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— Pierre Guérin disait du peintre romain Càmuccini : « Il s'est nourri des anciens, mais il n'a pu les diperer. »
— Un homme se vantait devant Aristippe, de ses vastes connaissances : « Ce n'est pas, dit Aristippe, celui qui mange le plus, mais celui qui digère le mieux, qui a la meilleure santé. »
— Il y a des esprits qui apprennent sans retenii" ; c'est la digestion mécanique du canard de Vaucanson.
— On dit aussi « ruminer un sujet », dans le sens de : y rétlécliir longuement.
Digne, du latin dignum; du grec deiknUmL montrer.
Je no suis pas digne de dénouer les cordons de ses souliers. {Évangife, Marc, I, 7; Luc, III, IG ; Jean, I, 27.)
Dignus prœhere tnatutam (xMartial), digne de présenter le pot de chambre.
Dignus est inlrare.FonmÛQ latine qui s'emploie en plaisantant ; il est digne d'entrer... dans notre société.
Ces mots forment la réponse, en vers macaroniques, chantée en chœur par les médecins, apothicaires, etc., dans le burlesque intermède du Malade imaginaire . de Molière.
Dignité, du latin dignitalem.
Mot dont le singulier et le pluriel n'ont jamais pu s'entendre.
— Les Romains appliquaient ce mot aux hommes, et réservaient aux femmes le mot venustas.
— La vraie dignité n'est pas dans les égaitls qu'on. obtient, mais dans ceux qu'on observe. (Thiers.) (Voy. gravifé.)
Dilatoire, du latin dilatum. même origine que délai. Ternie de procédure. Moyen dilatoire, qui sert à prolonger la durée d'un [trocès, à obtenir des délais pour le jugement.
Dilemme, mot grec : dis. deux fois, lemina. proposition.
Argument qui laisse le choix entre deux propositions contradictoires, de chacune desquelles on tire également une conclusion irréfragable. (Argument cornu.)
Diminutif, dérivé de diminuer, diniinulion .
— Dans les diminutifs, le suffixe indique que la chose signifiée par le primitif est considérée comme offrant des proportions moindres : bergerette est le diminutif de bergère ; l)oulette, celui de boule.
— Camus, évéque-romancier, disait qu'après leur mort, les papes
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devenaient des papillons ; les sires, des cirons ; hs moines, des moineaux ; les rois, des roitelets.
— La désinence on {eron) sert souvent à exprimer la diminution : cordon, de corde; moucheron, de mouche; Marion, de Marie, etc.
— Les langues populaires et primitives sont les plus riches en augmentatifs et en diminutifs.
Au xvF siècle, la langue française se trouva envahie par une avalanche de mots de cette sorte, dont heureusement elle ne tarda pas à se déharrasser. Il n'en est, resté qu'un nomhre assez restreint.
« Il n'a tenu quà la langue fi-ançaise d'avoir des richesses de cette nature, dit le P. Bouhours ; mais elle a mieux aimé être pauv're, que d'être riche en hahioles et eu colifichets. »
La langue française, eu vieillissant, est devenue trop grave pour conserver les diminutifs.
L'espagnol et l'italien sont les langues de l'Europe qui en possèdent le plus.
Les Espagnols et les Italiens ont même fait des diminutifs de diminutifs. Ainsi ucello est la forme primitive de ucelletlo, ncelllno : cosa a donné coselta, cosellina ; bamhino, bambinello, bamhinellucclo. C'est tout un peuple de Myrraidons, donnant naissance à une géncratiou de ■Lilliputiens encore plus petits que leurs pères.
Nous avons eu français : tonneau, tonnelet, de tonne; inante a donné manteau, mantelet, mantille (origine étrangère).
Les suffixes eau (pour el) et elle ont fait : nacelle (de navicella), petit navire; pucelle (pour jjuella, puerulû), ficelle, parcelle, ruelle, tourelle, venelle ; morceau, de jnors, arhrisseau, coteau, iamhonneau.
nie a fait codicille (de rodlcem), acte qui est censé de moindre étendue que le texte du testament ; anguille (de anf/uis), petit serpent; pastille (de pastus], aliment; hroutille (de brout), jeune pousse, et faucille, flottille, peccadille, etc.
Ole, eut : malléole, cheville du pied, qui a la forme d'un petit uiarteau, maillet; alvéole, auréole, gloriole; glaïeul représente (jladiolnni. petit glaive.
Ule, ouille : grenouille (ranuncula), ovule (de orunt).
Cule : monticule, opuscule, particule, pellicule.
Chon : cornichon, petite corne; capuchon.
In, ine : tamhourin, hécassine.