‹ Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 15 sur 612 · DE L'INFLUENCE DES MOYENS CHIRURGIC\UX DANS LA GUÉRISON DES MALADIES · texte numérisé non relu

DE L'INFLUENCE DES MOYENS CHIRURGIC\UX DANS LA GUÉRISON DES MALADIES

Dans un grand nombre de circonstances l'intervention thérapeutique du médecin ne consiste plus à entourer le malade d'influences morales on hygiéniques favorables, ou à le soumettre à l'usage àes moyens pharmaceutiques; elle est toute physique ou mécanique, et elle s'accomplit à l'aide de la main. C'est ce qu'on appelle la chirurgie. Gomme les opérations exigent souvent une habitude et une dextérité particulières que tout le monde ne peut avoir, il y a des gens qui en font une spécialité, de manière à prêter leur concours au médecin lorsque cela est nécessaire. Heureux celui qui peut se suffire à lui-même et connaître également bien les principes généraux de la médecine et les procédés manuels de la pratique chirurgicale ! Malheureusement cet assemblage est rare, et le temps consacré au perfectionnement de la main est perdu pour l'étude minutieuse de l'étiologie, du diagnostic et du traitement des maladies internes ou réflexes. Le chirurgien ne connaît généralement pas plus la médecine que le médecin n'entend les choses de la chirurgie. A mesure que s'étend la science médicale, il devient impossible de la connaître dans son entier, et l'esprit humain, qui a ses bornes, est obligé^ après une étude générale nécessairement superlicielle, de l'envisager par une de ses faces, afin d'en approfondir une partie. C'est ainsi que se créent les véritables supériorités.— Qui trop embrasse mal étreint, dit le proverbe ; cela est vrai, et ceux qui, en médecine, s'appliquentà tout savoir, finissent par connaître un peu de tout, sans avoir de fonds sur rien. — Il faut savoir se borner. — Ainsi se forment les vrais chirurgiens; — obligés d'abandonner l'étude des lois de l'organisation et de leurs effets dans les réactions morbides, pour approfondir l'anatomie ou la médecine opératoire et pour s'appliquer à la perfection des manœuvres de la main, dans le but de leur donner la sûreté et la dextérité qu'elles doivent avoir.

Les moyens chirurgicaux sont tous physiques ou mécaniques, et le but qu'on se propose dans leur emploi est d'extraire, de redresser, de maintenir ou de détruire ce qui peut faire obstacle à l'exercice de la vie normale des tissus.

On a partagé ces moyens en plusieurs classes, selon le but qu'ils remplissent, et chacune d'elles a reçu un nom particulier. — Les moyens destinés à réunir les parties divisées ou à remettre en place des organes déplacés sont désignés sous le nom générique de synthèse. Tels sont les bandelettes agglutinatives des plaies, la suture, les bandages contre la hernie, la réduction des luxations, etc. — On donne le nom de diérèse, au contraire, à ceux qui séparent des parties réunies naturellement ou d'une façon accidentelle; exemples : l'incision d'un abcès, la séparation de deux doigts réunis par une cicatrice de brlilure, etc. — Ceux que l'on met en usage pour extraire quelque chose, solide ou liquide, placé dans la profondeur des tissus, sont compris sous la dénomination A'exérèse. — Ainsi l'extraction d'un projectile, l'évacuation d'une hydrocèle ou d'une ascite, l'ablation d'une tumeur, sont des procédés appartenant à l'exérèse. — H y a enfin une dernière classe de moyens chirurgicaux, dans laquelle se trouvent les procédés divers à l'aide desquels on restaure des parties mal faites ou absentes. C'est ce qu'on appelle la prothèse ; exemples : la pose d'une dent artificielle, la fabrication d'un râtelier, la pratique de l'autoplastie, etc.

Toutes ces divisions, bonnes au point de vue de la méthode, sont abandonnées aujourd'hui, car elles ne conduisent à aucun résultat pratique. En effet, on combine souvent dans une môme opération des procédés appartenant à chacune de ces classes. On ouvre un abcès et l'on en rapproche les parois. Dans une ablation de tumeur, on divise, on extrait et l'on réunit, selon l'indication, sans se préoccuper de savoir si l'on agit par diérèse, exérèse et synthèse. Ce ne sont plus que des mots dont l'importance est singuliè- , rement tombée. I

A côté de cette grande chirurgie qui réclame des études particulières, il y en a une autre plus inférieure et qu'on désigne sous le nom de chirurgie ministrante ou de petite chirurgie. Chacun peut la faire, mais cependant il y a encore ici des personnes qui s'y cor. acrent d'une manière particulière et qui en l'ont une spécialité.

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Celle petite ehirui'gie, fort utile et d'un usage journaLier d;ui8 la pratique de la médecine, consiste dans l'emploi des moyens suivants :

1» La saignée des artères, tombée en désuétude ; — celle des veines au bras, au pied, à la base de la langue, connue sous le nom de plébotomie ;— celle des capillaires de lapeauau moyen de ventouses scarifiées, et pour laquelle, à Paris, par exemple, on trouve des ventouseurs, profession assez lucrative ; — enfin Vapplication des sangsues et la manière d'arrêter les hémorrhagies qui en résultent.

2" Le calorique en excès accumulé dans l'eau bouillante, le fer chaud, les moxas, appliqués sur la peau, etc.

3» Le froid, provoqué par le contact de l'eau froide, de la glace, ou d'un mélange de glace et de sel, par les irrigations continues d'eau froide, par l'évaporation de l'éther, etc.

U° L'électricité appliquée au moyen de l'ancienne machine électrique et de la bouteille de Leyde, de la pile voltaïque aujourd'hui abandonnée, et mieux des appareils électro -magnétiques de toute sorte, si répandus maintenant par les soins des électriseurs.

5" h'électro-punctitre, assez rarement mise en usage.

6» Vaqua-puncture qui se pratique avec une douche fdiforme" d'eau, assez violente pour percer la peau,

7° La contusion méthodique des muscles et de la peau par la palétation et le massage.

8° L'acupuncture, trop peu connue, malgré ses avantages contre les névralgies, très-complétement exposés dans le travail de J. Gloquet.

9" Le perkinisme, dù à l'action électrique sur la peau douloureuse du contact de deux aiguilles mousses de métal différent.

10° La cr)wyc»;'essîon permanente au moyen des doigts ou d'un compresseur mécanique sur un organe, comme la mamelle, sur un vaisseau affecté d'anévrysme ou sur un membre variqueux.

\\° Ldi soustraction du poids atmosphérique ?,\iv une ^vAnAe partie du corps, à l'aide des grandes ventouses imaginées par M. Junod.

12° L'air comprimé ou. la compression de l'atmosphère appliquée aux maladies de l'appareil respiratoire, principalement à la phthisie, au moyen d'appareils particuliers et de machines spéciales inventées par MM. Pravaz, Berlin, etc.

13° Enfm la raréfaction de l'air, vantée contre la chlorose par Jourdanet.

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