‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 335 sur 336 · LUX · texte numérisé non relu

LUX

George Sand paraît répondre à cette question, quand elle dit : « C'est le préjugé du pauvre, de croire que le luxe du riche le nourrit ; il ne s'est jamais rendu compte de ce qu'il lui coûte. »

En 1603, Henri lY lit une ordonnance contre le luxe, où il est dit : « Faisons défense de porter ni or, ni argent sur les liabits, excepté aux llUes de joie et aux filous, à qui nous ne portons pas assez d'intérêt pour nous occuper de leur conduite. »

Sous Louis XIII (1613-4634), parurent deux ordonnances sur la réforme des habits. Une gravure du temps représente un marchand s'arrachant les cheveux et foulant aux pieds des broderies, avec ces mots :

Que lait-ûu publier ? Que venons-nous irenlondrr ? Mettons bas la boutique, et de nos passements Faisons des cordes pour nous pendre.

— Dupin aîné, dans un discours au Sénat (juillet 186o), Aéritable coup de boutoir contre le luxe des femmes, a attaché le grelot à la question alarmante du luxe « effréné » des femmes. Il a, dans une saillie étincelante, stigmatisé et « cautérisé » les exagérations ridicules de la mode et du luxe.

Peu après, certains conseils généraux ont demandé que le gouvernement s'occupât de la prostitution clandestine, pour arrêter le développement de ce choléra-morbus de la morale, car la luxure est tîUe du luxe.

Mais les cordons sanitaires et les moyens de répression sont impuissants. Revenir à la ceinture dorée du temps de saint Louis : fermer l'accès des Ueux pubUcs à la « bicherie », et la parquer dans une sorte de lazaret, est une utopie. Couper l'arljre, ne détruit pas les racines, et ici les racines sont les mœurs publiques, qu'on ne réforme pas par autorité de justice.

— Le peuple se laisse plus aisément retranclier le nécessaire, que les riches leur superflu. (Frédéric le Grand.)

— TertuUien a dit : « On étale dans un petit écrin un immense patrimoine : on met dans un collier des millions de sesterces : une tête frêle et délicate porte le prix des forêts et des îles ; de lines oreilles demandent le revenu d'un mois ; la vanité donne à un seul corps de femme la force de porter un capital énorme. »

— Le luxe est chose relative aux temps et aux pays. Le superflu d'un prince du xv» siècle, n'est que le nécessaire d'un bourgeois d'aujourd'hui.

— Luxe asiatique : très grand luxe.

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