NATIFS
FLUCTllATIOlV. La fluctuation, telle qu'on l'observ dans les abcès, est l'attribut des tumeurs contenant u" liquide. Elle est caractérisée par la sensation du déplacement des liquides de la poche, se transmettant aux doigts qui pressent sur la tumeur. V. Abcès.
Pour que la fluctuation d'une tumeur soit bien marquée, il faut que la poche qui contient le liquide ne soit pas très remplie.
Lorsqu'une poche contient une grande quantité de liquide, la fluctuation se perçoit par une palpation méthodique au moyen des mains très-éloignées l'une de l'autre ; et tandis qu'on frappe légèrement avec les doigts d'iuie main, l'autre, posée à plat sur la tumeur, perçoit le clio( du liquide qui lui est transmis. V. Ascite et Kys^te oi:; l'ovaire.
La fluctuation est simulée par la mollesse des tumeuis contenant un produit gélatineux, par les lipomes, et dans certains cas par des cancers mous. Une ponction exploratrice doit alors rectifier les erreurs de la fausse sensation. V. Cancer, Lipomks, (Ji-andes séiîacées.
FLIJEURS BLAIMCHES. Y. Lel'CORRIIÉE.
FLUX. Les flux sont des sécrétions exagérées de? membranes glandulaires et des organes sécrétoires.
Il y u des flux ijlaudulaire^ de sperme, do bile, de lail, de sueur ou d'urine, et des flux inuqucu-i- de l'intestin, des bronches, du vagin et de la vessie.
Les flux muqueux constituent les affections catarrliales.
Les flux forment des maladies habituellement cliroiii' ques, et sauf le choléra et la diarrhée, il est rare de les observera Fétat d'acuité.
Les ferrugineux, les stimulants, les toniques et les astringents sont les meilleurs moyens thérapeuli(|ues à employer pour combattre les flux. — La bonne noui'rilure, — l'hydrothérapie, — les bains de mer et de rivière, — les vins géiu'reux, — les eaux sulfureuses en bains et en boisson, — les préparations de quinquina, de tannin et d'alun, ~ eniiu les substances arsenicales, et principale-
FOIE
inciil le sirop d'iirséniate de sonde, fonueiil la base de leur traitement. V. Spermatoriihée, Ciioiiiu, Galactor- RHÉE, Épiiidrose, Bronciiorrhée, Diabète, Leucorrhée, etc.
FOETUS (Maladies du). De toutes les maladies du fœtus, les seules qui comportent des indications thérapeutiques sont celles qui ajiportent des obstacles à l'accouchement. V, Dystocie par maladie du F(KTrS.
Fœtus {Mn)i du). Lorsque par suite d'une maladie intra-utérine, ou par suite d'une chute ou d'une émotion vive, l'embryon ou fœtus cesse de vivre, la femme s'ennuie, est de mauvaise humeur ; elle a des retours alternatifs de chaud et de froid, de l'oppression, des douleurs à l'épigastre, et quelquefois des vomissements. La face devient pâle, les yeux se creusent, l'haleine est fétide, le pouls est irrégulier.
En cas de mort du fœtus, les malades éprouvent quelquefois une sorte de bien-être (Cazeaux) ; mais le signe le plus caractéristique, lorscju'on a passé le troisième mois, est la disparition des bruits du cœur, bruits redoublés (Stollz).
Les hémorrhagies utérines ne sont qu'une présomption de la mort du foetus.
Au cinquième mois, l'absence des contractions du fœtus doit en faire soupçonner la mort.
Le foetus, une fois mort, ne tarde pas à provoquer des contractions utérines, et l'avortement ou l'accouchement a lieu.
Quand le fœtus est mort et quand l'avortement doit avoir lieu au premier et au deuxième mois, les femmes éprouvent des douleurs analogues à celles qui existent chez les fenuîies non enceintes, au début d'une époque menstruelle.
Lorsque le fœtus a passé le quatrième et le cinquième mois, les malades, après la mort de l'enfant, voient leurs seins durcir, car la sécrétion lactée s'établit, et elle se tarit ensuite au bout de quelques jours.
En principe, on ne , doit jamais forcer l'avortement et l'accouchement lorsque le fœtus est mort ; on doit attendre, car tôt ou tard l'expulsion aura lieu.
Le fœtus mort dans l'utérus se macère et ne se putréfie pas, et il n'y a pas de danger d'infection pour la mère.
FOIE (Maladies du). Le foie, glande chargée de la sécrétion ))iliaii'c et de la formation du sucre nécessaire à l'assimilation, est le siège de différents troubles, de circulatiun^ de sécrétion, de nutrition et de sensibilité, qui constituent autant de maladies graves. Ce sont : l'atrophie aiguë ou ictère grave, — la congestion aiguë et chronique,
— l'inflammalioii ou hépatite, — les abcès, — l'absence de sécrétion biliaire donnant lieu à l'ictère, — l'hypertrophie, — la cirrhose, — la dégénérescence graisseuse,
— la dégénérescence amyloïde, — - les kystes à hydatides,
— la névralgi(! hépatique, — les contusions ou les plaies.
Foie [Ahrés (lu). V. KiHE {] n(hnnniot(itii <hi) et Arces.
Foie {Atrophie uigiic du], ou ii tére çjrure, — ictère malin, — ictère liémnrrimgiquc essentiel, — enfin fièvre jaune sporadiijue. A côté de l'ictère essentiel dépourvu de complications, et de l'ictère symptomatique d'une maladie aiguë ou chronique du foie, il y a une variété d'ictère appelée ictère grave ou malin, liée à une atrophie aiguë du foie dont la cause est inconnue et dont le pronostic est très-fàcheux, car il entraine ordinairement la mort.
1/atrophie aiguë du foie ou ictère grave, rare à Paris,
l'OlE ,-)/|3
s'observe chez les nouveau-nés, chez les enfants et chez les adultes, avec tous les symptômes de la lièvre jaune intertropicale, à ce point que si l'on observait de semblables phénomènes dans un pays où celte fièvre est endémif(ue, comme par exemple à la Vera-Cruz, ce qu'on appelle ictère grave en Europe serait en Amérique une véritable fièvre jaune.
L'atrophie aiguë du foie, ou ictère grave, en Europe, peut être considérée comme une fièvre jaune sporadique.
L'ictère grave, si semblable à la fièvre jaune, est comme elle parfois contagieux, car il a été observé au même instant sur les quatre enfants d'une même famille. (Griffin.)
L'atrophie aiguë du foie, ou ictère grave, se présente sous la forme typhoïde, ariynamique, et sous la forme hémorrbagique.
Des frissons ou des malaises, avec abattement, céphalalgie, fièvre ardente, délire, ictère jaune orangé ou olivâtre, épistaxis, pétéchies ou ecchymoses sous-cutanées, vomissements noirs, mélsena, et prostration considérable, caractérisent l'ictère grave occasionné par l'atrophie aiguë du foie .
Dans l'ictère grave, le foie, rouge ou pâle, est douloureux ou indolent, ordinairement réduit de volume, ne pesant quelquefois plus que la moitié de son poids habituel, et toutes les cellules hépatic[ues sont désagrégées ou détruites, mêlées de gouttelettes de graisse, en même temps ([u'il se forme une altération du sang, telle qu'un ramollissement de la fibrine, une leucocythémie aiguë ou une cholémie.
Deux opinions se disputent la préférence des médecins relativement à la nature de l'ictère grave. Dans l'une, qui est la plus ancienne et d'origine toute française, la maladie est considérée comme une pyrexie essentielle, dans laquelle les lésions du foie, nulles ou variables, ne jouent qu'un rôle secondaire ; tandis que dans l'autre, d'origine allemande et anglaise, Rokitansky et Budd attribuent l'ictère grave, le premier à une atrophie jaune aiguë du foie qui peut manquer, le second à une destruction rapide des cellules du foie qui se déforment, s'infiltrent de gouttelettes d'huile et disparaissent plus ou moins complètement. De ces deux opinions, celle qui fait de l'ictère grave une pyrexie essentielle, suivie d'altération variable du volume et des cellules du foie, c'est-à-dire une atrophie aiguë, est la plus conforme aux données de l'observation clinique.
L'ictère grave est une maladie très-fréquemment et (rès-rapidement mortelle, d'où le nom d'u'/cce malin, sous lequel il a été décrit par les pathologistes.
Thcrapeutvine. — Dans l'ictère grave, il faut donner de la limonade sulfurique, de l'eau rougie, des bouillons, du vin et du sirop de quinquina, pour maintenir les forces des malades.
l'our prévenir ou pour arrêter la dégénérescence graisseuse aiguë du foie, on a essayé des applications de sangsues [3, et l'on a donné grammes de bicarbonate de soude dans de l'eau sucrée □, ou une potion gommeuse addilionnée de 2 à 3 grammes de borax, à prendre dans vingt-quatre heures (3. Les acides sont préférables.
Votion acide.
Julep gouimeux 120 grammes.
Eau de Babel 1 à 2 id.
A prendre par cuillerées à soupe dans les vingt-quatre heures H-
FOIE
FOIE
Suc de citron.
A prendre par petite cuillerée à café toutes les heures f+l.
Lavement tonique.
Eau tiède 150 grammes.
Vin ordioaire 50 iil.
A prendre un lavement matin et soir.
Foie {Airoiihie chronique du). L'atrophie chronique du foie est bien plus fréquente que Fatrophie aiguë, et elle résulte, soit de l'oblitération de la veine porte, soit de l'obUtération des capillaires du foie avec ou sans altération de la capsule de Glisson, soit enfin de l'induration de la cirrhose ou de la compression de l'organe par des productions nouvelles, telles que le carcinome ouïes échinocoques.
Les symptômes de l'atrophie chronique du foie sont les malaises, la dyspepsie, les altérations du visage par la pâleur, l'amaigrissement, et la diminution de la matité normale de l'hypochondre droit.
Thérapeutique. — Il faut s'appliquer à reconnaître la nature de l'atrophie chronique du foie, pour la combattre par les moyens propres à chacune de ses causes particulières, et ensuite il faudra prendre pour indication les symptômes qui se présentent, afin de les combattre isolément. — Chez ces malades, il faut surtout diriger le régime en les plaçant à la campagne ou aux eaux d'Ems et de Vichy, conseiller l'usage du lait, des légumes et des fruits bien cuits.
Foie {Cancer du). V. Cancer.
Foie [Congestion du). Comme tous les tissus, le foie peut être le siège d'une hypérémie permanente plus ou moins considérable, fit alors cet organe est lourd, gonflé, rouge et gorgé de sang. (Monneret.)
Il y a une congestion aiguë et une congestion chronique du foie.
La congestion du foie se fait d'une manière active, dans les maladies du tube digestif, telles que l'entéi'ite et la dysenterie, après les écarts de régime et sous l'influence de l'activité fonctionnelle du foie, produite par la température des pays chauds. — Elle est -passive, au contraire, dans les obstacles à la circulation qui résultent d'une maladie du cœur, et dans l'hyposthénie produite par la cachexie paludéenne.
L'augmentation de volume du foie révélée par de la matité, sans tumeur ni fièvre, avec pesanteur et douleur il l'hypochondre droit, ictère sclérotical, dyspepsie et malaises, se prolongeant pendant plusieurs semaines ou plusieurs années, annonce la congestion du foie.
La congestion du foie est le point de départ des hypertrophies et des cirrhoses de cet organe.
Thérapeutique. — La saignée du bras et les émissions sanguines locales dégorgent très-rapidement le foie.
Il faut donner, en outre, l'eau de Sedlitz, une bouteille à jeun, — le citrate de magnésie, 60 grammes, — le sulfate de soude, 40 granmies ; — connue purgatifs salins, les eaux purgatives de Niederbronn, de llombourg, de Kissingen ou de Carlsbad; — l'eau résolutive de Vichy, et l'on peut employer les révulsifs cutanés, tels que les vésicaloires volants et les applications d'huile de croton ou de teinture d'iode sur la rèi;ion du foie.
Dans la congestion chronique, avec l'eau de Vichy et des pilules de savon médicinal, de 20 centigrammes, il
faut ordonner l'hydrothérapie et les douches froides sur le foie.
Dans ce cas, si l'on veut obtenir un bon résultat, l'hydrothérapie doit être faite méthodiquement pendant plusieurs semaines, et deux fois par jour dans un établissement bien organisé. V. Hydrotiiisrapie.
Foie [Déchirure et Contusion du). V. Contusion.
Foie (Bégénérescence amyloide ou amylacée, ou cérumineuse du). Le foie endurci comme dans la cirrhose rougeàtre, brillant, se colorant en rouge violacé par la solution aqueuse de teinture d'iode, indique la dégénérescence cérumineuse, lardacée ou amyloide du foie. (Wirchow.)
On observe la dégénérescence amyloide du foie chez l'homme plus que chez la femme, dans la syphilis constitutionnelle, dans la tuberculose pulmonaire, dans les maladies des os et dans la plupart des cachexies.
Dans la dégénérescence amyloïde du foie l'organe est hypertrophié, peu douloureux ; il y a de la dyspepsie, rarement de l'ictère ou de l'ascite et une pâleur très-prononcée du visage.
L'hypertrophie et la dégénérescence amyloïde de la rate compliquent ordinairement la dégénérescence amyloïde du foie.
La dégénérescence amyloïde du foie est une maladie essentiellement chronique.
Thérapeutique. — 11 faut d'abord chercher à guérir la cachexie paludéenne ou syphilitique qui pourrait exister, détruire la maladie des os, ou combattre la tuberculose pulmonaire.
On prescrira ensuite l'iodure de potassium et l'iodure de fer l±\, quelquefois le traitement mercuriel par les pilules de Belloste □, le sel ammoniac, 20 à. 30 cenligrammes, — le carbonate de soude, 2 grammes par jour, — l'huile de foie de morue, — les eaux de Vichy, d'Ëms, de Carlsbad, de Marienbad, de Kissingen, — enfin le séjour k la campagne et l'usage d'une nourriture suffisamment réparatrice.
Foie [État gras ou Dégénérescence graisseuse du). Sous l'intluence de la plithisie pulmonaire et de la scrofule assez grave pour compromettre la vie, le foie atteint de congestion chronique s'altère peu à peu et s'infiltre de graisse sous forme de gouLteleltcs d'huile contenues dans les cellules hépatiques. (Juaud on le coupe, la lame de l'inslrument se graisse, et si l'on met un fragment de l'organe sur du papier, il en résulte des taches qu'on croirait faites avec de 1 huile.
La dégénérescence graisseuse du foie entraîne toujours une modification de la sécrétion biliaire à laquelle on peut rattacher la dyspepsie observée pendant la vie ; mais, à part ces accidents, il est difficile de reconnaître l'état gras du foie.
Thérapeutique. — Il n'y a rien d'utile à faire contre la dégénérescence graisseuse du foie.
Foie {Ifijdatidcs du). Les kystes de cet organe rempli? de vésicules ap|ielées acrphalDCijstes ou hijdatides, reiifcimaiit des granulations à peine visibles, connues ,sous le nom ù'échinocuqnes (V. ce mot), sont des tumeurs hydaliques.
C'est ordinairement de vingt à quarante ans que s'obsfu'vent les tumeurs liydaticjues du foie, mais on en rencontre assez souvent chez les jeunes enfants et chez les vieillards.
FOIE
FOIE
Les lunieurs liydiUiiiiies du foie sont des maladies [jaraitaires ducs à la présence de vers appelés échiiiocoques, ntroduits dans le corps par l'alimenlalion de viandes onlenant des échinocoques, des cysticerques ou des eufs de lœnia, et pénétrant dans l'organe hépatique où Is se développent (Siebold, luichenmeister).
Ce sont surtout les chairs du porc (notamment le jam- )on cru) el les chairs du mouton, remplies de cysticerques »u de cœnures, qui favorisent l'apparition des échinooques du foie.
Les tumeurs hydaliques du foie ne se reconnaissent que orsqu' elles ont acquis un très-grand volume, après plujjieurs mois ou plusieurs années d'existence, et elles se l'évèlent par de la gêne à l'hypochondre droit, par une )esanteur désagréable, par do la gastralgie ou par de la lyspepsie, et enfin par un gonflement de l'organe formant [uelquefois tumeur en avant de l'abdomen.
Les tumeurs hydatiques du foie qui font saillie au niveau les fausses côtes droites, occupent l'épigastre, la ligne )lanche ou l'hypochondre, sont molles, tendues, peu dououreuses, fluctuantes, élastiques, sans changement de îouieur à la peau, et donnent lieu, par la percussion, à m frémissement ou à un bruit qu'on appelle frcinissemcnt m bruit hijdatique (Piorry).
L'ictère accompagne rarement les tumeurs hydatiques lu foie, e\ il ne se montre que dans les cas où une hépaite vient compliquer la situation des malades.
Le développement des tumeurs hydaliques du foie se ait avec une extrême lenteur, et, quand la poche est très- 'olumineuse, elle proémine assez vers la peau pour qu'on misse l'ouvrir, ou perfore le péritoine, l'intestin ou l'esomac, la plèvre, le poumon et les bronches, afin de vider ion contenu au dehors.
Une tumeur hydatique du foie peut guérir spontanément |)ar la mort des échinocoques, car alors elle cesse de l'accroître, et ses parois deviennent cartilagineuses ou •sseuses.
Avec une tumeur Jiydatique du foie, les malades peuvent rester très-longtemps en bon état, sans maigrir ni pOufTrir ; mais plus tard, si l'hépatite vient à se déclarer )u si la tumeur s'ouvre dans un organe important, il en i'é&ulte des accidents graves promptement mortels.
i On ne peut confondre un kyste hydatique du fuie qu'avec un abcès ou un kyste séreux ou une cholécystite. j\Iais l'abcès est presque toujours lié, soit à une dysenterie antérieure, soit à une contusion du foie ; puis il y a des accès de fièvre et de l'amaigrissement. — Les kystes séreux du foie sont si rares, que l'on doit toujours, en cas d'incertitude de diagnostic, entre un kyste simple et un kyste hydatique, opter pour la dernière supposition. — Une cholécystite a été précédée d'ictère el la tumeur s'est toujours développée plus vite qu'un kyste hydatique. Da resie, une ponction exploratrice, suivie de l'issue d'un liquide séro-albumineux contenant des crochets d'échinocoques,lèvo toute incertitude.
Les kystes hydatiques du foie peuvent s'enflammer spontanément, causer des vomissements, de la fièvre et de rictère. Une fois enflammés, ils peuvent s'ouvrir dans le péritoine, dans la plèvre et dans le poumon consécnlivement à la formation d'adhérences, et quelquefois à travers les parois abdominales.
\ Après une ponction exploratrice, la suppuration d'un j kyste hydatique amène quelquefois la guérison et met à l'abri de la récidive.
BoucuuT ET DEsrnÉs. — édit.
Thérapeutique. — Les médicaments donnés à l'intérieur ont peu d'action sur les tumeurs hydatiques du foie. — On a cependant conseillé l'emploi des purgatifs salins, tels que le sulfate de soude et de magnésie, 30 grammes tous les huit jours El ; le calomel, 5 centigrammes par jour en une fois \±] ; Viodure de potassium, 3 grammes [+] ; Vessenccde térébenthine, 5 à 15 grammes par jour dans du bouillon gras [+]; Veau de mer, trois verres par jour El- Formule de l'eau de mer.
Sel lie cuisine GO i^i'ammeii.
Chlonire de mac^tiésintn 1 id,
elilorm-e de caleium id.
Sulfate de soude 20 id.
Pour 10 litres d'eau.
Le seul moyen efficace à employer contre les tumeurs hydatiques du foie n'est applicable que si la tumeur fait saillie à l'épigastre ou à l'hypochondre. — Dans ce cas, ' il faut l'ouvrir par le procédé de Bégin ou de Récamier. V. Ér.HiNOcoouES, Foie (Inflammation du) suivie d'abces. Kystes hydatiques.
Procédés pour ouvrir les kystes hydatiques du foie. — Quand on s'est décidé à l'opération, il faut recourir à la ptonction par Irocart capillaire, ou à la ponction précédée des caustiques, ou à Yincision couche par couche des parois de la tumeur.
Ponction. — Ponctionner le kyste avec un trocart capillaire afin de le vider et on laissera la canule vingtquatre heures en place pour déterminer une inflanmuUion du kyste (Jobert, de Lamballe), ou pour permellre des injections iodées (Aran), ce qui est une assez bomie méthode. — Aujourd'hui, on prétend pratiquer des ponctions avec le gros trocart, et faire des injections iodées, mais cela est très dangereux et expose à la péritonite.
Ponctionner la tumeur avec le Irocart, laisser la canule à demeure pendant plusieurs mois, faire des injections iodées (Owen Piees, Boinet), faire une contre-ponc lion au besoin (Boinet), sont des moyens convenables pour laciRler l'écoulement du liquide, mais ils olîrent aussi des dangers.
Ponction avec trocart capillaire aspirateur. — La simple ponction avec un trocart capillaire ajusté à une seringue particulièrement disposée, dans laquelle on a préalablement fait le vide, enlève tout le liquiile du kyste, fait périr les échinocoques et guérit la maladie [T] (Dieulafoy).
Ponction avec un trocart capillaire et injection <rextrait éthéré de fouijére mâle. (Voyez, pour le procédé à suivre, l'article Kystes a entozoaires.)
Application de caustiipies suivie de la ponction. — Attaquer la lumeur par des applications successives de potasse caustique et de chlorure de zinc sur le point culnii • nant de la tumeur, puis ouvrir l'eschare ou attendre sa chute (Récamier), est une opération justifiée par des succès. R faut ensuite faire de grands lavages cl ne point laisser le pus séjourner dans le foyer du kyste suppuré.
Ouvrir avec le bistouri la paroi abdominale jusqu'au péritoine (Bégin, Graves), et attendre qu'il se soit formé des adhérences pour attaquer le kyste, est une opération qui a de grands dangers et à laquelle on ne doit jamais recourir.
11 n'y a certitude de guérison radicale des kystes hydaliques du foie (jue quand le kyste a suppuré, ou lorsque la piuu lion a fait périr les échinocoques contenus dans l'intérieur.
Folc [Hypertrophie du). L'augmentation du tissu glan ■ dulaire du foie, état distinct de la congestion hépatique, constitue riiypertrophie du foie.
FOIE
FOIE
Dans l'hypertropliie du l'oie, le nombre et le volume des cellules hépatiques sont augmentés ; elles sont doubles et triples de leur volume naturel, avec deux ou trois noyaux, plusieurs nucléoles, des granulations et peu de goullelettes d'huile ou de pigment.
Un foie hypertrophié pèse souvent de 7 à 15 et jusqu'à 20 kilogrammes.
L'hépatite aiguë, simple ou syphilitique, le diabète sucré, la leucémie, la cachexie paludéenne, l'entérite chronique, la dysenterie et le séjour prolongé dans les pays chauds sont les causes habituelles de l'hypertrophie du foie.
Le début de l'hypertrophie du foie est très-insidieux et passe ordinairement inaperçu. Ce n'est que lorsque la maladie est assez avancée qu'on peut la reconnaître ; et alors il y a dyspepsie, perte des forces, avec teinte jaunâtre, quelquefois ictérique, pesanteur à l'hypochondre droit, augmentation de volume du foie constatée par la palpation et par la percussion, quelquefois de l'ascite, des hémorrhagies intestinales, de Fanémie et une hypochondrie plus ou moins prononcée.
Il ne faut pas confondre l'hypertrophie du foie avec l'hypérémie aiguë et chronique, dans lesquelles il n'y a qu'un gonflement produit par une trop grande quantité de sang des capillaires.
Le séjour dans les pays chauds, la dysenterie, les fièvres intermittentes, la syphihs, le diabète sucré, la leucémie et les contusions du foie produisent souvent l'hypertrophie du foie. ■
Des malaises avec amaigrissement, la perte des forces, la dyspepsie, la teinte jaunâtre ictérique de la peau, la pneumatose intestinale, les épistaxis (Monneret), les hémorrho'ides, quelquefois l'ascite, Fhypochondrie à dilTérent» degrés, et enfin la matité du foie qui déborde les côtes ou s'étend à l'épigastre jusq'ie dans le côté gauche, sont les signes ordinaires de l'hypertrophie hépatique.
L'hypertrophie du foie est une mahidie très-lente, qui reste longtemps stationnaire, qui rétrograde et guérit quelquefois; mais chez les sujets qui se soignent mal elle augmente, détermine l'hydropisie, le trouble général des fonctions et la mort.
Quand l'augmentation de volume du foie n'est pas accompagnée de tumeurs dures, d'inégalités profondes ou de kystes, il est très-probable qu'il s'agit d'un cas d'hypertrophie.
Thérapeutiqne . — Le régime lacté, les végétaux, le poisson, les féculents, les fruits, l'eau et l'abondance, voilà la nourriture convenable dans l'hypertrophie du foie.
Il faut combattre l'hypertrophie du foie par les frictions sèches, par les frictions avec la pommade ioduréc ou la pommade morcurielle ; — avec la palélation; — avec les pui gatifs salins ou drastiques, qui sont excellents ; avec les alcalins, surtout le bicarbonate de soude, qui a également de très-grands avantages, et avec les pilules savonneuses.
Les exuioires sur la région du foie sont très-utiles, et, dans ces cas, on a recours aux révulsifs cutanés, tels que cautères, vcsicatoires volants et applications de teinture d'iode.
On donnera en même temps du calomd à la dose de '20 centigrammes par jour pendant quelques jours, en ayant soin d'éviter la salivation r++1. ou bien six pilules de savon médicinal, de 20 ceuligrunnncs [+], dus pilules
à'aloès de lO centigrammes, deux pilules par jour [+], ou de Viodure de potassium, 1 gramme par jour □.
L'hydrothérapie et les douches sur le foie avec l'eau froide \+], les eaux minérales de Vichy, de Vais, d'Ems, de Plombières, de Carlsbad, de Wiesbaden, de Cauterets, d'Aix en Savoie, doivent être conseillées aux malades.
De toutes les eaux minérales, ce sont celles de Vichy, de Vais et de Carlsbad, à l'intérieur, en bains et en douches, conseillées par quelques médecins, qui sont les plus utiles et qui constituent un des meilleurs moyens de guérison de cette maladie.
Gomme la congestion et l'inflammation chronique du foie, l'hypertrophie de cette glande se trouve très-bien du séjour à la campagne. (V. le Traitement de l'Hépatite
CHRONIQUE
Foie [Inflammation du) OU Hépatitb. Le foie peut être affecté d'inflammation aiguë ou chronique. C'est ce qu'on appelle aussi V hépatite.
L'hépatite est rare dans l'état aigu dans les pays teiu^ pérés, tandis qu'elle est très-fréquente dans les pays chauds, là où les fonctions du foie sont trés-actives.
Dans les pays tempérés, c'est surtout sous la forme chronique que se montre l'hépatite.
L'hépatite résulte de causes très-variées et très-diffé-' rentes : ce sont les coups, les chutes et les contusions sur le foie ; les hypérémies hépatiques qui résultent des obstacles à la circulation, lorsqu'il existe une maladie des valvules du cœur ; une lésion chronique étendue des poumons, un vaste épanchement pleurétique ou une tumeur comprimant la veine sus-hépatique ; la résorption purulente, quelle qu'en soit Forigine ; la leucémie, la cachexie paludéenne, la syphilis constitutionnelle, la dysenterie, l'alimentation trop abondante, et enfin l'usage habituel et prolongé de l'eau-de-vie, du vin pur et des condiments acres et irritants.
Quand il existe une hépatite aiguë, on constate l'hypérémie et le ramollissement du foie, la suppuration sous forme A'ahcùs ou d'infiltration purulente ; mais dans les pays tempérés les abcès du foie sont très-rares.
Les abcès du foie, infiniment plus communs dans les pays chauds que dans les pays froids, sont superficiels ou profonds, uniques ou multiples, et ils renferment 50 à 1500 grammes d'un pus qui est tantôt blanc jaunâtre ou rouge lie de vin.
La gangrène du foie est une terminaison très-rare de l'hépatite.
Dans Fhépatite chronique il se produit toujours une augmentation de volume du foie, avec induration partielle ou de la cirrhose. V. ce mot.
II y a souvent peu de rapport entre les symptômes mal caractérisés de l'hépatite et la lésion qui les produita ce qui rend le diagnostic extrêmement difficile. '1
L'hépatite débute quelquefois brusquement par des frissons, de la douleur à l'hypochondre droit, des vomissements, de la fièvre avec ou sans ictère, et ailleurs ellej apparaît lentement cachée par des phénomènes saburraux^ gastriques et typhoïdes.
Les symptômes de l'hépatite sont locaux et bornés à la région du foie, ou (jéitéraux, et ils révèlent alors un trouble profond des différentes parties de l'organisme.
Parmi les symptômes locaux de l'hépatite il faut citer la douleur à l'épaule droite, ({ui n'est pas constante ; la dou-
FOIE
eur obluse ou lancinante à l'hypochondre droit, la pression "oulonreuse de cette région, le gonflement épigastrique, t enfin l'augmentation de volume du foie révélée par la •ercussion.
Dans l'hépatite aiguë, les symptômes généraux sont la ièvre, l'état saburral de la langue, l'inappétence, la contipation, les excréments noirâtres, la coloration noire les urines, et enfin l'ictère, qui peut manquer entièrement u ne se montrer que sur les conjonctives, et alors les xcréments sont blanchâtres.
Quand l'hépalile aiguë occupe la face convexe du foie, y a de la pleurésie diaphragmatique avec point de côté, t presque tous les signes de la pleurésie aiguë, moins épanchement; mais si elle occupe la face concave de organe, il y a au contraire prédominance de symptômes astriques. « Si inflammatio sit in parte gibba, uvgmtstpntomaticapleuritica; si in ejus cava, stomachica. » (Bagiivi.)
Dans l'hépatite qui occupe le tissu intérieur du foie, les i'mptômes sont très-confus et simulent souvent ceux de i fièvre typhoïde : « Hepqtitis occulta, siveti/phusa. » (Naulann.)
La durée de l'hépatite varie suivant sa cause, son tendue et le climat où elle se développe. Ainsi elle est us longue et plus grave dans les pays chauds que dans s pays tempérés ; elle est très-rapidement mortelle dans infection purulente, et dans les cas habituels elle dure ^ un à deux mois.
L'hépatite aiguë se termine par résolution, par conestion chronique ou par hypertrophie, dans les cas peu •aves, et par abcès, au contraire, dans les cas où la
aladie est plus sérieuse.
Quand un abcès se forme dans le foie, la fièvre tombe et douleur cesse; il se produit des frissons et quelques iieurs erratiques, mais rarement de l'ictère, si ce n'est jms les cas où le foyer exerce une compression sur les )ndiiits biliaires.
Les abcès du foie s'ouvrent spontanément dans les calux biliaires, dans l'estomac, dans le duodénum, dans le ion transverse, dans la plèvre, dans les poumons, dans
péricarde, dans la veine cave, dans le péritoine, ou en à l'extérieur, au niveau des lombes, près de l'ombilic ■ daiis l'aine.
Thérapeutique. — Dans les pays chauds, pour prévenir ;iépalite, il faut boire de l'eau, suivre les règles de l'hyène, et ne pas faire usage d'alimenls trop substantiels, de )issons alcooliques ou de condiments acres et irritants
Une fois l'hépatite déclarée, il faut, au début, pratiquer 16 ou deux saignées et appliquer des sangsues ou des sntouses scarifiées à la région du foie. — En cas de douur, on devra donner 5 centigrammes ÔLopinm ou d'exail de jusquiame noire, ou 20 à 30 centigrammes de wdre de Doiver.
Les malades doivent être mis à la diète et ne prendre le du bouillon ou de l'hydrogala, de l'eau de gomme et ;s boissons acidulés ou émollientes.
11 faut ensuite donner du calomel càla dose de 50 cenli- ^ammes à 1 gramme [++], ou bien de Valoés, 20 cenli- •ammes parjourEl, du jalap, 1 à 2 grammes de poudre, ■1 bien 50 centigrammes à 1 gramme de résine, ou enfin ifi la scammonée, à la dose de 1 gramme.
j)^ns V hépatite chronique, les malades doivent être mis h diete lactée et à l'usage de l'eau, du poisson, des luils et des légumes herbacés, assaisonnés au beurre
FOIE 5^17
On leur appliquera des cautères ou des mouches de feu à la région du foie [+], un vésicatoire à demeure [+], de la teinture d'iode tous les jours [T], un moxa[3 ou un séton [3-
Potion purgative.
Sull'ate de soude ou de magnésie 30 çmmnies.
Eau '. 150 id.
Sue de citron u° 1
A prendre à jeun en deux fois, à dix minutes d'intervalle |+]; ou bien :
Poudre de racine de rhubarbe 5'' ,50 eeutigrammes.
Poudre de racine de belladone 50 id.
Mêlez et divisez en dix paquets, trois paquets par jourQ. (Hufeland.)
Potion diurétique.
Acétate de potasse i) i^rauinies»
Intusion de tilleul 180 id.
Sirop de Heur d'oranger 30 id.
A prendre par cuillerées dans les vingt-quatre heuresfTj. (Uesbois.)
Électuaire de Kortum.
Couserve de cocliléaria 00 grammes.
Extrait de chiendent 30 id.
Extrait de pissenlit. , 30 id.
Acétate de potasse 20 id.
A prendre tous les jours une cuillerée à café qualrc fois
Pilules de savon.
?avon médicinal 135 grammes.
Poudre de racine de guimauve. ..... 15 id.
Acétate de potasse 4 id.
Faites des pilules de 20 centigrammes. Six à trente par jour|T].
11 faut donner aux malades des bains simples et des bains alcalins avec 200 grammes de soude, des bains d'eau de Vichy. — Faire prendre de l'eau de Coiidillac, de Saint- Galmier, d'Ems, de Vais et de Vichy; enfin prescrire l'hydrothérapie, et surtout des douches froides sur l'hypochondre droit pendant deux m.ois.
Abcès du foie. Quand il existe un abcès du foie et que la collection purulente pioéminc à l'extérieur, on devra l'ouvrir aussitôt que la fluctuation aura été constalée. Pour cela, on appliquera un morceau de pâle de Vienne sur la partie saillante de la tumeur. Six heures après la production de reschare, on l'enlèvera avec le bistouri, et sur la plaie on mettra une rondelle de pâte de zinc. Le lendemain on enlèvera la partie mortifiée pour réappliquer de la pâte de zinc dont on enlèvera l'eschare au bout de vingt-quatre heures, et alors on introduira un bistouri dans la tumeur pour évacuer le pus. La plaie sera ensuite garnie d'un drain et pansée avec des cataplasmes jusqu'à la Ihi de la suppuration. V. Abcès uu foie.
FORMlîLAinE DE L'INFLAMMATION CHRONIUUE DU FOIE.
Extrait de fiel de bœuf. Fiel de bœuf récent, quantité suffisante; passez, évaporez en consistance d'extrait. 1 à U grammes par jour Ê.
Cataplasmes vinaigrés à mettre sur la région du foic^ dans les maladies chronitjues de cet organe. (Maldonado.)
Eau régalCj à la dose de 60 à 100 grammes dans un pédiluve, contre les engorgements et autres maladies chroniques du foie □.
Extrait de ciguë officinale, en pilules, 10 cenligrammes à 0 grammes par jour □.
548 FOIE
Étiier sulfurique, dix à quinze gouttes de temiis en temps sur du sucre ou sous' forme de perles gélatineuses, s'il y a des douleurs hépatiques FR.
Emplâtre stibié pendant quelques jours, jusqu'à production de petites pustules sur la région du foie [T]-
Ether nitrique alcoolisé, dix à vingt gouttes dans une potion à prendre par cuillerées [+].
Décoction de saponaire, 30 à 60 grammes par litre d'eau [+]•
Suc de saponaire, à prendre 20 à 30 grammes le malin à jeun \±],
Extrait de saponaire, 1 à 3 grammes par jour en pilules ou en potion rn.
Petit-lait, 1 à2 litres par jour, à prendre à la campagne, dans la matinée [+]•
Savon amycjdalin, 1 à 3 grammes par jour en pilules de 1.5 centigrammes.
Décoction de Vandellia diffusa (scrofulariée de la Guyane), comme laxatif fi. (Hancock.)
Décoction de Senecio vulgaris ou séneçon, 8 grammes par litre d'eau [±\.
Eau de Vichy artificielle.
Carbonate de soude 7 grammes.
Chlorure de sodium 17 milligrammes.
Chlorure de calcium 6 dérigrammes.
Sulfate de soude 3 iJ.
SuUate de magnésie 15 centigrammes.
Sulfate de fer cristallisé 17 milligrammes.
Eau privée d'air 025 grammes.
Gaz aeide carbonique yi2 vol.
A boire par verres dans les vingt-quatre heures m ; autant vaut mettre 7 grammes de carbonate de soude dans un litre d'eau.
Eau de Vais artificielle.
Cai'bonalo de soude 7 grouïmes.
Sulfate de soude 5 centigrammes.
Sulfate de fer 4 ij
Ma.gnésio blauclie 1 déeigramme.
Cblorure de calcium 25 centigrommes.
J^"'.' ()J5 grammes.
Acide carboniiiue 5 vol.
A boire par verres [+\.
Pilules contre les enijonjements ylauduleux chroniques du foie.
Suvon médicinal KJ grrmmcs.
Gomme ammoniaque 8 iJ.
lodurc de fer \
Extrait de cigué ( uu G id.
Kxtrait d'aconit j
Mêlez et faites des pilules de 25 centigrammes. Poudre purgative tempérante.
5 grammes.
Euiétique 5 (■,.,itigr.Tnin,ps.
Faites dissoudre dans un litre et demi de bouillon aux herbes. Boire par tasses jusqu'à elTel purgatif suflisani
Suc d'herbes fondant.
filiicoiée
Pissoidit ' ' ' )
Laitue } T"'''''"' égales.
(Cerfeuil '. . . )
Tour obtenir 125 granmics de suc d'herbes. A prendre en \mc lois le malin, à jeun.
On y a joint quelquefois :
Aeétute de iMjtasso. ... 1 .
■ 4 grammes.
Ulouoré) Q.
FOIE
Pilules auti-ictériques.
Extrait de saponaire 8 grammes.
Calomcl ■. . 4 id.
Mêlez et faites soixante-douze pilules. — Trois ou quatre pilules par jour[+]. (Coéroly.)
Pilules iodées.
Iode -20 cciitigrninuies.
Réglisse 1 gramme.
Roli de sureau q. s.
Faites dix pilules. — Dose, une à deux pilules par jourO- (Abercrombie, Valleix.)
Julep amer ou Potion noire.
Follicules de séné 32 grammes.
Faites infuser dans :
Eau iOO grammes.
Extrait de pissenlit 10 id.
Extrait de trélle d'eau 2 id.
Tartre stibié 1 contigiammc.
Enfin ajoutez :
Eau de menthe 32 grammes.
Le cinquième de ce mélange tous les deux jours en se couchant. Dans les affections chroniques du foie et dans la mélancolielU. (Gall.)
Décoction d'orge acidulée.
sirop do sucre Oi grammes
Ilécoction d'orge 1000 id.
Acide liydrocblorique jusqu'à agréable acidité.
Mêlez. — A prendre par tasses dans la journée □. Pilules de Plummcr.
Soufre doré d'antimoine grammes.
Calomélas J °
Résine de gaiac 8 id.
Sirop de gomme q. s.
Faites des pilules de 3 décigrammes.
Dans les engorgements des viscères abdominaux, deux à quatre par jour [T].
Pédiluves )iitro-:riuriatiques.
Aeide livdroeldorique 00 graniiuos.
.Vcide nitrique CtO iil.
Eau pure 120 id.
Le tiers du mélange dans :
■Eau 55S0 granuues.
Un bain de pieds pendant vingt minutes, le soir! I.
Eau de Suint-Amand (Nord), trois à six verres.
Eau sulfureuse alcaline de Montmirail (Vaucluse), en boisson et bains.
Eau et bains de Pfeffers, en Suisse.
Eau d'Ems en boisson et en bains [+].
Eau de JSéris en boisson et en bains |T]-
Eau de Pougues en boisson et en bains \±].
Foie [Kystes du). Des kystes séreux distincts des kystes à hydalides peuvent se former dans le foie (Hawkins), et ils sont formés d'une paroi fibreuse à plusieurs feuillets, dont l'interne .est souvent recouvert de végétations fongueuses. — Ces kystes sont iluctuanis, sans frémissement hydatiquc, renferment de la sérosité ordinairement incoagulable, et peuvent acquérir un volume énorme.
Thérapeutique. — Le traitement des kystes séreux du foie est le même (|ue celui des abcès et des kystes à liydatides. V. FoiE {luflanunation du, Abcès du et Ilyd'itides du) .
Foie {Plaies du).
FOIE
FOLI
I. Plaies par instruments piquants et trandiants. — Des instruments piquants et tranchants peuvent atteindre le foie à travers le thorax ou à travers rahrlomen, et produire, soit une hémorrhagie externe, soit un épanchemeni de sang dans le péritoine ou dans la plèvre, soit un peu plus tard une péritonite et une hépatite consécutives
Les plaies du foie par instruments piquants ne peuvent être reconnues que par la connaissance de l'inslrument vulnérant et la direction de la plaie; et si l'on veut s'assurer de sa profondeur, il faut que le cathétérisme soit fait avec prudence et seulement avec une sonde de femme.
Les plaies de la face convexe du foie causent des douleurs sourdes qui s'étendent à l'épaule correspondante et au larynx, tandis que celles de la face concave causent des douleurs au niveau de l'appendice xiphoïde (Boyer).
Les plaies du foie par un instrument tranchant, avec large ouverture des téguments, sont reconnues par simple inspection.
Toutes les plaies du foie ne sont pas mortelles (Dupuytren), même lorsqu'elles engendrent une hépatite trau- I matique.
■ Thérapeutique. — Dans le cas de simple piqûre du foie, on appliquera vingt à trente sangsues surlarégion du foie, ou l'on fera une saignée de 3 à 400 grammes; — on maintiendra des cataplasmes et un bandage de corps un peu serré sur la région du foie. — On donnera la limonade sulfuriquc froide, ou bien dix ou douze gouttes d'eau de Rabel dans un verre de tisane. — Si une inflammation du foie apparaît, on aura recours aux sangsues sur la région de l'hypochondre droit, aux saignées et aux purgatifs répétés avec l'huile de ricin, 30 grammes, ou le calomel, (50 centigrammes, ou le jalap, 50 centigrammes.
Dans les cas de large plaie du foie, avec hernie d'une portion de l'organe, un bandage compressif sera placé et des compresses d'eau glacée recouvriront la plaie. La résection d'une portion du foie herniée (Fricke, Macpherson) peut réussir, mais cela est bien rare ; il serait peut-être mieux de la laisser dans la plaie, quitte à la réséquer quand des adhérences se seraient établies.
II. Plaies du foie par armes à feu. — Si les plaies produites par des projectiles volumineux occasionnent toujours la mort, les plaies produites par des balles ne sont pas aussi graves. Au reste, l'intégrité des principaux vaisseaux du foie diminue la gravité de l'accident.
Dans la majorité des cas* la position de la plaie extérieure, l'exploration avec le doigt ou avec une sonde de femme, d'argent, permettent de reconnaître les plaies du foie et la présence des corps étrangers, balles ou esquilles. Un épanchement de sang est rare au début des plaies du foie par armes à feu, mais il peut survenir du huitième au douzième jour.
Dans les plaies du foie par armes à feu, une péritonite ou une hépatite sont les complications à redouter. Lorsqu'une balle est restée dans le foie, elle peut être éliminée avec le pus d'un abcès.
Thérapeutique. — Pansement à l'eau froide, — pas de débridements. — En principe, il est bon de laisser les esquilles que l'on ne sent pas facilement, et il en sera de même des balles; elles seront éliminées par la suppuration, caries recherches prolongées ont un inconvénient sérieux, celui de contusionner le foie. — On traitera les complications inllammatoires du foie et la péritonite comme dans les plaies simples, par les moyens appropriés. V. Aiuiomen (Plaies de /').
III. Foie [Hernie traiimatique du). — Quand le foie faithernie dans une plaie de l'abdomen, on ne le reconnaît pas toujours; cependant, si la tumeur est fongueuse, rouge, se tuméfiant peu à peu et placée dans l'hypochondre droit, ce doit être le foie.
Thérapeutique. — Macpherson a lié et excisé une portion du foie faisant hernie à travers une plaie de l'abdomen. Si la portion sortie s'altérait, cette indication devrait être suivie, mais la réduction immédiate vaut mieux lorsque le foie n'est pas altéré.
FOLIE. Un désordre permanent, sans fièvre, général ou partiel de l'intelligence et des atîections morales, indique la folie.
La folie est le rêve de l'homme éveillé. (Yan Helmont.)
Le trouble des fonctions sensorielles appelé hallucinations complique souvent la folie, mais il peut exister sans que, dans le présent et jamais dans l'avenir, l'intelligence doive être troublée, et sans qu'il y ait folie.
Il n'y a pas que les fous qui aient des hallucinations, car ce phénomène s'observe chez les sujets nerveux, en proie au chagrin, à de fortes contentions d'esprit ou à la lièvre. V. Hallucin.^tions.
Il y a différentes espèces de folie : 1° la folie commune, comprenant : a. la manie aiguë et chronique avec délii-e général; — b. les monomanies, lypémaniaque, homicide, suicide, incendiaire, religieuse, du vol, etc. ; — 2" la folie alcoolique ; — 3° la folie puerpérale ; — 4° la folie paralytique; — 5° la folie épileptique ; — 6° la folie hijstérique; — 7° la démence; — et 8° Yidiotie. Mais toutes ne sont pas également graves, et il y en a parmi elles quelques-unes que l'on peut guérir.
Folle commune. Elle comprend la manie aigué ou chronique et les différentes monomanies.
Un changement de caractère et d'humeur, bientôt suivi de délire violent et général, avec accès de fureur, cris, vociférations, larmes, combats avec les gardiens, congestion du visage, animation des yeux, fréquence du pouls, annonce une manie aiguë et presque certainement la mort.
La Manie aigué est le résultat de la congestion prolongée du cerveau sous l'influence de violentes passions, du travail continu, des revers de fortune, et de l'effet sympathique produit par une opération chirurgicale ou par une maladie aiguë et chronique. Voy. plus loin Folie sympathique.
On guérit quelquefois entièrement de la manie aiguë, mais chez quelques malades les symptômes persistent toujours en s' affaiblissant, et il en résulte une manie chronique.
Thérapeutique. — > Dans la manie aiguë, il faut maintenir les malades pour qu'ils ne fassent de mal ni à eux ni aux autres, et pour cela on les attache dans leur lit au moyen de la camisole de force. — Si, par exception, ils ont de la fièvre, une saignée du bras ou des ventouses scarifiées à la nuque peuvent être utiles. — Il faut leur donner des bains dans une baignoire fermée, où leur tête se trouve fixée par un couvercle en deux parties fortement échancrées sur le bord, de façon que leur réunion fasse un passage circulaire pour le cou. Pendant toute la durée du bain, une douche filiforme d'eau froide doit tomber sur la tête.
Si les malades sont constipés, il faut leur prescrire de la poudre de calomel comme purgatif, et, en cas de résistance, l'introduire parla sonde œsophagienne. — On fera
FOLI
FOU
de même pour ralimentation, si les malades refusent des aliments.
Bien qu'on ne l'ail jamais fait, ce serait peut-être le cas de donner le chloral hydraté, 5 à 6 grammes, ou de faire des injections hypodermiques avec le sulfate de morphine, pour ohtenirun narcotisme salutaire. Voy. plus loin le résume de la TuÉRArEUTiQUE de la foue.
La digitale est un excellent sédatif de l'excitation maniaque (Rohertson), mais il faut élever la dose jusqu'à ce que le pouls ait été influencé. On la donne en teinture, à 1 et 2 grammes, trois ou quatre fois par jour.
La monomanie est la forme la plus fréquente de la folie et se montre sans fièvre avec un délire partiel d'amour, de jalousie, de lubricité, d'ambition, de maladies imaginaires, d'amour divin ou de terreurs diaboliques, d'homicide ou de suicide, d'incendie, de prodigalité, de vol, etc., mais dans ce cas l'intelligence peut rester entière sur tous les autres points.
Les différentes monomanies durent de quelques jours h quelques semaines, mais ordinairement elles se prolongent plusieurs années et sont incurables.
C'est dans la monomanie que paraissent surtout les hallucinations ou les illusions sensorielles, qui sont le point de départ du délire et qui entraînent les malades à des détei'minations fâcheuses caractéristiques de la folie. Toutefois on peut avoir des hallucinations sans être menacé de perdre la raison.
Se croire poursuivi par des ennemis acharnés, dont on entend les pas ou la voix ; penser que chacun se moque de vous ; imaginer qu'on est trompé par sa femme ou traqué par la police ; amasser des millions imaginaires ; jouer au roi ou à la mère de famille, en prenant sérieusement comme sceptre ou comme enfant un morceau de bois ou de chiffon ; entendre les insultes d'un innocent qu'on tue, être persuadé qu'on est méconnu ou qu'on souffre et vouloir se détruire ; se croire poursuivi par le démon, dont on sent les coups : telles sont les hallucinations qui engendrent les différentes formes de la monomanie mélancolique, jalouse, ambitieuse, homicide, suicide, religieuse, etc. V. Hallucinations.
Thérapeutique, — La monomanie est souvent incurable. Cependant il y a des malades qui guérissent après plusieurs récidives. Tant que la monomanie d'un individu ne porte aucune atteinte au bien-être d'autrui, ne compromet pas leur sécurité ou leur vie, il ne faut pas user de rigueur ni recourir à la séquestration. H y a -même des monomanies de collectionneurs, d'avares, de jaloux, de mystiques, de prodigues, de lubriques ou d'hallucinés qu'il faut bien se garder d'envisager trop légèrement comme de la folie, sous peine de déconsidérer la science médicale en la mettant au service des passions politiques, des haines personnelles, des vengeances particulières ou de l'avidité des familles.
Dans la monomanie, la mesure de l'intervention du médecin se commande par le danger que le monomane fait courir à ceux qui l'entourent. Là où il n'y a pas de danger pour la famille, il n'y a pas lieu de proposer des mesures trop sévères d'isolement, et c'est à la conscience de chaque médecin d'apprécier ce qu'il convient de faire.
Dans la monomanie suicide, incendiaire on homicide, il faut de tonte nécessité mettre les malades en surveillance dans une maison de santé; quant aux autres, cela est moins nécessaire Cependant, si la monomanie est
très-gênante et très-compromettante pour la famille, et s'il y a un traitement à suivre, il faut isoler les malades dans une maison spéciale dirigée par im médecin. En dehors de ces cas particuliers, le séjour dans une colonie agricole d'aliénés, le séjour à la campagne, dans une maison solitaire, sous la surveillance de serviteurs dévoués et les voyages peuvent suffire.
Aucun remède ne guérit la monomanie ; il n'y a que le temps et une bonne hygiène qui puissent quelque chose contre cette maladie.
Il y a cependant un traitement moral (Leuret) auquel on peut recourir. — Il consiste, lorsqu'on a le malade le plaisir de la société ou des repas en commun, par la promenade, le concert ou toute autre distraction de bon goût, tant qu'ils restent dans les voies de la raison, et qui les punit des arrêts ou de la douche, lorsqu'ils déraisonnent, arrive quelquefois à redonner aux esprits fatigués et délirants l'habitude du sens commun qu'ils avaient perdue, et par l'effet du plaisir ou de la crainte, il obtient de véritables guérisons, Voy. plus loin le résumé de la Thérapeutique de la folie.
Folie alcoolique OU dclii-iiim tremciis. La folie alcoolique, ou delirium. tremens, est une manie aiguë qui se développe sous l'influence des excès de boisson, et dans laquelle le malade, fou furieux, très-violent, affecté de délire général, offre un tremblement des mains et des pieds plus ou moins caractérisé.
La fohe alcoolique débute d'emblée par le fait de l'intempérance ou s»us l'influence des débuts d'une maladie aiguë, telle que la pneumonie, la variole, etc., et quelquefois d'un traumatisme.
La folie alcoolique encore peu ancienne guérit aisément par le repos, la sobriété, mais après plusieurs attaques elle est incurable.
Thérapeutique. — Première indication : Arrêter le paroxysme aigu du délire. — Il faut contenir les fureurs de la folie alcoolique au moyen de la camisole ; — garder les malades au repos, à une diète modérée, à l'eau rougie ; donner une potion ammoniacale avec 1 gramme d'ammoniaque, ou bien 5 à 15 centigrammes à" opium par jour, en trois ou quatre fois ; du bromure de potassium à 1 ou 2 gramm.es, le chloral hydraté, tel est le traitement de cette forme de l'aliénation.
Opium et opiacés. A TïniérieHr. Extrait d'affium indigène, 1 centigrammen, etsirop, lOgrammcs^; — morphine, 1 centigramme [+] ; — sirop d'acétate de morphine, 30 grammes [+]; sulfate de morphine, 1 5 à 25 milligr.; — sirop de sulfate de morphine , 30 grammes ; — chlorhydrate de morphine, 10 à 30 milligrammes ; — acétate de morphine, 15 à 25 milligrammes; — codéine, 20 à liO milligrammes [3; — vin d'opium composé, quinze gouttes ; — teinture d'extrait d'opium , quinze gouttes ; — sirop d'extrait d'opium, 30 grammes ; — sirop diacode, 25 à 50 grammes.
Laudanum de Sydenham, vingt à quarante-cinq gouttes dans une potion ; — laudanum de Rousseau , quinze gouttes dans une potion.
Potion d'ammoniaque.
Ammnninquo 1 cri'nninic.
Polion gommciise 150 iJ.
A prendre par cuillerées [+].
FOU
FOLI
Lavement au musc.
Musc. 1 grnmmp.
Délayez dans un demi-jaune d'œuf et ajoutez :
Péeoction de lin 250 grammoi.
A prendre en une fois pour le garder [+]•
Lavement au musc et au camplire.
Musc 1 grammo.
Camplire 1 id.
Délayez dans un jaune d'œuf et ajoutez :
DiVoction de lin 250 grammes.
A prendre tiède en une fois pour le garder \±\. Poudre Tonquin,
Musc pulvérisé. . . .
Poudre de valériane.
Camphre en poudre. .
4 grommes.
(> id.
2 id.
Mêlez. A prendre à la dose de 2 et 3 décigrammes par our dans l'eau, en bols ou en pilules I I.
Atropine.
Atropine i i 5 milligrammes.
Julep gommeux 100 grammes.
A prendre par cuillerées k soupe dans les vingt -quatre leures | I.
Autre.
Teinture d'atropine Ià5 gouttes.
Potion gommeuse 100 grammes.
A prendre par cuillerées à bouche dans les vingt-quatre eures
Préparations de belladone]^. On donne : 1° Poudre, 0 centigrammes ; extrait de suc clarifié, 10 centigrammes ; xtrait aqueux, 10 centigrammes; teinture alcoolique, gramme; alcoolature, 1 gramme; teinture éthérée, gramme.
Préparations de stramonïum. A prendre de la même içon, mais k doses moitié moindres [3-
Préparations de jusquiame. A prendre de la même içon, mais à doses doublées Pl.
Préparations de ciguë El- On donne : Poudre, 20 cengrammes; extrait aqueux, 20 centigrammes; extrait e suc non dépuré, 5 centigrammes; extrait dépuré, centigrammes; extrait alcoolique, 5 centigrammes; inture alcoolique, 1 gramme ; alcoolature, 1 gramme; iinture éthérée, 1 gramme.
Teinture de digitale à haute dose, de 2 grammes jus a'à 30 grammes par jour, en trois ou quatre doses loignées de quelques heures □. (Jones Watt et Reid.)
Extrait de gratiole, 15 centigrammes et 1 gramme de itrate de potasse dans de l'eau; toutes les heures, Sédaonn. (Mutzebeck.)
Inhalations de chloroforme. Elles calment le délire des alades [±]. (Graves.)
Limonade sulfurique. Après l'attaque, donner toutes s heures de la limonade sulfurique pendant trois selaines, pour dégoûter du vin f+l.
Préparations de quinquina. Décoction concentrée de uinquina, 10 grammes par litre d'eau \±]. (Houssard.)
Chanvre indien ou haschisch en teinture. Quarante ou uatre-vingts gouttes toutes les heures (Tyrrell). A la troiième dose le malade était calmé I I.
Folie puerpérale. La folie puerpérale survient, soit ans les premiers jours qui suivent raccoucliement, soit près le sevrage, et elle a tous les caractères de la manie iguë plus ou moins furieuse.
C'est surtout à la chloro-anémie qu'il faut attribuer la production de la folie puerpérale.
On est ordinairement débarrassé de la folie puerpérale au bout de cinq à six mois, et la guérison est définitive.
Les femmes atteintes de folie puerpérale guérissent assez souvent après la réapparition des règles ou par le fait d'évacuations alvines abondantes.
Jadis on considérait la folie puerpérale comme une métastase laiteuse, mais c'est plutôt une maladie chloroanémique engendrée par l'épuisement de la grossesse, de l'accouchement ou de la lactation.
Thérapeutique. — Le repos à la campagne, loin de toutes les agitations de la famille et du monde, avec des préparations toniques, ferrugineuses et arsenicales, est le meilleur remède à employer contre la folie puerpérale. J'ai une fois employé le chloral hydraté avec succès, à la dose de 5 grammes par jour.
Folle paral^t{c|ue OU paralysie générale progresiiive. La folie paralytique, ou paralysie générale progressive, est la forme la plus fréquente et la mieux caractérisée de la folie, et elle se développe sous l'influence des grandes préoccupations de l'esprit, avec ou sans congestion cérébrale évidente.
Il y a des paralysies générales progressives sans aliénation, de sorte qu'il ne faudrait pas, sur la présence d'un symptôme de paralysie progressive, annoncer l'apparition d'une folie qui pourrait ne pas se produire.
La folie qui complique la paralysie générale progressive mérite seule le nom de folie paralytique.
Le changement de caractère, la fatigue au travail, l'engourdissement des mains ou des pieds, l'affaiblissement de la mémoire, l'irrégularité dans l'écriture, l'embarras de la parole, doivent faire craindre l'apparition de la folie paralytique.
Un surcroît d'activité intellectuelle et de force musculaire, le délire et les hallucinations chez une personne qui, depuis longtemps, a de l'embarras dans la parole, indiquent l'invasion du premier accès de la folie paralytique, et, quand cet accès est achevé, on voit que la paralysie générale a fait des progrès considérables.
Sauf l'instant de l'invasion et de courts moments d'excitation intellectuelle, où se montrent des phénomènes subits de congestion cérébrale, l'embarras de la parole et de la démarche caractérise la folie paralytique.
A part les rares instants d'excitation intellectuelle déterminés par un accès de congestion cérébrale ou des convulsions épileptiformes, la folie paralytique est douce, et il y règne un délire partiel, ayant pour objet la richesse, les grandeurs et tout ce qui excite l'ambition des hommes.
A mesure que continue la folie paralytique, augmente l'embarras de la parole, de la démarche et du délire ambitieux; la marche devient impossible, et, dans leur lit, les malades abrutis rendent involontairement les matières fécales et les urines, s'écorchent, et succombent dans un état de dégradation physique et morale difficile à croire tant qu'on ne l'a pas vu.
Dans la première période de la folie paralytique, les malados donnent en mangeant le spectacle d'une gloutonnerie, d'une avidité et d'une saleté incompatibles avec la bienséance, ce qui est caractéristique de leur maladie.
On voit de temps à autre la strangulation et la mort par asphyxie se produire lorsque la paralysie, gagnant le
FOLI
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larynx et le voile du palais, les boissons pénètrenl clans les voies aériennes et occasionnent la suffocation.
La folie paralytique s'arrôte bien rarement ; mais il faut pour cela que les malades, éloignés du séjour des villes, de tout travail d'esprit et de toute préoccupation, puissent, à la campagne, ne s'occuper que de jardinage et d'agriculture.
La folie paralytique dure de un à trois ans et entraîne ordinairement la mort.
Dans la folie paralytique il y a souvent à la surface du cerveau un faible ramollissement de la substance grise, avec des adhérences plus ou moins fortes de la pie-mère ; d'où le nom de méningo -encéphalite diffuse qui lui a été donné. (Calmeil, Baillarger.)
Thérapeutique. — Dans la foHe paralytique, il faut interdire le vin pur, les liqueurs et le tabac ; mettre un sélon au cou ou à la nuque, faire des cautérisations ponctuées par le feu le long du l acliis ; entrelenir la liberté du ventre par le laitage et des végétaux frais ; enfin placer les malades avec des domestiques dans une maison solitaire à la campagne ou dans un asile spécial d'aliénés.
La paralysie générale progressive, avec ou sans folie, guérit quelquefois par le nitrate d'argent à la dose de 2 à6 centigrammes par jour (Bouchut).
Folîc (^|>ilcp<I«iuc. Dans l'épilepsie les attaques convulsives sont quelquefois suivies d'une véritable folie caractérisée par des accès de manie furieuse ou de monomanie incendiaire, suicide, homicide, etc., durant de quelques heures à quelques jours ; mais lorsque l'épilepsie est très-ancienne, les malades tombent dans un élat voisin de la démence.
La folie et la démence épileptiques sont incurables. V. Épilepsie.
Thérapeutique. — Contre la foUe épileptique il n'y a d'utile que l'isolement ou la séquestration.
FolSc li^stci'iqiitf . L'hystérie produit souvent la folie permanente sous la forme de monomanie religieuse, mystique, démoniaque, jalouse, erotique, etc.
Quand le délire de la folie hystérique est général, il est permanent et presque toujours incurable.
Les hallucinations, les illusions sensorielles, les convulsions et l'extase sont choses très-communes dans la folie hystérique.
Aucune forme d'aliénation n'est aussi contagieuse que la folie hystérique, surtout dans sa forme de folie démoniaque et mystique, convulsive, spasmodique ou extatique.
Les idées dominantes d'une époque et l'éducation particulière ont la plus grande influence sur la production des folies religieuse ou érolique ; car si l'une apparaît dans les temps où la folie est surexcitée par l'exemple et la persécution, l'autre résulte des conversations et des lectures romanesques où l'amour charnel et la sensualité se présentent à l'âme sans défense, avec l'irrésistible attrait d'un besoin naturel. — Pour ce qui concerne le traitement, voyez Hystérie.
La foUe rdiijieme a des degrés compatibles .avec la liberlé individuelle, car chez beaucoup de personnes l'exaltation de la loi, ses hallucinations, ses extases et son prosélytisme, tantôt doux, tantôt terrible, n'altèrent en nenles autres opérations de la pensée, qui, sous le coup de cette passion, s'élèvent quelquefois à la hauteur du génie.
Il faut distinguer avec soin l'exaltation du sentiment-religieux de la folie religieuse proprement dite, qui n'existe que lorsque, entraîné loin du domaine de la foi, l'esprit se trompe dans ses autres jugements des choses de la vie commune.
Les folies hystérique, religieuse, démoniaque ou érolique, guérissent par des habitudes de vie contraires à celles dans lesquelles le mal a pris naissance, et plusieurs recluses, à leur insu, poussées par l'instinct, ont trouvé dans le mariage un remède aux désordres de leurs sens et de leur esprit.
Thérapeutique. — La folie hystérique dont le délire est général et déjà ancien est presque toujours incurable.
Une vestale de carrefour, fille de grande famille, où elle avait été longtemps traitée par Esquirol pour des troubles hystériques, rencontre un soir ce médecin, au coin d'une rue, et celui-ci, stupéfait, lui demande : «Que faites-vous là, malheureuse? — Je me guéris », rôpondit-elle. — Cette pauvre femme n'était certainemeiu qu'une folle.
Démence. La démence, toujours distincte de la folie, n'est en quelque sorte qu'un affaiblissement plus ou moins complet des facultés intellectuelles, n'allant pas jusqu'au délire, mais produisant des actes d'hébétude et de déraison.
La démence, dont le type s'observe chez les vieillards que la raison abandonne, s'observe quelquefois chez des sujets plus jeunes, qui deviennent tout à coup silencieux, slupides ou hébétés, et chez des personnes ayant eu des hémorrhagies cérébrales, des attaques d'épilepsio, le scorbut ou quelque autre nosohémie produisant l'élat cachectique.
Thérapeutique. — Si la démence guérit quelquefois, dans la plupart des cas elle est incurable ou compliquée de paralysie générale progressive.
liliotic. L'idiotie est plutôt une infirmité qu'une maladie, car c'est l'absence d'intelligence occasionnée par un ari êt de développement des organes de la pensée.
La microcéphalie, les lésions congénitales du cerveau, la méningite et l'hydrocéphalie du premier âge, la sclérose cérébrale, etc., sont les causes organiques de l'idiotie.
L'idiotie peut n'être qu'un relard dans le développement des facultés intellectuelles, car, ici comme ailleurs, il y a des degrés dans le mal, et une lésion insignifiante qui produisait le premier degré de l'idiotie ayant disparu, l'intelligence reprend tout son essor.
Thérapeutique. — Ce qui n'est qu'un retard dans le développement de l'intelligence peut guérir, mais Vidiotie est incurable, et l'éducation commencée de bonne heure ne sert alors qu'à rendre les malades moins stupides et moins méchants.
FoUc sympafhiqne. 11 y a une folie sympathxqM aiqué ou chronique comme il y a des névroses convulsives sympathiques, et l'on ne s'occupe pas assez, dans le traitement de la folie, de l'étude des causes viscérales qui peuvent avoir occasionné le mal.
La dyspepsie, la gastralgie et la côlonalgie (névralgie du côlon), souvent confondue avec la gastralgie, sont dos causes fréquentes et peu connues de la folie sympathique ; car si elles occupaient dans l'esprit des médecins la place qui leur convient, on ne purgerait pas si souvent certains
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iénés et Fou surveillerait davantage leur régime alientairc.
La folie est souvent un effet sympathique de l'étal puerral, de l'allailement, de la phthisie pulmonaire, des aladies organiques du foie, de l'estomac et de l'instin, de l'utérus, de la cystite chronique, des hémorloïdes, des pertes séminales, etc., et elle présente distinctement toutes les formes de l'aliénation, depuis
manie aiguë jusqu'aux nionomanies les plus violentes
les plus caractérisées.