DELIRIUM TREMENS
A refuser.
Voir l'article : Alcoolisme.
DIABÈTES Sucré et insipide.
A reecA-oir. — i° Tout proposant issu de père et mère diabétiques, s'il est indemne de diabète et d'arthritisme, et âgé de plus de 50 ans.
2° Tout proposant issu de père et mère atteints de polyurie simple, s'il est indemne de polyurie et en parfaite santé.
A reccA'oir avec réserves. — 1° Tout proposant issu de père et mère diabétiques, entouré de parents (frères, sœurs, oncles ou tantes) également diabétiques ou très arthritiques, s'il est indemne de diabète et âgé de plus de 80 ans.
2» Tout proposant issu de père et mère atteints de
DIABÈTES
polyurie simple, s'il est indemne de polyurie, mais hystérique ou hypochondriaque.
A refuser. — i° Tout proposant issu de père et mère diabétiques, entouré de parents (frères, sœurs, oncles ou tantes) également diabétiques ou très arthritiques, s'il est indemne de diabète, mais très entaché d'arthritisme et âgé de moins de 50 ans.
2° Tout proposant diabétique, même s'il se prétend guéri.
3° Tout proposant atteint de polyurie simple persistante.
4" Tout proposant atteint de polyurie azoturée ou phosphaturée.
OBSERVATIONS
L'hérédité joue un grand rôle dans l'étiologie du diabète sucré; non pas l'hérédité directe qui n'est que de 25 p. 100 environ, mais l'hérédité par transformation des diverses maladies de la nutrition retardée, comme la goutte, le rhumatisme, la gravelle, la lithiase biliaire, l'obésité, les engorgements du foie et de la rate, la dyscrasic hémorrhoïdale.
L'aliénalion mentale, l'épilepsie et presque toutes les névroses, ont aussi des relations héréditaires avec le diabète.
Il importe de s'enquérir des diverses formes que le diabète a revêtues chez les ascendants; ainsi, on doit moins redouter l'hérédité directe pour un sujet indemne de diabète, lorsqu'on sait que ses parents
DUBÉTES
ont été des diabétiques nerveux et non des diabétiques gras ou maigres.
Le diabète maigre ou pancréatique (avec altération du pancréas) est, en elTet, le plus dangereux ; vient ensuite, le diabète gras ou constitutionnel et, en dernier lieu, le diabète nerveux qui présente une certaine tendance naturelle h la guérison.
Il faut distinguer les diabétiques en deux catégories : les grands diabétiques (l'urine renferme 30 grammes et plus de sucre par litre) et les petits (le sucre n'excède pas 20 grammes par litre); ce fait a une certaine importance, car les petits diabétiques ne deviennent jamais de grands diabétiques.
En second lieu, certains sujets peuvent être atteints de diabète intermittent; cette variété ne peut être diagnostiquée que par des analyses d'urine renouvelées pendant plusieurs jours consécutifs.
Enfin, quelques individus peuvent être atteints de glycosurie sans être pour cela diabétiques.
Ces cas de glycosurie non diabétique sont peu fréquents; mais on s'explique que l'urine puisse parfois contenir du sucre de canne, de raisin ou de lait, après une forte ingestion (50 à 250 grammes) de ces substances ; on s'explique également qu'elle puisse renfermer du sucre de lait chez les femmes en couches donnant le sein.
La glycosurie non diabétique s'observe donc surtout chez les femmes, pendant la grossesse, l'état puerpéral ou l'allaitement (Blot), puis, chez les gros mangeurs d'aliments ternaires, enfin, chez les polysarciques, les vieillards et les personnes atteintes de
DIABiïES
maladies gastro-hépatiques OU intoxiquées par l'oxyde de carbone (cuisinières, chaulTeurs), le curare, le nitrite d'amyle, la térébenthine (peintres).
Le diagnostic de la glycosurie non diabétique est presque impossible à établir; toutefois, le médecm peut tenter de le faire en prenant soin d'analyser les urines pendant plusieurs jours de suite.
Pour que l'expérimentation ait de la valeur, il importe que le proposant soit obligé de se soumettre à une alimentation variée ; qu'il ne mange un jour que des aliments féculents et sucrés et suive le lendemain un régime anti-diabétique sévère.
Dans ces conditions, le diabète peut être exclu, si l'urine ne contient jamais de sucre; la glycosurie non diabétique doit être diagnostiquée, si l'urine ne renferme du sucre que les jours d'alimentation féculente et sucrée ; le diabète est certain, si l'urine reste constamment sucrée.
En pratique, ces considérations offrent peu d utilité : d'une part, il est rare qu'un proposant veuille bien se soumettre à de semblables expériences; d autre part, le diagnostic de la glycosurie diabétique et non diabéli.iue est hérissé de difficultés. H est donc prudent que le médecin d'une compagme d assurances sur la vie ne se prononce jamais ou que très exceptionnellement pour l'acceptation d un proposant dont les urines sont sucrées.
Le diabète sucré est bien plus fréquent chez rhomme que chez la femme. 11 s'observe à tous les âges, mais surtout entre 30 et 70 ans; au delà de 50 ans, il n'est jamais héréditaire.
DIABÈTES
Pour reconnaître et pour apprécier l'importance du diabète, il est indispensable d'analyser les urines; mais, avant de pratiquer celte analyse, il importe de s'enquérir du poids spécifique de l'urine et de sa quantité en 24 heures. Ces deux points peuvent permettre de pre'voir l'existence du diabèle, avant d'avoir constaté la présence du sucre dans l'urine et parfois même de l'affirmer, alors que le sucre fait défaut.
Le poids spécifique des urines diabétiques est toujours augmenté; il oscille entre 1028 et 1060, au lieu d'être de 1015 à 1020 (poids normal).
La quantité des urines est également toujours augmentée; lapolyurie peut varier de 2 jusqu'à 15 litres en 24 heures.
Le meilleur procédé pour rechei cher le sucre dans les urines, consiste à en faire chauffer une petite quantité avec de la liqueur de Fehling parfaitement pure et préparée à froid. Cette liqueur extrêmement sensible permet de déceler des traces aussi légères que possible de sucre.
On en verse dans un tube à réactif 4 ou S centimètres cubes qu'on fait bouillir sur la lampe afin de vérifier si elle n'est pas réductible par la chaleur puis, on ajoute un peu d'urine, on agite le tout et on lait chauffer une seconde fois.
Si l'urine est sucrée, la réduction de la liqueur de Fehling se produit aussitôt l'ébullition, et même un peu avant; il se forme un précipité doxydule de cuivre jaune-ocre tirant sur le rouge brique tout à fait caractéristique.
Il est indispensable que la réduction de la liqueur
DIABÈTES
de Fehling se fasse au moment même de 1 ebulUtion de son mélange avec l'urine, et même un peu avant, sous peine d'erreur. En effet, toute urine, qui ne précipite la liqueur de Fehling qu'après le début de l'ébuUition (fût-ce seulement un quart de minute), n'est pas toujours une urine sucrée.
D'ailleurs, la teinte jaune verdàtre et non rouge brique que prend le précipité dans les cas où la réduction de la liqueur de Fehliag n'est pas le résultat de la présence du sucre dans l'urine, est un assez bon signe de diagnostic différentiel.
Les substances capables de précipiter la liqueur de Fehling sont nombreuses.
La créalinine en excès détermine un précipité qui prête à la confusion; de même l'acide urique.
Lorsque les urines contiennent de fortes quantités de pyrocatéchine ou alcaptone, sous l'influence d'une alimentation trop végétale, il peut se former un précipité brunâtre. La formation de ce précipité par exposition à 1 air doit aussitôt faire exclure l'idée de diabète sucré.
La térébenthine, prise à doses médicinales, réduit le liquide d'Almén-Nylandcr et la liqueur de Fehling. Mais, cette substance n'a aucune action sur le plan de polarisation. De plus, il est facile de la distinguer du sucre, en ajoutant à 100 centimètres cubes d'urine 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique concentré et en laissant reposer le mélange pendant24ou 48 heures. Si la réduction dépend du sucre, elle persiste encore après ce temps; si elle provient de la térébenthine, elle disparaît.
DIABÈTES
Les urines qui sont chargées de copahu, à la suite de l'ingestion de ce médicament, réduisent les solutions alcalines de cuivre. Mais le plan de polarisation est dévié à gauche, tandis qu'il l'est à droite par le sucre. En outre, en ayant soin d'ajouter à l'urine un peu d'acide chlorhydrique concentré, la précipitation de l'oxydule du cuivre est presque impossible à obtenir.
La narcose chloroformique détermine aussi une réduction des liqueurs alcalines cupriques, par suite de la présence du chloroforme non modifié. Il faut donc que le médecin s'informe si le proposant ne s'est pas fait endormir le matin ou la veille de l'examen médical , pour subir une opération bénigne quelconque, l'avulsion d'une dent par exemple,
Le chloral, pris pendant un certain temps à la dose de5à 6 grammes par jour, peut enfin réduire l'urine.
On peut contrôler la réaction par la liqueur de Fehling, en employant la potasse et le sous-nitrate de bismuth. On mélange 5 centimètres cubes d'urine avec une ou deux pastilles de potasse caustique ou bien avec 1 centimètre cube de lessive de soude à 10 p. 100, puis on ajoute groscomme un pois de sousnitrate de bismuth. Après une minute d'ébullition, le' bismuth est réduit par le sucre à l'état de bismuth métallique et devient noir. Ce procédé, extrèmemcntsensible, permet de constater jusqu'à 0,1p. 100 de sucre. Le bismuth n'est réduit ni par l'acide urique, ni par la créatinine.
La réaction par la potasse caustique seule, n'est pas très sûre: on ajoute deux ou trois pastilles de po-
DIABKÏES
tasse à S centimètres cubes d'urine et on cliauffe sur la lampe jusqu'à ébuUition. Il se forme une belle coloration jaune brunâtre tirant sur le rouge foncé et, en même temp?, il se dégage une odeur franche de caramel.
L'examen des urines permet encore de contrôler le degré de déperdition organique que subit chaque diabétique, en comparant la proportion des chlorures et de l'urée éliminés. Si l'individu mange bien et rend beaucoup d'urée, ainsi qu'un chiffre normal de chlorures (6, 8 ou iO grammes par litre), l'urée étant formée par les aliments, le pronostic est peu grave ; si le malade, au contraire, se nourrit insuffisamment et rend néanmoins 40 ou 50 grammes d'urée, avec 1 ou 2 grammes seulement de chlorures, l'urée provenant non des aliments mais d'une véritable autophagie, le pronostic est des plus fâcheux.
Quant à l'analyse quantitative du sucre, elle est rarement nécessaire au point de vue des assurances sur la vie. Ou sait qu'elle se fait, soit avec le saccharimètre, soit avec la liqueur de Fehling titrée.
Certains médicaments, l'antipyrine en particulier, sont susceptibles de faire disparaître momentanément le sucre. Mais, la recherche de l'antipyrine dans les urines est facile ; toute supercherie de la part d'un proposant diabétique est donc impossible.
Il suffit de verser une dizaine de gouttes de perchlorùre de fer dans l'urine d'un sujet qui fait usage d'antipyrine, pour obtenir aussitôt un beau précipité rouge, surmonté d'un épais nuage blanchâtre. La chaleur ne le modifie pas; l'acide nilrique, au con-
DTABÈTliS
traire, versé en quantité assez notable, finit par le dissoudre.
M. Manseau (de Bordeaux) préfère employer la solution iodo-iodurée suivante : iode 1:2 gr. 50, iodure de potassium 25 grammes, eau distillée '1,000 grammes, dont il verse 10 gouttes environ dans 10 centimètres cubes d'urine préalablement acidifiée pa,r 2 gouttes d'acide nitrique pur. Si l'urine renferme de l'antipyrine, il se forme un précipité rouge obscur abondant. Ce procédé serait beaucoup plus sensible que le précédent.
— L'hérédité a la même importance pour les diverses formes de diabète insipide que pour le diabète sucré.
L'azoturie et la phosphalurie sont redoutables, car elles dénotent une altération profonde de la nutrition.
Lu polyicrie simple doit également être une cause de refus pour les proposants qui en sont atteints, car si elle ne paraît pas devoir altérer rapidement la santé, elle finit toujours par épuiser le sujet.
Généralement elle est héréditaire, ou bien elle se rattache à des troubles fonctionnels du système nerveux, à l'hystérie et à l'hypochondrie.
— C'est de 45 à 70 et surtout de 55 à 65 ans, qu'il succombe le plus de diabétiques.
11 meurt, en moyenne, par an, 8 diabétiques sur 100,000 habitants.
— Voir les articles : Azoturie et Phosphalurie (pour l'analyse des urines de ces variétés de diabète insipide).