GRÊLER (grè-lé). || 1° V. imvers. Il se dit
DICT. DE I.A T.ANGnB FRANÇAISE.
quand il tombe de la grêle. Qu'il Tente et qu'il grêle, je me moque de tout, scarron, dans biche- LET. Un paysan croit qu'il a grêlé par hasard sur son champ; mais le philosophe sait qu'il n'y a point de hasard, et qu'il était impossible, dans la constitution de ce monde, qu'il ne grêlSt pas ce jour-là en cet endroit, voi.T. Dict. phil. Destin. Il Fig. Qui doute qu'avec ce nom fabbé d'Athènes] il [Ménage] n'eût pu défier la rime et la prose qui ont tant de fois grêlé sur le sien? Ànli-lUenagiana, p. (81. Il Fig. Grêler sur le persil, exercer son influence, son pouvoir, sa critique sur des gens faibles, ou dans des choses de peu de conséquence. Entre nous, madame, on peut dire qu'en matière de doctrine, on a grêlé sur le persil, maintenon, Lett. à Mme de Dangeau , t. vu, p. 77, dans Pi ugens. Vous savez comme on grêle ici sur les personnes dont on croit n'avoir que faire, ID. ib. 22 nov. )709. Le parlement a tant grêlé sur le persil, qu'il ne faut plus qu'il grêle, volt. Lelt. en vers et en prose, )40. Il 2" V. a. Endommager par la grêle. Je crains que cet orage ne grèle nos vignes. Ce canton a été grêlé. || Il se dit aussi des personnes dont les propriétés ont été dévastées par la grêle. Presque tous nos propriétaires ont été grêlés. || Fig. Sa médisante humeur, grand obstacle aux faveurs.... Avait de ce galant souvent grêlé l'espoir, la font. Fiancée. || Fig. Cet homme a été grêlé, il a fait de grandes pertes, il a eu de grandes infoilunes.
— HIST. xii* s la tormante Qui grausle et
pluet et tone et vante, cbestien de troies, Chcv. au lyon, v. 773. || xiii' s. Si durement grella et chaïrent foudres, que moult des pueples et des bestes morut. Psautier, f» 127. ||xvi's. Â qui il gresle sur la teste, tout l'hemisphere semble estre en tempeste et orage, mont, i, (70. Par toy les vignes sont gelées, Par toy les plaines sont greslées, DU BELLAY, VII, 19, ferso. Le diabloton qui estoit du nombre de ceux que les bonnes gens du village disent ne sçavoir que faire gresler le persil, bouchet, Serées, ii, p. (oo, dans lacurne. Un petit diable, lequel encores ne savoit ne tonner, ne gresler, fors seulement le persil et les choux, kab. Pant. IV, 45.
— ÉTYM. Grêle 2 ; bourg, grôlay.
t 2. GRÊLER (grê-lé) , v. a. || 1* Arrondir les dents d'un peigne sur toute leur longueur. || 2° Réduire la cire en lanières ou rubans, afin de rendre le blanchiment plus facile. On dit aussi grelouer.
— ÉTYM. Grêle ^.
f GRELE r (gre-lè), ». n». Marteau dont se servent les maçons.
t GRËLET, ETTE (grô-lè, lè-t') , od;. Qui est un peu grêle.
— HIST. xvi* s. L'embonpoint j'aime et j'aime la grelette, tver, p. 627.
— ÉTYM. Diminutif de jr^ie (.
f GRËLEUX, EUSE (grê-leû, leû-z'), adj. Qui a le caractère de la grêle. || Terme d'anatomie. Os grèleux, nom donné autrefois à l'os cuboïde de la deuxième rangée du tarse, à cause de ses inégalités.
— HIST. xvi" s Essuya l'air gresleux et pluvieux, PONS. 77.
— ÉTYM. Grêle 2.
I GRËLIER (grê-lié), s. m. Ancienne pièce d'artillerie qu'on chargeait de halles et de ferrailles, et qui en chassait comme une grêle, lorsqu'elle était tirée.
— ÉTYM. Grêle 2.
GRELIN (gre-lin), ». m. Terme de marine. Tout cordage dont la grosseur est au-dessous de celle du câble (le câble est le cordage qui tient l'ancre).
— ÉTYM. Allem. Greling.
t GRÊLOIR (grê-loir), ». m. ou GRÊLOIRE (grêloi-r), s. f. Vase de fer-blanc percé de trous, pour grêler la cire.
— ÉTYM. Grêler i.
GRÊLON (grê-lon) , ». m. Grain de grêle. Des grêlons gros comme des œufs de poule d'Inde ont cassé mes vitres ; et les vôtres? volt. Lett. d'Argental, 24 juin (754.
— ÉTYM. Dérivé de grêle 2, avec la finale augmentative on.
GRELOT (g.-e-lo ; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, 1'» se lie : des grelo-z assourdissants; grelots rime avec repos, travaux, etc.), s. m. Il 1° Petite toule de métal creuse et percée de trous, renfermant un morceau de métal mobile qui la fait résonner dès qu'on la remue. Les grelots d'un cheval. Dès l'abord leur doyen [des rats], personne fort prudente. Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard, Attacher un grelot au cou de Rodilard, la font. Fabl. u, 2. La difficulté fut d'attacher le grelot; L'un
dit : je n'y vais point, je ne suis pas si sot, id. ib. X l'heure où l'on entend lentement revenir Les grelots du troupeau qui bêle, v. hugo. Orient, ai. || Fig. et familièrement. Attacher le grelot, faire la première tentative dans une affaire hasardeuse. Quand ce fut à attacher le grelot (demander le tabouret pour sa femme], il j.'^éguier] demeura court et n'osa, ST-SIM. 70, (56. Il Trembler le grelot, trembler si fort que les dents claquent l'une contre l'autre. Il 2" Insigne (|ue porte la marotte de la folie. Va fou reçoit ses grelots et sa marotte en cérémonie, VOLT. Dial. XXIV, (0. Cet asile Où tant de fois le vaudeville A renouvelé ses grelots, bKrang. A tad. et Cav. Des erreursde l'humaine esp' ce Dieu veut que chacun ait son lot; Même au manteau de la sagesse Lu folie attache un grelot, m. Couplet. || 3° Terme de botanique. Fleurs en grelot. Heurs qui ont la forme d'un grelot. || ^' Espèce de clochette qui termine la queue du serpent i sonnettes. || 5° Fil au grelot, espèce de fil qui se tire de Doort en Hollande et qui sert à broder les toiles fines.
— HIST. XVI' s. Pendant que ces pauvres nyal» sont là à trembler le grelot, Dialoguesde Tahureau, p. 2(, dans lacubne.
— ÉTYM. Ce mot parait être un diminutif de l'ancien français grêle oa graile, son grêle, et aussi trompette. Diez préfère le latin irrofa/um, petite sonnette, à cause du sens de grelotter, claquer des dents. Jaubert, dans son Glossaire, cite les mots du Berry grelaud, creux, vide, grelot, grrlaud, petit pot de terre, et il croit que grelot vient de là ; ces mots du Herry proviennent sans doute de graal, vase (voy. ce mot). Saint-Gelais a dit : trembler te grelet : Mînuict est pieça sonné; Par Dieu, c'est bien promené : Je fay bien de leur vallet, D'icy trembler le
gvelet, ST-GELAIS, 227.
t GRELOTTANT, ANTE (gre-lo-tan, tan-f), adj. Tremblant de froid. Elle est toute grelottante.
GRELOTTER (gre-lo-té), t'. n. Trembler de froid. C'est moi qui lui avais fait cacher sa chemise et ses habits tandis qu'il se baignait, et qui fus cause qu'il fut obligé de grelotter dans la rivière pendant tout le .souper qui se faisait à ses dépens, dancourt. Retour des offtders, se. B. On dit <)ue c'est bien pis en Italie ; les maisons n'y sont faites que pour respirer le frais; et, quand les gelées viennent, toute la nation grelotte, volt. Lett. Mme Denis, (8 janv. (752. Les malheureux se traînent encore en grelottant, jusqu'à ce que la neige, qui s'attache sous leurs pieds en forme de pierre, quelque débris, une branche, ou le corps de l'un de leurs compagnons les fasse trébucher et tomber, sBgur, llist. de Nap. IX, ((. Il Fig. Il [Béranger] grelot'ait dans sa co- .quille. Quand d'un luth je lui fis l'octroi, bf.rano. Épitaphe. \\ On dit quelquefois, par une sorte de construction active, grelotter la fièvre, comme on dit trembler la fièvre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. Les verbes qui ont un radical terminé par ot ne prennent généralement qu'un <; les exceptions, non justifiées d'ailleurs, sont garrotter, gigotter, grelotter, trotter et quelques autres; il faudrait tout écrire par un seul (.
— HIST. XVI' s. Un sergent qui estoit venu pour me faire allumer la mèche, me voyant greloter comme les autres, me fit offre de son echarpe, d'aub. Vie.
— ÊTYM. Grelot; le claquement des dents do l'homme qui grelotte étant comparé au son d'un grelot. Génev. 9rebo(er, greuler; Savoie, greroler, dauphinois, gromolù.
f GRKLOCAGE (gre-lou-a-j'), ». m. Action do grelouer.
t GRELODER (gre-lou-é), v. a. Synonyme do grêler 2.
GRELDCUON (gre-lu-chon), s. m. Terme familier et libre. Amant favorisé secrètement par une femme qui se fait payer par d'autres. Sitôt que la brave Fanchon Voit aux prises son greluchon, Elle vous prend à la cravate Le beau mignon.... les Porcheciterons, m, p. (47, dans f. Michel, iiraot. On pourrait bien à l'aventure Choisir un autre greluchon, Plus Alcide pour la figure. Et pour le cœur plus Céladon, Mais quelqu'un plusaimable? non, volt. Ép. 26. La tête me tourne; je ne sais comment faire avec les dames, qui veulent que je loue leurs cousins et leurs grelucbons, id. Lett. Ciderille, 30 mai (745. Le page [Chérubin dans le Maringe de Figaro] est, pour bien dire, un fieffé libertin. Protégé par Suzon, fille plus que rusée. Prenant aussi sa part du gentil favori , Greluchon de la femme et mignon du mari; Quel bon tonl quelles mœura cette intrigue rassemble! Épigr. contre Beatmnr
GRE
ehati, aux premières représentations du Mariage de Figaro.
— ÉTYM. D'après le Dictionnaire de Tréroui, il vient de grelu qui se dit en Bourgogne et ailleurs pour pauvre, misérable, de peu de valeur ; on ne sait d'où vient grelu, à moins qu'il ne soit pour grêlé. D'aprôs V'r. Mictiel , Argot, c'est le nom de Soin» Creluchon ou Cunluchon, auquel les femmes venaient demander la fécondité, et dont 11 est parlé dans H. Estienne, ilpoJ. pourW^rodo««, t.ll, p. »63, la Hnye, i735.
GRfiMENT (gré-man), f. m. Voy. gbéement.
GRIvMIAL (gré-mi-al), t. m. Morceau d'étoffe qu'on met sur les genoux du prélat officiant quand il s'assied, et qui fait partie des ornements pontificaux. Il Au p'ur. Des grémiaux.
— CTYM. Lat. gretnium, giron.
GRfîMlL (gré-mil), s. m. Plante de la famille des borragiiiées, à graines nettes et très-dures. Grémil officinal, dit aussi herbe aux perles, lithospermum officinale, L.; gremil des champs, lithospermum ariense, L.
— ÉTYM. On tire ce mot de granum milii, grain de mil, à cause de ses graines. Mais Ménage signale la forme de grenil, et Lehériclier, Flore po/nit. de Normandie, addit. p. 6, pense que grenil vient de ce que la graine est la partie la plus caractéristi<|ne de cette plante.
t GREMILLE (gre-mi-ll', Il mouillées), f. f. Nom donné par les pêcheurs de la Seine à la perche goujonnière.
t GRENACHE (gre-na-chT, ». m. Grenache blanc, grenache noir, cépages estimés des Pyrénées orientale», d'origine espagnole. || Vin de grenache, vin de liqueur que l'on .''ait avec le grenache.
— HIST. xiv s Garnache deux quartes, c'est à deux personnes unechopine, U('nagier,ii, ♦. || xV s. De l'isle de Candie il leur venoit très bonnes malvoisies et grenaches, froiss. liv. iv, p. Si , dans LACUBNE. Il xvr S. J'avois du tout laissé le creneche; mais j'ay esté contrainte de le reprendre, quant c'est venu sur le terme des trois mois [de grossesse], MARO. I^tt. 4 49.
— ÊTYM. Le grenache parait originairecient un Tin grec; on ne sait l'origine de ce mot.
GRENADE (gre-na-d'), ». f. || !• Fruit du grenadier, qui contient des grains rouges renfermés dans de petites cellules. Une grenade mûre. Des grenades acides. || Il se dit aussi de la fleur des grenadiers de nos jardins qui ne donnent pas de fruit. Il 2' Terme d'artillerie. Boule de fer creuse, ainsi nommée en raison de sa forme, qu'on remplit d'étoupes et de poudre, et à laquelle on met le feu par une fusée . pour la jeter à la main dans un poste ennemi. Il Grenade à cuiller, grenade ijui se lançait avec des instruments en forme de cuiller. Il Grenades borgnes, se disait de celles qu'il n'était pas nécessaire d'allumer et qui, étant jetées avec le mortier, s'enflammaient d'elles-mêmes. || 3° Ornement militaire qui représente une grenade et qui se met sur l'habit, sur la giberne des grenadiers. Il *• Grenade de mer, corps dur, pétrifié, qui naît daus la mer contre les roches et dont la forme et la couleur sont assez semblables à celles de la grenade. Il 5° Nom sous lequel les habitants des côtes de la Flandre désignent les chevrettes ou crevettes. Ruches , paniers et autres engins pour prendre crevettes, grenades ou salicots, Ordonn. août teni. Il 6' Se disait aussi de la soie la plus estimée pour la couture, les franges, etc. || Nom d'une étoiïe qui tenait le milieu entre le basin et la toile. La grenade était faite de fil et de coton, et devait son nom à de petites mouchetures en forme de grains.
— HIST. xiii' s. Adont fait aporter le fruit Li ostes Daires por déduit, Puns (pommes] de grenat, figes et poires, FI. et Bl. I68S. || xvi' s. Les oranges, les grenades, les pelotes, les pots et carreaux à feu, PARÉ, IX, Préf. De trois espèces de grenades y a-il, des douces, des aigres et des aigres-douces.... De ce fruit se fait du vin, en exprimant son jus au pressoir, 0. DE SERRES, 697.
— ÉTYM. Lai. granatum, sous-entendu tmilum ; pommeà grains ; de granum, grain.
GRENADIER (gre-na-<iié-, Vr ne se liejamais;au pluriel, Vs se lie : des gre-na-dié-z en fleur), t. m. Il !• Arbre originaire d'Afrii|ue, de la famille des myrtacées, qui produit les grenades {punica granatum, L.) ; l'écorce de la racine est employée avec succi's contre le ténia. || 2" Autrefois, soldat qui était chargé de lancer à la main les grenades dont il allumait la mèche. On nous avait trop tAt mandé la prise de l'ouvrage à cornes; il ne fut attaqué pour la première fois qu'avaDt-hier, encore fut-il aban-
cm
donné un moment après par le» grenadiers du régiment des gardes, qui s'épouvantèrent mal à propos et que leurs officiers ne purent retenir même en leur présentant l'épée nue, comme pour les percer, bac. Lett. à Boileau, 3 avril (691. Louis XIV institua les grenadiers, d'abord au nombre de quatre par compagnie dans le régimentdu roi, ensuite il forma une compagnie de grenadiers dans chaque régiment d'infanterie, VOLT. touiïX/F, 29. || Aujourd'hui, soldat d'élite qui forme la première compagnie des bataillons d'infanterie, et qui est d'une taille élevée. Il Soldat de bataillons appartenant à la garde et composés d'hommes d'élite et de haute taille. L'empereur appelle aussitôt deux grenadiers de sa garde, il les place à sa table, près de lui, il leur fait commencer l'épreuve de cette nourriture ainsi préparée [bouillie de seigle préalablement grillé] ; elle leur réussit mal, quoiqu'il y eût ajouté de son propre vin, i|u'il leur versa lui-même, ségur, Hist.de Nap. V, i. Il Jurer comme un grenadier, jurer à tout propos. Il C'est un grenadier, un vrai grenadier, se dit d'une femme de haute taille qui a les manières libres et hardies. || Adjectivement. Ouantau maintien soldatesque et au ton grenadier, i. i. rouss. Ilél. II, 2(. L'air grenadier, la voix forte, ID. Conf. i. Il S" Autrefois, compagnie de grenadiers montés, créée par Louis XIV, laquelle servait avec la maison du roi et marchait en tCte. Celui qui le tua était un des grenadiers à cheval, nommé Sans-raison ; vcilà un vrai nom de grenadier.... les ennemis envoyèrent demander le corps, qui leur fut rendu ; et le grenadier Sans-raison rendit aussi les trente-cinq pistoles qu'il avait prises au mort, en disant : Tenez, voilà son argent, dont je ne veux point; les grenadiers ne mettent la main sur les gens que pour les tuer, KAC. Lett. à Boiteau, i6 juin »69ï.|| Sous Na P'iléon I*', corps de cavalerie de la garde portaiildes bonnetsàpoil. |{ 4" Terme de pêche. Grand iiouteux pour prendre les chevrettes, dites aussi grenades.
— HIST. XVI' s. En mesme tem|isque le jujubier, faut planter le grenadier, o. de serres, «96.
— ÉTYM. Grenade.
GRENADIÈRE (gre-na-diè-r'), ». f. || 1° Gibecière dans laquelle autrefois un grenadier portait des grenades. || 2° Nom de la seconde capucine d'un fusil à laquelle s'attache la bretelle. || Mettre son fusil à la grenadière, le placer sur les épaules en lâchant la bretelle, ce qui se fait quand on veut avoir les mains libres. || 3° Terme de pêche. Petite seine pour prendre des chevrettes.
— F.TYM. Grenadier.
GRENADILLE (gre-na-di-ll', H mouillées, et non gre-na-di-ye),». f. Plante d'Amérique, dite aussi fleur de la passion, dont les semences ont le goût de la grenade, passiflora cxrulea, L, famille des passiflorées (dicotylédones périgynes).
— ÉTYM. Diminutif de grenade, à cause que le fruit ressemble à la grenade.
GRENADIN (gre-na-din), ». m. || 1° Petit oiseau d'Afrique, espèce de fringille. ||2» Terme de cuisine. Volaille farcie. || 3" Espèce d'oeillet. || 4° Adj. Sirop grenadin, sirop contre la toux fait avec du jus de grenade.
— ÉTYM. Grenade.
\ I. GRENADINE (gre-na-di-n') , ». f. Terme de chimie. Principe cristallisable, qu'on extrait de l'écorce et de la racine du grenadier.
— ÉTYM. Grenade, et la finale ine, qui indique un principe.
2. GRENADINE (gre-na-di-n'), ». f. Soie qu'on emploie dans la fabrication de la dentelle noire. Il Barége de soie.
t GRENAGE (gre-na-j'), ». m. || !• Action de grener la poudre de guerre et de chasse. || 2° État du sucre, quand il cristallise en cristaux plus ou moins divisés.
— ÉTYM. Grener.
GRENAILLE (gre-na-ll , Il mouillées, et non grenâ-ye), s. f. il !• Graine de rebut qui sert à nourrir la volaille. || 2° Métal réduit en petits grains. Charger un fusil avec de la grenaille. || 3* On réduit aussi la cire en grenaille, pour la faire blanchir.
— HIST. xiv s. Icelluy Mace avoit achatc, ou temps que la ville de Poitiers fu prise des ennemis, certaine quantité de ruaux [paille] et grenaille* [menus grains] d'iceuh ennemis, do cange, ruere.
— ÉTYM Dérivé de graine ou grain.
GRENAILLE, ÊE (gre-nâ-llé, liée, H mouillées),
pari, passé de grenadier. Du plomb grenaille.
t GRENAILLEMENT (gre-n4-lle-man. Il mouillées), ». m. Action de grenailler; réduction en grenailles.
— ÉTYM. Grenaille.
GRE
GRENAII.T.'ER (gre-nâ-llé , Il mouillées, et non gre-nâ-yé), t'. a. Mettre un métal en petits grains.
— ÉTYM. Grenaille.
fGRENAILLEUR ( gre-nâ-lleur, H mouillées), ». m. Ouvrier qui grenaille les métaux. || Celui qui sépare la farine du son.
— ÊTYM. Grenailler.
t GRENAI.SON (gre-nê-zon), ». f. Terme rural. Formation de la graine dans les plantes. La grenaison du blé.
— ÉTYM. Grener.
t GRENASSE (gre-na-sT,». f. Terme de marine. Petit grain, petit orage. Une grenasse de vent, de pluie.
— ÉTYM. Dérivé de grain.
GRENAT (gre-na ; le I ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'» se lie : di-s gre-na-z éclatants), ». m. || l" Pierre fine, ferrugineuse, plus dure que le quartz hyalin, affectant la forme d'un rhoml>oIde à douze faces, ayant une couleur d'un rouge de vin penchant tantôt vers le violet, tantôt vers l'orangé et qu'on a comparé au rouge do la grenade, manquant la plupart du temps de transparence. Il Faux grenat, cristal d'un rouge obscur. Il 2" Sorte de toile damassée. || 3° Espèce de colibri. Il 4' Dit pour grenade, crevette, voy. grenade n* 5. Il 6' Nom donné jadis, dans le commerce des drogues, & l'écorce des citrons étreinte pour en tirer le jus. Grenas ou citrons élreinls, le cent pesant estimé loo livres, Déclar. du rot, nov. )640, tarif.
— HIST. iiv« S. Y faut [manque] deux perles et huit grenez, do cange, grenatus. \\ xv* s. Ln grant grenat, taillé en manière d'une croix double, de la bobde. Émaux, p. 3:u. ||xvi*8. Tu trouveras de» lapidaires qui feront de fort belle couleur de rubj et de grenad, de quelque sang de dragon ou autre matière, palisst, 289.
— ÉTYM. Provenç. granat, s. m. tXgranada,t.t.; catal. granat; espagn. granate; port, granada; ital. granato; du lat. granatum {yoj . grenade), à cause de la couleur de cette pierre.
t GRENATIOl'E (gre-na-ti-k'), adj. Terme de minéralogie. Oui a rapport au grenat.
— ÉTYM. Grenat.
GRENAUT(gre-DÔ) ,». m. Poisson â fort grosse tête.
— KEM. Ce mot, qui ne se trouve pas dans les dictionnaires d'histoire naturelle, est sans doute un nom local, et l'on ne peut distinguer ce poisson entre tous les poissons à grosse tète, lf.ooarant.
GRENÉ, ÉE (gre-né, née), por«. passé de grener. Il 1" Réduit en grain Du tabac grené. || 2° Grenu. Les antennes étaient assez longues et à filets grenés, BONNET, Observ. 38, Insect. || Cochon grené, se dit, en quelques provinces, du cochon atteint de ladrerie, à cause que la ladrerie se présente comme des grains dans la chair. || 3' S. m. Etat grenu, surface grenue. Le grené d'une meule. || Terme de dessin. Les parties d'un dessin, d'une gravure, etc. qui offrent une multitude de petits points trèsrapprochés les uns des autres. Un beau grené.
GRENELÉ, ÉE (grè-ne-lé, lée), part, passé de greneler. Une peau grenelée.
GRENELER (grc-ne-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je grenelle), v. a. Faire paraître du grain sur une surface, comme on (ait sur le cuir du chagrin.
— ÉTYM. Grain, par l'intermédiaire d'un dimiqutif fictif grainel, petit grain.
GRENER (gre-né. La syllabe gre prend un accent grave quand la syllabe qui suit e-st muette : le blé grène, grènera). || 1° V. n. Produire de la graine, rendre beaucoup de grains. Les blés ont bien gren^ cette année. Dans les terroirs froids et humides, le basilic, le persil de Macédoine ne grcnent pas, ou plutôt grènent si tard, que leur graine ne saurait mûrir, L» ouintinte, /ard«n», t. i, dans Hi- CHELET. Il 2° Faire grener les cocons devers à soie, laisser la chry.salide se changer en papillon, les papillons sortir et faire des oeufs qu on nomme graine Il 3° V. a. Réduire en petits grains. Grener du ta bac. Il Convertir en petits grains, en parlant d'une poudre qu'on met préalablement en pâle. Grener la poudre de guerre. || Grener le sel, le raffiner pour le réduire en sel blanc. || i° Grener une peau, la rendre grenue. |! 8° Se grener, ti. réfl. On dit que le sel «« grène, quand la superficie des marais se cristallise aux rayons du soleil et prend celte figure à plusieun angles qu'on nomme grain de sel.
— HIST. XII* s. Et li rosier en mai florist e> graine, Couci, xiv. ||xin*s. La vie [mondaine] C'est l'arbre qui tost se desfruite ; C'est ly espis qui point ne graine, J. de meing, Tr. tin. || xvr s. Faire grener les papillons sur du papier, n'est le profit de l'oeuTre, parce qu'on n'en peut o^ter la graine
GRE
GRE
GRE
qu'en rasclant arec un Cousteau, dont beaucoup s'en casse, o. de serres, 48), Le temps de groner (faire paisson] en bois et forest commence à la sainct Remy et dure jusqu'à la sainct André, Coust. génér. t. i, p. 210.
— RTYM. Graine; provenç. et espagn. granar; ital. granare.
t GRENETÉ (grè-ne-té), s. m. Voy. greneteb.
f GRENETER (grè-ne-té. Le t se double quand la voyelle qui suit est muette : je grenette), v. a. || 1° Faire le grain sur le cuir avec un fer chaud. |{ 2° Enrichir d'ornements en forme de grains. || Dans le moyen âge, travail greneté, ou, substantivement, greneté, travail fin qui formait le fond des dessins ciselés en vignettes ; de là l'expression : greneté de vignetures, de la borde, Émaux, p. 336.
— HtST. XIV* s. Un hanap d'or, ciselé à costes par dehors et l'aiguiere de mesme, ledit hanap greneté,
DE LA BORDE, ÉnUXUI, p. 33B.
— CTYM. Grenette, dimin. de graine ou de grain.
GRÈNETERIE (grè-nè-te-rie ; quelques-uns prononcent grèn'-te-rie ; mais il est plus conforme à l'analogie, qui ne souffre guère deuz e muets de suite, de dire grè nè-te-rie; comp. bonneterie et papeterie. D'autant plus que des grammairiens se sont plaints qu'on n'écrivît pas grènetterie, par deux tt, comme coquetterie, tabletterie), s. f. Commerce du grènetier.
— ÉTYM. Grènetier.
GRÈNETIER. 1ÈRE (grè-ne-tié, tiè-r'), t. m. et f. \]l° Celui, celle qui vend des graines. Marchand grènetier. Il 2° Anciennement, officier au grenier à sel, qui jugeait, en première instance, des différends relatifs aux gabelles.
— HIST. XIV* s. Si nos grenetiers [officiers des greniers à sel] ont besoing de bois pour les réparations de nos chastiaux, il ne le pourront prenre en nos forez, fors que par la main des dits meslres, Ordonn. de» rois de Fr. t. 11, p. 249. || xv* s. Et voit on communément que , quand un jeune homme vient au service d'un gênerai recepveur ou grènetier [officier de greniers à selj, jasoit ce qu'il fut de petit estât et de peu de science , en peu de temps il est fait riche, et maine grand et excessif estât, et acliete grans offices et héritages à vos despens [flu roi] , monstrel. ch. 99 , p. (59, dans la- GURNE 11 xvi*s. La grenetiere et soigneuse fourmy, Nuiti de Straparole, t. i, p. 335, dans lacurne.
— ÉTYM. Grenette, dimin. de graine ou de grain. t GRENÊTINE (gre-né-ti-n') , s. f. Gélatine la
plus pure et transparente qu'on prépare avec la colle de poisson ou ichlhyocoUe, ou, plus souvent, avec les os traités par l'acide chlorhydrique, ou avec des peaux et cartilages de jeunes animaux.
— Ktym. Greitet, nom de l'inventeur.
GRÈNETIS (grè-ne-tî), s. m. Nom d'un petit cordon, en forme de grain, qui enferme les légendes des monnaies, des médailles. Le grènetis d'une pièce empêche de la rogner. || Poinçon qui sert à marquer ces petits grains.
— HIST. XIV* s. Pour une coupe d'or semée de greneiz de pierreries, de perles et d'esmaux, de la BORDE, Emaux, p. 334.
— ÉTYM. Grainet, diminutif fictif de grain.
+ GRENETOIR (grê-ne-toir), s. m. Outil qui sert à greneter.
GRENETTE (gre-nè-t'), $. f. \\ 1* Grains de poudre qui restent sur le tamis lorsqu'on passe la poudre sèche. || 2* Grenette, ou grenettes, ou graine d'Avignon, nom donné aux baies du nerprun des teinturiers. C'est en pharmacie et comme purgatives que ces baies portent le nom de graines d'Avignon. Il 3° Au plur. Grenettes, petites graines qu'on fabrique à Avignon, en pulvérisant les baies du nerprun des teinturiers avant leur maturité, et en les préparant avec du carbonate de plomb, pour en obtenir une couleur jaune verdâtre employée par les peintres en miniature ; cette couleur est dite stil de grain.
— ÉTYM. Diminutif de graine.
t GRE.NEUR (gre-neur), s. m. Celui qui fait produire des œufs de vers à soie. Nous avons envoyé des greneurs au Japon.
GRENIER (gre-nié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des gre-nié-z encombrés), s. m. Il 1° Partie la plus haute d'un bâtiment, destinée à serrer les blés et les fourrages ; et aussi la partie de la grange où l'on conserve les gerbes avant le battage; et aussi la partie des constructions où sont déposés les foins. Grenier à blé, à foin. Pendant que le riche prépare [en une disette] ses greniers pour engloutir la nourriture du pauvre, qu'il lui fera acheter bien cher en son extrême iudiseuce.
Boss. Panég. St Gorgon, a. Il était un grenier, vaste dépositaire Des riches trésors de Ccrès, la MOTTE, FabL V, 11. Tes greniers crouleront sous tes grains entassés, delii.lk, Géorg. 1. || Grenier aérateur, grenier dont les parois sont formées par une tôle criblée de petits trous très-rapprochés, d'un calibre trop petit pour laisser passer le grain, mais assez gros pour livrer passage aux charançons, et dans lequel un gros conduit, également en tôle et percé d'une infinité de petits trous, amène l'air d'un ventilateur puissant; le grain est agité et les charançons fuient par les trous. || On dit d'une marchandise qui est de bonne garde et dont on a bon débit : C'est du blé en grenier. || Fig. C'est un grenier i coups de poing, se dit d'un enfant qu'on ne peut corriger, quelque châtiment qu'on lui inflige, d'un polisson querelleur qui reçoit force coups, et aussi d'une affaire où il n'y a que du dommage à gagner. || Fig. En général, grenier à, chose qui produit beaucoup de. On dit que vous protégez prodigieusement une nouvelle pièce de Palissot, intitulée le Satirique; c'est un beau grenier à tracasserie, volt. Lett. Richelieu, 25 juin 1770. Il Terme de vétérinaire. Un cheval fait grenier ou magasin quand, après avoir mangé, il conserve des aliments mâchés entre les joues et les arcades dentaires. || 2° Greniers publics ou greniers d'abondance, vastes magasins où l'on tient des grains en réserve pour les temps de disette. Trois cent vingtsept greniers immenses étaient établis à Rome ; avec cette libéralité continuelle on n'avait pas besoin d'hôpital, volt. Dict. phil. Charité. || 3° Grenier à sel, lieu où l'on débitait le sel sous la surveillance de l'autorité. Il Grenier à sel, ancienne juridiction ou l'on jugeait en première instance les matières regardant la gabelle, la ferme du sel. Président au grenier à sel. Ce mince emploi, où mon beau-frère avait rétabli l'ordre, l'activité, l'exactitude, et qu'on lui avait permis de joindre à celui du grenier à sel, MARMONTEL, Métn. VII. || 4" Par extension, dernier étage d'une maison, celui qui est immédiatement sous les toits. Vous devriez.... M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans. Cette longue lunette à faire peur aux gens, mol. F. sav. ii, 7. Je suppose que vous êtes toujours à Paris dans votre palais, et non dans votre grenier de Versailles, volt. Lett. Richelieu, 8 mai 1772. Le président de Thou fut persécuté; Corneille et la Fontaine moururent dans des greniers, Molière fut enterré à grand'peine, id. Utt. d'Argenlal, 3 mars 4754. Quoi! un écrivain dans son grenier pourra prononcer une diffamation que les juges les plus éclairés du royaume trembleraient d'écouler sur leur tribunal I iD. Dict. phil. Ana. Un chantre est au premier. Au second loge un chaudronnier. Puis un gainier. Un ruianier. Puis au cinquième un garçon cordonnier! Je reprends haleine et courage. Et j'arrive enfin au grenier, DÈS KVG\tns, l'Atelier du peintre. Bravant le monde, et les sols et les sages. Sans avenir , riche de mon printemps , Leste et joyeux je montais six étages; Dans un grenier qu'on est bien à vingl ans! BÉRANG. Grenier. Mais, dites-vous, il avait donc des rentes? Eh! non, messieurs, il logeait au grenier, ID. Ém. de Braux. \\ Familièrement. Chercher depuis la cave jusqu'au grenier, chercher dans tous les endroits de la mai.son. jj Fig. Aller tantôt à la cave, tantôt au grenier, descendre beaucoup, puis
remonter beaucoup et le vaisseau, malgré le
naulonier. Va tantôt à la cave et tantôt au grenier, MOL. Dép. amour, iv, 8. || Fig. Il va du grenier à la cave, se dit d'un homme qui a des inégalités dans son humeur, ou dont les propos ne se suivent pas. Il II va de la cave au grenier, se dit fréquemment de celui qui n'écrit pas droit. || 5* Fig. Province, pays fertile dont on tire beaucoup de blé. La Sicile était le grenier des Romains. La Beauce est un des greniers de Paris. S'emparer de Kalougha et de Toula, le grenier et l'arsenal de la Russie, séour, Uist. de Nap. viii, 7. || 6" Terme de navigation fluviale et de mer. Bateau ou navire chargé à même, c'est-à-dire sans rien qui serve à contenir ou protéger. Un grenier de blé, d'avoine. Les avoines de cette province nous arrivent en grenier. || Faire un grenier, placer dans le fond d'un bâtiment une couche de gravier ou un lit de fagot, afin de tenir à sec des marchandises. || Charger en grenier, mettre en grenier, embarquer en grenier du blé, du sel, du charbon, etc. les mettre à fond de cale sans emballer. || Terme de pêche. Sardines salées en grenier, celles qu'on sale en tas, comme la morue. — HlST. XIII* s. Se mesureur mesure aucun grain quel qu'il soit, soit en grenier ou eu nef, il aura de cliascun mui quatre deniers du mesu-
rer, liv. des met. 22. S'en souffroit que li rioe home les acetasscnt [les grains] por metie en grenier, et puis les retenissent sans vendre, por le tans enquierir [enchérir,]; ce ne seroit pas à soufrir , beaum. xux. || xiv* s. Il monloient amont comme chat en grenier, Guescl. 62Bo. Il XV* s. Tous chevaliers bannières et estendart Ont les pluseurs ; saiges est qui départ À tels barons le sien, et fait grenier De tel trésor; des mauvais n'a regart; Veuillez tousjours tel gent accompaigner, E. deschamps, Poésits mss. f* 300. Il XVI* s. Grands greniers, qui sont grandes arches appliquées à mettre grains, pressoirs, cuves à faire vin ou autres choses semblables, estant en aucune maison, sont censées choses immeubles, Coust. génér. t. u, p &90. 11 a esté au grenier sans chandelle, il a apporté de la vesce pour du foin, oudi», Curios. fr. Chacun se plaint que son grenier n'est pas plein, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 269. Rarement et peu souvent Le vieil usurier sans argent. Ville marchande sans fin larron, Vieil grenier sans rats ou ration, id. ib. p. 4U.
— ÉTYM. Bourg, grenei; picard, Berry et lorrain, guernier; provenç. granier; cat. grancr i esp. granero; port, gratiel; ital. granaio; du laU granarium, de granum, grain.
f GRENOIR (gre-noir), s. m. Crible pour grener la poudre à canon. || Atelier où l'on convertit en poudre à canon la matière tirée des moulins.
— ÉTYM. Grener.
f GRENOUILLARD (gre-nou-Uar , Il mouillées), (. m. Espèce de busard.
— Êi YM. Grenouille.
GRENOUILLE (gre-nou-U', U mouillées, et non gre-nou-ye), s. f. \\ 1* Petit animal qui appartient aux reptiles batraciens de la famille des anoures; il a quatre pattes ; l'espèce la plus commune vit dans les marais. Quand un pauvre esprit travaille beaucoup pour ne rien faire qui vaille.... Dieu lui en donne une satisfaction personnelle qu'on ne peut lui envier sans une injustice plus que barbare; c'est ainsi que Dieu, qui est juste, donne aux grenouilles de la satisfaction de leur chant, garasse, dans PAsc. Prot;. ix. Aaron étendit sa main sur les eaux d'Egypte, elles grenouilles en sortirent et couvrirent l'Egypte de toutes parts, saci. Bible, Exode, VIII, «. Une grenouille vit un bœuf Qui lui sembla de belle taille; Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un œuf.... la kont. Fab. i, 3. Il s'en alla passer sur le bord d'un étang ; Grenouilles aussitôt de sauter dans les ondes. Grenouilles de rentrer en leurs grottes profondes, id. ib. u, 44. Les reines des étangs , grenouilles veux-je dire (Car que coûte-t-il d'appeler Les choses par noms honorables/), ID. ib. XII, 24. Vos plaisirs nous coûtent la vie; Rois, serons-nous toujours des grenouilles pour vous? LA motte, Fabl. lu, 5. M. Roesel, qui a donné des preuves de sa sagacité et de ses rares talents dans sa magnifique histoire des grenouilles, BONNET, Consid. corps organ. Œuvres , t. vi , p. (45.112" Terme d'imprimerie. Partie creuse placée sur la platine d'une presse recevant le pivot de la vis. Il 3° Populairement. La grenouille, la tirelire, la somme d'argent qui a été mise en réserve par une association. 11 a mangé la grenouille. Faire sauter la grenouille, dérober, escamoter cette somme d'argent. Alors ce monstre d'homme commence à me raconter comme quoi il a fait sauter la grenouille, reïbaod, Jérôme Paturot, i, 6. || Il se dit très-souvent, entre soldats, du prêt, de l'argent de l'ordinaire. Le fourrier a emporté la grenouille. Il 4° Nom populaire d'une alVection qui, propre aux débardeurs, consiste en une altération du derme caractérisée par un ramollissement et des gerçures dans les parties qui sont habituellement en contact avec l'eau. || 5" Grenouille de mer ou grenouille pêcheuse, la baudroie. || 6* Terme de marine. Le dé qui sert de garniture au milieu des réas des poulies. || Proverbes. Il n'y a pas de grenouille qui ne trouve son crapaud, c'est-à-dire si laide que soit une fille, elle trouve toujours un mari.
— HIST. xiu* s. D'un estanc plain de reines, ou des reinoilles , mabie, Fable 26. || xiv* s. RenouUes : pour les prendre, aiez une ligne et un ameçon, l'enagier, u, 5. || xv* s. L'eau, qui nourrit la grenouille, Me refroidit trop les dents; J'aime mieux qu'elle me mouille Par dehors que par dedans, BASSELiN, XLvi. Le brcuvage à grenouille ne doit estre aux celliers, in. xviii. || xvi* s. On commença divers petits jeux, comme escorcher l'anguille, brider l'asne, prendre la grenouille, et autres, yver, p. 6(6. Il a des grenouilles dans le ventre [son ventre fait du bruit], oudin, Curios. fr.
GRÈ
— ÊTY.M. Franc-comtois, renniUe; picard et lorrain, gwrnnuilte; bourg, rfitouille; nnrry, grenoilk, guernnitle; prorenç. granoilla, grannlha; i'^l. rannrchia; du latin ranunculus ou ranuncula, dimi- Butirde rana, grenouille. La forme primitive est xanouilU ou rennuille, qui existe encore dans plu- «ieurs patois; puis l'r a amenft la prosthcse d'un g. Les formes tirées directement de rana se trouvent dans le picard et ailleurs : rane, raine, raigne.
tOnENOlIILLÊ, ÉE (gre-nou-Ué, liée, U mouH- Ices), <idj. Terme de marine. Se dit des poulies qui sont garnies d'un dé à leur milieu.
GRENOUILLIiR (gre-nou-llé, 12 mouillées, et non grc-nou-yé), ». n. Terme populaire et vieilli. Ivrogner. Nous voit-on comme eux grenouiller dans les cabnrets? Thédtr. ital. lei Souhaits, dans le rodx, Diet. comique.
— HIST. XVI' s. Pour toutes maladies ils se baignent, et sont à grenouiller dans l'eau , quasi d'un soleil à l'autre, mont, m, 222. Ces humours s'amassent au boyau nommé colon , lequel par ce moyen se tend et fait un bruit grenouillant presque •emblable aux cris des grenouilles, paré, Introd. 6.
— ÊTVM. Grenouille. Le sens propre est barboter dans l'eau, puis barboter dans le vin, ivrogner.
GRENOUILLÈRE (gre-nou-llè-r' , (( mouillées, et non gre-nou-yè-r'), ». {■ || 1° Lieu marécageux où les grenouilles se retirent. || 2' Fig. Lieu humide et malsain. Ce jardin est une grenouillère.
— HiST. xvi* s. Si je ne boy, je suys à sec; me voilà mort; mon amo s'enfuyra en quelque grenoillyere, rabel. Garg. l, 6.
— Ktvm. Grenouille.
GUENOUILLET (gre-nou-llè. Il mouillées, et ron gre-nou-yè) , t. m. Espace de muguet sauvage, dit aussi sceau de Salomon, pohjgonalum vulgare, L. Il II se dit aussi pour grenouillette, plante.
— ÈTYM. Diminutif de grenouille, par une assimilation mal déterminée qui avait produit en latin ranunculus, renoncule, de rana; en grec, paTpix'ov, de lii-coayoc, grenouille.
GRENODILLETTE (gre-nou-llè-f, II mouillées, et non gre-nou-yè-t'), ». f. || 1° Nom appliqué vulgairement, comme celui de bassinet, aussi bien i. la renoncule rampante qu'à la renoncule acre et à la renoncule bulbeuse, mais surtout appliqué, à l'exclusion du nom de bassinet (les bassinets ont les fleurs jaunes), aux renoncules aquatiques à fleurs blanches, dont la plus commune est le ranunculus aqualilis, L. || 2° Terme de chirurgie. Petite tumeur molle que le conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, obstrué près de son orifice par un obstacle et distendu par la salive, forme sous la langue.
— HIST. XVI' s. Limaçons, sauterelles, grenouillettes [petites grenonilles|, vers, paré, xxv, 6.
— ÊTYM. Diminutif de grenouille; la plante ayant été dénommée d'après le latin ranunculus, qui signifie petite grenouille, et la tumeur ayant été ainsi nommée parce qu'elle altère la voix d'une manière comparée au cri de la grenouille.
GRENU, UE (gre-nu, nue), adj. \\ 1° Oui a beaucoup de grains. Épi grenu. || 2° Dont le grain est beau et pressé, en parlant des cuirs. Marocain grenu. || Substantivement. Le grenu d'un cuir, d'un papier. || 3' Terme d'histoire naturelle. Oui semble composé de petits grains. Antenne grenue. La pierre devient plus grenue et plus dure à mesure qu'on descend, buff. Ilist. nat. Preuv. théor. terre, CEuvres, t. 11, p. 373. || Terme de botanique. Racines grenues, racines composées de petits tubercules. Il i" Huile grenue, celle qui est figée en petits grains et qui est la meilleure.
~ niST. xiii' s. Oue cil blez sont creû en haut, Et espié et tuit grenu, Rcn. i»80). || xvi' s. Ses grapellettes grenues fdu lierre] Y renaistront chacun an, PEBBiN, Poésies, p. 80, dans lacurne.
— ÉTYM. Grain; picard, guernu. On trouve aussi grenu dans le sens de qui a une crinière : Iréement s'en issentsor les destriers grenus, Ch. d'Ànt. VIII , 223. Mais ce grenu vient d'une tout autre racine : anc. fr. grenon , moustache ; provenç. gren , barbe; esp. grena, cheveux en désonlre : port, grenha, cheveux; de l'anc. haut-allem. grant, chevoux, qui, suivant la loi de Grimm, correspond au lat. crines.
t GRENURE (gre-nu-rT, t. f.\\i' Etat du cuir grené. || 2° Terme de beaux-a' fs. Action de grener les ombres d'une gravure. Hésultal de cette action.
— F.TYM. Grenu.
«. GUÉS (gr* ; r» se lie : du grê-ï en pavé), ». m. ||1° Vierre formée de grains de sable fin. Pavé de eriss. On mit auprès dt lui [un moine dans un vade
gbîî:
in pace] un pam d'orge et une cruche d'eau ; aprè» quoi on referma la fosse, qui se bouche avec un large plateau de grès, volt. Dict. phil. Voeu. Ouoi lue le grès soit difficile à travailler, il n'a cependant qu'un genre dedureté, c'est de résister à des coups violents sans s'éclater; car le frottement l'use peu à peu et le réduit aisément en sable, bufp. ;/t»t. nat. Preuv. théor. tore, t. 11, p. 29. || Grès de Fontainebleau, carbonate de chaux quartzilore ou quartz hyalin sableux. Ce grî^s est nommé grès paf quand il est propre au pavage, grès pif quand il est trop dur, et grès pouf quand il est trop mou. Il Grès molaire, grès qui sert à faire des meulières grenues. || Vieux grès rouge, nouveau gris rougo, deux terrains géologiques dont l'un est plus ancien que l'autre. || Locution ancienne et populaire. Casser du grès à quelqu'un, faire peu de compte de quoiqu'un. Cette petite arrogante Oui me tient sous sa merci, Gronde quand je lui priîsente Des olives de Poissi; C'est trop faire de regrets, Je veux lui casser du grès, 11 lit;r«s de eharisons, 1627, dans fr. MICMP.L, or.'^ot. Nous lui faisons la nique et ne la craignons guère. Et pour le sieur Caron nous lui cassons du grès, dassouci. Rimes redoublées, (671 . in-4 2, p. 183. Il 2" Pavé fait avec celte pierre. M. le Prince dit qu'il n'était pas asseï brave pour s'exposer à une guerre qui se ferait i coups de grès et et de tisons, la rocbi^f. ilf^m. 4 67. Et, lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre. L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître, uol. Éc. des F. 11, 6. Il 8° Poudre qui provient de cette pierre. Nettoyer avec du grès. Il 4° Espèce de terre glaise naturellement mêlée d'un sable fin, avec laquelle on fait la poterie dite de grès. Pot de grès. Bouteille de grès. Il Poterie, pots fabriqués avec cette glaise. Tenez [enfants], crayons, papiers, mon vieux compas sans pointes. Mes laques et mes grès qu'une vitre défend, Je vous livrerai tout.... v. uuGO, Fotx, 22. Il 5* Terme de chasse. Se dit des deux grosses dents du sanglier qui se trouvent auprès des défenses.
— HiST. III' s. [Deux chevaliers] Felenessement s'antrespruevent, N'onques d'un estai ne se muevent,Ne plus que feïssentdui gres,cBESTlEii detroies, Chev. au lyn, v. 833. || xiu' s. Qu'il sashe aventure novele, Et face tant que la novele De l'aventure partout aille, Et que son grés françois [il] détaille [taille, coupe] Pour faire œuvre plus déliée. Fabliaux ms. t. Il, f 4 86, dans lacurne. || xvr s. Les harquebusades des baricades furent accompagnées de celles des fenestres, avec une gresle de carreaux qu'ils appelent grez, d'aub. hist. m, 7*. On luy appliquera des bouteilles de grez, remplies d'eau bouillante, paré, VI, 22. Oue les vaisseaux soient de grais, nommée terre de Beauvais, plus tost que de plomb,