‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 146 sur 336 · DAM · texte numérisé non relu

DAM

Damas. Le cliomin de i);nii;is : I;i coiiNcrsioii.

Saint Paul, qui n'clait alors ni saint ni Paul (car il s'appelait Saul et persécutait les chrétiens), eut, sur le clieniin de Damas, une vision à la suite de laquelle il se convei'tit au cliristianisiue, et devint un des ap(itres les plus l'er\ents de la reli.uion nouvelle.

Dame, domlnum et dointnain, uiaitre, maîtresse.

Dame se disait autrefois pour Seigneur: Dame Dieu. Dominum Deinn .

On disait même à l'oriuine Damne: Damne Deu. (Chanson de Roland, st. 82.)

De là sont formés: vidame, damoiseau, danieret, et riuterjection.

(]ette formé: masculine s'est conservée dans certains noms oéographiques: Damnuirtin, Dampierre, etc.

Plus tard, dame a pris le sens féminin de domina.

De mi dans san/ia Maria. (De ma dame sainte .Marie.)

J)omina était nu litre qui se donnai! cxcliisiNciiicnl aii\ femmes du premier rang: au-Vcliàt(Maines, qui a\ aient un « domaine ».

De ce domina est venu l'espagnol dona, en français duègne.

Dominum est devenu aussi par apocope (?) dom ; en espagnol don, qui ne se place que 'devant le noni de baptême.

Don Lopo de Gusmaii, don Manriquc de Lare, Et don Alvar de Lune, ont un mérite rare.

(GoRNKii.r.K, D. Saiir/ip.)

On dit absolument Notre-Dame, pour la sainte Vierge, la dame par excellence.

La devise des Paladins était : « Mon Dieu, mon Uoi, lua dame ! »

Froissant dit qu'un chevalier a doul)le courage, quand il est animé par les regards d'une dame lielle et vertueuse.

Tne (les iiiaxiiiies des aiu'ieiis cheNaliers était qu'on devait tout dire à sa dame, et ne rien dii'e d'elle.

— Dame! interjection, s'emploie pour aflirmer une chose dont quelqu'un doute.

Dame est explétif et afllrmatif, selon qu'il s'ajoute à- oui ou à non : Ah ! dame, oui. — Mais, dame, non !

— Jadis on jurait par Notre-Dame, et les jurements dame, t rédame ! sont sans doute des abréviations.

Le nom de Marie, donné à la mère du Sauveur, signille dame, dit saint Jérôme; c'est le féminin du syriaque Mario, seigneur.

— Dame de compagnie. Une dame russe voyageait avec trois demoiselles de compagnie : une ItaUenne, qui chantait à ravir : une

Anglaise, folie, pour lo plaisir des yeux ; une Française, chargée du soin d'entretenir la conversation.

L'Anglaise fut enlevée par un Moldave, aux eaux de Carlshad : l'Italienne suivit un ténoi- rencontré à Baden ; la Française épousa un Américain.

La dame russe, dégoûtée des dames de compagnie, prit alors un médecin, un secrétaire, et un précepteur pour son fds...

— DamereL petit-maltre qui cherche à plaire aux dames.

Peiiulre Caton galant, et Rriitus damcret.

(Bo„.KA...)

Damoclès, nom historique.

Lépée de Damoclès : danger auquel on ne peut se soustraire : menace dont l'eiTet ne tient qu'à peu de chose.

— Damoclès,' courtisan de Denys, le tyran de Syracuse, vantait sans cesse le l)oniieur de ce prince. Ehloui par la maghificence de son maître, il le féhcitait sans cesse. Denys l'invita à prendre un moment sa place et le fit asseoir à une tahle chargée des mets les plus exquis.

Damoclès reposait sur un lit d'or et d'éhène, orné de pourpre : mais, en levant les yeux, il vit une épée suspendue au-dessus de sa tête par un crin de cheval Epouvanté à cette vue, il comprit ce qu'était le honheur d'un tyran, et supplia Denys de lui permettre d'ahandonner une place si dangereuse. (Cicéron, Tusculanes.)

— Pétronius Maximus, empereur romain, ne régna que 77 jours; la couronne lui parut trop lourde. « Heureux Damoclès ! disait-il, tu ne lus roi que pendant un repas ! »

Nota : Cet empereur (455) fut lapidé par le peuple.

— Faites rentrer au fourreau cette innocente épée de Damoclès !

\)Q Damoclès l'épée est bien comiiie :

En songe, à table, il m"a semblé la voir. Sous celte épée et menaçante et nue, Denys TAncien me forçait à m'asseoir.

(Bkra.xgkk.j

Danaé, fille du roi Acrisius, fut enfermée dans une toui' d'airain, par son père, à qui l'oracle avait prédit qu'il serait tué par l'enfant qui naîtrait d'elle.

Jupiter pénétra dans cette tour sous forme de pluie d'or, et séduisit Dauaé. De cette union naquit Persée, qui, par accident, fut le meurtrier d'Acrisius. (Ovide, iMétamorplioses.)

— A Paris, plus de Danaés que de Vénus.

Danaïdes. Le toniiraii des Dîiimïdes : traviiil inirlilc.

— Les Danaïdes, lilles deDanaiis, roi d'Argos, étaieut au nombre de cinquante. Elles épousèrent les cinquante fils de leur ^iclc paternel Egyptus. 1

Danaiis, craignant raccoinplissenient d'un oracle qui annoiçait (pi'il serait détrôné par un de ses gendres, ordonna à ses fillfg de luer leurs maris la première nuit de leurs noces : toutes obéirent, excepté Hypermnestre, qui épargna Lyncée.

En punition de leur ci'ime, les coupables furent condamnées, dans le Tartare, à verser éternellement de leau dans des vas«?s percés. '

— Par unemétapiiore moins ambitieuse, mais exprimant la mèufie idée, on appelle les prodigues des « paniers percés ».

Jamais rambitieiix ne voit ses vœux reiiiiilis . Cest le tonneau des Danaïdes.

— Bion disait, au sujet des Danaïdes, que leur supplice eût été plus dur, si les vases dans lesquels elles puisaient l'eau n'avaient pas été percés.

— Dans la nature, l'Océan est le jjuits, les nuées sont les Danaïdes. (Y. Hugo, Travailleurs.)

Dandin, de l'iiébreuf/on, juge, din, jugement.

Rabelais appelle Perrin-Dandin un juge qui, assis sur un siège de pierre, se dandine, en imitant avec ses jambes pendantes, le mouvement des cloches.

Vous l'avez voulu, Georges Dandin. (Molière, acte I""", scène 9.)

Kaciue a immortalisé, dans les Plaideurs, le nom de Perrin- Dandiii. qu'il avait, comme La Fontaine, emprunté à Rabelais (ii\. 111. ch. 41.)

Dandy. Sous le règne de Henry Ylll, on frappa, en Angleterre, une petite monnaie d'argent, de très peu de valeur, appelée l)audy[)rat.

Depuis, le mot dandij fut appli(pié aux jeunes gens d'extérieur brillant, mais de peu de valeur.

Les noms de Brummel, de Dorsay. sont restés célèbi-es en Angleterre.

En France, pendant la Ké\ohilion. ou appela, par une ligui'e analogue, la jeunesse élégante « jeunesse dorée ».

Danger, du latin dnmnarium : anciennement dangier.

Liomme pusillanime s'eiïraie avant le danger : le lâche, pendant : le bave, après. (Richter.)

— Danger, péril, risque. Le soldat, par point d'honneur, ne crait pas le danger, s'expose au péril, et court avec assurance tousles risques du mét-ier.

Dans, préposition ; latin de intus. Provençal dins. D'où dedans, adverbe ; provençal dédins.

Dedintz las flamns yrnntz.

{ ]'ie de saint Honorât.)

^\ dans, correspondaient céans et léans, formés aussi de intus (icii, là-dedans).

lOanse, du vieil allemand tanc.

^Contre-danse vient de l'anglais, country-dance, danse campagifarde.

^ — Saint Chysostôme et saint François-de-Sales(F<!erfê'yo/e, ch. 3.) '•îîlâment la danse et les bals comme nuisibles aux mœurs.

— Louis XIY dansa jusqu'à l'âge de 32 ans, sur le théâtre de la cour. A cette époque, il assista, à Saint-Germain, à une représentation de Britnnnicus, de Racine, et fut frappé de ces vers, que prononce Narcisse, en parlant de^Néron :

Pour toute ambitit)ii,*pûur vertu singulière, Il excelle à conduire un char dans la carrière, A disputer des prix indignes de ses mains, A se donner lui-même en spectacle aux Romains.

Dès ce jour il ne dansa plus : le poète l'avait corrigé...

— G. Yestris, qui donna à son fils le nom de Diou de la danse, disait : « Si mou fds est plus fort que moi, c'est qu'il a eu pour père un Gaétan Yestris, avantage que la nature m'a refusé. »

— M"e Cupris de Gamargo entra à l'Opéra en 1726, à l'âge de 16 ans, et le quitta en 1751. Elle était d'une famille uoble, et nièce du grand inquisiteur.

Après elle, sont venues M"«* Salé, Dupré, Taglioui, Elssler...

— Le cancan est la danse des bals publics de barrière. Il a des mouvements désordonnés et dilïère totalement de la danse classique et réguhère des académies.

Le cancan a pris naissance au quartier latin avec le romantisme de 1830.

.Messieurs les étudiants, Montez à la chaumière Pour y danser Tcancan Et la Robert-Macaire.

(Lktei.lif.r, 1S3G.)

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