‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 141 sur 233 · MESRAÏM · texte numérisé non relu

MESRAÏM

Qui cherchiez- vous ici, quel pays vous vil naître?

ESOS.

J'ai connu cette terre avant qu'elle eût un maître;

Voici bientôt cent ans : je suis né dans des lieux

Que n'avaient point souillés les auiels des faux dieux.

Je m'en suis exilé... Mais celle voix si lendre

Me trouble, et malgré moi je frémis de reiilcndio.

Ce regard... ô grand Dieu! comblcs-lu nies malheurs?

.M'avais-tu réservé cet excès de douleurs !...

De mon lils égorgé par un barliarc niailre

Je >iens chercher l'enfant; c'est ici (|u'il dftit èlie.

Jeune homme, à votre tour, parlez, répondez-moi :

Quille est voire famille? Eles-vous fils du roi ?

Volrt; nom? Dieu jinissanl, rends-le-moi pur encore,

El fais-moi retrouver un enfant qui t'adore.

(Jli! dis-iiioi, Dieu puissant, dis que ce n'est [tas lui.

.\ii nille de Raal ronsacré d'aiijoiird liiii,

Ji- suis lin orpliclin ipii n'ai |)oiiii vu mon |)ère ;

Mais \((ii> ireinhie/ ! Quoi doue? ô terreur! ô misère I

Quoi ! le (ils, diles-voiis, d'un père assassiné

Dans «f palais inipif ii l.inguir condamné.

Qui 1 allrnix soiivinir!.. ô mes rêves d'enl'ancc!

Mais qui donc a ^cmrod livra son innocence?

KNOS.

Le torrent et la mort qui nous avaiiMit trahis. ^ous [H-ri.ssions tous trois...

Ji: le connais..

Arrêtez! votre fiU,

Dis-moi qu'il a perdu la vie.

UEhlIAItl.

Il regarde la tombe avec un o;il d'envie; Ne m'iiiterrot(i'Z pas, ô |ière infortuné ! Lorsipir je vous jn^^eais vous m'avez condamnd. .Non, volf (ils n'est [dus, mais il respire eiKoïc; Il respire, «-l sa vie, iielas! vous déslionoif. l'.ir le Dieu de viu père en secret toiiriiienU',

Si-

si YSTERFS

noiiloiix d'un t'iiro impur qui! n'oùl pas acooplo, Pi»':nroil l'avail clioisi pour le cluf de ses prêtres..

MYSTKRES

Jo veux fotilor aux piods Ion encons profané, Kt menacer Ncmro<l de <e bras eucliain»'.

Kl lu n'as pas tonné, grand Dieu de nos ancêtres! Qn md po)ir clierrher mon fils, affrontant le trépas, ^lon cœur le voyait mort, il ne se iromp:iit pas. <) .Nemrod! que sur loi relombcDl nos misères!., (lonimenl l'a-l-il caché, le grand Dieu de tes [htcs. Dont l'univers entier proclame b grandeur, ¥.1 qui du riel profond déroule la splendeur? f'.ommoRl t"a-t-il fait croire à son itifàme idole, Son dieu sans mouvement, s^ins âme et sans parole? Non, tu n'es pas le fils du martyr Azraél; Vil prêtre de Baal, rends-moi mon Âriel.

0 mou père! à sa Iionlc épargnez ce langage; Vojez, de ses deux mains ii couvre son visage! luiplorons avec lui le céleste pardon.

MESAVÏX.

Oli ! que ne suis-jc mort sans savoir mon vrai nom?

e:ios.

Il en est temps encor : fuis ce palais impie ; Dans l'exil avec nous que ton erreur s'expie : Jette ces ornements et cet or odieux; Viens, viens dans nos forets oublier les faux dieux.

ÏIF.SRAÏM ou ARir.L.

0 mon père, écoutez! je n'ose tout lui dire; 0 tourments de l'amour! ô gloire d.i martyre. En déchirant mon coeur, que lui demandez-vous?

e:^os.

Mon fils, veux-tu nous voir jHeurcr à tes genoux?

ADA

Mais tu pleures toi-même, oh! courage, mon frère!,.

ARIF.L

Hélas! mais de Zelplia puis-jc trahir le père? La fille de Nemrod, tout l'amour de mon cœur, Puis-je l'abandonner mouraiile de douleur? Car elle est toute à moi! car il me l'a donnée, Et ce jour i\ la sienne unit ma destinée... Ah ! je vois le courroux allumer votre front...

ENOS

Je ne m'attendais pas à ce dernier affront!

ARIEI..

0 mon père ! daignez ne pas maudire encore !

ENOS

Tu l'aimes!...

AMEL.

Par piiié !

ENOS

Tu raime»!

ARIEL

Je l'adore!...

ENOS

11 sufTil : je t'entends, je n'ai plus qu'à mourir ; Tes dieux aiment le sang, tu vas leur en offrir ; Viens l.oer dans le mieu la hoi\le de la race. Punis de mon amour la gi'Mnissaute audace; Accuse la lenteur de mes pas chancelants, El jusqu'.î les aulels traîne mes cheveux blancs. Toi If fils de Nemrod ! toi l'époux de sa ftlle! Pour mériter ce titre, égorge ta famille!

ARIEL

0 mon pcrc! 6 ma sœur!...

K.NOS

Analhème sur loi !

M.iis sois donc courajreux dans ion crime! Suis-moi, Sur l'autel renverse de ion dieu que j'abhorre, Vient voir si mon vieux sang pourra fumer encore.

Non : mon père, arrêtez, je consens à voiis suivre; Souffrez en ce luomfint que ma main vous délixre.

Es-tu sincère au moins!

ARIEL

Oh ! saivcz-moi d'alkoriL SCÈNE IX.

Les précédents, Nemrod.

NEHROD.

Gardes, que ce vieillard soit conduit .à h mort; (-aché près de ces lieux où j'ai pu tout entendre. J'ai vu de Mesraim ce qu'on pouvait attendre; .Maintenant qu'il choisisse entre cet honiinc et moi : Veux -tu l'amour du père ou le courroux du roi?

ARIEL

Nemrod, de ta douceur j'aurais craint la magie. Mais ta férocité me rend mon énergie. ,

(// déchire ses ornements de prêtre.) Fai; apporter des fers!

ENOS, lui tendant les bras.

Mon fils est retrou¥<i '

ARIEL

Mon père !

NEXROD.

Il est perdu !

ADA

Mon frère ! il est sanvé

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