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D'OR

OR.^'\CiElt. Arbre de la famille des bespéridées, dont les feuilles en infusion, 10 grammes par litre, se donne contre les spasmes, les convulsions et l'épilepsie.

Ses fleurs, distillées, servent à la préparation de l'eau de fleurs d'oranger, et le fruit donne un suc rafraichissanl, avec lequel on fait de l'orangeade. On tire de l'écorce d'orange une huile volatile qui sert à la parfumerie. Quand les oranges sont 'encope petites et vertes, on les

POUCiîUT ET DESPRÉS, '2' édlt,

utilise pour faire un sirop employé contre la paralysie. On en tire aussi Vhuile de petits grains qu'on emploie comme antispasmodique et dont je me sers dans certains cas de chorée.

ORBITE (LÉSIONS DE l') . Des lésions traumatiques, des inflammations et des tumeurs peuvent se développer dans l'orbite ; les tumeurs de l'œil ou des cavités voisines de l'orbite sont aussi comprises dans les maladies de l'orbite. V. (EiL, H\DROriiTHALMiE, CoRNÉE {Maladies de la), Sta- ^

PIlVLÔiWE, FONGUS DE LA DURE-MÈRE, AnÉVRYSMES.

Orbite (EMPHYSÈME DE l'). L'emphysème de l'orbite se produit par la généralisation d'un emphysème à la suite d'une plaie de poitrine, après une plaie avec fracture de la paroi interne de l'orbite et déchirui'e de la muqueuse des fosses nasales (Dupuytren), après une rupture du sac lacrymal pendant des efforts pour se moucher (Veller, Carré, Foucher), après une plaie des sinus frontaux (Mackensie, Laurence).

L'emphysème de l'orbite se révèle par ses caractères luopres (V. Emphysème), et de plus par une exophthalmie et par la possibilité de la réduction de la tumeur dans certains cas.

Thérapeutique. — L'emphysème' de l'orbite isolé se guérit souvent seul spontanément, On doit éviter les efforts pour se moucher, lorsque l'emphysème est dû à une ouverture du sac lacrymal ou du sinus maxillaire. — On recouvrira la tumeur de compresses d'eau fraîche ; — si l'emphysème augmente, on fera des mouchetures sur la peau. — Les saignées sont inutiles.

L'emphysème généralisé, propagé à l'orbite, doit être traité par les mouchetures, et l'on doit porter son attention sur la blessure des poumons et de la trachée, qui a été la cause de l'épanchement d'air.

Orbite (INFLAMMATION DE 1,'). Les tumeurs inflammatoires, aiguës ou chroniques de l'orbite sont les phlegmons et des abcès chroniques ou symptomatiijues de lésions du squelette ou de corps étrangers.

1. Phlegmon de Vorhite. — Une inflammation de la glande lacrymale, une contusion, une plaie de l'orbite, avec ou sans complication de corps étranger, une fracture de l'orbite, une extension d'une inflammation de la tempe ou du sourcil, un phlegmon de l'œil, causent le phlegmon du tissu cellulaire de l'orbite. Une ostéite, une phlébite, peuvent causer aussi ce phlegmon.

Le phlegmon de l'orbite marche vite ; au début, souvent en vingt-quatre heures, l'œil devenu immobile est déjà saillant, les paupières sont gonflées et dures, la conjonctive se boursoufle et forme un bourrelet dur, rouge entre les paupières, constituant le chémosis ; l'œil est entr'ouvert, la cornée est h nu ; il y a des battements qui soulèvent l'œil et provoquent des souffrances vives, delà fièvre, des frissons erratiques et quelquefois du délire. En peu de temps il y a une exophthalmie prononcée, la vue se trouble, soit parce qu'il y a congestion de la rétine, soit parce que la cornée, toujours découverte, se dessèche.

Le phlegmon de l'orbite contient du pus au troisième jour. Il se complique quelquefois de fusées purulentes dans la fosse temporale, dans le crâne même. Il peut entraîner une mortification de la cornée. Le phlegmon de l'orbite qui ne suppure pas se termine par résolution el par induration rarement.

On ne confondra pas un phlegmon de l'orbite avec une phlébite de la veine ophlhalmique , car dans celle-ci î'exophtbalmie progresse avec lenteur, les douleurs ne

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semblent pas en rapport avec le degré d'exophthalniie. La vue est souvent émoussée d'emblée.

Tltprapf utigue. — On prévient le phlegmon de l'orbite en ne laissant ni corps étranger ni esquille dans l'œil ou dans l'orbite, en pansant rigoureusemeul à l'eau froide ou avec un cataplasme les plaies de l'orbite et en purgeant les malades. V. Orbite {Plaies de V).

Lorsque le phlegmon débute, on essayera d'en obtenir la résolution par une saignée générale de 300 grammes ou dix sangsues aux tempes ; — on incisera largement le chémosis avec des ciseaux, de façon à jiroduire une saignée locale.

On donnera le calomel à dose fractionnée, /|0 centigrammes en dix paquets, pris à demi-heure d'intervalle. On fera avec avantage des frictions sur les tempes avec l'onguent mercuriel belladoné :

Onguent mei'curiel 15 grammes.

Extrait de belladone 3 id.

et l'on appliquera des cataplasmes émollients.

S'il ne se forme pas de pus, pour éviter le passage des phlegmons à l'état chronique, on donnera le calomel à dose fractionnée jusqu'cà salivation, et l'on administrera une potion contre la salivation exagérée :

Eau distillée 100 grammes.

Chlorate dépotasse 2" i.l.

Sirop simple 30 id.

On appliquera des vésicatoires volants sur les tempes (Mackcnzie) ; on purgera les malades tous les trois jours avec : le calomel, 60 centigrammes, — ■ l'huile de ricin 30 grammes, — l'émétique en lavage, 20 centigrammes dans un pot d'eau de veau, ou encore le sulfate de soude, /(O grammes.

Si le phlegmon suppure, ce qui se reconnaît à la répétition des frissons, aux douleurs lancinantes s' accroissant sans cesse, on fera une ponction à l'angle interne de l'œil

ou à l'angle externe, avec un bistouri à lame étroite ;

on devra toujours ponctionner du côté où une blessure aura été faite, car c'est de ce côté que l'inllammation a débuté ; on placera une mèche de fd dans l'incision.

Si l'incision est pratiquée trop tard, un abcès des paupières peut exister ; on incisera alors sur ces membranes, en coupant couche par couche.

Même quand il n'y a pas de signe évident d'abcès, la ponction d'un phlegmon est indiquée si les douleurs inflammatoires et les frissons se répètent.

Comme la cornée est découverte par le fait de.l'exoph- Ihalmie, onlotionnera l'œil avec de la glycérine bien pure, et l'on abaissera autant que possible la paupière supérieure avec une bande de toile imbibée de coUodion pour recouvrir la cornée. On placera des compresses mouillées d'eau tiède ou seulement des cataplasmes.

S'il y a une kératite consécutive pendant le déclin du phlegmon, on fera le traitement approprié (V. Kératitiî suppurative). Si un stapiiylôme menace, on comprimera l'œil. V. STAPin'LôME.

IL Ostéite et périostite des parois de Vorhite. — Les inflammalions des os d(! la cavité orhitaireont toujours une marche plus lente qti'cn cas de phlegmon simple. — Elles reconnaissent les mêmes causes Iraumatiqucs que le phleo-mon, et en particulier les fractures et les contusions ; elles naissent aussi après des caries, des nécroses consécutives aux dialhèses syphilitique, scrofuleuse. On les soujiçonnc souvent àungonllement général de la région, à des douleurs, à une induration du pourtour de l'orbite, et enfin plus tard à des abcès que l'on ouvre ou qui s'ouvrent seuls et

sont suivis de fistules. Chez quelques malades, la résolution se fait et il n'existe qu'une induration du tissu cellulaire de l'orbite qui immobilise l'œil.

La partie inférieure de l'angle externe de l'orbite est le point le plus souvent atteint de lésions chroniques des os liées à une diathése. Alors une douleur et de la rougeur apparaissent au niveau de l'os malaire, de la fièvre se déclare, un abcès se forme à l'angle externe de l'œil, se vide et verse du pus bien lié, puis séreux ;-\a fistule persiste, se ferme, et il résulte une cicatrice adhérente qui produit un ectropion simple ou double.

L'angle interne de l'œil est assez souvent le siège d'ostéites, de caries et de nécroses, à la suite de tumeurs lacrymales. V. Lacrymal {Maladies de l'appareil).

Le maxillaire supérieur et le sinus maxillaire, l'ethmoïde, l'os unguis, la voûte de l'orbite (Mackenzie), sont plus rarement que les autres parties de l'orbite le siège d'inflammations qui se révèlent yiar des abcès limités, ordinairement sans symptômes généraux graves et sans altération de l'œil.

On ne peut confondre les ostéites et les périostites de l'orbite qu'avec un abcès chronique lié à la présence de corps étrangers; l'exploration des fistules avec le stylet, les antécédents des malades, l'exophthalmie et les indurations, plus prononcées dans le cas de corps étranger que dans le cas de lésion des os, éclairent le diagnostic. — ■ La périostite franche est difficile à distinguer du phlegmon ; cependant elle est plus généralement limitée, et l'exophthalmie est peu marquée dans cette maladie.

Thérapeutique. — Au début de la périostite ou de l'ostéite, on aura recours au traitement par les sangsues à la tempe, aux ventouses derrière l'oreille et au calomel à dose fractionnée. V. Orbite {Phlegmon de l').

Les abcès ([ui se montrent et sont généralement limités seront ouverts. Si l'on sent un os, on pourra le cautériser avec le crayon au nitrate d'argent (Mackenzie) ; mais cette opération n'est pas utile, même après la cessation des phénomènes inflammatoires et l'établissementd'une fistule. Lorsque la lislule se cicatrise et qu'un ectropion menace, on isolera la fistule en la circonscrivant par deux incisions elliptiques ; on fera glisseï' la peau de façon à recouvrir l'œil, puis on fera une boutonnière à la peau qui a été amenée au devant de la fistule, et l'on réunira à celle-ci les bords de l'incision cutanée nouvelle (Desmarres). Si un ectropion existe, malgré cela, on aura recours aux traitements appropriés. V. Ectropion.

III. Ahcès chroniques. — Les abcès chroniques de l'orbite sont ime terminaison des ostéites et des périostites de l'orbite ou une suite de l'inflammation autour d'un corps étranger.

Les abcès chroniques'ne diffèrent pas des abcès dans les autres régions, sauf qu'ils peuvent devenir une cause de phlegmon de l'orbite (V. Abcès chroniques). Lorsqu'un abcès chronique a été ouvert, il est suivi de la formation d'une fistule que l'on explore et au fond de laquelle on sent à nu un os de la paroi de l'orbite, ou ime esquille ou un corps étranger. La formation de nouveaux abcès dans le voisinage du premier est souvent l'indice de la présence d'un corps étranger, que les antécédents des malades peuvent faire soupçonner.

Les abcès chroniques cicatrisés sont l'origine habituelle de brides sous-culanées et d'ectropion.

Thérapeutique. — On ouvrira les abcès chroniques de

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bonne heure. — Si les corps étrangers existent, on les xtraira en débridant largement s'il est nécessaire [V. Orbite (Corps étrangers de 1'}]. - Si les os sont malades, on fera des injections iodées et l'on extraira les séquestres aussitôt qu'ils seront mobilisés. — On traitera les abcès consécutifs à des altérations osseuses, liés à une dialhèse, parla médication générale aniiscrofuleuse, antisypliilitique. V. Syphilis, Scrofule, Scorbut.

IV. Phlébite de la veine ophthahnique . — La phlébite de la veine ophthalmique donne lieu à une tumeur de l'orbite, qui n'est autre chose que l'œdème. Les signes de cette lésion sont : une rougeur érysipélaleuse des paupières ; le chémosis sous-conjonclival séreux, l'œdème des paupières, une congestion de l'œil et de la rétine, quelquefois, exceptionnellement, un décollement de cette membrane et la diminution du champ visuel. Aucun point de l'œil et de son pourtour ne présente une douleur vive comme dans le phlegmon ; la pression sur l'œil est un peu douloureuse, la vision est aussi plus ou moins aff;iiblie, les malades éprouvent des douleurs spontanées assez vives, mais il n'y a pas de frissons ; l'œil est entièrement découvert, quelquefois, et la cornée se dessèche On observe moins souvent des battements dans la tuméfaction générale des paupières que dans le cas de phlegmon ; l'œil est aussi plus mobile s'il y a phlébite que dans ce dernier cas (Tliibaud).

Si la phlébite est adhésive, l'œdème peut persister pendant longtemps, plusieurs semaines même. Des lésions consécutives de la cornée se montrent ; la phlébite peut être suivie de phlegmon de l'œil.

Thérapeutique. — La phlébite de la veine ophthalmique sera traitée par les sangsues à la tempe, par les friclions mercurielles et par la compression avec des rondelles d'amadou et un bandeau serré. On exercera la compression sur la paupière supérieure Si les malades ne peuvent la supporter, on la suspendra. Les bains de pied sinapisés seront pris chaque jour. En cas de recrudescence de la douleur et du gonflement, on appliquera de nouvelles '^angsues aux tempes. Lorsque la douleur aura disparu en laissant un engorgement consécutif, on promènera des vésicatoires autour des tempes. Si le chémosis séreux est très-développé, on y fera des mouchetures avec les ciseaux et l'on recouvrira l'œil de compresses fraîches jusqu'à la cicatrisation des petites plaies.

OrItUe (LÉSIONS TRAUMATIQUES DE l'). Les lésions traumatiques de l'orbite sont des contusions et des plaies.

Orbite (CONTUSION DE l'). Les Contusions de l'orbite existent surtout après une violence portée sur le sourcil ou sur l'angle externe de l'œil ; elles s'accompagnent d'ecchymose, de fractures, de plaies pénétrantes du crâne, et consécutivement d'amaurose (Valsalva, Potirfour du Petit. Vicq d'Azyr, Morgagni, Dupuytren), sans doute parce qu'il y a une contusion de l'œil par le choc qui produit la contusion de l'orbite ou une lésion du cerveau (Chopart, Boyer). La blessure du nerf sus-orbiiaire (Beer, Mackenzie, Uesmarres) est à tort considérée comme l'origine de cette amaurose.

Les contusions de l'orbite occasionnent une ecchymose des paupières et quelquefois de l'emphysème [V. Orbite {Emphijsème de l')]\Y ecchymose est accompagnée d'œdème, les conjonctives sont quelquefois soulevées par un énancliement, et l'on pourrait croire qu'il s'agit d'une ecchymose symplomatique d'une lésion du crâne, mais l'existence d'un coup porté sur l'orbite, l'absence des signes ration-

nels d'une fracture du crâne et d'une commotion cérébrale empêcheront toute erreur.

Les contusions de l'orbite exposent à des périostites, des phlegmons, des caries et à des nécroses^ même à des abcès intra-cràniens.

Thérapeutique. — Si les épanchenients sanguins des paupières ne sont pas grands, on les traitera par des applications de cataplasmes arrosés d'eau blanche. Lorsqu'il y a plaie et contusion, on pansera avec un cataplasme. On ne réunira pas par première intention.

«i-bite (Plaies de l').

L Les plaies superficielles de l'orbite sont produites par un coup ou par une chute; la peau, dans ce dernier cas, comprimée entre le sol et l'arcade oibitaire, se coupe comme s'il y avait eu blessure par un instrument tranchant (Velpeau).

Les plaies du rebord de l'orbite au niveau du sourcil sont généralement suivies d'intlammalion si on les réunit par première intention.

S'il y a fracture avec esquille, les plaies sont plus graves et la réunion par première intention est absolument contre-indiquée.

Thérapeutique. — Examiner l'état de l'œil, et s'il y a des lésions, les traiter. V. Plaies de la cornée.

Laver la plaie à l'eau froide, panser avec des linges trempés dans la glace, repos absolu. — Si la plaie est un peu douloureuse, on pansera avec des cataplasmes froids, et l'on comprimera par dessus modérément avec une bande roulée. — On purgera les malades avec une bouteille d'eau de Sediitz.

On traitera le phlegmon et l'érysipèle, s'ils surviennent, par les moyens appropriés. Pour le phlegmon qui débute, une compression modérée est quelquefois très-bonne (Velpeau).

II Les plaies profondes de l'orbite ou plaies pénétrantes sont produites par des instruments piquants et tranchants ; elles intéressent l'orbite seul, ou elles atteignent en même temps l'œil, la glande lacrymale (Midlemore), le sac lacrymal, le nerf optique, les muscles de l'œil.

Sans compter les lésions de l'œil, les plaies profondes se compliquent de fractures, d'anévrysmes, de phlegmon de l'orbite et quelquefois d'hémiplégie (Bell , Borelli), lorsque après une fraclure le cerveau a été blessé.

Thérapeutique. — Dans les plaies de l'orbite, sans complication de corps étranger et sans lésions de l'œil, on pansera à l'eau froide. Ou purgera les malades avec l'eau de Sedlilz, le sulfate de soude, 30 cà hO grammes.

S'il y a des signes de lésion cérébrale, on traitera par les moyens appropriés. V. Encéphale {Lésions traumatiques de /').

ni. Plaies par armes à feu.. — Les plaies par armes à feu de l'orbite produisent des désordres variables : si la balle a pénétré directement en avant, elle peut entrer dans le crâne après avoir détruit l'œil. Une baguette de fusil (Ansiaux, Ragieu) a traversé l'orbite et pénétré dans le cerveau. Dans ce cas, après la perte de l'œil, la guérison a été obtenue. Sur un vieillard, à l'autopsie, on a vu une balle logée dans la selle turcique, du côté où un œil avait été perdu depuis quatorze ans. Si la balle pénètre obliquement par la région temporale, perpendiculairement à l'axe de l'orbite, elle peut couper les nerfs optiques fValleriola) ou amener la fonte purulente des deux yeux par suite de la destruction des parties molles en arrière du

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globe oculaire (Baudens). L'œil peut être contusionné simplement et des hémorrliagies rétinienne? entraînent la perte de l'œil (A. Després).

Outre les signes de fracture orbitaire, de plaies de l'œil, de plaies du cerveau, suivant les cas, les plaies de l'orbite par armes à feu se reconnaissent à des solutions de continuité, abords irréguliers et contas et à l'état de stupeur des blessés (Plaies par aumes a feu). I es corps étrangers se reconnaissent par l'exploration avec un slylet. Un phlegmon de l'orbite est la complication habituelle des plaies par armes à feu.

Thérapeutique. — Les malades seront tenus au repos absolu^, à la diète sévère. On leur pratiquera une petite saignée de 300 grammes. On leur administrera un purgatif salin, sulfate de soude, ^lO grammes, ou une bouteille d'eau de Sediitz.

Si l'aMl est sorti de l'orbite, on l'enlèvera. On se gardera bien de fermer la plaie. On pansera avec un cataplasme émollient.

S'il y a plaie du cerveau, on traitera comme il a été dit [V. Encéphale [Lésions traumatiques de 1')]. On extraira les corps étrangers et les esquilles avec prudence. Il vaut mieux attendre que de faire des recherches prolongées immédiates.

Orhltc (Fractures de l'). Les fracture*; de l'orbite ont quelquefois lieu par cause directe, mais dans la majorité des cas elles existent par contre-coup. V. Fr.^ctures des os de la face.

Les fractures de l'anole externe sont des fractiu'es esquilleuses, alors les os sont presque toujours mobiles et l'on reconnaît la lésion à la mobilité des fragments et à la crépitation.

Les fractures directes de l'angle interne exposent à l'ouverture des fosses nasales, des sinus frontaux, et il y a un empiiysèmc sous-cutané immédiat, plus ou moins étendu. V. Ourite [Emphysème de V).

Les fractures des parois orbitaires sont causées pai' des instruments ou des balles qui sont introduits dans l'orbite; elles se compliquent d'emphysème, lorsque les fosses nasales ont été intéressées, de plaie de l'œil, de plaiedu cerveau, et quelquefois de plaie du nerf optique du côté opposé (Phillip, Cunier).

Après les fractures de l'orbite, l'augmentation d'une tumeur molle lorsque les malades se mouchent indique l'emphysème; l'inspection fait reconnaître la plaie de l'hémisphère antérieur de l'œil, les signes de contusion cérébrale indiquent une plaie du cerveau, mais ces signes peuvent manquer, quoique la lésion existe.

Les fractures par contre-coup se produisent ordinairement par propagation d'une fracture du crâne, mais elles sont quelquefois isolées (Desmarres).

On trouve dans les fractures de l'orbite une ecchymose sous-conjonclivale. Dans les fractures de l'orbite par cause directe, l'ecchymose part du coup porté sur la région el s'étend jusque sous la conjonctive. Dans la fracture par contre-coup, au contraire, l'ecchymose occupe d'abord le tissu cellulaire sous-conjonclival.

Thérapeutique. — Dans le cas de fracture directe compliquée de plaie, explorer avec le stylet la disposition des fragments; réduire si l'os tient encore aux parties molles, extraire l'esqudle si elle est très-mobile et débrider au besoin. — Examiner l'œil, et s'il y a diminution du champ visuel ou déchirure de l'iris, il faut applicpier des sangsues

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autour de l'orbite et tenir l'œil fermé. V. Iris [Lésions de V).

S'il y a emphysème, on appliquera des compresses d'eau froide souvent renouvelées. Si la tumeur menaçait d'augmenter incessamment, on ferait des mouchetures avec la lancette.

A moins qu'il n'y ait une lésion de l'œil, on ne doit point pratiquer d'émissions sanguines, on laissera saigner la plaie ; des compresses résolutives ou d'eau froide sur l'orbite et des sinapismes aux extrémités sont les seuls moyens à employer. — Il faut se réserver des moyens d'action si un phlegmon de l'orbite vient à se montrer.

On traitera la commotion, la compression et la contusion cérébrales par les moyens appropriés [V. Encéphale {Lésions triiumatiqitesdf 1'}]. Le phlegmon de l'orbite consécutif sera prévenu si l'orbite est bien pansée, si l'on a surveillé l'état des fonctions digestives des malades, si on les a mis ii la diète, aux bouillons, et si on leur fait prendre une tisane délayante et un vei're ou deux d'eau de Sediitz. V. Phlegmon de l'orbite.

S'il y a des corps étrangers dans la plaie et dans le foyer de la fracture, on les extraira.

Oi-biie (Corps étrangers). On peut et l'on doit toujours soupçonner la présence d'un corps étranger dans l'orbite : lorsque l'œil est dévié ou sorti de l'orbite ; lorsque, la réline étant surexcitée par la compression due au corps étranger, les malades se plaignent de voir de nombreuses étincelles ; lorsqu'il y a plaie par arme à feu ; lorsque le corps qui a pénétré dans l'orbite a été brisé.

Toutes sortes de corps étrangers ont été trouvés dans 1 orbite : des instruments ou des fragments d'instruments de fer (ceux-ci pénètrent toujours très-loin dans l'orbite). Des éclats de bois pénètrent dans l'orbite, soit parce qu'ils sont projetés par des boulets brisant une muraille de bois, soit parce que les individus ont été blessés par un morceau de bois qui s'est brisé dans l'orbite. On a trouvé dans l'orbite des tuyaux de pipe, un manche de parapluie (Nélaton), des balles et des grains de plomb, uuf! culasse de fusil (Gensoul), des fragments de verre.

Dans les plaies récentes de l'orbite, deux cas se présentent : ou bien le corps étranger est accessible aux instruments, ou bien il est caché. Dans les deux cas le cerveau peut être lésé et l'ceil peut être vidé.

On ne peut confondre le corps étranger de l'orbite qu'avec une esquille; mais en examinant linstrument qui a atteint l'orbite, ou la direction de la plaie, s'il s'agit d'une balle, on pourra arriver au diagnostic.

Dans les plaies anciennes, on a vu l'œil se luxer par suite du gonllement, autour d'un tuyau de pipe caché dans l'oi-bite. La perte de l'œil, l'amaurose, l'hémiplégie, indiquent une lésion de l'o'il ou du nerf optique ou du cerveau, mais rien de plus précis. Une fistule, des douleurs vives (Bidioo), le contact d'un stylet sur un corps dur, la perte graduelle de l'œil, ne sont pas des symptômes absolument certains de la présence d'un corps étranger.

Une exophthalmie, un phlegmon de l'orbite, suivent souvent la présence des corps étrangers non métalliques et plus rarement la présence de corps métalliques.

Thérapeutique. — Il est toujours indiqué de retirer les coips étrangers de l'orbite, même lorsque l'œil est perdu.

Loi'squ'on a affaire à un instrument pointu ou solide et régulier resté dans une plaie récente, on le retirera avec de fortes pinces ou un davier (Sabatier), ou un étau à main, et l'on tirera longtemps, des heures eutièies s'il le faut. Avec de la patience on arrive à extraire le corps étranger

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sans causer de désordres graves; seulement, comnve les douleurs sont vives, on endormira les malades.

liCS balles peuvent séjourner dans l'orbite sans provoquer d'accidents (Mackcnzie). Les balles et les culasses de fusil, après y avoir séjourné impunément pendant longtemps, peuvent être éliminées avec le pus d'un abcès qui s'est tardivement formé autour du corps étranger ; mais, même dans ces cas où l'expulsion a lieu, on aidera à la sortie du corps étranger en débridant (Gensoul).

Lorsqu'on a la conviction que la balle est restée dans une plaie, lorsqu'on en constate l'existence avec la sonde de porcelaine de Nélaton, on doit extraire la balle, surtout s'il y a une suppuration abondante et si l'œil se perd.

Lorsque des pblegmons de l'orbite successifs se montrent, il est probable qu'il y a un corps étranger ; on incisera les plilegmons de bonne heure et l'on tâchera de trouver le corps étranger.

OrbUe (TuMEURS DIVERSES DE l').

L Cancers de l'orbite. — L'orbite peiit renfermer des cancers de toute nature (V. Cancer) occupant l'œil, le lissu cellulaire, le périoste et les os.

Le cancer mélanique, le cancer cartilagineux (Mackenîie), comme tous les autres cancers, ont été observés lans l'œil et dans l'orbite.

Les cancers de l'orbite ont une marche variable, de orte qu'au début il est toujours diflicile de reconnaître a nature de la lésion. Cependant. l'évolution rapide du nal permettra de reconnaître le cancer encéphaloïde et nême le' squirrhe et le fd^ro-plastique Ces derniers ■ependant ont une marche plus rapide dans l'orbite que larlout ailleurs.

Les signes anatomiques du cancer et les douleurs lanciianles, ainsi que l'amaigrissement, sont des caractères liagnostiques excellents du cancer de l'orbite.

Le souvenir des signes d'un cancer de l'œil, caractérisé )ar la perte de la vision, sans exophthalmie, fera reconlaître la nature d'une tumeur cancéreuse consécutive de 'orbite.

i Le gonflement de l'orbite dans le cancer n'a lieu que Progressivement. 11 n'y a pas un développement subit des )aupières et une exophthalmie brusque, comme dans la )hlébite de la veine ophthalmique.

Lorsque le cancer est très-développé, il n'y a pas une luctuation franche comme dans les abcès consécutifs à une ésion osseuse ou à la présence d'un corps étranger, .es abcès dus à une périostile ou à une gomme sont inlolents.

I Quelques cancers de l'orbite sont pulsatiles, c'est là un igne capable d'induire en erreur. Mais en même temps Is offrent une dureté plus considérable que l'anévrysme ivec lequel on pourrait le confondre.

Thérapeutique. — En présence d'un gonflement de 'œil qu'on pourrait attribuer à un cancer, le chirurgien Mettra en usage les traitements antiscrofuleux et antisyihiliques pendant deux mois ; si le mal reste s'tationnaire, m continuera, mais si le mal augmente et si les malades naigrissent on opérera.

Le cancer de l'œil exige l'ablation de l'œil [V. Œ\h Cancer de V)]. Lorsque le cancer est développé dans 'orbite, on en fera l'extraction, sans l'œil lorsque le mal ;era produit sur le pourtour de l'œil, avec l'œil quand le cancer est situé en haut de la cavité orbitairc.

Dans le premier cas, on incisera sur le bord orbitaire,

on circonscrira la tumeur entre deux incisions, s'il y a adhérence à la peau, et l'on énucléera la tumeur sans regarder à mettre les os à nu.

Si l'on enlève l'œil avec la tumeur (et l'on sera autorisé à (aire cette opération lorsque le globe de l'œil est entièrement immobilisé et quand la vue est troublée), on débridera sur la commissure externe et l'on fera soulever les plaupières par des aides; on énucléera la tumeur en rasant le.? os ; on coupera avec des ciseaux courbes toutes les portions qui auraient échappé après l'extraction de l'œil.

Autant (jue l'état des parties le permet^ il faut laisser de la conjonctive aux deux paupières. L'absence de conjonctive dm ienl une cause d'eniropion qui empêche le placement d'un œ\\ artiliciel. Puis après avoir enlevé la tumeur on cautérisera tous les points qui sembleront n'être pas sains avec un fer rouge, ou l'on placera dessus un disque de pâte de chlorure de zinc.

S'il y a des hémorrhagies, ce dernier moyen vaut mieux que les autres moyens hémostatiques : le caustique au chlorure de zinc est un caustique hémostatique. On recouvrira le disque de pâte avec de la charpie et l'on comprimera frottement. — On pourra lier l'artère ophthalmique (Pioux), la presser avec une pince h pression continue (Lisfranc).

On réunit la plaie de la commissure avec la suture entortillée, et l'on panse à l'eau froide ; de la charpie imbibée d'eau froide recouvre l'œil.

Les complications de l'ablation du cancer de l'orbite avec l'œil sont l'encéphalite, la reproduction du mal. On remédie à l'encéphalite par les moyens appropriés (V. Encéphalite). La reproduction limitée du mal sera traitée par l'ablation avec les ciseaux courbes et la cautérisation avec la pâte de Canqucin, le'nitrate acide de mercure ou le fer i-ouge.

Les récidives profondes du cancer de l'orbite ne doivent pas être touchées.

IL Enchondromes de l'orbite. — Les exostoses ostéocartilagineuses (Boyer), les enchondromes (Mûller), peuvent se développer dans l'orbite et ils sont décrits sous le nom d'exostoses. Pour ceux qui se rencontrent chez les jeunes sujets, la confusion n'a pas d'importance, et ils exigent le même traitement que les exostoses. Ceux qui se développent chez l'adulte sont voisins des cancers (V. Cancer) et se révèlent par des symptômes anatomiques mixtes qui sont ceux des exostoses et des cancers. La marche rapide du mal doit faire songer à un cancer. Cette lésion exige l'ablation prématurée.

111. Exostoses de l'orbite. — Presque toutes les exostoses intra orbitaires naissent sur la paroi interne de Porbite (Lucas, Shott, Brassant, Maisonneuve). Ce sont quelquefois des enchondromes ossifiés qui sont dus à la scrofule et à la syphilis constitutionnelle ; rarement ils surviennent après un traumatisme.

Les exostoses des rebords orbitaires ne diffèrent pas des exostoses des autres régions. V. Exostoses.

La dureté et l'irrégularité des exostoses, leur indolence, la luxation de l'œil sans trouble de la vision, font diagnostiquer Fexostose intra-orbitaire. — I/absence de troubles cérébraux, de troubles de l'olfaction et de l'ouïe, indiquent que l'exostose est limitée à l'orbite. — Lorsque l'exoslose est située profondément, il y a plus de difficultés. Au besoin, pour établir le diagnostic, on ferait une ponction avec une aiguille h acupuncture qui, arrêtée sur la tumeur, donnerait le diagnostic.

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Thérapeutique. — Si l'exostose paraît liée à la syphilis, on adminisirera l'iodure de potassium qui est le traitement nntisyphililique des accidents tertiaires.

Lorsque, malgré ce traitement, l'exoslose reste permanente et tend à augmenter, on est autorisé à en tenter l'extraction , lorsque l'œil est déplacé et quand la vue menace de se perdre. On extrait ainsi l'exostose : après une incision en croissant ou en T, on dénudera l'os, ce qui est en général facile ; avec la gouge et le maillet porté sur le pédicule, on ébranlera l'exostose (Maisonneuve), qui sera ensuite arrachée avec un davier. — Si l'exostose siège au fond de l'orbite et si l'œil est perdu, une opération est inutile; mais si l'exostose augmentait, on extrairait l'œil perdu, puis l'exostose.

IV. Kïjstes de l'orbite. — Les kystes de l'orbite naissent dans l'orbite, dans les paupières et ilans les parties voisines de l'orbile. On y a trouvé des kystes multiloculaires (Saint-Yves).

Les kystes nés dans l'orbite sont sans doute dus à des transformations d'abcès strumeux, de gommes, de périostose et même d'inflammation des bourses tendineuses ou d'épanclienienls sanguins. On les reconnaît aux signes d'un kyste, c'est à-dire à la forme globuleuse, à la fluctuation, à la lenteur du dévelopi^iement.

On trouve dans l'orbite des kystes sléatomateux, c'est-àdire des kystes sébacés qui se sont développés du côté de l'orbite, ou des kystes congénitaux (Barnes), ou des inclusions fœtales, si la tumeur contient des poils ou une dent. Il y a des kystes hydatiques (Delpech, Lawrence, Garcia Roméal, Tavignot, Goyrand d'Aix). Des collections séreuses et purulentes développées dans le frontal (Riberi, Langenbeck) forment une tumeur qui siège dans la partie supérieure de l'orbite et s'accompagnent de gonflement de l'os rontal.

Lorsqu'une tumeur qui n'a ni les symptômes d'une exoslose, ni ceux d'un lipome ou d'une tumeur érectile, existe, on fera une ponction exploratrice. L'examen microscopique du liquide, découvrant des crochets d'échinocoques, de la matière sébacée ou un autre liquide, indiquera la nature kystique de la tumeur.

Thérapeutique. — Enlever les kystes peu volumineux mobiles par incision de la peau et énucléation de la tumeur par dissection.

Les kystes mal limités volumineux seront ouverts, vidés, et l'on remplira leur contenu de charpie ou bien on ponctionnera et on laissera une canule à demeure (A. Bérard). Si le kyste est mulliloculaire, on ponctionnera ou l'on incisera , et l'on fera suppurer la tumeur. Dans les kystes hydatiques, on fera des ponctions et des injections iodées,

V. Lipome de l'orbite. — L'orbite peut renfermer des lipomes qui sont généralement situés à la partie supérieure ; ils ont un développement très lent et sont constitués par des tumeurs molles et indolentes. L'œil se trouve déjeté du côté opposé à la lésion, et il y a strabisme comme dans tous les cas de déviation de l'œil par une tumeur.

La lenteur du développement d'un lipome est incompatible avecl'idée d'un cancer, qui au contraire marche vite. La perte de la vision prématurée est un signe de lésion intraoculaire ou de névrome du nerf optique et non d'un Jipome. L'absence de douleurs est le fait d'un lipome et non d'un cancer ou d'une gomme. Un kyste dermoïde est congénital, et cela ne permet pas d'incertitude. Enfin, les kystes simples sont plus rares que les lipomes; ils

sont toujours plus réguliers, plus durs et ils sont fluctuants. Une ponction exploratrice est cependant souvent nécessaire pour établir le diagnostic entre les deux afl"eclions.

Thérapeutique. — Les petits lipomes qui n'altèrent pas la vision ne doivent pas être touchés ; les lipomes plus volumineux seront extrails. On fera une incision sur la partie cuhiiinante de la tuméfaction ; on saisira la tumeur avec une érigne ou une pince à griffe et on la disséquera ; il n'y a pas de difficultés. S'il y avait des prolongements irréguliers, on les saisirait avec une pince à griffes et on les disséquerait en les attirant au dehors.

VL Névrorne du nerf optique. — Il y a des névromes du nerf optique formés aux dépens du tissu cellulaire interfibrillaire du nerf. Ils entraînent la perte de la vision, de l'exopthalmie et des douleurs vives (Velpeau, 1863).

Entre un cancer de l'orbite et un névrome, il n'y a pas de différence au point de vue des signes anatomiques ; seulement un cancer de l'orbite s'accompagne d'induration au fond de l'orbite ; il a une marche plus rapide et retentit de bonne heure sur la santé générale.

Thérapeutique. — Les névromes entraînant la perte de l'œil et l'exophthalmie et surtout des douleurs vives, seront enlevés avec l'œil.

'VII. Périostose de l'orbite {Gommes). — Le périoste est le siège d une inflammation qui constitue les périosloses gommeuses, soit chez'des sujets scrofuleux, soit chez des sujets syphihtiques (Mackenzie).

Un engorgement chronique du tissu cellulaire intraorbitaire, une exophthalmie plus ou moins prononcée, des douleurs nocturnes, une iritis, une choro'idite, chez des individus présentant une exophthalmie avec un empâtement de la région orbitaire, et qui avaient été atteints autrefois de syphilis, font aisément diagnostiquer unegomme de l'orbite. Dans les cas douteux, l'elficacité du traitement par l'iodure de potassium est la pierre de touche du diagnostic.

Thérapeutique. — Si la tumeur semble se résoudre sous l'influence du traitement par l'iodure de potassium, on continuera, on fera des frictions avec la teinture d'iode autour de l'orbite.

Si la tumeur suppure, on appliquera des cataplasmes et l'on traitera comme les abcès chroniques. On fera eusuite des injections iodées.

VIII. Tumeurs de l'orbite- provenant des parties voisines, ijj — Les fongus de la dure-mère, les polypes naso-pharyngiens, le cancer des os maxillaires, de l'elhmoïde, pénètrent dans l'orbite aussi bien que dans les fosses nasales. V. Fongus de la dure-mère, Naso-pharyngiens (Polypes).

On reconnaît une tumeur de l'orbite née hors de cette cavité, lorsque. la tumeur est dure et soulevée par des battements, lorsque la vision est perdue avant qu'il y ail exophthalmie, lorsqu'il y a des symptômes de compression dans le voisinage et des paralysies, comme cela s'observe lorsqu'il y a fongus de la dure-mère.

Les polypes naso-pharyngiens oblitèrent les narines avant de produire l' exophthalmie. Les tumeurs des maxil-, i laires, cancers ou polypes, causent souvent une tuméfac-j tion de la joue avant de passer dans l'orbite, et le souveniri; de ces faits est le principal moyen de diagnostic. '

Thérapeutique. — Ces tumeurs seront traitées par les procédés indiqués. V. Fongus de la dure-mère, Sinus {Polypes des), Naso-pharyngiens (Polypes).

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IX. Tumeurs de la ylande lacrymale. V. Lacrymale {Tumeurs de la glande).

Orbite (TCMEURS VASCULAIRES DE L').

I. Exophthabnie dans le goitre (Demours, Parry, Dupuylren, Desmarres, Graves). — L'exophthalmie dans le goitre est une congestion du système artériel et veineux de l'orbite. Lorsqu'un goitre existe, il comprime l'artère carotide primitive et Ja veine jugulaire interne. La circulation artérielle de la tête se fait par les artères vertébrales ; les artères du trigone cérébral se développent, les artères ophlhalmiques participent au développement ; le système veineux ophthalmique, les sinus coronaire et caverneux, sont turgescents, et de là un gonflement veineux, une sorte d'érection. Les troubles nerveux, les palpitations, sont dus aux mêmes causes agissant différemment sur des organes différents.

Thérapeutiqiie. — Traiter le goitre. V. Thyroïde ladies de la glande).

IL Épanchement de sang dans l'orbite. — Cette maladie a été vue chez un nouveau-né où l'œil avait été chassé de l'orbite (Redemans). — Chez l'adulte, cette lésion peut compliquer des corps étrangers à la suite d'une plaie.

Thérapeutique. — Résolutifs, compression, ponction de la tumeur, si l'inflammation s'y développe.

liï. Anévrysme de l'artère ophthalmique (Guthrie, Scultet, Langenbeck, Rosas). — Anévrysmes artèriosoveineux de la carotide dans le crâne. — V. Anévrysme.

IV. Tumeurs érectiles (V. ce mot). — Les tumeurs érectilesdes paupières limitées ne sont pas différentes des autres tumeurs de la face. Les tumeurs érectiles profondes sont plus difficiles à diagnostiquer ; le soulèvement de l'œil la turgescence de la région de l'œil et le soulèvement pendant les efforts et les cris, la congénilaiité et la réductilité constante feront reconnaître la tumeur éreclile ; le développement variqueux des artères de la tempe, le battement énergique, devront faire soupçonner un anévrysme cirsoïde plutôt qu'une tumeur érectile.

Thérapeutique. — Les anévrysmes bien limités au pourtour de l'orbite dans les paupières seront traités par la compression. Les styptiqnes ou plutôt les médicaments susceptibles d'amener la coagulation du sang dans la tumeur, les inoculations de la vaccine, l'acupuncture, les injections coagulantes et caustiques et l'ablation (Duj3uytren, Dieulaioy), ne sont pas toujours applicables. La ligature de la carotide primitive ou de la carotide du côté opposé (Velpeau), a déjà donné plus de sept guérisons complètes (Travers, Dalrymple, Rurk, Jobert, Velpeau, Roux).

V. Varices de l'orbite (Chélius). — On a vu des dilatations veineuses avec coloration bleuâtre de la tumeurcelles-ci se réduisaient, et, dans un cas, il y avait exophtbalmie (Himly).

Thérapeutique. — Rien à faire. La compression est un moyen palliatif, les injections coagulantes sont dangereuses; l'incision, l'irritation et la compression (Chélius, Traité d'ophthalmologie, t. H) ne sont pas moins dangereuses que les autres procédés.

ORCHIDÉES. Famille de plantes monocotylédonées à étamines épigynes, et qui a pour pour type le genre Orchis. — Ce sont des végétaux herbacés, cultivés par agrément pour leurs belles fleurs; mais ils fournissent quelquefois des bulbes remplis de matière féculente alimen-

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taire, comme le salep, ou des fruits utihsés pour leur arôme, comme la vanille.

ORCIII.^. Plante de la famille des orchidées dont le

Fig. 493. ~ Orchis raille.

bulbe sert à la préparation d'une fécule alimentaire, connue sous le nom de salep.

ORCHITE AIGUË. L'inflammation du testicule, de l'épididyme et de la tunique vaginale constitue l'orchite. — L'épididyme est la partie de la glande le plus souvent affectée. Le testicule peut se prendre après l'épidiiiyme et ne suppure pas, à moins d'exception: la tunique vaginale s'enflamme seule ou en môme temps que l'épididyme et le testicule. Ces inflammations diverses se confondent, se succèdent et se remplacent.

L'orchite simple, limitée au testicule, est la lésion la plus rare; l'épididymile est la plus fréquente.

I. Épididymite. — L'épididymile est caractérisée anatomiquement par une exsudation de matière plastique jaune, uniforme, au milieu de laquelle on distingue des flexuosités de l épididyme augmentées de volume.

Avec l'épididymite il y a toujours des lésions inflammatoires du cordon et quelquefois du canal déférent (A. Cooper). La théorie de la propagation de l'inflammation blennorrhagique, par le canal déférent, à l'épididyme, est fort acceptable, mais une phlébite ou une angioleucite du cordon pourrait, à la rigueur, expliquer ce phénomène.

L'épididymite suppure quelquefois (Curling), mais c'est l'exception ; ordinairement elle se termine par résolution et induration.

Les signes de l'épididymite sont les suivants :

Tuméfaction irrégulière, plus ou moins considérable de l'épididyme, mais conservant la forme et la direction de l'épididyme ; douleur à la pression ; quelquefois rougeur du scrotum. Apparition instantanée des phénomènes inflammatoires.

L'épididymite ne dure pas moins de dix jours et pas plus de vingt-cinq (Velpeau).

La maladie est due à des causes variables, une blennorrhagie est la cause première à laquelle s'ajoute un effort, la fatigue, une profession pénible, des coups, des injections irritantes dans l'urèthre.

Des irritations de l'urèthre seules causent parfois des orchites et des épididymites (Ramsden, Velpeau).

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L'épididymite peut venir à la suite d'un simple effort, à la suite de la masturbation et après des oreillons, mais il y a des épididymiles Iraumatiques.

L'épididymite peut être accompagnée d'épancliement en quantité variable dans la tunique vaginale, surtout lorsque les malades ont marché. Celle-ci est reconnue aune fluctuation qu'il estdiflîcile de bien apprécier néanmoins. Souvent les malades ont de la vaginalite aiguë.

Il n'est pas rare de voir des affections tuberculeuses du testicule débuter par une épididymite, connue la tubercalisalion pulmonaire survient quelquefois après une pneumonie (Dufour).

Des abcès se forment parfois autour du cordon, après une épididymite (Verneuil).

II. Oi'fhitc. — L'orchite est l'inflammation des cloisons libro-celluleuses du testicule ; les canalicules séminifères ne sont point le siège de la lésion inflammatoire.

Dans l'orchite parenchymateuse, la tuméfaction du testicule acquiert un volume quelquefois énorme, surtout (juand il y a vaginalite en même temps.

L'inflammation aiguë du testicule se termine par résolution ou suppurât ton. Par résolution, c'est la terminaison normale de l'orchite; par suppuration, alors l'orchite passe à l'état chronique et le pus met un temps plus ou moins long à se faire jour au dehors

L'orchite existe sans épididymite dans certaines circonstances seulement; par exemple dans des oreillons et dans les fièvres graves; mais le plus souvent elle existe avec l'épididymite. L'orchite primitive n'existe pas avec la blennorrhagie.

Une tuméfaction arrondie en avant, se rapprochant de la forme du testicule, uniformément résistante et douloureuse au contact, une douleur spontanée plus vive que dans l'épididymite et de la fièvre caractérisent l'orchite.

L'orchite vient quelquefois après la masturbation et par l'abstinence des rapports sexuels.

Les épanchements, les blessures du testicule, causent des orchites parenchymateuses.

L'orchite chronique peut être suivie de la dégénérescence tuberculeuse du testicule.

liï. Vaginalitf (A. Cooper, Rocheux). — Lavaginaliie existe avec les autres inflammations du testicule, mais elle se montre parfois seule (Béraud) dans la variole, et on l'a appelée orchite varioleuse. Elle existe à l'état aigu et à l'état chronique. V. Vagin.\lite chronique.

La vaginalite aiguë simple semble exister surtout avec la variole. On l'a vue chez un enfant atteint d'une fièvre grave (Curling) .

Dans la vaginalite aiguë, il y a du liquide épanché dans la tunique vaginale, la membrane séreuse perd son poli, se recouvre de fausses membranes, et enfin offre des adhérences entre les deux feuillets de la tunique vaginale.

L'hydrocèle peut être le résultat d'une inflammation de la tunique vaginale, au même titre que l'épanchement pleural peut succéder à une pleurésie aiguë.

La vaginalite peut exister seule dans certaines inflammations traumaliques des bourses causées par un effort et qui disparaissent grâce à un cataplasme simple.

Les orchites métastatiques des oreillons sont peut-être de simples vaginalites.

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Pour se faire une idée des manifestations de la vaginalite, il suffit de se reporter à ce qui se passe lorsqu'on opère l'hydrocèle par ponction et par injection. Le lendemain de l'opération, le scrotum acquiert un volume énorme ; sa peau est rouge, luisante, tendue, œdémateuse. Les malades ne soufi'rent pas, mais le contact provoque des douleurs vives ; quelquefois il y a de la fièvre. Les phénomènes inflammatoires durent de quatre à sept jours ; la résolution se fait lentement, et il n'est pas rare de constater après ce temps ime crépitation produite par le frottement, l'une contre l'autre, des deux surfaces séreuses enflammées.

Une tuméfaction et un œdème inflammatoire du scrotum sans fluctuation évidente, l'issue d'un liquide séropurulent à la ponction, une douleur vive à la pression, un début brusque comme l'orchite et l'épididymite, indiquent une vaginalite aiguë.

Les hydrocèles enflammées ne sont que des vaginalites aiguës.

La vaginalite chronique est une des causes les plus puissantes qui déterminent des transformations pseudoosseuses, pseudo-cartilagineuses et fibreuses, dans les parois épaissies de la tunique vaginale dans certaines hydrocèles. Dans les hémalocèles dites spontanées, elle est la lésion véritable. V. Vaginalite chronique.

Thérapeutique. — Que l'orchite ou l'épididymite aiguë soit le résultat d'une blennorrhagie, d'un traumatisme, d'une inflamm.ation non blennorrhagique de l'urèthre, d'une maladie générale, comme l'embarras gastrique avec oreillons, la variole ou la fièvre typhoïde, c'est une inflammation qui peut guérir par les cataplasmes mis par dessus des frictions mercurielles ou par les cataplasmes arrosés d'eau blanche, par les bains et le repos au lit, et surtout la suspension des bourses sur une plaque de guf ta -percha reposant sur les cuisses. Si le traitement est appliqué au début de la maladie, le mal peut être promptement arrêté.

Dans les épididymites blennorrhagiques avec orchite et vaginalite, lorsqu'il y a une fièvre intense, des douleurs extrêmement vives, une saignée du bras sera pratiquée ; on appliquera sur le trajet du cordon dix à quinze sangsues.

Les cataplasmes arrosés de laudanum, les applications de chloroforme (Bouisson), l'eau froide, la solution d'alun, le sulfate de fer en solution, 6 grammes pour 100 d'eau, la boue de rémouleur, les vésicatoires volants, sont des moyens préconisés dans les orchites blennorrhagiques; mais tous ces moyens n'ont pas d'efficacité évidente et quelques-uns offrent des dangers, ils enflamment la peau. Enduire le scrotum de coUodion (Bonnafond) n'est pas un moyen plus avantageux. La compression du scrotum (Velpeau) a été mise en usage, mais elle est difficile à appliquer.

On a conseillé les applications d'une solution de nitrate d'argent au 100""^ qui fait disparaître la douleur en vingtquatre heures et qui guérit l'orchite dans une moyenne de six jours. — Des compreses imbibées de celle solution doivent être tenues constamment appliquées .sur le côté du scrotum qui est affecté. C'est à essayer, mais ce moyen ne vaut pas mieux que les applications de teinture d'iode.

Lorsque l'épididyme seul est enflammé et'Iorsque le mal est lié à une blennorrhagie, on traitera par le repos, la position élevée du scrotum, les bains, les cataplasmes. On administrera un purgatif salin, le sulfate de soude, 30 à U5 grammes, par exemple ; on donnera un ou plusieurs

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lavemenls purgatifs. En une seule fois ou en deux ilemilavements à un jour d'inlcrvalle.

Eau 300 id.

Lorsque dans une épididymite, une orcliite ou une vagi- •nalile, il y a des douleurs vives, de IVedème du scrotum et une tuméfaction qui masque le testicule, on fera, avec une lancette ou un bistouri, des ponctions multiples de la tunique vaginale (Velpeau). Si l'on pique le teslicule, il n'y a pas de danger, on appliquera des cataplasmes. La douleur disparaît dans les vingt-quatre heures, à moins qu'il n'y ait suppuration du teslicule. Lorsque le teslicide est seul malade, et s'il y a orcliite, tuméfaction et dureté du testicule, douleurs vives et fièvre, on ponctionnera la tunique albuginée sur un ou plusieurs points (Vidal, de Cassis), avec le bistouri pointu, et l'on applique des cataplasmes. Si les ouvertures deviennent fongueuses, on pansera avec l'onguent de la mère ; s'il sort des filaments blanchâtres avec la suppuration on les laissera s'éliminer seuls, sans lirer dessus (J. L. Petit).

On dit avoir retiré de bons effets immédiats de l'électrisation par courants continus employés dès l'origine du mal. Pour cela il faut mettre le pôle positif d'un appareil de Remak à 20 éléments sur le point le plus douloureux du testicule et le pôle négatif sur le cordon de manière à avoir un courant ascendant décongestif. ( Chéron et Moreau)

Lorsque la vaginalite devient une bydrocèle, l'épididymite une tumeur fibreuse pérididymaire ou un testicule tuberculeux, l'orchite une orcliite chronique, c'est-à-dire un engorgement avec des exacerbations, on traitera par les moyens appropriés. V. Orchites chroniques. Testicule

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