m. ib. p. 77. || Équivalence des forces, voy. éqdivalence. |{ 19° Par extension, en parlant des choses, intensité, énergie, efficacité. La force de la chaleur. La force d'un acide, d'un poison. Ce vin a beaucoup de force, c'est-à-dire il est très-tonique. Cette eau-de-vio a beaucoup de force, c'est-à-dire elle est très-spiritueuse. Si ce charme a force contre nous, Régnier, Ëlég. IV. Cela est si vrai, qu'ayant fait cet hiver un effort pour en échapper avant ce terme, la force du charme me ramena de quarante lieues loin, voit. Lelt. 34. Que de ses mots savants les forces inconnues Transportent les rochers, font dcscemlre les nues, CORN. l'Illus. comique, i, ( . Le printemps par malheur était lors en sa force, la font. Fiancée. || La force de laséve, l'abondance et la vigueur de la sève. Il Fig. et familièrement. C'est la force du bois, se dit quand quelque chose se fait par la seule impétuosité de la nature. || Qualité du son appelée aussi intensité. Il 20° En parlant des choses intellectuelles et morales. Mais, au lieu de goûter ces grossières amorces. Sa vertu combattue a redoublé ses forces, CORN. Cinna, y, 3. Je sais quelle est ta flamme et quelles sont ses forces, ID. Pomp. v, 4. L'esprit le mieux fondé n'a jamais trop de forces, m. Sert, ii, 2. Je tâche avec respect à vous faire connaître Les forces d'un amour que vous avez fait naître, id. iiod. IV, 3. Il me faut essayer la force de mes pleurs, ID. Poly. m, a. Les lois de l'Église perdent leur force, pasc. Prov. 6. Saint Ascole, qui en était évêquo [de Thessalonique], la défendit par la seule force de ses prières, fléch. Ilisl. de Théod. i, 78. Seconde mes soupirs, donne force à mes pleurs, BAC. Théb. 1, 6. J'ai vu vos sentiments, j'en ai connu la force, volt. Taner.i, 8. || La force du sang, mouvements secrets de la nature entre personnes unies par les liens du sang. || 21° Il se dit du discours, du style, des expressions, pour signifier l'action puissante exercée sur l'esprit. La force du style. La force de l'éloquence n'est pas seulement une suite de raisonnements justes et vigoureux, qui subsisteraient avec la sécheresse ; cette force demande de l'embonpoint, des images frappantes, des termes énergiques, VOLT. Dict. phil. Force. On a dit que les sermons de Bourdaloue avaient plus de force, ceux de Massjllon plus de grâce, id. ib. \\ Dans la force, dans toute la force du mot, complètement, sans réserve. Êtes-vous voyageur dans la force du mot? COLLIN d'hahlev. CMt. en Esp. ii, *. || 22° 11 se dit du raisonnement, des preuves pour exprimer l'action par laquelle ils s'imposent à l'esprit. J'en ai [de vos raisons] senti la force et connu l'équité, RAC. Andr. ii, 4. La force du raisonnement Consiste dans une exposition claire des preuves exposées dans leur jour, et une conclusion juste, volt. Dict. phil. Force. Il 23° I.a force d'un sujet, les qualités solides que renferme le sujet sur lequel on travaille. Corneille, qui ne produisait ses beautés que quand il était anim,é par la force de son sujet, VOLT. Comm. Corn. Rem. Hor. || En un sens analogue, la force de la situation, en parlant d'une situation dramatique. La force de la situation 'a fait apparemment passer tous ces défauts, qui aujourd'hui seraient relevés sévèrement dans une pièce nouvelle, volt. Comm. Corn. Rem. Rodogune. || 24° Force se dit, en peinture et en sculpture, du caractère et de la vigueur manifestés dans les formes; en parlant du coloris, de l'emploi intelligent de couleurs vigoureuses; en parlant d'un tableau entier, de l'effet vigoureux que produit l'opposition habile des ombres et des lumières. |{ 25° Ce qu'il y a de fort, de contraignant dans les choses, et quelquefois de nécessaire ou d'inévitable. La force des choses. La force de l'habitude. La force de l'évidence. || La force de la vérité, le pouvoir que la vérité a sur l'esprit des hommes. || Terme de législation. Force de chose jugée, autorité d'une décision administrative ou judiciaire rendue en dernier ressort, et contre laquelle il no reste aucun moyen ordinaire de se pourvoir. Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de règle ni de fin ; que la force des choses jugées n'était presque plus connue.... Boss. Lelellier. Il Force de loi , autorité équivalente à celle d'une loi. Il s'introduisit une coutume ayant force de loi en France, en Allemagne, en Angleterre, de faire grica de la corde à tout criminel condamné qui

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savait lire; tant un homme de cette érudition était nécessaire à l'État, volt. Dict. phil. Clerc. Un long usage donne force de loi, dideb. Opin. des anc. phil. Ilobbisme. || 26° 11 s'emploie pour exprimer une forte quantité. 11 faut mêler pour un guerrier A peu de myrte et peu de roses Force palme et force laurier, malh. iv, 5. Force gens croient être plaisants qui ne sont que ridicules, balz. liv. vi, lett. 4. Peu de jasmin d'Espagne et force serpolet, la font. Fabl. IV, 4. Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons. J'ai dévoré force moutons, id. Fabl. vu, (. Je mets aussi sur la scène Des trompeurs, des scélérats. Des tyrans et des ingrats. Mainte imprudente pécore. Force sots, force flatteurs, id. ib. ix, ). Ainsi que force mondeaccourus d'aventure, MOL. l'Él. V, (4. Voir cajoler sa femme et n'en témoigner rien Se pratiqueaujourd'hui par force gens de bien,iD. Sgan. ( 7. La renommée n'en dit pas force bien, iD. D. Juan, m, 6. Voilà monsieur le marquis qui on dit force mal [de VÉcole des femmes], id. Critique, 8. || 27" Nom que les mineurs de la Loire donnent à la mofette. Il 28° X force, loe. adi'. Beaucoup, extrêmement, l'ravailler à force. Étudier à force. || 29» X force de, (oc. prép. Par beaucoup de. Auguste chaque jour, à force de bienfaits, Semble assez réparer les maux qu'il vous a faits, corn. Cinna, i, 2. S force de se faire admirer, on deviendrait insupportable, mébé, dans BOUH. Nouv. rem. X force de façons il assomme le monde , mol. Mis, ii, 6. X force de sagesse on peut être blâmable, iD. ib. i, ). 11 ne se conserve qu'à force de verser le sang, fén. Tél. m. X force de médecins et de saignées la maladie de Candide devint sérieuse, volt. Candide, 22. 11 semble qu'à force de livres on est devenu ignorant, id. Lett. Mme du Deffanl, 8 août 1770. Il obligea à force de mérite le roi, qui ne l'aimait pas, à l'employer, id. Louis XIV, 9. Il X force de bras, sans autre aide que les bras. Ils montèrent le canon à force de bras. Il X force de rames, en forçant de rames. || X force de reins, par la force des reins. Neptune frappait la terre et on en voyait sortir un cheval fougueux; il ne marchait point, il sautait à force de reins, fén. Tél. xvu.|l On dit de même : X la force du poignet. Il 30° X toute force, loc. adv. Par toute sorte de moyens. Un pâtre, à ses brebis trouvant quelque mécompte, Voulut à toute force attraper le larron, LA FONT. Fabl. VI, 4 . Il veut à toute force être au nombre des sots [maris trompés] , id. Coupe. Il veut rentrer à toute force dans la conversation, siv. 6H. Ils voulaient m'emmener à toute force, id. 677. Il X toute extrémité. X toute force enfin elle se résolut, la FONT. Fabl. iv, 22. |j X tout prendre, absolument parlant. On pourrait à toute force lui accorder ce qu'il demande. Il se pourrait à toute force que Pépin eût donné aux papes l'exarchat de Ravenne, volt. Mœurs, \ 2. N'est-ce pas que les Anglais ont besoin delà mer, dont les Français peuvent à toute force se passer? id. Louis X7, 3B. || 31° De force, loc. adv. Avec effort. Faire entrer de force une chose dans une autre. On attache les membres du martyr à deux arbres rapprochés de force, CHATEAlip. Jfart. xviii. Il Par la contrainte. Il lui fit signer de force cet acte. Il ne faut rien de force et cependant il ne faut rien de lenteur, pasc. dans COUSIN. Et tâchons d'ébranler, de force ou d'industrie. Ce malheureux dessein qu^ nous a tous troublés, MOL. Tart. IV, ï. || Prendre une ville de force, s'en emparer par une attaque. || Prendre une femme de force, la violer. || De gré ou de force, soit qu'on veuille ou qu'on ne veuille pas. Il faudra bien de gré ou de force qu'il paye le dommage. || 32° Par force, à force ouverte, de vive force, loc. adv. En employant la force, la violence, par une violence manifeste. 11 [l'amour] entre avec douceur, mais il règne par force, corn. Uor. m, 4. Contre un si grand rival j'agis à force ouverte, m. Nicom. m, 8. Trop heureux si bientôt la faveur d'un divorce Me soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force, BAC. Brit. II, 2. Il Malgré qu'on en ait. Les Maures ont appris par force à vous connaître, cohn. Cid, n, 7. Et, vertueux par force, espèreii i par envie ôter aux jeunes gens les plaisirs de la vie, mol. l'Ét. i, 2. Il Emporter use place de vive force, l'emporter par une attaque brusque. {| Fig. Attaquer de vive force les préjugés.

— HIST. XI' s. Ki abat femme à terre pur faire lui force. Lois de Guill. i 9. Il va ferir Gerin par sa grant force, Ch. de Roi. cxxi. Par vive force les en chassèrent Franc, ib. cxxiii. Com decherat ma force et ma baudur [hardiesse] 1 16. cciv. jj xw s. Mais estez vous à force et à vigor, Ronc. p. 26. [Ils] Sont en Espagne, par force l'ont saisie, ib. p. ne. Ains [j'J ai mis en lui [elle] servir Cucr et cors, force et

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pooir, Couei, xv. Li cuens de Blois devroit bien mercier Force d'amors qui lui dona amie, ib. xxi. Nos forces, nos aies [aides] lui metons en defois [refus], Sax. xviii. Mais tenons nos honors à force et à vertu, ib. xxviii. Des mains la [la croix] li vo-

leit par vive force ester, Th. le mort. 38 Quant

il murdrist la gcnt, E emble allrui avfcT, e à force le prent, ib. 3|. |{ xiii' s. Ensi nagiereut à force do rames toute la vcsprée, villkh. clxx. Si cuidierent que jamais li Franc n'eussent force, id. cliv. X force [ils] lui ouvrirent la bouche outre son gré, Bertc, XV. Li Barrois le saisit par le col et feri le cheval des espérons et le traïst par force de bras des archons [arçons], Chr. de Rains, p. 40. D'autre part covient il à fine force que li orbis [la terre ronde] soit touz pleins dedenz soi, si que l'une chose sostiegne l'autre, BRUN, latini, Trésor, p. H ) . Il dist k'à parfumir n'apent, K'està force fait, serement [qu'on n'est point obligé de tenir un serment fait par force], Edouard le conf. V. 43(9. Si cum el le [Sanson] tenoit forment Soef en son giron dormant, Copa les cheveux oses forces [ciseaux]. Dont il perdit toutes ses forces, la Rose, 1 0886. Et François sont laiens remcs à sauveté, Por çou [ce] dist-on sovent : la force paist le pré, Ch. d'Ànt. m, 306. Godefrois de Bouillon a la crois atacie [attachée] ; Or se croisent à force, Diex lor soit en aïel ib, l, 920. Ne me semble il pas que l'on puisse saveir toz les plais ne totes les forces et les soutiUances qui sont en plait, Ass. de Jér. i, B) . Et se il en est ataint ou prové, il sera encheu en la main dou seignor, corne ataint de force [violence], t6. 404, Sire, vés là Jehan qui à tort et sans reson, il ou ses commans, vint en tel liu et m'a fet tele forche [force, violence], beaum. vi, 9. Et pour ce no font force [résistence] li assacis [assassins], se l'en les occist, quant il font le commandement du vieil de la montaigne, joinv. 230. Et me dit que c'estoit force [lui faire violence], et m'otroia ma requeste, id. 287. En ceste présente charte metons nostres saelz en la force et el tesmoignage de vérité, nu- CHF.SNE, Généal. de Coligny, p. 68, dans lacl'rne. Il XV* s. Tant fut cil assaut continué et pourmené, que les Anglois entrèrent de force et de fait dedans le chaslel, froiss. ii, ii, )6. Là furent [les chevaliers gardiens d'Ypre] assaillis roidement et reculés contreval la rue, car la force n'estoit pas la leur [ils n'étaient pas en force], id. n, », 67. Le comte de Flandre manda ouvriers à force, m. 11, 11, 63. En toute Gascogne on ne trouveroit pas son pareil de force de membres, id. n, m, lO. Se vostre bonté n'y poTirvoye, Force sera que par eux voye Finer ma vie maleurée, ch. d'orl. Fredet au duc d'Orl. Il y prenoit grant peine [à la chasse] pourtant qu'il couroit les cerfs à force, comm. vi, 13. Tous deux [Alphonse de Naples et son fils] ont pris à force plusieurs femmes, id. vu, 4 1 . Grant force d'archiers, gens de sa maison pensionnaires et autres gens de bien.... id. 1,8. Ledit seigneur d'Aubigny estoiteu force de cent cinquante, ou de deux cens hommes d'armes françois, id. vu, 8. Veci telle femme, qui de vous se complaint très fort de force : est-il ainsi? l'avez-vous efforcée? louis xi, Nouv. xxv. Ne dormoit ne nuit ne jour, de force de pensera sa dame, ID. t6. XL vin. Un peu de belle force vaut moult, le- Roox DE LINCY, Prov. t. II, p. 432. Item il convenroit passer par la force Jlieux fortifiés] de plusieurs seigneurs, qui ne sont pas si entiers ne si loiausaus chrestiens comme il deussent, du cange, força. Il xvi* s. Il mourut de force de rire, rab. Garg'. i, 20. Il s'escria on meurtre et à la force, tant qu'il peut, ID. tî>. 1,26. Mais, puysque.... force me est te rappeller on subside de.... m. t6. i, 29. Ils molestent tout leur voisinage à force de trinqueballer leurs cloches, id. ib. 1, 40. Le jugement de Pantagruel feut incontinent sceu et entendu de tout le monde, et imprimé à force [en quantité], in. Pant. ii, (4. Force attractive, MONT. I, 402. La force de l'imagination, id. ib. i, 93. Pourgaigner cet advantage d'avoir faict force à

i vaincre] leur constance, id. i , 242. X toute force de toutes ses forces], id. i, 367. Un enfant, arrivé à la force de se nourrir, m. ii, I63. La dame print patience moitié par force et moitié par ciseaux [jeu de mots sur force et forces], desper. Contes, xxxiv. Ses mariniers firent telle diligence de lever l'ancre, et faire, comme dit est, force et volte, que.... car- LOix, I, 37.... Non force [qu'importe], dist M. de Vieilleville, nous avons du temps assez, m. v, 5. Le dit seigneur de Brissac, voyant la force n'estre sienne, délibéra sa rotraitte, m. du bellat, b82. Ayans vescu longuement, il est force qu'ils ayent beaucoup veu, AMYOT, Préf. vu, 32. Juha veult à toute force que ce mot Ancylia ait esté tiré de la langue grecque, ID. Numa, 23. Où force est, raison n'a lieu,

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LEROUX DE uwcT, Prov. t. II, P- »•»• Meurtres, larcins, force (le femme ou autres cas énormes, Coust. ginér. t. il, p. «os. Tellement que, par force forcée, il faut que ce traité soit publié, Uém. de Bellièvre et de Sillery, p. 3*0, dans lacurne. Estant mon intention qu'il no soit faict aucune force ny violence aux consciences de mes subjets, uenri iv, Utiret mitiires, t. iv, p. B24.

— ÊTYM. Provenç. forsa, foria; espagn. fuerta ; portug. força; ital. forxa; du bas-latin forcia, forlia, dérivé du latin fortis, fort. Ce qui empêche d'y voir le pluriel neutre forlia, c'est que les noms ainsi dérivés de pluriels neutres ont un gens collectif qui manque ici : biblia, bible, mirabilia, merveille, etc.

FORCÉ, ÉE (for-sé, sée), part, passé de forcer. Il 1° X quoi on a fait violence, qu'on a tordu, brisé avec violence. Un coffre forcé. Une serrure forcée. Ils [les Juifs] répandirent dans le monde que le sépulcre yie Jésus] avait été forcé ; mais le mensonge était si visible que la résurrection du Sauveur ne laissa pas de passer pour constante parmi le peuple, BOURDAL. Myst. Résurr. de J. C. t. i, p. 331. Un ministre est excusable du mal qu'il fait lorsque le gouvernail de l'Ëtat est forcé dans sa main par les tempêtes; mais dans le calme il est coupable de tout le bien qu'il ne Êiit pas ; Mazarin ne fit de bien qu'à lui et à sa famille, volt. Louis XIV, «. Il Terme do marine. Mâts forcés, mâts qui prennent un pli sur l'avant pour avoir porté trop de voile par un grand vent, ou pour avoir été trop tenus en étais. Il Fig. Sens forcé, sens qu'on a tordu, détourné de l'acception directe et naturelle. Donner des sens forcés à des passages clairs, c'est le sûr moyen de ne jamais s'entendre, volt. Dict. phil. Hésurrection. || î° Enlevé de vive force. Que de remparts détruits I que de villes forcées I boil. Art p. IV. Le temple est-il forcé î hac. Àlhal. v, t. Ayant appris que les lignes [de l'ennemi] avaient été forcées, HAMiLT. Gramm. 5. || 3» A qui on a fait violence. Une femme forcée par des soldats ivres. Il 4° Dont la résistance a été impuissante. Des troupes forcées dans leurs retranchements. || Par extension. Les éléments forcés , la nature forcée, les éléments, la nature obligée d'obéir à l'homme. Quoi! mon père trahi, les éléments forcés.... Lui font-ils présumer mon audace épuisée ? cORN. Védie, I, 4. Trianon et Marly bâtis ; la nature forcée dans tous ces lieux de délice, et des jardins où l'art était épuisé, VOLT. Louis XIV, 27. || 6* Terme de chasse. Pris à la course et à la fatigue. Un cerf forcé par les chiens. || Rendre forcé, obliger la bête à se rendre. Un sanglier poussé vigoureusement par une meute de vingt bons chiens et prêt à rendre forcé par eux. Il 6° Oui fait malgré soi quelque chose. La comédie du médecin forcé [malgré lui], sÉv. 227. Après t'être couvert de leur sang et du mien. Tu te verras forcé de répandre le tien, rac. Brit. v, 8. L'hérésie, depuis si longtemps redoutable au trflne par la faiblesse des règnes précédents forcés à la tolérer, mass. Or. fun. Louis IIV. || Avoir la main forcée, voy. forcer n" t. Il Terme de jeux. Être forcé, être obligé de jouer de la couleur demandée ou de prendre. || Mat forcé, position telle, aux échecs, que le roi ne peut plus changer de place sans être fait mat au coup suivant. || Au domino, dé forcé, celui qu'on est obligé de mettre, n'en ayant pas d'autre. J'ai joué à dé forcé. Fermeture forcée, celle qui ne peut s'éviter. Il 7° Qui n'est pas volontaire. Mais, s'il se dédisait d'un outrage forcé, corn. Sertor. l, 3. Le Mariage forcé, titre d'une comédie de Molière. J'irai, bien plus content et de vous et de moi, Détromper son amour d'une feinte forcée, rac. Hajai. m, 4. Les métis qui résultent de ces imions forcées ressemblent plus à leur père par la forme du bec, par les couleurs de la tête, des ailes, en un mot par les extrémités, et à leur mère par le reste du corps, BDPP. Ois. t. vu, p. 276, dans PonoENS. || Emprimt forcé, somme qu'un gouvernement force à lui apporter sous forme d'emprunt, et dont il paye les intérêts. Il Travaux forcés, voy. travail. || 8* Marche forcée, marche plus rapide ou plus prolongée que la marche ordinaire. Le régiment gagna la ville à marches forcées. || 9* Terme d'horticulture. Arbre forcé en serre, arbre dont on a hâté la végétation dans une serre. || Cultures forcées, celles qui ont pour but do produire des fruits ou des légumes précoces. Il 10° Qui manque de sincérité et de liberté. Et je ne voulais pas de sentiments forcés, corn. Poly. IV, 3. Et .sans plus te parer d'une vertu forcée, ID. Héracl. in, 3. Vous avez vu le reste et mes raisons forcées, id. Sertor. iv, 2. Ne m'importune plus de tes raiaoni forcée* ; Je vois combien tel vœux

FOR

sont loin de mes pensées, rac. Bajax. u, < . Déjà plus d'une fois dansvos plaintes forcées J'ai dû voir et j'ai vu le fond de vos pensées, iD. Iphig. il, 6. Je tremble qu'Athalie.... d'un respect forcé ne dépouille les restes, m. Alhal. i, (. Il a un ris forcé, des caresses contrefaites, la brut. via. Vous vous moquez, me dit-il d'un air forcé, ne savez-vous pas le plaisir que j'ai d'être avec vous? hariv. Marianne, 8* part. Vous connaissez ce sourire forcé et cette fausse douceur que la politesse imprime sur le visage, OENLis, Ad. et Théod. t. i, lett. M, p. (83, dans POUGENS. Il 11» Qui n'a ni .souplesse ni liberté, éloigné du naturel, en parlant des ouvrages d'esprit. Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucclle, boil. 5o(. VII. Et dans un vers forcé que surcharge un vieux mot, Couvre son peu d'esprit des phrases de Marot, VOLT. Disc. 3. || Tiré de trop loin. Rapprochement forcé. Comparaison forcée. || Style forcé, style où l'on sort du naturel, où l'on cherche à exagérer l'énergie au moyen de mots inaccoutumés ou de figures excessives. || Terme de peinture. Figures forcées, figures dont l'attitude est gênée sans nécessité. Coloris forcé, coloris outré. Effet forcé, effet où l'artifice du peintre pour l'augmenter est grossièrement employé.

t FORCEAU (for-sô), s. m. Terme de chasse et de pêche. Piquet sur lequel un filet est appuyé, et qui le retient de force.

t FORCEMEIVT (for-se-man) , *. m. || l'Action de forcer. || 2° Action de forcer une femme, de lui faire violence. || 8° Forcement de recette, exercice du droit qui appartient à l'administration de faire payer par ses commis les impôts qu'ils ont négligé de percevoir.

— HiST. ivi* s. Avant le deslogement se commit un acte très vilain d'un forcement de fille par un gentilhomme, la noue, 667. Un soldat voulant forcer une femme devant son mari est tué par lui, ce qui donna entrée au forcement de toutes les femmes, d'adb. Hist. I, 348.

— ÊTYM. Forcer.

FORCÉMENT (for-sé-man), adv. jj 1» Par force, par contrainte. Il a fait forcément cette démarche. Ce prince [Louis XI], ne faisant jamais la guerre que forcément, recevait tous ceux qui cherchaient son alliance, duclos, Hitt. Louis XI, OEuv. t. m, p. 478, dans POUGENS. {j J° Par une conséquence forcée. Ce fait admis, on doit forcément admettre les autres.

— ÉTYM. Forcé, et le suffixe ment; provenç. forsadamen; catal. forsadament ; espagn. forxadamente.

FORCENÉ, ÉE (for-se-né, née), adj. || !• Qui est

hors de sens Le dépit dont l'âme est forcenée,

RÉGmER,Sat. XI. La perte de toute espérance rend forcené, pén. Tél. xvm. Tu as l'air d'une sibylle dans son antre, qui étouffe, qui écume, qui est forcenée, ID. t. XŒ, p. 319. Les éléphants, percés de coups et ayant la plupart perdu leurs conducteurs, ne gardaient plus l'ordre accoutumé, et, comme forcenés de douleur, ne distinguaient plus amis et ennemis, bollin, Hist. anc. ÛEu». t. vi, p. 607, dans POUGENS. [Caton] Ce héros forcené , la victime d'Utique, volt. Jf. de Ces. i, i. La nature, le vrai, de nos livres bannis. Un désir forcené d'inventer et d'instruire. D'ignorants écrivains, jamais las de produire, gilb. le XVIII* tiède. || Passionné pour. Me voilà forcené des échecs, i. j. rouss. Conf. V. Il Furieux. Il prit une envie forcenée à Bessus de tuer le roi, vaugel. Q. C. v, )2, dans Ri- CHELET. Une ombre de respect pour son saint ministère Peut-être adoucira ces vainqueurs forcenés, VOLT. Orphel. i, (. Lorsqu'elle [la tigresse] a perdu tout espoir de recouvrer sa perte, des cris forcenés et lugubres, des hurlements affreux expriment sa douleur cruelle et font encore frémir ceux qui les entendent de loin, bupp. Quadrup. t. m, p. 266, dans POUGENS. || Terme de blason. Se dit d'un cheval emporté et furieux. || 8* Substantivement. C'est ainsi que .souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret, BOIL. Sat. X. Contre ces forcenés les lois sont sans vigueur, c. delav. Vêpres sicil. ii, 8.

— HIST. xii* s. Dune li unt respundu à voix li forssené : Se vus ne faites ce que li reis a mandé, U en aura tut dreit, TIt. le mart. )30. || xui* s. Fortune ainsincle pucple vanche Des bobians que vous démenés Cum orguilleus et forsenés, la Rose, G676. Ne li forsenés, ne li fols naturel ne poent fcre testament, BEADM. xn, 46. Il XV* S. Lors fut comme tout forcené et dict luy mesme que il vendrait cher 8& mort, Boucieaut, i, S4. || zti* •. Manda au comte

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de Dunoys par ung gentilhomme de« siens, que si le temps n'estoit forcené, que de sa part il ganleroit bien le passage contre tous les Espaignols, ;ea:i d'altok. Annales de Louis XII, ms. ^ 43, dans LACURNE. La forcenée curiosité de nostre nature, MONT, i, 43. Une forcenée convoitise de gloire, AMYOT, Sylla, 4 6. Un forcené de l'amour d'une vefre nommée.... carloix, ii, 2.

— ÉTYM. Provenç. fortenat; ita.\. forsennato ; du latin foris, hors, et l'allemand .Vinn, sens ; hors de sens. L'orthographe forcené par un e est contraire à l'étymologie et fautive; elle n'est pas même appuyée par l'antique usage, elle ne vient que d'une confusion malheureuse avec le mot force, et il serait mieux d'écrire forsené.

t FORCÉNEMENT (forsè-ne-man), s. m. État de celui qui est forcené. Et fuyez un tyran dont le forcènement Joindrait votre supplice à mon bannissement, CORN. Kédée, IV, 6.

— HIST. XVI* s. La colère indomptée et le forcenement Oui troublèrent l'esprit d'un misérable amant, desportes, Ot'ut'r«>, p. 443, dans lacurhe.

— ÉTYM. Forcener.

t FORCENER (for-se-né), t>. n. Devenir for-, cené, perdre la raison. Je forcené de voir que sur votre retour Un traître assure ainsi ma perte et son amour, corr. Veuve, t, ». C'est le propre de la faiblesse de forcener dès qu'elle s'aperçoit elle-même, MEnaEH, Néologie. || Se forcener, v. réfl. Même sens. Le despotisme du peuple est une puissance folle et aveugle qui se forcené contre elle-même, et qui n'est absolue et au-dessus des lois que pour achever de se détruire, pén. dans la veaux. || Mot tombé en désuétude, mais à reprendre.

— HIST. xir s. Lors ot tel duel [deuil], à poi ne forsena, Ronc. p. 06. || xiii* s. Bien puis, fet il, vis forcener [je puis bien forcener tout vif], Quant tous me tenés pour vaincu, la Rose, 3746. || xvi* s. Si on luy refuse aliments en sa saison, il forcené, impatient de delay, mort, ni, 333.

— ETYM. Voy. forcekS; provenç. forsenar, foT' eenar.

t FORCÈNERIE (for-sè-ne-rie), f. f. Acte de forcené. Comme donc je me plains de ma forcènerie, RÉGNIER, Sot. XV. Je l'aurais préféré de grand cœur à la forcènerie des états de Bretagne, sÉv. 606. || Mot tombé en désuétude, mais à reprendre.

— HIST. xiii* s. Quel forsenerie te maine X cest torment, à ceste paine? la Rose, 8788. La forsenerie d'aucun ne doit pas autrui damacier, beaum. 69. Il XVI* s. U sembloit lors qulnfernales furies Eussent rompuz , par leurs forceneriee , Fers et lyens des paluz plutoniques, crétin, p. 233, dans lacurne.

— ÉTYM. Forcener; provenç. forsenaria, forceneria; anc. ital. forsenneria.

FORCEPS (for-sèps'), ». m. || 1* Terme d'obstétrique. Instrument destiné à embrasser la tête du fœtus et à l'extraire de la matrice. || 8° Terme d'entomologie. Organe qui garnit l'extrémité anale du corps de quel |ues insectes.

— ÊTYM. Lat. forceps, tenaille, que Festus tire de formus, chaud, et capere, prendre : instrument propre à saisir les corps chauds.

FORCER (for-sé. Le c prend une cédille devant a et 0 : je forçai, forçons), v. a. \\ 1" Faire subir à une chose une violence, une effraction. Mme Colbert ne voulait qu'il la vît [sa future] que le soir ; il força les portes et se jeta à ses pieds, s*v. 394. Du sérail, s'il le faut, venez forcer la porte, rac. Bajax. II, 3. On força un coffre dont la reine avait emporté la clef, et l'on n'y trou>-a que des haires, des ceintures armées de pointes de fer, geni is, MUe de la Fayette, p. 4<6, dans pougkns. || Forcer une clef, forcer une serrure, tordre une clef, les ressorts d'une serrure, de manière que cette clef, ces ressorts ne peuvent plus jouer. || Terme d'escrime. Forcer le fer, engager avec force l'épée de son adversaire. Il Terme de manège. Fortser la main, se dit en parlant d'un cheval qui refuse d'obéir, qui s'emporte. On dit aussi forcer à la main, gagner à la main. || Fig. Forcer la main à quelqu'un, le contraindre à faire quelque chose. || Avoir la main forcée, faire quelque chose malgré soi. || Fig. Forcer le sens, y faire quelque violence qui le dénature. En prenant naturellement la gnose pour la connaissance pratique de Dieu et de l'Ëvangile, vous parlci naturellement, et cela est vrai ; en forçant le sens et substituant à la gnose l'état passif, cela est absurde, boss. iVouc. myst. IB. || On dit de même : forcer l'analogie. Ce n'est que dans une généralité scolastique et en formant l'analogie que l'on peut, sur le rapport unique de la similitude d'une seule partie, appliquer le ménii nom à des e»-

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pèces qui diffèrent autant entre elles que celle de l'oiseau du tropique, par exemple, et celle du véritable pélican, buff. Ois. t. xvi, p. 47, dans POUGENS. Il 2° Prendre, traverser de vive force. Forçons, forçons enfin ces superbes murailles, du ryer, Scévole, I, I. Montrez-lui comme il faut s'endurcir à la peine.... Reposer tout armé, forcer une muraille, corn. Cid, i, *. Je tiens sa prison même assez mal assurée.... Je crains qu'on ne la force, ID. Poly. m, 6. Est-ce là celui qui forçait les villes et qui gagnait les batailles? boss. Louis de Bourbon. On no l'eut pas plus tôt vu, pied à terre, forcer le premier ces inaccessibles hauteurs, que son ardeur entraîna tout après elle, id. t'ft. || On dit de même: forcer le passage, l'entrée, etc. Quand son bras força notre frontière, rac. Alex, ii, 1. Ses criminels amis en ont forcé l'entrée [du sérail], ID. Bajai. v, 7. Forcer le passage du Granique avec très-peu de troupes contre une multitude infinie de soldats, FÉN. Dml. des morts, Pyrrhus, Démétrius. || Par extension. Forcer la consigne, ne pas s'y conformer, l'enfreindre avec violence. || Fig. Forcer la porte de quelqu'un, entrer chez quelqu'un malgré la défense qu'il a faite de laisser entrer. |{ S' Triompher de la résistance d'une troupe militaire. Comme on les pensait forcer dans leur retranchement, on eut quelque désavantage, d'ablancoort, Arrien, i, 7, dans RicHELET. Pouvions-nous le surprendre, ou forcer les cohortes Qui de jour et de nuit tiennent toutes ses portes? cohn. Iléracl. iv, 6. Chacun se plaignait de leur brigandage [des bandes de pillards] , sans que personne pût les forcer dans leur retraite, flécii. Ilisl. de Théodose, iv, 20. Força les plus mutins, et regagnant le reste.... rac. ilithr. v, 4. Après qu'on fut entré dans la ville par les brèches, les assiégés se défendirent encore longtemps avec un courage incroyable, et il fallut les poursuivre et les forcer do maison en maison, rollin, Ilist. ane. (Miuv. t. v, p. )»7, dans pougens. Il Fig. Forcer quelqu'un dans ses retranchements, voy. RETRANCHEMENT. {| i° Faire violence à une femme. Mme de Valentinois accusa son beau-père non-seulement de lui en avoir conté, mais de l'avoir voulu forcer, st-sih. 44, 2. || B° Forcer un cheval, l'excéder de fatigue. || Se dit aussi des hommes. On les force de travail [les nègres] , on leur épargne la nourriture , même la plus commune , BUFF. Ilist. nat. hom. CEuv. t. v, p. <47, dans POUGENS. Il Forcer sa main, se fatiguer la main par quelque effort. Ma chère enfant, je ne veux pas forcer ma main ; c'est pourquoi voici le petit secrétaire, sÉv. ï60. || 6° Terme de chasse. Forcer une bête, la courre jusqu'aux abois. Forcer un cerf. Il [le loup] est infatigable et c'est peutêtre de tous les animaux le plus difficile à forcer à la course, buff. Quadrup. t. n, p. <97. Tenez , tenez , le voilà qui court la plaine et force un lièvre qui n'en peut mais , beaum. Mar. de Figaro , 11 , 2. || 7° Surmonter , vaincre. Elle a forcé les vents et dompté leur furie, malh. ii, 8. Mais enfin ton humeur force ma patience, bégnier, Élég. II. Forcez l'aveuglement dont vous êtes séduite, CORN. Médée, 1,6. Si j'aimais assez mal pour essayer mes armes A forcer des périls qu'ont préparés vos charmes, in. T'ois, d'or, 11, 2. Forcez, rompez, brisez de si honteuses chaînes, m. Nicom. 1, 2. Je cède à des raisons que je ne puis forcer, id. ib. V, 4 . Notre amour à tous deux ne rencontre qu'obstacles Presque impossibles à forcer, id. Agésil. iv, 3. Forcerai-je moi seul tout l'empire romain? mai- RET, Sophon. V, (. Nous le vîmes partout ailleurs comme un de ces hommes extraordinaires qui forcent tous les obstacles, boss. Louis de Bourbon. Combien de fois tes yeux forçant ma résistance.... rac. Alex.iy, <. C'est en vain que forçant ses soupçons ordinaires, m. Bajai. 1, t.\\ 8° Fi'g. Faire fléchir le courage. Malgré le mauvais succès de ses armes infortunées, si on a pu le vaincre, on n'a pu le forcer [Charles I], boss. Reine d'Anglet. || Ne pas laisser la liberté de faire ou ne pas faire. Force par ta vaillance Ce monarque au pardon et Chimène au silence, CORN. Cid, m, 6. Mais l'empire inhumain qu'exercent vos beautés Force jusqu'aux esprits et jusqu'aux volontés, id. Cinna, m, 4. Enfin aux châtiments il se laisse forcer, id. Inscr. mises sous des estampes, vu. Punition des villes rebelles. Si ce fds.... X quelque amour encor avait pu vous forcer, RAC Mithr. II, 4. Mazarin voulut essayer de faire Louis XIV empereur; le dessoin était chimérique; il eût fallu ou forcer les électeurs ou les séduire, VOLT. Louis XIV, 0. Il Par extension. Forcer la terre à produire. Qui force la nature a-t-il besoin qu'on l'aide? corn. Uédée, iv, 6. Notre sort n'est

pas tel qu'on le puisse forcer, id. Sophon. v, i. L'autre [Condé], et par l'avantage d'une si haute naissance, et par ces grandes pensées que le ciel envoie, et par une espèce d'instinct admirable dont les hommes ne connaissent pas le secret, semble né pour entraîner la fortune dans ses desseins et forcer les destinées, boss. Louis de Bourbon. Assez d'autres viendront, à mes ordres soumis , Se couvrir des lauriers qui vous furent promis. Et, par d'heureux exploits forçant la destinée. Trouveront d'Ilion la fatale journée, rac Iphig. iv, 6. || Il se dit aussi des sentiments, des passions, etc. Apprends d'elle à forcer ton propre sentiment, corn. Poly. V, 3. Forcez en ma faveur une trop juste haine, id. Pomp. iv, 2. Si ton cœur demeure insensible, je n'entreprendrai point de le forcer, mol. Prince d'Él. 11, 4. Je ne veux point forcer ton inclination, ID. l'Avare, iv, s. || Forcer le devoir de quelqu'un, contraindre moralement quelqu'un àmanquer

à son devoir Va, songe à ta défense. Pour forcer

mon devoir, pour m'imposer silence, corn. Cid, v,

1 . Elle cherche un combat qui force son devoir, m. ib. V, 3. Il Forcer, avec à suivi d'un infinitif. J'ai forcé ma colère à le laisser parler, corn. Nicom. i,

2. Ceux-ci, après soixante et douze ans de guerre continuelle, furent forcés à subir le joug des Romains, BOSS. Hist. I, 8. Nous sommes forcés à reconnaître nos misères, bourd. Carême, 1, Prière, 339. Que si tous mes efforts ne peuvent réprimer Cet ascendant malin qui vous force à rimer, boil. Sat. IX. X prendre ce détour qui l'aurait pu forcer? RAC. Mithr. IV, *. \\ Forcer, avec de et un infinitif. L'intempérance du malade force quelquefois le médecin d'être cruel, patru. Plaidoyer 9, dans Ri- CHELET. Et forçons-le de voir Qu'il peut en faisant grâce affermir son pouvoir, cohn. Cinna, iv, 4. ....Jusqu'à ce jour l'univers en alarmes Me forçait d'admirer le bonheur de vos armes, rac. Alex, y, 3. Et força le Jourdain de rebrousser son cours, id. Athal.y, *. Nous ne réconcilierons jamais le monde avec elle ^la vertu], il est vrai; mais, du moins, nous le f&rcerons de la respecter, mass. Panég. SI Jean-Baptiste. Il force les Anglais de se rembarquer, VOLT. Louis XV, 35. Il 9° Terme de jeux. Contraindra à JBter une carte forte ou un atout, au whist et au boston. || Obliger quelqu'un déjouer sansprendre, àl'hombre. Obliger un des joueurs à jouer un as ou le quinola, au reversis. || lO" Obtenir par force, par importunité. Forcer le consentement, le vote de quelqu'un. Votre tyrannie N'usa de son pouvoirsur la faible Amélie Que pour tromper mes vœux, que pour forcer son choix, c. delav. Vép. sicil. 11, 4. Il Obtenir par la puissance d'un sentiment. Une vertu qui devait forcer l'estime du monde, boss. Anne de Goni. Ce n'est point par des paroles qu'on peut forcer l'hommage du monde, c'est par la vertu et l'audace, vauven. l'Orat. chagr. Il [Jupiter] voulait non que le ciel les reçût [ses enfants], mais qu'il les demandât, et qu'à leur égard l'admiration seule forçât les vœux de la terre, p. l. cour. Éloge d'Hélène. \\ Forcer les respects, l'admiration, les obtenir de ceux mêmes qui ne sont pas disposés à les accorder. || 11° Terme de jardinage. Forcer une plante, l'obliger à fleurir ou à porter du fruit plus tôt qu'elle ne le ferait naturellement, au risque de la fatiguer. || Forcer à fruit, tailler long pour avoir plus de fruits. || 12° Exagérer, outrer. Ne forçons point notre talent; Nous ne ferions rien avec grâce, la font. Fabl. iv, 5. Ne forcez point la nature, sÉv. i 35. Dans son système il force un peu ses idées, boss. Var. <5. L'homme impatient force toute chose pour se contenter, fén. Tél. xxiv. Il Forcer sa voix, se dit d'un chanteur qui fait des efforts de voix. || Forcer nature, faire plus qu'on ne doit ou qu'on ne peut. On a un peu forcé nature pour mériter les bontés de Mlle Clairon, et cela est bien juste ; elle trouvera dans son rôle plusieurs changements, volt. L«M. Mlle Clairon, janv. (760. Il 13°Terme de comptabilité. Forcer la recette, passer en recette plus qu'on n'a reçu. || Forcer quelqu'un eu recette, obliger un comptable à verser une recette qu'il a négligé de recevoir. || 14° Hâter, précipiter. Forcer le pas, la marche. || 15° V. n. Terme de marine. Forcer de voiles, augmenter la voilure, de telle sorte que le vent, ayant action sur une plus grande surface de toile, fasse un plus grand effort qui pousse le navire dans la direction qu'on lui assigne, lAL. Pour ne rien dérober à M. du Quesne, il faut observer qu'il fit le devoir d'un bon général en envoyant nous dire par le chevalier de Chaumont que nous devions forcer de voiles et aborder les vaisseaux de la tête ennemie, plutôt que de nous laisser gagner par le vent, villette-mcrsat. Combat du

40 février 4076, dans jal. jj Un mftt force quand il supporte un trop grand effort, jj Forcer de rames, ramer aussi fort qu'il est possible. || 16° Terme de jeux. Jeter une carte supérieure à celle qui a d'abord été jouée. || 17° Se forcer, v. réfl. Faire trop d'efforts , mettre trop de véhémence à quelque chose. Ne vous forcez pas tant. || 18° S'efforcer. Seigneur, voyez César, forcez-vous à lui plaire, cobn. Pomp. u, 4. Il 19° Être surmonté, ô malheur qui ne se peut forcer! mol. VÉt. 11, 14. {| 20° Faire effort sur soi-même. Forcez-vous, avalez cette médecine. Sa colère, seigneur, s'est forcée un moment, MAiRET, Jfor» d'Asdrub. v, 3. Ah! forcez-vous, de grâce, à des termes plus doux, cohn. Perth. 11, 5. Je me force au respect.... id. Androm. v, 2. Ainsi Néron commence à ne se plus forcer, rac. Brit. III, 8 Et je ne puis penser Qu'à feindre si longtemps vous puissiez vous forcer, id. Mithr. m, 6.

— REM. 1. Des grammairiens ont essayé d'indiquer une nuance de sens entre forcer à et forcer de suivis d'un infinitif. Mais l'usage <les auteurs ne permet aucune distinction réelle. ||2. On trouve dans Saint-Simon : Forcer d'argent, payer une grosso somme : Dubois pensait déjà au cardinalat, et au besoin qu'il aurait de forcer d'argent à Rome, STsiM. 480, 209. Il est probable que c'est une mauvaise lecture, et qu'il faut lire foncer, voy. foncer 2.

— HIST. xni* s. Glorieus sire père.... Aies merci de m'ame, car Ii cors est forcés, Ch.d'Xnt. via, (382. Il XV" s. Par moy ton cueur jà forcé ne sera, CH. d'orl. ). Il ïvi* s. Il est bon quelquefois de forcer sa complexion pour le plaisir de ses amis, maro. Lett. 78. Alexandre, forceant la ville de Gaza, mont. 1, 4. Les mouvements forcez [involontaires] de nostre visage, id. i, 97. On me faisoit gouster la science par une volonté non forcée, et de mon propre désir, ID. I, 196. La sagesse ne force pas nos conditions naturelles [elle ne nous empêche pas d'être hommes], m. II, 20. Le peuple alloit souvent forceant ou destournant les propositions du sénat, en y estant ou adjoustant quelque chose, amïot, Lyc. 40. Au demeurant, de forcer ses ennemis qui tenoient les cymes des cousteaux, et les en dechasser à force, il n'y voyoit point de moyen, id. Fab. 46. Si l'on ne luy [à Annibal] baille point moyen de combattre, il est force forcée ou qu'il se ruine de soy mesme s'il demeure, ou.... m. ib. 30. Il veit forcer et violer ses filles estans encore à marier, m. Timol. 4 9. Ces plantes, forcées par chaleur artificielle, se perdent à peu d'occasion en leur premier âge, 0. de serres, 545.

— ÉTYM. Force; provenç. forsar; espagn. /'owar; portug. forçar; ital. forxare.

t FORCERIE (for-se-rie), t. f. Serre chaude pour arbres fruitiers.

— ÉTYM. Forcer. L'ancienne langue a forcerie, mais dans le sens de violence, beaum. lxiv, 4 0.

FORCES (for-s') , s. f. pi. Sorte de grands ciseaux pour tondre les draps, pour couper les étoffes et les tailler, pour couper les tôles, le laiton, le fer-blanc. Une paire de forces. || Terme de manège. Faire les forces, se dit d'un cheval qui ouvre beaucoup la bouche au lieu de se ramener quand on lui tire la bride.

— HIST. XII* s. Forces [il] demande, si li tondi le chief [la tête], Li coronemens Looys, v. 4 968. || xiV s. Il conviendra que la superfluité d'eles [le trop de longueur d'aiguilles laissées dans une suture de plaie] soit coupée o [avec] les forches, H. de mondeville, f° 68. Il xvi's. Avec des forces bien trenchantes sera tondu ce doux animal, 0. de serres, 324.

— ÉTYM. 'Wall, efoihez ; Hainaut , éforches ; provenç. force, forsa ; du latin forfices, ciseaux. Forces est au pluriel comme ciseaux, à cause des deux branches.

f FORCET (for-sè) , s. m. Sorte de ficelle pour mettre au bout des fouets, pour ficeler du tabac, etc.

t FORCETTES (for-sè-f), s. f. pi. Petites forces.

t FORCEUR (for-seur), s. m. Celui qui force, qui fait violence.

— HIST. XVI' s. Poliorcetes, c'est à dire forceur de ville, AMÏOT, Arist. 4 6.

— ÉTYM. Forcer ; provenç. forsaire ; espagn. forxador; portug. forçador; ital. foriatore.

t FORCE-VIVIER (for-se-vi-vié) , s. m. Mot plaisant créé par Voltaire pour désigner ceux qui prirent part au célèbre débat entre les physicie«ssurles forces vives. C'est de quoi les force-viviers ne conviendront point du tout, volt. Lett. Mairan, 24 mars 1744.

t FORCIÈRE (£br-siê-r'), t. f. Terme de pêche. Petit étang où l'on met du poisson pour l'y faire multiplier.

t FORCINE (for-si-n'), s. f. Terme rural. Renfle-

FOR

méat du corps d'un arbre & l'endroit de la réunion d'une grosse branche avec le tronc.

— ÉTVM. Force, dans le sens de grosseur.

t FORCIPULE (for-si-pu-r), t. f. Terme d'entomologie. Chacune des deux mandibules accessoires des arachnides.

— f.TYM. Diminutif du lat. forceps, tenaille.

f FORCIR (for-sir), v. n. Terme provincial. Devenir plus fort, surtout en parlant des enfants. Cet enfant a beaucoup forci.

— ÉTYM. Fort. Ce mot, bien qu'usité seulement en certaines provinces, est fait comme grossir, grandir.

FORCLOHE (for-klo-r'), V. a. 11 se conjugue comme clore,et est usité surtout au présent de l'infinitif et au participe passé. En termes de pratique, exclure de faire quelque production en justice, après certains délais passés. Il s'est laissé forclore. Forclore quelqu'un do produire. |{ Le sens propre et primitif est exclure

— HIST. xiii* s. Mes l'espérance m'est forclose, la Rose, 2)lBi. ||xv* s. Et scg compagnons qui hors estoient forclos [du château], presque tous morts, KBOiss. I, I, H9. Plaisance s'est de moy partie. Oui m'a de liesse forclos. N'en parlez plus.... CH. d'orl. la Despartie d'Amours en balade. Wxvi' s. Faible, failli, foulé, fasché, forclus, marot, ii, <2. Il [Dieu] n'a forclos la voyc à salut à aucun estât, CALV. Inst. 787. Après plusieurs disputes, les deux religions, tout autre forclose, demeurèrent establies [en Allemagne], d'aub. Hist. i, 22. Qu'il n'estoit raisonnable qu'en forcluant le plus aagé, il baillast un tel estât au plus jeune, h. du bellat, 245. Conviant, par manière dédire, les personnes dignes à ce, dont il forclost les indignes, amyot, Solon, 2.

— ÉTYM. Ane. franc, fors, hors (voy . fors), et clore. FORCLOS, OSE (for-klô, klfl-z') , part, passé

de forclore. || 1° Il a été déclaré forclos. || î° Au propre, mis dehors, laissé dehors. L'air retentit des imprécations des désespérés forclos, chateaob. Mémoires, t. VI, p. 416. Il Vieilli en ce sens.

FORCLUSION (for-klu-zion), s. f. Terme de pratique. Exclusion de faire une production en justice par suite de l'expiration du délai préfix.

— ÉTYM. Forclus, anc. part, de forclore. FORÉ, ËE (fo-ré, rée), part, passé de forer. Clef

forée, clef dont la tige est creusée pour recevoir une broche fixée dans le trou de la serrure.

FORER (fo-ré), V. a. Faire un trou, percer, à l'aide d'engins mus par un mécanisme. Forer une clef, un canon. Forer un puits artésien. Si l'on conserve l'usage de forer les canons et qu'on les coule de bonne fonte dure, il faudra en revenir aux machines à forer de M. le marquis de Montalembert, celles de M. Maritz n'étant bonnes que pour le bronze ou la fonte de fer tendre, bufp. Hist. min. t. VIII, 147, dans pougens.

— HIST. xiv s. Si par froissure sang noir mort estoit desoubz l'ongle, on doit forer l'ongle doulcement, bernabd de gorbon, Traduction, i, 27. Il XV* s. Nul serrurier ne pourra faire serrures dont les clefs en soient foirées ne creuses, si la broche n'est rivée à deux rivectz en couverture, Ordonn.

août 4489.

— ÉTYM. Provenç. forar; portug. furar; ital. forarc, du latin forare, percer; comp. l'allemand hohren, percer; anc. h. allem. poran, etc. On trouve le composé trefforer: Mes mains et mes pies [ils] trefforerent. Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 275.

t FORERIE (fo-re-rie), s. f. Atelier où l'on fore. Une forerie de canons. Il ne faut point perdre de temps i mettre la forerie en état, pour achever de forer le reste des canons du fourneau d'Arlot, Correspond, de Colbert, m, 4 82. || Action de forer. L'ouvrage de la forerie va d'autant moins vite que la fonte est meilleure, bupf. Uisl.min. t. viii, p. 434.

— ÉTYM. Forer.

t FORESTA(iE (fo-rè-sta-j'), *. m. Terme de droit coutumier. Droit que l'on payait au seigneur pour passer dans ses forêts avec des charettcs, et aussi pour y faire paître des bêtes.

— HIST. XV s. Pour droit de forestaige, à cause de l'usaige qu'ilz ont eu tous les bois, do cange, furestagium.

— ÉTYM. Forest, forêt; provenç. forastatge. FORESTIER, lÈRK (fo-rè-stié, stiê-r'), adj.

Il l' Qui a une charge dans les forêts. Garde forestier. Agent forestier. || Substantivement. Un forestier. Il Un forestier, se dit aussi d'un élève de l'école forestière. || 2" Qui concerne les forêts. Le code forestier. Au bas du petit bois est une source limpide que jamais les chaleurs de l'été n'ont tarie.... Les bergers l'appellent la forestière , ddtillbt, Tteult

FOU

de Dôle, zi. {| Arbres forestiers, arbres des grandes forêts, par opposition à arbres de> bois. Dans un grand terrain très-ingrat et mal situé où rien ne voulait croître, où le chêne, le hêtre et les autres arbres forestiers que j'avais semés n'avaient pu réussir, où tous ceux que j'avais plantés ne pouvaient s'élever, parce qu'ils étaient tous les ans saisis par les gelées, je fis planter en 4 734 des arbres toujours verts, BUFF. Hist. nat. t. viii, p. 44 6, dans POUGENS. Il Ecole forestière, école destinée i former les employés propres i soigner et à conserver les forêts de l'État et de la liste civile, et dont le siège est à Nancy. || Villes forestières, se dit de quatre villes d'Allemagne qui sont sur le Rhin au-dessus de Bile dans le voisinage de la forêt Noire; ce sont Rheinfelt, Waldshut, Scckingen et I^ufenbourg. || 3* S. m. Les forestiers de Flandre, les anciens gouverneurs de Flandre avant qu'il j edt des comtes. Judith se fit enlever par le forestier de Flandres, saint-foix, Ess. raris. Œuv. t. iv, p. fca, dans pougens.

— HIST. xiii* s. Un jor estoit aie chacier Melion et li forestier, lat de Melion. Trop sai bien mes habiz changicr. Prendre l'ung, et l'autre estrangier, Or chastelain ou forestiers ; Bricment [brièvement, en bref], sui de tous mestiers, la Rose, 4(233. Cil qui i faut [en choses de jeu et do solaz] est forestiers [grossier] et champestres, brun, latini, Trésor, p. 273.

— ÉTYM. Prov. forestier; du bas-la tin /bresJo, forêt.

FORET (fo-rè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des fo-rè-z aiguisés), s. m. Petit instrument de fer dont on se sert pour percer des plaques métalliques. Foret de serrurier. Il Petit instrument en pointe avec lequel on perce les tonneaux. Foret de marchand de vin.

— HIST. XIV' s. Faire un petit pertuis d'un foret emprès le bondonnail, Ménagier, n, ï.

— ÉTYM. Forer.

FORÊT (fo-rô ; le t ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des fo-rê-z immenses), *. f. || 1° Vaste terrain plante de bois; terrain couvert d'arbres exploités pour le chauffage, les constructions, etc. Rassembler les humains dans les forêts épars, boil. Art p. IV. Il me faut du repos, des prés et des forêts, id. Ép. VI. Les forêts de nos cris moins souvent retentissent, RAC. Fhèd.i, 4. Nourri dans les forêts, il en a la rudesse,iD. ib. m, 4. Dieux I que ne suis-je assise à l'ombre des forêts! id. ib. i, S. Dans le fond des forêts votre image me suit, id. ib. ii, 2. Au-dessous [des neiges, dans le Liban] on voit une vaste forés, de cèdres antiques, qui paraissent aussi vieux que la terre où ils sont plantés et qui portent leurs branches épaisses jusque vers les nues, fén. Tél. m. Dans l'état do nature, l'agami habite les grandes forêts des climats chauds de l'Amérique, et ne s'approche pas des endroits découverts, et encore moins des lieux habités, buff. Ois. t. viii, p. 272, dans POOGENS. Si notre indolence dure, si l'envie pressante que nous avons de jouir continue à augmenter notre indifférence pour la postérité; enfin si la police des bois n'est pas réformée, il esta craindre que les forêts, cette partie la plus noble du domaine de nos rois, ne deviennent des terres incultes, id. Hist. nat. i. vin, p. 3B8. Ces masses , ici couronnées d'impénétrables et antiques forêts qui n'ont jamais retenti du bruit de hi cognée, RAYNAL, Hist. phil. vil, 24. || Forêt close, forêt interdite aux usagers. || Forêts vierges, vastes forêts des pays inhabités. || Forêts sous-marines, forêts souterraines , forêts dont on retrouve les débris au fond des mers ou dans la terre. || Terme de chasse. Mesurer une forêt, se dit en parlant du cerf ou de toute autre bête qui la traverse. || Fig. et familièrement. Vous étiez là dans une forêt, c'est-àdire vous étiez au milieu des fripons. || On dit dans le même sens: C'est la forêt de Bondy, à cause qu'il y eut un temps où la forêt de Bondy près Paris était infestée do voleurs. || 8* Eaux et forêts, les forêts, les étangs, les cours d'eau, en tant qu'ils sont l'objet d'une sun'eiUance exercée par l'État. || Les eaux et forêts, l'administration des cours d'eau, des lacs, des bois dépendants du domaine public. Conservateur, inspecteur des eaux et forêts. || Autrefois, eaux et forêts, juridiction qui connaissait de !a chasse, de la pêche, des bois et des rivières, tant au civil qu'au criminel. Grand maître des eaux et forêts. L'arpent des eaux et forêts valait une fois et demie l'arpent de Paris. || 8° Terme d'ancienne coutume. Droit de forêt, droit que le seigneur avait d'empêcher de couper du bois sur ses terres et de pêcher dans ses eaux. || Concession de forêts, exprimait la permission d'abattre du bois et de pécher. || 4* Par extension, grande quantité, amas de choses Ion-

FOR

gués et mfnues. Une forêt de lances, l'ne forô" de mâts. Une forêt de cheveux. De dards, de javelots une forêt pressée, sadwn , Spart, iv, 4.' Il 6" Grande quantité de pièces de bois qui formert' le comble de quelque vaste édifice. La forêt du ddma des Invalides.

— 8YN. forét, BOIS. La forêt est toujours une grande étendue de terrain couverte d'arbres; le bois peut être un terrain très-petit. De plus, dans la forêt croissent les grands arbres qui sont propres i la contrée; dans le bois peut croître toute espèce d'arbres.

— HIST. XIII* s. Si comme Bcrte fut en la forest par lui [seule], BfrTe, i. Et tu, forés, qu'ici t'cspans. Qui tant es anciene et grans. Fabliaux nus. n" 7»8» 2, f° «4, dans LACL'RNE. Il XIV* s. Bien samble une forest deslanches qu'il y a Hugues Capet, v. 3tS6. Il XVI* s. Dire ne doibs fM. secret derrière paroi ne forest, LEROUX de liwct, f'rov. t. I, p. 7».

— ÉTYM. Provenç. forest, foresia ; espagn. et portug. floresta; ital. foresia; du bas-latin foresta, foreste, forestum, forasta. On a longtemps tiré ce mot de l'allemand Forst, forêt; mais aujourd'hui les étymolngistcs allemands déclarent que ce mot est venu des langues romanes dans leur langue. X la vérité, ce mot roman forest on a voulu le rattacher au haut-allemand foraha, pin; mais Diez fait remarquer que la disparition de \'h s'expliquerait mal, et qu'un suffixe est ou ast est fort rare. En conséquence il incline vers une étymologie latine déjà proposée par Frisch, à savoir foris, dehors. C'est l'étyraologie véritable; le grammairien Placidus connaît déjà un adjectif furasticus, extérieur ; et cet adjectif subsiste dans l'italien forastico, le sicilien furestico, le provençal foresgue, sauvage, rude, rétif; l'italien forestière a le sens d'étranger, d'homme du dehors. Sur ce modèle le bas-latin a formé forestare, mettre dehors, bannir. Foresta signifie donc primitivement un ban, une proscription, et un terrain sur lequel on avait prononcé un ban, une proscription de culture, d'habitation, dans l'intérêt de la chasse seig^veuriale. De là forestare signifia créer une forêt, parce que ces prohibitions s'appliquaient surtout aux t>ois où se trouvaient les bêtes fauves, et que d'ailleurs les arbres poussaient bientiJt dans les campagnes ainsi soustraites à la culture. Telle a été la transition historiquement constatée entre foresta, territoire prohibé, et forét.

t FOREUR (fo-reur), s. m. Ouvrier qui fore.

— ÉTYM. Forer.

FORFAIBE (for-fê-r'), je lorfals, nous forfoisons, vous forfaites, ils forfont; je forfaisais; Je forfis; je forferai ; je forferais; forfais, forfaisons, forfaites, qu'ils forfassent; que je forlasse; que je forfisse; forfaisant; forfait. || 1" V. n. Faire quelque chose contre le devoir, contre l'honneur. Un juge ne doit pas forfaire. U Forfaire à l'honneur, commettre un acte qui d/^/tionore. || Particulièrement, forfaire à son honneur, se dit d'une fille ou d'une femme qui se laisse séduire. Je lui pa.'ïserais mon épée au travers du corps, à elle et au galant, si elle avait forfait à son honneur, mol. George V. l, 4. Il 2" Y. a. Perdre par un forfait Louis [de Bavière] prononce que le roi de France [Philippe de Valois] a forfait la protection de l'empire , volt. Mœurs, 7b.

— HIST. XI* s. Forfait fust u duble [il serait condamné à une amende double] de ce que altre fust forfait, Lois de Guill. 2. La traïson [il] jurât, s'en est forfait, Ch. de Roi. XLV. Que que [quoique] Rolanz à Guenelon forfist, ib. ccLxxix. jj xii* s. Nus cops de lance.... N'i forferra [n'entamera l'armure) vaillissant un boton, Ronc. p. 6i. Car je forfis en bone intention, Couci, xx. Et que cil nel coupèrent [payent] qui rien n'i unt mesfait, E portent la colée lie coup] de ce qu'autre a forfait. Th. le mart. M. Pur ce esguard par raisun, o bien l'os aSchier Que, se li clers forfait à perdre sun meslier. Face le sis prelaz en sa chartro lancier, ib. 3i. || xiu* s. Knsi conmença la guerre, et forlist qui forfaire pot par terre et par mer, villeh. xcv. Il forfont lour faces (ils altè rent leurs figures], qu'ilapiergent as homes jnnant [afin de paraître jeûnant aux hommes], du cange, Gloss. fr. Sunt en terre establi li juge , Por estre deffense et refuge i cel cui li monde forfet, la Rose, 5485. Qui art meson à essient, il doit estre pendus, et forfet tout le sien en la manière que nous avons dit-dessus, BEAUM. XXX, ». Il XV* s. S. leur [aux moines de Qteaux] tourna à grand contraire, quoique le comte de Boukinghen fist faire un ban, que sur la terre nul ne forfesist à l'abbaye ni de feu ni d'autre chose. FROiss. Il, u, «». Celle garda très mal son mariage [ la première femme de Charles le Bel] et

FOR

■e forflt, II). I, I, 4». L'autre raison si estoit que, s'il futainsi que li eomlo de Monfort y eust aucun droit, si l'avoil-il forfait par deux laisons, lo. i, i, (B4. Il XVI' s. Autant comme il se povoit faire, Sans la loy chrétienne forfaire, mahot, iv, i 96. Malheur sur moy si j'ay forfait ; et si j'ay justement fait, encore ne leveray je point la teste, calv. Instit. 8)8. Celle qui a forfait à son honneur et violé sa virginité, est enterrée toute vive, amyot, Numa, (8. Thessalus a déféré et défère Alcibiades d'avoir forfeit contre les déesses Cerès et Proserpine, id. Aie. n.

— ÉTYM. Provenç. forsfar, forfar, forfaire ; anc. ital. fnrfare; Au bas-latin ^om/accre, mot à mot faire hors, agir en dehors de ce qui est permis, compromettre, offenser, nuire; de foris, hors, et facere, faire.

i. FORFAIT, AITE (for fè, for-fè-t'), part, passé de forfaire. Perdu pour cause de grand crime. Son fief forfait pour cause de félonie.

^. FORFAIT (for-fè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie : des for-fè-z odieux ; forfaits rime avec succès, paix, sujets, etc.) , s. m. Crime énorme commis avec audace. Il fut touché de l'énormité de leurs forfaits, vaugklas, Q. C. X, 4 , dans riciielet. C'est à moi seul aussi de punir son forfait, corn. Ilor. iv, 2. Je m'impute à forfait tout ce que j'imagine, id. Rodog. v , 4. De quelque grand forfait qu'on me puisse reprendre, Je n'ai garde d'avoir l'orgueil de m'en défendre, MOL. Tart. III, 8. ô toi [ô nuit], démon repos compagne aimable et sombre, X de si noirs forfaits prêteras-tu ton ombre'? boil. Lutrin, ii. Il est donc des forfaits Que le courroux des dieux ne pardonne jamais 1 volt. Sémir. v, 8. Aux malheureux toujours on trouve des forfaits. Et les plus généreux vendent cher leurs bienfaits, gilb. le Poète malheureux. Quoi donc! un écrivain veut que son nom partage Le tribut de louange offert à son ouvrage. Et m'impute à forfait, s'il blesse la raison, De la venger d'un vers égayé de son nom, m. Apologie.

— S'VN. CBIME, FORFAIT. Crime est le terme général ; le forfait est un grand crime ; à quoi il faut ajouter que forfait indique d'ordinaire un crime commis fiar quelque personnage d'une grande position, d'une grande puissance.

— HIST. XI* s. De quel forfait que "home out fait en cel tens. Lois de Guill. i. || xu* s. Par quel forfait et par quel mesprison M'avez, amors, de vous si esloigné? Couci, vu. Et Cologne destruite, dont grans est li forfais, Sax. xv. E fud lur peohied mult form'ent granz, kar par leur furfait li poples del servise Deu se retraist, Rois, p. 8. Jà ne Tarons si acrochie [une âme], Ne prise k si présent forfait [en si flagrant délit].... benoît, Chr. de Norm. m, Bi6. Il xiii* s. Fourfait ne enfrainture qu'on fasse au moustier SI Pierre, du cange, atrium. \\ iV s. Là entre deux furent traitées les délivrances du comte rie Kenfort et de ses compagnons, etc.... parmi tout encore que [moyennant (|ue] toute la terre de Pierregord demeureroit trois ans en paix, mais bien se pouvoicnt armer les chevaliers et escuyers de cette terre sans forfait; mais on ne pouvoit prendre ni ardoir, ni piller nulle chose en ladite comté, froiss. I, I, 226. Il XVI* s. [Seigneur] Pardonnez-moi mon forfait, Car c'est un forfait extresme, mabot, iv, 267. Pour le chastiement d'un forfaict si détestable,

MONT, m, 247.

— F.TYM. Provenç. forfach, forfait ; anc. ital. forfatto; du bas-latin forisfactum (voy. forfaibe),

3. FORFAIT (for-fè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie : des for-fè-z onéreux), s. m. Marché par lequel on s'engage à faire ou à fournir une chose pour un prix déterminé, à perte ou à pain. Traiter, prendre à forfait. Faire un forfait avec un architecte pour la construction d'une maison. Marché à forfait. || Forfait de communauté, clause par laquelle les époux conviennent dans leur contrat de mariage que l'un d'eux ou ses héritiers ne pourront prendre dans la communauté, quelle qu'en soit la \aleur, qu'une certaine somme déterminée. 1| Vendre, acheter à forfait, vendre, acheter en bloc et sans estimation préalable. |{ Fig. X forfait, s'est dit pour complètement .... On l'a fait enlèvera forfait; Il n'en reste, monsieur, aucun morceau sur terre, Et l'endroit est tout prêt pour y faire un parterre, dancourt. Urne Artus, i, 5. Conquêtes [des Français] qu'on ne pouvait se proposer de conserver que pour anéantir à forfait la marine d'Espagne en brûlant ses vaisseaux dans ses ports et ses chantiers, ST-siM. 605, 147.

— HIST. xvi* s. Sera mis en chacun d'icelles [villes] le nombre de six changeurs, chargez chacun

d'iceux pour le fayfort de trois marcs d'or et vingt marcs d'argent, Édit, mai 1580.

— ÊTYM. Fort-fait, qui a été fait fort de....; se faire fort de.... s'engager à (voy. port et faire).

FORFAITURE (for-fc-tu-r'), .». A || 1* Prévarication d'un magistrat. Il a été destitué pour cause de forfaiture. || 8° Terme de féodalité. Violation du serment de foi et hommaKe. Le fief pouvait être repris pour cause de forfaiture. || Par extension. Le duc de Noailles était mal avec M. et Mme la duchesse de Bourgogne, et, par même forfaiture, en abomination à la cour d'Espagne, st-sim. 404, (7.

— XI* s. Oui tort eslevera ou faus jugement fera, seit en la forfaiture le rei de quarante solz. Lois de Guill. 4t. Il XIII* s. Se li sires prent le fief en se [sa] main, par le [la] reson de le [la] forfeture de celi qui tenoit en bail.... beaum. iv, 47. || xiv* s. Nous avons ordonné que les gardes auront la quinte partie de toutes les fonrfaitures [confiscations] ((u'il trouveront, Ord. des rois, t. m, p. 4 60. || xvi* s. Cueurs endurcis par obstination. Voyez celluy qui de la forfaiture Du père Adam faict satisfaction, j.

marot, p. 221, dans lacurne Ne crains point

des Dieux la forfaicture : punition] ; Car contre amour loy ne peut estre '«icte, st gelais, p. 4 55, dans LACURNE.

— ÊTYM. Forfaire; pisvenc. forfaitura, forfachura.

FORFANTE (for-fan-f) , t. m. Terme vieilli. Hâbleur, fanfaron, chariaîai.

— HIST. XVI* s. Il y a anc^re une infinité de telles forfaateries qui ont esté inventées par les forfantes, pour affliger et tourmenter les hommes, PARÉ, XIX, 32.

— ÉTYM. Ital. furfante, coquin, fripon ; espagn. farfa>:te.

FORï.VNTERIE (for-fan-te-rie), s. f. || l'Acte de

violence (tens aujourd'hui inusité) On vint ici

faire une b^uillerie; Vous rentrâtes, voyant cette forfanterie ; Et, pour vous protéger, je vous suivis soudain, ojbn. l'Illusion, iv, 4. || 2" Caractère du forfante, e / caractère des choses que fait le forfante. Que d'afîe station et de forfanterie! mol. Tart. m, 2. Sans découvrir encore au peuple la forfanterie de notre art, ID. .4 m. mi'd. m, 2. Quelque mépris que le régent eût pour les forfanteries du maréchal, il en était quelquefois piqué, et avait été deux ou trois fois près de l'exiler; mais la dernière incartade combla la mesure, duclos, Me'm. Rég. Œuv. t. VI, p. 442, dans pougens.

— HIST. XVI* s et disoit des forfanteries les

plus agréables du monde, d'aub. Fœn. iv, 4 0 Et

tant d'autres forfanteries [crimes] et meschancetées qu'il a attribué à nos gens d'Eglise, m. ib. iv, 4 4. ... Forfanteries inventées pour «onfondre l'œuvre et se rendre admirables [il s'agit des moyens employés par les chercheurs de sources], o. de serres, 767.

— ETYM. Ital. furfanteria, action de coquin, de furfante (voy. forfante); espagn. farfantoneria. Scheler a pensé que ce mot ne venait pas de l'italien, à cause que l'italien a un sens différent, et il a indiqué le wallon forfer, dépenser, ou le wallon forvanter, se vanter outre mesure. Mais le sens italien du mot se trouve dans les exemples du xvi* siècle ; il n'y a donc là que le passage d'ime acception à une autre.

t FORFICDLAIRES (for-fl-ku-lê-r*) , s. f. plur. Famille d'insectes orthoptères dont le genre forficule est le type.

t FORFICULE (for-fl-ku-1'), s. f. Terme d'entomologie. Genre d'insectes orthoptères, parmi lesquels on distingue la forficule auriculaire, dite perceoreilles par suite d'un préjugé; car cet insecte est inoffensif.

— ETYM. Lat. forficula, diminutif de forfex, pince.

t FORGAGE (for-ga-j'), s. m. Terme de droit coutumier. Droit que le débiteur avait de reprendre ses biens vendus par autorité de justice, en rendant le prix à l'acquéreur.

— ETYM. Lat. foris, hors, et gage.

FORGE (for-j'), s. f\\ i° Usine dans laquelle la fonte de fer est transformée en métal. Un maître de forge. Toute forge qui ne produirait pas trois cents milliers de fer par an, ne vaudrait pas la peined'être établie ni maintenue, bdff. Min. t. iv, p. 408, dans POUGENS. Les intérêts'particuliers se réunirent pour représenter que les cent neuf forges qui travaillaient en Angleterre, sans y comprendre celles d'Ecosse, produisaient annuellement dix-buit mille tonnes de fer, et occupaient un grand nombre d'ouvriers habiles, RATKAL, Hist. phil. xvui, <)0. || S* Fourneau,

atelier où les métaux se travaillent au feu et au marteau. Forge de serrurier, d'orféïre. De grosses mains faites pour souffler la forge, i. j. hooss. Ém. m. Il II ronfle comme un soufflet de forge, il ronfla très-fort. || Terme de marine. Forge volante, petite forge de tôle, avec l'enclume, le soufflet, etc. qu'on prend à bord des grands bâtiments de guerre. || Fig. Cet ouvrage sort de la forge, est encore tout chaud de la forge, il a été achevé tout récemment, il sort des mains de l'auteur. Lorsqu'ils [les joumalistesl s'imposent la loi de ne parler que des ouvrages en^ core tout chauds de la forge, montesq. Lett. pers. 408. Il 3° Particulièrement. Atelier d'un maréchal ferrant. Mener un cheval à la forge. || Forge do campagne, petite forge portative, avec les outils, qui sert aux maréchaux ferrants dans les armées en marche. || 4* Fine forge , houille menue, mais grasse. || 5° Pierre de liais sur laquelle on bat le plomb à froid.

— SVN. forge, haut fodbweao. Le haut fourneau est l'usine où le minerai est réduit en fonte ; la forge est l'usine où la fonte est transformée en fer. Si dans une même usine on réduit le minerai en fonte, et celle-ci en métal, cette usine prend le nom de forge, quoique sa partie appelée forge soit exclusivement réservée à forger la fonte, c'est-à-dire à la battre avec un marteau pour la transformer en

métal, LEGOARANT.

— HIST. xni* s. Nus orfèvres ne puet ouvrir sa forge au jour d'apostele, Liv. des met. 3». Nature, qui pensoit des choses Qui sont dessous le ciel encloses, Dedens sa forge entrée estoit, Où toute s'entente metoit X forgier singulières pièces Por continuer les espieces, la Rose, 4 6097. Car Vulcanus si lais estoit. Et si charbonnés de sa forge, ib. 44069. Nous voulons que la forge de dciz [des dés] soit deffendue par tout nostre royaume, joinv. 295. Il XV* s. Je, Jean Froissart.... me suis de nouveau reveillé et entré dedans ma forge pour ouvrer et forger en la haute et noble matière de laquelle du temps passé je me suis enseigné, froiss. m, iv, 4. Robes de nouvelle forge [façon], ebst. desch. Poésies mss. ^ 497. Badller ses faiz, ou les escripre Sans forge [sans con trouver].... iD,t6. f 444. || xvi' s. Le souphre est grandement ennemy de la forge d'argent, pausst, 54. Gens de bonne forge, coi-

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