‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 44 · GH ZIN · texte numérisé non relu

GH ZIN

obtient clans les laboratoires , en mettant le zinc en contact avec l'acide sulfuriquc très - étendu d'eau, à la température ordinaire, et en faisant évaporer la liqueur, lorsqu'il ne se dégage plus de gaz hydrogène. Ce sel que nous supposerons pur , cristallise en prismes à quatre pans incolores, terminés par des pyramides à quatre faces, d'une saveur acre styptique, efflorescens , snlubles dans deux parties et demie d'eau à i5°, et plus solubles dans l'eau bouillante , susceptibles de fondre dans leur eau de cristallisation lorsqu'on les chauffe. La dissolution aqueuse du sulfate de zinc pur, indépendamment des précipités qu'elle fournit avec les réactifs , dont nous avons fait mention en parlant des sels de zinc, précipite en blanc par l'hydrochlorate de baryte; le précipité est du sulfate de baryte, insoluble dans l'eau et dans l'acide nitrique. Le sulfaté de zinc est formé de 5 parties d'acide (un atome ), de 5,^5 d'oxyde de zinc (un atome), et de 7,875 d'eau (sept atomes).

Le sulfate de zinc, que l'on vend dans le commerce, contient du sulfate de fer, et souvent des sulfates de cuivre et de manganèse. Il est en masses , d'un blanc sale , tachées çà et là en brun rougeâtre : sa dissolution précipite en blanc verdâtre par la potasse et par l'ammoniaque , en bleu peu foncé par l'hydrocyanate ferruré de potasse , en brun noirâtre par les hydrosulfates , en violet foncé par l'infusion de noix de galle, tandis que cette infusion ne communique au sulfate pur qu'un aspect très-légèrement laiteux: Le sulfate de zinc du commerce est employé en médecine, dans les mêmes circonstances que l'oxyde, quoiqu'il paraisse moins avantageux. On s'en est servi aussi comme émétique à la dose de douze ou quinze grains dissous dans l'eau distillée. On le fait entrer à la dose de deux à quatre grains par once de véhicule dans certains collyres liquides astringens, dont on fait usage dans les dernières périodes des oplithalmies aiguës, dans les ophlhalmies afoniques, etc. ; on l'administre aussi dans les leucorrhées , dans certaines blennorrhagies, etc. : alors on l'injecte dans le canal de l'urètre, ou dans le vagin, après l'avoir étendu de beaucoup d'eau, de crainte d'irriter trop fortement les membranes muqueuses. Userait toujours préférable de recourir au sulfate de zinc pur. Fof. roisox , pour l'action de ce sel sur l'économie animale.

Préparation. — On obtient le sulfate de zinc du commerce , en grand , en faisant griller la blende dans un fourneau à ré-

verbère : le sulfure de zinc , et la petite quantité de sulfures de fer , de cuivre et<le plomb qui composent ce minéral , passent , en absorbant l'oxygène de l'air, à l'étal de sulfate; on les traite par l'eau qui les dissout tous, excepté le sulfate de plomb; on laisse déposer celui-ci : on décante la dissolution , et on la fait évaporer jusqu'à ce qu'elle soit assez concentrée pour fournie une masse cristalline semblable au sucre en pain, que l'on livre dans le commerce, sous le nom de vitriol blanc, et que l'on peut: purifier en le dissolvant dans l'eau, et en le faisant bouillir avec de l'oxyde de zinc , qui en précipite les oxydes de fer et de cuifre. (orfu-a. )

ZIRCONE, s. m. { 'oxyde de zirconium). Oxyde terreux que l'on n'a encore trouvé que dans le zircon, pierre qni existe à Ceylan. Il est blanc, insipide, fusible en un émail blanc au chalumeau à gaz, sans action sur la lumière, le fluide électrique ni les corps simples non métalliques : sa pesanteur spécifique est de 4,3. 11 se combine avec plusieurs acides lorsqu'il n'a pas élé calciné, et fournit des composés, en général peu solubles dans l'eau , qui ont de l'analogie avec les sels. Ceux de ces composés qui se dissolvent dans l'eau sont précipités en blanc, i° par la potasse qui en sépare la zircone, insoluble dans un excès de potasse ; 2° par le sous-carbonate d'ammoniaque , dont un excès peut redissoudre le précipité; 3° par le sulfate de potasse; 4° par les hydros'ulfates solubles. Aucun de ces composés n'est précipité par l'oxalate d'ammoniaque. On obtient la zircone en traitant le zircon par la potasse à une chaleur rouge, en dissolvant le produit dans l'eau , dans l'acide hydrochlorique , etc. ( voyez les ouvrages de chimie ). La zircone est sans usages.

ZIRCONIUM , s. m. Corps simple que l'on avait regardé par analogie comme métallique avant de l'avoir examiné, et qui n'est plus considéré comme tel depuis les travaux de Berzélius. Il est noir comme du charbon , et ne s'oxyde pas dans l'eau : uni à l'oxygène, il constitue la zircone. 11 a été découvert en 182/, , et n'a point d'usages. (orfila.)

ZOANTHROPIE , s. f . , zoanthropia ; de Z,aov, animal, et de ttvêpùi7roi, homme : espèce de folie dans laquelle le malade croit être transformé en animal. Voyez folie.

ZONA, s. m. , Çôxrrif, de Ça»), ceinture ; inflammation aiguë et vésiculo-bulleuse des tégumens, ainsi dénommée parce qu'elle apparaît le plus ordinairement sur le tronc, sous la forme dt'uite

bande demi-circulaire , formée par plusieurs groupes de vésicules agglomérées , susceptibles de se transformer en de véritables bulles , et dont la guérison est ordinairement complète après deux octrois septénaires.

§. I L'apparition du zona , comme celle de l'érysipèle, est quelquefois précédée d'un frisson plus ou moins prolongé, de céphalalgie, d'agitation, d'insomnie, de nausées, de soif, de perte d'appétit; le pouls s'accélère , la langue se couvre d'un enduit jaunâtre ou blanchâtre , le malade répugne à se livrer à ses occupations ordinaires, etc. La veille de l'éruption, il se plaint de picotemens, de tension , d'une chaleur brûlante ,* ou de douleurs aiguës , dans la région que le zona doit envahir. Aucune partie du corps n'en est exempte ; mais sur dix cas de zona , il y en a huit dans lesquels cette phlegmasie se développe du côté droit, sans que la cause de cette disposition anatomique soit connue.

L'éruption du zona peut être discrète ; elle est alors caractérisée par des groupes de vésicules épars et peu nombreux : plus rarement elle est confluente de manière à ce que les bulles et les vésicules , aplaties et violacées, se touchent ou se réunissent par leurs bords correspondans : dans ce cas , l'épiderme peut être soulevé et détaché de la peau , £n larges lambeaux , comme dans les brûlures vésiculo-bulleuses.

i°. Le zona du tronc est de toutes les variétés de cette maladie la plus fréquente. Les parois de l'abdomen en sont plus ordinairement le siège que celles du thorax. Le zona part d'un des points de la ligne médiane , se porte en dehors pour rejoindre le voisinage de la colonne vertébrale, et formé de cette manière une espèce de ceinture , ou de demi-zone. Jamais le zona ne forme un cercle complet. Pline , Turner, Russe!, ont parlé, il est vrai, de cette disposition du zona; mais ils n'en ont point rapporté d'exemples authentiques.

Le zona du tronc se présente toujours sous. la forme d'une bande demi- circulaire , plus ou moins large , formée par plusieurs groupes circulaires ou ovales, de vésicules argentées, grises ou jaunâtres , souvent mélangées de bulles, globuleuses, eulourées d'une auréole rouge, plus ou moins vive , et qui sont pleines d'une sérosité transparente ou sanguinolente. Au moment de leur formation, les vésicules sont très-petites , de la grosseur d'une téte d'épingle; plus tard elles peuvent acquérir le volume

ZON ',7' d'une lentille ou d'un gros pois. Au bout de cinq à six jours , l'humeur qu'elles renferment prend une teinte opaline, et devient séro -purulente. Lorsque l'inflammation est très-intense , les vésicules et les bulles ne tardent pas à contenir de véritable pus. Il en est qui se rompent spontanément du deuxième au quatrième jour , et laissent échapper une sérosité .lympide et inodore. L'épiderme se détache, et le corps réticulnire est mis à nu. Les vésicules et les bulles, rompues et privées de leur épiderme, forment autant de petites surfaces enflammées qui suppurent pendant quelques jours , et se .couvrent de croûtes brunes ou jaunâtres, ordinairement lamelleuses, parfois proéminentes et disposées sous la forme d'une bande qui rappelle ia direction de l'éruption. D'autres vésicules se flétrissent sans s'ouvrir, et se transforment en petites croûtes à mesure que la sérosité prend de la consistance; ces croûtes brunissent et ne tardent pas à se détacher de la peau.

On observe quelquefois une autre terminaison de l'inflammation, chez des individus affectés de zona des parois du thorax ou de l'abdomen. Les vésicules et les bulles situées à la partie postérieure du tronc sont frappées de gangrène ou de ramollissement, soit par l'effet de l'inflammation , soit par suite de la compression que cette partie de la peau éprouve dans le coucher en supination. Ces escarres > à bords dentelés et irréguliers, n'intéressent pas toujours toute la peau, comme je m'en suis plusieurs fois assuré , en promenant une aiguille à leur surface, ou en faisant pénétrer sa pointe dans leur épaisseur. Elles se séparent de là peau plus ou moins rapidement, suivant l'âge et le degré de force des malades. Si on examine la peau , après la chute de ces escarres, il semble ordinairement qu'on ait enlevé , avec un emporte-pièce, une couche plus ou moins profonde du derme ; sur les points excoriés , il reste blanc et parsemé de petits points rougeâtres, correspondans aux prolongemens celluleux et vasculaires qui pénètrent dans ses aréoles. Lorsque l'éruption est confluente, la peau qui entoure les surfaces blanchâtres et excoriées du derme reste long - temps rouge, après la disparition des vésicules et des bulles qui la surmontaient.

L'apparition des groupes vésiculeux et bulleux du zona est successive. A mesure que les premières vésicules qui en ont marqué l'invasion , deviennent purulentes et se dessèchent d'autres , mais en petit nombre, se montrent dans leurs inter-

valles et suivent la même marche. Dans le zona des parois du thorax , ces nouveaux groupes se développent quelquefois sur l'épaule de manière à former une espèce de T par leur réunion avec les premiers. On remarque aussi une semblable disposition des groupes des vésicule% lorsque , dans le zona des parois de l'abdomen, les, nouveaux groupes s'étendent sur la partie supérieure de la cuisse correspondante.

Après huit jours au moins et trois semaines au plus à dater de l'invasion, toutes les croûtes des vésicules et des bulles du zona discret sont ordinairement détachées. Cette maladie ne laisse alors d'autres traces que des taches d'un rouge foncé, qui disparaissent peu à peu , et dont la disposition oblique et en bande régulière décèle encore le caractère de -l'éruption qui les a produites. Cette terminaison de l'éruption n'est pas aussi prompte lorsque les bulles ou les vésicules ont été con- Jluentes et très enflammées. En se desséchant , celles-ci se couvrent de croûtes d'un jaune brun , très-adhérentes , au-dessous desquelles la peau se cicatrise lentement. Lorsqu'un ou plusieurs points gangréneux se sont formés dans plusieurs groupes , la guérison se fait encore plus long-temps attendre. A la chute des escarres succèdent des ulcérations blanchâtres , montrant plus ou moins distinctement les aréoles du derme ou le tissu cellulaire enflammé. Elles sont plus ou moins profondes, trèsirrégulières , et surmontées ou séparées par de petits îlots de peau rouge , mais non autrement altérée.

Les symptômes généraux qui accompagnent le développement du zona , tels que la fièvre, la soif, la céphalalgie , etc. , diminuent ordinairement d'intensité, et cessent même quelquefois entièrement, lorsque l'éruption est terminée. Une douleur locale, fort aiguë , analogue à celle que cause la brûlure, persiste jusqu'à la fin de la maladie : parfois même cette douleur se fait sentir plusieurs semaines après la disparition complète de 1 inflammation des tégumens.

■t." Le zona du col est plus rare que les précédens : je l'ai vu accompagné d'une inflammation très-vive des ganglions lymphatiques sous-nrostoïdiens. .

3° Lorsque le zona se développe sur la face , l'inflammation se propage quelquefois dans la bouche, dont elle n'envahit également qu'un des côtés. Un vieillard âgé de 70 ans entra le 3 janvier 1827 à l'hôpital de la Pitié, pour s'y faire traiter

ZON 673 d'un catarrhe pulmonaire. Le i3 janvier, dans la nuit, il se manifesta une inflammation vésiculeuse sur la joue gauche, qui, depuis trois ou quatre jours, avait été le siège de vives douleurs , dans la direction des branches et des ramifications de la septième paire de nerfs. La pea-u de ce côté du visage offrait, de petites taches rouges légèrement violacées, disparaissant par la pression, qui ne tardèrent pas à se transformer en de petits groupes de vésicules , semblables à ceux du zona du tronc. Bientôt la membrane muqueuse de la moitié gauche de l'arcade supérieure de la mâchoire dépourvue de dents, et la face interne de la joue gauche furent couvertes de vésicules -isolées ou. en groupes, et de quelques bulles d'un diamètre variable, analogues à celles de la face : on distinguait aussi de semblables vésicules sur le 'côté gauche de la voûte palatine. Elles étaient plus nombreuses, sur cette dernière, près de l'arcade alvéolaire; il en existait sur la moitié gauche de la luette; toutes avaient une forme irrégulière ronde, ovale ou alongée, et semblaient entourées d'une légère iiuréole à leur circonférence. Cette inflammation fut accompagnée, au début, de frissons prolongés et de constipation. Le i/j, l'humeur des vésicules situées autour du nez s'était en partie concrétée sous forme de croûtes flavescentes ; d'autres vésicules qui commençaient à paraître étaient plus proéminentes; il y en avait un petit groupe sur la tempe. La veille , le malade avait épr.ouvé des douleurs très-vives dans le côté gauche de la face, et une forte céphalalgie dans le même côté de la tête. Le 19, les vésicules de la tempe et de la partie externe de la joue (les premières apparues) étaient passées à l'état de croûtes; celles de l'intérieur de la bouche étaient encore reconnaissables ; les douleurs , toujours bornées à la moitié gauche "du visage, avaient reparu et persisté pendant toute la nuit. Le 17, toutes les vésicules de la face étaient desséchées et remplacées par des croûtes brunes, minces aux endroits où les vésicules étaient isolées, épaisses et analogues à celles de l'impétigo dans les points où elles avaient été confluentes. Celles de l'intérieur de la bouche, disparues à la suite d'une desquammation de l'épithélium , étaient remplacées par de petites taches rouges.

!\° Le zona envahit plus rarement le cuir chevelu. Je choisis L'exeoïplq suivant parmi plusieurs que j'ai recueillis : Amb.... , âgée de 47 ans, ressentit, le 27 octobre 1827, une douleur cuisante dans l'œil et le sourcil gauches, et qui se propagea

bientôt au côté gauche du front et du crâne, sans s'étendre inférienrement sur la face. Douze heures après l'apparition de ' cette douleur, des vésicules, disposées en groupes , se montrèrent sur les paupières de l'œil gauche, qui étaient contractées, et laissaient fluer une humeur séreuse entre leurs bords. Le lendemain , le côté gauche du front et du crâne , jusqu'à la sutuie lambdoïde, furent occupés par de petits groupes de vésicules semblables à ceux des paupières ; aucun d'eux ne dépassait la ligne médiane pour se porter du côté opposé. Le 3o octobre , ces petits groupes de vésicules, épars sur le front et Je cuir chevelu, offraient les dispositions suivantes : parmi les vésicules, les unes, récemment apparues, aussi petites qu'une tète d'épingle et transparentes, contenaient un liquide d'un jaune très-clairet limpide; d'autres étaient primitivement plus volumineuses , ou accidentellement formées delà réunion de plusieurs petites; enfin •de plus anciennes , tout-à-fait desséchées , étaient remplacées par une petite croûte noire comme enchâssée dans la peau. Tous ces groupes se desséchèrent , comme lorsqu'ils se développent sur d'autres régions du corps. •

5° Le zona perpendiculaire , ou parallèle à l'axe d'un membre, n'est pas très-rare; j'en ai recueilli plusieurs exemples : quelques autres ont été- consignés dans les recueils périodiques. Lorsque le zona envahit l'un des membres abdominaux , les groupes vésiculeux sont épars sur la région lombaire droite ou gauche, sur la cuisse, la jambe et le pied eorrespondans.

§.. II. Le zona ne se montre jamais comme une affection toulà -fait simple. Parfois des pustules psydraciées apparaissent accidentellement au milieu des vésicules et des bulles qui le caractérisent. Les ganglions lymphatiques de l'aisselle sont souvent enflammés, dans le zona du thorax. J'ai vu ce dernier, compliqué d'une pleurésie développée dans le côté affecté, et qui fut momentanément méconnue , la douleur locale et la toux ayant paru suffisamment expliquées par l'inflammation de la peau. Plusieurs fois aussi j'ai vu le zona des parois du thorax accompagné d'une bronchite plus ou moins intense. Parmi les lésions intérieures qui peuvent coïncider avec cette inflammation de la peau, il n'en est peut-être pas de plus fréquente que celle de l'estomac et de l'intestin. Outre que les phénomènes précurseurs du zona décèlent ordinairement un dérangement primitif des organes digestifs, ce dernier persiste souvent plusieurs jours après le dé-

ZON 475 veloppement complet de cette éruption; c'est pour cela que l'anorexie, la blancheur, la rougeur, l'enduit sale, blanc ou jaunâtre de la langue, la constipation , la diarrhée, la soif, etc., ont été mis au nombre des symptômes du zona , par presque tous les pathologistes. J'ajouterai que d'autres conditions morbides accompagnent presque toujours cette inflammation vésiculeuse de la peau. L'une de ces conditions paraît être uue espèce de névralgie affectant les nerfs intercostaux , dans le zona des parois du thorax , les nerfs lombaires dans celui des parois de l:abdomen, le crural dans celui des membres abdominaux', etc.; névralgie , forte ou légère, qui non seulement précède toujours le développement de l'inflammation vésiculeuse de la peau, mais qui lui survit quelquefois pendant plusieurs semaines , et réclame des médications particulières. Sous ce rapport , comme sous celui de leur caractère extérieur , il y a une grande analogie, ce me semble, entre les vésicules du zona et celles deY herpès labialis produit par la fièvre intermittente. L'autre condition est l'état couenneux du sang , que j'ai observé chez presque tous les malades atteints du. zona , auxquels j'ai fait pratiquer des saignées.

§. III/ Le zona, quelle que soit son étendue, ne cause jamais la mort, mais elle peut être déterminée par des lésions concomitantes. Pendant la vie on peut étudier la disposition anatomique des vésicules et des bullles , en les ouvrant avec la pointe d'une épingle ou d'une lancette. On reconnaît alors qu'indépendamment de la sérosité qu'elles contiennent, il existe, dans la plupart d'entre elles, une petite fausse membrane très adhérente à la surface externe de la couche albide et au corps réticulaire qu'elle recouvre. Celui ci, d'un rouge vif, surmonté de petites granulations, formées par les papilles , offre parfois de petits points d'un rouge violacé, surtout dans les vésicules qui contiennent de la sérosité sanguinolente. La pseudo-membrane est moins apparente , et quelquefois même totalement détruite dans les vésicules et les bulles devenues purulentes. Celles sur lesquelles se sont formées des escarres , ou qui ont été suivies d'excoriations , offrent d'autres dispositions que j'ai pu facilement étudier sur le cadavre d'une femme, d'un âge avancé, affectée d'un zona confluent du côté droit de la partie supérieure au thorax , et qui, vers la fin de cette maladie , a succombé, à l'iiôpilal Saint-Antoine, à la suite d'une inflammation de la membrane muqueuse gastro - pulmonaire. Les excoriations étaient

dentelées, très-irrégulières , et surmontées ça et là de petits dots de peau saine ou simplement rouge à sa surface interne , et également forl irréguliers. La peau était détruite à une inégale profondeur sur les points excoriés ; sur tous elle était Tamollîe; sur plusieurs elle présentait à peine la consistance d'une gelée de groseilles; les fibres des aréoles du derme n'étaient plus distinctes ; enfin sur quelques autres points , la peau , détachée du tissu cellulaire sous-cutané , fut trouvée légèrement trouée , et sur quelques autres elle était détruite , dans une étendue assez considérable. Le tissu cellulaire n'était rouge et enflammé qne dans ces derniers points. Les nerfs sous-cutanés, et principalement ceux fournis par le plexus cervical, examinés avec le. plus grand soin , ne présentèrent aucune altération appréciable. Ce zona, quoique confluent, avait été peu douloureux.

§. IV. Les causes du zona sont peu connues; il est plus commun dans les saisons chaudes , ou lorsque la température est accidentellement plus élevée. J'en ai observé un très-grand nombre d'exemples, pendant l'été et l'automne derniers. Les adultes en sont plus souvent affectés que les enfans et les vieillards; il n'est ni épidémique ni contagieux. C'est par erreur que, tout récemment encore, on a signalé comme des épidémies du zona plusieurs exemples de cette maladie que le hasard ou d'autres circonstances avaient rassemblés dans un même hôpital.

§. V. Le zona a quelques points de ressemblance avec le pemphigus, avec l'érysipèle surmonté de bulles, et l'herpès phlycténoïde. Toutefois il n'a de commun avec l'érysipèle que les désordres fonctionnels des organes digestifs , qui les accompagnent fréquemment l'un et l'autre. Dans l'érysipèle la tuméfaction de la peau est considérable et uniformément développée; les bulles, lorsqu'il en existe, n'ont point d'auréole. Le zona, au contraire , est caractérisé par des groupes de vésicules susceptibles de se transformer en bulles distinctes, entourées d'auréoles qui s'étendent à mesure que la maladie fait des progrès et que les vésicules et les bulles se rapprochent de l'époque de leur dessiccation. Le zona présente constamment une forme tout-à-fait étrangère à l'érysipèle. Dans ce dernier, la tuméfaction de la peau, beaucoup plus prononcée que dans le zona, est accompagnée du boursouflement du tissu cellulaire sous-cutané. Enfin , l'érysipèle i,e termine par une desquammalion générale de la partie sur fca-

Z ON 477 quelle il siégeait, tandis que la elmte des croiites, dans le zona , est bornée aux seuls ]>oints que les bulles et les vésicules ont occupés. La forme du zona suffit seule pour le distinguer' du pempbigus. Le zona n'occupe, pour ainsi dire, qu'une bande de la peau; le pemphigus est caractérisé par une large bulle solitaire, ou par des bulles nombreuses qui couvrent à la fois plusieurs régions du corps, et ne s'étendent jamais en forme de ceinture. Dans le zona , la rubéfaction forme autour de chaque vésicule ou de chaque bulle une auréole qui devient, de plus en plus large a mesure qu'elles se flétrissent ou qu'elles s'approchent de la dessiccation ; dans le pemphigus on n'observe que de légères auréoles , elles sont même quelquefois nulles ou imperceptibles ; la rougeur de la peau disparaît à mesure que les bulles s'étendent ou se dessèchent. Quant à l'herpès phlyeténoïde , les groupes de vésicules qui le caractérisent diffèrent de ceux du zona en ce qu'ils envahissent toujours plusieurs régions du corps , telles- que la nuque, les régions parotidiennes , les parois d thorax , les aisselles, les parties génitales, etc., et n'offrent jamais la forme régulière d'une demi-zône. D'autres caractères distinguent le zona de l'herpès phlyeténoïde et des autres variétés de l'herpès; en général , les vésicules de ces derniers son" moins volumineuses; elles se transforment plus rarement en bulles, et ne sont jamais .suivies des excorations profondes, ou des escarres qu'on observe dans le zona. Sous ce rapport , comme je l'ai fait observer dans un autre ouvrage , le zona forme l'anneau intermédiaire entre les inflammations vésiculeuses et huileuses.

§. VI. Le zona n'est jamais une maladie grave. Si Pline le naturaliste a avancé que celte maladie devenait funeste, lorsqu'elle formait une ceinture complète autour du corps, son assertion mérite d'autant moins de créance , que le zona ne se montre jamais sous cette forme. Lorsque des individus viennent à succomber à cette maladie , la mort est toujours produite par quelque complication grave.

§. VIL Le repos, le régime antiphlogistique, l'usage des boissons tempérantes, la saignée générale, et parfois les saignées locales à l'épigastre et à la marge de l'anus, sont les seuls moyens à opposer aux symptômes précurseurs du zona. Lorsque l'éruption est apparue, ces phénomènes peuvent diminuer, d'intensité, ou persister avec la même violence pendant plusieurs

jours, et exiger de nouveau l'emploi des saignées, des boissons délayantes et des lavemens éniolliens. Quant à l'inflammation de la peau, elle ne réclame aucune application extérieure, dans les cas les plus ordinaires. Lorsque la constitution des malades le permet, j'emploie aujourd'hui hardiment la saignée pour combattre l'insomnie et les douleurs; sur plus de trente cas de zona que j'ai soignés depuis un an, le succès de ce moyen a été constant. Si les malades se refusent obstinément à l'emploi de la saignée, il faut appliquer une guirlande de sangsues autour du zona, vers les points les plus irrités. Le soir, les malades prennent une pilule ou une potion narcotique. Les topiques émolliens accélèrent rarement la guérison du zona ; car s'ils ne favorisent pas l'éruption des vésicules. et des bulles, ils s'opposent à leur dessiccation. Les linimens opiacés sont quelquefois utiles pour calmer les douleurs et prévenir l'insomnie. Ils ne produisent jamais la répercussion du zona, que plusieurs auteurs ont paru redouter. Lorsque l'éruption est confluente, et l'épidern e soulevé ou détaché sur une large surface , ou bien encore lorsque les malades ne gardent pas le lit, il convient de préserver la peau enflammée du contact de l'air et du frottement des vêtemens , en la couvrant de papier de soie imprégné d'huile pu d'un Uniment opiacé , ou bien encore d'un linge pénétré enduit de cérat, et recouvert d'une couche mince de charpie.

Les malades doivent avoir soin de se coucher habituellement sur le côté du corps non affecté; sans cette précaution ils s'exposent à ce qu'il se forme , sur un ou plusieurs groupes, de petits points gangréneux, dont la nature opérera plus tard lentement la séparation. On se borne ordinairement à les couvrir d'un morceau de diachylum gommé. Après la chute de ces petites escarres, la peau ulcérée ou perforée doit être pansée avec un linge fenêtré, enduit de cérat camphré et couvert de charpie sèche.

On a proposé , dans ces derniers temps , de cautériser les vésicules et les bulles du zona, dans le but d'abréger la durée de cette maladie et d'en diminuer les douleurs. J'ai expérimenté cette méthode sur cinq malades : chez tous la cautérisation a été douloureuse et suivie d'une augmentation des a'ecidens primitifs , sans que la durée du zona ait été abrégée par cette opération.

J'ai déjà dit que des douleurs sous - cutanées assez vives persistaient quelquefois après la disparition du zona, dans les

ZOS 479 régions du corps sur lesquelles il était apparu. Ces douleurs sont combattues avec succès par l'usage intérieur de la poudre de stramonium ( à la dose d'un ou de plusieurs grains ) , et mieux encore par l'application des vésicatoires volans sur le trajet des nerfs affectés. Enfin, ai-je besoin d'ajouter que les inflammations internes qui sont quelquefois associées au zona offrent elles-mêmes des indications particulières, exposées dans d'autres articles ?

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler qu'il y a peu d'année?, les désordres fonctionnels produits par l'irritation de l'estomac et de l'intestin, et quelquefois précurseurs du zona, étaient connus, en France, sous les noms d'embarras gastrique, d'état bilieux des premières voies ; c'était l'usage alors de faire vomir les malades au début de cette maladie , et de terminer la convalescence par un purgatif. J'ai vu employer cette méthode, et je puis assurer que le rétablissement des malades avait rarement lieu avant la fin du troisième ou du quatrième septennaire, et que les symptômes gastriques persistaient, presque toujours, jusqu'au moment de la dessiccatiou complète des bulles et des vésicules, (p. rayek.)

ZOOLOGIE, s. f . ; de ÇZov animal, et de ùoyos discours; l'une, des trois. grandes divisions de l'histoire naturelle, qui a pour objet l'étude des animaux. Essentiellement basée sur l'anatomie et. la physiologie comparées des divers animaux , cette science fait chaque jour de nouveaux progrès, qui souvent éclairent plusieurs points de L'anatomie et de la physiologie chez l'homme. Aussi le médecin instruit ne peut-il pas aujourd'hui rester étranger aux connaissances zoologiques. Indépendamment de la description de chaque animal , la zoologie s'occupe également de réunir en groupes les différens animaux qui se ressemblent soit parleur organisation, soit par leurs habitudes, et d'en former des genres qu'elle rapproche ensuite en familles naturelles, comme les botanistes l'ont fait pour les végétaux. Aussi aujourd'hui chacune des grandes classes établies dans le règne animal a-t-elle été partagée en un certain nombre de tribus ou de familles. Voyez animal- ( a. richard. )

ZOONOMÏÉ, s. f., zoonomia , de ^Sov , animal, et de vôu.ts loi. On désigne ainsi la physiologie générale, la science des lois qui président à l'exercice de la vie dans tous les corps organisés

ZOSTER, s. m. Voyez zona. •

ZUMIQUE (acide). Voyez nanckique.

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