ssific:ttions des artères. V. ARTÈRES
OsMÏfientïon de la choroïde et Ossifieutîon soiischoroïdienne. Épipliénoménes tardifs et exceptionnels des choroïdites, les ossifications intra-oculaires ne réclament aucun traitement.
On ne reconnaît pas à l'ophthalmoscope les ossifications développées sous la réline. On distingue une choroïdite alrophique ou une choroïdite disséminée, et c'est tout.
Thérapeutique. — Si l'œil est perdu et est douloureux, il n'y a aucun dommage à l'enlever. S'il n'y a pas de douleurs vives, on traitera les choroïdites successives qui se montrent, jusqu'à ce que l'œil soit atrophié, par les résulvifs sur le tube digestif et par les révulsifs cutanés.
Si l'œil sain menaçait d'être atteint d'irido-choroïdite, on enlèverait immédiatement l'œil primitivement malade.
Ossification du cristallin. Les ossifications du cristallin ne sont pas des ossifications, ce sont des dépôts de sels de chaux carbonatée et phosphatée, sans cellules osseuses; ce sont là des concrétions pierreuses.
Ossification des muscles (Rodgers, Bulletin de la Société anutomique, 18/|0 et 1863). Les ossifications des muscles sont rares, mais elles existent parfois autour d'articulations malades de l'arthrite sèche en particulier où se produisent des ostéophytes (Deville). V. Aine.
Elles se développent spontanément dans le tissu cellulaire qui sépare les muscles et la gaîne du muscle ; ce n'est pas là une transformation osseuse de la fibre musculaire.
Il y a des ossifications multiples de muscles ; ces faits ont été plus observés en Angleterre et en Amérique qu'en France. Chez les cavaliers on trouve parfois une ossification au milieu des muscles adducteurs. Ptiliroth l'appelle l'os d'exercice.
On les reconnaît à une dureté caractéristique. On les distingue des exostoses à ce que Possificalion a la forme d'un muscle, et à la perte plus ou moins complète des mouvements de l'articulation au devant de laquelle passe le muscle.
Thérapeutique. — Il n'y a rien à faire contre les ossifications des muscles.
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Ossification du pénis. Y. PÉNIS.
Ossification «les tiihcrcules. V. PhthISIE.
Ossification de la tunique vaginale. V. TESTICULE (Timeurs du).
Ossifications vasculaîrcs. V. VeiNES ET ARTÈRES {lucrnstations calcaires des).
OSl'ÉITES (V. PÉRIOSTITES). Les phénomènes de l'inflammation des os se passent dans le tissu cellulaire et dans les vaisseaux du périoste et de la moelle ; le tissu osseux ne s'enflamme pas ; il se nourrit d'une façon plus ou moins imparfaite quand les vaisseaux ont été atteints ; les ostéites raréfiantes et les ostéites condensantes (Gerdy) sont des phénomènes ultérieurs de la réparation des os.
La périostite et l'ostéomyélite sont l'inflammation de la membrane d'enveloppe de l'os et de la substance conjonctive médullaire. — Les ostéites du tissu spongieux sont des lésions du même genre que l'ostéomyélite; mais l'inflammation existe dans les vacuoles du tissu spongieux comme dans le canal médullaire et naît dans un tissu cellulo-vasculaire. L'ostéite des portions centrales des diaphyses des os longs et du tissu compact est plus rare.
Toutes les inflammations spontanées des os reconnaissent pour cause : soit une diathèse syphilitique, scrofuleuse, rhumatismale ou scorbutique et un accident local tel qu'un refroidissement; soit un traumatisme, une plaie, une fracture, une contusion, une entorse ou une luxation ; soit un dépôt de matière tuberculeuse ou un kyste des os.
L'ostéite qui tend à guérir engendre un état de l'os qui est désigné sous le nom d'ostéite condensante, en même temps que le périoste sécrète de nouvelles couches osseuses. L'ostéite raréfiante est un autre mode de terminaison.
L'ostéite aiguë, qui se termine par résolution, engendre l'ostéite condensante ; l'ostéite chronique qui se termine par résolution engendre également l'ostéite condensante, s'il y a un abcès chronique de l'os, une ostéite raréfiante dans tous les autres cas.
Toutes les ostéites aiguës peuvent donner lieu à des abcès plus ou moins limités situés dans l'os ou dans le canal médullaire.
Les ostéites se terminent souvent par nécrose et carie, par destruction de l'os, par lésions articulaires si le mal est au voisinage d'une articulation. V. Ostéomyélite, Périostite, Os (Tubercules des).
\. Ostéite aiguë. — L'ostéite aiguë est caractérisée par un gonflement douloureux de l'os, par de la chaleur et de la douleur des parties qui recouvrent l'os, par de la fièvre et quelques frissons; plus tard, par les signes d'une périostite et par la perte plus ou moins complète des fonctions de l'os. Après la formation d'un abcès sous-périostique, les caractères de cette lésion masquent l'ostéite.
Vostéite cpi'physaire est un type d'ostéite aiguë.
Au début de l'ostéite on peut croire qu'il s'agit d'une nécrose et rien ne doit faire éliminer ce diagnostic, parce que l'ostéite se termine par nécrose au même titre que la gangrène de la peau suit la cutite aiguë.
Si le sujet est scrofuleux on peut soupçonner qu'il s'agit d'une suppuration autour d'un foyer tuberculeux et d'une nécrose.
Un abcès sous-périostique est quelquefois la complica-
tion d'une ostéite, seulement dans l'abcès sous-périostique primitif il n'y a pas eu gonflement primitif de l'os. V. Périoste.
V ostéite épiphysaire (Kloose, Gosselin), qui a quelquefois pour point de départ le cartilage interépiphysaire, se reconnaît à ce qu'elle existe chez les jeunes sujets, à ce qu'elle a souvent pour cause un traumatisme, une marche forcée, un refroidissement, à ce que les mouvements de l'articulation sont perdus, et parce qu'il y a une fièvre intense, un œdème des parties autour de l'os.
11 est des cas oîi l'ostéite a été prise pour une fièvre typhoïde, parce qu'on avait négligé de rechercher le gonflement de l'os. Le plus souvent il y a un gonflement de la région et des marbrures de la peau (Chassaignac). Plus tard des abcès se forment, l'épiphyse se décolle et il y a une déformation des articulations et chute totale d'un cartilage d'encroûtement. A ce moment l'ostéite épiphysaire prend toutes les tournures d'une arthrite. Un phlegmon diffus, l'infection purulente, sont des complications immédiates ; une nécrose, une synovite fongueuse, sont des complications consécutives.
Thérapeutique. — L'ostéite épiphysaire réclame les incisions profondes allant jusqu'à l'os, même quand il n'y a pas d'abcès sous-périostique formé ; les antiphlogistiques, les sangsues en grand nombre, sont utiles à défaut d'incision. ■ — Si l'os est dénudé, si les douleurs et les phénomènes généraux sont graves, on appliquera une couronne de trépan sur l'os malade. Si après une ostéite épiphysaire il y a une ostéomyélite, ce que l'on reconaît à l'œdème de tout un segment du membre, à une fièvre intense, l'amputation est proposable, à moins que l'os ne soit superficiel comme le tibia ; il vaut mieux alors trépaner l'os au point où il y a abcès sous-périostique en voie d'évolution.
Lorsque les accidents généraux s'amendent, lorsque l'os se gonfle et occasionne des douleurs vives, lorsqu'il se forme des abcès sous-périosliques qui s'ouvrent à l'extérieur, il y a quelquefois un abcès intra-osseux et un séquestre invaginé. Faire une ouverture à l'os, appliquer une couronne de trépan (Ravaton, David), est rationnel ; mais on n'est point sûr de tomber sur l'abcès. S'il y a une fistule, et si avec le stylet on pénètre dans l'intérieur de l'os, on agrandira la perforation osseuse et l'on mettra à nu le foyer de l'abcès osseux pour le panser avec de la charpie sèche ou imbibée de teinture d'iode.
L'ostéite aiguë, à marche moins rapide que l'ostéite épiphysaire et sans abcès sous-périostique, sera traitée par les sangsues, puis les vésicatoires et enfin les raies de feu. Lorsqu'il y aura des fistules, on se comportera comme pour les abcès consécutifs à l'ostéite épiphysaire et à l'ostéomyélite, si les injections iodées n'ont pas suffi à guérir la maladie ; le traitement de ces abcès est très-long.
Pour favoriser la guérison de l'ostéite, on fera des lotions sur les parties malades avec la teinture d'iode. On enverra les malades aux eaux minérales, carbonalées calcaires (V. Scrofule), recommandées dans la scrofule. On donnera des bains de sel et des bains de mer.
Chez les sujets syphilitiques et scrofuleux, on administrera les traitements généraux appropriés à la diathèse. V. Scrofule, Syphilis.
Lorsque l'ostéite existe au niveau d'un os dénudé, on se bornera à attendre l'exfoliation insensible de l'os, on appliquera des émollicnts (Ténon, Nélaton). Les topiques excitants sont, dans ces cas, parfaitement inutiles Si l'on voit sourdre du pus à travers des petites parties de l'os, on est autorisé à ruginer l'os en ce point pour faciliter la sortie du pus.
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S'il y a nécrose consécutive à l'osléite, on traitera comme il est indiqué. V. Nécrose.
II. Ostéite chronique. — Les mêmes lésions qui caractérisent l'ostéite aiguë existent dans l'ostéite chronique, avec celte différence que la marche de l'inflammation s'arrête dans l'ostéite chronique et que la suppuration ne se reproduit pas en abondance et avec rapidité ; tous les phénonièmes se bornent à une inlîltration de l'os, à une congestion passive et une lenteur de la nutrition de l'os.
L'ostéite chronique est la suite d'une ostéite aiguë ou d'une affection tuberculeuse des os. Elle se montre sur les points où une compression énergique a été longtemps appliquée sur un os. Ainsi se forme la carie des vertèbres, pressées par une tumeur du voisinage, mais ce dernier élat n'est pas, à proprement parler, une ostéite chronique vraie.
Au point de vue clinique, l'ostéite chronique est une inflammation où les parties enflammées cessent de se séparer ; elle existe rarement d'emblée, elle suit le ramollissement?d'un tubercule des os, d'une gomme sypliiiitique.
Fi^. 511.
Surface de sectlou d'un os affecté île cacle, eaiic fongueuse. (Billrotli.)
L'ostéite chroni(jue, à une période avancée, se termine par la suppuration, et le mode de suppuration de l'ostéite chronique est la carie. L'ostéite chronique du tissu spongieux est toujours suivie de carie, de sorte que l'on peut dire dans ce cas que la carie est une nécrose successive du tissu spongieux.
Les ostéites chroniques périarticulaires s'accompagnent de chute des carlilages dans les points correspondant à l'os malade.
Au début, l'ostéite chronique s'annonce par les signes de tubercules des os et d'ostéite aiguë ; plus tard elle se révèle par des abcès par congestions indolents, n'ayant pas comme les abcès de l'ostéite aiguë le caractère d'un phlegmon. Lorsque les abcès sont ouverts ou ont été ouverts, un stylet introduit pénètre dans l'os, brise les lamelles osseuses ; le pus évacué contient une plus forte proportion de matière terreuse que le pus phlegmoneux (Darcet) .
Lorsque l'ostéite chronique est devenue une carie, la guérison peut se faire par le bourgeoimement de l'os, qui engendre un tissu ostéo -fibreux ; la nécrose totale d'une portion d'os est un autre mode de guérison.
L'ostéite chronique se reconnaît : à des douleurs moins vives que celles de l'ostéite aiguë ; — à un gonflement de l'os malade, excepté dans les cas où des tubercules des os sont l'origine de la lésion ; — à des abcès moins douloureux et surtout moins prompts à se former que les abcès de l'ostéite aiguë, — ■ à des abcès par congestions, — . à la possibilité de sentir avec un stylet des lamelles osseuses, fines, se brisant sous les pressions de l'instrument, lorsqu'il y a une fistule qui permet d'arriver jusque sur l'os malade, — enfin à l'examen microscopique des parcelles osseuses que l'on voit marquées figure 511.
Les ostéites chroniques sont quelquefois constituées par des abcès intra-osseux qui peuvent s'ouvrir ou se transformer eu kystes. V. Os [Abcès des).
Thcrapeuticiue. — Il n'y a pas de moyens spécifiques contre l'ostéite chronique et la carie.
Au début de l'ostéite chronique, on appliquera des vésicatoires , des cautères , des moxas ; on cautérisera avec le fer rouge sur les points douloureux.
Lorsqu'il y a cessation des douleurs, on continuera néanmoins à appliquer des révulsifs tous les jours; on badigeonnera les parties avec de la teinture d'iode.
Les abcès froids seront traités par les moyens appropriés. V. Abcès froids.
Sur les os qu'il est aisé d'atteindre, comme les os des membres, lorsqu'il y a une fistule, quand les os suppurent et sont cariés, on incisera largement, au niveau des fistules, avec un gouge et un maillet, on évidera Tos (Sédiliol). Si la cavité de la carie est irrégulière, il est préférable de cautériser les parties cariées avec le fer rouge, et mieux avec une rondelle de pâte au chlorure de zinc.
Les caries scrofuleuses guérissent quelquefois après un long traiteifient par les injections iodées, mais on ne doit point trop compter sur cette action.
Si les malades sont faibles, si les fistules durent depuis longtemps , et si l'on ne soupçonne pas que les individus puissent la longueur du traitement, on réséquera l'os carie. L'amputation même est quelquefois in-
resister a atteint de diquée.
On administrera un régime tonique, on prescrira l'hygiène et les eaux recommandées contre la scrofule : Baréges , Bourbonnc , Bourbon- F Archambault , Bagnoles , Balaruc, Saint-Amand, Dax, Guagno, .Mx-en-Savoie, Aixla-Chapelle, Wiesbaden, Tœplilz, Gurgitello, et enfin les bains de mer.
Si la maladie a une relation avec la syphilis, on prescrira le traitement hygiénique et hydrologique de cette dialhèse : Loueschc , Baréges, Cauterets, etc. V. Syphilis.
m. Ostéite subaiguc. — atteintes d'arthrite sèche
L'ostéite dans les extrémités est une ostéite subaiguë, ou mieux une sorte d'ostéite à marche lente, comme celle qui existe dans la formation du cal, terminée par l'état appelé ostéite condensante. Des couches osseuses de nouvelle for-
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mation existent dans le canal médullaire de l'os et sous le périoste.
Les ostéites subaigiiës existent autour d'anciennes fractures; ellesconsliluenl le premier degré de l'hyperostose ; les cals exubérants sont une exagération de l'ostéite réparatrice.
Faut-il voir dans ces lésions une ostéite subaiguë, ou simplement une exsudation causée par une irritation de voisinage, et organisation consécutive après formation de vaisseaux nouveaux? Cette question est pendante au même titre que la question de l'inflammation adliésive de Hunter.
IV. Carie. — La carie est une conséquence, une phase de l'ostéite chronique ; c'est une nécrose moléculaire de l'os. V. Ostéite chhonioue, Os [Tubercules dca).
Ostéites pcriartieulaîres. Les ostéites périarticulaires sont rarement aiguës et très-souvent chroniques. Elles existent primitivement ou sont la conséquence d'une synovite fongueuse ou d'une arthrite chronique.
L'ostéite périarliculaire, primitive, est due, soit à une altération tuberculeuse ou scrofuleuse des os, soit à une ostéite épiphysaire, qui prend un accroissement rapide, sous l'influence d'un traumatisme, soit enfin à une contusion des os, à une luxation, ou à une entorse.
L'ostéite périarticulaire secondaire arrive après une synovite chronique, par suite d'une altération des cartilages.
Les tumeurs blanches sentie résultat de la con)plication d'une ostéite périarticulaire par une synovite, et réciproquement (Richet).
On reconnaît une ostéite périarticulaire primitive à une douleur persistante, suivie bientôt du gonflement d'une extrémité articulaire; les douleurs augmentent d'intensité, des abcès se forment, abcès circonvoisins (Gerdy), en môme temps du liquide s'épanche dans les articulations et il y a déformation de l'article, puis apparaissent les signes d'une synovite fongueuse. A travers les fistules qui résultent de l'ouverture des abcès, ou sent les os à nu et présentant les caractères de l'ostéite chronique avec carie ; le pus qui sfchappe de ces fistules est séreux ordinairement; lorsqu'il y a des tubercules des os il contient des grumeaux blanchâtres.
On reconnaît l'ostéite périarticulaire consécutive à une inflammation des extrémités osseuses, longtemps après l'existence d'une synovite fongueuse, suivie ou non d'abcès articulaires, à la dénudation des surfaces articulaires constatées par un bruit sec dû au frottement l'une contre l'autre des surfaces privées de cartilages ; à la dénudation des os, à la possibilité de faire pénétrer un stylet dans le tissu osseux à travers les fistules consécutives à des abcès.
Rien ne peut être confondu avec une ostéite périarticulaire consécutive à une synovite fongueuse.
Au début, les ostéites périarticulaires primitives peuvent être prises : pour des tumeurs à myéloplaxes, chez les jeunes sujets ; pour des cancers des os et des arthrites sèches chez les adultes. Mais dans le premier cas il y a intégrité complète des mouvements de l'articulation, même après la fracture de l'os [V. Myéloplaxes (Tf/mem-s à)j; dans le second cas le cancer de l'os arrive à un grand développement avant qu'il y ait une altération de l'articulation; les tumeurs sont molles, lobuléès, et n'ont de consistance osseuse que par places. Quelquefois il y a des
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battements dans les cancers comme dans les tumeurs à myéloplaxes, il n'y en a jamais dans l'ostéite périarticulaire; puis dans les cancers il n'y a pas de douleurs vives continues comme dans l'ostéite. L'arthrite sèche est une maladie où les douleurs n'ont jamais la continuité des douleurs de l'ostéite, le craquement perçu dans la jointure ; le tempérament rhumatisant des malades est eiicore un bon caractère distinctif qui indique l'arthrite sèche.
Primitive ou consécutive, l'ostéite périarticulaire s'arrête rarement ; il y a une double cause de prolongation du mal : la difficulté de la réparation du tissu spongieux, et le voisinage d'une articulation. La guérison ne peut se faire que par ankylose si l'altération de l'os est consécutive et peu avancée. Il est rare, d'un autre côté, que les malades résistent à la longue suppuration qui est nécessaire pour que tout l'os malade soit éliminé.
Thérapeutique. — Lorsqu'il y a ostéite périarliculaire primitive, on appliquera le traitement de l'ostéite chronique par les révulsifs. Une tumeur mixte constituée par une ostéite périarliculaire et une synovite avec fistules réclame, au début, l'immobilité, les injections iodées dans les fistules On essaye ainsi de hâter la cicatrisation et de produire l'ankylose. Si les malades s'épuisent, s'ils ne présentent pas toutefois des sigm s évidents de tubercules pulmonaires ou de péritonite tuberculeuse, on réséquera les extrémités des os malades ou l'on fera l'amputation.
Le coude, l'épaule, peuvent être réséqués; l'amputation du genou, du pied et du poignet est moins souvent mortelle que les résections des os malades. Le genou cependant offre la même proportion de morts pour la résection et pour l'amputation (Le Lort). La résection de la tête du fémur ne doit être faite que quand il est positif que le mal a débuté par l'extrémité supérieure du fémur et quand les mouvements de l'articulation sont en partie conservés. Pour les tumeurs blanches des articulations métacarpophalangiennes, la résection est toujours suffisante.
Dans les synovites, même compliquées de dénudation des surfaces articulaires, tant qu'il n'y a pas de gonflement de l'os avec abcès circonvoisin, on doit chercher à obtenir l'immobilisation de l'article pour produire l'ankylose; les appareils inamovibles, les gouttières, maintiendront le membre.
Les luxations consécutives seront réduites s'il y a des compressions d'organes importants, ce qui se voit dans les tumeurs blanches cer\icales.
Le traitement tonique, les médications antiscroluleusesd et antisyphilitique ., seront administrés suivant l'état géné-' ral des malades.
©S'S'ÉOCOS.LE. Carbonate de chaux que laisse déposerJ l'eau de certaines fontaines sur les corps submergés. |
OS'M'É©MA!..4CIE (I,obstein, Morand fils). L'ostéaJ malacie est une régression cellulo graisseuse des élémei™ du tissu osseux, ou mieux une altération des sécrétio^B physiologiques des vaisseaux des os telle que les cellufflH sécrétées restent à l'état de tissu cellulaire ou de tissuf conjonctif. On a appelé l'ostéomalacie le rachitisme des adultes (Hunter, Royer, J. Frank).
Dans l'ostéomalacie, le périoste reste sain, mais se décolle facilement, l'os devient plus friable, les canalicule.'; osseux sont plus apparents, la substance médullaire est plus abondante, offre une coloration grisâtre ou vjolacée, les os sont gras, renferment quelquefois des kystes, et l'analyse montre qu'ils contiennent moins de phosphate do chaux que les os sains ; enfin ils se ramohissent, se tuinéfient à leurs extrémités et se courbent suivai sens des mouvements les plus fréquents.
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Tous les os peuvent èlro atteinls d'ostéomalacie, les dents même, a-t-on dit, participent au ramollissement (Isenflamm, Plenck, Leblanc).
La cause de l'osléomalacie échappe encore à la science, et quoique la nourriture avec des aliments pauvres en sels calcaires, une mauvaise hygiène, la vie dans un lieu humide et malsain, l'hérédité, aient été invoquées pour en expliquer la proiluclion, on ne sait encore rien de précis à cet égard .
L'ostéomalacie se révèle par des douleurs dans tous les os, par une faiblesse croissante et par l'impossibilité de résister à la fatigue; puis les os se courbent, se fracturent (piel(piefois, alors les jambes se tordent, le tronc se raccourcit par le fait de l'écrasement des vertèbres, le thorax s'oj)Iatit latéralement, les omoplates se courbent en avant, l'humérus prend la forme d'un S; les os les plus déformés sont ceux qui portent le plus grand poids ou participent aux plus grands efforts, les fractures des os ajoutent à la déformation primitive de l'os.
La santé générale est altérée, la nutrition languit; les urines sont chargées de dépôts de phosphate de chaux, qu'on reconnaît par l'analyse chimique et par le microscope (le phosphate de chaux est caractérisé par une poudre amorphe); il y a aussi excrétion d'albumine. Néanmoins il est des malades qui continuent à se luen porter et qui môme peuvent avoir des enfants. La femme Supiot a eu an enfant pendant le cours do l'ostéomalacie, dont elle était affectée depuis quatre ans (Morand fils), mais il y a aussi des cas où des congestions pulmonaires et viscérales tuent les malades.
Au début de l'ostéomalacie on peut croire à la syphilis, au rhumatisme, à la myélite, et aujourd'hui, sans douie, on songerait à l'ataxie locomotrice Mais on reconnaît les douleurs ostéocopes par l'action du traitement antisyphilitique; le rhumatisme par l'efficacité des bains de vapeur, par l'existence de la localisation du mal au voisinage des articulations; la myélite par des douleurs en ceinture, des fourmillements dans les pieds, des contractures ; l'ataxie locou]oti"ice, par un trouble spécial de la marche, qui est l'impossibilité de marcher droit à un but sans hésiter à chaque pas comme si l'on craignait de tomber (Duchenne, de Boulogne).
Lorsque les os commencent à se déformer il est impossible de confondre l'ostéomalacie avec aucune autre ma ladie, si le malade a plus de vingt ans. En effet, le rachitisme est une maladie de l'enfance (V. Rachitisme), et il n'est douloureux qu'au début, tandis que dans l'ostéomalacie la douleur dure autant que le mal ; enfin, dans le rachitisme, les os ne se fracturent pas spontanément, !e gonflement des extrémités articulaires y est beaucoup plus marqué que dans l'ostéomalacie.
Thérapeutique. — Dés que le diagnostic d'ostéomalacie est posé, on administrera un régime tonique, une nourriturc analeptique avec les farines, qui sont les aliments renfermant le plus de phosphate de chaux. Le voisinage de la mer ou l'habitation à la campagne sont indiqués ; les bains sulfureux, peu prolongés, de vingt à trente minutes; les bains froids, les bains additionnés do phosphate de chaux, 250 grammes, seront donnés.
Dès qu'il y aura déformation des os, on appliquera siu' les membres la cuirasse articulée de Morel-Lavallée, ce qui permettra aux malades de ne pas rester toujours au lit (V. ÎSandages) ou l'on fera couclier le plus possible les malades dans la posilion horizontale.
Les tisanes amères, houblon, gentiane quassia ama-
BOCCllUT ET DliSPRÉS. 2^ édit.
ra, etc ; l'Inule de foie de morue, le sirop d'iodurc de fer, sont d'excellents toniques que l'on emploiera avec avantage.
On administrera le phosphate de chaux, à la dose de 2 à 8 grammes par jour, dans un verre d'eau sucrée ou en pilules.
On donnera des os calcinés. Cette substance administrée à des animaux, chez lesquels on avait produit l'ostéomalacie avec une herbe appelée herba ossifrafja, a guéri la maladie (Proesch):
Les os calcinés seront administrés, à la dose de 2 à
10 grammes par jour, en poudre, mêlés à d'autres poudres ou dans une potion rendue acide avec doux gouttes d'acide sulfuri(jue, alin de transformer le phosphate de chaux en phosphate acide de chaux solubie et en sulfate de chaux.
Ce traitement vaut mieux que l'acide phospliorique (Clielius) et cpie la térébenthine, dont l'action n'a pas été vérifiée par des expériences et qui n'a pas même l'avantage d'êlre guidé par une idée thérapeutique rationnelle.
0>ttéoinaIiicic par Iiypcrgenèsc des m;r^lopl:ixcs.
11 est une ostéomalacre qui est constituée par une augmentation de la membrane médullaire ou plutôt du tissu médullaire des os où l'on rencontre une multiplication des myéloplaxes (E. Aélaton, Ch. Robin); deux pièces examinées au microscope démontrent cette altération (Stanski), quoique l'auteiu- n'ait pas établi la nature de l'ostéomalacie pendant la vie. On traitera cette ostéomalacie comme l'ostéomalacie simple.
©STÉOMES. Les o-téomes sont des tumeurs formées
1 ût^.
Fig. 512. — Exostuse sypliiliticinc Ju frontal; c, lamelles parallèles du système périi-thérique du l'routat : elles sont recouvertes par la tumeur (jsseuse ; on voit ses canaux méilidiaires et les vaisseaux pénétrer de l'os ancien dans la tumeur. Les canaux de llavers colorés au cumin sur la préparation ont été ici ligurés eu noir; grossissement de 10 diamètres. (Cornil et Ranvier.)
Fil?. 513.— ExostosG parennliymatPiise du tibia coupée perpentllculairemont ù l'axe île l'os ; n, rnnaux dp Hnvers del'os ancien coupés transversalement ; b, canaux de Havers de Texostose dont la direction est perpendiculaire a celle des premiers ; c, quelques canaux longitudinaux, crrossissement de 10 diamètres.
par du lissu osseux couiprenant dtib osléoiae^ élnu'né>,
OSTÉ
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des ostéomes compactes et des ostéomes spongieux. V Os et ExosTOSE.
Fig. 514. — Exobtusede l'hiimiji-us im niveau de l'iuscrtiou deltoidienne. (Nélatoii.)
Fig. 515. — Exnstose dentaire (Vii-chow) ; a, surface ; h, section de la dent. Odontome rndicnlaire de Rrnca.
OSTÉOMYÉLITE (.1. Roux, Chassaignac, Reynaud, Morven Smilli). L'ostéomyélite est l'ostéite interne des os longs. Elle siège dans le tissu médullaire des os. Désignée autrefois sous le nom d'inflammation de la membrane interne des os, d'abcès des os, elle est décrite aujourd'hui connue une lésion spéciale et n'est qu'une variété d'ostéite donnant lieu à une nécrose aiguë, si l'on peut ainsi dire.
L'ostéomyélite est un phénomène de l'inflammation traumalique des os après les amputations (J. Roux). Elle se produit aussi sous l'influence d'un refroidissement chez les individus mal disposés, atteints de syphilis ancienne, de scrofule ou de rhumatismes, après une fracture ou une luxation, ainsi qu'à la suite d'une contusion profonde d'un membre. Les tumeurs blanches ou ostéites périarliculaires se compliquent parfois d'ostéomyélite.
Lorsqu'on trouve un membre œdématié dans l'étendue d'un segment du membre ou dans une de ses portions, lorsque l'œdème s'arrête brusquement au milieu d'un
segment du membre (Chassaignac), lorsque des douleurs extrêmement vives existent et qu'il y a de la fièvre, des frissons, du délire, des convulsions chez les enfants, sans symptômes locaux de phlegmon, il s'agit d'une ostéomyélite au début; plus tard la maladie se reconnaît à une fluctuation profonde quand des al)cès sous-périostiques se sont formés.
A la suite d'une amputation, la saillie d'une grosse fongosité violacée dans le canal médullaire d'un os long et des douleurs pongitives caractérisent l'ostéomyélite des amputés. Lorsque l'os n'est pas à découvert, le gonflement œdémateux considérable du moignon, sans rougeurs delà peau, avec fièvre plus ou moins intense, indiquent une ostéomyélite.
La nécrose totale d'un os, les abcès sous-périostiques, les phlegmons profonds, sont la suite de l'ostéomyélite. C'est un fait déjà constaté et décrit autrefois sous le nom de nécrose par altération de la moelle {Académie de chirurgie, Royer).
L'ostéomyélite se termine parfois par l'ouverture d'abcès du canal méduflaire dans une articulation, par une infection purulente. Chez les enfants, elle cause le décollement épiphysaire, l'ostéite épiphysairc, et quelquefois des abcès chroniques des os (Brodie).
Thérapeutique. — Au début de l'ostéomyélite, sans dénudation de l'os, on fera immédiatement des incisions profondes' allant jusqu'à l'os (Chassaignac), Si un abcès sous-périostique est déjà formé, il sera ouvert ainsi et l'on trouvera l'os à nu. Si les douleurs sont extrêmement violentes, deux ou trois couronnes de trépan seront appliquées (Morven Smith). On avait fait autrefois ces applications, croyant qu'il s'agissait d'un abcès des os (Ravaton, J. L. Petit, David) ; mais ce traitement ne peut pas être appliqué sur un os entouré de parties molles, épaisses, sans quelques dangers. On peut ne point tomber sur les foyers purulents.
Dans les cas où il y a des phénomènes généraux graves, phénomènes qui ont été pris pour des fièvres typhoïdes, si l'on constate l'œdème de tout un segment d'un membre, la désarticulation du membre est la seule ressource contre la mort prochaine (.J. Roux).
Les antiphlogistiques, les vésicatoires, les cautérisations au fer rouge, rien ne peut arrêter la marche de l'inflammation.
Dans les membres amputés, le traitement est plus simple, l'ouverture du canal médullaire permet d'attendre, ou que des abcès sous-périosliqiics ou un phlegmon du moignon se soient produits, on place des cataplasmes arrosés de laudanum sur le membre ; on ouvre les abcès à mesure qu'ils se forment; on attend ensuite l'élimination des séquestres.
De larges et profondes incisions sont nécessaires s'il y a une tuméfaction considérable du moignon. Les désarticulations ont été faites à la suite d'une ostéomyélite d'un moignon après une amputation, mais on doit hésiter à les pratiquer.
On préviendra l'ostéomyélite des amputés en appliquant sur la section de l'os une rondelle de pâle de chlorure de zinc, qui sera laissée un quart d'heure en place. S'il coule un peu de sang par le canal médullaire, le temps nécessaire pour arrêter l'hémorrhagie avec le caustique est suffisant souvent pour prévenir l'inflammation.
OSTÉOPLASTIE, L'ostéoplastie est une méthode opératoire qui a pour but de réunir les os les uns aux autres, après l'ablation des parties altérées ou difformes; de
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protéger une surface articulaire ou d'allonger un os par transplantation d'un os voisin; de conserver le périoste des os que Ton enlève, afin de faciliter la reproduction de l'os ou d'une portion de l'os, et de lui conserver sa longueur et sa forme, ou au moins de garantir au blessé une moindre déformation des parties que soutient l'os reproduit en partie parle périoste.
Une première classe d'opérations ostéoplastiques comprend la résection d'une portion du cal difforme ou de fragments réunis par une psoudartiu'ose (White, Kearny, Rodgers, Flaubert de Rouen), la transplantation de la tubérosité calcanicnne entre les deux malléoles, après la désarticulation tibio-tarsienne (l'irogoff); l'abaissement du maxillaire pour ouvrir la cavité pharyngienne et la remise en place de l'os (Huguier).
Une seconde clause comprend les opérations qui ont pour but de conserver le périoste en enlevant les os, soit en réséquant sous le périoste (Ollier), soit eu creusant les os (Sédillot), enfin la transplantation du périoste sur une région où l'on veut avoir un soutien solide à un lambeau autoplastique (Ollier). V. Nez [Bestaurution da).
U'ostéoplaslie n'a pas encore été assez employée pour être jugée d'une façon définitive. On peut dire que les résultats ont quelque chose de satisfaisant, mais ils sont incomplets. En principe, l'ostéoplastie réussit dans les régions très-vasculaires, et elle nécessite des soins extrême;nent assidus. (V. Pseudarthrose, Nez {Restauration du), Cals DIFFORMES, RÉSECTIONS, NiîCROSE.) La sutures des os dans les fractures mise en usage depuis longtemps est recommandé;e par Réranger -Féraud ; mais c'est seulement quand il y a fracture compliquée du corps d'un os long ou de la nuàchoire inférieure qu'il faut y songer.
OTITE. Inllammation de l'oreille. V. Oreilles interne ET EXTERNE (Maladie dea).
OTOitilUAtitE. L'otorrhagie ou liémorrhagie de l'oreille est un symptôme indiquant : une lésion du conduit auditif externe ou du rocher, ou de la cavité glénoïde, avec ou sans une fracture du crâne ; une rupture de la membrane du tympan, ou une rupture de l'artère carotide externe ;Chassaignac, Triquet, Société anatomique, ISo^i), de la veine jugulaire (Toynbee), du sinus pétreux (Symc).
L'otorrhagie existe dans les cas oîi des polypes granuleux consécutifs à une otite se sont développés en abondance, dans quelques cas de coqueluche, et il y a des otorrhagies qui semblent être supplémentaires.
Les piqûres d'insectes dans l'oreille (Fabrice do Ililden, Ravaton, Itard) ont causé des otorrhagies.
Thérapeutique. — L'écoulement du sang, peu abondant après un traumatisme, ne sera pas arrêté, à moins que l'écoulement ne prenne des proportions graves. Cette hémorrhagie est un antiphlogistique qui peut être utile après des fractures du crâne.
On laissera couler les hémorrhagies consécutives à la rupture de la membrane du tympan, pendant quelque temps; si le sang ne s'arrête pas, on tamponnera l'oreille avec du coton trempé dans une solution d'eau additionnée d'alun, 1 à U grammes pour 100 grammes d'eau.
Les otorrhagies dues à des ruptures de la carotide inlerne sont mortelles, et le pansement de l'oreille n'est qu'un palliatif , — Les liémorrhagie.- dues à la rupture des tissus peuvent être guéries.
Pour les otorbagies supplémentaires qui ne sont pas graves, on aura soin de veiller à ce que la menstruation soit bien réglée. V. Aménorrhée.
otor.riiëe;. V. Oreille externe et interne {Inflammation chronique des).
©TOSCOPES. Spéculum d'argent que l'on place dans le conduit auditif pour examiner la membrane du tympan et instruments divers. V. Oreille {Exploration de 1').
OUATE. Coton cardé réuni en feuilles épaisses de 1 à 2 centimètres.
La ouate s'emploie très-souvent dans la thérapeutique médicale et chirurgicale. — Ainsi elle s'emploie dans le rhumatisme articulaire aigu, pour envelopper les articulations malades que l'on recouvre en outre d'un morceau de taffetas gommé. — Elle sert au pansement des brûlures (V. ce mot), à la compression des membres au-dessous d'une bande roulée.
C'est la ouate traitée par l'acide nitrique fumant, puis lavée et desséchée, cjui forme le coton-poudre ou fulmicoton, dont la dissolution dans l'éther constitue le coUodion (V. ce mot).
OUTKAl^TOÎJBT (Vosges). Eau minérale sulfatée n)agnésienne, un peu laxative, employée dans la dyspepsie par les gens de la localité.
OVAIRE (Cancer de l'). Le cancer de l'ovaire existe, . mais il est rare ; les signes sont ceux d'un cancer intraabdominal : tumeur et dépérissement de la femme avec ascite prématurée.
Les kystes gélatineux des ovaires ont beaucoup de ressemblance avec les cancers colloïdes ou myxomaieux ; mais il est rare qu'ils causent des métastases, les malades meurent auparavant.
ov.i.mE (Hernie de l). V. Hernie de l'ovaire.
©VAIKE (Inflammatio:^ de l'). L'inflammation de l'ovaire est rare, si ce n'est à la suite des métrites blennorrhagiques ou de la fièvre puerp raie. Celte lésion se révèle par une douleur assez vive dans la fosse iliaque, douleur qui ne se propage pas aux parties voisines, excepté du côté de la cuisse, ce qui gêne assez souvent la marche, et par une légère tuméfaction qui siège en arrière au niveau de l'arcade crurale. Par le toucher, on sent quelquefois, sur les côtés de l'utérus, en dehors, une petite induration.
Il y a une ovarite consécutive à la vaginite suivie de métrite et qui s'annonce par des signes de pelvi-péritonite avec douleur fixe dans un côté.
Les tubercules des ovaires causent une suppui'ution de cet organe, et c'est là une ovarite tuberculeuse. On ne peut d'ordinaire diagnostiquer d'une façon absolue ces lésions. V. Péritonite tuberculeuse, Utérus {Tubercules de V), Vaginite, Metrite.
Thérapeutiqu,e. — Appliquer un vésicatoire dans la fosse iliaque ou placer quelques sangsues sur le point douloureux. On traitera en même temps la vaginite ou la métrite par les injections chaudes.
OVAIRES (Kystes des). Par leur structure et à cause des vésicules de de Graaf qui sont disséminées à leur surface, où elles se déchirent à chaque époque mensuelle pour jeter un œuf, qui est remplacé par une hémorrhagie se transformant en corps jaune enkysté, les ovaires sont souvent le siège de kystes énormes qui forment l'Iiydropisic enkystée ovarique.
Les kystes de l'ovaire ont généralement pour origine le développement anormal du petit kyste qui succède à la ponte d'un ovule sorti d'une vésicule de de Graaf, mais dans quelques cas ces kystes se développent à la surface de l'ovaire du ligament large ou dans la trompe {kystes tubo-
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ovariens do G. Richard! , et l'on pense que c'est un ovule tombé clans le péritoine ou resté dans le pavillon accessoire de la trompe qui s'est ainsi développé d'une façon anormale.
Les kystes ovariques sont unilocnlaires ou multiloculaires ; ils sont souvent bosselés, plus ou moins volumineux, et prennent souvent un volume excessif, mesuré par les 60, 100 ou 200 livres de liquide qu'ils renferment.
Il peut y avoir des kystes dans chacun des ovaires, mais la maladie n'existe ordinairement que d'un seul côté et un peu plus souvent <à droite qu'à gauche.
Les kystes de l'ovaire sont extra-ovariques ou intraovariques.
Les kystes extra-ovariques ont une paroi très-mince et sont souvent unilocnlaires, tandis que les kystes intraovariques sont ordinairement cloisonnés, ont une paroi plus épaisse formée de la séreuse, d'une tunique fibreuse, et d'une tunique sèro-muqueuse interne et offrent à la surface une hypertrophie énorme des vaisseaux et de la trompe qui s'y trouve accolée.
Le liquide des kystes ovariques est tantôt clair et citrin, tantôt louche et puriforme, quelquefois teint de sang, noirâtre ou couleur chocolat, mais dans les kystes mulliloculaires la couleur varie dans chaque loge du kyste ; quand le liquide est clair il est composé d'eau, d'albumine, de matière grasse, de chlorure de sodium et de carbonate de soude.
Quand l'hydropisie ovarique est considérable, on ne trouve quelquefois plus de traces d'ovaire.
Les kystes ovariques multiloculaires sont souvent compliqués de la production dans les loges kystiques de cancer encéphaloïde ou colloïde.
On trouve souvent dans les kystes ovariques des poils en plus ou moins grande quantité, des fragments d'os détériorés ou des dents monstrueuses dont on comprend la présence en ])ensant qu'un ovule fécondé et incomplètement développé s'est détruit à son origine en laissant vivre des éléments anatomiqucs pouvant donner lieu à ces production partielles. On donne à ces kystes le nom de h;/ stes pileux. Ces kystes sont ordinairement unilocnlaires.
Les kystes de l'ovaire, rares avant la puberté, ne se développent guère qu'à trente ou cinquante ans, sous l'influence de coups, de chute sur le ventre, et particuliè rement sous l'influence du travail Iluxionnaire normal de l'ovaire à chaque période menstruelle. Cependant on les rencontre assez souvent chez des jeunes femmes et chez les vierges où ils semblent se développer de prédilection.
Jamais on ne peut saisir l'hydropisie enkystée des ovaires à son début, et elle reste latente pendant plusieurs mois sans donner aucun signe de son existence.
C'est l'accroissement progressif et latéral du ventre dans une fosse illiaque, avec malaise hypogaslrique, pesanteur abdominale, constipation et gène de respirerqui annoncent le début d'une hydropisie enkystée des ovaires, constatable ensuite par le toucher vaginal et sus-pubien.
La tumeur du ventre formée par un kyste ovarique est inégale, bosselée, plus ou moins, tendue quelquefois, fluctuante s'il y a une grande poche de liquide ou si le kysie est uniloculaire ; mais il n'y a quelquefois aucune fluctuation si le kyste est niultiloculaire.
Les kystes de l'ovaire, très-développés, sont toujours fluctuants et maintiennent l'intestin refoulé du côté opposé, de sorte qu'en faisant placer le malade sur le flanc droit
ou sur le flanc gauche, la résonnance intestinale occupe toujours le même point, tandis que la matité du kyste reste immobile à sa place.
Le ventre est quelquefois si dévelopité par un kyste de l'ovaire, qu'on a pu mesurer une distance de 2 mètres entre le pubis et le sternum, et alors il y a sur les parois abdominales un réseau veineux considérable dù au développement des veines superficielles.
Les kystes ovariques n'empêchent ni la menstruation, ni la grossesse.
Si les kystes ovariques peuvent laisser vivre en paix les malades durant vingt ou trente ans, il n'en est pas ainsi en général, et en quelques mois ou en quelques années la tumeur acquiert un tel volume qu'elle peut abréger l'existence.
Des souffles vasculaires existent souvent dans les kystes ovariques et résultent, soit d'une circulation anormale du kyste, soit de la compression des vaisseaux iliaques par la tumeur.
Les kystes ovariques sont ordinairement suivis au bout d'un certain temps de phénomènes d'inappétence, de dyspepsie, d'étouffement et d'asphyxie lente, de diarrhée, d'amaigrissement et de mort.
Kystes tmiloculaires. — Les kystes unilocnlaires, à liquide visqueux ou séreux, se reconnaissent à une tumeur régulière, globuleuse, élastique, développée lentement dans un des flancs; plus tard, lorsque la tumeur a rempli tout l'abdomen, le ventre a une tuméfaction arrondie, où le flot est perçu comme dans l'ascite; mais dans celle-ci la sonorité est à l'épigastre, le liquide se déplace pendant les changements de position : dans le kyste de l'ovaire, au contraire, la sonorité est dans les flancs (Nélaton). L'œdème des membres inférieurs est exceptionnel dans les kystes de l'ovaire.
On ne peut confondre un kyste de l'ovaire avec un corps fibreux, parce que celui-ci s'accompagne de douleurs utérines, parce qu'il est très -dur et parce que, dans un bon nombre de cas, il s'accompagne de pertes. Le toucher vaginal permet rarement d'arriver sur un kyste uniloculau'e de l'ovaire au début, tandis que quand il y a un corps fibreux on le sent, puis l'utérus et quelquefois le col sont déplacés.
D'abord les kystes de l'ovaire uniloculaires n'altèrent pas la santé, mais plus tard, par leur grand développement, ils gênent la respiration et les mouvements des mtestms, d'où H résulte de la dyspnée et de la dyspepsie.
Les accidents des kystes de l'ovaire sont l'ouverture dans le péritoine et une péritonite mortelle ; cependant on a vu les kystes ainsi rompus guérir spontanément. D'autres fois le kyste s'ouvre dans un intestin, dans l'utérus et le va^in et peut guérir, mais rarement. Le plus souvent la suppuration s'empare du kyste, et, s'il ne survient pas une péritonite, il y a une diarrhée rebelle et une fièvre hectique jui emportent d'ordinaire les malades.
" Quand les kystes s'enflamment, leurs parois se l ecouvrcnt de fausses membranes ; du pus se mêle au liquide, de la fièvre et des douleurs abdominales spontanées apparai^^sent • il y a quelquefois des vomissements incoercibles (Boinet A. Després), de la constipation, mais sans trace de péritonite. Au moins pendant quinze à vingt jours, le ventre n'est pas douloureuN. Si l'on ne fait pas la ponction a ce moment, la péritonite survient et les malades meurent.
Il y a des successions de kystes uniloculaires de l'ovaire.
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On a vu, en effet, dans les autopsies, des grappes de petits kystes situés à côté du kyste principal.
Kysles muUilocuhnres . — Les kystes multiloculaires de l'ovaire, à contenu liquide, ont le même siège que les kystes unilocuhiires, mais la tumeur est irrégulière, elle est inégalement Iluctuante ; quand elle est très-déveioppée, on ne perçoit pas franchement le Ilot; on a toujours, du reste, de la sonorité dans les flancs, pas d'œdème des membres inférieurs et la conservation de la santé est parfaite. Les kystes multiloculaires à contenu gélatineux sont durs, irréguliers, donnent la sensation de <jaleU (Chassai gnac) et sont constatés à la fois par le palper abdominal et par le toucher vaginal quelquefois. L'absence de fluctuation, un amaigrissement marqué des malades, des douleurs assez vives et une ascite symptomalique caractérisent du reste les kystes à contenu gélatinifoi'nie et cancéreux.
Tous les kystes de l'ovaire peuvent se compliquer d'âscite.
Lorsqu'il y a une ascite et un kyste de l'ovaire, pour faire le diagnostic, on examinera s'il y a des signes de lésions du foie ou du cœur, ou un corps fibreux de l'utérus. Si ces maladies ne peuvent être reconnues, il est probable qu'il s'agit d'un kyste ovarique. En faisant une ponction préliminaire de l'ascite, du reste, on trouve la tumeur dans l'abdomen et l'on en fait aisément le diagnostic. V. plus haut.
Un kyste de l'ovaire et principalement un kyste multiloculaire ne seront pas confondus avec une grossesse exlrautérinç, parce que dans celle-ci les mamelles ont à un moment donné sécrété du lait, parce que les règles auront été supprimées, et si, la tumeur date déjà de longtemps, parce que, au neuvième mois du début de la tumeur, il y aura eu des douleurs utérines se reproduisant quelquefois à des intervalles de plusieurs mois. V. Grossesse extrautérine.
Thérapeutique. — La pharmacie n'a que bien peu de chose à fournir au médecin pour la guérison sans opération des kystes ovariques et elle ne fournil que des palliatifs.
Traitement palliatif.
Quand il y a un kyste de l'ovaire, le ventre doit toujours être maintenu par une compression modérée avec un bandage de coutil lacé.
On peut essayer d'obtenir la résolution des kystes à l'aide des vésicatou'es, des cautères sur l'abdomen (Rayer) ou des frictions résolutives avec la pommade suivante :
, , ' , . . oU grammes.
lojiiro de potassium 4, ° jj
unie à l'administration de 1 à 3 grammes par jour d'iodure de potassium dans un julep (Pidoux).
On a aussi'vanté le chlorate de potasse comme pouvant être très-utile, et, sans donner ce médicament comme un spécifique dans le traitement des kysles de l'ovaire, M. Craig le propose comme un absorbant du liquide, de telle sorte que. suivant lui, il ne serait plus permis désormais de pratiquer l'ovariotomie sans en avoir préalablement fait usage à haute dose. Il rapporte quatre cas à l'appui de son opinion. Dans deux cas, la disparition du kyste a été complète ; dans un troisième, elle a été incomplète, et incertaine dans le quatrième par cessation du remède.
Voici l'une des observations rapportées par M. Craig. Une jeune femme, d'une bonne constitution, portait dans la région iliaque gauche une- tumeqr grosse comme une
tête de fœtus d'un mois, mobile et dont le début remontait à cinq ans. On la soumit inutilement à divers traitements et l'on songeait même à pratiquer l'ovariotomie quand M. Craig eul l'idée de lui donner une solution saturée de chlorate de potasse, une cuillerée à dessert trois fois par jour. Il survint une amélioration sensible au bout de deux à trois semaines : la tumeur diminua graduellement et elle était enlièrement disparue après dix à douze mois de ce .traitement, ainsi que tous les symplômes qui y étaient inhérents. {Eiliitb. med. Journ. et Union méd., p. .'iT, 1866.)
La compression (Briclieteau) est un moyen d'un effet douteux. On la fait avec une ceinture serrée avec des lacets. Les ponctions simples ont guéri (Ledran), rarement toutefois, ou les a vues réussir depuis.
Ces traitements ne peuvent être établis en principe ; il est bon de savoir qu'ils ont été appliqués et qu'ils n'ont réussi qu'exceptionnellement.
Quand le volume d'un kyste ovarique est si considérable qu'il gêne l'hématose et la circulation des membres inférieurs, il faut le vider par la ponction avec un trocart et recommencer toutes les trois semaines, vingt, trente ou cent fois et plus si cela est nécessaire, de façon à prolon ger la vie des malades.
Cette opération peut se faire également, et d'une façon plus avantageuse pour les malades, par l'aspiration pneumatique avec la seringue de Dieulafoy, mais cela est long. V. Ponction.
Traitonient curatif.
Si les ponctions successives d'un kyste de l'ovaire affaiblissent les malades et s'il y a danger pour la vie à les continuer, il faut tenter la cure radicale au moyen de la ponction suivie d'une injection iodée qui enflamme le kyste et l'oblitère pour toujours.
Les cautères et l'ouverture avec les caustiques, les ponctions capillaires, puis l'ouverture avec les caustiques, sont des moyens infidèles. L'ouverture avec les caustiques, puis une sonde à demeure, ont une fois réussi (Pioyet, thèse de 1861) ; la plaie est restée fistuleuse.
Les kystes de l'ovaire n'échappent pas à la loi générale qui règle la thérapeutique des kystes ; les ponctions et les injections iodées, le séton (Delpecli, Barlh) ou un moyen analogue, la canule à demeure, l'incision et l'extirpation sont applicables.
Les kystes uniloculaires de l'ovaire qui contiennent un liquide filant et qui récidivent après la ponction et l'injection iodée doivent être traités par la canule à demeure. Les kystes uniloculaires suppurés exigent ce traitement ; il est rationnel de l'appliquer aux kystes à liquide séreux quand la ponction et l'injection iodée ne peuvent pas les guérir.
Les kystes à plusieurs loges, les kystes à contenu gélatineux, doivent être traités par l'ovariotomie (Hunier, Tlieden, Mac-Uowel, Spencer Wells, Cazeaux, Nélaton, Boinet). Une ascite ne contre-indique pas l'opération.
Les adhérences établies entre les intestins et le kyste ne contre-indiquent une de ces opérations que quand il y a des adhérences multipliées. On se borne alors à faire des ponctions palliatives. Les kystes multiloculaires sur lesquels on fait beaucoup de ponctions palliatives s'enflamment à la longue, et la mort arrive promptement.
Quelles que que soient les adhérences d'un kyste uniloculaire suppurant de l'ovaire , la canule à deiueure est encore applicable,
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