‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 96 sur 388 · ORA · texte numérisé non relu

ORA

— ÉTYM. AngL k) drain, filtrer, épuiser, tarir; anglo-sax. drehniiiean,

t DRAINBTTE (drè-nè-f), s. {. Terme de pêche. Filet dont on se sert à la dérive pour prendre de petits poissons. On dit aussi drivonette.

— ÉTYM Dranet.

\ DRAINEUR (dré-neur), $. m. Celui qui opère un dratnafte.

— ÉTYM. Drainer.

t DRAIURE (drè-iu-r'), ». f. Voy. dbayure.

\ DRARÉE (dra-kée), ». f. Genre d'orchidacées établi pour une plante de la Nouvelle-Hollande.

DRAMATIQUE (dra-ma-ti-k'), adj. || 1* Qui appartient au théâtre, à la comédie ou à la tragédie. L'art dramatique. Œuvre, composition dramatique. Poète dramatique. Le genre dramatique. Bien que, selon Aristote, le seul but de la poésie dramatique soit de plaire aux spectateurs et que la plupart de ces poèmes leur aient plu, je veux bien avouer toutefois que beaucoup d'entre eux n'ont pas atteint le but de l'art, corn, t" dise. On appelle poëme dramatique celui par lequel on fait parler ou agir sur le théâtre les personnages mêmes, à la différence de poëme épique, où le poète ne fait que raconter de son chef, indirectement et de suite, les aventures de ceux dont il parle, rollin, Hist. anc. CEurres, t. v, p. 407, dans pougens. La poésie dramatique, qui ne consiste qu'en imitation et ne tend qu'à divertir en remuant les passions, était une invention plus nouvelle, fleurt, Mœurs des Israélites, titre XV, »• part. p. t89, dans pougens. Le génie dramatique se compose de l'esprit public, de l'histoire, du gouvernement, des mœurs, enfin de tout ce qui s'introduit chague jour dans la pensée, STAËL, Corinne, vu, 2. Les Komains n'avaient pas, comme les Grecs, la passion des représentations dramatiques, ID. ib. iv, 5. || Artiste dramatique, comédien. || Musique dramatique, musique propre aux pièces de théâtre. || Censure dramatique, censure qui, examinant les pièces de théâtre, en retranche, en corrige certains passages, ou même interdit absolument la représentation. Elle [une pièce de Thompson) ne fut pas jouée, parce qu'à cette époque la censure dramatique commençait à fleurir en Angleterre, villemain, Littér. Tabl. du xviii* siècle, i' partie, 2» leçon || 2° Par extension , qui émeut vivement le spectateur, l'auditeur, le lecteur. Situation, sujet, récit dramatique. || 3° S. m. Le genre, la forme dramatique. U réussit dans le dramatique. Certains poètes sont sujets dans le dramatique à de longues suites de vers, la brut. i. Il Ce qui excite l'intérêt, l'émotion. Il y a bien du dramatique dans cette scène.

— ÊTYM. ApuiiaTvxè; . de 8p5(ia, drame.

f DRAMATIQUEMENT (nra-ma-ti-ke-man), adv.

D'une manière dramatique. Deux jours! quand on aime , c'est l'éternité , répondit dramatiquement Vanois, CH- de berrard. Je Paratonnerre.

— ÉTYM. Dramatique, et le suffixe ment.

t DRAMATISER (dra-ma-ti-zé) , V. a. Néologisme. Rendre dramatique. Les têtes exaltées éprouvent un besoin inné de dramatiser leur existence à leurs propres yeux, o. sand, dans le Dict. de bescherellb.

— ÊTYM. ApaiiatiÇeiv, de Spâ|jia, drame. Ce mot est dû à Mercier (voy. la rem. a dramaturge).

DRA.MATISTE (dra-ma-ti-st), t. m. et ^ Celui, celle qui écrit pour le théâtre. || Peu usité.

— ETYM. Drame.

DRAMATURGE (dra ma-tur-j"), ». m. Celui qui fait des ouvrages dramatiques. Pourquoi le grand modèle des dramaturges, Shakspeare, n'a-t-il pas lui-même pris ses sujets parmi le peuple? maruoNTEL, dans le Dict. de beschehelle.

— REM. Ce mot se prend presque toujours dans un sens défavorable. On l'a d'abord appliqué à Mercier, comme il nous l'apprend dans son Dictionnaire néologique.

— ETYM. ÂpaixaToup^Â;, de Spâ|ut, drame, et JpYOv, œuvre (voy. organe).

I DRAMATURGIE (dra-ma-tur-jie), ». f. Art de la composition des pièces de théâtre. || Manie de composer des pièces de thi âtre. || Ce mot, comme dramaturge, se prend presque toujours en mauvaise part.

— ÊTYM. Dramaturge.

t DRAMATURGIQUE (dra-ma-tur-ji-k"), adj. Qui a rapport à la dramaturgie.

DRAME (dra-m'), s. m. \\ !• Toute pièce de théâtre soit tragiaue, soit comique. Les drames de Shakspeare. Les drames de Victor Hugo. || Drame lyrique, opéra. || 2* En un sens plus restreint, pièce de théâtre en vers ou en prose et d'un genre mixte entre la tragédie et la comédie. Drame historique.

DRA

c'est dans la première moitié du xvin* siècle qu'on a commencé à faire des drames; un des premiers est le Préjugé à la mode de la Chaussée. Vous injuriez toujours notre pauvre siècle. — Pardon de la liberté; qu'a-t-il produit pour qu'on le loue? sottises de toute espèce, la liberté de penser, l'attraction, l'électricité, le tolérantisme, l'inoculation, la quinquina, l'encyclopédie et les drames, beaumahch. Barbier de Séville, i, ». J'eus la faiblesse de vous présenter en dilTérents temps deux tristes drames; production monstrueuse, comme on sait; car, entre la tragédie et la comédie, on n'ignore plus qu'il n'existe rien, id. ib. Préfaee.\\3' Fig. Suite d'événements qui émeuvent, qui touchent. De la grotte en li.sant je refais le chemin; Du drame de ses jours [de Jocelyn] j'explore le théâtre, lamart. /oc. Épil. I. Nous avons devant les yeux les restes d'un drame [débris, dans un terrain géologiiiue, d'un animal dévoré par un autre] qui s'est passé depuis si longtemps, que personne ne saurait compter le nombre des siècles qui nous en séparent. Preste scientifique, (863, t. i, p. t8.

— REM. Dramatique est un néologisme du ivn" siècle, et drame n'est lians le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1 762; au sens figuré, il est encore plus récent.

— ETYM. Apô|ia, drame, proprement action, de Spâv. faire (voy. drastique).

t DRAN (dran), t. m. Terme de marine. Drosse de basse vergue.

t DRANET (dra-nè), ». m. Terme de pêche. Petite seine dont on se sert sur la Manche.

— ÉTYM. Angl. dragnet, de ta drag, traîner, et net, filet.

t DRANGUEL (dran-ghèl), ». m. Terme de pêche. Sorte de filet dont les mailles sont très-serrées.

t DRANGCETTE ( dran-ghè-f), ». /. Terme de pêche. Voy. draguette.

DRAP (dra; le p ne selle jamais: un dra étoffé; au pluriel, 1'» se lie: des dra-z étoffés; draps rime avec mâts, pas, rats, etc.), ». m. || !• Étoffe dont la chaîne et la trame sont en laine et dont le tissu est couvert d'un duvet plus ou moins fin, produit par les opérations du lainage et du foulage. Drap fin. Gros drap. Une pièce de drap. Un habit de drap. Il Drap de pied, pièce de drap ou de velours noir qu'on étend sur un prie-dieu. || Vouloir avoir le drap et l'argent, c'est-à-dire vouloir avoir la chose qu'on achète, et ne pas la payer; locution tirée de la farce de Patelin, qui emporte le drap et ne le paye pas. Cela se dit aussi, par extension, de celui qui retient ce qu'il a vendu et le prix qu'il a reçu. Il Tailler en plein drap, couper un vêtement dans la pièce du drap; et fig. avoir plein pouvoir dans une affaire, pleine disposition de l'argent, etc. Beau-père, on dit bien vrai, quant à moi j'y souscris: On a beau faire, il faut prendre femme à Paris, L'on y taille en plein drap, rkgnard, le Bal, se. 7. Il Drap mortuaire, piùce d'étoffe de laine, dont on couvre le cercueil des personnes mortes, noir pour les personnes mariées, blanc pour les personnes non mariées. Il se baisse à l'instant, et croit se satisfaire, Mais il n'aperçoit plus que le drap mortuaire. Dont on avait couvert la princesse des deux, godeau, l'Assomption, dans richelet. {| Drap mortuaire, nom d'une couleuvre de Ganjam (Bengale) {coluber mortuarius). || Nom, parmi les marchands, de l'olive lugubre (univalves, mollusques). || Nom d'un insecte du genre cétoine {cétoine slictique, coléoptères). || Nom du marbre lumachelle. |1 i' Par extension. Drap d'or, de soie, tissu d'or, de soie. Levez donc ce drap d'or et voyons ce qu'il cache, mair. Soliman, y, 4. || Absolument. Les quatre draps, quatre sortes d'étoffes. Aucun ne pourra être reçu marchand et maître dudit état, s'il ne fait chef-d'œuvre, dans le bureau commun, sur l'un des quatre draps ci-après nommés, savoir sur le velours plein, le satin plein, le damas, le brocart d'or ou d'argent. Ordonnances des march, de draps d'or, etc. 9 juillet 1867. || Camp du drap d'or, entrevue de François I" et d'Henri VUI, près d'Ardres en 1620, où une grande magnificence fut étalée. || Drap d'or, ancien nom d'une tulipe. Da cette fleur, il passe au drap d'or, la bruy. xiii. Il Drap d'or, variété de prune; variété de poire. Nom donné par les horticulteurs au crocu» mésiaque. Il Drap d'or, nom vulgaire du cône textile (mollusques). || Drap d'argent, nom, parmi les marchands, d'une coquille univalve^lecône moucheté, ou mieux le cône sablé, legoarant) )| Drap de soie, nom, parmi les marchands, d'une coquil'.t univalve, lecône géographique. || 3° Morceau oe toile ou de coton large ordinairement de deux mètres, qu'on étend le long du matelas et du lit et dans lequel ou enveloppa

DRA

le traversin. Une paire de draps. Des draps blancs. La princesse, enfin moins superbe, Ouvre au galant ses draps de lin, débang. Prov. \\ Comballre contre ses draps, contre son chevet, avoir peine à Bfl lever. || Entre deux draps, au lit. Perclus.... Tout de mon long entre deux draps, réonier, Épit. m. Le meilleur de ce conte Entre deux draps pour Renaud se p.issa, LA FONT. Orais. Quoil même dans ton lit, cruel entre deux draps.... boil. Lutr. iv. Pour le guérir de cette sciatique, Qui te retient comme un paralytique Entre deux draps sans aucun mouvement, maItbk ADAM, Rondeau. La manie de M. de liéthune était de se mettre entre deux drap», à quelque heure qu'il voulût faire .ses dépêches, ST-sm. (82, (80. {{ Mettre quelqu'un dans de l)eaux draps blancs, lui <lonner un lit dont les draps sont blancs et beaux; et fig. mettre quelqu'un dans de beaux draps, le compromettre, le mettre dans une fâcheuse position. Ah! coquines que vous êtes; vous nous mettez dans de beaux draps blancs, à ce que je voisi MOL. l'rdc. (S. || Être dans de mauvais draps, et, ironiquement, dans de beaux draps, être dans une mauvaise situation. La compagnie de Jésus est dans de mauvais draps, d'ai.emb. Lett. à Volt. Il mars (782. || Dans beaucoup de lieux, on tire le drap sur la f:ice d'une personne qui vient de mourir. || Familifcrement. Ce malade, cet enfant ne se soutient non plus qu'un drap mouillé, il ne peut se tenir sur ses jami)es. {| Terme de vénerie. Drap de curée, toile sur laquelle on étend les parties du cerf données aux chiens en curée. {| 4* Drap marin ou drap de mer, espèce de laine feutrée qui recouvre la plupart des coquilles, formant à leur surface un épiderme qui en cache les brillantes couleurs. || Proverbes. Les lisières valent pis que le drap, pour dire que les gens des frontières sont pires que les gens de l'intérieur du pays. || Au bout de l'aune faut le drap, signifie qu'on trouve la fin de toutes choses. || Il n'y a que cela de drap, pour dire : contentez-vous de ce qu'il y a. || Les plus riches en mourant n'emportent qu'un drap, non plus que les plus pauvres, locution tirée du linceul dans lequel on ensevelit les morts et qui est tout ce qu'ils emportent de leur fortune ou de leur puissance.

— HiST. XII* s. En Alexandre [Alexandrie] en fu li dras faitis [fait] , Jlone. p. 2*. Tous ses dras [habits] [il] a rompus et dépecez, ib. p. (07. Les dras de soie desrompre et deschirer, «6. p. i'I. || xiii* s. [Rue qui] Ne fust toute couverte de dras très richement, Berte, ix. Et le drap [du manteau] en fu fait au royaume de Frise, ib. xxxi. Il deit jurer sur sains que il nen a que la robe de son vestir, et les dras de son lit, Ass. de Jér. I, 188. Les aunes à auner les dras et les toilles, beaux, zxvi, 46. L'une des dames qui le gardoit li vculoit traire le drap sus le visage, et disoit que il estoit mort, ioinv. 307. Il XIV' s. [Le prévôt des marchands envoya à Charles, duc de Normandie] deux draps, ung de per [pers], et l'autre de rouge, pour ce que le duc fist faire des chapperons pour luy et pour ses gens tels comme ceux de Paris les portoient, Chron. deSt Denis, t. ii, f 244, dans LACURNE. Il XV» s. Un puissant homme de la ville qui estoit des draps [habillé aux dépens] du roi, FROiss. ii, ii, (is. Et sist à table [le roi d'Angleterre] en draps fourrés d'ermines, de vermeille escarlate, sans manches, ID. l, i, 273. Drajis de haute lice ouvrés 1 Krris en Picardie, id. liv. iv, p. 15», dans LACURMï. X icelle piteuse procession fut mené la mareschal de France Bouciquaul tout nud, fors de ses petits draps, Bouciq. i, ch. 25. Les chambres tendre de drapz d'or De haulte lice ; y ot encor Draps faitz de l'istoire de Troye, kust. dkscb. Poéiirs mss. ^ 455, dans lacurne. Cheval, poulain ne jument n'ay. Ne drap l.:.ge où l'en puist gésir, ib f°((o. Jît je m'en rioye en moy-mesme entre les (lraps,<«(5Jo!/fj,p.)2a.||xvi's.Voyanttantdedrap d'or [tant de seigneurs] monter, jean d'auton. Annales de Louit III, p. (49, dans i.ACUBNE. El y eussiez esté couché en blancs draps, pour une marque ineffaçable de vostre desloyauté, Sat. if in. p. (46.Defiez- Tous des gens qui ne voyent le jour que par une fenestre de drap [les moines], leroui uk lincy, Prov. t. I, p. 24. X drap meschant, belle monstre devant, ID. tb. t. II, p. (65.

— ÊTYH. Bourguig. drai; provenç. drap; anc. espagn. et portug. trapo; ital. drappo ; bas-lat. drappits; d'un mol germanique (ce qu'indique la variation des langues ron>anes entre le d et le i), <»nservé dans l'an};!. Irapping, décoration, tenture, que Biirnnuf, KofiO, notBs, p. xlviii, ratiaclie au ïend drafcha. drapeau. Dans l'ancien français drap linge signifiait toile.

DRA

t DRAPADE (dra-pa-d') , s. f. Terme de commerce. Espèce de serge.

— ÉTVM. Drap.

t DnAP.^^■T (dra-pan), ». m. || 1* Anciennement, celui qui fabrique les draps de laine. Par tel drapant ou aerger [fabricant de serge] que ce soit, Ilèglem. sur les manufaet. art. 30, aoflt (669. || 2* Planche sur laquelle le papetier met les feuilles de papier, k mesure qu'il les lève de dessus les feutres. || Drapant de la chaudière, planche sur laquelle on glisse la forme remplie de pSte.

— IIIST. ivi* s. Quand je parle des marchands, je compren les drapiers drapans, usant de ce mot \k généralement, H. est. Apol. pour Hérod. p. 234, dans LACURNE.

DRAPÉ. ÉE (dra-pé, pée), part, passé. || 1* Garni d'un drap de laine. Au roulement des tambours drapés, des grenadiers portaient le corps de leur vaillant capitaine, ciiateadb. Ci^nte, iv, i, 4 (. {| Bas drapés, bas dont le tissu imite le drap. || Terme de botanique. Garni de poils tellement courts et serrés qu'ils forment une sorte de tissu. Les feuilles du bouillonblanc sont drapées. || J' Fig. et familièrement, critiqué, de qui on dit du mal. Drapé d'importance i>ar ses camarades.

DRAPEAU (dra-pô), s. m. || !• Au sens primitif, pièce de drap; ce qui sert à emmailloller un enfant. On dit plutôt aujourd'hui lange. || %• Petit morceau de drap que le batteur d'or tient entre ses doigts. Il Terme de relieur. Drapeau à l'or, linge avec lequel le doreur, après avoir tout terminé, enlève l'or superflu en frottant toutes les places, et qu'il conserve à part jusqu'à ce qu'il soit suffisamment ch-rgé de métal. |{ 8» Haillon, vieux morceau de linge. Ils semblaient.... Crier en se moquant: Vieux langes, vieux drapeaux, Régnier, Sat. z. || Il ne se soutient non plus qu'un drapeau mouillé, se dit d'un homme faible au physique ou au moral. || Vieilli en ce sens. || 4* Pièce d'étoffe qui , mise au bout d'une lance, sert à distinguer par ses couleurs les nations ou les partis, et aussi à donner un signal. Le drapeau blanc. Le drapeau tricolore. Viens, mon drapeau, viens, mon espoir; C'est à toi d'essuyer mes larmes; D'un guerrier qui verse des pleurs Le ciel entendra la prière : Oui je secouerai la poussière Qui ternit tes nobles couleurs, bErano. Vieux drapeau. Il Être sous les drapeaux, sous le drapeau, être en activité de service. Outre ces troupes tenues sous le drapeau, chaque village entretenait un franc archer, VOLT. Mœurs, 80. || Par métonymie, l'état militaire, ou plutôt l'armée. L'honneur du drapeau. Il Au plur. Les drapeaux, les armées d'une puissance, d'un prince. Combattre sous les drapeaux de la France. Il suivit les drapeaux de Charles Xll. J'attaque sur son trône une reine orgueilleuse Uui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux, rac. Alhal. IV, 3. De quelle noble ardeur pensezvous qu'ils se rangent Sous les drapeaux d'un roi longtemps victorieux...? id. Uithr. m, (. || Fig. Se ranger sous les drapeaux de quelqu'un, prendre parti pour lui. || Fig. On m'a crié : l'occasion est bonne, Tous les partis rapprochent leurs drapeaux [se réconcilient], bérano. De prof. \\ Fig. J'ignore [il s'agit de vieilles qui portent la marque de vilaines maladies] dessous quels drapeaux elles ont combattu.... RÉGNIER, SaJ. XI. Il 6" Kn un sens restreint, l'enseigne d'une troupe, d'un régiment d'infanterie. Jusque-là le 1 37' avait marché sans ai^le; car alors il fallait conquérir son drapeau sur le champ de bataille, pour prouver qu'ensuite on saurait l'y conserver, SËGUR, //ist. de Napol. vi , 8. Les malades ne se séparèrent pas seuls de l'armée ; un grand nombre de soldats, dégoOtés et rebutés d'une part, de l'autre poussés par un esprit d'indépendance et de pillage, renoncèrent volontairement à leurs drapeaux, ID. ib. VI, 6. Il Battre au drapeau, exécuter une certaine batterie de tambour qui a lieu lorsqu'un régiment reçoit ses drapeaux, ses étendards ou ses guidons. Il Dans l'ancienne armée, enseigne de chaque compagnie, les drapeaux d'un régiment signifiant le drapeau de tout le régiment et les enseignes des diverses compagnies. Et aussi charge d'enseigne. Le roi a donné un drapeau à ce brave soldat. Il 6° Pièce d'étoffe d'une couleur ou d'une autre, dressée pour quelque indication. Dans les villes assiégées, on place un drapeau noir sur les hôpitaux, pour avertir l'assiégeant de ne pai diriger son feu sur ces asiles. || Drapeau ruiige. drapeau qui, en vertu d'un décret de la Constituante, devait être déployé chaque fois que, proclamant la loi martiale, on se préparait à disperser un rassemblement factieux. || Drapeau rouge, signal de ralliement pris] quelquefois par un* iniurrection, ou par oertainei'

DRA

opinions démocratiques exaltées. || Drapeau noir, pavillon de quelques corsaires, jj 7* Terme de chirurgie. Bandage destiné à maintenir un appareil sur le nez. || Nom vulgaire du ptérygion.

— HIST. xn* s. Dessired oui [il eut déchiré] ses drapels, puis puidre •urlechief, Koit, p. (». {|xin*s. Tantli bâtent et os et ,«l,Oue plusfu mal d'un viez 'Vapel, Ben. 9254. Renart a prisas mains la croiz, Si lor escrie à haute voiz : Danz Rois, tenez vostre drapel, ib. (1269. Icis venirs, icis alers [ces venues et ces allées] Font as amans sous lor drapiaus [habits] Durement ameigrir lor piaus, lo floie, 'i557. Il XVI* s. Nous éplucherons maintenant )es linges et drapeaux auxquels ils emmaillottent les âmes endormies, CALVIN, 64 Et s'en va porter un faix

de drapeaux [linge] àundouet.... desper. Conle», XXXVI. Elle n'osoit pas descendre à la cave, à cause qu'elle étoit en ses beaux drapeaux [vêtements] , l'fc. XLVii. Faut mettre un drapeau en double, trempé en syrop de roses seiches, dedans la playe, parK, XV, 30. M. le mareschal de Drissac luy donna son guidon de cent hommes d'armes, et tel drappeau ne se donnoit le temps passé, et mesme d'un si grand mareschal que celuy là, à jeunes gens qui n'eussent fait de fort signalées monstres de leur valeur, bbant. Cap. fr. t. m, p. 327, dans lacurne. le feu s'augmente de peu à peu, comme vous voyez qu'il fait en un drapeau de fuesil [amorce, amadou], bouchet, Serées, liv. i, p. iin, dans LACURNE,

— ETVM. Diminutif de drap; bourguig. draipéa; Berry, drapiau, lange; norm. drapet, linge; provenç. drapel; catal. drapet; espagn. Irapillo; portug. trapinho; ital. drapello.

t DRAPELET (dra-pe-lè), s. m. Petit drapeau, petit morceau de linge. Vieilli.

— HIST. xvi* s. Après que la petite fille eust esté bien lavée et nettoyée dedans le baing, et enveloppée dedans les blancs drappelets, Nuits de Straparole, t. I, p. 2(2, dans lacurne.

— ÊTYM. Drapel (voy. drapeau).

DRAPER (dra-pé), v. a. \\ 1* Recouvrir de drap noiren signededeuil. Draper un tambour. Les carrosses furent drajiés. |{ Absolument. Le souverain drape de violet. En Espagne, la reine mère mourut; elle était soeur de l'empereur et seconde femme de Philippe IV, qui de sa première femme avait eu notre reine Harie- "Thérèse, en sorte que le roi en drapa pour un an sans regret, st-sim. 36, (54. Le roi déclara à la mort du roi d'Espagne, qu'il draperait, m. 82, 66. ||1' Mettre de petits morceaux de drap aux sautereaux d'un clavecin, d'une épinette. || 3* Garnir de draperies. Draper un lit, une fenêtre. || 4" Terme de peinture. Habiller une figure de vêtements amples, ou la représenter habilléede vêtements amples. Draper une figure. Il Absolument. Le talent de bien draper. C'est un sac d'où sortent une tête et deux bras; il faut draper large, sans doute; mais ce n'est pas ainsi, DIDEROT, Salon de (765, CIBurr«, t. xiu, p. 2(. Il S* Fig. et familièrement, dire beaucoup de mal de quelqu'un. Que nous puissions draper comme ils font nos écrits, Régnier, Sat. ix. On dit qu'on l'a drapé dans certaine satire, boil. Sat. m. Quand Despréaux fut sifflé sur son ode, Ses partisans criaient par tout Paris: Pardon, messieurs, le pauvret s'est mépris; Plus ne louera, ce n'est pas sa mélliode; Il va draper le sexe féminin, fonten. Hadrigal. Une épîlre au colonel où je le drapai de mon mieux, J. 1. Bouss. Conf. iv. || 6* Terme de relieur. Frotter avec le drap fin. On dit aussi serger. Il 7* Se draper, v. réft. En pariani des acteurs, disposer son costume à l'antique. || Fig. Se draper, prendre une altitude théâtrale, se faire remarquer par sa pose. || 8" Ironiquement. Se draper dans sa vertu, dans sa probité, vanter sa vertu, sa probité, comme si l'on s'en faisait un manteau. Cela se dit surtout d'une vertu, d'une probité afl'eclèe pluifit que réelle. ||9* Us se sont joliment drapés, ils ont dit beaucoup de mal l'un de l'autre.

— HIST. XIII* s. Nus ne puet [peut] mettre aignelins avec laine pour draper, et se il le fet. il est de chascune drapée en dix sous d'amende, Liv. des met. (2(. Il XVI* s. Lessez les fleurs, o déesses napées. Et appeliez les fontalles nayades. Et aux foresls de verdure drapées Allez quérir satires et dryades, jsan d'auton, Attruxles de Louis III, mi. f' '31, dans LACURNE. Oudart se chausse de son guantelel : et de daultier Chicquanous, et de drapper C.hicquanous, rab. Pant. iv. (4. Tant plus avant nousentronsen ce propos. et plus ces bons seigneurs ici draperont sur la tissure, et tous, à nos dépens,

MARC. Nouv. XX Comme la grande quantité de

fines laines, te drappans dedans le royaume, et

DRA

DRE

DRE

transportées es pa!s voisins, pour estre ouvrées, en rendent bon tesmoignnge, o. de serres, 3I6.

— f-Tlil. Drap. Draper , dans le sens de critiquer, est le terme de peinture détourné pour signifier couvrir d'une draperie ridicule, railler, se moquer.

DRAPKRIE (drape-rie), s. f. || l" Manufacture de drap. Une importante draperie. || 2° Le commerce du drapier et les articles de ce commerce. Établir une draperie. Vendre de la draperie. || 3° Terme de peinture et de sculpture. Représentation do vêtements amples et llotlants dont l'artiste couvre les figures. Que les draperies soient jetées noblement, nue les plis en soient amples, qu'ils suivent l'ordre des parties, les faisant voir dessous par le moyen des lumières et des ombres, du fresnoi, dans ri- CHELET. Il Draperie mouillée, draperie qui semble être l'imitation d'un linge mouillé appliqué sur le modèle. || 4* Ornements de tapisserie à grands plis. Les hommes aiment tellement la draperie qu'ils tapissent jusqu'aux chevaux, VAUVEN. Nouv. max. U. Il Par extension. Les convolvulus suspendent devant son nid [de la poule d'eau] leurs draperies de verdure, chateaub. Génie, i, v, 7. || 5° Draperie d'enseigne, l'étoffe d'une enseigne, d'un drapeau, d'un étendard. || 6° Anciennement, office qui, dans la maison du roi, s'occupait de draper. X la mort du roi, Laval, profitant de la débandade de la draperie, avait obtenu du régent de draper, st-sim.

— HIST. ïin' s. MES tout aussi com draperie Vaut miex que ne fet freperie, Valurent mieux cil qui jà furent De cels qui sont et il si durent, euteb. 230. Il xv s. En celle ville de Saint-Lo en Cotentin avoit très grand draperie et grosse, et grand foison de riches bourgeois, fhoiss. i, i, 270. || xvi* s. Et ce disant, avec un gros baslon et à tour de bras commença à ruer sur sa draperie [son dos], despeh. Contes, vin. Plusieurs en nos cours en ay-je veu tels qui, craignans de parler des hommes de peur de la touche, se mettoient sur la draperie des pauvres dames, brant. Des dames galantes, 6* discours.

— ÊTVM. Drapier; provenç. draparia; catal. drapcria; espagu. traperia; ital. drapperia.

DRAPIER (dra-pié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les dra-pié-z et les draps), s. m. Il 1° Fabricant, marchand de draperie. || Adj. Marchand drapier. || Au fém. Une drapière, une marchande de drap. || 2" Un des noms du martin-pêclieur, (lit aussi garde-boutique, deux noms donnés à cet oiseau parce qu'on s'imagine à tort que, mort et placé dans une armoire, il empêche les draps, les étoffes d'être attaqués par les teignes.

— HIST. xiii* s. Li draper de Paris establirent entre eus, qu'il ne creroient [confieraient! à nul nules de leur denrées, Liv. de just. il. Se li drapiers ne t'en veut croire. Si t'en rêva droit à la foire. Et va au change, ruteb. 28. || xiV s. Justice est gardée en communication politique, quand on fait au corduennier retribucion condigne pour ses chaucemens, et au drapier pour ses draps, oresme, Eih. 247.

— ÊTYM. Drap; provenç. draper, drapier; ital. drappiere.

t DRAPIËRE (dra-piê-r'), s. f. Grosse épingle courte dont les marchands se servent pour fermer leurs ballots.

— ÉTVM. Drap.

t DRASSE (dra-s'), s. m. Genre d'araignées.

DRASTIQUE (dra-sti-k'), adj. Terme de médecine. Qui purge énergiquement. || S. m. Les drastiques, les purgatifs énergiques, tels que le jalap, labryone, le nerprun, la coloquinte.

— ÊTYM. Apatmxoî, qui opère, de 8p5v, faire.

■j- DRAVE (dra-v"), s. f. Terme de botanique. Genre de crucifères la plupart alpines. La drave vernale, dite par les jardiniers mignonuettej on la nomme aussi quelquefois piloselle.

t DRAVIDIQUE (dta-vi-di-k'), adj. Langues dravidiques, celles des langues de l'Inde, dont les radicaux n'ont rien de commun avec les radicaux san.scrits. et qui paraissent avoir été les idiomes des indigènes avant l'invasion des hommes parlant sanscrit. Le tamoul est une langue dravidique.

— ÊTYM. Dravida, nom d'un canton de l'Inde, t DR A VOIRE (dra-voi-r'), ». f. Voy. dra voire.

t DRAW-BACK (drô-bak), t. m. Terme de commerce. Remboursement, fait à la sortie de certains produits fabriqués, d'une somme équivalente au droit d'entrée qu'a payé, sous forme de matière première, le produit qu'on exporte. 1| Au plur. Des draw-backs. || Maintenant on l'écrit plutôt sans Irait d'union : drawback.

— ÉTYM. Angl. draiB-haek, remise, de (o draw, tirer, et back, en arrière.

t DRAYAGE (drè-ia-j') , t. m. Êcharnement des peaux destinées au tannage.

t DRAYER (drè-ié), v. a. Écharner les peaux avec la drayoire.

— ÉTYM. On peut conjecturer que drayer est une corruption de draguer dans le sens de tirer, nettoyer.

t DRAYOIRE (drè-ioi-r'), «. f. Couteau pour drayer.

— ÊTYM. Drayer.

t DRAYURE (drè-iu-r'), s. f. Rognure de cuir enlevée du côté de la chair avec la drayoire.

— ÊTYM. Drayer.

DRÊCHE (drê-ch'), s. f. || !• Orge fermentée dont on a arrêté la germination au moyen de la chaleur et que l'on emploie pour la préparation de la bière. Il 2° Résidu de l'orge germée et concassée qui a servi à la fabrication de la bière.

— ÉTYM. Wallon, drâhe; namurois, drauque; rouchi, draque, drache. On le tire du germanique: anc. haut-allem. drescan; allem. mod. dreschen, battre le blé; de sorte que la drêche serait, étymologiquement, quelque chose de moulu.

t *. DRËGE (drè-j'), i. f. Voy. dreige.

t 2. DRÈGE (drè-j'), t. f. Peigne de fer servant à séparer la graine de lin d'avec ses tiges.

t DRÉGEIl (dré-jé. L'accent aigu est conservé dans toute la conjugaison: je drége, suivant l'habitude de l'Académie qui conjugue ainsi ces verbes : je protège, etc.; le g prend un e devant o et a : drégeant), v. a. Peigner le lin avec la drège.

f DREIGE (drè-j'), s. f. Terme de pèche. Grand tramail pour les gros poissons; pêche qui se fait avec ce tramail. Voy. drague.

t DREIGEDR (drè-jeur), adj. m. Terme de pêche. Bateau dreigeur, bateau dont on se sert pour pêcher à la dreige. Voy. dragueur.

t DRELIGNE (dre-li-gn'), s. f. Nom du bar sur quelques côtes.

t DREHN (dre-lin), s. m. Onomatopée (jui représente le son d'une clochette. Les drelins de la sonnette. Ma sonnette ne fait pas assez de bruit.... drelin, drelin, drelin, mol. Mal. im. i, i. |1 Drelin dindin. Pauvres fous , battons la campagne ; Que nos grelots tintent soudain; Comme les beaux mulets d'Espagne, Nous marchons tous drelin dindin, bé- RANG. Couplet. Il Se dit aussi du bruit que font les buveurs en frappant contre leurs verres avec les couteaux. Le drelin dindin des verres.

t DRENNE (drè-n'), s. f. Espèce de merle. |1 Espèce de grive.

t DRÉPANOPIIORE (dré-pa-no-fo-r') , adj. Terme d'antiquité. Armé de faux. Chariot drépanophore.

— ÉTYM. Apiitavov, faux, et (popà;, qui porte.

t DRESSAGE (drè-sa-j") , s. m. ]\ !• Action de dresser , de redresser le fil destiné à faire des aiguilles ou des épingles. Le dressage des aiguilles. || 2° Action de dresser une glace, un miroir, etc. |j 3° Terme de métallurgie. Préparation des meules de carbonisation. Il Opération par laquelle on rend droites et planes les barres de métal qui viennent d'être étirées. Il 4" Opération qui consiste à ébarber chaque verre de montre en rognant avec des ciseaux plats et longs les bords qui dépassent la circonférence donnée par le moule.i||5° Partie de l'éducation qui a pour but d'habituer les animaux aux allures, au travail, au genre d'exercice dont l'homme a besoin. || 6° Terme de jardinier. Palissageàsec qui se fait après la taille.

— ÉTYM. Dresser; Berry, dressage, dersage, habillement.

f DRESSE (drè-s'),s./'. Morceaude cuir q>ii se met entre les deux semelles d'un soulier pour le redresser quand il tourne. || La dresse d'un devis, rédaction d'un devis, cappeau, Comp. des Alnines, p. t43.

— ÉTYM. Voy. DRESSER.

DRESSÉ, ÊE (drè-sé, sée), part, passé. \\l' Wia droit. Des quilles dressées. Un cheval quia les oreilles dressées. Dites-moi dans quels lieux ces tentes sont dressées, volt. Triumv. iv, 3. Tout ce que bâtit l'homme est biti sur le sable. Ce qu'il dresse est dressé pour le vent du désert, v. hugo, Toix intér. 28. Il Terme de botanique. Perpendiculaire au plan de la base. Tige dressée, celle qui s'élève de la racine perpendiculairement à l'horizon. Feuille dressée, celle dont la direction approche plus ou moins de celle de la tige ou du rameau qui la porte. Calice dressé, celui dont les divisions s'élèvent peu à peu parallèlement à l'axe rationnel de la fleur.|| 2" Dirigé. Si j'étais aux spectacles, je trouvais cent lorgnettes dressées contre ma figure, montesq. Lett. pers. 30. Il 3° Préparé, disposé. Hôpitaux dressés pour les

mettre [les pauvres] à l'abri d'une importune mendicité, FLécH. M. de Mont. Si cette paix.... Couvrait contre vos jours quelques pièges dressés? hac. Brit. V, (.Un festin que Rose apprête, Gatment par nous est dressé, bKrano. Uiver. || 4° Rédigé. Vous voyez par tout cela combien cette bulle est défectueuse dans la manière dont elle est dressée, pasc. l'rov. 19. L'acte de leur séparation est dressé chez le notaire, LA BRUY. v. Il B° Qui a reçu l'éducation convenable pour certains exercices, pour certains services. Des soldats bien dressés. Une femme de chambre dressée au service. || Par extension. Un cheval, un chien bien dressé. || 6" S. m. Qualité d'un animal parfaitement dressé. Avoir le dressé.

t DRESSÉE (drè-sée), s. f. Terme d'épinglier. Botte de fil de cuivre d'environ 26 livres. Faire une dressée. || Terme de chaufournier. Couche de pierres dans un four cylindrique, où l'on brûle du charbon de bois.

— ÉTYM. Dressé.

t DRESSEMENT (drè-se-man), s. m. Action de redresser le fil de cuivre destiné à. faire les épingles.

— HIST. xvi* s. Estant le dressement [action d'a»surer les droits] dos dits créditeurs tiré en longueur, liouv. coutum. génér. 1. 1, p. 46 1.

— ÉTYM. Dresser.

DRESSER (drè-sé), v. a. || 1' Lever et tenir droit. Dresser la tête. Dresser un mât. Ce cheval dresse les oreilles. Les deux jeunes faunes qui sont à ses côtés ont dressé leurs oreilles pointues, diderot. Salon de 4766, (Euvres, t. xiii, p. i7. || Fig. Cette parole fait dresser les oreilles, se dit d'une parole qui , pour un motif quelconque, excite vivement l'attention. Mais que Foy, dans ce moment de verve applaudi de toute la France, prélude une espèce d'apostrophe, on dresse l'oreille aussitôt, l'alarme est au camp, les muets parlent, tout s'émeut, P. L. COUR. Lett. X, t. I, p. 220. Cette locution est une image tirée des animaux qui en effet dressent leurs oreilles. || 2* Eriger, élever. Dresser des statues. Dresser un trophée. Et dresser un tombeau témoin de son malheur. Qui le soit de sa gloire et de notre douleur, corn. Sertor. v, 8. Le roi Antiochus dressa l'abominable idole de la désolation sur l'autel de Dieu, saci. Bible, Machab. i, 1, B7. Vous qui vous êtes préparé un sépulcre, qui vous êtes dressé un monument avec tant d'appareil dans un lieu élevé, et qui vous êtes taillé dans la pierre un lieu de repos, in. ib. Isa'ie, xxii, 16. On leur a dressé des statues et'des monuments superbes, MASS. Or. fun. Dauph. On lui dressera des monuments superbes pour éterniser ses conquêtes, ID. Pet. car. Tent. || 3" Établir, disposer. Dresser la table. Dresser un triomphe, une pompe funèbre. Dresser un échafaud. Dresser un lit. Dresser u» buffet. Qu'au plus haut de ce mont un bûcher soit dressé, rotrou. Hercule mour. iv, 5. Mon barbon serait heureux d'être de sa suite, et de grossir le train que vous lui dressez, balz. d Ménage. Si de ces grands apprêts pour la cérémonie, Que depuis si longtemps on dresse à si grand bruit, corn. Titi et Bérén. i, 3. On fait dresser un appareil de pompa funèbre pour satisfaire à chaque point de l'oracle. LA FONT. Psyché, I, p. S2. Après avoir fait pendant la nuit un butin immense, les Macédoniens dressèrent leur camp, ROLLIN, Hist.ane. CEuvres, t.viii, p. 77, dans POUGENS. || Dresser une batterie, mettre en batterie des canons, de manière qu'ils puissent diriger leur feu sur un point. || Fig. Dresser ses batteries, prendre ses mesures pour faire réussir un projet qui peut rencontrer de l'opposition. || Dresser de bonnes batteries, employer de puissants moyens. Il Dresser un piège, des embûches à quelqu'un. Dresser une embuscade, vaugel. Q. C. liv. m, dans RICHELET. Il ne pense pas que personne veuille lui dresser des pièges, la brut. ii. On me l'avait bien dit que ces femmes coquettes. Pour faire réussir leurs pratiques secrètes. Des nouveaux débarqués s'informaient avec soin. Pour leur dresser après quelque piège au besoin, regnard, Ménechmes, u, 4. ||Fig. Je saurai.... L'ériger en tyran par mes propres conseils, De sa perte pour lui dresser les appareils, corn. Perthar. il, 2. Et s'il faut par hasard qu'un ami vous trahisse. Que pour avoir vos biens on dresse un artifice? mol. jlfiî. I, i. Pour lequel des deux princes au moins dressez-vous cet artifice? id. ^manfs magn. IV, 4. Il i' Terme de cuisinier. Dre.sser une volaille, l'arranger de manière qu'on puisse la mettre à la broche. Dresser un plat, le disposer de manière qu'il soit prêt à être servi. || Terme de pâtissier. Dresser une pièce, en faire les bords. Dresser un pâté. Il Terme de métier. Unir, aplanir, rendre droit.

Page 1