FOURMI-LION
FORillCANT (for-mi-kan), adj. m. Terme de médecine. Pouls formicant, pou!» petit, feible el fréquent, qui ne donne que la sensation d'un fourmillement,
— HIST. xvi* s. Pouls formicant, paré, viii, 4»,
— ÉTYM. Lat. fnrmicans, de formica, fourmi.
t FORMICATION (for-mi-ka-sion), *. f Terme de médecine. Douleur qu'on a comparée à celle que produiraient des fourmis qui s'agiteraient dan» une partie.
— ÈTVM. Voy. FORMICANT,
t FOltMICIVORE (for-mi-»i-vo-r^, «i;, Terme de zoologie. Qui vit de fourmis.
— ÈTYM. Lat. formica, fourmi, et rorare, dévorer. IKORUIDABLK (for-mi-da-W), adJ. Capabla d'ii».
FOR
FOR
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spirer la plus grande crainte, en parlant des perionnes. Rois.... de qui les conseils, le grand cœur et la main Me rendent formidable à tout le genre humain, coi^s. Attila, i, 2. Des hommes formidables et violents me cherchent pourra ôter la vie. Psaume 63, dans RiciiELET. Moïse à Pharaon parut moins formidable, rac. Athal. ii, 2. Je ne sais si les Suédois pourraient avoir tout d'un coup des troupes aussi formidables que celles de Charles XII, volt. Charles XII, Vise. || Il se dit aussi des choses. Si la grandeur du roi François, jeune, belliqueux, riche, était formidable aux Italiens, ils en voyaient naître une autre qui les étonnait encore davantage [celle de Charles-Quint], mézkhai. Abrégé de l'hist. de Fr. t. IV, p. 486, Amst. (688. Est-ce là que devait aboutirtoute cette grandeur formidable au monde? boss. S^rmotis, Ambition, 2. Et bientôt la censure au regard formidable. Sait, le crayon en main, marquer nos endroits faux, boil. Sal. xi. Aux portes de Trézène.... Est un temple sacré, formidable aux parjures, rac. Phèd. V, 1 . Et du sein de la terre une voix formidable Répond en gémissant à ce cri redoutable, ID. ib. V, a. Ce formidable amas de lances et d'épécs Oui du sang philistin jadis furent trempées, m. Alhal. m, 7. On hâte en gémissant ces moments formidables [d'une exécution à mort], volt. Taner. m, ».
— ÉTYM. Lat. formidabilis, venu lui-même de formidare, redouter, de formido, crainte, que Curtius ramène à formus, chaud : ce serait la sueur de la peur. Ce mot parait s'être introduit dans le français au commencement du xvu" siècle.
FORMIER (for-mié), s. m. Celui qui feit, qui vend des formes pour les chaussures.
— ÊTYM. Forme.
f FORMIQUE (for-mi-k*), adj. Terme de cbimie. Acide formique, acide qu'on extrait des fourmis, qui en fournissent moitié de leur poids. |] Êther formique, éther produit par décomposition du formiate de soude à l'aide de l'acide sulfurique et de l'alcool
— ÊTYM. Lat. formica, fourmi, pour le radical form, plus la finale chimique ique, indiquant les âiCÎdcs
t FORMORT (for-mor), ». m. ou FORMORTtTRE (for-mor-tu-r'), i. f. Terme de droit coutumier. Droit de succession attribué au seigneur d'un fief, quand quelqu'un non marié ni bourgeois était décédé sans postérité sur sa seigneurie.
— ETYM. Fors, hors, et murt : mort où il y a quelque irrégularité.
FORMUÉ, ÉE (for-mu-é, ée), part, passé. Va faucon formué.
FORMUER (for-mu-é), v. a. Terme de vénerie. Faire passer la mue à un oiseau.
— ÉTYM. Fors, hors, et mue.
FORMULAIRE (for-mu-lê-r') , s. m. |] 1° Livre,
recueil de formules. Formulaire des notaires. Formulaire pharmaceutique. || Fig. Elle est polie et de doux entretien, Connaît le monde, écrit et parle bien. Et de la cour sait tout le formulaire, t. B. Rouss. Épigr. i, ». Tout ce jargon n'est qu'un vain formulaire, J. i. rouss. Jlel. u, n. || 2° Modèle sur lequel on doit rédiger un tableau, un état, une statistique, etc. Se servir pour ces dénombrements simples d'un formulaire en table, à la fin de laquelle on pourrait joindre des remarques courtes et succinctes sur les sujets qui auront rapport à ce dénombrement, vauban, Mme, p. ih4. || 3" Tout ce qui contient quelque formule, quelque formalité à observer. Un formulaire de dévotion. || Profession de foi, dressée par formules ou articles. Un formulaire de foi qu'on fait souscrire à tous les pasteurs doit expliquer la matière pleinement et précisément, Boss. Var. xn. L'acte le plus important est le formulaire de souscription ordonné au synode de Privas, ID. ib. On a vu des guerres sanglantes pour des formulaires, et elles n'auraient pas eu lieu si les souverains avaient mieux connu leurs droits, volt. Dict. phil. Droit canonique. || Particulièrement, le bref émané de la cour de Rome, dont le clergé ordonna la signature en 1 661- et par lequel on condamna les cinq propositions de Jansénius. Signer, refuser le Formulaire. Formulaire prend ime F majuscule dans ce sens.
— hist. xvi* s. Ils ont un mesme formulaire pour toutes personnes [ils tiennent un même langage], • H. est. Du lang. fr. ital. p. 6i7. Et parce qu'elles [bulles de bourgeoisie romaine] se donnent en divers style, plus ou moins favorable, et qu'avant que j'en eusse veu, j'eusse esté bien ayse qu'on m'en eust montré un formulaire.... mont, iv, H3. Tu pouiras f.iiic Icsi'iis opillicmrs selon les formulaires (.formules] qui s'ensuivent, pari;, xxiv, 26.
— ÉTYM. Foimvle. En latin formularius signifie
praticien.
t FORMULATION (for-mu-la-ïion),». f. Action de formuler; résultat de cette action.
FORM OLE (for-mu-l'), i. f \\ 1° Forme d'cxpreision qui contient les terme» mêmes dans lesquels un acte doit être conçu. Formules des actes judiciaires. Formule de testament. Formule de serment. Formules de prières. {| Terme de diplomatique. Formules initiales de» chartes, l'invocation, la suscription et le préambule. Formules finales, la salutation, l'annonce du sceau, la date et les signatures. Celte célèbre formule de Marculfe était bien souvent mise en usage : Moi, pour le repos de mon âme, et pour n'être pas placé après ma mort parmi le» boucs, je donne à tel monastère, etc. volt. Mœurs, 20. || Il se dit aussi pour confession de foi. Les plus habiles d'entre eux [évêquos ariens] furent chargés de dresser ces formules [de chaque secte arienne] qu'ils concertèrent tous ensemble avec une extrême exactitude, FLÉcn. liisl. de Théod. in, 22. [] Formules philosophiques, phrases qui résument et définissent un systime, un point de vue. || Fig. On dit d'un homme dont le langage a quelque chnse de sentencieux et de compassé : Il ne parle que par formules. Il 2° Terme de droit romain. Acte par lequel le préteur précisait le point litigieux, et déterminait le juge qui devait en connaître. || 3° Par extension, certaines expressions qu'il faut prononcer en certaines circonstances. Il n'y avait alors aucune formule de titres usitée en Europe; on disait aux rois votre excellence, votre sérénité, votre grandeur, votre grâce indifféremment , volt. Ann. Emp. Henri IV, <077. La formule principale de tous les mystères était partout : Sortez, profanes ; les chrétiens prirent aussi dans les premiers siècles cette formule, id. Dict. phil. Initiation. \\ 4° Certaines expressions cérémonieuses ou de convenance dans les relations habituelles de la vie. La formule qui termine une lettre. Formules de politesse. Laissons de côté ces vaines formules. Il [le courtisan] a des formules de compliments pour l'entrée et pour la sortie à l'égard de ceux qu'il visite ou dont il est visité, la bruy. viir. Vous êtes au-dessus des formules de lettres, volt. Lett. Mlle Clairon, 30 août 4 766.11 5° Terme de mathématique. Ensemble de termes algébriques contenant l'expression générale d'un calcul ou son résultat. Formule algébrique. Formule différentielle. Formule intégrale. Il [Kônig] fit, l'année passée, le voyage de la Haye à Berlin, uniquement pour aller conférer avec Maupertuis sur une formule d'algèbre et sur une loi do la nature dont vous ne vous souciez guère, volt. Lett. Mme Denis, 24 juill. t7»2. ||6° Terme de chimie. Formule atomique, ou, simplement, formule, celle qui réunit les symboles ou éléments entrant dans la constitution d'un composé quelconque, et dans laquelle chaque corps simple est représenté par une ou deux des premières lettres de son nom. || Formule rationnelle, celle qui, par un certain arrangement des signes, tend à représenter la manière dont les éléments sont combiné» entre eux. Ex. : CO' . PbO indique de l'acide carbonique combiné avec du protoxyde de plomb, j) Formule brute, celle qui indique simplement les quantités des éléments entrant dans un composé. Ex : CPbO' indique une combinaison de carbone, de plomb et de 3 équivalents d'oxygène. |] 7° Terme de médecine. Exposé des substances qui doivent entrer dan» un médicament composé, avec indication de la dose de chacune d'elles et de la forme pharmaceutique.
— ÉTYM. Lat. formula, forme, formule; diminutif de forma, forme. Ce mot paraît être devenu français au xvn* siècle.
FORMULÉ, ÉE (for-mu-lé, lée), part, passé. Il 1° Fait conforme aux formules. Un acte formulé. Il Terme d'ancienne pratique. Papier formulé, nom qu'on donnait au papier timbré qui contenait souvent des formules imprimées pour toutes sortes d'actes. || 2° Exprimé précisément. Les plaintes formulées par le corps municipal au nom de la ville. Une opinion bien formulée.
FORMULER (for-mu-lé), v. a. || 1° Terme de pratique. Dresser suivant les formules. Formuler un jugement. H 2° Terme d'algèbre. Donner la formule générale d'un calcul. || 8' Terme de médecine. Déterminer la composition d'un médicament dans les termes de l'art. || 4' Fig. et néologisme. Enoncer avec la précision d'une formule. Formulez vos griefs, j'y répondrai. Formuler sa pensée, un système. || 5' Se formuler, ». réfl. Être énoncé. Leurs prétentions se formulèrent et devinrent précises.
— HIST. xiv* 8. Dessus ay formulé une complainte. BOUTKiLLER, Somme rur. p. 203, dans lacurnb.
— ETYM. Formule.
t FOR.MULISTE (for-mu-li-sf), s. m. Celui qui
est attaché aux formules, qui les suit scrupuleusement.
— HIST. xvi* 8. Formuliste, moket, Dict.
— Etym. Formule, et la terminaison iste indiquant celui qui s'occupe spécialement d'un art, d'une science, etc.
t FORMYLE (for-mi-l"), s. m. Terme de chimie. Radical composé, admis hypothétiquement dan» l'acide formique et ses dérivés.
— ÉTYM. Form pour formique, et la finale yle adoptée pour désigner les radicaux composés.
t FORNAGE (for-na-j'), s. m. Terme de droit coutumier. Droit que payaient au seigneur ceux qui faisaient cuire leur pain à son four banal.
— ÉTYM. Lat. furnus, four.
FORNICATEUR, TRICE (for-ni-ka-teur, tri-s'),
s. m. et f. Celui, celle qui commet le péché de fornication. Dieu condamnera les fornicateurs et les adultères, saci, Bible, St Paul, Ép. aux Hébr. xm, 4.
— HIST. xiii* s. Si le fornicator se marie o la damoisele dont il a eu enfanz, li enfant sont mollcré [légitimé] par le mariage, t. de jost. 2io. || xiv s. Fornicaresse [femme qui fornique], du cange, fornicatrix.
— ÉTYM. Provenç. fornicadre, fomicador, fornicairitx ; espagn. fomicador; ital./'omjcafore, /'omicatrice; du lat. fomicatorem, de fornicari, forniquer. Le provençal fornicadre est au nominatif, et fomicador au régime.
FORNICATION (for-ni-ka-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\ 1° Terme dogmatique. Le péché de la chair. Le peuple tombe dans la fornication avec les filles de Moab, saci, Bible, Nombr. xxv, t. Philippe, landgrave de Hesse, avoue qu'il est tombé très-souvent dans la fornication, volt. Mœurs, iso. Il Particulièrement. Le péché de la chair entre deux personnes qui ne sont ni mariées ni liées par aucun vœu. Les œuvres de la chair sont l'adultère, la fornication, l'impudicitéjAToutJ.rfsf. Ep. aux Gai. chap. V, dans richelet. || 2° Fig. Infidélité du peuple juif abandonnant le vrai Dieu pour les dieux étrangers. Si un homme se détourne de moi pour aller chercher les magiciens et les devins, et s'abandonne à eux par une espèce de fornication, il arrêtera sur lui l'œil de ma colère, saci. Bible, Lévit. xx, 6. Il engagea les habitants de Jérusalem dans la fornication, et rendit Juda prévaricateur, id. ib. Paralip. II, XXI, 1 1. ô mon peuple, dit le Seigneur, qui vous a donc enivré de ce vin de fornication? mass. Carême , Enf prod. On a traduit par le mot de fornicaticn les infidélités du peuple juif pour des dieux étrangers, parce que chez les prophètes ces infidélités sont appelées impuretés, souillures; c'est par la même extension qu'on a dit que les Juifs avaient rendu aux faux dieux un hommage adultère. volt. Dict. phil. Fornication.
HIST. xiii* s. Trouver sa femme en péché de
fornication, eeaum. xvin, e. Espoir qu'elles le fonten honne entencion, Por garder leurs maris de fornication, J. de meung. Test. <234. Il XV s. C'est à dire que icelui duc et une grande partie du peuple firent fornication de leurs corps avecque les femmes païennes, monstrel. i, 39.
ÊTYM. Provenç. fornicatio; espagn. fornica-
cinn; ital. fomicazione ; du lat. fomicationem, de fornicari, forniquer.
FORNIQUER (for-ni-ké), ■». n. Commettre lo péché de fornication. Ta bru a forniqué, car son ventre commence à s'enfier, volt. Phil. iv, <oi. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÊTYM. Provenç. fornicar, fornigar ; espagn. fornicar; ital. fomicare ; du lat. fornicari, de fornix, voûte, parce que c'était sous des voûte» qu'à Rome les prostituées se tenaient.
f FORNOUER (for-nou-é), V. O. Terme de tisserand. Faire un nœud.
FORPAISER (for-pè-zé), v. n. Terme de chasse. Quitter son gîte et s'en aller en des parages éloignés, en parlant des bêtes qu'on poursuit.
— HIST. XIII' s. Et se il en est foispalsiez [chassé de son pays] par la force de justice, Liv. de jost. <28 H XVI' s. Dont avint qu'un cerf et quatre biches estonnées du bruit se lancèrent d'elles mesmcs d'effroi et se forpaisans vers les murailles de la ville.... d'aub. Ilist. u, 66. Il y a eu des hommes si consciencieux que de n'espouser des filles et femmes qui eussent forpaysé et veu le monde tant scil
FOR
FOR
FOR
peu, BRÀNT. Dames gai. t. i, p. 235, dans lacorne.
— f.TYM. Fors, hors, et pays : proprement mettre hors du pays. On remarquera la prononciation forpaiser, au lieu de (orpaysé {for-pi-i-zé). Paysan se prononce encore po-zah dans quelques province».
t FORPAISSON (for-pè-»on), s. f. Terme forestier. Délit commis par des usagers qui ont fait entrer des porcs dans les forâts sans y avoir droit.
— ÊTYM. Forpattre.
FORPAÎTRE (for-pê-tr'), V. n. Terme de chasse. On dit que les bêles forpaissent ou vont forpaître quand elles cherchent leur p&ture dans des lieux éloignés de leur séjour ordinaire.
— msT. XVI' s. Le cerf se forpaist pour beaucoup de raisons, principalement en avril et en may, quand il a la teste molle et en sang, parce que, si les chiens le chassent, il n'ose fuir par les forets de peur de heurter et blusser sa teste aux branches, pouiLLOux, Vén. f° 46, dans lacubne.
— ÉTYM. Fors, hors, et pattre.
t FORQUIiVE (for-ki-n'), s. f. Fourchette d'aiv quebuso.
— ÉTYM. Diminutif de forke ou fourche.
FORS (for), prép. Terme vieilli pour lequel on dit hors, hormis, excepté. Tout est perdu, fors l'honneur. Mot attribué à François I". Moi.... A qui rien fors l'amour ne pût être contraire, Bé- ONiER, Élég. V. Il le faut avouer avecque vérité. Il me passoit en tout fors en fidélité, racan , Bergeries, dans richelet. La dame était de gracieux maintien.... Somme qu'enfin il ne lui manquait rien, Fors que d'avoir un ami digne d'elle, LA PONT. Coc. Le mal d'autrui ne me tourmente en rien, Fors excepté ce qui touche au compère, m. Fais.
— HIST. X* S. Si escit [il sortit] foers de la civitate, Fragm. de Valenc. p. 468. || xi' s. Homo qui plaide en curt, à qui curt que ço soit, fors là où li cors le roi est.... Lots de Guill. 28. Parmi la bouche en saut fors li clairs sans, Ch. de Roi. cxxxii. Il xii's. Et fors de son poing destre lui eschapa l'espée, lloric. p. (06. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui bl.ismer. Fors ses douz ieus et son simple viaire, Couci, ii. Je ne m'en sai venger fors au plorer, ib. vi. Car riens, fors moi, ne porroit endurer Les grans travaus que j'ai por lui [la] servir, ib. x. Il xiii» s. Com celé qui n'avoit fors de bien faire cure, Berte, xlii. De ceste chose-ci à nului ne parlez Fors sans plus à vo [votre] femme.... tb. cxxi. Il xiv* g. En aucunes operacions de fortitude, il ne a delettacion fors en tant comme l'en attaint à la fin, ORESME, Elh. »e. || xv' s. [Pays] durement pauvre de toute» choses fors que de bestes, fboiss. I, I, 33. Le roi d'Angleterre qui esloit alors en la fieur de sa jeunesse, et i|Ui ne desiroit fors à trouver le» armes et ses ennemis, m. i, i, 205. || xvi* s. La partie ligneuse est inutiUe, forz que i faire n;imbe lumineuse, rabel. l'ant. m, BO. Ils n'ont rien de Jésus Christ for» que le titre et l'apparence, CALv. Instit. 818.
— ËTYM. Provenç. fors; ital. fore, fuore, fori, fuori; du lat. foris, hors, qui se rapproche de fores, porte; grec, OOpa, porto, (lûpocat, dehors; sansc. df ara, dura; goth. daur; angl. door; allcm. Thûr.
FORSENANT (for-se-nan) , adj. m. Terme de chasse. Se dit d'un chien qui a beaucoup d'ardeur.
— ETYM. Participe présent du verbe forcener. Ici, dans ce mot technique, l'ancienne et meilleure orthographe par s a été conservée (voy. forcener).
FORT, ORTE (for, for-t'; le ( ne se lie pas : un homme for et hardi ; au pluriel, 1'* ne se lie pas : les homme» for et hardis; cependant quelques-uns lient cette s: des hommes for-z et hardis; quand fort estcmployé pour le superlatif absolu, le t se lie : die est for-t aimable; il se lie aussi dans la locution fort et ferme : for-tè-fïr-m'), adj. || 1" Qui a beaucoup de force. || 2° Qui a pour soi la force matérielle. Il 8° Redoutable par le nombre, l'armement, etc. Il 4" Capable, par la grosseur, de résister. Il 6» Grand et puissant de corps. || 6° Considérable en son genre, en parlant des choses. || 7* Oui est en quelque cicôs sur la juste mesure. ||8* Oui a une longue portée, en parlant de la vision. || 9* Dont le son est plein, très-marqué. || lO" Qui a une grande ténacité. || 11" Dru, rangé près à près. || 12" Rude, difficile. Il 13° Chargé, en parlant d'une couleur, d'une liqueur. || 14* Oui fait beaucoup d'impression sur le goût, sur l'odorat. || 15° Acre au goût, désagréable à l'odorat. || 18° Fig. Qui a He la grandeur.
de l'impétuosité, de la violence, en parlant de» choses. Il 17° Un fort marchand. || 18° Oui a de la force d'Ame et de la fermeté. || 19* Habile , capable. Il 20' Bien fondé, appuyé sur de bons principes. Il 21* Qui joint l'énergie à la justesse, en parlant du style. Il 22 " Oui a quelque chose d'outré. {| 23* Terme de fauconnerie. || 24' Terme de droit coutumier. Il 8S° S. m. Celui qui a une grande force musculaire. Il 26* Celui qui a la force ou la puissance. Il 27" La partie la plus forte, la plus résistante d'une chose. Il 28° n se dit en parlant des sons. || 29° Ce qui est en excès , en termes de monnaie. || 30° Le plus épais, le fourré, en termes de cha-sse. || 31° Ouvrage de terre ou de maçonnerie capable de résister i l'ennemi. || 82' Fig. La partie essentielle, principale d'une chose. ||33° Le plus haut degré, en parlant de choses physique» et morales. || 84* Ce qui fait la force, la supériorité d'une personne. || 86°Àdv. D'une manière forte. || 36° Kxtrêmement, beaucoup. Il Proverbes. || 1° Oui a beaucoup de force. Cet enfant deviendra fort. Cet oiseau a l'aile forte. J'eus beau crier et me défendre [d'être berné^ ; la couverture fut apportée ; et quatre de» plu» forts hommes du monde furent choisi» pour cela, voit. Letl. ». Me» gens vou» aideront, et je le» ai pris fort» Pour vou» faire service à tout mettre dehors, mol. Tart. y, 8. Comme elle [la jeunesse] se sent forte et vigoureuse, elle bannit la crainte, et tend les voiles de toutes part» à l'espérance qui l'enfle et qui la conduit, BOss. Panig. St Bernard, t. Les dernières levées étaient trop jeunes et trop faibles, il est vrai ; mais l'armée avait encore beaucoup de ce» hommes forts et tout d'exécution, accoutumé» aux situations critiques et que rien n'étonnait, SÉGUR, Hist. de Nap. m, 3. || Familièrement. Être fort comme un Turc, comme un bœuf, extrêmement fort. Il Ironiquement. Il est le plus fort, il portera les coups. ||Fort de, se dit de la partie où l'on a de la force. Fort de» bras, de» reins. || Fort de, se dit aussi de la chose qui rend fort. Semblable» à ces enfants drus et forts d'un bon lait qu'ils ont sucé, qui battent leur nourrice, la bruy. l. || Dans le langage biblique, le Dieu fort. Dieu. Mon âme a une soif ardente pour le Dieu fort, le Dieu vivant, SACi, Bible, Psaumes, XLi, 3. Et, ayant dressé là un autel, il [Jacob] y invoqua le Dieu très-fort d'Israël, ID. Bible, Genèse, xxxui, 20. || Il se dit de la force de certaines choses comparée à la force musculaire. Les gros aimants, même les plu» faibles, répandent en proportion leur force à de plu» grande» distances que les petits aimants le» plusforts, bufp. Min. t. ix, p. 173, danspouGENS. ||2° Par extension, quia pour soi la force matérielle. Il [l'Orient] frt Vespasien chef d'un plus fort parti, corn. Tite et Bérén. i, i. La raison (lu plus fort est toujours la meilleure, la font. Fabl. I, (0. Il Oui a pour soi la force morale, la puissance, l'influence. Vous aurez affaire à forte partie. Mon repos m'est bien cher, mai» Rome est la plus forte; Et, quelque grand malheur qui m'en doive arriver, Je consens à me perdre afin de la sauver, CORN. Cinna, n, 4. Il n'a p.isà combattre une fecto adversaire, rotr. Bélis. il, 43, D'un Dieu plus fort que toi dépend ta destinée, J. B. rodss. Cantate, Circé. Un Dieu plus fort que toi [vertu] m'entraînait ver» le crimc.voLT. CEdipe,v,4. || Être hien fort, avoir beaucoup de force, de puissance, d'influence. Et c'est êtie bien fort que régner sur tant d'âme», corn. Nicom. I, t. Madame, on est bien fort quand on parle »oimèma, iD.'Ag('silas, iv, I.Une mère est toujours bien forte sur une fille d'un bon naturel , j. j. Rouss. Conf. IX. Il Fort de, qui puise force et confiance dans.... Mais il faut craindre un roi fort de tanv de sujets, corn. Méde'e, i, 6. Fier de mes cheveux blancs et fort de ma faiblesse, lo. Pulchér. u, ». Et forte désormais de vos droits et des miens, m. Attila, m, ». Ne te tiens-tu pas fort de ma poltronnerie? MOL. Amph. I, 2. Il regrettait ces temps si chen k son grand C(Bur, Où, fort de sa vertu, sans secours, sans intrigue, Lui seul avec Condè faisait trembler la tigue, volt. Kenr. i. Valois plein d'espérance et fort d'un tel appui, ID. tb. iv. || Fig. Fort de, en parlant de choses. De» traits forts do sens [d'une morale élevée], l .motte, dan» lesfont. Mes vers sont durs d'acco"! mais fort» de chose. Vers de LAMOTTE, cité pa' jolt. Temple du goût. Je lis le mémoire de Mme .'•caiiger: il est bien fort de chose [souligné par Voltaire], raisonné à merveille, approfondi, et de la criti'iue la plu» vraie et la plus fine, VOLT. Lett. d'Argental, 23 sept. t7«n.|| Terme d'astrologie. Planète forte, planète qui a le pouvoir d'influer efficacement. || Se faire fort (littéralement, se donner pour assez fort, se dire assez fort pour), se porter caution, s'engager i taire quelque chose.
Je me fais fort d'en venir i bout. Le roi, s'il s'mi fait fort, pourrait s'en trouver mal, corn. Nicom. m, 2. Il se fit fort de le» avoir à sa maison de camp.ignc, HAMILT. Gramm. 4. || Se porter fort pour quelqu'un, réponilre de son consentement, et aussi se porter garant pour lui. || Fort dans ces cas-là est toujours invariable : elle se fait fort , ils se font fort de.... Du moins telle est la décision de l'Académie (voy. plus bas la bemaroue). || Main-forte, voy. ce mot i son rang alphabétique. || 8* Terme de guerre. Redoutable par le nombre , l'armement, la position, etc. L'cunemi était plus fort qu« nous. Une armée forte de trente mille hommes Une escadre forte de six vaisseaux de ligne. Votre armée est la plus forte en nombre, corn. Sophon. 1, 4. Une troupe aussi forte, un camp aussi nombreux, volt. Scythes, iv, 2. L'armée d'Alexandre, forte de trois cent mille hommes, contenait ces peuples, séocR, llisl. de Nap. iv, t. \\ Qui est en état de résister aux attaques de ^'ennemi, en parlant de positions, de villes de guerre. Ville forte. La position de l'ennemi était très-forte. Le palais de Sylla, notre plu» fort a.sile, volt. Calil. iv, S. |j 4* Capable, par la grosseur, par l'épaisseur, de résister au choc, au poids, en parlant des choses. De fortes murailles. Une poutre très-forte. De la vaisselle d'argent très-forte. Il [le rouge-gorge] place son nid près de terre sur le» racines des jeunes arbres, ou sur des herbe» assez forte» pour le soutenir, bdff. Ois. t. IX, p. 287. Il Terme de marine. Bâtiment fort de côté, b&timent qui incline peu par un grand vent de travers. Fort en bois, qui a le» eûtes épais. Il II se dit de même des tissus, des cuirs, etc. Un cuir fort. Une étoffe très-forte. Un ruban très-fort. Il Coffre-fort, voy. coffre. || 6° Grand et puissant de corps. Un homme grand et fort. Un fort cheval. Il On dit de même : Avoir la main forte, le pied fort. Il a le nez un peu fort. Placez la main autrement, et l'on ne s'apercevra plus qu'elle est un peu trop forte et trop caractérisée, dider. Salon de 4 765, Œuvres, t. xiii, p. (9«, dans poijgf.ns. L'Hercule de Glycon a le cou très-fort relativement à la tête et auxjamle», lO. Pensées sur lapeinlure, Œuvres, t. xv, p. 213. || 6* Qui est considérable en son genre, en parlant des choses. C'est une forte maison, on y fait beaucoup de dépense. Recevoir im fort salaire. Une forte dose. Un fort détachement. La plupart des matelots accourant où la paye était la plus forte, ROLLiN, Ilist. anc. Œuvres, t. iv, p. 4», dans pouGENs. Colbert attira d'Italie Dominique Cassini, Hiiyghensde Hollande, et Itofimer de Danemark par de fortes pensions, volt. Louis XIF, 3i. Dcuï cents talents! la somme est forte, mais allez dire i votre maître que, pour me tenter, ce ne serait pas trop de sa couronne, dider. Claude et Xér. 1, 1 2. Il Un ordinaire fort, une table servie copieusement chaque jour. || Une forte entrée, une entrée copieuse. On dit dans le même sens un plat fort, un plat copieux. Il 7* Qui est en quelque excès sur la juste mesure. Je soupçonne que ces mesure» données par M. Mikhéli sont trop fortes, d'autant qu'elles excèdent de moitié celles qu'ont données MM. Cassini, Scheucnzer et Mariotti qui pourraient bien être trop faible», bufp. Addit. Théor. ter. Œuvres, t. XII, p. 439, dans pouoras. || Monnaie forte, monnaie évaluée sur un pied avantageux à celui qui la reçoit en payement. Le roi [Charles XII] répandit au' hasard mille bourses, qui font quinze cent mille francs de notre argent en monnaie forte, volt. Charles XIl, «. || Denier fort, voy. dfnier n* 8 et n° 8. Il 8* Oui a une longue portée, en parlant de la vision. Une forte lunette. Après avoir fiit repéter cette expérience à d'autres dont le» yeux étaient meilleurs et plus forts que les miens, bdff. Hist. min. t. VII, p. 321, dan» poioeks. || 9° Voix forte, voix pleine et qui ge fait bien entendre. Il [Téléma'}v»' «ppelîe à lui d'une voix forte les chef» de Taim^'î, rïN. T*l. xvii. || Terme de grammaire. Articulation forte, celle pour laquelle il faut fermer exactement la bouche pour la prononcer ; plus l'interception est exacte, plus l'articulation sera forte. pa, ta, ka, sont des articulations fortes ; ba, da, ga, sont des articulations faibles. || Temps fort, en fait de musique, voy. temps. || 10* Qui a une grande ténacité. Colle forte, voy. collb. || Terre forte, terre grasse, argileuse, tenace et diflicile i labourer. J'ai fait tirer de chacun de ces arbres une solive de 22 pieds, sur 5 pouces d'équarrissage; la première solive qui venait du terrain fort pesait 281 livre»; l'autre qui venait du terrain sablonneux ne pesait que 2S2 livres, boff. Hist. nat. Part. exp. Œuv. t. vin, p. »2«. || il* Touffu, dru, rangé près i près. I.es blés sont forts cette année.
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Un bois extrêmement fort. Une forte haie l'empôcha de passer. || 12* Ruiie, difficile. Un ressort qui est très-fort. Une forte tâche. Ils trouvèrent une montagne forte à monter. Il n'est tigre d'Asie, il n'est lion d'Afrique, Ni monstre si funeste et si fort à dompter, botr. Bélis. iv, 6. || Ce cheval a la bouche forte, il a la bouche dure. |{ Un cheval fort en bouche, cheval qui résiste au mors. || 13" Chargé, on parlant d'une couleur, d'une liqueur. Bouillon fort. Cette lessive est trop forte. Des teintes plus fortes. || 14° Qui fait beaucoup d'impresf ion sur le goût, l'odorat. Ce tabac est très-fort. D^ fortes épices. Il Liqueurs fortes, liqueurs alcooliques. L'on n'a d'autre intempérance à leur reprocher qu'une passion démesurée pour les liqueurs fortes , raïnal, Jlist. phil. XVIII, te. Le grand muphti, désespéré de voir les mosquées abandonnées, décida que cette boisson [le café) était comprise dans la loi de Mahomet, qui proscrit les liqueurs fortes, ID. i6. m, )u. IlEauforte, nom de l'acide azotique. Ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par les eaux-de-vie et par toutes ces liqueurs les plus violentes, il ne manque à leur débauche que de boire de l'eau-forte, la broy. vin. |{ Graver à l'eau-forte, graver sur une planche de cuivre à l'aide de l'eauforte. 1 1 Eau-forte, estampe tirée sur une planche qui a été préparée à l'eau-forte. Une belle eau-forte. Il 15° Acre au goût, désagréable à l'odorat. Du beurre fort. Ceux de qui l'haleine est bien forte, Ou bien, pour parler d'autre sorte. Dont l'haleine sent les poireaux, scarh. Virg. vi. La chair dufaon est bonne à manger, celle de la biche et du daguet n'est pas absolument mauvaise, mais celle des cerfs a toujours un goût désagréable et fort, bdff. Quadrup. t. u, p. 63. Il 16° Fig. Qui a de la grandeur, de l'impétuosité, de la violence, en parlant des choses. Une forte maladie. Son pouls est fort et élevé. Forte gelée. Le vent a été fort toute la nuit. Forte douleur. Donner une médecine trop forte. Forte chaleur. [ En parlant de la mer, grosse, houleuse. Une forte mer. || Il se dit, dans un sens analogue, des choses morales. La vérité même ne serait pas assez forte contre vous, balz. liv. i,lett. 2. Si d'un triste devoir la juste violence.... Prescrit à ton amour une si forte loi Qu'il te rend sans défense à qui combat pour moi, corn. Cid, v, (. Qu'en présence des rois les vérités sont fortes! Que, pour sortir d'un cœur, elles trouvent de portes! ID. iVtcom. m, 8. Il est assez nouveau qu'un homme de son âge Ait des charmes si forts pour un jeune courage, ID. Sertor. u, t. Et ce qu'ils ont osé contre leur servitude N'en a rendu le joug que plus fort et plus rude, id. ib. Votre nom pour ce choix est plus fort que le mien, ID. Pulchèr. i, 4. De la plus forte ardeur vous portez vos esprits Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris, id. Poly. u, 2. As-tu donc pour la vie une haine si forte î id. tb. v, 2. Le premier sang versé rend sa fureur plus forte, JD. Nicotn. V, 4. X moins d'une secrète et forte antipathie, ID. Sertor. l, 2. Ta forte passion est d'être brave et leste, mol. Ee. des femmes, v, 4. M'en acquitter vers elle est ma plus forte envie, th. cobn. Ariane, m, 4. Je répétai deux ou trois fois la proposition accordée, ajoutant toujours quelque circonstance plus forte, mais évidemment contenue dans ce qui était accordé, Boss. Conférence avec Claude, 2. Qui peut vous inspirer une haine si forte ? bac. Athal. m, 3. Ceux que des nœuds si forts n'ont pas su retenir, id. Théb. m, 6. J'étais comme enlevée , il y avait quelque chose de trop fort pour moi dans la rapidité des événements qui me déplaçaient, qui me transportaient, mabiv. Marianne, 3° part. Mon amour est plus fort, plus grand que mes bienfaits, volt. Za:ire, i, 6. Ce nouveau mouvement dans mon cœur est trop fort, id. M. de Ces. m, 6. Et sur votre vaillance J'ai fondé dès longtemps ma plus forte espérance, id. Catil. ii, 2. Pour murmurer jamais ma tendresse est trop forte, DLCis, A bu/'ar, m, 6. || Cela est plus fort que moi, je n'y puis résister, en parlant d'une passion, d'une habitude qu'on ne peut vaincre. || 17° Un fort marchand, un marchand qui fait de grandes affaires. On consulta enfin deux forts laboureurs et deux bons marchands de blé, et il y eut le lendemain plus de pain au marché qu'on n'en voulait, volt. Dict.phil. Conseiller ou juge. 1118° Qui a de la force d'ime, de la fermeté. La femme forte de l'Écriture. ô dieux ! que de faiblesse en une âme si forte ! CORN. Cinna, iv, 6. Une femme forte, pleine d'aumfines et de bonnes œuvres, précédée, malgré ses désirs, par celui que tant de fois elle avait cru devancer, BOSS. le Tellier. Vous avez une âme forte à qui je dis quelquefois des vérités fortes, volt. Lelt.
. filCT. DE LA LANGUE FRANÇAISB.
MmeduDeffantfH sept. 1704. Fort contre vos raisons, faible contre ses pleurs, in. Bruttu, iv, i . Nous ne pouvons jamais nous affranchir de la nécessité d'avoir un suprême empire sur nous-mêmes; si nous ne sommes pas fortes contre le vice, nous sommes obligées de l'être contre la honte, genlis, Hme de Haintenon, t. i, p. 150, dans pougess. || Il se dit, en un même sens, de certaines choses morales ou intellectuelles. Voyons donc ce dernier combat [l'agonie] ; mais encore un coup affermissons-nous ; ne mêlons point de faiblesse à une si forte action, et ne déshonorons pas par nos larmes une si belle victoire, BOSS. Duch. d'Orl. On n'entendit plus parler de cette éducation forte et sévère de la jeunesse persane, ROLLIN, Hist. anc. CEu». t. vi, p. 396. Je conviens que le sujet n'est guère théâtral pour nous qui, ayant beaucoup plus de goût, de décence, de connaissance du théâtre que les Anglais, n'avons généralement pas des mœurs si fortes, volt. Rome sauvée, Préf. Les Mogols n'avaient plus rien de ces mœurs fortes qu'ils avaient apportées de leurs montagnes, ratnal, Hist. phil. iv, 2).||0n dit quelquefois qu'une œuvre littéraire est forte, quand elle exprime surtout des sentiments de fermeté et de courage, etc. On joue souvent Zaïre parce qu'elle est tendre ; on ne joue pas Brutus parce que cette pièce n'est que forte, volt. Lelt. d'iàrgenîon, 4juin4739. Il 19° Habile, capable. Vous êtes plus fort que moi aux échecs. Je suis diablement fort sur l'impromptu, mol. Prée. io. Vous dites que vous n'êtes pas forte sur la narration, sÉv. 402. Phocion était fort en raisonnement, et par là venait à bout d'abattre et de renverser la plus haute éloquence, bollin, Hist. anc. QEu». t. vi, p. 86, dans pouGENS. Qui peut en fourberie être si fort que toi?HEGNABD, Légat, iv, 2. S'il est faible en talent, il est fort en intrigue, picard, Méd. et rampant, I, 2. Si monsieur est neuf sur les manières de Paris, vous n'êtes pas très-fort sur la géographie, id. Provinc. dParis, iv, < 3. || Absolument. Un homme' fort, un homme dont l'esprit a plus d'étendue, de pénétration, de force qu'on n'en a d'ordinaire. || Un élève fort, un élève qui sait bien ce qu'on lui enseigne. Il est fort en grec, en mathématiques. Malgré la sévérité de ce professeur, j'étudiai sous lui pendant six mois, et je devins un de ses plus forts écoliers, le sage. Est. Gomalei, chap. 4. || Familièrement. Il n'est pas fort, c'est-à-dire il s'en faut de beaucoupqu'il soit habile. || Familièrement. Il est fort pour parler, il parle plus qu'il n'agit. || Familièrement, être fort pour, signifie aussi avoir du goût pour. U est fort pour le spectacle, pour le vin, pour jouer. ||Étre fort en gueule, parler beaucoup, avoir la repartie prompte , piquante , insolente. Vous êtes, ma mie, une fille suivante. Un peu trop forte en gueule et fort impertinente, mol. Tart. I, I. Il En parlant des ouvrages d'esprit, qui témoigne de la force, de l'habileté. Ce jeune homme a fait une composition très-forte. Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux pour prier.... PASC. Moyens , édit. faugère . Dieu veuille que ces derniers tomes soient cent fois plus forts que les premiers! c'est ainsi qu'il faut répondre aux persécuteurs, VOLT. Lett. Damilaville, 26 juill. (764. Il ironiquement. Dire : quel honneur vous me faites! Messieurs, vous êtes trop honnêtes; Ou quelque chose d'aussi fort, bErano. Acad. et Cav. || C'est une forte tête, une tête forte, c'est un homme judicieux et sagace. || Ironiquement, les fortes têtes de l'endroit, les notables les plus habiles d'une localité où il y a peu de lumières. || Une tête forte, se dit aussi d'un homme qui supporte bien le vin. || Une imagination forte, imagination qui se représente les choses avec énergie. Les hommes d'une imagination forte , comme Pascal , parlent avec une autorité despotique , volt. Lett. S'gravesende , <" juin 1738. Il Avoir l'esprit fort, avoir de la vigueur, de la pénétration dans l'esprit. Montrez un esprit fort en un corps abattu, rotr. Herc. mour. IV, I. Il Esprit fort, voy. esprit, n° 20. Si c'est le grand et le sublime de la religion qui éblouit ou qui confond les esprits forts, ils ne sont plus des esprits forts, mais de faibles génies et de petits esprits, LA BRUY. XVI. Il 20° Bien fondé, appuyé sur de bons principes. De forts arguments. Une objection forte. De fortes preuves. Il [Corneille] a un nom très-respecté, il est mort; voilà déjà une raison bien forte {je ne dis pas bien bonne) en sa faveur, d'a- LEMB. Lett. à Voltaire, 27 janv. «762. (|X plus forte raison, voy. raison. || 21° Il se dit du style, des expressions, pour dire que l'énergie est jointe à la justesse. Un style fort et concis. Une éloquonoe forte
et rapide. Madame a passé du matin au soir, ainsi que l'Kèrbe des champs; le matin elle fleurissait, avec quelles grâces vous le savez; le soir nous la vîmes séchée, et ces fortes expressions, par lesquelles l'Écriture exagère l'inconstance des choses humaines, devaient être pour cette princesse si précises et si littérales, boss. Duch. d'Orl. || Terme de peinture. Qui a de la précision et ne laisse rien do douteux. Contours forts. || 22° U se dit, en un autre sens, des expressions qui ont quelque chose d'outré, de dur, de dépassant la mesure. Le paradoxe est fort, MOL. Femm. sav, iv, 3. L'épithète est un peu forte, ID. Critique, 2. S'il faut user de termes forts, la force de la vérité me les arrache, bossuet, Var. Défense, I" dise. § 54. Le comte de Polignac a écrit au nonce une lettre un peu forte, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 6 déc. 17)7. Les éloges que Virgile, Horace et Ovide même prodiguèrent à Auguste étaient beaucoup plus forts [que les éloges prodigués à Louis XIV]; et, si on songe aux proscriptions, ils étaient assurément bien moins mérités, VOLT. Frag. sur l'hist. art. xxviii. Après Milton, après le Tasse, Parler de moi serait trop fort. Et j'attendrai que je sois mort. Pour apprendre quelle est ma place, id. Stances, 1. 1| Familièrement. Cela est fort, paraît fort, voilà qui est fort, ou c'est trop fort, c'est par trop fort, c'est un peu fort, se dit d'une chose qu'on ne peut croire, qui surprend désagréablement. Vous m'avouerez que cela est fort, locution de la cour, de caillières, 1690. Il 23° Terme de fauconnerie. Volée du poing fort, action de lancer les oiseaux de poing sur le gibier. Il 24° Terme de droit coutumier. Forte clameur, amende que payait en quelques endroits celui qui perdait un procès. || 26° S. m. Celui qui a une grande force musculaire; il ne se dit que dans cette locution , les forts de la halle , les portefaix qui font le service de la halle au blé de Paris. De la halle on dirait deux forts : Peut-être ce sont des milords, bérang. Boxeurs. || Se dit aussi de ceux qui portent les marchandises dans les ports. || 26° Celui qui a la force ou la puissance. Protéger le faible contre le fort. L'épouvante a surpris le» forts d. Moab, et tous les habitants de Cbanaan ont séché de crainte, saci, Bible, Exode, xv, <6. Le patient vaut mieux que le fort, et celui qui dompte son cœur ■vaut mieux que celui qui prend des villes, BOSS. Duch. dOrl. Quelquefois la sagesse a maîtrisé le sort ; C'est le tyran du faible et l'esclave du fort, VOLT. Pélop. I, 1. Il Le pain des forts, voy. PAIN. I| Dans le langage de la chaire, le fort armé, le diable. Le fort armé, c'est le démon.... Jésus-Christ a chassé ce fort armé, quand il a ébranlé le cœur endurci et qu'on a fait pénitence, boss. Médit, sur les Èvang. Sermon sur la mont. i9' jour. || 27° La partie la plus forte, la plus résistante d'une chose. Le fort de la voûte, d'une poutre. || Mettre du bois sur son fort, le placer dans la position où il résiste le mieux à la charge. || Le fort du pied, le côté qui appuie le plus sur la terre. || Le fort de l'épée, le tiers du tranchant qui est à partir du talon, et avec lequel on pare surtout. Zadig sut parer le coup, en opposant ce qu'on appelle le fort de l'épée au faible de son adversaire, volt. Zadig, 21. Il Le mi-fort, la partie de l'épée qui vient après le fort et qui est entre ce qu'on nomme le fort et le faible. || Fort de la pique, le milieu de cette arme. || Fort d'une balance romaine, le côté qui est le moins éloigné du centre ou point de suspension. || Terme de marine. Le fort d'un navire, le milieu qui en est la partie la plus enfoncée et en même temps la plus large. || Ligne du fort, se dit, dans im navire, de la ligne jusqu'à laquelle il enfonce quand on le charge de toutes les marchandises qu'il peut porter commodément et sans péril, et qui est au-dessus de la ligne d'eau. Il Le fort et le faible, ce qu'il y a de fort et de faible dans une personne, dans une chose. Les hommes d'ailleurs, qui tous savent le fort et le faible les uns des autres, agissent aussi réciproquement comme ils croient le devoir faire, la bruy. xi. Je connais le fort et le faible de tous les états de la vie, dancodrt. Retour des officiers, se. 6. Le fort et le faible de tous les gouvernements a été examiné de près danr: les derniers temps, volt. Dict. phil États, Gouvernements. Enfin après avoir examiné lo fort et le faihle des sciences, il fut décidé que monsieur le marquis apprendrait à danser, id. Jeannot et Colin. \\ Du fort au faible, le fort portant le faible, c'est-à-dire toute compensation faite. Quatre chevaux porteront tout cela, du fort au faible. Il 28° Se dit en parlant des sons. Il [le rossignol] saute du grave à l'aigu, du doux au fort, châteaux.
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Génie, i, y, 6. || J»* Terme de monnaie. Le fort, ce qui e«t en exois. TnnMat sur le fort, tailler des dans ou espèces qui pèsent plutôt plus que moins et au deli du poids ordinaire. {{ 80° Terme de chasse. Le plus épais du bois et des buissons, où les bètos (lurages se retirent (on voit à l'historique que fort a été employé en termes de chasse bien avant de l'être en termes do fortification). Relancer la bète dans son fort. Il entre dans le fort, se mêle avec les piqucurs, la bruy. vu. Lorsque les louves sont prêtes à mettre bas , elles cherchent au fond du bois un fort, un endroit bien fourré, au milieu duquel elles aplanissent un espace assez considérable en coupant, en arrachant les épines avec les dents, bufp. (Juadr. t. II, p. <93. Autrefois on en faisait le vol à l'épervierouau faucon; et, dans cette petite chasse, le plus difficile était de faire partir l'oiseau [le râle d'eau] de son fort, m. Ois. t. v, p. 23». Les ombrages ne sont pour l'autre que des viandis, des forts, j. J. Rouss. Ém. iv. || Fig. Lorsque l'ennui pénètre dans mon fort, Priez pour moi : je suis mort, je suis mort, béhang. Jfort viv. {{ Piquer dans le fort, pousser son cheval au galop dans le plus fourré du bols. |{ Sortir du fort, rentrer au fort, se dit do la bête quand elle débuche et se rembuche. Un loup.... Sortant hors de son fort rencontre une lionne, RïoNiEH , Sat. III. Il il' Ouvrage de terre ou de maçonnerie capable de résister aux attaques de l'ennemi. Et l'on ignore encor parmi ses ennemis L'art de reprendre un fort qu'une fois il a pris, corn. Nieom. I, 2. Un fort ne se rend point qui n'est point combattu, rotr. Herc. mour. i, 4 . Du débris de leurs forts il couvre ses frontières, eac. Esth. Prol. Pour moi, loin de la ville établi dans ce fort, volt. Tancr. III, 4 . Il Forts de campagne, ceux qui sont faits pour garder des passages, ou pour défendre des lignes. Il Fort à étoile, fort construit par angles rentrants et saillants , et ressemblant par sa forme à une étoile. Le fort Louis, qui défend cette partie de l'établissement, n'est qu'un misérable fort à étoile, incapable d'une résistance un peu opiniâtre, ratbal, Hùt. phil. XIII, 32. Il Fort détaché, fort qui ne tient pas au corps de la place. Les forts détachés autour de Paris. || 82" Fig. La partie essentielle, principale d'une chose. Ce n'est pas sur moi que tombe le fort de cette accusation, pasc. Prov. <7. Voici le fort de l'objection, Boss. Ilist. ii, 43. he fort de la dispute entre Zenon et Arcésilas roulait sur le témoignage des sens, rollin, Ilist. anc. liv. ïxvi, 2* part ch. 4". Il Le fort et le fin, ce qu'il y a de plus difficile dans un art, dans une science. Te prouver à toi-même en grec, hébreu, latin. Que tu sais de leur art et le fort et le fin, boil. Sat. viii. Il Le plus fort, ce qu'il y a de plus difficile, de plus pénible. Que resle-t-il t le plus fort en est fait, là FONT. Rich. Voilà le plus fort passé, sÉv. «70. |{ De son plus fort, autant que l'on peut. Que j'y courrais, et tout de mon plus fort, la font. Ilerm. Il si" Le plus haut degré, en parlant de choses physiques. L'on ne pria les saints qu'au fort de la tempête, hégnier, Sat. vi. Pareille à ces éclairs qui dans le fort des ombres.... corn. Hor. m, t. Pem unt ce temps heureux, passé comme un éclair, Je me couchais sans feu dans le fort ..e l'hiver, mol. Sgan. u. Point de glace, bon Dieul dans le fort de l'été. Au mois de juin.... boil. Sat. m. Xipharès.... qu'au fort du combat une troupe rebelle.... bac. Mithr. v, 4. Ce fut au fort des fêtes que l'on faisait pour cette nouvelle reine, dans tout l'éclat d'une cour brillante, que le chevalier de Grammont vint contribuer à sa magnificence et à ses plaisirs, hamilt. Gramm. 6. || U se dit, dans le même sens, des choses non physiques. Dans le fort de ma colère, je n'ai point fait de plaintes contre vous qui ne fussent accompagnées de louanges, voit. Lett. 66. Ici, au contraire, il nous a fallu reprendre celle-ci [Corbie] dans le fort d'une infinité d'autres affaires qui nous pressaient de touscdtés, ID. ib. 74. Et vous donne, au plus fort do vos adversités. Le sceptre que j'attends et que vous méritez, corn. Médie, li, 6. Au fort d* ma douleur tu rappelles ma crainte, ID. Poly. n, î. [Il) Se jette furieux au plus fort du danger, ROT». Antig. i, 4. Il ne manqua pas non plus au fort de la conversation.... d'être saisi par quatre hommes masqués, scarr. flom. com. I, ». Leur triomphante joie, au fort d'un Ul outrage, mol. Psyché. Prol Toujours tu me verras, au fort de mon ennui, Mettre tout mon plaisir à te parler de lui, BAC. AUt. IV, ». Il 84- Ce qui fait la force, la supériorité d'une personne. Iji critique est son fort. Tout le fort de cet homme est la mémoire. C'est ici son fort, et l'endroit fatal où il prend d* nouveaux tvautaKes, balz. le Barbon. Lo principal effet de
l'émulation, c'est de nous inspirer un désir de l'emporter sur notre adversaire dans les choses où il fait son fort, boss. 4* sermon, Arinonc. 4. Même sur le siège, qui est son fort [de Vauban] et où il décide souverainement.... la bruy. xii. Il voulut provoquer Matta par son fort, hamilt. Gramrn. 4. Nous inventons des réponses aux objections de l'adversaire, et nous ne songeons à lui que pour trouver le défaut de ses opinions; d'où il arrive que nous sommes plus instruits de ce que nous appelons nos bonnes intentions que de celles oiiW met le fort de sa cause, BAYLB, Comment, philos, iv, 2. || Faire fort sur, compter sur, arguer de. Je n'ai jamais trouvé, parmi nos prétendus réformés, aucun homme de bon sens qui fit fort sur cet article, BOSs. Var. xiii, § 40. Il 85° Fort, adv. D'une manière forte. Pousser ibrt. Les chirurgiens, qui, ayant lié le bras médiocrement fort, au-dessus de l'endroit où ils ouvrent la veine, font que le sang en sort plus abondamment que s'ils ne l'avaient point lié, desc. Kéth. v, 7. Fort, madame, frappez comme il faut, mol. G. Dand. u, 4t. Elle m'embrassa fort, sÉv. 4 2. Il II .se dit, dans le même sens, des choses morales. Mme d'Orgimont aime plus fort, mais vous aimez mieux, GENLis, Veill. du chdt. t. i, p. 4 62, dans pougens. Jamais l'amitié N'a parlé dans mon cœur plus fort que la pitié, arnault. Oscar, ii, 4. || Familièrement. De plus fort en plus fort, avec une force croissante. Il criede plus fort en plus fort. || 86* Extrêmement, beaucoup. Il gèle fort. Fort beau. Fortaimable. Fort heureusement. Fort bien. Fort mal. Auguste est fort troublé, l'on ignore la cause, cohn. Cmno.iv, 6. Et je m'étonne fort d'où vous vient cette audace, ID. Rodog. IV, 8. Vous m'obligerez fortd'en prendre le
•ouci, ID. Thiod. ii, 4 Je suis un valet, mais fort
homme d'honneur, mol. l'Ét. ii, ». Quelque fort qu'on s'en défende. Il faut y venir un jour, id. PriTic. dÉl. V, 6« interm. Je trouvai ici le chevalier à mon arrivée ; nous causâmes fort, il me dit des choses particulières et très-agréables, stv. 30 oct. 4 680. 11 est fort de nos amis, j'ai reçu de lui mille consolations cet hiver passé, id. 8 juill. 4B85. Je postulerai fort et ferme une place dans votre académie, VOLT. Lett. Devaux, m\. Du reste ils sont fort les maîtres de m'excommunier, si cela les amuse, j. J. bouss. Lett. à Ueuron, 2S mars 4 765. S'il suffit d'être homme pour nous plaire, pourquoi donc me déplaisez-vous si fortT beaumarch. Barb. de Sév. Il, 4. Madame est fort amie avec Mme de Saiat-Alban, genlis, Thédl. d'éduc. l'Intrigante, i, 4. Il Si fort, suivi d'un adjectif. Un si rare service et si fort important Veut l'honneur le plus rare et le plus éclatant, cORN. Vor. v, 2. || Proverbes. Jeunesse est forte à passer, c'est-à-dire c'est un temps difficile k passer. || Vos fortes fièvres quartaines, se disait par forme d'imprécation.
— REM. 1. Plusieurs grammairiens ont réclamé contre la décision qui oblige à dire : Cette femme se fait fort de fournir la somme demandée; ils se font fort de.... Déjà, en 4688, Marguerite Buffet, Observ. p. 4 95, prétendait qu'il fallait dire : Elle se fait forte. La vérité est que la locution était parfaitement régulière quand fort était des deux genres ; l'ancienne langue disait uns hom fors, une femme fors. Aujourd'hui que for» fait au féminin forte, il ne reste plus là qu'un archaïsme qui mériterait sans doute d'être conservé s'il s'était transmis sans variation; mais depuis longtemps, comme on peut voir à l'historique, l'analogie nouvelle de la langue l'a enfreint. Voilà pour le féminin ; quant au pluriel, dire : Ils se font fort et non forts, cela n'est fondé ni sur l'archaïsme ni sur la grammaire; fort est ici adjectif et non adverbe. || 8. Nodier et quelques autres ont signalé fort de.... comme un néologisme blâmable. Mais on peut voir au n° a, que ce n'est point un néologisme. X quoi on peut ajouter que, grammaticalement, il n'y a rien à blâmer dans cette tournure.
— HIST. xt* s. Et bels et forz et isnels et légers, Ch. de Roi. ci. Ce dist Rolanz : forz est nostre bataille, ib. cxxviii. Siglent à fort et nagent et gouvernent, ib. CLXxivi. [Ili] Vestent hauberz blancs et forz et légers, ib. ccLxxiii. Ccste dolorne démenez tant fort, ib. ccviii || xii« s. Car je ne sui si forz ne si liardiz Qu'envers amor [je] me peûsse contendre. Coud, V. Car tant est fort et cruel* sa prisons, ib. XIII. Vous irez à Cologne, la fort cité garnie, Sax. VII. Et [ils ont] les murs crevantes de fort arcnc bise, ib. xiii. Li arcs des forz est surmuntez, e li fieble sunt esforcié. Rois, p. 6. || xiir s. Li hom fort vcraiement iostient molt de choses terribles et de grans outrages por cnprendre ce que convient et por laitsier ce que est à loissier, brdn. lat. Tris. p. 300. Jà soit ce que en chascune chose soient en-
tremcslé tuit li quatre élément, il convient que la force des uns i soit plus fort, selonc ce que plus i abonde, id. «il. p. 4 07. Trop ettoit la vile fort, villeb. cixxv. Derrier le haterel [cou] [ils] lui ont ti fort noué [la corde], Berle, xv. Que nul esploit ne porra faire; Que [car] li tet bucf ne puent traire. Que trop est fort la terre et dure, Ren. 45511. Cbil [celui-là] eit fors lerres [larron] qui vent coivrepor or ou estaini por argent, beaum. xxii, 4u. Scrrcmens que lesSarrazinois ne pooient plus fort faire selon leur loi, joiNV. 248. Il XIV* s. Et devez savoir que le demeurant de chett [ce] cbapistre «st mal à entendre, fort à translater, et aussi comme inutile quant à cesle science, oresmi, Elh. vi, 40. Et «emblablement celui qui est fortde corps ou celui qui est bien taillés à
courir, iD.ti». 27 Aristote entent tousjours par fors
ceulx qui ont U vertu defortitudc, id. ib. 78. Ceulx desquelz l'ire est forte à ester et dure longuement, 10. ib. 42». En toutes choses c'est fort de prendre le moienctdeassenerau moien,iD. ib. 64. Ceulx exemples t'ay dit de la mort, Mail je te vueill dire plus fort. C'est de la roe de fortune Qui fait son tour comme la lune. Le livre du bon Jehan, 77. Il estoit grans et fors, et s'cstoit bien fourniz. Et desirans des armes de (aire les deliz, Guesclin, 3t». Bcrtran i son voloir venir ne pooit mie, Car souvent ot affaire contre forte partie, ib. 4 74 4 8. Et je me fai bien fort, devant tous en oyant. Que nous tous qui ci sommes assemblez en estant. Irons avecque lui du tout à son commant, tb. S357. S'est che moult fort à faire, par Dieu qui créa tout, Baud. de Seb. vi, 688. Les percs avoient fetleur fet et leur fort de lui délivrer, bercheure, f* 48, terso. S'il advient que tu dcstoumes un cerf des taillis et tu le poursuis jusques au fort, Modus, f" m, terso. || xv s. On nous avoit informés que, si vous aviez mille lances, vous seriez forts assez pour combattre les Angloit; je me fais fort que vous en avez bien mille et plus, froiss.ii, II, 236. Et jurèrent à estre bons Anglois, de ce jour en avant, tant que le roi d'Angleterre ou personne forte de par lui les voudro/t ou pourroit teniren paix devers les François, id. i, i, 302. Oncques ne fut que le fort ne mangeast le foible, le riche, le pauvre, gerson, Uarengue au roi Charles VI, p. 46. De cy dormir suis bien d'acort; Car nous avons laitle pîusfort, klttT«d««troi« rot». Grand tourment a, puisque si fort se plaint. Je l'oy crier piteusement secours, ch.d'orl. fiai. 27. Anuy, soussy, soing et merencolie, Se vous prenez desplaisir à ma vie. Et desirez tost avancer ma mort. Tourmentez moy de plus fort en plus fort, id. Chanson, 74. Et que si, dirent elles, nous nous faisons fortes pour lui, Jeh. de Saintré, chap. 4. Par ma foy, il pert [il paraît] bien que vous n'estes guercs sage ; mais, au fort, faites vostrc guise, car il ne m'en chault. Les a joies de mariage, p. 64. Et faisoit-on de plus fort en plus fort grands joyes, chères, festes et esbateu-
res, JUVENAL, Charles VI, 4 44 2 Eulx aussi l'ay-
deroient, c'est à savoir chascune seigneurie de huit galées; et se faisoient forts de ceulx de Rhodes, ilouric.i, chap. 2». Si leur dictque voircmcnt tant avoyent méfait que. plus ne pouvoient.... mais que au fort [à la rigueur] tout leur seroit pardonné, «6. lU, 8. Ce seroit aussi forte chose. Passer par le tro d'une aguille Un charnel, teste [texte] est d'cvangile, Com d'un riche mondain seroit Qui en paradis entreroit, eust. descii. Poésies nui. f^ 26». J'ai toujours oui dire que contre forts et contre faux ne valent ne lettres ne sceaux, o. de la marche, Mém. liv. II, p. 624, dans lacurnb. Il n'y a si fort que de commencer [le plus dlflicile est de commencer], Percefiirest, t. iv, f 4 37. Et qu'au fort s'il falloit qu'ils moumssent pour exécuter une telle cntreprinsc, qu'ils prendroicnt la mort en gré, comm. u, 42. La compagnie dejeunoit au plus fort et faisoit le cbaudeau, louis xi, Nouv. liii.||xvi«s. L'effet receu de tes premiers efforts, De tes hauts faits advenir nous faits forts, marot. i, 230. [Un homme fi bas] Vous pourroit-il saluer hautement î Fort lui seroit, car petite clochette A beau branler, avant qu'un haut son jecte, id. u, 80. Ticn-toy donc fort du seul Dieu triumphant.... id. ni, 286. Le Dieu, le fort, l'Etemel parlera, ID. rv, 292. Elles ont nez, et ne saunaient jouir D'odeur douce ne forte, id.iv, 325. Le Dieu de Jacob c'est un fort Pour nous encontre tout effort, ID. IV, 2»2. Amour grava vostre beauté Au plus fort de ma loyauté, bd bellat, ui, 64, rwlo. Qui quiert le feu aux veines d'une pierre, Qui court au bois, forts des bcstcs .sauvages, id. iv, 40, rfcto. Madame a esté merveilleusement malade d'une forte
colique elle se trouve fort foible cncorcs, marc.
Lett. 4 4 , Si j'entendoyt aussi bien comme l'on peult vaincre par rigueur et audace ung cœur obstiné oue
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vous faictes la passion de M. de Saint- Fol, je me feroys forte que le roy seroitobey, maRG, Lett. )04. Au plus fort de son mal, il ne fait que parler et s'esbattre, ID. t5. 84. Si vousm'almez autant que vous dites, je suis sure que, pour avoir ma bonne grâce, rien ne vous sera fort Idifflcile] à faire, id. Nouv. xxiv. Ayant esté bien fort offensé par les Limosins, mont. I, I. Forte battaille, id. i, i». Il n'est rien qui abastardisse si fort une nature bien née, id. i, 183. Au fort de l'éloquence de Cicero, plusieurs entroient en admiration, id. i, 189. Le pouls lui bat fort, id. i, 339. Dans le plus fort du double, id. ii, loa. C'estoit l'homme du monde le plus fort [difficile] à tenir, car il ne se passoit jour qu'il ne fist quelque folie, DESPER. Contes, iv. Il trouvoit le vin assez fort sans eau, buvant sicut terra sine aqua, id. ib. lxxxvii. Theseus se faisant fort, et promettant qu'il viendroit au dessus du Minotaure, amtot, Thésée, 20. Le fer entra si avant dedans la terre, qui estoit forte et grasse, que nul ne le peut arracher, id. ib. 32. Ceulx qui estoient plus fait» et plus forts apportoient du bois : ceulx qui estoient plus petits et plus foibles, des herbes, id. Lye. 38. Themistocle leur nia fort et ferme, id. Thémist. 37. Le louant comme un fort homme de bien, id. Caton, B). Les Macédoniens luy en sceurent fort mauvais gré, et l'en blasmerent fort, id. Pyrrhus, B9. La barbe forte et espesse, le front large, le nez aquilin, iD. Anton, B. Teligni jure et asseure savoir bien que c'estoit pour un fort de plaisir [petite guerre] qu'on vouloit attaquer dans la cour du Louvre, d'aub. Hist. ii, 1«. Il avoit esté contraint de se retirer en son logis et y tenir fort cinq ou six heures, carloix, i, 20.
— ÉTYM. Bourguig. fô; provenç. fort; espagn. fuerte; portug. et ital. forte/ du latin fortis.
FORTE (for-té) , adv. Mot italien employé en termes de musique. Il se met aux endroits où le son doit être renforcé. || Substantivement. Voici un forte. Il S'est dit autrefois pour l'instrument nommé fortepiano ou piano (voy. forte-piano). H^u plur. Des forte.
— ËTYM. Ital. forte, fort
FORTEMENT (for-te-man) , adv. \\ 1" Avec une grande force musculaire. Si l'on frappe fortement et par plusieurs coups successifs une lame de fer aimantée, elle perdra sa vertu magnétique, bufp. ifin. t. XX, p. 142, dans pougems. || Il se dit aussi de la force qu'a une chose. Cela tient fortement à la muraille. Il i° Par extension, avec vigueur. Son bois [d'un arbre] avait poussé fortement, et ses branches s'étaient élevées à causedesgrjindei eaux qui l'arrosaient, saci, Bift/e, Éxéchiel, xxxi, b. || Des contours, des muscles, etc. fortement dessinés, des muscles, des contours, etc. dont la forme ou la saillie est très-prononcée. || On dit dans ■! sens analogue, en parlant du visage : des traits marqués fortement. Il 3° Fig. Avec énergie. Leur parle fortement, les conjure, les pique D'appuyer en tombant la fortune publique, du ryer, Scéiole, i, 3. L'amant si fortement s'unit à ce qu'il aime Qu'il en fait dans son cœur une part de lui-même, corn. Théodore, m, 3. Mais je vois son esprit fortement irrité, id. Sertor. IV, 1. Non que votre bonheur fortement l'intéresse, ID. Pulchér. I, 3. Thrasybule, à qui les Thébains avaient fourni des armes et de l'argent lorsqu'il entreprit de rétablir la liberté à Athènes, appuya fortement leur demande, rollin , Ilist. anc. Œuv. t. IV, p. 274, dans pougens. || Penser fortement, écrire fortement, avoir des pensées, un style qui indique une grande force d'esprit. Les sentiments vigoureux de l'âme passent dans le langage ; et qui pense fortement parle de même, volt. Bruttis, préface. La pièce [le Misanthrope] est d'un bout à l'autre à peu près dans le style des satires de Despréaux, et c'est de toute» les pièces de Molière la plu» fortement écrite, ID. Vie de Molière.
— HIST. XI' s. Forment [il] le plaint à la lei [coutume] de sa terre, Ch. de Roi. clxiv. || xii' s. Qui de ses armes fu forment redotez, Ronc. p. 36. Il xiJi* s. Li roys et la royne forment les honorèrent, Berte, m. Puis moût plus fortement dus Naymes [le duc Naymes] la ferma [fortifia], ib. ix. {| iv' s. Ils estoient si forment obligés envers le roi de France que.... proies, i, i, 60. || xvi* s. Us estoyent logez toutesfois fortement, langue, 678.
— ÉTYM. Forte, et le suffixe ment ; bourguign. formin; norm. /reument; provenç. fortment ; espagn. fuertemente ; ital. fortemmte. Dans l'ancien français, forment ou fortment est composé de fort au féminin, suivant l'ancienne règle des adjectifs latins en t>, et du suffixe ment.
FORTE-PIANO ( for-té-pi-a-no), s. m. Nom qui fut donné pendant quelque temps à l'instrument
que nous nommons aujourd'hui piano (voy. ce mot).
— ÉTYM. Ce nom vient de la différence qu'on remarqua d'abord entre les anciens clavecins, où la corde, étant pincée par un bec de plume, l'était toujouiï de la même manière, tandis que l'emploi du marteau dans les nouveaux clavecins permit de faire les forte et les piano. Ces clavecins furent donc nommés clavecins à forte et piano, par abréviation forte-piano, et, en abrégeant toujours, tantôt forte, tantôt piano. Aujourd'hui ce dernier mot est seul usité.
FORTERESSE (for-te-rè-s') , s. f. Lieu régulièrement fortifié pour résister aux attaques d'un ennemi. Par les soins d'un si grand roi, la France entière n'est plus, pour ainsi dire, qu'une seule forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable, Boss. Marie-Thér. \\ Fig. C'est là (la distribution des biens et des maux] que les impies se retranchent comme dans leur forteresse imprenable, c'est de là qu'ils jettent hardiment des traits contre la sagesse qui régit le monde , id. Sermons, Provid. préambule.
— HIST. XII* s. Vers nous no se tenra [tiendra] forteresce ne tors [tour], Sax. xxvii. || un* s. Ensi furent une pieche [pièce] dou tans que il faisoient lor volentés defors [hors] fortereches, que nus ne lor deffendoit, Chr. de Rains, p. 61. La femme, par nostre coustume, enporte en son douaire le cief [chef] manoir, tout soit ce que ce soit forterece, beaum.xiii, 8. Il iiv* s. En quelque forteresce que chiens voisent [aillent] trouver loutre, Xodus, ms. f S7, dans LACDRNE. Là montèrent no geni , et font tell» estourmie Que tous vont escriant : forteresse gaignie I Guescl. 3198. Il XVI" s. Mais la fortresse de mon cueur, Dont vojtre œil fut le seul vainqueur, S'est rendue imprenable, du bellay, m, &*, verso.
— ÉTYM. Fort; provenç. fortalessa, fortaressa ; catal. fortalesa; espagn. fortaleta. La dérivation s'est faite de fort à l'aide d'un suffixe al ou ar, el ou es, comme dans l'italien corsare, corscUe, dérivé de corsa, course.
t FORTIFIABLE (for-ti-fl-a-bl'), adj. Qui peut être fortifié.
— HIST. XVI' s. Adviser quelque lieu fortifiable pour y asseoir son camp, h. du bellat, 281.
— ÉTYM. Fortifier.
FORTIFIANT, ANTE (for-ti-fi-an, an-t'), adj. Qui fortifie, qui augmente les forces, en parlant des remèdes, des aliments. Le vin est fortifiant. || Substantivement. Les toniques sont des fortifiants.
t FORTIFICATECR (for-ti-fi-ka-teur) , s. m. Celui qui fortifie une place, qui s'occupe de la fortification.
— HIST. ivi* s. L'ignorance des fortificateurs de ce temps là estoit de hausser les contr'escarpes et ne les aplanir pas, d'aob. Hitt. ii, UB.
— ÉTYM. Fortifier.
FORTIFICATION (for-ti-fika-sion ; en vers, de
six syllabes), s. f. \\ l" Action de fortifier une place, un poste. On travaille à la fortification de cette place. Il 2° L'art de fortifier. Cet ingénieur entend bien la fortification. || Il »e dit en ce sens au pluriel. Etudier les fortifications, s'entendre aux fortifications. Il 3° Ouvrage de défense, ou ensemble des ouvrages, revêtus ou non de maçonnerie, qu'on élève autour d'une ville pour la défendre contre les entreprises de l'ennemi. Ils se persuadaient que des fortifications faites par la nature même étaient beaucoup plus sûres que celles de l'art, rollin, Ilist. anc. OEuv. t. n, 2* part. p. 4i4, dans pougens. Les villes chinoises n'ont jamais eu d'autres fortification» que celles que le bon sens inipirait à toutes les nations avant l'usage de l'artillerie : un fossé, un rempart, une forte muraille et des tours, volt. Mœurs, 1. 1| En ce sens il se dit surtout au pluriel.
— UIST. xv* s. Quand les Angloys du marché virent La grant fortificacion, La place sans assaut rendirent, Vig. de Charles Vil, p. i67, dans lacurne. [Les Anglais] Se sont fiez totallement En leur fortiffication , Uyst. du siège d'Orléans, p. 47B. Il xvi* s. On enseigneroit les mathématiques, la géographie, la fortification, et quelques langues vulgaires, lanoue, 127. Si pour fortification ou plus grande seureté desdits associez se fait quelque convention, d'aub. Uist. II, 229. Les trenchées et fortifications du camp, aiiyot, Arist. 39.
— ÉTYM. Lat. fortificalionem, de fortijicare, fortifier.
FORTIFIÉ, ÊE (for-ti-fié, ée), part, passé. i II 1° Rendu fort, plus fort. Fortifié par un bon rei pas. Ainsi, contre les vents fortifié par l'âge. Dans
la nuit des forêts un chêne à longs rameaux Se platt à protéger de son épais ombrage Un peuple, faible encor, de jeunes arbrisseaux, Gilbert, Stances à d'Arnaud. || 2° Défendu par des fortifications. Une ville fortifiée par l'art et la nature. Le roi de Suède, dans le commencement du siège, disait qu'il ne comprenait pas comment une place bien fortifiée et munie d'une garnison suffisante pouvait être prise, VOLT. Charles XII, 8.
FORTIFIER (for-ti-fi-é), je fortifiais, nous fortifiions, vous fortifiiez; que je fortifie, que nous fortifiions, que vou» fortifiiez, t). a. || 1' Rendre fort, donner des forces. Cet exercice est propre à fortifier le corps. Le bon vin fortifie l'estomac. L'évangélisto ne nous fait pas entendre que l'ange le consola [J6sus-Christ], mais seulement qu'il le fortifia, eoubdal. Fxhort. sur la prière de J. C. 1. 1, p. 390. Le sang des Guises fortifia la ligue, comme la mort de Coligni avait fortifié les protestants, volt. Ess. guerres civ. de France. || Terme de peinture. Fortifier une figure, les membres d'une figure, leur donner plus de grosseur. || Fortifier les teintes, les rendre plus vigoureuses. || Fortifier les ombre» et les touches, les rendre plus brunes et plus obscures. Il 2° Fig. Il se dit au sens moral. Ces méditations fortifient l'esprit. Fortifier le courage. L'exemple de ma mort les fortifiera mieux, coen. Poly. u, «. Fortifie, affermis ceux qu'ils auront séduits, in. Héracl. 1, 2. Comme le christianisme a pris naissance de la croix, ce sont aussi le» malhtur» qui le fortifient, BOSS. Reine d'Ànglet. Elle [l'Églis* catholique] enseigne que nous, qui ne pouvons rien de nousmêmes, pouvons avec celui qui nous fortifie ; en telle sorte, que l'homme n'a rien de quoi se glorifier, ni de quoi se confier en lui-même, id. Proj. de réun. des protest. Explic. de points de controv. Vous-même contre vous fortifiez mon cœur, rac. Bérén. iv, B. || Fortifier quelqu'un dans une résolution, l'y affermir, l'y faire persister. || Corroborer, confirmer. Cela fortifie les soupçons. [Elle]... fortifie en toi cette inclination, Tristan, Panthée, ni, 3. Plusieurs circonstances et divers motifs concoururent à faire naître [à Rome] cette haine implacable du la royauté et ft la fortifier, rollin. Trait, des Et. v, m, 2. Tout fortifie dans les grands cette dangereuse impression, mass. Carême, Prosp. || 3* Terme de guerre. Fortifier une place, un poste, l'entourer d'ouvrages de défense. S'il» avaient pris «ncore dix autres de nos places avec un pareil succès [c'est-à-diro en les reperdant après le» avoir fortifiées], notre frontière en serait en meilleur état, et ils l'auraient mieux fortifiée que ceux qui jusques ici en ont eu la commission, voit. Lett. 74. Qu'il embellît cette magnifique et délicieuse maison [Chantilly] , ou bien qu'il munît un camp au milieu d'un pays ennemi et qu'il fortifiât une place.... boss. Louis de Bourbon. Je suis un peu affligé, en ma qualité de Français, d'entendre dire que c'est un chevalier de Tott qui fortifia les Dardanelles, volt. Lett. Catherine, 20 nov. i77o. || 4° Se fortifier, v. réfl. Devenir plus fort. Cet enfant se fortifie tous I9 jours. Plus l'Église se fortifiait, plu» elle faisait éclater sa soumission et sa modestie, bos Var. B' avert. § I6. || Fig. L'esprit se fortifie par l'étude. Ce devrait être aussi notre imique pensée De nous fortifier chaque jour contre nous, corn. Imitation, 1, 3. Le cœur se fortifie dans la vertu, FÉN. Tél. IX. Le fils qu'elle lui avait donné [au czar Pierre] en 1690 naquit malheureusement avec le caractère de sa mère, et ce caractère se fortifia par la première éducation qu'il reçut, volt. Russie, n, 10. Il Avec ellipse du pronom personn*!. Chaque jour voyait croître leur foi et fortifier leur charité, MASS. Carême, Comm. \\ S'affermir. Se fortifier dans sa résolution. || B» Se donner l'un à l'autre des forces, du courage. Ils s'encouragent, ils se fortifient les uns les autres. Ils se fortifient mutuellement dans leurs résolutions. || 6° S'entourer de fortifications. L'enneai se fortifie dans son camp. ||Se fortifier dans un poste, s'y mettre en état de tenir contre les attaques de l'ennemi.
— HIST. XIV* s. Car tou» les fors Englois, de quoi il y a tant, Chasteaux, villes, citez se vont fortefiant, Guescl. 16911. Il XV* s. Et estoit l'intention des Anglois que.... ils detruiroient toute Escosse pour la cause de ce que ils s'estoient fortifiés en celle saison des François [les avaient pris pour auxiliaires], FHOiss. II, II, 236. Mes [les Anglais] sont fortiffic/. leans. Que à peine en pourrez chevir, Uyst. du siège d'Orléans, p. 479. || xvi* s. Si la viande ne sedigero, si elle ne nous augmente et fortifie.... mont, i, i44. La conscience fortifie l'innocent contre la torture, m. u, 47, Il passa au travers l'armée ennemie pour
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aller fortifiar seagenu de sa présence, mont, m, tu. Il en avoit bien rempard et fortifié toutes les advenues avec clostures et fortifications de bois, amyot, P. JBm. 20. Clennont d'Antragues averti fortifie [renforce] ses coureurs du capitaine Cartier, et de vingt liommes,aveccharge de donner, d'aub. Uitt. ii, tn. Et soit le tout distillé en fortifiant le feu petit i petit, PARi, xzv, 3a.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. fortificar; iui.fortificare; du lat. forUlicare,iie fortis, fort, et facere, faire.
FOUTIJf (for-tin), t. m. Petit fort. |j Fortin à étoile, fortin dont les câtés se flanquent les uns les autres.
— ËTYM. Diminutif de fort, t. m.
FORTIORI (À) (a-for-si-o-ri), od». Terme de logique emprunté au latin. D'après un rapport du plus au moins; à plus forte raison. Conclure à fortiori. Raisonner à fortiori. Si l'on se doit à ses amis, à fortiori se doit-on à sa famille.
— ÉTYM. Lat. o, par, en raison, et fortior, plus fort, comparatif de forlis, fort.
t FORTISSIMO (for-ti-ssi-mo). Terme de musique emprunté à l'italien. Très-fort ; il se met pour indiquer qu'un morceau ou un passage doit être joué ou chanté avec force, en donnant beaucoup de son. Il Substantivement. Un fortissimo. || Au plur. Des fortissimo.
— ÊTVM. Ital. fortissimo, superlatif de forte, fort. FORTITRER (for-ti-tré) , V. n. Terme de chasse.
Un cerf fortitre, quand il évite de passer près des chiens frais et doe relais. Le cerf a fortitre deux fois.
— HIST. XV* s. On les [les chiens] peut bien tenir de deux en deux pour fournir plus de laisses au tiltre, et doit mettre deux ou trois chevaucheurs, que l'on doit appeler fortitreours, au commencement de l'entrée du tiltre, au bout des premières laisses, afin que, si un cerf venoit et vouloit fortitrer hors de là où les tevriers seront, que ceulx qui seront à cheval les puissent crier et bouter dedans les lévriers. Chasse de Gaston Phebxts, ms. p. 24 6,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Fors, hors, et titre ou tillre, ancien terme de chasse qui exprimait le lieu où les chiens étaient attitrés, mis sur la voie. C'est avec un autre sans le mot titre.
t FORTITCDE (for-ti-tu-d'), s. f. Force d'âme. On a vu des Français supporter les tourments du cadre de fou avec la fortitude des Indiens mêmes,
CHATEAUBR. Natch. VlII.
— HIST. xiv* s. Quant est en paour et en hardiesse, la vertu qui est ou [au] moien est fortitude, et celui qui a ceste vertu est apellé fort, ores.me, Elh. 48. Il XVI* s. Socrates se moque de Lâches qui avoit défini la fortitude : se tenir ferme en son rang contre les ennemis, mont, i, 48.
— ÉTYM. Lat. fortitudinem, de fortis, fort. FORTRAIT, AITE (for-trè, trè-t'), adj. Terme
de mauégs. Cheval fortrait, cheval malade par suite d'une fatigue excessive.
— ÉTYM. Participe passé de l'ancien verbe fortraire, qui signifiait tirer hors, et qui, composé de fbrs, hors, et de traire, tirer, signifie, en parlant d'un cheval, surmener.
PORTRAITURE (for-trè-tu-r') , *. f. Terme Tieilli. Maladie du cheval fortrait.
FORTUIT, ITE (for-tui, tui-t' ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l'f se lie : des événements for-tui-z et fâcheux), adj. Qui arrive par fortune, par accident, sans liaison de cause. Un incident fortuit et véritable, mairet, Solim. Ii, 6. Apparemment il voulait relever le génie de l'ignorant, ou réprimer l'orgueil des savants sur des découvertes fortuites, ponten. Harlsoeker. L'on pourrait attribuer les légères dilTérences qui se trouvent entre ces deux animaux à l'influence très-ancienne du climat, de la nourriture, et à la succession fortuite de plusieurs générations de petits chevaux sauvages à demi dégénérés qui peu à peu auraient encore dégénéré davantage, buff. Quadrup. t. i, p. 432, dans poaoKNs. J'aimerais autant que vous me disiez que l'Iliade d'Homère ou la Henriade de Voltaire est un résultat de jets fortuits de caractères, DiDER. Pensées phil. n* il. Une liaison fortuite et passagère, sans autre cause que l'attrait du plaisir et do l'occasion, marmontel, Mém. iv. || Autrefois on appelait fortuites certaines lois, non indiquées, sur lesquelles ceux qui se présentaient pour quelque emploi de judicature étaient interrogés. Il Substantivement. Le hasard est cause de beaucoup d'effets ; c'est un accident qui survient à des choses projetées ; le fortuit se prend dans une acception plus étendue, DIDER. Opin.diesanc.phil. {piripaiéticiens).
FOR
— HIST. XVI* S. Je passay ce temps n'ayant aultres moyens que fortuites, et despendant de l'ordonnance et secours d'aultruy, mont, i, 3I3.
— ÉTYM. Lat. fortuitus, de fort, sort (voy. poiitunk).
FORTUITEMENT (for-tui-te-man), adv. D'une manière fortuite. Cela est arrivé fortuitement. La nature n'agit point fortuitement, au hasard et sans dessein, DiDEH. Opin. des anc. phil. [péripatéticiens) .
— ÉTYM. Fortuite, et le suffixe ment.
t FORTUNA (for-tu-na), *. f. Petite planète découverte en 4 852.
— ÉTYM. Lat. fortuna, la Fortune.
FORTUNE (for-tu-n';, s. f. || f Terme du polythéisme gréco-romain. Divinité qui présidait aux hasards de la vie. Le temple de la Fortune. Les anciens représentaient la Fortune sous forme d'une femme, tantôt assise et tantôt debout, ayant un gouvernail, avec une roue à côté d'elle, pour marquer son inconstance, et tenant dans sa main une corne d'abondance. {|I1 s'écrit en ce sens avec une majuscule. || 11 se dit, par allusion, en un sans analogue au précédent, mais sans majuscule. Je mets cette lettre entre les mains de la fortune sans voir comme elle pourra passer au travers de tant de difficultés et de feux qui nous entourent, voit. Lett. 22. Sans mentir, monsieur, la fortune est une grande trompeuse I bien soutent en donnant aux hommes des charges et des honneurs, elle leur fait de mauvais présents, et pour l'ordinaire elle nous vend bien chèrement les choses qu'il semble qu'elle nous donne, m. Lett. 4 23. Mais jugeons, je vous supplie, s'il a tenu à lui ou à la fortune qu'il ne soit venu à bout de ce dessein, lo. Lett. 74. La fortune est changeante, tristan, H. de Chrispe, i, 3. Surtout quand à nos yeux la fortune se montre.... ID. ib. IV, 2. L'homme à qui la forttme a fait des avantages, ID. Uariane, i, 3. La fortuna nous corrige de plusieurs défauts que la raison ne saurait corriger, la rochefouc. Réflex. mor. IB4. La fortune.... Il n'arrive rien dans le monde Qu'il ne faille qu'elle en réponde ; Nous la faisons de tous écots, LA FONT. FoSl. v, H . Qui ne court après la fortune? m. ib. vu, 4 2. Mais que vous sert votre mérite ? La fortune a-t-elle des yeuxîin. ib. Fortune, qui nous fais passer devant les yeux Des dignités, des biens que jusqu'au bout du monde On suit sans que l'effet aux promesses réponde, Désormais je ne bouge et ferai cent fois mieux, id. ib. Fortune aveugle suit aveugle hardiesse, id. ib. z, <4. Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures, On pense en être quitte en accusant le sort ; Bref, la fortune a toujours tort, id. ib. v, 4 4. Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne, Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne, id. Phil. et Bauc. La fortuna veut être prise de force; les affaires veulent être emportées par la violence, boss. Sermons, Providence, t . Poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune , trahi de tous les siens, il ne s est pas manqué à lui-même, id. Reine d'Ànglet. Il ne faut pas se flatter; les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes quand la fortune nous les pardonne I id. tf>. Un homme également actif dans la paix et dans la guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, id. ib. Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant ni de forcer la bassesse de notre nature, id. Duch. d'Orl. Tout vous rit, la fortune obéit à vos vœux, RAC. Prit. II, 2. .Mithridate revient ! Ah fortuna cruelle I id. Mithr. i, 6. Fortune dont la main couronna Les forfaits les plus inouïs. Du faux éclat qui t'environne Serons-nous toujours éblouis? j. b. HOCSS. Ode à la fortune. Les destinées des princes et des Etats sont tellement le jouet de ce qu'on appelle la fortune, que le salut de l'Empereur vint d'un prince protestant, vult. Ànn. Emp. Charlet- Quint, 4 546. Gouvernez la fortune et sachez l'asservir, ID. Adélaide, ii, 7. La fortune fit évanouir tous ces vastes projets, id. iouw JK, i. || La roue de la fortune, les accidents divers dans la vie des hommes et dans la sort des États. || Fig. Attacher un clou à la roue de la fortune, trouver moyen de fixer la fortune. || La roue de la fortune ou la roue de fortune, s'est dit aussi, dans le temps qu'on tirait la loterie, de la roue où l'on mettait les numéros , qu'on mêlait en faisant tourner la roue. || Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux Ëtats et qui les élèvent ou les abaissent. || Fig. Adorer, encenser la fortune, sacrifier à la fortune, etc. s'attacher k ceux qui lont en faveur, en crédit.
llleuler la fortune, et, plus bmilièremant, brusquer la fortune, tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux. Laissons de leur amour la recherche importune; Poussons k bout l'ingrat el tentons la fortune : Voyons si, par mes soins sut le trône élevé, Il osera trahir l'amour qui l'a sauvé. BAC. Bajaz. IV, 4 || 2' Ce qui advient par la volonté de la Fortuni', chance, hasard. U est certain qu'Alexandre courut grande fortune non-seulemeni de la vie, mais... vaugelas, Q. C. 380. Je voudrais bien savoir s'il y a quelque astrologue qui eût pu dire en me voyant il y a deux ans dans la rue Saint-Denis avec ma rotonde [sorte de fraise], que je courrais bientôt fortune de ramer dans le« galères d'Alger ou d'être mangé par les poissons de la mer Atlantique, voit Lett. 42. M. le prince nu courait aucune fortune, s'il lui plaisait de revenir à la cour, RETZ, m, 271 . Si vous voulez m'assurer mon sort principal [mon capital], qu'il ne coure fortune. PASC. Prot). 8. Non-seulement, dit-il, nous courons fortune de tout perdre, mais le temple de la grande Diane va tomber dans le mépris, boss. Ilist. n, 4 2. De quelque manière que vous jetiez les dés, ils amèneront toujours les mêmes points; voilà une étrange fortune 1 chateaobr. Génie, i, v, 3. |{ Tenterfortune, s'engager dans des entreprises dont l'issue dépend do chances qu'on ne peut ni calculer ni prévoir. Il Chercher fortune, chercher les occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, biens, honneurs, faveurs de femmes, etc. Témoignez seulement que vous cherchez fortune, la font. Cand. Cela lit que, sans renoncer à ses prétentions [sur une damel, il se mit à chercher fortune ailleurs, hahilt. Gramm. s. jj On disait autrefois, dans un sens analogue : busquer fortune, Dict. de l'Académie (ce mot, aujourd'hui inusité, n'est pas à son rang alphabétique ; c'était une locution espagnole, buscar, chercher, introduite au xvi* et au xvu* siècle). || La fortune des armes, les hasards , les chances de la guerre. || Familièrement. La fortune du pot, le dinar tel qu'il se trouve. Venez dîner avec nous à la fortune du pot. || De fortuna, de bonne fortune, de grande fortune, par forttme, loc. adv. Par hasard, par grand hasard. De bonne fortune il ne faisait point du tout de vent, voit. Lett. 9. Comme eUe disait ces mots. Le loup, de fortune, passe, la font. Fables, iv, 1 5. Je l'avais sous mes pieds rencontré par fortune, mol. Sgan. 22. Le P. Tellicr était à Marly comme tous les vendredis; et, de grande fortune, d'Antin était allé faire une course à Paris, st-sim. 268, 4 28. Avant-hier advint que de fortune Je rencontrai ce Guignard sur la brune, volt. Ilypocr. || 8* Bonne fortune, heureuse circonstance, chance heureuse. Que celui qui l'occupe a de bonne fortune I corn. Nie. i, 2. Je porte peu d'envie à sa bonne fortune, id. Œdipe, I, 3. Il Bonne fortune, la bonne aventure, ce qui arrivera à chacun. Écoutez, vous autres, y a-t-il moyen de me dire ma bonne fortune ? hol. Kar. fore. 10. Une bande de ces personnes qu'on appelle égyptiens, qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune, id. fourfcer. m, 3. || Bonne forttme, faveurs d'une femme, n se vante d'avoir eu cette bonne fortune. U se donnait continuellement comme un homme à bonnes fortunes, m"* de catlus, Soucenirs, p. 248, danspODGENS. Le petit Germain, sur qui pleuvaient de tous côtés les bonnes fortunes, ba- MiL. Gramm. 8. Que, pour vous faire croire homme à bonne fortune. Vous passez en hiver des nuits au clair de luneX souffler dans vos doigts.... regnard. Distrait, iv , 6. L'homme k bonnes fortunes, titre d'une comédie de baron. Amazan refusait constamment toutes les bonnes fortunes qui se présentaient à lui, VOLT. Babyl. 6. || Fortune, dans le sens de bonne fortune en galanterie. Vous est-il point encore arrivé de fortune? mol. Ée. des femmes, i, ». Morcau avait été galant ; il eut des fortunes distinguées et quantité que sa figure et sa discrétion lui procurèrent, sT-siM. 4 8«, 20. Il Être en bonne fortune, être k un rendez-vous donné par une maîtresse. Pour troubler un homme en bonne fortune, bamilt. Gramm. 6. || Dans im sens dérivé, mais particulier. F.n bonne fortune, en cachette, avec mystère. Mme de Caylus se laissa aller k des rendez-vous en bonne fortune avec Mme de Haintenon k VersaiUrs ou à Saint-Cyr, st-sih. 4«8, S<7. 11. le prince avait envoyé proposer à ce père [de la Tour] de le venir voir en bonne fortune la nuit et travesti, id. ilb, 4 9. Je faisais celui-là [travail], comme on dit, en bonne fortune, et je n'avais voidu commtmiquer mon projet k personne, J. J. Rot;ss. Conf. tx. || 4* Mauvaise fortune , aidvenité , suite d'événements fi-
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cheux. Il [le prince de Condé] apprit à l'Espagne trop dédaigneuse quelle était cette majesté que la mauvaise fortune ne pouvait ravir à de si grands princes [ les Stuarts exilés ] , boss. Louis de Bourbon. Il supporta la mauvaise fortune sans faiblesse , comme il jouit de la bonne sans orgueil, KLÊcn. Hist. de Théodose, l, <• Il B* H se prend quelquefois pour bonheur. Peut-être que vous avez jugé que cette fortune était tellement au delà de ce que je devais espérer, qu'il vous fallait avec loisir chercher des termes pour me la rendre croyable, voit. Lett. t. Peut-être la fortune est prête à vous quitter, rac. Esther, m, \. X mon fils Xipbarès je dois cette fortune, m. Jftthrid. V, 5. Il n'est point de fortune à mon bonheur égale, ID. Théb. v, 4.1111 est en fortune, il gagne tout ce qu'il veut. || Fig. Être en fortune , être en verve, en crédit. Je répondis à tout, car j'étais en fortune, sév. 621. 1| En un sens opposé, malheur. Dieu vous préserve de mal et de fortune. Lors de mon coin vous me verrez sortir Incontinent, de crainte de fortune, la font. Sav. || Contre fortune bon cœur, c'est-à-dire il faut faire face avec courage contre les accidents que la fortune inflige. Allons, allons, madame, ne vous affligez point; contre fortune bon cœur, baron. Coq. et (ausse prude, v, a. || On dit aussi sans ellipse : Faites, il fit contre fortune bon cœur. || Terme de pratique. X ses risques, périls et fortune, lac. adv. qui signifie que tous les risques sont mis à la charge de la personne dont il s'agit. || Se dit aussi dans le langage ordinaire, avec le même sens. Qu'il est beau de détromper à ses risques et fortunes un indifférent sur des choses qui lui importent 1 DiDER. Essai sur la vertu. Ma coutume est de donner mes griffonnages aux libraires, qui les impriment à leurs périls et fortunes, P. L. cour. Lett. u, 24. Il La bonne et la mauvaise fortune, l'une et l'autre fortune, la prospérité et l'adversité. Égal dans les événements de l'une et l'autre fortune, BAMILT. Gramm. 5. || 6» Terme de marine. Fortune de mer, les accidents qui arrivent aux navigateurs, naufrages, tempêtes, pirates, etc. || Fortune de vent, gros temps, temps pendant lequel les vents sont forcés. || Voile de fortune, voile qui ne se porte que pendant l'orage. || Gouvernails, mâts, etc. de fortune, gouvernails, mâts qui ne servent que momentanément. || Fortune, nom d'une vergue et d'une voile dont on se sert à bord de certains navires qui ont le gréement des goélettes. La fortune est une voile carcée attachée sur une vergue qui se hisse, comme la voile de misaine des bâtiments carrés, à la tête et sur l'avant du mât de misaine, jal. || 7» La fortune de quelqu'un, ce qui peut lui arriver de bien ou de mal. Me faire la faveur d'assurer particulièrement trois d'entre elles [personnes] que, quelque loin que me jette ma fortune, la meilleure partie de moi-même sera toujours au lieu où elles seront, voit. Lett. 38. Donc, comme à vous servir j'attache ma fortune, corn. Went. III, 5. Chacun, à ses périls, peut suivre sa fortune, id. Perthar. m, 2. Jamais il n'a été en ma puissance de concevoir comme on trouve écrit dans le ciel jusqu'aux plus petites particularités de la fortune du moindre homme, mol. Am. magn. m, ) . [Le prince de Condé] mande à ses agents dans la conférence [pour la paix des Pyrénées] , qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée davantage à sa considération, qu'on ait soin de ses amis, et, pour lui, qu'on lui laisse suivre sa fortune, boss. Louis de Bourfcon. Demeurons toutefois pour troubler leur fortune, bac. Andr. u, t. Sa fortune dépend de vous plus que de moi , ID. Brit. u , 4. Les biens qu'il avait abandonnés pour suivre la fortune de son maître , ha- MiLT. Gramm. e. Je résolus de m'attacher à elle, de courir sa fortune, i. i. rouss. Conf, v. || Il se dit aussi des choses. La fortune d'un livre. La fortune des empires. {| 8° Plus particulièrement, la fortune de quelqu'un, son heureuse fortune, les succès qu'il obtient. Cromwell alors se fit nommer gouverneur d'Irlande ; il partit avec l'élite de son armée, et fut suivi de sa fortune ordinaire, volt. Moeurs, isi. Soliman envoie le bâcha Mustapha assiéger Malte; rien n'est plus connu que ce siège où la fortune de Soliman échoua, id. Ann. Emp. Maximilien II , <565. || 9" Il sedit, au pluriel, des variations du sort, de la destinée. En racontant toutes ses fortunes et tous ses longs voyages, d'uiifé, Astrée, I, 2. Je désire seulement d'avoir bientôt l'honneur de vous voir, et que toutes mes fortunes soient tellement jointes aux vôtres, que je ne sois jamais Ueureiu ni malheureux qu'avec vous, voit. Lett.
3R. Quoique nous lisions de lui, si faut-il avouer que vos fortunes sont aussi merveilleuses que les siennes, id. Lett. 3. U ne manque à vos fortunes que d'avoir été criminelle d'État, et voici que je vous en fais naître une belle occasion, in. Lclt. 3i.Il [l'amour] a droit de régner sur les âmes communes. Non sur celles qui font et défont les fortunes, CORN. Alt. III, 4. Hors de l'ordre commun il [le sort] nous fait des fortunes, id. Ilor. ii, 3. Quant au surplus des fortunes humaines, Les biens, les maux, les plaisirs et les peines.... la font. Belphi'gor. Nous parlions des fortunes d'Horace, mol. l'Ét. iv, 6. Les fortunes du chevalier de Grammont y furent longtemps diverses dans l'amour et dans le jeu, HAMiLT. Gramm. 5. Jetons la vue sur les fortunes galantes de son altes.se, avant la déclaration de son mariage, id. ib. 3. Élevé par cette illusion au dernier degré de la gloire, vous vous convaincrez par vous-même de la vanité des fortunes, vauven. iUdit. sur la foi. X la nécessité soumettons nos fortunes, briffaht, Ninusll, IV, <0. Il On le dit aussi des choses. Cette doctrine a eu des fortunes très-diverses. Il 10° Revers de fortune, accident qui change une bonne situation en une mauvaise. || Retour de fortune, vicissitude dans la destinée, dans l'état des choses. Il y a de singuliers retours de fortune. || 11° L'état, la condition où l'on est. Se contenter de sa fortune. Je me souhaiterais la fortune d'Êson, MALH. II, <2. Le capitaine de vaisseau touché de ma fortune prit amitié pour moi, mol. l'Av. V, 3. Il goûtait un véritable repos dans la maison de ses pères qu'il avait accommodée peu à peu à sa fortune présente, sans lui faire perdre les traces de l'ancienne simplicité, boss. le Tellier. Poursuivie par ses ennemis implacables qui avaient eu l'audace de lui faire son procès, tantôt sauvée, tantôt presque prise, changeant de fortune à chaque quart d'heure, id. lieine d'Angleterre. Que si quelqu'un, mes vers, alors vous importune. Pour savoir mes parents, ma vie et ma fortune, boil. Ép. x. Ma fortune va prendre une face nouvelle, rac. Andr. i, ) . Heureux qui satisfait de son humble fortune.... m. ib. Vous avez entendu sa fortune [de Joas], id. Athal. II, 7. Il II se dit aussi au pluriel. Dans les fortunes médiocres, l'ambition encore tremblante se tient si cachée qu'à peine se connaît-elle elle-même, hoss. le Tellier. h mère, ô femme, ô reine admirable et digne d'une meilleure fortune, si les fortunes de la terre étaient quelque chose 1 id. Reine d!Anglet. \\ Unegrande fortune, une condition élevée. Il n'y a rien qui se soutienne plus longtemps qu'une médiocre fortune; il n'y a rien dont on voie mieux la fin qu'une grande fortune, la broy. vi. || Chacun est artisan de sa fortune, c'est-à-dire en général nos succès dépendent de nous. || Il fut l'artisan de sa fortune, il ne dut qu'à lui ses bons succès. || 18° Élévation de quelqu'un dans la condition, le rang, les honneurs, les emplois, les richesses. Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune, corn. Cinna, ii, < . Lui donner moyen de pousser sa fortune , SÉV. 607. Je ne vais point au Louvre adorer la fortune, boil. Sat. II. Enfin je me dérobe à la joie importune De tant d'amis nouveaux que me fait la fortune , rac. Bérén. i. 4. Ai-je donc élevé si haut votre fortune Pour mettre une barrière entre mon fils et moi ? id. Brit. i, 2. Pardonnez à l'éclat d'une illustre fortune Ce reste de fierté qui craint d'être importune, id. Andr. m, 6. H a commencé de bonne heure et dès son adolescence à se mettre dans les voies de la fortune, la bbuy. vi. Il faut avoir trente ans pour songer à sa fortune, elle n'est pas faite à cinquante; l'on bâtit dans sa vieillesse, et l'on meurt quand on en est aux peintres ou aux vitriers, id. ib. La révolte du comte de Boissons fut la plus dangereuse; elle était appuyée par le duc de Bouillon, fils du maréchal, qui le reçut dans Sedan, par le duc de Guise, petit-fils du balafré, qui, avec le courage de ses ancêtres, voulait en faire revivre la fortune, volt. Mœurs, 176. || Les biens de la fortune, les richesses, les honneurs, les emplois. Il Faire fortune, s'élever haut dans les honneurs, les emplois, les richesses. Faire fortune est une si belle phrase et qui dit une A bonne chose, qu'elle est d'un usage universel, la bbuy. vi. Il faut une sorte d'esprit pour faire fortune et surtout une grande fortune; ce n'est ni le bon ni le bel esprit, ni le grand, ni le sublime, ni le fort, ni le délicat; je ne sais précisément lequel c'est; j'attends que quelqu'un veuille m'en instruire, id. ib. \\ Fig. Faire fortune, en parlant des choses, obtenir du succès, réussir. Depuis la paix, mon vin fait encore plus de fortune en Angleterre qu'en a fait mon livre [l'Es-
prit des lois], MORTBSQ. Correspondance, 6i. Tffutes ces pièces ont été imprimées, leur fortune est faite, DiDER. les Saisotis. Je puis assurer à Votre Majesté que ces mots précieux à la raison ont fait autant de fortune que son bel éloge de l'impératrice reine, d'alemb. IM. au roi de Prusse,30 mars 1781. Mol qui courut dans le monde et fit fortune, marmontel, Mém. v. Il Faire la fortune do quelqu'un, le faire parvenir à une position élevée. Cette créature avait fait la fortune de bien des gens, sèv. 348. Aimez vos domestiques, portez-les à Dieu, faites leur fortune, mais ne leur en faites jamais une grande, maintf.non. Avis à la duch. de bourgogne. || Faire sa fortune , parvenir à une position élevée. Son esprit [du comte d'Estrées] est si fort tourné sur les sciences et sur ce qui s'appelle les belles-lettres, que, s'il n'avait une fort bonne réputation et sur mer et sur terre, je croirais qu'il serait du nombre de ceux que le bel esprit empêche de faire leur fortune, sfiv. 599. Il y a une différence si immense entre celui qui a sa fortune toute faite et celui qui la doit faire, que ce ne sont pas deux créatures de la même espèce, volt. Lett. Cideville, 28 sept. 1733. Vous qui vous exposez à la plainte importune De ceux dont la valeur a fait votre fortune, id. Orphel. IV, 2. Il Homme de fortune, celui qui est parti de petits commencements et s'est élevé soit par son mérite soit par les circonstances. C'était un homme de fortune comme vous, bodrd. Carême, i. Pensées de la mort, (6. || Soldat de fortune, homme de guerre qui s'est élevé des derniers grades aux plus élevés par ses propres efforts. Il ne fit choix, pour un emploi si important et si délicat, que d'un soldat de fortune et par conséquent incapable de lui donner do l'ombrage et de se faire chef de parti, vertot, Révol. rom. xiv, p. 349.».Rosen, étranger et soldat de fortune jusqu'à avoir tiré au billet pour maraude, ST-siM. 26, 32. Le duc de Vendôme, parvenu enfin au généralat après avoir passé par tous les degrés depuis celui de garde du roi, comme un soldat de fortune, commandait en Catalogne, oîi il gagna un combat et il prit Barcelone, volt. Louis XIV, «7. Dioclétien n'était qu'un soldat de fortune, id. Mœurs, 8. Il Officier de fortune, soldat devenu officier. Les gentilshommes seuls en ont eu l'honneur [d'une affaire politique] ; les officiers de fortune et les bas officiers ont refusé de donner, ayant peu d'envie, disaient-ils, de combattre avec la noblesse, et peu de chose à espérer d'elle, p. l. cour. Lett. particulière. Il Officier de fortune, s'est dit autrefois des officiers qui vendaient leurs services ou s'engageaient à qui voulait les payer. L'officier de fortune, titre d'un roman de W. Scott. Il 13° Les grandes fortunes, les personnes élevées par le rang, par les honneurs, les emplois, les richesses. Chacun est jaloux de ce qu'il est.... surtout les grandes fortunes veulent être traitées délicatement; elles ne prennent pas plaisir qu'on remarque leur défaut, BOSS. Sermons, la Mort, t . Il 14° Richesses, biens. Jouir d'une grande fortune. Il est sans fortune. Il n'a point de fortune. Si sa fortune était petite. Elle était sûre tout au moins, la font. Fabl. iv, 2. Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; La dame de ces biens, quittant d'un œil marri Sa fortune ainsi répandue.... iD.tb.vu, <o. Figurez-vous quelle joie ce peut être que de relever la fortune d'une personne que l'on aime, mol. l'Avare, i, 2. Un zèle de la justice qui assure la fortune des particuliers, bOSS. le Tellier. Si elle eût eu la fortune des ducs de Nevers ses pères, ID. Ann. de Gonz. Une grande naissance ou une grande fortune annonce le mérite et le fait plus tôt remarquer, la BriDY. vi. On ne peut mieux user de sa fortune que fait Périandre : elle lui donne du rang, du crédit, de l'autorité, id. ib. Il arrive, je ne sais par quels chemins, jusqu'à donner en revenu à l'une de ses filles pour sa dot ce qu'il désirait lui-même d'avoir en fonds pour toute fortune pendant sa vie, id. t6. Triste condition de l'homme et qui dégoûte de la vie ! il faut suer, veiller, fléchir, dépendre pour avoir un peu de fortune, ou la devoir à l'agonie de nos proches, id. ib. Vous qui ne devez peut-être qu'aux malheurs publics et à des gains odieux ou suspects l'accroissement de votre fortune, mass. Carême, Aumône. Vous demandez comment on fait ces grandes fortunes, c'est parce qu'on est heureux, volt. Jeannot et Colin. Ceux qui avaient partie de leur fortune sur la compagnie des Indes, n'ont qu'à se recommander aux directeurs de l'hôpital ; on a bien raison d'appeler son bien fortune ; car un moment le donne, un moment l'ôto, ID. Ult. d'Argental, 2 août <76l. Ses agents font dos fortunes incroyables, raynal, Hist. phil. m, 37. Il Homme de fortune, homme riche.
FOR
L'Huillier, homme de fortune, prenait un soin singulier de l'éducation du jeune Chapelle, son fils nalurel, VOLT. Vie de Moliire. || Etre mal avec la forlune, être besogneux, n'être pas riche. C'était une des plus belles femmes de la ville, assez magnifique pour vouloir aller de pair avec celles qui l'étaient le plus, mais trop mal avec la fortune pour pouvoir en .soutenir la dépense, hamilt. Gramm. e. || Faire fortune, gagner de la richesse. || Je n'ai que faire d'aller en Hollande, ma fortune est faite, se disait, par raillerie, à un homme faisant beaucoup de promes.se3. || 16" Terme de droit coutumier. Fortune d'or, d'argent, or, argent trouvé dans la terre. Il 16° Demi-fortune, voy. ce mot à son rang.
— IlEM. 1. Faut-il dire des bonnes fortunes ou de bonnes fortunes? ]. J. Rousseau, dans l'exemple cité au n° '■>, a dit ; des bonnes fortunes ; on peut dire en effet ainsi quand on considère la locution comme un seul mot. Mais on peut aussi dire de bonnes /br- (une.s, en considérant bonnes /brtwnei en deux mots. Il 2. X propos du vers d'Horace cité au n° 9 , Voltaire dit : « Ce mot de fortunes au pluriel ne doit jamais être employé sans épithète : bonnes et mauvaises fortunes, fortunes diverses, mais jamais des fortunes, » Les exemples qui accompagnent celui do Corneille montrent que la remarque de Voltaire est trop étroite.
— HiST. xm* s. De fortune me tourne diversement la roe, Berte, xxxiii. Fortune secort leshardiz. Si comme conte li escriz, Ren. 13609. Fortune comprent ce qui avient à home de bien et de mal, brun. LATINI, Trésor, p. B30. Por ce, dient li plusor, que fortune est aveugle, et qu'elle tornoie tozjors sa roe en non veant, m. ib. p. 44) . || xiv s. L'en ne conseille pas des choses qui aviennent à la fortune, si comme se roi t trouver unstresor à cas d'aventure, ofESME, Fth. 68. Une question est à savoir se l'en a plus grant mestier d'amis en bonnes fortunes ou en infortunes, JD. ib. 288. Par fortune de feu, qui, d'aventure ou autrement, se povoit prendre ou estre boutez par aucuns malfaitteurs, Ord. des rois de Fr. t. m, p. 668. Il XV* s. Si j'estois pris ou arresté par aucun cas de fortune, froiss. i, i, 408. Leurs vaisseaux euront si grand fortune sur mer.... que plusieurs de leurs nefs furent peries.... ID. i, i, 159. [Le sire de l'Esparre] eut une fortune de vent sur mer qui le bouta en la mer d'Espaigne, m. n, II, 4. Congnoistre que les grâces et bonnes fortunes viennent de Dieu, comm. i, 4. Que chascun se retyre en son logis et se tienne prest, sans soy esbayr de fortune qui advienne, m. i, 13. Toutes ces grandes fortunes leur sont advenues en trois mois d'espace [il s'agit d'une suite de malheurs qu'on vient d'énumérer], m. viii, n. \\ xvi* s. Combien que ce tapissier, par fortune de maladie, fust devenu sourd, MARG. Nouv. XLV. Une fortune ne vient jamais seule, DESPER. Contes, v. Après sa mort vous aurez la maison, si elle n'est vendue, aliénée, ou tombée en fortunede feu, ib. ib. li. En recognoissance d'une si illustre fortune [victoire], mont, i, 19. J'avoy, de fortune, en mes coffres.... id. i, 9B.La condition de sa fortune [richesse] le luy permettoit, id. i, 28i. Regardez pour quoy celuy là s'en va courre fortune de son honneur et de sa vieàtoutson espée, ID. iv, 167. Si s'embarqua tout incontinent, etcutletemps si à propos, qu'il traversa la mer sans fortune [accident] jusques à Brindes, amyot, Caton, 29. Hannibal estoit lors vieil et cassé, sans force ne puissance aucune, comme un homme que la fortune avoit de tout poinct ruiné et foulé aux pieds, id. Flam. 39. 11 est force que nous tentions encore la fortune, id. Pomp. iob. Je luy appris encore à dire souvent.... intéresser, prendre la garantie, faire fortune, courir risque.... etmille autres termes en cette façon, à quoy on connoit aujourduy une belle amc, d'aub. Conf. Il, 1. Nous ne sommes ny à l'empereur ny au roy do France, mais soldats de fortune, qui la cherchons partout où nos advertissements nous guident, carwix, vi, i«. Quand il [Charles-Quint] sccust que non [que la victoire de Saint-Quentin n'avait pas été poursuivie], il dict qu'en son aage et en ccste fortune de victoire, il ne se fust arresté en si beau chemin, brant. Charles-Quint. La fortune aide à trois sortes de personnes, aux fols, aux yvrognes et aux petits enfants, oudin, Curios. fr. Mieuj vaut une once de fortune qu'une livre de sagesse, cotgrave. Contre fortune, force aucune, leroux de LiNCY, Prov. t. II, p. 277. En ce monde fortune cl infortune abonde, id. ib. p. 292.
— ÉTTM. Bourguig. forteugne; provenç. espagn. et ital. fortuna ;d\i lat. fortuna, de /"or*, sort, rapporté h ferre et à la grande racine sanscrite bhar, porter, produire. Quant au suffixe una, qu'on retrouve dans
FOR
Ncptunus, importUHUs, on le rapproche du suffixe UHinus qui est dans Vertumnus ; ce suffixe mnus n'est lui-même qu'une contraction du suffixe participial menus, n«voc.
FORTUNE, ÉR (for-tu-né, née), adj. || 1* Bien traité de la fortune ou du sort. Ne plaignons plus les disgrâces qui font sa félicité; si elle avait été plus fortunée, son histoire serait plii» pompeuse, mais ses œuvres seraient moins pleines ; et, avec des titres superbes, elle aurait peut-être paru vide devant Dieu, boss. Reine d'Xnglet. Le monde, voyant un homme qui a ce qu'il veut, s'écrie avec un grand applaudissement : Qu'il e.st heureux ! qu'il estfortuné! id. Sermons, Proridence, 2. [ô roi) vivez heureux, fortuné, victorieux de vos ennemis, père de vos peuples ; mais vivez toujours bon et toujours juste, II). SerrrMns, Jugement dern. 2. Plus habile que grand, plusfortuné qu'habile. En triomphant d'un peuple il a vécu tranquille, M. j. chén. Tibère, I, 4. Il Substantivement. Pour vous, fortunés du siècle, à qui la faveur, les richesses, le crédit et l'autorité fait trouver la vie si commode.... boss. Panég. Ste Thér. 3. || Particulièrement. Celui qui aies bonnes grâces d'une dame. Je suis le misérable, et toi le fortuné, mol. Mis. m, 1. Ohl le bon billet, s'écriait-elle [Ninon], qu'a la Châtre ! son fortuné à la fin lui demanda ce que cela voulait dire, st-sim. 161, 203.||ï° Qui a le caractère de la bonne fortune, du bonheur. Siècle fortuné. Région fortunée. Enfin il a poussé nos armes fortunées Jusques à TOUS réduire au pied des Pyrénées, cobn. Sertor. v, 1 . Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres et le comble des grandeurs avec leurs ruines? BOss. Marie-Thér. la. suite trop fortunée de ses entreprises [de Cromwell], id. Berne d'Anglet Et
d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné, boil. Lutr. v. Il Iles Fortunées, ancien nom des îles Canaries. || 3" is.f. Fortunée, sorte de poire.
— REM. Fortuné ne doit pas être employé pour riche; c'est une faute née de ce que fortune, entre autres significations, a celle de richesse. Dans la logique du peuple, un homme fortuné est nécessairement un homme riche; c'est un barbarisme très-commun dans la langue, et qui provient d'une erreur très-commune dans la morale, ch. nodier, dans le Dict. de poitevin.
— SYN. FORTBNii;, HEDREDi. Celui qui est fortuné a reçu les faveurs de la fortune ; celui qui est heureux, jouit du bonheur. Tandis que être heureux se prend dans le sens d'avoir des chances favorables, fortuné n'admet pas cet emploi ; on est heureux au jeu, mais non fortuné. De plus, fortuné signifie à qui tout réussit, et heureux indique plutôt l'état paisible et satisfait de l'âme : un pauvre qui se contente de ce qu'il a peut être heureux; il n'est pas fortuné.
— HIST. XV' s. Le jeune roi Edouard qui tant a esté heureux et fortuné en armes, frobs. i, i, 27. (I XVI* s. Tous soldats qui sont fortunez [qui ont été privés] à la guerre de leurs membres, à faulte desquels ils ne peuvent plus porter les armes, car- LOix, m, 9. Pauvre, chetive, malheureuse. Et fortunée que je suis, R. belleau, la Reconnue, iv, 1. Ceux-là [des forçats] sont, au prix d'eux [ceux qui servent un maître], fortunez et aulcunement libres, laboètie, Servitude volontaire.
— ETYM. Bourguig. fortugné; du latin forlunatus, de fortuna, fortune. Fortuné, dans l'ancien usage, avait aussi bien le sens de malheureux que celui d'heureux, en raison du double sens qu'avait fortune.
FORT-VÉTU (for-Tê-tu), ». m. Voy. fohv*tii.
FORUM (fo-rom'), s. m. || 1* Terme d'antiquité romaine. Place où se tenait quelque marché. Les forum, les palais s'écroulent. Le temps les ronge avec mépris, Le pied des passants qui les foulent Écarte au hasard leurs débris, lamart. Harm. i, 8. Il II se dit aussi des places oii se tenaient les foires dans les villes dépendantes de l'empire romain. Il 2° Particulièrement. Place où le peuple romain discutait les affaires publiques. Tout s'achète : au Forum on trafique dei" voix. On marchande l'honneur de triompher des rois, laposse, Marius à Mint. III, 6. Je m'ennuie au Forum, je m'ennuie aux arènes, v. Huoo, Odes, iv, 8. Ce n'est pas la faute des antiquaires si nous n'éprouvons point à le [le Forum] reconnaître autant d'embarras qu'à discerner la vraie place de la roche Tarpéienne et du Capitole ; ils ont voulu déplacer le Forum, au lieu do le mettre où est le Campo taccino , le transporter à droite dans la rue des Fenili, et, au lieu de te laisser |