‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 138 sur 336 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

— Du mot latin crena (coclie), d'où sont venus cran, créneau (?).

— Pendre la crémaillère : inaugurer un looement par un dîner.

Crémation, du latin cremave, hrûler.

Crêpe, du latin crispus, frisé, crépu.

Étoffe qui frise naturellement. Voile long porté en signe de deuil.

Boileau l'applique à la nuit.

...Dès que l'ombre tranquille Viendra (l'un crêpe noir envelopper la ville.

Crépin (nom de saint) ; du grec krépis : latin crepida.

— La krépis était le soccus des Romains, sorte de chaussure lâche, qui se portait dans l'intérieur, et que nous avons traduit par brodequin, tandis que le cothurne était la chaussure d'apparat, attriltuée aux seuls acteurs tragiques.

— Saint Crépin et saint Crépinien étant venus de Rome dans les Gaules, pour y prêcher le christianisme, s'arrêtèrent à Soissons, où ils exercèrent la profession de cordonnier.

Ils furent martyrisés vers l'an 387.

Les cordonniers ont pris saint Crépin pour .patron, et le fêtent le 25 octohre.

— Être dans la prison de saint Crépin : dans des souliers étroits. Porter tout son saint-crépin : tous ses outils de cordonnier, et

par extension, tout le petit bagage d'un ménage pauvre, tout ce

qu'on possède, particuUèrement la bourse, appelée autrefois crépine.

Ou dit aussi le saint-frusquin pour le saint-crépin. (Voy. frusquin.^

Crépuscule, du latin creperus et lux, lumière incertaine.

Nom de deux moments de la joui^ée, avant le lever et après le coucher du soleil. La lumière de cet astre, réfractée par les couches supérieures de l'air, éclaire la terre pendant quelque temps, bien que le soleil soit au-dessous de l'horizon.

Cresson, lias-latin cressonem: du germanique kresso. La santé du corps. « En effet, dit Méry, on vit très longtemps, si l'on sait manger du cresson pendant cent ans. »

Crésus, nom iiistorique.

Crésus, roi de Lydie, était réputé pour sa richesse ; monté sur le trône 559 avant J.-C.

Nummus lincit, nummus régnât, nummus imperat.

Riche comme Crésus : c'est un Crésus.

Crétinisme. (Voy. écroueUes.)

Cretonne, mot liistoriqiie.

lK''ri\L' (lu nom d'un villMue de Normandie, de l'inventeur Creton, qui, au xviie siècle, ima.uina cette toile, dont la chaîne est de chanvre et la trame de colon.

Creux, trou, excavation ; latin crota, grotte, crypte. Provençal crota, cave : autrefois crotte.

Ne trume crules (|u'il iic (ace remplir.

iGnrin le Loherain.)

Crever, du latin crepare, éclater.

Quelques-uns le font venir, à tort, de crevi, parfait du verbe cresco, grandir : et le rapprochent de cribrum, crible, en provençal cruvéou^ tamis.

Crever dans sa peau : être très orgueilleux, plein de soi.

Invite aux crevailles. (Rabelais, V, 17.)

Cri. Scaliger dérive cri de quœrltare. C'est bien plutôt une onomatopée. (Non : mais bien le sul)stantif verljal de crier, qui vient, lui, de quiritare.)

A cor et à cri. (Voy. cor.)

Pousser des cris d'aigle, des cris de paon.

En provençal, on dit : faire des cris célèbres, pour de grands cris.

— Cris de Paris, annonce à haute voix, faite par les petits marchands amliulants de Paris, des objets qu'ils mettent en vente.

— Chaque bête fait son cri : tout a son utilité.

— On dit : le cri des animaux : le chant, le ramage des oiseaux.

DICflONNAlRK UKS CRIS DKS ANIMAUX :

L'abeille bourdonne. Le chat miaule.

L'agami crépite. Le chat-buant hue.

L'aigle trompette, crie. Le chien aboie, clabaude, hurle.

L'âne brait. Le petit chien jappe.

Le bélier hèle. La chouette bue.

Le bœuf beugle, mugit. La cigale claquette.

Le luiflle beugle. La cigogne claquette.

Le luitor butit. Le cygne chante.

La caille courcaille. Le cochon grogne.

Le canard cancane, nasille. La colombe roucoule.

Le cerf brame. Le coq chante.

Le chardonneret gazouille. Le corbeau croasse.

Cftï

La corneille croasse. lt:il)illo.

Le coucou coucoiile.

La crécelle crécelle.

Le crf-cri crie.

Le crocodile lamente.

Le daim ni le.

Le dindon glousse.

Le dindonneau piaule.

L'éléphant harrite.

L'épervier glapit.

Le faon râle.

Le foulque llùte.

Le flamant trompette.

Le geai garrule, siffle.

La grenouille coasse.

Le grillon grésillonne.

La grue craque, trompette.

Le hibou iiue.

L'hirondelle gazouille.

Le huart fait huart.

Le jars jargonne.

Le lapin glapit.

Le léopard miaule.

Le lion rugit.

Le loriot siflle.

Le loup hurle.

Le merle siffle.

La mésange pépie.

Crible, du latin cribrum.

Le crihle de la critique. Criblé de blessures.

Crier, du latin rjuirilare, appeler à son secours les Quirites, ou citoyens.

Crier connne un aveugle qui a perdu son bâton (Rabelais), c'està-dire se désoler comme un liomme sans ressources.

11 est comme l'anguille de Mebin, il crie avant qu'on l'écorche.

Crier haro sur quelqu'un. (Voy. liaro.)

Crier comme un sourd. (Voy. sourd.)

Crime, du latin crime/).

Le milan huit.

Le moineau pépie. i)iaille.

La mouche bourdonne.

Le mouton hèle.

Le nndet brait.

L'oie piaille, jargonne.

Le paon braille, criaille.

La perdrix cacabe.

Le perroquet parle, canse.

La pie jacasse, jase.

Le pigeon roucoule.

Le pinson frigote.

La pintade crécelle.

La poule claquette quand elle

va pondre; glousse quand

elle va couver.

Le poulet piaille, piaule.

Le ramier gémit.

Le renard glapit.

Le rhinocéros harrite.

Le rossignol chante, ramage.

Le sanglier grommelle.

Le serpent siffle.

Le taureau heuole. mugit.

Le tigre rauque, miaule.

La tourterelle gémit, rouconle.

Le veau beugle.

].(■ crime l'ail la iKintc, et non pas l'écliafaml.

(COBNEII.I.

Comte (l'Exsex.)

CM ?aS

Ce vers est aiiii»liiliolo,ui(iiif' ; il ne dépendait qne de Tauteur de

dire :

La lionto vioiil du crime, et non de l'écliafaud.

Ce vers a inspiré le distique suivant :

L'échafaud n'est liontenv que pour te criminel ; Quand l'innocent y monte, il devient un autel.

(MEnciRP,, Tableau do Paris.

Dans le crime il suffit qu'une fois on débute. Une cliute toujours attire une autre ctiute.

(Buii.KAU, Satire X.)

La crainte suit le crime, et c'est son cliâtinieat.

(Voi.TAiHF,, Sémiranii.-. V. I.)

La peine siut le crime, elle arrive à pas lents.

(Voi.TAiiiE, Oreste, I. 1.)

(Inljiinn pœna prcmit.

(HonACK, Odes.)

Crin, dn latin rrincm.

La radical de crin est le verbe grec krinô (?), diviser, passer au tamis. C'est en elTet le crin qui sert le plus communément à faire les cribles et les tamis.

Etre comme un crin : très irrita l>le.

Crin-crin, violon. Expression populaire et imilative, employée

par Molière. (Fdcheu.r, 111, 7.)

...Monsieur, ce sont les masques.

Qui portent des crin-crins et des tamliours de liasques.

Crise, du grec krisis, de krinô, juger.

Piiase urave dans une maladie, et, par suite, en poUtique.

Cristal, latin crijstal/us ; du orec krustnlio.^.

Le cristal d'uije fontaine.

Critérium, mot latin déri\é du grec krifPrion.

Marque à laquelle on reconnaît la vérité.

L'évidence est le critérium de la vérité.

Critique, du grec kritih', par rintermédiaire du latin.

Krinô est le corrélatif du latin rerno, d'où discerner.

Critique sévère : démolisseur, éreintement...

Voltaire n'en reste pas moins le grand démolisseur religieux et moral du xviii-^ siècle. (Asse, cité par Larclier.)

En 1830, les romantiques « démolissaient « Corneille. « enfonçaient » Racine.

Dat ceniam corvis, v.exat cen.sura columba<.

(.k.VKî;AI..)

(La critique épargne les corbeaux, et frappe les colombes.)

Page 1