‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 311 sur 388 · GR.V · texte numérisé non relu

GR.V

fet. Il En mauvaise part. Dessin gras, dessin mou, sans vigueur et sans ton. || 10- Avoir la poitrine grasse, être sujet à la toux suivie de l'eispuilion d» mucosités épaisses. Une poitrine grasse et flegmatique se trouvera bien de l'air de Ste-Geneviève et mal de celui des quais, saint-poix, Esm. Paris, Œuv. t. m, p. 415, dans pougens. ||Toux grasse, toux dans laquelle on rejette des mucosités, par opposition à toux sèche où l'on n'amène rien. ij !!• Terre grasse, terre forte, tenace et fangeuse. 11 s'engagea dans des terres grasses où l'artillerie ne put s'avancer. La montée [à Hiradoux] est assex droite et fort longue, et les terres y sont grasses en hiver, la rochrp. Mém. 215. || Terre grasSb est aussi le nom donné à l'argile qui sert à dégraisser le» étoffes, à flter les taches. || Argile grasse, argile qui contient peu de silice. || Mortier gras, mortier qui contient trop de chaux. || Pierre grasse, pierre humide. Il Par extension. Le pavé est gras, quand on glisse dessus, qu'on y marche difficilement. On dit aussi : Il fait gras marcher. {| 12° Oui produit abondamment les moissons et les herbes. Aux frontières de la Gédrosie, pays gras et abondant, vaugkl. Q. C. 64U. Nous vîmes la grasse campagne, scARRON, Virg. m. L'électeur |de Bavière] se trouvait dans une abondance durable par les pays gras et neufs dont il était maître, st-sim. (36, 2»5. Davoust, tout brûlant d'une colère qu'il concentre avec effort, répond qu'il propose une retraite à travers un sol fertile, sur une route vierge, nourricière, grasse, intacte, dans des villages encore debout et par le chemin le plus court, SKGua, Hist. de Nap. ix, 4. || Terres grasses, terres lii'S-fertiles. Il Gras pflturages, lieux qui produisent de l'herbe en abondance et où les bestiaux s'engraissent. Il 13° Terme de botanique. Plantes grasses, celle» dont les tiges et les feuilles sont épaisses, charnues, succulentes, telles que les cactus. || 14* Avoir un parler gras, ou bien avoir la langue grasse, parler comme si on avait quelque chose de gras, de pâteux dans la bouche. Un air do béatitude, avec un parler gras, lent et nasillard, faisait volontiers prendre sa physionomie [de l'évêque de Châlons] pour niaise, st-sim. 78, 1B.|| Parler gras signifie aussi grasseyer. {| 15° Terme de vétérinaire. Ce cheval a la vue grasse, il a la vue trouble, {i 18° Terme de charpente. Pièce de bois grasse, pièce plui forte qu'elle ne doit être. || 17° Fig. Licencieux, graveleux. Tenir des discours um peu gras. Le vieux commandeur, avec tous ses contes gras, quant à la substance, ne perdait jamais sa politesse de la vieille cour, J. i. Bouss. Confess. vu. || Cause grasse, une cause que les clercs du palais choisissaient pour 1 laider entre eux aux jours gras, et qui était remplie de choses plaisantes. || Cause grasse, se disait aussi de quelque affaire plaisante qu'on réservait pour la plaider aux jours gras. De même que l'on plaidait et que l'on plaide encore, je crois, ces jours-là, une cause grasse au Châielct et au parlement, SAiNT-FOix, Ess. Paris, OEut. t. iv, p. (67. Il 18° S. m. I.a partie grasse d'une viande. Le gras et le maigre d'un jambon. Donnez-moi du gias. Il Familièrement. Tourner au gras, prendre beaucoup d'embonpoint. || Absolument. La viande. Il aime le gras. || Biz au gras, rir qu'on a fait crever dans un bouillon gras. || Légumes au (iras, léjiumrs accommodés avec de la graisse. Épinanls au gra-s. Il 19° Particulièrement, chez les catholiques, la viande, les mets gras. Le gras et le maigre. Il faudra que le prince mange tout seul en gras i sa petite table, MdNTENON, Lett. à M. dAubigné, 4 septemb. 1677. Il Manger gras, manger de la viande les jours maigres. Samedi )o août i«8«, le roi a dîné et soupe gras dans son appartement, danoeal', i, 369. Ne pourrait-il pas manger gras à une table avec les personnes qui ont le même besoin? maintenon, Lett. au card.de Noailles, i7uo, t. iv,p. I8S, dans POUGENS. Les Dalécarliens demandèrent qu'on fit brûler tous les citoyens qui feraient gras le vendredi, volt. Mœurs, tt».\\ 20° Le gras de la jambe, la partie de la jambe qui est fort charnue, le mollet. Voilà ma justification, dont vous ferez part au gros abbé, si jamais, par hasard, il a mal au gra* des jamtes sur ce sujet, sÉv. I6 oct. (675. || Gras de jambe, s'est dit autrefois pour faux mollet. Il m'a chassé de sa chambre, parce qu'il s'est mis de mauvaise humeur, et qu'il s'est imaginé que je lui avais mis de travers son gras dejamhe,nANCOUBT, S'cAop. du Diablt boit, i, a. || 21" Maladie des vers à soie. Il 22° Tourner au gras, se dit du vin qui prend ta graisse (voy. graisse, n° b). || 23° Terme de chimie. Gras des cadavres, corps gras qui se forme par saponification des tissus animaux restés longtemps

GRA

plongés dans l'eau ou enfouis dans une terre humide. Il 23" Gras, adti. Parler gras, grasseyer. L'on ne peut être plus content de lui-même : il s'est acquis une voix claire et délicate, et heureusement il parle gras, i.A BRUYÈRE, XIII. Elle affectait d'être languissante, déparier gras, hamilt. Gramm. J0.|| Terme de peinture. Peindre gras, avoir le pinceau gras, peindre par couches épaisses. || Pain gras-cuit, pain qui n'a pas levé, qui est pftteux faute de cuisson. Il Terme de fauconnerie. Voler haut et grais, se dit d'un oiseau dont le vol est hardi. || Terme de vétérinaire. Ce cheval est gras-fondu, il est malade de gras-fondure.

— HIST. xW s. Dune comença sun cors durement à grever, E les grasses' [grossières] viandes, chous e nés (navets] à user. Th. le mari. 03. Nis dous feiz [môme douï fois] descendirentjus des palefreiz cras, ib. (U. i]xni' s. Tout li tavernier de Paris pueent vendre tel vin come il voelent, cras ou bouté, et à tel fuer come il voelent, Liv. des met. 29. Grosses brebis et crasses vaches, Ren. <U73. Et sachiez que ses gras [de l'autruche] est molt profitables à toutes dolors que on ait en ses membres, brun, latini. Trésor, p. 222. Et ge les voi, les jengleors. Plus cras qu'abbés ne que priors, la Itose, 2568. || xiv s. Le bras estoit dessous la manche Gras et roond, Lande dorée. Si le vin est gras [sorte de maladie du Tin], Ménagier, 11, 3. || xv s. Le pays de Normandie'est un des plus gras du monde, froiss. i, i, 284. Icellui Henriet jura gras et détestables sermens qu'il ne buroit [boirait] point, du cange, grassus. Et n'est loisible aucunement X homme ou femme, hault ou bas, De le tenir secrètement. Ne aussi d'en faire ses choux gras, coquil. Plaid, de la simple et de la rusée. Notre hoste a aussi du bon fromage et bien gras, louis xi, l^ouv. xcix. ||xvr s. Un fascheux corps vestu d'un satin gras, Un satin gras doublé d'un fascheux corps, marot, m, 84. Se faire arracher des dents saines, pour en former la voix plus molle et plus grasse, mont, i , 307. Un chien enragé luy emporta le gras de la jambe, id. iii, 302. Je fois [fais] mes jours gras des maigres, id. iv, Î88. On dit qu'il avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal; son parler gras.... amtot, Aie. 2. Un jour blasmant quelqu'un qui estoit extrêmement gras et replet, id. Calon, <8. Gras et souillé du suif de la Sicile, id. Nicias, i . Il descouvrit une source d'une humeur grasse et huileuse, qui ne differoit en rien de l'huile naturelle, ayant le lustre et la grassesse si semblable, que l'on n'y eust sceu.... m. Alex. 98. Et à cause des terres qui sont fort grasses en ce païs-là, homme ny cheval ne pouvoit marcher avant ny arrière, carloix, ii, 13. Au jeune le sang est plus gras et gluant pour faire prompte union et régénération de chair, paré, vil, 4. Matière crasse et visqueuse, 10. i, 29. Celle [maison] de son voisin, où la cuisine estoit plus grasse que la sienne, nokl du fail, Contes d'Eutrnp. f° 18, dans pougens.

— ÉTYM. Picard, cras; wallon, crds, au fém. crâse; namurois, crau, au fém. crause; Hainaut, cras, au fém. crasse; provenç. et catal. gras; espagn. graso; ital. grosso; du bas-lat. grassus, qui est dans les Addenda de Ouicherat avec le sens de gras, et qui représente le latin crassus, signifiant épais.

GRAS-DOCBLE (grâ-dou-W) , s. m. La membrane de l'estomac du bœuf. Un plat de gras-double. Il Au plur. Des gras-doubles.

— ETYM. Gras, et double.

GRAS-FONDU (grl-fon-du), s. m. ou GRAS-FON- DURE (grâ-fon-du-r'), s. f. Terme de vétérinaire. Diarrhée, chez le cheval, accompagnée d'un amaigrissement considérable, et dans laquelle l'animal rend des glaires tamponnées et épaisses. || Se dit d'autres animaux. Us [les chardonnerets] sont sujets à l'épilepsie, à la gras-fondure, et souvent la mue est pour eux une maladie mortelle, buff. Ois. t. vu, p. 280. [Le maréchal de Noailles] C'était un homme d'une grosseur prodigieuse et entassé, qui, précisément comme un cheval, mourut de gras-fondu, 8T-SIM. 2U,9!. Il Familièrement et ironiquemcnt.il ne mourra pas de gras-fondu, se dit d'un homme fort maigre.

— ÉTYM. Gras, et fondu.

t GRASSANE (gra-sa-n'), s. f. Variété de figue.

GRASSEMENT (grâ-se-man), adv. || 1° Fort à l'aise. Vivre grassement. S'il [le duc d'Orléans] était homme à avoir besoin de gagner sa vie, il aurait cinq ou six moyens différents de la gagner grassement, st-sim. 369, (40. || 2° Largement, sans lésinerie. Récompenser grassement. Au lieu de vin;;t écus, je t'en donnerai trente; C'est payer son honneur et le tien grassement, boubsault. Mots à

GRA

la mode, se. 46. Je t'aiderai même, en cas de besoin, pourvu que tu me fasses payer de mes peines un peu grassement, begnard, la Sérénade, < .

— HIST. xiv s. Il sembloit aus sénateurs et aus gentils hommes, que ils deussent avoir eu plus grassement chascun pour soi que chacun du pueple,

BEBCHBURE, (° 22, VerSO.

— Rtym, Grasse, et le suffixe ment; provenç. grassament; ital. grassamente.

t GRASSERIE (grâ-se-rie), s. f. Sorte de maladie des vers à soie.

GRASSET, ETTE (gra-sè, sè-t') , adj. || 1° Qui est un peu gras. Elle est grassette. || 2° S. m. Terme de vétérinaire. Région du membre postérieur correspondant au genou de l'homme, et ayant pour base la rotule et les parties molles qui l'entourent. Il Terme de boucherie, voy. hampe.

— HIST. xiu' s. Complexion sanguine fait home grasset, chantant, lié [gai] et hardi et bénigne, BRUN. LATINI, Trésor, p. io«. Tant l'a trové plain et craset, Partonop. t. i, p. 44. || xvi' s. Ceux qui sont froids et grassets, ayans les veines petites et cachées, paré, XX, 28.

— ètym. Diminutif de gras; provenç. grasset, graset.

t 1. GRASSETTE (gra-sè-f), ï. f. Sarcelle d'été.

I 2. GRASSETTE (gra-sè-f), s. f. Genre de plantes aquatiques. La grassette commune (pinguicula vulgaris, L), famille des lentibulariées.

GRASSEYEMENT (gra-sè-ye-man), s. m. Défaut de prononciation de celui qui grasseyé. Le véritable grasseyement consiste en ce que, dans les mots où la lettre r se trouve seule ou jointe à une autre consonne, on fait entendre une sorte de roulement guttural. Le grasseyement afl'ecté consiste à ne prononcer nullement la lettre r, en disant pa-ole, Pa-is, pour parole, Paris, etc.

— ÉTYM. Grasseyer.

GRASSEYER (gra-sé-ié. Vy grec se conserve dans toute la conjugaison; je grasseyais, nous grasseyions, vous grasseyiez; que je grasseyé, que nous grasseyions, que vous grasseyiez), t;. n. Prononcer les r d'une manière vicieuse. Ceux qui grasscyent ou parlent gras ont de la peine à prononcer la lettre r, et ils lui substituent souvent la lettre l. Je vois Grandval revenir grasseyer à l'hôtel des comédiens ordinaires du roi, volt. Lett. Damilaville, 4 fév. t764. Il II se dit aussi du grasseyement affecté. Faut- il grasseyer? quelquefois cela ne sied pas mal, PAVART, Ninette, n, 3. C'est l'afiectation qui grasseyé en parlant. Écoute sans entendre et lorgne en regardant, volt. Dict. phil. Pope. [Au début de la Restauration] On rêve non les conquêtes, mais la grande parade.... le prince de "* couche en bonnet de police ; la vieille garde grasseyé et porte des odeurs, p. l. cour. Lettre x.

— HIST. XVI* s. 11 grassie ung petit, mays cela luy siet bien, palsgr. p. «)2.

— ÉTYM. Dérivé de gras : parler gras.

f GRASSEYEUR, EÙSE (gra-sè-ieur, ieù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui grasseyé, qui parle en grasseyant. Qu'il écrivit en conséquence au giasseyeur Grandval, qu'il instruisit ledit grasseyeur de la permission de monseigneur le maréchal, volt. Lett. Richelieu, i» déo. 1764.

GRASSOUILLET, ETTE (gra-SOU-Uè, Uè-t' , Il mouillées, et non gra-sou-yè), adj. Diminutif de grasset. Un enfant grassouillet et potelé. Un petit Ragot, grassouillet et rond comme une boule, hamilt. Gramm. 3.

— ÉTYM. Dérivé de gras. Ronsard, )oo, a dit : grasselet.

t GRAT (gra), s. m. Lieu où les poules grattent. Il Fig. Je l'ai bien envoyé au grat, se disait pour : je l'ai rebuté, chassé, envoyé promener.

— HIST. XV' s. Ne demeurons plus si confuz; Au grat la terre est dégelée, viLLON,BoiWe))enï et Malepaye.

— ÉTYM. Voy. GRATTER.

t GRATGAL (gra-tgal) , s. m. Terme de botanique. Genre de plantes rubiacées composé de dix ou douze espèces d'arbrisseaux exotiques et épineux.

fGRATELIER (gra-te-lié), s. m. Terme de botanique. Genre de térébinthacées originaires d'Amérique.

GRATERON (gra-te-ron), s. m. Nom vulgaire de différentes plantes : le gaillet accrochant [galium aparine, L.) (rubiacées) ; l'aspérule odorante (rubiacées) ; le gaillet crucié (rubiacées); la bardane {arctium lappa, L.) (composées).

— REM. L'Académie écrit gratter par deux (l, et grateron par un seul. C'est manquer à l'uniformité.

— HIST. xvi« s. Grateron, à cause que, par son aspreté, elle s'attache aux babillements de ceux

I qui l'approchent, o. db serbes, 633,

GBA

— ÉTYM. Gratter.

t GRATICULATION (gra-ti-ku-la-sion), *. {. Action de graticuler.

t GRATICULE (gra-ti-ku-l') , *. f. Châssis préparé pour réduire un tableau.

— ÉTYM. Lat. craticula, petite claie, petite grille, diminutif de crates, claie.

GRATICULER («ra-ti-ku-lé),». n. Terme de peinture. Diviser un dessin en un certain nombre de carreaux reproduits en égal nombre, mais en petit, sur un papier ou sur une toile; au moyen de quoi on conserve exactement les proportions de l'original. On dit aussi craticuler.

— ÉTYM. C.riiticule.

GRATIFICATION (gra-ti-fl-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Libéralité qu'on fait à quelqu'un. Nos étals donnèrent des gratifications pour cent mille écus, sÉv. 83. Des gratifications particulières d'environ quatre mille louis à Racine , volt. Louis XIV, 26. Depuis que l'État a accordé une gratification de cent trente-deux livres dix soU à chacun des combattants qui s'élancerait sur un navire pris ou coulé à fond, raïnal, IJist. phil. xix, 5. Il Se dit, en termes d'administration, d une somme qu'on accorde d'ordinaire aux employés à la fin de l'année comme récompense do leur travail. 11 a eu deux cents francs de gratification.

— HIST. xvi* s. En m'y condamnant, ils effacent la gratification de l'action et de la gratitude qui m'en seroit due, mont, i, 4 97. Toutes gratifications ne sont pas bien logées en toutes gents, id. i, î27.

— ÉTYM. Lat. gratificationem , de gralificare, gratifier.

GRATIFIÉ, ÊE (gra-ti-fi-é, ée), part, passé de gratifier. Gratifié d'un don de cent mille francs. {| Ironiquement. Gratifié d'un grand coup de pied.

GRATIFIER (gra-ti-fi-é), je gratifiais, nous gratifiions, vous gratifiiez; que je gratifie, que nous gratifiions, que vous gratifiiez, «. a. jj 1» Accorder un don, une faveur. Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie, Ont le don d'agréer infus avec la vie, LA FONT. Fabl. IV, 5. Pleurez, Amours, gens de Cythèré ; Celle que Vénus votre mère Gratifiait de maints beaux dons. Va pa.sser des jours un peu longs, ID. Lett. xxii. On le félicite [Louis XIV] sur des titres d'honneur dont il vient de gratifier quelques grands de son État; que dit-il? qu'il ne peut être content quand tous ne le sont pas, et qu'il lui est impossible que tous le soient comme il le voudrait, LA BBUY. Vise, à l'Acad. franc. Ceux qui connaissent le caractère du pape, son goût et son zèle pour les lettres ne sont point surpris qu'il m'ait gratifié de plusieurs de ses médailles, lesquelles sont autant de monuments du bon goût qui règne à Rome, volt. Mél. littér. au P. de la Tour. Il 2° Ironiquement et familièrement. Attribuer mal à propos une chose à quelqu'un. 11 veut charitablement me gratifier de ses bévues. {| 3" Se gratifier, V. réfl. S'accorder l'un à l'autre. Les administrateurs se sont gratifiés de l'excédant en caisse. Il Ironiquement. Ils se sont gratifiés des noms les plus désagréables.

— HIST. xvi' s. Dieu a quelquefois gratifié à des requestes, lesquelles toutesfois n'estoyent point précédées d'un cœur paisible nebien rangé,CALV./(isti(.689. Je trouveroy plus galand d'imiter ceulx qui entreprennent , vivants et respirants, jouyr de l'ordre et honneur de leur sépulture, et qui se plaisent de veoir en marbre leur morte contenance ; heureux qui sachent resjouyr et gratifier leur sens par l'insensibilité, et vivre de leur mort ! mont, m, 4 8. J'aimerois aussi cher qu'il se gratifiast des bonnetades qu'on lui faiet [le prenant pour un autre], id. m, 342. Pisistrates adjousta ces deux vers, pour gratifier [être agréable] aux Athéniens, amïot, Thésée, 24.

— ÊTYJl. Lat. gratificare,àegraXus, agréable (voy. GRÉ), et le suffixe verbal ficare (voy. pieh, suffixe).

GRATIN (gra-tin), s. m. \\ 1° Partie de certains mets qui s'attache au fond du vase dans lequel on les a fait cuire et qu'on ne détache qu'en grattant. Le gratin d'une bouillie. En mangeant tous les gratins des poêlons des petits enfants, sÉv. 40u. Il 2' Apprêt de certains mets couverts de chapelure et cuits entre deux feux de manière à présenter en dessus une croiite légère. Bœuf au gratin. Sole au gratin. || Le mets lui-même. Un excellent gratin. Il 8° Matière adhérente aux parois et au fond d'une fosse d'aisances.

— REM. L'Académie écrit gratter avec deux «, et gratin avec un seul. C'est manquer à l'uniformité.

— ÉTYM. Gratter.

t GRATINER (gra-ti-né), V. n. Terme de cuisine. Se former en gralio, 8'a.ttacher au fond du

GRA

po«lon. Cela a gratiné. La bouillie commençait à gratiner. || Faire gratiner un met», le préparer on gratin. || Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. Cela se gratinait.

— Etym. Gratin.

GRATIOI.E (gra-si-o-l"), f. f. Genre de plantes do la famille des scrofularinées. ||Gratiolc officinale, dite aussi herbe à pauvre homme, plante qui croît dans les marais et est employée comme un purgatif par les [lauvies.

— ÈTYM. Lat. gratiola, petite faveur, petite chose agrôable, diminutif de gratia, grflce.

t GKATIOLINE (gra-si-o-li-n') , *. f. Terme de chimie. Principe amer, acre de la giatiole.

— f.TYM. Graliole, et ine, qui signifie principe. GRATIS (gra-tis'), adv. || i' Gratuitement, par

pure grâce, sans qu'il en coûte rien. Ce médecin traite les pauvres gratis. Bal gratis. Mais où les habitants gratis Contentent tous leurs appétits, scarh. Virg. VII. Primo, la maison que j'occupe appartient au doDteur qui m'y logo gratis; et moi, en reconnaissance, je lui promets dix pistoles d'or par an gratis aussi, beaumabch. Barb. de Sév. I, 4. X Madrid si j'ai vendu cher, Et cher à Moscou même, J'ai donné gratis à Pantin, bêrano. Vivandière. || Spectacle gratis, entrée gratuite aux spectacles accordée au peuple en certaines solennités. Le bas peuple d'Athènes entrait au spectacle, et il n'y entre pas chez nous, excepté quand on lui donne un spectacle gratis, dans des occasions solennelles ou ridicules, volt. Lett. II. Walpole, (6 juiU. <768. Il Fig. Dire une chose gratis, avancer quelque chose sans en fournir la preuve (locution vieillie). I| Substantivement. Gratis est mort, plus d'amour sans payer; En beaux louis se content les fleurettes, la FONT. F. avare. C'est une méchante économie de ne payer ni les médecins ni les avocats, parce qu'ils vous laisseront là quand ils trouveront de meilleure liesogne, et c'est une périlleuse marque de distinction que de vouloir être distingué par des gratis, Anti-menagiana, p. 124. La justice, dit-on, devait se rendre gratis avant la renaissance des anciens parlements: quel gratis que quarante mille francs d'entrée de jeu, et cela parce que l'on a voulu vous voler! volt. Lett. Itichelieu, 25 janvier 4775. Il 2'' S. m. Terme de la chancellerie romaine. Remise gratuite. Le pape donne le gratis qui est de tsoooo livres, sév. 609. Le gratis de l'abbaye de Saint- Lucien m'a été accordé par le sacré collège, Boss. IM. 47. Bissy, évêiiue de Meaux, nommé par le roi au cardinalat, eut l'abbaye de Saint-Germain des Prés, et le gratis entier, comme si déjà il avait été cardinal, st-si M. 370, tB9. || Dans l'ancienne université de Paris, l'établissement du gratis, l'établissement de l'instruction gratuite. || 8° Terme de théâtre. Nom qu'on donne à ceux qui entrent avec des billots donnés. Ce sont des gratis.

— HIST. Les hommes communément portent envie à ceux qui ont la gloire et la vertu gratis, ou sans qu'il leur couste guère, amyot, dans le Dict. de DociiEz.

— ÉTYM. Lat. gratis, de pure grâce, de gratus, agréable (voy. gré).

GRATITUDE (gra-ti-tu-d'), s. f. Sentiment de gré qu'on a à l'égard de celui qui a rendu service. Mais pour vous expliquer toute ma gratitude, corn. Béracl. ii, 6 La belle en ses traverses.... Changea huit fois de chevalier; Il ne faut pas pour cela qu'on l'accuse ; Ce n'était après tout que bonne intention. Gratitude ou compassion, Crainte de pis, honnête excuse, la font. Fianc.

— SYN. gratitubr, reconnaissance. La gratitude est le sentiment de gré qu'on éprouve pour un service rendu. La reconnaissance est l'action de reconnaître un service. La gratitude indique donc plutôt le sentiment personnel de celui qui est obligé; et la reconnaissance, le sentiment qui pousse celui qui est obligé à témoigner ce qu'il ressent. Mais, dans l'usage, les nuances se confondent beaucoup; seulement reconnaissance est d'un usage plus habituel que gratitude.

— HIST. XVI' s. Quant à la gratitude, car il me semble que nous avons besoing de mettre ce mot en crédit.... HONT. n, 4 93.

— ËTYH. Lat. graiitudinem, reconnaissance, de gratus, agréable (voy. OBÉ).

f GBATON (gra-ton), s. m. Instrument de glacier.

+ GRATTAGE (gra-ta-j'),i. m. Action de gratter.

t GRATTE (gra-f), s. f. || !• Terme de marine. Petite plaque do fer triangulaire emmanchée à son milieu, et dont on se sert pour gratter la carène, le pont, etc. Voici l'état exact de la carène, au moment où, mise à sec dans le bassin, elle allait £tre

GRA

livrée i la gratte dos ouvriers, Comptes rertdtu, icad. des te. t. Lii, p. 620. ||2* Dans l'argot des couturières, l'étoffe qu'elles peuvent s'approprier sur une robe. Il y a de la gratte. || Il se dit aussi, dans l'argot des domestiques, de ce qu'ils peuvent recueillir grice à la négligence des maîtres.

— ÊTYM. Voy. OBATTEB.

GRATTÉ, ÉE (gra-té, tée), part, patti de gratter.I| 1° Dont on afité la superficie. La date de l'acte est grattée et surchargée. || 2" Frotté légèrement de manière à faire disparaître la démangeaison. Une dartre grattée cuit. || 8° Fig. et familièrement. Flatté. Gratti" par ses parasites.

t GRATTËAU (gra-tô), s. m. Instrument de doreur sur métal et de fourbisseur.

— ÊTYM. Gratter.

t GRATrE-BOËS.SE (gra-te-boè-s'), ». f. Terme de doreur. .Sorte de brosse servant à étendre un amalgame d'or et de mercure, et pour bros.ser les pièces de métal trop frappées du feu. || Terme do raonnayeur. Brosse à nettoyer les boutons d'essai.

— ÊTYM. Gratter, et boësse.

t GRATTE-BOËSSER (gra-te-boè-sé) , e. a. Frotter une pièce de métal avec la grattc-boêsse.

GRATTE-CUL (gra-te-ku; \'l ne se prononce jamais), s. m. Le fruit du rosier et, en particulier, de l'églantier ou rosier sauvage. Ainsi qu'une abeille au matin Va sucer les pleurs de l'aurore. Ou sur l'absinthe ou sur le thym, Toujours travaille et toujours cause. Et nou,s pétrit son miel divin Des gratte-culs et de la rose, volt. Lett. envers et en prose, 53. Il Proverbe. Il n'est point de si belle rose, il n'est si belle rose qui ne devienne grattecul, c'est-à-dire il n'est si belle femme qui en vieillissant ne devienne laide. Quoiqu'elle ne fût pas vieille, les grâces et la beauté s'étaient tournées en gratte-cul, st-sim. 4)3, 230. \\Auplur. l'Académie écrit des gratte-culs. On pourrait aussi écrire des gratte-cul.

— ÉTYM. Gratter, et cul. D'après Ménage , la bourre piquante qui entoure ces graines se mettait par méchanceté dans le lit; elle piquait les fesses; et de là le nom de gratte-cul; mauvaise plaisanterie qui se fait encore de nos jours dans les campagnes.

t GRATTELEU (gra-te-lé. L'( se double quand la syllabe qui suit est muette : je grattelle), v. a. Gratter légèrement un corps , afin de le polir.

— ÊTYM. Dérivé diminutif de gratter.

GRATTELEUX, ECSE (gra-te-leû, leû-z'), adj.

Qui a la grattelle.

GRATTELLE (gra-tè-l'), s. f. Menue gale. Il lui vient de la grattelle.

— HIST. XVI" s. Lors il advient rongne et gratele crousteuse, paré, Introd. 6.

— ÉTYM. Diminutif de gratte, dans le sens de démangeaison (voy. gratter).

t GRATTE-MENTON ( gra-te-man-ton ) , *. m. Terme de plaisanterie pour dire un barbier. On comprend que l'empereur [Paul I"] ne pouvait permettre à un simple gratte-menton de prendre place dans la voiture du grand maître de Malte [Paul I" lui-même] en des occasions aussi solennelles que des visites à sa maltresse, Revue moderne, t. xxxvi,

p. 414, janv. 4 866.

t GRATTE-FAILLE (gra-te-pà-ll", Il mouillées), s. f. Fauvette d'hiver ou mouchet.

GR.4.TTE-PAPIER (gra-te-pa-pié), s. m. Terme de dénigrement. Copiste, clerc, expéditionnaire, ou même chétif auteur, écrivain, journaliste. |{ Au plur. Des gratte-papier ou papiers.

GRATTER (gra-té), V. a.\\l° Entamer légèrement la superficie. Gratter une écriture pour l'elTacer. Vandales.... qui viennent.... Tout restaurer, mœurs, peuple et monuments hélas I Civiliser la Grèce et gratter Phidias, v. hugo, Crdp. I2. 1] Gratter une maison, enlever la couche noire mise par le temps. On dit de même : gratter un tableau. || Fig. et familièrement. Gratter le papier, le parchemin, gagner sa vie en travaillant dans la basse pratique. Il Terme de graveur. Rendre plus nourries des tailles trop délicates. || Terme de chaudronnier. Gratter le cuivre, le bien nettoyer avant l'étamage, afin que rétamage prenne. || Terme de relieur. Gratter un livre, en ouvrir le dos avec un instrument de fer dentelé, pour y faire entrer mieux la colle, avant de l'endosser. || Terme de marine. Gratter un vaisseau, racler le goudron qui est dessus et en purger la carène. || Terme de tailleur. Tirer avec l'aiguille le poil pour en ouvrir quelque couture. || Terme de manège. Gratter le mur, se dit de l'élève qui, dans les exercices, approche trop du mur. || 2° Remuer avec ses ongles, avec le sabot, en parlant de certains animaux. Les poules grattent la fumier pour

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y chercher des grains. Il [Pégase] n'est plus cet animal fougueux qui hennit, gratte la terre du fled, se cabre et déploie ses grandes ailes, oiuebot, Salon de 47il7, OEut). t. XIV, p. 234, dans pougers. Il 8* Par extension. Gratter la terre, la labourer légèrement. Il n'a eu, pour ainsi dire, qu'à gratter la terre sous un ciel plus fortuné, et cet avantage l'a plongé dans la misère et dans l'indolence, bàymal, llist. phil. XI, 26. Il Gratter la terre, se dit aussi da tout labour de la terre. J'aime cent fois mieux vivre au fond de la campagne. Pauvre, grattant la terre, auprès d'une compagne, collin d'iuklkville. Vieux cétib. Il, 2. Il Fig. et par exagération. J'aimerais mieux gratter la terre avec mes ongles que de.... c'est-à-dire j'endurerais plutôt toutes les extrémités que de.... || 4° Frotter légèrement et à diverses reprises la peau avec les ongles ou quelque chose de semblable. Gratter l'endroit qui démange. Et de sa main noire souvent Le grattait derrière et devant, scabb. Virg. vn. || Fig. Gratter l'épaule à quelqu'un, chercher à se le rendre favorable. || Se gratter la tète, l'oreille, faire le geste de se gratter comme si la tète, l'oreille démangeait, ce qui est un signe d'embarras. N'y pouvant rien gagner, je me gratte la tète, Régnier, Sat. xi. Lors je dis, me grattant l'oreille : Autant il nous en pend à l'œil, scabb. Virg. II. ...Je lui disais donc, en me grattant la tète, Que je voulais dormir, hac. Plaid, i, 2. || Par extension , faire une impression désagréable sur le sens du goût. Ce vin gratte le gosier. || B° Fig. et familièrement. Flatter, caresser. Ses contrôles perpétuels sur le pain et le vin, le bois, le sel et la cliandcUe, ne sont rien que pour vous gratter et vous faire sa cour, mol. l'Av. lu, 5. Il le gratte par où il se démange, ID. Bourg, gent. m, *. || Un âne gratte l'autre, se dit de deux personnes de peu de mérite qui se louent réciproquement. || 6° V. n. Fouiller avec la patte, le pied, le sabot, etc. Les poules aiment à gratter. || Fig. M. de Grignan a bien du caquet; il commence à gratter du pied, sév. 140. Il Fig. Faire de petits profits ou de petites économies. C'est un homme qui trouve à gratter sur tout. Il 7° Gratter à une porte, se dit d'une manière respectueuse d'avertir qu'on désire entrer. Comme je commençais d'entrer en matière, Ondedey gratta à la porte, betz, iv, 213. Pour commencer par la porte de la maison d'un prince ou d'un grand seigneur, ce serait incivilité, en cas qu'elle fût fermée, de heurter fort et plus d'un coup ; à la porte des chambres ou du cabinet, c'est ne pas savoir le monde que de heurter; il faut gratter; et, quand on gratte à la porte chez les rois et chez les princes, et que l'huissier vous demande votre nom, il le faut dire et jamais ne se qualifier de monsieur, A'ou». troil^ de la civilité, etc. Paris, 4 673, ch. 4. Gratter du peigne à la porte De la chambre du roi, moi.. Impromptu, remerciment. Un de la suite de M. de Ixirraine gratta, l'huissier demanda qui est-ce? si -siM. 72, 184. C'était une foule d'écrivains de tout rang, de tout état et de tout âge qui grattaient à la porte et qui priaient la critique de les laisser entrer, volt. CoiW. Il 8° Par plaisanterie. Gratter de la guitare, gratter du piano, jouer de ces instruments. || Gratter le quatuor, la symphonie, y faire une partie d'instrument à archet. || 9" Se gratter, v. réfl. Exercer un frottement sur la peau. Cet enfant se gratte sans cesse, il a quelque éruption. Ce cheval se gratte contre la muraille. || Fig. Se flatter soi-même. De qui l'esprit rogneux de soi-même se gratte, bégsif.r, Sat. IX. Il Ce sont deux ânes qui se grattent, se dit de deux ignorants qui s'encensent mutuellement Ces ânes, non contents de s'être ainsi grattés, S'en allèrent dans les cités L'un l'autre se prôner, la FONT. Fabl. Il, 6. Il Proverbe. Trop parler nuit, trop gratter cuit.

— HIST. XII* ». En la cuisine feroit meilleur eaufer [se chauffer] ; Quant lui plaisoit, bien s'i por roit gratter, Guill. d'Orange, Variantes, t. il, p. 310. Il xiu* s. El on dist el proverbe : tant gratc kievre [chèvre] que mal gist, Chr. de Itaitu, p. 74. Nus ymagiers paintres ne doit ne ne puet vendre chose pour dorée, de laquelc li ors ne soit assis seur argent, et, se li ors est assis seur estain, et il le vent pour dorée sans dire, l'euvre est fausse, et doit l'ors et li estains et toutes les autres couleurs estre gratees tout hors, tiï'- des met. 168. Quant on voit que le [la| letre est gratée etrescrite el liu (lieu) que le [la] gr.ilure fu, bkaum. XXXV, ». Il XV* s. Il convient que trop parler nuysc, C^ dit-on, et trop grater cuise, cii. n'oBL. Rondeau. Il XVI' ». Les pauvres maris s'en gratent la teste, voyans la pauvreté venir en poste chez eux sur les pierreries des Indes et les toiles d'or d'Italie, la-

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KOCE, 162. Lui, ayant senti se gnlor oi^ il lui domangeoit, a incontinent forgé en imagination un dessein, ID. (66. Il y trouva entr'autres Fervaques fort attaché à l'oreille du roi, et le roi attentif à son discours, tellement (ju'on avoit esté plus d'une heure et demie à lui gratter les pieds sans qu'il pensast à se coucher, d'aï b. Hist. ii, (87. X ce tressaillir, du plaisir qu'il [Socratt J sent à gratter sa jambe, après que les fers en furent hors, mont, ii, 12o. Après la foste on grate sateste[aprcs avoir di'^pensé, on se repent], COTGBAVE. Oui naist degeline, il aime à gratsr [on hérite des inclinations de ses parents], m. Qui suit les poules apprend à grater la terre, m.

— F.TYM. Cénev. gratter la rogne à quelqu'un, le flatter; provenç. et espagn. gratar ; \ta\. gratlare; bas-lat. cratare; du germanique : anc. haut-allem. thrazôn; isl. kralta; allem. kralzcn.

t GRATTERIE (gra-te-rie) , s. (. Action de se gratter, habitude de se gratter.

— HIST. xvi« s. Si est la graterie, des gratifications de nature les plus doulces, etautantà la main; mais elle a la pénitence trop importunement voisine, MONT. IV, 279.

f GRATTEUR (gra-teur), s. m. Celui qui gratte. Un de la suite de .M. de Lorraine gratta, l'huissier demanda : Oui est-ce? Le gratteur répondit : C'est M. le duc de Lorraine, st-sim. "2, 1 84. || Gratteur de papier, mauvais écrivain. Sans craindre le scandale et les cris indiscrets Des gratteurs de papier, des faiseurs de caquets, barbieii, Rev. des Deux- Mondes, mai 48C5, p. 499.

GRATTOIR (gra-toii-), s. m. || 1" Petit instrument propre à effacer l'écriture en grattant le papier, sorte lie canif à lame ovale. |1 2" Il se dit de divers instruments qui servent à gratter. || 3" Sorte d'instrument de labourage. Comme le tabac fut la première production dont on s'occupa, que ses racines ne prennent point de profondeur, et que la moindre écorchure le fait périr, on n'employa qu'un simple grattoir pour préparer les terres qui devaient le recevoir, raynal. H-ist. phil. xi, 25.

— ÊTYM. Gratter .

t GRArrURE (gra-tu-r"), t. f. Débris provenant du grattage d'un corps.

— ÉTYM. Gratter.

GRATUIT, ITE (gra-tui, tui-t'), adj. || 1» Qu'on donne pour rien. Consultations gratuites. Enseignement primaire gratuit. Ce que l'on n'obtient que par le travail n'égale point les faveurs gratuites de la nature, fontkn. l'Hospital. La possession même de la vertu n'est pas gratuite, et tant mieux, dider. Claude et Nér. i, 95. Le contrôleur général, à qui j'ai offert mes services à condition qu'ils seraient gratuits, me disait il y a quelques jours qu'il voudrail bien faire quel(|ue chose pour moi, d'alkmb. Lelt. au roi de Pr. 40 juill. I776. || S titre gratuit, sans qu'il en coûte rien. || Substantivement. Établir un milieu [intermédiaire] pour les personnes qui ne sont point tout à fait indigentes, entre le gratuit humiliant des maisons de charité, et les fortes dépenses que les maladies occasionnent chez les particuliers, tenon, Mém. sur les hôp. Préf. f" iv. Il École gratuite, école où l'enseignement est gratuit. Il On dit quelquefois élèves gratuits, élèves qui ne payent rien. j| Don gratuit, somme que le clergé et cerlaines provinces octroyaient de temps en temps au roi pour les besoins de l'État. Ce mot et ce privilège de don gratuit se sont conservés comme une trace de l'ancien usage où étaient tous les seigneurs de liefs d'accorder des dons gratuits aux rois dans les besoins de l'Etat, voi.t. Louis XIV, 25. Il 2° Fig. Oui n'a pas de raison suffisante. Y a-t-il rien de plus gratuit que celle admiration pour les mouclies et que ces vues morales qu'on voudrait leur prêter, que cet amour du bien commun qu'on leur suppose? buff. Disc. nat. anim. OEuv. t. v p. 3C8. C'est par l'extension gratuite d'une analogie mal fondée que l'on a supposé.... m. Ors. t. xv p. 229. Il Supposition gratuite, supposition sans aucun fondement. || Méchanceté gratuite, insulte gratuite, méchanceté, insulte qui n'a été provoquée par rien, qui est faite sans motif ou sans intérêt.

— HIST. XVI' s. C'est un bénéfice gratuit de sa 'argesse envers un chacun, calv. Instit. 493. Le jugement de la raison doit estre le directeur et le maistre du donner et de la libéralité gratuite, non pas la honte de refuser, amyot, De la mauv. honte, 9.

— ÉTVM. Lat. gratuitus, gratuit, dérivé de gratus, agréable (voy. gré).

GRATUITÉ (gra-tui-té) , s. f. || 1° Caractère de ce qui est gratuit. La gratuité de l'enseignement primaire. J'espérai que la réflexion, venant sur l'offert du sacrifice [de Mme d Argenton par le duc

d'Orléans], sur son entière gratuité, ramènerait ce prince dans l'état où il devait être avec le roi, sT-siM. 254, 161. Il 2° Terme de théologie. Ce qui est pur don de Dieu. La gratuité de la prédestination.

— HIST. XV* s. Lesquelz compaignons atant se départirent sans boire ne recevoir aucun don ne gratuité, DU CANGE, gratuitas. \\ xvi' s. Tout ce que Dieu nous a eslargi, nous le tenons de gratuité, afin de dépendre tousjours de lui, calv. Instit. (88. Et si prestoit de l'argent à ses amis sans leur en demander profit ; mais sa gratuité estoit bien souvent plus fasclieuse, que s'il en eust demandé beaucoup d'usure, AMYOT, Crass. 4.

— ÉTYM. Gratuit.

GRATUITEMENT (gra-tui-te-man),0(iu. IJl^D'une manière gratuite, pour rien, sans rétribution. Vous êtes vertueux gratuitement, balz. liv. vi, lett. 8. .Satan lui répondit : Est-ce gratuitement que Job craint Dieu?SACi, Bible, Job, i, 9. Nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne, m. ib. SI Paul, V épit. aux Thessal. m, 8. Nous croyons que nos péchés nous sont remis gratuitement par la miséricorde divine à cause de Jésus-Christ, Boss. Exp. doctr. Égl. calhol. 6. Nous devons sortir de cette vie comme d'un banquet ... en remerciant la Divinité qui nous y invite gratuitement, HERN. DE ST-p. Mort de Socr. || 2° Fig. Sans fondement, sans motif. Nul n'est mauvais gratuitement; il faut qu'il y ait une raison qui détermine, et cette raison est toujours une raison d'intérêt, MONTESQ. Lett. pers. 83. Je n'ai jamais offensé personne ; ils [mes ennemis] m'accablent gratuitement, VOLT. Lett. Tressan, 9 déc. 1730. Cet homme si gratuitement célébré par le philosophe de Ferney, était à la tête de la cabale, d'alemb. Lett. au roi de

Pr. 22 août 4 772.

— HIST. XVI" s. II donne gratuitement ce qu'il donne, c.klv. Instit. 231. Comme quelqu'autre eust proposé une loy pour faire gratuitement, sans rien payer, distribuer du bled à chaque citoyen, il s'y opposa fort roidement, amyot. Marins, 5.

— ÉTYM. Gratuite, et le suffixe ment.

t GRAUWACKE (grô-va-k'), S. f. Terme de géologie. Sorte de grès très- lin.

— ÉTYM. AU. grau, gris, et Wacke, nom d'une roche à base de trapp.

t GRAVANCUE (gra-van-ch'), s. f. ou GRA VAN (gra-van), s. m. Poisson du lac de Genève, variété du thymalle lavaret.

GRAVATIER (gra-va-lié; IV ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : desgra-va-tié-z actifs), s. m. Charretier qui enlève les gravois ou décombres.

— ÉTYM. Gravats.

GRAVATIF, IVE (gra-va-tif, ti-v'), odj. Terme de médecine. Qui consiste en un sentiment de pesanteur. Douleur gravative.

— ÉTYM. Dérivé du verbe fictifffra««r, qui se trouve dans aggraver, et qui vientdu latin gravure, peser sur (voy. GRAVE et grief); provenç. ffrci'iott'u, oppressif.

GRAVATS fgra-vâ; l's se lie : des gra-va-z en tas), s. m. pi. Synonyme de gravois.

— ÉTYM. Voy. gravois.

4. GRAVE (gra-v'. Du temps de Chiffiet, Gramm. p. (83, on prononçait grave), ad;'. || 1° Terme de physique. Qui a un certain poids. Les corps graves. [j 2° Fig. Qui a du poids, du sérieux, de la réserve. Et certainement, messieurs, je puis dire avec confiance que l'amour de la justice était comme né avec ce grave magistrat, et qu'il croissait avec lui dès l'enfance, boss. le Tellier. Toujours libre dans la conversation, toujours grave dans les affaires, ID. ib. Une gravité trop étudiée devient comique ....cela ne s'appelle pas être grave, mais en jouer le personnage ; celui qui songe à le devenir ne le sera jamais, LA bruy. xii. Il en est des manières et de la façon de vivre comme des modes : les Français changent de mœurs selon l'âge de leurs rois ; le monarque pourrait même parvenir à rendre la nation grave s'il l'avait entrepris, montesq. Lett. pers. 99. Il avait choisi un avocat qu'il croyait fort grave et qui n'était que pesant, volt. Lett. d'Argental, (9 juill. 1776. || 3° Il se dit, en ce sens, des manières, des mœurs, des pensées, du style. Des mœurs graves et simples. Enfin d'un maintien grave et d'une voix altière Polynice tout haut pousse cette prière, rotr. Antig. m, 2. La pensée de la mort ne rendit pas sa vieillesse moins tranquille ni moins agréable ; dans la même vivacité, on lui vit faire seulement de plus graves réflexions sur la caducité de son âge, boss. le Tellier. L'air décent est nécessaire partout; mais l'air grave n'est convenable que dans les fonctions d'un ministère important, dans un conseil, volt. Dict. phil. Grave.

Le style grave évite les saillies, les plaisanteries ; s'il s'élève quelquefois au sublime, si, dans l'occasion, il est touchant, il rentre bienlét dans cetto sagesse, dans cette simplicité noble qui fait son caractère; il a de la force, mais peu de hardiesse, id. th. Il 4° Qui a de l'influence, du poids, de la considération. Une autorité grave. Ne puis-je pas dire, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens [Tacite], qu'elle allait être précipitée dans la gloire? BOss. Duch. d'Orl. Un auteur grave est celui dont les opinions sont suivies dans les matières contentieuses ; on ne le dit pas d'un auteur qui a écrit sur des choses hors de doute ; il serait ridicule d'appeler Kuclide, Archimède des auteurs graves, volt. Dict. phil. Grave. Un homme grave est celui qui s'est concilié de l'autorité, plus par sa sagesse que par son maintien, id. ib. || 6° Important, de conséquence. David... fait venir son fils et son successeur, et, parmi plusieurs graves avertissements, il lui donne celui-ci très-considérable.... boss. Sermons, Justice, 2. Et garde-toi de rire en ce grave sujet, boil. Lutrin, i. Le rôle d'une jolie femme est beaucoup plus grave que l'on ne pense; il n'y a rien de plus sérieux que ce qui se passe le matin à sa toilette, au milieu de ses domestiques, MONTESQ. Lett. pers. 4io. Vous apportez sans doute à es grave entretien Un cœur aigri, blessé, bien différent du mien, c. delav. Paria, ii, 3. || 6° Qui peut entraîner des conséquences fâcheuses. C'est une affaire grave. Affaire grave, cas grave, se dit plutôt d'une cause criminelle que d'un procès civil, VOLT. Dict. phil. Grave. Ces discussions prirent, dit-on, un caractère plus grave vers la fin de (81 1 ; im témoin assure qu'alors le cardinal Fesch, jusque-là étranger à la politique, la mêla à ses controverses religieuses, ségur, Hist. deNap. ii, 3. || Dangereux. Blessure , maladie grave. Maladie grave suppose du danger, VOLT. Dict. phil. Grave.\\ 7° Terme de musique. Il se dit des sons que produisent un petit nombre de vibrations en une seconde, par opposition aux sons aigus qui sont produits par beaucoup de vibrations en ce même intervalle de temps, ces sons étant considérés comme pesants par rapport aux sons aigus. La voix de ce chanteur est assez belle dans les cordes graves. Le freux est d'une grosseur moyenne entre le corbeau et la corbine ; et il a la voix plus grave que les autres corneilles, bufp. Ois. t. V, p. 76. Sa voix [du buffle] est un mugissement épouvantable, d'un ton beaucoup plus fort et plus grave que celui d'un taureau, id. More, choisit, p. 4 55. Il Se dit aussi d'un mouvement d'une certaine lenteur. |{ En grammaire, on donne quelquefois à tort le nom de grave à une voyelle dont le son est profond par rapport à une autre dont le son est plus ouvert; ainsi dans âge, d est grave par rapport à l'a dans sage. \\ 8° Terme de grammaire grecque. Accent grave, certaine modification de la voix qui s'opérait quand une syllabe finale d'un mot affecté de l'accent aigu se trouvait placée entre d'autres mots sans interruption du discours. || Accent grave, petit signe ainsi figuré (\) qui indiqua cette modification de la voix. || Terme de grammaire française. Accent grave, accent qui est tourné de gauche à droite (\ ). L'accent grave sert à marquer : 4° un c un peu moins ouvert que Ve pleinement ouvert : il complète; 2° un e absolument ouvert : accès, succès; 3° à distinguer certains mots de leurs homonymes, comme la préposition à du verbe il a, l'adverbe où de la conjonction ou, l'adverbe là de l'article la, etc. {| En ce sens, on dit un a grave, un e grave, un u grave. || 9" S. m. Terme de physique. Corps pesant. Newton trouve que la force qui fait tomber les graves sur la surface de la terre s'étend jusqu'à la lune et la retient dans son orbite, bufk. Hist. nat. Preuv. th. terre, 1. 1, p. 189. Les découvertes de Galilée sur la chute des graves, laplacr, Expos, v, 4 5. || Nom donné d'abord au poids appelé depuis kilogramme. Il 10° Terme de littérature. Pensée, style grave. Heureux qui dans ses vers sait d'une voix légère Passer du grave au doux, du plaisant au sévère 1 boil. Art p. I. Le grave est au sérieux ce que le plaisant est à l'enjoué : il a un degré de plus, et co degré est considérable, volt. Dict. phil. Grave. Il 11° Terme de musique. Ton grave. Passer de l'aigu au grave et du grave à l'aigu. Le désordre est dans ses chants [au rossignol], il saute du grave à l'aigu, CHATEAUB. Génie, i, v, s.

— KEM. Dans le sens physique, il se met après le substantif : un corps grave. Dans le sens moral il peut précéder le substantif: un grave magistrat, un magistrat grave.

— SYN. ORAVK, SRiEF. Ces deux mots ne sont sy-

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nonymes que dan» des locution» de ce genre ; blessure" grave, blessure griève. Grief est la forme ancicnnedérivéo du latin gravis; grave est la forme moderne de ce même mot latin. Il n'y a donc entre ces deux mots d'autre nuance sinon que grave est plus habituel que grief, frappéd'une certaine désuétude. Il ORAVE, SÉRIEUX. Un homme grave n'est pas celui qui ne rit jamais ; c'est celui qui ne choque point les bienséances de son état, de son âge et de son caractère. L'homme sérieux est celui qui se livre rarement à dos mouvements de vivacité, de plaisanterie, ou bien qui s'occupe en son esprit de choses importantes, méditations ou aiïaires.

— HIST. xvi* s. Les maladies, la pauvreté.... sont gubjects graves, et qui grèvent, mont, m, 305. Nul homme grave et judicieux ne peult faire estime de ces choses, id. iv, 7. Ainsi l'a écrit Corneille Tacite, auteur bon et grave des plus et certes croyable, la BOÉTiE, Serv. volont.

— ÉTYM. Lat. ffrovw, pesant; sanscrit, juru», pelant.

f 2. GRAVE (gra-v"),». f. || 1° Terme des pêcheurs de Terre-Neuve. Le rivage où l'on fait séclier les morues au soleil. Les rivages [de Terre-Neuve] sont divisés en autant de parties qu'il y a de place dans le havre; c'est ce qu'on appelle grève ou grave; la grave, défrichée et nettoyée, sert à étendre et à faire sécher le poisson, iiautefeuillk. Code de la pêche maritime, p. 230. || 2° Au plur. Graves, nom donné dans h Gironde à un terrain formé de giaviers, do sablon, de sable et d'argile qui couvre les plateaux et les collines.

— ÉTYM. Le même que grève. Grave est le terme employé pour Terre-Neuve dans VOrdonri. d'août «081, v, VI, 4.

t 3. GRAVE (gra-v'), s. m. Vin blanc provenant des environs de Grave, dans le Bordelais.

GRAVE, ÉB (gra-vé, vée), part, passé de graver. Il 1° Tracé au burin. Et que sur mon tombeau ce grand titre gravé, corn. Sertor. m , 4. Les vers de Tycho Brahé furent gravés sur l'instrument qui les lui avait inspirés, mairan, Élog. de Halley. Le groupe d'enfants, la tête de femme, les deux petites tètes, la femme qui dort avec son enfant, gravés au crayon, mais à plusieurs crayons, sont d'un effet vraiment surprenant, dider. Salon de (767, OËuv. t. xv, p. <39, dans pouGENS. || Marqué de dessins faits au burin. Pierre gravée. {{ Fig. Avoir le visage gravé de petite vérole, en être tout marqué. |{ Dans le langage administratif, sur les signalements. Gravé, qui porte les marques de la petite vérole. || 2» Fig. Empreint profondément. Dont les faits.... Dans les cœurs des Flamands sont encore gravés, régnieh, Sat. VI. La loi de la nature, gravée au cœur de tous les hommes, nous parle intérieurement, patbu, Plaidoyer 9, dans kichelet. Ô lamentable aveuglement! rien n'est gravé si avant dans le cœur de l'homme [que l'idée de Dieu], et rien ne lui sert moins dans sa conduite, boss. la ValHère. Ce qu'il avait dit demeurait gravé dans tous les cœurs, FÉN. Tél. XI. Ses bienfaits sont toujours présents à ma pensée; Ils resteront gravés dans mon ime offensée, volt. Tancr. iv, 5.

t GRAVELADE (gra-ve-la-d'), s. f. Un des noms de la clavelée.

t GRAVELAGE (gra-ve-la-j') , s. m. Action de graveler. Le gravelage d'une allée.

— ËTYM. Graveler.

GRAVELIîE (gra-ve-lée), adj. f. Cendre gravelée, cendre faite avec de la lie de vin qu'on brûle.

— HIST. xiii* s. Cendre clavelée en char doit quatre deniers de chaucie, en charrette deux deniers, à sommier obole, Liv. des met. 278. || xvi' s. Et du gros [le résidu des lies de vin pressées] qui en proviendra, faire cendres gravelées ou autrement l'employer, Ordonn. déc. 1685.

— ETYM. Malgré clavelée qu'on trouve dans un texte du xiil" siècle, il n'est pas douteux que gravelée tient à gravelle.

I GRAVELER (gra-ve-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je gravelle, je gravellerai), r. a.. Couvrir de gravier. Graveler une allée.

— ETYM. Gravelle.

t GRAVELET (gra-ve-lè), ». m. Un des noms vulgaires du grimpercau.

GRAVELEUX, ECSE (gra-ve-leû, leû-z'), adj. II 1° Oui est mêlé de gravier. || Terme d'agriculture. Composé de petites pierres arrondies, de cailloux roulés, mêlés à du sable, à du calcaire divisé. Les «ois graveleux sont généralement trtis-pcrméablcs, et s'échauffent beaucoup au soleil ; ils laissent facilement brûler les plantes et dépensent beaucoup d'engrais. Non-eeulement les terres noires et fertiles.

Gr\A

mais les argileuses et les graveleuses, récompensent l'homme de ses peines, pén. Exist. i, «t. Il 2' Terme de médecine. Qui est relatif i la gravelle, ou qui la dénote. Affection graveleuse. Urine graveleuse. || Qui est sujet à la gravelle. Il est graveleux. Il S. m. Un homme affecté de la gravelle. Les graveleux sont sujet» à de violentes douleurs. Il 8* Fig. Oui fait sur l'esprit le même effet qu'un gravier qu'on rencontre, qui blcs-so par une sorte d'impudeur, qui est trop libre et voisin de l'obscénité. Voulez-vous un sujet gai...? Oui, et même un peu graveleux, dider. Salo/i de <7(!5, CEur. t. xiii, p. I HO, dans P0LGENS. Être un faiseur habile De contes graveleux, bkrang. Roger B.

— HIST. XVI' s. Qu'on eslise plustost la terre graveleuse, que la pierreuse, o. dk serres, 8. Les tourmentés do coliques graveleuses, pierres et douleurs de reins, iD. 926.

— ËTYM. Gravelle.

t GRAVEIJN (gra-ve-lin) , s. m. Un des noms du chêne pédoncule, chêne à grappes.

GRAVELLE (gra-vè-l'), s. f.\\i' Terme de méde oine. Nom donné à do petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier qu'on trouve réunis au fond du vase dans lequel l'urine de certaines personnes s'est refroidie. || Maladie qui consiste en des urines chargées de cette gravelle devenue assez grosse pour causer des douleurs vives à mesure qu'elle va des reins dans la vessie. Son p'ie est mort de la gravelle, sÉv. 421. La Chalotais obéit, quand la maréchaussée le traîne en prison à Loches, à l'âge de soixante et quatorze ans, pissant le sang, écorché de gravelle, volt. Lett. Florian, 7 mars <774. Il 2" Un des noms de la petite tumeur des paupières plus communément appelée grêle ou chalazion. || 3" Nom donné à la lie de vin desséchée,

— HIST. xu' s. E plut sur els, sicume puldre, carz [et chair plut sur eux comme poudre], et sicume gravele de mer oisels empennez. Liber psalm. p. (07. Et U douz sons du ruissel sur gravele, Couci, xviii. Il xiu" s. En un verger, lez une fontanelle, Dont claire est l'onde et blanche la gravelle. Romane, p. 37. Se hom tret à son col charetée d'arrement ou de gravele, et il i a devant cheval, si doit un denier, tte. des met. 294.||xiv's. Fol qui édifie sur gravelle sa maison, Chr. de St-Deny$, t. I, f° 30, dans laci.rne. ||xvi* s. La douleur de reins qui provient de pierre ou de gravelle, est appellée néphrétique passion, o. de serres, 925.

— ÉTYM, Wallon, grèvaie;namurois,5rat)aie; provenç, gravel, s, m.; de grave 2.

GRAVELURE (gra-ve-lu-r') , s. f. Propos trop libre et voisin de l'obscénité. Cet homme aime la gravelure. Cet auteur a donné au théâtre un grand nombre de comédies pleines de gravelures et de gros sel ; mais il s'en est repenti avant sa mort , le sage. Diable boit, chap, (3, dans pouoens.

— ÉTYM. Voy. GRAVELEUX.

GRAVE.VIENT (gra-ve-man), adv. || 1" Avec gravité, d'une manière composée. Il s'est gravement avancé vers nous. Et la troupe, à l'instant cessant de fredonner. D'un ton gravement fou se mit à rai sonner, boil. Sat. m. ...Je lui disais donc en me grattant la tête Que je voulais dormir : présente ta requête Comme tu veiu dormir, m'a-t-il dit gravement.... RAC. Plaid. 1, 2. Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette, étendu la main et ou vert les doigts, débite gravement ses pensées quintessenciées, la bruy. v. Ouand la gravité n'est que dans le maintien, comme il arrive très-souvent, on dit gravement des inepties ; cette espèce de ridicule inspire de l'aversion, volt, Dict. phit. Grave. 112° Dangereusement, d'une manièrtjà entraîner de fAcheuses conséquences. 11 a été gravement malade. Il s'est gravement compromis. || 3» Terme de musique. Il indique un mouvement lent, mais moins lent que le mouvement indiqué par lentement. On dit et on écrit plus ordinairement grave en ilalien.

— ÉTYM. Grave, et le suffixe ment ; bourg, graiveman.

GRAVER (gra-vé), v. a. || 1° Tracer quelque figure avec le burin, avec le ciseau. Graver une Inscription. Ces caractères avaient été gravés sur le marbre. Oui me donnera le burin que Job désirait pour graver sur l'airain et sur le marbre cette parole sortie de sa bouche en ses derniers jours, que.... BOSS. le Tellicr. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé, Tenait après son char un vain peuple occupé, i:t, gravant en airain ses frêles avantages. De mes Ktats conquis enchaînait les im.iges,RAC. Mithr. m, ) . Il Fig. Ses rides sur son front ont gravé ses exploits, CORN. Ct'd, I, I . Il Absolument. Graver sur l'airain. Graver sur des pierres précieuses. Graver

GRA

en creux. Graver en relief. || S* Particulièrement Graver sur une planche de cuivre, sur le bois, la copie d'un tableau, d'un dessin, de lettres, sic. afin que ce tableau, ce dessin, ces lettres, etc. soient reproduits plusieurs fois sur le papier, sur latoile, etc. Graver un tableau, un dessin, de la musique, de» exemples d'écriture. M. le Verrier, mon illustre ami, ayant fait graver mon portrait par Drevct, célèbre graveur, boil. Poés. div. xi. Louis XIII, ayant pris Nancy, souhaita que le célèbre Jacques Callol en gravât le siège; Callot s'excusa sur ce qu'il était né sujet duducde Lorraine, saintfoix, Ess. Paris, CEuv. t, V, p, 885, dans pougens. || Absolumej.:. Graver sur le cuivre au burin. Graver en taille douce. Graver sur bois, et, activement, graver un bois. Les anciens gravaient sur du cuivre; comment n'ont-ils point fait réflexion qu'en exprimant sur du papier ce qu'ils avaient gravé, ils pourraient écrire en un moment ce qu'on avait été si longtemps à graver avec le burin? bollin, Ilist. anc. OEuv. t. x, p. 407 , dans polge.ss. Il Graver une médaille, une monnaie, graver le poinçon avec lequel on frappe cette médaille, cette monnaie. Il Graver des caractères d'imprimerie, graver les poinçons avec lesquels on frappe les matrices employées à la fonte des caractère» d'imprimerie. H 3" Fig. Empreindre, marquer. Gravez ces paroles que je vous dis dans vos cœurs et dan» vos esprits, SACi, Bible, Deuleron. xi, <8. Ouand on est instruit, on comprend que, la nature ayant gravé son image et celle de son auteur dans toutes choses, elles tiennent presque toutes de sa double infinité, pasc. Pensées, art, m, 24, édit. lahihe, < 860, Moi, je l'excuserais! ah! vos bontés, madame, Ont gravé trop avant ses crimes dans mon âme, rac, Andr. IV, 3, Oui, madame, je veux que ma reconnaissance Désormais dans les cœurs grave votre puissance, m. Brit. IV, 2. Ces morts, cette Lesbos, ces cendres, cette flamme Sont les traits dont l'amour l'a gravé [Achille] dans votre âme, id, Iph. ii, 5. Il n'appartenait qu'à Dieu seul de graver la loi dan» leurs cœurs, MASS. /(t»n(, Ctrconc . L'instruction fait tout, et la main de nos pères Grave en nos faibles cœun ces premiers caractères, volt. Zaïre, i, < . Je grave dans sa tête un très-bon principe, c'est qu'il vaut mieux faire une politesse gauchement que de ne la point faire du tout, genlis, Théât. d^éduc. les Faux amis, II, 11. Il 4° Se graver, v. réfl. Être gravé. Les décalques se gravent plus difficilement que les dessins. Il Fig, Être empreint profondément. Ces paroles se gravaient dans son cœur..., fén. Tél. xxii. Ce qu'un autre nous dit se grave sur le sable; Ce que nous nous disons se grave sur l'airain, la motte. Fables, iv, (9, || 5" Terme d'artificier. Se graver, se percer, se fendre. Une cartouche qui se grave.

— HIST. XV' s. Pour une pièce plalte d'argent doré , et en icelle avoir fait escrire et graver en lettres esmaillées : Rcx Francorum..., de la borde. Émaux, p. 345, Il xvi* s. Une pièce d'or, où esloient gravée» quelques figures célestes, mont, i, 95. L'homme nud et vuide... c'est une charte blanche préparée à prendre du doigt de Dieu telles formes qu'il luy plaira d'y graver, id. ir, 238. Il y feit mettre et graver cette inscription : Cornelia mère des Gracqucs, AMYOT, les Gracques, 37. Et les corselets gravez, avec les bourguignotes de mesme, carloii, v, 33.

— ÉTYM. Espagn. grabar; de l'allem. graben, creuser -, néerl, graren ; mots qui ont pour congénères scribere, écrire, tcrobs, fosse, -ypiïnv, écrire.

t GRAVETTE (gra-vè-t'), *, f. Terme de pêche. Sorte de vers qui servent d'appât.

GRAVEUR (gra-vour), *. m. ||1' Celui dont la profession est de graver. Un graveur en pierre fine. Graveur sur acier, sur bois, sur métaux. Le graveur en taille douce est proprement un prosateur qui se propose de rendre un poète d'une langue dans une autre, diderot, Salon de <765, CEuv. t. xni, p, 365, dans pougens, |{ Adj. Apprenti graveur. Il Bain graveur, liquide qui sert à la gravure sur cristal et sur verre. || 2* Celui qui fait professioa de graver la musique.

— HIST, XVI' s, Mathée Dalna-ssar, de Veronne, graveur dudict seigneur [le roi], Bibl. des char. »• série, t, I, p, 4:8,

— ÉTYM. (."râper.

GRAVI, lE (gra-vi, vie), part, passé de gravir. Une pente raide et gravie à grand'peine.

t GRAVIDE (gra-vi-d'), adj. Terme de médecine usité seulement en cette locution : matrice gravide, utérus gravide, utérus qui contient un embryon ou un fiPtus par opposition à utérus vide ou hors de l'état de gro.<sesse,

— fiTïH. Lat, gravidus, qui M dit des femmaa

GRA

grosses et qui vient de gravis, pesant , la grossesse appesantissant les femmes.

t GRAVIDISME (gra-vi-di-sm'), s. m. Terme de physiologie. Ensemble des conditions que présente la femme grosse, en ce qui concerne tant l'appareil générateur que les autres appareils.

— ÊTYM. Gravide.

SRAVIER (gra-vié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des gra-vié-z aigus), s. m. \\ 1° Gros sable mêlé de fort petits cailloux. Qu'est-ce en effet pour toi, grand monarque des Gaules, Qu'un tas de sable et de graviers? Que faire de mon île? il n'y croît que des saules, El tu n'aimes que les lauriers, ROUBIN, Placet au roi pour les iles. Un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein do gravier sur un terrain fangeux, boil. Art p. i. [Caligula] monstre aussi inconséquent qu'insensé, tu affectes le mépris'pour les ouvrages de Sénèque, tu les appelles des amas de gravier sans ciment, et tu le veux faire mourir, dideh. Claude et Nér. i, 6. Il 2" Petite pierre qui se trouve dans le sédiment des urines. Ce petit gravier s'étant mis là [dans les voies urinaires], il [Cromwell] est mort, pasc. Pens. div. 20, édit. faugère.

— Hisr. XII' s. Âcel cuntemple, li Philistien s'assemblèrent à bataille senz numbre, cume li graviers ki est al rivage de mer. Rois, p. 42. || xv s. Le duc de Lancastre et le roi de Portugal vinrent à ce passage, pourtant que le gravier y est bon et ferme et sans péril, fboiss. ii, m, 82. ||xvi« s. Il usera de poissons de gravier, pabé, y, 26.

— KTYM. Wallon, gravi, grève; provenç. gravier ; de grave 2.

t GRAVIÊRE (gra-viè-r"), s. f. Pluvier à collier.

t GKAVIGRADE (gra-vi-gra-d'), adj. Terme de zoologie. Oui marche pesamment. || S. m. pi. Ordre de la classe des mammifères dont la démarche est pesante.

— ÈTYM. Lai. gravis, pesant, et gradus, marche, f GRAVIMÈTRE (gra-vi-mè-tr'), s. m. Terme de

physique. Sorte d'aréomètre servant à peser tous les liquides, par suite d'un lest additionnel, appelé plongeur, qu'on peut ajouter à sa partie inférieure.

— ËTYM. Lat. groi'is, pesant, et mètre, mesure.

■f GRAVINCHON (gra-vin-chon), s. m. Variété de prune des environs d'Amiens.

GRAVIR (gra-vir), V. n. \\ 1° Monter avec effort à quelque endroit escarpé en s'aidant des pieds et des mains. Gravir au haut d'une muraille. La botanique veut que l'on coure les montagnes et les forêts, que l'on gravisse contre des rochers escarpés, que l'on s'expose aux bords des précipices, fonten. Tournefort. 1 1 Activement.Gravir une muraille, un retranchement. || 2° 11 se dit simplement au sens de monter avec effort une pente roide. Gravir jusqu'au sommet de la colline. Une pente de verglas y entraînait les voitures, elles s'y enfonçaient : pour les en retirer, il fallait gravir contre la rampe opposée, sur un chemin de glace, où les pieds des chevaux couverts d'un fer usé et poli ne pouvaient pas mordre, SÉGUR, Ilist. de Nap. ix, 9. Un seul passage encore à la fuite est ouvert : Leurs enfants dans les bras, les mères y gravissent, lamart. Harold, 25. || Activement. Là [ils] gravissent les monts et les rochers arides.... m. j. chén. Charles IX, i.

— iiiST. xiii* s. Luxure n'est de riens endormie ne crampe; Partout queurt [court], partout monte, partout gravist et rampe, j. oe meung. Test. 753. Ou [au] vergier ot daims et chevrions, Et moult grant plenté d'escoirions [écureuils], Qui par ces arbres gravissoient, la Rose, (384. || xvi' s. Il y a des rochers fort aspres à monter, au long desquelz toutefois il gravit tant, que.... amyot, Cam. 44. Hommes légers et dispos, accoustumez de gravir aux montagnes, m. Fab. is. Deux petits ramereaux je porte à mon Olive, Dénichez d'un grand orme à gravir mal-aisé, rons. 743.

— ÉTYM. Bourguign. graivi; Berry, graver (Il gravoit as arbres comme ung chat, rab. Garg. I, 23). Origine incertaine. Diez pense qu'il vient d'une forme gradire, qui est italienne et qui dérive du latin gradus, pas : gra-ir, d'où gravir par l'intercalation d'un v, comme dans povoir de l'ancien pooir. Mais à côté de gravir est la forme de graver qui ne se prête pas bien à une telle explication.

t GRAVISSET (gra-vi-sè), GRAVISSON (gra-vison) ou GRAVISSEUR (gra-vi-seur) , «. m. Un des noms vulgaires du grimpereau.

— ÊTYM. Gravir.

I GRAVITANT, ANTE {gra-vi-tan, tan-t'), adj. Qui gravite. Donc il n'y a dans toutes les planètes aucune partie moins gravitante qu'une autre, volt. Phil. Newt. III, 7.

GRAVITATION (gra-vi-ta-sion ; en vers, de cinq

GRA

syllabes), (. f. Terme de ptiysiquo. Force en vertu de laquelle foutes les particules de la matière pèsent les unes sur les autres en raison directe de leur masse et en raison inverse ducarréde leur distance. Newton a calculé la gravitation, mais il n'en a pas découvert la cause , volt. Lett. à M. L. C. 23 déc. <768. Le premier fait du renflement de la terre à l'cquateur et de son aplatissement aux pôles est mathématiquement démontré et physiquement prouvé par la théorie de la gravitation et par les expériences du pendule, Burp. Époq. nat. t. vu, p. 9. On trouve dans la Henriade une éloquente, une brillante, une judicieuse traduction en vers du système de la gravitation, villemain, Litt. fr. xviu* siècle, 2" partie, 2« leçon.

— ÈTYM. Graviter.

GRAVITÉ (gra-vi-té), s. f.\\i' Pesanteur. Le corps ne manque jamais de se situer de la manière la plus convenable pour se soutenir , en sorte que les partiesont toujours un même centre de gravité, qu'on prend au juste, comme si on savait la mécanique, Boss. Connaiss. u, I3. La figure des corps ne change en rien leur gravité ; ce pouvoir de gravitation agit donc sur la nature interne des corps, et non en raison des superficies, volt. Phil. Newt. m, 4 1 . il Centre de gravité, point d'un corps situé de telle façon qu'une force appliquée en ce point tiendra le corps en équilibre. De ta chute, ignorant, ne vois-tu pas les causes , Et qu'elle vient d'avoir du point fixe écarté Ce que nous appelons centre de gravité? mol. Femmes sav. m, 2. || 2" Fig. Qualité d'une personne grave, ou d'une chose grave. Je marquerais tel endroit de Bocace qui eût fait perdre la gravité à ***,

BALZ. Liv. VI, lett. 4 Le seigneur fait frapper de

plus belle. Juge des coups et tient sa gravité, la FONT. Paysan. Le [un grave magistrat] voilà prêta l'ouïr avec un respect exemplaire; que le prédicateur vienne à paraître ■ si la nature lui a donné une voix enrouée et un tour de visage bizarre, que son barbier l'ait mal rasé.... je parie la perte de la gravité de notre sénateur, pasc. Pensées, art. m, it, édit. LAHURE, iseo. Hérodote : Ne serait-il pas temps que ton ombre ertt un peu de gravité? — Lucien : Gravité, j'en suis las à force d'en avoir vu, PÉN. Dial. des morts anc. (4. Aussi [à l'origine] les lois et la morale étaient-elles en vers ; sur ce piedlà, l'origine de la poésie est bien plus sérieuse que l'on ne croit d'ordinaire, et les muses sont bien sorties de leur première gravité, fonten. Oracl. ii, 5. Saint Ambroise, dans l'endroit même où il recommande que le discours d'un ecclésiastique soit pur, simple, clair, plein de poids et de gravité.. . rollin, Traité des Et. iv, 2. Le duc de la Rochefoucauld a dit que la gravité est un mystère du corps, inventé pour cacher les défauts de l'esprit ; sans examiner si cette expression mystère du corps est naturelle et juste, il suffit de remarquer que la réflexion est vraie pour tous ceux qui affectent de la gravité, mais non pour ceux qui ont dans l'occasion une gravité convenable à la place qu'ils tiennent, au lieu où ils sont, aux matières qu'on traite, volt. Dict. phil. Grave. Cette fausse gravité sous laquelle se cachent toujours la petitesse et l'ignorance, id. Mahomet, Lettre. La sévérité de leurs caractères et la gravité de leur maintien, dider. Salon de 1765, OEuv. t. xiir, p. 290, dans pougens. {| Qualité du style grave. U y a de la gravité dans le style; Tite l.ive, de Thou, ont écrit avec gravité, volt. Dict. phil. Grave. \\ 3° Importance. La gravité du sujet. La gravité des circonstances. Ces motifs ont beaucoup de gravité. Il 4° Caractère dangereux. La gravité d'une maladie, d'une blessure. Gravité d'une faute. Il 5° Il se dit d'un son par rapport aux sons plus élevés. La gravité d'un son. La gravité de la voix.

— HIST. xvi' s. Et pour toutes les gravités [griefs, difficultés] dont l'on m'a usé, a esté de me refuser de demeurer en sa compaignie avecques troys femmes, marguer. Lett. 47. Brennus s'esmerveilla fort, quand il veit ces hommes assis dedans leurs chaires en gravité , sans mot dire, amyot, Cam. 40. Ce qu'est le mouvement au ciel qui tout dispose, La lumière au soleil, au plomb la gravité, desportes, ZWanc, u, 75.

— ÉTYM. Provenç. gravitât; espagn. gravedad; ital. gravita; du lat. gravitatem, de gravis , grave (.

GRAVITER (gra-vi-té), v. n. Terme de phy.sique. Tendre en pesant vers un point, être animé de la force dite gravitation. Celui qui fait graviter des astres innombrables les uns vers les autres; celui qui fit la lumière, volt. Oreilles, 4. Comment ses mains fécondes Font tourner tant de cieux, graviter tant de mondes ? id. Dise. 4. Ayant calculé le carré de la vitesse de la lune autour de son orbite dans l'espace d'une minute, et ayant divisé ce carré

GBR

par le diamètre de l'orbite lunaire, il [Newton] trouva que le quotient était quinze pieds, et de là il démontra que la lune gravite vers la terre trois mille six cents fois moins que si elle était près de la terre, id. Dict. phil. Ignorance. || Dans un sens moins précis et appliqué aux idées anciennes. Leucippe et Démocrite avaient animé leurs atomes d'une même force de gravitation; Epicure fit graviter les siens diversement, dider. Opin. des anc. philos. Secte éléntique. \\ Fig. Tendre vers. La loi de la nature, qui veut que toutes les sociétés gravitent vert le despotisme et la dissolution, que les empires naissent et meurent, ne sera suspendue pour aucune, RAYNAL, Uist. phil. xix, 2. \\ On dit aussi, un peu improprement : graviter autour. Tous ces intrigants qui gravitent autour du pouvoir. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— REM. Graviter n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 1760.

— ÉTYM. Verbe formé du latin gravis, pesant.

t GRAVOIR (gra-voir), s. m. Outil avec lequel le lunetier pratique une rainure dans le chissi* d'une lunette, pour y insérer les verres.

— HIST. xiv's. Une gravouere [petit ustensile qui servait à faire la raie descheveux] de cristal, garnie d'or, DELA borde. Émaux, -ç. 334.

— ÉTYM. Graver.

GRA VOIS (gravol ; l'î se lie : des gra-vol-z entassés), s. m. pi. Il 1° La partie la plus grossière du plâtre après qu'on l'a sassé. Battre les gravois. N'est-ce pas vouloir juger d'un bâtiment par les gravois, ou de toute autre construction par les recoupes des matériaux? BUFP. 4'^;;it. nat. Œuv. t.xn,p. <22. Il Fig. et populairement. Battre les gravois, venir manger le lendemain les restes d'un festin. Nous avions hier beaucoup de monde à dîner; venez battre avec nous les gravois. || On dit aussi gravats. Il 2° Débris d'une muraille, d'un bâtiment. Enlever les gravois.

— HIST. xiii* s. Quant del mangier furent levé Et li baron orent lavé, Fors issirent sor li gravoi. Lai de Melion. \\ xiv's. Quetoutes manières de boes, gravois, fussent ostées et mises hors des voiries, du cange, chanterium. || xvr s. Loger l'aitillcrie en des tranchées faites dedans des pierres et gravois, castelnau, (57.

— ÉTYM. Même radical que dans gravier (voy. grave 2).

GRAVURE (gra-vu-r'), s. f.\\i° L'art de graver. Gravure sur acier, sur bois. La gravure en estampes, inventée à Florence au milieu du xv* siècle, était un art nouveau ([ui était alors dans sa perfection, VOLT. Mœurs, t2i. Il est bien singulier et bien fâcheux que les Grecs, qui avaient la gravure en pierre fine, n'aient pas songé à la gravure en cuivre, dider. Salon de <765, CEuv. t. xiii, p. 354, dans pouGENS. La gravure tue le peintre qui n'est que coloriste; la traduction tue l'auteur qui n'a que du style, m. ib. p. -iso. La gravure serrée peint mieux, donne de la douceur, la gravure lâche alourdit, ôte la souplesse et fatigue l'oeil, id. ib. p. 358. La gravure noire consiste à couvrir toute une surface de petits points noirs qu'on adoucit, affaiblit, amatit, efface, ID. ib. p. 361 . La gravureau crayon est l'art d'imiter les dessins au crayon; belle invention qui a sur tous les genres de gravure favantage de fournir des exemples à copier aux élèves, id. ib. p. 361. Je ne dirai de la gravure en médaille qu'une chose, c'est que la gloire des souverains est intéresséeà l'encourager, iD. ib. p. 362. Les graveurs se multiplient à l'infini, et la gravure s'en va, id. Salon de <767, CEuv. t. xv, p. 135. Il Gravure numismatique, gravure en taille douce d'après le relief. || Gravure mate, gravure qui est produite sur verre et sur cristal et qui est un dépoli. Il 2» L'ouvrage du graveur. La gravure de ces planches est fort soignée. || 3° Estampe. Une gravure avant la lettre. Un marchand de gravures. Il 4" Terme d'architecture. Nom donné à tout ouvrage de sculpture de peu de profondeur. || 5° Terme de cordonnier. Rainure faite autour de la semelle, et dans laquelle on couche des points. || 6" Terme de boucherie. Gravure ou écusson chez la vache,

voy. ÉCUSSON.

— HIST. XVI* s. Comme, après avoir avalé le bon vin d'une belle coupe, nous en considérons les graveures et l'ouvrage, mont, iv, li».

— ETYM. Graver. Au xiv* siècle on trouve graveure avec le sens de crevasse, du cange, crebadura.

t GRAVER (gré-ié) , s. m. Voy. gruyer 2.

t GRAZIOSO (gra-tsi-o-zo). Terme de musique. Mot italien indiquant une exécution douce et gracieuse, et un mouvement tenant à fois de l'andante et de l'andantino. Andante grazioso.

— ÉTYM. Ital. grazioso, gracieux.

SRË (gré), t. m. || 1° Ce qui plaît, ce qui con-

lO-îG

CM

GRÉ

GRE

rient, ce qui est agréable à la volonté. Se marier contre le gré de ae» parents. Il e.'ît allé dn son gré, contre son gré. Ce n'a pas été de son plein gré. On la considère comme ayant agi contre son gré, pasc. Prov. *. Les affections sont aussi différentes que le sont les caractires, et In gré de l'un est souvent tout opposé à celui de l'autre, bourdal. Pensées, t. Ii, p. 481. Il Avoir quelque chose en gré, le recevoir en gré, le prendre en gré, agréer, trouver bon quelque chose, y prendre plaisir. Si vous prenez pour eux cette fortune en gré, [ils) Vous chériront encore en un plus haut degré, mair. Sophon. v, î. || Dans le langage ascétique. Prendre en gré, recevoir avec résignation. Il faut prendre en gré les afflictions que Dieu nous envoie. || Prendre en gré quelqu'un, l'avoir pour agréable, se plaire avec lui. || Prendre en gré de..., vouloir, consontir. L'évêque de Warmie prit en gré de vouloir faire la cérémonie du mariage dans Notre-Dame, nETZ, ii, 77. Mais s'il lui prend un jour en gré de revenir, nANCOURT, Céphale et Proeris, II, 7. Il X gré, agréable, qui .convient. Un lion de haut parentage.... Rencontra bergère à son gré, lA PONT. Fabi. IV, t. Si notre compagnie. Lui diient-ils, vor.s pouvait être à gré, m. Or. || Trouver quelqu'un à son gré, le trouver agréable, trouver qu'il plaît ; cela se dit souvent d'un homme à l'égard d'une femme, ou d'une femme à l'égard d'un homme. Ah! que je suis heureux! et que j'ai de plaisir De trouver une femme au gré de mon désir! MOL. Éc. des mar. ii, 12. Je la trouve fort à mon gré, sÉv. 38. Mme de Senantes le trouvait à .son gré, HAMiLT. Gramm. 4. || Au gré de, suivant la volonté de, suivant le désir, suivant ce qui plaît à. S'en vont au gré d'Amour tout le monde courir, MAi.n. VI, )0. Pour moi, quoique le ciel, au gré de mon amour, Dût encore des vents retarder le retour, BAC. Iphig. III, 3. J'ai pris sans étude et sans choix les premières paroles que me présente l'picclésiasle [vanité des vanités, et tout est vanité], où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l'est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose, noss. Piah. d'Orl. Le ciel pouvait me réserver une belle fille qui filtplusau gré du monde, mais non pas (|ui fût plus au gré de mon cœur, MAHIVAUX, IHarianne, t' part. || Fig. Voguer au gré des flots. Et le tronc [le corps de PompéeJ sous les Ilots coule dorénavant Au gré de la fortune et <le l'onde et du vent, corn. Pomp. 11, 2. Neptune frappait la terre et on en voyait sortir un cheval fou- - gueux ; ses crins flottaient au gré du vent, fên. Tél. XVII. Est-il rien do plus doux dans la vie, Que d'aller, devenir au gré de son envie'? collin d'harlevii.LE, Chdt. en Espagne, 11, :>. || Fig. Au gré do.... suivant l'opinion de.... C'est se rendre, à mon gré, coupable mille fois Que d'empêcher d'agir la clémence des rois, nu ryer, Scivole, v, 5. Celle du troisiùme acte [la narration], qui est, à mon gré, la plus magnifique, CORN. Ex. de Pompée. Les peines qu'on souffre pour le monde sont, à leur gré, plus supportables que celles qu'on souffre pour Dieu, FLR'n. Serm. i, 324. Le sang, à votre gré, coule trop lentement, bac. Athal. ii, 6. || De gré ou de force, de bonne volonté ou malgré soi. De force ou de gré je veux me satisfaire, corn. Uéracl. i, 2. Ou de force ou de gré, nous verrons ce que c'est, hautehoche, Fspr. foll. 11, 4. || De gré k gré, à l'amiable, en y consentant de part et d'autre. Nous prendrons une autre place |(Iq guerre], et ce sera pièce pour pièce; il y avait un fou qui disait dans un cas pareil : Changez vos villes de gré à gré , vous épargnerez vos hommes; il y avait bien de la sagesse à ce discours, bEv. 293. Il Fig. Est-i! possible qu'on puisse s'accommoder de gré à gré avec des maux si désagréables et si dangereux? sÉv. «57. || Scarron a dit : gré à gré. L'argent qu'on leur donne ne s'exige point, mais se donne gréa gré, CEuv. t. i,p. 21 8. || 8° Kon gré, lionne, franche volontéde faire quelque chose. Il [Jésus] n'a point été traîné par force à l'autel ; c'est une victime obéissante qui va de son bon gré à la mort, noss. Euchar. 1, 7. Aucun cominis.saire espagnol no trahit son correspondant français ; cette fidélité, si honorable à la nation espagnole, prouve bien que les hommes n'obéissent de bon gré qu'aux lois qu'ils se sont faites pour le bien de la société, volt. Mœurs. 445. || Bon gré mal gré, volontairement ou de force. I! faut bon gre mal gré que l'âme résolue Suive ce qu'a marqué sa puissance absolue, Tristan, Mar. i, 3. Qui de nous peut s'empêcher de fermer les yeux ou de détourner la tête, quand on feint seulement de nous y vouloir frapper? alors, si notre raison avait quelque force, elle nous ra.ssurerait contre un ami qui se joue ; mais, bon gré mal gré, il faut fermer l'œil, il faut

détourner la tête, noss. Connaist. v, 3 r veut

hrm gré mal gré Ne se coucher qu'en robe et qu'en bonnet carré, rac. Plaid, t, t.\\ Bon gré mal gré qu'il en ait, c'est-à-dire qu'il le veuille ou non. |{ 3* Gratitude, reconnaiss.ince. Peut-être qu'il eut peur De perdre, outre son dû, le gré de sa louange, la font. Fabl. I, 14. Que cette suite de travaux F'our récompense avait, de tous tant que nous sommes. Force coups, peu de gré, m. ib. x, 2. Heureux de ne devoir à pris un domestique Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendaient, m. Phil. et liaucis. Il y a des volontés de Dieu qui n'exigent de nous autre chose que le gré du cœur, bourual. Exhort. sur la prière de J. C. t. I, p. m. Très- peu de gré, mille traits de satire Sont le loyer de quiconque ose écrire, VOLT. ÉpUre à la duch. du Maine. || Savoir gré, savoir bon gré, beaucoup de gré, un gré infini, être satisfait, très-Scitisfait. Je lui en sais le meilleur gré du monde. Si vous les trouvez fort mauvais [mes vers], vous m'en devez savoir d'autant plus degré,de ce que, les connaissant comme vous, je n'ai pas laissé de vous les envoyer, voit. Leit. >•!. Satisfaites le ciel par votre amendement. Et sachez-moi bon gré de cet enseignement, rotr. Anlig. v, 6. Les généreux soins duducd'Enghien qui ménagea celte grâce [les bonnes grâces du roi rendues au prince de Contij, ni le gré que lui sut le prince [de Condél d'avoir été si soigneux, noss. Louis de Hourbon. Elle n'en sut pas bon gré à Mme de Senantes, hamilt. Cramm. 4. Je sais un gré infini à Collé d'avoir mis Henri IV sur le théâtre; son nom seul attirera tout Parispendant six mois, volt. Lelt. d'Argental, 17 avril )7G2. Le public vous en saurait gré, si le public sait jamais gré de quelque chose, ID. Lett. Bichelieu, 20 avril 1770. || Se savoir gré, bon gré do, s'applaudir de. La belle se sut gré de tous ces sentiments, LA FONT. Fabl. VII, 5. Je me sais quelque gré de l'avoir fait [d'avoir fait rire], bac. Plaid. Préface. Il commença à se savoir bon gré de sa complaisance, IIAMILT. Gramm. 4. Vous vous savez donc bon gré d'avoir eu bien des galanteries? fonten. /1/ei. et Phr. Il .Savoir mauvais gré, savoir peu de gré, être mal satisfait. Je ne vous sais point mauvais gré de m'avoir abusée, mol. Princ. d'Él. v, 2. Je nepuis croire que le public me sache mauvais gré de lui avoir donné une tragédie qui a été honorée de tant de larmes, rac. Bérén. Préface.

— HisT, xi's. Sire compain, faites le vousdegred [exprès]? Ch. de Bol. cxlvii. ||xir s. La reregarde faites de moult bon gré, Ronc. p. 36. X peines iert [sera] acomplis Li servirs dont j'atent gré, Couci,

XII Encor [elle] me saura gré De mon travail et

de ma longue i)eine, ib. xiv. Car qui le sien done retraanment [de mauvaise grâce]. Son gré en pert.... ib. XVI. Sire quens [comte], fait li reis, bien sai par vérité. Quant servi sun seignur par si grant leauté, S'eûst esté mis huem, qu'il meservist à gré. Th. le mari. 64. L'apostolies [le pape] l'asiet [Thomas] juste lui erramment, E bien seit il venuz, co li ad dit suvent; E mult li seit bon gré que si grant fais enprent, Ou'encontre rei de terre sainte iglise défont, 16. 58. Il xiir s. Bernart, quant ne somesd'un gré [n'étant pas d'accord], Ce ju [jeu] parti en envolons Au comte d'Anjou.... Et de juger droit le prions, le comte de BBET. Romancero, p. 162. En celé amor la domoisele ont prise Si parent, et doné seigneur (mari). Contre son gré un vavasseur, audekr. le hast. ib. p. fl. Lors parlèrent ensemble li baron, et distrent qu'il envoieroient à Rome à l'apostole, pour ce qu'il leur savoit mauvais gré de la prise de Jadres, villkh. lv. Et il i est venus volontiers et de gré, Berle, xv. [Elle] la [sa peine] prent pour Dieu en gré et loiaunient le sert, il), xxxiv. Dont doi je prendre en gré se j'ai froid et poverte [pauvreté], ib. xxxv. Por ce que [je] ne vous puis à mon gré conjoïr, ib. lxxxvii. Et manderons que on vous envoit les enfans i vingt plus rices homes de Melans et les lairons en oslages desci adoiit que vostre grés sera fais, Chr. de Bonis, p. 124. Diex,dist Renart, enaitles grez, Qantparmoi estes respassez [rétabli], Ben. )»7i7. Au roy enseigna en son sermon comment il se dcvoit maintenir au gré de son peuple, joinv. 288. Dieu vous sceit pire gré d'un petit péché, quand vous le faites, que il ne fait à nous d'un grant qui n'en congnoissons point... ID. 258. Et le roy leur devoit jurer aussi à leur faire gré de deux cens mille livres, avant que il partisist du flum, et deux cens mille en Acre, m. 246. Il XIV* s. Car la dame doit faire le gret à son baron (ce qui confient à son mari], Beaud. de Seb. VIII. 720. Il XV* s. Icellui Guillaume compta et fist gré [fit payement] à l'oste del'escot de lui et de ses compaignons, du canob, yrotum. Leur repondit que c'estoit bien son gré que ils s'en partissent quand il

leur plairait, rROiss. i, t, oa. Dieu m« veuille ai* der, j'en sai pire gré à messire Geffroi de Chargny que à toi.... iD. I, I, 326. Le duc de Bourgogne print très mal en gré ces advertissements, cohm. m, a. Il XVI* s. Si en quelques endroicts ces fables n'ont aucune conformité avec chf se croyable, il est besoing que les lisans m'excusent gracieusement, recevans en gré ce que l'on peult escrire de choses si anciennes, AMYOT, Thét. t. Il la bailla, du bon gré et consentement d'elle mesme, à un autre, id. Périel. 47. Ce qui restoit fut aussi pillé par les soudards lion gré mal gré que l'on en eust, id. Marcel. Î8. N'y prendre aulcune chose que de gré à gré, et en payant raisonnablement, carloix, V, 6 Et bon gré malgré

de toutes choses faites par raison et méthode, cesle matière a son période et paroxysme, pari>, xxi, s. Comme je ne me sçais aucun gré du service que )• me fois, aussi.... mont. 1, 2) s. Tout homme pecunieux est avaricicux à mon gré [à mon avis|, id. i, 316. On ne peult attribuer à punition ce qui vienti gré à celuy qui le souffre, m. 11, 268. lien fut fait information, et me souvient qu'un des records, estant ouy en jugement de ceste force et batterie, disoitaujuge : Monsieur, je ne receus jamais si beau soufflet à mon gré que celui que me bailla un de ceuz qui nous empescherent de mettre en prison, BOUQUET, Serées, liv. m, p. 92, dans lacubne. Qui preste non r'a; si r'a, non tost; si tost. non tout; si tout, non gré; si gré, non tel, loysel, Inslit. coutum. liv. IV, tit. 6, règle ).

— ÊTYM. Provenç. grat ; espagn. port, et ital. grato; du latin gralum, chose agréable. Gralus a la forme d'un participe pa.ssif; d'apris Curtius, la racine en est le sanscrit har (ghar) désirer, qui se trouve aussi dans yaiçia, réjouir, -/.ipt;, grice; au contraire Bôlhlingcic et Roth comparent gratus au sanscrit qurta, bienvenu, agréable.

t GUfiAGE (gré-a- j'), 1. m. Terme de marine. Action de gréer un navire.

— ftTYM. Gréer.

GRlvBE (grc-b'), s. m. Oiseau aquatique dont le plumage est d'un blanc argenté. Je ne tirai qu'un seul coup sur un grèbe que je manquai, 1. 1. Rouss. Hél. IV, 16. Il Se dit aussi des plumes de cesoiseaux. Un manchon de grèbe.

— KTYM. Allem. Grèbe.

t GRfiBIClIE (gré-bi-ch*), ». f. Sorte de portefeuille ou reliure volante, avec ries fils tendus le long du dos, où l'on passe des cahiers à volonté.

GREC, ECQUE grèk, grè-k'), adj. || 1* Qui est de Grèce, i)ui appartient à la Grèce. I.a nation grecque. Il Qui a rapport aux usages, à la langue des Grecs. La langue grecque. Grammaire grecque. Dictionnaire grec. || Y grec, la pénultième des lettres de l'alphabet français. || Profil grec, profil dans lequel le front et le nez se trouvent sur une ligne droite ou légèrement ondulée à leur point de jonction , comme dans les statues grecques. || L'Église grecque, l'Église d'Orient, qui diffère de l'Église romaine sur quelques points du dogme et sur l'autorité du pape. Il Le rit grec, le ritde l'Église grecque. Il Terme de marine. Vent grec, nom, sur la Méditerranée, du vent de nord-est. || Calendrier grec, calendrier dont se servent les Grecs et les Russes, et qui est en arrière de douze jours sur le calendrier grégorien. || Calendes grecques, voy. calendes. Il Débauche grecque, débauche contre nature, ainsi dite à cause du vice qui infectait l'antiquité. Raimond les captiva tous deux [Canillac et Dubois ] , l'abbé par l'intrigue , le marquispar le même goût d'obscure débauche grecque, ST-siM. 437, 76. Il %• s. m. et f. Grec, Grecque, celui, celle qui habite la Grèce. Javan ou Ion (car, en hébreu, les mêmes lettres différemment ponctuées forment ces deux noms), fils de Japhet et petit-fils de Noé , est certainement le père de tous les peuples connus sous le nom de Grecs, quoiqu'il soit demeuré propre aux Ioni(?ns dans cette nation, bolun, Iliit. anc. (JEuv. t. Il, p. 488, dans pouGENS. Craignez les Grecs, craignez leurs présents désastreux, deuile. En. 11. || Celui >|ui appartient à l'Eglise grecque. Les Latins et les Grecs diffèrent de croyance en plusieurs points. Un Grec Latinisé, un Grec qui adopte les sentiments rie l'Église latine. || L'empire des Grecs, l'empire d'Orient ou Bas-Empire. || 3- S. m. Le grec, la langue grecque. Il n'est rien si commun qu'un nom à la latine; Ceux qu'on habille en grec ont bien meilleure mine, mol. les Fdck. ni, s. Il a rie» vieux auteurs la pleine intelligence. Et sait du grec, madame, autant qu'homme de France, id. F. sar. m, t. On verra qu'il [R. Simon] s'est ébloui lui-même et qu'il veut éblouir les autras par son

GRÉ

GRE

GRK

grec et par son hébceu, Boss. ( " inutr sur la version du Noiw. Test, xxvii, T passage, 5. Il sait le grec, continue l'homme d'État, c'est un grimaud, c'est un philosophe; et en effet une fruitière à Athènes, selon les apparences, parlait grec, et par cette raison était philosophe; les Bignon, les I^moignon étaient de purs grimauds, qui peut en douter? ils savaient le grec, la bruy. xii. Il fBaratier] sut le grec à six ans, et l'hébreu à neuf, VOLT. Louis XIV, Écrivains. || Grec littéral ou ancien, la langue écrite et parlée par les Grecs dans l'antiquité. Grec vulgaire ou moderne, le grec tel qu'il est aujourd'hui en usage parmi les Grecs. || Fig. Cela est du grec pour moi, je n'y entends rien. || Fig. Passez , c'est du grec , c'est-à-dire ne vous mêlez pas d'une affaire oii vous n'entendez rien ; locution tirée de l'ancien état des lettres pendant le moyen âge, où, le grec étant ignoré, quand un passage grec se trouvait dans un auteur, on disait : Grœca sunt, non leguntur, c'est du grec, cela ne se lit pas. || L'Académie écrit : Passé cela, c'est du grec pour lui ; ce qui signifierait : au delà de cela ; mais la vraie lecture est : passez cela. || 4° Familièrement. Un grec, un homme habile dans la connaissance du grec. Nous avons perdu depuis quelques mois l'un des plus grands grecs de l'Europe; c'est M. Kuhnms, qui est mort à Strasbourg, bayle, Letl. à M"*, 31 mars <698. ||Fig. Être grec en quelque chose, y être habile, trop habile. Mais l'amour, n'est-ce pas une ardeur inquiète? Car j'y suis grec, depuis que j'en tiens pour Lisette, th. corn. Amour à la mode, IV, 4. Je sais déjà faire des mines; pour le jargon, j'y suis grec, baron. Homme à bonnes fort, iv, <4. Nous somnjes un peu grecs sur ces matières-là; Qui pourra m'attraper bien habile sera,"REGNARn, Fol. am. II, 5. Vous imaginez bien que, si je fis cette observation à l'âge que j'avais, ma marraine, qui était grecque sur ce chapitre-là, ne manqua pas de la faire aussi de son côté, levage. Est. Gonz. 55. Gardez-vous bien de me prendre pour un grec sur tout ce que je vous dis là; car je suis l'homme du monde le moins grec, volt. Lett. Chabanon, 9 mars 4772. Qu'il s'avise de parler latin, j'y suis grec, je l'extermine, BEAnMARCU. Mar. de Figaro, m, 45. Il Cet homme n'est pas grand grec, il n'est pas fort habile. || Un grec, un homme qui filoute au jeu. Histoire des grecs ou de ceux qui corrigent la fortune au jeu, titre d'un ouvrage de p. Rousseau, Londres, 4 758. |{ 5° Un peu fort de grec, s'est dit pour un peu risqué, graveleux. Si ce petit recueil [de chansons], un peu fort de grec, peut plaire aux personnes du bon ton qui veulent aujourd'hui tout à la grecque, on en donnera une suite, collé. Chansons joyeuses, préface. || 6° i la grecque, à la manière des Grecs.. Esthecar est précisément ce que les Grecs appellent Persépolis; il plaît à nos Grecs d'habiller tout l'univers à la grecque, volt. Vial. 29. Il [le maréchal de Bellisle dans la retraite de Prague] ne perd que les soldats qui ne peuvent résister à la rigueur extrême de la saison ; que lui a-t-il manqué? une plus longue course et des éloges exagérés à la grecque , id. Dict. phil. Xénophon. Il Reliure à la grecque, reliure dont les nervures ne paraissent pas sur le dos. || Vivre à la grecque, vivre dans le luxe et la mollesse.

— HIST. xm' s. Et quant Grieu les virent venir, îi ordenerent leur batailles , villeh. lxv. Il ont moult de peuple crestien, qui croient en la loy des Griex, joiNv. 264. ||xvi' s. Faisant regrets. Semblent Troyens de nuict surprins des Grez, mahot, 11, 274. Il n'y eut jamais Grec de malice net, Leroux DE LINCY, PrOV. t. I, p. 289.

— ÉTYM. lât. Grxcus, de rpaixo;, nom d'une peuplade hellénique, qui donna, chez les Romains, son nom au peuple entier ; les Grecs eux-mêmes se nommaient Hellènes, "EUrivE;.

GRÉCISÉ, ÉE (gré-si-zé, zée), part, passé de gréciser. Akakia est le nom de Sans-Malice grécisé.

GRÊCISER (gré-si-zé). \\ 1° Y. a. Donner une forme grecque à un mot d'une autre langue. Us [les Romains] n'ont pas imaginé que le bœuf sauvage décrit par Aristote sous le nom de honasus pouvait être l'un ou l'autre de ces bœufs, dont ils venaient de latiniser et de gréciser les noms germains, BUFF. Quadrup. t. iv, p. 56, dans pougens. ]| Î'V. w. Affecterd'employer des locutions grecques.

— HIST. xvi" s. Gréciser, cotgrave.

— ÉTYM. Grec. On disait aussi grecaniser ; Le tout sans grecaniser ou latiniser, permettez-moi d'ainsi le dire, pasquier. Recherches, t. vui, p. 657,

dans LACURNE.

t GRÉCISME (gré-si-sm') , s. m. Synonyme très-

peu usité d'hellénisme. || Nom d'un livre de grammaire latine, dans le moyen âge.

— ÉTYM. Crtcùcr ; proveno. gressime.

t GRÉCISTE (gré-si-sf), s. m. Synonyme trèspeu usité d'helléniste.

t GRÉCITÉ (gro-si-té), s. f. \\ 1° L'ensemble de la langue grecque. Haute grécité, le grec ancien. Basse grécité, le grec des bas temps de l'empire d'Orient. || 2° Qualité de ce qui est ou n'est pas grec. Fixer, déterminer la grécité d'un mot, d'une phrase.

— ÊTYM. Lat. grsecilalem, de grxcus, grec.

t GRÉCOLISKR (gré-ko-li-zé), V. n. Terme de marine de la Méditerranée. Se totimer du côté du vent appelé vent grec.

t GRÉCO-UOM.\IN, AINE (gré-ko-ro-min,mè-n'), adj. Qui appartient aux Grecs et aux Romains. Le polythéisme gréco-romain. L'architecture grécoromaine. Il Empire gréco-romain, l'empire grec de Constantinople.

GRECQUE (grè-k'), s. f. \\ 1° Ornement composé d'une suite de lignes brisées à angles droits et rentrant sur elles-mêmes. Une frise ornée d'une grecque, jj 2° Terme de relieur. Petite scie dont on se sert pour grecquer les livres. || Petites encoches que l'on pratique sur le dos du livre pour y loger les ficelles ou nerfs sur lesquels on coud les livres. Le livre perd de la marge du fond toute la profondeur de la grecque, lesné. Reliure, p. 4 24. |1 Petite ficelle qui sert à faire les nerfs des reliures à la grecque. || 3" Nom d'une coiffe que portent les femmes de la campagne, de Marseille à Valence, formée d'une bande de dentelle ou de mousseline fraisée, et d'une calotte destinée à loger le chignon.

— ÉTYM. Grec.

t GRECQUER (grè-ké), V. a. Terme de relieur. Couper avec la grecque un livre sur le dos après qu'on l'a cousu, afin d'y placer les nerfs, en sorte qu'ils ne paraissent point en dehors quand le livre est tout à fait relié. On a trouvé plus agréables les reliures à la grecque et à dos brisé.... on n'abandonnera jamais entièrement cette méthode de grecquer les livres et de les coudre à deux ou trois cahiers, parce qu'un livre grecque est beaucoup plus aisé à coudre que celui qui ne l'est pas, en ce que les trous pour passer l'aiguille sont tous faits, LESNÉ, io Reliure, p. 4 4 5. Ils grecquent jusqu'à

trois ou quatre lignes de profondeur [des livres]

grecques jusqu'à la lettre, id. ib. p. 4 24.

4. GREDIN, INE (gre-din, di-n'), s. m. et f. Il 1° Mendiant, mendiante (vieilli en ce sens). Des gredins du Parnasse ont dit que je vends mes ouvrages ; ces malheureux cherchent à penser pour vivre, et moi je n'ai vécu que pour penser, volt. Leit. Panckoucke, 48 févr. 4709. C'était un bon temps pour les gredins que celui de Chapelain, à qui la maison de Longueville donnait douze mille livres tournois annuellement pour sa Pucelle, m. Lett. d'Argenlal, 7 mars 4760. Pour toute armée une trentaine de gredins montant la garde avec un parasol de peur du soleil , id. la Princ. de Babyl. IX. Pythagore fut renversé par une multitude de gredins et de gredines qui couraient en criant : c'est bien fait, id. Avent. indienne. \\ 2" Fig. Une personne qui ne mérite aucune considération, qui est sans bien et sans bonnes qualités. J'ai souvent traité de gredins. De séditieux, de badins. Les vents dont vous craignez l'haleine, scahron, Virg. v. Il semble à trois gredins dans leur petit cerveau. Que, pour être imprimés et reliés en veau, Les voilà, dans l'Ëtat, d'importantes personnes, mol. F. sav. IV, 3. Çà, que prétendez-vousî — De la gloire. — Gredin, Sais-tu bien que cent rois la briguèrent en vain? volt, les Cabales, satire. X quoi servirait-il d'avoir tant d'honnêtes gens dans le ministère si les gredins triomphent encore? d'alemb. Lett. à Volt. 28 août 4 775. Si vous voulez faire à ces gredins l'honneur de leur répondre, attendez ma demi-feuille de Naples, p. l. cour. Lett. i, 384.

— HIST. xvi« s. Gredin, oudin, Curios. fr.

— ÉTYM. Bourg, guerdin ; lorrain, gordin; du germanique : anc. scand. grdd, faim ; goth. grêdus; angl. greed. Comp. l'ital. gretto, avarice, qui vient du moyen haut ail. grit, avidité.

2. GREDIN, INE (gre-din, di-n'), s. m. et f. Sorte de petit chien à longs poils. Le grand et le petit épagneul, qui ne diffèrent que par la taille, transportés en Angleterre, ont changé de couleur du blanc au noir, et sont devenus, par rinfluence du climat, grand et petit gredins, auxquels on doit joindre le pyrame, qui n'est qu'un gredin noir comme les autres, mais marqué de feu aux quatre pattes, aux yeux et au museau, buff. Quadrup. t. I, p. 360. Cette petite chienne était âgée de treize

ans, et avait eu pour mère une gredine toute noire, m. ib. t. xii, p. 215. Un beau jour je quittai madame et ses gredins, sauriii, VAngloinane, se. 4. t GREDINER (gre-di-né), v. n. Faire le gredin, agir en gredin.

— HIST. xvi' s. Grediner, oudin, Dict.

GREDINERIG (gre-di-ne-rie), s. f. Terme familier. Action de gredin, bassesse.

— ÉTYM. Grediner.

GRÉÉ, ÉE (gré-é, ée) , part, passé de gréer. Terme de marine. Une barque bien gréée. || Fig. Dans le langage des marins, être bien gréé, avoir beaucoup de bons vêtements, et aussi être endimanché.

GRfiEMENT ou GRÉAIENT (gré-man) , s. m. Il 1° Terme de marine. L'ensemble de tous les cordages ou manœuvres soit courantes, soit dormantes, qu'il est nécessaire de placer et qui sont actuellement en service dans un bâtiment. Le fou de l'ennemi avait fortement endommagé notre grément. || On dit dans un sens analogue : le gréement d'un mât, d'une vergue, d'une chaloupe. Il Cordages nécessaires au service d'une bouche à feu, d'une pompe. {| 2" Art, action da gréer les b'itiments. Traité du gréement. Le gréement do ce navire est achevé. || 3° Manière de gréer. Les goélettes ont un gréement particulier.

— ÉTYM. Gréer.

GRÉER (gré-é), je gréais, nous gréions, vous gréiez; que je grée, que nous gxéions, que vous gréiez, V. a. Terme de marine. Garnir un bâtiment de voiles, poulies, manœuvres, etc. dont il a besoin pour naviguer. Gréer un brick. || Par extension. Gréer un mât, une vergue. || On dit d'un navire qu'il grée des perroquets, des cacatois, des bonnettes, lorsqu'il est gréé ou disposé pour porter des perroquets, des cacatois, des bonnettes. || Fig. Se gréer, v. réfl. Travailler à se bien gréer, employer son argent à acheter du linge, des vêtements.

— ËTYM. Néerl. gereide, gerei, appareil ; allcm. gereiten, préparer; mots dérivés d'un radical red ou reit, qui signifie disposer.

\ GRÉES (grée), s. f. Terme de mJirine. Mot générique qui comprend le gréement d'un bâtiment, mais qui désigne plus particulièrement ses étais, haubans, galhaubans et sous-barbes.

GRÉEUR (gré-eur), s. m. Ouvrier qui grée les bâtiments.

4. GREFFE (grè-f), s. m. || 1» Le lieu d'un tribunal où l'on dépose les minutes des actes de procédure, et où se font certaines déclarations, ceitains dépôts. Mettre un arrêi au greffe pour l'expédier. Produire au greffe. Mettre sa production au greffe. Droit de greffe. La famille en pâlit, et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poète naissant, BOiL. Épitre v. || Fig. Le Mercure me paraît le greffe où cette lettre doit être déposée, volt. Lett. La Harpe, 40 avril 4773. || 2° Anciennement, droits, émoluments qu'on tirait du greffe. Avoir les greffes de tel lieu. || Greffe du gros, greffe où l'on expédiait les grosses.

— ÉTYM. Grefe était un mot très-usité dans l'ancienne langue et signifiant poinçon à écrire. De la signification de poinçon à écrire, on a passé à celle de lieu où l'on écrit, où l'on conserve ce qui est écrit. Grefe vient du latin graphium, poinçon à écrire, qui est le grec ypaçiov, de -ypàçEiv, écrire.

2. GREFFE (grè-f), s. f. || 1° Opération par laquelle on ente sur un arbre une petite branche, un œil emprunté à un autre arbre, afin que la fleur ou le fruit de celui-ci soit porté sur celui-là. Celui qui, avant l'invention de la greffe, aurait affirmé que les arbres ne peuvent jamais porter que des fruits de leur espèce, n'aurait avancé qu'une erreur, volt. Phil. Newt. singul. nat. Avoir trouvé le moyen de multiplier par la greffe ces individus précieux qui, malheureusement, ne peuvent faire une lignée aussi noble qu'eux, ni propager par eux-mêmes leurs excellentes qualités, bui-f. Tépoq. nat. Œuvres, t. xu, p. 360. Ii Greffe par approche, celle qui consiste à mettre à nu, sur les deux parties correspondantes, les couches du liber et la surface de l'aubier, à rapprocher les deux individus et à les maintenir en contact à l'aide de matières agglutinatives ou de ligatures; puis, lorsque la soudure est opérée, à couper au-dessous de ce point celui des deux individus que l'on a voulu greffer. || Greffe par rameaux ou scions, celle dans laciuelle, coupant transversalement le sujet, et y faisant à la partie supérieure une petite entaille ou fente, on y introduit la base du rameau amincie en biseau. || Greffe en fente, la même que la greffe par rameaux eu scions. || Greffe en couronne, celle dans laquelle on place plusieurs rameaux ou scion*

GRE

autour du sujet, de manifere à leur faire simuter une couronne. || (iroffe par bourgeons, dite aussi greffe en écusson, et, suivant l'époque, greffe à œil

f)0U3sant ou œil dormant, greffe dans laquelle, cnevant, sur une branche de la plante à greffer, un petit disque d'écorce portant à son centre un œil ou bourgeon latent, et enlevant sur le sujet un disque scmblalilc, on substitue le premier dis(|ue au second. || Greffes rn flûte, en sifflet, en anneau, greffes qui se font par le transport d'un anneau d'é:orce muni d'un bourgeon. || a- Jeune tige ou portion d'écorce pourvue d'un ou do plusieurs bourgeons qu'on transporte sur un autre individu, à l'effet de réunir et de confondre en une seule plante ces deux végétaux d'abord séparés. Une greffe est une sorte de bouture plantée dans un tronc vivant, bonnet, Consid. corps org. OEuv. t. V, p. 432, dans pougens. Le suc nourricier passe altomativement du sujet dans la greffe, de la greffe dans le sujet, id. Ut. feuilles plant. 5* mém. M. Duhamel avait observé que la greffe ne s'attache point sur la branche qui la porte comme les plantes parasites sur l'arbre dont elles tirent leur nourriture; qu'elle fait un même corps avec le sujet, que leurs organes ont entre eux une véritable j continuité, condorcet, Duhamel. |{ Greffe animale, nom que l'on donne à des parties d'animaux qu'on , a insérées sur des animaux vivants. On voit ici j [l'implantation de l'ergot dans la crête d'un coq] j l'exemple d'une véritable greffe animale qui, comme celle des végétaux, exige que les parties qui s'unissent soient douées chacune d'une force vitale, coNDORCBT, Duhamel.

— HIST XIII* s. Quant est racine de bons ente, Droiz est bien ke li fruz s'en sente ; Bon greife quant de bon cep crest, Li bons fruz par raisun en iiest, Edouard le confesseur, v. 97. {| xvi' s. Une ente est bien mal faite Du greffe en un bois sec, YVER, p. 67B. Ainsi en y mettant de bons greffes, on se peuple des meilleures races de raisins qu'on puisse choisir, o. de serbes, 177.

— ÉTVM. Comme on voit dans l'historique, le greffe servaità greffer; et /ejre/7"e se disait aussi de ce que nous disons la greffe; c'est donc le même mot que l'ancien françaisgre/'e, poinçon (voy. GBErFE ),à l'élymologie). Pic. graveuse, greffe; wallon, grèfon.

(IUEFFC, ÉE (grc-fé, fée), part, passé de greffer. Inséré par greffe. Un poirier greffé sur coignassier. Un citron gros comme un pois, greffé par son pédicule sur un oranger, y prend tout son accroissement et y conserve tous les caractères propres au «tron, BONNET , Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 435, dans pouGKNS.

GREFFER (gr6-fé), v. a. || 1° Faire une greffe. Si l'on greffe l'amandier sur le prunier, la greffe ne subsistera que peu d'années, bjnnet, Consid. corps . org. CEuv. t. v, p. 433, dans pougkns. |{ Absolument. 11 y a plusieurs manières de greffer. || Fig. La législation anglaise est comme un arbre antique sur lequel les légistes ont greffé sans cesse les rejetons les plus étrangers, tocqiieviue, dans le Dict. de POITEVIN. Il 2' Se greffer, v. réfl. Être greffé, le pêcher se greffe sur l'amandier. Les folioles des feuilles composées se greffent assez souvent les unes aux autres, en sorte que deux ou trois folioles n'en composent plus qu'une seule, sur un pédicule commun, bonnet, Vs. feuilles d. plant. 6' mém. Il Fig. C'est là que l'homme se greffe sur l'homme, les nations sur les nations.... rivarol, dans le Dict. de be^ciierelle.

— HIST. XVI' s. Maintenant convient greffer les arbres, c'est à dire y loger les entes.... les outils pour enter, sont.... o. de serres, «61.

— ÊTYM. Greffe 2; picard, graver; wallon, grèfi. OREFFECR (grê-feur), t. m. Celui qui greffe,

qui sait greffer.

GREFFIER (grfc-fié; l'rnese lie jamais; au pluriel, Vs se lie ■ des gr5-fié-z habiles), s. m. Fonctionnaire

3ui tient le greffe, écrit les minutes des jugements, es arrêts, et assiste le juge dans certaines occasions. Greffier civil. Greffier criminel. Le greffier d'une justice do paix. || Autrefois, greffier à peau ou à la peau, le commis greffier qui écrivait sur parchemin les expéditions des sentences. Veuve d'un greffier à la peau, que tous avez fait mourir de chagrin, dancouht, File de village, i, 3. || Greffier de l'écritoire, celui qui recevait et expédiait les rapports des experts. || Gre.'Bère, femme d'un greflier. Je vous trouve admirable, madame la greffière. — Greffière, monsieur! supprimez ce nom-là, je vous prie ; feu mon mari est mort, la charge est vendue, DANCOURT, Bourgeoises de qualité, i, 3. || Proverbe. C'est le grenier de Vaug^rard, qui ne peut

GRÉ

écrire quand on le regarde, se dit de quelqu'un qui ne veut rien faire en présence d'un autre. Ce proverbe vient d'un greffier à Vaugirard, près Paris, qui, tenant son greffe en un lieu obscur, n'y voyait plus quand on le regardait par la seule fenêtre qui lui donnait du jour.

— HIST. XV* s. Nicole Crante, prothonotaire du roi et graphier en son parlement, nu canoë, grap/iij<a. Il XVI* s. Pensons nous qu'à chaque arquebusade qui nous touche, et à chaque hazard que nous courons, il y ait soubdain un greffier (jui l'enroolle? et cent greffiers oultre cela le pourront escrire, desquels les commentaires ne dureront que trois jours et ne viendront à la veue de personnes, MONT, m, 24. La mémoire est des yeux la fidèle greffière. Le livre des paysans, la riche tresoriere Qui tient comme en depost tout ce que les humai ns. Poussés de vents divers, ont tenté de leurs mains, DUBARTAS, Semaine, jour 7*. Ils [certains chiens de chasse] s'appellent greffiers pour ce que du temps du roy Louis XII on prcnl un chien de la race des chiens blancs de saint Hubert, et en fait on couvrir une braque d'Italie qui estoit à un secrétaire du roy qu'en ce temps li on appelloit greffier, Charles ix. De la chasse, p. 42, dans lacurne.

— ÉTVM. Gref[e t. Greffier a signifié d'abord un fabricant do poinçons.

GREFFOIR (grè-foir), s. m. Instrument pour greffr?r, qui est une espèce de petit couteau à lame mince et bien tranchante; le manche en est terminé par une spatule d'ivoire ou d'un bois très-dur.

— ÉTVM. Greffer.

t GRÉGAIRE (gré-ghê-r'), adj. Terme de zoologie. Animaux grégaires, animaux qui vivent par troupes.

— ÊTYM. Lat. gregarius, de grex, gregis, troupeau. f GRÉGALADE (gré-ga-la-d'), s. f. Sur la Méditerranée, coup de vent du nord-est, dit vent grec.

— ÉTVM. Grégalade se décompose en greeal, adjectif fictif dérivé de grec (vent grec), et la finale ade qui indique l'action.

GRÉGE (grè-j'), adj. Soie grége, celle que l'on tire directement des cocons en les dévidant. || Substantivement. Ces grèges [soies grèges fournies par le cocon du ver à soie de Vailante] ne sont pas encore tout à fait proprps aux usages de l'industrie, parce qu'il reste à organiser des instruments pour associer plusieurs brins au moyen d'une certaine torsion et pour les mouliner, ouÉRia-MÊNEviLLE, Acad. des se. Comptes rendus, t. un, p. <2B8. {| On dit aussi le fll grége.

— ETYM. Génev. soie grèie; del'ital. setagreggia. Greggio ou greiso signifie brut en italien, et s'applique au métal tel qu'il sort de la mine; on en comprend l'application à la soie telle qu'elle sort du cocon; l'origine de greggio est inconnue.

GRÉGEOIS (gré-joî), s. m. \\ 1* Anciennement, nom du peuple dit aujourd'hui les Grecs. Depuis la ville où les Grégeois Occirent tant de bons bourgeois, scARRON, Virg. 1. 1| 2" Âdj. m. Employé seulement aujourd'hui dans cette locution : feu grégeois, composition de matières combustibles, inventée dans le septième siècle par Callinique, ingénieur d'Héliopolis en Syrie, pour brûler les vaisseaux des Sarrasins, et ainsi dit de l'usage qu'en firent dans la guerre les Grecs ou Grégeois. || Fig. Montrez-leur un feu grégeois qui les surprenne, ou un éclair qui les éblouisse; ils vous quittent du bon et du beau, LA DRUV. I.

— HIST. XII* s. Le feu grezois lors [il] fet leans jalir [jaillir], Aus grans palez et à sales ferir; Vente li vens, li paley est espris; N'iert mes esteint par eve [eau] nés un dis [même en un jour], ducange, ignis. || xiii's. Sarrasin lorardoient à feu grigois tous lor engiens, Chr. de Rains, p. S7. || xv* Ainsi qu'il s'en alloit par mer, il rencontre une nef de Sarazins que le soudan Saladin envoioit en Acre pour le secours faire à ceux qui estoient en la cité jet celé nef avoit grand planté de fioles de voire pleines de feu gregois, du canoë, ignis.

— ÉTYM. Latin grœcensis, de Griecus, Grec; la finale où, eis, répond à la finale latine ensis.

GRÉGORIEN, lENNE (gré-go-riin, riè-n'), odj. Il 1° Chant grégorien, le plain-chant d'Eglise, parce que l'invention en est attribuée au pape Grégoire I". Il Se dit aussi du rit établi par Grégoire 1" pour les sacrements, les bénédictions, etc. Office grégorien. || 2° Calendrier grégorien, réformation de l'ancien calendrier, faite par l'ordre du pape Grégoire Xlll, en (B82. 113° Eau grégorienne, mélange d'eau, de vin et de cendre, qui sert à purifier les églises polluées. || i- Code grégorien. Deux jurisconsultes, Grégoire et Hermogène, firent un recueil de droit, qu'on appella de leur nom code grégorien

GRÊ

et code bermogénien; c'était une collection des sonstitutions des empereurs depuis Adrien Jusqu'à Diocktien et Maximien en 30», rolun, Ilitt. ont. liv. xxvi, 2* part. ch. -', art. 3.

— ÉTYM. Lat. Gregorius, nom propre, dérivé du grec TfpniTOftîv, être éveillé, et signifiant proprement vigilant.

t GREGOU (gré-gou), *. m. Synonyme de vent grec (voy. grec). Le grégou est opposé au labech ou sud-ouest.

GRÈGUE (grè-gh'), ». f. Haut-de-chausscs, culotte; on ne le dit plus qu'au pluriel. Dont le rabat est sale et la chau-sse rompue. Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint, règnirk, Sat. il.

(I Tirer ses grègues, s'enfuir I.e galant aussitôt

Tire ses grègues, gagne au haut, la font. Fahi. II, 2R. Il Populairement. Laisser ses grègues, mourir. Il II a bien mis de l'argent dans ses grègues, il s'est enrichi. || Avoir de l'argent en grègue, avoir de l'argent en poche, n'être jamais sans beauojup d'argent. Il II en a dans ses grègues, se dit d'un homme à qui il est arrivé quelque accident flcheux.

— REM. Aujourd'hui que le mot grègue est peu connu, bien des gens y substituent le mot guêtre ; ce qui fait presque partout un contre-sens.

— HIST. XVI* 8. A la fin on s'est mis à en faire [des chausses] sans brayette, que les uns ont appelé chausses à la gregesque ou à la guarguesque, les autres, tout en un mot, gregesque ou gargesque, ou garguesque, H. est. Ijirvg. fr. ital. p. 242, dans ménage, au mot grègues.

— ÊTYM. Normand, gargache, culotte; de l'ital. grechesco (en provençal grexesc, en catalan greguesc], à la grecque; des grcgnes ou gregucsques étaient proprement des chausses à la grecque , comme il y en avait alors à l'italienne, à la napolitaine, etc. Grechesco est dérivé de greco, grec.

t GRELAGE (gre-la-j'), s. m. Voy. obelouagb.

t GRÊLANT (grê-lan), adj. m. Usité anciennement dans la gabelle en cette locution : X minot grêlant, à minot duquel on a fait tomber avec la racloire l'excédant du sel, Lettres pat. du i*'sept. 1696 [ainsi dit sans doute, parce que le grain tombe comme la grêle lorsqu'on fait cette opération).

t. GRÊLE (grê-l), adj. || 1° Long et menu. Une tige grêle. Des jambes grêles. Venez, boucs méchants, Psylles aux corps grêles, Aspioles frêles, Comme un fiot de grêles, Fondre dans ces champs, V. HUGO, Bal. i*. Il Terme d'anatomie. Intestin grêle, la portion d'intestin qui s'étend depuis l'estomac jusqu'au caecum exclusivement. || Muscles grêles, nom de certains muscles minces et longs. Il 2° Par extension, se dit de ce qui est chètif, non suffisamment plein ou développé. Une physionomie grêle. 11 y a toujours quelque chose de grêle dans notre architecture, quand nous visons à l'élégance, ou de pesant quand nous prétendons à la majesté, chateaubr. Ilin. i" part. || 3° Se dit d'une voix aiguë et faible. M. d'Alembcrt, avec sa petite voix grêle , est un excellent lecteur, volt. Utt. Laharpe, 4 sept. <77i. La voix grêle des cymbales Se mêlait par intervalles Aux bruits de la grande mer, V. HUGO, Orient. K ||Ton grêle, le ton le plus haut d'un cor ou d'une trompette. || Substantivement en ce sens. .Sonner du grêle ou sonner grêle. Il 4° S. f. Lame d'acier plate et dentelée, dont le tabletier se sert pour grêler.

— SYN. GRELE, FLUET. Celui quI est lluot est mince, celui qui est grêle l'est aussi ; mais le fiuct l'est de sa nature et sans que cela indique aucun amoindrissement ou dépérissement; la belette est fluette. Au lieu que, chez le grêle, il y a disproportion , amoindrissement , amaigrissement : de* niembres grêles sont des membres qui devraient être plus gros, vu l'âge du sujet.

— HIST. XI* s. Graisics es flans et larges les costez, Ch. de Roi. ccxxvu. || xn* s. Venim et pourreturc grant merveille vomi. Et jut moult longuement; tous greillcs sus sailli; Par les mains al saint humme de s'cnferté [de sa maladie] guari, Th. le mart. 94. Trois fois le sonne [un cor] et en grelle et en gros, Charrois de Nymet. || xiii* s. Renart fu grelles et menus, Muciez estoit derier la porte , Ren. 3670. || xiv* s. Avoir la vois acue ou grelle, oresue, Eth. (25. User de perdris, de faisans, de petis oiseaux champcstres o [avec] grelle bec, H. DE mondeville, ^ »5, terso. Le gros du cucr et sa rachine est en haut, et le grelle en bas, ID. t* 23, verso. Il XV* s. Je n'y cntens ne gros ne gresle, Patelin, v. 1030. ||xvi* s. Torquato Tasso, en la comparaison qu'il faict de la Fiance à l'Italie, dict avoir remarqué cela, que nous avons les jambes plus grailcs que les gentilsbunoius italiciis, et

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