AID
On le dérive aussi du lat. anlieJare (?) :
Et ilr(Jjiiis un cuflri'l (|iii s'ouvre avec alian Je trouve les tisons ilu feu de la Saint-Jean.
(Récmer.)
Suer d'alian : - Ma fait suer le frout d'alian.» {Rom. de la Rose.) « 0 Jupiter ! Vous en suasles d'alian. De vostre sueur tombant en
terre nasquirent les clions cabutz. » (Rabel., prol. du liv. IV.) Un enfant disait à son père, batteur en grange, dans rintenfion
de le soulager : " Mon père, contentez-vous de battre : je ferai aban
pour vous. )i
Ahuri, troublé, stupéfait, de hun\ qui a signilié cbevelure bérissée.
Aburi de (]baill(it siguilic étonné (■(iiniue le furent les liabitanis de Cliaillof eu I7(Si. I(irs([u'()n construisit le mur d'enceinte qui les sépara de Paris.
Aide. Bon droit à besoin d'aide.
Plus valet facor in judice, quam Icx in codice. (La faveuj' cbez le juge vaut mieux que la loi dans le code.)
Lamotte a dit que le juge a toujours
Pour les présents des mains, [lour les belles des yeux.
Un peu d'aide fait -grand bien. Un petit .secours est souvent très utile. Le feu aide le queux (cuisinier).
AmEs, impôt sur les boissons, pour aider le roi à administrer l'Etat. Il se payait par toutes les classes, à la dilï'érence de tailles que le Tiers Etat payait seul.
Aller à la cour des aides, se dit de celui qui enqirunte à ses amis, ou à une coquette. La cour des aides, fondée par Cbarles YI (1388). jugeait les affaires survenues pour le paiement de l'imptHdes aides: il y avait 13 cours des aides, comme 13 parlements.
Aide-de-camp, abréviation de aide-de-marécbaux de camp, nom (pie portaient les officiers d'ordonnance au .\vii« siècle. — A.-de-C. Monsieur va-t'en voir.
Aider, lat., adjutare: en prov. adjadar, d'où adjudant : anc. adjudha (Serm. de Strasl)0urg.)
Aide-toi, le eiel faidera.
La Fontaine a rendu celle lucution pojiulaire. en la mettant en action dans la fable le Charretier einboiirbé.
ouand nous n'agissons pas, les dieu\ nous abandonnent.
( Voi.ïAltlE.j
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On aide liien au bon Dieu à faire le l)on pain.
Les Lacédémoniens imploraient l'assistance des dieux les liras étendus et non les bras croisés.
Aïeul; on a dit avieul de aviolus, dim. de avns. Les aïeuls sont les grands-pères; on n'emploie aïeux qn'a>ec le sens d'ancêtres, d'ascendants.
Aigle, du lat. «ç^?«7a, subst. masculin, et féminin en terme de lilason. Est ainsi nommé à cause de la forme de son bec, acus. L'aigle est le symljole de la royauté (selon Pliilostrate. pour qui il est le roi des oiseaux).
Xénopbon dit que les Perses furent les premiers à le placer sur leurs enseignes.
Constantin fut l'inventeur de l'aigle à deux tètes, pour montrer que l'Empire, quoique divisé, n'avait cependant qu'un corps. Néanmoins, Lipse a remarqué une aigle à deux tètes sur la colonne Antonine.
Dans la défaite de Yarus par Arminius, il se perdit deux aigles, l'une blancbe, l'autre noire ; la blanche échut en partage à l'armée auxiliaire des Sarmates, la noire aux Germains. De là viennent, dit-on, les armes de l'Empire et de la Pologne.
La France impériale a l'aigle pour symbole ; la Prusse, laigle noire : la Russie, l'aigle blanche ; l'Autriche, l'aigle à deux tètes.
Aigrefin, de l'allemand, greifen, saisir.
Escroc, clievaher d'industrie.
Ou du vieux mot affiner, tromper par ruse, par finesse (?)
Aiguille, de aigu, aciitiis. De fil en aiguille : de propos en propos. Ah (icia et acu mihi omnia exposuit. (Pétrone, Sat. 76. 11.) 11 entra dans les moindres détails. Disputer sur la pointe d'une aiguille, ou plutôt sur une pointe d'aiguille, c'est-à-dire sur des suittilités. (Voy. dispute?'.)
Aiguillette, courir l'aiguillette. (Yoy. coureuse, guilledou). On appelait courir l'aiguillette une course qui se faisait à Beaucaire, le jour de la Sainte-Madeleine, pour les femmes de mauvaise vie, et dont le prix était un paquet d'aiguillettes. Une ordonnance de Louis Vil, que la reine Jeanne, comtesse de Provence, fit observer un siècle plus tard dans le Comtat venaissin, voulait que ces femmes portassent une aiguillette sur l'épaule gauche. En voici le texte provençal : « L'an mil très cent quarante et set, au hueit du mois d'aous, nostre reino Jano a permes lou bourdelou dins Avignon, et vol que...
AIL 2:î
per estre connegudos, quo poi'toun iino aiauillette rougeou sur Tespalou de la man esrairo... elc. (Ordon. de la reine Jeanne, 1347). La même reine Jeanne fit enfermer, en 1348, dans la même maison toutes les filles publiques d'Avignon, sous la direction d'une abbesse élue tous les ans. Cette maison était constamment ouverte, excepté le Vendredi et le Sauiedi Saint, et le jour de Pâques. Elle était interdite aux Juifs. Un cbirurgien y était attacbé, pour combattre les progrés d'un mal déjà connu à cette époque.
Xouer l'aiguillette (c'est-à-dire ijenem), empêcher la consomuuitiou du mariage par un maléfice qui réduisait l'époux à l'impuissance.
Les Latins disaient : nodnm reUgare. (Voy. Glossar. erntic. nodum prcelifjnre. Cf. Tibul. I. 8. 3.)
Aiguillette militaire. Le duc d'Albe, pour punir un corps de troupes belge qui l'avait trahi, ordonna que tous fussent pendus. Cette troupe olrtiut sou pardon, et ils firent dire au duc d'Albe qu'ils se soumettaient d'avance au châtiment, s'ils retombaient dans la même faute. Pour facihter l'exécution, chacun d'eux porterait à l'avenir, au cou une corde et un clou. Par la suite, cette troupe se distingua tellement, que la corde devint une marque d'honneur, et donna naissance à l'aiguillette, qui est devenue un ornement militaire spécialement porté par la gendarmerie et par l'état-major des armées, chargé d'exécuter des ordres supérieurs. (Voy. liemlre.)
Ail, fait aulx au pluriel, comme bail, émail, etc.
Aile, en lat. ala : pour nxlUa, aisselle, l'essieu, le pivot du bras.
Les ailes ont été de tout temps un objet d'envie, un idéal pour les hommes. L'imagination a créé les anges, créatures célestes à forme humaine portant des ailes. S'élever à de grandes hauteurs, franchir rapidement de vastes étendues, se dérober soudainement à la poursuite, sont les désirs qui ont agité bien des cœurs.
Les ailes, selou Platon, sont l'hiéroglyphe de l'intelligence. Aile s'emploie dans le sens moral. On dit : élevé sous l'aile de sa mère. Les ailes de la Victoire, de la Renommée, de l'Amour, du Temps, etc.
Et Sun âme ctendant ses ailes, I'\it toute i^irete à s"eiivuler.