RÉTRÉCISSEMENTS DE L'ŒSOPHAGE
Voir Tarlicle : Œsophagisnie.
RÉTRÉCISSEMENTS DE L'URÈTHRE A recevoir avec réserA^es. — 1° Tout propo-
sant atteint d'un rétrécissement uréthral léger, ne nécessitant pas de soins spéciaux.
2" Tout proposant guéri d'un rétrécissement traité par la dilatation progressive, et continuant à se soigner.
A refuser. — i" Tout proposant atteint d'un rétrécissement urélhral cicatriciel.
2° Tout proposant ayant eu un rétre'cissemenl blennorrhagique traité par l'uréthrotomie et parfois même par la dilatation.
OBSERVATIONS
Les rétrécissements de l'urèthre ont une marche lente et progressive. Ils ne se guérissent jamais spontanément et ont une tendance excessive à récidiver. Aussi les compagnies doivent-elles être très réservées pour l'admission des rétrécis.
Les rétrécissements blennorrhagiques sont moins graves que les rétrécissements traumatiques, car ceux-ci arrivent beaucoup plus vite que ceux-là à un degré de coarctation très avancé.
Lorsqu'un proposant a subi l'uréthrotomie ou la dilatation progressive pour un rétrécissement uréthral il faut toujours s'opposer à l'assurance qu'il demande. Le médecin peut, cependant, faire quelques exceptions pour certains rétrécis guéris par la méthode de la dilatation ; ceux, par exemple, dontle canal est assez large pour permettre l'introduction d'une bougie en o-omme n°^ 22 ou 23, de la filière Gharrière ou d'une
RIIINOSCLÉROME —
RHUMATISMES
bougie mélallique, 4S ou 48, de Béniqué. Mais il est indispensable que ces malades continuent à se soigner, quoique guéris, pour éviter les récidives.
— Voir les articles : Hyper troiohie de la prostate, Troubles de la miction et Prostalite chronique.
RHINOSCLÉROME
A refuser.
OBSERVATIONS
Cette affection, décrite par Hébra, consiste en une induration spéciale de la lèvre supérieure, du nez et de la muqueuse nasale.
Il est prudent de refuser les proposants qui en sont atteints bien qu'il s'agisse plutôt d'une difformité que d'une maladie.
Le rhinosclérome n'a aucune tendance à s'ulcérer ; mais il peut amener la mort par suffocation.
D'ailleurs, c'est une maladie fort rare. En France, on n'en a pas encore signalé de cas. Tous ceux qui sont connus ont été décrits par des médecins viennois.
RHUMATISMES
A recevoir, — 1" Tout proposant issu de parents
RHUMATISMES
rhumatisants, s'il est sain et s'il a dépassé l'âge favorable au rhumatisme héréditaire, c'est-à-dire 30 à 35 ans.
2» Tout proposant issu de parents rhumatisants, légèrement arthritique et âgé de SO ans.
3° Tout proposant, sans hérédité rhumatismale directe, âgé de préférence, ayant eu il y a au moins cinq ans, un seul accès de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, acquis, et guéri sans avoir laissé la moindre lésion viscérale.
4° Tout proposant atteint de nodosités d'IIéberden, sans complications viscérales ni troubles sérieux de la nutrition retardée.
5* Tout proposant atteint de rhumatisme fibreux très léger, indépendant de toute complication.
6" Tout proposant ayant eu du lumbago, de la pleurodynie ou du torticolis,
1° Tout proposant gue'ri d'un accès de rhumatisme blennori'hagique.
A recevoir avec réserves. — 1"^ Tout proposant sain, issu de parents rhumatisants, âgé seulement de 20 à 30 ans.
2° Tout proposant issu de parents rhumatisants, légèrement arthritique et âgé de moins de 50 ans.
3° Tout proposant, sans hérédité rhumatismale directe, âgé de plus de 50 ans, légèrement arthritique, ayant eu un seul accès de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, acquis et guéri sans avoir laissé la moindre lésion cardiaque.
4° Tout proposant issu ou non de parents rhumatisants, âgé de plus de 50 ans, indemne d'arthri-
RHUMATISMES
tisme, ayanteu deux accès de rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, acquis et guéri sans avoir laissé la inoindre lésion cardiaque.
o° Tout proposant, âgé de plus de 50 ans, guéri radicalement d'un accès unique de rhumatisme articulaire aigu compliqué d'accidents cérébraux, survenu dans son enfance.
6" Tout proposant, âgé de plus de 50 ans, guéri radicalement d'un accès unique de rhumatisme articulaire aigu, compliqué d'un épanchement pleurétique sans rétraction thoracique consécutive, survenu dans son enfance.
7" Tout proposant atteint de rhumatisme articulaire chronique partiel, non compliqué de troubles viscéraux ou d'accidents arthritiques.
8° Tout proposant atteint de rhumatisme chronique grave, indépendant de toute complication.
9-" Tout proposant atteint de rhumatisme noueux, sans gravité apparente.
A refuser. — 1" Tout proposant issu de père et mère rhumatisants, âgé de 20 à 30 ans, indemne de rhumatisme, mais très entaché d'arthritismc et entouré de parents (frères, sœurs, oncles ou tantes) profondément rhumatisants ou gravement arthritiques.
2" Tout proposant ayant eu un seul accès de rhumatisme articulaire, sans complications viscérales, s'il est profondément arthritique, scrofulcux ou syphilitique.
3" Tout proposant arthritique, âgé de moias de
RHUMATISMES
f)0 ans, issu ou non de parents rhumatisants, ayant eu deux accès de rhumatisme non compliqué d'accidents cardiaques.
4° Tout proposant ayant eu un accès de rhumatisme suivi d'une lésion cardiaque définitive.
S° Tout proposant, âge de moins de oO ans, ayant eu un seul accès de rhumatisme articulaire aigu, héréditaire ou acquis, compliqué d'accidents cérébraux ou pleurétiques, incomplètement disparu.
6' Tout proposant guéri ou non d'une chloro-anémie sérieuse, ayant eu un ou plusieurs accès de rhumatisme subaigu.
7" Tout proposant atteint de rhumatisme articulaire chronique partiel, compliqué de troubles viscéraux ou arthritiques sérieux.
8° Tout proposant atteint de nodosités d'Héberden compliquées d'une ou de plusieurs manifestations graves de la nutrition retardante (goutte, obésité, asthme profond, diabète, lithiase biliaire, etc.).
9" Tout proposant atteint de rhumatisme chronique fibreux, compliqué delésions viscérales importantes.
10° Tout proposant gravement atteint de rhumatisme noueux, compliqué ou non.
11° Tout proposant très lymphatique, atteint de rhumatisme noueux, compliqué ou non.
ii° Tout proposant ayant eu de fréquents accès de rhumatisme blennorrhagique, suivis de lésions articulaires indélébiles et graves.
RHUMATISMES
OBSERVATIONS
11 importe, d'abord, de distinguer le rhumatisme articulaire aigu, type primordial de la diathèse rhumatismale, le rhumatisme chronique qui comprend divers formes ( rhumatisme articulaire chronique partiel, nodosités d'Héberden, rhumatisme chronique fibreux de Jaccoud, rhumatisme musculaire), enfin les principales variétés de pseudo-rhumatisme (rhumatisme goutteux ou rhumatisme chronique progressif, pseudo-rhumatismes infectieux del'érysipèle, de la dysenterie, des angines, de la scarlatine, de la variole, delà blennorrhagie et desflèvrespuerpérales).
i" Rhumatisme articulaire aigu. — L'importance pathologique du rhumatisme articulaire aigu est considérable, d'abord à cause de l'influence que l'hérédité joue dans son étiologie, ensuite à cause de ses affinités avec toutes les maladies par ralentissement de la nutrition, étant lui-même une des plus hautes manifestations de l'arthritisme.
L'hérédité directe du rhumatisme articulaire aigu s'observe au moins dans la proportion de 34 p. 100.
Quant à l'hérédité dissemblable, elle se retrouve sous la forme de goutte, de gravelle, d'obésité, de lithiase biliaire, d'asthme, de migraine, de névralgies, de lumbago ou de manifestations cutanées diverses. Toutes ces maladies peuvent se rencontrer chez les rhumatisants ainsi que chez leurs ascendants ou leurs descendants.
JiOrsqu'elles coexistent avec le rhumatisme articulaire aigu, elles donnent évidemment un cachet de gravité tout spécial à la diathèse rhumatismale.
Le rhumatisme articulaire aigu, héréditaire, se montre toujours de bonne heure, vers lo ou 20 an«. Il récidive fréquemment, élani tout à fait entaché d'arlhritisrae.
Le rhumatisme articulaire aigu, acquis, survient à tout âge, mais généralement plus tard que le rhumatisme héréditaire. Il récidive moins souvent n'étant pas greffé sur un état arthritique constitutionnel aussi profond.
Quant aux récidives, elles sont généralement séparées par un intervalle de 3 à 5 ans, du moins pour la première et la seconde atteinte. Trois atteintes sont déjà rares, mais on peut en compter jusqu'à dix.
Un premier point à considérer en assurances sur la vie, c'est donc la nature du rhumatisme articulaire aigu; il faut s'enquérir s'il est héréditaire ou acquis, le premier étant par essence, toutes choses égales d'ailleurs, beaucoup plus grave que le second.
C'est vers la trentième année, que le rhumatisme articulaire aigu est dans sa période la plus active; à partir de 40 ans, il devient de plus en plus rare ; passé 60 ans, il est tout à fait exceptionnel.
Le sexe n'a aucune influence sur son développement.
Il n'en est pas de même des professions ; le rhumatisme est la maladie des artisans par excellence, el principalement des cochers.
RHUMATISMES
Le rhumatisme ai-ticulaire aigu s'observe dans lous les pays; néanmoins, il serait presque inconnu à Guernesey, dans l'île deWiglit, dans la Gornouailles, dans le canton de Bauraing en Belgique et dans le district de Jekaterinoslaw en Russie.
Le second point à considérer chez les rhumatisants, c'est l'existence d'une complication viscérale.
Les atteintes légères comme les plus graves, se compliquent souvent d'une lésion cardiaque ; il importe donc d'ausculter le cœur de tous les proposants qui ont été atteints de rhumatisme; articulaire aigu.
Mais les rhumatisants ne sont pas exposés seulement à l'endocardite, ils peuvent aussi être atteints de complications inflammatoires de toutes les séreuses viscérales : du péricarde (péricardite), de la plèvre (pleurésie rhumatismale), des méninges (méningite rhumatismale), des gaines tendineuses, etc.. Toutes ces complications cessent généralement avec l'accès de rhumatisme qui les a produites; le malade en meurt ou bien en garde relativement peu de traces.
Si un rhumatisant présente des traces de pleurésie, le médecin doit le faire refuser par la compagnie d'assurances sur la vie. Le refus s'impose également si le proposant a eu une péricardite ou des accidents cérébraux rhumatismaux, susceptibles de récidiver.
L'artério-sclérose est encore une complication du rhumatisme articulaire aigu, mais cette complic'ation ne se déclare généralement qu'à un âge avancé Elle implique, bien entendu, le refus.
2° Rhumatisme subaigu. — Entre le rhumatisme articulaire aigu et les rhumatismes chroniques, se place une forme intermédiaire : le rhumatisme subaigu.
Les observations du rhumatisme articulaire aigu s'appliquent au rhumatisme subaigu; toutefois le rhumatisme subaigu menace moins directement la vie, car ses complications viscérales sont à la fois plus rares et moins graves.
Mais le rhumatisme subaigu a une marche lente et une forte tendance à devenir chronique.
En général, les compagnies peuvent être moins sévères pour l'acceptation des proposants qui ont été atteints de rhumatisme subaigu que pour ceux qui ont subi des attaques de rhumatisme articulaire aigu.
MalgTé cela, le rhumatisme subaigu de la chlorose {arlhritis ex chlorosis) doit donner lieu aux investigations les plus méticuleuses, car il récidive avec facilité et est très favorable aux exanthèmes congestifs et héniori'hagiques ainsi qu'aux complications cardiaques et pulmonaires ; il n'épargne même pas toujours les reins. En un mot, il amène la mort plus souvent que les autres rhumatismes subaigus; il est donc prudent de le considérer comme une cause presque constante de refus.
Z° Rhumatismes chroniques. — Les diverses formes du rhumatisme chronique ont un intérêt moindre que celles du rhumatisme articulaire aigu, au point de vue des assurances sur la vie ; l'hérédité directe et indirecte, quoique très manifeste, est moins vivace et l'évolution de la maladie est toujours lente.
RHUMATISMES
D'autre part, le rhumatisme chronique est bien plus fréquent chez la femme (8 p. 100) que chez l'homme (1 à 2 p. 100). Eniin, c'est surtout dans un âge déjà avancé qu'on le rencontre : vers 40 et plutôt 60 ans. Or, les compagnies n'acceptent plus d'assurances sur la vie à partir de 60 ans.
Trois formes de rhumatisme chronique doivent être distinguées: le rhumatisme articulaire chronique pa-rtiel, les nodosités d'Héberden, et le rhumatisme chronique fibreux.
Le rhumatisme articulaire chronique partiel, représenté par le morbus coxse senilis, n'atteint le plus souvent qu'une seule jqinture, mais, en général, cette jointure est toujours sérieusement prise. Quant aux complications inflammatoires, elles feont les mêmes que celles qui s'observent dans le rhumatisme articulaire aigu, seulement elles sont rares ; les plus fréquentes sont l'asthme et quelques dermatoses.
Les nodosités d'Héberden ne peuvent être rattachées au rhumatisme articulaire aigu,.que par l'intermédiaire du rhumatisme articulaire chronique partiel, avec lequel elles ont des relations évidentes. On ne voit guère les nodosités d'Héberden succéder au rhumatisme articulaire aigu.
Les nodosités d'Héberden ne déterminent jamais de complications viscérales et notamment de cardiopathies; mais elles coexistent souvent avec la migraine, la névralgie faciale, la sciatique, le lumbago et plus rarement avec les formes les plus sévères de la nutrition retardante : la goutte, le diabète, l'obésité, la lithiase biliaire, l'asthme, l'eczéma.
ASSL'IIANCES. 21
RHUMATISMES
Le rhumatisme chronique fibreux ou Tarthropériarthrile rhumalismale chronique se rattache à la fois au rhumatisme articulaire aigu et au rhumatisme chronique.
Il amène une inflammation des tissus péri-arliculaires qui produit des déformations autour des jointures, surtout autour des petites articulations des mains.
Les complications viscérales et les cardiopathies sont possibles ; l'acceptation des proposants ne peut être autorisée que dans lés cas légers et indemnes de toutes complications.
Quant aux rhumatismes musculaires (lumbago, pleurodynie, torticolis), leur existence seule ne contreiudique point l'acceptation des proposants.
4° Pseudo-rhumatismes. — Ces variétés de rhumatisme n'ont pas de relations proprement dites avec le rhumatisme articulaire aigu et chronique ; elles ne leur succèdent pas et ne coexistent pas avec eux. On ne trouve pas non plus de liens entre elles et les diverses maladies de la nutrition retardée, si ce n'est, exceptionnellement, avec la migraine, le lumbago et les névralgies.
Le rhumatisme noueux ou goutteux, véritable misère physiologique, est certainement constitutionnel et héréditaire; c'est la scrofule qu'on trouve dans ses antécédents, et c'est la phtisie et l'albuminurie qui coexistent avec lui. 11 atteint de préférence les petites jointures, mais il déforme parfois les grandes. Sa gravité habituelle nécessite le refus.
Yiennent ensuite tous les pseudo-rhumatismes qui
RHUMATISMES
s'observent dans les maladies infectieuses depuis l'érysipèle, les angines, la scarlatine, la variole, la blennorrhagie, jusqu'aux allections puerpérales.
Ces maladies peuvent s'accompagner d'inflammation des séreuses (endocarde, péricarde, plèvre), mais il n'y a point là de perturbation morbide rhumatismale, au sens vrai du mot. Ce fait a de l'importance au sujet de l'hérédité et par conséquent pour le médecin attaché à une compagnie d'assurances sur la vie.
Dans le rhumatisme blennorrhagique, il ne s'agit absolument que d'une arthrite infectieuse ; aussi la maladie n'a-t-elle aucun retentissement sur l'endocarde ou le péricarde.
Mais, à chaque nouvelle blennorrhagie, la maladie reprend pour disparaître avec elle, à moins qu'à la suite de nombreuses récidives, l'arthi-ite n'ait amené des lésions articulaires graves et même mortelles.
En général, les compagnies doivent accepter les proposants guéris d'un rhumatisme blennorrhagique; le refus est l'exception.
Ajoutons que la sci'ofule qui coexiste si souvent avec le rhumatisme noueux, peut se combiner avec toutes les autres formes de rhumatismes ; il en est de même de la syphilis.
Ce sont là des maladies constitutionnelles qui, loin de se repousser, s'associent volontiers pour constituer des états morbides complexes et des accidents sérieux.
— C'est de 35 à So ans que s'observe le plus grand nombre de décès par rhumatismes.