‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 80 sur 388 · SYN. NE PAS DISSIMULER , KE PAS SE DISSIMULER · texte numérisé non relu

SYN. NE PAS DISSIMULER , KE PAS SE DISSIMULER

Je ne dissimule pas veut dire je ne cherclie pas à cacher: je ne dissimule pas qu'il en est ainsi. Je ne me dissimule pas veut dire je ne me fais pas illusion, je conçois sans pouvoir en douter: je ne me dissimule pas qu'il en est ainsi.

— HIST. xiv s. Servius se est asis en la sée royal, et aucuns jugeniens a déterminé; les antres il a remis au jugement du roy, et a dissimulé qu'il s'en conseiUeioit ovecques lui, BERCHEnRE, 1*21, rectn. Il dissimuloient leur injures, m. [• 82, verso. Il XV* s. Le chevalier dissimula au mieux qu'il put, et .se départit de la présence des seigneurs, froiss. II, II, *!>. Es grans cours fault souvent faire le sonri. Ou'on ne voit rien et qu'on ne scet parler. Faire jilaisir, soufrir, dissimuler, E. desciiamps, Di- ia vianière désire à la cour. Et disoient aucuns que dissimuler estoit un rain [rameau] de trahison, CHH. DE pisAN, Hùt. de Charles V, iit, 2«. El allant en cet habit dissimulé, il fut prins par ung ap-

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pellê Kobinet le Beuf, comm. v, 7. S'il n'y « matière, ilz (les juges] trouvent la façon de dis.simuler & ouyr les parties et les tesmoings pour tenir la personne et destruire en despense, ID. v, <8. ||ivi* s. Et d'autant plus se déclara après sa mort [d'un homme], qu'elle s'estolt dissimulée durant sa vie, MAHG. Nnuv. IX. Et quelquefois alloit par villes en habit dissimulé, pour mieux entendre la venté de toutes .sortes d'affaires, uksper. Contes, vi. S'il eust pu dissimuler que le prince de Condé avoit eu part à la conjuration.... castelnao, tï. Le roy, après l'avoir reconforté de sa maladie, qui toutesfois estoit dissimulée [simulée], H. du bell. 84. Il en fut toujours, tant qu'il vescut, amoureux, et no le dissimuloit pas, encor qu'il fut hors d'aage d'estre aimé, AMYOT, Sylla, 72. Pour retenir un amant en servage. Il faut aimer et non dissimuler |feindre], BONS. 2)8. En vain elle dissimule Ne sentir le mal qui croist; Sa flame, qui son cœur brusle, Claire au visage apparoist, in. 491. J'aime mieuli estre importun et indiscret que flatteur et dissimulé, MONT, m, sa.

— ETYM. Lat. dissimulare , de dis.... préfixe, et simutare (voy. simuler). La plus ancienne forme était dissembler, d'où l'anglais dissembler, celui qui dissimule.

DISSIVATECR, TRICE (di-si-pa-teur, tri-s'), s. m. et/'. Celui, celle qui dissipe sa fortune dans le désordre. Quel dissipateurl Un insensé dissipateur. \\Adj. Une cour fulltuient dissipatrice. Un fils dissipateur succède à un père avare, raynal, Uist. phil. IV, 4. Le public parut trembler un moment que l'urgence des be.soins ne vous rendit moins scrupuleux sur les engagements d'une administration dissipatrice, mirabkau, Collection, t. iv, p. 28i.

— SYN. DISSIPATEUR, prodigue. Dissipateur dit plus que prodigue. Un homme est prodigue quand il fait facilement de la dépense et qu'il n'épargne pas son bien; mais cela n'implique pas qu'il le dissipe; sa prodigalité peut ne pas aller jusqu'à entamer ab.soiument sa fortune. Au contraire le dissipateur fait si bien que bientôt il ne lui reste rien de la sienne.

— HisT. XV' S. Tu n'es femme que de despence Et dissiperesse de biens, E. desch. Poésies mss. ^ 37», dans LACUHNE. {] xvi* s. Selon, le bon législateur, Oui fut des maulx le vray dissipateur, les Tri. de Pétrarque, trad. du baron d'Oppède, ^88, dans

LACUHNE.

— ÉTYM. Lat. dissipator, de dissipare, dissiper; provenç. diuipayre; calai, dissipator; espagn. disipator ; ital. dissipatore. Le provençal dissipayre est au nominalir,du latin dissipator; le régime est dissipador, de dissipaiôrem.

DISSIPATION (di-si-pa-sion; en vers, decinqsyllabes),s./'. Il l" Action de dissiper, de disperser, de faire disparaître. Tous les combats s'y passent [sur mer] en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés et qui se retrouvent au bout d'un mois, sf.v. 677. Je ne trouve que des occasions de le [trouble] faire natlre et de l'augmenter dans ceux dont j'en avais attendu la dissipation, pasc. dans cousin. Je lus l'endroit où vousme marquiez votre peine sur la dissipation des biens de l'orl-Royal par une garni.son, MAiNTENON,Left. Card.de Noailles, n nov. 1707. Il 2" Action d'évaporer, déperdiiion. La dissipation de l'humidité de la terre. La dissipation des esprits animaux. Cela adoucissait le sang, réparait les dissipations, sÉv. 391. || Kig. Vous représentez l'esprit de la république après la dissipation de son corps, BALZ. iiv. v, lett. i. || 3' Emploi prodigHe et mal entendu, la dissipation des finances. Ils bâtissent leur maison du débris et de la dissipation de

I iiil un royaumo, balz. t discours sur la cour. Les dissipations du patrimoine de Jésus-Christ en meubles, en trains, en équipages, bouhd. Sévérité évang. 2" aveht, p. 436. Il Kig. La dissipation que vous avez faite de sts grâces [de Dieu], mass. Ar.eni, Délai.

II Au plur. Dépenses folles et ruineuses. 11 s'est ruiné par ses ilissipations. || 4* HelSchemeiit d'application, liberté qu'on s'accorde de se réjouir, pour soulager l'esprit et le corps. Il vous faut un peu de dissipation. Je me persuade tous les jours de plus en plus que la solitude e.sl nécessaire pour servir Dieu, et que la dissipation est tres-dangereuse, maintenon, Lett. abbé Gobelin, 2o mai t67R. || Êlal d'un esprit qui ne s'applique pas. La dissipation de son esprit est cause qu'il ne fait rien. Que si le commerce des hommes et la dissipation de l'esprit, inévitable dans les grands emplois, ont laissé quelque impureté dans une vie aussi sage et aussi chrétienne.... flecr. le Tellier. || Vie où l'on se livre k tous les amusements. Vivre dans la dissipation. La

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dissipation, Hvresse de son &ge. Une ville où tout plaît, un monde où tout engage, oresset, Méeh.}. «.

— HIST. xvi* s. S'esjouissant [la divinité] de la ruyne et dissipation des cbcses par elle créées et conservées, mont, ii, 2B8.

— ÊTYM. Provenç. dissipasion; espagn. dissipadon; ital. dissipaiione ; du latin' dissipationem, do dissipare. dissiper.

DISSIPÉ, ÉE (di-si-pé, pée), part, poiié. Il 1° Qu'on a fait évanouir. Les vapeurs dissqiées par le soleil. Un orage dissipé avant qu'il écUiAt. La vaiillé des choses humaines, tant de fois étalée dans cette chaire, ne se montre que trop d'ellemême, sans le secours de ma voix, dans ce sceptre sitôt tombé d'une royale main et dans une si haut« majesté si promplemeiit dissipée, Boss. Uarie-Tliér. Il 2° Dispersé. Les groupes séditieux dissipés par la force armée. Les forces de l'Egypte et de l'Orient qu'Antoine menait avec lui sont dissipées . ID. llitt. i, 9. [Il] Rassemble les débris d'un parti dissipé, VOLT. Sémiram. v, ). || 3* Perdu en vaines dépenses. Cet archiduc, qui était venu conquérir le royaume d'Espagne, n'avait pas de quoi payer son chocolat; tout ce que la reine Anne lui avait donné était dissipé, volt. Jenni, 4. C'est son bieu dissipé |dii vieillard], c'est son fils, c'est sa femme, Ou les douleurs du corps si pesantes à l'âme, a. cnÉNiBa, Élég. 33. Il 4° Qui se laisse partager, distraire par les soins, les occupations, les amu.sements. Cet esjirit simple, uni, stable, pur, pacifique. En mille soins divers n'est jamais dissipé, corn, /mt'fation, 1, 8. Vous m'offririez le laurier d'Euripide, Si, comme lui, dans quelque roche aride. Pour recueillir mon esprit dissipé. J'allais chercher un sépulcre escarpé, s, B. rouss. Ép. i, •• || Être dissipé, manquer d'attention, être très-léger. || Vie dissipée, vie livrée aux distractions et aux amusements. Je ne confonds point cette gaieté dissipée avec le plaisir seii.sible et pas.sionné que doit causer la vue de ce qu'on aime, dd fresnt. Double revrage, i, t. I.'hnmme dissipé est également incapable d'affections profondes et durables, raynal, //ù/. phil. xv, 4. Il S. m. et f. Un jeune dissipé. Une jeune dissipée.

DIS.SIPEK (di-si-pé), v. a. \\l' Kaire évanouir en disséminant, en écartant. Le brouillard fut dissipé. Le soleil dissipe les ténèbres. Le sommeil dissipe les fumées du vin. Vous avez fait un amas et un trésor, mais c'était un amas de pou.ssière que le vent a emporté et dissipé, boubdal. 3» dim. après Vf.piph. Dominic. t. i, p. (24. Les Syracusains ne rasent pas seulement la citadelle, mais tous les palais des tyrans, et fouillent jusqu'à leurs tombeaux qu'ils renversent et dissipent, bollin, Hist. anc. OKuerM, t. v, p. 328, dans pougens. || Dissi[>er un orage, l'empêcher d'éclater. j| Et, figurément. L'estime où l'on vous tient a dissipé l'orage. Et mon mari de vous ne peut prendre d'ombrage, mol. Tart. IV, 5. Il Fig. Dissiper les illu.sions, les doutes de quelqu'un, l'en délivrer. Le coup de cette indignité Rabat en nous la vaine gloire. Dissipe ses vapeurs, et rend à la mémoire Le souci de l'humilité, CORN. Imit. 1. (2. Il Écarter loin de soi. Ah! dissipez ces indignes alarmes, 11 a trop bien senti le pouvoir de vos charmes, rac. Andr. ll, 1. 1| 2'" Disperser. I.a gendarmerie dissipa les attroupements. Lui seul mit à vos pieds le Parthe et l'Indien, Dissipa devant vous les innomlirables Scythes.... rac. £.vift. m, 4. Que fera-t-il , madame? et qui peut dissipei Tous les flots d'ennemis prêts à l'envulopper? ID. Iphig. V, 3. Décimus, l'ayant poussé [Antoine] hors de l'Italie, écrivit au sénat qu'il avait dissipé son armée, vertot, Rév. rom. xiv, p. 332. La tempête ayant dissipé la moitié de leurs vaisseaux, une partie de ces conquérants, échappés au naufrage, furent mis à la chaîne, volt. Uteurs de l'Ksp. et des Muiutm. Tancrcde a dissipé Le reste d'une armée au carnage échappé, m. Tancr. v, 4. || Par analogie. Dissiper les factions. Accourue pour dissiper la conjuration, BOSS. llisl. i, «. Vous dissiperez l'ennemi [le démon] avec toute sa malice, IB. Lett. Corn. «00. Oue peuvent contre lui [Dieu] tous lus rois de la terre? En vain ils s'uniraient pour lui faire la guerre. Pour dissiper leur ligue, il n'a qu'à ' se montrer; II parle, et dans la poudre il les fait tons rentrer, bac. Ksih. i, 3. || S- Consumer en dépenses folles, excessives. Dissiper son patrimoine. (Nos ancêtres] Moins appliqués à dissiper ou à grossir leur patrimoine qu'à le maintenir, [ils] le laissaient entier à leurs héritiers, la brut. th. 11 ne songeait qu'à dissiper les trésor» que.... kSn. M. II. Il Dissiper son temps, «a jeunesse, perdre son temps, sa jeunesse. Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets. Mon amour en fumée, et «on bien en

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procès, RAC. Plaid. I, &. || Cetie phrase a été critiquée; on a dit qu'il fallait se dissiper; mais on peut entendre : elle voit qu'on dissipe.... || 4' Distraire, récréer. Venez avec nous; cela vous dissipera. Ce qui nous dissipa fut la visite d'un de nos amis. Loin que la joie et les plaisirs dont tout le monde paraît enivré, me dissipent et m'amusent.... graffigny, Lettres péruv. 28. || Absolument. La promenade dissipe. Il Jeter dans la dissipation. Les compagnies qu'il fréquentait l'ont dissipé. Les affaires nous dissipent, le repos nous amollit, mass. Car. Prière i. Le monde, au milieu duquel vous vivez, a deux pernicieux effets : il nous dissipe et il nous corrompt, BOURD. H' dim. après la Pentec. Doininic. t. m, p. 383. Il 5" r. n. Terme de physiologie. Perdre par le mouvement vital. On dissipe par l'exercice. Les unaus dissipent peu et engraissent par le repos, BUFF. Vnau. \\ S" Se dissiper, v. réft. Être dissipé, se perdre. L'eau se dissipe dans le vide à la température ordinaire. L'orage se dissipe et les cieux sont ouverts, botr. Ilerc. moiir. v, 3. Un nuage qui se dissipait de dessus mes yeux, fén. Tél. IV. Il Fig. Mes craintes sa sont dissipées. Et tout ce bruit flatteur de notre renommée. Comme il n'est que fimiée. Se dissipe en vapeur, corn. Irnit. i, 3. Sa flamme se dissipe et va s'évanouir, id. Poly. i, t. Voilà comment se dissipent les mei Heurs avis et comment aussi se ruinent les plus puissants empires, ROLUN, Uist. anc. Œuvres, t. viu, p. 371, dans POUGENS. Il 7° Se disperser. La foule ameutée se dissipa. Tous s'étant dissipés çà et là, vaugel. Q. C. »»i. Il 8° Être perdu en dépenses folles ou excessives. Que leur famille s'éteindrait; que tous leurs grands biens se dissiperaient, nicole, Ess. de mor. 4" traité, ch. 4. || $• Se distraire. Vous travaillez trop; il vous faut dissiper. Pour me dissiper en des pensées inutiles de l'avenir, pascal, dans cousin. Il faut promptement que je me dissipe, sévig. 7b. Adieu, madame, dissipez-vous, soupez, mais surtout digérez, volt. Lett. Urne du Uelfant, 30 mars <77&. Il Être livré Ma dissipation. Le duc, se livrant sans cesse à de nouvelles folies, se dissipait par ses inconstances, hahilt. Gramm. to.

— HlST. xiv* s. Les choses qui encores erent jeunes et nouvelles eussent esté dissipées et destruites par discordes, bebcheurk, f" 28, recto. || xv* s. Par ces vices se dissiperoit non pas seulement Testât de la royale seigneurie, mais chascun des trois estaz subjetz qui gardent et entretiennent cest estât souverain, GEBSON, Harengue au roi Charles VI, p. *i. Il xvi* s. Des mouches mesmes pourront dissiper une armée, mont, ii, <90. Nostre veiller n'est jamais si esveillé qu'il purge et dissipe bien à poinct les resveries, id. ii, 36». Je n'ay rien acquis, non plus que dissipé, id. iv, 69. Depuis, la roine fit dissiper les arbres, jardins, allées et cabinets, et de plus les édifices de plaisir des Tournelles [où Henri II avait été blessé mortellement] , cette place luy estant en exécration, d'aub. Uist. i, 85.

— ÊTVM. Provenç. dissipar, discipar, decipar; espagn. disipar; ital. dissipare; du latin dùiijiore, de dis.... préfixe, et de l'ancien latin supare, jeter (dans Festus), rattaché au sanscrit xip, jeter; allem. schippen.

t DISSITIFLORE (di-ssi-ti-flo-r'), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs sont écartées les unes des autres.

— ÉTYM. Lat. dissittu, séparé, de disserere, de dis.... préfixe, et serere, semer (voy. saison), et ftos, fleur.

\ BISSITIVALVE (di-ssi-ti-val-v"), adj. Terme de zoologie. Qui est formé de plusieurs valves distinctes et écartées les unes des autres.

— ETYM. Lat. dissitus (voy. le précédent), et valve.

t DlSSOaABLK (di-sso-si-a-bl'), adj. Qu'on peut dissocier ou séparer.

— HlST. XVI* s. U n'est rien si dissociable et sociable que l'homme : l'un par son vice, l'autre par sa vertu, uont. i, 274.

— ÉTYM. Lat. dissociabilis, de dtssoctare, dissocier.

t DISSOCIATION (di-sso-si-a-sion), ». f. Action de dissocier. La dissociation des éléments d'un corps.

— HlST. XVI* s. Il a rompu, par le passé, les autres traictés qui ont esté faits de me marier; dont, entre autres, y en eut un si proche, que la dissociation en fut comme un miracle de Dieu, l'Amant ressiucilé, p. 4i4, xlans lacurne.

— ÊTYM. Dissocier.

t DISSOCIÉ, ÊE (di-sso-si-é, ée), part, passé. Les éléments des corps organiques dissociés après la mort par les affinités chimiques.

DIS

fUlSSUCItU (di-sso-«-4) , i« dissociais, nous dissociions, vous dissociisz; qu* )• dissocie, que nous dissociions, que vous dissociiez, v. a. || 1° Rompre une association, dissoudre une société. |{ 2* Disjoindre, désaj^réfjer. Dissocier les éléments d'un corps. Il 3* V. réft. Se dissocier, se disjoindre, se désagréger. Les poudres fulminantes sont des composés dont les éléments se dissocient si faciloment et si subitement que le moindre frottement suffit pour les faire éclater.

— HlST. XVI* s. Dissocier, oudin, Dict.

— KTYM. Lat. dissociare, de dis.... préfixe, et sociare, associer (voy. social).

DISSOLU, UE (di SS...1U, lue), ad}. || 1* Livré à ladi.ssolution, à la ''ei^auche. Des pécheurs dissolus, scandaleux, devenus tout d'un coup des pénitents humiliés, MASS. Confrir. Excell. du sacerd. Monique pleurait Augustin dissolu et infecté des erreurs les plus monstrueuses; mais Monique ne le pleurait pas comme peMu, id. Con/ér. Zèle contre les vices. Il 2* En parlant des choses. Vie dis.solue. Si cela est, on n'entendra plus, à vos tables, de ces discours dissolus dont elles ont été jusqu'à présent tant de fois profanées, bourdal. s* dim. après la Pentec. Dominic t III, p. 39. Qui porte, dans toutes les nations é'i'angères, des mœurs dissolues, fén. Dial. dis mi'ris anc. 1 5. Un .souverain pieux entouré d'une cour dissolue, mass. Cor. Mot. de conv.

— HlST. XIV* s. Ainsi font les mauvais pasteurs qui errent toute jour es lieux dissolus, et vont à la taverne, Uodus, (° lxvi, ier»o. Bertran de Guésclin, qui ci est descendus, A fait de France i,ssir deables dissolus, Guescl. 8424 || xv* s. Et quant la matière eut fort esté débattue, fut le conseil fort dissolu [irrésolu], et entre les serviteurs des princes y avoit plusieurs paroles, juvén. Charles VI, 4380. I) XVI* s. En habitz pompeux, dissoluz et lascifz, rab. Pant. IV, Prol. Le commun populaire, qui paravant se passoit à peu, en devint superflu, sumptueux et dissolu, amyot, Péric. 16. Ceste vie dissolue fut cause de hiy augmenter sa maladie, id. .Sylla, 73. Sans souffrir que l'on y feist ne que l'on y dist aucine chose dissolue, id. Sertnr. 40. Défendant de passer obligation en lieu dissolu [taverne, mauvais lieu], Nouveau coût, génér. t. ii, p. <3l, dans '.ACURNE.

— ÉTYM. Provenç. dissolut ; espagn. disolulo ; ital. dissoluto; du latin dissoliitus, de dissolvere, dissoudre (voy. dis-soudre). Le sens propre est détaché, délié, déchaîné; et de là le sens de : qui a perdu le lien , le frein moral.

t DISSOLCBILITÉ (di-sso-lu-bi-li-té), s. f. EUt de ce qui est dissoluble.

— ÉTYM. Dissoluble.

DISSOLUBLE (di-sso-lu-bl'), ad). || !• Terme de chimie. Qui peut être dissous. Cette substance est dissoluble dans l'eau. {| 2° Terme de jurisprudence. Qui peut être rompu. Cet officiai ne pensa pas comme celui de Strasbourg, que le mariage de Lévi avec Meiidel-Cerf fût nul ou dissoluble, volt. Dict. phil. Mariage.

— HlST. XIV* s. Et, pour certain, teles amistés sont legierement dissolubles et de legier deffaites,

ORESME, Eth. 233.

— ÉTYM. Lat. dissolubilis , de dissolvere (dissolucre) (voy. dissoudre).

DISSOLUMENT (di-sso-lu-man) , adv. D'une manière dissolue. Vivre dissolument.

— REM. L'Académie devrait mettre d'accord dissolument, qui n'a point d'accent circonflexe, avec résolOment, qui en a un.

— HiST. XIII* s. Borgois qui vivent dissoluement, Liv. de }ust. 3i.

— ÉTYM. Dissolu, et le suffixe ment.

t DISSOLUTÉ (ili-sso-lu-té), S. m. Terme de pharmacie. Hésultat d'une dissolution.

— ÉTYM. Voy. dissolution.

DISSOLCTIF, EVE (di-sso-lu-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de dissoudre. {| On dit plutôt aujourd'hui dissolvant; cependant il est vrai de dire qu'il y a une différence entre ces deux mots : dissolvant exprime l'acte, et dissolutif la puissance.

— HlST. xvi* s. Les figues ont un sel en elles si fort corriisif et dissolutif, que.... palissï, 236.

— ÉTY.M. Provenç. dtMoiutt'u; espagn. disolutivo ; liai, dissolutivo ; à\3 \Silia dissolutum , supin de dissolvere (voy. dissoudre).

DISSOLUTION (di-sso-lu-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° .Séparation des parties d'un corps par voie de décomposition. Tomber en dis,çolution. II Terme d'ancienne pathologie. Dis.çolution des humeurs, du sang, la trop grande fluidité du sanj^, des humeurs. |l 2° Terme de rhétorique. Nom donné

DtS

quelquefois à la figure appelée ordinairement disjonction. Il 8* Terme de chimie. Action de dissoudre une substance dans un liquide. La dissolution du sel dans l'eau. || Union moléculaire d'un liquide avec un corps solide, liquide ou gazeux. Ai manière à former un nouveau liquide homogène. La dissolution a heu le plus souvent entre un solide et un liquide, et plus rarement entre un gaz et un liquide, ou entre deux liquides. Dissolution ou solution saturée, dissolution renfermant, du corps dissous, la plus grande quantité qu'elle en puisse contenir sans en rien laisser déposer ou cristalliser. Un sel en dissolution dans de l'eau. || Le liquide même qui en résulte. 11 avala la dissolution. Je pris dans un flacon de ladi*solutiond'alcali fixe. 1. 1. rouss. Ém. m. Il i° Fig. Disjonction. La dissolution du corps et de l'àme. Il Absolument. Mort naturelle. No.sdis.solutions sont toujours prochaines. || 6* Ruine. L'État parut menacé d'une entière dissolution. || 6° Séparation des personnes qui compo.sent une réunion quelconque. La dissolution d'une confrérie. || Retrait des pouvoirs d'une assemblée. Ladissolution de la chambre, d'un conseil municipal. Le droit de dissolution, le droitqu'a le pouvoir exécuiifdedissoiulre une assemblée, legislativeouaiitre.il 7°Termertejiirisprudence. Anéantissement d'un état juridique. La dissolution d'une société, de la communauté, d'un mariage, signifie que la société, la communauté, le mariage n'existe plus. 1| Dans le langage général, rupture, cessation. J'avais vu renverser tous mes anciens projets par la di.ssnlution de mon ménage et par l'établissement d'un nouveau, j. j. Houss. Confess. xii. Il 8° Dérèglement de moeurs, débauche. Vivre dans- la dissolution. Ne vous laissez point aller aux excès du vin, d'où naissent les dissolutions, saci, Bible, St Paul, Ép. aux Éph. v, 18. Salomon n'adora les dieux des femmes étrangères que pour se calmer sur ses dissolutions, mass. Car. Vér. de la relig. Les discours des impies, les dissolutions des mondains, id. tb. Passion. Les dissolutions de vos mœurs passées, iD. ib. Samarit. Les dissolutions du paganisme, iD. Uyst. Absoute. Tant de dissolutions capables d'attirer la colère du ciel sur les plus justes entreprises, m. Or. fun. Louis le Grand.

— HlST. XIII* s. Par jonesce s'en va Ii bons En toutes dissolucions. Et siuf [suit] les maies compaignies Et les desordenées vies, la Rose, 4456. Il XIV* s. Celui qui est cause de la dissolucion ou départie de tele amisté, ohesme, Eth. 254. Chascun des corps où ceste dissolution se arreste est indivisible, iD. Thèse de meunier. L'en y mengoit et buvoit à excès, et y faisoit l'en pluseurs dissoluoions, ID. tb. L'en puet [on peut] fere par dissolucion , au feu, sain [graisse] de bestes.H. de mondeville, S" tO. Il XVI* s. Nous appelons improprement desespoir cette dissolution volontaire [le suicide], mont, ii, 39. La manière dont usoit Alcibiades au maniement des affaires de la republique, estoit pleine d'alleterie, de dissolution et de flatterie, amyot, Aie. et Cor. camp. 2. La dissolution qu'ont soufferte les morts Les prive de leur sens, mais ne destruit les corps, DAtiB. Trag. liv. vu. A la desolution du mariage. Nouveau coutum. génér. t. u, p. 216.

— ÉTYM. Provenç. dîssolucio; espagn. disolucion; ital. dissoluiione ; du latin dissolutionem , de disso' lutum, supin de dissolvere (voy. dissoudre).

DISSOLVANT, ANTE (di-ssol-van , van-t'), adj. [I l" Terme de chimie. Qui a la propriété de dissoudre, en parlant d'un liquide. L'action dissolvante de l'eau. (I 2* S. m. L'eau régale est le dissolvant de l'or. Les alchimistes supposaient l'existence d'un dissolvant universel, qu'ils appeloient aUahest. Le dis» solvant que l'estomac rend par les glandes dont il est comme pavé dans son fond pour y faire la digestion.... Boss. Connaiss. m, 6. || Fig. Cause qui amène la dissolution , l'affaiblissement des pouvoirs publics, de l'opinion publique, des mœurs communes.

— ÉTYM. Lat. dissolvens, de dissolvere (voy. dissoudre).

DISSONANCE (di-sso-nan-s') , *. f. \\ i' Réunior de sons qui ne s'accordent pas, qui ne vont pas ensemble, qui font à l'oreille un effet désagréable. Il Par analogie. Certaines couleurs jointes forment comme une dissonance pour les yeux. |l 2° Dissonance dans le style, mélange disparate de formes. Il Terme de grammaire. Réunion de plusieurs syllabes dures. || 3* Terme de mu.sique. Accord dissonant, c'est-à-dire composé de notes qui, prises ensemble, forment un son composé agréable, mais qui demande pourtant à se résoudre sur un autre. Dans l'accord sol si ré fa, cette septième , est une dissonance qui appelle l'accord parfait u( sol mi pour s'y résoudre. Préparer une dissonance, faire

DIS

DIS

DIS

<mtendre la même note comme conwnnanee (ttns lin accord précédent. Résoudre une disaonanee, la faire descendre diatoniquement sur une consonnance. Sauver une dissonance, la préparer et surtout la résoudre. || Fig. Sauver une dissonance, faire disparaître quelque difficulté. Vous avez lésiné sur les frais; et, dans l'harmonie du bon ordre, un mariage inégal, un jugement inique, un passe-droit évident .sont des dissonances qu'on doit toujours préparer et sauver par l'accord parfait de l'or, BKAUM. Barbierde Sév. ii, 8. || Dissonance majeure, celle qui se sauve en montant. Dissonance mineure, celle qui se sauve en descendant. Dissonance propre, celle qui est soumise à la préparation ; dissonance impropre, celle qui n'y est pas soumise.

— REM. Kn mettant deux n dans sonner, sonnant, résonnance, consonnance, etc. on ne conçoit pas ce qui a porté l'Académie h n'en mettre qu'une dans dissonance, dissonant, dissoner, lrooarant.

— ËTYM. Lat. dissonantia, de dittonans, dissonant.

DISSON.\NT, ANTE (di-sso-nan, nan-f ), adj. Il 1° Qui ne s'accorde pas, qui forme ensemble un son désagréable à l'oreille. Cris dissonants. Voix dissonante. Instrument dissonant. || Kig. S'il est au fond de l'âme du personnage qu'il introduit un sentiment secret, écoutez bien et vous entendrez un ton dissonant qui le décèlera >ii>ER. El. de Richardson. Il 3* Terme de grammaire. Désagréable à l'oreille parla réunion de syllabes dures. Phrase dissonante. Style dissonant || 8* Terme de musique. Accord dissonant, celui qui ne peut terminer un chant et qui doit se résoudre sur un accord parfait. Note dissonante, dans un accord, celle qui forme dissonance avec la basse , et qui demande à se résoudre sur une note de l'accord suivant.. Dans l'accord de septième sol si ré fa, sol si ré forment un accord parfait. I-a septième fa est dissonante et doit se résoudre sur le mi dans l'accord d'ut sol mi.

— HIST. XIII' s. Cil fleuves court si joliement Et maine si grant dissonent. Qu'il resone, tabourne et timbre Plus souef que tabour ne timbre, la Rose, dans LACURNE. Il xvi* s. Tout ce mien procéder est un peu bien dissonant à nos formes, mont, m, 242.

DISSONER (di-sso-né) , V. n. Faire dissonance, ou être dissonant, dans le premier sens seulement, car dissoner n'est pas un terme de musique.

— HIST. XV* s. Se riens y a qui dissone à honneur, je y renonce, révoque et desavoe, o. chastel. Expos, sur vérité

— ÊTYM. Provenç. ditsonar; cspagn. disonar; du latin dissonare, de dis.... préfixe, et tonare, sonner.

DISSOUDRE (dl-ssou-dr), je dissous, tu dissous, il dissout, nous dissolvons, vous dissolvez, ils dissolvent; je dissolvais; point de passé défini (pourtant rien n'empêcherait l'Académie d'adopter je dissolus, et, par conséquent, l'imparfait du subjonctif, que je dissolu.s.se) ; je dissoudrai; je dissoudrais; dissous, qu'il dissolve, dissolvons, dissolvez, qu'ils dissolvent; que je dissolve, que nous dissolvions; dis.solvant ; dissous, dissoute, v. o. || i* Défaire. Dénouer. Ce réseau me retient; ma vie est en tes mains; Viens dùssoudre ces noeuds, la roNT. Fabl. VIII, 22. Il 2° Terme de chimie. Opérer la dissolution d'un corps solide, c'est-à-dire le combiner avec im liquide de manière à détruire complètement l'agrégation de ses molécules. L'eau dissout le sel, le sucre. Suivant cet habile physicien [le Roi], l'air dissout l'eau, comme l'eau dissout les sels, bonnet. Us. feuill. plant. 3* swppi.|| Par extension. Tantôt c'est un feu qui va dissoudre les montapnes, mass. Car. . Parole. \\ i' Terme de médecine. Faire disparaître. Dissoudre un engorgement. || i'Fig. Défaire, ruiner comme par dissolution. Son ouvrage [du Créateur] était concerté avec tant d'ordre qu'il eût pu défier la durée des siècles et que rien d'étranger n'en eût pu jamais dissoudre ni altérer même l'harmonie, MASS. Car. Mort. Law dissolvait la monarchie par ses chimériques remboursements, hontesq. Espr. H, ♦. Il Produire la mort naturelle, ô Lycoris, c'est ici qu'avec toi je voudrais être dissous par le temps, BEHN. DE ST-p. Voy. «n Silésie. || B" Terme de jurisprudence. Annuler. Dissoudre une société de commerce. Dissoudre un mariage, une communauté. Il Dans le langage général, faire cesser. Pressé par le bonhomme Deluc et par mon propre penchant, je ne songeai k retourner k Paris que pour dissoudre mon ménage, j. j. rodss. Conf. viii. || 6* Retirer les pouvoirs. Dissoudre une assemblée politique. Dissoudre par une ordonnance, user légalement de la faculté que le pouvoir exécutif a de renvoyer une chambre avant l'expiration des pouvoirs qu'elle tient

de« éleetaon. Dissoudra par la force, 6ter par la violence et un coup d'Etat à une chambre ses pouvoirs. Il 7* Se dissoudre, v. réft. Subir la dissolution. Le sucre se dissout dans l'eau. Il voyait chaque jour sur la terre arrosée. L'aurore se dissoudre en perles de rosée. Les bois se revêtir de leurs manteaux flottants, LAHART. llarm. n, «3. || Avei-. ellipse du pronom se. Kaire dis.soudre une substance dans un acide. || Être annulé. La mariage se dissout par la mort d'un des conjoints. La société se dissout dans le moment que les associés n'agissent plus en associés, PATRU, plaidoyer «, dans richblet. || Cesser ses (onctions en parlant d'un corps élu. L'assemblée s'est dissoute. || Se séparer en parlant de personnes qui s'étaient réunies. Le rassemblement insurrectionnel s'est dissous. || Être 'i!ét-uit. Les derniers efforts d'une âme qui se défend contre le trépas et d'une machine qui se dissout, hass. Car. Impén. finale.

— REM. La conjugaison de ce verbe est difficile. Il n'est point de ciment que le temps ne dissoude (il faut dissolve), scarhon. Sonnet. La majeure partie du fromage se dissolvit, THEMARn Chimie, t. IV, p. 673, édit. de 4 833 (il faudrait se dissolut, si ce pas'^é était usité, comme il devrait l'être).

— HIST. xill* s. Mes quanque, par bonne raison , Volt Diex conjoindre et atremper. Fors e bons et sages sans per, Jà ne voidra ne n'a volu Quf ce soit jamès dissolu, la Rose, 49296. Il loist [il est loisible] à cascun, quant il li plest, à demander se [sa] part de le [la] marceandise, selon ce qu'il en paia , et ainsi dessource la compaignie, beal'm. xxi, 3. Il xiv* s. Comme les membres ou parties du corps d'un homme qui sont dissolûtes et hors de leur fermeté et bonne disposition par une maladie appellée tremeur, oresiie, Eth. 3(. Se tele amisté doit estre tantost dissolue et cesser, lo. ib. 3«*. Mieux te vaudroit faire autre office Que tant dissoudre et distiller Tes drogues.... Nat.à l'alchim. err. 37.||xvr s. Des vapeurs estoyent formées grasses nues, lesquelles dissolues en pluyes, toute la région estoyt à plaisir arrouséa, rab. Pant. iv, «t. Voila comme il faut rejoindre la charité qui auroit esté dissoute par nostre faute, cal vin, Itistit. 496. Ils dissoudent ou rompent autant qu'en eux est le lien d'unité, ID. ib. 816. Ce grand bastiment ayant esté desmiset dissoult, HONT. I, t3t. Ces pierres se dissolvoyentà l'humidité du temps, palisst, 43. Elles se uissoudent, et lors la langue trouve aisément le goust, ID. 63. N'ai os qui n'ait la jointure dissoute, icarot, IV, 26t. Castoreum dissout avec fort vinaigre, parB , zx bis, 4. Dissoudant dedans syrop violât, lo. t'b. <&.

— ÉTYM. Provenç. dissolvre, dissolver; espagn. disolver; ital. dissolvere; du latin dissolvere, de dis.. . préfixe, et solvere, délier (voy. solution).

DISSOUS, OUTE (di-ssoû, ssou-t'), part, passé de dissoudre. || Qui a subi la dissolution dans un liquide. Un sel dissous dans l'eau. Cléopàtre prit une grosse perle, qu'elle jeta dans une tasse, et, quand elle l'eut vue dissoute, elle l'avala, cithi. Triumvirat, 3* partie, ch. 4 2, dans richelet. || Annulé. Une société dissoute par un jugement. || Détruit. L'empire d'Alexandre dissous après sa mort.

DISSUADÉ, ÉE (di-ssu-a-dé, dée), part, passé. Dissuadé par ses amis de prendre part à cette affaire.

DISSUADER (di-ssu-a-dé), v. a. Détourner par conseil. Dissuader quelqu'un d'une entreprise. Je la dissuadai de se donner à lui, corn. Pulchér. ii, 4. Il me blâme, il me dissiuade, il m'arrête, et c'est pour me trahir I dider. Père de famille, m, 6.

— HIST. XVI* s. Phocion n'en fut pas d'avis, ains le dissuada [cela], ahtot, Phoe. 33. Le devin dissuada à Pyrrhus de jurer, di.sant id. Pyrrh. 12.

Il ne s'estoit pas mis en devoir de leur di.ssuader qu'ils ne feissent ligue offensive et défensive avec eux, ID. Aie. 32.

— ETYM. Lat. disswider», de dû.... préfixe, et suadere, persuader.

t DISSUASIP, IVE (di-ssu-a-zir, zi-v'), adj. Qui dissuade; propre â dissuader.

— HIST. XVI* s. Dissuasif, b. estienne, Dict.

— ÊTYM. Voy. dissuasion.

DISSUASION (di-ssu-a-zion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de di.ssuader. Cette lettr<«,qui devait dessiller les yeux â cet amant passioniir augmenta sa flamme; et, ne s'arrêlant pas encore aux dissuasions de sa maltre.sse, il la poursuivit plus ardemment, perroquet. Vie de R. Lulle, p. 6.

— HIST. xvi* s. Et comme les hommes difficilement s'esloignent de leurs inclinations, aussi les dissuasions dont usèrent les chefs furent différentes, LAHOUB, 614.

— ETYM. Lat. distuasiortem, atatuuatum, supin de (iisnwsdere , dissuader.

DISSYLLABE (di-sil-la-b'), adj. Terme de gram> maire. Qui est de deux syllabes. Mol dissyllabe. Il S. m. Ce vers est composé de dissyllabes.

— ÉTYM. Lat. disyllabus, de 8t9ÛX>a<0(, de îlç, deux , et iruXXaSifl , syllabe. L'f a été doublée dans ce mot (>our lui conserver le son dur.

DISSYLLABIQUE (di-sil-la-bi-k'), adj Terme de grammaire. Qui a deux syllabes; qui est de deux syllabes. Mot, vers dissyllabique. || Qui est composé de tous mots de deux syllabes. Vers dissyllabiqu*.

— RTYM. Ilissijllahe.

i DISTACUYË, ËE (di-sta-ki-é, é«), adj. Terme

de botanique. Qui porte deux épis; dont les Oeurs sont disposées en deux épis.

— ÉTYM. Al;, deux, et otoxÙ!, épi.

DISTA^•CK (di-stan-s') , ». f. || 1* F-spare qui sépare

un lieu d'un autre. Ladistancede Paris à Versailles eiit de dix-huit kilomètres. Il parcourut rapidement celte longue distance. Mais comme assez souvent la distance des lieux Affaiblit dans le cœur ce qu'elle cache aux yeux, CORN. Tois. d'or, 11, 4, Nous sommes trop éloignés ou trop proches pour être dans la distance qu'il faut pour en faire un juste discernement, la brut. Vise s. T/if'ophr. Ilsl'avaientaccompagnéju.squ'àune certaine distance de la caverne, fenel. Tél. xvni. Tunnebrige est à la même distance de Londres que Fontainebleau est de Paris, hahilt. Gramm. 40. Dans cette vaste domination, des courriers placés de distance en distance instruisaient rapidement la cour de tout ce qui arrivait dans les provinces les plus reculées, baynal, llist. phil. vi, 9. Le temps, qui accroît les forces, abrège les distances, id. ib. VII, 48. Entre nous l'Océan mit en vain sa distance, c. delav. Pana. 11, 4. || Terme de droit. Distance légale, éloignement en raison duquel les délais de justice sont calculés. Chaque distance de trois myriamètres augmente ces délais d'un jour || Terme d'art militaire. L'espace laissé entre les rangs ou les subdivisions d'une colonne, par opfiosition à l'intervalle qui est l'espace qui isole les groupes principaux d'une ligne de bataille. || Terme d'astronomie. Distance apparente de deux a.stres, angle sous lequel on voit de la terre l'espace qui est entre eux. Distance polaire, zénithale d'un astre, la distance angulaire de cet astre au pâle, au zénith. || Terme d'architecture. Poin* oe distance, point d'où il faut considérer l'élévation d'uti édifice pour en bien saisir l'ensemble. || Terme de perspective. Point de distance, point de concours k l'horizon sous un angle de 46 degrés. || Distance explosive, le plus grand intervalle qui puisse exister entre un corps conducteur électrisé et un corps à l'état neutre qui en soutire l'électricité par étincelle. || Tenir à distance, empêcher d'approcher. Le général tenait toujours l'ennemi à distance. Tenez-le toujours à quelque distance de votre personne, j. J. aouss. Ém. v. Il Fig. Tenir à distance, repousser la familiarité par une réserve calculée. Je puis l'instruire au moins combien sa confidence Entre un sujet et lui doit laisser de distance, bac. Bril. 1.2. || 2° Intervalle qui sépare dans le temps. I.a distance entre l'établissement de l'empire à Rome et sa chute est d'enriron quatre siècles et de:ni. Ceux que la distance des temps et des lieux éloigne de nos regards. i| 8* Fig. La distance qu'il y a entre vouloir et faire. De le croire à l'aimer la distance est petite, corn, le Kent. IV, 9. Vous savez combien votre naissance Entre l'empire et vous avait mis de dislance, rac. Brit. IV, 2. Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance ?id. £^^n. i, 4. La distance qu'il y a de l'honnête homme à l'habile homme s'affaiblit de jour à autre, i.a brut. xii. Des distances l'amour peut rire. L'amitié n'en supporte point, bErang. Cons. de Lise.

— REM. On dit : la distance des lieux ; la disunce d'un lieu &un autre ; la distance entre ces deux lieux.

— HIST. xiii* s. Si font bien diverses distances. Sans mireors, grans descevances. Sembler choses entr'eus lointaines Estre conjointes et prochaines, la Rose. 48409. Il xvt* s. Sylla les alla charger en ce trouble, ayant passé en diligence ce qu'il y avait, de di.stance entre les deux armées, ahtot, Sylia, 40. Ce que je veux et ce que je mérite Sont séparés de si longue distance Que mes faveurs et ma force petite Fontl'un à l'autre ennuy et résistance, st-oel. 49i.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. dulancia; ital. dislanzia; du latin dùlanrta, de dislans, distant

t DISTANCÉ, ÉE (di-sWn-sé, sée), ad}. Dépa-ssé à la course. Ce cheval d'abord distancé par les autres coureurs. || Fig. Distancé dans la carrière des honneurs par des compétiteurs plus heureux. || Absolument. Un cheval distancé. Vous serez distancé.

DIS

t DISTANCEB (di-sUn-sé. Le « prend une cédille devant a et o; distançant, nous di>tançons), v. a. Terme de course et de paris sur les chevaui qui courent. Il se dit du cheval qui en dépasse un antre dans la course. || Fig. Cet élève dislance ses camarades.

— ÊTYM. Distance.

DISTANT, ANTE (di-stan, stan-t"), adj. Qui est i une certaine distance, en parlant des lieux. Ces deux villes sontdistanlesl'une de l'autre de centkilomètres. Un homme qui était à côté de Josèphe, reçut un coup de pierre qui lui emporta la tôte; cette pierre était lancée par une machine distante de 376 pas, ROLLiN, llisi. anc. Œuvres, t. xi, 2' partie, p. BI3, dans pouGENS. N'est-il pas infiniment plus simple de supposer au globe que nous habitons un mouvement de rotation sur lui-même, que d'imaginer, dans une masse aussi considérable et aussi distante que le soleil, le mouvement extrêmement rapide ipii lui serait nécessaire pour tourner en un jour autour de la terre? l.-l placr. Expos, n, ». Il II se dit aussi en parlant du temps. Ces deux époques ne sont pas fort distantes. Comme la vieillesse est rage le plus distant de l'enfance, pasc. Préface, Vide. Il Terme de liutanique. Se dit d'organes de même nature qui sont plus écartés sur la tige ou sur les rameaux que ne le sont d'ordinaire les organes semblaliles. || Terme d'entomologie. Antennes distantes, celles qui sont écartées l'une de l'autre à leur origine.

— Iltsr. iiv* s. Et nous disons de ce qui est plus distant et plus dissemblable aumoien, que il lui est plus oppo^é et plus contraire, cnssME, Eih. 53. Il XVI' s. Et trouva l'on que la victoire avoit esté gaignée le mesme jour que le bruit s'en esioit levé à Home, combien que les lieux soient distans l'un de l'autre de plus de douze cents cinquante lieues, »MY0T, P. JSm. 4).

— £tvm. Lat. disians, de di.... préfixe, et statu, qui est debout . de stare (voy. stable).

1 DISTÉGE ((li->tè-j') , ad}. Terme de minéralogie. Cristal distége, cristal qui offre deux sommets superposés.

— ÊTVM. Ai«, deux, et téyoc, toit.

t DISTEMONE {di-sté-mo-n'), adj. Terme de botanique. Oui a deux ëtamines,

— ETYM. A'tç, deux, et jTi^jiiov, filament. DISTENDRE (di-stan-dr'), je distends, tj distends,

il distend, nous distendons, vous distendez, ils distendent; je distendais; jedistendisi je distendrai; je distendrais; distends, distendons; que je distende, que nous distendions; que je distendisse; distendant, distendu, «. o. || !• Causer un gonflement excessif. Des aliments lui distendaient l'estomac. On distendit le ballon en y introduisant le gaz. || Causer une extension trop considérable. Cet effort lui dislendit l'articulation du poignet. Il 2° Se distendre, v. ré/l. Être distendu. La peau se distend par l'effet de certaines enflures. Dans ce mouvement nocturne, silencieux, à travers cliamps, d'une colonne composée d'hommes affaiblis, de blessés et de femmes avec leurs enfants, on n'avait pu marcher assez serrés pour ne pas se distendre, se désunir et perdre dans l'obscurité la trace les uns des autres, sëgur, llist, de Sap. x, s.

— HIST. xvi* s Survient tumeur à la partie,

laquelle distend les lèvres, et estant distendues, le m les coupe, PARÉ, vit, 6.

— ÉTYii. Lat. diitendere, de dis.... préfixe, et tendere. tendre.

D1STEND0, UE (di-stan-du, due), part, passé de distendre. La pause des ruminants distendue par les gaz,

DISTENSION (di-stan-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ !• Tension considérable qui résulte d'un gonllement intérieur. La distension d'un estomac chargé d'aliments. || 2» Extension trop considérable. La distension d'une courroie. || Terme de médecine. Tiraillement, en sens opposé, des tissus, des parties ligamenteuses d'une articulation, qui, portéeà un certain degré , constitue l'entorse. || Terme de vétérinaire. Synonyme d'entorse. Distension du boulet, de l'épaule, de la cuisse. On dit aussi dis-

I tension musculaire, pour signifier la lésion des muscles qui subissent une extension trop forte. — HIST. xvi's. Pardessus le nombril le peritoin : est plus espais, afin qu'il endure et soutienne la distension illec faite par le ventricule, paré, i, <2. — ÉTYM. Lat. distensionem, de distensum. supin de dislendere, distendre, t niSTllÈNE (di-sl6-n'), ». m. Terme de minéralogie Minéral qu'on trouve presque toujours sous la forme de deux cristaux allongés.

— ÉTYM. Ai;, deux, et uOëvo;, force, par allusion à sa double vertu électrique.

t DISTICniASE (dl-sti-ki-a-z') on DISTICHIASIS

(di-sti-ki-.vzis'),î. m. Terme de médecine. Anomalie caractérisée par une rangée de cils surnuméraires dont une direction vicieuse porte la pointe sur le globe de Tneil.

— ETYM. AinTixtaot;, de îî;, deux, et otîxo;, rangée.

t DISTICHOPHYLLE (di-sti-ko-fi-1'), (idj. Terme de botanique. Qui a les feuilles disposées sur deux rangs.

— ETYM. AU, deux, otCxoc, rangée, et yjWov, feuille.

t DISTIGMATE (di-sti-gma-t'),(idj. Terme de botanique. Oui est muni de deux stigmates.

— ETYM. Aiî, deux, et stigmate.

t DISTIGMATIE (di-sti-gma-sie), J. f. Terme de botanique. État d'une plante qui a deux stigmates; section de plantes munies de deux stigmates.

— Etym. Distifimate.

t DISTILLABLE (di-sti-la-bl'}, adj. Qui peut être distillé.

— HIST. XVI' S. Touchant les herbes, infinies espèces y en a il de distillables, o. de serres, 890.

— ETYM. IHsIiller.

DISTILLATEUR (di-sti-la-teur), ». m. Celui qui obtient par distillation les alcools, les eaiix-de-vie et autres produits. Le baume n'est baume que tel qu'il coule de l'arbre qui le produit; ce qui passe par les mains des distillateurs, par l'alambic des apnthicaires, est nuelque autre chose, balz. Socr. chrét. Disc. 7. || Fig. Le sommeil est un grand distillateur de pavots et de mandrafiores, et il sait faire des fards qui valent mieux, sans comparaison, que tout le blanc et tout le rouge d'Espagne, voit. te». 128.

— HIST. XVI' 8. Je loue grandement les distillateurs et tireurs d'essences, palissy, 20d. Un petit fourneau semblable à ceux des distilleurs, o. de

— ÉTYM. Latin fictif distillator, de distilîare, distiller.

DISTILLATION (di-sti-Ia-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1' Opération par laquelle on sépare, au moyen du feu et dans des vaisseaux clos, les parties volatiles d'une substance d'avec ses parties fixes. Il Distillation des grains, opération par laquelle de l'alcool est tiré des grains. La distillation des crains fut prohibée, batnal, Hist. phit. v, 9. I| 2° Terme de chimie. Art de distiller. Distillation sèche, celle qui s'opère sans addition d'eau, et qui a presque toujours pour effet de décomposer les corps. IIS" Produit obtenu par distillation. Voilà de belles distillations. Peu usité en ce sens.

— HIST. XVI' s. Distillation est uns extraction et effusion d'humeur, découlante goutte à goutte par alambic, pahé,xxvi,4. Et le tout ensemble soit mis en l'alembic de verre, et distillé in balneo Maria; et de ceste distillation, en soit souvent mis aux yeux, ID. XV, 2i.

— ÉTYM. Provenç. distilJatio; espagn. destilact'on; ital. dfsdîaïione; du latin distillationem, de distiVare, distiller.

DISTILLATOIRE (di-sti-la-toi-r*) , adj. Qui appartient à la distillation. Appareil, opération distillatoire. Il Terme de botanique. Plante distillatoire, plante dont la feuille se remplit d'un liquide sécrété par les parois mêmes. La népenthe distillatoire.

— HIST. XVI' s. Que les vaisseaux distiUaloires soient ou de terre plombée ou de verre, pabB, xxv, 3.

— ETYM. Distiller.

DISTILLÉ, ÉE (disti-lé, lée), part. passéJ] 1" Soumis à la distillation. De l'eau distillée. || 2' Qui est filtré goutte à goutte. Ton sang qui chaque jour à longs flots distillés S'échappe vers ton frère et six rois immolés, corn. Attila, v, t. || 8° Fig. Qui est raffiné comme si la distillation y avait passé. Si la Marans et l'abbé Testu ne vous avaient accoutumiie aux choses fines et distillées, SÉV. 247. || S'emploie aussi très-familièrement dans quelques jeux. Voilà un carambolage distillé.

DISTILLER (disti-lé), t;. o. || 1* Laisser couler goutte à goutte. Ses lèvres sont comme des lis qui distillent la plus pure myrrhe, saci, Canl. des cant. V, <2. Il Par extension. La lune, qui se penche au bord de la vallée. Distille un jour égal, une aurore voilée. Sur ce golfe silencieux, lamart. Harm. i, )0. Il Kig. F.pancher. Il distilla sa rage en ces tristes adieux, boil. Sat. i. En blâmant ses écrits, ai-je, d'un style affreux. Distillé sur sa vie un venin dangereux? iD. Sat. IX. AuleverdeSejan.... Il distille à longs traits son absurde malice, volt. Disc. 3. Ma haine sans péril distilla ses poisons, c. delav. Vêpres sicil. I, 4. Dans les palais et sous le chaume,

DIS

Moi, dit la sœur, j'ai de mes mains Distillé le miel et le baume Sur les souffrances des humains, BÊBANo. Les deux sœurs de charité. || 8° Va|ioriser un liquide par la chaleur, pour en condenser ensuite les vapeurs par le refroidissement et les recueillir goutte à goutte. Distiller du vin, des grains, pour en faire de l'eau-de-vie. Distiller des plantes aromatiques, pour en extraire l'essence. || Fig. Se distiller le cerveau , soumettre son cerveau à une sorte de distillation, se donner beaucoup de peine de tête. Tous ces gens-là se distillent le cerveau pour faire accroire que.... volt. Phil. ii, 258. Je me suis avisé de mettre par écrit les raisons qui pourraient justifier ces juges; je me suis distillé la tôle pour trouver de quoi les excuser, id. Lett. Damilaville, 24 janv. «763. Il Par extension, distiller du miel, sa dit du travail de l'abeille. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile. Aller piller le miel que l'abeille distille, BOiL. Sat. i. \\ 3' Fig. et très-familièrement. Distiller un coup, l'exécuter avec habileté. Distiller un carambolage. || 4° F. n. Couler lentement. Des gouttes d'eau distillent de la voûte. De ta couronne.... Le miel abondamment et la manne distille, RÉGNIER, Sat. I. Un soldat coupant du pain, on aperçut des gouttes de sang qui en distillaient, vaugel. Q C. IV, 2. Que dirai-je des lieux où le baume odorant Distille goutte à goutte en larmes précieuses? MALFiL. Génie de Virg. \\ Fig. Ce peuple réprouvé [les Juifs] ne sert plus qu'à montrer la malédiction et la vengeance divine qui distille sur lui goutte à goutte, FÊN. t. xvii, p. 29t. Il 6° Se distiller, v.réjl. Être distillé. Les vins se distillent pour la fabrication des eaux-de-vie. L'action qui convertit le suc des viandes en sang n'e.st-elle pas aisée à connaître, si on considère qu'il se distille, en passant et repassant par le cœur, plus de cent ou deux cents fois en chaque jour? DEsc. Méth. v, 8. || Fig. Mais je m'arrête trop et je laisse mon maître Se distiller en pleurs et s'enivrer peut-être, reonard. Je Boi, se. 3. || Fig. Employer des tours fins et délicats. Le duc de Coislin veut retourner à la couchée déceler le vilain, et se distiller en honte et eu excuses, st-sim. 85, 8t. Villars se distilla publiquement et tous les jours en respect pour le maréchal de Boufflers, id. 259, 221.

— HIST. xiv* s. Mieulx te vandroit faire autre office Que tant dissoudre et distiller Tes drogues.... Nature à l'alch. err. 37. || xvi* s. C'est trop fringue pour une jeune fille. Car on congnoist au parler qui distille De vostre bec, qu'estes giant escolliere, i. MABuT, V, 260. Tu te distilles le cerveau Pour faire un poème nouveau, dubell. iv, 68, recto. La soleil donne vie, agite, et sa chaleur Distille dans les os sa céleste vigueur, id. iv, 7), verso. Et fut le poison, à ce qu'ilz disent, une eaue froide comme glas, qui distille d'une roche estant au territoire de la ville de Nonacris, amtot, Ain. 4 23. Distiller, c'est un art et moyen par lequel la liqueur ou humidité d'aucunes choses, par la vertu et force du feu, ou de chaleur semblable, est extraite et tirée, estant premièrement subtilisée en vapeur, puis resserrée et espaissie par froideur; aucuns appellent cest art sublimer. — On peut distiller sans chaleur [filtrer], comme nous voyons es choses qui sont distillées en forme de coUatures, paré, xxvi, i. Faut-il qu'en pleurs je distille ma vie? rons. 630.

— ÉTYM. Provenç. distillar; catal. desliUar; espagn deslilar; ital. distilîare; du latin distilîare, de di.... préfixe, eistilla, goutte. Le latin dit aussi destillare, dont distilîare n'est peut-être qu'une altération, car ici le sens du préfixe de est bien préférable à celui du préfixe dis.

DISTILLERIE (di-sti-le-rie), s. f. Établissement oïl l'on distille. Une distillerie d'eau-de-vie. || Métier de distillateur. Il s'est mis dans la distillerie.

— ÉTYM. DistilkuT, qui sa trouve dans l'historique de mSTILLATEUR.

DISTINCT, TE (di-stin, stin-kt'; il y a trois manières différentes de prononcer ce mot au masculin : les uns disent di-slinkt', les autres di-stink'; d'autres enfin di-stin ; cette dernière manière a pour elle l'analogie; c était celle du temps de ChirHet, qui dit, Gramm. p. 20» : le c ni le » ne se prononcent; au plur. masc. le c ni le ( ni Ys ne se prononcent ! dis tin), adi. || 1» Que l'on distingue, différent. Les articles d'un compte doivent être distincts. Ces deux questions sont distinctes et séparées l'une de l'autre. Avant que le soleil eût enfanté les ans, Que tout n'était qu'un rien , et que même le temps, Confus, n'était distinct en trois diverses faces, Régnier, Poëme sacré. Il Terme de botanique. Se dit d'un organe qui n'a ni connexions ni adhérences avec les organes voisins. Il 2' Qui s'aperçoit, se discerne. Peu à peu les objets devinrent distincts. || Qui se fait bien

DIS

entendre. Une »oix distincte. De» paroles distinctes. Il 8* Clair, précis. Notion distincte. Nous conser- Tons un souvenir plus ou moins distinct des divers traits, soit physiques, soit moraux, par lesquels ils [les objets] .se sont montrés à nous successivement, BONNET, Ess. analyt. Ame, ch. 24.

— HIST. XIV' s. Mais quand ces deux spermes [éléments] distoincts Sont assemblez et bien conjoincts En leurs plus petites parties, Trait. cCalchim. 81. Sus la jointure du coûte n'est pas nus [nul] os distincte ne devisé des autres, h. de mon-

DEVII.LE, ^ 3ï.

— ÉTYM. Lai. distinelut , àe dittinguere (voy. Distinoitiîb).

«ISTINCTEMKNT (di-stin-kte-man),ad».|| l'D'une manière distincte, qui fait discerner, entendre. Prononcer distinctement. J'ai oublié île vous dire que, pendant que j'étais sur le mont Pagnote à regarder l'attaque, le R. P. de la Chaise était dans la tranchée et même fort près de l'attaque, pour la voir plus distinctement, rac. Lflt. à Boileau, is. En s'en approchant comme de plus près pour connaître plus distinctement ces différentes parties, on voit que le corps est une machine composée d'une infinité de tuyaux et de ressorts.... nicole, Ett. de mor. ("traité, ch. 3. {] 2» D'une manière distincte, qui fait comprendre, saisir nettement. Assez distinctement on me l'a fait entendre, Tristan, lfor( de Chrispe, iv, 2. Mais les songes suivis Et qui distinctement marquent les aventures, rotrou, Vencesl, IV, t. Les hommes ont commencé par llonner différents noms aux choses qui leur ont paru distinctement différentes, bupf. hat.

— REM. Distinctement est un provincialisme, fautif d'ailleurs, qu'il faut éviter et qui se trouve dans cette phrase de Saussure, Alpes, 1. 1, p. 504: Je ne voyais pas distinctement.

— HIST. XVI' s. Il nous faudra distinctement fen faisant une distinction] considérer ces deux choses, CALV. [nstit. (7«. Oui en jugeroit en détail et distinctement, pièce à pièce, rencontreroit plus souvent à dire vray, mont, u, 2. La pluspart ne peut pas distinctement entendre ce qu'il avoit dit, ahyot, Flamin. <9.

— ETYM. Distincte, et le suffixe ment; provenç. distinctamevt ; espagn. et ital. distintomente.

DISTfNCTIF, IVE (di-stin-ktif, kli-v'). adj. Qui sert à distinguer. Les caractères distinctiTs d'un genre, d'une espèce.

— REM. Distinctif n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de t740.

— ÉTYM. Distinct.

DISTINCTION (di-stin-ksion; en vers, de quatre syllabes), ». f. || 1* Action de distinguer. Il fait transporter les blessés sans distinction de Français ou d'ennemis, mass. Or. fun. Conty. Tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels, Boss. Marie-Thér. Si vous savez faire la distinction de l'état des uns et des autres, ID. Anges. Dans la guerre la distinction entre le héros et le grand homme est délicate, la bruy. ii. Vous me trouverez sur les livres de Platon, qui traitent de la spiritualité de l'âme, de la distinction d'avec le corps, ou la plume à la main pour calculer les distances de Saturne et de Jupiter, id. vi. D'où est venue dans l'Eglise cette distinction de ceux qui sont du monde d'avec ceux qui n'en sont pas? mass. Car. Samar. Si l'Evangile avait des distinctions à faire.... id. tii. Itnmut. L'universalité, jointe à l'éminence des vertus guerrières, était le caractère de distinction de l'invincible Condé, bouhodhs, Nouv. rem. Rien n'y manque que l'intelligence et le pinc' au de Rubens, la magie de l'art, la distinction des plans, dider. Salon de )7«7, CH^uvres, t. xv, p. 40, dans pougens. Il La distinction du bien et du mal, connaissance morale de ce qui est bon et de ce qui est mauvais. Il 2° Terme de logique. Explication des sens divers d'une proposition. Par le moyen d'une distinction, il échappera à la difficulté qu'on lui fait. Vous n'avez pu désavouer cela, mais vous y faites une distinction, pasc. Prov. 48. On a vu un semblable succès de l'opinion de tuer pour des médisances; car elle est aujourd'hui arrivée à une permission pareille sans aucune distinction, id. ib. t3. Que d'inutiles questions, Que de distinctions frivolesl CHAUL. Contre l'esprit. Les distinctions du dialecticien sont utiles dans le cours de la vie, dider. Optn. des anc phil. (pyrrhonisme phil.). Entre le conseil, l'approbation et le silence, n'est-il point de distinction à faire? lo. Kègne de Claude et ^ér. i, §78. Il Terme de droit canonique. Titre contenant plusieurs questions. |{ 3° Ce qui établit une préférence, une prérogative, l* distinction des rangs.

DIS

Traiter quelqu'un avec distinction. Les distinctions

qui plaisent à ceux qui les reçoivent offensant le» autres, Trévoux. De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite, Boss. Puch. d'Orl. Il y avait entre eux des distinctions extérieures qui empêchaient qu'on ne prit la femme du praticien pour celle du magistrat et le roturier ou le simple valet pour le gentilhomme, la bruy. vu. Il n'y a que les distinctions qui affligent dans les communautés, parce qu'elle» humilient, maintenon, Leit. Mme Glapion, 3( mars <7ua. C'était une grande di.sl nrtion, lorsque quelqu'un pouvait avoir le lionbeur d'eniretenir un moment Pytliagore. fén. J'yth. Tîntes les petites distinctions furent pour lui, volt. Zadig, to. Content de son sort, il ne désirait ni fortune ni distinctions; et il n'en avait point obtenu, parce qu'il est plus commode de les accorder à ceux qui les demandent qu'à ceux qui savent les mériter, condohcet, d'Alemhert. || Un officier de distinction, officier remarqué pour son mfrite. || Un personnage de distinction, personnage d'un rang élevé. || Emploi, charge de distinction, emploi important, honorable. Il En un sens ironique et défavorable. X quelles marques peut-on ici vous reconnaître, qu'à des distinctions de crime et d'ignominie? mass. (,ar. Passion. ||4* Ce qui, dans la tenue, a un caractère d'élégance, de noblesse et de bon ton. Avoir de la distinction, un air de distinction. La distinction des manières. || Ce sens parait être récent; car on ne le trouve pas dans les auteurs anciens.

— HIST. xii* s. E musirad [et il montra] le ordenement e les destinctiuns des pruveires [prêtres] e des diacnes e desordenez, Rois, 244. || xiv s. Et sont moult de gens qui glorifient et honorent indifferentementsans distinltion et les bons et les malvès, oresme, Eth. (22. Il xv's. Ayjedit en mon prologue, que je traicteray de noblece de courage, chevalerie et sagece, en distinction de trois parties, christ, de piSAN, Charles V, i, ch. 3. |{ xvi* s. Il faut lors observer l'autre distinction entre les crimes et fautes plus legieres, calv. Instit. 98». Sans distinction de parenté [sans regarder à la parenté], mont, i, t<4. Le philosophe Antisthene ostoit toute distinction entre leur vertu [des femmes] et la nostre, id. m, 388. Au paravant les chevaliers romains seoientpesle mesle parmy le menu peuple ainsi que chascun se rencontroit, et le premier qui y meit distinction fut M. Otho, amvot, Cicdron, te.

— ÉTYM. Provenç. distinctio, distinxion ; esp&gn. distincion; ilal. disliniione; du latin dtftincttonem, de distinclum, supin rie dislinguere, distinguer.

t DISTINCTIVEMENT (di-stin-kti-ve-man), ado. D'une manière distinctive. Que toutcequiest est en soi et par .soi . auquel cas je l'appelle substance ; ou qu'il est distinctivement en autrui et par autrui, et pour lors je l'appelle mode de substance, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. ti.

— ÉTYM. Distinctive, et le suffixe ment. DISTINGUÉ, ÉE (di-stin-ghé, ghée), part, passé.

Il 1" Oui n'est pas confondu. Ces jumeaux à peine distingués l'un de l'autre par leurs parents. Les divers sens d'un mot distingués avec .sagacité. La consécration et la manducation sont des actions distin- j guées, BOSS. Ench. 2. ||2° Reconnu par quelqu'un '• des sens. Les traits du voleur distingués à la clarté de la lune. Les émanations du lièvre distinguées par le nez du chien. || 8° Qui reçoit des marques de distinction. Us furent fort di.stingués à la cour, hahilt. Cramm. 4. Elle eut l'honneur d'être distinguée par Tambonneau, id. ib. 9. || 4' Oui porte le caractère de la disiinction, de l'éminence, en parlant des personnes. Un personnage distingué. Des savants distingui's. Il me suffit de vous faire souvenir qu'il se distingua dans une compagnie si distinguée, plëcii. Koiitaiisier. Si la personne doit être distinguée [dans la tragédie], sa douleur doit être commune, c'està-dire d'une nature à être sentie de tous, cbateaub. Génie, ii, li, 8. || En parlant des choses. Nai.ssance distinguée. Estime distingiiée. Je lui dis tout bas que je ne voulais point de linge si distingué, Marivaux, Kariane, t" partie. 11 faut convenir que ce temps a bien changé [l'infériorité de la chirurgie], s'il faut en juger par les marques distinguées de protection dont Sa Majesté les honore, dider. LetL s. la chirurgie. Il On termine souvent une lettre en disant : je suis avec une considération très-distinguée votre très-hlimble et très-ohéis.sant serviteur.

DISTINGUER (di-stin-ghé), V. a. || 1' Ne pas confondre. Distinguer les temps, les lieux. Distinguer les objet» par des noms différents. La nature a distingué les diverse» races d'hommes par des traits frappants. À votre avis est-ce pour avoir vaincu les

DIS

Suisses que Françoi» I" est appelé grand , ou pour le distinguer du petit? balz. liv. i, Utt. 9. Oue l'on a bien fait de distinguer les hommes par l'extérieur plutôt que par les qualités intérieures! qui passera de nous deux? qui cédera la place à l'autre?... il a quatre laquais, je n'en ai qu'un, cela est visible, il n'y a qu'à compter, c'est à moi de céder, pasc. Pensées, v, 7, éd. Lahiire, <8«o. Ma muse, en l'attaquant, charitable et discrète. Sait de l'homme d'honneur distinguer le poète, boil. Sat. ix. Faire par les couleurs ilistinguer ses valet», id.ScK. v. Elevée avec lui dans le sein de sa mère . J'appris à distinguer Bajazet de son frère, rac Baj. i, 4. Distinguait-on entre les premiers fidèle» ceux qui étaient du monde, de ceux qui n'en étiieiit pas? mass. Car. Samar. || 2* Terme de logique. Spécifier chaque sens qu'une proposition peut recevoir. Pour raisonner rigoureusement, il faut distinguer les points essentiels de la question. || Absolument. Votre proposition est trop générale; distinguons. La scii'nce de distinguer n'est connue que des sage», patru. Plaidoyer t , dans RICHEI.ET. || 8' Reconnaître par quelqu'un des sens. Il était si tard qu'on ne pouvait plus distinguer le» objets. Distinguer le» voix, le» odeur», le» sons. On ne les distinguait pa» à la parole, la BRUY. V. ||Fig. Discerner par l'opération de l'esprit. Distinguer le» divers sens d'un mot. Distinguer la vérité d'avec les figures, FLicH. Serm. i, 7t. Attejitif à distinguer le mérite, fén. Tél. xvi. Ils ne peuvent plus distinguer un sentiment d'avec un sentiment, MONTESQ. Gtiide, IV. Distinguons la sensation du sentiment, bupf. dans la veaux. || 4* Elever audessus du commun, en parlant des choses qui distinguent Voilà ce qui distingue ce grand siècle. Que si son rang la distinguait, j'ai eu raison de vous dire qu'elle était encore plus distinguée par son mérite. Boss. Duch. d'Orl. Les Hollandais, premiers fondateurs de la colonie, y établirent cet esprit d'ordre et d'économie, qui distingue partout leur nation, raynal, Hist. phil. xvii, 28. || Absolument. Comme vou» voulez être regardé, vous voulez au.ssi regarder; et rien ne vous touche ni dans les autres ni dans vous-même que ce qui étale de la grandeur et ce qui distingue, boss. Concupisc. 9.Vous aimez, dans la vertu même, tout ce qui distingue, tout ce qui attire les regards publics, maSS. Myst. Œuvr. de Miser. || B' Élever au-dessus du commun par quelque marque. Je veux qu'on me distingue, et, pour le trancher net. L'ami du genre humain n'est pas du tout mon fait, mol. Mis. i, t. Il a passé des premiers à la nage, on l'a distingué, sEv. M9. Vous avez bien caressé, ménagé, distingué la bonne baronne, id. 229. Je vou» distingue en tout, sur tout et partout,' maintenon, i«(f. à l'abbé Gobelin, t. it, p. 2, dans po'ioENS. Le maréchal d'Humières était bien avec le roi, qui le distinguait fort, st-sim. 23, <2. II me semble qu'on le distingue beaucoup et qu'on a de grands égards pour lui , montesq. Lett. pers. 4s. || Distinguer, se dit aussi d'une femme qui remarque un homme avant de s'attachjr à lui. Dans le fond, je le distinguais, voilà tout; et distinguer un homme, ce n'est pas encore l'aimer, MARIVAUX, l'Heur, stratag. i, 4. Mais celui que vos yeux justement distinguèrent, volt. Tantr. 1, t. Il 6° Se distinguer, v.réfl. Etre séparé, n'être pas confondu. [L'âme] Se mêlant tout à fait avec ce corps qu'elle anime, à la fin elle a peine à s'en distinguer, BOSS. Conn. v, t. Les sciences ne se distinguent pas moins par leurs méthodes que par leur objet, et il n'est pas toujours bon de transporter de l'une à l'autre les procédés d'investigation et les habitudes intellectuelle» nées de l'emploi continu de tel ou tel genre de recherche, paye. Comptes rendus , Aead. des se. t. lu, p. bo. || Apparaître, se montrer. Les maisons commençaient à se distinguer sur le rivage. Il Etre distingué com me éminent. Se distinguer dans les lettres. Son style se distingue par l'élégance. Ils ne songeaient qu'à se distinguer des autres hommes, BOSS. Hist. II, 6. On se fait honneur de cette honteuse nécessité [de manger], et, bien loin de s'en humilier, on s'en sert à se distinguer des autres, quand on est en état d'y apporter plus d'appareil et d'ostentation, nicole, Ess. demor. i" traité, ch. ». [Il] S'est distingué dans Rome en ces jours de carnage, volt, rrtumtj.m, 4. || Il s'emploie quelquefois en mauvaise part, dan» ce sens : Néron s'est distingué, entre les premiers Césars, par ses cruautés.

— REM. Des grammairiens ont cherché à établir une nuance <le sens entre distinguer une chose d'une autre, et distinguer une chose d'avec une autre. 1 M'iis, avec quelque attention qu'on examine la pré- 1 position composée d'arec, il est impossible d'aper- \ cevoir une différence sensible avec le simple emploi

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de la préposition de. Cependant on peut, par motif de clarté, préférer d'avec, quand il y a, dans la phrase, plusieurs mots entre les olijels qu'on distingue; par exemple, dans ce passage de d'Aiemb«rt : Le temps fera distinguer ce que nous avons pensé d'avec ce que nous avons dit, d'al£hb. Lett. à Volt, ai juillet 1757.

— SYN. DisTiNOUEB, DISCERNER. Distinguer est plus général que discerner. On dislingue à l'aide de tous les sens; on ne discenie que par le sens de la vue. Ajoutons que distinguer se rapporte pliis aux apparences extérieures, et discerner aux limites : je distingue le vice de la vertu en général, et je discerne le point précis où la vertu poussée à

>l'excès devient vice.

— HIST. xiii' s. Nul ne set si bien distinter. Qu'il en ose ung seul mot tinter, la Rose, t<099.|| xvi* s. En Thrace le roy estoit distingué de son peuple, d'une plaisante manière, mont, i, 326. Ils ont des offices distinguez [distincts] de potagers et de rostisseiirs, ID. m, 2i». Us ont distingué de nous mesmes la honte excessive, la honte simple, et la vergongne, amyot, Hauv. hmile, 3.

— ÊTYM. Provenç. distinguir, destinguir; catal. dùlingir; espagn. distinguir; ital. distinguere; du latin distinguere, de di.... préfixe, et stinguere, proprement piquer, ficher (voy. stigmate).

t DI.STINGUO (di-stin-go). Terme d'argumentation scolastique, signifiant je distingue, et qu'on emploie pour indiquer que, dans une proposition, l'on accorde une partie (concedo) et nie l'autre (nego), ou, simplement, que l'on fait une distinction. Distinguo, mademoiselle; dans ce qui ne regarde point sa possession, concedo; mais dans ce qui la regarde, nego, MOL. JfoJ. imag. n, 7. {{ S. m. Mais, mon père, ne me donnez- vous pas une fausse joiet n'est-ce point ici quelque chose de semblable à cette suffisance qui ne suffit pas? j'appréhende furieusement le distinguo; j'y ai déjà été attrapé, pasc. Prov. 4.

— ÊTYM. Lat. distinguo, je distingue (voy. distinguer).

i. DISTIQUE (di-sti-k'), s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Deux vers renfermant un sens complet, surtout lorsque l'un est hexamètre et l'autre pentamètre. {| Terme de versification française. Pièce composée de deux vers seulement. Guichard, d'un long quatrain tu fais un long distique; Retranche encor deux vers, tu seras laconique, lebsun, Épigr. contre Guichard.

— ETYM. Ai(TTvxoi;, de 61;, deux, et orix»?. rangée et, par extension , vers, de aTiîiiv, piquer (voy.

ÉTIQUETTE et stigmate).

t 2. DISTIQUE (di-sti-k'), adj. Terme de botanique. Rangé en deux séries le long d'un axe commun.

— ÉTYM. Le même que le précédent.

i Dlsro.ME (di-sto-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a deux bouches. || S. m. Nom d'un genre d'entozoaires. Le disiome du sang {distomum hâemalobi'um) , entozoaire qui existe ilans la veine porte et ses ramifications, et qui est commun chez l'homme en Egypte.

— ÉTYM. Aiç, deux, et oréiia, bouche.

t DISTORDRE (di-stor-dr'j, je distords, tu distords, il distord, nous distordons, vous dislordez, ils distordent; je distordais; je distordis; je distordrai; je distordrais; distords, qu'il distorde, distordôns; que je distorde, que nous distordions: que je distordisse; distordant; distordu, ». o. || 1" Altérer par une torsion la configuration d'un objet. || 2* Donner une distorsion ou entorse. || 3* Se dislordre, v. réft. Etre distordu. Dans une attaque d'épilepsie, la bouche se distord. || Verbe usité et qui manque dans le Dictionnaire de l'Académie.

— HIST. xvi' s. Les malades se dislordent les membres avec tremblement, PARÉ, xxin, 44.

— ETYM. Dit.... préfixe, et tordre.

t DISTORDU, UE (di-stor-du, due), part. pasU de distopire. Une articulation distordue.

+ DISTORS, ORSE (di-stor, stor-s'), adj. Terme didactique. Qui est de travers ou contourné.

— ÊTYM. Dit.... préfixe, et tors.

DISTORSION (di-stor-sion; en vers, de quatre

sylbibes), s. f. || 1" Action de distordre. La paralysie du nerf facial produit la distorsion de la face. Si l'irradiation proprs de l'objet éuit aussi considérable que nous sommes ici obligés de le supposer, les images en contact auraient présenté des particularités de distorsion bien connues qui auraient éveillé l'attention des observateurs, faye. Comptes rendus, Acad. det se. t. ui, p. 88. || î° Terme de chirurgie. Action de tiraillement qui produit l'entorse. La distorsion des ligaments. La distorsion d'un bras.

— HIST. xvi* s. Par solution de continuité, comme playe, dislocation, fracture, distorsion, contusion, PARÉ, v, 2).

— ETYM. Lat. dislorlionem, de dit.... préfixe, et tortin (voy. torsion).

t DISTRACTII', IVE (di-stra-ktif, kti-v'), ad;. Synonyme de ilistractile.

~ ÊTYM. Lat. dislractum, supin de distrahere (voy. distraire).

fDISTRACTILE (di-stra-kti-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui s'écarte naturellement. |{ Terme de botanique. Connectif distractile, celui qui tient sensiblement écartées les loges de l'anthère.

— ÊTYM. Lat. distractum , supin de distrahere

(voy. DISTRAIRR).

DISTRACTION (di-stra-ksion; en ver», de quatre syllabes), s. f. || !• Démembrement, séparation d'une partie d'avec son tout. Tout cela nous a encouragés à demander la distraction de notre petit pays d'avec les fermes générales, volt. Lett. Dupont, to sept. <77B. Il Distraction d'une somme d'argent, action de l'employer autrement qu'on ne doit ou qu'on ne s'est proposé. {| Ancien terme de chimie. Désunion des éléments qui composent un corps, lorsqu'elle s'opère avec difficulté. || i° Terme de jurisprudence. Répétition, par un tiers, d'une terre, d'un objet compris à tort dans une saisie. Faire une demande en distraction. {| Distraction de juridiction, action d'ôler k un juge, et d'attribuer à un autre la connaissance d'une cause. || Distraction de dépens, attribution, pour ses honoraires et frais, à un avoué des dépens adjugés à sa partie. || 3° Inattention aux choses présentes. Faire une chose par distraction. Il sortit .soudainement de sa distraction. L'incivilité n'est pas un vice de l'âme, elle est l'effet de plusieurs vices, de la sotte vanité, de l'ignorance de ses devoirs, de la paresse, de la distraction, du mépris des autres, de la jalousie, la bhuy. xi. La vie de la Fontaine ne fut, pour ainsi dire, qu'une distraction continuelle; au milieu de la société, il en était absent, diderot. Notice tur la Fontaine. \\ Cho.se faite par distraction. Voilà une distraction un peu forte. X mes distractions faites grâce, madame; Nul autre objet que vous ne règne dans mon âme, ré- GNARD, Distrait, v, 7. Et ma main qu'il portait à sa bouche, répondis-je, mon père, est-ce encore une distraction? Marivaux, Marianne, 3« par;. ||*' Toute diversion qui détourne l'âme ou l'esprit, lùercher ries distractions. Une distraction agréable. Les distractions du monde. Heureux qui peut bannir de toutes ses pensées Les vains amusements de la distraction! cohN. [mit. I, 2*. Cette aventure n'a fait aucune distraction à sa rêverie, sËv. 40. Rien ne me donne de distraction, je suis toujours avec vous, ID. 45. Les hommes dans un grand temple de cèdre; les femmes dans un autre, de peur des distractions, VOLT. Princ. de Babyl. 3. Pour dérober Piccini aux distractions de Paris, je l'engageai à venir travailler près de moi dans ma maison de campagne, mar- MONTEL, Mém. X. Elle savait par expérience que la réflexion et les sacrifices ont moins de pouvoir sur les hommes passionnés que la disti action, staïl, Corinne, vi, t. Quand on s'est habitué à une vie de distractions, on éprouve toujours une sensation mélancolique en rentrant en soi-même, dût-on s'y trouver bien. id. i6. xv, 3.

— HIST. XVI' s. On ouit soudain le bruit et la distraction de ceulx qui estoient à la cueue de leur armée [attaqués par une embuscade], amyot. Mariut, 37.

— ÊTYM. Lat. dittractionem, de distracturrt, supin de distrahere (voy. distraire).

DISTRAIRE (di-strô-r"), je disirais, tu distrais, il distrait, nous distrayons, vous distrayez, ils distraient; je distrayais, nous distrayions, vous distrayiez; point de parfait défini; je distrairai; je distrairais; distrais, qu'il distraie, distrayons, distrayez, qu'Us distraient ; que je distraie, que nous distrayions, que vous distrayiez, qu'ils disiraient; point d'imparfait du subjonctif ; distrayant; disirait, V. a. Il !• Séparer, démembrer. On a distrait cette province de sa domination. La nature divine ne peut être ni séparée, ni distraite, boss. Trin. \\ Distraire une somme d'argent, l'employer à un objet autre que celui auquel elle était destinée. De cette somme il faut distraire tant. || 2° Terme de jurisprudence, ôter, enlever quelque partie d'un tout. Distraire une terre d'un apanage. || Opposition à fin de distraire, opposition qui a pour objet une distraction ou répétition de quelque chose compris à tort dans une saisie. || Distraire quelqu'un de ses juges naturels, le traduire devant une juridiction exceptionnelle. Il Terme d'ancienne jurisprudence. Dis-

traire la juridiction, se pourvoir devant un juge incompétent. || 3" Détourner. Rien n'a pu le distraire do cette résoltition funeste. Je l'encouragerais au lieu de le distraire, corn. Hor. ii, 6. César la voit partir sans oser la distraire, ID. ib. v, 8. Et j'y cours de ce pas, rien ne m'en peut distraire, mol. Sgan. i8. Si de son amitié j'ai voulu vous distraire, BAC. Brit. IV, 3. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire! id. l'b. iv, 4. || 4' Détourner l'esprit d'un objet, d'une occupation. Il ne faut pas distraire les gens qui travaillent. || On dit dans le même sens, distraire d'une personne, en détourner la pensée qui s'y fixait. Tout ce qui me distrayait d'elle ne pouvait que m'être désagréable,!. J. houss. Confess. ty. Il Détourner l'esprit d'une pensée triste. Il faut tâcher de distraire les affligés. Quoi! de ces noirs ennuis rien ne peut vous distraire? ducis, Abufar, II, 2. Il Dans le même sens, distraire la douleur, l'inquiétude, y faire diversion. Adieu; puisse du moins ce peu que je te donne De ta triste mémoire effacer tes malheurs. Et, soigné par tes mains, distraire tps douleurs! A. chén. Idylles, la Liberté. Il Aksolument. Eh bien ! cela distrait toujours un peu : il vaut mieux quereller que soupirer, marivaux, Secr. surp. de l'amour, i, 1. 1| 6° Se distraire, V. réfl. Etre séparé, disjoint. Un fief, une fois réuni au domaine de la couronne, ne pouvait plus s'en distraire. || Fig. Détourner son esprit. Il s'est distrait de son affliction par un voyage. De son image en vain j'ai voulu medistraire, rac. Brit.iï, 2. {| Absolument. Se distraire, se livrer aux distractions, aux amusements. J'ai besoin de me distraire. C'est une misérable condition de la nature humaine, que cette nécessité de se distraire, stael, Corinne, xvi, 7. Il Se distraire, devenir distrait, être en proie à des absences d'esprit. Sans se distraire à force de combattre les distractions, et sans s'inquiéter de leur fréquent retour, ¥tn. Êduc. des filles, p. 295, dan» pougens.

— REM. 1. J. J. Rousseau a dit (Confess. i) : Trop d'autres goûts me distraisent ; et (Confess. vi) : L'exercice me distraisanlsur mon état. Ce sont de grosses fautes; il faut : distraient et distrayant. || 2. Si le parfait défini de l'indicatif et l'imparfait du subjonctif manquent aujourd'hui, c'est seulement par défaut d'habitude. Autrefois ces temps existaient, et l'on pourrait les reprendre : je distrayis , que je distrayisse.

— SYN. distraire, divertir. De ces deux mots, l'un signifie, étymologiquement, tirer de côté et d'autre , l'autre tourner de côté et d'autre. Mais de là ils ont pris respectivement une signification qui les différencie : le divertissement est beaucoup plus que la distraction; on se divertit quand on se livre à divers amusements , tels que spectacles, bals, fêtes, repas; pour se distraire, il n'est pas besoin de tout cela; il suffit de quelques plaisirs même solitaires, de quelques simples satisfactions.

— HIST. xV s. De leurs meurs ne te distrais, Ains y soies entendus, e. desch. Lay du roy. || xvi* s. Or vous ay dit, sans aller au contraire De vérité, le triumphant mystère, Ainsy qu'ay peu d'œil et plume distraire, j. mabot, p. t69, dans lacurne. Poulser le mespris de la mort jusques à tel degré que de l'employer pour se distraire des [s'arracher aux] honneurs, richesses, mont, i, 250. La philosophie veult qu'au chastiment des offenses receues, nous en distrayons la cholere, in. iv, (53. Lysimachus, se trouvant de loisir au demourant, et non distrait d'autres affaires, s'en alla incontinent faire la guerre à Pyrrhus, amyot, Pyrrhus, 25. Hz alloient espians les moyens de le distraire et divertir qu'il n'assistast au sénat, m. C. d'Utiq. 29. S'approchans de Lilliers, ville distraitte de deux lieues par de là Pernes, do bellay, Uém. liv. vm, f" 249, dans

LACURNE

— ÉTYM. Wallon, distrU; provenç. distraire; catal. distraurer; espagn. dùtraer; portug. distrahir; ital. distrarre; du latin distrahere, de dis.... préfixe, et trahere, tirer (voy. traction, traire).

DISTRAIT, AITE (di-strè, stré-t'), part, passé de distraire. || 1° Démembré, séparé. Une province distraite de l'empire. Une somme d'argent distraite. Il 2" Un accusé distrait de ses juges naturels. || 3° Détourné, déconseillé. Distrait par ses amis d'une entreprise hasardeuse. {| 4° Qui est détourné de l'application, de l'attention. Nos esprits étaient donc également distraits, corn. Sertor. iv, 3. Je me fuis, je m'oublie, et mes espriLsdistraits Se plaisent à les suivre [les Muses] , et retrouvent la paix, a. chên. Élég. 4. Je ne m'étonne plus qu'interdit et distrait Votre père ait paru nous revoir à regret, rac. Iphig. 11, *. Il 5° Qui a des distractions, de» tbsences d'esprit.

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n est «iiiBuliërement distrait. H tous dit non pour oui, oui pour non; il appelle Une femme monsieur, et moi mademoiselle : Prend souvent l'un pour l'autre et Ta sans savoir où; On dit qu'il est distrait ; moi je le prends pour fou, reonard, Dùtrait, ii, «. Souvent pensif, plus souvent distrait, mais le plus charmant des convives, lorsque, sans disiraclion, il se livrait k nous, marmont. Mém. vi. 1| Substantivement. La Bruyère a peint le distrait Vous,

monsieur le distrait, Vous êtes U del)Out planté comme un piquet, rp.gnard, le Ditlrait, v, 9. |{ En parlant des choses. Air distrait. Regarder d'un oeil disirait, regarder sans apporter une grande attention Je fuis des yeux distraits Oui, me voyant

toujours, ne me voyaient jamais, rac. Bérén. i, 4.

t DISTRAYANT, A>TK (di-8lrè-ian, ian-t'), adj. Oui donne une distraction. Lecture distrayante, l'armi ces exercices il comprend les occupations les plus distrayantes, Boss. Or. i. Les discours inutiles et distrayants, ID. Vitite, t.

t DISTRIBUABLË (di-stri-bu-a-bl'), adj. Oui peut, qui doit être distribué.

— REM. D'ordinaire, les adjectifs en able, qui ont bien le sens passif, ne prennent pas le régime des verbes pas.sifs. Aussi ne faut-il pas imiter cet exemple de Saint-Simon : Le fils du comte de Tonnerre donne (oooo livres aux pauvres, distribuables par le cardinal de Noailles, ST-sm. 187, 240.

— Hisr. xvi* s. Et de plus la somme de «oooo livres distribuables à St Auban et k ses compagnons, D'AUB. Ilist. 11, Ï74.

— ÉTYM. Distribuer.

DISTRIBUÉ, ÉE (di-stri-bu-é, ée), part, passé. Il 1* Ré(iarti. Les aumônes distribuées par des mains bienfaisantes. L'eau distribuée dans la campagne par de nombreuses rigoles. Je ne comprends pas, je TOUS l'avoue, pourquoi on veut empêcher de répandre dans le royaume et en Europe quatre mille exemplaires de l'Kncyclopédie, lorsqu'il y en a déjà cpiatre mille de distribués, d'alehb. Lett. à Voltaire, » mars «770. Si les eaux de l'Artibonite sont jamais distribuées avec intelligence, une partie considérable de ce quartier se couvrira sûrement de cannes, HAYNAL, Ilist. phil. Mil, 40. || i* Des appartemenis bien distribués, mal distribués, c'est-à-dire dont la disposition est commode, mal i;ommode. || Terme de peinture. Un ouvrage bien distribué. Des jours bien distribués. Des ombres mal distribuées.

DISTRIBUER (di-stri bu-é), v.a \\ 1" Répartir, partager entre, dispenser. Distribuer des aumfines, une somme d'argent. Ces rares talents qui sont distribués aux hommes extraordinaires. Distribuer des annonces aux passants. Si pour distribuer et le prix et les peines, rotrou, Bélit. v, 6. Il [Cyrus] ne prodiguait pas les gr&ces, il les distribuait, rollir, Hist. anc. CEuiret, t. iv, p. t«». Le public, qui laisse assez paisiblement les mathématiciens (dont il ne connaît que les noms) régler les rangs entre eux et se distribuer la gloire à leur gré, n'eut pas la même indulgence pour un géomètre, littérateur et philosophe, conixihcet, d'iKembert. || Distribuer un travail entre des ouvriers. || Répandre en divisant. Ces conduits distribuent l'eau dans les dilTérents quartiers de la ville. |{ i' Terme de jurisprudence. Distribuer un procès, commettre un juge pour l'examiner. || 8° Diviser en disposant en un certain ordre. Cet auteur a distribué avec art toutes les parties de son sujet. Distribuer avec goût les ornements d'un édifice. Servius qui avait distribué les citoyens en six classes, uontrsq. Esp. xi, f 8. Il y a un art inspiré par le bon goût dans la manière de distribuer les images, dioer. Saion de <767, t. XIV, dans polgf.ns. Il remplissait toutes les parties des instruments ou de la voix, distribuant des traits de mélodie et d'harmonie, ainsi qu'un peintre habile aurait distribué sur la toile les couleurs et les ombres pour on composer son tableau, marmont. Ilém. X. Il Distribuer un appartement, en disposer les pièces selon certains usages. || i* Terme d'imprimerie. Distribuer les lettres, et, absolument, distribuer, répartir dans les cassetins les différents caractères après le tirage. || Distribuer les lialles, rép'irtir l'encre bien également sur la surface des cuirs. On dit dans le même sens distribuer le rouleau. Il 5° Appliquer, en parlant de coups, de horions. Distribuer des coups de poing, des bourrades. C'était [le pape Jules II] un vieux soldat turbulent qui aimait la guerre comme un fou, toujours à cheval, toujours le casque en tête, distribuant des bénédictions et des coups de sabre, volt. Àmabed, *7' lettre. \\ 6° se distribuer, e. reft. Être distribué, réparti. Le médiateur par qui se distribuent les bienfaits. Il Être répandu par 4es canaux ou des routes

réglées. Le lang se distribue du eœur dans les artères.

— HIST. XIV" s. Leur distribuant les terres que l'en avoil tolues [enlevées] aus anemis, iikrchelrk, t'a, verto. Il distribiioient les champs, vingnes, me>onsà ceux qui là vouloient aler demourer, ID. C ï. Mal distribuer ce qui doit e.stre donné pour Dieu, Uénagier, i, 1. Et est manifeste que un homme ne peut pas bien convivre avecques grant multitude famillairement, ne soy distribuer entre tant de gens, ORtsME, Eth. 387. Affin qu'il puissent justement distriljiier les honneurs et les paines, lo. ib. 47. |{ xvi* s. Si tost qu'ilz estoient arrivez à l'aage do sept ans, il les prenolt et les distribuoit par trouiipes pour les faire nourrir ensemble, amyot, Lyc. 33.

— Etym. Provenç. et e^pagn. distribuir; ital. dtt(rtbMir«; du latin dùtribuere, de dû.... préfixe, et trihufre, accorder (voy. tribut).

t DISTRIBUTAIRE (di-slri-lm-tê-r'), t. m. et f. Celui, celle qui a reçu une part dans les distributions de quelques objets. Chaque distributaire des secours communaux. || Mot proposé par Legoarant et formé sur le modèle de dortataire.

— étym. Distribuer.

DISTRIBUTEUR, TRICE (di-stri-bu-teur, tri-s"), s. m.etf. Celui, celle qui distribue. Je ne suis pas sûr de ceux qui sont les maîtres et les distributeurs des grâces, BOUBDAL. Sur iarccomp. des laints, farent, p. 9. Il la rend la distributrice de ses grâces, mass. Uytl. Astompt.W Dans certaines communesde France où il n'y a pas de direction des postes, il se trouve un bureau de distribution tenu par un distributeur ou une distributrice, legoarant. 11 demeure chez la distributrice des lettres. || Distributrice se disait autrefois d'une marchande qui vendait des rafraîchissements à la Comédie française. Il y avait deux distributrices, l'une auprès des loges et l'autre à l'entrée du parterre.

— HIST. XIV* s. Dieu, qui est roy des roys et distributeur des royaumes, oresme, Thhe de meunier. (I IV* s. Sages distribueurs et conseillers loyauli de la personne du roy, christ, de pisan, Charles V^ II, 17. ||xvT' s. Il establit Lysander pour toute provision, commissaire des vivres et distributeur des chairs, amyot, Lysand. 44.

— ETYM. Provenç. et espagn. dittribuidnr ; ital. distrib'itore ; du latin distribulorem , de distributum, a,.pin de distribuere , distribuer.

DISTRIBUTIF, IVE (di-slri-bu-tif, ti-v"), adj. Il 1° Oui a la vertu de distribuer, le caractère de la distribution. Les propriétés distributives qui procurent dans le corps vivant la nutrition. || Justice distributive, celle qui répartit les récompenses et les peines. C'est un acte de la justice qu'on appelle distributive, boss. ^umdne, a. || %' Terme de grammaire et de logique. Oui sépare et individualise, par opposition à collectif. Sens distrihutif, celui dans lequel on considère une multitude, suivant tous les individus qui la composent. Ce qui est vrai dans le sens distrihutif ne l'est pas toujours dans le sens collectif. Il Noms de nombre distributifs, en latin les mots singuli, bitti, terni, etc. en français les locutions : un à un, deux à deux, trois à trois, etc.

— HIST. XIV* s. Prince [principatj distrihutif, ORESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Les parties retentrices, concoctrices, distributives, assimilatives et expulsives, paré, i, i.

— ETYM. Provenç. distributiu; espagn. et ital. distribulivo ; du latin distributivut , de distribuere, distribuer.

DISTRIBUTION (di-stri-bu-sion ; en vers, de cinq syllabes), t. f. |{ 1* Action de distribuer. La distribution du sang dans les artères. La distribution des rôles. La distribution du travail. La bonne distribution de l'eau est une condition essentielle de la salubrité des grandes villes. Les conditions économiques d'une distribution d'eau aux habitants de Paris. Tenez la main a ce que la distribution du vin aux équipages des vaisseaux se fasse avec de pareilles mesures [conformes aux étalons], seignelat, Aux intendants,

4878, dans JAL La consolation D'avoir fait de

ses biens la distribution Répand au fond du cœur un repos sympathique, Certaine quiétude et douce et balsamique, hegnard, Ugat. iv, t. L'économie des revenus et des frais de perception, l'alxilition des privilèges onéreux au commerce et k l'agriculture, et une plus égale distribution de l'impdt sur toutes les classes, étaient les remèdes qu'il fallait appliquera la grande plaie de l'P.iat, maimontkl, U^m. XII. Il La distribution des pnx, solennité par laquelle on donne des réoom|>enses, dans un collège, dans un concours, dans une académie, dans un comice agricols, k ceux qui les ont méritées.

|| tut de ce qui est distribué, réparti. La distribution des animaux suivant les régions, des piaules suivant les altitudes. || t* Service du facteur qui fio.'te les lettre.s k domicile. La distribution îles lettres. Il Lettres k distribuer. Voilà de la distribution. Il 3' ferme d'économie politique. Distribution des riches.ses ou des revenus, ensemble de cimditions suivant lesquelles la richesse est répartie entre les dliTérents membres de la société. || 4° Terme de procédure. Répartition, entre les créanciers, des deniers provenant de la saisie d'un débiteur. Distribution par contribution. || Ancien terme de palais. Registre dans lequel le greffier garde-sacs au parlement insérail toutes les requêtes de eommilttlur, poui qu'elles fussent ensuite remplies par le président. Il S* Ce que l'on distribue k des chanoines pour leur droit de présence au service divin. Recevoir double distribution. Distribution manuelle. || 6° Disposition par division, ordonnance. La distribution d'une matière par chapitres. La distribution des parties d'un discours. Il y a dans cet ouvrage [/nfroductiori à Vhit- Inire de Ch<iWe>-()uin(] un calme de raison, une sagedlstriliution départies, quelque chose de régulier et de progressif k la fois, qui plaît k la pensée, villem. Littér. franc, xvui* tiècle, 2* part. 4* lef. Il Terme de peinture. L.a distribution du jour et des ombres dans un tableau. Pour former ce vif coloris, ces distributions de lumières, ces dégradalions de couleurs, ?tv. Ktist. 8. || Terme de rhétorique. Figure qui consiste k énumérer par ordre les qualités d'un sujet. || 7" Division intérieure d'un appartement. Une distribution bien entendue. Il 8° Terme d'imprimerie. Action de répartir les caractères dans leurs cassetins après le tirage. || Les caractères mêmes à distribuer.

— HIST. XIV s. Estoient redevables k Rome, Par paler distribucions [tributs]. Peuples de toutes naclons Oue le jour queuvre de lumière, o. guiart. Us. f* <40, dans lacubne. Tous confessent et dient que, en faisant justice, il convient en distribucions faire selon la dignité des personnes, oresmb, Elh. 146. Il XV* 8. Oue chascun .sanz faire arrestée, Viegne k César sanz delaier. Sa distribucion [taxe] pa;er, Nativ. de J. C. Mystère. || xvi* s. La distribution estoit telle, qu'on prouvoyoit k la nourriture des ministres, et qu'on ne laissoit point les poures en arrière, calvin. Institut, su. La distribution et ordre d'un convoy, mont, i, 17. Ces distributions de deniers, amyot, Piric. t7.

— ETYM. Provenç. dùlribiicio; espagn. distribucion ; ital. dis(rtbuiione;du latin distributionem , de distribuere, distribuer.

DISTRIBUTIVEMENT(di-stri-bu-ti-ve-man),<idt>. Terme de logi(|ue. Kn un sens distributif. Que la connaissance de ces procès appartienne distributivement, savoir est k nostre cour de parlement pour ce qui concerne la police, et k nos dits élus pour ce qui concerne la perception, Ordonn. du 20 juillet

— Ètym. Distributive, et le suffixe ment. DISTRICT (di-stnk': prononciation mal fixée: les

uns disent di-strikt', en prononçant toutes les consonnes finales; les autres disent di-strik; d'autres enfin di-stri ; nos anciens, qui de districlum avaient fait détroit, avaient évité cette accumulation de consonnes finales toujours peu agréable k notre oreille), s. m. Il 1° Terme de pratique ancienne. Étendue d'une juridiction. Un juge ne peut juger hors de son district. || Fig. Cela n'est pas de mon district, cela n'est pas de ma compétence. || 2* Subdivision de déparlement établie par la loi du 22 décembre 1788. Les districts étaient moins étendus que les arrondissements actuels. Le directoire du district. Il Par extension, un territoire quelconque d'une étendue limitée. Un petit district, qui y avait conservé . son indépendance, la conserve encore; ce canton | fortuné.... RATNAL, Bist. ph<l. m, 27. ||8* Par analogie, compartiment. Les difl'èrents districts de la nature. M. Polier était profondément versé dans toutes les sciences qui étaient proprement l'objet de sa vocation et dont le district est si éteu'lu; il n'y en avait aucune sur laquelle il ne fût instruit, ns- SOT, Santé des gens de lettres, p. 78, édit.Techencr. Il Département, charge. Le poste n'était pas mauvais, parce qu'ayant le district des pansements et des drogues, je vendais souvent aux hommes de bonnes médecines de cheval, beaum. Barb. de Sév. l, 2.

— HIST. xni* s. Bours et chastiaui et viles, fermetés et destrois. Berte. LXi. 1| xvi*i. Ils se disoient des environs du dislric de Gibraltar, carl. v, 21.

— ETYM. Voy. hêtroit.

t DISTRIGLYPIIE (di-stri gli-f), voy. DITM- OLTPHS.

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